Procès verbal du CM du 10 décembre 2021 (.pdf)

Lille 10 décembre 2021 11 délibérations
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Autres decisions

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Vie associative

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Environnement

Résumé

Synthèse par thème

💶 Finances & Budget 1 deliberation

pour le budget

🌱 Environnement 1 deliberation

: énergie – impulser la transition énergétique du territoire » ; on n’y

🏗️ Urbanisme & Travaux 1 deliberation

à la convention pluriannuelle ❌

📄 Autres decisions 8 deliberations

à la convention de

à la convention de partenariat entre l'association

à la convention de partenariat entre

est rejeté à la majorité, le groupe Lille en commun, durable ❌

est rejeté, le groupe Lille en commun, durable et solidaire ❌

: Lille, ville productrice et

et 2 autres

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Délibérations (11)

📄 Autres decisions 5 délibérations
1

à la convention de

1

est rejeté à la majorité, le groupe Lille en commun, durable

1

à la convention entre la

2

est rejeté, le groupe Lille en commun, durable et solidaire

3

: Lille, ville productrice et

🤝 Vie associative 3 délibérations
1

à la convention de partenariat entre l'association

1

à la convention de partenariat entre

1

à la convention pluriannuelle

🌱 Environnement 1 délibération
1

: énergie — impulser la transition énergétique du territoire » ; on n’y

🏛️ Administration 1 délibération
1

portant modification des dates de prêt.

