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8 octobre 2021

Lille 1 délibération
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Finances & Budget

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💶 Finances & Budget 1 deliberation

pour le budget annexe du Restaurant Municipal.

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💶 Finances & Budget 1 délibération
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Pour le budget annexe du Restaurant Municipal

Document intégral
321 730 car.
Procès-verbal du Conseil
Municipal du 08 octobre 2021.
- 1 / 1 -
PROCES VERBAL
de la séance du Conseil Municipal du 08 octobre 2021
La séance est ouverte à 17 heures 05 sous la présidence de Madame Martine
AUBRY, Maire de Lille.
Madame le Maire - Bonsoir. Je vous propose de vous installer.
Je donne la parole à Beverley JOLIET qui va faire l’appel.
(Il est procédé à l’appel par Beverley JOLIET.)
Etaient présents :
Groupe Lille en commun, durable et solidaire : M. AGOUNI, MMES. AUBRY, BADERI,
BLAS, BRESSON, BRUN, MM. CAREMELLE, DAVID-BROCHEN, MME DELACROIX,
MM. DENDIEVEL, DESLANDES, DUHEM, MME GAUTIER, M. GHERBI,
MMES GOFFARD, GOMIS, MM. HANOH, JACQUEMART, MME. JOLIET, M.JOSEPH-
FRANCOIS, MME. LECHNER, M. LEPETIT, MMES. LIBERT, LINKENHELD, MM.
MARTIN, MENAULT, MME. MORELL-SAMPOL, MM. OULKEBIR, OURAL, PIANEZZA,
PILETTE, POSMYK, MMES RATELADE, RENGOT, M. RICHIR, MMES. RODES, SABE,
STANIEC-WAVRANT, STIEVENARD, M. TAISNE, MME. TROTTEIN, M. VICOT.
Groupe Lille Verte : M. AL DANDACHI, MME. BALMELLE, M.BALY, MME. BOCQUET,
M.BONNET, MME. CAMARA, M. CREPEL, MME. DABIT, MM. GUIZIOU, LOUCHART,
MMES. NICOLAS, SEDOU.
Groupe Faire Respirer Lille : MME. BRULANT-FORTIN, M. CHARLES,
MME. DUHAMEL, M. LEBAS, MME. SPILLEBOUT.
Etaient excusés :
Groupe Lille en commun, durable et solidaire : MME. MOUNIER-VEHIER (pouvoir)
Groupe Faire Respirer Lille : M. DOUFFI (pouvoir).
Madame le Maire - Mes chers collègues, bonsoir à tous.
Nous ne sommes pas encore de retour dans un Conseil Municipal normal
puisque, si le public et les conseillers de quartier peuvent actuellement être accueillis,
nous sommes néanmoins dans l’obligation de respecter les règles sanitaires et
notamment le mètre entre nous. Nous n’avions par exemple que 48 places disponibles
pour les conseillers de quartier et pour le public, c’est la raison pour laquelle nous avons
bien évidemment réservé ces places aux conseillers de quartier et nous avons la presse
avec nous. Disons que c’est une étape encourageante vers, nous l’espérons tous, un
retour à la normale le plus vite possible. Je rappelle que beaucoup de Lilloises et de Lillois
nous regardent par ailleurs puisque ceux qui souhaitaient être parmi nous ne le peuvent
pas.
(Projection de diapositives)
Je vais commencer comme d’habitude par le carnet, en vous parlant surtout de
personnes qui nous ont quittés ces dernières semaines, ce qui nous a particulièrement
émus.
Nous avons tous été extrêmement frappés par la disparition de Guy ORIOL,
disparition brutale. On voit d’ailleurs sur cette photo toute son humanité et sa gentillesse.
On peut dire que Guy était apprécié par tous, en tout cas dans notre Majorité municipale,
par ses collègues, nous qui étions habitués à travailler avec lui. C’était quelqu’un qui était
très ouvert, aimant la discussion, défendant avec force les valeurs qui étaient les siennes,
notamment les valeurs écologiques, mais aussi des valeurs humanistes. C’est quelqu’un
qu’on aimait, tout le monde l’aimait, je le dis et je crois, Roger, que tu l’as dit aussi au
Conseil Communal, où il a aussi été élu. Pour nous, vous le savez, il a été chargé de la
restauration scolaire durant le mandat 2001-2008, dans un mandat où on a d’ailleurs
beaucoup travaillé sur cette question.
Cela a été un départ vraiment brutal. Nous avons tous évidemment été auprès de
son épouse Sabine. Je le dis d’autant plus qu’elle a été touchée par un second drame, la
perte de sa fille Pauline, que nous connaissions aussi puisqu’elle travaillait au Théâtre du
Nord. Là aussi, quand une jeune femme meurt brutalement, on considère cela comme
une injustice profonde. Je le redis à Pierre, son compagnon, mais aussi à Suzanne et
Abel ses enfants. Nous sommes tous auprès d’eux et, bien sûr, auprès de Sabine,
l’épouse de Guy, qui a un courage extraordinaire et qui a perdu aussi sa fille quelques
semaines plus tard. Je voudrais dire au nom de nous tous combien nous sommes proches
de leur famille.
Nous regardons Guy une nouvelle fois pour voir la gentillesse qui était la sienne
et son ouverture, au-delà de ses engagements écologiques.
De la même manière, l’émotion a été grande lors de la disparition le 6 août de
Joël SANDT.
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Là, je parle avec Sébastien DUHEM parce que, dans notre ville, mais surtout dans
le quartier de Fives, Joël était « la » personnalité. C’était un homme engagé.
Là aussi, ce qui fait plaisir quand on voit ces photos, avec les émotions que cela
peut entraîner, ce sont les visages que l’on aimait.
Joël, engagé dans beaucoup d’actions, a été conseiller de quartier très longtemps
dans le quartier de Fives, président des aînés du Long Pot, administrateur du centre social
Roger Salengro. Il était ouvert à tous, il était dans tous les combats pour plus de justice
et il était extrêmement connu dans le quartier de Fives.
Tout le monde l’a dit et redit, c’était quelqu’un au grand cœur, c’est vraiment le
mot qui revient tout le temps quand on parle de lui. Il portait une affection indéfectible à
son quartier et on n’avait pas intérêt à ne pas respecter ce qu’il nous disait, il allait jusqu’au
bout pour défendre tel ou tel dossier qu’il pensait bon pour les Fivois et les Fivoises, ce
quartier qu’il aimait tant et qu’il connaissait si bien. On peut dire aussi que cela a été une
affection réciproque entre le quartier et lui, à la hauteur de l’émotion que sa disparition a
provoqué à Fives et particulièrement chez ses collègues du conseil de quartier. Sébastien
nous le redisait, avec Francis CATEEUW, Alain BOUDRY et bien d’autres, cela a été
extrêmement difficile.
Je voudrais m’adresser à sa famille qui est ici nombreuse et que l’on connaît bien,
à Brigitte, à sa fille Nadège, à toute la famille qui est là, à sa sœur Danielle, à Bruno, à
Dorothée, à Joël, cette famille engagée aussi. Nous sommes de tout cœur avec vous
dans cette douleur qui a frappé le quartier de Fives et qui nous a tous frappés.
Décidément, cet été, avec Guy et Joël qui disparaissent, ce sont « des gens
bien », comme on le dit ici, qui ne seront plus près de nous et qui nous manqueront.
Je voudrais aussi vous dire que de nombreux agents de la Ville ont eu la peine
de perdre un de leurs collègues. Je n’ai pas l’habitude de parler de tous les agents de la
Ville qui, malheureusement, décèdent, mais, pour ceux-là, parce qu’ils étaient très
connus, très engagés dans la Ville, il y a eu de vraies émotions.
Le 7 septembre, David DEMARET, qui travaillait pour la Ville depuis octobre 1998
en qualité d’animateur de l’ARVEJ (l’aménagement des rythmes scolaires), nous a
quittés.
Je pense aussi à Samira BITIT, dont la disparition le 12 août a ému l’équipe du
centre social Lazare Garreau et plus généralement le quartier de Lille-Sud.
Ce sont des personnalités engagées, très connues, comme Guy ou comme Joël,
moins pour ceux qui l’étaient comme agents de la Ville, mais qui étaient rayonnants autour
d’eux. Je crois que nous devons penser à eux ce soir et être proches de leurs familles.
Depuis notre dernier conseil, des personnalités sont arrivées dans notre ville.
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Le Préfet Georges-François LECLERC est arrivé le 19 juillet dernier en qualité de
Préfet de la Région Hauts-de-France, Préfet du Nord. Il succède à Michel LALANDE qui
a rejoint la Cour des Comptes. C’est un ancien élève de l’Institut d’Etudes Politiques de
Paris et de l’ENA. Il était depuis 2019 Préfet de la Seine-Saint-Denis, après avoir occupé
beaucoup de postes dans la préfectorale. Je lui souhaite de nouveau, de notre part à tous,
la bienvenue.
De même, dans le cadre préfectoral, je vous informe de la prise de fonction le
6 septembre de Madame Amélie PUCCINELLI, en tant que sous-préfète, Secrétaire
Générale Adjointe de la préfecture. Elle était auparavant sous-préfète chargée de mission
sur la lutte contre l’habitat indigne en Seine-Saint-Denis. Je pense donc qu’elle nous
aidera sur ce sujet qu’abordera Anissa BADERI ce soir.
En matière de défense, nous avons eu deux nominations : le général COURTET,
qui a été nommé commandant de la région de gendarmerie des Hauts-de-France, et le
général de division Xavier d’AZEMAR, nommé Gouverneur militaire de Lille. Vous savez
combien l’armée est importante au sein de notre citadelle et au sein de notre ville, c’est
donc toujours avec beaucoup de gentillesse et avec l’accueil des Nordistes que nous leur
souhaitons la bienvenue aujourd’hui.
Nous avons eu des arrivées au sein de notre Ville.
Je ne vais pas reparler de Bertrand ASSERAY, que j’ai déjà présenté la dernière
fois bien qu’il n’était pas présent, le Directeur Général Adjoint aux Finances.
Nous accueillons aussi deux autres nouveaux cadres :
Éric MAISON a pris le 1er septembre les fonctions de Directeur Général Adjoint
en charge du Cadre de vie, de la mobilité et du patrimoine. Il est titulaire d’un master en
management du développement territorial. Il a de riches expériences : Directeur Général
Adjoint en charge des services techniques à Auxerre, puis dans une Communauté
d’agglomération de l’Essonne. Depuis 2016, il était DGA de la Communauté
d’agglomération du Grand Paris sud – décidément, le Grand Paris nous apporte de belles
personnalités –, où il était en charge de la gestion du patrimoine bâti, de l’espace public
et de la transition écologique. Vous comprenez donc pourquoi il est arrivé parmi nous.
Baptiste MONNOT est recruté depuis le 1er octobre en qualité de Directeur de la
communication. Il était Directeur de cabinet et Directeur de la communication à la Ville et
à l’Agglomération à Bourg-en-Bresse depuis dix ans. C’est un déchirement pour son maire
de le voir partir mais, pour nous, un vrai plaisir de le voir arriver, avec à la fois sa formation
de journaliste, mais aussi sa maîtrise profonde des outils de communication.
Nous leur souhaitons à tous la bienvenue et beaucoup de courage car il y a
beaucoup de travail à porter actuellement.
Je voudrais accueillir les nouveaux conseillers de quartier.
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- Je pense que Madame Zohra BOURKEB est dans la salle. Elle rejoint le
conseil de quartier de Fives en qualité de citoyenne volontaire, tirée au sort.
Merci d’avoir accepté.
- Eilish O’LOUGHLIN est nommée au conseil de quartier de Lille-Sud, en tant
que citoyenne volontaire.
- Deux conseillers, Jules COUTUREAU et Guillaume DEVAUX, rejoignent
respectivement les conseils de Moulins et Vieux-Lille pour le groupe Lille
Verte.
Je les salue et je sais que leurs présidents de quartier les accueilleront avec
beaucoup de plaisir.
(Projection de diapositives)
Il est rare que l’on parle des services techniques de la Ville, mais je voudrais vous
dire que nous avons reçu le prix du manager bienveillant. C’est joli, même si je trouve que
« manager » et « bienveillant » ne vont pas très bien ensemble. Ce prix valorise des
démarches en matière de relation sociale, d’innovation managériale, de santé, de qualité
de vie au travail et de responsabilité par rapport à la société. C’est le Centre Technique
Municipal qui a reçu ce prix. Depuis fin 2017, il porte une démarche d’optimisation du site
pour des raisons financières, mais aussi durables, et une logique d’amélioration des
conditions de travail des agents. C’est l’occasion pour moi de saluer toutes les équipes
du CTM qui, avec le concours de plusieurs services, sous l’impulsion du Directeur Général
et de Martin DAVID-BROCHEN, a porté ces changements.
(Projection de diapositives)
Je dois vous dire aussi, sans vous donner le détail parce que c’est très technique,
que l’Open data concerne les archives municipales sous plusieurs angles. C’est
l’occasion pour moi de vous dire, si vous ne l’avez pas encore vue, d’aller voir la
magnifique exposition qui a été préparée par les Archives municipales : « Lille, 20 ans de
politique municipale au service du progrès social ». Ne vous inquiétez pas, ce ne sont pas
les trois derniers mandats, ce sont les années 1920 et les années 1930. C’est une très
belle exposition. Vous verrez d’ailleurs que, y compris les sujets qui sont aujourd’hui parmi
les plus importants, que nous considérons comme des priorités d’action dans notre ville,
étaient déjà des problématiques que l’on trouvait à ce moment-là. Bravo aux Archives
pour avoir présenté cela.
(Projection de diapositives)
J’entre maintenant un peu dans le vif du sujet.
Sans revenir en arrière, je vous dis un mot sur la situation sanitaire dans notre
ville.
Vous le savez, nous avons toujours eu les mêmes préoccupations, d’abord celle
d’appliquer les règles et de faire en sorte de lutter contre la pandémie et, deuxièmement,
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celle d’accompagner – nous l’avons fait avec beaucoup d’élus et en particulier avec
Arnaud DESLANDES – ceux qui étaient les plus en difficulté ou les plus fragiles pendant
cette crise et nous avons continué y compris pendant ces derniers moments.
En ce qui concerne la vaccination – puisque, aujourd’hui, le vrai sujet pour nous
est de faire en sorte que chacun puisse se faire vacciner –, le centre du Zénith a fermé
après 320 000 vaccinations réalisées. Aujourd’hui, deux centres sont ouverts : l’hôpital
Calmette au CHU de Lille et l’institut Pasteur de Lille, qui sont des lieux de vaccination
publics.
Je voudrais dire aussi que nous avons souhaité aller au plus proche des
habitants, auprès de ceux qui se posaient des questions, non pas pour les montrer du
doigt mais pour répondre à leurs questions sur le Covid – et nous avons la chance d’avoir,
notamment avec Anne GOFFARD, des experts en la matière –, pour pouvoir répondre
aux questions de ceux qui s’en posent et qui hésitent encore à se faire vacciner ou sur la
vaccination. Un certain nombre d’élus sont allés depuis avant l’été à la rencontre des
habitants dans les quartiers, à la fois pour leur proposer de répondre à leurs questions,
mais aussi pour leur dire qu’ils allaient avoir des centres de vaccination tout près de chez
eux.
Cela a vraiment été important, 58 dates de journées ont été fixées dans les
différents quartiers (Lille-Sud, Moulins, Wazemmes, Faubourg de Béthune et Fives),
comme à Hellemmes et à Lomme. Près de 4 800 personnes ont pu se faire vacciner, des
personnes qui hésitaient pour des raisons de fond, parce qu’aller au Zénith n’était pas
simple, elles ne savaient pas très bien comment elles allaient être reçues, si elles allaient
pouvoir s’inscrire, etc. Nous allons évidemment continuer.
De même, nous avons proposé à nos agents des séances particulières sur le
temps de travail pour qu’ils puissent aller se faire vacciner si ce n’était pas déjà le cas.
Vous le savez, la Ville de Lille a toujours respecté les règles au mieux. Nous
avons eu quelques excès, mais je crois que, une fois de plus, on peut féliciter les Lilloises
et les Lillois, féliciter les commerçants, les artisans, les restaurants qui ont respecté les
règles au fur et à mesure qu’elles évoluaient et que le Gouvernement les faisait évoluer.
Concernant le taux d’incidence à Lille, ce taux qui est chaque semaine remis à
jour en fonction des tests qui sont faits pour 100 000 habitants, la ville de Lille a toujours
été parmi les grandes villes les plus basses et encore maintenant puisque nous sommes
descendus à un taux d’incidence de 56 sur 100 000. La MEL est à 55. On est une grande
ville et, évidemment, par rapport à des zones rurales, on est plus élevé, mais pas
tellement plus. Nous arrivons en début de semaine prochaine à moins de 50 et, dès lors,
les enfants des classes élémentaires et maternelles ne seront plus obligés de porter le
masque. Ce n’est pas encore le cas de tous les départements en France, mais cela va
être le cas pour nous à partir de lundi.
Je voudrais aussi redire que, à la suite du vœu ce que notre Conseil avait voté le
9 avril, j’ai entendu le Secrétaire général de l’ONU rappeler hier que les pays riches,
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industrialisés comme on disait auparavant, qui aujourd’hui captent la quasi-totalité des
vaccins, doivent s’ouvrir enfin de manière beaucoup plus grande notamment à l’Afrique,
mais pas seulement, pour pouvoir faire en sorte que ces vaccins puissent arriver auprès
de ces populations, d’abord évidemment pour une raison de justice sociale, mais aussi
parce que, chacun le sait, là où il n’y a pas de vaccin, de nouvelles formes du Covid vont
naître et vont pouvoir se développer sans pouvoir peut-être être touchées par les vaccins
qui existent aujourd’hui.
C’est l’occasion pour moi de remercier les agents de la Ville. En effet, depuis le
Covid, près de 1 000 agents ont continué à travailler y compris pendant le confinement
parce qu’ils remplissent des tâches liées à la continuité du service public, souvent parmi
les plus difficiles. Je me souviens aussi que, lorsqu’il a fallu demander des volontaires par
exemple pour la distribution des masques ou des paniers alimentaires, ils ont répondu
présent et ils ont toujours été là. C’est donc une grande fierté d’avoir un service public
comme celui des agents de la Ville de Lille. Monsieur le Directeur Général, j’adresse un
remerciement à tous pour leur présence à chaque fois que l’on en a besoin.
Cela a été le cas au mois d’août pour l’accueil des Afghans. À ce propos, je
voudrais particulièrement saluer Stephan KUTNIAK qui coordonne l’arrivée des exilés,
mais bientôt réfugiés, ainsi que Jean-Raphaël BLONDIAU, Floriane GABRIELS et toutes
leurs équipes qui ont été très présents au mois d’août et qui nous ont aidés, à un moment
où rien n’était prévu, à être à l’heure pour accueillir des personnes dont la vie était
véritablement en danger.
En fait, très tôt au mois d’août, par un jeune Lillois que j’avais accueilli il y a 15
ans, j’ai pris conscience que les talibans pouvaient reprendre l’Afghanistan. Cela ne
semblait pas être vraiment compris un peu partout. On voyait tous les jours les cartes de
l’Afghanistan avec des zones qui devenaient rouges. Certes, la France était partie
d’Afghanistan et avait ramené un certain nombre de Français au mois de mai et au mois
de juillet, mais il restait beaucoup d’Afghans qui avaient travaillé pour la France et qui
risquaient pour leur vie ; il y avait notamment beaucoup de personnalités qui avaient agi
contre les talibans, dont une partie de la famille avait d’ailleurs été tuée à la première
arrivée des talibans au pouvoir il y a 20 ans, et qui poursuivaient ce travail dans le
domaine de la justice, de la santé, de l’éducation et dans le domaine de l’aide aux femmes.
Quand je dis que ce sont des personnalités, je ne veux pas parler d’élites, je veux dire
que ce sont des hommes et des femmes qui étaient engagés et la plupart avaient déjà
subi plusieurs attentats et des menaces. Pour ces 53 premiers Afghans, nous avons pu,
en les défendant très rapidement avant la prise de Kaboul, avoir l’autorisation du Ministère
de l’Intérieur et du Ministère des Affaires étrangères et leur permettre d’arriver les
premiers en France avec des agents qui avaient travaillé pour les Français et d’autres
Français les 17 et 18 août. Ces 53 Afghans ont pu arriver directement à Lille où ils ont fait
leur quarantaine. Comme les Ministères avaient été saisis très tôt, on avait pu vérifier leur
qualité et la nécessité de les faire revenir en France.
Depuis, nous avons accueilli d’autres Afghans, des artistes qui avaient été portés
par des structures culturelles françaises et notamment de notre ville, mais aussi des
chercheurs qui travaillaient par exemple sur la vérification des subventions qui étaient
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apportées par l’Union européenne en Afghanistan. Vous imaginez, avec la corruption que
l’on connaît, à quel point leur tâche était difficile et combien ils étaient en danger.
Nous savons aussi – et nous avons encore aujourd’hui joint le Ministère des
Affaires étrangères – que nous avons trois familles afghanes qui sont totalement
séparées, entre un membre qui est dans la métropole lilloise et la famille qui est en
Afghanistan. Parmi les 620 dossiers que nous avons reçus, puisque beaucoup d’Afghans
sont venus à Lille voyant que nous avions accueilli dès le départ ces réfugiés, parmi tous
ces dossiers que nous avons transférés au Ministère des Affaires étrangères, nous
défendons particulièrement ces trois familles qui sont dans une situation extrêmement
délicate. Nous espérons, comme nous le dit le Ministère des Affaires étrangères, qu’ils
seront dans un des prochains avions pour pouvoir rejoindre notre ville et j’espère qu’ils
seront nombreux à pouvoir rejoindre la France parce que, vous le voyez, les dangers sont
tout à fait réels.
Personne ne doute aujourd’hui – certains en doutaient peut-être – que les talibans
n’ont pas changé. Vous avez vu la situation des femmes, des filles, pour ne prendre que
cet exemple, et, on le voit aujourd’hui, nous avons des talibans face à Daesh, face aux
terroristes et ce sont en fait deux groupes qui ont les mêmes méthodes qui s’opposent
les uns aux autres et qui créent encore plus de morts et de difficultés pour le peuple
afghan qui a aujourd’hui beaucoup de difficultés, y compris à se nourrir.
Nous avons pu accueillir tout de suite sept familles. Nous ne pouvions pas les
mettre à Corot car c’étaient des familles importantes, qui comprenaient entre sept et neuf
personnes. Nous les avons donc logées dans des maisons qui étaient d’anciennes
maisons de directeurs d’école, que nous pensions vendre – nous en avions déjà parlé –
et que nous avons remises très vite en état pour pouvoir accueillir ces familles qui sont
arrivées dans le plus grand désarroi avec des sandales et les vêtements qu’elles avaient
sur elles car, pour rejoindre l’ambassade, il fallait le faire de manière extrêmement discrète
et elles ne pouvaient rien emmener. Cela a d’ailleurs été une des grandes difficultés.
D’autres familles ont été accueillies à Corot, des familles moins importantes, et
les jeunes artistes et les chercheurs dont j’ai parlé.
Je voudrais dire tout de suite la formidable solidarité qui a été celle des Lillois et
je voudrais particulièrement saluer les commerçants de Wazemmes. Un samedi – je crois
que c’était le 21 août –, alors que nous étions en train de regarder ce dont chaque famille
avait besoin, un des commerçants de Wazemmes nous a apporté des dizaines de paires
de chaussures. Puis, le lendemain, il a organisé une collecte et, lorsque nous sommes
arrivés avec Floriane GABRIELS, plus d’une vingtaine de commerçants du marché
avaient préparé 50 jeans, 40 ou 50 pulls, etc. Tout le monde était là pour dire « nous
sommes heureux de les accueillir et nous sommes prêts à ». Je veux le dire car, lorsqu’on
voit les débats qu’il y a aujourd’hui en France, entre « ceux qui viendraient de je ne sais
où » et « ceux qui seraient des vrais Français », là, il y a eu ce que nous aimons le plus
en France, la solidarité et la fraternité dans ce marché de Wazemmes. Ils ont été les
premiers et ils ont été formidables. Sans eux, très franchement, nous aurions été assez
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démunis parce que les choses se sont faites dans des délais extrêmement brefs. Je
voudrais donc vraiment les saluer.
Je veux saluer aussi évidemment tous les Lillois qui sont venus la semaine
suivante, dès qu’on les a appelés, pour nous apporter les vêtements, les biens essentiels
dont chacun avait besoin.
Je veux remercier les entreprises qui nous ont aidés. En effet, il faut savoir que,
pour remettre en état Corot, pour remettre en état des maisons pour accueillir des familles
qui doivent faire de la cuisine, dormir, etc., nous avons eu des dons de grandes
entreprises comme d’opérateurs pour que ces familles puissent être dans ces maisons.
La plupart de ces personnes ne parlent ni anglais, ni français, n’écrivent pas l’écriture
européenne et étaient donc complètement perdues, au-delà du traumatisme qui était
évidemment le leur. Réellement, je veux saluer cette capacité qu’ont eue les Lillois de les
accueillir, même s’il fallait rester discret sur leurs noms et adresses, pour l’alimentation
qui leur a été apportée, les moyens de faire la cuisine pour eux-mêmes.
Aujourd’hui, je peux vous dire que tous les enfants (ils sont 18) sont à l’école
depuis le premier jour de la rentrée scolaire et tout se passe bien. Tous les adultes
prennent des cours de français et de langues étrangères. Je remercie Arnaud d’avoir
porté cette préparation pour que, très vite – parce que c’est ce qu’ils souhaitaient –, ils
apprennent la langue française pour essayer de s’insérer au plus vite. Aujourd’hui, nous
sommes en train de regarder ceux qui veulent faire du sport. Nous avons parmi eux des
champions de Taekwondo, pour ne prendre qu’un exemple. Nous sommes dans des
choses plus agréables, plus ouvertes que ce qui était le cas tout à fait au début, sans
compter les problèmes de santé qui doivent évidemment être pris en compte.
Une fois de plus la Ville a été en capacité d’accueillir ces personnes. L’OFPRA a
décidé de venir à Lille, ce qui est très rare, pour accueillir ces personnes et pour leur
donner le statut de réfugiés, car nous ne doutons pas qu’ils aient tous le statut de réfugiés
étant donné les parcours qui ont été les leurs.
(Projection de diapositives)
Un mot sur les chantiers sécurité et sur la vie nocturne. Nous parlerons tout à
l’heure du Conseil de la nuit et de ces sujets.
Je voudrais faire le point sur la sécurité. La sécurité reste notre préoccupation
majeure, notamment à cause des trafics de drogue. Vous le savez, nous avons la
conviction profonde ici, avec Jean-Claude MENAULT, que c’est d’abord la force des
hommes et des femmes sur le terrain qui nous permettra d’avancer.
Comme je l’ai fait avec les précédents Ministres, j’en ai parlé à plusieurs reprises
à Gérald DARMANIN, le Ministre de l’Intérieur. Il avait d’ailleurs reconnu lui-même,
lorsqu’il était venu accueillir une nouvelle promotion de jeunes, qu’il manquait 300
policiers sur la circonscription lilloise, ce que réclamaient aussi les syndicats et ce que
nous demandions. Il m’a remis une lettre il y a quelques jours pour me dire que 136
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policiers étaient déjà arrivés depuis fin 2016 et que devaient arriver encore 164 personnes
nettes, c’est-à-dire nettes des départs, avant la fin du quinquennat.
Je ne vais pas polémiquer ou relever que les policiers qui sont arrivés en 2017
étaient ceux qui avaient été annoncés par le précédent Gouvernement. L’important est
qu’ils soient là. Quand je disais qu’il en manquait 300, c’était plutôt à partir de maintenant.
Enfin, si nous accueillons ces 164 policiers d’ici la fin du quinquennat, c’est une bonne
nouvelle et je l’en remercie, tout en lui redisant – il le sait parfaitement, lui qui annonce
toujours le nombre de points de deal à Lille – qu’il nous faudra encore des renforts.
En ce qui concerne la Police Municipale, nous respectons les engagements que
nous avions pris. Nous avions promis le recrutement de 50 policiers d’ici fin 2022, faisant
passer nos effectifs à 170. Malgré les difficultés de recrutement sur lesquelles je ne
reviens pas, qui sont celles de toutes les villes, nous serons dans quelques jours à 135
policiers municipaux et nous espérons atteindre 145 policiers à la fin de l’année et donc
atteindre effectivement les 170 en fin d’année prochaine. Pour nous, c’est l’essentiel, ce
sont effectivement les hommes et les femmes qui sont sur le terrain.
En ce qui concerne les caméras de surveillance, il y a à Lille 7 586 caméras de
surveillance. Je continue à penser – et je l’ai encore vu cette semaine quand, après une
altercation, un jeune homme a été arrêté dans le métro grâce à une caméra de
surveillance du métro – que toute caméra est intéressante lorsqu’elle permet, non pas de
surveiller la population, mais soit de faire en sorte de dissuader par exemple les
délinquants dans les zones commerciales – et c’est ce que nous essayons de faire –, soit
de pouvoir retrouver ou prouver des problèmes de délinquance et notamment de trafic
devant les tribunaux.
Nous allons donc mettre en place les caméras que nous avions prévues, 9
caméras nomades et 38 caméras fixes, et nous allons les relier au CSU, ce centre qui
sera installé dans le nouvel Hôtel de police que nous espérons mis en place fin décembre
- début janvier, ce centre de supervision urbaine qui permettra de suivre ces points chauds
dans la ville, sachant que, pour nous, les caméras n’ont pas vocation à rester toujours au
même endroit mais, lorsqu’il y a un problème quelque part, nous avons la volonté de poser
ces caméras. C’était le cas par exemple – puisqu’on en parle beaucoup ces derniers jours
– à Masséna-Solférino où quatre caméras de vidéoprotection sont aujourd’hui installées
et constituent un outil supplémentaire.
Là aussi, on voit bien avec les opérations qui sont menées depuis quelques mois
combien c’est l’action de la Police Nationale et de la Police Municipale avec les pompiers
qui nous permet d’agir et d’avoir des résultats.
Je voudrais vous dire que, depuis le début de l’année, pour ne prendre que
l’exemple de Masséna-Solférino, onze établissements ont été fermés dans ces rues,
quatre pendant l’été, un encore hier. Ce sont évidemment des bars.
Par ailleurs, nous avons voulu lancer une opération spéciale auprès des pseudo-
discothèques. Cela faisait longtemps qu’on le demandait à la préfecture et je suis très
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heureuse que celle-ci ait pu avoir lieu. Nous en avons souvent parlé. Nous avons la
chance d’avoir dans notre ville des professionnels qui tiennent de vraies discothèques et
qui respectent les règles. Or, vous savez que, depuis une loi qu’avait fait voter le Président
SARKOZY, les discothèques ont le droit d’être ouvertes jusqu’à 7 heures du matin sans
avoir besoin d’être déclarées et un certain nombre de bars se sont déclarés discothèques
sans en avoir les différents critères qui le nécessitent, par exemple une billetterie, une
superficie de piste de danse, des dispositifs de sécurité adaptés, un disc-jockey, etc. Ce
sont eux qui ne respectent pas les règles. Puisque je prends l’exemple de la rue Masséna-
Solférino, les cinq « discothèques » qui ont été vérifiées hier soir par une vingtaine de
personnes de la Police Nationale et de la Police Municipale ne sont pas des discothèques
au sens de la loi et vont donc être requalifiées en tant que bars et trois d’entre elles seront
fermées. Nous allons saisir la Justice car elles étaient dans un état de dangerosité
absolue pouvant mettre en danger la vie d’autrui.
Là aussi, on ne peut pas agir dans ces domaines sans l’État, car c’est l’État qui
décide des fermetures et c’est aussi avec la Police Nationale que ces contrôles peuvent
se faire. Nous allons aller jusqu’au bout pour qu’on apporte la tranquillité et le calme aux
riverains qui en ont bien besoin, d’autant plus que se sont ajoutés aux noctambules pas
très sérieux des délinquants qui sont venus dans ces rues pour voler des jeunes qui
étaient déjà dans un état assez second. Il nous faut donc agir ensemble et il nous faut
beaucoup de moyens. Nous irons donc jusqu’au bout et notamment sur ces pseudo-
discothèques, nous retrouverons ainsi des professionnels qui tiennent des discothèques
en respectant véritablement les règles et les autres seront fermées au moins
temporairement et peut-être beaucoup plus.
Je voudrais juste vous donner une information. J’ai saisi de nouveau le Préfet,
comme je l’avais fait avec Monsieur le Préfet LALANDE, pour lui reparler de notre volonté
de prendre des mesures à destination de la circulation des poids lourds dans les entrées
de la métropole aux heures de pointe. Nous savons que, aujourd’hui, ces embouteillages
et encombrements provoquent une production de gaz à effet de serre considérable, mais
c’est aussi en termes de conditions de vie pour les habitants quelque chose qui devient
de plus en plus insupportable.
Il y a deux ans, j’avais déjà saisi le Préfet LALANDE, qui nous avait demandé de
saisir les Belges. En tant qu’Eurométropole, nous avons travaillé avec nos amis flamands
et wallons sur cette question puisqu’ils sont évidemment concernés par les entrées et
sorties de la Belgique de beaucoup de ces camions. Nous avons pu constater que les
parkings de délestage qui existent pour le week-end, puisqu’ils n’ont pas le droit de
circuler le samedi soir et le dimanche, pouvaient les accueillir pendant certaines heures
le matin et le soir – je ne vais pas donner des heures précises, cela reste à discuter. J’ai
demandé au Préfet de se saisir à nouveau de cette question pour que nous essayions
d’avancer. C’est à la fois un problème social et un problème écologique et je crois qu’il
faut vraiment que nous arrivions à des résultats.
(Projection de diapositives)
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Je passe aux derniers points que je souhaitais aborder avec vous et de manière
rapide mais, pour ceux qui le veulent, nous pourrons donner plus d’éléments.
La programmation estivale Voyage Voyages s’est bien passée, malgré un temps
qui n’a pas été à la hauteur de ce que l’on souhaitait, notamment au mois d’août.
Je voudrais dire le très beau succès de « Lille aventure nature », ce village
vacances qui avait été installé aux Bois Blancs, puisque 17 800 personnes, notamment
enfants, y ont participé.
La gratuité des piscines a été extrêmement appréciée par les Lillois, Lommois et
Hellemmois.
Les stages « apprendre à nager » que Valentin MARTIN avaient portés, sur 180
enfants de 10 à 12 ans bénéficiant de cours gratuits, nous ont amenés à penser qu’il fallait
reproduire et peut-être élargir encore cette belle opération.
Sur le plan culturel, je voudrais juste vous citer quelques événements :
- 1 500 jeunes ont participé à des Block Party au Palais des Beaux-Arts et au
Grand Sud : concerts de rap, battle de danse, performance de graff. Un
millier d’adolescents se sont exprimés sur des scènes ouvertes temporaires,
ce qui est aussi une bonne façon d’agir ;
- la gratuité des musées municipaux pour les moins de 30 ans a été une très
bonne chose. Au musée des Beaux-Arts par exemple, 51 % des visiteurs
avaient moins de 30 ans, notamment avec cette formidable exposition de
François BOUCQ qui est particulièrement intéressante pour les jeunes, et,
parmi ceux-là, 60 % étaient des jeunes qui n’étaient jamais entrés dans le
musée. C’est donc vraiment une opération qui était tout à fait intéressante.
- je ne parle pas des voyages, des étés apprenants, des voyages d’enfants
qui ont pu aller en vacances à l’extérieur du Nord ;
- nous avons aussi accueilli 30 000 enfants de 3 à 12 ans dans les centres de
loisirs, en respectant les règles sanitaires, ce qui n’était pas tout à fait simple.
Enfin, vous avez pu apprécier ce qu’a été la braderie des commerçants. Nous
avions permis à 229 commerçants de faire un déballage avec des conditions de sécurité
qui avaient été acceptées par la préfecture. Cela a été l’occasion pour eux de rattraper
en partie seulement, mais en partie néanmoins, les problèmes de cette année.
La braderie de la BD au Palais des Beaux-Arts a accueilli 5 500 visiteurs. Là
aussi, c’était un peu de gaieté dans ce week-end où il n’y avait pas la braderie et où nous
étions tous tristes.
Enfin, je vous informe de l’ouverture, avec Estelle RODES du nouveau marché
du Faubourg de Béthune, qui aura lieu chaque vendredi matin, ce qui est une très bonne
chose pour les habitants.
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Voilà les quelques nouvelles que je souhaitais vous apporter.
Nous allons regarder une petite vidéo sur les différents événements, puis nous
prendrons l’ordre du jour du Conseil.
(Projection d’une vidéo)
Ce soir, la ville sera illuminée en jaune pour les 40 ans de l’abolition de la peine
de mort, ainsi que demain, et nous reprendrons évidemment Octobre Rose après.
Mes chers collègues, je passe tout de suite la parole à Audrey LINKENHELD.
Chemise 4
CLIMAT Rapporteur : Audrey LINKENHELD
Première Adjointe au Maire
21/413 Engagements pour le Climat – Renouvellement de la Convention des
Maires pour le climat et l’énergie – Engagements Cities race to zero.
Madame LINKENHELD - Bonsoir à tous, merci Madame le Maire.
Juste quelques mots pour souligner l’une des cinq délibérations que j’ai l’honneur
et le plaisir de présenter ce soir en Conseil Municipal, par laquelle la Ville de Lille non
seulement renouvelle l’un de ses engagements pour le climat et l’énergie, mais en souscrit
un nouveau.
Nous avons déjà eu l’occasion de dire ici que notre action en faveur du climat et
de l’environnement se situe évidemment à la fois à l’échelle planétaire, mais aussi à
l’échelle la plus proche de nous. C’est ainsi que depuis longtemps déjà, la Ville de Lille
envisage son action en faveur du climat et de l’environnement. Je vous rappelle que cela
fait maintenant déjà 20 ans – en 2001 – que la Ville de Lille a adopté son premier
Agenda 21. Au cours de ces 20 années, au fil de l’eau, elle a pris d’autres engagements,
à la fois locaux, régionaux, nationaux, européens, internationaux, encore tout récemment
avec la signature du Green City Accord en tant que première Ville française en décembre
2020.
L’ensemble de ces engagements a été rassemblé dans le Plan lillois pour le climat
– vous vous en souvenez – que nous avons collectivement adopté en juin dernier. J’avais
d’ailleurs annoncé à l’occasion de cette présentation du Plan lillois pour le climat – qui est
là, je le rappelle – que nous allions renouveler notre engagement dans la Convention des
Maires pour le climat et l’énergie. C’est maintenant bientôt chose faite, si tant est que
nous votions cette délibération.
Hier a eu lieu le grand événement européen pour toutes les Villes qui s’engagent
ou qui se réengagent dans cette Convention. Nous délibérons aujourd’hui, la Métropole
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Européenne de Lille le fera prochainement également. Ce sera, pour la Ville, la troisième
adhésion à cette Convention, par laquelle nous nous engageons :
- à fixer et suivre des objectifs en faveur de la transition écologique à moyen
et long termes ; c’est notamment ce que nous faisons avec ce Plan lillois
pour le climat ;
- à impliquer tous les acteurs du territoire : citoyens, entreprises,
associations ; c’est ce que nous faisons, notamment mais pas
exclusivement, en participant au Haut Conseil métropolitain pour le climat
que j’ai eu le plaisir également d’installer pas plus tard que ce lundi ;
- à nous inscrire dans un réseau d’acteurs engagés pour le climat, et c’est le
deuxième objet de la délibération que je vous présente, puisqu’avec d’autres
acteurs internationaux et européens, nous proposons d’aller dans ce qui est
appelé « Cities race to zero », la course des collectivités vers le zéro
carbone, vers la neutralité carbone ; c’est un engagement collectif qu’un
certain nombre de collectivités proposent de prendre à l’approche de la
COP26 qui se tiendra à Glasgow dans quelques semaines, au mois de
novembre.
Je ne vais pas vous détailler les engagements que nous proposons de prendre à
travers Cities race to zero, peut-être juste vous lire les thèmes qui vous montreront
pourquoi, finalement, il était assez cohérent pour nous de nous y engager. Les thèmes
sont les suivants :
- créer une société plus inclusive ;
- créer des rues vertes et saines ;
- réduire la pollution de l’air et garantir un air pur ;
- développer des bâtiments à zéro carbone ;
- évoluer vers des systèmes énergétiques résilients et durables ;
- avancer vers le zéro-déchet ;
- créer des systèmes alimentaires durables ;
- désinvestir des combustibles fossiles et investir dans un avenir durable ;
- évoluer vers des systèmes de construction résilients et durables.