💶 Finances & Budget 1 délibération
3

pour le budget

Document intégral
411 117 car.
Procès-verbal de la séance
du 10 décembre 2021.
- 1 / 1 -
PROCES VERBAL
de la séance du Conseil Municipal du 10 décembre 2021
La séance, convoquée le 03 décembre 2021, est ouverte à 17 heures 15, sous la
présidence de Madame Martine AUBRY, Maire de Lille.
Madame le Maire - Mes chers collègues, bonsoir.
Je donne la parole à Beverley JOLIET, qui va faire l’appel.
(Il est procédé à l’appel par Beverley JOLIET, secrétaire de séance.)
Groupe Lille en commun, durable et solidaire : M. AGOUNI, MMES. AUBRY, BADERI,
BLAS, BRESSON, BRUN, MM. CAREMELLE, DAVID-BROCHEN, MME DELACROIX,
MM. DENDIEVEL, DESLANDES, DUHEM, MME. GAUTIER, M. GHERBI,
MME. GOFFARD, MM. HANOH, JACQUEMART, MME. JOLIET, M. JOSEPH-
FRANCOIS, MME. LECHNER, M. LEPETIT, MMES. LIBERT, LINKENHELD,
MM. MARTIN, MENAULT, MMES. MORELL-SAMPOL, MOUNIER-VEHIER,
MM. OULKEBIR, OURAL, PIANEZZA, PILETTE, POSMYK, MMES. RATELADE,
RENGOT, M. RICHIR, MMES. RODES, SABE, STANIEC-WAVRANT, M. TAISNE,
MME. TROTTEIN, M. VICOT.
Groupe Lille Verte : M. AL DANDACHI, MME. BALMELLE, M. BALY, MMES. BOCQUET,
CAMARA, M. CREPEL, MME. DABIT, M. GUIZIOU, LOUCHART, MMES. NICOLAS,
SEDOU.
Groupe Faire Respirer Lille : MME BRULANT-FORTIN, MM. CHARLES, DOUFFI,
MMES. DUHAMEL, SPILLEBOUT.
Etaient excusés :
Groupe Lille en commun, durable et solidaire : MMES. GOMIS (pouvoir),
STIEVENARD (pouvoir).
Groupe Lille Verte : M. BONNET (pouvoir)
Groupe Faire Respirer Lille : M. LEBAS (pouvoir)
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Madame le Maire - Bonjour à tous. Je salue tous les conseillers municipaux.
Nous nous retrouvons une nouvelle fois dans ce conseil de rentrée avec une
configuration particulière sur les consignes sanitaires.
Je retirerai mon masque pendant que je parlerai en respectant les distances et je
le remettrai après. Ici, nous allons bien évidemment continuer à appliquer la distanciation
physique et le port du masque.
Je voudrais saluer les membres de l’administration, les conseillers de quartier.
Nous avons ouvert le nombre de places qui était possible aux conseillers de quartier et à
ceux qui nous ont rejoints. Je salue les Lilloises et les Lillois qui, grâce à la retransmission,
vont pouvoir suivre notre conseil ce soir.
(Projection de diapositives)
Nous commençons toujours ce conseil par des nouvelles attristantes pour nous,
la perte de personnalités lilloises qui ont touché les uns et les autres et certains des
milieux de la ville.
Je voudrais commencer par la disparition d’André PONCELET, survenue le
29 octobre.
André PONCELET était un homme d’entreprise, mais aussi un homme engagé.
Quand je suis arrivée à Lille à la fin des années 90, Lille avait cette réputation d’avoir des
grands chefs d’entreprise très engagés socialement et très engagés auprès des plus
pauvres. André PONCELET en faisait partie. C’était à la fois un chef d’entreprise, mais
aussi un homme qui, éclairé par sa foi, s’est engagé auprès des plus fragiles pendant
toute sa vie. Je crois que nous devons vraiment le saluer pour ces deux éléments.
Cela a aussi été auparavant un ancien combattant. C’est un homme qui était
engagé dans le cadre de beaucoup de missions de l’Eglise, par exemple en allant à
Lourdes, mais aussi tout simplement dans la vie dans la ville de Lille. Il a notamment été
coordinateur de la banque alimentaire, parce que, déjà à ce moment-là, beaucoup de ces
femmes et de ces hommes, pas seulement ceux qui vivent dans la rue, avaient besoin de
la solidarité de tous pour pouvoir subvenir aux besoins élémentaires. André PONCELET
faisait partie de ces hommes et de ces femmes très engagés dans cette solidarité et dans
la banque alimentaire.
Il était engagé dans la visite des malades dans les hôpitaux et aussi en
accompagnement des gens du voyage. Je voudrais saluer cet engagement. On ne peut
pas dire qu’il ait fait beaucoup d’exemples aujourd’hui. C’était un homme complet, un
homme qui savait faire en sorte de porter ses croyances et ses valeurs dans sa vie
professionnelle comme dans sa vie dans la société. Je pense que, à cet égard, nous
devons le saluer.
2
Je voudrais bien évidemment redire en notre nom à tous à sa famille et
particulièrement à ses deux fils, avec qui la Ville travaille depuis des années, combien
nous avons pensé à eux et combien nous admirions leur père.
Je salue Etienne que chacun connaît, inspecteur général des monuments
historiques avec lequel les services de la Ville et les élus ont beaucoup travaillé depuis
des années, avec parfois des désaccords, mais avec toujours la volonté de défendre le
patrimoine tel qu’on l’aime, c’est-à-dire un patrimoine qui aujourd’hui – cher Didier
JOSEPH-FRANÇOIS – peut avoir de nouveaux usages ou garder les usages anciens,
mais en tout cas un patrimoine qui est gardé.
Je salue aussi Benoît, directeur du CAUE. Nous travaillons avec lui sur les carnets
de paysages, c’est-à-dire l’étude dans la ville de ce qui concerne le paysage,
l’environnement, avec qui nous travaillons aussi sur la restauration de Naplouse. Là aussi,
ses conseils nous sont extrêmement importants pour la restauration d’un certain nombre
de monuments au centre de Naplouse, notre ville jumelée dans l’État palestinien.
Je dis cela parce que, derrière votre père, vous continuez cette volonté d’être
engagés dans la ville où vous êtes. Je voulais vous redire notre peine, que nous
partageons avec vous au nom de l’ensemble du Conseil.
Le monde de la culture a été endeuillé par la perte de Michel DEGAND, qui s’est
éteint le 19 octobre.
C’était un peu un touche à tout, c’est-à-dire la peinture, la sculpture, l’édition
graphique, la tapisserie. Il laisse le souvenir d’un artiste extrêmement passionné et
talentueux. Il nous lègue un grand patrimoine culturel. Il a en effet réalisé plusieurs
œuvres monumentales en tapisserie et en sculpture, pour le Palais de justice de Lille et
pour deux stations de métro, à Rihour et à Fives.
Nous avons évidemment fait part à sa famille et à ses proches de notre soutien.
Je voudrais le redire au nom du Conseil Municipal.
L’émotion à la disparition de Frédérique GUILLERAND le 10 novembre dernier a
été grande dans son quartier du Vieux-Lille.
Je pense que tout le monde la connaissait au moins de vue. C’était une femme
très impliquée dans la vie associative lilloise et particulièrement dans son quartier auquel
elle était extrêmement attachée. C’était une femme de dialogue. Elle était passionnée par
les nouveaux projets à Lille. C’est toujours extrêmement intéressant d’avoir une personne
qui a vécu une autre période, qui se passionne pour les nouveaux projets et nous donne
son avis. Elle s’est d’ailleurs engagée dans la Commission Rayonnement et équipement
de la ville qu’elle a présidée au sein des commissions au sein du Conseil Communal de
Concertation où elle a toujours montré ses idées, sa conviction d’agir, d’aller plus loin et
d’accompagner le changement de la ville.
3
Je voudrais là aussi apporter de la part de vous tous tout notre soutien à sa
famille.
Je voudrais saluer la mémoire de Monique AMYOT qui nous a quittés le
2 novembre dernier.
Monique AMYOT était une bénévole au sein du Comité du quartier Saint-Sauveur.
Décidément, le cœur de ville a perdu beaucoup de ses personnalités, de ses hommes et
ses femmes engagés. Elle avait été distinguée de l’ordre national du Mérite pour son
dévouement et son engagement. C’était une femme très généreuse qui, elle aussi, était
très proche des plus démunis et elle menait diverses actions de solidarité.
Je renouvelle à sa famille nos pensées de soutien.
Je voudrais enfin vous dire que les agents de la Ville ont eu la peine de perdre
leur collègue, Matthieu BYCZINSKI.
Depuis 2005, à la Maison Folie de Moulins, il était une personnalité que tout le
monde connaissait. Il était là tout le temps, il vous accueillait à la Maison Folie de Moulins.
Il était très respecté de ses collègues, bien sûr, mais aussi des habitants du quartier. Il
avait un caractère très entier, il disait les choses telles qu’il les pensait et il faisait en sorte
que cela fonctionne. Il était toujours là, très ouvert à la culture.
Il était, nous le savions, malade et il s’est éteint le 23 novembre. Je peux vous
dire qu’à ses funérailles, il y avait un nombre très important, bien sûr, de nos agents, mais
aussi d’hommes et de femmes du monde de la culture et du quartier de Moulins qui étaient
venus pour lui rendre un dernier hommage. C’était vraiment quelqu’un qui ne faisait pas
de bruit mais qui faisait un travail exceptionnel dans le quartier de Moulins.
Je voudrais redire à sa compagne et à ses enfants, Abel et Simon, que nous
sommes tout près d’eux dans cette période si douloureuse.
Vous l’avez sans doute vu, il y a eu un certain nombre de changements dans
notre ville, dans des fonctions importantes.
Maître Florent MEREAU, Bâtonnier de l’ordre des avocats de Lille, succédera
dans un an à Marie-Christine DUTAT, l’actuelle Bâtonnière. Il est responsable dans les
organes nationaux de l’Ordre, ce qui sera aussi important, notamment dans cette période
où l’on voit que, aussi bien du côté des avocats que de la magistrature, il y a de grandes
difficultés, je pense que ce sera une bonne chose pour les avocats de Lille.
Je vous informe aussi de l’élection d’Aurélie VERMESSE à la présidence de la
Chambre de commerce et d’industrie du Grand Lille. Je dois dire que nous en sommes
tous ravis, d’abord parce que c’est la première femme qui va prendre cette fonction et,
ensuite, parce que son engagement dans le rayonnement et l’attractivité de notre région
est bien connu. Elle est par ailleurs à la tête du Clarance dans le Vieux-Lille, elle est
présidente de la Commission Tourisme du MEDEF Grand Lille et membre des instances
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de l’agence Hello Lille. Nous lui souhaitons une pleine réussite et nous espérons que nous
aurons ainsi plus de contacts avec la Chambre de commerce et d’industrie, c’est en tout
cas ce qu’elle m’a dit très chaleureusement.
Je voudrais aussi féliciter en votre nom Régis BORDET, professeur à l’université
et praticien hospitalier au CHU, qui vient d’être élu comme nouveau président de
l’université. Vous savez que cela a beaucoup bougé ces dernières années : ce sont
d’abord les universités classiques qui se sont réunies et, aujourd’hui, il y a regroupement
de plusieurs structures pour créer un établissement public expérimental, dans lequel on
retrouve à la fois l’ENSEIT, l’ESJ de Lille, Sciences-Po, l’Ecole nationale de l’architecture
et du paysage à Lille, autour des universités. Ce sera le premier président de cet
établissement public expérimental. Cette réunion de l’ensemble de ces grands
établissements universitaires est sans doute la possibilité de les rendre encore plus
attractifs et de travailler avec eux notamment sur la qualité de vie des étudiants dans notre
ville.
Enfin, je voudrais vous parler du renouvellement qui s’est opéré au sein de la
communauté médicale d’établissement, la CME, au CHU. Jusqu’à présent, c’était le
professeur François-René PROUVOT, chirurgien hépato-bilio-pancréatique, qui était à sa
tête. Je voudrais vraiment le remercier parce qu’il a fait un travail extraordinaire, en
parallèle du directeur général du CHRU, Frédéric BOIRON, pour représenter l’ensemble
du corps médical. Nous avons toujours travaillé dans des conditions extrêmement fortes
et notamment pendant la pandémie où le contact était absolument permanent.
Dominique CHEVALIER, le chef du pôle ORL et chimie cervico-faciale, vient
d’être élu pour le remplacer, ainsi que Marie-Hélène VIEILLARD, onco-rhumatologue,
comme vice-présidente.
Je les félicite tous les deux, et particulièrement Dominique CHEVALIER, que,
avec Marie-Christine STANIEC, nous retrouverons la semaine prochaine au conseil du
CHU dont je dirai un mot tout à l’heure. Vous savez en effet que, avec la pandémie, le
plan blanc a été déclenché vendredi dernier. Aujourd’hui, les choses s’accélèrent et il y a
un travail tout à fait essentiel qui attend Dominique CHEVALIER, comme évidemment
l’ensemble des structures et des agents du CHU.
En matière culturelle, je voudrais que nous souhaitions la bienvenue à Célia
DELIAU, la nouvelle directrice du Prato. Jusqu’en 2016, elle était directrice du cirque Jules
Verne, le pôle national du cirque d’Amiens.
Son projet artistique pour le Prato est très intéressant parce qu’il part du cirque
mais il ouvre vers la transdisciplinarité. Elle souhaite vraiment faire émerger de nouveaux
artistes, ce qui est très bien.
Elle remplacera l’irremplaçable Gilles DEFACQUE, fondateur et directeur du
Prato. Je voudrais une fois de plus le saluer parce qu’il a fait du Prato une véritable
institution lilloise, comme je salue bien sûr la directrice adjointe Patricia KAPUSTA.
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C’était – et c’est toujours parce que nous allons bien évidemment continuer à
travailler avec eux – deux acteurs incontournables de la culture à Lille.
Je voudrais enfin saluer Aurélien CROS, commissaire central, chef de la division
de Lille, qui vient d’être nommé dans le Pas-de-Calais. Il va être installé à Arras comme
directeur adjoint de la sécurité publique dans le Pas-de-Calais. Il a passé 15 ans de sa
carrière à Lille, d’abord pour s’occuper de la brigade de la répression du banditisme, puis
des stupéfiants et de la criminelle et, depuis quelques années, il était chef de la sûreté
urbaine et chef de la division de Lille, donc la sécurité publique sur le terrain.
Je voudrais le saluer. Je lui ai d’ailleurs remis, en présence de nombreux élus,
dont Arnaud DESLANDES et Jean-Claude MENAULT, la médaille d’or de la ville.
Je dois dire que nous avons travaillé très étroitement avec le commissaire central
Aurélien CROS. Je salue la façon dont il a toujours traité les problèmes d’ordre public ici,
malgré des moments très difficiles – je pense aux manifestations où les black-blocs se
sont invités –. Il a toujours essayé de faire en sorte que la police se conforme à ce que
doit être son éthique. Je l’ai aussi salué pour cela, cela n’a pas été partout pareil. Même
dans les moments difficiles, il a fait preuve de grand sang-froid.
Je termine cette revue des personnalités par des félicitations à Ilyes MADJOUB,
que l’on connaît sous le nom de Ilyes ZOO. C’est un jeune Lillois qui vient de devenir
champion de France de Breakdance. Voilà un champion de plus dans notre ville. Il a
remporté à l’unanimité la finale du B-Boy. Inutile de vous dire que je ne connaissais pas.
Je ne sais pas si vous connaissez… Je vois que les jeunes font « oui », les moins jeunes
ne disent rien.
Je voudrais accueillir les nouveaux conseillers de quartier. S’ils sont là, ils peuvent
se lever, ce qui nous permet de les saluer.
- Je commence par Michèle FADE. C’est elle aussi une personnalité lilloise.
Je crois que tout le monde la connaît parce que c’est la directrice du
Nouveau Siècle. Elle rejoint le conseil de quartier de Lille-Centre comme
citoyenne volontaire, elle a été choisie par Franck HANOH. Je la remercie
vraiment de rejoindre ce conseil de quartier où elle apportera toute sa
connaissance de la ville et évidemment du monde de la culture.
- Christophe CARPENTIER, cafetier-buraliste et président de la
confédération des buralistes de Lille-Métropole, rejoint lui aussi le conseil de
quartier de Lille-Centre en tant que volontaire, nommé par le président.
Ils sont tous du quartier du Centre. Il manquait beaucoup de conseillers de
quartier et Franck HANOH a fait des choix ou a tiré un certain nombre de
personnes au sort.
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- C’est également le cas pour Sylvette PLUMECOCQ, 69 ans – qui est là –,
professeure retraitée, qui a été tirée au sort et qui a accepté cette fonction.
Je la remercie vraiment.
- Vincent DUTAILLY, 50 ans, architecte expert – qui est là aussi. Merci,
Monsieur, d’être présent. Vous aussi, vous avez été tiré au sort sur les listes
électorales.
Vous voyez comment le tirage au sort nous amène à avoir des personnes
qui ont des qualifications, des parcours professionnels différents et qui vont
justement apporter leurs compétences et leur vision de la ville à ce conseil
de quartier. Merci à vous de l’avoir accepté.
- Patrick ROBINET – qui est là aussi.
- Pierrick PLUCHARD, qui est cadre dans le privé, qui a 28 ans, volontaire lui
aussi, est également rentré dans ce conseil.
Je les accueille tous et les remercie.
(Projection de diapositives)
La Ville a été mise à l’honneur à plusieurs reprises depuis plusieurs semaines,
notamment avec deux prix à quelques jours d’intervalle.
Le 23 novembre, nous avons reçu le prix « Territoire bas carbone actif BBCA
2021 ».
Le BBCA est une association qui œuvre à la réduction de l’empreinte carbone
dans la construction et valorise les bonnes pratiques notamment à travers la création d’un
label.
Vous voyez sur la diapositive Stanislas DENDIEVEL qui est allé recueillir ce prix.
Cette association a reconnu – je cite – « les engagements concrets collectifs et
quotidiens qui sont pris par la Ville de Lille à travers la mise en place du Pacte Lille bas
carbone ».
Ma chère Audrey, au-delà de te remercier du travail énorme que tu as fait en la
matière, on n’a pas fini de parler de ce Pacte Lille bas carbone. Je dirai même qu’on en
parle quasiment tous les jours puisque tous les projets de construction qui nous sont
présentés actuellement le sont en respectant ces engagements extrêmement importants
puisqu’ils vont bien au-delà de la loi et ils amènent les intervenants dans le domaine de
l’aménagement, de la construction et de la rénovation à avancer vers ce bas carbone que
nous voulons le plus tôt possible dans notre ville.
7
Je rappelle que nous l’avons adopté le 29 juin dernier. Après le premier
Agenda 21 il y a 20 ans, ce Pacte s’est intégré dans le Plan lillois pour le climat qui a aussi
été préparé par Audrey LINKENHELD.
Nous avons également reçu le prix de « Meilleure grande ville pour la biodiversité
2021 », décerné par l’Office français pour la biodiversité, 11 ans après l’adoption de notre
plan sur la biodiversité et 9 ans après une première distinction comme capitale française
de la biodiversité.
Les mesures concrètes qui ont été saluées sont :
- la place de l’eau, de la faune et de la flore, particulièrement dans
l’aménagement de l’éco-quartier de la Haute-Deûle – je vous rappelle que,
aux Bois-Blancs, cher Akim, nous étions le premier quartier éco-durable
reconnu dans les années 2004-2005 – ;
- la gestion des eaux pluviales, qui a été conçue via un système de noues
plantées, que l’on voit maintenant dans la plupart des projets importants
lancés dans la ville, des jardins d’eau ;
- la désimperméabilisation et la végétalisation des cours d’école – chère
Charlotte – ;
- le plan « mares »,
- la trame noire Luciole – c’est Stéphane BALY qui a porté ce projet – ;
- le plan « 20 000 arbres » qui est en cours ;
- la restauration et la gestion des berges de la Deûle.
C’est ce qui a été cité par l’association dans les projets qu’elle a retenus comme
devant nous permettre d’avoir ce prix.
Je voudrais vraiment remercier les équipes de la direction la Nature en ville qui
travaillent avec les associations et les habitants pour préserver notre patrimoine de
biodiversité et même pour le développer, puisque, chaque année, on voit arriver de
nouvelles espèces qui reviennent dans la ville. Cela fait partie, que ce soit dans le
domaine de la faune ou de la flore, des conséquences de ce travail sur la biodiversité.
Nous poursuivons la mise en ligne des données publiques de la Ville de Lille.
Nous avons entrepris un très gros travail – je salue Stéphane KUTNIAK, le DGA chargé
de la culture – sur la publication des données culture, c’est-à-dire les inventaires des
musées de la ville, pour que les Lillois sachent ce que nous avons, le Palais des Beaux-
Arts, le Musée de l’Hospice Comtesse et le Musée d’Histoire Naturelle dont nous
parlerons beaucoup ce soir et j’en salue d’ailleurs la directrice qui est parmi nous. Les
premières données publiées concernent les collections minérales et ethnologiques du
Musée d’Histoire Naturelle qui peuvent maintenant être mieux connues par les Lillois.
Je vous propose que nous regardions une vidéo sur les derniers événements.
(Projection d’une vidéo)
8
Je pense que beaucoup de ces événements n’auront pas lieu dans les semaines
qui viennent. Nous étions encore dans une période où, en respectant strictement les
règles pour tous les événements dans la ville, en dedans et en dehors, nous pouvions
« faire la fête ». Continuons à être prudents.
Je vais vous dire quelques mots sur la situation sanitaire de la ville pour que
chacun comprenne – mais je crois que, ici, tout le monde est convaincu – qu’il faut
vraiment que l’on fasse très attention et que l’on aille jusqu’au bout de la vaccination.
À Lille, la remontée des taux d’incidence, même si elle est moins importante que
dans certaines de nos grandes villes voisines, est tout à fait importante. Il y a une semaine,
le 2 décembre, nous étions à un taux d’incidence – le nombre de cas pour 100 000
habitants – de 362 ; nous sommes aujourd’hui à 525. Vous le voyez, c’est une évolution
tout à fait essentielle. Pratiquement deux personnes sur trois qui se font tester ont le
Covid. De plus, ici comme ailleurs, depuis que les tests sont payants, je ne suis pas sûre
qu’on ait véritablement la totalité de la réalité de ce qui se passe.
Vous avez vu que, au CHU, le directeur général Frédéric BOIRON a activé le plan
blanc la semaine dernière, ce qui veut dire que l’on commence à déprogrammer des
opérations qui ne sont pas vitales pour les patients. Cela veut dire aussi que les choses
sont en train d’augmenter de manière considérable.
Je vous donne les chiffres d’aujourd’hui. Nous avons 70 cas de Covid
hospitalisés, dont 30 en réanimation. De nouveaux lits de réanimation ont été créés et
nous avons 40 lits potentiellement disponibles. Nous sommes à 30 mais l’évolution
actuelle continue, cela va devenir extrêmement difficile.
Par ailleurs, comme vous le savez, après ces deux ans et notamment après ces
différentes vagues qui nous submergent, le personnel médical et non médical de l’hôpital
est extrêmement fatigué et commence à vraiment ne plus en pouvoir, il faut le dire. Au-
delà des moyens dont l’hôpital a besoin pour fonctionner, il y a aujourd’hui face à cette
crise des personnes qui n’en peuvent plus. Ce n’est pas la volonté de ne pas travailler,
c’est au contraire la volonté de bien faire son travail et l’impression de ne pas arriver à le
faire. Pensons à eux et pour ne pas les oublier au lendemain. En effet, on a beaucoup
pensé à eux lors de la première vague, mais les décisions qui devaient être prises pour
les aider n’ont pas toutes été prises.
Le CHU de Lille n’a pas de problème pour embaucher, nous embauchons environ
10 personnes par semaine. C’est un CHU qui est attractif pour des personnes qui veulent
faire ce métier. En revanche, nous avons des gens qui sont malades et absents et cela
nous pose véritablement beaucoup de difficultés.
La situation s’est aussi dégradée parmi les agents de la Ville. Cette semaine,
nous avons 61 agents positifs et 120 à l’isolement. Ce sont les chiffres les plus hauts
depuis novembre dernier et ce, je voudrais le dire, malgré les précautions qui sont prises
et le fait que les agents respectent vraiment les consignes. On a vu d’ailleurs que,
aujourd’hui – et ce n’est pas que chez nous –, beaucoup de cas arrivent par les enfants
9
vers les parents parce qu’ils sont asymptomatiques, il est donc difficile de le prendre en
compte.
Charlotte BRUN, Florence MAGNE et Emmanuel NOLEVAUX, qui suivent cela
tous les jours, nous disent que nous atteignons aujourd’hui un record puisque 31 classes
sont impactées avec un cas de Covid et quatre classes sont fermées. En effet, le
Gouvernement a décidé de ne fermer les classes qu’à partir de trois cas avérés de Covid,
ce que je ne comprends d’ailleurs pas ; je ne suis pas sûre que, entre la détection d’un
cas et de trois cas, il n’y ait pas du Covid qui circule chez les enfants et on voit bien
comment cela peut entraîner ensuite des contaminations pour leur famille et pour leurs
parents.
La situation est donc extrêmement sérieuse, nous devons redoubler de
précaution.
Dans les annonces gouvernementales du lundi 6 décembre, il n’y a pas grand-
chose qui change pour nous, en dehors de la fermeture des discothèques. Avec
l’Éducation nationale et particulièrement dans notre ville, nous avons souhaité que le
protocole sanitaire soit le plus strict possible. Alors, par exemple, que nous n’étions plus
obligés d’avoir des bulles à la récréation et à la restauration, nous avons toujours
maintenu cette disposition. Les enfants doivent maintenant porter le masque y compris
en récréation, mais c’était déjà le cas dans la plupart des écoles de Lille. Nous n’avons
donc pas eu à changer de pratiques depuis les annonces de lundi.
Autre élément – mais nous faisons déjà très attention –, les écoles ne doivent pas
être ouvertes pour d’autres personnes que celles qui doivent y rentrer, c’est-à-dire les
élèves, les enseignants et le personnel municipal.
Nous avons annulé les goûters prévus partout dans les écoles, dans les espaces
seniors, comme l’ensemble des réveillons prévus dans les locaux municipaux, ainsi que
les cérémonies de vœux, même si nous avons un peu hésité, mais l’évolution de cette
dernière semaine nous a amenés à penser que nous ne pouvions pas faire ces vœux.
Toutes les manifestations organisées par la Ville en intérieur sont annulées, elles sont
maintenues en extérieur pour l’instant dans le cadre strict du respect des gestes barrières.
Nous avons vraiment dit aux associations que nous leur conseillions vivement –
mais ce sont elles qui décident – d’annuler ou de reporter les événements et, jour après
jour, nous apprenons l’annulation de ces fêtes, de ces rendez-vous qui sont pourtant très
importants en cette fin d’année, notamment pour les personnes isolées. Je vois que,
évidemment sans gaieté de cœur pour nous tous, chacun pense qu’il faut faire
extrêmement attention.
À Lille, comme ailleurs, nous pensons qu’il faut aller jusqu’au bout de la
vaccination. Depuis l’été, alors que le Zénith était encore ouvert et effectuait un grand
nombre de vaccinations, nous avons souhaité aller dans la vaccination de proximité. À
Lille-Sud, Moulins, Wazemmes, Fives, comme à Hellemmes et Lomme et, tout
10
récemment, à Faubourg de Béthune, au 7 octobre, il y avait 6 969 personnes vaccinées
avec 94 dates depuis juillet.
Nous continuons avec l’idée que nous devons essayer de convaincre à la fois
ceux qui avaient du mal à se déplacer et ceux qui ont des craintes sur la vaccination. Je
remercie les élus qui sont allés au contact des habitants. Je remercie aussi nos
partenaires, l’ARS, le CHU de Lille, le Centre de santé Decarnin de Fives, l’Institut
Pasteur. Nous travaillons main dans la main avec l’ensemble de ces acteurs.
Nous avons décidé d’ouvrir un centre de vaccination avec le GHICL, le
groupement hospitalier de l’institut catholique de Lille, dans le lieu qui attend toujours la
salle de consommation à moindre risque. Je le dis tout de suite, comme je l’ai dit au
Premier Ministre, ce n’est pas un abandon de ce projet, nous attendons toujours l’arrêté
du Ministre de la Santé et nous ne comprenons toujours pas pourquoi cet arrêté ne nous
est pas donné alors que nous avions l’accord du Ministère de la Santé et alors que ce lieu
remplit toutes les conditions de la loi et qu’il est soutenu par tous les acteurs de la ville qui
sont concernés par ce centre. Ce centre ayant été mis en place à la suite de la lettre
d’accord du Ministre de la Santé, nous avons considéré que, avant d’avoir un accord pour
cette salle de consommation à moindre risque, il fallait l’utiliser. Comme nous
réfléchissions juste à trouver un lieu à Faubourg de Béthune, ce centre est installé depuis
mercredi au 53 boulevard de Metz et, à partir de lundi, il pourra faire jusqu’à 600
vaccinations. Le nombre de rendez-vous a augmenté jour après jour depuis mercredi et
il commence à bien se remplir. On peut y avoir accès par Doctolib ou en y arrivant
directement sans rendez-vous. Il est ouvert du lundi au vendredi de 9 heures à 13 heures
et de 13 heures 30 à 17 heures. Sa capacité de vaccination augmentera au fur et à
mesure des besoins.
Nous essayons de faire le maximum pour que la vaccination s’approche le plus
possible des 100 % des Lillois. Le directeur général du CHU me disait encore ce matin
qu’entre 85 % et 90 % des personnes qui étaient aujourd’hui hospitalisées ou en
réanimation n’étaient pas vaccinées et que, sur les 10 % à 15 % de personnes vaccinées,
il ne connaissait pas de cas de personnes qui n’aient pas des problèmes, soit de
comorbidité, soit d’âge avancé. Réellement, s’il en était encore besoin, il faut redire que
la vaccination nous protège individuellement et collectivement et que nous ne pouvons
plus reculer maintenant.
(Projection de diapositives)
J’en arrive aux actualités festives. Il n’y en a pas beaucoup, vous avez vu que
nous avons pratiquement tout annulé.
Néanmoins, les illuminations cette année sont importantes dans notre ville, il faut
retrouver un peu de couleurs, de gaieté, de lumière. Nous avons installé près de 2 600
décorations. Je voudrais remercier les agents de la Ville, Floriane GABRIELS et
l’ensemble de ses équipes.
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Le marché de Noël a ouvert le 19 novembre dernier. J’en discutais encore hier
avec Romuald CATOIRE. Aujourd’hui – et c’est très contrôlé par notre Police Municipale
–, les normes sont strictement respectées. En tout cas, le contrôle a lieu en permanence
sur le port du masque et sur la distanciation et, si on se rendait compte que les choses
allaient mal, le président de la fédération, que je félicite pour ce beau marché de Noël, me
l’a dit, nous fermerions. Aujourd’hui, nous surveillons et regardons si nous pensons qu’il
doit y avoir un risque ; pour l’instant, ce n’est pas le cas.
Quelques mots sur les derniers événements solidaires organisés dans ou par la
Ville.
Lundi soir, nous avons remis à 48 bénévoles, citoyens et membres associatifs de
Lille, de Lomme et d’Hellemmes les trophées de l’engagement. Cela a été l’occasion là
aussi de rendre hommage à ceux qui passent une partie de leur temps, qui apportent
leurs compétences, leur énergie à des associations. Avec Arnaud DESLANDES et
Marielle RENGOT, pour cette septième édition et devant beaucoup d’élus de la Majorité
que je remercie, et particulièrement tous les présidents de quartier, nous avons remis leur
trophée à ces personnes engagées.
Je mets à l’honneur aussi le Conseil Municipal d’Enfants qui a réussi, grâce à la
générosité des Lillois, à récolter près de 700 boîtes de Noël, ces boîtes qui sont ensuite
distribuées par l’association El Paso aux personnes qui vivent dans la rue et qui sont en
grande précarité. 700 personnes, dont 400 enfants, accompagnés par le Secours
populaire, ont aussi cette semaine déjeuné dans un restaurant de la ville. C’est une fois
de plus l’occasion de saluer le Secours populaire. Ces enfants et ces familles sont allés
sur la grande roue le matin et ont pu aller dans des restaurants de la ville. Pour y être
allée avec Arnaud DESLANDES, beaucoup d’enfants nous disaient « je ne suis jamais
allé au restaurant, c’est la première fois, c’est la fête ». Ce sont ces gestes de solidarité
qu’il nous faut retenir dans cette période aussi difficile.
Un petit mot sur le label « Ville engagée contre le SIDA ». La Ville a reçu ce label
qui félicite le travail de l’équipe municipale en la matière et nous encourage à continuer.
Je rappelle que, pendant cette période, les actions de prévention ont beaucoup reculé. Il
y a d’ailleurs eu une belle campagne lors de cette journée internationale pour rappeler
véritablement la nécessité de continuer à pousser à cette prévention. Je rappelle que le
SIDA tue 2 100 personnes par jour dans le monde. Même si, aujourd’hui, les traitements
sont là et heureusement, il faut continuer à se battre et ne pas oublier ce fléau.
Un mot aussi pour dire que l’on doit tous se féliciter, même ceux qui n’aiment pas
le foot, que, après un très beau match contre Wolfsburg (3 à 1), le LOSC arrive en
huitième de finale de la ligue des champions. Cela fait 15 ans que cela ne nous était pas
arrivé, cela ne nous était arrivé qu’une fois. Ne boudons pas notre plaisir, en tout cas pour
ceux qui aiment le foot et qui sont des fans du LOSC. Nous sommes aujourd’hui dans le
top 16 européen, après avoir été double champion l’année dernière. Il y a maintenant le
tirage au sort, je ne vais pas vous parler des adversaires parce que cela fait peur. Ce
tirage au sort aura lieu lundi, nous espérons que cela va continuer ainsi.
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Enfin, je voulais vous informer que nous avons décidé avec Audrey LINKENHELD
et Akim OURAL de mettre en place un comité de suivi de la 5G. Je ne reviens pas sur
tout ce qui a eu lieu, sur nos démarches avant le déploiement de la 5G dans la ville et
après le moratoire, sur la négociation que nous avons menée avec les opérateurs et les
engagements qu’ils ont pris.
Le Conseil Communal de Concertation, qui s’est réuni samedi matin ici même, a
beaucoup contribué avec les autres instances de concertation – cher Sébastien – à
donner son avis et à nous accompagner dans leur avis face aux opérateurs. Beaucoup
d’entre eux ont d’ailleurs continué à suivre la mise en place de la 5G, mais, là, nous avons
décidé de mettre en place ce comité de suivi qui se réunira dans la première quinzaine
de janvier. Cela permettra que l’on vous informe au fur et à mesure des évolutions.
J’en ai terminé pour ces communications.
Chemise 38
BUDGET Rapporteur : Marion GAUTIER
Conseillère Municipale déléguée
21/656 Débat et rapport sur les orientations budgétaires 2022.
Madame le Maire - Nous allons entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire le ROB, le
rapport d’orientations budgétaires, qui définit les grandes orientations et les grandes
priorités pour le budget de l’année prochaine. Marion va nous le présenter dans quelques
instants.
Je vais tout d’abord passer la parole à Alexandra LECHNER, en me félicitant que
la loi demande un rapport sur la situation en matière d’égalité femmes-hommes, associé
chaque année à ce ROB. Je donne donc tout de suite la parole à Alexandra pour ouvrir
ce chantier, parce que c’est un chantier qui continue à avancer.
C’est l’occasion pour moi de saluer aussi cette belle initiative qui a eu lieu le
vendredi 27 novembre, cette course contre les violences faites aux femmes, organisée
par « Osez le féminisme ! » avec la ligue du Nord d’athlétisme, où 3 000 femmes et
hommes, sous la pluie et dans la boue, ont couru pour dire « non » à ces violences faites
aux femmes. C’est un sujet qui reste malheureusement totalement d’actualité.
(Projection de diapositives)
Madame LECHNER - Merci, Madame le Maire.
Chers collègues,
Nul ne peut contester que l’égalité entre les femmes et les hommes est acquise
en droit, et de nombreux textes législatifs et réglementaires peuvent en témoigner ; il en
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est ainsi de la parité, la mixité ou de l’égalité. Toutefois, les femmes continuent de subir
des situations de discrimination et de violence et la question de l’égalité réelle entre les
femmes et les hommes peine à se concrétiser dans les faits et doit rester au cœur des
enjeux de nos politiques publiques.
Ainsi, au-delà de ses obligations réglementaires, le volontarisme de la Ville de
Lille ne se dément pas.
Je vais maintenant vous présenter les faits marquants du rapport sur la situation
en matière d’égalité entre les femmes et les hommes à Lille, Lomme et Hellemmes.
Parmi les 6 233 personnels fonctionnaires et contractuels de notre collectivité,
3 800 sont des femmes. Le taux de féminisation dans les effectifs permanents municipaux
en 2020 est de 55,05 %. Ce taux est plus équilibré que la moyenne nationale, qui se situe
à 61 % dans la fonction publique territoriale.
La catégorie A poursuit sa féminisation avec 61 %, alors qu’elle était à 57 % en
2018 et 5 emplois fonctionnels sur 10 sont occupés par des femmes. La répartition entre
les femmes et les hommes s’équilibre toujours dans la catégorie B : 51 % en 2020, alors
qu’elle était de 55 % en 2018. La répartition entre les femmes et les hommes tend vers
l’équilibre en catégorie C. La représentation féminine est à la baisse : 54 % en 2020, alors
qu’elle était à 57 % en 2018.
Néanmoins, la part des femmes dans les effectifs municipaux est très variable
selon les filières. En effet, une part importante des femmes se situe dans la filière
administrative et sociale. A titre d’exemple, 100 % des postes d’auxiliaires de puériculture
et 100 % des postes d’assistantes maternelles sont occupés par des femmes, alors que
la féminisation des filières techniques, sportive et police reste basse, même si la présence
des femmes dans les effectifs de la Police Municipale tend à augmenter, notamment de
4 points. On remarque aussi une meilleure répartition genrée de la filière animation.
Les chiffres du rapport nous montrent également que parmi les fonctionnaires à
temps partiel, 95,75 % sont des femmes. Ceci est dû, certes, à la proportionnalité des
femmes dans les effectifs, mais aussi parce que les femmes restent encore bien souvent
et majoritairement les personnes engagées pour s’occuper des enfants au sein de la
structure parentale.
Je constate encore qu’aborder le sexisme et les inégalités entre les sexes est un
sujet difficile, il soulève bien des résistances. Alors, au-delà des chiffres, la première
chose qu’il faut retenir dans le rapport qui vous est présenté est qu’à la Ville de Lille, il y
a une volonté forte de lever ces résistances et d’aborder de front la question du sexisme.
Depuis un an, la Ville de Lille a mis en œuvre un dispositif de signalement pour les agents
et agentes s’estimant victimes de harcèlement moral ou sexuel ou de violences sexistes
ou sexuelles. Une cellule d’écoute recueille les signalements et oriente les victimes vers
les acteurs compétents en matière d’accompagnement, de soutien et de traitement des
faits signalés. Le bilan de la cellule d’écoute pour 2020 montre que 20 personnes ont saisi
celle-ci et ont été reçues.
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Afin de passer d’une égalité statutaire à une égalité réelle, la Ville a élaboré, sous
l’autorité de Martin DAVID-BROCHEN et des services ressources humaines, son Plan
d’action pluriannuel en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les
hommes. Celui-ci comprend neuf fiches-action dédiées au développement, à la promotion
et à la mobilisation en faveur de l’égalité professionnelle des agents et des agentes de
notre collectivité.
Le contexte sanitaire, vous vous en doutez, a freiné les événements prévus, et
seules les actions réalisables via le numérique ont pu être proposées.
Au-delà des agents de la Ville, l’égalité femmes-hommes se travaille encore et
toujours hors les murs et chaque jour. La Ville de Lille a adopté en 2017 un Plan égalité,
que nous faisons vivre avec les acteurs du territoire. Je tiens d’ailleurs à souligner le travail
remarquable que font les associations lilloises, car nous avons la chance à Lille de pouvoir
compter sur un tissu associatif engagé et d’une grande richesse.
Notre premier objectif est de sensibiliser et d’informer sur le droit des femmes.
Cela passe par le soutien au fonctionnement de certaines structures telles que le Planning
familial ou le CIDFF, nous soutenons les actions qu’elles mettent en place, mais
également par une programmation autour du 8 mars, Journée internationale des droits
des femmes, et ce, pour toucher le public le plus large possible. Cette année encore, et
malgré des conditions sanitaires particulières, la programmation a été riche de
18 événements variés et la traditionnelle journée culturelle a été remplacée par la mise
en lumière par une série de photos de femmes du quotidien. Les Lillois ont pu participer
à des temps festifs et culturels, programmés par des associations qui peuvent les
accompagner dans divers domaines de la vie quotidienne.
Nous travaillons aussi à la lutte contre les violences faites aux femmes. Même si
le nombre de femmes victimes de leur partenaire a baissé au niveau national en 2020,
dans notre département, le nombre de morts violentes au sein de couples est passé de
huit en 2019 à sept en 2020 ; pour rappel, il était de cinq en 2018. Les violences
conjugales ont augmenté, en particulier durant les confinements, de plus de 5 % dans le
Nord. Parmi celles-ci, les viols ont augmenté de 11 % et les violences intrafamiliales de
9 %. Certaines associations ont noté également une augmentation des violences
conjugales graves, des actes de torture et de barbarie physique et sexuelle.
Alors, la lutte contre les violences faites aux femmes reste et demeure une priorité
pour la Ville de Lille. Nous sommes déterminés à lutter contre ce fléau et nous essayons
de mettre tout en œuvre pour que les femmes victimes puissent accéder à leurs droits :
droit d’être protégées, droit d’être accompagnées, droit d’être entendues, droit de sortir
des violences et droit de se reconstruire.
Notre action passe aussi par la sensibilisation à destination des professionnels,
comme celle menée le mois dernier à destination de 20 professionnels. Nous continuons
à mener différentes actions sur la place des femmes sur l’espace public. Depuis le mois
de septembre, je réunis un groupe de travail institutionnel sur le harcèlement de rue, qui
travaille à un plan d’action concret autour de deux axes : sensibilisation/formation et
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information/communication. En lien avec mon collègue Sébastien DUHEM, les conseillers
de quartier ont manifesté leur intérêt et souhaitent s’engager également sur cette
question.
Nous favorisons également la sécurité des femmes sur l’espace public par
l’organisation des marches exploratoires dans les quartiers lillois et au sein des transports
publics. Ainsi, en 2021, une marche exploratoire a été organisée par l’Aéronef, au sein et
aux abords de l’équipement.
De plus, les travaux à venir du Conseil de la nuit, présidé par Arnaud TAISNE,
prendront toute leur part dans cette dynamique de lutte contre le harcèlement.
Nous travaillons avec les associations, les bailleurs, l’unité médico-judiciaire, des
services de la Ville, à adapter et diversifier l’offre d’hébergement d’urgence pour les
femmes victimes de violences.
En parallèle, nous avons travaillé avec Madame le Procureur à la mise en place
d’un centre d’éviction des conjoints violents. Ce public est orienté par le tribunal judiciaire
dans le cadre d’un placement sous contrôle judiciaire pour des faits de violences
conjugales. Le Service de contrôle judiciaire et d’enquêtes, gestionnaire du site, va mettre
en place un accompagnement renforcé sur la base des obligations judiciaires et des
problématiques identifiées en entretiens.
Enfin, nous continuons à soutenir les associations qui accueillent et
accompagnent les femmes victimes de violences, comme l’Association intercommunale
d’aide aux victimes et à la médiation (AIVM), notamment pour ses permanences à l’hôtel
de police, au tribunal judiciaire et à l’unité médico-judiciaire du CHR, l’association SOLFA
avec son lieu-ressource Rosa, l’association L’Échappée, l’Association de lutte contre les
violences sexistes et sexuelles, ainsi que le Centre d’information sur le droit des femmes
et de la famille dans le cadre de son action Restaur’elle. Je sais combien leur présence
est indispensable sur le terrain et je les remercie de leur engagement.
Enfin, nous portons avec elles chaque année une programmation autour du
25 novembre. Cette année encore, vous avez pu être entraînés dans le voyage
expérimental de « Macho Man », qui abordait le problème des violences machistes, ou
vous avez pu revivre le procès de Bobigny, crucial dans l’avancée des droits des femmes.
Ce sont des conférences, des projections débats, des expositions et la désormais
traditionnelle course nocturne, dont vous parliez, Madame le Maire, à la Citadelle, qui ont
sensibilisé le grand public à cette terrible problématique.
Enfin, l’an dernier, je vous ai évoqué le lancement de notre réflexion sur le budget
sensible au genre afin de promouvoir de manière très concrète l’égalité femmes-hommes
au sein de nos politiques publiques. La budgétisation sensible au genre vise à intégrer la
perspective de genre dans tout le cycle budgétaire pour analyser l’impact différencié des
dépenses et des recettes des budgets publics sur les femmes et les hommes.
16
Compte tenu de son caractère novateur, il nous est apparu pertinent de
commencer par une expérimentation sur le sport. En effet, la pratique sportive féminine
est un axe prioritaire de notre plan égalité. En lien avec ma collègue Sarah SABE, le
service des sports et le cabinet Perfégal, nous avons engagé un travail d’analyse et de
diagnostic qui est en cours d’achèvement et qui nous permettra de concevoir un plan
d’action concret dès 2022.
Au cours de ce mandat, nous continuerons à promouvoir l’égalité entre les
femmes et les hommes et à lutter contre les violences faites aux femmes.
Je vous remercie de votre écoute.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Alexandra.
Je passe la parole à Bernard CHARLES.
Monsieur CHARLES - Madame le Maire, Madame l’Adjointe, chers collègues,
Je veux d’abord, en quelques mots et très rapidement, indiquer quelques
mesures qui ont été prises sur cette question de l’égalité femmes-hommes au niveau
national, même si beaucoup reste à faire :
- l’augmentation de la durée du congé paternité doublé, de 15 jours à un
mois ;
- l’augmentation de 250 €/mois, soit 30 %, pour l’aide des familles
monoparentales pour la garde des enfants ;
- l’obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés de publier un Index
d’égalité professionnelle ;
- la réforme du versement des pensions alimentaires qui en garantit son
versement ;
- la distribution de protections hygiéniques aux femmes en précarité, sans
domicile fixe ou en milieu carcéral, ou aux étudiantes – c’était un fort
mouvement associatif à Lille, qui a aussi, avec d’autres, provoqué la prise
de ces mesures ;
- la verbalisation du harcèlement de rue ;
- l’autorisation de la levée du secret médical en cas de danger immédiat pour
la victime de violences intrafamiliales.
J’ai écouté avec beaucoup d’attention l’intervention de notre collègue Alexandra
LECHNER sur ce rapport annuel égalité femmes-hommes. D’abord, merci de la précision
des chiffres concernant les agents de la Ville et des commentaires souvent lucides.
Nombre d’aspects sont positifs, mais je me permets de relever quelques points
d’attention et, si je peux le faire, c’est parce que ce rapport est transparent et indique les
éléments :
17
- 71,30 % des personnels contractuels à la Ville de Lille sont des femmes ;
- plus particulièrement sur les postes de contractuels non permanents, 1 299
sont des femmes et 507 sont des hommes, donc, objectivement, la précarité
touche majoritairement les femmes ;
- dans la filière technique – je parle toujours des chiffres indiqués dans votre
rapport –, nous sommes à 34,30 % en 2020 et nous étions, même si la
prudence est à prendre puisque le périmètre semble différent, en 2016, à
35,20 %, donc un recul de 1 % ;
- sur la filière sportive, nous étions à 24,70 % en 2020 et 26,80 % en 2016,
soit un recul de 2 %. Si je souligne ces reculs, c’est que lors du rapport
précédent, il avait été dit qu’une attention soutenue serait menée à ce sujet
pour favoriser la place des femmes dans ce type de métiers. Comment
expliquez-vous ces légers reculs, 1 % et 2 % ? Quelles pistes d’actions
seront menées ? J’ai bien noté ce que vous avez dit sur la question de la
place des femmes dans le sport, mais je crois que c’est aussi lié – pas
seulement – à la question de la place des femmes chez les professionnels
de l’action sportive de notre ville ;
- dans le cadre des promotions internes, les femmes restent sous-
représentées – c’est exactement ce que dit le texte. Le volontarisme doit
être de rigueur pour réduire cette inégalité. Là aussi, je pose les mêmes
questions : comment expliquer et quelles sont les pistes d’actions ?
- les femmes en Congés Longue Maladie et en Congés Longue Durée sont
surreprésentées, ainsi qu’en maladie ordinaire. Vous avez une équipe qui
fait un travail important en termes de santé au travail, et je crois que sur
cette question-là aussi, il y a un axe de progrès.
Par ailleurs, il faut se féliciter que la Ville ait été une des premières à mettre en
œuvre le cinquième axe de la loi du 6 août 2019 relative à la « transformation de la
fonction publique », qui est venue – je reprends les propos de votre texte – « légitimer et
sécuriser l’action des collectivités territoriales en matière d’égalité femmes-hommes, en
mettant en place un dispositif de signalement pour les agents s’estimant victimes ou
témoins d’actes de violence, de discrimination, de harcèlement et d’agissements sexistes
sur leur lieu de travail ».
J’en viens à la deuxième partie. Sur la partie « action sur le territoire », j’ai noté
des axes importants que vous mettez en œuvre ou que vous souhaitez mettre en œuvre :
- rendre plus lisible le droit des femmes, et cela a été fait à travers le site
droitsdesfemmes.lille.fr ;
- analyser l’impact différencié des dépenses et des recettes des budgets
publics sur les femmes et les hommes – c’est une question importante,
devant nous ;
18
- actualiser les connaissances sur les violences conjugales et l’impact sur les
mineurs ;
- lutter contre les violences dans les relations amoureuses à l’adolescence,
l’impact des violences conjugales sur les enfants ;
- rendre l’espace public plus sûr pour les femmes, et vous évoquez, vous
venez de le faire à nouveau, les marches exploratoires ;
- adapter et diversifier l’offre d’hébergements d’urgence afin de mieux
répondre aux situations et de faciliter l’accès au logement autonome…
Madame le Maire - Monsieur CHARLES, vous êtes le premier à parler. Excusez-
moi, je vous coupe un instant, vous avez dépassé déjà d’une minute votre temps de
parole ; on est très nombreux à parler ce soir, je vous laisse terminer, mais si on peut
essayer de respecter les cinq minutes, ce serait bien.
Merci beaucoup.
Monsieur CHARLES -
- agir contre le harcèlement de rue ;
- mettre en place un lieu d’accueil des conjoints violents évincés que vous venez
d’évoquer ; à ce sujet, une inquiétude peut être à lever de la part de nos conseillers de
quartier de Lille-Sud, qui nous indiquent que le projet se situe dans une des résidences
sociales les plus difficiles de ce quartier ; il n’est peut-être pas certain que cette
localisation soit bénéfique, tant pour les résidents que pour les auteurs de violence.
Nous ne pouvons que souscrire à vos intentions, à ces réflexions, mais peu
d’éléments concernant les mises en œuvre et les décisions en découlant sont explicités
dans ce rapport.
Je reprends l’exemple des marches exploratoires, que vous avez évoquées : pas
de détails sur les décisions prises et sur leur localisation ne sont donnés.
Mais même si c’est plus difficile, et j’en finis, parce que la ville n’a pas ici le rôle
d’employeur, d’où cette différence entre les deux parties, mais partiellement
d’aménageur, son rôle de police, son rôle d’impulseur, son rôle d’animateur, son rôle de
financeur, il faut – nous le croyons – se donner encore plus les moyens de créer les
synergies, de suivre précisément et de mesurer.
Vous avez une équipe à vos côtés d’agents déterminés et compétents au service
de cette cause en mairie, mais il faut un véritable pilotage politique et technique
partenarial. Comme la Ville s’est impliquée dans Cit’ergie, comme elle le fait aujourd’hui
dans la démarche bas carbone, dans le budget climatique, il faut faire de l’égalité femmes-
hommes une véritable priorité, évaluer le plan d’action voté il y a maintenant quatre ans,
si nécessaire le redéfinir et en mesurer très régulièrement le suivi.
Je vous remercie.
19
Madame le Maire - Voilà, huit minutes ! Le respect commence aussi par le
respect de notre règlement commun, Monsieur CHARLES. Je vous le dis, parce que si
on veut aller jusqu’au bout, écouter tout le monde, etc., il faut que chacun respecte les
horaires. Je sais que ce que je dis ou rien, pour vous, c’est pareil, mais je suis là aussi
pour rappeler les règles, et quand on parle de respect dans son intervention, on pense
aussi à respecter les autres.
Julie NICOLAS.
Madame NICOLAS - Merci.
Madame le Maire, Madame l’Adjointe,
Pour réagir sur les faits qui nous ont été présentés par Madame LECHNER,
permettez-moi de m’adresser d’abord aux Lilloises, aux Lillois et aux agents de cette
collectivité et à qui écoute et entend.
Ce soir, le rapport égalité femmes-hommes nous permet, après de nouvelles
vagues du phénomène MeToo, d’adresser les inégalités, mais aussi les violences, non
pas seulement dans la sphère médiatique, ce à quoi nous devenons, malheureusement,
habitués, mais dans toute la société, où le phénomène est tout autant présent mais
beaucoup plus rarement exposé et commenté, à un tel point que ces violences-là
sembleraient presque ne pas mériter l’indignation collective. C’est tout à fait faux, bien
sûr.
Nous ne le dirons jamais assez : les inégalités sont partout, les femmes travaillent
gratuitement près de deux mois dans l’année et les violences sexistes et sexuelles sont
partout.
Ce que ces femmes journalistes et politiques nous disent, c’est qu’il est
nécessaire de reconnaître toutes ces violences, toutes ces inégalités, à toutes les
échelles, dans toutes les sphères, et c’est ce que ce rapport démontre en grande partie,
partout, dans la rue, comme à l’abri des murs d’une université, d’une entreprise, d’une
institution publique.
Nous avons désormais des indicateurs partagés sur l’égalité femmes-hommes,
dans le rapport social unique et nous pourrons, dès que les comparaisons seront
possibles, nous engager encore mieux et davantage dans une amélioration continue des
différents dispositifs pour l’égalité et contre les violences.
Nous nous félicitons d’ailleurs de la création, il y a un an, d’une cellule de veille
au bénéfice des femmes agentes de notre Ville, de la mobilisation de sept écoutantes
bénévoles et des engagements pris pour l’accompagnement des victimes. C’est
probablement toujours perfectible, et indéniablement difficile au vu de la complexité des
situations et des douleurs qu’elles génèrent, mais, merci, merci à elles, merci pour votre
travail, merci pour votre engagement. À nous de veiller à ce que les campagnes soient
suffisamment régulières pour que la vigilance ne s’émousse pas.
20
Cependant, malgré ces lueurs, vous comme moi avons aussi beaucoup de motifs
d’insatisfaction ; Madame LECHNER nous les a rappelés. Nous ne pouvons pas nous
satisfaire des chiffres présentés dans ce rapport et, derrière ces chiffres, des réalités et
des inégalités qui perdurent dans toute notre société :
- toujours aux dépens des femmes, la précarisation de l’emploi ;
- toujours pour les femmes, les temps partiels subis ;