Je pense que rien qu’en indiquant ces thèmes, vous voyez en quoi à la fois nos
engagements programmatiques et tous ceux que nous avons inscrits dans le Plan lillois
pour le climat nous amènent tout naturellement à nous engager dans cette race to zero
avec quelques autres collectivités.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Madame SPILLEBOUT.
Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, Madame la Première Adjointe,
Vous nous proposez de délibérer sur le renouvellement de la Convention des
Maires pour le climat et l’énergie et sur l’adhésion aux engagements « Cities Race to
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Zero », en nous présentant les objectifs de la Ville et les engagements qu’une telle
convention implique.
Nous saluons, bien évidemment, ces engagements pour lesquels nous voterons
favorablement.
J’en profite, bien entendu, pour saluer la visite avant-hier à Lille de notre Premier
Ministre, Jean CASTEX, un grand honneur pour notre Ville. Une visite exceptionnelle,
consacrée à un engagement essentiel pour le climat : celui de participer à hauteur de
120 M€ à la mise en œuvre du SDIT – le Schéma directeur des infrastructures de
transport de notre métropole –, ce qui représente 55 kilomètres de transports collectifs
complémentaires.
Cette aide significative permettra d’accompagner six projets de notre Métropole
dans le déploiement de nouveaux réseaux de transports collectifs (tramways et bus à haut
niveau de service), afin d’améliorer la qualité de l’air et de lutter contre le réchauffement
climatique.
Nous notons au passage que le mode innovant prévu par le SDIT pour aller
desservir Fives, en clair le projet de téléphérique, n’a pas été retenu dans ces
financements. Nous saluons ce choix, en rappelant l’alternative que nous portions – le
collectif Faire Respirer Lille – de relier Fives avec une passerelle en faveur plutôt des
mobilités actives (piétons, vélos, trottinettes, …), autre pan de la mobilité durable. Nous
restons motivés pour travailler à vos côtés sur ce scénario alternatif, en collaboration avec
le projet Euralille 3000.
À une autre échelle, nous souhaitons également rappeler les ambitions du « Fit
for 55 », un ensemble de 12 propositions concrètes présentées par la Commission
européenne en juillet et destinées à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique,
en visant une baisse de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.
Or, vous l’indiquez dans cette délibération, Madame LINKENHELD, le Plan Lillois
pour le climat a fixé en juin une ambition de baisse de 45 % des émissions de ces mêmes
gaz.
Si l’on veut que notre Ville et notre Métropole soient à la hauteur de ces ambitions
européennes, celles de notre Ville ne doivent-elles donc pas être revues à la hausse ?
Je vous remercie.
Madame le Maire - Juste un petit mot, d’abord, pour dire que nous avons eu le
plaisir de recevoir le Premier Ministre ici même, dans cette mairie, ce qui nous a permis
de parler de quelques sujets lillo-lillois.
Dire aussi que le SDIT, qui a été largement préparé ici par Jacques RICHIR et
Stanislas DENDIEVEL, est porté à la Métropole. Nous sommes contents de voir que dans
une première étape, Madame SPILLEBOUT – non pas du tout qu’ait été non retenu ce
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dont vous parlez –, qui a d’ailleurs été présentée par le Président de la MEL, Damien
CASTELAIN, et notamment, bien sûr, les lignes à haut niveau de service et les trams, le
Gouvernement a décidé, d’ici 2025, de commencer à aider pour 120 M€ ; nous avons
d’ailleurs salué cela. Je rappelle que le SDIT, c’est 1,6 Md€ sur 15 ans. C’est une
première étape, cela ne veut pas dire que le reste n’est pas retenu, ce sont d’ailleurs des
priorités que nous avions fixées nous-mêmes avec le Président CASTELAIN et nous
espérons que la Région accompagnera à la même hauteur ce Schéma.
Il faut commencer sans tarder, et c’est ce que nous permet, d’ailleurs, l’arrivée de
ces moyens apportés par l’État dans une logique de relance économique. On le voit bien,
les transports collectifs, c’est à la fois la transition écologique et l’amélioration des
conditions de vie des habitants ; nous sommes donc heureux de pouvoir démarrer le plus
vite possible ce Schéma, que nous avons largement préparé et, bien sûr, voté.
Madame LINKENHELD - Je ne reviens donc pas sur cette question des mobilités.
D’abord, merci de soutenir cette délibération.
Sur les objectifs en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre,
je crois avoir déjà eu l’occasion de dire ici et à la Métropole, puisque le Plan climat de la
Ville s’inscrit en cohérence avec celui de la Métropole, et c’est bien normal, puisque nous
formons un seul territoire avec des enjeux qui sont souvent les mêmes, même s’il peut y
avoir ici ou là quelques différences, qu’avec 45 % de baisse des émissions de gaz à effet
de serre d’ici 2030, nous sommes déjà dans une trajectoire très ambitieuse.
Il ne m’a pas échappé que l’Europe avait l’intention de relever ses ambitions, mais
j’ai rappelé ici et à la MEL que nous avons une étape d’évaluation à mi-parcours qui nous
attend aux alentours de 2023-2024 et que ce sera l’occasion pour nous de voir d’abord
comment nous avons tenu ces premiers engagements sur une trajectoire de - 45 % et si
nous pouvons, à cette occasion, éventuellement, envisager de les relever. Je rappelle
que cette trajectoire de - 45 % s’inscrit dans la stratégie nationale bas carbone soutenue
par le Gouvernement dont le Premier Ministre est venu nous rendre visite.
Madame le Maire - Je vous remercie.
Nous mettons au vote les délibérations d’Audrey LINKENHELD.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
ENERGIE
21/414 Développement des installations photovoltaïques municipales – Mise à
disposition de la Ville de données énergétiques sur une plateforme
sécurisée – Convention entre Enedis et de la Ville.
Adoptée.
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(Anissa BADERI ne prend pas part au vote.)
21/415 Rénovation énergétique du patrimoine bâti municipal – Mise en œuvre du
programme ACTEE2 – Appel à projet MERISIER – Convention de
partenariat entre la FNCCR, Amiens Métropole, Valenciennes Métropole,
la Métropole Européenne de Lille et la Ville de Lille – Financement.
Adoptée.
FINANCES
21/416 Matériels municipaux – Demande à l’Etat de procéder à leur aliénation
avec publicité et concurrence.
Adoptée.
ECONOMIE
21/417 Projet européen Tast'in Fives (Transforming Areas with Social Talents :
Feed,Include,Value,Educate,Share) - Initiative européenne "Actions
innovatrices urbaines" - Ajustements budgétaires entre partenaires en
raison de la clôture administrative et financière du projet - Avenant n° 6 à
la convention de partenariat.
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN, Stéphane BALY, Nathalie SEDOU, Arnaud
DESLANDES, Justine RATELADE, Marie-Christine STANIEC-WAVRANT, Roger VICOT,
Stanislas DENDIEVEL, Anissa BADERI, Sébastien DUHEM, Sylviane DELACROIX,
Faustine BALMELLE Ali DOUFFI et Estelle RODES ne prennent pas part au vote.)
Je vous remercie.
Je passe maintenant la parole à Charlotte BRUN pour une délibération cadre sur
la jeunesse qui a donné lieu à un très gros travail collectif autour de Charlotte.
Chemise 6
JEUNESSE Rapporteur : Charlotte BRUN
Adjointe au Maire
21/428 Délibération cadre Jeunesse – Stratégie Jeunesse 2021-2026.
Madame BRUN - Merci, Madame le Maire.
Mes chers collègues,
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Juste un mot, d’abord, pour vous faire un point en deux phrases sur la rentrée
scolaire, vous dire qu’elle a été marquée, mais vous l’avez vu, par la gratuité du contenu
du cartable, qui est un cap nouveau que nous franchissons vers l’école pour toutes et
tous et l’égalité des chances sur le territoire lillois. Nous sommes la première grande Ville
de France à assurer la gratuité des fournitures scolaires totale. Nous suivrons ce travail
avec notre groupe de directeurs d’école, ainsi que les parents d’élève, toute l’année, en
veillant notamment au suivi de classes pilotes.
21 classes ont été créées cette année également, principalement des classes
dédoublées, mais pas que, ce qui est le signe d’une démographie scolaire dynamique sur
le territoire lillois.
Aujourd’hui, sur le champ de la sécurité sanitaire, un petit mot pour nous réjouir
de la fin du port du masque à partir de lundi pour les enfants de primaire. Nous avons
tous hâte que cette situation se confirme et que pour les enseignants également, ainsi
que les enfants du secondaire, cette fin du port du masque puisse être possible.
Aujourd’hui, sachez-le, nous n’avons plus que quatre classes fermées pour cause de
Covid.
(Projection de diapositives)
Maintenant, sur ce travail collectif important qui est celui de la feuille de route du
mandat en direction de la jeunesse, rapidement sur l’état des lieux, je connais l’assiduité
de mes collègues du Conseil Municipal, qui se sont d’abord fortement impliqués dans la
rédaction de cette délibération cadre et, pour les autres, qui ont tous lu attentivement cette
délibération, vous savez donc que Lille est un territoire particulièrement jeune, puisqu’un
tiers des Lillois ont moins de 25 ans. C’est, pour notre territoire, un gage de dynamisme,
une richesse forte pour la ville.
Cette conviction guide l’action municipale depuis plusieurs années, en incitant
fortement la Ville à être très présente en direction des jeunes, alors même que ce n’est
pas la compétence d’une Ville. En effet, je vous le rappelle, c’est la Région, la Métropole
et le Département, récemment également dans le vote d’une délibération, qui ont cette
compétence thématique mais, comme mon collègue qui s’était occupé précédemment de
la jeunesse, Akim OURAL, à son image, nous sommes fortement engagés sur le champ
de la jeunesse et nous avons ainsi fortement contribué à la rédaction et à l’obtention d’un
PIA Jeunesse qui arrive à terme. Ce terme nous a incités à nous remettre autour de la
table tous ensemble et à nous poser des questions quant à notre volonté de garder une
ambition forte d’intervention en direction des jeunes.
Les jeunes, la jeunesse, les jeunesses, mettons-nous d’accord tout de suite ;
effectivement, on aurait pu parler des jeunesses, tant il s’agit d’un âge, entre l’enfance et
l’âge adulte, qui tend à s’agrandir voire, on en parlait en Commission, les uns et les autres
peuvent, en fonction des situations, se considérer comme plus ou moins adultes, plus ou
moins jeunes ; c’est un âge variable. Il n’empêche qu’au fur et à mesure des années, l’âge
de la jeunesse s’agrandit, faisant ainsi apparaître plusieurs générations en une, mais
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également, et à Lille, nous ne l’apprenons à personne, des inégalités sociales traversent
fortement ces générations.
Il n’empêche que cette tranche d’âge est mue par des aspirations communes, des
envies communes, et Frédéric DABI le dit par ailleurs dans un ouvrage qui est sorti, « La
Fracture », sur les 18-30 ans, il est fortement probable que cette génération soit aussi
constituée par l’épreuve que nous traversons qui est celle de la crise sanitaire, crise parmi
les crises qui, nous ne l’espérons pas, aura probablement fortement matricé les jeunes. Il
parle même de « génération désenchantée » ; nous y reviendrons en analysant
notamment la consultation en ligne que nous avons portée.
Nous avons en tout cas été convaincus, à la suite du travail mené par Akim en
lien fortement avec le Maire, que la crise sanitaire imposait à la Ville de Lille, bien que pas
pilote sur les questions de jeunesse, de prendre la main sur cette question, d’écouter et
d’impliquer davantage les jeunes, pour partager avec les acteurs jeunesse, nombreux sur
le territoire, une stratégie d’intervention commune et pouvoir mieux coordonner le budget
important que nous consacrons au cofinancement, à l’intervention, au développement de
politiques en direction des jeunes qui se portent à près de 2 M€.
Mieux répondre aux besoins des jeunes, rendre plus lisibles nos interventions,
permettre davantage l’accès au droit, telle était notre ambition en lançant un diagnostic
territorial il y a maintenant un an, qui nous a permis d’améliorer l’état des lieux, de mesurer
l’ensemble des 130 mesures financées par la Ville de Lille aujourd’hui, parmi lesquelles il
y a, par exemple, 49 actions portées par la délégation d’Arnaud au titre de la Politique de
la Ville, mieux recenser les politiques et, comme je vous l’ai précisé, faisant apparaître la
nécessité d’une plus grande coordination des acteurs du territoire extrêmement nombreux
et des différents services de la Ville de Lille.
Nous avons donc souhaité compléter ce diagnostic territorial par des
consultations, d’abord de l’ensemble de mes collègues élus thématiques, des services
municipaux, des acteurs et opérateurs jeunesse, et je remercie évidemment
particulièrement l’ensemble des centres sociaux qui se sont beaucoup impliqués dans
cette consultation, les structures de prévention, les associations qui sont toutes très
impliquées en direction des jeunes et la Mission locale.
Le Maire le disait, il y a une quinzaine d’élus, aujourd’hui, qui sont élus à la
jeunesse ; je parlais d’Arnaud avec sa délégation Politique de la Ville et centres sociaux,
mais je pense aussi à Anne GOFFARD, par exemple, qui a en charge les étudiants, à
Beverley JOLIET qui pilote le Conseil lillois de la jeunesse, à Martin DAVID-BROCHEN
sur les questions fondamentales d’accès à l’emploi et d’insertion professionnelle, et je
pourrais tous les citer, d’Anissa BADERI sur le logement à Sébastien DUHEM sur la
participation citoyenne, Sylviane DELACROIX sur le handicap, mes collègues chargés du
sport, de la culture également, tous sont fortement impliqués et c’était bien l’enjeu que de
pouvoir réaffirmer la jeunesse comme un enjeu fortement transversal.
Nous avons donc mené ce travail tous ensemble et consulté tous ensemble les
acteurs, les opérateurs jeunesse et les jeunes eux-mêmes, au travers de plusieurs biais :
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- d’abord, des ateliers animés par les jeunes du Conseil lillois de la jeunesse,
qui se sont extrêmement impliqués dans ce travail de consultation et qui
nous ont dit leur volont qu’ils puissent être, d’une certaine manière,
quasiment permanents pour adapter l’analyse des besoins et des réponses
du territoire aux besoins des jeunes au fil du temps ;
- un questionnaire en ligne est venu également alimenter notre diagnostic des
besoins et des réponses à apporter aux jeunes avec 640 contributions, sur
lesquelles on note d’abord une très forte mobilisation des jeunes. Je le disais
en Commission, il faut préciser – ce qui n’enlève en rien, je pense, la
pertinence de l’analyse de ce questionnaire – que ce questionnaire a été
répondu par une majorité de filles, ce qui veut dire beaucoup de choses :
elles se sont saisies plus que les garçons de cet outil en ligne, elles avaient
peut-être besoin de prendre davantage la parole à ce moment-là. Je rappelle
que le contexte du questionnaire est celui des mois de mai et de juin, on est
donc au sortir d’un confinement, et il est fortement marqué par ce
confinement. Les 10 quartiers sont correctement représentés et nous avons
essentiellement des étudiants, alors même que le questionnaire était ouvert
aux collégiens et aux lycéens et que nous avions veillé à la diffusion de ce
questionnaire dans leurs établissements scolaires. Je reviendrai par la suite
sur l’analyse du questionnaire ;
- nous avons mené un travail de rencontres régulières avec les organisations
étudiantes et que nous continuons, d’ailleurs.
Concernant les principaux enseignements de ces consultations auprès des
jeunes, je ne rentre pas dans le détail de chacun des chiffres, pour vous dire, d’abord,
qu’il y a un vrai besoin de leur part d’être écoutés et entendus, puisque 88 % d’entre eux
nous ont dit être satisfaits d’être entendus. Ces jeunes – et d’ailleurs, le livre de Frédéric
DABI va dans ce sens – sont des jeunes en quête d’engagement. S’ils se détournent
aujourd’hui des partis politiques, des corps institutionnels, ils sont, dans ce questionnaire,
et c’est confirmé par les études diverses et variées sur cette génération, 62 % à avoir été
engagés dans une action solidaire, citoyenne, dans une association.
Ils souhaitent être mieux informés, même si 65 % estiment que l’information
donnée par la Ville est de bonne qualité, donc mieux informés en ligne, mais mieux
informés, pour 25 % d’entre eux, grâce à un lieu qui permettrait de centraliser l’information
en direction des jeunes.
Ils sont aussi satisfaits de l’offre culturelle, sportive et de loisirs. 70 % des
répondants fréquentent les musées lillois et 62 % d’entre eux pensent que les activités
sont nombreuses. Toutefois – vous le voyez, c’est le dernier chiffre –, la moitié d’entre
eux aimeraient bénéficier d’activités plus libres, de pratiques urbaines de plein air plus
libres, ne nécessitant pas forcément d’engagement à l’année dans une structure.
La crise sanitaire – je le disais – est fortement présente dans cette consultation,
beaucoup nous ont parlé de ce sentiment de solitude, qui n’a pas traversé que les jeunes
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mais qui a particulièrement impacté une tranche d’âge qui est très déterminée par
l’interaction des liens, par les rencontres. On a besoin, quand on est adolescent ou quand
on sort de l’adolescence, de ces liens pour se construire et pour construire son identité,
et les confinements successifs, l’isolement, ont pesé probablement énormément sur des
tranches d’âge qui – tout le monde a besoin d’interaction – ont besoin de cette interaction
pour se construire, et l’impression d’être dans une salle d’attente a pesé lourdement sur
le moral des jeunes, développant des angoisses, du stress, une difficulté de se projeter,
d’ailleurs. Le service Nightline à Lille a vu ses consultations augmenter de 40 %, les
addictions ont aussi fortement augmenté.
La Ville a souhaité, sans attendre la rédaction de cette délibération cadre, être,
dès le début de la crise sanitaire, particulièrement présente aux côtés des jeunes, avec :
- la mobilisation du CCAS, avec 11 % des secours et des interventions qui
ont été au bénéfice des 15-25 ans ;
- la mobilisation de la Ville en soutien aux associations pour la distribution de
paniers alimentaires ;
- le soutien au développement des épiceries solidaires ;
- notre mobilisation pour réduire au maximum les difficultés des étudiants, des
lycéens et des collégiens aussi face au travail à distance et au fameux
distanciel des cours, avec les dons de matériel, le développement d’espaces
de co-working et l’opération des clefs 4G amorcée il y a deux jours dont le
Maire parlait tout à l’heure ;
- le soutien renforcé aux associations, avec le plan de 1 M € ;
- le plan d’action pour la santé psychique et les expérimentations à la fois de
gratuité et de développement de la pratique libre cet été, comme l’a rappelé
le Maire, avec succès.
Nous avons donc, aujourd’hui, grâce à tout ce travail et la mobilisation collective
qui est la nôtre, un document cadre qui est une feuille de route, avec 40 engagements qui
sont des mesures déjà lancées, des mesures en construction ou des engagements de
mesures à décliner pendant le mandat, 40 engagements qui respectent des principes
transversaux : l’accès au droit, la mixité, l’égalité entre les filles et garçons, la lutte contre
les inégalités sociales et, bien sûr, l’inclusion et la lutte contre les discriminations.
Les engagements sont articulés autour de quatre axes ; je ne vous les récapitule
pas tous.
Sur le premier, qui consiste à soutenir l’envie d’engagement écocitoyen des
jeunes et d’engagement parfois ponctuel sans pour autant qu’il ne soit dénué de sens ou
de cohérence, nous avons plusieurs mesures :
- continuer à accueillir des services civiques à l’intérieur de la Ville et à
soutenir l’engagement au travers de la Mission locale et de sa plateforme
pour des services civiques sur l’ensemble du territoire lillois, bien que le PIA
soit arrêté. Je le disais tout à l’heure, nous proposons dans cette délibération
de compenser la fin du financement PIA en continuant, par des
financements propres, à accueillir les jeunes en service civique ;
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- soutenir les nouvelles formes d’engagement :
o tout d’abord le dispositif des KAPS avec l’AFEV ; il s’agit du logement
en colocation solidaire en échange d’un engagement citoyen des
jeunes ; ils étaient 34 l’année scolaire précédente, nous souhaitons les
développer,
o les Coopératives « Jeunesse de Services »,
o les Chantiers participatifs ;
- élargir – c’est le cas dans une délibération de ce Conseil Municipal – le
dispositif « DFIE » à tous les jeunes de 16 à 25 ans, et plus simplement aux
étudiants ;
- maintenir ces échanges permanents avec le CLJ et les jeunes lillois – au-
delà du CLJ – tout au long de ce mandat, avec des rendez-vous réguliers
pour adapter nos réponses aux besoins.
Je laisserai Sébastien nous parler du budget participatif, car comme je vous le
disais, cette délibération cadre, cette feuille de route, se traduit dans plusieurs
délibérations dès ce Conseil Municipal.
Le deuxième axe est celui de la mobilité et de l’épanouissement des jeunes :
- tout d’abord en élargissant nous-mêmes l’âge de la jeunesse, en les
rajeunissant un peu et en proposant que la Ville de Lille soit davantage
présente en direction des adolescents par l’élaboration d’une
programmation spécifique et ponctuelle et un travail sur l’âge unique pour
accéder aux équipements municipaux ;
- le développement de la pratique libre et l’élargissement de l’aide à la
licence ;
- la création d’un dispositif pour offrir la possibilité d’accéder à des
équipements culturels et sportifs municipaux à plusieurs, intitulé « Ma
tribu » ;
- le développement des projets de mobilité internationale, la mobilité étant
également la mobilité des vacances, avec une forte mobilité avec Eddie
JACQUEMART autour du droit aux vacances.
Le troisième axe est essentiel : comment la Ville peut mieux accompagner les
jeunes dans leur réussite éducative, mais aussi leur insertion sociale, professionnelle,
l’amélioration de la prévention. La parole sera donnée dans quelques minutes à Arnaud
DESLANDES, puis à Martin DAVID-BROCHEN qui pourront beaucoup développer les
questions d’accès à l’emploi, d’insertion professionnelle, donc je les laisserai présenter
les délibérations qui s’inscrivent dans cette feuille de route.
Juste un mot pour vous dire qu’Olivier CAREMELLE aura l’occasion, au Conseil
Municipal de décembre, de vous présenter le projet LIREL, qui est la création d’une
structure innovante pour le raccrochage scolaire, et que nous avançons sur le
déploiement d’un plan de développement du mentorat et du parrainage sur le territoire
lillois.
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Avec Martine AUBRY, nous avons également le souci de pouvoir mieux
accompagner les étudiants et les apprentis dans leur recherche de stage, à la fois en
construisant une plateforme pour les étudiants du territoire, mais aussi en jouant notre
part en tant que Ville de Lille et en accueillant des stagiaires, des apprentis, et également
en étant en pointe et pilotes sur le développement des emplois verts.
Je termine en vous précisant que nous avons bien entendu la volonté des jeunes
– et c’est le dernier axe – d’avoir mieux accès à l’information et aux droits et nous
souhaitons, avec eux, travailler au développement d’une application numérique, mais
également, avec le CRIJ, au développement d’un véritable lieu ressources, centralisant
les informations et permettant de nous aider à favoriser l’accès aux droits des jeunes. On
le voyait encore mercredi dernier avec les élus présents, et Martine AUBRY tout
particulièrement, beaucoup de jeunes, à 22-23 ans, n’avaient toujours pas leur propre
carte de Sécurité sociale, il y a donc un vrai sujet d’accès aux droits, de connaissance
des dispositifs existants, et nous souhaitons organiser des événements pour favoriser leur
accès à la connaissance et aux droits qui sont les leurs.
Ce qui est important, c’est aussi la démarche qui est la nôtre ; il s’agit d’une feuille
de route, cette feuille de route sera articulée grâce à une gouvernance transparente qui
s’articulera avec des coordinations partenariales, d’abord à l’intérieur de la Ville, des
services eux-mêmes, pour faire vivre cette transversalité, mais aussi et surtout des temps,
tout au long de l’année, réunissant tous les acteurs jeunesse du territoire et les jeunes
eux-mêmes, afin de pouvoir coordonner des réflexions, se former ensemble et mettre en
place des dynamiques collectives et complémentaires.
Merci beaucoup d’avoir été attentifs pendant ces 15 minutes d’exposé que
j’espère ne pas avoir été trop long. Je voudrais – en un mot – remercier fortement les
services municipaux pour le gros travail qui a été le leur, tout particulièrement Faustine
HUET, Tony DA SILVA et Florence MAGNE, ainsi que tous les DGA, qui se sont fortement
impliqués dans la rédaction de cette délibération cadre.
Merci.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Madame BRUN.
Madame CAMARA.
Madame CAMARA - Bonsoir.
Madame le Maire, chers collègues,
Vous nous présentez ce soir la stratégie pour le mandat à venir. À la lecture de
celle-ci, nous pouvons évaluer la richesse du réseau des acteurs jeunesse et la richesse
des projets impliquant la jeunesse lilloise.
Pour réaliser ce document cadre, la Ville a souhaité s’appuyer sur les acteurs de
la jeunesse, mais aussi associer les jeunes dans la réflexion et l’élaboration de celui-ci.
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Nous saluons, bien entendu, cette volonté fondamentale d’impliquer les premiers
concernés par ces futures politiques publiques.
La pandémie n’a sans doute pas aidé, cependant, nous restons un peu sur notre
faim concernant cette première consultation de la jeunesse. 40 jeunes ont été mobilisés
autour d’ateliers thématiques. En revanche, la grande majorité, 640, a répondu via un
questionnaire en ligne. C’est encore peu comparé aux plus de 65 000 jeunes âgés de 11
à 24 ans habitant Lille. Cette majorité de réponses en ligne constitue également un biais
sociologique majeur, notamment quand on considère la fracture numérique. Pour preuve,
la majorité est un public étudiant. Aussi, 62 % de ces répondants se sont déjà engagés
dans une association ou ont réalisé une action solidaire ou citoyenne, alors qu’au niveau
national, nous sommes plutôt à un jeune sur cinq engagé dans une structure associative.
Je remercie les membres du CLJ pour l’animation de ces ateliers et les
640 jeunes qui ont répondu au questionnaire en ligne. Cette voix étudiante est
absolument nécessaire après ces deux années difficiles. Perte de revenus, logements
exigus, isolement, décrochages, problèmes de santé mentale, l’impact de cette crise a
été considérable pour les étudiants. Aussi, il faut prendre en compte leurs difficultés,
envies et besoins pour les années qui viennent. Je profite de cette intervention pour
rappeler notre souhait que Lille fasse du logement étudiant abordable une priorité face
aux situations anxiogènes qu’ont connu de nombreux étudiants cette rentrée.
Pour les années à venir, il faudra amplifier la démarche afin d’améliorer la
représentativité de cette consultation. Vous souhaitez consulter les jeunes de manière
régulière durant les cinq prochaines années, donner une place à la jeunesse dans les
décisions qui la concernent et nous vous soutenons absolument dans cette volonté.
Cependant, il nous faut nous demander comment dépasser ce premier biais sociologique,
comment amener d’autres points de vue, d’autres expertises durant ces cinq années.
Nous le savons, les déterminismes pèsent lourd. Nous espérons donc que des
outils à la hauteur seront mis en place afin d’accompagner et de permettre à chaque
jeune, quel que soit son quartier, quel que soit son milieu d’origine, de se saisir de cette
chance de participer à la construction de son avenir ou encore d’intégrer des dispositifs
aussi précieux que les coopératives « Jeunesse de services », le dispositif DFIE que vous
avez présenté ou encore les chantiers participatifs d’intérêt général, pour ne citer que ces
trois exemples.
À l’heure où près de 72 % des jeunes se sont abstenus aux dernières élections
municipales, à l’heure où les extrêmes s’invitent chaque jour dans le débat public et où
les inégalités s’accentuent, à l’heure où une partie de la jeunesse bat le pavé pour le
climat ou encore contre les discriminations, nous avons le devoir de permettre à celle-ci
d’utiliser sa capacité d’agir pour son avenir. De l’étudiant à l’université de Lille, au mineur
isolé en passant par le collégien de Louise Michel, la jeunesse lilloise est multiple et nous
nous devons de ne laisser personne de côté, surtout ceux pour qui la puissance publique
est essentielle dans la lutte contre les inégalités et les discriminations.
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Cette stratégie va dans ce sens, la parole d’une partie de la jeunesse a été prise
en compte. À présent, faisons en sorte que les jeunesses lilloises puissent toutes se saisir
de cette formidable opportunité, car comme cette délibération l’indique : « C’est en
prenant soin de sa jeunesse qu’une société prépare son avenir ».
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Madame BRULANT-FORTIN.
Madame BRULANT-FORTIN - Bonsoir à tous.
Nous votons ce soir la feuille de route de la Mairie de Lille pour ses jeunes,
40 engagements pour les 70 000 12-25 ans ; quel vaste sujet !
Alors, que vous ont dit les 640 jeunes qui ont répondu à votre enquête ? Qu’ils
aiment Lille, comme nous, mais ils sont particulièrement critiques sur deux points.
Premièrement, ils manquent de connaissances des aides et des possibilités qui
leur sont offertes. Ce manque d’information est criant dans cette enquête. Mieux
communiquer pour mieux informer, c’est la première des urgences. Mais nous sommes
convaincus – et je développerai si vous le souhaitez – que votre idée de développer une
application digitale, en réponse, n’est pas une bonne idée.
Alors, la jeunesse, vous l’avez dit, Madame l’Adjointe, la compétence jeunesse,
les lycées, les études, c’est techniquement du ressort du Conseil Régional et de l’État.
Notre rôle à notre échelon de Ville, c’est de faciliter, de promouvoir, de mettre en lien, de
s’assurer que nos jeunes lillois s’approprient tout ce qui existe. Posons-nous donc la
question de ce que peut faire la municipalité à son niveau.
Et justement, cela tombe bien, la deuxième chose que nos jeunes ont critiquée
est l’accès aux équipements culturels et sportifs. Leur demande est très claire : accéder
librement aux équipements de la ville, avoir plus de lieux de loisirs en plein air. Alors,
accélérons ! Nos ados sont vraiment très demandeurs. C’était au programme de Faire
Respirer Lille : des équipements sportifs en accès libre dans tous les quartiers (agrès,
paniers de baskets, skatepark). Évidemment, l’accès libre va avec la responsabilité, la
sécurisation et l’entretien.
Et essayons de laisser ouverts nos équipements l’été. Je n’en reviens pas qu’il
faille fermer chaque mois d’août notre belle Halle de glisse, dont l’accès demeure par
ailleurs un gros problème. Étudions aussi, pourquoi pas, l’ouverture de nos piscines le
dimanche après-midi.
Nous espérons aussi que vous saisirez l’opportunité du grand Plan Sport annoncé
par le Gouvernement dans le cadre de France Relance : 120 M € pour des équipements,
pour les assos et pour l’emploi.
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Élargissons, parlons maintenant mobilité.
Être jeune, c’est découvrir, puis prendre pleinement son autonomie. Si j’ai 12 ans
à Lille, est-ce que je peux sereinement aller à vélo à mon club de sport, à mon activité,
chez un copain ? Trop de familles ont peur et on les comprend.
Les transports en commun seront bientôt gratuits pour tous les mineurs de la
métropole ; nous avons voté pour, pour plein de bonnes raisons. Pour les 18 ans et plus,
nous proposons d’étudier un abonnement V’lille plus accessible, à moitié prix, comme à
Paris, pourquoi pas gratuit mais avec toujours la caution, histoire d’ancrer plus fortement
à Lille la pratique du vélo chez nos jeunes, d’agir évidemment pour la planète et, au moins,
un V’lille, on ne risque pas de se le faire voler, donc on règle avec cela le fléau du vol de
vélo à Lille qui décourage certains d’en faire ou en tout cas d’en posséder un.
Parlons un instant des nuits lilloises et de leur sécurité.
Le futur Conseil de la nuit lillois aura pour lourde tâche de chercher le bon
équilibre entre tranquillité publique et vie nocturne. Il faut évidemment qu’il intègre la
parole des jeunes, des fédérations étudiantes ; nous ne pouvons pas ignorer ces
120 000 étudiants de Lille. Nous ne pouvons pas ne pas réfléchir avec et pour ces jeunes,
non lillois, qui viennent aussi fréquenter notre ville, et c’est leur sécurité qui doit être au
top de nos priorités.
Un mot sur le numérique, qui est évoqué dans votre stratégie.
Je voudrais vraiment saluer votre futur plan arts numériques. Les écrans qui
posent problème à tant de parents (près d’un parent sur deux ne se sent pas
assez accompagné dans l’encadrement de la pratique numérique de son enfant) doivent
être apprivoisés pour aller vers une société à la fois connectée et responsable.
Parlons un instant logement. Vos mesures jeunesse manquent à notre avis de
mesures fortes pour résoudre la crise du logement étudiant à Lille. Ce n’est pas simple.
Vous devez, à notre avis, favoriser la construction de résidences étudiantes neuves pour
libérer de l’habitat familial et faire baisser les prix. À la rentrée, c’est la panique pour
beaucoup trop de jeunes.
Parlons évidemment insertion vers l’emploi, dans notre ville à un quart pauvre et
à un tiers jeune. Nos efforts en tant que Ville doivent, à notre avis, porter en priorité vers
ceux qui ne demandent plus rien, les invisibles, ceux qui ne viennent pas demander de
l’aide. Deuxième cible prioritaire : les 14 à 16 ans. A cet âge, les jeunes en difficulté sont
hors du radar des missions locales. Et aidons nos clubs sportifs à se saisir du plan
d’inclusion par le sport, ces coaches sportifs qui, en même temps, savent orienter les
jeunes vers les solutions.
Votre feuille de route évoque le formidable site internet 1jeune1solution. A l’heure
où je vous parle, 3 400 offres d’emploi sont mises en ligne rien que pour la ville de Lille.
26
Utilisons aussi – vous l’avez rapidement évoqué – le programme de mentorat « 1 jeune,
1 mentor ».
Un mot, enfin, permettez-moi, sur l’international. Notre ville est cœur d’Europe et
nous sommes jumelés à 16 villes ; c’est très mal connu de nos jeunes. Rendons cela plus
concret pour eux. Ouvrir les horizons des jeunes, voilà qui les rend libres !
Notre jeunesse a besoin d’oxygène, de liberté. Des jeunes lillois plus libres de se
déplacer sereinement à Lille, plus libres d’aller se détendre dans un parc agréable près
de chez eux, libres d’aller taper la balle sur une table de ping-pong en bon état au pied
de l’immeuble, plus libres d’accéder à tout ce qu’une grande ville peut leur offrir, plus
libres face aux inégalités de destin.
Voilà, en un mot, ce qui nous semble la priorité pour nos jeunes lillois : œuvrer
pour leur liberté.
Merci beaucoup.
Madame le Maire - Merci, Madame BRULANT-FORTIN.
Monsieur JACQUEMART.
Monsieur JACQUEMART - Merci, Madame le Maire.
Madame le Maire, chers collègues,
La délibération cadre Jeunesse portée par ma collègue Madame BRUN sera
votée par les communistes de la Majorité municipale avec un enthousiasme certain. En
effet, cette délibération s’inscrit dans la mise en œuvre du programme municipal de la
Majorité. Transversales, audacieuses et cohérentes, les 40 mesures définies pour la
jeunesse lilloise sont de véritables axes de développement de progrès social et sociétal.
Cette délibération est très large et propose un projet global pour les jeunes qui
mobilisera l’ensemble de la Majorité municipale, mais aussi les acteurs associatifs ou
institutionnels qui pourront également se saisir de la mise en œuvre de ces objectifs. Que
ce soit en termes de logement, d’emploi, de loisir, de culture, de sport, de prise en compte
des situations de handicap – et j’en oublie certainement –, c’est l’ensemble des besoins
et des aspirations des jeunes Lilloises et Lillois qui est concerné. Tous ces objectifs sont
définis avec une volonté politique de solidarité, d’un meilleur accès aux droits,
d’écocitoyenneté et de justice sociale.
Notons au passage les progrès déjà obtenus pour les jeunes en matière de
gratuité des transports, sujet auquel ô combien les communistes sont attachés et
sensibles.
J’ai aussi repéré dans cette délibération des sujets très concrets qui concernent
directement la délégation que m’a confiée Madame le Maire en juin 2020, notamment sur
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l’accès aux vacances et aux loisirs et aussi sur l’éducation populaire. Sur ce dernier point,
j’ai la chance de rencontrer les acteurs et actrices de l’éducation populaire de notre ville
qui font vivre au quotidien l’émancipation et la solidarité et je ne doute pas qu’ils seront
ravis des ambitions très transversales que notre Majorité porte pour l’éducation populaire.
Merci, Madame le Maire
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Madame BRUN.
Madame BRUN - Merci beaucoup à Eddie JACQUEMART et aux collègues de
l’Opposition puisque je note surtout un avis favorable et positif sur cette délibération. Je
vois que nos ambitions sont communes et que, parfois, même si la verbalisation de ces
ambitions diffère un peu sur la forme, les objectifs sont en tout cas les mêmes.
Du coup, je ne chipoterai pas sur tel ou tel aspect. Je pense que ce sont des
chantiers que nous aborderons ensemble, notamment en commission.
Je rappellerai peut-être quand même quelques réponses, notamment celle que je
vous avais faite, Madame BRULANT-FORTIN, en Commission. Notre volonté est bien
d’ouvrir au maximum des équipements, c’est le cas par exemple de la piscine
Marx Dormoy, qui est la piscine à l’amplitude horaire la plus grande de la métropole. Nous
souhaitons par ailleurs maintenir un taux d’équipement important et de qualité et, pour
cela, il faut pouvoir entretenir ces équipements sportifs. En l’occurrence, ces équipements
sont donc nécessairement à fermer pour pouvoir les mettre à niveau au point de vue
qualité. Je ne parle pas ici du nombre de piscines car vous connaissez mon point de vue
sur le sujet, je parle bien des travaux nécessaires pour accueillir le public dans de bonnes
conditions de sécurité. Il faut donc les fermer, ne pas les fermer à tel ou tel moment de
l’année, mais à un autre moment de l’année et, de fait, impacter un autre public. Ce sont
effectivement des choix très difficiles à faire, mais ils sont aussi à assumer collectivement
et c’est probablement en ayant davantage d’équipements, ce qui est notre position sur la
question des piscines, que nous pouvons continuer à avoir une amplitude horaire
importante.
Madame CAMARA, je n’ai pas dit le contraire sur l’engagement. Vous avez
probablement mal lu ou mal entendu mes propos tout à l’heure. Il y a effectivement un
jeune sur cinq au niveau national dans des associations. Je n’ai pas dit le contraire à Lille,
j’ai bien dit que 62 % des jeunes s’engageaient. Ces engagements ont des nouvelles
formes et, on nous le disait d’ailleurs il y a quelques jours encore au Forum des
associations, ces formes ne sont plus forcément en adhérant précisément et en étant
bénévole toute l’année dans une association, ce qui ne veut pas dit que ce n’est pas un
engagement. Ils vont parfois davantage vers un engagement ponctuel qui ne passe pas
forcément par une adhésion à une structure institutionnelle, qu’elle soit club sportif,
association de pratique culturelle ou association de solidarité, mais, en tout cas,
l’engagement est là et il peut avoir pour autant énormément de cohérence sur les moteurs
de cet engagement. Je pense tout particulièrement à l’écocitoyenneté et à l’engagement
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solidaire sur lesquels ils sont. On peut donc avoir sur le territoire 62 % de jeunes engagés
sans pour autant que ce soit 62 % de jeunes qui appartiennent à des associations.
Je trouve que c’est un préjugé dommageable de considérer que, parce qu’ils
seraient engagés, ils ne seraient pas de quartiers populaires… J’ai peut-être mal compris,
je vous vois froncer les yeux, je suis rassurée. Ils sont évidemment aussi de quartiers
populaires. En effet, je vous l’ai dit, si 60 % d’entre eux sont des étudiants, pour autant,
tous les quartiers de la ville sont bien représentés.
Nous avons d’ailleurs veillé à faire ce travail avec les centres sociaux et avec les
clubs de prévention. Cela s’est fait dans un contexte compliqué qui était celui du
confinement, avec des ateliers par moments en présentiel, puis en visio. Cela a été
compliqué de maintenir un groupe de jeunes mais ils étaient là, très mobilisés à nos côtés,
et on a pu mener plusieurs réunions avec eux, des jeunes qui étaient adhérents de deux
centres sociaux, qui étaient bénéficiaires de la Mission locale. On a donc fait ce travail de
qualité qui visait tous les publics.