- toujours pour les femmes, les autorisations spéciales d’absence pour garder
les enfants malades ;
- toujours pour les femmes, les carrières ralenties, interrompues, cassées.
Pardonnez-moi de dire l’évidence mais c’est pour dire avec combien d’impatience
nous attendons que les hommes, les conjoints, les maris, assument les mêmes
responsabilités, prennent leur part de la charge mentale, prennent leur part des
engagements pris lorsqu’on fonde une famille, se met en couple ou divorce, prennent leur
part des dépenses liées au foyer familial, à la cantine, aux inscriptions dans les clubs de
sport ou de musique, aux soins, à l’achat de fournitures ou de vêtements. C’est l’un des
tournants que nous avons besoin de faire ensemble et auxquels aucun dispositif ne pourra
entièrement remédier seul ; nous devons cesser de ne pas voir ces inégalités, nous
devons nous y acculturer ensemble et agir concrètement pour l’égalité.
Je m’adresse bien, maintenant, aux hommes spécifiquement : êtes-vous prêts,
collectivement, individuellement, enfin, à lutter entièrement avec nous pour l’égalité ?
Pour les carrières et l’épanouissement des femmes ? Contre les violences ?
En 2020, la cellule de veille rapporte un cas d’agression sexuelle, un autre
de harcèlement sexuel, un cas de sexisme. Trois cas, probablement le haut de l’iceberg
parmi 6 200 agents. Trois cas qui ne sont qu’une photographie à un instant T, sans rien
dire des faits qui ont précédé et de ceux que nous voudrions toutes et tous éviter
à l’avenir. Ces comportements sont inacceptables. La souffrance et le traumatisme de
ces femmes sont inacceptables, mais leur courage est immense et il mérite qu’on le salue,
que nous leur disions à nouveau : nous vous croyons, nous vous soutenons et nous
espérons vous accompagner jusqu’au bout, jusqu’à déclencher les procédures
judiciaires s’il le faut.
Contre la fatalité et l’inaction et pour reconnaître le statut de victimes de ces
femmes, nous appelons toutes les organisations, toutes les entreprises, tous les
employeurs, sur le territoire de la ville de Lille, à mettre en place ces mêmes cellules
d’écoute, de manière indépendante des hiérarchies existantes, pour qu’elles soient
pleinement sécurisantes pour les victimes, et à dire enfin ainsi : oui, c’est notre priorité à
nous aussi.
Je termine avec un petit rappel à l’attention de Mesdames et Messieurs de la
majorité gouvernementale : nous attendons toujours et encore le milliard promis.
Je vous remercie.
21
Madame le Maire - Merci, Madame NICOLAS.
Eddie JACQUEMART.
Monsieur JACQUEMART - Chers collègues,
Tout d’abord, les élus Communistes tiennent à féliciter les artisans et les artisanes
de ce rapport, qui se veut honnête sur l’état de l’égalité femmes-hommes dans les
services municipaux. Avoir conscience des difficultés, ne pas occulter les problèmes, se
saisir pleinement du sujet et mettre en place des dispositifs d’amélioration, c’est le sens
du travail que les services et les élus font au quotidien et ce rapport nous le démontre
dans sa clarté.
Nous voyons des problèmes qui sont ceux que traverse par ailleurs l’ensemble
de la société : fort temps partiel pour les femmes, des filières genrées encore très
marquées, écarts de rémunération qui touchent surtout les contractuels.
La surreprésentation des femmes dans le temps partiel ou encore la forte
mobilisation masculine dans l’exécution des travaux, générant l’attribution d’heures
supplémentaires et d’indemnités, nous montre que le sujet de l’égalité femmes-hommes
est un sujet global, qui ne dépend pas seulement de la volonté politique de notre Mairie.
En effet, ces deux sujets précédemment cités sont en partie les malheureuses
conséquences d’une inégalité dans les foyers, où les femmes prennent encore une très
grande part de sa gestion, de la charge mentale qui l’accompagne et font souvent des
sacrifices dans leur carrière professionnelle.
Nous souhaitons aussi saluer toutes les mesures que notre collègue, Alexandra
LECHNER, anime et impulse au quotidien, avec les associations lilloises œuvrant sur le
sujet. Les choses évoluent et nous espérons que tous les moyens et dispositifs mis en
place par la Mairie et les associations porteront leurs fruits dans les prochaines années,
pour atteindre l’égalité réelle dans nos services et chez nos concitoyens.
En tout cas, nous sommes sûrs que la Ville de Lille, ses agents, ses élus et ses
associations ne lâcheront rien face aux inégalités.
Merci.
Mme le Maire - Merci, Monsieur JACQUEMART.
Madame LECHNER.
Madame LECHNER - Merci, Madame le Maire.
Pour remercier d’abord mon collègue Eddie JACQUEMART, ainsi que Madame
Julie NICOLAS pour leurs propos.
22
Pour répondre à la question de Monsieur Bernard CHARLES sur les reculs sur
les filières techniques et sur le sport, sur ce pourcentage, il me semble bien, pourtant,
pour en avoir discuté avec ma collègue Sarah SABE, que les derniers recrutements – elle
me fait « oui » de la tête – dans les services des sports sont féminins. Je pense qu’il s’agit
d’une proportion et que les services des sports sont très attentifs sur un rattrapage à
effectuer.
Concernant l’absentéisme et les maladies des femmes, je pense qu’on touche là
ce qui est décrit dans le rapport, à savoir que bien souvent, ce sont encore les femmes
qui, du fait de la charge parentale, restent à la maison pour garder les enfants et c’est
pour cela que, peut-être, elles sont plus souvent absentes. Il y a les autorisations enfants
malades et le fait qu’elles ont cette charge supplémentaire.
Enfin, sur la localisation du SCJE dans le quartier de Lille-Sud et l’inquiétude,
cette inquiétude a pu s’exprimer, mais les hommes évincés qui sont arrivés depuis le
début du mois de novembre, les choses se passent très bien et je crois que l’on peut se
réjouir qu’un quartier comme Lille-Sud puisse accueillir un dispositif novateur, qui va dans
le sens de la lutte contre les violences faites aux femmes.
Madame le Maire - Merci.
J’ajouterai simplement que l’on retrouve quand même dans les inégalités que
vous avez soulignées, Monsieur CHARLES, les inégalités dans l’éducation. Dans le
domaine technique, on continue à avoir beaucoup plus d’hommes que de femmes et,
évidemment, on le retrouve. De la même manière, en ce qui concerne les contractuels,
on retrouve beaucoup plus les femmes dans les métiers de l’éducation, du social, par
exemple chez les ATSEM, où la plupart des personnes ne demandent pas à avoir des
contrats définitifs, mais sont sur ces contrats… pas précaires, parce que la Ville fait en
sorte de pouvoir les former et les intégrer, mais des contrats, et non du statut. On retrouve
effectivement ici les différences dans la société et, Julie NICOLAS l’a très bien dit aussi,
les égalités des charges dans la famille qui sont liées aussi au travail à temps partiel que
l’on retrouve dans la collectivité, ce qui ne doit pas nous empêcher de continuer à avancer.
Je remercie Alexandra LECHNER et les services, et je cite le travail fait par Sarah
SABE et par les services pour, par exemple, demander aux clubs sportifs d’avoir des
équipes féminines, surtout quand des Lilloises étaient prêtes à les organiser ; nous avons
parfois même dit que nous arrêterions les subventions si le club féminin n’était pas intégré.
Il y a une vraie volonté dans la culture, c’est évident, mais également dans le sport, où
c’était moins évident, de faire en sorte que le sport féminin se développe dans notre ville,
mais il faudra continuer.
Merci à tous. Nous ne votons pas sur ce rapport, mais nous en prenons acte.
Merci, Alexandra.
Je passe maintenant la parole à Marion GAUTIER, en la remerciant, ainsi
qu’Audrey LINKENHELD, pour le travail mené avec chacun des élus, avec tous les
services, sous la direction de Patrick PINCET, notre Directeur Général.
23
(Projection de diapositives)
Temps de parole
Groupes politiques Intervenants
(en minutes)
Lille Verte Monsieur CREPEL 9 mn
Faire Respirer Lille Madame DUHAMEL 5 mn
Lille en Commun, Durable Madame LINKENHELD
31 mn
et Solidaire Madame DELACROIX
Madame GAUTIER - Madame le Maire, chers collègues,
Le rapport d’orientations budgétaires est une étape importante dans la
présentation du budget primitif 2022 que nous avons, avec Audrey LINKENHELD,
préparé pour le prochain Conseil Municipal. Je tiens à remercier Bertrand ASSERAY et
Daniela BOIZART pour leur appui dans ce travail qui a été marqué par les incertitudes
liées à la crise sanitaire.
Malgré ce contexte difficile, nous restons déterminés à tenir nos engagements,
ceux que nous avons pris vis-à-vis des Lilloises et des Lillois.
Ces orientations budgétaires, nous les déclinons à partir de la vision que nous
portons pour la Ville : une ville plus durable et plus apaisée, avec l’objectif de diminuer les
émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030 et la neutralité carbone au plus tard
en 2050. Pour cela, c’est investir massivement pour la rénovation énergétique, le partage
de l’espace public, avec une place grandissante pour les mobilités actives, la
végétalisation de nos rues et des cours d’école.
C’est la vision également d’une ville inclusive et bienveillante, une ville qui
redouble d’efforts pour assurer la solidarité et la cohésion des territoires, sans lesquels
aucun progrès n’est possible. Pour cela, nous nous attachons à un service public de
proximité et de qualité. C’est un axe fort de ces orientations budgétaires, qui se traduit
notamment avec la création de 74 nouveaux postes pour améliorer les conditions
d’emploi de personnels dans le secteur de l’éducation, qui n’étaient, jusqu’à présent, pas
sur des postes permanents.
C’est une ville également qui protège et qui inspire confiance, avec le choix
assumé, y compris son impact sur la masse salariale, de la création de 25 postes
supplémentaires de policiers municipaux, après les 25 déjà créés en 2021, et la
construction d’un nouvel Hôtel de Police, le déploiement de caméras de vidéoprotection.
C’est une ville en mouvement également, qui accompagne son tissu associatif
avec 25,7 M€ de subventions, qui accompagne les commerçants de proximité, une ville
24
qui investit dans le sport, dans la culture, avec l’événement Utopia, mais aussi la
rénovation tant attendue du Musée d’Histoire Naturelle.
Porter cette vision pour Lille nécessite de pouvoir investir et c’est pour cela que
nous sommes attentifs, dans cette préparation budgétaire, à conserver un niveau
d’épargne brute élevé. Nos dépenses de fonctionnement augmentent mais moins que nos
recettes. Après 2020 et 2021, nous revenons en 2022 à un haut niveau d’épargne brute,
60 M€, ce qui est indispensable pour préserver notre capacité à agir, y compris si le Covid
et ses variants X, Y ou Z nous révèlent encore quelques surprises ; je dis « Z », comme
cela, après, c’est terminé, il n’y en a plus.
Ce haut niveau d’épargne brute nous permet donc de financer l’augmentation de
nos investissements, avec un recours maîtrisé à l’endettement. Nous avons inscrit 91 M€
d’investissements en 2021, nous projetons d’en réaliser 70 M€, peut-être 75 si nous
négocions comme nous le souhaiterions la fin de l’année. Nous prévoyons d’inscrire
115 M€ au budget primitif 2022, avec l’ambition d’avoir sur l’ensemble du mandat 640 M€.
Pour tenir compte en 2022 du décalage de 2021 vers 2022 de certaines
opérations, nous avons prévu une inscription un peu plus large en 2022 et 640 M€ sur la
période 2020-2026.
Notre stratégie d’investissement est une stratégie de moyen terme et nous
sommes vigilants à préserver cette capacité à agir dans le futur. La Ville poursuit donc
son désendettement en 2022, avec une capacité de désendettement de 5,8 ans. Pour
rappeler le concept, la capacité de désendettement est le stock de la dette divisé par
l’épargne brute ; dit autrement, si nous consacrions toute notre épargne brute à
rembourser la dette, en combien de temps nous aurions tout remboursé. L’État considère
que le seuil d’alerte est à 12 ans, on en est donc loin.
Notre dette remonte un peu en 2021 par rapport à 2020, à 349 M€. Nous
prévoyons de l’augmenter encore légèrement en 2022, à 350 M€. Notre dette augmente
un petit peu, mais la capacité à la rembourser aussi, puisque notre épargne brute
augmente – comme je l’ai dit tout à l’heure –, et donc nous restons dans une situation
saine, sauf surprise Covid, mais qui pourrait être absorbée avec cette épargne brute.
Tout cela se fait donc sans augmentation du taux de la taxe foncière, pour laquelle
je rappelle que Lille se situe, en termes de contribution réellement payée en moyenne par
les habitants, au 38e rang sur 42 des villes de plus de 100 000 habitants. Nous
maintenons évidemment cet engagement de ne pas augmenter les taux.
En conclusion, ces orientations nous emmènent vers un budget de relance et,
comme le bloc communal est le premier investisseur public devant l’État et ses
opérateurs, nous avons un rôle majeur à jouer dans la transition écologique, tout en
continuant d’accompagner au quotidien et dans la proximité les Lilloises et les Lillois et
en allant vers davantage de justice sociale.
Voilà un peu le cadre de ces orientations budgétaires.
25
Je vous remercie.
Madame le Maire - Puisqu’on est dans un débat organisé, c’est d’abord Lille
Verte cette fois-ci, et c’est Jérémie CRÉPEL qui prend la parole.
Monsieur CRÉPEL - Merci.
Madame le Maire, mes chers collègues,
Une année s’est écoulée depuis notre premier débat d’orientations budgétaires
du mandat, dont l’objectif principal était de donner la trajectoire, mais aussi le coup d’envoi
des politiques publiques à Lille. Je remercie ma collègue Stéphanie BOCQUET qui était
intervenue et avait souligné la position qui reste inchangée de notre groupe : mener et
réussir la transition écologique pour la justice sociale de notre ville ; c’est ce que les
Lilloises et les Lillois attendent aujourd’hui et, pour cela, il nous faut nous assurer que les
réalisations soient cohérentes et déterminées. Ce sera donc un spectre essentiel de notre
analyse du rapport d’orientations budgétaires que vous nous présentez ce soir.
Un deuxième rapport qui vient à la fois nous informer des évolutions connues sur
l’année 2021 et nous donner une idée des investissements à réaliser pour l’année 2022.
Nous sommes bien évidemment conscients que ce rapport vient clore un chapitre
particulier : celui de l’année 2021. La crise Covid a mis – et met toujours – nos façons de
vivre ensemble, de travailler, de nous engager à rude épreuve et, à ce propos, Madame
le Maire, permettez-moi de me joindre à votre appel en faveur de la vaccination. Oui,
vaccinons-nous, faisons notre rappel, pour nous protéger, pour protéger les autres et pour
faire diminuer le poids que cette pandémie fait peser sur l’hôpital, sur les soignants et sur
notre société tout entière.
Permettez-moi aussi de remercier chaleureusement les agents et agentes
municipaux qui ont largement contribué à ce que les missions de la Ville de Lille perdurent
durablement et efficacement malgré les confinements successifs et les conditions de
travail perturbées. Merci aussi pour la qualité de ce rapport et des débats en commission,
qui ont été éclairants, et je regrette encore une fois que nous n’ayons pas de vrais
comptes-rendus des commissions pour garder une trace de ces débats.
Un débat d’orientations budgétaires, c’est d’abord un débat d’orientations
politiques : que voulons-nous faire ?
Comme première orientation, vous fixez des objectifs de baisse des émissions de
gaz à effet de serre progressive pour atteindre une neutralité carbone en 2050 – nous
sommes d’accord, évidemment –, ce qui implique donc un projet politique de transition
écologique de grande ampleur, mais mesurez-vous bien l’ampleur de cette ambition et
les moyens nécessaires pour y arriver ? À la lecture de ce rapport, comme hier de votre
Plan climat, nous ne le pensons pas.
26
Examinons d’abord la dette de la Ville et nos emprunts. Le rapport mentionne un
emprunt vert de 5 M€ réalisé en 2020 auprès de la Banque des Territoires et deux
emprunts verts en cours de négociation : 4 M€ à la NEF et 10 M€ à la Banque des
Territoires encore. Nous saluons évidemment l’importance que prennent les prêts verts
dans vos emprunts et nous faisons le vœu de continuer sur cette belle lancée. Nous
aurions aimé aussi que le rapport mette davantage en évidence le choix de ne plus faire
d’emprunt auprès des banques qui investissent dans les énergies fossiles.
Mais mis à part les emprunts, quelles informations sur les autres services
bancaires dont use notre collectivité ? Pour l’instant, aucune. Au regard de l’urgence
climatique, dont nous parlerons plus amplement ce soir avec notre vœu sur le traité de
non-prolifération des énergies fossiles, il est crucial que les collectivités ne placent pas
leur argent dans des banques qui financent des projets climaticides. Madame le Maire, le
travail a bien commencé, mais il est urgent que nous procédions à la décarbonation totale
de nos services financiers et bancaires.
Voyons ensuite la trajectoire d’investissement que vous prévoyez pour l’année
2022 : des investissements de 115 M€, donc, mais on peut s’interroger déjà sur ceux qui
seront effectivement réalisés, puisqu’une partie provient d’un glissement de ceux qui n’ont
pas pu être réalisés en 2021, investissements que vous comptez mettre en œuvre grâce
à l’épargne nette, mais aussi en ayant recours à l’emprunt.
En effet, tout au long de ce rapport, la situation financière de la Ville y est décrite
comme saine, vertueuse ou encore exemplaire, c’est vrai, du fait d’une capacité de
désendettement qui baisse et continuera de baisser en 2022, avec une projection à
5,8 ans, bien en deçà du plafond recommandé des 12 années, une épargne nette qui
augmente de 9 M€ en 2021. Vous effectuez ces emprunts à taux fixe dans un contexte
de taux d’intérêt bas, une situation exceptionnelle, mais qui s’ancre durablement depuis
quelques années maintenant.
Là vient notre interrogation : que fait donc la Ville, alors qu’elle a une situation
financière saine et que les taux d’intérêt sont historiquement bas ? Elle se désendette et
elle évite le recours à l’emprunt. Ce serait bien entendu une sage politique si les besoins
d’investissement dans l’atténuation de notre empreinte carbone et dans l’adaptation de
notre Ville au changement climatique n’étaient pas colossaux, sans parler des besoins
sociaux. Nous vivons tout de même une crise sanitaire depuis deux ans, dont les
conséquences sur l’emploi, la précarité, la santé, le bien-vivre ensemble sont importantes,
voire désastreuses. Et que fait donc la Ville face aux multiples crises que nous
traversons ? Augmente-t-elle son soutien aux associations, qui sont un rempart de
proximité face à la crise sociale, face aux inégalités de santé, face aux violences faites
aux femmes ? Non, elle épargne et se désendette.
Alors, au regard de cette équation, nous avons plusieurs questions : pourquoi la
Ville se désendette en valeur absolue en 2021 et compte poursuivre cette trajectoire en
2022 ? Pourquoi n’emprunte-t-elle pas plus ? La réponse de votre adjointe au Budget à
notre question en commission fut : « Nous pourrions emprunter plus, mais nous n’avons
pas la capacité en ressources humaines de mener plus d’investissements ».
27
J’en arrive donc aux dépenses de personnel. En 2020, ce personnel municipal
était composé de 4 275 personnes. En 2021, nous constatons une augmentation. Nous
l’avions exprimé au budget primitif de 2021, nous regrettons que cette augmentation n’ait
concerné que la Police Municipale. Oui, ces recrutements sont nécessaires. Les caméras
que vous avez installées ne remplaceront pas les moyens humains, mais cet unique
recrutement envoyait un message malvenu aux autres secteurs en besoin.
Aujourd’hui, nous sommes satisfaits que l’arrivée de 25 policiers soit aussi
accompagnée d’un dispositif de déprécarisation dans le secteur éducatif. Nous l’avons
salué en juin dernier. Mais pour le reste, vous ne comptez que sur le redéploiement des
moyens humains, à la faveur, par exemple, de départs en retraite. Cela sera-t-il suffisant
pour faire face aux besoins de l’urgence sociale et climatique ?
Ce que nous aurions voulu lire, c’est votre stratégie pour accompagner, avec des
moyens humains, la transition écologique de notre Ville sur les enjeux sociaux,
démocratiques et environnementaux. Nous avons eu écho de vos recrutements finalisés
ou en cours au sein de cette nouvelle direction créée qu’est l’Equipe Transition Ecologique
au sein de la Direction générale et qui compte, lorsque je regarde aujourd’hui l’annuaire,
13 agentes et agents.
Nous sommes surpris que vous ne mettiez pas cette création davantage en valeur
dans le ROB, elle est louable. Ce que vous mettez en avant, c’est l’évolution soutenable
ou encore maîtrisée des dépenses de personnel. Vous agissez, là encore, en
gestionnaire, au lieu de mettre en place des recrutements volontaristes.
Madame la Maire, face au défi climatique, nous n’avons pas besoin de
gestionnaires, nous avons besoin de visionnaires. Aujourd’hui, c’est se donner les
moyens humains pour mener et réussir la transition écologique qu’attendent les
habitantes et habitants de notre ville, plutôt qu’à épargner sur les frais de fonctionnement
pour se désendetter.
Certes, nous avons lu l’article de « Médiacité » pointant l’importance de nos
dépenses de personnel, mais nous savons que ces ratios n’ont de sens qu’à périmètre
constant et nous savons aussi que les économies de personnel – vous avez parlé de
l’hôpital tout à l’heure – peuvent produire des effets très négatifs. Il n’y aura pas de
transition sans embauches et c’est précisément ce que nous regrettons dans les
orientations données.
Ce manque de volontarisme, nous le retrouvons sur les opérations. Quand vous
évoquez la nature en ville, est-ce que ce sont 90 hectares de création ou de rénovation
d’espace verts ? Ce sera très différent.
Sur les mobilités et la voirie, je lis : « Nous nous attachons au partage de l’espace
favorisant les mobilités actives », « des mesures d’encouragement », mais je ne lis pas
la révolution des mobilités dont nous avons besoin. Combien de pistes cyclables – de
vraies pistes cyclables – allez-vous mettre en place ? On ne construira pas un « Réseau
28
express Vélo » avec des simples bandes cyclables sur lesquelles s’arrêtent les
automobilistes et qui s’interrompent à chaque carrefour.
Madame le Maire, il ne suffit pas d’afficher des ambitions, il faut se donner les
moyens de les atteindre. Face au défi climatique et à la crise sociale, nous ne pouvons
pas nous permettre d’être petit bras. Nous ne prétendons pas que vous ne faites rien,
mais nous ne voyons pas comment vous comptez réussir face aux multiples défis qui
nous attendent.
Nous attendons donc un budget 2022 avec un plan clair pour augmenter les
ressources humaines au service de la transition, et notamment le personnel nécessaire à
la mise en œuvre des investissements, un budget de fonctionnement à la hausse pour
soutenir les associations et les besoins de la transition et le recours à l’emprunt pour des
investissements importants dans la transition écologique.
Je vous remercie.
Temps de parole : 9 minutes 53
Madame le Maire - Vanessa DUHAMEL.
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues,
Je vous dois encore un satisfecit : vous savez reconnaître l’action de la majorité
présidentielle. Comme vous l’écrivez en effet, les politiques monétaires ont été
accommodantes et la France n’y est pas pour rien quant aux stratégies européennes. Le
chômage est contenu et l’emploi salarié connaît une embellie significative, grâce
notamment aux premiers effets des politiques entreprises en matière d’apprentissage et
de formation qui permettront de répondre durablement aux difficultés de recrutement
signalées dans plusieurs filières. Le plan France Relance de 100 milliards d’euros
soutiendra quant à lui la transition énergétique et numérique. Sous réserve d’un avenir
sanitaire encore incertain, le cap le plus difficile paraît en passe d’être franchi et l’avenir
économique, social et environnemental s’éclaircit.
Force est cependant de constater que cette lucidité n’a pas transpiré sur les
chiffres présentés quant à notre commune. Ce n’est pour le coup pas surprenant, puisque
c’est coutumier.
Comme en une litanie hélas répétitive, il appartiendra donc à l’Opposition
municipale de rappeler les non-dits pourtant connus de tous :
- que la diminution de l’endettement est en partie le produit d’un niveau élevé
de fiscalité et, qu’en outre, vous entendez accroître le recours à l’emprunt ;
- qu’ainsi, sur les 42 communes de plus de 100 000 habitants, seules 10
d’entre elles ont un taux d’imposition supérieur à celui de Lille quant à la
taxe foncière sur les propriétés bâties ;
29
- qu’entre 2014 et 2020, le niveau cumulé des taxes foncières et d’habitation
aura été majoré de 17 % par la simple augmentation nationale des bases
de calcul, de sorte que l’habitant lillois qui paie chaque année un peu plus
cher sans être bien certain que son revenu ait augmenté d’autant est chaque
fois plus perplexe de vous entendre vous réjouir de n’avoir rien accru de ses
impôts… Le produit des impôts et taxes, qui ne concerne bien entendu pas
que les personnes physiques, aura ainsi crû de 5,3 millions d’euros en un
an ;
- qu’à titre d’exemple, vous vous réjouissez de ce que « la chasse à
l’automobile » soit chaque année plus profitable. Pas moins de 4 millions
d’euros sur-ponctionnés dans le porte-monnaie des automobilistes, mais
l’extinction programmée de l’automobile citadine ne manquera pas de
provoquer un tarissement important des prélèvements ;
- que près d’un tiers d’emprunts à taux variable est en réalité une proportion
tout à fait alarmante à long terme en période de taux bas, car ils ne peuvent
tôt ou tard qu’être relevés, avec un effet dévastateur sur l’équilibre
budgétaire de notre commune. Il nous a certes été répondu en commission
que les taux étaient capés, mais sans que cela permette d’évaluer
précisément les majorations éventuelles de l’encours à risque ;
- que la dette par habitant s’élevait au 1er janvier 2020 à 1 505 € par habitant
(plus de 5 000 € pour une famille de quatre personnes), contre 1 106 € en
moyenne pour les communes de taille comparable ;
- que s’il n’est pas contestable que l’endettement est maîtrisé, la charge
annuelle de son remboursement excède 40 millions d’euros, soit le double
de ce qu’elle était au terme de votre premier mandat, époque où notre
capacité de désendettement a même pu passer sous les trois ans,
lorsqu’elle va l’année prochaine repasser sous les six ;
- que les charges de personnel, qui représentaient 52 % des dépenses de
notre commune en 2001 approchent à présent les 64 %, alors que Nantes,
Montpellier et Rennes, villes socialistes et donc peu suspectes à vos yeux
d’austérité, n’en sont qu’à 57 %, niveau recommandé par l’orthodoxie
budgétaire. À Bordeaux, les dépenses annuelles de personnel par habitant
ne sont que de 569 €, contre 841 € à Lille. Certes, notre collègue Marion
GAUTIER, Conseillère déléguée au Budget, a dans la presse invoqué la
lourdeur des services lillois conservés en régie et indiqué avoir engagé « un
travail de redéploiement de postes pour maîtriser nos coûts et regagner en
efficacité », ajoutant que « c’est un vrai sujet, mais cela prend du temps ».
Du temps, en effet, 20 ans depuis votre élection, alors même que 99 agents
titulaires sont venus s’ajouter cette année. Pour autant, nous ne pouvons
que nous satisfaire de la revalorisation de la rémunération des agents de
catégorie C décidée par la majorité présidentielle.
30
Que conclure de la comparaison du rose de votre rapport – par ailleurs fort bien
rédigé par des services de haute compétence – et du gris de la réalité
budgétaire, laquelle doit être pondérée des réalités sociologiques de chaque
bassin de vie ?
- Qu’il est urgent d’investir pour répondre en particulier aux enjeux climatiques
et sanitaires ; ce n’est pas sans incidence budgétaire, on nous l’a rappelé
en commission. Une réflexion sur des recrutements de court ou moyen
terme devrait être conduite, afin d’agir efficacement sans grever
exagérément nos finances.
- Qu’un véritable travail de réorganisation des services s’impose chaque
année un peu plus, afin d’améliorer par exemple leur fonctionnement et
d’élargir les heures d’ouverture, sans porter atteinte à la qualité de vie des
agents.
- Qu’il est indispensable de préserver et développer le soutien à notre riche
tissu associatif.
- Que l’actuelle stagnation de notre population doit vous interpeller et inciter
votre Majorité à œuvrer pour l’attractivité retrouvée de notre commune.
- Qu’enfin, si la suppression de la taxe d’habitation par la majorité
présidentielle est une mesure de justice sociale qui allégera un peu un
fardeau fiscal souvent écrasant pour les classes moyennes, des inquiétudes
se font jour quant aux effets de l’inflation sur l’augmentation des bases votée
dans la loi de finances. À cet égard, et rappelant votre engagement électoral
de ne pas augmenter les impôts (page 37 de votre programme), je ne puis
que vous suggérer d’être attentive à éviter toute conséquence dévastatrice
de l’accroissement de telles bases, et d’envisager en conséquence, afin de
le compenser, de soumettre en février prochain une diminution du taux de
l’impôt foncier au vote du Conseil Municipal, privilégiant ainsi le respect de
la parole publiquement donnée sur le bénéfice hypocrite d’une aubaine dont
il serait trop facile de se dédouaner sur l’État quand elle ne ferait qu’enrichir
votre cagnotte au détriment du niveau de vie de nos concitoyens
Je vous remercie.
Temps de parole : 7 minutes 03
Madame le Maire - Merci.
Je me permets de vous dire que nous allons entrer dans une période électorale.
Bernard CHARLES tout à l’heure et vous, Madame DUHAMEL, à l’instant, vous
intervenez pour nous vanter la politique de Monsieur MACRON, qui n’est pas encore
candidat mais qui va l’être bientôt, du plan 2030 de 100 milliards dont il n’y a d’ailleurs
31
pas un euro dans le budget 2022. Les leçons, non ! On ne va pas commencer à faire de
la politique nationale ici. On peut faire référence à des mesures qui ont été prises –
Monsieur CHARLES l’a dit tout à l’heure, pourquoi pas, même si on parlait de l’égalité
hommes-femmes au sein de la mairie de Lille –, mais, si on pouvait éviter cela… J’imagine
que chacun a un candidat, on va entendre parler de Monsieur JADOT, de Monsieur
ROUSSEL, de Madame HIDALGO. Non !
Nous sommes ici dans la ville de Lille. Par conséquent, le petit couplet sur France
Relance 2030, les 100 milliards dont tout le monde sait que c’est faire des annonces qui
ne sont encore inscrites dans aucun budget, très franchement, cela n’a pas de place ici.
Je ne vous réponds pas sur le fond, on y répondra tout à l’heure.
Mes chers collègues, si on pouvait éviter cela. On n’est pas ici pour faire de la
politique nationale et on va avoir six mois où elle va être en première ligne partout et où
nos concitoyens vont l’entendre. Essayons ici de rester Lillois. Je pense que c’est aussi
ce que l’on attend de nous.
Madame DELACROIX.
Madame DELACROIX - Madame le Maire, chers collègues,
Au-delà du rituel que constitue le rapport d’orientations budgétaires, il est un
moment important d’échange sur les ambitions que nous nourrissons pour nos
concitoyens dans un contexte économique, politique et social que nous connaissons.
Le cadre dans lequel nous échangeons est, bien sûr, marqué par les réformes
successives de la fiscalité locale, qui, depuis de longues années, ont privé les collectivités
de nombre de leurs ressources, ont transféré des charges non compensées et d’autres
qui ayant été compensées se sont érodées au fil des années faute d’avoir été
revalorisées.
L’exercice budgétaire est donc devenu un exercice de grande complexité pour
préserver nos capacités d’initiative à un moment où les dotations que nous ne maîtrisons
pas ont pris une part aussi déterminante dans les recettes et où dégager des capacités
d’investissement sans nuire au fonctionnement et aux services rendus à la population
implique de réelles contraintes.
Nous tenons d’ailleurs à remercier nos collègues Marion GAUTIER, Audrey
LINKENHELD et les services qui ont travaillé à leurs côtés pour ce rapport très détaillé.
Le contexte est marqué par des inégalités croissantes entre celles et ceux qui
bénéficient de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune et de la création de la
flat-taxe et celles et ceux qui ont vu leur APL réduite ou disparaître ou qui sont aujourd’hui
victimes de la refonte de l’indemnisation du chômage. Je pourrais aussi évoquer le gel du
point d’indice de la fonction publique ou le sort réservé aux personnes retraitées qui
contribuent à renforcer ces inégalités.
32
Dans ce contexte, il nous faut agir pour amortir les effets de la crise sanitaire,
réduire l’impact des inégalités en poursuivant le programme sur lequel nous nous sommes
engagés et sur lequel nous avons été élus.
Malgré les hypothèques qui pèsent encore sur le montant exact de nos recettes,
la gestion de la dette avec la baisse de son coût et de son impact sur les finances locales,
ainsi que la capacité à mobiliser les différents concours de l’État, nous préservons notre
capacité d’autofinancement et pouvons recourir à l’emprunt pour proposer un budget
qualifié à juste titre dans le rapport de volontariste.
Budget volontariste pour une ville durable et apaisée, qui favorise les
déplacements alternatifs, la performance énergétique des bâtiments ou des espaces
publics, la rénovation durable et les marchés publics écoresponsables.
Budget volontariste pour une ville inclusive et bienveillante, avec des services de
proximité, la gratuité des fournitures scolaires, les facilités d’accès à la santé et à la
prévention, la prise en compte des publics vulnérables et de l’accessibilité aux services
et aux droits quel que soit l’âge de la personne.
Budget volontariste pour une ville en mouvement qui a su et sait s’adapter aux
situations les plus complexes comme celle que nous traversons avec la pandémie en
soutenant l’économie sociale, solidaire et circulaire, le commerce, la vie associative et
culturelle.
Ce budget nous permettra également d’investir dans des opérations de travaux.
Celles-ci sont listées page 20 du rapport et correspondent à 19 alinéas. Pour mieux
apprécier ce qu’ils peuvent signifier, permettez-moi de préciser que la seule ligne « mise
en accessibilité », celle que je maîtrise le mieux, concerne 54 opérations (26 sur Lille, 9
sur Hellemmes et 19 sur Lomme). Elles concernent des établissements scolaires, des
espaces publics, des équipements sportifs, des lieux culturels et cultuels pour un budget
de près de 2 M€.
Enfin, dans ce rapport, le volet correspondant aux ressources humaines se
distingue par une augmentation des effectifs et l’inscription des crédits pour prendre en
compte les agents sortis de la précarité. Ce sont deux points positifs.
Un bémol cependant à ce budget, mais qui ne tient pas aux orientations
municipales : notre groupe aurait souhaité que le point d’indice des agents puisse être
augmenté afin de renforcer l’attractivité des métiers de la fonction publique si utiles au
quotidien, mais le Gouvernement ne l’a visiblement pas souhaité. Peut-être pourrions-
nous alors accélérer et augmenter la capacité technique et aller au-delà encore des
inscriptions actuelles.
Je vous remercie de votre attention.
Temps de parole : 6 minutes 29
33
Madame le Maire - Merci beaucoup, Madame DELACROIX.
Je passe la parole à Audrey LINKENHELD.
Madame LINKENHELD - Merci, Madame le Maire.
Chers collègues,
Le débat d’orientation budgétaire qui nous occupe ce soir est en effet d’abord un
débat d’orientation politique et nous avons bien entendu dans les interventions
précédentes ce qui peut nous distinguer sur le rapport à la dépense publique, le rapport
à la dette, le rapport au nombre de fonctionnaires. Alors, oui, l’argent public doit être bien
géré et il n’est pas là pour être thésaurisé, mais bien pour servir l’intérêt général, c’est
même sa raison d’être.
Nous voulons effectivement par nos finances publiques garantir et même
accroître notre utilité sociale et environnementale dans cette ville et, parce que ce débat
est politique, c’est évidemment sans réserve que notre groupe majoritaire adhère aux
orientations tracées par Marion GAUTIER et que nous avons travaillées conjointement
avec Madame le Maire, moi-même et l’ensemble des élus thématiques de Lille et de ses
communes associées. En leur nom à tous et à mon tour, je veux remercier Marion
GAUTIER pour la pédagogie et la clarté de sa présentation ce soir. Nous apprécions
d’autant plus cette pédagogie que sa tâche, il faut bien le dire, est assez difficile à exercer
dans un moment de grande incertitude depuis maintenant presque deux ans.
Elle l’a dit, aussi bien à l’échelle internationale qu’à l’échelle nationale, le Covid
continue de projeter son ombre partout. On ne connaît pas encore complètement les
impacts de la nouvelle vague pandémique du moment, on ne sait pas exactement ses
impacts sur une situation économique et sociale qui est dégradée. Je pense que cette
dégradation ne doit pas être masquée par la croissance exceptionnelle de 2021. Ce
rebond de 2021 est évidemment une bonne nouvelle, nous ne savons pas si c’est un
rattrapage ponctuel ou pérenne et nous ne savons pas ce que donneront demain la
tension sur les prix, le manque de disponibilité de certaines matières ou produits et tout
cela nous appelle donc, malgré tout et malgré une situation financière saine, à une grande
prudence à la fois économique et financière.
Nous avons su gérer 2020 et 2021, malgré ces incertitudes et, évidemment, nous
prendrons de la même manière nos responsabilités en 2022, à la fois pour assurer le
présent en protégeant le mieux possible les Lillois et pour préserver l’avenir en gardant le
cap de la transition écologique et du développement soutenable.
Dans ce moment de grande vulnérabilité, le devoir de notre Majorité municipale
est de tracer pour les Lillois de véritables perspectives, de continuer à dessiner avec eux
les contours d’une ville plus durable, plus inclusive et plus dynamique. Notre
responsabilité collective, à Marion GAUTIER, à moi-même et au Maire, est d’y assortir
34
avec l’ensemble de nos collègues un budget qui nous donne les moyens de réaliser ces
perspectives.
Je ne vais pas revenir dans mon intervention sur les grandes masses budgétaires
qu’a très bien évoquées Marion GAUTIER. Je veux juste insister sur quelques points qui
montrent que, au-delà de ces équilibres budgétaires, c’est la gestion même de nos
finances qui intègre pleinement ce que sont nos préférences politiques.
La première préférence politique que je veux aborder, c’est évidemment la
transition. Vous savez que, depuis notre élection en 2020, nous avons sans cesse enrichi
le budget climatique expérimenté précédemment, ce budget climatique qui donne à voir
clairement l’impact de nos dépenses en matière d’émission de gaz à effet de serre et de
climat. Nous y reviendrons plus en détail lors du budget primitif 2022 et du compte
administratif 2021, mais, année après année, cette analyse de nos dépenses sous le
prisme du climat s’enrichit et nous aide à mieux orienter certaines de nos décisions, y
compris à travers ce rapport d’orientations budgétaires, et à mieux calibrer nos choix
financiers – on le verra au moment du budget. C’est là un processus d’amélioration
continue que nous portons, en lien d’ailleurs avec d’autres collectivités qui, pour certaines,
sont pionnières comme nous et qui, pour d’autres, nous demandent assez régulièrement
conseil sur ce budget climatique.
Depuis cette élection en 2020, nous avons aussi amplifié la transition de notre
dette vers des emprunts verts et durables. Evidemment, nous avons toujours veillé à ce
que notre endettement soit soutenable et à garder une capacité de désendettement
raisonnable. Pour les uns, ce n’est pas assez ; pour les autres, c’est trop. Nous pensons
en tout cas qu’elle est raisonnable, y compris dans un contexte qui doit, je crois, nous
faire garder une grande prudence économique et financière. En tout cas, au-delà de cet
endettement soutenable, nous avons en effet fait le choix d’aller plus loin. Aujourd’hui,
nous regardons non seulement combien nous empruntons, mais aussi à qui et,
effectivement, nous avons lancé des appels explicites en ce sens en direction de nos
financeurs potentiels. De notre côté, nous leur avons proposé des projets durables sur
lesquels ils pouvaient investir – je pense notamment aux bâtiments peu énergivores – et
nous leur avons demandé de s’engager sur des taux, des durées, des pratiques
responsables.
On peut voir le verre à moitié plein, le verre à moitié vide. Nous sommes
maintenant assez habitués de la part d’une partie de l’Opposition à considérer que, quand
c’est bien, cela ne va jamais assez loin. En tout cas – et c’est nouveau –, nous avons
depuis deux ans contractualisé 19 M€ de prêts verts, une part auprès de la Banque des
territoires et l’autre auprès de la Coopérative bancaire la Nef, pour ces financements,
19 M€ de prêts verts, sur 40 M€, qui ont déjà été utilisés en 2021 et qui seront encore
utilisés en 2022 ou en 2023. Je crois que c’est un bon début. Je précise que le détail de
l’ensemble de nos emprunts est connu, qu’il a été diffusé en commission et, s’il le faut,
nous pourrons le diffuser publiquement à l’occasion du budget primitif. Il n’y a là rien qui
soit caché et qui n’ait été dit.
Voilà ce que je voulais dire sur la partie transition de nos finances.
35
Evidemment, nous intégrons dans nos choix financiers les enjeux de justice
sociale – c’est notre deuxième préférence. Cela se voit notamment en matière de fiscalité.
Nous avons promis aux Lillois de ne pas augmenter les taux de nos impôts, je
crois que nous avons été assez clairs là-dessus. Cette promesse, nous l’avons tenue en
2020 et en 2021, nous la tiendrons en 2022 et au-delà et nous la tiendrons malgré des
évolutions fiscales qui sont assez lourdes. La réforme de la taxe d’habitation ne se fait
pas comme cela sans implication sur les autres taux, et je ne parle pas des autres
éléments financiers, y compris les plans de relance qu’on nous annonce sans les traduire
dans les budgets. C’est aussi dans ce contexte que nous devons élaborer ce débat
d’orientation budgétaire et ce futur budget.
En tout cas, nous sommes effectivement attachés à la stabilité des taux
d’imposition. Chacun connaît ici la différence entre les taux et les bases, nous avons eu
ces débats régulièrement. Je ne crois pas que l’on puisse dire que, là-dessus, nous ne
sommes pas dans la sincérité vis-à-vis des Lillois. Si nous maintenons les taux de la taxe
foncière – puisque c’est la seule qui nous restera –, c’est parce que nous ne voulons pas
fragiliser davantage le pouvoir de vivre des Lillois, un pouvoir de vivre dont on sait qu’il
est, pour certains, déjà faible et dont on sait aussi qu’il risque de se fragiliser avec ce
décrochage que l’on sent entre des salaires qui n’augmentent pas ou peu et une inflation
qui, elle au contraire, remonte.
L’autre point que je voudrais souligner en matière de justice sociale, c’est la
question de notre politique tarifaire. Il se trouve que nous avons aussi une délibération
sur ce sujet ce soir. Dans la politique tarifaire aussi, nous veillons à préserver ce pouvoir
de vivre des Lillois. En effet, dans certains cas, nous nous mettons à l’inflation et
évidemment jamais au-dessus ; dans d’autres cas, nous choisissons de manière
volontariste de ne pas aller jusqu’à l’inflation pour que ces taux soient encore plus
attractifs et, évidemment, à chaque fois que c’est permis, nous modulons les tarifs en
fonction des conditions sociales et des ressources, du quotient familial des Lillois. Nous
le faisons depuis longtemps pour les cantines et les centres de loisirs et nous l’avons fait
récemment pour les jardins familiaux. C’est plus original mais, là aussi, c’est la justice
sociale et la transition écologique en même temps.
Je pourrais ajouter en la matière ce maintien des subventions aux associations
qui fait partie de la manière dont nous concevons la place de la solidarité dans nos choix
financiers.
Enfin, la troisième préférence, – ce sera peut-être plus surprenant pour certains –
c’est la République. Notre conception de la République est celle d’institutions qui sont
rendues solides par notre Constitution, évidemment, mais ce sont aussi des institutions
qui sont solides par la place donnée au service public, aux agents publics et aux missions
qu’ils rendent à nos concitoyens. Or on peut dire que ces deux dernières années n’ont
pas épargné nos agents municipaux, qu’ils ont été mobilisés à tous les instants à l’accueil
dans les mairies de quartier et dans les CCAS, qu’ils ont répondu présents quand il fallait
mettre en place, souvent la veille pour le lendemain – n’est-ce pas Charlotte –, des
36
protocoles de sécurité dans nos écoles et ailleurs. De plus, ces agents ont même assuré
avec nous des grands moments démocratiques, les élections départementales et
régionales, où il nous a manqué tant d’assesseurs bénévoles. Bref, les agents étaient là
à chaque moment et ils continuent de l’être dans une période de grande incertitude. C’est
pourquoi nous sommes, nous aussi, à leurs côtés.
Plus 2,4 % d’évolution de la masse salariale, c’est peut-être trop aux yeux de
certains. J’ai entendu que ce n’était pas assez aux yeux d’autres, mais j’y reviendrai. En
tout cas, pour nous, cette évolution de la masse salariale est justifiée, équilibrée, parce
que cela comprend des recrutements nouveaux sur des missions essentielles, comme la
Police Municipale – par création de postes dans ce cas –, ou comme la transition
écologique. La transition écologique nécessite effectivement des embauches et c’est bien
d’avoir signalé que, en effet, nous avons embauché en faveur de la transition écologique,
c’est même un peu plus que le nombre de postes qui a été cité puisque, si on prend
vraiment l’ensemble du champ des missions, on est plus à 25 agents qu’à 13 au total.
Comme quoi, finalement, quand on est visionnaire, on se rend bien compte qu’on
a besoin parfois d’être gestionnaire – n’est-ce pas… – et la vision de la transition nécessite
aussi la gestion de la transition par les agents, mais des agents accompagnés par les
élus. Je sens bien qu’il y a une petite frustration de ceux qui se mettent du côté des
visionnaires à n’être finalement pas des gestionnaires. Je les rassure, on peut être
gestionnaire et visionnaire en même temps. Vous l’avez d’ailleurs – je l’espère pour vous
– été dans des mandats précédents. En tout cas, nous essayons de garder le cap et de
nous donner les moyens de garder ce cap.
Je voudrais à cet égard dire que les agents se mobilisent, travaillent. J’entends
qu’on les remercie beaucoup dans le discours de nos Oppositions. Moi aussi, je les
remercie, mais les élus aussi travaillent – je vous rassure là-dessus. Les rapports
d’orientations budgétaires ne sont pas écrits que par les agents, ils sont aussi écrits par
les élus. Même les diaporamas que l’on n’arrive pas à diffuser parce qu’ils ont été corrigés
à la dernière minute sont parfois écrits par les élus. Merci de remercier les agents et merci
de nous remercier pour ce travail collectif.
J’en reviens au fait que nous assumons cette évolution de la masse salariale,
pour les recrutements que je viens de citer, pour la déprécarisation des agents dont nous
avons déjà eu l’occasion de parler ici, une déprécarisation que certains réclamaient
depuis longtemps et que nous sommes heureux d’avoir enfin pu satisfaire. Marion
GAUTIER a cité 74 postes permanents créés et, au-delà de cela, de nombreux agents
sont mieux traités.
Je ne reviens pas sur le fait que, dans la même période, le Gouvernement a jugé
utile de faire passer envers et contre tout une réforme du temps de travail dont nous nous
serions bien passés dans la période.
Bref, transition, justice, République. À ouvrir la radio, la télé, les journaux, internet,
il faut bien reconnaître que, parfois, on a l’impression que ces valeurs, ces priorités
politiques que nous portons à Lille et que nous faisons vivre à Lille sont peut-être en
37
décalage avec l’air du temps, tant le climat actuel est délétère et le débat parfois peu
élevé. On finit par se poser la question. Est-ce que défendre ces valeurs, mener ces
politiques que nous menons à Lille, c’est être à l’avant-garde ou, au contraire, faire preuve
de résistance ? Je ne sais pas.
En tout cas, je sais que, quand nous renforçons l’accès aux soins pour tous avec
le bus du cœur, les centres de vaccination dans les quartiers, l’idée d’une salle de
consommation à moindre risque que nous n’abandonnons pas, quand nous travaillons
avec les associations du territoire pour plus d’entraide, de lien social et moins de
discrimination – on le verra tout à l’heure avec Jérôme PIANEZZA –, quand, en l’espace
d’un an seulement, nous faisons émerger la construction de plus de 1 800 logements
neufs, la rénovation de plus de 800 logements sociaux ou de plus de 1 300 logements
privés, quand nous honorons notre devoir d’hospitalité avec des appartements
d’hébergement supplémentaires dans l’ancienne école Saint-Exupéry ou des places pour
les réfugiés à la résidence Corot, quand, malgré la crise sanitaire, nous lançons nos petits
et grands projets de métamorphose paysagère, de renouvellement urbain, de rénovation
énergétique et de résilience climatique, quand nous faisons tout cela en priorisant la
solidarité et la fraternité, en conjuguant un haut niveau de service public et la transition
écologique, alors que, autour de nous, on souffle sur les braises de la violence physique,
verbale ou sociale, quand nous faisons cela, nous tenons bon.
Parce que l’immobilisme n’est pas pour nous une solution, parce que les valeurs
n’ont de force que si elles savent se confronter aux actes, nous ferons toujours le choix
de l’action dans la vision et la gestion, le choix de la complexité de cette action et nous
l’assumons.
Face aux défis, aux inégalités sociales et environnementales, nous refusons la
facilité des grands discours et des leçons simplistes.
Notre engagement politique, nous le voulons utile et, pour nous, il l’est quand
nous offrons un accompagnement et des services adaptés à tous les besoins et toutes
les bourses, quand nous donnons accès à la santé, à l’éducation, quand nous
accompagnons vers l’emploi, quand nous construisons et rénovons des logements
abordables, quand nous transformons les équipements et les espaces publics pour les
adapter au changement climatique.
Je voudrais ajouter une remarque sur ce sujet de la transition. Vous l’avez mesuré
à l’aune de la dette et des embauches, c’est une façon de faire. J’ai dit moi-même
comment nous pouvions rendre nos finances plus vertes et accompagner la transition par
des embauches. Je pense en revanche que cela ne résume pas le sujet, loin de là. Vous
verrez, à l’occasion de la discussion budgétaire de février, que la transition est aussi et
surtout dans les projets. En effet, quand, sur 115 M€, on a, selon la manière dont on
calcule, au moins 13 % de ces 115 M€ d’investissements qui vont vers des opérations
climat énergie ou des rénovations et même jusqu’à 21 % si on a une acception plus large,
je pense que c’est aussi à cela que se mesurent un rapport d’orientations budgétaires et
un budget en faveur de la transition. En tout cas, nous accélérons cette transition.
38
Nous déclinerons en 2022 très opérationnellement, comme nous avons déjà
commencé à le faire, le Plan lillois pour le climat dont nous avons déjà parlé. Par nos
politiques publiques de fonctionnement et d’investissement, par les partenariats
soutenables que nous recherchons avec nos financeurs, mais aussi avec l’ensemble du
tissu lillois, associatif, commerçant, par notre commande publique parce que c’est un outil
puissant au service de la transition, par tous ces moyens nous accélérons cette transition
pour être à la hauteur de l’urgence climatique.
Ici et depuis longtemps, c’est finalement l’idée d’une société équilibrée et d’un
développement soutenable que nous portons, d’un développement soutenable fondé sur
une économie respectueuse de l’emploi et de la planète. On connaît trop bien ici les
dégâts causés à la fois sur le sol de notre territoire, sur les corps et les esprits de nos
habitants, dégâts causés par l’extraction effrénée des ressources, qu’elles soient
naturelles ou humaines.
Nous voulons en effet que le développement à Lille se fasse de manière
soutenable, nous voulons garder Lille en mouvement. C’est notre volonté, cela se travaille
tous les jours avec nos partenaires économiques, sportifs, culturels et sociaux et c’est
évidemment difficile, surtout en ce moment. Je voudrais donc aussi avoir une pensée
spéciale vers eux tous ce soir.
Je l’ai dit, nos intentions politiques sont inscrites dans ces orientations
budgétaires : le développement soutenable, la solidarité, le climat et, bien sûr, la
citoyenneté. En effet, ces orientations reprennent évidemment aussi la hausse promise
de notre budget participatif sur le mandat. 2 M€, dont un quart pour les projets des moins
de 18 ans – cher Sébastien DUHEM. C’est avec les citoyens, y compris les jeunes, que
nous tracerons les perspectives de la ville de demain, pour faire de Lille cette référence
du mieux vivre social et écologique. Nous pouvons penser l’avenir, même dans cette
période d’incertitude, voire d’inquiétude, parce que nos fondations sont solides.
Madame DUHAMEL, je peux vous dire que y compris la Chambre Régionale des
Comptes en atteste. Comparaison n’est pas raison. Ne confondons pas forcément les
compétences exercées ici à Lille par rapport à celles exercées dans d’autres villes qui
n’ont pas tout à fait les mêmes relations de compétences que nous avec leur Métropole.
Je ferme la parenthèse.
En tout cas, nous avons des fondations solides, une gestion rigoureuse, de
grands équilibres financiers qui sont respectés. Nous pouvons penser l’avenir pour ces
raisons-là, mais aussi et surtout parce que la volonté politique de notre équipe et de son
Maire est à la fois claire et forte.
Je voudrais conclure cette intervention pour souligner, comme Première Adjointe
auprès de Martine AUBRY, la fierté qui est la nôtre d’agir jour après jour pour les Lillois.
C’est vrai que les temps sont difficiles, c’est vrai que les efforts à faire sont parfois plus
lourds que prévu, mais c’est vrai aussi que la satisfaction de voir les engagements tenus
et les projets avancer nous donne chaque instant l’énergie nécessaire.
39
Vous l’avez dit en septembre, Madame le Maire, nous avons déjà lancé environ
70 % de nos engagements, certains sont déjà visibles, d’autres le seront très bientôt et,
en tout cas, tous le seront d’ici la fin du mandat. C’est un résultat que nous devons,
Madame le Maire, à votre passion pour cette ville, à votre mobilisation sans faille à son
service et à celui des Lillois et également – et je voulais les en remercier ici – à l’action
de toute l’équipe municipale qui est à vos côtés : la justice sociale, pilotée par Arnaud
DESLANDES avec le groupe d’élus qui œuvre à la solidarité, la proximité et la
participation ; Charlotte BRUN qui travaille avec d’autres élus pour l’éducation et la