À ce propos, permettez-moi un petit trait d’humour. Venant d’un parti politique qui
prend soin de consulter régulièrement en ligne ou d’apporter du crédit à des consultations
en ligne, y compris sur des grandes élections d’ampleur nationale, je ne suis pas
persuadée que vous considériez qu’il y ait forcément un biais sur la question du
numérique.
En tout cas, sachez que, sur cette question de la fracture numérique, nous
sommes très mobilisés, je l’ai dit tout à l’heure. Nous avons pris soin, notamment au
travers du partenariat avec les centres sociaux connectés, d’aller au-devant de tous les
publics, même si cela reste un vrai défi – nous en sommes d’accord. La question des
invisibles est une question qui nous est fondamentale et c’est pourquoi Arnaud travaille
sur ces chantiers que je vais le laisser présenter.
Madame le Maire - Nous allons d’abord voter.
Je vous propose de mettre aux voix cette importante délibération Jeunesse de
Charlotte BRUN et de l’ensemble de l’équipe municipale, ainsi que les autres délibérations
de Charlotte BRUN.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
21/429 Nouvelles modalités d’attribution des Aides Individuelles et Collectives
aux Jeunes et Etudiants.
Adoptée.
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ECOLES
21/424 Versement de subventions à l'Office Central de Coopération de l'Ecole du
Nord (OCCE).
21/425 Renouvellement du marché d'organisation de séjours en classes de
découvertes pour les écoles publiques de Lille et Hellemmes.
Adoptées.
ACTIVITES PERISCOLAIRES
21/426 Prestations extrascolaires, périscolaires et restauration scolaire -
Remises gracieuses.
Adoptée.
PROJET EDUCATIF GLOBAL
21/427 Politique Educative - Clubs à destination des enfants des écoles
publiques lilloises.
Adoptée.
Je vous remercie.
Je passe la parole à Arnaud DESLANDES.
Monsieur DESLANDES - Merci, Madame le Maire.
Pour prolonger ce qu’a dit Charlotte, je vais vous présenter en quelques exemples
très concrets ce que nous faisons sur l’insertion professionnelle, l’accès à l’emploi pour
les jeunes qui, vous le savez, est une priorité et qui répond à certaines interrogations que
vous avez pu poser, Madame CAMARA et Madame BRULANT FORTIN, sur la capacité
d’agir, sur les invisibles ou même sur le sport, sujet qui sera sur le premier document que
l’on va vous montrer.
Au-delà des politiques structurantes que peut mener, sous l’autorité de Martin
DAVID-BROCHEN, la Maison de l’Emploi par exemple sur la garantie jeune – chaque
année, 1 000 jeunes à Lille sont en garantie jeune, dont près de la moitié en QPV –, on
ouvre toutes les pistes, on prend les projets qui peuvent permettre à 10, 20, 30, 50, 100
jeunes d’entrer dans des parcours d’insertion et formation, soutenus par la Politique de la
Ville et généralement avec d’autres délégations thématiques à nos côtés.
Le premier exemple que je souhaite vous montrer est celui de l’école du sport
qu’on a mise en place avec Walid HANNA il y a deux ans et qui achève sa première
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session de formation. Je voulais juste vous présenter un témoignage de ceux qui ont fait
l’école du sport et de ceux qui y ont participé, pour que vous puissiez voir à quoi cela
correspondait et ce à quoi cela a abouti.
(Projection d’une vidéo)
Vous avez vu ces personnes qui étaient dans la première session qui vient de
s’achever. Sur les treize apprentis qui étaient retenus, neuf ont une issue positive
puisqu’ils ont un BPJEPS validé, parmi lesquels sept sont maintenant en solution d’emploi
ou en formation vers un diplôme d’État. Quand je dis en solution d’emploi, ce sont souvent
des animateurs sportifs, soit dans des villes, soit dans des associations.
Avec Sarah SABE, qui porte avec moi cette délibération, nous lançons cette
deuxième session, où nous élargissons le nombre d’apprentis visés, avec 16 apprentis
pour une formation de 19 mois qui commence en décembre grâce à un groupement
d’employeurs que nous avons réunis autour de nous.
(Projection d’un Powerpoint)
Le second projet que je veux vous présenter est porté avec le Campus
Vitamine T : 100 jeunes pour 100 parcours. Il a été mis en place notamment dans le cadre
de la crise sanitaire et du confinement et il s’adresse particulièrement aux invisibles, à
ceux qui sont les plus éloignés de l’emploi et, surtout, ceux qui cumulent le plus de
difficultés et pour lesquels il faut donc avoir un lourd travail social d’accompagnement
préalable à la remise à l’emploi et à l’insertion pour lever les freins, que ce soit des
difficultés sociales, familiales, sanitaires, mais aussi des difficultés psychiques très fortes
ou des difficultés administratives sur lesquelles on a accompagné pour ouvrir les droits.
Typiquement, pour vous donner un ordre d’idée, sur ces 100 jeunes, 40 % n’étaient pas
connus des services publics de l’emploi (ni Mission locale, ni Maison de l’Emploi, ni Pôle
Emploi) et même 21 d’entre eux étaient SDF. On les a repérés, identifiés, accompagnés
et remis sur un parcours d’insertion.
Vous avez le bilan :
- 159 jeunes issus des dix quartiers lillois avaient été repérés avec les
partenaires, c’est-à-dire les centres sociaux, les maisons de quartier qui ont
été très mobilisées, le Secours populaire qui nous a aussi beaucoup aidés
puisque beaucoup de ces jeunes étaient aussi bénéficiaires des aides
alimentaires. Les clubs de prévention, la Mission locale et la MDE ont
participé à cette identification. On a une trentaine de partenaires au total ;
- 96, parmi ces 159 jeunes, ont eu un accompagnement poussé ;
- parmi ceux-là, 75 ont abouti à un parcours de formation et/ou d’emploi dont
vous avez le décompte sous les yeux, certains ayant pu cumuler des CDD
de plus de six mois avec une formation. Cela fait donc plus de solutions que
de jeunes, ce qui est normal puisqu’on a pu cumuler les solutions pour eux
dans ces dispositifs dont on va arriver au bout puisqu’on va atteindre les 18
mois de projet.
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Nous devrions sans doute relancer ce projet en début d’année 2022 en essayant
encore d’élargir les partenaires et même essayer de gagner encore plus de jeunes remis
à l’emploi et remis vers l’insertion grâce à ce dispositif de Vitamine T.
Le troisième projet que je voulais vous présenter rapidement – on va parler de
coopératives Jeunesse services –, c’est la coopérative des Jeunes Majeurs portée par la
Ligue de l’enseignement et l’Arbrisseau et soutenue par la Politique de la Ville, par la
délégation de Martin DAVID-BROCHEN et celle d’El Madani OULKEBIR. Il s’agit là de
prendre 15 jeunes Lillois, principalement des quartiers en Politique de la Ville, pour les
accompagner en service civique. Pendant les 20 heures de service civique, ils seront
ambassadeurs de l’ESS mais, sur le temps restant, ils seront accompagnés pour
construire leur propre offre de service, en quelque sorte leur propre emploi, pour
rechercher des clients, en étant guidés par des parrains économiques, sociaux,
administratifs qui vont les aider à se former sur les RH, sur les finances, pour créer leur
propre coopérative, leur propre conduite de projet grâce à un comité local de partenaires.
Notre ambition auprès de ce public de 18-25 ans est de les aider à découvrir ce
que l’on appelle les valeurs de l’ESS, puisqu’on vise à ce qu’ils soient capables de créer
leur propre emploi vers les métiers verts, c’est ce que l’on souhaite faire infuser auprès
de la Ligue de l’enseignement et de l’Arbrisseau. L’objectif est de pouvoir développer de
nouveaux services (conciergerie solidaire, services à la personne, aux personnes âgées,
entretien des espaces publics).
La coopérative Jeunes Majeurs va ouvrir en décembre dans les locaux de
l’Arbrisseau. Nous commençons le travail de repérage avec la Ligue de l’enseignement
sur un soutien majeur de la Politique de la Ville.
Un dernier point pour vous dire, pour le cas où vous ne l’auriez pas vu, que nous
sommes retenus comme Cité de l’emploi parmi les 60 nouvelles Cités de l’emploi qui ont
été retenues au niveau national. Avec Martin, nous avons souhaité porter une candidature
qui relève sur deux quartiers, à la fois Faubourg de Béthune et Bois Blancs, et sur deux
secteurs du NPNRU. Là, on n’est pas sur une tranche d’âge précise, cela concerne les
plus de 18 ans, en recherche d’emploi, qualifiés ou non, mais surtout des personnes qui
seront concernées par les opérations de relogement de l’ANRU.
Aujourd’hui, nous avons une cohorte de 100 personnes qui est expérimentale. En
coordonnant les acteurs du terrain, nous allons travailler sur ces personnes qui sont
visées par les opérations de relogement et qui sont aujourd’hui au chômage, en visant un
résultat de 70 % de retour à l’emploi – un très haut objectif – et de 30 % de retour à
l’autonomie.
Ces trois exemples plus le projet Cités de l’emploi que je vous ai présentés ne
sont qu’une goutte d’eau parmi tout ce que l’on peut faire par ailleurs en matière
d’insertion et d’accès à l’emploi auprès des publics les plus fragiles, mais aussi auprès de
ceux qui ont un diplôme, qui ne trouvent pas d’emploi et qui ont du mal à s’insérer.
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Madame le Maire - Merci.
Je crois qu’il n’y a pas de prise de parole sur cette intervention d’Arnaud
DESLANDES.
Je vous propose de mettre toutes ses délibérations au vote.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Chemise 5
Rapporteur : Arnaud DESLANDES
Adjoint au Maire
SOLIDARITE ET COHESION DES TERRITOIRES
21/418 Subventions destinées aux associations de solidarité.
Adoptée.
POLITIQUE DE LA VILLE
21/419 Politique de la Ville - Subventions aux associations.
21/420 Politique de la Ville - Subventions aux emplois aidés.
Adoptées.
COORDINATION DES QUARTIERS ET DES POLITIQUES DE PROXIMITE
21/421 Crédits décentralisés - Aides financières en faveur d'actions dans les
quartiers.
Adoptée.
FETES ET ANIMATIONS
21/422 Comités d'animations - Subventions.
Adoptée.
COMMERCE ET ARTISANAT
21/423 Subventions aux unions commerciales pour l'organisation d'animations
commerciales et annulation d'une opération.
Adoptée.
Je vous remercie.
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Nous passons aux dossiers de Jacques RICHIR.
Nous avons énormément d’interventions sur des délibérations différentes. Je
vous demande d’essayer d’être concis dans les questions.
Je laisse tout d’abord la parole à Jacques RICHIR.
Chemise 7
RISQUES URBAINS Rapporteur : Jacques RICHIR
ET TECHNOLOGIQUES Adjoint au Maire
21/434 Évaluation des impacts sur la santé de multiples expositions
environnementales – Étude pilote – Convention de partenariat entre
Santé publique France et la Ville.
Monsieur RICHIR - La seule délibération que j’ai à présenter directement – pour
les autres, je répondrai aux questions – porte sur l’évaluation des impacts sur la santé
des multiples expositions environnementales, étude pilote, convention de partenariat
entre Santé publique France et la Ville de Lille.
C’est une délibération qui est un peu technique mais très intéressante parce
qu’elle reconnaît d’une certaine manière l’expertise qu’a acquise notre Ville sur ces
questions d’exposition environnementale.
Nous avions déjà participé à de nombreuses expérimentations ou démarches
avec l’ADEME. Certaines ont abouti à des choses très intéressantes, comme par exemple
la mesure de la qualité de l’air intérieur dans les écoles et, maintenant, dans les
gymnases, avec Scol’Air, l’opération Meet-Pampa pour les mesures d’émission du trafic
des véhicules, les mesures d’empoussièrement des chantiers. Nous sommes associés à
une thèse d’université sur l’étude d’impact des facteurs sociaux sur les déterminants de
santé.
Aujourd’hui, Santé publique France, ayant repéré cette expertise acquise par la
Ville, nous demande de nous engager à ses côtés, ainsi qu’avec la Métropole Européenne
de Lille où le sujet est piloté par Audrey LINKENHELD, dans une démarche de
paramétrage, de mise au point d’une nouvelle forme beaucoup plus élaborée de ce que
l’on appelle un EQIS, une évaluation quantitative d’impact sur la santé. Celle que nous
avions menée, en particulier pour Saint-Sauveur avec l’EHESP, l’école de santé publique
de Rennes, avait porté sur la qualité de l’air. Aujourd’hui, Santé publique France demande
à la Ville de Lille de s’associer dans une convention de partenariat pour réaliser une EQIS
qui ciblerait plusieurs déterminants de santé : la pollution de l’air, l’accès aux espaces
verts, le bruit, les phénomènes d’îlot de chaleur, la mobilité active et l’activité physique.
Nous allons donc mener ce travail tout à fait expérimental, le but étant de
paramétrer ce type de démarche de manière à pouvoir ensuite la reproduire à travers le
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territoire. Quelque part, c’est pour nous une reconnaissance puisqu’il y a eu beaucoup
d’études d’impact sur la santé à travers la France ; en revanche, sur des sujets comme la
qualité de l’air, c’est une démarche qui, à ce jour, ne s’était pas faite.
À la suite de notre délibération, nous allons signer la convention de partenariat
entre Santé publique France et la Ville de Lille pour la période 2021-2024. La démarche
n’est pas très coûteuse pour la Ville, puisqu’elle mettra à disposition du temps ingénieur.
Nous avons au sein de notre service Risques sanitaires et urbains une équipe
d’ingénieurs de grande qualité qui porte ces dossiers, ainsi que d’autres dossiers comme
par exemple le service commun des carrières souterraines. Cela nous permettra de
contribuer à paramétrer ces nouvelles formes d’étude et, en même temps, de poursuivre
cette acquisition d’expertise qui est importante pour notre Ville étant donné la qualité des
projets urbains que nous menons. Elle avait d’ailleurs été reconnue lorsque, avec Estelle
RODES, nous avions été auditionnés par l’ANRU pour le projet Concorde sur le quartier
à santé positive. Nous sommes bien là dans cette manière dont notre Ville réalise des
grands projets d’urbanisme tout en portant en permanence la préoccupation de l’impact
de ces projets sur la santé des habitants et en veillant à faire de ces projets un outil
d’amélioration de la santé de nos habitants.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je vais passer la parole à Stéphanie BOCQUET pour son intervention et, ensuite,
nous examinerons chacun de ses amendements.
Madame BOCQUET - Madame le Maire, Monsieur l’Adjoint, chers collègues,
Etudier les impacts de différents facteurs environnementaux sur la santé publique
à travers cette méthode innovante qui est l’évaluation quantitative d’impact sur la santé,
dite EQIS, c’est tout l’objectif de cette délibération présentée ce soir.
Le groupe Lille Verte soutient bien évidemment cette initiative essentielle pour
notre ville qui cumule les mauvais points : épisodes d’alerte aux particules fines
récurrents, îlots de chaleur urbains, pour ne citer que ces deux-là.
Nous étions d’ailleurs surpris de ne pas voir la pollution des sols dans la liste des
expositions environnementales alors même que Lille compte plusieurs sites pollués sur
son territoire. Nous proposons donc, au travers de notre premier amendement, d’ajouter
ce type de pollution à la liste des déterminants de santé qui seront examinés lors de cette
étude.
Par ailleurs, nous souhaitons, via cette délibération, que notre Ville aille plus loin
en s’engageant vers une politique globale de santé environnementale au sein de laquelle
les Lilloises et Lillois auraient une place à part entière et un rôle à jouer. C’est le sens de
notre deuxième amendement qui s’inspire de ce qui a pu être réalisé par Santé publique
France avec l’étude PRIOR (Pratiques et perceptions des risques) dans la vallée dans
l’Orbiel dans l’Aude. Ce soir, nous vous proposons que la Ville organise une enquête de
pratiques et de perceptions des risques auprès des habitantes et des habitants. Cela
35
signifie conduire une enquête sur la façon dont elles et ils vivent ces pollutions et les
risques sanitaires engendrés et quelles sont leurs attentes. C’est donner la parole à celles
et ceux qui vivent ces pollutions au quotidien pour ensuite proposer des actions
pertinentes aux acteurs locaux en charge de la gestion sanitaire et environnementale.
Enfin, nous appelons à une politique de santé environnementale démocratique. Il
est nécessaire que les Lilloises et les Lillois soient informés des résultats des études de
santé publique conduites dans leur ville. Il est nécessaire qu’ils puissent disposer d’un
espace d’échange pour y débattre et y poser leurs questions. C’est pourquoi, Madame le
Maire, Monsieur l’Adjoint, nous proposons, à travers notre troisième et dernier
amendement, que les résultats de cette étude soient restitués publiquement dans les
différents quartiers de la ville.
Nous savons bien que ces propositions vont demander des moyens
supplémentaires mais, pour une politique de santé environnementale globale,
démocratique et participative, nous faisons le vœu que les Lilloises et les Lillois soient
informés et intégrés en tant qu’acteurs majeurs dans les mesures que nous mettons en
place.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur RICHIR.
Monsieur RICHIR - Je comprends bien la nature des amendements que vous
nous proposez. Toutefois, ce soir, il ne s’agit pas d’écrire une nouvelle politique de santé
environnementale à l’échelon de la ville. Beaucoup de choses sont faites, sont en cours,
non seulement à la Ville mais également à la Métropole – j’évoquais tout à l’heure toutes
les démarches menées avec Audrey LINKENHELD. Nous avons déjà un certain nombre
de lieux, nous avons mené par exemple le débat citoyen sur la qualité de l’air, nous avons
mené un certain nombre de travaux dans les quartiers. Il y a actuellement – je l’ai cité
dans mon intervention liminaire – tout le travail qui est mené au Faubourg de Béthune sur
la notion de quartier à santé positive, travail qui est aussi accompagné par Estelle. Tout
un ensemble de choses se font, on ne découvre pas actuellement la santé
environnementale, cela fait plus d’une dizaine d’années que la Ville de Lille est engagée
dans ces questions.
Vos amendements sont intrinsèquement intéressants mais je dirai qu’ils ne
répondent pas au sujet du jour. Le sujet du jour est de répondre à une demande de Santé
publique France. C’est Santé publique France qui a proposé les thématiques, on ne peut
pas ajouter la pollution des sols parce qu’eux-mêmes ne l’ont pas proposée comme un
élément. Ce sont eux qui ont choisi les thématiques pollution de l’air, accès aux espaces
verts, bruit, phénomène d’îlots de chaleur, mobilité active et activités physiques.
Par ailleurs, il faut toujours se méfier dans les études à ne pas trop élargir le
champ. Tout n’est pas dans tout et il faut bien cibler. Aujourd’hui, on élargit sur l’accès
aux espaces verts, sur le bruit, les îlots de chaleur et la mobilité active, je pense que nous
avons là un chantier intéressant. Lorsque nous aurons achevé ce travail expérimental
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avec Santé publique France, nous disposerons de nouveaux outils complémentaires pour
pouvoir mener un certain nombre d’autres travaux, tout en poursuivant ce que nous
faisons déjà par ailleurs puisque, comme je vous l’ai dit, nous n’avons pas découvert ces
questions avec cette délibération et cette demande de Santé publique France.
Aujourd’hui, Santé publique France nous demande ce partenariat, nous y
répondons très volontiers, je ne vous cache pas que nous sommes un peu flattés d’avoir
été sollicités pour cela puisque peu de villes l’ont été. Je comprends bien l’intérêt de vos
amendements mais je pense que, ce soir, nous ne pouvons pas les accepter puisqu’ils
ne répondent pas à la question posée au travers de cette délibération.
Madame le Maire - Si je peux me permettre, pour dire les choses encore plus
clairement, Santé publique France travaille avec des experts et nous demande de passer
une convention pour faire ces études chez nous, comme à Rouen et à Montpellier. Nous
n’avons pas à modifier la demande de Santé publique France, même si, comme l’a dit
Jacques RICHIR, on peut tout à fait partager votre point de vue.
On peut au moins dire ce soir que nous ne pouvons pas accepter votre troisième
amendement pour l’intégrer à Santé publique France, mais que nous pouvons nous
engager à ce que ces résultats soient effectivement portés à la connaissance du public.
Cela me paraît d’ailleurs évident.
Madame LINKENHELD - Cela dépendra de la forme que cela prendra.
Madame le Maire - Bien sûr, cela dépendra de ce qui nous sera rendu par Santé
publique France.
On vous propose donc de ne pas accueillir vos amendements, non pas parce
qu’on ne les partage pas sur le fond, mais parce qu’on ne corrige pas ce que des experts
ont préparé à Santé publique France pour comparer plusieurs villes entre elles. Bien
évidemment, si les résultats sont intéressants et peuvent être publiés, nous les mettrons
à la disposition des habitants.
Je vous repasse la parole, Madame BOCQUET.
Madame BOCQUET - Le troisième amendement est donc accepté ?
Madame le Maire - Le principe oui, mais on n’amende pas la convention de Santé
publique France. De toute façon, y-a-t-il des données que nous ne rendons pas
publiques ?
C’est une étude scientifique, il faudra la présenter de manière que ce soit
compréhensible par tous. S’il s’agit de présenter les résultats, nous le ferons, mais, pour
l’instant, ce n’est pas à nous de corriger une convention que Santé Publique France a
préparée avec des experts.
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L’esprit de votre troisième amendement est bien évidemment retenu, mais on ne
peut pas amender la convention.
Madame BOCQUET - C’est la délibération que nous demandons d’amender.
Madame LINKENHELD - Comme l’a dit Jacques RICHIR, je porte la même
délibération à la Métropole Européenne de Lille dans le cadre de ma délégation là-bas,
puisque Santé Publique France a sollicité la Ville de Lille et la Métropole Européenne de
Lille pour participer à ce qui est une étude scientifique.
Comme Jacques RICHIR vous l’a dit et comme Madame le Maire l’a répété, c’est
la demande de Santé publique France. Ce sont eux qui fixent les orientations, qui nous
demandent de bien vouloir leur mettre à disposition un certain nombre de données dont
nous disposons et qui viennent ensuite les confronter à des données dont eux-mêmes
disposent et qu’eux-mêmes travaillent. Nous ne travaillons pas sur ces données, ce sont
des experts et des scientifiques qui le font.
Nous ne pouvons pas dire dans la délibération que nous nous engageons à
restituer publiquement les résultats dans les différents quartiers de Lille, alors que nous
ne savons pas la forme que va prendre cette évaluation quantitative d’impacts sur la
santé, qui prendra peut-être une forme extrêmement scientifique que je ne suis même
pas sûre de comprendre moi-même. Il est donc difficile de vous indiquer de manière ferme
que nous allons la restituer dans les différents quartiers. Si le rendu de l’étude permet
effectivement une vulgarisation, en accord avec Santé publique France, nous pouvons
l’envisager mais il est difficile de le dire en amont puisque, par définition, nous n’avons
pas encore les résultats de cette étude.
C’est une étude qui n’est pas à destination du grand public, c’est un travail fait par
des experts et des scientifiques. Je vous lis juste une phrase de la première page de la
délibération : « Ces interactions, si elles sont probantes et robustes, pourront être
intégrées dans l’EQIS améliorant d’autant plus la robustesse du résultat ». Vous
m’accorderez que la phrase aurait pu être mieux écrite mais cela veut dire ce que cela
veut dire.
On ne sait pas à l’avance la forme que prendront les résultats. S’ils ont une forme
vulgarisable et si, en plus, l’étude se révèle pertinente et robuste, pourquoi ne pas les
partager effectivement avec les Lillois.
Je rappelle, comme Jacques RICHIR l’a dit, que nous avons d’ores et déjà un
comité de suivi citoyen, notamment sur les questions de qualité de l’air, et que des cadres
de débat citoyen existent sur ces questions de santé environnementale. Il n’y a donc
évidemment pas de désaccord de principe.
Madame le Maire - Je mets globalement au vote vos trois amendements puisque,
en fait, nous y répondons sur le principe.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille Verte)
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Qui vote contre ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire)
Abstentions ? (Le groupe Faire Respirer Lille)
Les amendements du groupe Lille Verte sont rejetés, le groupe Lille en
commun, durable et solidaire votant contre et le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant.
Je mets au vote la délibération 434.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je vous remercie.
21/435 Service commun des carrières souterraines - Convention de transfert des
archives publiques relatives aux carrières souterraines entre le
Département du Nord et la Ville.
Adoptée.
21/436 Service Commun des Carrières Souterraines - Convention de partenariat
entre le Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS) du Nord
et la Ville.
Adoptée.
(Franck GHERBI, Akim OURAL et Anissa BADERI ne prennent pas part au vote.)
Je passe la parole à Bernard CHARLES sur la délibération 431.
STATIONNEMENT
21/431 Stationnement payant - Passation de marchés publics.
Monsieur CHARLES - Madame le Maire, chers collègues,
Je voudrais faire une brève intervention en deux temps sur cette délibération qui
se présente comme étant une délibération technique.
Bien entendu, cette délibération est nécessaire puisque le marché actuel de
fourniture et pose d’horodateurs expire en octobre 2021, ce mois-ci, il est donc tout à fait
normal et indispensable qu’il y ait effectivement un nouveau marché. Cela dit, quand on
regarde très précisément les montants, ils sont certes sans minimum et sans maximum,
mais on peut penser que les chiffres très précis qui sont indiqués dans cette délibération
indiquent bien une direction. Or, il est proposé dans ce marché un maximum fixé à 7 M€,
soit un montant qui permet d’acheter environ 1 000 horodateurs, ce qui permettrait de
couvrir 20 000 places de stationnement contre un peu plus de 10 000 aujourd’hui. Cette
délibération n’est donc fondamentalement pas une délibération technique.
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En commission, il a été indiqué qu’avait été intégrée dans le programme municipal
proposé aux Lillois la mise en place progressive du stationnement payant au sein de la
ville, mais nous pensons que, en proposant cette délibération avec ce montant, c’est
mettre la charrue un peu avant les bœufs.
Il ne s’agit pas de remettre en cause la nécessité de réguler et d’avancer sur la
question du stationnement, mais cette question est extrêmement sensible.
Cette question, comme d’autres questions dans les autres délibérations qui font
l’objet de présentation de processus de concertation, en l’occurrence pour la mise en
place de l’extension telle qu’elle est indiquée, en sachant que, à ce stade, on parle de
présentation ultérieure sans calendrier, on ne parle ni de débat, ni de concertation, nous
pensons que, pour que cela réussisse et qu’on examine la pertinence des extensions et
de leur acceptabilité, ce qui est pour nous une condition de succès de cette démarche,
vous devriez lors d’un Conseil Municipal prochain présenter la méthode de concertation,
la méthode de travail – je pense aux conférences de consensus, à la mobilisation
d’ateliers, de conseils de quartier –, la façon d’aborder la géographie de l’extension, la
façon de concilier la question du climat, la question de la mobilité et la question sociale,
en prenant aussi les questions de pouvoir d’achat.
Il ne s’agit pas de remettre en cause l’objectif du plan de circulation tel qu’il avait
été mis en place, mais je me souviens très bien que, à l’époque, avait été théorisé le fait
qu’il n’y ait pas de concertation.
Nous pensons que cette délibération n’est fondamentalement pas technique,
qu’elle est politique et qu’il nous faudrait obtenir à ce sujet de votre part des engagements
sur la préparation et la présentation des modalités de concertation à un prochain Conseil
Municipal.
J’en viens à une deuxième remarque. Les personnes handicapées – c’est un sujet
que vous connaissez – nous ont fait remonter des difficultés liées au contrôle LAPI, lecture
automatique des plaques d’immatriculation. Certains reçoivent des forfaits post-
stationnement alors qu’ils ont un droit à la gratuité garanti par la loi dès lors qu’ils sont
bénéficiaires de la carte européenne de stationnement ou de la carte mobilité inclusion.
Certes, la Ville – et Jacques RICHIR s’est exprimé à plusieurs reprises dans la
presse – a mis en place un système déclaratif via une déclaration en mairie, mais qui ne
permet pas de répondre en particulier aux visiteurs non Lillois.
Les applications de paiement permettent également cette déclaration préalable,
mais vous ne prenez pas ainsi en compte la question de l’illectronisme et n’est pas non
plus prise en compte la question des personnes qui ne disposent pas de Smartphone,
même si cela se réduit.
D’autres villes, comme Tour et Marseille, ont mis en place des systèmes de
déclaration à l’horodateur, qui ne sont pas non plus idéaux, mais qui permettent en tout
40
cas d’apporter une réponse supplémentaire, qui n’existe pas à Lille malgré la mise en
place d’un bouton « fauteuil roulant » parfaitement inutile sur les horodateurs.
D’où notre seconde question : mettre en place ce système déclaratif sur
l’horodateur peut-il être envisagé sur les futurs horodateurs et, tant qu’à faire, peut-il être
mis en place sur les horodateurs actuels ?
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur RICHIR.
Monsieur RICHIR - Je vais répondre à ces deux questions.
Sur la première, je dirai que cette délibération est effectivement très classique.
On rappelle d’ailleurs dans la délibération les précédentes, celles de 2013, 2014, 2015 et
2016. On a besoin d’avoir régulièrement une flotte d’horodateurs disponibles.
Je précise qu’il s’agit, non pas d’un marché fermé, mais d’un marché à bons de
commande. Vous avez parlé de la charrue et des bœufs ; on fait les bons de commande
au moment où on met le bœuf devant la charrue pour que la charrue avance. Pour le
moment, c’est une possibilité que l’on s’offre, rien n’est décidé. De plus, vous l’avez vu,
le marché porte sur une période de quatre années, ce qui n’engage rien aujourd’hui sur
des décisions éventuelles à venir.
C’est donc bien une délibération d’ordre très classique comme toutes les
collectivités en ont. La MEL en passe également pour un certain nombre d’autres
matériels. Lorsqu’il s’agit de feux de circulation, on a des marchés à bons de commande,
cela ne veut pas dire qu’on va installer plus de feux, cela veut dire qu’on se donne la
possibilité de disposer du matériel.
Pour les autres éléments, comme la fourniture d’une trieuse et d’une compteuse
de pièces, c’est absolument indispensable. Le modèle actuel est obsolète. Je précise
d’ailleurs que l’on a de plus en plus de modes de paiement qui passent par la carte de
crédit ou les applications ; aujourd’hui, près de 80 % des paiements se font par ce biais.
Vous évoquez par ailleurs le dispositif LAPI (lecture automatique des plaques
d’immatriculation), qui est un dispositif particulièrement adapté à ce genre de contrôle. Il
permet de rétablir ce que j’appellerai l’égalité des uns et des autres. En effet, la pratique
des personnes qui prennent l’habitude durablement de ne pas s’acquitter du
stationnement payant en faisant un calcul probabiliste que, une fois de temps en temps,
ils auront un forfait post-stationnement et que, le reste du temps, ils ne paieront pas, est
tout à fait injuste. Il est clair que cette redevance est due par les uns et les autres.
Je précise que l’on a évalué à environ 20 % seulement le nombre de Lillois qui
avaient besoin du stationnement payant, les autres étant des visiteurs extérieurs. On sait
que le stationnement payant est un outil de régulation de la voiture en ville. Tout comme
le plan de circulation visait à éviter le trafic de transit, le stationnement payant sert aussi
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à éviter l’usage intensif de la voiture, alors que d’autres modes de déplacement peuvent
être utilisés.
Sur le LAPI pour les personnes qui ont une CMI – et, heureusement, au nom de
la liberté, le statut de personnes ayant un handicap ne figure pas sur la plaque
d’immatriculation, c’est bien la moindre des choses –, on a fait le travail nécessaire avec
ma collègue Sylviane DELACROIX, puisqu’on a présenté le dispositif à plusieurs reprises
à l’ensemble des associations de personnes en situation de handicap et on continue à le
faire. On va d’ailleurs le faire encore prochainement dans ce lieu devant les membres de
l’association France Parkinson. Sachez que nous faisons preuve d’une très grande
souplesse. Tous les FPS qui ont pu être établis ont été annulés.
D’autre part, nous avons donné aux personnes la possibilité de s’inscrire par
internet, par téléphone ou par courrier. Énormément de canaux sont donc utilisables
aujourd’hui. La personne peut effectivement le faire par les applications.
Quant aux applications qui consistent à aller à l’horodateur, beaucoup de villes y
renoncent parce qu’il est assez paradoxal de demander aux gens qui ont des difficultés à
se déplacer de se rendre à l’horodateur. C’est beaucoup plus simple d’utiliser d’autres
outils.
Aujourd’hui, la question est en train de bien se régler par le travail qui est fait avec
nos services, on voit se tarir les réclamations, les demandes d’annulation de ces FPS et
on a bon espoir que, une fois que toutes ces pratiques seront bien connues des uns et
des autres, toutes les personnes bénéficiaires de ces cartes mobilité inclusion, qui ont
droit à une gratuité de 12 heures dans toutes les villes où il y a du stationnement payant,
pourront faire valoir ces droits. C’est notre souhait. Comme je vous le disais, actuellement,
on est proche du zéro défaut en la matière et, dès qu’on a encore quelques demandes,
on les règle très rapidement.
Je pense donc que c’est un problème qui est en train de se régler et que, d’ici la
fin de l’année, tout sera définitivement réglé. On a pris toutes les dispositions dans ce
sens et les services ont reçu des consignes de grande souplesse dans les demandes qui
leur arrivent de ce côté-là, y compris pour les personnes venant de l’extérieur qui peuvent
l’utiliser puisque cette gratuité pour la CMI n’est pas réservée aux seuls Lillois, elle est
valable pour toute personne qui vient avec son véhicule dans notre ville.
Madame le Maire - J’ajoute que nous discuterons bien sûr de la stratégie du
stationnement payant, mais rien ne serait pire que nous prenions des décisions et que
nous n’ayons pas le matériel. Comme l’a très bien dit Jacques RICHIR, c’est un marché
à bons de commande, cela ne veut pas dire que nous allons commander pour 7 M€ de
matériel aujourd’hui. Nous aurons l’occasion de reparler de la stratégie, à la fois du
déploiement du stationnement payant que nous avons annoncé dans notre programme
et, bien évidemment, de la concertation qui va avec.
Je mets aux voix cette délibération ?
Qui vote pour ? (Unanimité)
42
Adoptée.
Je vous remercie.
Nous avons deux interventions sur la délibération 432.
Je passe d’abord la parole à Madame BRULANT-FORTIN.
OCCUPATION COMMERCIALE DU DOMAINE PUBLIC
ET OCCUPATION TEMPORAIRE DU DOMAINE PUBLIC
21/432 Mesures liées à l’épidémie de Covid-19 – Exonération partielle de
redevances d’occupation du domaine public.
Madame BRULANT-FORTIN - Puisque nous votons ce soir sur une exonération
de redevance, je voulais vous proposer de nous arrêter quelques instants sur les
terrasses éphémères que l’on a vu fleurir au déconfinement, ces nouvelles terrasses ou
ces terrasses agrandies avec exonération de la redevance.
Le bilan pour les restaurateurs qui ont pu en bénéficier est extrêmement positif.
Cela leur a permis de compenser une partie du chiffre perdu à cause du Covid. On parle
de 5 000 places supplémentaires en terrasse, parfois sur la rue, donc 200 places de
stationnement en moins, et nous pensons que le jeu en vaut vraiment la chandelle.
Première question : pourquoi ne pas avoir autorisé ces terrasses un peu plus
longtemps ? Elles ont dû plier bagage ce 30 septembre. Après tout, il fait encore beau,
des villes ont prolongé leurs arrêtés municipaux. Des restaurateurs nous ont dit qu’ils
auraient souhaité poursuivre l’expérience avec ou sans la gratuité de redevance.
Vous m’accusiez en Conseil privé de future démagogie, nous ne demandons pas
forcément la gratuité, la question est de poursuivre l’expérience pour ceux pour qui cela
a fonctionné et qui ont respecté toutes les règles.
Fin de partie pour la gratuité, peut-être, mais fin de partie pour ces nouvelles
terrasses quand cela s’est bien passé, là où elles renforcent l’attractivité, là où elles ont
amené de la convivialité. Pourquoi ? Et si l’on gardait du positif de ce qui est né de cette
terrible pandémie ?
Deuxième question : Madame le Maire, est-il envisageable de renouveler
l’opération dès le mois d’avril prochain, partout où les règles ont été respectées :
1,40 mètre de passage, propreté, design, respect des riverains ?
Quand je parle de renouveler l’opération, à nouveau, nous ne parlons pas ici de
gratuité. Les restaurateurs sont de grandes personnes, elles feront leur calcul elles-
mêmes et demanderont ces terrasses si elles les estiment rentables. En revanche, ils ont
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besoin de visibilité, de pouvoir s’organiser et de pouvoir investir. Proposons-leur un
engagement à long terme et soyons intraitables vis-à-vis des mauvais joueurs.
Une terrasse dans une rue, c’est sympa, c’est convivial, mais cela peut faire peur
si on loge juste au-dessus. C’est notre troisième proposition : étudier tout particulièrement
les demandes de nouvelles terrasses pour le midi. Certains seraient preneurs et ils ne
demandent pas forcément de terrasses pour le soir.
Le Covid nous a amené ces nouveaux espaces en ville, ces terrasses qui sont
plus développées ailleurs, notamment dans les villes d’Europe du Nord. Finalement, le
Covid nous a encouragés à voir l’espace urbain un peu autrement, ces nouvelles
terrasses vont peut-être nous conduire à élargir les trottoirs, à végétaliser nos rues. Ces
terrasses sont des lieux de vie et d’échange où chacun peut se retrouver.
Imagine-t-on la rénovation de la place Saint Hubert ou la nouvelle place de la
Gare d’eau sans terrasse ? Non.
D’ailleurs, là où vous les interdisez, n’oubliez pas de concerter car, en matière de
terrasses, il faut à notre avis gérer les choses avec nuance, faire dans la dentelle, sans
dogmatisme.
Une dernière chose, où sont passées les tables conviviales au centre des Halles
de Wazemmes ? Elles manquent aux commerçants, elles nous manquent.
Merci beaucoup.
Madame le Maire - Juste une petite réponse quand même sur cette question.
Je pense, d’abord, que nous sommes une des rares Villes à avoir fait les
terrasses, aussi bien lors de la première réouverture que cette fois, où 350 terrasses
éphémères ont été mises en place, de manière extrêmement souple, puisque nous les
avons mises en place pour les restaurateurs sur la base d’une charte sur laquelle ils se
sont engagés, puis ils ont rempli une fiche pour nous présenter les terrasses, ce qui nous
permettait de vérifier effectivement que le 1,40 mètre était respecté, que les voisins
étaient en accord, etc.
Je crois qu’on a besoin de faire un bilan, y compris avec les commerçants, de ce
qui s’est passé. Vous l’avez dit, ce sont 5 000 places supplémentaires. Pour avoir fait
beaucoup le tour des restaurateurs, notamment pour la mise en place de ces
350 terrasses, parce qu’il fallait aller regarder parfois sur le terrain s’il était possible de
prendre des places à la place des voitures, par exemple – je ne citerai pas de villes, mais
vous savez il y a eu un des accidents graves dans un certain nombre de cas –, ce n’était
pas évident partout.
Nous avons toujours annoncé le 30 septembre. Bien sûr, chaque restaurateur
préférerait peut-être garder ces terrasses, encore que ce n’est pas évident, puisque
maintenant qu’ils peuvent rouvrir à l’intérieur – et je rappelle que nous avons gardé les
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terrasses malgré les réouvertures à l’intérieur –, il y a, comme vous le savez, un manque
de personnel qui fait qu’ils n’étaient pas sûrs de pouvoir garder à la fois l’intérieur et
l’extérieur, mais au-delà de cela, il y a un moment aussi où les riverains ont accepté un
certain nombre de choses, notamment dans les trois rues que nous avons piétonnisées.
Nous nous étions engagés à fermer le 30 septembre. Il est vrai qu’il fait beau, il fait peut-
être même plus beau qu’il n’a fait beau pendant certains mois d’été, mais bon, ce n’était
pas le cas la semaine dernière, ce sera le cas cette semaine. Ce ne sont pas
essentiellement des raisons financières, je le dis très simplement, ce sont essentiellement
des raisons d’engagement par rapport aux riverains. J’ai fait beaucoup de réunions avec
les riverains pour faire accepter ces terrasses.
Maintenant, nous avons besoin de faire un point avec les restaurateurs, mais
aussi avec les riverains, pour pouvoir savoir si nous reprenons ces expériences. Vous
avez raison, cela a apporté de la convivialité, cela a apporté rarement des difficultés, je
crois qu’il faut dire très clairement les choses : les restaurants dans notre ville ont respecté
les règles ; il faut dire que les deux ou trois qui ont commencé à déraper par rapport à la
charte ont été remis très vite d’équerre et les ont respectées. C’est une bonne chose pour
éventuellement recommencer l’opération.