culture ; sans oublier celles et ceux qui, avec moi, contribuent à rendre toujours plus
tangibles la transition écologique et le développement soutenable.
C’est tous ensemble et dans la diversité politique qui nous caractérise, socialistes,
communistes – et je remercie Sylviane DELACROIX –, citoyens, radicaux et les
personnalités de la société civile qui sont dans notre équipe, c’est tous ensemble que
nous agissons pour le bien de Lille. J’espère que ceux qui nous écoutent l’auront senti à
l’occasion de ce débat d’orientation budgétaire.
Justice sociale, transition écologique, participation citoyenne, c’est sur la base
des orientations présentées ce soir par Marion GAUTIER, au nom d’une Majorité sociale
unie et au travail, que nous sommes prêts à présenter en février 2022 une programmation
budgétaire qui fait face aux urgences sociales et sanitaires, tout en engageant les projets
structurants pour le présent et le futur de notre ville.
Je vous remercie.
Temps de parole : 20 minutes 28
(Applaudissements sur les bancs de la Majorité)
Madame le Maire - Je crois que, en entendant Audrey LINKENHELD, nous
avons là une belle leçon politique.
Marion, voulez-vous répondre ? Je pense que presque tout a été dit, mais, si vous
le souhaitez, vous pouvez prendre la parole.
Madame GAUTIER - Je pense que tout a été dit.
Madame le Maire - Merci à tous et merci particulièrement à Marion GAUTIER, à
Patrick PINCET, à Bertrand ASSERAY, à Daniela BOIZART et à tous les services parce
que, finalement, tous les services ont travaillé, ainsi que tous les élus. Audrey l’a dit, mais
je remercie aussi l’ensemble des élus pour leur mobilisation. Si nous avons pu faire ce
travail et nous le verrons en effet en février, c’est parce que tout le monde est au travail
malgré la difficulté du moment et elle est quand même très présente, Audrey l’a rappelé.
Je voudrais à mon tour dire que, dans une collectivité où, y compris pendant le
confinement, 1 000 fonctionnaires ont fait fonctionner le service public, nous devons les
remercier et je regrette, moi aussi, que le point d’indice ait été considéré hier comme ne
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devant pas bouger. Cela fait tellement d’années que cela ne bouge pas réellement que
nous pouvons aussi dire que nous ne sommes pas d’accord avec cette position.
Je prends acte de ce débat, puisque nous avons à prendre acte et non pas à
voter, et je remercie chacun pour sa contribution.
Le Conseil Municipal prend acte du débat sur le ROB.
21/651 Produits irrécouvrables du budget principal - Admissions en non-valeur.
Adoptée.
21/652 Exercice 2021 - Ajustements - Virements de crédits - Autorisations de
programme et crédits de paiement - Admissions en non-valeur -
Subvention d'équipement - Décision Modificative n° 3 pour le budget
principal.
21/653 Exercice 2021 - Ajustements - Virements de crédits - Autorisations de
programme et crédits de paiement - Décision Modificative n° 3 pour le
budget annexe de la Commune associée de Lomme.
Adoptées à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre.
21/654 Budget Principal - Provisions comptables pour risques et charges -
Constitution et reprise de provisions.
21/655 Dépenses à imputer au compte 6232 « Fêtes et Cérémonies ».
21/657 Autorisations d'ouverture de crédits en dépenses d'investissement pour
l'exercice 2022.
Adoptées.
CASINO
21/658 Casino - Rapport d'activité 2019-2020 de la Société Lilloise d'Animation
Touristique.
Le Conseil Municipal prend acte.
41
Chemise 8
CULTURE Rapporteur : Marie-Pierre BRESSON
Adjointe au Maire
21/590 Projet de rénovation du Musée d’Histoire Naturelle – Approbation du
Projet Scientifique et Culturel.
Madame le Maire - Ce projet de rénovation du Musée d’Histoire Naturelle est
justement un bel exemple de ce que vient de nous dire Audrey LINKENHELD. Il s’agit à
la fois d’un projet de réhabilitation d’un grand musée, il y a un aspect culturel tout à fait
important – je rappelle que seuls 5 % de nos collections étaient montrées –, mais, au-delà
de cela, on sait combien ce musée est populaire, combien il est important pour les
familles, pour les enfants et pour l’ensemble des quartiers de notre ville. C’est une
rénovation à la fois scientifique et culturelle, mais aussi écologique que nous
entreprenons, rénovation que va nous présenter Marie-Pierre BRESSON.
Je voudrais dire que nous avons eu un accord de l’État, et d’ailleurs sans
remarques spécifiques, sur cet immense projet que constitue le projet de rénovation du
Musée d’Histoire Naturelle.
Je laisse la parole à Marie-Pierre BRESSON.
Madame BRESSON - Merci, Madame le Maire.
Mes chers collègues,
Pour prendre la suite de l’intervention d’Audrey LINKENHELD à l’instant, en effet,
vous l’avez dit, Madame le Maire, il s’agit d’un des grands projets structurants qui sera
réalisé dans ce mandat. C’est avec un très grand plaisir que je vais vous le présenter ce
soir.
(Projection de diapositives)
En effet, vous l’avez dit, le Musée d’Histoire Naturelle est un musée absolument
prisé par les Lillois. En témoignent la fréquentation de ce musée et notamment l’évolution
de la fréquentation. En 2003, il y avait 48 000 visiteurs par an ; en 2009, 80 000 et, en
2019, 122 000. Nous avons un record et nous avons vu, dès la réouverture du musée,
comme dans les autres établissements, à quel point il avait manqué si on en juge par
l’affluence qui a été celle que nous avons connue.
Ce musée est le seul musée d’histoire naturelle dans la région des Hauts-de-
France. Il aura 200 ans l’année prochaine. Ce sera l’occasion de célébrer l’anniversaire
de cette honorable maison. Il comporte 450 000 objets répartis en quatre fonds et dont
nous ne montrons que 5 % de l’ensemble de la collection. Cela signifie qu’il y a des
réserves, j’en parlerai tout à l’heure.
42
Le Projet Scientifique et Culturel que nous proposons d’adopter ce soir est
d’abord une obligation du Code du patrimoine, puisque le Musée d’Histoire Naturelle est
un musée de France et ce PSC est donc nécessaire. Il permet d’avoir une vision
prospective pour le Musée d’Histoire Naturelle puisque cet établissement va évoluer, avec
une ambition très forte.
Ce Projet Scientifique et Culturel est le fruit d’une écriture collective qui a été
portée par l’équipe de direction du musée, en lien avec un comité scientifique qui
regroupait des universitaires et des professionnels du musée, comité scientifique qui va
continuer d’accompagner le musée dans sa transformation et dans sa mutation.
Ce PSC s’appuie sur le bilan qui a été fait de ce qu’est le Musée d’Histoire
Naturelle, avec à la fois ses atouts que nous connaissons et, bien sûr, les faiblesses de
ce musée, en particulier son étroitesse eu égard au nombre de ses visiteurs et la richesse
de ses collections.
Enfin, ce PSC se fonde sur quatre piliers :
- la collection : l’objectif est de faire en sorte que, des quatre collections qui
sont une forme de stratification, on arrive à une seule collection qui donne à
comprendre ce qu’est le temps long de la connaissance ;
- une approche relative des sciences : être capable de comprendre que la
science contemporaine se fabrique à partir de cette stratification ;
- faire en sorte que ce musée soit en lien avec la société, en particulier dans
le contexte d’évolution que nous connaissons aujourd’hui, notamment de
dérèglement climatique. Il s’agit de s’adapter, de comprendre, d’augmenter
les connaissances scientifiques et d’accompagner les publics dans la
compréhension du monde ;
- enfin, le quatrième pilier porte sur la dimension réflexive et transparente du
musée, c’est-à-dire la manière dont on construit une collection, la manière
dont on montre une collection et la manière dont s’articule l’ensemble du
projet.
Ce projet s’articule autour de quatre parties pour ce PSC.
Une première partie s’attache au patrimoine et à l’identité du musée.
Vous avez sous les yeux des photos des très belles cartes murales qui ont été
révélées à l’occasion du déménagement de la Maison Régionale de l’Environnement et
des Solidarités et de la première phase d’agrandissement du musée. Ces cartes sont des
trésors géologiques à l’intérieur même du musée et seront évidemment montrées.
Le bâtiment en lui-même témoigne de son temps, notamment avec ces grands
éléments. Cette première partie consiste à travailler sur la compréhension de l’histoire de
43
notre territoire. Les collections du musée sont liées au territoire. En géologie par exemple,
le Musée d’Histoire Naturelle a une des premières collections de paléobotanique (du
carbonifère), qui donne à comprendre comment notre territoire était un territoire de
production, notamment du charbon. Il y a également par exemple les collections de
sciences et techniques, qui sont montrées seulement à l’occasion d’expositions
temporaires. Vous avez ici la coupe d’une brasserie ; vous comprenez bien que, là
encore, on a une inscription dans l’histoire industrielle du territoire. Il y aurait évidemment
bien d’autres exemples à donner.
Dans cette première partie, comprendre l’inscription du musée dans son territoire
et dans l’histoire de son territoire, il s’agit aussi de travailler sur la manière dont ce musée
veut évoquer le rapport entre l’homme et la nature, à travers une grande collection
d’anthropologie culturelle et d’histoire naturelle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle une
réflexion porte aussi sur le nouveau nom qui sera attribué à ce musée. Nous avons une
première intention autour d’un « musée de la nature, de l’homme et des civilisations ». Là
encore, ce nom fera l’objet de questionnements et d’évolutions au fur et à mesure de
l’élaboration de ce projet.
La deuxième partie porte sur les collections, avec évidemment la conservation et
la recherche, car cette mission est une des missions premières du Musée d’Histoire
Naturelle, avec un fonds de sciences et techniques de 40 000 objets, un fonds
d’ethnographie extra-européenne qui commence au XIXe siècle avec plus de 13 000
objets, dont certains sont très souvent prêtés. En ce moment, pour l’exposition du musée
du Quai Branly, une partie des objets provient des collections du Musée d’Histoire
Naturelle. Il y a également dans cette partie la géologie, avec 180 000 échantillons de
géologie qui racontent l’histoire de la vie et de la terre, tout cela avec des séries qui sont
très longues, et des spécimens de zoologie dont nous avons un panorama assez vaste.
L’objectif est de ne plus former qu’une seule collection qui regroupe ces quatre-
là et qui permette de comprendre et d’avoir une approche relative des sciences, de faire
le lien avec la société et de donner à comprendre le temps long, ce que je disais tout à
l’heure.
L’autre activité du Musée d’Histoire Naturelle est évidemment une activité de
recherche, avec une étude sur la gestion des fonds. En effet, dans la politique du musée,
il y a également celle de l’enrichissement des collections, évidemment de manière
raisonnée. Il faut comprendre comment ces collections sont constituées, comment on doit
en combler les lacunes, puisque certaines d’entre elles sont lacunaires, et il faut
évidemment aussi étudier la possibilité de partenariats avec d’autres institutions qui
puissent permettre précisément de combler ces lacunes et d’améliorer la connaissance
scientifique que nous avons, puisque c’est l’objet principal de l’activité de recherche du
musée.
Il s’agit donc de maintenir un rôle de conservation.
44
Il s’agit également de travailler sur le patrimoine industriel. Dans la région,
d’autres établissements sont dédiés à cette réflexion sur le patrimoine industriel et le
projet scientifique et culturel propose de s’articuler avec ces autres établissements.
Enfin, sur cette réflexion sur le temps long, c’est aussi la compréhension des
questions de transition écologique et de manière de vivre qui soit soutenable.
J’ajoute – vous l’avez dit en ouverture du Conseil Municipal, Madame le Maire –
que ce projet se dote en plus d’une ouverture des bases de données du Musée d’Histoire
Naturelle, puisque l’open data est désormais accessible. Une partie des collections du
musée sont donc inventoriées et sont accessibles au public sous format numérique.
La troisième partie, c’est la valorisation des collections dans le musée, avec
évidemment les expositions, – là aussi, il s’agit d’un des rôles fondamentaux du musée –
avec des expositions permanentes – celle que nous connaissons, que l’on regarde
toujours avec une certaine tendresse, ne serait-ce que parce que la grande galerie est
redevenue une forme d’élément patrimonial tout à fait naturel depuis que l’entrée du
musée a été déplacée rue Gosselet –, des expositions temporaires dont on dira qu’elles
deviendront des expositions temporaires de longue durée, et une politique de prêt
dynamique pour que nous puissions continuer à enrichir à la fois les collections du musée
et aussi la compréhension des expositions.
Dans ces futures expositions, la galerie historique dont je parlais à l’instant, il y
aura une transformation sur la coursive, puisque la coursive permettra de comprendre
comment est constitué ce musée et comment on travaille sur la manière dont on montre
une collection.
Une nouvelle aile sera entièrement destinée à développer des propositions dans
une démarche plus expérimentale, immersive, participative. Un des aspects de ce
nouveau Projet Scientifique et Culturel est la science participative. On y trouvera des
expositions temporaires, un espace forum et une partie qui sera un musée à hauteur
d’enfant, tant on sait à quel point il est nécessaire pour l’expérimentation de toucher, de
comprendre, de faire. Cette partie-là sera particulièrement développée, elle a été conçue
avec des pédopsychiatres et les services de la petite enfance, et je sais Charlotte BRUN
très attentive à cette partie. Nous le sommes tous puisque ce musée à hauteur d’enfant
est un des éléments fondamentaux de notre programme.
Enfin, je n’oublie pas les réserves. Nous le disions, seulement 5 % de la collection
est montrée, cela veut dire qu’il y a d’importantes réserves. Evidemment, on ne pourra
pas visiter l’intégralité des réserves, mais l’objectif sera d’en montrer une partie, de
soulever le voile, pour que l’on puisse voir quelles sont les coulisses du musée – c’est
toujours assez fascinant –, mais aussi comment se constituent les séries qui permettent
de comprendre le temps long et on sait avec quelle gourmandise les enfants
s’émerveillent en général devant le nom des séries. Ce sera un des éléments de la future
présentation.
45
Enfin, quatrième partie, c’est tout le travail qui est destiné aux publics qui sont au
cœur de l’action du musée. Je crois que, avec les chiffres que j’ai donnés tout à l’heure,
il n’est pas nécessaire de dire à quel point l’équipe du musée – et je salue sa directrice
Judith PARGARMIN qui est là – est très attentive au fait que les publics soient
particulièrement soignés dans ce nouveau projet. Une attention sera portée à tous les
visiteurs puisque ce musée rassemble essentiellement un public familial et de proximité,
avec plus de 70 % des visiteurs qui viennent de la métropole et de très jeunes visiteurs.
Une attention toute particulière sera portée aux nouveaux modes de médiation
notamment, avec en particulier des dispositifs numériques, mais pas seulement.
Beaucoup d’attention sera portée au très jeune public en particulier.
Vous avez là sur le diaporama une photo du nouveau café-boutique, qui a pris
place dans la première phase des travaux puisque ce projet est lancé depuis cette année.
Une première phase de travaux a permis de passer l’entrée du musée rue Gosselet et
d’ajouter 400 m² qui sont destinés à l’accueil des publics avec ce café-boutique.
Une deuxième phase de travaux va débuter. Un concours a été lancé, il a été
publié en février 2021, il y a eu cinq concourants dont nous aurons le jury en début
d’année. Cette deuxième phase permettra d’ajouter un peu plus de 1 000 m² de nouveaux
espaces d’exposition. Nous obtiendrons à la fin un doublement de la surface de notre
Musée d’Histoire Naturelle.
Voilà l’objet de ce grand projet de rénovation dont nous avons déjà saisi les
prémices avec les nouveaux espaces qui sont disponibles et les espaces d’exposition qui
seront agrandis dans cette deuxième phase.
Je voudrais saluer le travail de l’équipe du Musée d’Histoire Naturelle sous la
direction de Judith PARGAMIN, du comité scientifique qui a fait un gros travail pour
redonner une cohérence d’ensemble et pour projeter le Musée d’Histoire Naturelle dans
cette nouvelle phase, puisque ce projet porte sur les cinq années qui viennent.
Enfin, je vous rappelle que, pendant la saison Utopia, nous découvrirons dans un
esprit de science participative le fameux blob dans le cadre de cette compréhension, en
lien avec le Centre National de Recherche Scientifique. Pour le moment, c’est le loup « ni
méchant ni gentil » qui nous attend encore au Musée d’Histoire Naturelle.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Marie-Pierre BRESSON, et merci à Judith
PARGAMIN et à toute son équipe, c’est vraiment un magnifique projet.
Je passe tout de suite la parole à Bernard CHARLES pour cinq minutes.
Monsieur CHARLES - Madame le Maire, Madame l’Adjointe, mes chers
collègues,
Le rapport complet et la synthèse sont des documents très précieux. Ils sont en
annexe de la délibération. Ils méritent, par leur qualité et pour la bonne information des
Lillois, des métropolitains, d’être aisément accessibles en ligne.
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Saluons la mémoire d’Alfred MONGY, Directeur des travaux municipaux, à qui
avait été confiée la conception du bâtiment afin d’héberger l’Institut de sciences naturelles
qui abrite aujourd’hui le musée, un patronyme évocateur pour les plus anciens de nos
concitoyens.
Saluons le caractère visionnaire de Pierre MAUROY – et je lis ici un extrait du
projet – qui décide de regrouper…
Madame le Maire - Attendez, on met un peu moins fort…
Monsieur CHARLES - Ils peuvent baisser.
Madame le Maire - Ce n’est pas de votre faute. Si on pouvait être un peu réactif…
Monsieur CHARLES - Vous me déduisez mon temps.
Madame le Maire - Oui… C’est beaucoup trop fort, tout le monde se plaint.
Essayez de réagir…
Monsieur CHARLES - Saluons le caractère visionnaire de Pierre MAUROY – et
je lis ici un extrait du projet – qui « décide de regrouper en 1991 le Musée d’histoire
naturelle – zoologie et géologie – avec deux autres musées lillois fermés au public. Le
Musée d’ethnographie devient la collection d’ethnographie extra-européenne. Le Musée
industriel et commercial de la Ville de Lille, lui-même réunion de deux musées, fermé
depuis le début des années quatre-vingts, devient la collection sciences et techniques.
C’est ce regroupement – est-il écrit – qui fonde véritablement la vocation du projet, avec
la décision d’enrichir une vision de la nature par celle des activités humaines ».
Saluons le travail, les 30 années d’action du premier Conservateur municipal et
Directeur du musée, Bertrand RADIGOIS, qui a mis en place une politique plus
dynamique d’ouverture et d’expositions temporaires, avec ateliers, conférences, outils
pédagogiques. En particulier, l’année 1982 marqua un bond spectaculaire en termes
d’image pour le musée : il organisa trois expositions temporaires, dont « Les plus beaux
insectes du monde » qui accueillit 75 000 visiteurs en trois mois. Pendant les 30 ans de
sa gestion du musée, l’établissement a augmenté ses périodes d’ouverture au public de
trois après-midis par semaine à cinq jours par semaine et a accueilli de plus en plus de
scolaires.
Saluons le professionnalisme, l’opiniâtreté, la passion de l’actuelle conservatrice
Judith PARGAMIN, recrutée en 2009 et Directrice du musée depuis mars 2010, et de son
équipe. Saluons son exploit, car il faut, comme le texte du projet le dit, rappeler que l’envie
de rénover le musée pour ses directeurs successifs remonte à plus de 70 ans. Que de
projets d’ambitions variées ont été dessinés pour ce musée, y compris avec des
déménagements envisagés dans des bâtiments neufs ou extérieurs réhabilités, qui
présageaient d’espaces d’exposition beaucoup plus étendus qu’ils ne le sont
actuellement. Sans eux et sans elles, ce projet tant attendu ne serait pas devant nous.
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Soulignons les futurs nouveaux espaces de présentation et de médiation des
collections. Approuvons la volonté d’un musée qui donne à comprendre la science, nous
en avons tant besoin aujourd’hui. Approuvons de donner à comprendre la construction
des connaissances ; mais entendons-nous bien sur ce que l’on appelle l’approche relative
des sciences et la mise à distance critique de certains savoirs. Louons la lucidité d’un
musée qui accueille un fort public individuel, familial et scolaire, qui attire, en revanche,
peu les collégiens, lycéens et adolescents (les 12-25 ans constituent moins de 8 % de
nos publics), mais louons la volonté forte et détaillée dans les moyens à prendre afin d’y
remédier.
Aujourd’hui – c’est ce qui est indiqué –, de façon instinctive, le projet en cours
porte le titre de travail « musée de la Nature, de l’Homme et des Civilisations ». Saluons
la volonté, comme c’est le cas pour les institutions européennes, en pleine mutation, de
réfléchir à un mode partagé de décision sur le changement de nom, en s’appuyant, vous
l’avez dit, sur un comité scientifique, mais aussi sur les habitants qui, depuis toujours,
entretiennent un rapport très fort avec ce musée. Assurons-nous qu’il n’y aura point loin
de la coupe aux lèvres quant à cette participation.
Mais exerçons une forte vigilance pour que l’affirmation, non étayée à ce jour
dans le projet ni dans la synthèse, de lire dans les termes de « musée de la Nature, de
l’Homme et des Civilisations » des termes très chargés de valeurs qui ne sont pas à la
hauteur des ambitions inclusives et décolonisatrices que le musée développe, ne soit pas
la mise en œuvre d’une conception proche de la cancel culture, du wokisme, c’est-à-dire
de la culture de l’annulation, très éloignée de l’universalisme qui doit sous-tendre un aussi
important projet culturel et scientifique. Nous sommes confiants, mais la confiance
n’empêche pas la vigilance.
Nous voterons avec enthousiasme cette délibération en y voyant d’ailleurs, et
vous l’avez évoqué, une dimension métropolitaine, une dimension régionale qui, à nos
yeux, devrait également se concrétiser dans ses soutiens.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci à Bernard CHARLES, d’abord, de nous avoir rappelé
l’histoire du Musée d’Histoire Naturelle ; il est vrai qu’il faut rendre hommage aux anciens
qui ont permis que se fasse ce qui se fait aujourd’hui. Il est enthousiaste et vigilant. Je
serai aussi vigilante, donc nous serons deux, mais je crois qu’on n’a pas besoin de cela,
parce que l’équipe du musée est tellement accrochée, avec Marie-Pierre BRESSON, à
ce projet, avec toutes les équipes de la Culture de la Ville, que nous avancerons tous
ensemble.
Nous devons travailler, nous en sommes tous conscients, pas uniquement sur le
Musée d’Histoire Naturelle, mais sur les adolescents, que nous avons beaucoup de mal
à amener vers les lieux de culture, sauf dans la tribu dans laquelle ils sont. Quand ils
aiment un élément de la culture, on les y trouve ; c’est beaucoup plus compliqué lorsqu’on
veut les ouvrir vers les autres aspects de la culture. Cela fait partie des sujets sur lesquels
nous travaillons avec Marie-Pierre BRESSON.
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Merci pour cette intervention.
Frédéric LOUCHART.
Monsieur LOUCHART - Madame le Maire, chers collègues,
Les Lillois éprouvent un grand attachement envers ce musée, dont l’architecture
a les défauts ergonomiques de ses qualités esthétiques.
Le Projet Scientifique et Culturel s’inscrit dans une vision articulée sur l’insertion
dans le territoire du bassin houiller et son époque – nous avons revu tout à l’heure les
fameuses cartes du grand escalier de l’ancienne MRES –, autant que sur les collections
ethnographiques. La DRAC l’attendait aussi avec impatience, de ce que nous avions cru
comprendre.
Avec un nouvel intitulé tel que « musée de la Nature, de l’Homme et des
Civilisations », je crois revoir l’ancienne bibliothèque du musée de l’Homme, la seule qui
rassemblait les multiples dimensions de l’humanité : animale, ethnographique et
archéologique. L’idée d’une anthropologie culturelle fondée sur le rapport homme-nature
ne peut que nous intéresser, vous l’imaginez bien – et quand je parle de cette ancienne
bibliothèque, c’est surtout à titre nostalgique.
Mettre en valeur une riche collection sous-exploitée jusqu’à présent, faciliter la
recherche, on ne peut qu’approuver. Bien des chercheurs font déjà appel au personnel
de ce musée, qui s’échine parfois à rechercher dans l’étymologie du Magyar pour
répondre de son mieux et faciliter leur travail. Nous espérons que le personnel disponible
pour ces travaux restera à la mesure des besoins, un personnel que nous savons très
attaché à ses missions, comme vous l’avez rappelé tout à l’heure.
À ce propos, nous remarquons un dialogue avec le personnel, ce qui facilitera
grandement la mise en œuvre de ce projet.
Dans le même ordre d’idée, l’analyse des stratégies des différents publics et la
prise en compte des multiples canaux de compréhension des visiteurs ne peuvent
qu’apporter un plus à ce projet. Dans le détail, il est question de dynamique d’ouverture
aux événements culturels, au croisement des disciplines et des thématiques, ainsi que la
recherche d’usage optimal des espaces et de l’énergie ; tout cela va dans le bon sens et
rappelle le travail de Julien DUBOIS, me semble-t-il, sur ce bâtiment.
Immersion, numérique, partenariats, accessibilité, sciences citoyennes et
participatives, emmener le musée hors-les-murs, que de principes intéressants que le
projet présente à l’échelle du centre-ville et du Nord de l’Europe, de Londres à Cologne,
de Paris à Anvers, mais pas vraiment à l’échelle de toute la ville. Ne serait-il pas pertinent
de concevoir des liens avec le Jardin des plantes, qui ne manque pas d’intérêt dans les
thématiques énoncées tout au long des pages du Projet Scientifique et Culturel.
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Approche par le sensible, par l’immersion, approche ludique et complémentarité
des équipements lillois. Si en plus cela permet de désincarcérer le Jardin des plantes et
favoriser son accessibilité, le Projet Scientifique du musée de la Nature, de l’Homme et
des Civilisations aurait aussi la vertu d’être un outil d’aménagement du territoire. Après
tout, il n’est pas très loin.
De même, inscrire le musée dans le réseau Nature à Lille et développer des
partenariats avec le riche tissu associatif de la ville et le centre de doc de la MRES, cela
aurait du sens sur le plan territorial autant qu’historique. Ce serait aussi compatible avec
ce qui est déjà mentionné dans le projet, à savoir une synergie avec les services de
documentation lors des événements culturels de la Ville.
Il nous est demandé de nous prononcer sur un Projet Scientifique présenté à la
presse deux jours avant le vote. C’est peut-être un peu, comme l’iguanodon, mettre les
choses à l’envers, mais bon, ce n’est pas grave, avançons. Avez-vous une profondeur de
vue sur la future muséographie ? Par exemple, il était question d’un musée à hauteur
d’enfant qui est très intéressant, afin de donner à comprendre les trois dimensions que
sont : comprendre le monde, se connaître et construire demain. Et quelle place sera
donnée dans l’exposition permanente à la notion de changement climatique ? Car il ne
s’agit pas d’être optimiste ou pessimiste, mais scientifique, et qu’à côté de l’humain
« habitant du monde », « curieux explorateur », « ingénieux acteur », il y avait au même
niveau l’humain « mystificateur et destructeur », pour revenir à cette anthropologie de la
nature.
Quand c’est bien, il faut le dire et nous savons le faire et nous voterons pour, bien
sûr.
Merci.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Marie-Pierre.
Madame BRESSON - Une réponse rapide. D’abord vous remercier, tant Bernard
CHARLES que Frédéric LOUCHART, pour les interventions qui sont les vôtres et pour le
soutien que vous apportez à ce projet. Vous l’avez dit, les Lillois sont attachés au Musée
d’Histoire Naturelle, comme nous le sommes tous ici, dans cette enceinte. Les points très
laudatifs que vous avez évoqués sont très agréables à entendre, de même que les points
de vigilance que vous évoquez, qui font partie, en vérité, de la réflexion portée par ce
Projet Scientifique et Culturel, c’est-à-dire que lorsque nous parlons des sciences
relatives, lorsque nous évoquons des démarches participatives, lorsque nous insistons
sur le fait que le projet sera celui du Musée d’Histoire Naturelle, dont le nom changera,
tout cela se fera de manière très articulée avec le territoire, pour la compréhension du
territoire.
Lorsque, dans les expositions, on considère que nous serons capables de
montrer ce qu’est le temps long, il va de soi que ce projet s’inscrit précisément dans celui
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qui est le nôtre aujourd’hui, dont Audrey LINKENHELD parlait à l’instant, et ce qui nous
préoccupe : la question du changement climatique ; c’est une évidence.
Pour ce qui concerne la muséographie en tant que telle, je vous l’ai dit, le PSC
sert de base à une programmation architecturale et muséographique, nous aurons des
propositions – c’est une forme de cahier des charges qui est confié à des agences, cinq
planchent aujourd’hui sur le sujet – en début d’année prochaine, auquel cas nous y
verrons plus clair sur la manière dont les choses seront faites.
Il est possible, par exemple, que dans les projets qui seront présentés, des
aménagements très différents soient proposés ; nous aviserons en fonction des données
qui sont dans le Projet Scientifique et Culturel et des objectifs qui sont les nôtres – et que
vous avez bien compris – sur la manière dont nous voulons à la fois amplifier et continuer
le travail de recherche et, en même temps, donner à voir ce que sont les collections du
musée pour un public le plus large possible.
Tout cela est un processus en cours.
Madame le Maire - Un bel enthousiasme de tous, donc on n’a plus qu’à voter
tous ensemble pour ce beau projet et à le suivre avec grand intérêt.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je vous remercie.
Je dois vous dire un mot de la délibération 589 qui est aussi dans la pochette de
Marie-Pierre BRESSON.
21/589 Conservatoire à Rayonnement Régional – Adhésion à l’association MESH
(Musique Et Situation de Handicap).
Madame le Maire - Il s’agit de vous demander, d’abord, si vous êtes d’accord
pour que nous votions à main levée sur la représentation de la Ville de Lille à l’association
Musique Et Situation de Handicap.
Je vous donne un peu le contexte : le Ministère de la Culture a retenu le
Conservatoire de Lille pour réfléchir sur la grande accessibilité des établissements
d’enseignement artistique aux personnes en situation de handicap. Sylviane DELACROIX
et Marie-Pierre BRESSON suivent cela évidemment avec grand intérêt. Pour poursuivre
la réflexion, le Conservatoire a décidé d’adhérer à cette association – mais c’est l’occasion
pour moi de vous parler de cela – Musique Et Situation de Handicap, où nous devons être
représentés.
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Nous devons normalement voter à bulletin secret, mais je vous propose, si vous
en êtes tous d’accord, de voter à main levée pour que Marie-Pierre BRESSON nous
représente dans cette association.
Pas d’opposition pour voter à main levée ? (Pas d’opposition parmi les conseillers
municipaux)
Je vous propose de voter à main levée pour la délibération 589.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
21/585 Sollicitations de prêts d'œuvres auprès des services culturels.
21/586 Palais des Beaux-Arts - Recherche sur les pratiques photographiques
des visiteurs - Convention entre la Ville de Lille et Sorbonne Université.
21/587 Donation au profit des collections du Palais des Beaux-Arts et du Musée
de l'Hospice Comtesse.
21/588 Festival Hip Open Dance du 14 janvier au 06 février 2022 - Partenariat
entre la Ville de Lille maison Folie Wazemmes et le Prato.
Adoptées.
21/591 Institutions culturelles - Tarification d'occupation de locaux.
Adoptée.
(Marie-Pierre BRESSON, Arnaud TAISNE, Franck HANOH et Catherine
MORELL-SAMPOL ne prennent pas part au vote.)
21/592 Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Exonération et modification de
redevance - Prolongation de concession.
Adoptée.
21/593 Gare Saint-Sauveur - Bar-restaurant - Concession de service.
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN et Arnaud TAISNE ne prennent pas part au vote.)
COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE
21/594 Coopération décentralisée - Coopération Lille-Saint-Louis du Sénégal -
Projet Actions Communes et Concertées pour l'Efficacité Energétique à
Saint-Louis (ACCEES) - Acceptation de recette - Prévision de dépenses.
21/595 Coopération décentralisée - Volontaires de Solidarité Internationale.
52
Adoptées.
Nous passons au dossier de Stanislas DENDIEVEL, à qui je donne tout de suite
la parole.
Chemise 9
ACTION FONCIERE ET IMMOBILIERE Rapporteur : Stanislas DENDIEVEL
Adjoint au Maire
21/600 Quartier Wazemmes – Bien sis 36 rue Kuhlmann – Acquisition auprès de
la SCI du 71 rue du Touquet.
(Projection de diapositives)
Monsieur DENDIEVEL - Merci, Madame le Maire.
À l’occasion de la délibération qui vous est présentée ce soir concernant
l’acquisition d’une parcelle 100 % bâtie à Wazemmes pour y projeter la réalisation d’un
futur square, je propose de vous présenter en quelques mots rapides l’engagement de la
Ville de Lille pour la nature, pour la biodiversité et pour les habitants.
La Ville, en effet, porte une stratégie d’accroissement de la présence de la nature
et du végétal dans ses rues et ses quartiers. Il s’agit pour nous d’augmenter la
biodiversité, de créer des puits de carbone, d’offrir des îlots de fraîcheur et de nouveaux
espaces récréatifs pour les Lillois.
Deux axes ambitieux animent cette stratégie : 90 hectares de parcs, jardins,
squares et lieux de nature créés ou réaménagés, 20 000 arbres, ce qui augmentera de
50 % le patrimoine arboré aujourd’hui.
Avec vous, Madame le Maire, Martine AUBRY, et avec mes collègues Audrey
LINKENHELD, Jacques RICHIR, Charlotte BRUN, Sébastien DUHEM, Estelle RODES,
Pierre POSMYK, Christelle LIBERT, et j’en oublie encore, sans oublier tous les présidents
de Conseils de quartier et les Maires des Communes associées, nous avons mené un
travail transversal qui permet de cibler trois priorités d’action.
Trois critères ont été définis :
- environnemental, notamment en ciblant en priorité les secteurs en déficit
d’espaces verts, les continuités de biodiversité, le rôle en matière de
stockage carbone ou encore dans le cycle de l’eau ;
- récréatif, en n’opposant pas la nature aux hommes et en intégrant dans les
projets la ville à hauteur d’enfant, les dimensions sportives, culturelles et de
loisirs de plein-air ;
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- agriculture urbaine, enfin, des fermes urbaines aux jardins partagés,
collectifs ou familiaux, qui jouent un rôle nourricier et contribuent au panier
alimentaire des habitants en respectant des circuits courts.
C’est aussi une méthode que nous avons construite qui met la priorité d’action
sur les zones blanches. Vous avez à l’écran une carte des espaces de nature avec leurs
aires d’influence, d’où ressortent des secteurs plus denses et moins pourvus que d’autres
en espaces verts, notamment les quartiers centraux (Wazemmes, Moulins, Vauban-
Esquermes), mais aussi certaines parties de Fives, par exemple. C’est là où nous voulons
agir en priorité, sans oublier, bien évidemment, d’agir dans le diffus, partout dans les
espaces publics.
Pour ce faire, avec l’appui de tous les services de la Ville engagés dans la
démarche et que je remercie à travers Patrick PINCET, le Directeur Général des Services,
nous avons engagé un travail d’identification des fonciers mobilisables, par exemple des
sites existants déminéralisés, des potentiels inutilisés ou mutables et, en même temps,
nous avons une veille foncière constante tant dans l’espace public que dans l’espace
privé.
Le bilan de la première saison dans le champ de la nature – on plante et on
comptabilise les actions de novembre à mars – témoigne d’une montée en puissance des
90 hectares et d’un démarrage très encourageant de l’objectif 20 000 arbres, avec plus
de 3 500 arbres en 2020-2021. Les données s’affichent à l’écran, je ne les commente pas
précisément, nous aurons l’occasion d’y revenir tout au long de la saison qui commence.
Il s’agit simplement d’illustrer à travers ce bilan que, comme vous le voyez à l’image, ici,
dans l’écoquartier des Rives de la Haute-Deûle, le végétal cohabite avec l’habitat, avec
les activités, avec la vie sociale. C’est cet esprit social et végétal que nous voulons
renforcer dans nos rues, dans nos espaces publics et dans tous les projets
d’aménagement qui nous attendent.
Voici en images quelques illustrations des projets réalisés et livrés en 2021 :
- le square Katherine Johnson aux Bois-Blancs, pensé comme un jardin
d’éveil ;
- le parc Henri Barbusse au Faubourg de Béthune, totalement remodelé pour
y faire cohabiter usages récréatifs, jardins partagés et réserve de
biodiversité ; vous le voyez en bas de l’écran, une mare a même été créée ;
- le jardin écologique à Hellemmes, sur le site Lidl ;
- le réaménagement des espaces de la plaine du Bazinghien, toujours au
Faubourg de Béthune ;
- le nouveau Jardin de la Paresse à Wazemmes, qui combine jardins
familiaux et partagés, compost collectif de quartier, jeux inclusifs en bois,
espaces de détente et oasis de biodiversité ;
- toujours à Wazemmes, le petit espace du verger de l’Abbé Aerts, première
reconquête – si je puis dire – de la nouvelle continuité de promenade verte
tissée dans le quartier.
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Venons-en à l’avenir ! Comme l’ont montré les deux derniers exemples, la
création en tissu urbain dense de tels nouveaux espaces verts n’est possible qu’à force
de volonté et d’anticipation. Pour la concrétiser, il faut être en veille, puis s’en donner les
moyens, ce qui n’est pas toujours facile.
La délibération qui vous est présentée ce soir, l’acquisition d’une parcelle à l’angle
des rues du Docteur Yersin et Kuhlmann à Wazemmes, pour y réaliser un square,
témoigne de ce volontarisme. Dans un secteur très dense, au sein d’un îlot à plus de 95 %
bâti, comme vous pouvez le voir sur la photo aérienne, nous allons libérer des entrepôts
qui accueillaient le Secours populaire – pour ceux et celles qui s’en souviennent –, qui les
a libérés, pour aérer la ville et imaginer une nouvelle respiration dans le quartier. Un peu
plus de 700 m², ce qui n’est pas rien à l’échelle du site, vont ainsi être libérés pour
accueillir un square à proximité des écoles élémentaire Viala Voltaire et maternelle
Camille Desmoulins.
La délibération de ce soir marque ainsi une étape importante : l’acquisition du
foncier. D’autres étapes suivront avec la déconstruction du site et surtout la mise au point
du projet de jardin qui sera réalisé, chère Charlotte, en interface avec le Conseil de
quartier. Nous aurons donc, peut-être avec toi du coup, l’occasion d’y revenir bientôt.
À l’image des projets livrés et réalisés en 2021, ce ne sont pas moins de 18 projets
dont l’ouverture est prévue en 2022. Je présente deux visuels ici :
- la requalification complète du square d’Armentières dans le quartier de
Vauban-Esquermes, selon le schéma qui s’affiche en bas de l’écran ;
- la création de la colline paysagère de la ferme urbaine dans le cadre du
projet de renouvellement urbain Concorde – Estelle RODES a déjà eu
l’occasion de vous le présenter, c’est parti.
Pour terminer ce panorama, c’est sous le signe des micro-forêts qu’a démarré la
saison 2021-2022 de plantations d’arbres citoyennes, avec à chaque fois un grand
succès. Vous avez d’ailleurs dans les délibérations de ce soir une délibération qui encadre
la réalisation d’une micro-forêt sur la butte paysagère de l’échangeur A1/A25, situé entre
le Petit Maroc et la Porte de Valenciennes, entre Fives et Moulins. Dans ce triangle de
près de 3 hectares, 7 000 arbres et arbustes sont plantés cette saison, 20 000 à terme
avec les habitants. C’est le collectif l’Arrassine qui a porté cette expérience avec le
concours de la Direction interdépartementale des routes, puisque nous sommes sur un
foncier État, et le concours, bien évidemment, des services de la Ville et des équipes
Nature en ville qui seront appelés à entretenir ces plantations dans la durée. La photo en
bas à gauche a été prise sur le site samedi dernier.
De la même façon, début novembre, plusieurs centaines de personnes ont planté
pendant quatre jours près de 2 500 jeunes arbres plaine de la Baltique au Faubourg de
Béthune, encadrées par la Ligue de protection des oiseaux et la start-up Beeforest. En
initiant ou en encourageant ce type d’initiative qui s’inspire de la méthode du Japonais
MIYAWAKI, la Ville de Lille – et je salue Sylvain LEROUX, Directeur de la Nature en ville
– développe ainsi des mini-forêts denses qui jouent un triple rôle : former des îlots de
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fraîcheur, absorber le bruit et la pollution – c’est particulièrement le cas sur le site de la
colline A1/A25 – et développer la biodiversité, y compris pour la petite faune sauvage.
Les arbres et arbustes choisis sont sélectionnés dans le cortège des essences régionales
et adaptés aux situations des sols.
Plantations de mini-forêts, mais aussi nouveaux arbres dans les espaces publics
et revégétalisés se poursuivront toute cette saison, partout dans la ville, à l’instar de
l’aménagement du nouveau site de la rue Gutenberg au cœur de Fives, cher Sébastien,
mobilisant les écoles, les habitants. Des plantations citoyennes y sont prévues dans une
semaine, suivies d’une seconde campagne de mobilisation avant le printemps, et cela se
développe progressivement partout dans la ville.
Je souhaitais conclure ma présentation en disant que cela continue jusqu’au
printemps, mais on a vraiment l’ambition d’avancer sur cette question du renforcement,
assez spectaculaire en matière de rythme, des actions en faveur de la nature en ville.
Merci.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Stanislas.
Nous avons plusieurs demandes de parole sur les délibérations de Stanislas
DENDIEVEL. Tout d’abord, Stéphane BALY sur la 600 : le site Kuhlmann.
Monsieur BALY - Madame le Maire, mes chers collègues,
Je vous remercie, Monsieur l’Adjoint, pour cette présentation des avancées en
matière d’espaces verts à Lille. Rappelons qu’il s’agit d’un sujet sur lequel les Lilloises et
les Lillois vous attendent au tournant. Une analyse fine des projets déposés à la troisième
édition du budget participatif en témoigne : 78 des 389 propositions relèvent de la
thématique des espaces verts à Lille. C’est de loin la première thématique qui revient, en
particulier pour le quartier de Fives. Autant de propositions que nous devons considérer
comme les symptômes d’un manque, d’un besoin urgent d’espaces de nature dans notre
ville. Ces espaces sont essentiels au bien-être de nos concitoyens, à la qualité de l’air et
à la biodiversité. Accélérer la végétalisation de notre ville, c’est aussi s’adapter à la hausse
des températures et aux importants îlots de chaleur urbains de notre ville.
Face à ces enjeux, vous affichez un objectif : créer ou réaménager 90 hectares
d’ici 2026, objectif que vous réaffirmez dans le ROB, précédemment débattu.
Regardons donc de plus près différents projets de rénovation et de création
d’espaces de nature en cours. 719 m², telle est la surface de l’acquisition que vous
prévoyez pour la création du jardin de quartier à Wazemmes, qui est l’objet de la
délibération que vous nous soumettez au vote ce soir. Parallèlement, sur la plaine
Winston Churchill, une surface de pleine terre dix fois plus grande sera noyée sous le
béton par votre décision d’y implanter le tribunal de justice. Il faudra d’ailleurs être vigilant
sur la bonne réalisation des toitures végétalisées du nouvel équipement, qui ne peuvent
toutefois pas remplacer l’agrément que constituait l’espace initial pour les riverains.
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Ralentir la bétonnisation ne suffit pas, il nous faut changer de direction. Cela veut
dire relever l’ambition, changer de braquet, assumer une véritable transformation et être
cohérent, ne pas renaturer à un endroit pour bétonner à un autre sur une surface bien
plus importante.
Avec cette délibération, nous parlons d’une création de 700 m², ce qui représente
0,07 hectare. Aussi, quand vous parlez de 90 hectares créés ou réaménagés, gardons
bien à l’esprit que cela représente plus de la moitié de la surface du quartier de
Wazemmes. Si vous vous saisissez d’opportunités ici et là, la question légitime qui se
pose concerne bien l’objectif de création nette de nouveaux espaces de nature.
Ce dont Lille manque cruellement, ce sont de grands espaces verts, de grandes
zones de nature où pourront coexister forêts urbaines, habitats naturels et grands
espaces de promenade et de loisirs pour toutes et tous. Nous pensons à la ceinture verte
de la Deûle à Euralille, connectée aux communes de Saint-André et de La Madeleine, et
évidemment à un grand poumon vert à Saint Sauveur ; un grand poumon, pas un parc
coincé dans la zone peu constructible de Saint Sauveur, un grand poumon qui s’inscrit
dans une trame verte jusqu’au centre de Lille via la rue Pierre Mauroy en cours de
réaménagement.
Ce qui ressort des budgets participatifs, c’est le désir d’une ville qui respire, des
espaces de nature à la portée de tous les habitants, sans le vacarme des voitures, un
aménagement soutenable, qui prend pleinement la mesure du dérèglement climatique.
Tels devraient être les déterminants des politiques publiques lilloises dans leur globalité.
Nous ne nous en sortirons pas uniquement avec une opération de plantation
participative sur un délaissé routier, bien que très intéressante. J’en profite d’ailleurs pour
saluer le travail remarquable des bénévoles du collectif l’Arrassine sur le projet de
plantation qu’ils ont mené sur l’un des échangeurs du périphérique lillois.
Enfin, nous nous interrogeons fortement sur le projet de Lakanal que vous
décrivez comme une école-parc. Pourquoi pas, mais encore faudrait-il que cette décision
émane d’une réflexion collective. La Ville n’a même pas pris la peine d’informer et associer
à la décision l’association Les Saprophytes qui anime le jardin-ressource qui serait
absorbé, alors que cette association a obtenu un financement du Département pour y
entreprendre des restaurations. Il y a du mécontentement sur la façon de conduire ce
projet. Encore une fois, la méthode reste à revoir.
Surtout, et vous l’avez d’ailleurs souligné, Fives est le quartier comptant la plus
faible surface d’espaces verts par habitant ; un nombre significatif de propositions
d’espaces verts dans le budget participatif émane de Fivoises et Fivois. Ainsi, restreindre
l’accès aux habitants à certains moments, par exemple aux grandes vacances, revient à
en priver l’accès la majeure partie du temps, dans un quartier déjà si peu pourvu en
espaces de nature. Un nouvel espace à Fives-Cail ne saurait pallier ce manque.
Alors, finalement, comment se traduira donc réellement la promesse de créer ou
réaménager 90 hectares d’espaces verts ? Combien d’hectares en création nette ? Le
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compte n’y est pas et n’y sera pas, si vous persistez dans cette trajectoire de petits
squares face aux mastodontes de béton que sont vos projets sur la friche Saint-Sauveur
ou encore sur la plaine Winston Churchill.
L’automne est la saison des feuilles mortes, c’est aussi celle des plantations.
Alors, évidemment, notre groupe votera cette délibération, mais vous l’aurez compris,
nous portons une attention particulière à la traduction de vos objectifs en projets réels et
sincères dans notre ville, au-delà de l’affichage que sont les jolies photos et les
inaugurations conviviales. Les calculs seront faits : si le renard a été observé à la
Citadelle, comptez sur moi pour vérifier si le compte est bon. Je serai le Bertrand
RENARD de vos engagements en matière d’espaces verts lillois.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur BALY, je ne me souviens plus à quel groupe
appartenaient les différents élus qui, depuis 20 ans, s’occupaient des espaces verts.
Peut-être avaient-ils une vision sur la nature et les discours, peut-être pas le terrain
gestionnaire et d’action que nous avons aujourd’hui en développant autant les espaces
verts. Je crois qu’il faut être modeste quand on sait que, pendant 20 ans, vous avez porté
cette délégation et je ne me souviens pas d’un projet que nous avons refusé.
Alors, il est vrai qu’à Wazemmes, 700 m², ce n’est pas beaucoup, mais si vous
avez d’autres idées, proposez-les. 700 m², c’est cher, c’est très cher acheté, mais parce
que nous pensons qu’à Wazemmes, comme d’ailleurs dans le Vieux-Lille, comme à Fives,
il faut continuer à développer les espaces verts à chaque opportunité, et là, c’est une
opportunité, chère, mais qui est tout à fait essentielle.
Quant aux Saprophytes, nous connaissons parfaitement leur engagement, ils
étaient là – et ils le savent pertinemment – en gestion transitoire, gestion transitoire que,
par ailleurs, vous défendez, donc on ne peut pas demander d’être transitoirement quelque
part et ensuite se dire que c’est à vie. Là aussi, c’est une façon de respecter ses
engagements qui est tout à fait importante, et nous continuerons à travailler avec eux,
notamment sur le quartier de Fives, mais en respectant les engagements pris.
Je donne la parole à Charlotte BRUN, puis à Stanislas s’il le souhaite.
Madame BRUN - Si je peux juste me permettre, je pense que cette proposition
qui nous est faite, avec le soutien du quartier de Wazemmes, quant à l’achat d’une
parcelle au carrefour des rues Kuhlmann et du Docteur Yercin et les propos qui sont les
vôtres illustrent très bien ce qu’Audrey LINKENHELD a cherché à démontrer tout à
l’heure : face à une posture politique qui consiste à compter et à se contenter d’être dans
la posture – justement – et dans l’invective, il y a une équipe du faire. Les Wazemmois
n’ont rien contre ce que vous caricaturez en nous accusant d’une politique des petits
squares, comme si nous avions une vision à courte vue de la végétalisation de la ville,
alors même que nous sommes en train d’œuvrer pour une véritable métamorphose.
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Je me mets à la place des familles de ce secteur extrêmement dense de par
l’histoire ouvrière, industrielle, de ce quartier, qui jouxte à la fois Moulins et Wazemmes,
qui n’ont absolument aucun espace d’aération, parce qu’elles habitent en appartement,
lorsqu’elles sortent de l’école, avec une très grande satisfaction ressentie lorsqu’on leur
a parlé de ce projet, alors même qu’on est à quelques mètres de deux écoles, de lieux de
solidarité très importants pour le quartier et qu’on a là la véritable opportunité d’avoir enfin
un espace de respiration, de bien-être, de pause et de forte mixité sociale.
J’ai du mal avec cette posture, je vous le dis franchement, face à une équipe qui
est au travail, qui fait et qui cherche des opportunités partout, et si vous avez bien étudié
les premières propositions du budget participatif, vous pourrez voir que les Lillois sont
attachés à cette métamorphose paysagère et à une transition en actes de la ville, mais
dans la justice sociale, et moi, ce qui m’importe également, c’est de voir le nombre de
projets qui nous invitent à ne pas opposer les uns et les autres et de ne pas se contenter
de cette posture qui est la vôtre.
(Protestations de Monsieur BALY. Interventions hors micro
entre Monsieur BALY et Madame BRUN)
Madame le Maire - On va se calmer.
Maroin AL DANDACHI sur les 602, 603 et 604…
Madame LINKENHELD - Et puis le compte est bon, si vous aviez compté autant
que l’on compte les hectares et les espaces verts comme vient de le démontrer très bien
Stanislas DENDIEVEL, peut-être que le compte aurait été bon avant, parce que c’est un
peu tard pour compter les espaces verts, c’est avant qu’il aurait fallu les compter, pour
voir comment on pouvait en faire plus. C’est un travail de fourmi qu’on est en train de
rattraper, je le dis comme je le pense, y compris pour caractériser ce que sont les espaces
verts dans cette ville, pour se demander s’ils ont un usage récréatif, social ou écologique.
Tout cela n’a jamais été fait par les élus qui nous ont précédés.
Vous avez raison de compter, mais nous avons commencé depuis un an et demi
et nous voyons le résultat dans ce qu’a présenté tout à l’heure Stanislas DENDIEVEL.
(Applaudissements sur les bancs de la Majorité –
Protestations sur les bancs du groupe Lille Verte)
Madame le Maire - Eh bien oui, c’est la vérité, malheureusement.
Maroin AL DANDACHI, 602, 603, 604, allez-y.
21/602 Quartier Lille-Centre – Opération EMBLEM, boulevard Carnot –
Déclassement du domaine public.
21/603 Quartier Lille-Centre – Opération EMBLEM, boulevard Carnot – Cession.
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21/604 Quartier Lille-Centre – Opération EMBLEM, boulevard Carnot – Fixation
de la redevance d’occupation.
Monsieur AL DANDACHI - Madame le Maire, mes chers collègues,
Je voulais intervenir sur l’opération EMBLEM, parce que, pour le groupe Lille
Verte, ce projet est décalé de notre vision métropolitaine de l’aménagement du
territoire. Avons-nous réellement besoin aujourd’hui de 8 882 m² supplémentaires de
bureaux, alors que, comme on le voit avec la crise Covid, le télétravail continue
d’augmenter ?
Lundi, en tant que membre de la Commission du développement économique de
la Métropole, j’écoutais le Directeur de l’agence d’attractivité Hello Lille qui disait que sur
la quasi-totalité des implantations des entreprises, elles vont là où elles sont déjà : à Lille
et à Villeneuve d’Ascq.
Est-ce cela notre vision du développement économique de la Métropole :
poursuivre la concentration du tertiaire à Lille ? Je ne pense pas.
Nous reconnaissons la présence de 120 logements, mais avec quasiment un
hectare de bureaux, nous voterons contre ces trois délibérations.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Stanislas DENDIEVEL.
Monsieur DENDIEVEL - Très rapidement, ce projet va créer un nouvel ensemble
mixte à l’entrée du boulevard Carnot, avec une forte part de logements sociaux et des
surfaces de bureaux qui sont de la responsabilité du porteur de projet ; nous sommes là
pour accompagner ces projets. Au plan architectural, il donnera un signe à l’entrée de la
ville, à cet endroit, dans le prolongement et dans l’axe du grand boulevard, très
simplement, mais vous pouvez avoir un point de vue différent sur le développement et
l’attractivité de la ville. Votre point de vue est différent du nôtre, nous sommes une ville