Nous allons faire ce bilan et regarder comment, effectivement, nous pourrions,
éventuellement – je dis bien « éventuellement » –, reprendre cette opération, à condition
que, comme vous le disiez d’ailleurs très bien, ces restaurateurs le souhaitent, parce que,
encore une fois, 5 000 places en plus, c’est du personnel complémentaire et c’est très
compliqué actuellement.
Merci pour votre intervention.
Jérémie CRÉPEL voulait intervenir sur le même sujet.
Monsieur CRÉPEL - Merci.
Madame le Maire, mes chers collègues,
Pour nous aussi, cette délibération nous entraîne sur l’usage de l’espace public.
Vous avez répondu en partie, mais nous souhaitons que des leçons soient tirées sur trois
mesures innovantes : l’extension des terrasses – vous en avez un peu parlé –, mais aussi
la piétonisation et les coronapistes.
Sur l’extension des terrasses, nous non plus, nous ne parlerons pas de la
gratuité ; effectivement, c’est indéniable, un jour, cette gratuité devait prendre fin. Ce que
nous regrettons, c’est que vous mettiez fin à l’expérimentation sans en faire un bilan, mais
vous avez évoqué maintenant que vous le ferez, alors que la Ville de Paris a choisi de
prolonger jusqu’en juin 2021. Évidemment, nous sommes conscients, vous l’avez
évoqué…
Madame le Maire - Jusqu’en octobre sur la gratuité.
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Monsieur CRÉPEL - Oui, mais nous parlons de la mesure d’extension des
terrasses, nous n’évoquons pas la gratuité ce soir.
Que l’extension avait emmené quelques débordements, mais rares ; vous avez
évoqué en Commission six ou sept points problématiques, mais quel apport pour
l’animation de nos rues, quel est le changement d’ambiance, quelle est l’appropriation de
l’espace public, quelle dynamisation de certaines places hors des quartiers centraux –
parce qu’il ne faut pas oublier les autres quartiers dans cette politique ? Vous ne l’avez
pas encore étudié et nous souhaitons que vous le fassiez.
La question va donc au-delà des terrasses ; c’est une question de renouveler la
perception de l’espace public et de son partage entre les différents usages, un partage
en faveur de la transition écologique. Ne serait-il pas souhaitable, par exemple,
d’envisager que les 200 places de stationnement qui ont été neutralisées pour les
extensions de terrasses le restent afin de rendre possible un nouveau souffle dans
l’espace public, par exemple y laisser quelques terrasses, peut-être, mais aussi y donner
de l’espace pour les projets du budget participatif, pour les mobilités non-carbonées ou
encore des bancs simplement pour se reposer ?
J’en arrive à la piétonisation. Certes, nous avions regretté que cette piétonisation
soit limitée au samedi – les piétons aspirent toute la semaine à un meilleur partage de
l’espace public. Certes, nous avions regretté qu’elle soit aussi limitée aux quartiers Centre
et Vieux-Lille, comme c’était d’ailleurs le cas du plan de déplacement – tous les quartiers
lillois ont droit à des espaces apaisés du trafic automobile. Mais au moins, cette
expérimentation avait le mérite d’exister, et elle a été plébiscitée, il nous semble, par les
usagers et les commerçants. Alors pourquoi y mettre fin ? Pourquoi plutôt ne pas
l’étendre ? Monsieur RICHIR, vous avez déclaré à la presse : « La ville retrouve ses
marques ». Quelle déception ! Avec vous le « monde d’après » ressemble un peu
furieusement au « monde d’avant ». Au contraire, nous vous proposons donc de
pérenniser cette piétonisation du centre-ville et de piétonnier également le cœur des
autres quartiers lillois.
Venons-en enfin aux coronapistes. Là encore, vous avez tenté une
expérimentation, trop timide à notre goût, mais concluante, même si certains
aménagements, comme sur le quai Léon Jouhaux, ne sont pas satisfaisants, faute d’avoir
osé prendre suffisamment de place à la voiture. Allez-vous proposer à la MEL de
nouvelles pistes et voies bus, par exemple en réduisant à deux fois une voie l’ensemble
des boulevards ? Un réseau express vélo sécurisé, que vous avez vanté dans votre
programme, ne se réalise pas uniquement avec des bandes cyclables.
Ainsi, la question que nous souhaitons vous posez ce soir est la suivante : avez-
vous une stratégie d’aménagement de l’espace public, de convergence des usages, qui
tienne compte des apprentissages des expérimentations que vous avez réalisées lors de
cette dernière année et demie ?
Je vous remercie.
46
Madame le Maire - Je vais laisser la parole à Jacques RICHIR, mais je ne vais
pas vous renvoyer à notre programme municipal, qui parle d’ailleurs déjà d’« inscrire nos
places, portes et ponts au cœur de la métamorphose paysagère », par exemple, un usage
absolument différent.
Je n’ai pas compris ce que vous disiez sur l’arrêt de la piétonisation. La
piétonisation va rester, comme nous l’avons fait jusqu’à présent, le week-end en centre-
ville. Les seules piétonisations que nous avons arrêtées sont celles qui étaient liées aux
terrasses éphémères, c’est-à-dire la rue des Bouchers, la rue de Gand et la rue des
Primeurs. J’y suis allée souvent, avec Jacques RICHIR, d’ailleurs. L’engagement avait
été pris, y compris par les restaurateurs, que l’on reste dans cette période, notamment
rue des Bouchers, où nous avions beaucoup de demandes. Au départ, il a été très difficile
de faire accepter des terrasses, puis, finalement, cela s’est à peu près bien passé, mais
avec un engagement pour chacun, y compris dans les dates. Il n’y a pas d’autre sujet de
piétonisation.
Sur le reste, je laisse Jacques RICHIR répondre.
Monsieur RICHIR - Trois remarques.
Premièrement, pour que nos votes ne s’égarent pas, je me permets de rappeler
que la délibération porte sur l’exonération des emplacements de location de boissons
chaudes et fraîches dans les bâtiments communaux et d’articles de natation pour les
piscines. Je le rappelle pour que nous votions bien en fonction de la délibération. (Rires).
Cela étant, sur les points qui ont été évoqués, il y a des choses assez
paradoxales, parce qu’on entend souvent dire que nous ne ferions pas preuve de
suffisamment d’esprit de concertation. Ce plan des terrasses éphémères a été mis au
point dans une réunion que Madame le Maire présidait, à laquelle participaient d’ailleurs
plusieurs élus au commerce ou dans les différents quartiers, avec les fédérations
professionnelles, qui, avec nous, ont adopté le calendrier, nous étions le 6 mai. Nous
avions promis, pour le 16 mai, de mettre ces terrasses à un moment où seules les
terrasses pouvaient fonctionner, puis de les maintenir au moment où la jauge à l’intérieur
des établissements était rétablie, au 1er juillet, et tous les professionnels étaient d’accord
pour le 30 septembre. Je précise, d’ailleurs, que beaucoup de professionnels nous ont dit
que c’était très bien comme cela, et d’ailleurs, Arnaud TAISNE pourra en témoigner, nous
avons vécu un moment très sympathique un dimanche soir il y a une dizaine de jours : un
pot de fin de piétonisation entre les riverains de la rue des Bouchers et les restaurateurs,
qui trouvaient que cela avait été très bien, que cela s’arrêtait comme cela. Cette
concertation a donc existé en permanence.
J’ai entendu dire aussi qu’on interdirait les terrasses dans certains lieux ; c’est
tout à fait différent. Pour certains lieux, lorsqu’on les réaménage et qu’il n’y a pas de
terrasse, on peut être amené à décider que l’on ne souhaite pas que sur ce lieu,
apparaissent des terrasses. C’est, par exemple, le cas sur la place Louise de Bettignies,
entre l’avenue du Peuple Belge et la rue de la Monnaie, qui est un espace où il n’y avait
pas de terrasse et où l’on sait que si l’on autorise les terrasses, demain, plus de la moitié
47
de la place sera occupée par des terrasses, et vous seriez les premiers à nous reprocher
de ne pas laisser cet espace libre pour les piétons. Sur la place Saint-Hubert également,
où il n’y a pas de terrasse aujourd’hui, on autorisera des terrasses uniquement le long
des façades, et sur la place elle-même, des lieux de respiration, de tranquillité, où les
piétons pourront se déplacer.
On voit bien que sur cette question, il y a un équilibre à trouver entre les attentes
des uns et des autres, les restaurateurs qui souhaitent des surfaces un peu plus larges,
les riverains pour qui la terrasse est parfois quelque chose de difficile, même si, comme
Madame le Maire l’a dit, globalement, les choses se sont bien passées, il y a quand même
eu des endroits où on a dû faire intervenir quelques sanctions ou quelques rappels à
l’ordre.
Enfin, dernier point, sur les couloirs de bus, Monsieur CRÉPEL, excusez-moi, la
ville de Lille est championne absolue des transports en commun en site propre. Dans le
mandat précédent, les trois quarts des boulevards de notre ville ont été transformés avec
couloir de bus : le boulevard Montebello, le boulevard Vauban, Liberté qui a été rétabli à
double sens, tout l’espace devant la gare Lille-Flandres est passé en transports en
commun en site propre, et la Liane 5, qui est la voie qui a le plus de passagers par jour
(18 000 par jour), qui va de Haubourdin jusqu’à Marcq-en-Barœul, dans son trajet lillois
de la Porte de Béthune jusqu’à la place Pierre de Coubertin, est aujourd’hui en transport
en commun en site propre sur 90 % de son trajet, record absolu de la métropole lilloise.
Sur cette question, on a pris ce risque politique – parce que c’en est un – de
réduire la place des automobiles et de mettre en place des transports en commun en site
propre sur certains boulevards et je pense qu’on n’a pas vraiment de leçon à recevoir en
la matière, tout comme on verra pour les futures lignes de bus.
Par ailleurs, le tramway que nous allons construire, même si cela prendra un peu
de temps, et la ligne bus à haut niveau de service qui ira de Villeneuve d’Ascq au cœur
de Lille emprunteront de très larges couloirs de bus. Je crois qu’en la matière, la Ville
cherche une position d’équilibre et, surtout, n’impose pas par idéologie, mais tente
d’obtenir à chaque fois l’adhésion des habitants et des usagers sur ces différents
réaménagements de l’espace public.
Cela étant, c’est bien sur les distributeurs de café et d’articles de natation des
piscines qu’il nous faut voter ce soir l’exonération.
Je vous remercie.
Madame le Maire - C’est une belle délibération néanmoins.
Je la mets aux voix.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
48
Je vous remercie.
21/433 Quartier Faubourg de Béthune - NPNRU - Secteur Concorde - Démolition
des résidences sociales LMH 18-20 et 22-24 boulevard de Metz -
Exonération de droits de voirie.
Adoptée.
Nous passons à l’intervention de Joe DABIT sur Lille Grand Palais.
LILLE GRAND PALAIS
21/437 Exploitation de l’équipement Lille Grand Palais – Rapport d’activité
2019/2020 de la SAEM Lille Grand Palais, concessionnaire.
Madame le Maire - Comme il n’y a pas de vote, puisqu’il s’agit du rapport
d’activité de l’équipement Lille Grand Palais, Jacques RICHIR pourra répondre. S’il y avait
eu un vote, comme il est Président, il n’aurait pas pu le faire.
Je donne la parole à Joe DABIT.
Madame DABIT - Merci, Madame la Maire.
Madame la Maire, chers collègues,
Je profite du rapport concernant Lille Grand Palais pour vous interpeller.
Samedi 2 octobre, à Lille Grand Palais, un individu, condamné en 2011 pour
provocation à la discrimination raciale, condamné en 2018 pour provocation à la haine
religieuse envers les musulmans et poursuivi par le Parquet de Paris pour provocation à
la haine raciale et injures publiques à caractère raciste le 1er octobre 2020, a organisé
une « vraie fausse » dédicace littéraire qui s’est avérée être un meeting. Vous l’avez
compris, je parle d’Éric ZEMMOUR.
Les moyens de la police républicaine ont été réquisitionnés pour protéger les fans
de ce sinistre individu du courroux légitime des antifascistes. Pire, ces mêmes fans ont
agressé un prêtre et des personnes LGBT rue Royale, comme l’ont relaté la presse et les
réseaux sociaux.
Madame la Maire, souvenons-nous du Vice-Versa, ce bar LGBT de la rue
Esquermoise qui a jeté l’éponge quelque temps après une agression par les nervis de
l’extrême-droite en marge de la manif pour tous le 12 avril 2013.
Madame la Maire, nous ne voulons plus de fascistes dans notre ville, plus de
fascistes dans nos quartiers !
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Madame la Maire, je vous interroge : pourquoi la jurisprudence Dieudonné rendue
par le Conseil d’État en 2014 n’a-t-elle pas été appliquée à cette manifestation,
jurisprudence qui autorise la Maire à interdire une manifestation lorsqu’elle présente des
risques d’atteinte à la dignité humaine, risques justifiés alors par les condamnations
judiciaires de Dieudonné. Madame la Maire, combien de temps allons-nous accepter que
l’extrême-droite violente, raciste, sexiste et homophobe vienne parader dans notre ville ?
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je vais laisser répondre Jacques RICHIR mais je voudrais
juste vous dire pour Dieudonné qu’on est dans un pays où tant qu’un parti ou une
association n’est pas interdit, et j’ai d’ailleurs demandé l’interdiction de la Citadelle au
Préfet, j’attends toujours après l’interdiction par le Gouvernement de la structure à laquelle
ils appartiennent… En ce qui concerne Dieudonné, il y a une jurisprudence qui dit
simplement qu’on peut lui refuser d’occuper l’espace public ; c’est pourquoi, lorsqu’il a
essayé de venir à Lille il y a quelques années, nous l’avons poursuivi, parce qu’il arrivait
avec son car ; il a pu aller dans d’autres villes de la métropole et nous l’avons empêché
de s’arrêter ; nous avions le droit de le faire, c’est l’espace public.
Là, nous sommes, et je vais laisser la parole à Jacques RICHIR, dans une
location d’une société d’économie mixte, et tant que cette personne n’est pas
juridiquement interdite, nous n’avons pas le droit, pas plus que pour Madame LE PEN,
par exemple, de ne pas louer, dès lors qu’il y a des disponibilités.
Inutile de dire que si cela avait pu être fait, nous l’aurions fait, mais que dans une
période où il y a des soirées disponibles, et pour cause, à Lille Grand Palais, il n’était pas
juridiquement possible de s’y opposer – mais je vais laisser Jacques RICHIR répondre.
Même si, tout comme vous, je regrette que cela ait lieu, nous respectons la loi.
Monsieur RICHIR - Effectivement, comme vous l’avez dit, Madame le Maire, une
structure comme la société d’économie mixte Lille Grand Palais n’a pas le droit de
pratiquer ce qu’on appelle le « refus de vente » ; c’est aussi simple que cela, on vérifie
toujours juridiquement.
On a évoqué Dieudonné. Lorsque Dieudonné avait fait un certain nombre de
réunions en se présentant sous des faux noms, nous étions très attentifs pour ne pas
nous retrouver avec ce genre de mésaventure. Nous regardons en permanence tous les
invités, toutes les personnes qui viennent, tous ceux qui demandent à obtenir Lille Grand
Palais, et à partir du moment où, comme le disait Madame le Maire à l’instant, cette
personne n’est pas interdite d’expression pour des raisons diverses et variées, judiciaires
ou autres, nous ne pouvons pas aujourd’hui refuser. D’ailleurs, toute structure – Lille
Grand Palais ou autres – qui aurait refusé en pareille circonstance ferait l’objet, à mon
avis, très certainement d’un référé et se verrait obligée d’accueillir cette personne à la
suite du référé.
C’est la raison pour laquelle, indépendamment de ce que l’on peut penser – et je
ne vous cache pas que ce n’est pas du bien – de certaines personnes comme Éric
50
ZEMOUR que vous évoquiez, on ne peut pas refuser d’accueillir cette personne à
Lille Grand Palais.
Madame le Maire - On ne met pas au vote la délibération de Lille Grand Palais,
donc je remercie Jacques RICHIR et je vais passer la parole à Stanislas DENDIEVEL.
Le Conseil Municipal prend acte.
PROPRETE
21/430 Frais d'enlèvement de dépôts sauvages - Demande de remise gracieuse
- Bonne foi présumée.
Adoptée.
Chemise 9
ACTION FONCIÈRE Rapporteur : Stanislas DENDIEVEL
ET IMMOBILIÈRE Adjoint au Maire
21/470 Quartier Vauban-Esquermes – Site du 33 rue de Canteleu – Protocole
d’accord.
URBANISME
21/459 Quartier Lille-Centre – Grand Euralille – Objectifs du projet et modalités
de concertation préalable à la déclaration d’intérêt général du projet.
21/460 Quartier Saint-Maurice Pellevoisin – Projet Metropolitan Square, situé rue
du Ballon et rue de la Communauté à Lille – Objectifs poursuivis et
modalités de la concertation préalable.
(Projection de diapositives)
Monsieur DENDIEVEL – Bonsoir Madame le Maire, bonsoir à tous.
J’ai le plaisir ce soir de vous présenter de nouvelles délibérations qui témoignent
de notre passage à l’action pour mettre en œuvre la métamorphose paysagère qui nous
engage auprès des Lillois et concrétiser la réalisation progressive des 90 hectares
d’espaces verts publics créés ou réaménagés.
C’est étape par étape que nous avançons dans le cadre d’une stratégie avec la
mobilisation de tous les services de la Ville de Lille que je veux encore remercier, nous y
sommes résolus.
51
Ce soir, ce sont deux projets, l’ouverture au public du parc boisé de la rue de
Canteleu et le grand site d’Euralille à la Deûle que nous vous proposons de mettre en
exergue.
Rue de Canteleu, dans le quartier de Vauban-Esquermes, la bonne nouvelle est
que le protocole d’accord qui est soumis à ce Conseil va nous permettre d’acquérir le
foncier, dans un montage où nous avons mobilisé l’Établissement Public Foncier, pour la
réalisation et l’ouverture d’une première partie du parc au public. Nous sommes sécurisés
pour réaliser les travaux de requalification paysagère de ce magnifique jardin en cœur
d’îlot ; vous avez la vue aérienne du patrimoine arboré et de son patrimoine végétal
exceptionnel qui sera, bien sûr, conservé. Les bâtiments existants – au premier plan – ont
une valeur patrimoniale, ils seront également conservés et réhabilités dans le cadre d’un
programme de résidence intergénérationnelle faisant cohabiter familles et seniors
comportant 35 % de logements sociaux.
Comme dans chaque projet, il faut commencer par la première étape
indispensable : la maîtrise foncière ; c’est souvent celle qui prend le plus de temps. Avec
le protocole d’accord qu’il vous est proposé d’acter, celle-ci est franchie et nous permet
de nous mettre dans un calendrier pour l’ouverture du parc au public ; notre objectif est
de l’ouvrir pour l’été 2023.
Je vous propose maintenant de mettre en exergue la délibération qui acte le
lancement d’une grande étape de la métamorphose de l’arc vert au nord de la ville de
Lille, via une démarche de projet qui va engager pendant plusieurs années une
transformation complète du périmètre allant d’Euralille aux bords de Deûle jusque
Marquette.
Ce projet croise trois volontés politiques fortes qui contribuent à la métamorphose
paysagère d’envergure de Lille en connexion avec son environnement territorial :
- créer un parc d’échelle métropolitaine ;
- encadrer les programmes d’habitat et d’activité économique, d’équipements
et de nature à l’échelle de ce périmètre dans un grand paysage ;
- organiser les mobilités de demain en s’appuyant sur le Schéma Directeur
des Infrastructures de Transport, préparer non seulement l’arrivée du
tramway mais tisser encore un maillage de liaisons douces et apaisées.
La délibération de ce soir lance la concertation préalable autour de ce projet, une
concertation qui sera organisée par la Métropole Européenne de Lille (MEL) avec toutes
les communes concernées (Lille, La Madeleine, Saint-André, Lambersart, Marquette),
une concertation qui sera nourrie par une mission d’étude paysagère et urbaine confiée
à la SPL Euralille. Nous avons besoin de réunir toutes les compétences opérationnelles
pour réussir ce projet. C’est la Ville de Lille, je vous le rappelle, qui est à l’initiative de la
démarche.
En premier lieu, entre début 2019 et fin 2020, sous votre impulsion, Madame le
Maire, chère Martine, nous avons obtenu de la MEL qu’elle finance des études pour
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s’interroger sur le devenir de l’arc Nord de la ville de Lille. Confié par la SPL Euralille à
l’atelier Jours Paysagistes, ce travail a permis de confirmer notre intuition : la révélation
d’un potentiel paysager extraordinaire, sous réserve de la transformation du boulevard
Schuman en lien métropolitain traversable et support de toutes les mobilités.
Aujourd’hui composé d’une succession d’espaces de nature et de loisirs mal
connectés, augmenté de nombreux délaissés végétaux, de buttes et de talus générés par
l’infrastructure autoroutière qui les traverse, le territoire d’Euralille à la Deûle n’est
constitué que d’un tiers d’espaces verts accessibles. Nous voulons retourner ce rapport,
revoir la hiérarchie des normes, d’une part, passer de l’autoroute à un boulevard urbain
ou à un parc agréable pour tous les usagers et, d’autre part, surtout passer d’un tiers
d’espaces accessibles à deux tiers d’espaces verts praticables, composant un arc vert de
près de 100 hectares ; c’est une véritable chaîne de parcs que nous voulons créer.
Boisement des remparts, prairies libres en bord de Deûle, reconstitution de
milieux humides, ce territoire offre des potentiels de développement environnementaux et
de biodiversité intenses.
La première étape de sa mise en œuvre commence d’ailleurs dès à présent à
partir du projet de l’usine élévatoire au bout de l’avenue du Peuple Belge et jusqu’à la
Deûle.
En deuxième lieu, à partir de ces orientations, c’est toujours la Ville de Lille qui a
porté auprès de la MEL l’idée d’élargir le périmètre d’Euralille à la Deûle jusqu’à
Marquette, la bonne échelle pour affirmer un territoire support de projet intercommunal
permettant aux métropolitains de s’approprier cet espace, vestige de la zone non
aedificandi aujourd’hui essentiellement habitée par les voitures.
C’est avec enthousiasme que les Maires des communes voisines ont approuvé
cette démarche. Vous avez à l’écran la logique du projet, qui révèle les continuités
paysagères que nous devons tisser, continuités paysagères mais aussi réorganisation
complète des mobilités, cher Jacques, cher Pierre aussi, pour prendre en compte
l’ensemble des projets engagés le long des bords de Deûle jusqu’aux Moulins de Paris à
Marquette.
Entre La Madeleine, Saint-André et Marquette, cette carte indique – c’est quand
même intéressant à prendre en considération – que ce sont plus de 5 000 logements qui
arrivent, ce qui repose des questions de mobilité et d’accessibilité de ce territoire qui, par
ailleurs, est intégré à la zone de faible émission.
Comment connecter tout cela ?
L’enjeu, mais notre responsabilité collective aussi pour les générations futures,
c’est :
53
- de proposer aux nouveaux résidents des solutions de transports en commun
durables et performants pour accompagner la démarche de la ville bas
carbone ;
- le tramway, bien sûr, et le maillage des bus ;
- tirer le réseau express vélo que nous portons dans ce périmètre pour offrir
de vraies solutions dans un rayon compatible avec les déplacements
quotidiens ;
- partout les continuités de promenade pour les piétons avec les espaces
confortables et sécurisés conçus dans notre volonté de faire la ville à
hauteur d’enfant ;
- de réduire et contenir l’espace pour les autos, de sortir de l’ambiance
autoroutière.
Des études de mobilité croisées avec les enjeux du SDIT seront ainsi menées ;
vous aviez la carte sous les yeux et également quelques images ici de l’ambiance
paysagère que nous projetons pour intégrer les modes de déplacement durable.
En troisième lieu, c’est l’articulation avec le secteur d’Euralille.
Dans le cœur métropolitain, Euralille continue d’afficher une réussite économique
et un rayonnement urbain majeur à l’échelle nationale et européenne, conduisant la MEL
à projeter le développement de ce quartier dans une nouvelle problématique territoriale.
Si Euralille est bien réaffirmé en tant que hub de mobilité structurant pour le SDIT,
son évolution doit répondre à un plus grand équilibre programmatique bureaux/logements
et il est à inscrire dans cette dynamique des grandes trames vertes et bleues du cœur
métropolitain.
L’ambition, donc, ce n’est pas faire un parc d’un côté et faire la ville de l’autre, ce
n’est pas opposer la nature et la ville, ce n’est pas de morceler la démarche, mais c’est
bien de créer ce nouvel arc vert métropolitain et réorganiser le cœur métropolitain
ensemble pour permettre de connecter littéralement habitants et usagers aux grands
espaces paysagers et de nature que nous voulons constituer.
En résumé, dans ce territoire de projet qui connecte les rives de la Deûle au cœur
de la métropole à Lille, la volonté politique est :
- de créer une organisation paysagère continue, support de corridor
écologique et d’un rapport de la nature en ville au bénéfice des
Métropolitains et des riverains ;
- d’assurer la compatibilité des fonctions écologiques et des usages récréatifs
de proximité et de destination, en intégrant la biodiversité, qui est au cœur
de cette démarche ;
- de contribuer aux politiques publiques d’adaptation au changement
climatique et de réduction de l’empreinte carbone avec un projet placé,
chère Audrey, dans toutes ses dimensions, dans les ambitions du Pacte Lille
Bas Carbone.
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Nous avons cherché dans cette présentation à vous présenter l’esprit de ce que
nous voulons faire, vous avez dans la délibération les cinq grandes orientations
proposées à la concertation. Place maintenant à la participation citoyenne, à la
concertation donc, à travers, notamment, des ateliers qui seront organisés par la MEL
avec les villes concernées. J’ai mis comme image l’éco-pâturage à la Citadelle, parce que
cela révèle aussi tout l’esprit et tout ce que pourra révéler ce projet, dont l’idée est
véritablement de porter cette métamorphose paysagère et d’aller de l’avant dans les
engagements que nous avons pris vis-à-vis des Lillois.
Merci de votre attention.
Madame le Maire - Je vais passer la parole à Julie NICOLAS, en sachant, comme
cela vient d’être dit, que cette délibération, par rapport à des objectifs qui ont été rappelés,
est, en fait, le lancement de la concertation préalable, donc on n’est vraiment qu’au début
du processus, c’est le moins que l’on puisse dire.
Julie NICOLAS.
Madame NICOLAS - Merci, Madame le Maire.
Nous avons bien compris qu’il y avait à la fois des objectifs et un processus de
concertation préalable. En revanche, il y a quelque chose que je comprends beaucoup
moins bien : la surprise de découvrir ce soir des éléments qu’on n’a pas réussi à obtenir
en Commission, la surprise d’avoir des éléments de réponse qu’on n’a pas eus en
Commission, Monsieur DENDIEVEL nous expliquant que pour cause de conflit d’intérêts,
il ne pouvait pas s’exprimer. Il est effectivement dans le tableau des conflits d’intérêts ce
soir, je ne comprends pas.
Je voulais entamer cette intervention en vous confessant qu’au final, on pensait
qu’on allait partager votre enthousiasme sur ce projet : un arc Vert pour l’arc Nord, très
bien ! Par contre, il y a, au final, plutôt un constat amer, quelque chose que nous
regrettons : on devait avoir un arc vert au nord, on aurait pu avoir un arc vert au Sud, on
a à cet endroit le dernier potentiel lillois d’espace vert le plus important, c’est un maelström
de nœuds routiers aujourd’hui qui décourage des utilisations de respiration, de loisirs, qui
mène sur des culs-de-sac, qui débouche sur une autoroute urbaine, nous sommes
d’accord sur ces constats.
On comptait fortement sur cet espace, comme son pendant au sud de Lille, pour
apporter à tous les Lillois, y compris et surtout à ceux des quartiers sud (Moulins,
Wazemmes, Faubourg), ce droit à la nature et à la respiration qui leur manque fortement,
et les périodes de confinement ont cruellement souligné ce déficit, mais à Lille-Sud, à
coups de Lillenium, de Cité Administrative, de cinéma Pathé, de parking Décathlon
surdimensionné – d’ailleurs le comble, quand même, pour une entreprise qui promeut la
pratique sportive et est située à moins de 500 mètres d’une station de métro –, le sort des
habitantes et habitants du sud de Lille semble scellé pour ce qui est du droit à la nature,
tout comme celui des droits de la Nature.
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Nous appelons donc de nos vœux des mesures fortes sur les espaces de l’arc
Sud, tout comme pour ceux de l’arc Nord.
J’en reviens à cet arc Nord, cet arc vert d’Euralille à la Deûle, et à notre
enthousiasme initial, un enthousiasme et des espoirs vite douchés :
- douchés, car nous découvrons qu’il sera mis fin aux concessions
Euralille 2 et Euralille 3000 seulement pour ouvrir l’ère de la méga-
concession Grand Euralille – « Grand Euralille », cela ne fait quand même
pas tout à fait autant rêver ;
- douchés, car impossible de savoir exactement quelle est l’emprise du
projet : Lille, Lille avec La Madeleine-Saint-André-Lambersart ou Lille jusque
Wambrechies et, finalement, jusque Marquette, nous dit-on ce soir ;
- douchés car les ZAC et projets immobiliers se multiplient indépendamment
de cette réflexion, l’anticipent, mais l’invalident aussi peut-être : nouveau
tribunal sur la zone humide, le grand flou du projet de Metropolitan Square
entretenu par une délibération ce soir avec des objectifs présentés en quatre
lignes, pas une de plus, et un peut-être projet sur le site Sililam, à la frontière
de La Madeleine ;
- douchés, enfin, car il s’avère impossible de connaître la justification des cinq
grandes orientations que nous sommes appelés à valider, parmi lesquelles
il y a une approche paysagère, certes, mais aussi un hub mobilité – pour
quelles mobilités ? –, des logements, du commerce – mais pour quelle
proportion ? –, un pôle tertiaire donc on ne sait s’il trouvera encore preneur
en cette période post-Covid ; sinon, il en trouvera au détriment d’autres
territoires, comme un aspirateur au seul profit de la centralité, au détriment
de la coopération interterritoriale, d’un aménagement équilibré du territoire
qui générerait moins de besoins de mobilité, et donc moins de pollution de
l’air.
Les études sont-elles vraiment achevées ? Vous nous parlez de trois études.
Nous avons vu passer 20 diapos PowerPoint, des cartes sans légende et des photos
tirées de banques d’images, nous n’avons pas vu de dossier de concertation, cela ne
nous dit rien sur la manière dont ce projet contribuera à la lutte contre les changements
climatiques ou l’érosion de la biodiversité.
Nous vous alertons sur la délibération adoptée lors d’un Bureau métropolitain de
juillet dernier qui confie un nouveau mandat à la SPL Euralille, cette même SPL qui, pour
nombre de Lillois, rappelle des souvenirs d’une concertation douloureuse, dont l’image
qui est restée est celle de plots béton, de barrières ou encore d’une exposition exploitant
l’image de Cyril DION. Un mandat à la SPL, pour quoi faire ? Non, ce n’est pas la MEL
qui va porter la concertation, ce que je viens d’entendre à deux reprises, c’est bien la SPL
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qui va coordonner, gérer, mener la concertation en lieu et place de la collectivité publique,
alors que nous n’avons pas accès aux informations et dossiers de la SPL.
Nous alertons sur le risque d’une nouvelle concertation hasardeuse, si ce n’est
houleuse, sans que la collectivité publique ne puisse jouer son rôle de garante du débat.
Nous déplorons aussi un débat politique préalable amputé d’une information
pleine et entière aux élus de cette assemblée, Opposition comme Majorité, information
trop amputée pour décider sereinement et en conscience.
À défaut d’un report de cette délibération que nous avions demandé
préalablement à ce Conseil, nous demandons donc des garanties de votre part, en tant
que Maire, en tant que Présidente de la SPL Euralille : des garanties d’avoir accès aux
instances de suivi, mais aussi aux études, aux documents qui nous permettront peut-être
par la suite de juger en bonne foi des décisions qui nous sont soumises et de souscrire à
ce projet, et puisque, manifestement, il n’est pas possible d’avoir les informations en
raison du risque de conflit d’intérêts, nous demandons à auditionner la SPL Euralille lors
des prochaines Commissions.
Pour toutes ces raisons que je viens d’évoquer, nous nous abstiendrons donc sur
les délibérations 459 et 460 sur le Metropolitan Square, en espérant, à l’avenir, un débat
éclairé.
Je vous remercie.
Madame le Maire - J’ai du mal à comprendre votre intervention, parce que vous
savez pertinemment que c’est la Métropole qui porte ce projet qu’elle a décidé de
proposer à la SPL de mener, et on parle là d’une concertation, donc le débat que vous
posez là, vous devez le poser d’abord à la Métropole.
D’ailleurs, nous n’étions pas du tout obligés de présenter aujourd’hui cette
délibération, nous l’avons fait parce que nous jouons complètement la transparence, mais
ce n’est pas nous qui sommes maître d’œuvre.
En revanche, ce qu’a voulu vous présenter, dans ce souci de transparence,
Stanislas DENDIEVEL, c’est que la Ville de Lille a été à l’initiative, d’abord, de la première
étude d’Euralille à la Deûle. Vous dites que vous n’avez pas les autres études, mais nous
non plus, nous ne les avons pas. Nous avons découvert à ce moment-là, en proposant
d’aller plus loin et d’élargir cet arc vert Nord – cela a l’air de vous gêner qu’on réussisse
un arc vert Nord parce qu’il n’y a pas d’arc vert Sud, il faut bien commencer par quelque
chose –, qu’il y avait eu deux autres études, et notamment celle autour de Marquette avec
ces sols pollués des entreprises chimiques qui y étaient auparavant, et la SPL, avec tous
les Maires concernés, a réalisé plusieurs réunions techniques pour voir si on pouvait faire
cet Arc Vert, et là, nous sommes au début du début du début d’une concertation sur cette
idée et c’est la Métropole qui est porteuse de cela.
57
Toutes les questions que vous avez posées là, en dehors du fait que Stanislas
redit que les images que l’on a montrées sont celles que vous avez eues avant la
Commission… Vous avez dit que vous n’aviez eu aucune image. Oui ou non, avez-vous
eu ces images, les seules que nous avons nous aussi ? Oui, donc vous ne pouvez pas
dire que vous n’avez pas eu d’images. En revanche, toutes les questions que vous posez,
c’est la MEL qui porte ce projet, donc on les posera là-bas.
Ce qui me gêne, voyez-vous, c’est qu’en fait, c’est un très beau projet, et on a
l’impression que cela vous gêne et que vous essayez de vous rabattre sur des petits
problèmes de procédure sur un sujet que – encore une fois – nous avons mis ici parce
qu’il nous paraît important, parce que la Ville de Lille est dedans, parce que nous sommes
à l’initiative de cette demande, mais, aujourd’hui, ce n’est pas nous qui portons le projet
et la concertation sera faite par la SPL qui a été choisie, mais c’est la MEL qui lance
l’aspect politique de ce projet. Je pense que de temps en temps, on peut reconnaître que
des choses bien sont mises sur la table pour y travailler ; vous pouvez y contribuer,
d’ailleurs, on n’est qu’au début. Nous avons contribué en demandant à la MEL de porter
cet arc vert ; maintenant, c’est la MEL qui va le porter.
De temps en temps, il faut quand même reconnaître qu’il y a des choses où on
essaye de réfléchir ensemble et que cela va dans le bon sens. Je ne sais pas, on dirait
que cela vous gêne toujours quand on fait des choses, et en l’occurrence, on a
simplement voulu vous dire ce qu’on a préconisé. Maintenant, c’est la MEL qui va le
porter. Il y avait tous les Maires concernés : le Maire de Saint-André, le Maire de
Marquette, le Maire de La Madeleine, pour savoir s’ils étaient prêts à porter ce projet que
la Ville de Lille proposait pour la MEL ; c’est là-bas qu’on aura ce débat, et on n’est qu’au
début du début du début, puisqu’on est à la concertation préalable sur un éventuel projet
autour de l’arc vert.
J’ajouterai là-dessus qu’il fallait aller vite, parce que sur cet arc, comme il a été
dit par Stanislas, où il y a quasiment une autoroute urbaine au milieu, si on ne va pas vite,
il y aura de l’urbanisation dans les autres communes, et c’est la raison pour laquelle nous
avons dit qu’il fallait vraiment faire en sorte d’aller le plus vite possible avant que des
décisions soient prises, pas par nous, par d’autres n’ayant pas eu la même réflexion que
nous.
Je vous propose – encore une fois, on n’est qu’au début du début du début – que
vous participiez à la réflexion qui aura lieu à la MEL avec nous, avec les Maires des
communes concernées, et qu’ensemble, nous voyions où nous allons. Il y aura d’autres
phases de concertation ; là, on est sur une concertation large que la MEL a décidée et qui
a été confiée à la SPL Euralille.
J’ai du mal à comprendre… ou plus exactement je comprends trop et c’est un peu
décevant par moment. Pourquoi on ne partirait pas en se disant ensemble que c’est bien
de faire un arc vert dans le Nord, et demain on le fera dans le Sud ? Vous voyez, c’est
cela que je ne comprends pas ; il y a un moment donné, ce n’est plus possible.
Venez-nous apporter… et nous essayerons d’apporter aussi à la MEL nos idées.
58
On doit voter sur cette délibération qui concerne – je le rappelle – les « objectifs
du projet et modalités de concertation préalable à la déclaration d’intérêt général du
projet » ; vous voyez, on est très, très, très en amont de tout cela, donc vous aurez le
temps non seulement de poser vos questions, mais d’apporter vous-mêmes des
réponses.
Je mets la délibération 459 aux voix.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ?
Abstention ? (Le groupe Lille Verte)
Les délibérations 21/459 et 21/460 sont adoptées, le groupe Lille verte
s’abstenant.
La délibération 21/470 est adoptée,
Il aurait été bien que vous posiez les mêmes questions à la MEL, puisque ce sujet
a été abordé à la MEL et n’a donné lieu à aucune intervention de votre groupe.
Sur la délibération 466, Frédéric LOUCHART.
21/466 Quartier Lille-Centre – Site Saint-Sauveur – Cession d’une parcelle à la
SPL Euralille.
Monsieur LOUCHART - Madame le Maire, chers collègues,
La délibération que vous nous présentez ce soir acte la cession d’une parcelle à
la SPL Euralille sur le Site Saint-Sauveur.
Le projet d’aménagement Saint-Sauveur semble donc suivre son cours.
Permettez-nous donc d’exprimer ce soir notre surprise, teintée de colère, de voir
cette délibération, alors même qu’un recours administratif est en cours et que l’avis récent
du rapporteur public semble indiquer que le processus de déclaration d’intérêt général est
de retour à la case départ.
Madame le Maire, vous considérez aujourd’hui Saint-Sauveur comme un
problème de procédure. Mais non, Madame le Maire, Saint-Sauveur n’est pas un
problème de procédure, c’est bien un problème de fond. Saint-Sauveur est aussi le
symptôme d’une méthode qui a échoué.
L’intérêt général pour les Lillois et les Lilloises est de ne pas faire ce projet
d’aménagement tel qu’il a été pensé. Il a bientôt 10 ans, c’est un projet daté, bientôt
dépassé, un projet qui, au lieu d’améliorer la qualité de l’air, la dégrade, un projet qui, au
lieu d’augmenter la surface d’espace vert par habitant à Lille, la diminue.
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Bien sûr que l’on manque de piscines qui ne soient pas confrontées à des
problèmes techniques réguliers, qui ne soient pas vétustes parce que quinquagénaires
ou encore saturées.
Doit-on pour autant construire une piscine olympique avec une fosse de plongée
et un bassin extérieur avec des incertitudes non-négligeables sur l’impact du projet sur
l’eau et les nappes phréatiques et au beau milieu d’un des quartiers les plus pollués de
Lille ?
Doit-on pour autant aggraver cette situation catastrophique de pollution de l’air en
bétonnant à nouveau ?
Doit-on augmenter le trafic automobile et les particules fines qui vont avec, du fait
des 5 000 nouveaux potentiels habitants, des milliers de places de parking et de plusieurs
dizaines de milliers de mètres carrés de bureaux ?
Au regard des épisodes récurrents d’alertes de particules fines dans notre ville,
des nouveaux seuils d’alerte de l’OMS qui baissent de moitié, ce projet est non seulement
obsolète, mais un véritable danger pour les Lillois et les Lilloises qui suffoquent déjà.