universitaire, il faut accueillir des universitaires. Nous sommes une ville qui cherche à
continuer à rayonner et je pense que dans la situation actuelle, ce type de programmation
répond à une attente d’entreprises qui cherchent à se desserrer. Nous espérons, bien
évidemment, que ce projet trouvera preneur, comme c’est le cas pour toutes les
réalisations que vous pouvez constater actuellement, qui sont en train de naître dans ce
périmètre du grand Euralille. Nous avançons avec raison sur ce sujet, mais nous savons
que vous n’avez pas le même point de vue que le nôtre sur l’attractivité : vous êtes pour
la décroissance, nous sommes pour l’attractivité.
Madame le Maire - Rappelons que ce projet est à la place de l’ancien McDo et
que c’est un projet très dense, parce qu’il faut faire de la densité quand on est près des
gares et qu’on est dans une grande ville, qui était déjà construit mais qui sera beaucoup
plus dense, et comme l’a rappelé Stanislas DENDIEVEL, ne contiendra pas seulement
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des bureaux mais aussi des logements, dont des logements sociaux ; effectivement, c’est
une différence dans notre appréciation.
Je mets aux voix la délibération 600 sur l’achat de la rue Kuhlmann pour en faire
un jardin.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je vous remercie.
Je mets aux voix les délibérations 602, 603, 604, dont nous venons de parler sur
l’opération EMBLEM.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte)
Pas d’abstention.
Adoptées à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre.
(Audrey LINKENHELD et Jean-Claude MENAULT ne prennent pas part aux
votes.)
Je vous remercie.
21/598 Quartier Saint-Maurice Pellevoisin - Cité Saint-Maurice Pellevoisin -
Cession de parcelles - Contrat de réservation et actes de VEFA.
Adoptée.
(Anissa BADERI et Stanislas DENDIEVEL ne prennent pas part au vote.)
21/599 Quartier Lille-Sud - Parcelle sise 2 rue du Bel Air - Incorporation d'un bien
présumé sans maître dans le patrimoine communal.
Adoptée.
(Audrey LINKENHELD et Jean-Claude MENAULT ne prennent pas part au vote.)
21/601 Quartier Faubourg de Béthune - Ancien collège Albert Camus rue du Mal
Assis - Mise à disposition à l'association Lille Faubourg Loisirs Sports -
Gratuité.
Adoptée.
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21/605 Quartier Lille-Centre - Occupation du parking Lille Grand Palais - Gratuité.
Adoptée.
(Martine AUBRY, Jacques RICHIR, Arnaud TAISNE, Marie-Pierre BRESSON,
Franck HANOH, Frédéric LOUCHART et Ingrid BRULANT-FORTIN ne prennent
pas part au vote.)
URBANISME
21/596 Quartier Vieux-Lille - Rue des Bateliers - Avenant n° 1 à la convention de
Projet Urbain Partenarial (PUP) - Intégration de l'amenée du réseau de
chaleur dans la convention.
Adoptée.
(Anissa BADERI ne prend pas part au vote.)
NATURE
21/597 Plantations participatives - Convention d'offre de concours entre l'Etat et
la Ville.
Adoptée.
ZOO
21/606 Parc Zoologique de Lille - Subvention à l'association « Pandrillus-
Cameroon » pour le projet de réhabilitation et de réintroduction du
perroquet gris.
Adoptée.
Je vais maintenant passer à Jérôme PIANEZZA, qui va nous présenter un plan.
Je voudrais déjà le remercier, parce qu’il a fait un immense travail sur la lutte contre les
discriminations à l’égard des LGBTQIA+ – j’avais assisté au démarrage –, qui a permis,
avec l’ensemble des associations, malgré cette période difficile, de préparer ce plan de
prévention et de lutte contre toutes ces discriminations.
Je vous laisse la parole, Monsieur PIANEZZA.
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Chemise 40
LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS Rapporteur : Jérôme PIANEZZA
Conseiller municipal délégué
21/661 Plan de prévention et de lutte contre les discriminations à l’égard des
LGBTQIA+.
21/662 Association Rainbow cities network (RCN) – Adhésion – Cotisation.
(Projection de diapositives)
Monsieur PIANEZZA - Merci, Madame le Maire.
Madame le Maire, mes chers collègues, il est des périodes où le vivre ensemble
est bien plus qu’une belle formule. En ces temps agités que certains redoutent, où le rejet
de l’autre prend le pas sur la générosité, où la différence devient l’ennemi, où certains
soufflent même sur des braises que l’on souhaiterait éteintes, vous inviter ce jour à voter
ce plan d’action et de lutte contre les discriminations à l’égard des personnes LGBTQIA+,
je vous le dis, je vous l’avoue, prend une dimension toute particulière.
LGBTQIA+ : lesbiennes, gays, bi, trans, queers, intersexes, androgynes et plus.
C’est un plan, certes, pour l’ensemble de ces personnes, mais, finalement, c’est au
bénéfice aussi de l’ensemble de la population que je vous propose cette délibération.
Ce plan d’action était d’abord une priorité du mandat en réponse à un contexte.
Vous le savez, nous avons tous en mémoire un certain nombre de problèmes
d’agressions homophobes qui s’étaient déroulées dans les deux ans qui se sont écoulés.
Et puis, je vous avoue avoir moi-même plus particulièrement en mémoire un
événement tragique au sein d’un lycée, le lycée Fénelon, en décembre 2020, où un jeune
homme – et je dis bien un jeune homme –, Fouad, mettait en lumière un besoin de
formation des professionnels de l’éducation notamment sur la question de la transidentité
en se suicidant.
Mais, évidemment, ce n’est pas seulement cela, c’est la lutte contre toutes les
discriminations et c’était un engagement de campagne de notre Maire, Martine AUBRY ;
c’était, pour ceux que les pages intéressent, la page 27, sauf erreur de ma part, qui visait
évidemment à la Ville inclusive, égalitaire et bienveillante.
Or comme vous le savez, mes chers collègues, faire ce que l’on dit et dire ce que
l’on fait, c’est un peu la marque de fabrique de cette Majorité, et ce plan en est, me
semble-t-il, l’illustration.
Ce plan est le fruit d’un travail engagé depuis novembre 2020, avec, comme
Madame le Maire l’expliquait à l’instant, une première table ronde, le 23 novembre en
l’occurrence, qui avait réuni un grand nombre de partenaires importants, associatifs, mais
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aussi des citoyens engagés, et une seconde table ronde en mai 2021 pour faire le point
de l’avancée. C’est un travail qui a été poursuivi par des concertations – et j’y insiste –,
en individuel, avec un panel d’associations, des acteurs, de nombreux élus, que je
remercie au passage, qui ont tous été disponibles, présents et de bon conseil auprès de
l’équipe. C’est un plan coconstruit. Nous n’avons pas construit uniquement un plan pour
les LGBTQIA+, mais avec les LGBTQIA+, et ce travail a débouché sur la constitution d’un
plan de lutte – ce n’est pas une charte, mais un plan de lutte, les mots ont un sens, l’action
est au cœur de cette délibération – structuré autour de trois axes :
- sensibiliser ;
- accompagner ;
- l’exemplarité.
Trois axes principaux et – je ne vous les détaillerai pas l’un après l’autre, nous y
serions encore demain – 10 objectifs, avec pas moins de 45 actions que nous avons
d’ores et déjà notées, pointées et que nous souhaitons mettre en route sur l’ensemble du
mandat, que ce soit de façon actuelle, avec des actions déjà présentes à renforcer, mais
aussi des actions en cours d’élaboration ou des actions à élaborer.
Je vous donnerai un certain nombre d’exemples, pour que ce soit très concret,
avec un nombre d’actions déjà déployées :
- le financement de trois places d’accueil de personnes en transition de genre
avec l’association Eole, association bien connue qui n’est d’ailleurs pas très
loin d’ici ;
- un accompagnement à l’organisation du premier congrès francophone
international de l’association Trans Santé qui s’est tenu les 23 et
24 septembre 2021 à Lille, dans les beaux locaux de l’Hospice Comtesse ;
- le financement d’un hackathon pédagogique du réseau Canopé avec
l’Éducation nationale intitulé : « Lutter contre les LGBTphobies : un enjeu de
société, une mission de l’école » qui s’est tenu le 8 décembre 2021 ;
- la mise à disposition, et je salue au passage ma collègue sur ce point, au
sein de la bibliothèque municipale, de ressources, de livres, de bouquins –
pour être très clair – présentant une image positive des personnes
LGBTQIA+ ; l’éducation à la tolérance commence aussi par la visibilité
auprès des plus jeunes.
Dans un futur proche, nous aurons un certain nombre d’événements qui, là aussi,
vont s’inscrire dans ce plan, en accompagnant, bien sûr, les associations du territoire bien
connues qui œuvrent dans le domaine de ces droits, dans la mise en œuvre de projets
comme par exemple pour – c’est un événement unique en France – le salon LGBTI+
organisé par Fierté Lille Pride, qui se tiendra en février 2022.
Un autre point important, qui est d’ailleurs l’objet d’une délibération seconde, qui,
d’une certaine façon, est jointe à cette délibération principale, est l’adhésion au réseau
Rainbow cities network, qui est en fait l’inscription de la Ville de Lille dans un réseau
international important, avec des Villes y compris avec lesquelles nous sommes jumelés,
d’échange et de bonnes pratiques autour de la question de l’intégration des LGBT. Il y a
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38 membres, 17 pays. C’est véritablement un accélérateur très intéressant pour nous et
cela fera l’objet d’une délibération distincte ce soir.
Et puis quelques actions à venir, piochées de-ci de-là dans cette liste que je vous
ai indiquée, comme :
- des créations artistiques sur les bâtiments publics – je salue au passage
Marie-Pierre BRESSON, avec qui nous avions échangé sur ce point ;
- un travail de formation des agents en mairie puisque, pour être dans
l’exemplarité, Lille sera évidemment exemplaire ; elle n’en est déjà pas très
loin, mais nous pouvons bien sûr encore faire mieux avec la mise en place
de journées de formation à l’égard des personnels municipaux quels qu’ils
soient, policiers municipaux compris ;
- une réflexion sur la création des lieux sûrs ; nous nous sommes, pour cela,
inspirés d’exemples internationaux – je vous parlais tout à l’heure de cet
aspect des choses –, le Québec, le Canada, ce qu’ils appellent chez eux les
« safe zones » pour des raisons évidentes, que nous appellerons sans
doute « lieux sûrs » pour essayer de respecter un peu notre langue, avec
un travail que nous allons mettre en place véritablement au quotidien, dans
les rues, avec les citoyens, les commerçants, pour créer une sorte
« d’airbag » entre la situation qui pourrait être celle d’une agression verbale
ou autres dans la rue et un lieu d’attente, mais sécurisé, avant l’intervention
des forces de l’ordre, à laquelle nous ne nous substituerons pas, mais qui
permettra cette transition ;
- un dernier point qui est d’actualité parce que le Sénat se penche dessus,
qui me semble essentiel, un groupe de travail sur les thérapies de
conversion ; les repérer, les dénoncer, ces avanies, ces tortures que l’on fait
subir à des jeunes qui veulent simplement être eux-mêmes en invoquant
très souvent des prétextes religieux.
Quand je vous disais que ce plan est large et multidisciplinaire, je pense qu’il
relayera aussi d’une certaine façon le respect du principe de laïcité fondamental pour
notre République.
Mes chers collègues, c’est un plan ambitieux, volontariste, multidisciplinaire, que
j’ai le grand honneur de vous présenter, et je vous le dis avec une certaine émotion aussi,
pour avoir, depuis maintenant plus d’un an, rencontré des personnes qui sont en demande
véritablement et qui nous attendent sur ce point. Il n’y a aucune grandiloquence ni
emphase dans mon propos, ce plan, vous le savez, n’a qu’une seule ambition : qu’à Lille,
Lomme, Hellemmes, chacun puisse en tout lieu, toute occasion, affirmer : « ici, je vis
comme je suis ».
Je vous remercie.
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Madame le Maire - Merci beaucoup, Jérôme.
Je passe la parole à Madame SPILLEBOUT.
Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, chers collègues,
Le groupe Faire Respirer Lille votera ce plan avec responsabilité et
enthousiasme, parce qu’il constitue un engagement fort pour la sensibilisation,
l’accompagnement et l’exemplarité envers les personnes LGBTQIA+ dans notre ville.
À cause de la distorsion entre les droits affichés et les droits vécus au quotidien,
les personnes lesbiennes, gays, bi et trans ont pu – et peuvent encore trop souvent – se
sentir à la marge de notre société, voire invisibilisées. J’estime que l’égalité doit pourtant
constituer un fondement concret de notre destin commun, pour toutes et tous.
En tant qu’élus locaux progressistes, qui partagent les valeurs de la République,
nous voulons, nous aussi, tisser les fils d’une société plus inclusive et plus protectrice pour
faire des personnes lesbiennes, gays, bi et trans des citoyennes et des citoyens à part
entière dans notre pays et dans notre ville.
L’étude de l’IFOP publiée en juin 2019 en témoigne. « En 2019, 85 % des
Français considèrent l’homosexualité comme une manière de vivre sa sexualité comme
une autre, contre 24 % en 1975 ». On perçoit aisément le chemin parcouru. Mais cette
tolérance qui progresse est souvent mise à mal par la violence à l’encontre des personnes
LGBT+.
Vous l’avez rappelé aussi dans cette délibération, ce plan présenté ce soir est
ambitieux, il est né de vives émotions suite à des agressions, des violences, des drames
qui ont marqué notre ville ces deux dernières années :
- en juillet 2019, un homme est roué de coups au jardin Vauban ;
- en août 2020, cinq jeunes sont mis en examen pour tentative d’homicide sur
trois hommes au parc Matisse ;
- en novembre 2020, un couple d’hommes est violemment agressé porte de
Douai en soirée ;
- en décembre 2020, vous venez de le rappeler, Monsieur PIANEZZA, un
jeune de 17 ans se suicide suite à de la discrimination sur ses tenues
vestimentaires dans un lycée lillois ;
- en avril 2021, l’Académie de Lille s’excuse pour la maladresse de la diffusion
d’un support de formation qui qualifie l’homosexualité de « trouble de la
sexualité » ;
- sur l’année 2020, c’est près de 250 signalements intervenus auprès des
associations.
Le confinement n’a pas fait soudainement exister cette violence ; il l’a redoublée,
accrue, publiquement exposée. Nous sommes nombreux, ici dans cette assemblée, à
avoir condamné publiquement les agressions et à avoir témoigné notre soutien aux
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victimes. C’est bien. Mais nous sommes alertés encore régulièrement sur le sentiment
d’insécurité des personnes LGBTQIA+, qui adaptent souvent leur comportement dans
l’espace public, pour éviter insultes ou agressions. Ce plan est donc essentiel.
Nous rappelons à ce sujet la nécessité, pour protéger et sécuriser nos espaces
publics, de déployer plus rapidement la vidéoprotection qui peut être l’un des outils
nécessaires aux enquêtes, notamment dans le secteur du Vieux-Lille, de l’Esplanade,
mais aussi autour des stations de métro.
Pour aller plus loin encore, pour renforcer l’efficacité des actions reprises dans ce
plan, je souhaite réellement qu’un partenariat étroit puisse s’engager, avec des réunions
de travail régulières comme vous le faites déjà, associant certes les services municipaux
et les associations, mais aussi les services déconcentrés de l’État : Police, Justice,
services sociaux, services publics.
Comme vous le savez, en 2020, le plan national d’actions pour l’égalité des droits,
contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023 a été présenté par Elisabeth
MORENO et traduit l’engagement fort de l’État sur plus de 150 actions, dont je ne doute
pas qu’elles viendront enrichir notre plan d’action municipal.
Je pense par exemple à :
- travailler en étroite relation avec les correspondants « droits LGBT+ » au
sein des rectorats et des parquets ;
- inciter les organismes publics notamment hospitaliers – vous êtes
présidente du CA du CHRU de Lille, Madame le Maire – et les entreprises
publiques et privées à signer le label Diversité et la charte d’engagement
LGBT+ de l’Autre Cercle ;
- organiser une sensibilisation spécifique à l’accueil des personnes LGBT+ et
au traitement des actes de haine auprès de notre Police Municipale et de
nos médiateurs de quartier ;
- ou encore agir fortement sur les campagnes de sensibilisation dans nos
établissements scolaires, nos collèges, nos lycées publics et privés.
Les LGBTphobies, dans toutes leurs dimensions, sont inadmissibles en France
en 2021. Elles appellent à une vigilance constante des pouvoirs publics et, plus
largement, à une mobilisation forte et accrue de toute la société.
Parce que les droits fondamentaux ne se divisent pas, parce qu’ils ne se
hiérarchisent pas, l’orientation sexuelle et l’identité de genre ne devraient pas être des
sources de discrimination dans notre pays, ni dans notre ville.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je vous remercie.
Madame Mélissa CAMARA.
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Madame CAMARA - Madame le Maire, mes chers collègues,
Avant de prendre la parole, je voudrais dire un mot. Comme vous l’avez dit, les
mots sont importants et Fouad était une jeune fille.
Madame le Maire - Oui, je l’ai dit à Jérôme PIANEZZA, je lui ai envoyé un petit
message.
Monsieur PIANEZZA - C’était un lapsus, en effet.
Madame le Maire - Il n’était pas encore parmi nous et élu lorsque cette
dramatique affaire est arrivée. Nous sommes tous d’accord, c’était une jeune fille.
Madame CAMARA - Vous nous présentez ce soir le plan de prévention et de
lutte contre les discriminations à l’égard des personnes LGBTQIA+.
Vous le rappeliez en préambule, les agressions homophobes et transphobes
dans notre pays, mais aussi dans notre ville, sont quotidiennes et leurs séquelles
indélébiles. La crise sanitaire a accentué la vulnérabilité des personnes LGBTQIA+ face
aux violences intrafamiliales et de voisinage.
La sénatrice écologiste Mélanie VOGEL le soulignait avec force en début de
semaine lors du vote de la loi pour interdire les thérapies de conversion, les jeunes
personnes LGBT ont trois fois plus de risques de se suicider que les autres.
Aussi, on le voit au cours de cette campagne présidentielle, c’est la course à
l’échalote pour savoir qui nous démariera ou encore supprimera la PMA pour toutes. Ce
soir, on nous parlait encore de wokisme ou de cancel culture, quand on parle
discrimination ou inégalité. C’est irresponsable et c’est ce qui finalement abîme la
République.
Au regard de ces faits terrifiants, de cette violence quotidienne, cette stratégie
que vous nous présentez devient une nécessité. Nous saluons le travail réalisé par votre
équipe, par les agentes et agents de la Ville et les associations que vous avez mises
autour de la table pour élaborer la belle avancée qu’est ce plan. Nous partageons
pleinement la richesse des projets et des structures partenaires présentes dans le détail
des actions. Il est fondamental d’appréhender minutieusement chaque facette des enjeux
pluriels auxquels font face les personnes LGBTQIA+ afin que les actions menées par la
Ville soient efficaces dans leur globalité.
Nous le savons, ces violences prennent racine dans le terreau du patriarcat, elles
se nourrissent d’une vision stricte des normes de genre prétendues intemporelles. Il n’y
aura donc pas de changement profond dans notre société sans moyens considérables
dans la prévention et l’éducation.
68
C’est pourquoi nous saluons dans l’axe 1 l’objectif de sensibiliser la jeunesse.
Cela se traduit par plusieurs actions, notamment un Hackathon, qui a eu lieu il y a
quelques jours, le programme de la cité éducative, ou encore des IMS dans certains
collèges et lycées, des actions fortes qui pourraient être complétées par une
généralisation de l’éducation à la sexualité. Nous rappelons notre souhait que chaque
petit Lillois et chaque petite Lilloise puisse bénéficier de trois temps d’éducation à la
sexualité clairement identifiés et ce, à partir de l’école primaire. L’école est un lieu de
socialisation décisif pour l’enfant où l’apprentissage de la tolérance, du bien-vivre
ensemble et du respect de l’autre est élémentaire.
Nous ferons évidemment preuve d’une grande attention sur la mise en œuvre
concrète de ces actions et sur l’approfondissement de certaines thématiques, en
collaborant davantage avec les personnes concernées. Je pense notamment à la
question du changement de prénom usuel pour les personnes trans.
Nous voterons bien sûr favorablement cette délibération et nous vous remercions
pour ce plan.
Madame le Maire - Je vous remercie.
Je voudrais simplement dire, après l’intervention de Madame SPILLEBOUT et
celle de Madame CAMARA, que, en ce qui concerne l’Éducation nationale, ce n’est pas
nous qui entrons dans les programmes, même si – et Charlotte BRUN y insiste souvent –
comme vous, nous avons ce souhait. Nous ne pouvons pas faire à la place de l’Éducation
nationale, mais nous pouvons en revanche insister sur notre souhait que nous avons en
commun ce soir.
Monsieur PIANEZZA.
Monsieur PIANEZZA - Je suis évidemment très heureux que ce plan rencontre
un consensus.
Je précise juste que nous vous invitons évidemment à suivre l’évolution sur le
mandat puisqu’il est déjà prévu pour nous-mêmes que nous fassions des points, à peu
près une fois par an, pour justement voir où en sont les avancées et où nous en sommes
sur les nouveaux projets. Nous pourrons aussi alimenter ces plans et ces 45 points
pourraient devenir évidemment bien plus. Si vous avez des idées, n’hésitez pas, c’est
quelque chose que nous ferons ensemble. Il est absolument indispensable que nous le
fassions ensemble, les Lillois nous attendent sur ce point.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je mets au vote ce plan.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptées.
69
Merci à Jérôme PIANEZZA de ce patient et important travail avec les structures
associatives.
21/660 Lutte contre les discriminations - Subventions 2021 - 3ème répartition.
Adoptée.
RELATIONS INTERNATIONALES ET EUROPÉENNES
21/663 Relations Internationales et Européennes - Subvention à Euradio.
Adoptée.
21/664 Relations internationales et européennes - Projet de coopération franco-
polonais - Avenant n° 1 à la convention de partenariat entre l'association
Lianes coopération, l'association régionale Nord-Pas-de-Calais des
CEMEA et la Ville - Avenant n° 1 à la convention de partenariat entre
l'association Lianes coopération, la Mission locale de Lille et la Ville.
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN, Arnaud DESLANDES, Madani OULKEBIR, Charlotte
BRUN, Anne GOFFARD et Stéphanie BOCQUET ne prennent pas part au vote.)
21/665 Coopération internationale et européenne - Projet Sustainability in
Culture in Leeds and Lille (SCILL, Culture durable à Leeds et Lille).
21/666 Aide exceptionnelle d'urgence à la Fondation de Lille.
Adoptées.
Je vais passer la parole à Sarah SABE pour nous présenter la réforme de l’Office
Municipal des Sports, de l’OMS.
Chemise 20
SPORT Rapporteur : Sarah SABE
Adjointe au Maire
21/628 Office Municipal des Sports – Désignation des membres du Conseil
Municipal appelés à siéger à l’assemblée générale et au comité directeur
de l’Office – Adoption du Règlement Intérieur.
Madame SABE - Merci, Madame le Maire,
Madame le Maire, chère Martine, chers collègues, je vous propose de démarrer
avec une petite vidéo.
70
(Projection de la vidéo)
Ces quelques images témoignent d’un mouvement sportif lillois remarquable.
Avec 182 associations sportives composant l’Office Municipal des Sports, l’offre
sportive lilloise s’adresse à toutes et tous et contribue au rayonnement de notre ville sur
le plan local, régional, national, européen et, de plus en plus souvent, sur le plan
international, à notre grand plaisir.
L’offre sportive se compose de l’offre scolaire, municipale et associative, ainsi que
de nombreux Lillois et Lilloises qui exercent une activité sportive à leur domicile, dans nos
rues et parcs ou dans des salles privées assez dynamiques également.
Le sport est essentiel au bien-être, à la santé et au lien social, et cela à tous les
âges. C’est de fait une priorité de notre projet politique.
Cela se traduit par un soutien important aux activités et au développement des
clubs, notamment à travers les subventions de fonctionnement, la mise à disposition
gratuite des équipements municipaux ou encore l’accueil et le soutien aux événements
sportifs.
Notre Ville a également beaucoup investi dans la création ou rénovation
d’équipements sportifs, par le passé avec notamment le Palais Saint-Sauveur, la halle
Jean Bouin, le complexe handisport Micheline Ostermeyer, les trois piscines lilloises, la
Halle de glisse, le Jardin des sports, entre autres, ainsi que des projets en devenir, de
belles perspectives menées ensemble avec la Majorité municipale, la délégation sportive,
un sport d’équipe.
En parlant d’équipe, avec Arnaud DESLANDES, Adjoint à la Solidarité et à la
Cohésion des territoires, Valentin MARTIN, Adjoint au Développement du sport scolaire
et périscolaire, et Johanne GOMIS, déléguée au Sport santé, nous nous sommes
engagés à poursuivre ce projet politique fort au cours de ce mandat et sommes soutenus
par beaucoup de nos collègues élus.
Notre programme municipal porte notamment l’ambition de rénover au moins un
équipement sportif par quartier, soit un investissement de 50 M€ jusqu’en 2026. Nous
avons déjà cette année inauguré le nouveau club-house et vestiaires du stade Adolphe
Max et des travaux de rénovation conséquents sont lancés à la Halle de glisse qui
deviendra ainsi une base de préparation des Jeux olympiques 2024 pour le BMX freestyle
ainsi que le skateboard.
Cette dynamique sportive de notre ville s’exprime également à travers de belles
équipes et sportifs engagés en compétition ou encore par l’accueil de grands événements,
comme l’étape du Tour de France à Lille le 6 juillet 2022, la Coupe du monde de rugby
en 2023 ou encore les compétitions masculines et féminines de handball au stade Pierre
Mauroy dans le cadre des Jeux olympiques 2024, un événement sportif majeur par année.
71
Lille est une ville passionnée de sport, comme finalement pour la culture avec
laquelle des liens sont créés, par exemple lors de l’Urban Trail lillois ou encore l’exposition
Sportfoto. Notre ambition est qu’il soit présent partout et pour tous.
Depuis sa création en 1946, l’Office Municipal des Sports de la ville de Lille
soutient et accompagne les initiatives du mouvement sportif. En ce sens, l’interface entre
tous les sportifs lillois et la Ville est indispensable.
Un OMS est un outil précieux, se voulant facilitateur d’échanges et d’interactions
entre les associations sportives et la collectivité. Il fédère les motivations et compétences
associatives sur son territoire pour construire des projets partagés.
Aujourd’hui, nous souhaitons écrire une nouvelle page de son histoire et lui
donner un nouveau souffle. Afin d’y parvenir, nous avons lancé un ambitieux travail de
refonte du règlement intérieur depuis le début du mandat municipal. Nous avons concerté
les acteurs sportifs avec l’appui précieux des membres de droit et des anciens membres
sportifs du comité directeur de l’OMS dans un contexte difficile de crise sanitaire.
Je tiens notamment à remercier pour leur expertise et leurs conseils Mohamad
AJOUZ, président du comité départemental des OMS du Nord, Georges COUARTOU au
titre du LUC, Aziz BARMOU, au titre du collectif, Serge LEROY au titre de l’ASPTT,
Dominique THETELIN au titre de ses expertises juridiques et Cécile SCHLEUNIGER et
sa dream team de la Direction des Sports, ainsi que notre direction juridique très
précieuse dans le cadre d’un règlement intérieur.
Je remercie également l’ensemble des présidents de club rencontrés lors de nos
points individuels ou lors des comités des usagers de nos complexes sportifs et rappelle
à notre mémoire ce précieux temps de concertation d’avant la crise Covid – oui, il y a eu
un avant, chère Marion – qui avait accueilli au quartier des Bois-Blancs l’ensemble des
associations sportives pour recueillir leurs attentes, avec de belles propositions sur
lesquelles j’ai pu me reposer pour nourrir le travail engagé.
Enfin, je remercie mes collègues élus, ces précieux alliés avec lesquels j’ai
travaillé, avec lesquels j’ai échangé, cela a nourri notre travail. Ce travail de fond, effectué
avec rigueur pendant un an, me permet de vous proposer aujourd’hui l’actualisation du
règlement intérieur de l’OMS.
Afin d’établir un cadre de fonctionnement clair et participatif, je vous propose
notamment des assemblées générales élargies. En plus des associations, des élus et des
experts de l’environnement sportif, la Ville a ouvert l’OMS aux Lilloises et Lillois de tous
les quartiers en instaurant un collège citoyen qui sera associé aux assemblées générales
et pourra également s’associer aux travaux des différentes commissions. Ce collège
pourra nourrir les propositions d’axes de travail de l’OMS. Ainsi, dans chaque conseil de
quartier, parmi les citoyens volontaires ou habitants tirés au sort et membres du conseil
de quartier, le président du quartier délègue sur la base du volontariat un représentant au
sein de l’OMS.
72
Je vous propose également un nouveau système d’élection des membres
sportifs. L’assemblée générale élective permettra d’élire :
- un collège de seize membres sportifs représentatifs des disciplines sportives
pratiquées dans notre ville et des clubs, y compris ceux de petite taille –
c’est une attention particulière de Martine AUBRY et de moi-même –,
- un collège de huit élus constitué de six collègues investis auprès des
associations sportives et d’un élu de chaque groupe d’opposition,
- un collège de huit membres constitué de nos partenaires et experts,
- ainsi que huit membres consultatifs constitués de personnalités sportives.
Les enjeux auxquels l’OMS répondra sont nombreux, mais je soulignerai
principalement :
- le développement du sport pour tous, notamment dans les quartiers
prioritaires en Politique de la Ville ;
- une attente forte au handisport et au sport accessible ;
- ou encore un soutien au développement de la pratique sportive féminine –
je vous confirme que c’est un sujet que j’ai à cœur – ;
- l’accueil et le soutien aux associations sportives, avec l’appui précieux de
plusieurs de mes collègues de la Majorité, notamment dans cette crise
sanitaire ;
- le développement du sport santé ;
- la lutte contre les discriminations, les violences, l’exclusion – et je rejoins les
conclusions de Jérôme PIANEZZA tout à l’heure.
Nous organiserons courant janvier, sous réserve des conditions sanitaires – je
l’espère, en présentiel –, une réunion d’information, puis une assemblée générale élective
probablement courant février.
Le comité directeur constitué aura comme première mission d’élaborer une feuille
de route commune et d’installer les différentes commissions thématiques associées.
Alors, travaillons ensemble. Le sport par les sportifs pour les sportifs, faire
ensemble, faire équipe, voilà l’ambition que je partage avec Martine AUBRY et l’ensemble
de mes collègues de la Majorité en vous proposant la refonte des modalités de
fonctionnement de l’Office Municipal des Sports lillois.
Je vous remercie pour votre écoute.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Madame SABE.
Je passe la parole à Ali DOUFFI.
Monsieur DOUFFI - Madame le Maire, chers collègues,
73
Nous appelions à la refonte de l’Office Municipal des Sports. Aussi, on ne peut
que se réjouir de voir que cela est aussi votre priorité. Cet organe consultatif va connaître,
je l’espère, un nouvel élan.
Au précédent Conseil Municipal, vous avez souhaité, certes en dernière minute,
nous associer à la réflexion. Nous constatons même que notre contribution vous a servi.
Vous nous démontrez ainsi, au travers de votre sollicitation, que le sujet est
majeur et stratégique pour la politique territoriale lilloise et que la coconstruction est
possible. L’orientation du nouveau règlement est bonne, même si nous aurions pu nous
inspirer des autres grandes villes où cet office est indépendant, libre du pouvoir politique
comme du pouvoir sportif, auquel, bien sûr, elles ne sauraient se substituer. Peut-être un
prochain travail pour déterrer les Lilliades… Nous verrons peut-être son enveloppe
budgétaire augmenter.
Aussi, nous vous proposons deux amendements.
Le premier concerne les membres de l’OMS. Vous précisez que le siège doit être
à Lille. Nous proposons par cet amendement d’associer les communes associées
Hellemmes et Lomme. Aussi, fort logiquement, les associations membres devraient avoir
au moins 50 % d’adhérents lillois. En effet, comment faire adhérer à cet organe consultatif
et délibératif une association qui n’aurait pas ou peu d’adhérents lillois, hellemmois ou
lommois.
Nous tenions également à rappeler que nos structures doivent être ouvertes aux
métropolitains puisque nous sommes la ville centre.
Le deuxième amendement consiste à ajouter deux missions à l’Office Municipal
des Sports :
- celle d’émettre des propositions sur les subventions avec le nouveau
tableau de cotations qui sera à redéfinir comme vous nous l’avez précisé en
commission ;
- celle d’être force de propositions aussi sur les créneaux horaires d’utilisation
pour les différentes activités.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci, Monsieur DOUFFI.
Je passe la parole à Sarah SABE pour répondre sur les deux amendements.
Madame SABE - Merci, Madame le Maire.
Concernant le premier amendement, je rappelle que l’OMS est une instance de
consultation qui ne finance pas d’associations ou structures. J’espère que je ne vous
l’apprends pas.
74
Je rappelle aussi que les subventions aux associations sont des aides de la Ville
votées par le Conseil Municipal.
Par ailleurs, notre ville est une capitale régionale et métropolitaine, elle accueille
en son sein des clubs rayonnant à l’échelle des quartiers, de la commune, de
l’agglomération lilloise ou de la région, notamment sur le haut niveau. C’est à mon sens
une grille de lecture à capitaliser et non à plaindre, car l’offre sportive lilloise est de fait
très riche.
Nous sommes ainsi heureux que des associations sportives comptent parmi elles
des adhérents venus d’autres communes, ce qui témoigne de leur attractivité et donc de
celle de notre ville. Elles seront ravies d’apprendre que vous souhaitez leur couper les
subventions.
Concernant le deuxième amendement, vous savez bien que les équipements
sportifs lillois accueillent un public plus large que les associations sportives, notamment
les scolaires, les collégiens, les lycéens, les centres sportifs municipaux, les centres
sociaux. Or la mission de l’OMS concerne les associations sportives et n’a pas vocation
à s’ingérer dans le fonctionnement des équipements sportifs de la ville.
La concertation est cependant déjà une réalité. Une réunion de consultation des
clubs est assurée par la direction des Sports chaque printemps. À noter également les
comités des usagers que j’ai mis en place il y a quatre ans et qui permettent à l’échelle
d’un équipement de concerter et de consulter l’ensemble des usagers sur des sujets
multiples allant de l’entretien, des espaces de stockage, des salles sportives, des
événements des clubs à la concertation et réévaluation desdits créneaux, ce qui arrive
assez fréquemment.
Quant aux subventions, celles-ci sont votées par le Conseil Municipal et relèvent
donc de la compétence des élus, comme je vous le disais tout à l’heure.
Je ne peux donc soutenir vos deux amendements.
Madame le Maire - Comme cela vient d’être dit à l’instant, Monsieur DOUFFI,
l’OMS ne distribue pas des subventions. Votre premier amendement le laissait à penser.
L’OMS est un organisme consultatif et c’est le Conseil Municipal qui décide des
subventions qui sont proposées pour les associations.
Par ailleurs, vous pensez bien que la gestion des différents équipements sportifs
de la ville est très compliquée. Comme l’a très bien dit Sarah SABE, ce ne sont pas
seulement les clubs sportifs qui les occupent, mais pratiquement tous les matins les
écoles, les collèges, les lycées. Il n’y a donc bien évidemment que les fonctionnaires de
la Ville qui peuvent gérer cette affaire très complexe pour laquelle nous avons de plus en
plus de difficulté. Par exemple, nous réfléchissons – et j’en ai discuté avec le Président
du Conseil Départemental pour les collèges, mais nous allons en reparler avec le
Président de la Région pour les lycées – à ce que les lieux sportifs des collèges et des
75
lycées soient ouverts aux clubs ou même tout simplement aux habitants. En effet, on
arrive au bout et pourtant, Dieu sait si nous avons créé des lieux sportifs et des
équipements sportifs lors des derniers mandats. C’est vraiment dommage que certains
lieux – je pense par exemple au lycée hôtelier de Fives – aient des salles de sport qui ne
sont pas du tout ou pas toujours utilisées ni le soir, ni le week-end. Nous sommes donc
en train de réfléchir à étendre encore parce qu’il est vrai que nous sommes aujourd’hui
très serrés par rapport à la demande et aux nouveaux clubs qui se créent actuellement.
Je vais mettre aux voix l’amendement n° 1.
Qui vote pour ? (Le groupe Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Lille Verte)
L’amendement n° 1 est rejeté à la majorité, le groupe Lille en commun, durable
et solidaire et le groupe Lille Verte votant contre.
Je mets aux voix l’amendement n° 2.
Qui vote pour ? (Le groupe Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire)
Abstentions ? (Le groupe Lille Verte)
L’amendement n° 2 est rejeté, le groupe Lille en commun, durable et solidaire
votant contre et le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je mets au vote la délibération 628 sur le nouveau statut de l’Office Municipal des
Sports.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je vous remercie.
Merci à Madame SABE.
21/625 Associations sportives - Attribution de subventions pour l'organisation de
manifestations ou à caractère exceptionnel.
21/626 Aides aux associations sportives lilloises - Subventions de
fonctionnement - Année 2022.
21/627 Halle de Glisse - Adoption du règlement intérieur.
Adoptées.
Je passe la parole à Jacques RICHIR qui va présenter plusieurs sujets dont on
vous a informés et, ensuite, j’ai quatre interventions et des amendements sur quatre
délibérations différentes.
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Chemise 7
STATIONNEMENT Rapporteur : Jacques RICHIR
Adjoint au Maire
21/580 Parcs de stationnement Grand Place et Vieux-Lille – Rapports d’activité
2020 du concessionnaire Indigo.
ESPACE PUBLIC
21/576 Quartier Saint-Maurice Pellevoisin – Passage de la Briqueterie –
Convention de transfert de gestion entre Lille Métropole Habitat (LMH) et
la Ville.
(Projection de diapositives)
Monsieur RICHIR - Je vais tout d’abord présenter le passage de la Briqueterie
dans le quartier Saint-Maurice Pellevoisin.
Stanislas DENDIEVEL a présenté tout à l’heure des délibérations avec des
projets ambitieux, nous avons aussi des projets ambitieux sur la place du Maréchal
Leclerc, la rue Pierre Mauroy, la rue du Molinel. Il y a par ailleurs des projets qui pourraient
paraître être des petits projets mais qui sont pourtant tout à fait emblématiques d’une
politique et d’une attente profonde des habitants.
Le projet que je voudrais montrer brièvement ce soir est celui du passage de la
Briqueterie dans le quartier de Saint-Maurice Pellevoisin. C’est un projet emblématique
parce qu’il touche à la qualité de vie, à la mobilité, à la sécurité, mais aussi à la
participation citoyenne. L’idée de ce projet est née à la suite d’une concertation des
habitants sur l’aménagement de la rue Saint-Luc - Saint-Druon, un sujet important, et
l’idée de traiter ce passage de la Briqueterie est apparue. Un atelier de quartier, sous la
responsabilité d’Alexandra LECHNER et du Conseil de quartier de Saint-Maurice
Pellevoisin, s’est réuni, avec une très grande participation puisque, à chaque fois, 40 à
50 habitants y ont participé. Finalement, de ce qui était un chemin de chèvre, un sentier
mal foutu, mal éclairé, l’idée est apparue qu’il fallait traiter cette zone qui est un foncier de
LMH, ce qui explique la délibération de ce soir qui est une convention de gestion et que,
sur ce foncier LMH, c’est la Ville qui va gérer ensuite ce sentier.
On a donc traité l’éclairage, on a planté une quinzaine d’arbres. Les travaux
s’achèvent et, ces jours-ci, on est en train de terminer de planter les arbres. On va voir
quelques images :
- vous avez une photo de la zone avant avec, à gauche, un chemin mal foutu
et, à droite, un chemin de chèvre où on avait les pieds boueux lorsqu’il
pleuvait ;
77
- c’était un sentier pas très facile, pas très commode, avec un peu
d’insécurité. C’est comme cela que les habitants, au sein de cet atelier de
quartier, ont travaillé à l’idée de ce que pourrait être demain
l’aménagement ;
- on voit le chemin apparaître ;
- on a maintenant un chemin qui est tout à fait confortable. On va mettre un
endroit pour filtrer les vélos qui seront autorisés à y passer mais qui devront,
à un endroit, passer avec le vélo à la main pour éviter des conflits
piétons/vélos. On souhaite faire de la prévention ;
- sur la dernière photo, vous voyez le projet que l’on aura. C’est tout droit et,
tous les jours, des centaines de personnes du quartier Saint-Luc - Saint-
Druon, de la rue Hyppolyte Lefebvre pourront y passer pour prendre le
métro, pour aller à Saint-Maurice Pellevoisin, en rentrer, aller à la
médiathèque ou aller faire des courses. C’est typiquement le genre de petits
chantiers dans une ville qui transforment profondément la vie quotidienne
de centaines d’habitants. C’est l’esprit de ce genre de chantier.
Ce soir, la délibération, sur laquelle je pense que tout le monde sera d’accord,
consiste à voter la convention de gestion qui fera que la Ville gérera cet espace qui était
aménagé sur un foncier de LMH. Je pense que cela ne pose pas de grosses difficultés.
C’est un beau dossier.
La délibération suivante porte sur les parkings.
Nous examinons ce soir le rapport d’activité de deux parkings gérés par Indigo.
Ce sont les deux seuls parkings qui sont propriétés de la Ville de Lille ; tous les autres
parkings publics sont propriétés de la MEL. Dans ces parkings propriétés de la Ville, nous
allons, comme nous l’avons déjà beaucoup fait dans la ville, transformer des places de
stationnement voiture en places de stationnement vélo – c’est Indigo qui va le faire dans
le cadre de leur gestion de ces parkings. Nous allons aménager, au sein du parking de la
Grand-Place et du parking du Vieux-Lille, un cycloparc :
- nous allons donc transformer six places de parking de la Grand-Place en 49
places de parking vélo, dans un espace qui sera fermé et sécurisé, tout près
de la trémie de sortie où on va pouvoir faire cette transformation. Ces 49
places seront dans un lieu fermé, équipé de racks à vélos, de casiers, de
bancs, avec pompe à vélo et un petit pied d’atelier, ce qui permettra de faire
au besoin une petite réparation rapide. Il y aura des panneaux d’indication.
Cela va être fait au cours de l’année 2022. On pourra souscrire un petit
abonnement qui sera pratiquement du même prix que pour les box à vélo
que l’on implante depuis deux ans sur notre ville.
- dans le Vieux-Lille, nous ferons la même opération. Là, il s’agit de six places
de parking voiture, mais la nature des lieux ne permettra de créer que 36
places de parking vélo.
78
Ainsi, dans ces deux parkings du cœur de ville, 12 places de parking voiture
seront transformées en 85 places de parking vélo dans un emplacement sécurisé, comme
vous le voyez sur la diapositive. Ces espaces vélo sécurisés permettront d’apporter une
offre de stationnement vélo avec 85 places supplémentaires en plus des arceaux vélo
que la Ville pose très régulièrement puisqu’on met 250 à 300 arceaux vélo de plus tous
les ans. Là, nous créons ces places dans ces parkings. Si cela peut donner des idées aux
autres parkings gérés par la MEL, nous en serons ravis.
Voilà les informations que je voulais donner.
Je pense qu’il y a des questions sur la gestion des parkings.
Madame le Maire - Bernard CHARLES, sur la délibération 580.
Monsieur CHARLES - Madame le Maire, Monsieur l’Adjoint, chers collègues,
Par la voix de ma collègue Violette SPILLEBOUT lors de l’analyse du dernier
rapport sur le sujet des parcs de stationnement du Centre et du Vieux-Lille pour constater
la durée anormalement longue des contrats d’exploitation de ces parcs, cette exploitation
se faisant au détriment du contribuable, nous indiquions que cette situation devait évoluer.
Vous aviez, Madame le Maire, alors partagé ce constat et demandé à Jacques RICHIR
de – je cite – « faire quelque chose ».
À l’heure où la presse indique que la Ville cherche des marges de manœuvre
financière, il faut prendre acte que la construction des parcs de stationnement du Centre
et du Vieux-Lille a été largement amortie. Il nous avait en effet été expliqué en commission
que la spécificité était non seulement la gestion, mais aussi la prise en charge de la
construction de ces parcs, mais ces parcs sont largement amortis, comme nous l’indique
le rapport, et cela permet de revoir significativement le contrat au bénéfice de la Ville et
du contribuable.
En commission, il nous a été indiqué qu’une note était en préparation sur le sujet.
Nous en prenons acte et nous souhaitons bien entendu pouvoir en être destinataires
quand elle sera validée, sans attendre une année supplémentaire, c’est-à-dire à la
production du prochain rapport.
Enfin, cela vient d’être évoqué, nous souhaitons saluer l’initiative de l’exploitant
d’installer des espaces de stationnement vélo sécurisés dans ces ouvrages, comme le
groupe Faire Respirer Lille le réclamait, solution que certains jugeaient alors farfelue.
Certes, nous demandions 500 places quand l’exploitant en installe 60, mais c’est un
premier pas qui va dans le bon sens.
Dès lors, nous voterons cette délibération en émettant le souhait d’être informés
des suites données à nos interrogations.
Madame le Maire, Monsieur l’Adjoint, chers collègues, je vous remercie.
79
Madame le Maire - Monsieur RICHIR.
Monsieur RICHIR - Je peux vous apporter des éléments de réponse.
C’est un dossier qui est compliqué et technique, sur lequel nous avons beaucoup
travaillé avec les services. À l’époque, les concessions avaient été accordées en
contrepartie de la construction et de leur exploitation, ce qui avait expliqué une longue
durée et dans les conditions qui étaient celles de l’époque. En particulier, je rappelle que,
à l’époque, les taux d’intérêt n’avaient rien à voir avec ce qu’ils sont aujourd’hui, puisque
les taux d’intérêt tournaient autour de 8 % à 9 %.
Nous avons donc examiné attentivement le contrat, il prévoit effectivement des
indemnités de rupture anticipée. Lorsqu’on prend les différents indices qui permettent de
calculer ces indemnités de rupture, on arrive à une somme fort élevée puisque l’indemnité
totale que pourrait réclamer le concessionnaire sur les deux parkings Grand-Place et
Vieux-Lille est évaluée pour 2022 à 43,5 M€, ce qui est évidemment un chiffre tout à fait
considérable, avec un retour sur investissement qui ne pourrait pas être obtenu avant un
délai d’au moins 40 ans.
De surcroit, vous savez – vous l’aviez souligné à l’époque dans votre intervention
– que le stationnement est une compétence de la Métropole et la rupture anticipée des
contrats risquerait d’entraîner le transfert automatique de ces parkings à la MEL
conformément à la réglementation et on sait d’ailleurs que tous les autres parkings
(Opéra, République, Nouveau Siècle, ceux du centre international d’affaires des gares)
ont été ainsi transférés.
Par conséquent, aujourd’hui, en réexaminant l’ensemble de ce dossier, l’option
d’un transfert immédiat à la MEL paraît peu favorable à la Ville et représente un enjeu
limité pour la Métropole. Elle susciterait aussi l’approbation du contrôle de légalité et donc
un risque important de recours en invalidation et peu de chance de réunir les accords
préalables des différentes parties concernées en raison des conditions contractuelles
actuelles qui sont, il faut le dire, plutôt favorables au concessionnaire telles qu’elles ont
été rédigées il y a plus de 30 ans.
L’option actuelle la moins mauvaise est celle du statu quo. Certes, les redevances
annuelles sont faibles. Ces parkings fonctionnent bien. La cessation de ce contrat et la
rupture amèneraient à une situation délicate et un coût élevé à financer. En l’état actuel,
le maintien de la situation actuelle est donc la moins mauvaise solution, en sachant qu’il
reste encore à courir de nombreuses années pour la gestion de ces parkings par le
concessionnaire qui est Indigo. C’est aujourd’hui l’option qui paraît la moins défavorable.
Le fait d’avoir obtenu par exemple une transformation d’une partie de ces places
de parking voiture en places de parking vélo, même si ce n’est pas dans le cadre qu’on
l’a négociée, montre en tout cas que nous pouvons sur ce contrat obtenir un certain
nombre d’aménagements intéressants à court terme. Pourquoi ne pas imaginer dans les
temps à venir de travailler sur d’autres aménagements de ce type ou d’autres types ? En
80
effet, on sait que, aujourd’hui, les mobilités dans nos villes évoluent de façon extrêmement
importante et qu’elles reposent sur la diminution progressive de la part de la voiture.
Voilà ce que je peux vous répondre ce soir.
Madame le Maire - Il est clair que, aujourd’hui, et heureusement, la loi interdit
des contrats de cette longueur. Jacques RICHIR a bien dit en quoi ils nous étaient
défavorables aujourd’hui. Malheureusement, nous ne pouvons pas les rompre sans des
indemnités considérables, ce qui, au-delà du transfert à la MEL qui serait compliqué, ne
nous serait pas favorable. C’est effectivement désolant, mais c’est comme cela.
Je vais mettre aux voix la délibération 580.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Le Conseil Municipal prend acte.
La délibération 21/576 est adoptée.
(Anissa BADERI ne prend pas part au vote.)
Je vous remercie.
Je vais donner la parole à Stéphane BALY sur la délibération 577.
21/577 Mesures liées à l’épidémie de Covid-19 – Contrats conclus avec Clear
Channel et Exterion Media portant notamment sur l’exploitation des
mobiliers urbains publicitaires sur le territoire de Lille et de ses
Communes associées – Avenants de prolongation.
Monsieur BALY - Madame le Maire, mes chers collègues,
La délibération 577 qui nous est présentée ce soir propose de prolonger deux
contrats d’exploitation des mobiliers urbains publicitaires de notre ville conclus avec deux
sociétés de publicité, une prolongation de 15 mois du fait de l’impact du premier
confinement de 2020 sur ces sociétés, mais aussi parce que, d’après nos échanges en
commission, vous souhaitez – je cite – « prendre le temps de la réflexion sur le futur de
ces deux contrats ».
La position des écologistes sur le sujet de la publicité n’a pas changé. La publicité
n’est pas un service public, vous avez d’ailleurs partagé ce point de vue en commission.
Les Lilloises et les Lillois de tout âge sont confrontés quotidiennement à cette publicité
omniprésente qui pollue notre imaginaire et notre temps de cerveau disponible.
Que la Ville laisse ainsi ces affichages publicitaires occuper durablement l’espace
public qui devrait être un espace libre dénué de toute injonction posait et pose donc
toujours question.
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Effectivement, le temps de la réflexion, comme vous l’exprimez, est bienvenu. Au
regard des engagements que vous affichez, la réflexion nous semble toute faite. Ne
renouvelez pas ces contrats afin de faire de Lille la seconde Ville de France à supprimer
tout mobilier urbain publicitaire.
Vous l’avez rappelé ce soir, vous vous engagez à atteindre la neutralité carbone
bien avant 2050. Disons-le, nous n’atteindrons pas la neutralité carbone en encourageant
la surconsommation matérielle dans les rues de notre ville. Nous demandons de la
cohérence entre vos objectifs et les choix que vous effectuerez.
Vous nous direz que les redevances de ces deux sociétés sont non négligeables
pour les recettes financières de la Ville. Soit. La source de ces recettes n’entre-t-elle pas
en contradiction avec les investissements que vous affichez – déplacements doux,
éducation à une alimentation saine, à la sobriété matérielle et énergétique, réduction des
déchets, soutien au commerce de proximité lillois et aux structures culturelles de notre
ville –, autant de projets louables malmenés par les discours antagonistes que nous
retrouvons aujourd’hui dans la publicité et dont vous tirez des recettes ? Et, dans le même
temps, c’est là tout le paradoxe, une question se pose : combien coûteront les actions
que la Ville devra mettre en place pour contrebalancer les dégâts de la publicité, moteur
de l’économie mondialisée et productiviste, incompatible avec la transition écologique ?
Encore une fois, cohérence et courage politique nous semblent être les maîtres mots face
à cette délibération.
Madame le Maire, en 2016, nous n’avions pas voté le projet de renouvellement
du marché du mobilier urbain publicitaire. À l’époque, nous avions néanmoins salué la
durée plus courte de ces contrats, cinq ans au lieu de dix pour le précédent. Il est temps
de passer à la vitesse supérieure et de d’ores et déjà annoncer supprimer l’affichage
publicitaire dans l’espace public.
Les élus socialistes au Département du Nord ont récemment voté contre
l’installation de 550 panneaux de publicité dans le département. Chers collègues du
groupe Lille en commun, durable et solidaire, rejoignez-les.
Vous l’aurez compris, l’enjeu n’est pas de se donner du temps pour réfléchir, mais
bien d’agir en décidant de supprimer l’affichage publicitaire dans l’espace public.
Nous voterons donc contre cette délibération qui est une occasion manquée
d’envoyer un message fort de cohérence avec les engagements affichés.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur RICHIR.
Monsieur RICHIR - Je rappelle à nos collègues et aux Lilloises et Lillois qui nous
suivent sur internet que la délibération de ce soir porte sur des avenants de prolongation,
elle ne porte pas sur les marchés. Avant l’heure, ce n’est pas l’heure, comme on dit. Ce
n’est pas la question du jour.
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Ce soir, nous vous proposons des avenants de prolongation pour sortir de cette
période particulièrement difficile, comme nous l’aurons d’ailleurs pour d’autres
équipements dans la ville. Il s’agit là de nos marchés de publicité.
Ce sont deux marchés de nature différente. Le premier, qui est aujourd’hui
concédé à Clear Channel, est un marché et le deuxième est une concession de service
public. Nous avons eu ce débat en commission, je ne vais pas le reprendre ce soir.
Il est donc proposé une fin de contrat qui soit honorable pour les uns et pour les
autres, qui soit compatible avec l’équilibre de l’ensemble du contrat et qui permette à la
Ville d’avoir des recettes pour lesquelles, en son temps, elle avait délibéré. C’est ce qui
vous est proposé ce soir.
Je précise que, sur le premier contrat avec Clear Channel qui est un marché,