Alors oui, vous nous direz : « Il faut une nouvelle piscine, il y a des centaines de
personnes qui attendent un logement social ». Nous sommes d’accord, mais des
solutions différentes doivent être apportées à ces urgences, sans les opposer les unes
aux autres.
Madame le Maire, la friche Saint-Sauveur, c’est 23 hectares sur lesquels une
transformation de la ville pour la transition écologique est possible. Plutôt que de
s’enferrer dans une bataille juridique, c’est le moment de remettre le projet à plat,
d’écouter les Lillois et les urgences sociales et climatiques. Le temps est venu de repenser
ce projet en coconstruction, cette fois, non plus contre mais avec les Lillois et les Lilloises.
Merci.
Madame le Maire - Je vous propose que l’on attende la décision du Tribunal
administratif, et je n’ai fait que redire l’autre jour que le Rapporteur général avait reconnu
l’intérêt général ; ils le rediront, parce que cela a été dit. Cela ne vous plaît pas, mais c’est
comme cela, et pour le reste, on verra.
On ne va donc pas répondre à cette question et rouvrir un dossier sur lequel je
rappelle que le Commissaire enquêteur a salué la concertation exceptionnelle qui avait
été la nôtre ; ce sont les faits, c’est écrit, ce n’est pas nous.
On ne va donc pas reprendre le débat ce soir, on va attendre la décision,
calmement, tranquillement, en essayant, là aussi, de dire les faits tels qu’ils sont et pas
tels que vous les rêvez.
Je mets aux voix la délibération 466.
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Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
Qui est contre ? (Le groupe Lille Verte)
Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre.
(Martine AUBRY, Stanislas DENDIEVEL, Jacques RICHIR, Estelle RODES et
Stéphane BALY ne prennent pas part au vote.)
La délibération est adoptée.
Monsieur BALY, sur la délibération 461.
21/461 Commune associée d’Hellemmes - Site Quebecor - Objectifs poursuivis
et modalités de la concertation préalable.
Monsieur BALY - Madame le Maire, chers collègues,
Je vais intervenir sur la délibération 461 concernant le site de Quebecor situé à
Hellemmes.
Il nous est demandé ce soir de voter une délibération sur les objectifs poursuivis
et les modalités de la concertation préalable sur le site Quebecor/H2D situé à Hellemmes.
Nous souhaitons souligner qu’un grand nombre de questions sans réponses
persistent sur le fond de cette délibération, questions auxquelles nos collègues
d’Hellemmes Verte, mercredi soir en Conseil Communal, n’ont pas pu avoir de réponses.
Puisque cette délibération est aussi présentée ce soir à notre Conseil Municipal, peut-être
aurons-nous réponses à nos questions.
- Combien de logements au minimum seront construits ?
- Quelles proportions de logements sociaux et, surtout, quels volumes de
logements très sociaux en PLAI ?
- Quelle hauteur pour les constructions ?
Vous allez nous dire que vous serez vigilants sur le nombre de logements. Nous
savons qu’il y aura un seuil minimum de logements pour que le projet soit rentable pour
le promoteur.
Il était demandé par ailleurs en Conseil Communal dans quelles écoles iront les
enfants qui arriveront dans ce nouveau quartier. Il va y avoir une grande école à Fives-
Cail pour les enfants d’Hellemmes et de Fives. Récemment, vous avez annoncé, Madame
la Maire, que ce projet était annulé, la priorité étant la rénovation des écoles de Fives. Se
pose néanmoins la question de l’accueil de ces futurs jeunes.
Par conséquent, voter des objectifs, oui, mais quels objectifs Madame la Maire ?
Le seul chiffre qui figure dans votre délibération est celui de ce que vous appelez un
61
espace boisé. Il serait d’au moins un hectare. Vous avez évolué, on le souligne, puisque
l’unique délibération existante datant de 2018 sur ce sujet prévoyait à l’époque un espace
vert de 0,5 hectare sur une surface d’un projet de 5 hectares, mais, c’est combien « au
moins un hectare » ? Un hectare ? Un hectare et demi.
Monsieur GHERBI, vous présentez souvent ce projet comme le parc JB Lebas
hellemmois. Simon JAMELIN l’a rappelé mercredi soir, le parc JB Lebas, c’est
3,6 hectares. Monsieur le Maire, chiche ! Allons jusque-là ?
Par cette délibération, vous nous demandez aussi de vous autoriser à mener la
consultation publique sur ce projet. Nous sommes bien sûr pour mais nous regrettons que
vous vous contentiez de mener la consultation prévue par le Code de l’environnement, la
consultation juste légale. C’est donc la Ville de Lille qui mènera la concertation. C’est
mieux que si c’était un promoteur. Néanmoins, le fond du problème demeure. Sur quoi
cette concertation va-t-elle porter ? On ne sait pas. Est-ce le nombre de logements ? Les
Hellemmois auront-ils leur mot à dire. Un peu d’espaces verts ? On ne sait pas
exactement combien, mais, rassurez-vous, « au moins un hectare ».
Une concertation, vous en conviendrez, devrait être éclairée, détaillée pour que
les citoyens et les citoyennes puissent disposer de l’ensemble des informations
nécessaires pour se faire un avis.
Par ailleurs, une nouvelle fois, nous regrettons que l’on s’arrête à une démarche
de concertation. Décidément, comme pour Saint-Sauveur, la coconstruction n’est pas
d’actualité à Lille.
Nous sommes dans un schéma que nous connaissons déjà, un site libre où il y a
de nombreuses possibilités pour transformer notre ville, pour une réelle transition
écologique et en laissant la place aux habitants pour décider la ville de demain.
Sans saisir cette opportunité, comme nos collègues hellemmois mercredi soir,
nous nous abstiendrons donc sur cette délibération.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur le Maire d’Hellemmes, Franck GHERBI.
Monsieur GHERBI - Je vous remercie beaucoup de me permettre de prendre la
parole à l’occasion de cette délibération.
Je vais commencer par la fin de l’explication que nous avons fournie au sein du
Conseil Communal d’Hellemmes, où je me suis étonné que, pour une fois qu’on vous
donne la parole, vous refusiez de la prendre. J’en prends acte.
Ceci étant, le site de l’imprimerie H2D, historiquement Jean Didier Héliogravure,
a été repris par le groupe canadien Quebecor et est ensuite devenu H2D suite à une
reprise et à un long conflit social sur le site.
62
Le site s’est retrouvé pris et ensuite donné entre deux entreprises pour servir de
créance. À l’époque, aux alentours de 2015, le créancier a valorisé le terrain aux alentours
de 10 M€. C’est la valeur du terrain pour l’échange qui a eu lieu entre les anciens
propriétaires et le repreneur. Pour vous donner une idée de la somme que cela représente
pour la Commune Associée, le budget de fonctionnement de la Commune Associée
d’Hellemmes est en moyenne de 3,8 M€.
En 2017, au moment où la cession allait être faite, un groupe promoteur s’est
rapproché du vendeur. Il a été possible de faire passer en quelques semaines une OAP
(orientation d’aménagement et de programmation), vous en avez fait mention. Pour ceux
qui ne sont pas spécialistes, c’est une sorte de cahier des charges que la Ville demande
au futur repreneur de respecter, faute de quoi il n’obtiendrait pas ensuite le permis
d’aménager.
Parmi les choses qui étaient imposées dans ce programme, contrairement à ce
que le promoteur aurait voulu faire pour rentabiliser son projet au maximum, il était
demandé d’abaisser le nombre possible de logements au plus bas de ce que permet le
PLU. C’est important. Un promoteur est venu à l’époque en disant qu’il ferait au bas mot
1 200 logements sur le site et, évidemment, quand je l’ai reçu, je lui ai dit que cela ne me
paraissait absolument pas possible, surtout qu’il ne comptait faire aucun espace vert. On
lui a donc demandé de revoir sa copie.
À l’époque, Madame le Maire a fait la proposition de cette OAP qui demandait
donc d’abaisser le nombre de logements qu’il sera possible de construire sur le site au
plus bas et, d’autre part, de respecter la trame verte. Monsieur BALY, vous n’êtes pas
sans savoir que, à Hellemmes, cela fait plusieurs années que nous essayons, nous aussi,
de mettre en place une trame verte. Pour ceux qui connaissent Hellemmes, en étant sur
la plaine des Métallurgistes à côté de FCB, l’espoir est de pouvoir se rendre en cheminant
sans voir de voiture et au milieu du maximum de verdure jusqu’au parc Bocquet, à deux
pas du centre de notre commune.
Enfin, comme l’opérateur n’avait aucune intention de faire des espaces verts, il
était demandé un minimum de 5 000 m² d’espaces verts publics, le PLU imposant aussi
des espaces verts sur tout ce qui est privé, tout comme le respect des circulations quelles
qu’elles soient, douces et automobiles s’il en était.
Tout cela n’est pas allé sans rappeler que le site était complètement pollué et que
l’opérateur ne semblait pas prendre cet aspect en compte. Il a été possible de faire
intervenir l’EPF, l’Etablissement Public Foncier, pour garantir une dépollution du site qui
soit maximale. En effet, au-delà de l’exploitation par l’imprimerie, il y a eu plus de 100 ans
d’activité industrielle sur le site puisque, à l’époque, on y construisait tout ce qu’il fallait
pour construire des ponts, des trains, etc. Vous imaginez donc comme moi le type de
pollution qu’il pouvait y avoir. À l’époque, la dépollution avait été estimée à 1,5 M€ à 2 M€ ;
aujourd’hui, l’EPF commence à faire le chiffrage et nous parle de près de 3 M€, ce qui
sera confirmé lorsque tout cela sera complètement terminé.
63
Je vous le répète donc, il n’est évidemment pas question d’y construire comme
on le veut, il y a un PLU que l’on doit respecter, il y a des hauteurs à respecter.
Le groupement a choisi une société qui fera la maîtrise d’œuvre à ses côtés. Le
jury a choisi une opération avec une manière de voir qui propose non pas 0 m² d’espaces
verts mais au minimum de doubler ce qui était écrit dans l’OAP et au minimum 10 000 m²
d’espaces verts qui viendront évidemment s’implanter dans le respect de la trame verte.
En venant du site de Fives pour aller dans le centre-ville, on n’aurait donc qu’à traverser
la rue Dordin, la rue Chanzy pour se retrouver ensuite au parc Bocquet au milieu d’arbres.
Je l’avais dit au sein du Conseil, on a parlé de forêt diagonale. En effet, quand on
est rue Chanzy à côté de la ruche d’entreprises, si on va en cheminant tout droit vers le
parc Bocquet, cela fait une sorte de diagonale sur le site, qui préserverait les personnes
qui habitent autour du site, puisque cela fait un carré rue Chanzy et rue Jaurès.
Pour être complet, il y a une réserve foncière pour faire un équipement public, je
fais le lien avec les écoles. Evidemment, on n’avance pas les yeux bandés depuis
plusieurs années. Les services ont fait des projections et une prospective sur les
établissements scolaires. Je me souviens très bien que j’avais pris la parole en 2018 pour
expliquer que les prospectives au niveau des enfants nous annonçaient une baisse des
effectifs, baisse qui se confirme déjà cette année. À Hellemmes, l’entrée pour les enfants
en école élémentaire comporte déjà moins 100 enfants. Cela confirme donc bien les
projections qui ont été faites il y a plus de trois ans selon lesquelles, bien qu’il y ait des
constructions, les familles qui arrivent n’ont pas forcément un, deux ou trois enfants
comme par le passé. Pour l’instant, la projection semble faite. Il y a évidemment une
réserve foncière et un équipement qui concernerait les seniors sur le site puisque, à
Hellemmes, on a une forte demande pour une résidence senior – je l’appelle comme cela,
sans entrer dans les détails pour ne pas être trop long.
Je suis un peu étonné que vous nous reparliez du JB Lebas hellemmois. Je vous
en remercie beaucoup, parce que c’est bien un projet que nous portons tous ensemble,
mais j’ai détrompé votre collègue hellemmois en lui disant qu’il ne maîtrisait pas
exactement les dossiers puisque ce n’est absolument pas à cet endroit-là. Sur
Hellemmes, nous avons trois gros projets :
- Le premier est celui-là, avec cette augmentation de la taille des espaces
verts.
- Nous portons un deuxième projet que l’on appelle vraiment la forêt à
Hellemmes, qui se trouve plutôt du côté du Pavé du Moulin à Hellemmes,
sur le long linéaire qui va du Mont-de-Terre jusqu’au grand stade. Sur le côté
gauche, il y a énormément de terrains et la volonté que nous portons dans
notre programme est de boiser cet endroit. Nous avons là un espace
d’environ 16,5 hectares sur Hellemmes et on aimerait boiser entre 4 et
8 hectares en fonction des possibilités laissées par les catiches puisque le
sous-sol à cet endroit est au-dessus de carrières souterraines. Ce projet est
porté par la MEL.
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- Le dernier projet concerne la Plaine des Métallurgistes en face du site FCB.
Là, on travaille sur le site main dans la main avec les personnes qui
travaillent sur le site FCB. Vous n’êtes pas sans savoir que, à cet endroit,
nous projetons aussi d’y faire notre piscine municipale entre la Ville de Lille
et la Commune Associée d’Hellemmes.
Sur la Plaine des Métallurgistes, si vous voyez le site, vous pouvez vous
projeter jusqu’à la rue du Long-Pot, vous imaginer le long de la rue
Boldauduc, il y a environ 500 à 600 mètres de distance. Là, il y aurait un
espace vert qui irait de la rue Dordin jusqu’à l’endroit où il y a le bâtiment
des syndicats lillois. Vous avez là plus de 600 mètres et le parc JB Lebas y
tient presque deux fois. Là, effectivement, pour que les gens visualisent
bien, on parle de JB Lebas hellemmois. Cet endroit serait l’espace vert des
Hellemmois qui habitent ce quartier et pour toutes les personnes qui
habiteront ou qui habitent déjà sur le site de FCB.
Aujourd’hui, la délibération qui est portée à notre connaissance n’a absolument
pas pour objet de déterminer le nombre de logements, etc., c’est pour permettre à toutes
les Hellemmoises et tous les Hellemmois et à toutes les personnes qui le souhaitent de
prendre connaissance de ce que je viens d’expliquer mais de manière plus précise, ceci
porté par l’opérateur.
Vous le voyez, la délibération est très longue puisque énormément de points y
sont abordés : une concertation très large, un très long temps de 60 jours au minimum
pour pouvoir organiser des rencontres avec les habitants, les conseillers de quartier, pour
utiliser tous les moyens qui sont mis à notre disposition, que ce soit des consultations en
mairie ou par le biais du journal communal le « HA », Hellemmes actualités, pour pouvoir
discuter sur les usages qui y seront faits.
Les riverains sont évidemment les premiers concernés par le site. Aujourd’hui, la
dépollution est quasiment terminée. Ce sont des mois qui n’ont pas été simples puisque
la dépollution a quand même fait du bruit et c’était le moment où on était tous soit confinés,
soit en travail à domicile, cela n’a donc pas été forcément simple pour les riverains de
vivre cela. L’opération touche aujourd’hui à sa fin et il semble important de pouvoir projeter
tout le monde sur le devenir du site.
La délibération que Monsieur DENDIEVEL porte à notre connaissance ce soir a
pour objet de permettre à tout le monde de prendre connaissance du dossier le plus
largement possible, de voir ce qu’il sera possible de faire, de voir les usages sur le site
puisqu’il y aura évidemment des parties communes, des espaces verts, des lieux de
rencontre et pour pouvoir donner son avis. C’est le moment. Aujourd’hui, il n’y a rien
d’autre que cela à soumettre à votre approbation.
Je vous remercie de votre attention.
Madame le Maire - Merci, Monsieur le Maire.
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Monsieur BALY ?
Monsieur BALY - Madame le Maire, on a eu une balade fort poétique de
description d’Hellemmes. Monsieur GHERBI, en un quart d’heure, vous n’avez répondu
à aucune des questions. C’est quand même assez incroyable. Par contre, on a pu se
projeter dans votre vision d’Hellemmes.
En réunion publique, vous présentez le projet sur Quebecor comme étant le
« JB Lebas hellemmois ». Vendredi prochain à la Métropole, on a une délibération sur la
stratégie de forêts. Je vous invite à vous rapprocher rapidement de la Métropole puisque
le projet que vous évoquez aujourd’hui sur le Pavé du Moulin chemin Napoléon n’y figure
pas.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Pour l’instant, on peut se dire qu’on a bien fait de prendre la
décision de ne pas laisser vendre de privé à privé mais de faire en sorte qu’il y ait une
maîtrise publique par l’EPF, ce qui a permis de changer profondément les règles – cela a
été rappelé par Monsieur le Maire d’Hellemmes – et ce qui a permis de cadrer beaucoup
plus fortement le promoteur, aussi bien sur le nombre de logements que sur les espaces
verts. Cela étant, nous sommes là en début d’une concertation, on aura tout le temps de
dire ce que l’on en pense.
Je rappelle que cette délibération est un lancement de la concertation, ce n’est
pas un accord sur un projet qu’on ne connaît pas encore dans sa plénitude.
Je mets cette délibération aux voix.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ?
Abstentions ? (Le groupe Lille Verte)
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
(Audrey LINKENHELD et Jean-Claude MENAULT ne prennent pas part au vote.)
Je vous remercie.
Nous en avons terminé avec les délibérations de Stanislas DENDIEVEL.
Je vous propose de passer la parole à Anissa BADERI qui va nous présenter
l’important travail qui est mené par elle-même et par les services sur les vacances et sur
l’habitat indigne.
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21/462 Quartier Lille-Sud - Construction du bâtiment ONCOLille - Contribution
correspondant à l'extension du réseau de distribution électrique hors du
terrain d'assiette de l'opération - Convention entre l'Université de Lille et
la Ville.
Adoptée.
(Pierre POSMYK ne prend pas part au vote.)
NATURE
21/463 Quartier-Libre - Boutique du zoo - Avenants de prolongation des
concessions de service.
Adoptée.
ACTION FONCIERE ET IMMOBILIERE
21/464 Quartier Lille-Centre - Bien sis 19 rue Gustave Delory - Vente au profit de
Madame SOCOLSKY.
Adoptée.
21/465 Quartier Lille-Fives - Cession de l'ensemble immobilier sis Cour Bécu,
150 bis rue de Philadelphie.
Adoptée.
(Audrey LINKENHELD, Martin DAVID-BROCHEN et Jean-Claude MENAULT ne
prennent pas part au vote.)
21/467 Quartier Lille-Centre - Lot 10.9 - Cession à la SPL Euralille.
Adoptée.
(Martine AUBRY, Stanislas DENDIEVEL, Jacques RICHIR, Estelle RODES,
Anissa BADERI et Stéphane BALY ne prennent pas part au vote.)
21/468 Quartier Saint-Maurice Pellevoisin - Cité Saint-Maurice - Cession de
parcelles - Contrats de réservation et actes de VEFA.
Adoptée.
(Stanislas DENDIEVEL et Anissa BADERI ne prennent pas part au vote.)
21/469 Quartier Lille-Centre - Déclassement a posteriori - Ancienne école
Jussieu, Square Dutilleul.
21/471 Quartier Bois-Blancs - Immeuble communal situé 23 et 25, rue de Bergues
- Constitution d'une servitude de surplomb au bénéfice de la Ville.
67
21/472 Quartier Lille-Fives - Immeuble communal situé 5, rue Jules de Vicq -
Constitution d'une servitude de passage au bénéfice de la Ville.
21/473 Quartier Faubourg de Béthune - Ancien Collège Camus - Redevance
janvier et février 2021 de l'Union Française de la Jeunesse - Remise
gracieuse.
Adoptées.
21/474 Quartier Faubourg de Béthune - Concession d'aménagement du projet
"Concorde" - Mise à disposition de la SPL Euralille de parcelles du
domaine public de la Ville - Fixation du montant de la redevance -
Gratuité.
Adoptée.
(Martine AUBRY, Stanislas DENDIEVEL, Jacques RICHIR, Estelle RODES et
Stéphane BALY ne prennent pas part au vote.)
21/475 Quartier Lille-Moulins - Immeuble 84 rue de Trévise - Mise à disposition à
la société Itinéraire Productions - Fixation du montant du loyer.
21/476 Quartier Faubourg de Béthune - Ancien collège Albert Camus rue du Mal
Assis - Mise à disposition à l'Ecole Polonaise - Fixation du tarif.
21/477 Quartier Faubourg de Béthune - Ancien collège Albert Camus rue du Mal
Assis - Mise à disposition à l'association Eolie Songe - Gratuité.
21/478 Quartier Faubourg de Béthune - Ancien collège Albert Camus rue du Mal
Assis - Mise à disposition de Lille Faubourg Loisirs Sports - Gratuité.
Adoptées.
Chemise 10
LUTTE CONTRE L’HABITAT Rapporteur : Anissa BADERI
INDIGNE ET VACANT Adjointe au Maire
21/481 Dispositif de lutte contre l’indécence des logements – Avenant de
prolongation en 2021 de la convention du 26 septembre 2019 d’objectifs
et de financement relative au dispositif de lutte contre l’indécence des
logements entre la CAF du Nord et la Ville.
(Projection de diapositives)
Madame BADERI - Madame le Maire, chers collègues,
68
La lutte contre l’habitat indigne et vacant est une politique majeure de l’habitat.
La crise sanitaire n’a fait que rappeler ce que nous savions déjà : le logement est le point
de départ d’une vie décente. Le droit au logement digne est un droit fondamental et nous
nous efforçons de préserver et de défendre cela dans notre ville depuis toujours, un
engagement politique fort qui se traduit tout d’abord par notre choix de conserver cette
compétence et d’exercer nous-mêmes la mission de service d’hygiène et de santé.
Pour ce faire, une mobilisation croissante des moyens a été décidée ces 20
dernières années. Les moyens humains du SCHS se sont fortement accrus, passant de
six personnes en 2001 à 12 personnes en 2008 et à 18 agents en 2021, dont
11 inspecteurs de salubrité. En quelques années, le nombre de nouveaux dossiers
ouverts annuellement a triplé, passant de 450 en 2006 à 1 200 depuis les années 2012-
2013.
Un partenariat de longue date existe avec tous les acteurs au travers des cellules
insalubrité dans chaque quartier pour le signalement des partenaires, le traitement
systématique de toutes les plaintes avec visites de contrôle et, bien entendu, les travaux
d’office qui, sur le précédent mandat, ont représenté 654 304 €.
L’action menée par Marie-Christine STANIEC, Audrey LINKENHELD, Mélissa
MENET au cours des précédents mandats témoigne du travail accompli en la matière.
Depuis 2019, nous nous saisissons également des nouveaux outils
réglementaires de la loi ALUR (déclarations de mise en location, autorisations préalables
à la division), de l’action conjointe avec la CAF qui fait d’ailleurs l’objet d’une délibération
à ce Conseil Municipal, laquelle nous permet de contrôler des logements dès l’entrée
dans les lieux et, si le logement n’est pas décent, l’aide au logement est consignée jusqu’à
exécution des travaux.
Bien souvent, les victimes de l’habitat indigne, fragilisées par une situation de
grande précarité, n’imaginent pas saisir la Justice et n’ont pour seul espoir que l’action de
la Ville.
Il est important de rappeler que la lutte contre l’habitat indigne est aussi une
question de justice. C’est pourquoi la Ville de Lille réalise systématiquement des
signalements au Parquet, dès lors qu’un propriétaire enfreint les arrêtés préfectoraux et
municipaux et ne respecte pas les droits des locataires.
Grâce à notre action, la Justice a prononcé 16 condamnations depuis 2007, 13
depuis 2010 dont des peines de prison ferme. Grâce à notre action, les délits ne restent
pas impunis et les locataires sont donc reconnus victimes de ces marchands de sommeil.
Plus récemment, les deux dernières condamnations de marchands de sommeil
ont été obtenues en 2020 :
69
- une SCI propriétaire de cinq logements s’est vue condamnée à 10 000 € et
les trois associés ont été condamnés à titre personnel. La Ville a d’ailleurs
été reconnue partie civile ;
- une deuxième condamnation en février 2021 concerne un couple de
propriétaires. Monsieur a été condamné à un an de prison dont six mois
avec sursis et Madame à six mois de prison avec sursis. Une interdiction de
gérer des biens immobiliers a également été prononcée pour les deux
prévenus. La Ville a également été reconnue partie civile.
C’est donc bien pour le droit de ces femmes, ces hommes, ces familles que nous
nous mobilisons et soutenons pleinement les missions de défense des associations de
locataires et de plusieurs associations avec lesquelles nous travaillons en partenariat et
pour lesquelles nous décidons en Conseil Municipal le versement de subventions. Au titre
de la délégation Habitat, les subventions versées à ces associations s’élèvent pour
l’année 2021 à 330 000 €.
La lutte contre l’habitat indigne, c’est également notre capacité à agir par la
préemption pour que s’engagent des projets de réhabilitation et permettre ainsi la
réalisation de logements abordables et durables. Trois projets méritent à ce titre d’être
cités :
- un premier projet à Fives, la cour Bécu : la Ville a préempté et lancé un appel
à projet. Une réhabilitation complète de la cour aura lieu et de l’habitat
solidaire sera réalisé avec cinq logements en PLAI ;
- deuxième projet, la Cité Saint-Maurice, un vaste chantier pour lequel la Ville
est maître d’ouvrage pour une partie du patrimoine : là aussi, sont au
programme une réhabilitation complète de très haut niveau et, bien entendu,
la réalisation de logements abordables ;
- troisième projet, le projet d’habitat adapté pour les habitants du chemin de
Bargues : le travail acharné, il faut bien le dire, chère Estelle, que tu as mené
a permis l’émergence d’une première opération rue de Bavay.
Des opérations de très grande envergure sont également conduites de longue
date sur des secteurs nécessitant un traitement en profondeur d’un habitat ancien
dégradé. Des îlots complets d’immeubles ont ainsi pu être restructurés en améliorant le
cadre de vie de leurs habitants et en créant une offre de logements de qualité à prix
maîtrisé. Depuis 2006, c’est près de 2 000 logements traités dans le cadre des
programmes ANRU, Lille quartiers anciens, PMRQAD et, aujourd’hui, par l’action
d’Estelle RODES, le travail se poursuit à Moulins et à Wazemmes avec l’objectif de
200 immeubles à traiter.
La résorption de l’habitat vacant et dégradé est une autre priorité de notre Ville.
Cette mission complexe que nous avons souhaitée a été confiée par la MEL à La fabrique
des quartiers. Sur les 539 logements lillois traités, déjà 358 ont pu être remis sur le
marché. Nous avons répondu en 2021 à l’appel à manifestations d’intérêt, 168 nouvelles
adresses viendront en 2022 recharger ce dispositif.
70
Accompagner les copropriétés fragiles est un enjeu fort dans la prévention du
logement indigne. Le POPAC 2 peut se résumer par trois mots : repérer, accompagner,
agir. Il s’agit là d’éviter la dégradation des copropriétés, d’éviter à la collectivité de prendre
des mesures coercitives et très coûteuses. 15 propriétés sont donc accompagnées dans
ce programme.
Vous le savez, nous avons l’objectif de rénover 9 500 logements privés par la
poursuite de la lutte acharnée contre l’habitat indigne, l’habitat vacant et dégradé et
également par l’accélération de la transition énergétique dans l’habitat.
La rénovation durable de l’habitat ancien est un engagement fort que nous
portons depuis plusieurs mandats, avec notamment la création de la Maison de l’Habitat
durable en 2013. D’ailleurs, en février 2021, le Conseil Municipal a voté à l’unanimité les
nouveaux critères d’octroi des primes et des aides de la Ville à la rénovation durable. Ces
nouvelles aides renforcent notre niveau d’exigence en matière de performance
énergétique. Le niveau de financement des travaux engagés par les propriétaires
modestes et très modestes est également plus important. Ces nouveaux critères d’octroi
prévoient également un montant et un plafond des aides plus élevés en cas de sortie
d’insalubrité du logement.
Ce sont en ce début de mandat 1 349 logements accompagnés, 162 primes à la
rénovation durable accordées pour un montant de subvention municipale moyen de
5 928 € par projet.
Le nouveau système d’aides municipales a permis de réduire de plus de 55 % les
consommations énergétiques des logements qui en ont bénéficié.
Pour terminer, quelques chiffres sur le dispositif AMELIO+, le programme d’intérêt
général d’amélioration durable de l’habitat qui permet l’accompagnement à domicile
gratuit dans leur projet de travaux des ménages les plus modestes, des bailleurs, des
locataires et des copropriétaires par des équipes pluridisciplinaires. Sur la période 2018-
2021, ce sont 2 220 logements accompagnés.
La lutte contre l’habitat indigne et vacant est à la croisée de plusieurs actions Ville
et Métropole, pilotées depuis plusieurs années. Elle nécessite aussi un travail de terrain
pour repérer les immeubles dégradés, un travail de proximité pour assurer
l’accompagnement des locataires, des propriétaires occupants et également des
propriétaires bailleurs de bonne foi, et d’expertise pour agir efficacement et durablement
sur les logements.
Dans cette lutte, nos agents du service communal d’hygiène et de santé et de
l’habitat ancien sont en première ligne. Je tenais ce soir à saluer leur professionnalisme
et le travail accompli ces dernières années et notamment ces derniers mois dans ce
contexte sanitaire particulièrement difficile.
Merci.
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Madame le Maire - Merci.
Je passe la parole à Monsieur LEBAS.
Monsieur LEBAS - Madame le Maire, chers collègues,
Nous relevons avec intérêt cette présentation et les délibérations qui
l’accompagnent, qui traitent d’un sujet effectivement très difficile au niveau national et sur
lequel Lille a encore un important chemin à accomplir, celui de la lutte contre l’habitat
indigne.
Rassurez-vous, Madame BADERI, notre groupe sera à vos côtés sur ce chemin,
pourvu qu’il soit exigeant à l’égard de tous pour faire reculer l’habitat indigne, c’est une
tâche de longue haleine. Vous avez d’ailleurs cité vos collègues qui en ont la charge avec
vous. Vous me permettrez d’ajouter que cette cause était déjà très chère à notre regretté
collègue Alain CACHEUX, qui avait su avec René VANDIERENDONCK porter ce sujet à
la bonne échelle, l’échelle métropolitaine, où s’exerce la compétence en matière d’habitat
et sans laquelle l’action municipale pour volontariste qu’elle soit est forcément incomplète.
Au niveau national, on estime à plus de 400 000 le nombre de logements du parc
privé potentiellement indignes en métropole. Vous savez qu’il y en a aussi beaucoup en
Outre-Mer. La moitié sont occupés par leurs propriétaires.
Pour mettre fin à ces situations de mal-logement, il existe un arsenal de
procédures administratives et de dispositifs opérationnels et financiers en constante
amélioration. La loi ELAN a ainsi prévu la simplification des polices de lutte contre l’habitat
indigne auparavant éclatée par thématiques. Une ordonnance a d’ailleurs été prise à l’été
2020 à l’initiative de la Ministre du Logement Emmanuelle WARGON.
Pour autant, même si les procédures et les dispositifs existants permettent
d’intervenir et de résoudre de nombreuses situations, ceux-ci sont bien souvent trop longs
et trop complexes.
Le sujet reste donc d’une pleine actualité. En conséquence, le Gouvernement a
demandé la rédaction d’une feuille de route coconstruite par les services de l’État, par
l’ANAH et les collectivités territoriales, ainsi que l’ANIL et les acteurs du logement. Des
groupes de travail ont été mis en place afin de cibler les besoins, d’identifier les freins et
de proposer des mesures concrètes et opérationnelles, l’identification et le ciblage des
points forts et des points de blocage étant un préalable à la définition des actions. Leur
mise en œuvre relève soit de domaines réglementaires, opérationnels et financiers, soit
de la coordination et de l’animation territoriale – et vous nous avez présenté ce qui était
fait ici à Lille. Cette feuille de route sera prochainement rendue publique à l’automne, c’est
prévu, à l’occasion d’un comité de pilotage national auquel les villes volontaires pourront
être associées. C’est d’ailleurs là que nous vous invitons à vous porter volontaire à ce
titre, tant les enjeux à Lille sont importants.
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S’agissant du sujet précis de la délibération et de la volonté de renouveler cette
convention avec la Caisse d’allocations familiales, il s’agit de tirer un bilan et de faire
pleinement usage de la possibilité donnée par la loi de suspendre le versement de l’APL
en cas de non-décence. L’objectif n’est évidemment pas de sanctionner le locataire, mais,
au contraire, de l’accompagner pour inciter le bailleur à effectuer les travaux de mise en
conformité, tout en limitant les conséquences pour le locataire.
De l’incitation à la contrainte, nous considérons qu’il n’y a qu’un pas qu’il faut
franchir avec fermeté si l’on veut véritablement avancer sur ce sujet et dissuader
durablement les marchands de sommeil. Vous avez cité des condamnations récentes, il
faut non seulement s’en féliciter, mais aussi communiquer davantage en publiant les
décisions de justice pour accroître leur caractère dissuasif.
En votant favorablement cette délibération, nous souhaitons que cet avenant
permette d’appliquer plus efficacement cette disposition législative en bénéficiant
également d’un financement de la CAF pour les interventions de la collectivité.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci pour ce cours qui nous a rappelé l’ensemble des
éléments.
Je voudrais quand même vous rappeler que, avant la loi ELAN, il y avait la loi
ALUR et que ma voisine ici n’est pas pour rien dans les dispositifs qui ont été inscrits dans
la loi ALUR, qui s’inspiraient de ce qu’elle avait d’ailleurs mis en place à Lille. J’aime bien
aussi nous dire que, souvent, nous sommes un peu à la pointe.
Vous avez raison de dire que cela devrait être une politique communautaire. C’est
parce qu’elle n’est pas assez développée que nous avons aujourd’hui, comme cela a été
rappelé par Anissa BADERI, 18 personnes qui s’occupent de ce service, alors que, dans
beaucoup de métropoles, la compétence totale a été prise au niveau métropolitain. Je ne
dis pas qu’il ne peut pas y avoir un jour une maison qui s’écroule à Lille, mais nous
souhaitons l’éviter au maximum, travailler jour après jour sur l’indigne, l’insalubre et la
vacance par ailleurs. C’est vrai que l’on préférerait qu’il y ait une prise de compétence
plus grande au niveau de la métropole, mais, en même temps, on connaît bien le tissu de
notre ville, on sait donc où il faut aller voir et on a des services de très grande qualité.
Pour faire aussi un petit cocorico – vous l’avez d’ailleurs dit –, la première fois en
France où des marchands de sommeil ont été condamnés à de la prison ferme, c’est à
Lille, grâce au travail qu’ont fait les services. Pour arriver à condamner à de la prison
ferme, il ne faut pas seulement repérer un logement une fois, il faut montrer que ces
marchands de sommeil, c’est tout un système. Depuis, il y a eu d’autres condamnations,
Anissa BADERI l’a rappelé tout à l’heure.
Si l’État apporte quelque chose – en ce moment, on voit qu’on arrose à tout vent
– et s’il y a des crédits sur cette question, ne vous inquiétez pas, on sera les premiers à
s’inscrire dedans. On les attend avec impatience.
73
Merci à vous, Monsieur LEBAS. Merci surtout à Anissa BADERI et au service.
Je mets au vote toutes les délibérations de Madame BADERI.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je vous remercie.
HABITAT DURABLE ET INNOVANT
21/479 Aides Habitat durable, Transition écologique et Façades.
21/480 Déploiement du programme national "Service d'accompagnement à la
rénovation énergétique" (SARE) à l'échelle du territoire métropolitain -
Mise en œuvre opérationnelle à la Maison de l'Habitat durable (MHD) -
Avenant à la convention-cadre de partenariat relative à la MHD entre la
MEL et la Ville.
Adoptées.
Nous passons à Sébastien DUHEM à qui je passe la parole pour nous parler de
la troisième édition du budget participatif.
Vous avez d’ailleurs un petit document sur table.
Chemise 11
BUDGET PARTICIPATIF Rapporteur : Sébastien DUHEM
Adjoint au Maire
21/482 Budget participatif - Troisième édition.
(Projection de diapositives)
Monsieur DUHEM - Madame le Maire, Messieurs les Maires des communes
associées, chers collègues,
Ce soir, le Conseil Municipal votera, je l’espère à l’unanimité, le lancement de
notre troisième édition du budget participatif à Lille, Hellemmes et Lomme.
Un mot, si vous le permettez, sur les deux précédents budgets que vous avez
initiés, Madame le Maire, en remerciant chaleureusement Walid HANNA, ancien Adjoint
en charge de la participation citoyenne, les équipes de techniciens de la Ville et, en
premier lieu, les habitants de Lille, Hellemmes et Lomme qui se sont engagés dans ces
74
deux dernières éditions et en remerciant de manière toute particulière Laurent
COUROUBLE qui a brillamment animé les jurys citoyens.
Les budgets participatifs 1 et 2 ont été l’occasion de nombreuses rencontres, de
l’émergence d’idées nouvelles et partagées, de la réalisation de nombreux projets.
Construire une ville en commun implique un engagement de la Ville de Lille mais aussi et
surtout des citoyens. Par ce budget participatif, ils ont tous contribué directement à la
transformation de notre cité.
Ce sont 36 projets qui se sont pour la plupart réalisés. Même si quelques projets
d’aménagement ont vu leur mise en œuvre durement ralentie par le contexte sanitaire, la
volonté d’avancer et de clôturer les projets des éditions précédentes reste une priorité.
Sans en faire la liste complète, que vous pouvez retrouver au sein de la plaquette
que vous avez sur table, nous pouvons retenir quelques beaux projets qui ont vu le jour
grâce à l’imagination des Lillois :
- les frigos solidaires à l’initiative du Conseil Municipal d’Enfants ;
- les box à vélos aujourd’hui en plein développement dans notre ville ;
- les jeux inclusifs dans les squares lillois ;
- les fontaines à eau ;
- la place Casquette, que nous avons inaugurée samedi dernier sous un soleil
radieux ;
- la plantation de la micro-forêt urbaine porte d’Arras avec les élèves du
collège Makeba et des écoles Launay et Duruy ;
- la valorisation et la réhabilitation de l’étang et du parc urbain de Lomme –
mon cher Roger ;
- le dressing solidaire et la recyclerie textile ;
- le jardin des Agrions ;
- le réaménagement du square Massenet en cours ;
- la buvette et les vestiaires pour le complexe sportif de Lille-Sud ;
- et nous aurons particulièrement à cœur de réaliser le projet « Kiosque
butterfly » en hommage à son porteur de projet Djawad EL KAHLAOUI.
Il faut le dire, la crise sanitaire et le confinement ont parfois mis entre parenthèses
l’exercice démocratique et en particulier la mise en œuvre complète des budgets
participatifs. Elle n’a pas pour autant été une feuille blanche au plan du débat d’idées. La
période a été riche d’appels et de consultations citoyennes appelant à imaginer notre ville
en commun.
Dans l’attente du lancement de cette troisième édition du budget participatif, nous
avons maintenu le lien avec les Lillois. Des concertations via les outils numériques ont eu
lieu pour permettre une expression citoyenne. La plate-forme « participez.lille.fr » a
accueilli des questionnaires de concertation, des boîtes à idées qui ont permis aux Lillois
de s’exprimer sur des projets, mais également sur une future délibération cadre Jeunesse.
75
Nous avons travaillé ces derniers mois avec les agents de la participation
citoyenne, de la proximité, de l’urbanisme, du cadre de vie, épaulés bien entendu par mes
collègues Arnaud DESLANDES, Jacques RICHIR, Stanislas DENDIEVEL et l’ensemble
des adjoints au maire des quartiers. Nous avons réussi aussi à maintenir des réunions de
travail avec les habitants. Malgré un contexte difficile, le lien avec les Lillois a été
maintenu :
- au Faubourg de Béthune, secteur Concorde, avec toi ma chère Estelle, les
concertations de la Cité des équipements, des jardins partagés, le square
Concorde avec une concertation à hauteur d’enfants ;
- mais aussi les ateliers participatifs sur le marché de plein air, sur le chemin
de Bazinghien ;
- à Moulins, toujours avec l’hyperactive Estelle, où nous avons achevé l’atelier
avec le square de l’Arsenal ;
- nous allons aussi lancer prochainement les abords du Jardin des plantes à
Vauban, avec mes collègues Stéphane LEPETIT, Charlotte BRUN,
Stanislas DENDIEVEL, Jacques RICHIR et Pierre POSMYK, cette belle
concertation sur Maréchal Leclerc, avec des réunions publiques, des
ateliers, des permanences sur l’espace public, des restitutions, une
consultation numérique, une concertation dans un format original, symbole
de l’adaptation de nos outils participatifs, mais aussi permettant au citoyen
de trouver toute sa place dans la concertation et l’aménagement de l’espace
urbain ;
- à Bois-Blancs, avec Akim OURAL, la concertation autour du square Deman,
le lancement récent de l’atelier de mobilité ;
- à Wazemmes, avec Charlotte BRUN, les concertations des rues du Marché
et d’Iéna ;
- dans le Centre, avec Franck HANOH, les concertations et les
aménagements de la rue du Molinel ;
- et je n’oublie pas bien entendu les autres quartiers lillois et le travail mené
avec Arnaud TAISNE et Alexandra LECHNER sur le harcèlement de rue et
avec Catherine MORELL-SAMPOL sur la végétalisation de Saint-Maurice
Pellevoisin.
Je rappelle également :
- la mise en place du droit de pétition locale, cet outil qui doit faire l’objet ces
prochains mois d’une campagne de communication et d’une explication
dans les instances pour être plus approprié par les citoyens ;
- le débat citoyen sur le déploiement de la 5G qui a eu lieu sous l’égide du
CCC, accompagné de notre Première Adjointe Audrey LINKENHELD. Il
rassemblait également l’ensemble des instances participatives ;
- le travail en cours sur le renouvellement du Conseil Communal de
Concertation ;
- le lien avec les membres de nos instances du Conseil Lillois de la Jeunesse
avec Beverley JOLIET, du Conseil Municipal d’Enfants, du Conseil
Communal de Concertation et des conseils de quartier qui ont poursuivi à la
76
fois leur formation, mais aussi les actions et les projets qu’ils menaient sur
le terrain.
Aujourd’hui, nous sortons progressivement de cette crise sanitaire. Enfin, nous
pouvons à nouveau organiser une grande campagne pour la troisième édition du budget
participatif.
Martine AUBRY et la Majorité municipale ont souhaité que le budget participatif
soit revalorisé pour atteindre 2 M € et y consacrer 500 000 € exclusivement réservés aux
projets portés par les enfants et adolescents de moins de 18 ans avec un jury junior.
Dans cette troisième édition, les projets s’inscriront dans les priorités que nous
portons tous collectivement. Il s’agit de réduire notre empreinte carbone, de penser des
projets inclusifs à hauteur d’enfants, qui s’adressent aussi aux plus fragiles, ayant toujours
pour fil conducteur la justice sociale et la transition écologique.
Cette troisième édition s’inscrit bien sûr dans l’esprit des deux dernières éditions,
mais nous avons aussi tiré les enseignements des premières éditions et entendu les
recommandations, l’évaluation des jurys citoyens et nous avons décidé d’apporter
quelques nouveautés, avec un temps de mobilisation et de communication pour toucher
toujours plus de Lillois afin qu’ils s’approprient véritablement cet outil. Nous souhaitons
multiplier les temps de rencontre et les supports de communication pour que chaque
Lillois se sente concerné, légitime, par des urnes mobiles, des stands de proximité, une
communication adaptée et un temps plus long de dépôt des projets.
Il nous est apparu également important que le jury citoyen soit présent dès le
début de la démarche. C’est la raison pour laquelle nous lançons l’appel à candidatures
dès la semaine prochaine. Nous invitons tous les habitants de Lille, Hellemmes et Lomme
de 9 à 18 ans et de plus de 18 ans à se porter candidat.
Nous procédons également à une sécurisation renforcée des votes (papier et
numérique). Nous développons l’outil numérique sécurisé, comme nous nous y étions
engagés, avec FranceConnect, mais aussi l’obligation de voter pour trois à cinq projets
parmi les 80 projets maximum qui seront déposés et soumis au vote. Les citoyens
voteront pour un projet qu’ils connaissent, mais ils découvriront aussi d’autres projets à
cette occasion.
Les projets mis au vote seront réalisés par la Ville. Aucun cofinancement ne devra
être trouvé pour qu’ils soient réalisés. L’analyse préalable au choix du jury citoyen ayant
été faite, le budget affiché permettra sa réalisation à 100 %.
Les projets sélectionnés par le jury seront labellisés Ville bas carbone, Ville à
hauteur d’enfants, Ville inclusive, Ville solidaire, avec une attention particulière qui sera
apportée pour un équilibre des projets par quartier et par thématique.
2 M€ chaque année, c’est donner corps à beaucoup d’idées originales et
solidaires des Lillois, Lommois et Hellemmois pour leurs voisins, leur quartier, leur ville.
77
Beaucoup de villes se lancent dans ce dispositif aujourd’hui, mais Lille se
démarque par l’importance de son budget.
Nous avions pris l’engagement de créer un budget participatif enfant durant le
mandat. C’est chose faite dès le début de mandat. La Ville de Lille a toujours cru en sa
jeunesse, s’est toujours appuyée sur elle et sa capacité à innover et à s’engager. En
faisant de nos plus jeunes des porteurs d’idées, nous laissons une fois encore la
possibilité aux plus jeunes d’agir et de montrer aux adultes leur perspicacité et leur
assiduité face aux plus grands défis qui sont les nôtres au quotidien.
Le calendrier a aussi été pensé pour permettre aux enfants de moins de 18 ans
de proposer des projets et des idées pendant leur année scolaire. Nous suivons
désormais une année scolaire. Nous avons souhaité permettre à une classe de primaire
de collège, de lycée, aux membres des instances citoyennes, d’une association ou d’un
collectif de proposer des idées car seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.
Nous travaillons avec vous, pour vous, pour une ville en commun. Nos priorités
pour Lille sont nourries de vos projets collectifs et dans l’intérêt général. Elles sont portées
par l’énergie des Lillois et par leur initiative.
Merci.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Monsieur DUHEM. C’est très clair.
Je passe la parole à Maroin AL DANDACHI.
Monsieur AL DANDACHI - Madame le Maire, Monsieur l’Adjoint, Mesdames et
Messieurs, mes chers collègues, bonsoir.
Tout d’abord, je suis toujours en attente du bilan sur les ateliers de quartier,
comme promis en Commission.
Quelle joie de retrouver cette troisième édition du budget participatif, une
formidable occasion de rendre du pouvoir d’agir aux Lillois et aux Lilloises. En effet, face
à l’abstention massive, il est urgent de renouveler nos pratiques de pouvoir et de toucher
les populations les plus éloignées de la politique.
Le collectif Lille Verte se félicite de la place donnée aux enfants car ils sont notre
avenir et nous devons avoir confiance en eux.
J’ai trois questions ce soir à propos de cette nouvelle édition et des changements
que vous avez réalisés.
Tout d’abord, sur la question du budget, dans votre programme, vous disiez
« hausse du budget participatif : 2 M€ par an ». Notre collectif Lille Verte proposait dès
2021 d’allouer 4 M€ de budget d’investissement et d’atteindre 10 % du budget de la Ville
78
à mi-mandat. Ma question est la suivante : pouvez-vous nous préciser s’il y aura d’autres
augmentations d’ici 2026 et, si oui, de quelle hauteur elles seront. Si en 2025, on continue
de dépenser 2 M€, cela ne fait que 8,50 € par habitant, c’est très peu en comparaison
avec les autres villes en France.
Le deuxième sujet concerne le suivi et le bilan. Vous avez beaucoup tardé à faire
un bilan sur les deux dernières éditions. Ce n’est que ce mardi que l’on a pu découvrir sur
le site de la participation que, sur les projets de 2018, 45 % ont été réalisés. C’est vrai
que le Covid est passé par là, mais ce n’est qu’aujourd’hui qu’on l’apprend avec la
plaquette. Qu’avez-vous prévu pour cette troisième édition pour faire en sorte que le suivi
des projets y soit plus clair, plus transparent et surtout plus dynamique ?
La puissance d’un budget participatif, c’est le transfert du droit de décision des
élus vers un jury citoyen, notamment tiré au sort. En 2019, j’avais été moi-même tiré au
sort et c’était une excellente expérience. On voit qu’on passe de 24 personnes à 52, dont
des enfants et des adolescents.
Ma troisième question est la suivante : pourquoi avoir précisé une exclusion des
conseillers de quartier dits politiques ? Pour Lille Verte, ils sont tout autant des citoyens
habitant dans leur quartier et pleinement impliqués dans la vie de leur cité et ils méritent
d’avoir leur place.
Sur la nature des projets, nos collègues à Lomme et Hellemmes vous ont proposé
d’ajouter des mentions sur la transition écologique. Cela a été refusé, mais je constate
que c’est bien présent dans la présentation. Nous sommes donc rassurés.
Monsieur l’Adjoint, vous m’avez dit en commission qu’il y avait trop de projets en
lien avec l’espace public. N’est-ce pas là une preuve irréfutable de votre manque de vision
sur le partage de l’espace public, car, oui, nous devons avoir confiance en l’expertise
citoyenne pour agir pour la transition écologique, sociale et solidaire. C’est Laurent
COUROUBLE, l’ancien président du jury citoyen, qui le disait. Les habitants ont pu
proposer et surtout agir pour le bien commun.
L’innovation méthodologique du budget participatif, votre ancien collègue Jérémie
CREPEL l’avait pratiquée dans le cadre du programme des ambassadrices santé, avec
25 % de budget participatif.
Si vous voulez vraiment agir pour les Lillois et les Lilloises, avec eux et pour eux,
vous pouvez le faire. Inspirez-vous des réussites et des méthodes de ce budget
participatif pour que chacune des délégations puisse justement expérimenter des
nouvelles pratiques et renforcer le lien avec les citoyens.
J’appelle l’ensemble des Lillois et des Lilloises à s’emparer de ce budget
participatif pour engager la transition écologique à la hauteur des enjeux climatiques et
sociaux.
79
Récemment, en Italie, une adolescente disait : « Neutralité carbone d’ici 2050,
blablabla. Neutralité climatique, blablabla. C’est ce qu’on entend par nos soi-disant
dirigeants, des mots qui ont l’air super. Nous n’avons pas de technologies qui nous
sauveront car nous devons changer. Nous ne pouvons plus laisser les dirigeants décider
de ce qui est possible politiquement ou pas. L’espoir, ce n’est pas blablabla. L’espoir,
c’est de dire la vérité. L’espoir, c’est d’agir et l’espoir vient toujours du peuple ».
Je vous remercie.
Madame le Maire - Et là, le budget participatif, c’est blablabla ?
Madame LINKENHELD - La démocratie, c’est blablabla ?
Monsieur AL DANDACHI (hors micro) - J’ai cité une adolescente.
Madame le Maire - Oui, on sait qui c’est, on a compris, on l’a lu aussi, mais on
ne voyait pas le lien ; c’était juste pour vous demander si vous faisiez un lien avec le
budget participatif.
Monsieur AL DANDACHI - Pour moi, le lien est tout à fait évident : ce qui se
passe au budget participatif doit se distiller dans l’ensemble des délégations de notre Ville
et ce n’est pas le cas, et votre collègue ancien collègue Jérémie CRÉPEL vous a montré
la voie.
(Réactions sur les bancs du groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire)
Madame le Maire - Ah oui, certainement ! C’est tellement travaillé !
Bernard CHARLES.
Monsieur CHARLES - Madame le Maire, mes chers collègues,
J’ai écouté avec attention ce que disait Sébastien DUHEM, j’ai lu attentivement
le règlement intérieur et le sentiment que cela me donne, et je le dis, est qu’il y a
manifestement eu une écoute attentive, une évaluation assez précise de la pratique des
deux premières éditions, et quand je vois la question des neuf ans, quand je vois la
question des 500 k€ dans les 2 M€, je trouve que cela va particulièrement dans le bon
sens.
Une petite remarque sur la question des neuf ans : si les jeunes, dès neuf ans,
sont capables – et je le pense, nous le pensons, vous le pensez – d’être dans un jury du
budget participatif, je rappelle notre proposition qui concernait le droit de pétition qui était
de permettre que le droit de pétition puisse aussi être ouvert aux jeunes, et donc je pense
que peut-être demain, il y aura une cohérence entre cette participation au jury et la
possibilité de participer à ce droit de pétition.
Monsieur DUHEM (hors micro) - Quand la loi le permettra.
80
Monsieur CHARLES - Je continue, mais on peut faire un dialogue…
Monsieur DUHEM (hors micro) - Oui, pardon.
Monsieur CHARLES - C’est le premier point que je voulais évoquer.
Je me retrouve globalement dans ce que vient de dire le précédent orateur, pas
sur les conclusions, pas sur un certain nombre d’aspects, mais globalement sur la
question du budget, sur la question du bilan et sur la question d’une encore plus grande
dynamique. J’ai eu le plaisir de participer, samedi dernier, sous la pluie, à l’inauguration
du Jardin de la Paresse et de la place Casquette ; on sait que ce sont de beaux projets,
de beaux résultats, mais au moins pour la place Casquette, on sait que le temps était
extrêmement long pour obtenir… donc quand on pose la question de la dynamique, pour
donner crédit et envie de participer, il est important que les résultats soient aussi très vite
tangibles.
Il me semble également important que cette pratique, qui porte sur 2 M€, la
question de l’augmentation du budget, mais aussi comment cette pratique de co-
construction d’association très fine de nos concitoyens aux politiques municipales – et là,
je n’oppose pas les élus que nous sommes et les citoyens –, comment cette pratique de
concertation sur laquelle Faire Respirer Lille en faisait un des marqueurs de ses
propositions, et manifestement, les campagnes servent aussi à cela, vos réflexions, nos
réflexions, les réflexions de notre groupe d’Opposition, les choses avancent, je pense qu’il
est important aussi que dans des projets de plus grande dimension, la concertation,
l’expertise d’usage, l’expertise des habitants puissent effectivement être mises en œuvre.
J’ai regardé la très belle brochure… Petite remarque : la délibération se termine
par le fait qu’il est « demandé au Conseil Municipal de décider la mise en œuvre de la
troisième édition du budget », je sais bien que nos délibérations sont très formelles, tout
est indiqué dedans, correspondant au règlement et à la délibération, il est peut-être
bizarre d’avoir ce type de document déjà édité.
Mais j’en viens sur un point précis, et je termine là-dessus : celui des box et
parkings vélos. Le budget participatif avait permis, et tant mieux, d’aménager 50 box, la
Ville en prévoit aussi 50 autres, très bien, même si c’est insuffisant ; cela progresse, mais
on a des besoins largement supérieurs pour répondre à la demande des citoyens, parce
qu’il y a des délais d’attente très forts, cela ne garantit pas d’avoir une place dans un abri,
c’est une demande depuis très longtemps de la part des habitants qui ne peuvent pas
mettre le vélo chez eux, et une égalité de traitement. La question est de savoir finalement
qui s’en occupe, parce que nous pointons là une petite difficulté. Nos conseillers de
quartier nous ont dit avoir entendu un certain nombre d’adjoints ou de conseillers
métropolitains lillois intervenir dans ces conseils de quartier, où ils indiquaient que la
volonté de la Ville était de transmettre la gestion de ces abris à la Métropole Européenne
de Lille. Or, le Conseil métropolitain a voté à l’unanimité, et donc avec la voix de
l’ensemble des élus lillois qui sont au Conseil métropolitain, une délibération sur la
stratégie cyclable de la MEL qui stipule, concernant le déploiement des solutions de
81
stationnement vélo résidentiel dans l’espace public, « les Communes, au plus près des
habitants, sont compétentes dans le déploiement d’abris vélos et de box à vélos et dans
l’organisation de ce déploiement (concertation, gestion des demandes, entretien) ».
Dès lors, il nous semble important, y compris sur la question du suivi et de
l’engagement par rapport à ces projets de budget participatif, et c’est un exemple concret,
de savoir, sur la gestion de ces box, comment la Commune compte mettre en œuvre la
délibération métropolitaine que ses élus ont votée.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Juste un mot avant de laisser la parole à Sébastien DUHEM.
D’abord, remercier Bernard CHARLES pour son intervention.
Je voudrais dire juste à Maroin AL DANDACHI qu’on sort le troisième budget
participatif ; les deux premiers, comme vous l’avez vu, ont eu lieu alors qu’on a été,
pendant un an et demi, bloqué sur beaucoup de choses. Je trouve déjà qu’on ait réussi à
mettre en place 21 projets en entier, dont 5 couvraient toute la ville, dont celui sur les box
et parkings ou sur les poubelles à mégots dont vient de parler Bernard CHARLES ; les
autres sont en cours de réalisation. Vous savez aussi que certains sont un peu en panne,
même si on les pousse, parce que les porteurs de projet n’ont pas suffisamment avancé.
Toutefois, je pense réellement que pour des premières années avec le Covid au milieu,
nous sommes allés relativement vite.
Je voudrais juste répondre, et je laisserai Sébastien faire le reste, sur les
conseillers de quartiers politiques. Vous venez de dire à juste titre qu’il fallait donner la
parole aux Lillois. Vous savez que nous y sommes strictement tenus, et vos collègues qui
étaient dans la Majorité le savent, les élus n’ont jamais regardé les projets avant qu’ils
soient retenus par le jury pour être mis au vote, après un travail fait par les services ; nous
n’avons jamais regardé les projets avant. Nous pensons aussi, de la même manière, qu’il
faut laisser nos conseillers de quartiers politiques de côté, parce que nous voulons que
ce soit la population, que ce soit une démocratie directe et non pas une démocratie
représentative, et nous ne voulons pas, par un autre biais, rentrer dans une prise de
position, parce que je pense que cela altérerait un peu ce qui a été fait jusqu’à présent et
qui n’a pas si mal marché, parce que, dans le fond, le fait que l’on ne s’en soit pas mêlé,
qu’ensuite, les Lillois aient décidé d’eux-mêmes, a été quand même, je pense, un vrai
plus et une vraie démocratie participative à côté de la démocratie représentative.
Contrairement à vous, je pense que la démocratie représentative a quand même
un sens, parce que, dans le fond, si on défend des valeurs, si on défend un projet, si on
est élu, à côté d’une plus grande démocratie participative et d’outils donnés aux citoyens,
il est quand même bon qu’une ligne soit tracée, que des projets soient proposés et
réalisés ensuite.
Pouvoir laisser penser que demain, 40 % ou 50 % du budget de la Ville serait
choisi directement par les citoyens, les citoyens les choisissent quand ils votent pour un
82
projet lors des élections ; il y a une cohérence d’un projet, ce ne sont pas seulement des
petits projets ou des grands projets mis les uns à côté des autres.
Enfin, sur l’espace public, ce n’est pas qu’on est contre l’espace public, mais les
gens n’avaient pas compris pour beaucoup que l’espace public, pour beaucoup de
décisions, relevait de la MEL et que nous proposer des projets sur des voies vélo ou sur
de la voirie… C’est cela qu’on veut dire. En revanche, les jardins relèvent de nous ; les
Lillois ont voté pour les jardins, on les a faits. C’est simplement pour dire clairement aux
gens de ne pas nous proposer un aménagement de voirie qui relève de la MEL. Ce n’est
pas du tout qu’on ne veut pas que l’on traite, par exemple, des jardins, bien au contraire,
ou de la végétalisation ou autres.
Je laisse Sébastien répondre aux autres questions.
Monsieur DUHEM - Pour Lille Verte comme Faire Respirer Lille, je préfère retenir
les aspects positifs plutôt que les débats… Surtout sur une délibération participative en
direction des citoyens, avoir des débats politiques et basculer, je pense, dans des
considérations parfois limites, je n’ai vraiment pas envie de rentrer dans un tel débat avec
vous.
En revanche, sur la question du budget, c’est la course à l’échalote, on peut dire
qu’on veut mettre 2 M €, 4 M €, 6 M €. Dans la réalité, nous nous sommes même posé la
question : sommes-nous en capacité de maintenir un budget participatif une fois par an ?
Nous tenons ce pari, et je pense qu’un certain nombre d’entre vous, y compris qui étaient
dans la Majorité antérieurement, savent le délai que cela prend pour mettre en œuvre un
projet quel qu’il soit. Entre le moment où il est choisi et le moment où il est mis en place,
y compris avec les services, il se passe entre 12 et 18 mois, hors crise sanitaire, Jacques
pourrait en attester, y compris sur les projets d’aménagement. Nous faisons donc un pari
ambitieux déjà. Ce n’est pas une question d’enveloppe budgétaire.
Nous avons échangé, notamment avec Audrey, à la Métropole, sur la question de
la participation citoyenne avec Hélène MOENECLAEY qui nous demandait ce dont nous
avons le plus besoin, nous, Ville de Lille, dans le partenariat avec la MEL. Nous avons
besoin de l’ingénierie qui nous accompagne. D’ailleurs, c’est pour cela qu’au prochain
Conseil métropolitain, des délibérations vont passer en ce sens. Ce n’est pas une
question d’enveloppe budgétaire mais une question d’ingénierie et de capacité à mettre
en œuvre, parce que, vous le disiez, il n’y a rien de pire que des citoyens déçus parce
que le projet n’a pas abouti. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons appris des éditions
précédentes en souhaitant que la Ville soit maître d’œuvre du début à la fin avec une
gestion à 100 % et un financement à 100 %, pour ne pas mettre à défaut y compris un
porteur qui penserait que telle ou telle autre collectivité financerait et, au final, elle ne
finance pas, parce que nous avons également été confrontés dans les budgets
participatifs 1 et 2 à ce cas de figure.
Pour répondre aussi à Bernard sur la plaquette, je le rassure, elle est destinée à
répondre à la demande qui a été faite par Lille Verte en Commission ; je pensais que
c’était sur le budget participatif que vous souhaitiez un bilan et pas sur les ateliers ; on y
83
reviendra, il n’y a pas de sujet. Cependant, je rassure Bernard, elle n’est pas encore à
destination du grand public, elle était à destination des élus ici et des conseillers de
quartier parce qu’ils assistaient au Conseil Municipal et que cela permettait, en attendant
notre intervention, de lire l’ensemble des informations. D’ailleurs, je remercie la Direction
de la communication pour cet outil parce qu’en effet je le trouve bien structuré ; on se
disait avec Charlotte que les collégiens, les écoliers, pourront se l’approprier dès ces
prochaines semaines et qu’on fera une communication très large là-dessus.
En termes de communication et de suivi, on va développer la plateforme – je vous
l’ai dit –, on y a travaillé ces dernières semaines et ces derniers mois. C’est pour cela
qu’on est prêt, dès la semaine prochaine, à envoyer l’appel à candidatures en direction
des jurys citoyens ; l’ensemble des instances participatives en sera aussi destinataire.
Sur les box, si Jacques veut compléter… C’est quand même un dispositif qui a
été mis en place et choisi par les citoyens, qu’on a développé en très peu de temps,
victime de son succès, et même si cela reste une compétence municipale, il faut rappeler
qu’il y a aussi des prestataires qui font des box beaucoup plus grands, qui permettent
aussi de mettre leur vélo. De la même manière, les bailleurs pourraient également créer
des box d’autres tailles, avec le même type de dispositif ; pourquoi pas, ce sont des pistes
que nous pourrions avoir avec les bailleurs pour leurs locataires.
En tout cas, c’est un beau dispositif qui a réussi, pas simple non plus à mettre en
œuvre sur le terrain.
Madame le Maire - En attendant, aujourd’hui, pour répondre précisément à la
question de Bernard CHARLES, nous gardons l’entretien et la maintenance. En revanche,
nous serions ravis que, comme tu le dis, des bailleurs ou des promoteurs installent et
entretiennent sur leurs propriétés des box à vélo.
Madame RODES - Il existe des subventions municipales pour les inciter à créer
ces locaux.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je propose que l’on mette d’abord aux voix le budget participatif, cette délibération
482.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je vous remercie.
Je passe la parole à Vanessa DUHAMEL pour la délibération 483 sur les
conseillers de quartier.
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CONSEILS DE QUARTIER
21/483 Conseils de quartier – Désignation des conseillers de quartier.
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues,
Avant de remplacer les conseillers démissionnaires, rendons hommage à celles
et ceux qui demeurent motivés, envers et contre tout et surtout contre certains et
certaines… J’accompagnais ainsi aujourd’hui même Benoît HIVON, conseiller de quartier
à Fives, convoqué par vos soins par Monsieur le Délégué du Procureur, non pour avoir
« dealé », « rodéisé », agressé, exercé le proxénétisme, mais pour avoir – je cite –
« utilisé une marque collective ou une marque collective de certification en violation des
droits conférés par son enregistrement », en l’espèce avoir utilisé le logo « Ville de Lille »,
en vue, rappelons-le, de faire planter deux arbres devant l’église de Fives, au point que
Monsieur l’Adjoint délégué DUHEM s’en époumonait d’indignation aussi feinte que
théâtrale.
Hommage soit également rendu à Monsieur Thomas SANCHEZ, suppléant de
Benoît HIVON, que de sa mâle et virile autorité, le décidément polyphonique Monsieur
DUHEM a éconduit une heure avant le conseil de quartier du 29 septembre dernier,
probablement parce que Monsieur HIVON, l’informant de ce que Monsieur SANCHEZ
exercerait provisoirement sa suppléance en raison d’un retard prévisible, avait omis de le
lui faire signifier par exploit d’huissier.
Il faut assurément, Madame le Maire, bien du courage et du dévouement pour
persévérer dans de telles bénévoles fonctions, alors même qu’on y est condamné à un
anonymat contraint. Il vous en souvient peut-être, j’avais, le 29 juin dernier, attiré votre
attention sur le refus de certains adjoints délégués aux quartiers de nommer les
intervenants dans les comptes-rendus de réunion. Vous aviez bien voulu vous y montrer
attentive, et je vous en remercie, mais c’était sans compter sur Madame MORELL-
SAMPOL, qui s’est jointe à Monsieur DUHEM dans une héroïque résistance à vos
consignes… La roche tarpéienne, on le sait, est proche du Capitole.
Il me semble, par ailleurs, qu’il serait intéressant d’envisager une enquête de
satisfaction anonyme auprès des conseillers de quartier, en incluant ceux d’entre eux qui
ont cessé leurs fonctions, afin de mesurer l’évolution de leur motivation au fil du temps,
des réalisations, ou, a contrario, des rebuffades, lesquelles ne sont pas rares.
Qu’auraient-ils pensé, par exemple, en apprenant par voie de presse que s’ils utilisaient
le logo de la Ville en leur qualité de conseillers de quartier, un dépôt de plainte serait
aussitôt effectué ? On a connu plus motivant, plus flatteur, plus intégrateur également.
Il serait aussi opportun de nous informer de l’étape de la refonte du règlement
intérieur des conseils, mais aussi d’associer les suppléants, en les rendant destinataires
des informations communiquées aux titulaires, ce qui est, par exemple, fait sans difficulté
aucune au Comité d’éthique et de transparence, au sein duquel j’ai l’honneur de suppléer
mon collègue Bernard CHARLES en sa qualité de représentant de notre groupe Faire
Respirer Lille.
85
Qu’une telle commission existe, c’est heureux. Qu’elle inspire, ce serait, en la
matière, tout à fait judicieux.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur DUHEM.
Monsieur DUHEM - Ah là là… Concernant vos comptes rendus aux suppléants
et ordres du jour, je ne comprends pas bien votre question, Madame DUHAMEL, parce
que normalement, dans le règlement intérieur, c’est le cas. J’ai l’habitude de ne pas
respecter les règles, vous le savez, Monsieur HIVON le dit, mais en tout cas, dans
l’ensemble des neuf autres quartiers, logiquement, c’est fait, et même dans le mien, c’est
fait, pour vous dire. En tout cas, si ce n’est pas le cas quelque part, nous corrigerons cela,
je vous le garantis, il n’y a vraiment pas de sujet là-dessus. Normalement, les suppléants
sont destinataires au même titre que les titulaires.
Sur des roulements, en fin de compte, parce que vos conseillers de quartier, en
particulier deux, font des roulements : « Je viens de telle heure à telle heure, et après,
c’est untel qui vient de telle heure à telle heure », eh bien non, un conseil de quartier ne
fonctionne pas comme cela, d’autant plus que quand on envoie l’ordre du jour, on
demande en amont si c’est le titulaire ou si c’est le suppléant qui vient, et je pense qu’un
minimum de respect est de s’organiser comme tel, parce qu’imaginez, de la même
manière, le groupe majoritaire, qui dispose de trois postes, fait des roulements : « Je viens
de telle heure à telle heure », cela perturbe un conseil de quartier. Je vous demande juste,
par respect, parce qu’il y a un ordre du jour, un déroulement… En plus, puisque vous
envoyez des pages et des pages et que l’on vous répond pendant une heure et demie à
deux heures parfois, ayez au moins le respect de choisir si c’est le titulaire ou le suppléant
qui vient ; c’est tout ce qui peut être demandé.
Pour le reste, des procédures qui peuvent être en cours ou pas, vous savez, on
m’a appris à respecter les règles ; je ne vais pas utiliser le logo de « Libération » si je ne
suis pas journaliste à « Libération ». Je pense que les journalistes n’apprécieraient pas
que je mette le logo de « La Voix du Nord » et que je fasse un article en disant que je suis
journaliste de « La Voix du Nord ». On ne peut pas non plus aller rencontrer des Lillois et
leur dire : « Je suis la Ville de Lille, je porte tel projet » ; non, cela se choisit
antérieurement, cela s’appelle des « ateliers de quartier ». Justement, il y a un règlement
intérieur dans un conseil de quartier, il y a des ateliers de quartier, des labos qui sont mis
en œuvre par les différents présidents de quartier, des échanges sont pratiqués, des choix
collectifs sont entérinés. Un conseil de quartier, c’est comme un Conseil Municipal : on
vote. Si la majorité est pour, elle est pour ; si elle est contre, elle est contre. On ne peut
pas s’affranchir des règles et aller voir des personnes en disant : « La Ville a décidé de
faire un projet ; êtes-vous d’accord ? » C’est toute la limite de l’exercice ; après, chacun
assume ses responsabilités là où elles sont. Je n’usurpe pas des logos aux uns et aux
autres ; après, ce n’est pas nous qui décidons, ce sont les procédures.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Monsieur DUHEM.
86
Je mets au vote la délibération 483 sur les conseils de quartier.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je vous remercie.
Je passe maintenant la parole à Martin DAVID-BROCHEN.
Chemise 21
EMPLOI Rapporteur : Martin DAVID-BROCHEN
Adjoint au Maire
21/500 Candidature de Lille à la deuxième phase d’expérimentation « Territoires
zéro chômeur de longue durée » – Quartier de Lilles-Fives.
(Projection de diapositives)
Monsieur DAVID-BROCHEN - Merci Madame le Maire, merci mes chers
collègues.
Une délibération importante puisque je vous propose d’acter et de préciser les
contours et la dynamique de candidature du territoire de Lille-Fives autour de la deuxième
expérimentation « Zéro chômeur », ou en tout cas son extension à des nouveaux
territoires sur le territoire français.
Délibération importante parce que « Territoires zéro chômeur de longue durée »
s’inscrit dans la lignée des innovations économiques et sociales portées et animées par
celles et ceux qui ne se résignent pas face au chômage, et notamment au chômage de
longue durée, personnes dont, évidemment, Madame le Maire, vous faites partie ; inutile
de rappeler ici votre action, que ce soient les emplois jeunes, la réduction du temps de
travail, le rôle important que vous avez joué avec Pierre de SAINTIGNON dans le
développement de l’insertion par l’activité économique ou encore le côté précurseur de la
mobilisation des entreprises dans cette bataille contre le chômage, et ce n’est d’ailleurs
pas un hasard si le fonds national de « Territoires zéro chômeur » est présidé par Louis
GALLOIS, grand chef d’entreprise, qui a été également un acteur social engagé,
notamment auprès de la fédé des acteurs de la solidarité, car l’objectif de cette
dynamique, qui est plus qu’un dispositif, est bien de faire du droit à l’emploi et au travail
une réalité.
C’est évidemment un droit inscrit dans notre Constitution, les premiers textes
l’évoquent autour de la révolution de 1848, autour de Louis BLANC et de l’expérience un
peu malheureuse des ateliers nationaux ; ce n’est évidemment pas le retour des ateliers
87
nationaux que je vous propose, mais en tout cas, c’est bien de cette lignée dont il est
question aujourd’hui.
L’expérimentation se base sur quelques principes clefs :
- la première conviction est que personne n’est inemployable ;
- la deuxième conviction est que ce n’est pas le travail qui manque, mais les
emplois ; nombre de travaux utiles ne sont pas réalisés aujourd’hui dans
notre pays parce qu’ils ne sont pas assez rentables ;
- le troisième principe est que ce n’est pas l’argent qui manque, puisque la
privation d’emploi coûte plus cher que d’activer les dépenses pour salarier
les gens.
La philosophie de « Territoires zéro chômeur » est un territoire qui se mobilise par
ses habitants qui décident de travailler ensemble et de dire « non » au chômage de longue
durée sur leur territoire ; c’est donc bien le territoire de Fives – que vous voyez ici identifié
–, cher Sébastien DUHEM, qui s’est mobilisé, par des acteurs associatifs d’abord, puis
habitants ensuite, et porte cette dynamique avec nous. Ce collectif d’habitants identifie
les travaux utiles non réalisés sur le quartier et c’est pour cela – mais j’y reviendrai – qu’il
y a eu beaucoup de questionnaires et de dynamiques à destination des habitants, pour
savoir ce qu’il manquait dans leur quartier afin de mieux vivre sur Fives. C’est enfin une
dynamique qui débouche sur la création d’une entreprise qui visera à créer un nombre
important d’emplois utiles en contrat à durée indéterminée.
Quelques mots sur les caractéristiques des habitants du territoire. On est sur un
quartier total estimé de 10 700 habitants, avec plus de 60 % du territoire de Fives classé
en Politique de la Ville. On voit bien que parmi les demandeurs d’emploi que l’on mobilise
– vous verrez ensuite les quelques catégories –, on ne s’attaque qu’à ce que certains
appellent le « noyau dur du chômage », c’est-à-dire des gens qui sont privés d’emploi
depuis plusieurs années.
Depuis 2018, la mobilisation du public est effectuée via la Maison de l’Emploi, qui
mobilise un animateur. Vous avez ici les habitants qui portent ce projet ; j’y tiens, c’est un
projet, certes, que la Ville soutient, mais que les habitants portent eux-mêmes et ils seront
la condition de réussite de ce projet. Plus de 45 personnes sont mobilisées depuis le
début sur ce projet, y compris en enjambant ou en continuant le lien pendant la période
Covid, ce qui, vous l’imaginez, n’a pas été simple. Rien que le fait de changer de regard
sur ces personnes et d’inverser la dynamique, c’est-à-dire de ne plus aller les voir en leur
disant : « Tiens, voilà une offre ; est-ce que tu peux répondre ? » mais « Viens construire
ensemble un projet », de changer de regard et de posture avec les publics accompagnés,
ils ont trouvé, pour un certain nombre d’entre eux (plus d’une dizaine), des sorties en
emploi, en formation, et d’autres sont accompagnés par le PLIE, par exemple. Plus de
40 collectifs animés ; on voit bien qu’on est sur une vraie dynamique territoriale.
Pour vous donner une idée aussi du challenge qu’a représenté la mobilisation de
ces habitants et de les embarquer dans une telle aventure, qui n’a rien de certain,
puisqu’on n’était pas sûr, d’abord, d’avoir la loi d’expérimentation, ensuite, que notre
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candidature sera retenue, et on voit bien qu’on est sur des publics ou des habitants qui
sont privés d’emploi depuis plus de sept ans en moyenne, on se représente bien ce que
cela comporte et influe.
Dans la mobilisation, il y a évidemment eu des événements importants,
notamment en utilisant la Cuisine Commune et l’Avant-goût. Donc des événements co-
organisés avec les volontaires, qui permettaient de sensibiliser et toujours d’amener des
solutions d’emploi aux habitants. Vous avez des photos d’événements en juillet 2020,
octobre 2020. Malgré la crise, nous avons avancé.
Je souhaitais insister et revenir rapidement sur la visite de Patrick VALENTIN,
vice-président de l’association nationale « Territoires zéro chômeur », qui est venu et que
nous avons accueilli chaleureusement avec Sébastien DUHEM cette semaine à Fives,
pour visiter, d’abord, les locaux que nous envisageons pour accueillir les activités, ce qui
a été extrêmement apprécié et sera valorisé dans le dossier de candidature, affirmer la
stratégie globale du territoire, c’est-à-dire qu’on n’y arrivera pas seuls, l’entreprise à but
d’emploi sera une des clefs moteur de la réussite, mais on ne s’en sortira pas sans les
chantiers d’insertion, sans les associations, sans les opportunités économiques et sans
les activités qui seront créées par le projet de Fives Cail. Nous avons vraiment marqué
des points cette semaine et je tenais à le signaler.
On a également – et c’est un élément que je voulais vous présenter ce soir –
avancé… Quand je dis « on », ce sont les volontaires qui ont préfiguré, et même démarré
pour certaines, des activités, et vous verrez que nous sommes bien dans le
développement soutenable du territoire, puisque la première thématique en lien avec les
acteurs du territoire est le réemploi et le recyclage, car avec des partenariats établis avec
des acteurs comme Les jantes du Nord, La Bouquinerie du Sart – qui est un chantier
d’insertion –, Les Alchimistes du Nord – que vous connaissez –, la future Recyclerie du
Sport, l’ACI Capharnaüm, etc., on a une vraie volonté de créer des ambassadeurs du
réemploi et du recyclage, cher Julien PILETTE, sur ce territoire, qui participera du
développement soutenable et de la transition écologique de notre territoire.
Une autre activité envisagée pour cette entreprise à but d’emploi est l’épicerie
sociale et solidaire. Nous avons noué un partenariat avec l’ANDES (Association nationale
des épiceries solidaires), qui nous accompagne dans ce projet et qui est chargée,
notamment en lien avec le Gouvernement, de déployer de nouvelles épiceries sur le
territoire, dont, j’espère, une à Fives.
C’est ensuite un projet de mobilité douce, pour travailler notamment autour du
dernier kilomètre et le désengorgement des voies urbaines.
Ensuite, et c’est la dernière, une activité qui avait déjà démarré sur le maraîchage
urbain, en partenariat notamment avec l’association Lilotopia que, par ailleurs, je vous
propose de soutenir dans une autre délibération présentée à ce Conseil, puisque c’est
évidemment un acteur important de Fives Cail.
89
On voit bien ici, dans le champ des activités proposées, que nous sommes au
cœur de l’économie de proximité, au cœur des emplois utiles, non concurrentiels, qui
permettront à de nombreux Lillois, et donc de nombreux Fivois, d’être embauchés année
après année, à plus d’une trentaine d’emplois par an, pour viser l’exhaustivité de la
résorption du chômage de longue durée sur quelques années, puisque c’est le projet
ambitieux que nous nous fixons et que je vous propose de soutenir ce soir, avant le dépôt
officiel de notre candidature dans les semaines qui viennent.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup pour la présentation de ce beau projet.
Je passe la parole à Maël GUIZIOU.
Monsieur GUIZIOU - Madame le Maire, mes chers collègues,
Le 6 octobre 2017, Christiane BOUCHART, pour le groupe Écologiste, soutenait
l’impulsion d’un territoire zéro chômeur par ces mots : « Le projet territoire zéro chômeur
inverse les mécanismes classiques des entreprises en mettant au cœur de l’entreprise à
but d’emploi créé par ce projet la capacité des gens à apporter leurs compétences. Le fait
de créer avec les demandeurs d’emploi de nouveaux services en général innovants et
collectifs, donc de l’ESS, non seulement améliore la situation des personnes mais
également la vie sur les territoires ».
Quatre ans plus tard, notre avis n’a évidemment pas changé, nous soutenons
toujours cette candidature.
Nous avons bien noté le territoire choisi, qui nous apparaît plutôt cohérent avec
les dynamiques sociales du quartier de Fives.
Cependant, du fait de la concurrence pour faire partie des 50 territoires retenus
qui induit une forme de secret des affaires, nous n’avons que peu d’informations sur le
projet en lui-même, même si, ce soir, nous en avons eu un peu plus avec ce diaporama,
plus précis que la délibération.
Le caractère sibyllin de cette délibération nous laisse sur notre faim sur le modèle
économique et sur la gouvernance. Nous serons attentifs à ce que cette gouvernance
reste bien horizontale et que toutes les organisations aient leur place. Les territoires zéro
chômeurs sont basés sur une philosophie de l’émancipation par les habitants pour les
habitants et doivent rester dans cette logique, sans tomber dans le piège de l’imposition
verticale par la collectivité.
Concernant le volet économique, la difficulté réside dans la création d’une activité
ne concurrençant pas des activités rentables existant sur le territoire tout en essayant de
devenir solvable.