nous aurons une recette minimum de 1 083 000 € par an. Pour le deuxième, qui est en
fait une concession de service public, et non pas une délégation de service public, nous
aurons une recette minimum de 637 000 € par an. C’est ce qui avait été inscrit et c’est ce
qui va être mené à son terme. La discussion que vous avez soulevée tout à l’heure aura
lieu en son temps, mais pas ce soir puisque ce n’est pas la délibération du jour.
Madame Maire - Je mets aux voix la délibération 577.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte)
Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre.
Je vous remercie.
RISQUES URBAINS ET TECHNOLOGIQUES
21/583 Commune associée de Lomme – Avis du Conseil Municipal sur la
demande d’enregistrement de la Société Faubourg Promotion pour des
entrepôts de stockage de matières combustibles avenue de la Rotonde à
Lomme.
Madame NICOLAS, pour la délibération 583 et les amendements.
Madame NICOLAS - Merci.
Madame le Maire, Monsieur l’Adjoint,
C’est avec beaucoup d’intérêt que notre groupe a participé aux réflexions
présentées en commission sur l’avis que vous nous soumettez, d’autant plus que le rôle
du Préfet, ce rôle de validation des actes administratifs qui parsèment le parcours des
projets d’urbanisme et d’aménagement, amène malheureusement bien souvent, trop
souvent, à accorder des autorisations, voire des dérogations, sans guère se soucier des
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enjeux, des vécus, des expertises d’usage, voire, dans certains cas, le sens des politiques
locales.
Nous avons donc ce soir un avis à émettre sur un énième projet logistique, certes
bien loin d’un Amazon ou d’un Ali Baba et de leur gigantisme, mais tout de même un
projet parmi des multitudes de petits projets qui participent de cet eldorado productiviste
de l’immobilier logistique, qui est vraiment, en quelque sorte, la plaie actuelle, et surtout
à repousser toujours plus loin l’objectif d’une société neutre en carbone et d’un air sain
pour les Lillois, les Lommois et les Hellemmois.
Dans le cas présent, celui-ci contribuerait ainsi à faire de l’ancienne gare de
Lomme Délivrance non plus un nœud ferroviaire, mais un nœud logistique routier. Dans
une zone déjà engorgée, sans qu’il n’y ait non plus d’engagements sur les mobilités
propres – après tout, c’est un promoteur –, alors que la qualité de l’air appelle moins et
non pas plus de flux routiers, alors même que nous avons le CMDU au Port de Lille.
Nous voulons le dire franchement : ces promoteurs ne sont certes pas les seuls,
mais ils sont responsables de l’incapacité de nos États à viser 1,5 degré de réchauffement
maximum et un futur plus supportable, responsables, comme le sont ceux qui spéculent
aujourd’hui sur les drives piétons, les dark kitchens, aseptisent les cellules commerciales
pour en abandonner la majeure partie d’ici deux à trois ans, quand le boom sera derrière
nous. Je fais cette parenthèse juste pour souligner à quel point le devoir de vigilance
s’impose en matière d’urbanisme, car nous ne maîtrisons malheureusement pas tout ce
qui se passe en la matière dans notre ville.
La dérogation pour la destruction d’espèces protégées accordée par le Préfet est,
elle aussi, irresponsable : pas seulement celle-ci, mais le principe communément établi
dans l’action préfectorale de dérogations quasi systématiques en faveur des promoteurs.
Nous vous avons donc proposé trois amendements pour exprimer notre
désaccord vis-à-vis de cette dérogation faune/flore et pour exiger des objectifs en faveur
de transports propres, trois amendements qui ont été intégrés mercredi à l’occasion du
Conseil de Lomme. C’est une rédaction légèrement différente que nous vous proposons
ce soir, avec :
- un premier amendement pour marquer notre opposition à cette dérogation
faune/flore ;
- un deuxième sur les enjeux liés au transport ;
- un troisième pour amender la décision en fin de délibération.
Trois amendements qui nous permettent de dire clairement au Préfet, mais aussi
aux promoteurs, que ces projets du XXe siècle ne seront pas lillois, ne seront pas lommois
et ne seront pas plus hellemmois, et que nous ne voulons plus de ces autorisations qui
portent atteintes à la santé et à la biodiversité, biodiversité dont l’effondrement se poursuit,
malgré les bonnes nouvelles dont vous nous avez témoigné en ce début de Conseil.
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Je voulais donc exprimer aussi nos remerciements au Maire de Lomme, Monsieur
VICOT, d’avoir intégré au Conseil de Lomme ces amendements pour renforcer le poids
de cette délibération et éviter une réplique similaire de ce projet à l’avenir.
Je voudrais continuer à parler de Lomme, cette fois-ci pour évoquer l’usine
Refinal, qui est un sujet bien d’actualité et de préoccupation constante pour les Lommois,
Monsieur VICOT le sait bien également : puanteurs de plastiques brûlés, débris
d’aluminium épais comme le doigt de la main qui parsèment les rues, fumées qui
s’échappent d’une toiture censée être étanchéifiée.
Il y a urgence à l’évoquer ce soir, non seulement à cause des nuisances et des
impacts sur la santé et sur les habitants, mais aussi car la parcelle adjacente est en voie
d’être cédée par la CCI Grand Lille, qui a publié un Appel à Manifestation d’Intérêt qui
court jusqu’au 10 janvier, et le premier acheteur sur les rangs n’est autre que Refinal. Le
Directeur général l’a même annoncé en réunion publique sans aucun égard pour la santé
des habitants et ce qu’ils vivent, et pourtant, il y aurait probablement tant à dire.
Aujourd’hui même, les riverains ont adressé un courrier à la CCI, au Préfet, à la
DREAL, pour les appeler à ne pas donner suite à une candidature de Refinal.
Nous vous sollicitons donc, Madame le Maire, pour unir votre voix et vos forces à
celles de Monsieur VICOT, pour dire à la CCI Grand Lille et à sa nouvelle Présidente
qu’une extension de Refinal est tout simplement inenvisageable, et s’il le faut, pour
engager la CCI à céder cette parcelle à la puissance publique, pour garantir aux Lommois
et Lillois que Refinal n’étendra pas des pratiques industrielles déjà irresponsables.
Enfin, nous voilà un an et deux mois après l’adoption du vœu « Risques
industriels » et la décision de nous doter d’une organisation dédiée à la prévention, à
l’information, au dialogue en matière de risques industriels : un S3PI. Tout cela démontre
bien l’urgence de sa mise en place. Avons-nous un engagement du Préfet en ce sens, et
surtout une date pour renforcer notre capacité à agir ?
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je vais donner la parole à Roger VICOT, mais sachez que
c’est déjà une conversation assez lourde que nous avons eue avec le Préfet sur cette
question, que nous avons réalisée avec Roger VICOT, et que nous attendons une
réponse. Il faut effectivement agir vite et nous sommes évidemment totalement d’accord
avec la position que vous avez posée ce soir.
Monsieur VICOT - Refinal est une affaire qui dure depuis quatre ans maintenant,
puisque les premières difficultés sont apparues dans le quartier il y a quatre ans, avec
une obstruction totale de la part de la Direction de Refinal. Je suis personnellement
persona non grata chez Refinal, le Directeur général, Monsieur RABOTIN, a demandé à
son personnel de refuser de me prendre au téléphone depuis quatre ans.
85
Nous avons réussi à imposer des contrôles dans l’entreprise, nous avons réussi
à faire accepter par le Préfet un resserrement des contrôles qui sont effectués à
l’extérieur, nous avons réussi à faire imposer des contrôles chez les riverains de Refinal.
Martine AUBRY et moi-même, depuis plusieurs années déjà, sommes en contact avec le
Préfet pour faire en sorte que ces contrôles soient encore plus sévères.
Il y a une vraie inquiétude aujourd’hui, d’abord sur la nature des contrôles qui ont
été effectués : ils ne sont pas suffisants, puisqu’il se trouve que l’usine Refinal fabrique
des lingots d’aluminium, mais qu’aujourd’hui, il n’existe pas de mesure de base sur les
rejets d’aluminium. Nous sommes en train d’imaginer, avec les services de la Ville de
Lille, que je remercie très sincèrement, Monsieur CHEPPE et Monsieur SAVY, qui sont
de vrais spécialistes et qui nous accompagnent depuis plusieurs années, de nouveaux
protocoles pour mettre en lumière le risque pour la santé des riverains.
Mais il y a un autre élément, vous venez de l’évoquer : Refinal s’est porté
acquéreur pour un terrain jouxtant l’usine actuelle, et avec une hypocrisie sans pareille,
lors de la réunion publique à laquelle vous faites allusion, Monsieur RABOTIN, qui est le
Directeur général du groupe Refinal – et pas seulement de cette usine lommoise –, nous
a indiqué qu’il était acheteur d’un terrain à côté de l’usine, mais que, malheureusement, il
n’a aucune idée de ce que le Président de Refinal a l’idée de faire sur ce terrain.
Nous sommes donc extrêmement vigilants, nous avons de nouveau écrit au
Préfet sur cette question, et je dois vous dire aussi que nous avons été contactés par les
riverains d’une autre usine Refinal dans le département de l’Allier, où les choses se
passent exactement de la même manière, c’est-à-dire refus de donner de l’information,
obstruction de la part des dirigeants de l’usine Refinal. Par conséquent, je me suis
engagé, avec Martine AUBRY, à continuer le combat, car c’en est un, et cela dure depuis
quatre ans, contre Refinal et le groupe Derichebourg, à essayer d’avoir des analyses
encore plus précises sur les dangers pour la santé des riverains de Refinal et à tout faire
– je l’ai écrit au Directeur général du groupe –, à employer tous les moyens légaux
possibles, pour éviter que cette usine s’agrandisse sur le terrain voisin sans vouloir nous
dire quelles sont ni les méthodes ni les activités qu’elle souhaite y développer à l’avenir.
Madame le Maire - Merci.
Jacques, pour les amendements, puis nous voterons.
Monsieur RICHIR - Sur cette délibération 583, pour la clarté des propos, je
rappelle que cette société qui veut s’implanter sur Lomme Délivrance, Faubourg
Promotion, est obligée de demander son classement au titre d’ICPE (installation classée
pour la protection de l’environnement) et l’enregistrement pour une autre activité. Une
consultation du public a eu lieu du 13 octobre 2021 au 10 novembre 2021 et c’est dans
ce cadre que la Ville de Lille et le Conseil de Lomme ont décidé de formuler un avis et de
lui donner le caractère solennel d’une délibération de notre Conseil Municipal, que nous
allons adopter ce soir.
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Nous avons pris connaissance des trois amendements proposés par le groupe
des Verts, qui nous conviennent tout à fait, parce qu’ils apportent des éléments de
précision, ils sont complètement dans cet esprit.
Ce soir, il vous est proposé de voter un avis défavorable à cette demande
d’enregistrement de l’ICPE. Ce n’est bien sûr pas la Ville qui le fait, c’est le Préfet, mais
nous souhaitons porter un message très fort, qui fait complètement écho, même si ce sont
des dossiers différents, au message par rapport à Refinal. Je pense qu’on ne peut plus
aujourd’hui installer ainsi ce genre d’équipement pratiquement en cœur de ville sans
respecter un certain nombre de règles, y compris – comme vous le dites dans vos
amendements, et nous sommes tout à fait d’accord – sur les réglementations en matière
de faune/flore, sur les transports.
Nous avions également beaucoup insisté sur la partie acoustique et phonique,
puisqu’il y a des groupes de froid en particulier importants, nous savons que cela génère
des nuisances et qu’il y a des habitants à une vingtaine de mètres d’une partie du terrain
– pas à côté de l’essentiel, mais une partie du terrain est proche d’habitations.
Pour toutes ces raisons (faune, flore, transports, nuisances acoustiques et
phoniques), nous émettons un avis très très défavorable. C’est l’objet de la délibération
de ce soir.
Madame le Maire - Je mets au vote cette délibération corrigée des trois
amendements que vous avez proposés.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Dès demain, je la transmettrai au Préfet comme ayant été votée à l’unanimité par
le Conseil Municipal. Pour Refinal, nous continuons, mais le Préfet connaît très bien la
question, parce qu’avec Roger VICOT, nous avons été extrêmement fermes, sans résultat
pour l’instant, mais j’espère qu’il y aura des contrôles de la DREAL plus importants et de
l’ARS, comme nous le réclamons ensemble.
Je donne la parole à Ali DOUFFI sur la délibération 584.
HALLES ET MARCHES
21/584 Commission consultative des marchés de plein-air – Désignation des
représentants pour les marchés de plein-air autres que celui de
Wazemmes.
Monsieur DOUFFI - Madame le Maire, chers collègues,
Vous nous présentez ce soir une délibération sur la désignation des
représentants pour les marchés de plein-air autres que celui de Wazemmes.
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En effet, nous avons bien voté au Conseil Municipal du 29 juin dernier la création
d’une commission consultative des marchés de plein-air et avons voté la désignation des
représentants pour le marché de Wazemmes.
Nous avons ensuite appris que suite à une réunion de ladite commission
consultative des marchés, qui s’est tenue le 6 octobre 2021, un arrêté avait été pris par
vous, Madame le Maire, le 20 octobre 2021, modifiant de nombreuses dispositions du
règlement intérieur des marchés.
Nous sommes aujourd’hui le 10 décembre.
Le fonctionnement du fleuron des marchés lillois, Wazemmes, a été
profondément modifié, et nous, les élus lillois, en prenons connaissance grâce à la gronde
des commerçants descendus dans la rue pour protester. Auriez-vous oublié le débat
démocratique dans notre ville ? Comment pouvez-vous affirmer que tout va bien et que
finalement, la centaine de commerçants devant l’Hôtel de Ville le 25 novembre ne
représentait qu’une « minorité » à laquelle il ne faut pas prêter d’importance ? Même si, à
vos yeux, ils étaient minoritaires, il est important de les écouter.
En tout cas, encore à ce jour, tout ne semble pas si clair ni si partagé : les
commerçants non sédentaires ont, pour beaucoup, le sentiment d’être méprisés, et non
respectés dans l’exercice de leur métier à Lille. Rassurons-les !
Ceux qui sont dans la rue, ce sont ceux, nombreux, qui sont souvent les moins
bien installés, les plus précaires. Ce sont ceux qui n’estiment pas avoir été entendus dans
ce processus. Ils dénoncent le manque d’écoute et de prise en compte de leurs
spécificités.
Nous souhaitons ici réaffirmer les valeurs essentielles qui doivent présider au
règlement intérieur des marchés :
- l’équité de traitement pour toute décision, sans discrimination de tel ou tel
type d’activité ;
- le principe de transparence pour l’attribution des places aux commerçants
passagers, pour limiter le sentiment de « favoritisme » et l’incompréhension
de ceux qui n’ont pas pu s’installer ;
- la protection des droits des commerçants en cas d’absence, congés,
maladie, dont les modalités ne doivent pas être limitatives ;
- le respect de la confidentialité et de la vie privée quant aux documents qui
sont demandés aux commerçants pour justifier leur emplacement.
Est-ce trop demander que d’être reçu en Mairie quand on est un acteur
économique de la Ville, surtout sur le marché de Wazemmes, rendez-vous incontournable
de la vie lilloise ?
Une entrevue aurait évité tout cela, car ce marché de Wazemmes est une
institution qui date de plus d’un siècle. Ce marché est l’un des plus grands d’Europe et
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fait le bonheur des habitants du quartier, des Lillois, des métropolitains, mais aussi des
touristes. Il faudrait surtout que vous soyez claire sur vos intentions.
Beaucoup d’entre nous ont l’impression que vous voulez, par toutes ces
modifications imposées, débarrasser le marché des commerçants les plus fragiles, les
moins qualitatifs peut-être… Rassurons-les !
Vouloir le restructurer, cela devenait urgent, mais attention de ne pas dénaturer
notre marché et d’en exclure les clients les plus pauvres, ceux qui viennent pour les
tomates à 1 €, les poulets à 4 €, les fournitures en lot à prix cassés et les vêtements
abordables.
Nous vous rappelons qu’en 2002, Madame le Maire, c’est bien vous qui évoquiez
l’idée de créer un cinéma à la place des Halles. Ce fut un tollé général et l’idée fut
abandonnée.
Madame le Maire, nous aimons nos marchés. Nous aimons le marché de
Wazemmes. Nous soutenons votre volonté de le restructurer, mais nous pensons aussi
qu’il faut installer au plus vite des toilettes publiques, aussi bien pour nos commerçants
que pour nos chalands.
Nous partageons la nécessité d’y retracer des allées plus faciles d’accès et d’y
améliorer la qualité des étals, et pourquoi pas les uniformiser par activités, aider au
financement des parapluies au travers des cotisations par exemple.
Nous réaffirmons que la sécurité des visiteurs doit être aussi une priorité.
Nous sommes partisans d’un marché plus propre, plus respectueux de son
environnement.
Mais notre groupe Faire Respirer Lille souhaite aussi alerter les Lillois sur
la transformation que vous y projetez, Madame le Maire, sans vraiment le
dire. Rassurons-les !
Le marché de Wazemmes doit rester ce qui en fait un joyau dans notre ville : un
lieu de consommation accessible à tous, un lieu de brassage des cuisines et des cultures,
un lieu de rencontre mélangé et métissé, un lieu attractif et renommé.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur RICHIR, vous allez rappeler un peu toutes les
concertations qui ont eu lieu à Monsieur DOUFFI qui n’a pas l’air au courant.
Monsieur RICHIR - Vos propos, Monsieur DOUFFI, sont un festival de fakes !
Les réseaux sociaux – je ne suis pas un grand adepte – sont tout de même un lieu où le
risque d’intoxication est assez sévère, et je pense que là, vous avez fait une forme assez
aiguë d’intoxication, qui, d’ailleurs, je le crains, est en train de se chroniciser, ce qui
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m’inquiète, et c’est pourquoi je vais essayer de vous aider à sortir de cette phase qui me
paraît périlleuse.
Madame le Maire - C’est le médecin qui parle, bien sûr.
Monsieur RICHIR - Il n’y a pas à rassurer, mais surtout à être bien informé et à
suivre la réalité.
Je vais d’ailleurs vous donner un petit élément anecdotique : je vous signale qu’il
y a quand même trois WC publics au marché de Wazemmes ; apparemment, vous ne les
avez pas trouvés ; il y a un sanitaire public Decaux sur la droite et il y en a deux à
l’intérieur. C’était la petite anecdote. Je vous montrerai tout à l’heure l’endroit où ils se
trouvent, je pourrai vous expliquer.
Plus sérieusement, et Madame le Maire l’a souvent répété, le démocrate est un
ami de la loi ; nous sommes des amis de la loi parce que nous sommes des démocrates.
En revanche, je suis très étonné de vous trouver régulièrement dans des réunions
d’officine au fond du marché, aux côtés de gens qui ne respectent pas la loi, dont une
partie se sont fait d’ailleurs récemment surprendre pour des infractions, pas par nous, par
un substitut du Procureur de la République, par un Directeur de cabinet du Préfet, par des
responsables de la police, par le CODAF, par la police de l’air et des frontières ; ce n’est
même pas la Ville qui a fait ces déclenchements. Quand ces personnes sont prises pour
des infractions lourdes, nous sommes un peu étonnés.
De la même façon, Monsieur DOUFFI, quand vous défilez avec quelques dizaines
de commerçants – une petite minorité, encore une fois – et que vous êtes à leurs côtés,
alors que ces commerçants commettent un acte qui, pour nous, est totalement
répréhensible, qui est une ligne rouge, qui consiste à insulter des fonctionnaires
municipaux, y compris à les nommer dans leurs communiqués, à crier leur nom dans la
rue, y compris devant l’Hôtel de Ville, alors que ces fonctionnaires municipaux n’ont qu’un
seul tort : ils font leur travail, ils le font bien et dans des conditions difficiles, vous
franchissez une ligne rouge qui ne nous paraît pas acceptable.
(Protestations hors micro de Monsieur DOUFFI)
Vous dites que nous n’avons pas consulté, mais pas du tout ; il suffit de regarder
la loi, il y a des règles, il y a un Code général des collectivités territoriales qui prévoit que
le Maire, au titre de son pouvoir de police administrative, rédige un document qui est un
règlement des marchés de plein-air, qui prévoit également qu’on ait une commission
consultative des marchés de plein-air, nous l’avons faite, et nous avons même, cette
année, sophistiqué les choses, puisque nous avons beaucoup mieux organisé les
élections à cette commission consultative, et d’ailleurs, ce soir, la délibération que nous
adoptons vise à compléter la délégation pour d’autres marchés et il est prévu que siège
dans cette commission consultative deux types de représentants :
- d’une part, les représentants représentatifs au sens légal de la
représentativité syndicale, qui est le syndicat des marchés de France ;
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- d’autre part, ceux qui sont élus sur le terrain.
Nous nous sommes réunis, et contrairement à ce que vous dites, puisque nous
ne nous sommes soi-disant pas rencontrés, j’ai noté les dates ; nous nous sommes
rencontrés trois fois avant cette manifestation de quelques-uns : le 22 septembre, le
6 octobre et le 19 novembre, nous nous sommes encore revus le 8 décembre, nous nous
retrouverons mardi prochain, le 14 décembre, et nous avons prévu de nous revoir encore
une nouvelle fois de façon informelle.
Je suis persuadé que vous seriez bien en peine de me dire ce qui a été modifié
dans ce règlement des marchés de plein-air si je vous interrogeais dans le détail. Vous
souvenez-vous à peu près de ce qui a été modifié ? Ce n’est pas la peine que je vous le
rappelle. Je peux vous rappeler ce qui a été modifié dans le règlement des marchés de
plein-air si vous le souhaitez.
Nous avons modifié quelques points simplement pour mieux vérifier un certain
nombre de clauses, et dans ce que nous avons adopté, le syndicat majoritaire – nous
sommes assez respectueux du fait majoritaire, c’est parfois dur, pourtant, et en tant que
démocrates, nous respectons le fait majoritaire – a approuvé toutes ces modifications ; il
y avait 35 modifications dont beaucoup étaient des petites modifications de détail, 30 ont
été approuvées par ce syndicat majoritaire, 2 ont été non souhaitées par eux et on ne les
a pas adoptées et 3 ont été amendées.
Le petit groupe auquel vous faites référence, que vous semblez fréquenter avec
beaucoup d’assiduité, nous a dit : « De toute façon, on ne va même pas le lire, on n’en
veut pas ». En fait, ce qu’il souhaite, c’est l’absence de règlement. L’absence de
règlement, c’est le foutoir, et dans un marché comme cela, on ne peut pas avoir le foutoir ;
quand on a un des plus grands marchés d’Europe avec plus de 350 exposants, il faut un
certain nombre de règles, et c’est ce que nous posons, que nous continuons à poser.
Nous avons actuellement, et nous nous en réjouissons, de plus en plus de
commerçants qui participent à ce travail assidûment. Nous avons encore eu des réunions
cette semaine, j’étais encore hier matin au MIN de Lomme avec certains d’entre eux,
parce que nous allons mettre en place une politique ambitieuse, difficile, de gestion des
déchets, de tri sélectif sur ce marché, parce que nous nous sommes fixé comme objectif
d’ici 18 mois d’avoir réalisé le tri sélectif de la totalité de ce qui sort de ce marché : les
putrescibles, les cartons, les cagettes, et ainsi de suite.
Je pense que vraiment, vous êtes très mal informé. On a publié ce règlement des
marchés de plein-air parce qu’il en faut bien un, c’était d’ailleurs celui de 2018 pour lequel
on avait fait quelques amendements, qui figure dans le registre dans lequel on trouve les
arrêtés municipaux, et la vie continue, on va discuter. D’ailleurs, le petit noyau de
commerçants dont vous parlez se réduit, parce qu’une partie d’entre eux ont le sentiment
d’avoir été trompés. J’espère que vous n’avez pas participé à cette démarche de
tromperie, j’en serais vraiment extrêmement meurtri, déçu.
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Soyez rassurés, les discussions continuent, la commission consultative des
marchés de plein-air se réunit à nouveau la semaine prochaine. En revanche, nous
travaillerons de façon très assidue, parce que nous avons beaucoup à faire ; c’est un très
beau marché, un marché magnifique, un des plus beaux de France, nous souhaitons qu’il
devienne un des plus propres de France, parce que nous savons qu’aujourd’hui, gérer la
marchandise depuis la production jusqu’à la vente et ensuite est un élément essentiel de
la qualité. On a des hommes et des femmes courageux, dynamiques, certains d’entre eux
se laissent un peu influencer, et on a au sein de ce marché – disons-le, n’ayons pas peur
de le dire – un certain nombre de personnes peu recommandables, qui se font condamner
régulièrement pour travail dissimulé, pour accumulation d’abus sociaux et ainsi de suite,
c’est un tout petit nombre, mais ne vous laissez pas intoxiquer, Monsieur DOUFFI.
En tout cas, je suis prêt à vous emmener faire une petite visite pour que vous
puissiez vous familiariser avec les différents lieux, y compris ceux qui peuvent permettre
de soulager un besoin naturel.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je mets aux voix cette délibération 584, après avoir remercié
Jacques RICHIR. Je tiens à dire que Jacques RICHIR passe quasiment tous ses
dimanches au marché de Wazemmes, pendant beaucoup de temps, pour essayer de
vérifier tout ce qui peut permettre de changer pour rendre encore plus attractif ce marché,
pour que chacun respecte les horaires, pour que la propreté soit aussi une propreté
« durable », si je puis m’exprimer ainsi.
Il est toujours un peu étonnant de trouver des personnes élues qui sont censées
soutenir aujourd’hui un gouvernement en place et qui, dès que cela bouge quelque part,
sans regarder qui c’est, sont là dans les manifestations, comme vous l’avez déjà été avec
les mêmes pendant la campagne électorale. Je sais bien que parfois, cela bouge et cela
vous donne la possibilité d’avoir l’impression d’agir, mais quand on est devant des gens
qui ne respectent pas les règles, qui sont condamnés par la justice, on regarde et on ne
raconte pas n’importe quoi. Jacques a très bien montré combien tout cela s’est fait dans
la plus grande concertation, il a donné les dates, tout cela se vérifie, donc tout ce que
vous avez dit tout à l’heure n’est pas conforme à la réalité.
Vous avez beaucoup dépassé votre temps tout à l’heure. Je vous donne quelques
secondes pour répondre.
Monsieur DOUFFI - Quelques secondes simplement… Je ne peux pas accepter
les allusions qui ont été portées. Nous sommes dans un pays où il y a des règles et les
règles sont là pour être appliquées. Ces allusions, vous pouvez vous les garder, Monsieur
RICHIR.
Merci.
(Applaudissements sur les bancs du groupe Faire Respirer Lille)
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Madame le Maire - Ce ne sont pas des allusions mais des faits. Quand des
personnes manifestent, alors qu’elles ont été condamnées par la justice, et vous n’avez
pas parlé d’alimentation avariée, parce qu’on a aussi ces cas dans ceux-là, on ne
comprend pas qu’il y ait un élu de la République à côté. Je le redis parce que c’est la
réalité. Si vous ne le saviez pas, Jacques RICHIR va vous montrer tous les éléments,
mais parfois, cela bouge par des gens qui sont de mauvaise foi, il serait bien de ne pas
les suivre parce que cela bouge et parce que c’est critique ; c’est ce que j’ai envie de dire
à Monsieur DOUFFI, ce n’est pas la première fois.
Je mets aux voix cette délibération 584, parce qu’on veut tous un beau marché
de Wazemmes, encore plus beau. Il ne suffit pas d’être un très grand marché, il faut qu’il
soit plus attractif, plus propre, plus durable, et c’est ce que nous faisons actuellement, et
qu’il respecte les règles sociales ; là aussi, Monsieur DOUFFI, pour nous, c’est important.
Je mets aux voix cette délibération.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
Je vous remercie.
PROPRETÉ
21/578 Frais d'enlèvement de dépôts sauvages - Demande de remise gracieuse
- Bonne foi présumée.
Adoptée.
PLACES PUBLIQUES
21/579 « Budget d'investissement participatif 2 - Banc d'eau » - Avenant à la
convention annuelle d'objectifs et de moyens pour une subvention
d'investissement - Conception, réalisation, pose et expérimentation d'un
prototype de mobilier d'assise récupérateur d'eau pluviale.
Adoptée.
POLICE DE LA CIRCULATION ET DU
STATIONNEMENT SUR LE TERRITOIRE DE LILLE
21/581 Gestion et exploitation de la fourrière automobile et du service des objets
trouvés de Lille - Rapport d'activité 2020 du concessionnaire EGS Lille.
Le Conseil Municipal prend acte.
93
RISQUES URBAINS ET TECHNOLOGIQUES
21/582 Service commun des carrières souterraines - Convention entre l'Etat et la
Ville portant mise à disposition de l'Etat de données sur les carrières
souterraines.
Adoptée.
Nous passons maintenant à Jean-Claude MENAULT.
Chemise 17
SECURITE Rapporteur : Jean-Claude MENAULT
Adjoint au Maire
21/622 Vidéoprotection – Comité d’éthique – Création, composition et
fonctionnement – Charte d’éthique.
Monsieur MENAULT - Madame le Maire, mes chers collègues,
Il s’agit d’une délibération qui concerne la création du comité d’éthique de
vidéoprotection que nous avions annoncé déjà depuis un certain temps, mais il fallait
prendre du temps pour le constituer, puisqu’il ne pouvait pas exister avant que le centre
de supervision urbain (CSU) ne soit mis en service.
Souvenez-vous, le Conseil Municipal avait approuvé il y a un tout petit peu plus
d’un an, le 19 octobre 2020, l’extension de la vidéoprotection sur le territoire communal et
la création d’un centre de supervision urbain. Cet engagement qui figurait à notre
programme se trouve aujourd’hui sur une voie de réalisation très avancée. Pour preuve,
dans la foulée de l’implantation des huit caméras fixes de Wazemmes lors du mandat
précédent, nous avons tenu le délai de déploiement de neuf caméras nomades pour la
fin du premier trimestre 2021. Nous pouvons annoncer aujourd’hui même l’installation au
fil de l’eau de 38 caméras fixes, qui, avec les précédentes, seront toutes reliées au CSU
(centre de supervision urbain) pour une mise en service du système à la mi-janvier 2022.
Les délais annoncés ont été tenus, malgré un contexte sanitaire particulier qui a rendu
beaucoup plus contraignantes les prestations de l’opérateur, et encore, nous avons eu la
chance de pouvoir nous adosser à un groupement de commandes de la MEL ; s’il avait
fallu passer par un marché public classique, nous n’en serions pas là aujourd’hui, et vous
le savez bien.
À cette extension du dispositif de vidéoprotection vient s’ajouter un existant déjà
conséquent, que rappelle souvent Madame le Maire, tant sur le domaine public que sur
le domaine privé, où nous comptons plus de 7 500 caméras de tout type dans notre ville.
Néanmoins, nous le savons, la technique peut libérer l’homme de certaines
tâches ou le rendre encore disponible à d’autres tâches, mais la technique ne pourra
94
jamais le remplacer ; c’est pourquoi nous nous sommes engagés à augmenter de près
d’un tiers les effectifs de la Police Municipale, en les faisant passer de 120 à 170 à
l’horizon 2022, un objectif de plus que nous sommes en train de tenir malgré la forte
concurrence ambiante à laquelle se livre l’ensemble des communes dans le domaine du
recrutement.
Il faut le savoir, c’est vraiment difficile aujourd’hui de recruter, mais nous y
parvenons.
Nous allons vous soumettre aujourd’hui un autre engagement, objet de cette
délibération, inséparable du précédent en ce qu’il vient en encadrer l’utilisation.
Conscients qu’un tel système peut générer, s’il ne fait pas l’objet d’un contrôle
mixte interne/externe, des risques d’empiétement sur les libertés individuelles et
collectives, nous nous étions engagés à promouvoir la création d’un comité d’éthique
vidéoprotection, lui-même inséré dans une charte éthique dont il aura la charge d’en
surveiller le respect du contenu.
Ce comité d’éthique sera présidé par votre serviteur, l’Adjoint délégué à la
sécurité, la prévention et la médiation, et comprendra trois collèges :
- un collège d’élus, composé du président, de l’Adjoint délégué à la solidarité
et à la cohésion des territoires, de l’Adjointe déléguée à la ville éducatrice et
à la ville à hauteur d’enfant, d’un conseiller municipal du groupe Lille Verte
et d’un conseiller municipal du groupe Faire Respirer Lille – je remercie
d’ailleurs les représentants de ces groupes d’en avoir désigné les membres ;
- un collège de représentants institutionnels, composé de la Procureure de la
République ou de son représentant désigné…
À cet égard, d’ailleurs, je viens de recevoir une lettre de la Procureure de la
République que je ne résiste pas à l’envie de vous lire, parce qu’elle me semble très
importante, elle est très rapide :
« Depuis plusieurs mois, le Parquet de Lille porte une grande attention au
déploiement de la vidéoprotection dans votre ville, en participant notamment aux réunions
du comité de pilotage.
Cet outil peut se révéler déterminant dans la résolution des enquêtes judiciaires,
en permettant à la fois de disposer des images de l’auteur commettant un délit, mais aussi
de connaître le contexte et les circonstances de faits, mais l’exploitation de ces données
ne peut se faire que dans le respect de la procédure pénale et du cadre législatif.
Je salue l’installation à Lille d’un comité d’éthique de vidéoprotection. Les enjeux
de contrôle, d’évaluation et de dialogue sont au cœur des préoccupations des citoyens,
tant ils sont sensibles aux questions de sécurité et de garantie des libertés fondamentales.
95
J’accepte de participer au collège des représentants institutionnels et de
contribuer aux travaux du comité. »
Madame le Maire - « Madame la Procureure ».
Monsieur MENAULT - En plus de la Procureure de la République, qui accepte
elle-même d’y participer, il y aura également le Président du Tribunal administratif ou son
représentant désigné et le Directeur départemental de la sécurité publique du Nord ou
son représentant désigné.
- Enfin, un troisième collège de représentants de la société civile, composé
de la Présidente de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme, du
Président de la Fédération lilloise du commerce et de l’artisanat et d’un
représentant des conseils de quartiers, mais dont la désignation fera tout
à l’heure l’objet d’un amendement sur table que nous, le groupe Lille en
commun, durable et solidaire, présenterons.
Ce comité d’éthique se réunira au moins deux fois par an, voire
exceptionnellement plus, soit à la demande de Madame le Maire, soit à la demande de
son Président, ou encore à la demande d’au moins la moitié de ses membres, à chaque
fois que l’intérêt l’exigera.
Sans vouloir vous imposer une lecture exhaustive de la charte que vous avez
certainement et parfaitement intégrée, je résumerai en précisant que l’édifice ainsi
construit repose sur le principe de la protection de la vie privée contenu dans un ensemble
de textes de loi qui figurent à l’article 1 de la charte et conforté par une doctrine d’emploi
basée sur plusieurs dispositions concrètes, dont le comité d’éthique veillera à la bonne
application. Parmi ces dispositions, citons les principales d’entre elles qu’il aura à suivre :
- les autorisations d’installation des caméras ; comme vous le savez,
l’autorisation d’installer les caméras sur des secteurs bien délimités est
accordée par arrêté du Préfet sur avis de la Commission départementale de
vidéoprotection ;
- le masquage des lieux privés ; vous savez aussi qu’on ne peut visionner
l’intérieur des lieux privés, des appartements ou des maisons, et que le
dispositif prévoit le floutage des lieux privés, empêchant ainsi leur
visionnage ;
- les conditions restrictives d’accès au centre de supervision urbain,
synonymes de confidentialité, voire de secret professionnel pour les agents
chargés du visionnage ;
- le délai de conservation des images ; le délai maximum est d’un mois ; nous
avons opté, à Lille, pour un délai de conservation de 14 jours, beaucoup plus
court ;
- les règles de communication des enregistrements. Comme vous le savez,
la visualisation et l’enregistrement sont réalisés par des opérateurs dans le
cadre de leur travail, qui sont habilités pour le faire. En revanche, tout ce qui
concerne l’extraction d’images et la saisie des supports comportant des
96
enregistrements, donc des supports d’extraction d’images, ne peut se faire
que par un officier de police judiciaire sur réquisition judiciaire expresse. À
ces dispositions s’ajoute la possibilité pour toute personne intéressée de
solliciter une demande d’accès aux enregistrements qui pourraient la
concerner ou d’en vérifier la destination ; là, elle dispose d’un délai de
8 jours, un délai très court ; comme le délai de conservation des images est
de 14 jours, au-delà de ce délai, toutes les images sont détruites. La
demande peut être farfelue ou infondée, cela peut arriver ; dans ce cas, elle
serait rejetée, mais en tout état de cause, le requérant pourra toujours saisir
l’ordre juridictionnel compétent en fonction du litige.
Enfin, le comité d’éthique établira chaque année un rapport d’activité. Celui-ci
contiendra également une évaluation – c’est ce qui manque souvent d’ailleurs, et c’est le
comité d’éthique qui étudiera cette évaluation –, qui portera sur l’utilité de la
vidéoprotection quant au choix de l’implantation des caméras, ainsi qu’au regard des
éléments fournis par la Police Nationale et la Justice concernant l’impact sur les enquêtes
de police et les poursuites judiciaires s’y rapportant.
En conclusion, je reprendrai une formule du Conseil constitutionnel pour qualifier
ce dispositif éthique en le considérant comme « une garantie supplémentaire permettant
d’assurer une conciliation équilibrée entre le droit au respect de la vie privée et la
recherche des auteurs d’infractions ».
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Monsieur MENAULT, pour cette grande
clarté dans la présentation de ce comité d’éthique.
Je passe la parole à Joe DABIT.
Madame DABIT - Madame le Maire, chers collègues,
Le comité d’éthique sera-t-il autre chose que l’arbre alibi qui cache la forêt de
caméras ? Autre chose qu’une commission fantôme inutile et inapte à protéger les libertés
publiques de la folie sécuritaire ? Ce comité d’éthique et la charte qui l’accompagne
présentent en effet plusieurs problèmes.
Tout d’abord, deux réunions par an semblent bien peu pour contrôler un système
aussi controversé et délicat que celui-ci. Je tiens à souligner ici que ce comité ne doit pas
seulement faire de la figuration, mais être réellement actif pour garantir les droits et les
libertés des Lilloises et des Lillois.
Mais comment le pourrait-il alors que la charte ne respecte même pas les
préconisations de la CNIL ? Vous indiquez, en effet, à la page 5, qu’une personne qui
voudrait avoir accès aux images filmées doit présenter une pièce d’identité officielle. Or
la CNIL précise que cela peut uniquement se faire « si et seulement si l’organisme a des
doutes raisonnables sur votre identité. En revanche, il ne peut pas vous demander des
97
pièces justificatives qui seraient abusives, non pertinentes et disproportionnées par
rapport à votre demande ».
Comment le pourrait-il quand vous en nommez vous-mêmes les membres ? Nous
avons besoin d’une représentativité plus juste au sein de ce comité. Il doit en effet
comprendre un ou une conseillère de quartier qui changera tous les six mois, mais qui
sera désigné par tirage au sort, et non désigné alternativement par les présidents des
conseils de quartier comme il est initialement prévu. C’est le sens de nos amendements
2 et 3.
Comment le pourrait-il quand votre politique elle-même pose problème ?
Puisqu’on parle d’éthique, nous sommes dans l’obligation de questionner l’éthique du
dispositif de vidéosurveillance lui-même. En effet, la multiplication des caméras dans nos
villes soulève une réflexion existentielle sur l’avenir de notre société. La délimitation entre
liberté et sécurité est extrêmement fine. Et plus on avance, plus j’ai l’impression que la
première perd du terrain sur la deuxième. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? C’est la
vraie question qu’il faut se poser aujourd’hui.
Alors, on va encore me dire : « regardez, la vidéosurveillance a permis
l’arrestation de deux agresseurs. Cela fonctionne, on a besoin d’en mettre plus ». Mais
cette rhétorique est sans limite. Bien sûr, si, par exemple, demain, vous mettez des
policiers à chaque coin de rue, il y aura davantage d’arrestations. Plus il y a de contrôles,
plus il y a d’arrestations, c’est juste logique, puisque l’un entraîne l’autre. Cela n’a rien à
voir avec l’efficacité du dispositif en lui-même, et comme il est mentionné en préambule
de la charte, il ne constitue juste qu’un moyen de preuve contre les délits mais il ne les
empêche pas.
On ne doit pas décider d’installer ce genre de dispositif en se basant uniquement
sur des chiffres. On doit le faire en étant pleinement conscient des changements que cela
apporte dans l’espace public et dans notre société. Il ne faut en aucun cas prendre le
développement de ce type de technologie à la légère. Une réflexion beaucoup plus
profonde doit être menée. Je ne suis pas sûre que l’on soit très nombreux à vouloir que
la société dépeinte par Georges ORWELL dans son roman « 1984 » devienne réalité.
Attention, Big Brother vous regarde.
Merci.
Madame le Maire - Je vais laisser la parole à Jean-Claude MENAULT qui,
d’ailleurs, aurait dû présenter notre amendement qui répond à la question posée, que
vous auriez dû présenter dès le départ…
Monsieur MENAULT - Oui.
Madame le Maire - Effectivement, nous l’avons dit tout à l’heure en réunion de
groupes, mais je crois que vous n’étiez pas là, nous avons déposé un amendement pour
faire en sorte que les conseillers de quartier soient là pendant deux ans pour avoir le
temps de et qu’ils soient tirés au sort parmi les candidats.
98
Par ailleurs, juste un mot pour vous dire que la vidéoprotection à Lille se décline
dans deux cas :
- essentiellement pour dissuader des voleurs dans des lieux commerciaux où
il n’y a pas d’autres types de caméras, et je crois que cela fonctionne assez
bien, cela empêche un certain nombre de délits ;
- pour faire la preuve de trafics, par exemple, dans certains cas et dans
certains lieux.
Il nous est reproché de ne pas en faire assez, vous nous reprochez d’en faire
trop. Nous essayons de trouver la juste mesure, en sachant que – je le pense tout comme
vous – nous pensons que ce sont d’abord les hommes et les femmes sur le terrain, la
Police Nationale – c’est pourquoi je me bats depuis tellement d’années pour obtenir plus
de policiers – comme la Police Municipale, et donc le volontarisme qu’a rappelé Jean-
Claude MENAULT qui fait que nous embauchons des policiers municipaux. Pour nous,
c’est un outil parmi d’autres et en aucun cas l’élément majeur et permanent, raison pour
laquelle nous faisons très attention sur les endroits où nous les mettons en place, comme
cela a été rappelé à plusieurs reprises par Jean-Claude MENAULT.
Je le laisse à la fois rapidement, parce que l’heure tourne, répondre aux
amendements et surtout présenter celui que nous avions déposé et qui n’a pas été
présenté.
Monsieur MENAULT - Oui, Madame le Maire.
Sur l’amendement, je devais le présenter, mais vous avez pris la parole… Nous
avons, dans cet amendement qui porte sur le mode de désignation des représentants
conseils de quartier, considéré au départ qu’il fallait peut-être choisir des conseillers de
quartier qui aient de l’appétence et/ou des compétences dans le domaine de la
vidéoprotection pour faire partie de ce comité d’éthique, mais, finalement, pour des
raisons de cohérence, parce que c’est la cohérence qui prédomine en la matière, nous
revenons un peu sur ce mode de désignation, considérant que la désignation par tirage
au sort est celle qui est retenue dans la plupart des instances existantes où il y a des
conseillers de quartier.
Nous proposons de remplacer : « représentants de conseils de quartier désignés
alternativement par les présidents de ces conseils de quartier » par : « un appel à
candidatures sera lancé auprès des conseillers de quartier, à l’exception de ceux du
collège politique. Un tirage au sort désignera le membre appelé à siéger au comité
d’éthique pour une durée de deux ans non renouvelable ».
Voilà la portée de cet amendement.
Madame le Maire - Il faut aussi que vous répondiez aux amendements.
Monsieur MENAULT - Oui.
99
Sur le second amendement qui a été déposé et qui concerne la déclinaison d’une
carte attestant de l’identité de la personne, comme vous le savez, nous sommes dans un
domaine de haute protection de la vie privée des gens, donc nous essayons de faire
respecter un grand principe, et pour faire respecter ce grand principe, nous ne pouvons
pas laisser accéder quelqu’un à des images sans connaître son identité. Il est évident que
la personne qui voudra accéder à des images, pour des raisons valables, certainement,
devra donc décliner son identité, puisque nul ne sera censé la connaître. En revanche, il
est évident que cela s’arrêtera à la déclinaison de son identité au moyen d’un document
qui atteste son identité, nous n’irons pas plus loin que ce document qui atteste l’identité
en essayant d’obtenir d’autres documents qui seraient peut-être là une démarche
abusive. Je réponds tout simplement à cet amendement qui a été déposé concernant la
présentation d’un document officiel attestant de l’identité de la personne.
Pour répondre à Madame DABIT sur l’ensemble des sujets qu’elle a évoqués
concernant le comité d’éthique, fantôme, je ne le crois pas, je pense avoir été
suffisamment clair pour éviter de faire de ce comité d’éthique un comité fantôme. Fantôme
parce qu’il n’y aurait que deux réunions par an ; cela suffit, et j’ai ajouté
qu’exceptionnellement, il pouvait se réunir aussi à la demande de Madame le Maire, du
Président ou de la moitié de ses membres si un intérêt quelconque l’exige, donc les
réunions peuvent se faire plus souvent que deux fois par an.
Par ailleurs, vous me dites que ce comité ne sert pas à grand-chose finalement,
que c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. Je vous répondrai que ce comité d’éthique
n’est pas obligatoire. Certaines communes disposent d’un système de vidéoprotection et
n’ont pas de comité d’éthique. Nous avons voulu, justement, en créer un pour garantir –
je le répète – un principe fondamental du droit qui est celui de la protection de la vie privée
des gens.
Je ne pense pas qu’il soit utile d’en rajouter, sachant que, de toute façon, je
n’arriverai jamais à vous convaincre, tant votre opposition à la vidéoprotection est
exacerbée.
Madame le Maire - Très bien…
Stéphane BALY a demandé la parole.
Monsieur BALY - Madame le Maire, chers collègues,
Deux éléments.
Premièrement, un élément d’organisation, de méthode : nous déplorons tout de
même l’amendement très tardif ; dans le règlement intérieur, normalement, les
amendements doivent être déposés au plus tard le mercredi à 17 heures. Or nous avons
eu cet amendement aujourd’hui à 15 heures 30.
100
Deuxièmement, sur le fond, nous retirons l’amendement sur la demande d’un
tirage au sort tous les six mois et nous voterons l’amendement pour un tirage au sort tous
les deux ans. Néanmoins, l’amendement que nous avions déposé correspondait aux
échanges qui avaient eu lieu lors de la commission. Comme ce n’était pas inscrit dans la
commission, finalement, cet amendement traduisait votre expression en commission.
Vous avez, depuis, changé d’avis en rallongeant la durée, nous le regrettons ; néanmoins,
nous retirons notre amendement et nous voterons celui de deux ans.
Madame le Maire - Comme cela vous a été dit, c’est moi qui ai demandé ce
changement, parce que l’idée, au départ, était bonne, elle était de prendre un des
conseillers de quartier qui a beaucoup travaillé sur cette question, c’était la raison pour
laquelle on le désignait, mais comme dans toutes nos instances de même nature, on tire
au sort, ce qui nous paraît plus juste, j’ai demandé que l’on fasse un tirage au sort.
Ensuite, on ne va pas changer de personne tous les six mois, car il faut qu’elle devienne
compétente.
Par ailleurs, je répète ce qu’a dit Jean-Claude MENAULT, bien évidemment, si
une actualité le nécessite, on réunira le comité d’éthique, on n’a même pas besoin que la
moitié des membres le demandent, c’est une question évidente politiquement, comme
cela a été dit.
Nous reprenons… Donc vous retirez votre premier amendement.
Il reste celui sur les pièces d’identité ; je le mets aux voix.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille Verte)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
L’amendement sur les pièces d’identité est rejeté à la majorité, le groupe Lille
en commun, durable et solidaire et le groupe Faire Respirer Lille ayant voté contre.
Je mets aux voix le nôtre…
Monsieur CHARLES.
Monsieur CHARLES - Juste une explication de vote concernant votre
amendement : nous sommes, bien entendu, favorables au tirage au sort désignant le
membre appelé à siéger au comité éthique pour une durée de deux ans non renouvelable,
mais nous ne partageons pas – c’est dans le texte, je ne l’ai pas entendu dans le propos
de Monsieur MENAULT – le fait que sont exclus les conseillers de quartier du collège
politique.
Madame le Maire - Vous dites toujours qu’il faut représenter les Lillois, qu’il faut
de la participation, qu’il faut de la concertation, et une fois de plus, vous voulez que ce
soit le collège politique, alors que vous êtes représentés dans le comité d’éthique. Très
franchement, pour nous, il est très important que ce ne soient pas les politiques qui
101
trustent tous les postes, mais qu’il y ait bien un représentant de la société civile. Nous
maintenons donc cette position.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Lille
Verte)
Qui vote contre ? (Le groupe Faire Respirer Lille)
Je vous remercie.
L’amendement déposé par la Majorité est adopté à la majorité, le groupe
Faire Respirer Lille votant contre.
Maintenant, nous allons voter notre délibération avec notre amendement.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ?
Abstention ? (Le groupe Lille Verte)
Je vous remercie.
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Nous passons maintenant au dossier d’Olivier CAREMELLE, qui nous présente
LIREL - Lille Réseau Lycée.
Chemise 23
LUTTE CONTRE LE DECROCHAGE Rapporteur : Olivier CAREMELLE
SCOLAIRE Adjoint au Maire
21/637 LIREL – Lille Réseau Lycée – Adoption de la convention de partenariat.
(Projection de diapositives)
Monsieur CAREMELLE - Merci, Madame le Maire.
Chers collègues,
C’est un engagement de campagne et donc de mandat que je vais vous
présenter. En effet, nous avions mis ce dispositif de remobilisation des jeunes dans notre
projet.
Vous le savez, en accord et en soutien avec Charlotte BRUN qui mène de main
de maître le projet éducatif de la Ville, nous avons des rapports très importants, très
intenses et très fructueux avec l’Éducation nationale et nous avons depuis quelque temps
émis l’idée de discuter d’un dispositif tout à fait innovant, qui restait à construire, de lutte
contre le décrochage scolaire et de promotion du raccrochage scolaire.
102
Nous avons mis un an et demi pour construire ce dispositif avec l’Éducation
nationale, avec la Mission locale – et je remercie Martin DAVID-BROCHEN et les services
de la Mission locale de nous avoir accompagnés dans la construction du dispositif – et
avec évidemment les enseignants qui se sont mobilisés au niveau local. Nous avons
pensé cette construction en deux temps, un temps premier expérimental sur la commune
de Lomme et un temps second de déploiement complet sur la ville de Lille d’ici un an.
Vous avez sous les yeux ce dispositif qui s’affiche, à travers d’abord quelques
chiffres sur le décrochage scolaire qui reste un mal important, même si les chiffres sont
en recul depuis quelques années :
- En France, ce sont 140 000 jeunes décrocheurs en 2014, 100 000 jeunes
décrocheurs en 2020, même si la pandémie a certainement rehaussé le
chiffre de décrocheurs depuis quelques mois ou même quelques années.
- Le bassin Lille centre – chiffres fournis par l’Éducation nationale – est lui-
même attaqué : 6,2 % de décrocheurs en 2021 au lieu de 4,6 % en 2020.
- Nous avons 108 Lommois non retrouvés, ce sont ces fameux invisibles,
ceux qui ont décroché et qui ne sont plus ni au collège, ni au lycée.
- Presque 600 Lillois sont potentiellement concernés par ce dispositif.
- Deux autres chiffres pour souligner le poids du décrochage scolaire : 8,2 %
des 18-25 ans n’ont que le brevet national comme diplôme et 17 % des 25-
34 ans ne sont pas allés au-delà du collège.
Cela montre que ce constat est difficile et l’intuition que nous avions avec
Charlotte était bien de travailler avec l’Éducation nationale pour promouvoir un dispositif
de raccrochage.
Nous avons deux enjeux complémentaires.
Le premier enjeu est de permettre à un jeune en errance de construire son
parcours professionnel, personnel et, à court et à moyen terme, de réintégrer une
formation diplômante. Le DASEN a souligné l’enjeu qu’il y avait de pouvoir raccrocher les
jeunes d’un point de vue scolaire à la fin de l’expérimentation et, pour cela, il était prêt à
ouvrir des places dans les lycées.
Il y a un deuxième enjeu important, qui est vrai sur la ville de Lille, dans la région
et au niveau national, c’est le fait d’initier des parcours qui permettraient de mieux lier les
questions d’éducation, de formation et d’insertion professionnelle. Je le répète, c’est un
dispositif important et ce parcours stigmatise beaucoup de jeunes qui n’arrivent
malheureusement pas à reprendre pied dans le monde de la vie scolaire ou simplement
de la vie professionnelle.
L’expérimentation a commencé depuis septembre. Nous avons travaillé pendant
l’été avec les services de l’Éducation nationale et avec les associations locales. Ce
dispositif a trois particularités.
103
Première particularité, il concerne des jeunes de 16 à 18 ans déscolarisés depuis
au moins un an et qui n’ont pas adhéré aux dispositifs existants, soit la garantie jeune,
soit d’autres dispositifs liés par exemple à l’école de la seconde chance, soit le micro-
lycée – même s’il n’y en a pas à Lille –, soit le lycée nouvelle chance. C’est pour eux la
possibilité d’arriver dans un dispositif innovant leur permettant à la fois de reprendre pied
d’un point de vue scolaire à travers des formations mêlées, au choix, sur la cité scolaire
de Lomme, le lycée Delaunay, le lycée Jean Prouvé, le lycée horticole, l’EREA ou le lycée
Maurice Duhamel. Cela permet aux jeunes de choisir une orientation plutôt verte avec le
lycée horticole, plutôt commerciale avec le lycée Delaunay, plutôt liée à l’ingénierie avec
le lycée Jean Prouvé. C’est une première particularité tout à fait innovante puisque nous