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Enfin, comme nous avons pu échanger en Commission, nous espérons que ce
projet saura privilégier la coopération avec le projet de TZC Monsois plutôt que la
concurrence. Nous pouvons d’ailleurs regretter que le nombre de territoires retenus pour
cette deuxième phase d’expérimentation soit limité, ce que la sénatrice écologiste
Raymonde PONCET a pointé en Commission des affaires sociales au Sénat. Cette
limitation induit des phénomènes de concurrence entre territoires bien dommageables
pour un dispositif dont les premières évaluations tirent un bilan très positif.
Nous espérons donc le plus grand succès à cette candidature et voterons bien
évidemment cette délibération.
Je vous remercie.
Monsieur DAVID-BROCHEN - Merci de ce soutien exigeant, mais soutien quand
même, donc je prends. Soyez rassurés sur l’animation locale et le comité local, dont on
est en train de réfléchir à la structuration ; ni les habitants volontaires depuis plusieurs
années ni les partenaires ne laisseraient passer ce que vous semblez craindre : une
espèce de prise en main ou de volonté de recentralisme auprès de la Mairie de Lille. Ce
n’est pas notre volonté, parce que mon souhait est que l’expérimentation marche, et pour
que cela fonctionne, il faut que tout le monde soit dans le même bateau, donc n’ayez
crainte là-dessus, et puis on ne va pas jouer à savoir qui a porté en premier le projet, tout
le monde s’accorde à dire qu’il est à l’initiative d’ATD Quart-Monde, qu’ensuite, il a été
porté par, notamment, Laurent GRANDGUILLAUME, qui n’est pas vraiment de votre
famille politique à l’Assemblée nationale, et qu’ici, c’est Audrey LINKENHELD en tant que
Députée qui a voté ce texte à l’Assemblée nationale. Les propos que vous citiez de
Christiane BOUCHART, c’était une délibération que je portais à l’époque avec Pierre
de SAINTIGNON ; il fallait que cela soit dit.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je mets cette belle délibération au vote.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je vous remercie.
Je passe maintenant la parole à Joe DABIT sur la 21/507 : équipements de
protection et vêtements de travail de nos agents.
RESSOURCES HUMAINES
21/507 Personnel municipal – Équipements de Protection Individuelle et
vêtements de travail – Vêtements de représentation et d’image – Mise à
jour des listes des attributions par métiers.
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Madame DABIT - Madame le Maire, mes chers collègues,
Vous nous présentez ce soir une délibération visant la mise à jour des listes
d’attribution d’équipements de protection individuelle et vêtements de travail.
Tout d’abord, nous porterons une attention toute particulière au fait que ces
achats s’ancrent dans des objectifs de transition écologique : fabrication avec des
produits respectueux de l’environnement et de la santé des agents qui porteront ces
équipements, fabrication la plus locale et fabrication qui respecte les droits de travailleurs
et les droits humains.
Cela étant dit, rappelons donc que cette liste est passée devant le Comité
d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail pas plus tard qu’hier. Ce soir, nous
souhaitons exprimer notre inquiétude au vu du nombre d’abstentions exprimées hier
même au CHSCT : trois syndicats sur quatre se sont abstenus.
Inquiétude, parce qu’il est question d’équipements de protection, et donc de
sécurité des agents et de prévention des accidents de travail.
Inquiétude, parce qu’il est question de vêtements de travail, et donc de bien être
quotidien des agents et agentes.
Que trois syndicats s’abstiennent sur un sujet aussi important pour celles et ceux
qui font fonctionner notre collectivité nous pose très sérieusement question, et en même
temps, pour tout vous dire, nous ne sommes pas étonnés. Vous envoyez seulement deux
semaines avant le Conseil cette liste, faites un CHSCT la veille du Conseil durant lequel
vous présentez la liste déjà sous forme de délibération. Comment les syndicats peuvent-
ils vous faire remonter leurs remarques, et donc celles des agents, et que vous les
intégriez alors que cette liste passe en Conseil 24 heures plus tard ?
À quoi sert que le CHSCT donne son avis finalement, si, de toute façon, vous ne
prenez pas le temps d’intégrer les suggestions qui y sont faites ? Cela revient donc à vous
demander : à quoi sert le CHSCT ?
Alors, vous nous direz : nous devons renouveler les marchés au plus vite.
Mais, Madame le Maire, on parle de sécurité des agents ici ; il est question de ne
pas mettre sa vie en danger lorsque l’on va travailler, parce que les équipements de travail
ont été mis à jour trop rapidement.
Le temps nécessaire aurait dû être pris pour que cette liste se fasse réellement
avec les agents et agentes, qui sont directement concernés.
La méthode de coconstruction, de concertation n’est pas la meilleure ; pire, elle
devient même dangereuse. C’est pour cela que nous choisissons de nous abstenir sur
cette délibération.
92
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur DAVID-BROCHEN.
Monsieur DAVID-BROCHEN - Je l’avais dit à l’occasion d’autres sujets sur des
délibérations. Je pense que, pour que la démocratie et nos instances fonctionnent bien,
que les corps intermédiaires jouent leur rôle là où ils sont et que le pouvoir politique de
manière représentative soit à sa place, il faut éviter d’instrumentaliser ou en tout cas de
faire parler les uns et les autres dans des instances qui ne sont pas les leurs.
Vous tirez vous-même des conclusions sur le sens des abstentions sans avoir, il
me semble, siégé dans l’instance et, par conséquent, le compte rendu que vous faites ici
de cette instance auprès de nos collègues qui n’y sont pas est partiel. Vous auriez
notamment pu dire qu’un des syndicats s’est abstenu parce qu’il voulait être sûr que, sur
les marchés que l’on va passer – question que vous avez d’ailleurs relayée en commission
–, on intègre les questions d’environnement et d’achats responsables. Je me suis
évidemment engagé à le faire. C’est d’ailleurs l’occasion de dire que, sur les marchés qui
seront renouvelés en 2022, l’équipe de la commande publique, notamment ceux qui
travaillent sur le schéma des achats responsables, le fameux SPASER que vous
connaissez bien, est déjà au travail là-dessus pour intégrer un certain nombre de clauses.
Cela étant, je ne peux pas vous dire que, aujourd’hui, 100 % des EPI que l’on va acheter
sont produits made in France, je n’en sais rien. Du coup, le syndicat s’abstient. Est-ce que
je dois prendre cela pour une défiance envers la liste des EPI ou considérer que je mets
en danger la sécurité et la santé des agents de cette ville ? Je ne le crois pas.
Laissons donc le dialogue se faire et les décisions se prendre là où elles doivent
l’être. En l’occurrence, c’est la nôtre ici.
Evidemment, adopter une liste d’EPI ici n’est en rien définitif pour les années qui
viennent. La vie des services évolue, les risques évoluent et les choses pourront ainsi
être mises à jour dans nos documents sans aucun souci. Soyez rassurée sur cet aspect.
Madame le Maire - C’est de toute façon une règle générale que nous avons
d’avoir des achats responsables, à la fois sur le plan des conditions de travail de ceux qui
les produisent, mais aussi sur le plan durable.
Merci à Martin DAVID-BROCHEN.
Je mets aux voix la délibération 507 et les autres délibérations de Martin DAVID-
BROCHEN, autres que la 500 qui a déjà été votée.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
93
ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE
21/501 Economie sociale et solidaire - Subvention à l'association Lilotopia.
21/502 Economie Sociale et Solidaire - Subvention à l'association la Malterie.
21/503 Economie Sociale et Solidaire - Subvention à la SCIC Filage.
21/504 Economie Sociale et Solidaire - Subvention à l'association Coorace
Hauts-de-France.
Adoptées.
RESSOURCES HUMAINES
21/505 Octroi de remises gracieuses suite à l'émission de titres de recettes.
21/506 Personnel municipal - Convention avec le Centre de Gestion du Nord
pour une mission de conseil en organisation.
21/508 Création de 13 postes dans le cadre du dispositif parcours emploi
compétences (P.E.C.).
21/509 Mise à jour du Tableau des Emplois de la Ville de Lille et de ses
Communes associées de Lomme et d'Hellemmes.
21/510 Pourvoi possible de postes permanents par des agent.e.s contractuel.le.s
de droit public en cas d'absence de candidature titulaire adaptée.
21/511 Modalités de compensation des travaux effectués à l'occasion d'une
consultation électorale.
Adoptées.
21/512 Mise à disposition auprès du Centre Communal d'Action Sociale de Lille
d'un cadre sur les fonctions de Directeur.
Le Conseil Municipal prend acte.
21/513 Mise à disposition d'une agente de la Ville de Lille au Comité des Œuvres
Sociales (COS) du personnel de la Ville de Lille et d'Hellemmes, du Centre
Communal d'Action Sociale de Lille et d'Hellemmes, et du Crédit
Municipal de Lille.
Le Conseil Municipal prend acte.
Merci.
94
Je passe la parole à Arnaud TAISNE, sur le Conseil de la nuit.
Chemise 19
CONSEIL LILLOIS DE LA NUIT Rapporteur : Arnaud TAISNE
Adjoint au Maire
21/494 Conseil lillois de la nuit - Création – Composition.
Monsieur TAISNE - Madame le Maire, chers collègues,
Cette délibération propose la création d’un Conseil de la nuit lillois dans un
contexte qui est extrêmement compliqué. C’est un engagement fort de notre programme
que nous vous proposons donc de concrétiser ce soir.
Comme l’a dit Madame le Maire, la situation actuelle est particulièrement tendue
et la vie nocturne, dans certains secteurs de notre ville, comme celui de Masséna-
Solférino, est aujourd’hui malheureusement synonyme de violences, de conduites à
risques, de tapage et d’agressions. Rien de tout cela n’est normal et les riverains le
savent. Je veux ici le répéter devant vous, nous sommes mobilisés chaque jour avec mes
collègues pour améliorer la situation.
L’attractivité de notre ville, la richesse de sa vie étudiante, sa jeunesse et son
dynamisme nous confrontent à une véritable transhumance de fêtards déambulant
chaque soir vers certains quartiers bien connus de notre ville. Ces publics viennent
souvent de bien plus loin que Lille, voire même hors de la MEL, et cette affluence hors
normes attire également par ricochet toutes les personnes souhaitant en profiter pour faire
un mauvais coup.
Ajoutons à cela la malveillance – et je pèse mes mots, Madame le Maire, vous en
avez parlé – et l’irresponsabilité de certains gérants d’établissement qui, en toute
connaissance de cause, refusent de se plier à la réglementation, mettent en danger leurs
clients et abîment la santé de tout le voisinage. Je me permets de rappeler ce soir le
drame de Rouen et la mémoire des 17 personnes qui ont perdu la vie lors de l’incendie
du Cuba Libre, pour dire que cette réglementation n’est pas un détail, ce n’est pas une
lubie de l’administration française pour embêter les exploitants – comme j’ai pu l’entendre
parfois –, c’est tout simplement une question de sécurité élémentaire.
Enfin, ces personnes jettent également le discrédit sur une profession qui n’en a
vraiment pas besoin après la crise qu’elle a traversée et alors que la très grande majorité
des responsables de lieux se démènent au quotidien pour être irréprochables. Je veux
d’ailleurs ici remercier les organisations professionnelles qui participeront à nos travaux.
Je ne doute pas que ces débats seront constructifs et riches pour tout le monde et je ne
doute pas non plus de leur engagement pour améliorer la situation.
95
Aux contrevenants, nous leur disons clairement qu’il va falloir rentrer
immédiatement dans le rang parce que les services de police municipale et nationale, s’ils
font régulièrement œuvre de prévention, sont aussi déterminés que nous à sanctionner
des comportements qui sont inacceptables et invivables. L’opération menée hier est à
l’image de cette détermination et Jacques RICHIR peut en témoigner.
Si nous agissons, notamment grâce à Jean-Claude MENAULT qui travaille pour
recruter des policiers municipaux et pour déployer la vidéoprotection, nous avons aussi
besoin de poursuivre cette forte coopération engagée avec les services de l’État et d’une
mobilisation encore plus forte d’effectifs sur le terrain.
Soyons clairs, Madame le Maire l’a rappelé, notre ville souffre d’un manque
d’effectifs de Police Nationale, elle souffre d’un manque de présence policière dans ce
secteur et dans d’autres pendant la nuit. Je me souviens d’un temps pas si lointain où,
toute la nuit sur la place des Halles – Masséna, stationnaient des cars de CRS ou de
gendarmes mobiles et cela avait tout de même le mérite de calmer certaines ardeurs.
Nous pourrons donc installer le Conseil de la nuit avant la fin de cette année 2021,
si vous le décidez, mais, depuis notre élection, nous avons évidemment agi. Je suis, avec
mes collègues, notamment Jacques RICHIR, Arnaud DESLANDES et Jean-Claude
MENAULT, ainsi que Madame le Maire, en contact permanent avec les habitants qui
rencontrent des difficultés. Nous concertons, nous concilions et nous agissons pour tenter
de rétablir parfois le calme et souvent le dialogue.
Je voulais profiter de ce rapide état des lieux pour revenir sur la réalité du principal
fléau auquel nous sommes confrontés la nuit, celui de la consommation d’alcool et de
l’hyper alcoolisation.
Aujourd’hui, 90 % de l’alcool vendu en France provient des supermarchés, de la
grande distribution. On parle ici d’un phénomène de société et non d’une spécificité lillo-
lilloise. Si les responsables de débit de boissons, qui ont pignon sur rue et portent de
grandes responsabilités qui vont de pair avec leur licence de débit de boissons, et que,
pour la plupart, ils assument très bien, la grande distribution, mais aussi les épiceries de
nuit qui génèrent de graves nuisances, devront aussi prendre toutes leurs responsabilités
face à cette situation. Nous y travaillons activement et ce sera un des sujets que nous
aborderons dans les travaux de notre futur conseil.
Nous sommes aujourd’hui, après presque deux ans de fermeture, de couvre-feu,
de confinement, à un moment où la vie nocturne commence à reprendre ses droits, et
heureusement. Dans ce contexte, nous devons avancer tous ensemble. On ne peut pas
jouer les uns contre les autres, les services publics contre les exploitants, les fêtards
contre les riverains. C’est dans cet état d’esprit de coconstruction, de concertation que
nous vous proposons ce dispositif.
Pour votre bonne information, nous participons également aux travaux de
plusieurs réseaux tels que le Forum français pour la sécurité urbaine, qui est présidé par
Roger VICOT, et son pendant européen l’EFUS. Nous sommes aussi acteurs de la plate-
96
forme nationale de la vie nocturne. Ce sont des réseaux qui nous permettent de confronter
les usages et les expériences de chaque ville. Notre situation à Lille, nos problématiques
ne sont pas des spécificités lilloises, elles touchent toutes les grandes villes françaises et
européennes, avec chacune leur culture et leurs particularités, mais avec de grands
dénominateurs communs. Forts de ces échanges et de ces analyses, nous sommes
convaincus à Lille qu’il faut envisager la vie nocturne sur un champ plus large et dépasser
le prisme unique de la sécurité.
La nuit, ce ne sont pas que des drames, des violences et des agressions. La nuit,
c’est un espace à part, un temps propice à la création, à l’émulation culturelle et sociale,
c’est un temps de rencontres où, souvent, les barrières sociales ont tendance à s’effacer.
C’est donc un temps précieux et nous l’avons mesuré durant ces confinements et ces
couvre-feux, parce que les soirées sans vie nocturne ont pesé lourdement sur le moral
de la plupart des Lilloises et des Lillois.
Parce que nous l’avons toujours dit également – et je veux le rappeler ce soir –,
nous ne voulons surtout pas d’une ville sans fêtes, bien au contraire, mais nous voulons
qu’elles puissent se vivre en sécurité, de la manière la plus inclusive possible et que l’offre
de divertissements soit aussi de qualité.
C’est donc le sens de ce Conseil de la nuit, créer un temps, un lieu de débat où
se rencontreront les différents usagers et les acteurs de la vie nocturne. Confronter les
vécus, les réalités des métiers, entendre aussi les dégâts que provoquent sur la santé les
troubles du sommeil et le bruit, c’est partager des constats et construire ensemble une
culture commune.
Nous reverrons en priorité la fameuse charte de la vie nocturne qui sera notre
point d’appui pour la suite de nos travaux et ce sera l’occasion aussi de formaliser ce que
j’appellerai le b-a-ba de l’exploitant de débit de boissons lillois.
Je voulais d’ailleurs en profiter pour saluer le travail conduit par mes collègues
Franck HANOH et Roger VICOT, qui ont su ces dernières années jeter les bases d’un
travail de fond sur la vie nocturne, dans lequel notre Majorité inscrit ses pas ce soir. Ils
m’ont été d’une grande aide et je les en remercie.
Notre objectif est donc bien sûr d’agir concrètement et rapidement grâce à deux
commissions en particulier : une première qui permettra de réguler et de proposer des
sanctions à l’encontre des établissements qui ne respectent pas la réglementation, et une
seconde commission dite de conciliation, de tranquillité publique, qui, avec l’aide des
riverains, des professionnels et des services de police nous permettra de travailler à
résoudre les conflits d’usage.
J’insiste d’ailleurs sur la présence des riverains dans ces commissions. Nous
avons cité dans cette délibération les quatre collectifs qui se sont signalés à ce jour, mais
la porte n’est pas fermée, bien au contraire. Si le besoin s’en fait sentir, nous accueillerons
de nouveaux collectifs et particuliers qui en expriment le besoin.
97
Deux autres commissions seront dédiées à la lutte contre toutes les
discriminations, ainsi qu’aux questions de santé, et je veux ici remercier mes collègues
Alexandra LECHNER et Jérôme PIANEZZA qui, chacun dans leur délégation, mènent un
travail extrêmement précieux qui devra nourrir nos travaux et permettre que chacune et
chacun puisse profiter de nuits plus apaisées et véritablement inclusives.
J’en profite également pour remercier Marie-Christine STANIEC, qui nous
permettra de travailler avec les acteurs de la santé pour construire et expérimenter de
nouveaux outils de réduction des risques, mais aussi de lutte contre l’hyper alcoolisation.
Je remercie également Anne GOFFARD, pour la vie étudiante, et Charlotte
BRUN, pour la jeunesse de manière plus large, d’avoir accepté de participer à nos
travaux. Leur regard et leur expertise nous seront très précieux.
Enfin, une dernière commission sera cette fois dédiée à l’animation, l’attractivité
de notre vie nocturne. En effet, si nous sommes confrontés à de sérieux problèmes, j’ai
bon espoir – et je pense que vous tous aussi, c’est en tout cas le sens de notre
engagement – que nous puissions être à nouveau fiers de nos nuits lilloises, qu’elles
soient plus apaisées, mais pas moins festives, qu’elles soient encore plus riches
d’événements culturels et plus divers, qu’elles puissent être aussi un argument
d’attractivité, une illustration de ce vivre-ensemble à la lilloise qui nous tient tant à cœur.
Les travaux de ces commissions seront présentés ensuite en séance plénière
chaque année pour proposer au Conseil Municipal un certain nombre d’actions à mettre
en œuvre.
C’est donc avec beaucoup d’humilité et de responsabilité que nous allons
engager, si vous votez cette délibération, un travail de fond pour que nos nuits ne soient
plus synonymes de nuisances et que ceux qui dorment, ceux qui travaillent et ceux qui
font la fête puissent mieux cohabiter.
Je vous remercie.
Madame le Maire - On voit bien aujourd’hui dans notre adjoint l’ancien président
des Bar-Bars, c’est-à-dire des bars culturels, qui n’oublie pas que, la nuit, c’est aussi faire
la fête en respectant les autres, en développant la culture par exemple, comme vous
l’avez rappelé. C’est aussi un point important de ce Conseil de la nuit. Même si, pour
l’instant, on parle surtout des nuisances, il ne faut pas oublier cet aspect et vous le
défendez particulièrement.
Faustine BALMELLE.
Madame BALMELLE - Merci, Madame la Maire.
Madame la Maire, chers collègues, Monsieur TAISNE,
98
Tout d’abord, permettez-moi de saluer au nom du groupe l’avancée des réflexions
sur la vie de Lille la nuit, qui touche au quotidien des Lilloises et des Lillois.
L’objectif de ce Conseil de la nuit, qui aura donc un avis consultatif, est de
permettre à toutes et tous de profiter de la ville la nuit, à la fois en protégeant les
noctambules – comme vous les dénommez dans la délibération – et en garantissant la
tranquillité de celles et ceux qui recherchent du calme. Effectivement, quand on pense à
Lille la nuit, dans certains secteurs géographiques, ce n’est pas forcément au calme qu’on
pense, mais plutôt aux activités festives – vous l’avez très bien dit – qui engendrent des
nuisances auxquelles il nous faut trouver collectivement des solutions pérennes.
Plusieurs enjeux sont identifiés ici :
- Les enjeux de sécurité. Sans dresser un tableau exhaustif ou noir, on pense
évidemment aux nuisances sonores, au bruit, aux violences, aux bagarres,
à l’insécurité avérée ou ressentie par ailleurs, à l’hyper concentration de
véhicules qui peuvent parfois être dangereux dans certains secteurs. Vous
avez eu raison aussi de dire que l’État doit prendre toutes ses
responsabilités, notamment en termes de moyens humains ;
- Les enjeux de propreté. Là, nous le redisons aussi, il y a des besoins
notamment par exemple en toilettes publiques. Il faut quand même
reconnaître que certaines rues deviennent un peu, à la fermeture de certains
établissements le soir, des déversoirs – pardonnez-moi l’expression –, d’où
des besoins également en poubelles afin d’éviter que certaines rues soient
dans un état assez lamentable le lendemain matin ;
- Des enjeux de santé publique, du fait de l’hyper alcoolisation, de
nombreuses addictions – et on pense évidemment aussi à la question des
drogues –, de la question des IST. On espère que, parmi les 14 associations
représentées au sein de ce Conseil lillois de la nuit, il y aura aussi des
associations du secteur médicosocial. Nous profitons d’ailleurs de la
délibération pour demander également un renforcement de la prévention et
de la médiation auprès des noctambules sur ces enjeux de santé.
Hormis les enjeux qui sont liés aux festivités et aux fêtards, il y a d’autres
problématiques la nuit que nous souhaitons voir abordées dans ce conseil :
- la nuit, ce sont aussi par exemple des rodéos, ces allées et venues de
motos, de quads absolument invivables pour le voisinage ;
- c’est de la précarité qui est confrontée à l’insécurité parce que dormir
dehors, c’est être vulnérable et c’est dangereux ;
- ce sont aussi des trafics en tous genres dont il faut entendre la réalité et
mettre en face des moyens humains de prévention et de sécurité à la
hauteur.
Au-delà de ces diverses demandes en renforcement humain, en prévention, en
médiation, en sécurité, notamment au niveau de l’État, en propreté et en santé, la vie
99
nocturne de Lille doit être repensée dans son ensemble et même dans son essence. Le
Conseil lillois de la nuit ne doit pas seulement gérer l’urgence ou gérer ce qui fait la Une
des journaux ou de l’actualité sur les réseaux sociaux. Il doit aussi poser la question de
l’organisation et de l’aménagement de notre ville et celle des activités – vous en avez
parlé tout à l’heure.
Bref, finalement, qu’est-ce que Lille la nuit et qu’est-ce que devrait être Lille la
nuit ?
Sur les questions d’aménagement et d’organisation de la ville, il faudra essayer
de prendre de la hauteur et nous compterons sur les membres pour le faire.
En effet, ce sera poser la question de la centralisation des activités, des bars, des
restaurants et des discothèques dans certains secteurs de la ville.
Ce sera poser la question de l’organisation des flux dans la ville, c’est-à-dire des
déplacements des Lillois la nuit afin d’éviter les concentrations de populations.
Ce sera poser la question des horaires de fermeture des établissements qui ont
des effets négatifs et positifs, mais qui, parfois, concentrent des populations au même
endroit au même moment.
Ce sera anticiper les problématiques liées à la vie festive de Lille concentrées
dans certains secteurs. Vous avez parlé de Solférino-Masséna. On parlera aussi de la
rue Royale, de la rue des Postes et, sur d’autres thématiques, du secteur Lebas, de la
rue d’Arras par exemple.
Au niveau des activités proposées, pourquoi pas – après tout, soyons un peu
créatifs et imaginatifs – aller au musée, aller à la bibliothèque, aller à la piscine, se balader,
organiser des visites dans la ville. L’idée est aussi d’élargir la focale, de faire de la nuit
autre chose, ceci bien évidemment en concertation avec les habitants et les agents de la
Ville. À nous d’être créatifs pour rendre la nuit à toutes les Lilloises et à tous les Lillois.
Nous demandons aussi d’avoir une réflexion sur les publics afin d’être inclusifs,
d’intégrer la question des femmes et des personnes LGBT aux problématiques
particulières. Là aussi, nous souhaitons que des associations soient représentées au sein
de ce Conseil lillois.
Sur les jeunes – vous en avez beaucoup parlé dans votre intervention, Monsieur
TAISNE –, la stratégie jeunesse présentée tout à l’heure, dans sa mesure 36, parlait aussi
d’impliquer les jeunes au sein de ce Conseil Lillois de la Jeunesse. Juste une question :
comment allons-nous assurer leur présence au sein de ce Conseil lillois pour qu’ils
puissent s’exprimer en son sein ?
Soulignons que nous sommes favorables à la présence de noctambules au sein
de ce conseil et nous saluons le fait que des habitants « fêtards » soient aussi présents
dans ce Conseil lillois de la nuit.
100
La question des riverains nous a poussés à déposer un amendement pour donner
plus de place aux habitants. Nous saluons par ailleurs leur mobilisation car il faut bien
reconnaître que certains secteurs de la ville de Lille sont devenus assez invivables après
21 heures. Cet amendement vise à leur donner plus de place. Vous prévoyez quatre
places seulement au sein de ce Conseil de la nuit, nous proposons de doubler ce chiffre.
En effet, quatre riverains face à 21 commerçants, cela nous semble un peu déséquilibré.
Nous souhaitons aussi qu’il y ait une représentation maximale de tous les
quartiers de la ville au sein de ce conseil, notamment de Moulins, Wazemmes, du secteur
Lebas et de la rue Royale.
À nous donc d’inventer une autre nuit avec l’ensemble des acteurs locaux et des
habitants de la ville. Nous partageons l’esprit de ce conseil que vous nous avez exposé,
Monsieur TAISNE. Notre volonté – vous l’avez compris – est de soutenir toutes ces
actions qui visent à réconcilier la ville qui sort et la ville qui dort.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Madame DUHAMEL.
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues,
J’aimerais débuter mon propos par un satisfecit : après, comme vous l’écrivez,
plusieurs années d’incivilités, de nuisances et d’insécurité, vous paraissez décidée à
réagir enfin avec la refondation annoncée d’un Conseil lillois de la nuit.
Après aussi, il faut bien le dire, de violentes agressions que vous requalifiez
délicatement de « problèmes de sécurité » et une mobilisation sans cesse croissante de
riverains qui, à force d’actions médiatiques, auront eu partiellement raison de votre
torpeur.
Ainsi, les riverains de l’avenue du Peuple Belge, qui pétitionnent actuellement
contre la prostitution diurne à ciel ouvert dans des camionnettes stationnées à demeure,
et l’esclavage public de femmes en situation irrégulière sous l’œil sourcilleux de
proxénètes impunis, peuvent-ils espérer qu’après quelques hospitalisations de passants
agressés – un ou deux homicides par arme à feu et l’incendie du hall d’entrée du tribunal
judiciaire –, vous envisagiez l’improbable constitution d’un Conseil lillois du jour.
Mais revenons pour l’heure au sujet de la longue nuit municipale qui nous réunit.
S’agissant du quartier Masséna-Solférino, en pleine dérive – « dérive » qui, je le
rappelle incidemment, est le patronyme d’une boîte de nuit ayant succédé début
septembre au mythique Why Not, lequel dans les années 1990 avait rue Maracci causé
tant de troubles que les riverains eux-mêmes s’étaient constitués en brigades nocturnes
101
filtrant la circulation automobile à l’aide de barrières mobiles – , les acteurs de la sécurité
proposent des solutions simples, pratiques et généralement peu onéreuses :
- la piétonisation par plots rétractables de la rue Masséna et des rues
adjacentes en fin de semaine, mettant un terme aux rodéos qui menacent
les piétons et les sans domicile fixe qui doivent utiliser la chaussée compte
tenu de l’encombrement des trottoirs ;
- la fermeture aux mêmes heures du parking des halles, lieu d’agressions
sexuelles et physiques menées par des individus guettant les étudiants
éméchés ;
- la multiplication des caméras reliées au centre de supervision urbain,
annoncée d’abord pour la fin de cette année, puis, semble-t-il, l’année
prochaine ; ainsi qu’une coopération permanente entre les police nationale
et municipale, à l’image de ce qui a été mis en place par exemple par la Ville
de Nice que la Police Nationale cite régulièrement en exemple ;
- enfin, une concertation active et permanente avec les établissements de nuit
lillois, qui doivent être aidés à assurer la sécurité de leur clientèle, et
simultanément responsabilisés dès lors que des débordements non
maîtrisés sont constatés.
L’Union des commerçants Masséna-Solférino-Nationale a d’ailleurs réclamé par
un communiqué de presse diffusé hier d’être associée aux travaux du conseil.
Se pose aussi la question des horaires de fermeture des discothèques et
singulièrement des fausses discothèques dont on a mis bien longtemps à découvrir la
floraison.
Au-delà de ces mesures salvatrices, c’est d’une politique de long terme dont notre
ville a besoin.
À quoi par exemple aura servi la spectaculaire opération de contrôle ayant réuni
rue des Postes le 9 septembre 2019 pas moins de 40 policiers, des inspecteurs du travail
et des services fiscaux, alors que, trois années plus tard, les incivilités continuent d’y
prospérer et les chauffards d’y multiplier leurs rodéos ?
Pourquoi avoir tiré du lit des inspecteurs de la direction générale des finances
publiques le 29 septembre dernier pour un contrôle nocturne suivi d’une lettre aux
riverains, alors qu’on présume aisément qu’un contrôleur fiscal est plus alerte et plus
attentif au lever du jour sans qu’on comprenne bien ce qu’il peut saisir la nuit qui serait
insaisissable le jour ?
Plus cruellement encore, le collectif Masséna-Solférino publiait le 3 octobre
dernier un tweet rappelant un article de la Voix du Nord du 11 novembre 2013 dont le titre
laisse sans voix – je cite : « Lille : les états généraux de la vie nocturne s’éternisent ».
Occasion de rappeler que, dans la théologie chrétienne, l’Enfer est éternel…
102
L’adjoint en charge de la vie nocturne déclarait alors : « Je préfère que cela
prenne un peu de temps plutôt que de bâcler quelque chose qui fasse beau à lire ou
entendre. » Disons-le franchement, sept ans plus tard, ce n’est ni bâclé faute d’avoir été
entrepris, ni non plus beau à lire ou à entendre.
C’est donc avec une grande motivation que je serai proposée par notre groupe
comme le représentant au sein de ce conseil, regrettant toutefois qu’aucun suppléant ne
puisse être désigné pour un représentant unique qui peut être empêché, aussi motivé
soit-il. J’aurai, je l’espère, l’occasion de participer aux travaux de ce nouveau conseil dans
l’esprit constructif qui est le nôtre et d’y rappeler ce que furent les propositions municipales
de Faire Respirer Lille, telles qu’une présence constante et visible des police nationale et
municipale dans les secteurs les plus sensibles aux heures d’affluence, la multiplication
des contrôles d’alcoolémie dans les artères voisines ainsi que l’usage de la loi dite
« OSSON » du 3 août 2018 autorisant la confiscation des véhicules utilisés pour des
rodéos routiers.
Ainsi pourrons-nous collectivement proposer aux Lillois des solutions concrètes
et durables ne négligeant ni notre jeunesse, ni les femmes, ni les Lillois dépourvus de
domicile, et qui ne se borneront pas, comme le disait notre collègue précité, à « bâcler
quelque chose qui fasse beau à lire ou entendre ».
Je vous remercie.
Madame le Maire - Si je peux me permettre, Madame DUHAMEL, avant d’aller
au Conseil de la nuit, rappelez-vous qui est compétent pour lutter contre la drogue, contre
l’hyper alcoolisation, contre la prostitution et contre les rodéos. Ecoutez votre Ministre de
l’Intérieur, il vous rappellera que c’est l’État.
Je vous remercie donc, par tout ce que vous avez dit dans votre première partie,
de penser avec nous que, si on a un peu plus de Police Nationale, on arrivera
effectivement peut-être à faire reculer toutes ces délinquances dans notre ville.
Ce n’est pas notre « torpeur », c’est notre incapacité d’obtenir des Ministres de
l’Intérieur successifs les moyens nécessaires pour que la sécurité soit effectivement un
droit pour tous, voilà la réalité.
Sachez que, en 1996 – vous n’étiez peut-être pas née à ce moment-là –, Pierre
MAUROY était alors Maire, nous avons été envahis par les riverains de Masséna-
Solférino. Vous voyez donc que ce n’est pas un sujet qui est d’aujourd’hui. Cela fait
plusieurs années que je me bats pour que nous puissions avoir ces interventions qui ont
lieu actuellement et qui sont fortes entre la Police Nationale – c’est d’abord la BAC qui
rentre dans ces établissements, cela ne peut pas être la Police Municipale –, la Police
Municipale et les autres types de contrôle nécessaires.
Merci de nous soutenir auprès de l’État car, sur tous les sujets importants que
vous avez soulevés, qui créent des problèmes de délinquance et donc des problèmes
pour les riverains, c’est d’abord avec la Police Nationale que nous pouvons agir. Sans la
103
police nationale, nous ne pouvons pas agir. Nous l’avons vu encore l’année dernière
lorsqu’il a fallu fermer des bars et la difficulté que nous avons eue, malgré des demandes,
pour avoir ces fermetures par le préfet. C’est vraiment la première chose que je voulais
dire.
Quant aux discothèques, non, on ne s’est pas réveillé tard. Je vous enverrai tous
les courriers par lesquels j’ai saisi les Ministres de l’Intérieur et le Premier Ministre. Cela
ne fait pas des années que les bars deviennent discothèques, c’est depuis que Monsieur
SARKOZY a fait voter une loi qui leur permet sans aucune autorisation de s’inscrire en
tant que discothèques et de pouvoir fermer à 7 heures du matin.
J’ai demandé à plusieurs reprises cette action qui a enfin eu lieu hier soir car, là
aussi, il faut la Police Nationale pour pouvoir contrôler qu’un certain nombre de bars n’ont
pas les conditions que donne la circulaire du Ministère de l’Intérieur pour être désignés
discothèques, ces bars qui, pour certains d’entre eux, par ailleurs, par leur dangerosité,
mettent en grand danger leurs clients.
Croyez bien que c’est un combat que je mène depuis très longtemps, je vous en
donnerai la preuve, et je suis ravie que, pour une fois, on ait réussi à agir ensemble en
ayant les résultats qui étaient d’ailleurs courus d’avance – nous en parlions encore avec
Jacques RICHIR ce matin – et ce n’est pas terminé par rapport à ce que nous avons pu
voir.
Je remercie Faustine BALMELLE pour sa proposition. Nous voterons contre
l’amendement, non pas parce que nous ne voulons pas, mais cela a déjà été dit par
Arnaud TAISNE tout à l’heure. D’abord, certains collectifs qui sont représentés aujourd’hui
– je pense à l’un d’entre eux – n’existeront sans doute plus dans quelques jours puisque
le problème sera réglé.
Il ne s’agit pas d’un comité où on va voter. Il y a dix associations, dont certaines
vont d’ailleurs, comme vous l’avez dit, représenter les domaines de la santé, les
problèmes de la lutte contre toutes les formes de discrimination. Il y aura les associations
et évidemment les collectifs, mais, le sujet est simple, dès qu’il y aura un problème
quelque part avec un collectif, on créera bien évidemment un groupe de travail avec les
riverains et certains remplaceront ceux qui y sont déjà. On n’est pas dans un formalisme
absolu, on n’y vote pas, on votera dans la commission de discipline mais pas dans le
comité.
Comme vous l’avez dit, lorsque nous aurons réglé un peu plus les problèmes qui
existent aujourd’hui la nuit, l’idée est aussi de voir comment créer une autre nuit, une nuit
qui soit agréable pour ce que nous voulons dans notre ville.
Je laisse la parole à Arnaud TAISNE.
Monsieur TAISNE - Merci, Madame le Maire.
104
Je voulais retenir de vos interventions l’enthousiasme et la bonne volonté dont
vous témoignez, j’en suis très heureux.
Je voulais juste compléter – si je peux me permettre – la réponse sur la
représentation des riverains. L’état d’esprit de ce Conseil de la nuit n’est pas de construire
un rapport de force et d’être les uns contre les autres, c’est bien de ne pas opposer les
uns aux autres, c’est de créer les conditions d’un dialogue et donc d’un travail en commun,
de comprendre les contraintes des uns et des autres et de construire une culture
commune autour de tout ce qui se joue la nuit.
Comme Madame DUHAMEL aime parler par aphorisme, je lui répondrai que tout
ce qui est excessif est insignifiant, que nous sommes au travail, que je rencontre
régulièrement les riverains de La Dérive, que j’ai rencontré les riverains de l’avenue du
Peuple Belge et que l’on travaille vraiment sérieusement pour essayer d’apaiser et de
trouver des solutions tous ensemble, avec Madame le Maire et mes collègues.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Nous avons beaucoup travaillé par exemple avec la rue
Royale, aussi parce qu’un certain nombre d’exploitants nous ont aidés à dire à leurs
collègues qui ne respectaient pas les règles que cela ne pouvait pas durer. Alors que, il y
a un an, on était en plein délire dans la rue Royale, aujourd’hui, même s’il y en a encore
un ou deux que l’on a « dans le collimateur », les choses se sont très nettement apaisées.
C’est aussi beaucoup de travail, ce n’est pas de la concertation, c’est de la
discussion pour essayer de convaincre les gens. On compte beaucoup sur les
professionnels pour nous aider à mettre de l’ordre. Dans le fond, lorsque certains ne
respectent pas les règles, c’est de la mauvaise concurrence et on le voit bien par exemple
avec les discothèques dont on parlait à l’instant.
Je remercie Arnaud TAISNE pour cette présentation du Conseil de la nuit.
Avant de mettre la délibération au vote, je dois auparavant donner la liste des
membres que nous allons désigner tous ensemble : Arnaud TAISNE, Jacques RICHIR,
Arnaud DESLANDES, Jean-Claude MENAULT, Alexandra LECHNER, Charlotte BRUN,
Anne GOFFARD, Marie-Christine STANIEC-WAVRANT, Julie NICOLAS, Xavier
BONNET, Vanessa DUHAMEL.
Madame BALMELLE - Nous n’avons pas voté sur l’amendement.
Madame le Maire - Effectivement.
J’ai dit que nous étions défavorables à l’amendement. Nous allons d’abord voter
sur l’amendement.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille Verte et le groupe Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire)
105
L’amendement est rejeté à la majorité, le groupe Lille en commun, durable et
solidaire votant contre.
Vous avez bien compris que ce n’est pas parce que nous voulons limiter, mais il
faut aussi que ce soit un endroit où on puisse travailler et où on ne soit pas trop nombreux.
Nous votons maintenant pour la délibération avec la composition.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je passe maintenant au dossier de Marie-Pierre BRESSON, où nous avons une
demande d’intervention de Madame SPILLEBOUT sur la délibération 453.
Chemise 8
CULTURE Rapporteur : Marie-Pierre BRESSON
Adjointe au Maire
21/453 Soutien à la jeune création arts visuels - Lauréats du Prix Wicar 2022 -
Résidence de création de la Ville de Lille à Rome.
Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, Madame AUBRY,
Depuis juin 2020, mes collègues du groupe Faire Respirer Lille, Bernard
CHARLES et Vanessa DUHAMEL, sont souvent intervenus régulièrement sur les sujets
culturels.
Je le sais, vous attendiez que je m’exprime sur la culture. Parce que vous et moi,
nous aimons profondément la culture, n’est-ce pas ? C’est un sujet fondamental. Parce
que la culture, c’est l’art du partage, c’est l’expression de notre identité multiple, de notre
unité nationale, c’est notre conscience collective, c’est la continuité de notre histoire, c’est
une manière de penser, de dire et de vivre ensemble. La culture, c’est aussi un moteur
économique de notre pays, de notre ville, pour son rayonnement et pour son attractivité.
Nous croyons, vous et moi, que soutenir les artistes, soutenir la culture, c’est
aimer notre ville, c’est aimer la France.
Alors, que s’est-il passé pour que nous constations chaque jour à Lille une culture
à deux vitesses :
- d’un côté, celle de l’art institutionnel, reconnu, accompagné, celle des
grands événements et des grands équipements, dont les Lillois sont si fiers.
Je pense notamment au Palais des Beaux-Arts, à l’Opéra, au Théâtre du
106
Nord, au Flow, à nos maisons folies ou encore à Lille3000 et à
Séries Mania ;
- et puis, de l’autre côté, celle de la grande précarité des artistes, de la fragilité
des structures, de l’incertitude des lendemains pour les créateurs. Je pense
à toutes ces petites associations de danse, de théâtre, d’arts visuels qui
tentent de survivre dans nos quartiers lillois, mais aussi à la disparition du
Biplan, de Nasdac, de l’Entorse, ces dernières années et, bien sûr, à la
Maison de la Photographie en sursis.
Alors, que s’est-il passé, Madame le Maire, pour que nous en arrivions là
aujourd’hui ?
Ce soir, vous nous présentez une délibération intéressante, importante,
puisqu’elle souligne que la Ville place l’artiste et la création au cœur de sa politique
culturelle en mettant à sa disposition nombre d’outils.
Elle est importante aussi puisqu’elle propose un soutien à trois artistes
sélectionnés pour bénéficier d’une très belle aide municipale. Je m’en réjouis pour eux,
les heureux élus de cette édition 2021, sincèrement. Des lauréats qui font partie des
réseaux reconnus de la culture, ceux de la DRAC, ceux de 50 degrés Nord, ceux de
l’école du Fresnoy.
En revanche, je souhaite interpeller ici le Conseil Municipal car, si le choix
artistique est souverain, la responsabilité du politique, c’est l’équité de traitement et le
service de l’intérêt général. Et c’est là que le bât blesse, Madame AUBRY. Les Lillois, les
artistes, n’ont pas connaissance de la composition du jury du prix Wicar, ni des critères
de sélection.
Les Lillois, les artistes, les structures culturelles se sentent en grande majorité
oubliés de votre politique culturelle et souffrent dans tous nos quartiers à Lille d’un
sentiment d’abandon et de mépris parce qu’ils n’appartiennent pas à tel ou tel réseau
artistique. Ils demandent pourtant eux aussi la reconnaissance, le soutien pour la
production et la diffusion, l’accompagnement personnalisé, les ateliers et les résidences.
Mon engagement politique, celui de mes collègues de Faire Respirer Lille, est
fondé sur des valeurs : celles de l’égalité de traitement, de la transparence, de l’ouverture,
de la tolérance et de l’accessibilité à la culture.
Auriez-vous trahi les vôtres de valeurs, celles qui fondaient pourtant, il me semble,
votre engagement politique quand vous avez commencé la politique ? Car, en début de
conseil, vous avez présenté l’actualité culturelle de la Ville de Lille, en omettant
ostensiblement de mentionner le 20e anniversaire des Transphotographiques à la Galerie
des Tanneurs et dans toute la métropole.
Quelle tristesse !
107
Quelle tristesse que vous n’ayez pas salué ce soir cette si belle exposition qui
regroupe plus de 250 photographes, dont une grande partie sont issus de notre région.
Quelle tristesse de ne pas témoigner reconnaissance et soutien à tous ces
artistes participants qui mériteraient de bénéficier de droits d’auteur et d’aide à la
production.
Quelle tristesse de ne pas rendre hommage aux travaux de Jérémie LEMPIN,
Visa d’Or à Perpignan, venu dans votre ville exposer sur l’action du cheval Peyo dans le
service de soins palliatifs à Calais.
Ce soir, Madame le Maire, ce qui m’anime, ce qui nous anime, c’est la culture en
grand, c’est celle qui fait respirer Lille partout dans tous les quartiers de notre ville. Et
nous sommes tristes de constater que vos rancœurs ont pris le pas, année après année,
sur les valeurs d’équité, d’accessibilité et de partage qui président à toute politique
culturelle. Feriez-vous passer vos règlements de compte personnels au-dessus de
l’intérêt général ?
Il est encore temps d’agir différemment. Quand travaillerons-nous ensemble, au
sein de ce Conseil Municipal pour que, enfin, nous puissions soutenir tous les artistes
lillois dans tous nos quartiers, pour l’intérêt général de notre ville ?
Je vous remercie
Madame le Maire - Marie-Pierre BRESSON.
Madame BRESSON - Madame SPILLEBOUT, on se demande toujours quel va
être le sens de votre intervention. Vous venez de parler d’aigreur et, en vérité, la vôtre
transparaît évidemment dans l’intervention que vous venez de faire en utilisant cette très
belle délibération qui vise à soutenir la création et en particulier le prix Wicar, qui est quand
même une très belle institution lilloise puisqu’elle permet de soutenir de jeunes créateurs
avec un processus de sélection qui est extrêmement précis et détaillé dans un dossier
que vous pouvez d’ailleurs trouver sur le site de la Ville de Lille. On ne peut donc pas dire
que tout cela soit fait dans le secret d’un petit comité.
Ce très beau prix vise en effet à permettre à de jeunes créateurs de pouvoir
exprimer leur art, de le diffuser, y compris à l’international. Il y a un partenariat avec
l’Institut français Saint Louis à Rome. Un artiste de l’édition précédente a travaillé sur les
objets de la Villa étrusque, de la villa Giulia et son travail a été exposé à l’intérieur de cette
villa. Tout cela est évidemment un soutien à la création.
Et soudainement, alors que vous commencez par un propos qui est assez
laudatif, on se retrouve avec un propos pro domo et je ne doute pas que vous soyez
absolument engagée dans celui-ci.
108
Vous comprendrez bien que, ces questions revenant de manière assez régulière
et vous faisant les réponses de la même manière tout aussi régulière, quant à nous, nous
nous en tiendrons là.
Merci.
Madame le Maire - Merci.
Je mets au vote les délibérations que Madame BRESSON.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
21/439 Sollicitations de prêts auprès des services culturels de la Ville.
Adoptée.
21/440 Subventions aux opérateurs culturels.
Adoptée.
(Martin-DAVID-BROCHEN, Arnaud DESLANDES, Madani OULKEBIR, Charlotte
BRUN, Anne GOFFARD, Stéphanie BOCQUET, Marie-Pierre BRESSON et Catherine
MORELL-SAMPOL ne prennent pas part au vote.)
21/441 Palais des Beaux-Arts - Enrichissement des collections du Palais des
Beaux-Arts de Lille.
21/442 Palais des Beaux-Arts - Participation au projet de recherche "Icônes"
conduit par l'Institut de Recherche et d'Etudes Supérieures du Tourisme
(IREST), laboratoire de recherche de l'Université Paris I, Panthéon-
Sorbonne.
21/444 Palais des Beaux-Arts - Convention entre la Ville de Lille et le Centre de
Recherche et de Restauration des Musées de France dans le cadre de
l'exposition "Expérience GOYA".
21/445 Exposition "Expérience Goya" - Mise en vente d'un livret grand public
ludique de visite.
21/446 Palais des Beaux-Arts - Autorisation de signer les accords-cadres relatifs
à la 3ème étape du Projet Scientifique et Culturel après décision de la
Commission d'Appel d'Offre.
21/447 Palais des Beaux-Arts - Fixation de la redevance pour l'exploitation d'un
espace café, restauration, salon de thé.
109
21/448 Centre d'arts plastiques et visuels - Participation au projet Archipel -
5ème édition.
21/449 Centre d'arts plastiques et visuels - Organisation d'un workshop en
partenariat avec l'Ecole Supérieure d'Art du Nord - Pas de Calais /
Dunkerque-Tourcoing et l'Abbaye de Vaucelles.
21/450 Conservatoire à Rayonnement Régional - Contenus et volumes horaires
des cours des classes à horaires aménagés des collèges Makeba et
Carnot et du lycée Pasteur pour l'année scolaire 2021/2022.
Adoptées.
21/451 Conservatoire à Rayonnement Régional - Conventions de partenariat
avec l'ESMD, l'Université de Lille, les associations Rêves en Cors, Muzzix
et la Malterie.
Adoptée.
(Marie-Pierre BRESSON et Anne GOFFARD ne prennent pas part au vote.)
21/452 Convention de partenariat entre la Ville de Lille - Maison Folie Moulins et
le Théâtre Massenet pour le spectacle "le Moulin Fauve" du 22 octobre
2021.
Adoptées.
21/454 Gestion et exploitation du Théâtre Sébastopol - Bilan 2019/2020 du
concessionnaire Il Teatro.
Le Conseil Municipal prend acte.
COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE
21/455 Coopération décentralisée - Attribution de subventions.
21/456 Coopération internationale et européenne - Subvention au Groupe de
Recherche de Développement Rural pour la mise en œuvre du projet de
développement des initiatives citoyennes et économiques.
21/457 Coopération décentralisée - Appel à projet "Clés en main" du MEAE -
Projet Afrique de l'Ouest en lien avec la commune de Saint-Louis du
Sénégal.
21/458 Coopération décentralisée - Appel à projets "Clés en main" du MEAE -
Projet de coopération franco-marocain - Modification de la délibération
n° 21/187 du 09 avril 2021.
110
Adoptées.
Merci beaucoup.
Je passe la parole à Vanessa DUHAMEL sur la délibération 493.
Chemise 18
ÉGALITÉ ENTRE LES HOMMES Rapporteur : Alexandra LECHNER
ET LES FEMMES Adjointe au Maire
21/493 Délégation Droits des Femmes - Subventions 2021 - 3e répartition.
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues,
Quelques mots très brefs pour partager mon interrogation.
Qu’auront pensé Mesdames GINET, DHEE et LAW de l’affiche l’IPP (Institut pour
la photographie) qui orne les murs de notre ville à l’occasion de son week-end
d’ouverture ?
À l’intention de ceux de nos collègues qui n’auraient pas eu à déposer ou à
rechercher leurs enfants ou petits-enfants dans nos établissements scolaires, ni visité
aucun établissement accueillant du public devant lesquels elles sont entre autres lieux
apposées, je la décrirai sommairement. Elle figure une femme, la chanteuse Madonna,
peu vêtue, en danseuse de cabaret, affalée, ivre ou endormie contre l’arête d’un mur,
allongée sur une moquette tachée.
Il s’agit d’art, bien entendu, au même titre que l’« Origine du monde » du peintre
Gustave COURBET, que jusqu’alors on n’a pas exposée dans nos abribus.
Rien de pudibond dans mon propos, la liberté artistique devant demeurer entière
dès lors qu’elle enseigne la liberté.
Je sais, croyez-le bien, votre particulière affection pour l’IPP, outil culturel de votre
ami Xavier BERTRAND, et vous devinez en retour la sympathie naturelle que m’inspire
François DECOSTER, Vice-président du Conseil Régional chargé de la Culture, membre
du MoDem et donc, tout naturellement, élu meilleur maire du monde le 13 septembre
dernier dans la catégorie « services publics ».
Il ne reste pas moins que nos amis respectifs sont des hommes et qu’il faut parfois
leur ouvrir les yeux sur de bien fâcheux stéréotypes.
L’art se doit de provoquer mais aussi d’éduquer. Qu’une femme célèbre figurée
ivre morte soit représentée affalée sur une moquette tachée ne me choque pas,
singulièrement s’il s’agit d’illustrer une campagne de lutte contre le fléau et les ravages
111
de l’alcoolisme qui menacent une partie de notre jeunesse. Mais, lorsqu’il s’agit en
revanche d’annoncer, pour reprendre exactement les termes du site de l’IPP, un « week-
end festif » d’ouverture, j’aurais, je le confesse, préféré une figuration plus gratifiante des
femmes partageant un moment de bonheur social.
Au-delà de mes préférences personnelles et de mon goût pour le travail de Bettina
RHEIMS, qui ne sont d’aucun poids face à la liberté d’affichage, la dignité féminine y aurait
plus largement gagné dans l’esprit de nos concitoyens.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je pense que vous vous adressez à la Région. On fera donc
passer le script de votre intervention à la Région.
L’institut de la photographie n’est pas aidé par la Ville de Lille, qui n’apporte
aucune subvention et ne met rien à disposition. On fera donc passer cela à « notre ami »
– comme vous dites – Xavier BERTRAND.
Je mets aux voix les délibérations d’Alexandra LECHNER.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Xavier BONNET, sur la délibération 21/519 de Karine TROTTEIN.
Chemise 29
ALIMENTATION ET Rapporteur : KARINE TROTTEIN
RESTAURATION SCOLAIRE Conseillère municipale déléguée
21/519 Fourniture de viandes fraîches nécessaires au fonctionnement des
services de restauration de la Ville de Lille et des Communes associées
d’Hellemmes et de Lomme – Renouvellement du marché.
Monsieur BONNET - Madame le Maire, Madame Karine TROTTEIN, mes chers
collègues,
À la lecture de la délibération sur la fourniture de viandes fraîches nécessaires au
service de la restauration, nous nous réjouissons des objectifs annoncés : le bien manger,
la convivialité d’un repas, l’éducation à l’équilibre alimentaire, le terroir, l’interdiction des
OGM et pour objectif global la valorisation d’une alimentation durable et de qualité dans
la restauration collective de la Ville de Lille, avec pour objectif d’une fin de mandat à 100 %
de bio et local.
112
En Commission, il a été rappelé les étapes intermédiaires sur la part du bio de
20 % en valeur en 2021 et 50 %, toujours en valeur, en 2022, conformément à la loi
EGalim, ce qui nous amène à réfléchir sur la manière dont seront réalisés ces objectifs.
Déjà, en février, nous avions exprimé nos réserves vis-à-vis de l’augmentation
insuffisante du budget alloué au bio et au local pour atteindre les objectifs annoncés.
Aujourd’hui, cette délibération est l’illustration de nos préoccupations.
Le marché des viandes fraîches, d’une durée de deux fois deux ans nous
amènera en 2026. Quid de l’objectif 100 % bio et local, ce marché étant constitué de
12 lots, dont seulement deux sont en bio ?
De plus, s’agissant d’un appel d’offres européen, nous n’aurons aucune certitude
que ces lots seront issus d’une agriculture locale.
Il a été souligné en Commission que les repas carnés ne concernaient qu’un seul
repas dans la semaine pour les écoles et que, par conséquent, ces marchés n’auront pas
d’impact sur vos objectifs.
Cependant, avec seulement deux lots bio sur 12 et aucune certitude sur la
provenance des lots, permettez-nous de dire qu’un service de viande fraîche issue de
l’agriculture biologique et locale ne sera pas au rendez-vous en 2026. C’est en cela que
nous voterons contre cette délibération.
Notre questionnement est simple : comment comptez-vous parvenir à vos
objectifs avec des marchés ainsi définis, alors même que nous sommes en plein dans la
transition écologique et le développement soutenable du Plan Climat porté par Madame
Audrey LINKENHELD.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci.
Madame TROTTEIN.
Madame TROTTEIN - Merci, Madame le Maire.
Je souhaite commencer en réaffirmant mon contentement de voir votre intérêt sur
les questions de restauration scolaire, car au-delà du seul aspect de service alimentaire,
nous poursuivons plusieurs objectifs que vous avez, par ailleurs, cités, Monsieur
BONNET : la valorisation du plaisir de bien manger et de la convivialité d’un repas,
l’éducation au goût, à l’équilibre alimentaire et à la saisonnalité, la mise en valeur de
produits alimentaires de qualité et du terroir. C’est essentiel pour nos enfants, pour leur
croissance et leur santé.
113
Alors, et avant de répondre à vos questions, Monsieur BONNET, permettez-moi
d’ajouter quelques précisions par rapport à cette délibération, justement. Ce marché
comporte une nouveauté, dans la mesure où il est explicitement demandé de la fourniture
de viande fraîche bio et de viande cuite SIQO, les signes d’identification de la qualité et
de l’origine – ce sont globalement les labels et les AOP.
Comme vous pouvez le constater, la spécification bio ne porte pas sur toutes les
viandes, mais uniquement sur deux lots et un seul pour le SIQO : le porc, la volaille et la
viande cuite. Pour les autres viandes (le bœuf, le veau, l’agneau), il n’est pas spécifié bio,
car les fournisseurs ne proposent que des carcasses entières, y compris les abats, ce qui
nous obligerait à proposer jusqu’à quatre menus différents relatifs aux différents
morceaux desdites carcasses.
Je précise aussi que pour le porc et la volaille, l’offre nous permet un achat local,
j’entends des Hauts-de-France, alors que pour les autres viandes, nous n’avions
justement aucune garantie qu’elles ne viennent d’ailleurs en Europe, avec toutes les
problématiques d’éthique et de l’impact carbone que cela peut engendrer.
En quelques chiffres, donc, et pour donner quelques éléments de réponse sur la
part du bio et du SIQO se rapportant à la loi EGalim, la Ville de Lille proposait dans ses
restaurants scolaires, en valeur et en 2020, 15,13 % des produits. En 2021, et l’année
n’est pas terminée, nous étions, au mois d’août, à 20,47 % d’aliments présentés. Nous
devrions atteindre, sans aléa climatique ou une incapacité du marché à répondre à la
demande, 25 % à la fin de l’année, l’objectif restant bel et bien d’atteindre les 50 % en
2022 et de proposer 100 % de produits bio, SIQO ou encore locaux en 2026.
Le travail se poursuit en amont, la trajectoire est lancée – j’aurai très
probablement l’occasion de réintervenir sur le sujet au moment du débat budgétaire, et
j’espère vous avoir rassurés sur ce point –, comme nous le montre, et j’y reviens, la
délibération de ce jour, qui, sans tenir compte des mini et des maxi, nous permet encore
de faire évoluer les chiffres, cette délibération, donc, qui, en l’état, consacre 29,6 % du
bio et du SIQO, et ça, c’est biau !
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci, Madame TROTTEIN.
Je mets aux voix la délibération de Madame TROTTEIN.
Qui est pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Faire
Respirer Lille)
Contre ? (Le groupe Lille Verte)
Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre.
Je vous remercie.
114
Nathalie SEDOU, sur la délibération 21/534, dans le dossier de Jérôme
PIANEZZA.
Chemise 40
RELATIONS INTERNATIONALES Rapporteur : Jérôme PIANEZZA
ET EUROPÉENNES Conseiller municipal délégué
21/534 Relations internationales et européennes – Association SOS
Méditerranée – Aide humanitaire d’urgence en Méditerranée – Subvention
– Convention.
Madame SEDOU - Chers collègues,
Nous approuvons sans réserve ce soutien augmenté à SOS Méditerranée, tout
en regrettant son impérieuse nécessité. Des gens meurent en Méditerranée, parce que
la frontière européenne est une forteresse difficile à franchir et cela nous fait honte. C’est
ce qui rend cette délibération essentielle.
Nous avons besoin ce soir de redire que sauver des vies en mer, cela implique
aussi un accueil digne sur terre et, Madame le Maire, vous avez toutes les cartes en main
pour aller jusqu’au bout de l’humanité contenue dans cette délibération. Ce que vous avez
fait pour des familles afghanes cet été avec une réactivité qui vous honore, vous pouvez
le faire pour sortir du dénuement les exilés qui subsistent dans notre ville, notamment à
quelques centaines de mètres d’ici, sur la friche Saint-Sauveur, au parc Matisse, dans
des tentes ou des bidonvilles.
Vous avez toutes les cartes en main, d’abord, parce que votre Majorité est
composée de Socialistes, Communistes, Humanistes ; ces mots ont un sens et renvoient
aux valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, que notre groupe partage absolument avec
vous. Plus encore, votre Majorité est constituée de médecins, avocats, enseignants,
militants de l’éducation populaire dont la vocation est de porter secours, de faire grandir
l’intelligence et le civisme. Enfin, dans votre majorité, vous comptez le Premier Adjoint de
Lomme, Monsieur CAREMELLE, qui a une précieuse expérience dans l’accueil des
exilés, suite à son action remarquable à Grande-Synthe avec Damien CARÊME.
Vous avez – en plus – hors de la Majorité, non pas une large opposition de droite,
sourde aux inégalités du monde, qui gesticule contre l’immigration pour flatter les bas
instincts des électeurs. Non, mais vous pouvez compter sur nous, 12 élus Écologistes, de
gauche, avec les valeurs d’entraide et solidarité chevillées au corps, déterminés à vous
encourager. Plus encore, nous sommes plusieurs dans notre groupe à savoir dans notre
chair ce que sont la galère de la rue, la xénophobie ou le funeste éloignement des siens.
Surtout, vous avez toutes les cartes en main parce que la générosité de la
population lilloise est connue. Elle était manifeste en août, quand vous avez lancé un
appel aux dons pour les familles afghanes, et vous l’avez très bien rappelé en début de
séance. Et plus encore, il y a dans notre ville des militants admirables, bénévoles ou
115
salariés, jeunes et moins jeunes, dans des associations ou isolément, qui se relaient pour
porter assistance, de l’eau, de la nourriture, de l’écoute, aux exilés de la friche, du parc
Matisse, et d’ailleurs. Avec difficulté parfois, comme on a pu voir dernièrement et cet été
sur la friche. Sans toutes ces personnes de bonne volonté, les exilés à la rue, dont des
mineurs, seraient abandonnés.
Des solutions transitoires de mises à l’abri, inventées par des bénévoles, ont
existé et ont été démantelées, empêchées, dans une logique répressive. C’est désolant
et contraire à l’esprit qui nous anime ce soir en votant ce soutien. Cela pourrait se passer
autrement, car c’est une obligation morale. Le principe de fraternité a été reconnu par la
loi en 2018 et le droit à l’hébergement opposable concerne tout le monde, y compris les
personnes en situation irrégulière. Madame Aubry, vous pourriez avoir de l’influence en
la matière : nous avons vu combien votre détermination et votre notoriété pouvaient être
efficaces auprès de l’État pour l’accueil des familles afghanes. Vous avez toutes les cartes
en main, et c’est tant mieux.
Alors, on nous rétorque souvent que c’est « difficile », « complexe ».
Admettons… C’est pour cela que nous vous proposons de rejoindre l’Association
nationale des villes et territoires accueillants, dont Monsieur CAREMELLE est d’ailleurs
membre à titre individuel. C’est pourquoi notre groupe est disponible pour contribuer aux
solutions et d’autres élus dans notre métropole le sont tout autant.
Mais restons humbles : ce qui est difficile, ce n’est pas d’insister auprès du Préfet
pour qu’il laisse les gens tranquilles ou auprès du Département pour qu’il assume son rôle
de protection de l’enfance et de la jeunesse. Ce qui est difficile, le mot est faible, c’est de
quitter son pays sans retour, c’est de subir la torture et la prison en Libye, c’est de risquer
l’échec ou la mort à tout instant sur le chemin de l’exil, c’est de traverser tant d’épreuves
pour, au final, réaliser que les richesses et services au Nord se partagent très peu.
Puis-je vous recommander, chers collègues, de lire ce livre d’Antonin RICHARD :
« Ce matin la mer est calme ». L’auteur est un jeune lillois qui mène des missions de
sauvetage en mer et qui a œuvré – et œuvre peut-être encore – pour SOS Méditerranée.
Vraiment, il force le respect. J’en citerai juste un bref passage, qui suit le récit d’un
naufrage très éprouvant dont lui et son équipe ont été témoins. Des heures plus tard, ils
approchent de nouveau un bateau pneumatique, et il raconte, je le cite : « Le sauvetage
est assuré autant par notre équipe que par les personnes à bord du rubber. Nos « invités »
sont pleins de vie, et sans le savoir ils rallument notre motivation. Dans l’équipage,
certains disent que ce n’est pas nous qui les avons sauvés, mais eux qui nous sauvent ».
« Ce n’est pas nous qui les avons sauvés, mais eux qui nous sauvent »… Chers
collègues de la Majorité, très sincèrement, je ne doute pas un instant que ces paroles
résonnent pour la plupart d’entre vous.
Les bénévoles en mer et sur terre nous obligent tous dans cette enceinte, d’autant
que le fond de l’air est inquiétant. Aussi, il nous revient à nous, membres de ce Conseil
Municipal de Lille, Lomme, Hellemmes, de ne pas laisser l’essentiel de la charge sur leurs
épaules et d’assumer notre responsabilité politique.
116
Nous vous avons transmis un courrier sur ce même sujet il y a un mois, Madame
le Maire. Nous n’avons pas encore eu de retour. Mais la meilleure réponse serait, en fait,
de vous voir réaliser sans tarder l’objectif qui se trouve au cœur du soutien à SOS
Méditerranée, proposé au vote ce soir : le secours, la protection, une rapide et effective
mise à l’abri pour les exilés contraints à la rue dans notre ville, comme vous y appellent
toutes celles et ceux qui se démènent pour eux, ici à Lille. Vous avez toutes les cartes en
main, et des personnes de grande valeur dans votre Majorité pour vous aider à y parvenir.
Madame la Maire, chers collègues, je vous remercie de votre attention.
Madame le Maire - J’ai du mal à recevoir des leçons sur cette question, et je vous
conseille, vous aussi, à titre personnel, comme je le fais depuis 40 ans, de recevoir des
exilés et des réfugiés chez vous et de vous en occuper tous les jours. Vraiment, sur cette
question, j’ai beaucoup, beaucoup de mal à recevoir des leçons, je vous le dis, parce que
c’est un de mes engagements les plus lourds et les plus forts. Je n’en parle jamais, mais
pas de leçon, s’il vous plaît.
Arnaud.
Monsieur DESLANDES - Merci…
Madame le Maire - Ce n’est pas dans les livres ; je les connais, les gens qui
vivent chez moi et qui ont vécu ce… je peux vous les présenter. Ce n’est pas dans les
livres, c’est dans la vie, c’est chez moi. Les leçons, ça va !
Monsieur DESLANDES - Sur la friche, honnêtement, on n’a aucune hostilité sur
la charte de l’ANVITA, c’est évident, on est quand même la Ville qui a fait, ici, en France,
la première, l’accueil des réfugiés en 2015, et sous l’autorité de Martine AUBRY
particulièrement, à l’évidence. Nous sommes aussi, à Lille, celle qui fait le plus de place
à l’hébergement d’urgence, et beaucoup plus que notre poids démographique ne devrait
le permettre ; même s’il y a un effet de centralité que l’on peut comprendre, nous sommes
très au-dessus.
Nous avons organisé avec Marie-Christine STANIEC-WAVRANT, avec le Maire,
les maraudes pendant le confinement, nous les avons faites avant le confinement et
encore après. Nous continuons à soutenir les actions des associations de maraude, de la
CMAO, nous avons organisé des distributions alimentaires, nous sommes auprès de ceux
qui sont les plus fragiles et qui sont à la rue. Non, nous n’avons pas d’hostilité,
évidemment, à l’ANVITA.
Pour autant, nous ne l’avons pas signée, pour une seule et bonne raison : comme
il y a une clause – on en a déjà parlé avec Olivier, il le sait – dans la charte, au début,
dans le texte, qui prévoit quand même de laisser aux collectivités, à un moment donné,
la charge de ce que l’État ne fait pas. Or, c’est quand même d’abord la compétence de
l’État, et donc, nous ne voulons pas à tout prix dire que si l’État ne fait pas, nous ferons
forcément, ce n’est pas possible.
117
L’exemple type est ce qui se passe sur la friche Saint-Sauveur ; c’est compliqué,
il y a des migrants, vous l’avez dit, mais il n’y a pas que cela, il y a des toxicos, des junkies,
des prostituées, des mineurs non accompagnés, tout un tas de trafics qui se passent
dessus, et, sur le signalement des associations début juillet, qui parlait « de traite »,
« d’esclavage », « de séquestration », de « torture », « de viol », de « règlement de
compte », « de prédation », « d’exploitation », nous avons saisi le Procureur de la
République au titre de l’article 40 – c’était la seule chose que nous pouvions faire –, qui a
ouvert une enquête préliminaire et, parallèlement, avec Marie-Christine et avec les
services de la Ville, nous avons continué le travail auprès des associations pour pouvoir
faire l’évaluation des vulnérabilités qui sont sur ce site, identifier les personnes qui sont là
et pouvoir les protéger ; les protéger veut dire les protéger des autres, mais souvent les
protéger d’eux-mêmes aussi. C’est ce qui rend la chose plus difficile et ce qui rend les
choses un peu plus lentes, j’en conviens, à la réalisation.
Madame le Maire - Je mets aux voix les délibérations de Jérôme PIANEZZA.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je vous remercie.
21/533 Relations internationales et européennes - Attribution de subvention à
l'Institut Régional du Travail Social (IRTS).
21/535 Relations internationales et européennes - Accord de coopération entre
la Ville de Leeds et la Ville de Lille - Renouvellement.
Adoptées.
LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS
21/532 Lutte contre les discriminations - Subventions 2021 - 2ème répartition.
Adoptée.
Dans l’ordre, d’abord, un pot de miel, pour essayer d’adoucir l’atmosphère ; c’est
toujours bon pour la gorge, et pour le moral, j’imagine. C’est Le Petit Pot de Miel produit
dans les ruches de notre ville, et je vous rappelle que, depuis 2015, la Ville de Lille, en
lien avec WAAO, le Centre d’architecture et d’urbanisme à Lille, et Le Rucher École,
sensibilise à la préservation des abeilles sur notre territoire et a mis en place un parcours
de ruches dans les parcs de notre ville, du parc Matisse au parc des Dondaines et, depuis
le week-end dernier, deux nouvelles ruches – qu’on a vues tout à l’heure –, d’une
architecture contemporaine, sont installées au Jardin des plantes. Ça, c’est pour la
douceur.
118
Ensuite, si vous voulez bien voter, mes chers collègues, tous les dossiers sur
lesquels nous étions tous d’accord : 1, 2, 3, 12, 14, 15, 16, 17, 20, 22, 23, 26, 32, 33,
34, 36, 38.
(Unanimité)
Chemise 1 Rapporteur : Martine AUBRY
Maire de LILLE
21/397 Procès-verbal de la séance du 29 juin 2021.
Adoptée.
21/398 Compte-rendu au Conseil Municipal des arrêtés pris en vertu des articles
L. 2122-22 et L. 2122-23 du Code Général des Collectivités Territoriales.
Le Conseil Municipal prend acte.
21/399 Comité consultatif d'Éthique et de Transparence - Règlement intérieur -
Adoption.
Adoptée.
Chemise 2
COMMUNE ASSOCIÉE DE LOMME Rapporteur : Roger VICOT
Maire de LOMME
21/400 Commune associée de Lomme - Subvention 2021.
21/401 Commune associée de Lomme - Subventions à diverses associations.
21/402 Commune associée de Lomme - Conventions entre la Ville et les
associations.
21/403 Commune associée de Lomme - Projet Educatif Global - Programme
annuel d'actions.
21/404 Commune associée de Lomme - Subvention exceptionnelle à
l'Association des Clubs Sportifs Lommois (ACSL).
21/405 Commune associée de Lomme - Subventions aux collèges Guy Mollet et
Jean Zay.
119
Adoptées.
21/406 Commune associée de Lomme - Animation pédagogique du jardin
partagé de la Mitterie à Lomme - Convention de partenariat entre le
bailleur social Vilogia, l'association "Les AJOnc" et la Ville.
Adoptée.
(Audrey LINKENHELD et Jean-Claude MENAULT ne prennent pas part au vote.)
21/407 Commune associée de Lomme - Convention entre la Métropole
Européenne de Lille et la Ville relative à l'effacement des réseaux aériens
situés place Jean Jaurès à Lomme.
21/408 Commune associée de Lomme - Dénomination des voies du site
Multilom.
21/409 Commune associée de Lomme - Dénomination de voies du quartier
Mitterie à Lomme.
21/410 Commune associée de Lomme - Prestations extrascolaires, périscolaires
et restauration scolaire - Remise gracieuse.
Adoptées.
Chemise 3
COMMUNE ASSOCIÉE D'HELLEMMES Rapporteur : Franck GHERBI
Maire d’Hellemmes
21/411 Commune associée d'Hellemmes - Versement d'une subvention
complémentaire "Opération Eté 2021" au Club Léo Lagrange.
Adoptée.
(Béverley JOLIET ne prend part au vote.)
21/412 Commune associée d'Hellemmes - Convention entre la Métropole
Européenne de Lille et la Ville relative à l'effacement des réseaux aériens
rue Chanzy.
Adoptée.
Chemise 12
INCLUSION DES PERSONNES Rapporteur : Sylviane DELACROIX
EN SITUATION DE HANDICAP
120
21/484 Subventions destinées aux organismes à caractère social - Personnes
handicapées.
Adoptée.
(Marie-Pierre BRESSON, Catherine MORELL-SAMPOL, Arnaud TAISNE,
Sébastien DUHEM, Delphine BLAS, Sylviane DELACROIX, Mélissa CAMARA,
Vanessa DUHAMEL, Charlotte BRUN, Marielle RENGOT, Jacques RICHIR,
Franck HANOH, Didier JOSEPH-FRANCOIS, Nathalie SEDOU et Bernard
CHARLES ne prennent pas part au vote.)
Chemise 14
NOUVEAU PROGRAMME NATIONAL Rapporteur : Estelle RODES
DE RENOUVELLEMENT URBAIN Adjointe au Maire
21/485 Quartier Faubourg de Béthune - Secteur Concorde - NPNRU - PIA Villes
durables et solidaires - Avenant à la convention attributive de
subventions pour la mise en œuvre du projet d'innovation "Quartier à
santé positive".
Adoptée.
(Martine AUBRY, Stanislas DENDIEVEL, Jacques RICHIR, Estelle RODES et
Stéphane BALY ne prennent pas part au vote.)
21/486 Quartier Lille-Moulins - NPNRU - Etude urbaine "Buffon Thumesnil" -
Convention de groupement de commandes entre la MEL, le GIE META,
LOGIFIM et la Ville.
Adoptée.
(Audrey LINKENHELD et Jean-Claude MENAULT ne prennent pas part au vote.)
ACHATS TRANSVERSAUX
21/487 Vérification périodique et maintenance des installations pour la lutte
contre l'incendie et des défibrillateurs pour la Ville de Lille, ses
Communes associées de Lomme et Hellemmes, et leur CCAS.
Adoptée.
Chemise 15
AFFAIRES MILITAIRES ET Rapporteur : Franck HANOH
ANCIENS COMBATTANTS Adjoint au Maire
21/488 Association "Amicale des Anciens du 43ème RI" - Subvention de
fonctionnement 2021.
121
Adoptée.
Chemise 16
HÉBERGEMENT D'URGENCE Rapporteur : Marie-Christine STANIEC-WAVRANT
Adjointe au Maire
21/490 Hébergement d'urgence et maraudes - Subventions destinées aux
associations.
Adoptée.
Chemise 17
CONSEIL LOCAL DE SÉCURITÉ ET Rapporteur : Jean-Claude MENAULT
DE PRÉVENTION DE LA DÉLINQUANCE Adjoint au Maire
21/491 Subvention à l'association « Paroles d'habitants ».
Adoptée.
MAISON DE LA MÉDIATION ET DU CITOYEN
21/492 Subvention au Conseil Départemental d'Accès au Droit (CDAD).
Adoptée.
Chemise 20
SPORT Rapporteur : Sarah SABE
Adjointe au Maire
21/495 Associations sportives - Attribution de subventions pour l'organisation
de manifestations sportives ou à caractère exceptionnel.
21/496 Accueil de personnes handicapées - Attribution de subventions à
diverses associations sportives.
21/497 Action d'insertion qualification en faveur des clubs sportifs lillois -
Contrats d'apprentissage - Partenariat avec l'association Profession
Sport 62.
21/498 Palais des Sports Saint Sauveur - Fixation de la redevance d'occupation
du site par le Lille Métropole Basket SASP - Saison 2021/2022.
122
21/499 Construction de la salle de sport Saint-Sauveur - Autorisation de
signature du marché de travaux.
Adoptées.
Chemise 22
VIE ASSOCIATIVE Rapporteur : Marielle RENGOT
Adjointe au Maire
21/514 Vie associative - Subventions à plusieurs associations - Aide au
démarrage.
Adoptée.
Chemise 23
LUTTE CONTRE LE DÉCROCHAGE SCOLAIRE Rapporteur : Olivier CAREMELLE
Adjoint au Maire
21/515 Approbation de la convention de subvention formalisant la contribution
financière de la Caisse des Ecoles à la Ville de Lille, dans le cadre de la
Prévention et la Lutte contre l'évitement scolaire.
Adoptée.
(Charlotte BRUN, Olivier CAREMELLE, Camille STIEVENARD, Delphine BLAS,
Eddie JACQUEMART et Mélissa CAMARA ne prennent pas part au vote.)
Chemise 26
LECTURE Rapporteur : Catherine MORELL-SAMPOLL
Adjointe au Maire
21/516 Lecture publique - Subvention à Escales des Lettres.
Adoptée.
BIBLIOTHÈQUES ET MÉDIATHÈQUES
21/517 Bibliothèque municipale - Renouvellement de l'adhésion à la démarche
« Rythme ma bibliothèque » de la Métropole Européenne de Lille.
Adoptée.
123
POLITIQUE MÉMORIELLE
21/518 Politique mémorielle - Subvention à l'association « Les Ami.e.s de Martha
Desrumaux ».
Adoptée.
Chemise 32
EDUCATION POPULAIRE Rapporteur : Eddie JACQUEMART
Conseiller municipal délégué
21/520 Délégation Éducation Populaire - Subvention à l'association « Les
Soirées du 3ème Type ».
Adoptée.
ACCÈS AUX VACANCES ET LOISIRS
21/521 Dispositif "Tous en vacances !" - Adhésion au programme "Bourse
Solidarité Vacances" de l'Agence Nationale pour les Chèques Vacances
(ANCV) - Convention 2021.
Adoptée.
Chemise 33
PETITE ENFANCE Rapporteur : Camille STIEVENARD
Conseillère municipale déléguée
21/522 Cités Educatives - Projet Classes Passerelles. Subvention de la Caisse
des écoles.
Adoptée.
(Charlotte BRUN, Olivier CAREMELLE, Camille STIEVENARD, Delphine BLAS,
Eddie JACQUEMART et Mélissa CAMARA ne prennent pas part au vote.)
21/523 Petite Enfance - Maison de Quartier Les Moulins - Subvention
complémentaire 2021.
21/524 Association Société de Protection et de Réinsertion du Nord (SPRENE) -
Mise à disposition de locaux situés dans le bâtiment de la Maison de
l'enfant et de sa famille au 2, rue de la Loire à Lille - Gratuité.
Adoptées.
124
Chemise 34
SENIORS Rapporteur : Justine RATELADE
Conseillère municipale déléguée
21/525 Seniors - Politiques intergénérationnelles.
Adoptée.
Chemise 36
JARDINS FAMILIAUX ET PARTAGÉS Rapporteur : Christelle LIBERT
Conseillère municipale déléguée
21/526 Budget participatif - Aménagement du jardin Niwa Hanagara - Gratuité de
la mise à disposition par la Ville à l'association Maison de Quartier les
Moulins d'une partie du terrain situé 9, rue Edouard Herriot à Lille -
Subvention en nature à l'association - Avenant à la convention d'objectifs
entre l'association et la Ville.
Adoptée.
Chemise 38
BUDGET Rapporteur : Marion GAUTIER
Conseillère municipale déléguée
21/527 Ville de Lille et Communes associées Hellemmes et Lomme - Exercice
2020 - Affectation des résultats.
21/528 Exercice 2021 - Ajustements - Virements de crédits - Autorisations de
programme et crédits de paiement - Budget principal - Décision
Modificative n° 2.
21/529 Exercice 2021 - Ajustements - Virements de crédits - Autorisations de
programme et crédits de paiement - Décision Modificative n° 2 pour le
budget annexe de la Commune associée de Lomme.
21/530 Exercice 2021 - Ajustements - Virements de crédits - Autorisations de
programme et crédits de paiement - Décision Modificative n° 2 pour le
budget annexe de la Commune associée d'Hellemmes.
21/531 Exercice 2021 - Ajustements - Virements de crédits - Décision
Modificative n° 2 pour le budget annexe du Restaurant Municipal.
125
Adoptées.
Je vous remercie.
Enfin, après avoir passé en bloc nos délibérations, je vous signale que plusieurs
élus ont signalé au service des Instances qu’ils ne votaient pas des délibérations qui
n’avaient pas été inscrites au tableau des déports. Chacun en a fait état, ce sera donc
noté dans le PV de la séance.
Il ne me reste plus - mais nous avons été très raisonnables ce soir, il n’est que
22 heures 30 - qu’à vous souhaiter une très bonne soirée. À bientôt.
(La séance est levée à 22 heures 30.)
126
PDF https://www.lille.fr/content/download/308683/3433622/file/s%C3%A9ance+du+08+octobre+2021.pdf
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