ne sommes plus dans une logique de silos, mais de partage et d’accompagnement fin du
jeune sur un parcours qu’il va pouvoir choisir.
La seconde particularité, puisque cela n’existe nulle part en France, est le fait de
permettre via la Mission locale de trouver des terrains d’engagement à travers des
services civiques. Ce sont 12 services civiques pour 12 jeunes qui reprendront pied à la
fois dans le domaine scolaire, mais aussi par un engagement au service de la cité, au
service des associations.
La prochaine étape sera l’extension vers Lille avec trois cohortes de jeunes. Nous
avons commencé les discussions avec Monsieur BESSOL et les services de l’Éducation
nationale, notamment pour l’accompagnement à travers trois lycées lillois, le lycée Baggio
étant chef de file de cette expérimentation développée prochainement sur la ville de Lille.
Un dernier mot sur le projet pour les jeunes en question pour vous en indiquer le
cadencement :
- Cela passe par le repérage du jeune notamment via la Mission locale, un
travail du jeune qui permet qu’il soit fléché sur un temps scolaire avec un
emploi du temps tout à fait adapté à ses préoccupations. L’essentiel est qu’il
puisse déjà revenir vers l’éducation, là où il a été absent pendant un an, où
il était chez lui ou peut-être dans la rue. Pour cela, il a besoin d’être
accompagné.
- La deuxième étape est l’accompagnement de la Ville de Lomme et de la
Ville de Lille demain sur les pratiques sportives et culturelles, sur la
resocialisation des jeunes. Vous trouverez d’ailleurs en annexe de la
délibération la convention de partenariat qui flèche le poids des
engagements de chacun.
- Le service civique, évidemment rémunéré, permet au jeune en question de
retrouver une capacité à vivre au-delà du fait de revenir à l’école, à travers
son terrain d’engagement, mais aussi à travers le soutien d’un tuteur
puisqu’il est accompagné par un tuteur pendant toute la durée de service
civique pendant neuf mois.
104
- Enfin, pour finir le parcours, nous allons proposer la découverte du monde
professionnel avec des stages et aussi un regard particulier sur la fin de
l’expérimentation, c’est-à-dire la capacité du jeune à s’insérer demain dans
la cité.
Le développement vous l’avez avec la dernière slide :
- l’expérimentation sur neuf mois à Lomme ;
- un colloque que nous allons construire avec Charlotte BRUN sur le
décrochage scolaire, prévu le 16 mars 2022, avec les parents mais aussi un
certain nombre de sociologues ;
- l’évaluation du dispositif ;
- le développement à partir de septembre 2022 sur le lycée Baggio, le lycée
Aimé Césaire et le lycée hôtelier de Lille qui sont partants pour conduire ce
travail avec nous ;
- enfin, évidemment, la pérennisation du dispositif.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Monsieur CAREMELLE.
Je passe la parole à Ingrid BRULANT.
Madame BRULANT-FORTIN - J’interviens sur la délibération 639, l’association
l’AFEV.
Madame le Maire - Ce n’est pas grave. Allez-y.
21/639 Actions éducatives – Association de la Fondation étudiante pour la ville
– Subvention et convention.
Madame BRULANT-FORTIN - Madame le Maire, Mesdames et Messieurs les
Adjoints et conseillers municipaux,
Nous saluons cette subvention municipale pour l’AFEV, ce réseau d’étudiants
solidaires qui s’investissent auprès de nos enfants dans les quartiers populaires et aussi
cette association qui fait sa part face à l’immense galère du logement étudiant à Lille, en
proposant 30 places dans des Kaps, des colocations solidaires : un loyer modéré pour
l’étudiant et du bénévolat dans le quartier.
Et que fait la Ville de Lille face à la pénurie de logements étudiants ?
Vous serez tentée de me répondre que, techniquement, le logement étudiant est
une compétence de l’État. Et oui, un plan gouvernemental face à cette pénurie qui est un
véritable mal français est activé. Mais le manque de logement étudiant à Lille, troisième
pôle étudiant de France, c’est bien aussi un mal lillois – Monsieur DUHEM, vous avez l’air
choqué – face auquel le Maire a la main.
105
Or votre programme pour les dernières élections municipales était muet sur ce
point, là où notre groupe Faire Respirer Lille avait mis les pieds dans le plat : favoriser la
construction de résidences étudiantes.
Il n’aura échappé à personne que nous n’avons pas gagné les élections. La seule
chose que nous puissions faire aujourd’hui, c’est de vous donner l’envie d’agir, Madame
AUBRY, Madame BADERI, Adjointe au logement, Madame GOFFARD, Adjointe aux
étudiants.
Même s’il se dit que vous avez rechigné ces 30 dernières années à voir se bâtir
des résidences étudiantes, que c’est une erreur historique qui a terriblement tendu le
marché immobilier, qu’on a préféré ici faire du logement social en zappant le logement
étudiant, nous voulons croire que les choses peuvent changer.
Il est temps de voir les étudiants comme une chance. Il est temps de penser la
ville de Lille pour les Lillois, mais aussi pour ceux qui y sont de passage.
Ceux qui pilotent Lille doivent être à la hauteur de ce que nous sommes : une
capitale métropolitaine où habitent 125 000 étudiants, 130 000 demain, une capitale de
région. Une région très riche d’autres villes universitaires, mais c’est quand même ici que
sont concentrés le plus d’établissements supérieurs. Un habitant de la métropole sur dix
est un étudiant, 65 000 jeunes étudient dans Lille intra-muros et leur principal problème
(sauf pour les 30 % qui habitent encore chez leurs parents) est de se loger ici.
Quelle considération avons-nous pour ces jeunes ? Quel accueil leur réservons-
nous ? De leurs conditions de vie dépendent leur réussite universitaire et leur confiance
en l’avenir.
Les solutions pour loger les étudiants sont multiples et chacun doit faire sa part :
l’État, les bailleurs, le privé, l’associatif. La solution n’est pas que plus de chambres
CROUS ou inversement plus de studios privés. Des idées innovantes, des associations
qui, tels des petits colibris, font leur part pour aider les étudiants, on en a en métropole
lilloise : logement à la ferme, chambres chez des seniors. Mais toutes ces petites cuillères
ne suffiront pas à vider la mer.
Les colocations solidaires promues par l’AFEV, que j’évoquais tout à l’heure. Et
si vous les aidiez à passer de 30 places à 60 ? Ce serait toujours cela de pris.
Les résidences à loyer social (entre 250 € et 350 € charges comprises) ne seront
jamais pour tous les étudiants à Lille, mais trouvons du foncier pour en construire. Il n’y a
que neuf résidences CROUS dans toute la ville.
Quant aux résidences privées à but non lucratif, comme celles de l’Université
catholique, c’est 1 400 places pour 25 000 étudiants. Quelle est votre feuille de route face
à cela ?
106
Trois ou quatre résidences d’au moins 50 places d’ici la fin de votre mandat en
2026, ce ne serait pas la mer à boire !
Que fait la Ville pour aider à trouver des terrains ? Que fait-on avec la friche
Transpole ou l’ancien collège Michel Servet ? Que fait-on à Bois-Blancs où débarquent
1 000 étudiants ? On laisse les marchands de sommeil poursuivre le saucissonnage des
maisons comme à Vauban ?
L’enjeu, notamment pour nos jeunes en première année d’études, c’est plus de
résidences à taille humaine, avec des espaces communs, à prix abordable, pas trop loin
des écoles.
Une bonne partie de la solution, sans occulter le sujet des bureaux et logements
vacants, c’est donc de signer des permis de construire ou de rénover. Bravo d’avoir facilité
la résidence intergénérationnelle qui ouvre bientôt à Vauban, c’est positif.
Et si, ce soir, c’était l’heure des bonnes résolutions ?
Chiche ! Plus de projets massifs d’aménagement urbain comme la friche Saint
Sauveur sans au moins consacrer une petite partie du foncier à du logement étudiant.
C’est même ahurissant de constater que le projet initial n’en contenait pas. Cela tombe
bien, la copie doit être revue.
Chiche ! Pas de grande réhabilitation sans penser aussi un peu à du logement
étudiant. Cela tombe bien, l’ancienne Cité administrative à l’entrée de Lille est à rénover.
Des acteurs sont prêts à se mobiliser, avec des modèles économiques
soutenables dans le temps. Ce sont des projets à penser maintenant. Alors que
l’Université de Lille vient d’élire son nouveau Président – vous en parliez en début de
conseil –, Monsieur BORDET, que nous tenons nous aussi à féliciter et à encourager,
nous vous proposons, Madame AUBRY, d’inscrire l’épineuse question de la pénurie de
logements étudiants en top priorité de l’entretien que vous ne manquerez pas d’avoir avec
lui. Je veux saluer au passage mon collègue Nicolas LEBAS, ex-Vice-président à la
Région en charge de l’enseignement supérieur, avec qui nous avons travaillé cet appel à
l’action.
Lille doit, avec la Métropole, avec l’Observatoire du logement étudiant,
communiquer un objectif sincère, chiffré, partagé, une feuille de route du logement
étudiant. Parce qu’il n’y a pas de vent favorable pour le bateau qui ne sait pas où il va.
Je vous remercie pour votre écoute.
Madame le Maire - Dommage que Nicolas LEBAS n’ait pas défendu à la Région
l’idée de financer les travaux du CROUS – c’est la Métropole qui va le faire – et de créer
effectivement des logements étudiants.
107
Je vais laisser Estelle RODES vous répondre, à la fois sur les KAPS – puisque
c’est nous qui les avons mis en place, ce n’est pas l’AFEV – et sur les résidences qui
viennent d’être créées et pas seulement à Vauban.
Madame RODES - Je vous remercie de mettre en lumière un dispositif qui a été
créé dans le mandat dernier sur les KAPS, puisque c’est moi-même qui ai eu le plaisir de
les mettre en œuvre avec l’AFEV sur la ville de Lille, avec l’objectif dès le départ d’être à
80 logements. Aujourd’hui, une soixantaine de logements se développent. Le tout n’est
pas simplement d’avoir la volonté, c’est de trouver à la fois les étudiants qui sont prêts à
entrer sur ce dispositif et des logements qui se libèrent sur le parc social, mais nous
poursuivons ce travail avec l’AFEV.
Bien évidemment, dans le mandat dernier, d’autres réalisations ont eu lieu
puisque ce dispositif était un petit dispositif. Il y a eu la création de Rives Blanches sur
Fives – que vous ne connaissez peut-être pas –, où nous avons fait en sorte qu’un parc
privé se développe. Également, à l’intérieur de ce parc privé, avant que cela ne soit
obligatoire, puisque nous l’avons fait dans la révision des SMS (servitudes de mixité
sociale) où on impose maintenant un minimum de logements sociaux dans les
constructions de résidences étudiants, nous avions déjà négocié que 25 % de ces
logements soient en logement social étudiant. À l’intérieur d’une même résidence, il y a
donc 25 % de logements sociaux avec le bailleur SIA. Je vous invite à aller voir cette
résidence.
Par ailleurs, une résidence à Lille-Sud est sortie au mandat dernier, une très belle
résidence où il y a à la fois des logements pour les seniors dans un des bâtiments, des
logements étudiants dans un autre bâtiment et, au milieu, il y a un lieu de vie commun
avec une laverie, un espace convivial où ils peuvent se retrouver pour manger ensemble
ou autres.
D’autres résidences ont bien évidemment été rénovées sur le quartier de Moulins
avec le CROUS, parce qu’il faut aussi rénover le parc ancien. D’autres résidences ont été
produites dans le mandat dernier. Je sais qu’Anissa a plusieurs résidences en cours
puisqu’il y avait quelques projets qui devaient arriver, que ce soit sur Lille-Sud ou ailleurs.
Au-delà des projets que vous avez cités, il y a donc de nombreux projets, je ne
vous les liste pas tous ce soir parce que je ne les ai pas, mais nous pourrons vous
redonner la liste de tout ce qui a été produit au mandat dernier en termes de logements
étudiants et, sur ce mandat-ci, plusieurs projets sont en cours, vont arriver et sortir de
terre.
On m’a donné la parole pour vous répondre notamment sur la question du KAPS,
mais d’autres logements sont à venir et c’est l’une des priorités que porte ma collègue
Anissa BADERI dans ce mandat.
Madame le Maire - Merci.
108
J’ajoute que, lorsque nous faisons des logements sociaux, les étudiants ne sont
pas non plus écartés, bien au contraire. Beaucoup d’étudiants répondent à ces critères,
surtout ceux qui viennent pour quatre ans ou cinq ans pour faire des études un peu
longues – si tant est qu’ils ne restent après.
C’est vrai qu’il y a un manque de logements étudiants. Nous avions essayé de
faire en sorte qu’il n’y ait pas que des résidences, mais que l’on puisse, dans chacun des
projets, notamment de logement social, mettre par exemple des studios en dernier étage
pour accueillir des étudiants et pour qu’il y ait cette mixité au cœur même des immeubles
et pas seulement des résidences dont on a vu quelques échecs pour nous. Par exemple,
dans la résidence qui avait été réalisée à Moulins à côté de l’ancien siège de LMH, dans
la résidence qui avait été réalisée à côté de l’université, nous espérions qu’il y ait un
mélange avec la population mais cela n’a pas été le cas ; le vendredi midi, il n’y avait plus
personne. L’idée est plutôt que les étudiants s’intègrent dans la ville, soient pleinement
des acteurs.
Nous avons fait des résidences et nous allons faire des résidences. Anissa
BADERI vient d’ailleurs de répondre à un des syndicats étudiants sur les projets qui sont
les nôtres, mais les étudiants sont aussi des habitants comme les autres qui peuvent, non
seulement se loger en collocation ou dans le secteur privé, mais aussi dans le secteur
social.
Je vous propose de mettre aux voix ces deux délibérations.
Sur la 639 dont nous venons de parler, qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Merci.
Sur la 637 que nous a présentée Olivier CAREMELLE – c’est un beau projet,
j’espère qu’il ira au bout pour que l’on puisse ensuite aller plus loin –, qui vote pour ?
(Unanimité)
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN, Arnaud DESLANDES, Madani OULKEBIR, Charlotte
BRUN, Anne GOFFARD et Stéphanie BOCQUET ne prennent pas part au vote.)
Je vous remercie.
LUTTE CONTRE L’ILLETRISME
21/638 Mise en œuvre d’ateliers d’alphabétisation et d’actions de lutte contre
l’illettrisme - Attribution de subventions.
Adoptée
109
Je passe la parole à Stéphanie BOCQUET sur le dossier d’Arnaud DESLANDES,
la délibération 570.
Chemise 5
COMMERCE ET ARTISANAT Rapporteur : Arnaud DESLANDES
Adjoint au Maire
21/570 Dérogation au principe du repos dominical dans les établissements de
commerce de détail – Année 2022.
Madame BOCQUET - Madame le Maire, chers collègues, Mesdames,
Messieurs,
La politique et la pédagogie ont ceci en commun qu’elles sont l’art de la répétition.
Diminution des échanges familiaux, abandons des activités sportives et
associatives ou encore baisse des activités culturelles.
Le dimanche doit être un temps de repos, un temps social que nous devons
préserver pour le maximum d’entre nous.
Madame le Maire, cohérence et constance nous caractérisant, le groupe Lille
Verte votera contre la délibération de dérogation au principe du repos dominical que vous
nous proposez ce soir.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur DESLANDES.
Monsieur DESLANDES - Merci, Madame le Maire.
Je dirai simplement que, en conseil de la MEL restreint, nous nous sommes
opposés aux dérogations supplémentaires. Nous maintenons aussi notre réticence au
travail dominical. Pour reprendre une phrase bien connue, nous considérons que, déjà
six jours pour avoir, c’est bien, une journée pour être, ce n’est pas mal non plus, c’est
même assez peu.
Si nous avons huit jours aujourd’hui, c’est aussi parce que nous avons voulu une
harmonie au niveau de la métropole pour éviter une concurrence déloyale entre les
communes. Nous sommes opposés aux jours supplémentaires qui ont été accordés cette
année, nous l’avons fait savoir à ce moment-là.
Les règles ne changent pas. Il reste sept jours communs avec la métropole et un
jour à discrétion de la commune.
110
Madame le Maire - Le Gouvernement a donné la possibilité d’aller jusqu’à 12
jours pendant la période pour rattraper les problèmes du Covid. Maintenant, il faudrait
peut-être penser à revenir aux fondamentaux, c’est-à-dire à ne pas développer le travail
le dimanche, c’est aussi notre position.
Le fait que nous le fassions au niveau de la MEL nous a permis de faire en sorte
que tout le monde soit fermé les mêmes jours et qu’il n’y ait pas sans arrêt un centre
commercial ouvert tous les dimanches, ce que nous avons voulu éviter. Cela a été assez
compliqué que les maires voisins se mettent d’accord avec nous, mais, au moins, là, nous
sommes sûrs qu’on ne dépassera pas les jours qui ont été définis tous ensemble, même
si, nous aussi, nous aurions préféré qu’il y en ait moins.
Je mets aux voix l’ensemble des délibérations 570. Je vous ai expliqué pourquoi
nous préférions cela plutôt que rien.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte)
Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre.
Sur les autres délibérations d’Arnaud DESLANDES, je pense qu’il n’y a pas de
problème.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Je vous remercie.
(Monsieur DOUFFI demande la parole.)
Madame le Maire - Effectivement, j’ai une demande sur la 569. Je l’avais mise à
la fin parce que la demande est arrivée très tardivement…
Allez-y, mais soyez rapide, s’il vous plaît.
Monsieur DOUFFI - On va essayer. Peut-être que, cette fois-ci, je ne serai pas
insulté.
Madame le Maire - Monsieur DOUFFI, s’il vous plaît. Je fais couper le micro si
vous ne retirez pas vos propos, je ne vous ai pas insulté.
Monsieur DOUFFI - Je ne parle pas de vous, Madame.
Madame le Maire - Je vous ai simplement rappelé qu’on ne parlait pas neuf
minutes quand on avait cinq minutes. C’est le respect des règles. Je ne vous ai pas
insulté, Monsieur DOUFFI.
Monsieur DOUFFI - Je ne parlais pas de vous, Madame le Maire.
111
Madame le Maire - Allez-y, en essayant de respecter les cinq minutes, s’il vous
plaît.
21/569 Subvention à l’UCARC pour l’organisation d’une animation commerciale
« Le Noël du quartier Saint-André » - Annulation de l’opération « Semaine
du goût à Caulier » de l’Union commerciale Caulier Fives Animation.
Monsieur DOUFFI - Merci.
Lors de mon intervention du 9 octobre 2020, je rappelais la nécessité d’être
proactif, notamment sur le constat que nous n’avions pas encore de manager de centre-
ville.
À cette question, vous m’avez répondu, Madame le Maire – je cite – « Si, nous
en avons, il est même financé, il faut le dire, au GAEL, il est même financé par le PLA
Commerce ».
La mi-mandat approche et nous attendons toujours le Plan Local d’Action.
Pour rappel, lors de la délibération 20/388 du Conseil Municipal d’octobre 2020,
la Ville de Lille a adhéré à l’IVC, l’Institut pour la ville et le commerce, qui était censé nous
apporter des réflexions originales et des perspectives sur la fabrique de la ville et du
commerce, une adhésion qui se voulait être prometteuse et riche d’ateliers, de
séminaires, de conférences. Qu’en est-il de ces promesses ? Encore une fois une
dépense vaine peut-être, une dépense de 3 336 €. Est-ce que cela a au moins servi à
définir ou à enrichir le PLA ?
En octobre 2021, le Groupement des acteurs économiques de Lille (le GAEL)
passe en liquidation judiciaire avec cessation de paiement en mai 2021.
Notons que cette structure avait retiré sa demande de subvention annuelle de
55 000 € en décembre 2020. C’est ainsi que notre ville a perdu cinq postes d’animation,
dont un agent de développement et d’animation commerciale et trois stewards urbains –
information trouvée sur le portail de la Ville de Lille.
Aussi, le 20 juin 2021, vous leur demandiez légitimement de rembourser des trop-
perçus des activités non réalisées pour 5 655 €.
À mon grand étonnement, la Ville de Lille envoie fin août 2021 un courrier en vue
d’une consultation sur le commerce de demain, courrier dans lequel vous précisez – je
cite – : « Depuis 18 mois, la crise sanitaire impacte durement l’exercice de votre activité.
Afin de vous accompagner durant cette période difficile, la Ville s’est mobilisée en mettant
en place, d’une part, une carte de référencement des commerces proposant du click and
collect et de la livraison à domicile en partenariat avec le GAEL », etc.
En somme, vous nous rappeliez l’importance du GAEL une fois encore et pas un
mot sur la fédération des commerçants, cette fédération des commerçants que nous
saluons ce soir pour son marché de Noël, même si notre ville mériterait d’avoir un marché
de plus grande envergure.
112
En somme, vous rappeliez donc l’importance du GAEL. Alors, pourquoi ne pas
l’avoir sauvé ?
Quant aux animations portées par nos très chères unions et groupements :
- en 2018, les budgets prévisionnels des animations commerciales et
marchés de plein air s’élevaient à 228 000 €, avec une participation de la
Ville d’environ 61 500 € ;
- en 2019, les budgets prévisionnels des animations commerciales et
marchés de plein air s’élevaient à 209 000 €, avec une participation de la
Ville de 58 000 € ;
- en 2020, les budgets prévisionnels des animations commerciales et
marchés de plein air s’élevaient à 111 968 €, avec une participation de la
Ville de 23 173 €, dont les rappels des animations non effectuées ;
- en 2021, les budgets prévisionnels des animations commerciales et
marchés de plein air s’élevaient à 62 470 €, avec une participation de la Ville
de 13 926 €.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, c’est une baisse de 50 % en 2020 qui peut être
expliquée par la Covid et une baisse de 70 % en 2021 par rapport à 2018 et 2019.
Pourquoi ne pas encourager et aider davantage ces Unions, ces Unions riches
de propositions qui ne peuvent concrétiser leurs projets par manque d’autofinancement
qui peut s’expliquer par un manque de vitalité ?
Heureusement que la MEL, dans le cadre de son plan de relance économique, a
mis en place un appel à projets pour revitaliser le commerce. Je rappelle que la date limite
de dépôt des dossiers est le 30 octobre 2022 pour les animations 2022.
Devons-nous nous contenter des actions de la Métropole pour redonner un
souffle de vie aux commerçants de la ville de Lille ? Que propose la Ville de Lille pour
2022 ? Ne nous endormons pas, parce que la MEL agit. À la Ville d’être plus proactive,
afin de rendre ce dynamisme dont notre ville a tant besoin !
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je vous conseille d’aller dans les rues piétonnes demain pour
voir s’il n’y a pas un souffle de vie dans la ville de Lille. Là aussi, les excès… c’est
totalement à côté, Monsieur DOUFFI.
Je vais donner la parole à Arnaud DESLANDES.
Monsieur DESLANDES - Monsieur DOUFFI, je vois que vous êtes inquiet sur la
stratégie du commerce ou sur le PLA – comme on l’appelait auparavant. Elle est là, elle
sera présentée au Conseil Municipal de février prochain. Si elle n’est pas présentée
maintenant, c’est parce que – je ne vais pas vous l’apprendre – nous attendons les
113
conclusions des assises du commerce qui ont commencé le 1er décembre, qui vont durer
jusqu’au 16 décembre et qui ont été lancées par le Président de la République. Il faut
quand même savoir ce qui va se dire avant de finaliser le document.
Pour les subventions aux Unions commerciales, le Covid a forcément impacté les
dépenses puisque beaucoup de commerces étaient fermés et que beaucoup d’animations
n’ont pas été possibles en raison des règles du Covid.
Quant au GAEL que vous avez évoqué, je vous rappelle que la Ville n’y est pour
rien. C’est surtout un problème interne qui s’est posé au GAEL. En effet, le nombre
d’adhérents a baissé de 127 en 2019 à 68 en 2020 et à 30 en 2021, ceci empêchant
d’avoir les ressources suffisantes pour pouvoir durer. Constatant aujourd’hui le manque
de crédit, il a été décidé une mise en liquidation judiciaire. Nous ne l’avons ni souhaité, ni
encouragé, ni empêché, ce n’est pas notre fait.
Pour le reste, pour ce qui fera, je pense, le sel de la vie commerciale à Lille, nous
nous retrouverons en février pour en parler autour de la stratégie du commerce.
Madame le Maire - Il n’y a pas de vote sur cette question. C’était une intervention.
Adoptée.
SOLIDARITÉ ET COHÉSION DES TERRITOIRES
21/563 Subventions destinées aux associations de solidarité - Convention entre
les associations et la Ville.
Adoptée.
21/564 Dons aux œuvres et mécénat d'entreprise en faveur des actions de
solidarité mises en œuvre par la Ville.
Adoptée.
(Anissa BADERI et Julien PILETTE ne prennent pas part au vote.)
POLITIQUE DE LA VILLE
21/565 Politique de la Ville - Subventions aux associations.
21/566 Politique de la Ville - Subventions aux emplois aidés.
Adoptées.
114
COORDINATION DES QUARTIERS ET
DES POLITIQUES DE PROXIMITÉ
21/567 Crédits décentralisés - Aides financières en faveur d'actions dans les
quartiers.
Adoptée.
FÊTES ET ANIMATIONS
21/568 Lille Neige 2022 - Règlement intérieur et tarification.
Adoptée.
Nous passons au dossier de Sébastien DUHEM. Je passe la parole à Bernard
CHARLES sur la délibération 612.
Chemise 11
CONSEILS DE QUARTIER Rapporteur : Sébastien DUHEM
Adjoint au Maire
21/612 Conseils de quartier – Désignation des conseillers de quartier.
Monsieur CHARLES - Madame le Maire, Monsieur l’Adjoint Sébastien DUHEM,
chers collèges,
Dans votre programme, il était simplement écrit à ce sujet : « Valorisation des
instances actuelles de démocratie participative avec plus de moyens » Très bien, mais il
faut aussi que la considération soit au rendez- vous pour celles et ceux qui y participent.
Lors de la révision, assez exemplaire dans sa méthode, du règlement intérieur du
Conseil Municipal, était annoncé un chantier de révision du règlement intérieur des
conseils de quartier. Depuis, nous avions ici rappelé cette perspective et interrogé sur sa
mise en œuvre.
Or c’est par un post sur un réseau social d’un conseiller de quartier manifestement
proche de votre Majorité que nous avons appris qu’une première commission de
travail des conseillers de quartier s’était réunie le 30 novembre.
Cette information, confirmée lors de la dernière réunion des présidents de groupe
préparatoire au présent Conseil Municipal, n’était pas parvenue à nos conseillers de
quartier représentant le groupe Faire Respirer Lille.
Pour être plus exact, nous avions été subrepticement alertés puisqu’une de nos
conseillères de quartier de Vauban-Esquermes avait été conviée à une première date
115
annulée. Ayant appris la tenue de la réunion du 30 novembre, celle-ci s’est
rapprochée des services et a appris qu’étaient interdits de pouvoir être volontaires pour
cette réunion les conseillers de quartier des collèges politiques.
Nous sentons bien que ces conseillers des collèges politiques sont de moins en
moins en odeur de sainteté – preuve tout à l’heure sur la question du comité d’éthique.
Etonnant – et je le dis à Madame le Maire qui a d’importantes responsabilités
politiques –, car l’engagement politique n’est a priori pas une tare et n’est pas
contradictoire avec un engagement concret dans un quartier. Votre histoire vous l’a
pourtant certainement enseigné.
Mais, même si la suppression des collèges conseillers de quartier était envisagée,
la règle actuelle votée par le Conseil Municipal en fait des conseillers avec les mêmes
droits et les mêmes devoirs que tous les conseillers de quartier. Par conséquent, quand
on veut valoriser les instances de démocratie participative, on doit être transparent
et respecter les règles en leur état présent.
Je voudrais revenir au fond des questions de concertation. Je pourrais parler de
la rénovation de la place Alexandre Dumas ou de ce qu’on appelle Fives 2 où il apparaît
que la concertation, quand elle est annoncée, s’apparente plus souvent à de l’information,
mais je voudrais plutôt citer deux situations récentes.
Depuis longtemps est dans l’air le projet de rénovation de la place Madeleine
Caulier. Une réunion a été organisée très récemment avec les commerçants et acteurs
économiques riverains de cette place sans que les conseillers de quartier en aient été
informés. L’un des conseillers de quartier de Faire Respirer Lille de ce quartier l’ayant
appris par un acteur économique, vous pouvez facilement imaginer le ressenti du
conseiller de quartier face à son interlocuteur. Quelle valorisation des conseillers de
quartier auprès des acteurs de ce quartier ?
À Moulins, lors du dernier conseil de quartier, a été présenté un projet de
délibération qui devait être soumis au présent conseil sur une exonération des droits
d’occupation du domaine public en vue du chantier de la nouvelle cité administrative. Très
bien. Ce fut l’occasion pour les conseillers de quartier de dire que, depuis l’installation du
nouveau conseil de quartier suite aux élections municipales, aucune information, à part
une petite brève dans une newsletter, ne leur avait été donnée sur ce projet dont le
chantier a démarré, et de réclamer un véritable débat au conseil et une réelle concertation
avec les habitants sur les effets d’abord du chantier, puis de l’arrivée des futurs occupants
de la cité administrative en matière d’accueil, de circulation et de stationnement.
Vous avez bien voulu, Madame le Maire, tout à l’heure, en répondant à notre
question en conseil privé, nous expliquer pourquoi le projet de délibération était reporté à
un prochain conseil – questions techniques importantes effectivement : la question de
l’implantation de la base vie, la question du tracé du SDIT, la question du chauffage urbain
– et vous nous avez informés qu’une réunion d’information coorganisée avec l’État serait
organisée prochainement à destination des habitants de Moulins, de Wazemmes et de
116
Faubourg de Béthune. Très bien. Mais cette réunion d’information n’enlève en rien le
besoin d’une réunion de concertation sur les questions d’accueil, de circulation et de
stationnement qui sont, je crois, des compétences directes de notre Ville.
Nous aurions préféré ne pas avoir à évoquer ces faits. Si nous le faisons, c’est
tout simplement parce que, vraiment, comme vous, je le pense, nous souhaitons que
soient valorisés les instances participatives et leurs membres.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je ne reviens pas sur ce que j’ai dit tout à l’heure. Nous aussi,
nous avons demandé à l’État d’organiser cette réunion.
Je rappelle que, sur ce projet de cité administrative, l’État a acheté le terrain à
LMH, nous avons participé au jury pour le choix et l’État va effectivement mettre là la
nouvelle cité administrative, ce qui est d’ailleurs une très bonne chose pour les quatre
quartiers autour, que ce soit pour Lille-Sud, Faubourg de Béthune, Wazemmes ou
Moulins.
Nous avions demandé qu’une réunion ait lieu pour que soient présentés à la fois
le projet, mais aussi les modalités du chantier, puisque c’est surtout ce qui peut poser des
problèmes dans un premier temps aux habitants.
Pour toutes les raisons que j’ai rappelées tout à l’heure, il y a eu un retard pour
l’État pour pouvoir avancer sur ce projet. Nous sommes maintenant prêts et j’ai
redemandé au préfet que cette réunion puisse avoir lieu au mois de janvier avec les trois
quartiers les plus directement concernés, Lille-Sud étant de l’autre côté du pont.
Comptez sur moi pour demander cette réunion, mais c’est l’État. Nous allons la
coorganiser en ce sens que nous allons trouver la meilleure salle pour pouvoir accueillir
les habitants, mais c’est bien un projet de l’État financé à 100 % par l’État.
Pour le reste, je vais laisser Sébastien DUHEM répondre.
Monsieur AL DANDACHI, si c’est sur le même sujet, je vous laisse vous exprimer.
Monsieur AL DANDACHI - Merci, Madame le Maire.
Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, bonsoir.
Je voulais tout d’abord rendre hommage à tous nos conseillers et conseillères de
quartier pour leur engagement et leur contribution à l’avenir de notre ville. Notre
démocratie n’est pas que représentative, elle est vivante.
Le groupe Lille Verte a été témoin de beaucoup de dysfonctionnements, de
nombreux et en tous genres, je n’en ferai pas la liste ici.
117
Nous saluons le début d’ouverture de la réflexion sur le règlement intérieur, mais,
si possible, nous aimerions avoir une méthode précise, un agenda. Quand je dis « nous »,
je parle au nom du groupe Lille Verte, de nos conseillers et conseillères de quartier, des
habitants et des habitantes de notre ville qui sont derrière nous.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur DUHEM.
Monsieur DUHEM - Monsieur CHARLES, Bernard, concernant le règlement
intérieur, je vais rebondir par rapport à votre question.
Les présidents de groupe ont eu un courrier pour expliquer cette fameuse
méthode qui consiste à recevoir en formation… Je dis « formation » parce qu’il faut aussi
que les conseillers de quartier tirés au sort et volontaires intègrent parfois ce règlement
intérieur des conseils de quartier. En effet, souvenons-nous que, il y a un an et demi de
cela, certains arrivaient dans un contexte sanitaire compliqué et, en fin de compte, nous
les avons réunis depuis deux mois en présentiel. Il faut se rappeler de ce contexte qui
n’est pas évident, y compris pour les élus de quartier, pour pouvoir mener une
coordination de quartier fidèle à ce que nous avons connu jusqu’alors.
Nous avons choisi, dans le cadre de ce travail mené sur le règlement intérieur, de
travailler avec les tirés au sort et les volontaires, d’une part, et, d’autre part, avec des
groupes politiques et donc les conseillers de quartier qui sont dans vos groupes politiques
respectifs. Je sais que, pour le groupe auquel nous appartenons, Charlotte comme
Audrey coordonnent une animation avec les conseillers de quartier du groupe politique
pour qu’ils fassent remonter les aspirations, les demandes de modification du règlement
intérieur. Il appartient donc à vos deux groupes de mener cette coordination et cette
animation entre vos conseillers de quartier qui, au demeurant, ont plein d’idées, j’en suis
le premier témoin et je n’en doute pas. En effet, ce sont des citoyens plus que volontaires,
j’ai pu le remarquer.
Par rapport à ce point de méthode, puisque vous avez très récemment
communiqué les noms de vos représentants, dès le mois de janvier – nous étions en train
de caler la date avec les services –, autour du 20 janvier, nous aurons un travail avec les
groupes politiques.
En effet, nous avons réuni le 30 novembre dernier les conseillers de quartier tirés
au sort et volontaires pour justement commencer à travailler à cette refonte. Ils vont
encore se voir par deux fois pour poursuivre ce travail dans la méthodologie que nous
avons choisie. À l’issue de tout cela, bien entendu, nous rendrons compte de l’avis des
citoyens non politiques, nous rendrons compte aussi globalement et nous verrons si cela
converge. Je pense d’ailleurs que cela convergera puisque, d’après ce que je peux
entendre, il y a pas mal de choses qui se rassemblent.
J’espère vous avoir rassurés, notamment Maroin, sur la méthode. Nous nous
voyons donc en janvier. Au plus tard au mois de mars, nous aurons finalisé les
118
propositions de refonte du règlement intérieur et nous espérons pouvoir les soumettre
autour du mois de juin. Bien entendu, elles ne seront effectives qu’au renouvellement de
2023 puisque les conseillers de quartier seront renouvelés en 2023. Nous n’allons pas
leur demander de s’arrêter du jour au lendemain avec un règlement intérieur qui serait
antérieur à leur mandat.
S’agissant de la place Caulier, Monsieur CHARLES, vous évoquez cette
frustration. Sachez que, à cette réunion, nous n’avons pas fermé la porte à votre conseiller
de quartier politique puisque nous l’avons laissé assister à la réunion. Avec mon collègue
Jean-Claude MENAULT et à la demande du Maire, nous avions convié les habitants du
secteur de la place Caulier qui nous avaient sollicités sur des problématiques de sécurité
qui sont présentes et sur lesquelles nous avons agi. Nous agissons notamment avec la
Police Nationale et la presse s’en est d’ailleurs fait écho. En effet, il ne vous a pas échappé
que de grosses prises ont été faites et sept personnes sont aujourd’hui écrouées et
suivies par le Procureur de la République, Jean-Claude peut le confirmer.
En présence du substitut du Procureur, du commissaire divisionnaire chef de la
sécurité publique qui était également présent, nous avons fait cette réunion d’information
en direction des riverains et également pour leur présenter les aménagements de
sécurisation qui interviendront à la demande du Maire au premier semestre 2022, un
aménagement bien entendu transitoire avant la grande concertation qui sera menée dans
le cadre de la rénovation et restructuration de la place Caulier en place verte comme nous
nous y sommes engagés dans le programme municipal, puisque c’est un élément majeur
de notre programme sur le secteur de Fives. Il a pris certes et malheureusement un peu
de retard, période de Covid exige, mais sachez que nous sommes on ne peut plus
transparents puisque nous avions même disposé des bâches à l’occasion du marché pour
expliquer qu’il y aurait une concertation avant qu’il y ait à nouveau un confinement.
Nous voulons bien entendu concerter sur les modalités de mise en œuvre de la
place verte sur la place Caulier mais nous avons simplement pris du retard. Cette réunion
– malheureusement, on ne vous l’a peut-être pas dit de la bonne manière – était en fait
une réunion d’écoute, d’information et d’échange avec les riverains du secteur de la place
Caulier, simplement pour les rassurer, notamment avec les différents corps constitués.
Madame le Maire - Merci, Monsieur DUHEM.
Je mets aux voix la délibération 612 sur les conseils de quartier.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptée.
CONSEIL COMMUNAL DE CONCERTATION
21/611 Conseil Communal de Concertation – Prolongation exceptionnelle du
mandat des membres du conseil d’une durée de six mois maximum à
compter du 31 décembre 2021 – Report de la date de renouvellement du
conseil à cette échéance maximale.
119
Adoptée.
Maël GUIZIOU sur le dossier de Karine TROTTEIN et la délibération 643.
Chemise 29
ALIMENTATION ET RESTAURATION Rapporteur : Karine TROTTEIN
SCOLAIRE Conseillère Municipale déléguée
21/643 Fournitures de fruits et légumes frais nécessaires au fonctionnement des
services de restauration de la Ville de Lille et des Communes associées
de Lomme et Hellemmes – Renouvellement du marché.
Monsieur GUIZIOU - Madame le Maire, mes chers collègues,
Nous avons à nouveau une délibération nous demandant de valider des marchés
publics d’approvisionnement, ici pour 2 M€ de légumes.
Ces marchés publics à bons de commande sont pour deux ans, renouvelables
une fois, donc pourraient nous engager jusqu’aux élections municipales de 2026, jusqu’à
la fin du mandat. Or dans ces marchés, il n’y a pas de bio.
Comment peut-on atteindre 100 % de bio et de local dans la restauration scolaire
d’ici 2026, comme inscrit dans votre programme, en passant des marchés publics qui ne
demandent pas de bio ? Pas de bio, mais 500 k€ de légumes à haute valeur
environnementale. Je devrais être ravi, mais non, loupé, le label « haute valeur
environnementale », ce n’est pas du bio.
La confédération paysanne, les associations de défense de l’environnement et
l’Office français de la Biodiversité, à travers une note de fin 2020, qualifient ce label de
« greenwashing de l’agriculture intensive ». En effet, ce label encourage la réduction de
l’usage des pesticides mais ne les interdit pas. Il en va de même pour la protection des
sols : vous disposez de 10 % de votre surface agricole en agroécologie, définie par le
label comme des arbres, des haies, des mares qui peuvent déjà être présents sur le
terrain, et vous voilà certifié HVE. Rien ne vous empêche d’avoir les 90 % de votre surface
restante en agriculture intensive, d’y utiliser des pesticides qui, par la même occasion,
iront polluer l’autre partie de votre surface.
En nous approvisionnant ainsi en HVE, nous ne poussons pas du tout à une
transition du secteur agricole. Nous participons à une opération d’enfumage.
La commande publique est pourtant – et je sais que vous le partagez – un outil
essentiel pour impulser une transition environnementale et, ici, une transition pour sortir
des engrais chimiques et des pesticides et protéger les travailleurs du monde agricole.
120
Elle demande une direction politique claire et volontariste, ce dont vous semblez
ici manquer.
Alors certes, ces marchés sont à bon de commande, et si vous le décidez, vous
pouvez choisir de ne pas les exécuter, mais est-ce bien sérieux ? Pourquoi ne pas
chercher dès à présent à s’approvisionner avec une agriculture biologique sérieuse,
sincère, et vous donner ainsi réellement les moyens de remplir vos objectifs ?
Ces marchés publics sont un très mauvais signal, nous voterons donc contre cette
délibération.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame TROTTEIN.
Madame TROTTEIN - Merci, Madame le Maire.
Je vous remercie, Monsieur GUIZIOU, de toutes ces informations que vous avez
souhaité nous transmettre et, en réponse, je ne serai forcément pas très originale ce soir.
Je vais tenter de répondre aux questions que vous vous posez relatives à cette
délibération sur le renouvellement des marchés.
En effet, le 8 octobre, nous votions, et cela avait déjà fait l’objet d’une intervention
de votre groupe, pour deux années renouvelables de deux années supplémentaires, le
marché de la viande ; cette fois, il s’agit des fruits et légumes de la première, de la
quatrième et de la cinquième gamme.
À nouveau, je réaffirme mon contentement et votre intérêt sur la question de la
restauration scolaire, car au-delà du seul aspect de service alimentaire, et vous le
signaliez, il y a bien tous les enjeux environnementaux qui sont derrière. Au-delà de cela,
la valorisation du plaisir de bien manger, l’éducation au goût, l’équilibre et la saisonnalité,
la mise en valeur des produits sont autant de sujets qui nous intéressent fortement dans
les choix de ces marchés ; c’est l’essentiel pour nos enfants.
Sur ce marché précisément, donc, et sans tenir compte à nouveau des mini et
des maxi, la part d’achat de fruits et légumes frais issus de la première gamme haute
valeur environnementale que vous décriez et de vergers écoresponsables pourrait être
intégrée dans le cadre de la loi EGalim, parce que la loi EGalim qui nous impose
aujourd’hui d’atteindre 50 % de propositions de produits bio et SIQO intègre également
ce type de produits. Ils représentent aujourd’hui 25 % de l’ensemble de ce marché que je
vous propose de valider ce soir. Bien évidemment, j’ai retiré de mon calcul la ligne
concernant l’achat des fruits frais de première gamme à destination des animaux du parc
zoologique, vous le comprendrez très bien.
Ces 25 %, donc, s’ajouteront à l’offre déjà existante proposée en fruits frais bio,
en légumes frais bio et en légumes de quatrième catégorie bio, marché qui sera, quant à
lui, renouvelé en 2023.
121
Des marchés, il y en aura assez systématiquement ; pour être plus précise, je
pourrais vous indiquer que le marché du pain sera à renouveler en 2022, d’autres
marchés sont également à renouveler pour l’année prochaine, en 2023, comme le beurre,
le fromage, les laitages, les yaourts issus de l’agriculture biologique, tout comme les pâtes
et les céréales.
Pour résumer, l’année n’est pas terminée, je le répète, nous vous avions annoncé
des objectifs et, comme je l’annonçais lors du précédent Conseil, nous étions au mois
d’août 2021 à 20,47 % d’aliments bio et SIQO proposés aux enfants des communes de
Lille, Lomme et Hellemmes ; l’objectif en valeur de 25 % fixé sera bien atteint en fin
d’année et nous poursuivons le but d’atteindre les 50 % en 2022, puis les 100 % de
produits bio, SIQO ou encore locaux en 2026, parce que, bien évidemment, il n’y aura
pas que du bio en 2026, 100 % des produits que nous proposerons ne pourront pas être
bio, ou alors il faudra aller les chercher à l’autre bout de la planète, et ça, c’est un autre
problème.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Peut-être vous dire quand même que contrairement à ce que
vous avez dit dans les premières phrases, on n’est pas en train de faire passer une
gamme haute valeur environnementale pour du bio, on a bien compris la différence ; vous
nous l’avez rappelé, et c’était un bon rappel de ce qu’on connaît, mais on n’est pas en
train de vous dire là qu’on achète du bio, et donc l’inscrire vers l’objectif du 100 %, mais
cela a été très bien dit par Karine.
Par ailleurs, pour les fruits et légumes, si on recherche du bio, aujourd’hui, il
faudrait que certaines quantités soient achetées bien au-delà de notre région, et là, vous
nous diriez : « Vous les amenez avec des camions polluants, etc. », donc il faut trouver
un bon équilibre entre le bio que l’on peut trouver autour de chez nous et la haute valeur
environnementale, mais, encore une fois, ce sont des marchés successifs.
Nous gardons notre objectif de 100 % de bio à la fin du mandat et nous ne le
mélangeons pas avec la HVE, nous connaissons bien la différence et nous ne vous ferons
pas prendre des vessies pour des lanternes. D’ailleurs, nous n’y arriverions pas,
heureusement, mais nous ne le ferons pas.
Merci à vous, merci à Karine TROTTEIN.
Je mets aux voix cette délibération que vous ne votez pas.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte)
Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre.
Ali DOUFFI, sur le dossier d’Audrey LINKENHELD…
122
Madame LINKENHELD (hors micro).- Normalement, c’est Violette
SPILLEBOUT…
Madame le Maire - J’ai Ali DOUFFI…
Madame LINKENHELD (hors micro) - Non…
Madame le Maire - Excusez-moi.
Madame SPILLEBOUT - C’est sur la chemise 1, votre chemise, Madame le
Maire.
Madame le Maire - Non, j’étais sur la chemise 4 d’Audrey LINKENHELD.
Madame SPILLEBOUT - Non, c’était tout à l’heure, sur la chemise d’Arnaud
DESLANDES concernant le commerce.
Madame le Maire - On continue, on n’est pas encore au bout…
Madame LINKENHELD (hors micro) - Il n’y a pas d’intervention.
Madame le Maire - On l’avait noté, vous l’aviez demandée, mais ce n’est pas
grave ; si vous y renoncez, je ne peux que vous en féliciter…
Monsieur DOUFFI - Non, nous n’avons rien demandé.
Madame le Maire - … mais cela avait été demandé en réunion.
Il n’y a plus que la chemise 1 du coup. C’est vous, Madame SPILLEBOUT, je
l’avais noté, mais j’avais noté aussi une intervention de Monsieur DOUFFI sur la 4. Allons-
y.
Chemise 1 Rapporteur : Martine AUBRY
Maire de LILLE
21/539 Sociétés Anonymes d’Économie Mixte (SAEM), Sociétés Publiques
Locales (SPL) et Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif (SCIC) –
Rapports annuels 2020 des administrateurs.
Madame SPILLEBOUT - J’interviendrai sur la délibération qui concerne un petit
organisme qui s’appelle Solis, dans votre chemise, sur les rapports d’activité annuels des
sociétés dans lesquelles la Ville a une participation.
Je saisis l’occasion de cette délibération qui concerne le rapport de gestion de
Solis pour évoquer dans cette assemblée la nécessité que Lille prenne sa part dans le
123
déploiement des énergies renouvelables, et en particulier pour le photovoltaïque. Que
diriez-vous, Madame le Maire, de faire de Lille une ville solaire ? Non, ce n’est pas une
blague, c’est très sérieux.
En effet, nous sommes un mois après la COP26, nous avons tous en tête, vous
Madame le Maire, vous tous chers collègues et nous, les élus du groupe Faire Respirer
Lille, l’impérieuse nécessité de faire face à l’urgence climatique et de prendre nos
responsabilités, comme citoyens chaque jour et comme acteurs publics, avec des
décisions fortes à prendre dès maintenant.
Le Président de la République l’a affirmé à l’occasion de la COP26 : si nous
voulons faire face aux défis climatiques et énergétiques d’avenir, nous devons
abandonner progressivement les énergies fossiles, déployer le nucléaire en France, et en
particulier, développer les énergies renouvelables, parmi lesquelles l’énergie solaire.
La proportion d’électricité d’origine photovoltaïque n’est déjà pas très fameuse en
France : elle a représenté moins de 2 % de la production en 2018 et couvert 2 % de la
consommation, loin derrière l’Italie, la Grèce, l’Allemagne, autour de 7 %.
Dans les Hauts-de-France, où la grisaille n’empêche pourtant pas un rendement
équivalent à celui la région lyonnaise, elle ne couvrait que 0,4 % de la production
régionale.
Une certaine dynamique, pourtant, existe dans notre métropole autour du
photovoltaïque ; entre 2017 et 2021, le nombre d’installations a augmenté de 45 %, ce
n’est pas si mal. Lille représente 0,54 % de la puissance solaire des Hauts-de-France,
avec quand même 205 installations sur notre territoire sur les 3 000 de la MEL.
Parmi ces 205 projets lillois, il y en a quelques-uns qu’il faut valoriser :
- l’aide municipale à l’installation de panneaux solaires pour l’auto-
consommation. Nous trouvons facilement les informations à la Maison de
l’Habitat durable pour les aides accordées aux foyers, mais nous
souhaiterions que le Conseil Municipal puisse connaître le nombre de foyers
qui y ont recours chaque année et surtout connaître le plan d’action qui
incitera encore plus les Lillois à y avoir recours. Notre Ville pourrait même
aller plus loin en soutenant le développement de centrales
citoyennes supplémentaires et en se penchant sur l’auto-consommation
collective, qui a également séduit plusieurs collectivités, dont plusieurs de la
MEL, et des bailleurs sociaux ;
- le projet Live TREE, à Vauban, organisé par l’Université Catholique, qui a
fait naître un bâtiment, le Rizomm, équipé d’une grande centrale
photovoltaïque, en associant les habitants du quartier, la Mairie, les
entreprises partenaires, les étudiants, le personnel, qui pourra même
proposer son énergie à d’autres structures du quartier ;
- le projet Saint-So avec, au Bazaar Saint-So, 220 m² de capteurs
photovoltaïques, qui sont gérés par cette coopérative Solis Métropole,
124
société locale de production qui achève sa septième réalisation dans le
Nord.
On voit avec ces beaux exemples que l’on peut aller plus loin. Je suis convaincue
que Lille peut aller plus loin et prendre une vraie place importante dans le
photovoltaïque. Avec les 10 mesures annoncées récemment par la Ministre de l’Écologie,
Barbara POMPILI, nous avons devant nous de nouveaux outils pour passer un cap et
faire de Lille une ville solaire.
La question est : est-ce que vous, Madame le Maire, vous êtes prête à saisir ces
récentes mesures pour faire en sorte que l’on multiplie par 3, par 5, par 7, nos installations
photovoltaïques à Lille ?
Je ne prendrai que trois exemples :
- l’utilisation des friches : la Ville pourrait programmer, par exemple, avec
l’Établissement Public Foncier, un travail de recensement des friches éligibles
au solaire. La commune d’Oxelaëre, dans notre région, l’a fait avec une toute
petite population ;
- le recensement des entrepôts et des parkings qui répondent à la nouvelle
obligation d’installation de panneaux photovoltaïques ;
- le Ministère a financé à hauteur de 5 M€ sur trois ans un réseau de
conseillers spécialisés qui apporteront leur aide aux collectivités à partir du
début de l’année 2022 ; il faut que nous soyons prêts très rapidement à leur
faire des propositions pour saisir ces financements et accompagner les
entreprises et les collectivités qui veulent agir.
Un label « Ville Solaire » existe. Nous vous proposons donc, Madame le Maire,
que Lille se mette au travail dès maintenant sur ce sujet, pour candidater au label « Ville
Solaire », démontrant ainsi que les Lillois n’ont pas seulement le soleil dans le cœur, mais
qu’ils savent anticiper les mutations énergétiques d’avenir et faire partie de l’avant-garde
en la matière.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
C’était une nouvelle page de publicité pour le Gouvernement ; c’est cela ? C’est
la troisième. On la clôt.
Audrey LINKENHELD.
Madame LINKENHELD - Alors… je crois que la réponse est assez simple et j’ai
bien envie d’associer Stéphane BALY à ma réponse : merci pour cette leçon de ce que la
Ville fait depuis déjà quelque temps en matière d’énergie et de solaire et de ce qu’elle a
prévu. En fait, tout est là (Madame LINKENHELD montre le « Plan lillois pour le climat »),
cela s’appelle « le Plan lillois pour le climat », je crois même que vous l’avez voté en juin
125
avec nous, il y a quelques mois, cela décline le Plan climat-air-énergie territorial de la
Métropole que vous avez également voté en février avec nous, puisque vous êtes
conseillère métropolitaine et, dans ce Plan climat :
« Priorité n° 1 : énergie – impulser la transition énergétique du territoire » ; on n’y
parle pas de nucléaire, en revanche ; « action n° 3 : Lille, ville productrice et
consommatrice d’énergies renouvelables ou de récupération, et d’énergies faiblement
carbonées », sixième point : « développement de l’énergie solaire : ferme solaire sur les
toitures publiques », cela veut dire qu’on ne s’arrête pas à Saint-So mais qu’on en prévoit
d’autres ; on l’a inscrit dans notre candidature à « Lille, capitale verte européenne », dont
je rappelle que nous étions finalistes pour cette année 2021, mais que nous avons déposé
le dossier en 2018 et 2019, donc cela remonte un peu. Nous avons donc une stratégie
solaire et j’aurai l’occasion prochainement d’y revenir pour vous la présenter plus en
détail. « Soutien aux initiatives citoyennes et coopératives, projets urbains exemplaires
(Concorde, Saint-Sauveur, etc.) »
Alors oui, Lille peut être une ville solaire, oui, la métropole peut être une ville
solaire, cela ne nous a pas échappé, nous avons inscrit des actions, des objectifs chiffrés ;
je ne vous les lis pas à cette heure tardive, mais ils sont dans le PCAET et dans le Plan
climat. Nous avons évidemment pensé à tout cela, y compris à l’orientation des friches,
en particulier à l’échelle métropolitaine, pas seulement lilloise, vers ce que peuvent être
toutes les compétences de la métropole, c’est-à-dire pas seulement l’habitat, le
développement économique, mais aussi l’énergie et pourquoi pas le solaire.
Nous avons bien compris l’exercice, la petite page de pub pour le Gouvernement,
le petit positionnement politique pour montrer que vous aussi, vous vous intéressez à la
question de l’écologie, mais encore une fois, il y a ceux qui en parlent et ceux qui le font,
et nous, en l’occurrence, c’est ce qui nous intéresse.
Merci.
Madame le Maire - Nous passons à la Caisse de Crédit Municipal de Lille avec
Monsieur AL DANDACHI.
21/541 Caisse de Crédit Municipal de Lille – Compte financier 2020 – Rapport
annuel relatif à l’activité et à la situation financière durant l’exercice 2020
– Budget primitif 2021 – Information du Conseil Municipal.
Monsieur AL DANDACHI - Merci, Madame le Maire.
Mesdames et Messieurs, mes chers collègues,
Le groupe Lille Verte salue l’évolution du Crédit Municipal depuis le début du
mandat. Les choses avancent dans le bon sens, avec l’arrivée d’un nouveau Directeur et
l’évolution de la gouvernance qui se caractérise dans ce budget primitif 2021 ; c’est un
nouveau chapitre pour cette institution. Un nouveau chapitre qui, nous l’espérons, va enfin
doter cette structure d’un projet d’avenir utile pour les Lilloises et les Lillois.
126
Historiquement, je rappelle que le Crédit Municipal joue un rôle social que l’on
perdait un peu de vue ces dernières années ; nous l’avions souligné lors d’une précédente
intervention. C’est pourtant le cœur de sa singularité, et c’est pourquoi nous faisons le
vœu qu’une stratégie soit élaborée afin de faire de cette institution le bras armé de la
Mairie de Lille dans le domaine du crédit social, qui, au regard du contexte actuel, se doit
d’être perçu comme une nécessité.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Marion GAUTIER peut répondre, bien qu’elle me remplace
comme Présidente du Crédit Municipal, puisqu’il ne s’agit pas de voter des crédits mais
d’exprimer ce que nous essayons de préparer, dans le sens de ce que vous venez
d’annoncer.
Madame GAUTIER - Je vous remercie du commentaire positif qui a été fait en
introduction du propos, vu l’énergie qui a été consacrée pour accompagner le Crédit
Municipal dans la transition qu’il connaît actuellement. On l’a déjà dit plusieurs fois dans
les instances du Crédit Municipal et je le redis ici, évidemment, nous avons tous envie de
porter une nouvelle feuille de route avec un projet renouvelé, mais nous avons quelques
étapes préalables qui doivent être faites de remise à plat de l’organisation interne du
Crédit Municipal, qui ont déjà été initiées depuis un an et demi, et encore plus rapidement
depuis l’arrivée du nouveau Directeur, mais nous avons besoin d’un peu de temps pour
remettre les choses en place avant de pouvoir porter un nouveau projet. Toutefois, c’est
dans les tuyaux, évidemment.
Madame le Maire - Je pense qu’il n’y a pas de problème dans le vote de ces
délibérations ? Non.
Le Conseil Municipal prend acte de la délibération 21/541.
La délibération 21/539 est adoptée.
(Martine AUBRY, Jacques RICHIR, Pierre POSMYK, Camille STIEVENARD,
Arnaud TAISNE, Marie-Pierre BRESSON, Franck HANOH, Stanislas
DENDIEVEL, Sébastien DUHEM, Estelle RODES, Roger VICOT, Audrey
LINKENHELD, Anissa BADERI, Stéphane BALY, Violette SPILLEBOUT, Frédéric
LOUCHART, Ingrid BRULANT-FORTIN et Charlotte BRUN ne prennent pas part
au vote.)
21/536 Procès-verbal de la séance du 08 octobre 2021.
Adoptée.
127
21/537 Compte-rendu au Conseil Municipal des arrêtés pris en vertu des articles
L. 2122-22 et L. 2122-23 du Code Général des Collectivités Territoriales.
Le Conseil Municipal prend acte.
21/538 Caisse de crédit municipal de Lille - Conseil d'orientation et de
surveillance (COS) - Réduction du nombre de membres du COS de 15 à
11 - Information du Conseil Municipal.
Le Conseil Municipal prend acte.
21/540 Établissements publics de coopération intercommunale - Syndicats
intercommunaux - Rapports d'activité de l'année 2020 - Communication.
Le Conseil Municipal prend acte.
21/542 Fondation Masurel - Compte financier 2020 - Rapport annuel relatif à
l'activité et à la situation financière durant l'exercice 2020 - Budget primitif
2021 - Information du Conseil Municipal.
Le Conseil Municipal prend acte.
Nous passons aux vœux.
Madame le Maire - Le premier vœu porte sur le contrat d’intégration et d’accueil
de réfugiés.
Madame SPILLEBOUT.
Vœu du groupe Faire Respirer Lille « Pour un contrat métropolitain d’accueil et
d’intégration des réfugiés »
Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, chers collègues,
À Lille comme en France, toutes les personnes en situation de vulnérabilité
doivent être protégées, quelle que soit leur nationalité ou leur origine. Personne ne doit
être stigmatisé et ne doit vivre dans une situation indigne.
Le drame effroyable qui a secoué la France, avec le naufrage d’une embarcation
de migrants dans la Manche il y a quelques jours, provoquant plus de 30 morts, a rappelé
à tous combien le sujet de l’accueil des réfugiés sur le territoire national reste complexe
et combien la détresse sociale engendre des tragédies qui ne devraient pas exister de
nos jours.
128
Pourtant, à Calais, à Grande-Synthe et bien d’autres grandes villes de France,
comme à Lille, nous sommes confrontés à l’arrivée de réfugiés qui fuient leurs pays pour
des raisons de violence économique, sociale, sanitaire ou climatique. Nous devons
assistance et protection aux réfugiés qui fuient leur pays.
Mais nous voyons réapparaître des bidonvilles et des squats indignes. À Lille en
particulier, nous avons connu de nombreux campements sauvages, au Vieux-Lille, à Lille-
Sud, à Hellemmes, à Fives, à Saint-Sauveur, et les évacuations successives déplacent
le problème sans le régler. Force est de constater que la situation s’aggrave partout et
s’aggravera encore, et que les capacités d’hébergement sont insuffisantes, en dépit des
efforts de tous les gouvernements successifs.
Le gouvernement français, d’ailleurs, prend sa part aujourd’hui dans la prise en
charge et la régulation de ce phénomène. Notre pays doit humanité, dignité et rapidité
dans l’accueil et dans le traitement des demandes d’asile, mais aussi fermeté et efficacité
envers ceux qui ne peuvent pas rester sur notre sol.
Les budgets consacrés à cette politique au cours de ce quinquennat ont été
multipliés par 4 en 10 ans et représentent aujourd’hui 2 Md€, et pourtant, cela ne suffit
pas.
Alors, le Gouvernement – oui, encore lui – propose depuis 2018 un outil qui est
utilisé par de nombreuses grandes villes, on en a déjà parlé ici en Conseil Municipal : les
Contrats métropolitains d’accueil et d’intégration des réfugiés. C’est une
contractualisation avec l’État, cohérente et efficace, en confiance, avec tous les
partenaires associatifs, sociaux et économiques du territoire, pour développer des actions
fortes sur l’intégration, c’est-à-dire l’apprentissage du français et l’insertion
professionnelle. Ce contrat, c’est la réussite exceptionnelle d’une mise en réseau de
partenariats pour tenter d’améliorer l’accueil et l’intégration des réfugiés.
En France, aujourd’hui, 18 grandes villes, dont 3/4 des grandes villes françaises,
ont signé ce contrat depuis plusieurs années, qui amène 300 000 € par an d’aide de l’État
qui, souvent, sont reversés aux associations pour la scolarisation, l’insertion et
l’apprentissage du français.
Sur trois ans, une contractualisation qui apporte presque 1 M€ à une ville ou à
une métropole, c’est assez rare pour le tissu associatif et cela mérite d’être salué.
Sur ces 18 grandes villes, les contrats ont été signés avec 6 villes-centres et, pour
les autres, avec les métropoles, donc on fait comme on veut ; vous ne me direz pas,
Madame AUBRY, que c’est la MEL, et, Monsieur CASTELAIN, que c’est la Ville. Elles
obtiennent même, une fois qu’elles ont signé ce contrat majeur, des financements
complémentaires de l’État pour des actions spécifiques, notamment pour
l’accompagnement des enfants, comme à Lyon ou à Villeurbanne récemment. Le Havre
a été signé très récemment par Édouard PHILIPPE.
129
Enfin, à l’occasion de la crise afghane, Johanna ROLLAND, la Présidente de
France Urbaine, a écrit au Premier Ministre en août 2021 pour rappeler le rôle primordial
des Maires et exprimer son souhait d’aller encore plus loin dans la collaboration entre
l’État et les collectivités sur le sujet de l’accueil des réfugiés.
Dès juin 2019, à l’occasion de l’évacuation du camp du 5 Étoiles, le collectif Faire
Respirer Lille vous interpellait sur ce sujet.
L’arrivée en France et dans notre métropole de réfugiés afghans en août nous a
poussés nous-mêmes à écrire au Président de la MEL par la voix de nos conseillers
communautaires – nous sommes trois –, dans un courrier en date du 6 septembre.
En Conseil Municipal du 10 septembre l’année précédente, nous vous avions
encore réinterpellés.
Nous avons reçu récemment la réponse du Président de la MEL qui, finalement,
se dégage de toute compétence ou responsabilité.
Alors, nous avons maintenant un espoir, c’est la bonne nouvelle de ce soir : nous
avons l’impression que votre position évolue, puisque vous avez accepté le versement
d’un fonds d’amorçage de 50 000 € de la Préfecture pour commencer à travailler sur un
tel contrat.
Nous vous proposons donc ce soir, Madame le Maire, de mettre vos actes en
cohérence avec vos déclarations, puisque vous avez interpellé publiquement le Président
de la République le 4 août pour l’encourager à continuer d’accueillir des Afghans en
danger.
Devant cette position dogmatique de refus du contrat de la Ville et de la MEL et
de refuser jusqu’à présent de porter l’accompagnement et l’intégration des réfugiés avec
sérieux et responsabilité, en décalage avec toutes les autres grandes villes de France, le
groupe Faire Respirer Lille soumet donc au Conseil Municipal ce vœu : le vœu qu’enfin
Lille s’engage pleinement dans cette signature, en mobilisant autour d’elle et avec elle
l’ensemble des communes de la MEL.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je suis étonnée que vous soyez aussi mal renseignée. Nous
touchons la semaine prochaine 212 000 € de l’État parce que nous avons mené tout le
travail, non pas du contrat dont vous parlez, Arnaud va vous en parler tout de suite…
(Intervention inaudible de Madame SPILLEBOUT)
Absolument ! Comme quoi, ou bien vous le savez et vous racontez des histoires
quand vous parlez, ou bien vous ne le savez pas, mais c’est absolument en lien avec
cela.
130
Je laisse Arnaud vous répondre, mais franchement, quand on voit la politique du
Gouvernement et qu’on vous entend, c’est une honte, c’est même un manque de décence
absolu !
(Monsieur BALY demande la parole.)
Vous voulez intervenir d’abord ?
Monsieur BALY - C’est sur le vœu.
Madame le Maire - Ah oui, vous voulez intervenir sur le vœu d’abord, avant la
réponse ? Oui, vous pouvez vous exprimer…
Monsieur DESLANDES - Je réponds d’abord à Madame SPILLEBOUT, puis
Madame SEDOU interviendra.
Madame le Maire - D’accord, réponds.
Monsieur DESLANDES - Madame SPILLEBOUT, votre couplet sur les
évacuations, quand on sait ce que fait l’État en ce moment sur la métropole et ailleurs
dans le pays, c’est une honte, vous devriez avoir honte d’avoir dit cela, franchement !
Toutes les associations qui sont mobilisées, les acteurs locaux qui travaillent chaque jour
pour essayer d’accompagner ceux qui sont dans des campements illicites, alors que l’État
démantèle les terrains sans autorisation de justice, laissant les gens à la rue, sans
accompagnement. Moi, je ne me serais pas permis de faire ce que vous avez fait là.
Je vais vous dire un truc : votre vœu, je serais vous, j’irais le présenter au Conseil
Municipal de Tourcoing. Pas une seule fois, la Ville de Tourcoing, depuis 2015, depuis la
première crise des réfugiés, n’a organisé un accueil de réfugiés dans cette ville. Je
reconnais une constance à l’ancien Maire, devenu Ministre de l’Intérieur aujourd’hui : celle
de tout faire pour empêcher la France d’accueillir dignement et à la mesure de ses
moyens des réfugiés.
(Applaudissements sur les bancs du groupe Lille en commun,
durable et solidaire)
Dernier exemple en date : hier soir, un Conseil européen des ministres de
l’Intérieur s’est tenu, notamment pour organiser l’accueil de 40 000 réfugiés afghans
supplémentaires. L’Allemagne, conforme à ce qu’elle a fait depuis des années, propose
25 000 personnes à accueillir chez elle ; la France 10 fois moins. Même les Pays-Bas ont
proposé plus que nous dans l’accueil des réfugiés, donc, franchement, nous n’avons
aucune leçon à recevoir de qui que ce soit, et surtout pas de représentants de La
République en Marche ici.
Depuis 2015, et l’impulsion de Martine AUBRY a été largement décisive là-
dedans, nous avons organisé l’accueil digne de réfugiés dans cette ville, nous avons fait
l’accompagnement social, l’accompagnement sanitaire, l’accompagnement psychique,
131
l’accompagnement scolaire pour les enfants, l’accompagnement vers l’insertion
professionnelle, avec les cours de français, avec la mobilisation de la Mission locale et de
la Maison de l’Emploi pour accompagner les réfugiés que nous avions. Nous avons ouvert
des places, 163 ont été accompagnés sur Lille entre 2015 et 2020.
Comme vous l’avez dit, depuis cet été, 74 Afghans sont accueillis dans notre ville.
Nous avons mis en place les mêmes structures d’accompagnement que nous avions
faites jusqu’à présent. Je salue ici, d’ailleurs, la solidarité des Lillois, qui s’est largement
exprimée. Je rappelle que plus de 1 600 Lillois sont venus apporter des dons ici en mairie
et que 15 000 € ont été récoltés par la Fondation de Lille. Voilà un vrai acte de solidarité,
un peu plus que ce que vous avez pu dire jusqu’à présent qui, franchement, ne vous
honore pas du tout.
Madame le Maire - Madame SEDOU.
Madame SEDOU - Je crois que je vais être obligée de parler de politique
nationale.
Madame le Maire - C’est bien, oui, en effet…
Madame SEDOU - C’est un peu gênant…
Madame le Maire, chers collègues,
Il y a deux mois, ici même, j’évoquais le sauvetage d’exilés en mer à l’occasion
du soutien de la Ville à SOS Méditerranée. Ce soir, cela a été dit, nous avons tous en tête
le sort de 27 personnes noyées le 24 novembre dernier dans la Manche, et dont les corps
ont été découverts par des pêcheurs avec effroi. De nouveau, comme il y a six ans avec
ce petit garçon syrien, Aylan, trouvé mort sur une plage turque, un drame de l’exil plus
visible ou saisissant que d’autres vient bousculer les consciences.
Dans un moment comme celui-là, on ne peut s’empêcher de lire le vœu présenté
ce soir comme une tentative désespérée de sauver les soldats MACRON, DARMANIN,
DUPONT-MORETTI, sans oublier la Ministre Marlène SCHIAPPA – on vient d’en avoir
l’éclatante et désolante preuve. La tâche est lourde car leurs propos qui se sont succédés
depuis le naufrage donnent la nausée : faux étonnement devant les méthodes d’expulsion
des campements du littoral, rejet de la responsabilité sur les passeurs ou sur un salarié
licencié, jeux de langage où les biens confisqués deviennent « biens abandonnés », où
les expulsions sont qualifiées de « départs » et, comble du cynisme, accusations
fallacieuses de migrants soi-disant prêts à jeter des bébés à l’eau. À part la démission du
Ministre de l’Intérieur, nous ne voyons pas ce qui pourrait sauver l’honneur de ce
gouvernement.
Il y a de quoi frémir devant cette incapacité à questionner son propre aveuglement
et sa brutalité envers les personnes étrangères qui cherchent refuge en Europe. Le
harcèlement continuel des forces de police envers les exilés blottis sur le littoral se
poursuit. D’imposants moyens sont dévolus aux solutions répressives et à cette honteuse
agence publique européenne Frontex. C’est un « naufrage de civilisation » pour reprendre
132
les termes du Pape, qui a tenu un discours fort et humaniste dimanche dernier sur l’île de
Lesbos – je vous conseille de le réécouter en entier.
Alors, faut-il voter ce vœu qui semble faire office de cache-misère ? On va peut-
être vous surprendre, cela n’a pas fait l’objet d’une si grande discussion au sein de notre
groupe, et la réponse est : oui, bien sûr.
D’abord, et je veux vraiment insister, car ce vœu n’absout rien ni personne, et –
je suis vraiment écœurée de ce que vous avez dit en fait, je suis désolée, c’est terrible –
ce contrat territorial d’accueil et d’intégration des réfugiés, en même temps, témoigne de
la permanence de l’État de droit dans notre pays, tout de même. Je dirai même, c’est
primordial par les temps qui courent. Il importe de savoir saisir les bonnes choses,
Madame AUBRY, alors prenez, prenez les financements et ce qui va avec.
Dans ses modalités de mise en œuvre, ce contrat paraît efficient et cohérent, il
est pensé pour s’appuyer sur l’existant et les réalités locales. Il permet de financer une
diversité d’actions associatives ou en interne, si l’on se fie aux contrats déjà signés. C’est
pourquoi de nombreuses villes et métropoles s’y sont déjà engagées, et non pas il y a de
nombreuses années, puisque le contrat a été mis en place récemment, et même tout
dernièrement Marseille, Rouen, Besançon, Le Havre… la Métropole de Lyon, le contrat
s’étend maintenant à la Ville de Lyon et de Villeurbanne.
D’ailleurs, nous avons vu aussi sur le site web de la délégation interministérielle
à l’accueil et l’intégration des réfugiés qu’un contrat était en projet avec Lille. Pour en
savoir plus, le plus simple était d’appeler directement la délégation. J’ai donc eu Alexandre
MONCLIN, le Directeur de Cabinet, au téléphone. Il est tout à fait civilisé, j’ai entendu une
personne désireuse de signer ce contrat et d’avancer les choses et positive envers la Ville
de Lille. J’ai effectivement appris qu’un versement de 50 000 € de l’État à la Ville de Lille
a été effectué et qu’il avait été effectué dans le cadre de l’accueil des réfugiés afghans
par la Ville et dans l’optique de mettre en place un contrat territorialisé élargi à l’ensemble
des personnes.
Vous avez échangé avec Alain RÉGNIER, le Délégué interministériel, Madame
le Maire, ainsi qu’avec le Secrétaire général de la Préfecture du Nord. Il semble que le
dossier stagne et qu’il reste à faire : élaborer et partager un diagnostic, réunir toutes les
parties prenantes, prioriser les axes, identifier les actions à appuyer, renforcer ou
déployer. Aussi, nous aimerions savoir ce qui a avancé pour ce projet du côté de la Ville
ou de la Métropole le cas échéant.
Nous avons entendu une démarche volontariste de la délégation
interministérielle, nous espérions entendre confirmer la vôtre ce soir et je suis assez
désolée de voir que c’est plutôt le prétexte d’un combat entre partis politiques.
Pour nous, ce vœu fait donc toujours sens, même après ce que j’ai entendu –
enfin, j’espère que c’est partagé par mes camarades. Aussi, nous appelons nos collègues
appartenant à la Majorité à l’adopter. En fait, ce serait assez logique car, encore une fois,
133
je le répète, nous n’avons guère de doute sur les valeurs qui vous animent, nous
attendons seulement des actes qui tardent parfois à se concrétiser.
Sur un sujet grave et essentiel comme celui-là, voyez la main tendue de votre
Opposition – j’ajoute « écologiste » maintenant –, composée pour l’essentiel d’anciens
alliés et débarrassée de l’extrême-droite. Comprenez que pour autant, cela vous oblige,
et gardons les postures et affrontements politiques là où nos désaccords sont réels et
entiers.
Pour conclure, je rappelle que nombre d’exilés qui subsistent avec difficulté dans
notre ville ne bénéficient pas de la protection internationale, condition nécessaire pour
être concerné par le contrat évoqué ce soir ; c’est sa grande limite – c’est un fait. Aussi,
nous tenons à redire l’absurdité de discriminer l’aide aux personnes exilées en fonction
de leur situation administrative, qui découle souvent d’imbroglios bureaucratiques, que le
règlement de Dublin favorise à l’extrême. Nous n’imaginons pas, en effet, que du simple
fait de leur nationalité et statut, tant de personnes s’apprêtent de nouveau à passer un
hiver sous tente ou un abri de fortune dans notre ville. Je ne développe pas, ma collègue
Faustine BALMELLE va vous présenter un autre vœu en faveur de toutes les personnes
sans abri.
En signant ce contrat, vous disposeriez de ressources financières non
négligeables (300 000 € annuels durant trois ans), qui s’additionneraient à des aides
comme nous en votons ce soir – je pense aux 20 000 € de dons à la Fondation de
Lille. Cela vous permettrait de dégager des moyens par ailleurs pour des non-
bénéficiaires. Ce contrat devrait aussi permettre de nourrir un dialogue entre les parties
prenantes ; impossible de toutes les citer, mais, évidemment, je pense au CCAS, à la
Cimade, à Utopia 56, à la Sauvegarde, à différents services de la Ville et aux services
généraux de la Préfecture. Ce dialogue sera utile dans tous les cas.
C’est le minimum que nous devons aux exilés, de même qu’aux trois bénévoles
à Calais qui en sont venus à la solution extrême de la grève de la faim, indignés par
l’inertie, voire la malveillance, des pouvoirs publics. Il s’agit bien ce soir, chers collègues,
d’apporter une réponse politique à tant de détresse et d’injustice.
Pour cela, vous nous trouverez à vos côtés, Mesdames et Messieurs de la
Majorité. Notre souhait le plus sincère est de faire avancer la cause des droits
fondamentaux, de la dignité humaine, de l’intelligence collective. Comme Olivier
CAREMELLE le notait le 2 décembre à l’occasion d’un séminaire sur les migrations,
organisé par cinq grandes associations caritatives, « Rien ne nous condamne à
l’impuissance ou la résignation ».
Vous l’avez compris, je le redis, nous voterons pour ce vœu, j’aimerais tellement
que ce soit le cas de nous tous ici.
Je vous remercie de votre attention.
(Applaudissements sur les bancs du groupe Lille Verte)
134
Madame le Maire - Tout d’abord, vous n’avez pas été très bien renseignée par
le Directeur de Cabinet du Préfet RÉGNIER, car nous n’avons jamais reçu 50 000 €. J’ai
appelé le Préfet RÉGNIER dès le mois d’août, un peu isolée en accueillant les réfugiés
afghans, car nous avons toujours fait avec l’État depuis 2015. Ayant évidemment
connaissance de ce contrat, il m’a fait part, effectivement, d’un montant possible de
versement de 50 000 € tout de suite et de 300 000 € à échéance de deux ans ou je ne
sais quoi.
Devant la rapidité d’arrivée de 74 Afghans, qui sont arrivés quasiment avec un
vêtement sur eux, rien, des problèmes de santé, etc., des gros problèmes, nous avons
mis à disposition, comme vous le savez, des logements, aussi bien à Corot que dans des
maisons, et il fallait aller relativement vite.
Je m’en suis entretenue avec le Secrétaire général de la Préfecture qui m’a dit
qu’il y avait des fonds disponibles qui permettaient de nous accompagner beaucoup plus
rapidement, ce qui est le cas. Je ne signe pas uniquement un contrat pour avoir de
l’argent, mais nous avons toujours signé avec l’État ces contrats. Nous recevrons cette
semaine – cela a déjà été engagé par le comptable public – 212 000 € rien que pour cette
période, jusqu’à décembre 2021, et cela se poursuivra l’année prochaine. Laissons donc
de côté l’aspect financier, nous avons fait avec l’État. En l’occurrence, ce sont des fonds
sur une ligne du Ministère de l’Intérieur, qui nous permettaient d’aller plus vite et mieux.
Deuxièmement, ce contrat d’intégration, si nous n’avions pas eu la possibilité
d’être accompagnés par l’État, je l’aurais signé immédiatement, vous imaginez bien, c’est
moi qui ai appelé le Préfet RÉGNIER le 19 août, de mémoire, mais comme il y avait une
autre solution de financement qui paraissait plus rapide et qui permettait au Ministère de
nous accompagner – et c’est le Secrétaire général qui nous l’a dit, et il a eu raison, puisque
les fonds arrivent –, j’ai souhaité – et nous le souhaitons toujours – que nous signions ce
contrat d’intégration au niveau de la Métropole ; j’en ai d’ailleurs déjà parlé au dernier
Bureau restreint, auquel Audrey et Roger VICOT participaient, à la Métropole. Je souhaite
vraiment que l’on arrive à convaincre les Maires de Roubaix et de Tourcoing, qui se sont
opposés jusqu’à présent, parce qu’il n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas une possibilité
d’accueillir beaucoup plus, notamment les Afghans mais pas seulement, car il y a des
réfugiés d’un peu partout dans notre ville.
Je vous rappelle que j’ai, dès le début de la crise afghane, pour ne parler que
d’eux, dit que si toutes les villes françaises accueillaient les personnes qui sont aujourd’hui
en grand risque… Je tiens à vous dire que j’ai eu encore avant-hier le Directeur de Cabinet
de Monsieur LE DRIAN, car nous défendons actuellement plusieurs familles qui ont une
partie de leur famille dans la métropole et que l’on n’arrive pas à faire revenir ;
effectivement, nous sommes toujours sur ce travail et sur cette opportunité.
Je souhaite, Madame SPILLEBOUT, que vous m’aidiez, et peut-être aussi Lille
Verte, à convaincre à la Métropole l’ensemble des Maires, puisqu’aujourd’hui, ce contrat
n’apporterait rien par rapport à ce que nous faisons. Nous avons été la première ville en
France à accueillir des immigrés quand François HOLLANDE, en 2015, a ouvert face à
135
la crise syrienne particulièrement, nous avons été la seule ville française à accueillir des
personnes qui avaient été recueillies par l’Aquarius, donc je n’ai pas très envie d’avoir des
leçons aujourd’hui, nous faisons.
J’ai considéré, sous le conseil du Secrétaire général, qui a eu raison, qu’il valait
mieux que l’on passe par un autre moyen que celui que proposait le Préfet RÉGNIER, et
aussi parce que je souhaite que l’on fasse un contrat au niveau métropolitain pour que
nous ne soyons pas les seuls à accueillir des réfugiés ; ce sera plus opportun dans le
combat que nous menons avec vous, Lille Verte, pour que nous soyons capables en
France d’être à nouveau considérés comme le pays des droits humains, ce qui est loin
d’être le cas aujourd’hui, et Arnaud, à juste titre, a rappelé encore les positions de la
France hier.
Je vous rappelle qu’au début de la crise afghane, quelques propos du Président
de la République m’avaient choquée : on laissait à penser que les Afghans qui allaient
venir n’étaient pas des victimes, mais pouvaient comporter des risques. Je m’étais
exprimée très fortement à ce moment-là. Il n’y a pas, derrière les réfugiés, des terroristes,
il y a des hommes et des femmes, que ce soit aujourd’hui en Afghanistan ou ailleurs, qui
sont en grand danger, par rapport à des tas de raisons : la guerre, la faim, mais aussi ce
qui se passe aujourd’hui en Afghanistan avec les Talibans.
Voilà pourquoi je n’appelle pas à voter ce vœu ; je le souhaite vivement, mais il
faut déposer ce vœu à la Métropole… Si vous ne voulez pas que cela avance, je
comprends.
Madame SEDOU - On l’a fait.
Madame le Maire - Oui, vous l’aviez déjà fait, d’ailleurs. Nous en avons reparlé
avec le Président CASTELAIN il y a 10 jours, lundi de la semaine dernière, et je serais
assez d’accord pour que nous refassions voter au prochain Conseil, dans deux jours, un
vœu.
Soyez tranquille, si on n’y arrive pas, je signerai après-coup un vœu avec le Préfet
RÉGNIER pour la suite de l’opération, mais pas pour les Afghans, puisque pour ceux-là,
nous avons une aide de l’État et un accompagnement tout à fait important, qui était lié
aussi au fait que je me suis mobilisée dès le 4 août et que nous avons été la seule Ville à
accueillir directement à leur arrivée à Roissy ces Afghans, parce que le travail préalable
avait été fait, l’accord du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère de l’Intérieur,
et que nous avions montré notre capacité à les accueillir, à les mettre en quarantaine, à
les faire vacciner, etc., et aujourd’hui, comme vous le savez, 17 d’entre eux sont à l’école,
tous apprennent le français. D’ailleurs, l’Alliance française, qui nous a fait un bilan il y a
quelques jours, nous a dit que la façon dont ils avançaient, la vitesse à laquelle ils
avançaient, était extraordinaire. Les enfants sont en train d’intégrer des clubs sportifs. On
commence à faire de l’insertion professionnelle avec les jeunes adultes. Ce travail est fait.
136
Je souhaite vivement que l’on puisse signer ce contrat au niveau de la MEL et,
en tout cas, j’aurai une voix forte accompagnant la vôtre ; si vous déposez un vœu, on
peut le déposer en commun, en tout cas je le souhaite.
C’est la raison pour laquelle nous votons contre ce vœu, non pas contre le fond,
bien évidemment, mais parce que nous avons trouvé un autre moyen de financement et
que, pour moi, le vrai sujet est la mobilisation de toute la Métropole.
Je redis que nous n’avons pas touché les 50 000 €, c’est bien ce que m’avait
proposé le Directeur de Cabinet de RÉGNIER, mais comme nous avons trouvé une autre
voie plus efficace avec la Préfecture, nous avons préféré choisir l’autre voie, et je crois
que nous avions raison en termes de moyens financiers. En revanche, sur le fond, il faut
absolument que nous ayons ce contrat territorial au niveau de la Métropole.
Je mets aux voix ce vœu de contrat territorial.
Qui vote pour ? (Le groupe Faire Respirer Lille et le groupe Lille Verte)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire)
Rejeté à la majorité, le groupe Lille en commun, durable et solidaire votant
contre.
Dans la continuité, je propose de prendre le vœu sur les personnes sans-abri.
Madame BALMELLE.
Vœu du groupe Lille Verte relatif aux droits des personnes sans-abri
Madame BALMELLE - Madame le Maire, chers collègues,
Je vous présente ce soir le vœu visant la signature de la déclaration des droits
des personnes sans-abri portée notamment par la Fondation Abbé Pierre.
Pour commencer, je me permettrai une citation de ce dernier : « La beauté d’une
ville, elle est d’abord de ne pas avoir de taudis, de ne pas avoir de sans-logis ». Parce
qu’une ville est belle, quand elle est solidaire, quand elle garantit à toutes et tous la dignité.
Ces mots résonnent particulièrement dans notre ville quand 57 000 personnes,
avant crise sanitaire, vivaient sous le seuil de pauvreté à Lille, c’est une personne sur
quatre. Au niveau national, c’est 14 % en France. Nous sommes bien au-delà. Ils
résonnent tout particulièrement quand 3 000 Lilloises et Lillois vivent à la rue sur notre
métropole.
Rappelons-le, s’il en est encore besoin, la pauvreté tue, en toute saison et partout.
Au niveau national, 587 personnes sont décédées en 2020, selon le collectif « les Morts
de la Rue », avec une moyenne d’âge de 48 ans, ce qui est de 31 ans inférieur à
l’espérance de vie nationale. Les Hauts-de-France se placent malheureusement en
deuxième position sur ce triste chiffre.
137
À Lille, ils s’appelaient Mohamed, Hamou, Chun, Éric, Michel-Didier, Bruno,
Patrick, Célia, Nagim, Mansour, Khaled, Éric, Christophe, Éric, Jacques, Abdelkader,
Claudine, Ouafirkh et certainement tant d’autres dont nous n’avons pas connaissance. Je
souhaitais les citer. Permettez-moi de leur rendre hommage ce soir et de leur dédier cette
intervention.
Le combat contre la pauvreté ne prend pas de répit. La pauvreté est politique.
Nous avons les moyens d’y mettre un terme. À Lille, prenons notre part.
En 2020, Madame le Maire, lors de votre campagne, vous vous étiez engagée à
signer la déclaration pour les droits des sans-abri de la Fondation Abbé Pierre, dans une
Tribune du JDD du 14 février 2020. C’est pourquoi, en toute cohérence, nous proposons
aujourd’hui de signer cette déclaration.
Le vœu que nous avons déposé vise à nous engager pleinement et sans réserve
à l’application des 14 articles de la déclaration.
Ceux-ci prévoient notamment, et de manière non exhaustive, par exemple que
« le premier droit des personnes sans-abri est de cesser de l’être ». Une étude de
l’Agence d’urbanisme de Lille Métropole en 2018 explique que l’accès au logement est
un des premiers facteurs qui stabilise dans le parcours de vie, la réinsertion et la sortie
de la pauvreté.
La déclaration prévoit également le respect des biens et des effets personnels,
des lieux de vie, y compris des bidonvilles, Mesdames et Messieurs les VRP du
Gouvernement qui sont présents dans ce Conseil Municipal, c’est-à-dire de ne pas
déchirer les tentes de ceux qui vivent dehors dans des conditions dramatiques.
Le respect des droits fondamentaux est également prévu par cette déclaration,
ainsi que l’accès aux services publics : à l’alimentation, à l’hygiène, aux sanitaires, à l’eau
potable et au ramassage des ordures ménagères.
Nous rappelons par ailleurs que l’accès à l’eau potable, voire l’accès à l’eau tout
court, n’est pas toujours garanti, notamment actuellement à la friche Saint Sauveur. Nous
rappelons aussi notre attachement à l’augmentation des toilettes publiques et à la
présence de bains douches au sein de notre ville.
Nous renouvelons notre appel pour un appui plus fort aux associations de
maraudes, d’aide alimentaire et de solidarité. Garantissons-leur à elles aussi un accueil
digne, par exemple au parc Lebas où les associations exercent leurs maraudes à
l’extérieur, à la vue de tous et parfois sans tonnelle pour s’abriter.
La même étude de l’Agence d’urbanisme au niveau de Lille Métropole décrit cette
aide aux associations pour les usagers comme indispensable à l’assurance de leurs
besoins vitaux.
138
La déclaration prévoit également la participation à la vie de la cité. Les politiques
publiques de lutte contre la pauvreté doivent se faire avec les précaires et pas sans eux.
C’est pourquoi nous demandons la mise en place d’un groupe de suivi et d’évaluation de
cette déclaration – si ce vœu est adopté – avec la Ville de Lille, les associations dont la
Fondation Abbé Pierre et les précaires eux-mêmes.
Par le vote de ce vœu, nous demandons également à l’État, compétent en matière
de lutte contre la pauvreté, d’accroître les moyens financiers et la mise en œuvre d’actions
en faveur du respect de la dignité de toutes et tous, dans le respect du droit international
et national.
Alors, n’attendons plus. Les sans-abri ne peuvent pas attendre. Chaque jour vécu
dehors est un jour de trop. C’est un jour à se débrouiller seul, à être potentiellement en
danger, à ne pas avoir accès à un lieu où dormir, aux droits, aux soins, à l’hygiène ou à
l’eau. Chaque jour dehors, c’est un jour à survivre.
L’indignation face à de telles situations, je le sais, nous venons de le dire, nous la
partageons, mais l’indignation ne dispense pas de l’action – là aussi, je cite l’Abbé Pierre.
Ensemble, agissons pour que plus personne ne meure dans nos rues.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur DESLANDES.
Monsieur DESLANDES - Madame BALMELLE, nous allons évidemment signer
la déclaration de la Fondation de l’Abbé Pierre. Cela dit, comme vous venez de le dire,
l’indignation ne dispense pas de l’action et nous voulons agir avant de parler. Vous savez
que nous travaillons avec le CCAS sur un plan de lutte contre les exclusions. Au
demeurant, vous y participez. Ce plan sera présenté en juin et c’est à l’occasion de la
présentation de ce plan que nous proposons la signature de cette déclaration en même
temps. Nous voulons faire les choses en cohérence et dans la bonne temporalité.
J’ajoute une précision sur l’eau à Saint-Sauveur. Nous en avons échangé
ensemble. Elle est rétablie. Cela a été très compliqué, mais les choses sont faites. Sur
les bains douches, nous avons déjà eu le débat plus d’une fois. Vous savez que nous
avons remplacé les bains douches par un système beaucoup plus ouvert parce qu’il est
gratuit, parce qu’il amène à un accompagnement social grâce à l’action de Magdala ou à
celle de l’association La Deûle. Là-dessus, nous sommes donc allés plus loin de ce que
permettaient jusqu’à présent les bains douches.
Pour revenir au texte, nous le présenterons en juin, nous le signerons en
cohérence avec ce que nous allons présenter ensemble sur le plan de lutte contre les
exclusions.
Madame le Maire - Nous ne voterons pas ce vœu mais, là aussi, en cohérence,
c’est-à-dire pas de discours sans des actes et donc en juin.
139
Qui vote pour ce vœu ? (Le groupe Lille Verte et le groupe Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire)
Rejeté à la majorité, le groupe Lille en commun, durable et solidaire votant
contre.
Heureusement que l’Abbé Pierre n’est plus vivant, parce qu’il trouverait tout cela
tellement délirant… Lui qui avait déclaré que, si tout le monde…
Madame LINKENHELD - Ce n’est pas lui.
Madame le Maire - Ce n’est pas lui, mais c’est son successeur, la Fondation. Je
le connaissais bien puisque j’ai fait la loi sur la lutte contre les exclusions avec ATD Quart-
Monde et particulièrement avec Madame Geneviève ANTHONIOZ-DE GAULLE, qui
parlait comme l’Abbé Pierre en permanence.
Je rappelle que nous travaillons avec eux depuis très longtemps. Ils avaient
d’ailleurs dit il y a quelques années – je vous le dis, vu les positions des Verts sur le
logement – que, si toutes les villes françaises construisaient, en pourcentage de leurs
habitants, autant de logement social que Lille, il n’y aurait pas le problème que posait la
Fondation Abbé Pierre de créer 550 000 logements par an dont 15 000 logements
sociaux.
Je vous renvoie à cette parole qui pourrait peut-être vous faire réfléchir sur la
nécessité de répondre au besoin de logements dans notre ville. Nous reprenons l’Abbé
Pierre dans sa totalité et pas seulement dans ce qui nous arrange.
Je passe à Vanessa DUHAMEL pour le vœu sur le GHB.
Vœu du groupe Faire Respirer Lille « Faire reculer à Lille le GHB, appelé
communément la drogue du violeur »
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues,
Le temps de parole qui m’est consenti ne m’accordant pas la liberté de m’exprimer
de façon exhaustive sur le délicat sujet de la jeunesse agressée après avoir été droguée,
je m’en tiendrai à l’essentiel du vœu qui vous est soumis par notre groupe et dont le texte
vous a été communiqué avant notre conseil.
Il s’agit, rappelons-le, du « GHB », acronyme de Gamma-Hydroxy-Butyrate,
également appelé « drogue du violeur », synthétisé en 1960 pour être utilisé en
thérapeutique, avant que son usage ne dérive jusqu’à ce qu’il soit inscrit comme stupéfiant
en 1999. Utilisé sous forme de poudre ou de liquide, il est de plus en plus fréquemment
versé discrètement dans les boissons consommées dans les bars et discothèques de
nombreuses grandes villes, dont la nôtre, en vue d’agresser ou de dépouiller des victimes,
140
qui ne conserveront aucun souvenir des faits s’ils se produisent entre 20 et 45 minutes
après l’ingestion.
Cette drogue est en outre difficile à détecter a posteriori, sauf à procéder à un
prélèvement sanguin dans les 8 heures, urinaire dans les 12 heures, ou encore, avec les
contraintes techniques qu’on imagine, d’analyser les cheveux de la victime dans le mois
qui suit l’ingestion.
Peu de victimes déposent plainte, souvent par honte de faits dont elles ne
peuvent, qui plus est, clairement attester.
Le hashtag #BalanceTonBar, créé tout récemment à Bruxelles, a été repris fin
octobre en France sur le réseau Instagram pour dénoncer les violences sexuelles dans
le monde de la nuit.
Il est frappant de constater à cet égard qu’alors même qu’aucune plainte n’aurait
été déposée selon la presse, 28 témoignages ont été publiés en trois semaines pour notre
ville, ciblant plusieurs établissements dont l’un cité à quatre reprises.
La municipalité vient d’annoncer avoir acquis 2 000 protège-verres réutilisables,
en vue de les distribuer dans les établissements de nuit.
Rappelons quand même pour mémoire que notre commune comptait en 2017
pas moins de 412 bars, 18 pour 10 000 personnes, dont par exemple un établissement
tous les 18 mètres rue Masséna, Lille étant la deuxième ville du pays en densité
d’établissements. Rappelons aussi que Lille accueille plus de 110 000 étudiants.
Si cette initiative, ainsi que l’adresse électronique créée et le groupe de travail
institué au sein du nouveau Conseil de la nuit récemment réuni sont heureux, leur
modestie et les délais de mise en place du groupe de travail nous inquiètent quant à
l’urgence manifeste à protéger notre jeunesse.
Nous vous appelons donc à envisager des mesures d’urgence, telles qu’une
campagne massive d’information et d’affichage, la distribution pérenne de protège-verres
dans les établissements d’enseignement supérieur en partenariat avec leur direction, ou
l’insistance sur la formation des serveurs dans les établissements.
Il n’est plus acceptable que des jeunes consommateurs visiblement semi-
inconscients soient refoulés et abandonnés sur la voie publique dès que leurs symptômes
sont manifestes.
En outre, une surveillance particulière doit être mise en place des établissements
qui seront particulièrement signalés sur les réseaux sociaux, tout en veillant bien entendu
à protéger leurs gérants d’éventuelles campagnes malveillantes visant à détourner les
signalements de leur objet.
141
Rappelons-le également, alors qu’il avait été signalé Outre-Manche l’usage de
seringues utilisées pour injecter du sédatif, la première agression de ce type dans notre
ville vient d’être relatée dans la presse locale. Sachons prévenir l’apparition de telles
violences sur notre territoire, qui pourraient se multiplier à mesure qu’il sera plus difficile
d’accéder aux verres des victimes.
Aussi vous soumettais-je notre vœu qui, compte tenu de l’urgence, conserve toute
son importance en parallèle des travaux envisagés par le Conseil de la nuit.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame Joe DABIT.
Madame DABIT - Madame la Maire, mes chers collègues,
Aujourd’hui, en 2021, il est navrant qu’il faille un véritable protocole de sécurité
pour éviter d’être drogué et/ou de se faire agresser quand on sort le soir. Un capuchon
anti-drogue à enfiler à chaque verre, la présence d’un ami toujours à proximité pour ne
jamais se retrouver seul, prévoir de se faire raccompagner pour rentrer chez soi, éviter
d’accepter des verres dont on n’aurait pas vérifié le contenu, cela fait beaucoup de choses
à penser pour une seule soirée, surtout quand celle-ci est juste pour passer un moment
de détente.
La plupart des actions aujourd’hui proposées alourdissent encore davantage le
fardeau déjà immense qui repose sur les épaules des victimes du GHB. Il n’est, je
l’espère, pas nécessaire de rappeler que le problème, ce sont avant tout les agresseurs
et non les victimes.
Il nous faut aussi former les entourages à prendre soin des personnes qui font la
fête avec eux, à ne pas laisser un ou une camarade seule, à veiller les uns et les unes
sur les autres. Encore une fois, l’humain avant la technique.
C’est pourquoi le vœu proposé aujourd’hui par Faire Respirer Lille est très, très
loin d’être à la hauteur des enjeux qui sont devant nous.
Vous appelez à davantage de vidéosurveillance. Celle-ci peut éventuellement
aider à retrouver un agresseur – bien que ce ne soit pas encore prouvé –, mais elle
n’empêche pas l’agression elle-même et les traumatismes subis.
Vous parlez de postes de policiers supplémentaires, avec – je cite – un « soin mis
à la formation spécifique des fonctionnaires ». Que cela veut-il dire exactement ? Pensez-
vous vraiment que cela suffise ?
Vous écrivez que les « établissements de nuit doivent être incités à une plus
grande vigilance ». Alors, selon vous, l’élimination de « ce fléau », comme vous le dites
vous-même, passera par une simple incitation à faire plus attention ?
142
Non, Mesdames et Messieurs, les Lilloises et Lillois méritent bien plus que de
simples tournures de phrases vides de sens.
C’est pourquoi Lille Verte propose de mener des actions concrètes en lien avec
le Conseil de la nuit.
Pour cela, il faut associer l’ensemble des structures concernées qui ne sont pas
forcément représentées au sein de ce Conseil de la nuit. Nous parlons ici des associations
étudiantes, des universités, des collectifs féministes, du centre régional d’information
jeunesse et de toutes celles et ceux qui souhaiteront s’investir.
Il faut donner une place aux victimes au sein même de ce Conseil de la nuit et
notamment dans sa commission prévention, afin de se doter d’une compréhension plus
fine des enjeux ; mais aussi apporter notre soutien de manière concrète et faire en sorte
que cela ne se reproduise pas.
Il faut engager une collaboration très étroite avec les bars de Lille pour travailler
ensemble dans le but de rendre ces endroits plus sûrs.
Il faut davantage de moyens financiers pour investir dans la prévention, et surtout
demander au Gouvernement d’organiser de vraies formations complètes des policiers.
Par ce vœu, Faire Respirer Lille met en lumière un phénomène qui doit amener
une réponse politique. Néanmoins, les solutions doivent être adaptées à la problématique
et non devenir une excuse pour accroître l’utilisation de dispositifs de sécurité
disproportionnés. La réponse n’est pas la vidéosurveillance dans l’espace extérieur pour
des actes qui se font en milieu fermé. De plus, le travail a besoin de se faire en amont et
pas une fois que l’agression s’est produite.
Pour cette raison, nous nous abstiendrons.
Merci.
Madame le Maire - Arnaud TAISNE.
Monsieur TAISNE - Madame le Maire, chers collègues,
Madame DABIT, je vous remercie de vos propos. Il est clair que, en tout cas dans
le cadre du Conseil de la nuit, nous nous saisissons de cette question et, je vous rassure,
les associations étudiantes y sont représentées, l’université également et nous resterons
ouverts à toute initiative pour enrichir ces travaux.
En introduction à ma réponse à Madame DUHAMEL, je voudrais vous relater une
anecdote révélatrice. Ce matin, pour préparer notre séance, j’écrivais cette petite réponse
avec ma télé en fond sonore. Quelle ne fut pas ma surprise en attendant Madame
SPILLEBOUT expliquer doctement au journaliste qui l’interrogeait que c’était grâce à
143
l’Opposition, grâce à son groupe politique, que nous, Majorité municipale, aurions décidé
de financer l’achat de capuchons anti-drogue pour les verres. J’étais surpris.
Cher Jacques, je dois malheureusement confirmer ton premier diagnostic, on a
ici un véritable cluster de fake news et de mauvaise foi car, contrairement à ce que vous
avez osé prétendre, Madame SPILLEBOUT, je veux vous rassurer, ainsi que Madame
DUHAMEL, nous ne vous avons pas attendus pour nous saisir de cette question.
Contrairement à vous, nous ne nous répandons pas par voie de communiqués de
presse, sur tweeter, nous ne tentons pas d’allumer de grossières polémiques en
instrumentalisant les drames qui sont décrits dans ces témoignages. En effet, il faut être
sérieux. Nous devons établir des faits et agir concrètement. Si je parle de sérieux, c’est
parce que, de notre côté, nous sommes au travail.
Après avoir lu plusieurs témoignages, comme vous, sur les réseaux sociaux, et
avant même que les médias ne s’en saisissent, j’ai moi-même pu rencontrer la jeune
femme, en toute discrétion, qui est à l’initiative de l’antenne lilloise du hashtag
#BalanceTonBar, pour faire le point avec elle sur les témoignages collectés.
Aujourd’hui, je peux vous dire que les responsables d’établissements lillois sont
à nos côtés et que tout le monde veut tirer au clair cette situation que nous avons à ce
jour beaucoup de mal à mesurer. Ainsi, aucune plainte à ce jour n’a été déposée auprès
de la Police Nationale.
Malgré cette situation, nous avons tout de même décidé, avec Madame le Maire,
d’agir et nous avons réfléchi aux meilleurs moyens d’éclaircir cette situation et surtout,
pour toute victime, de pouvoir porter plainte auprès de la Police Nationale afin de
permettre l’ouverture d’enquêtes et de poursuite par la Justice.
Comme l’a annoncé Madame le Maire lors de l’installation du Conseil de la nuit
le 29 novembre, nous avons pris un certain nombre de mesures.
En premier lieu, et contrairement à votre proposition, nous avons agi sans
attendre. La Ville de Lille, sa Majorité, a pris l’initiative de commander 2 000 capuchons
anti-drogue à l’entreprise lilloise qui a créé ce concept, Drink Watch. 500 arrivent la
semaine prochaine, ils sont réutilisables, ils seront distribués gratuitement aux
établissements via les organisations professionnelles. Ils sont destinés aux clients qui
pourront en faire la demande. Les 1 500 autres capuchons seront livrés début février. Ce
long délai s’explique par l’explosion des commandes auprès de l’entreprise et par la
pénurie mondiale de matière première.
Soyons clairs, ce n’est pas une solution miracle, loin de là, mais elle a le mérite
de rassurer un tant soit peu et de sensibiliser les noctambules, même si ce n’est pas sur
eux que l’on doit faire porter la charge, nous en sommes tous d’accord.
Second point, après plusieurs échanges avec les victimes, celles-ci semblent
avoir peur de porter plainte, d’être écoutées ou même douter que cela puisse être. Nous
144
avons donc décidé de proposer notre médiation pour recueillir cette parole par la création
d’une boîte mail pour signaler des cas à la Ville. Je rappelle l’adresse :
« agressionnuit@mairie-lille.fr ». Il ne s’agit pas de nous substituer à la Police Nationale
ou à la Justice, mais bien de proposer un soutien et un accompagnement via la Maison
de la médiation et du citoyen, par exemple pour un dépôt de plainte. À ce jour, aucun mail
n’a été reçu.
Comme vous l’avez dit, vous avez reçu la convocation pour le 17 décembre de la
commission santé du Conseil de la nuit qui, pour sa première réunion, fera un premier
point d’actualité à ce sujet et travaillera sur les actions engagées en matière prévention,
de sensibilisation et, pourquoi pas, de formation au sein des établissements en
concertation avec eux.
Enfin, et comme d’habitude, je relève que vous ne parlez de la vie nocturne que
sous l’angle de ses difficultés contre lesquelles nous agissons pourtant fermement et en
particulier à Masséna-Solférino. À ce jour, Madame DUHAMEL, tout le monde, riverains,
professionnels, s’accorde sur le fait que, grâce à l’action conjointe des services de l’État
et de la Ville, grâce à l’action de Madame le Maire, de Jacques RICHIR pour faire
requalifier dix discothèques en bars, grâce à l’action de Jean-Claude MENAULT pour
recruter des agents de Police Municipale et installer, non pas huit caméras comme vous
le dites, mais bien 47 en plus cette année, la situation s’est améliorée. Elle n’est pas
parfaite mais notre travail paye et nous sommes déterminés à continuer dans ce sens.
Je ne vais pas non plus revenir sur ce qu’a dit Madame le Maire lors du Conseil
Municipal du 8 octobre au sujet des 300 policiers en renfort qui sont annoncés par Gérald
DARMANIN dans la métropole, car leur arrivée est une bonne nouvelle mais elle reste
insuffisante au regard des problématiques de délinquance que nous devons affronter.
Nous serons vigilants sur la concrétisation de cette promesse, ainsi que sur la répartition
des effectifs dans la métropole. Chacun se souvient que, en 2020, notre ville avait bien
peu bénéficié de renforts.
Pour toutes ces raisons, nous ne pourrons pas voter ce vœu car celui-ci arrive
bien après la bataille et des actions plus ambitieuses que celles décrites dans celui-ci sont
d’ores et déjà engagées.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je vous remercie.
Je mets au vote ce vœu.
Qui vote pour ? (Le groupe Faire Respirer Lille)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire)
Abstention ? (Le groupe Lille Verte)
Rejeté à la majorité, le groupe Lille en commun, durable et solidaire votant contre
et le groupe Lille Verte s’abstenant.
145
Je vous remercie.
Je passe la parole à Jérémie CRÉPEL sur le vœu sur l’énergie fossile.
Vœu du groupe Lille Verte « relatif au soutien de la Ville de Lille au traité de non-
prolifération des énergies fossiles et à son engagement continu afin d’atteindre
les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat »
Monsieur CRÉPEL - Madame la Maire, mes chers collègues,
Il y a un mois, quasiment jour pour jour, s’achevait la Conférence de Glasgow de
2021 sur les changements climatiques, dite « COP26 ».
S’assurer que l’on ne dépasse pas le +1,5 degré fixé par les Accords de Paris en
prenant en compte les énergies fossiles, principales responsables du dérèglement
climatique, voilà en quelques mots la mission donnée aux 197 pays participant à cette
COP.
Vous dire que le résultat de cette mission est décevant serait un euphémisme.
C’est un véritable échec. Les gouvernements, dont le nôtre, renoncent face aux lobbys,
très présents lors de la COP26, et signent un pacte qui mentionne, certes pour la première
fois, un objectif de réduction des énergies fossiles, sans évoquer le fait d’en sortir
définitivement, ni de se fixer un calendrier.
Du vent ! Voilà comment nos dirigeants traitent l’urgence climatique, après une
saison estivale marquée par des catastrophes environnementales dont le rythme
s’accélère au détriment de vies brisées et perdues.
Face à cette irresponsabilité, il nous semble essentiel que les villes passent à
l’action.
D’un côté, parce que les villes représentent un autre niveau de gouvernance, plus
proche des citoyennes et des citoyens, et qu’elles sont donc tout aussi légitimes à porter
ce combat.
Parce qu’elles sont aussi directement concernées par la hausse des
températures et de leurs conséquences. À l’échelle française, elles représentent 67 %
des émissions des gaz à effet de serre.
Lille n’est pas épargnée. Pour rappel, notre ville a été classée dans le top 3 des
villes touchées par le phénomène des îlots de chaleur urbains dans une récente étude de
France Info.
Il est vrai que la Ville de Lille s’est déjà prononcée en faveur du climat. Je pense
notamment à la déclaration de l’urgence climatique en 2019, sur proposition du groupe
écologiste du mandat précédent. Vous vous êtes également fixé des objectifs – on en a
146
parlé en début de conseil – en matière de réduction des gaz à effet de serre et de
neutralité carbone.
Ce soir, avec ce vœu, la Ville de Lille peut aller encore plus loin en soutenant
formellement l’appel international pour un traité qui mette fin à l’utilisation des
combustibles fossiles et soutienne une transition juste.
Au-delà de ce soutien, notre vœu propose que la Ville de Lille interpelle notre
gouvernement sur cette initiative et sur ses engagements climatiques en cessant tout
soutien aux investissements dans les combustibles fossiles dès 2022.
Si 26 villes internationales ont rejoint le mouvement depuis plusieurs années,
aucune ville française n’avait rejoint cet appel jusqu’à présent. Poitiers vient de le voter.
Une à une, les grandes villes de notre pays s’engagent à soutenir ce traité de non-
prolifération des énergies fossiles.
Madame la Maire, nous vous proposons ce soir de rejoindre cette dynamique, à
l’heure où les conséquences irréversibles de la hausse des températures s’amplifient et
sont une réalité quotidienne pour beaucoup.
À l’heure où les investissements, les nouvelles explorations des énergies fossiles
sont une aberration dangereuse pour notre planète et que d’autres énergies propres et
renouvelables existent et sont prêtes à porter le projet de transition énergétique, pour
notre survie, celle du vivant, nous vous invitons à voter favorablement ce vœu.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame LINKENHELD.
Madame LINKENHELD - Merci, Madame le Maire.
Nous voilà finalement revenus un peu à un moment de politique nationale, même
si le sujet du climat nous concerne tous. On a bien reconnu dans les termes de votre vœu
quasiment un copier-coller de la proposition de résolution à laquelle vous faites référence,
celle portée par Matthieu ORPHELIN qui, à l’époque, était encore le porte-parole de
Yannick JADOT. Il ne l’est plus aujourd’hui mais j’imagine qu’il reste d’accord sur le fond.
En tout cas, on retrouve bien les copier-coller de cette proposition de résolution.
Personnellement, je n’ai rien contre le contenu de ces copier-coller, mais je ne
peux pas complètement croire que ce soit un hasard que, dans les copier-coller, vous
n’ayez pas réussi à aller pour Lille au-delà de l’année 2019, que vous n’ayez pas réussi
à écrire et même à dire tout à l’heure qu’il y avait quand même un Plan climat à Lille
adopté en juin 2021. Cela doit être difficile pour vous de le dire, mais le temps ne s’est
pas arrêté en 2019, il s’est poursuivi depuis 2020. Je ne peux pas m’empêcher d’y voir
autre chose qu’un petit moment de politique nationale.
147
C’est une des raisons pour lesquelles nous ne retiendrons pas ce vœu, parce que
je pense que le climat mérite mieux, mais il y a une raison plus profonde. Encore une fois,
nous sommes d’accord avec l’idée que porte ce vœu d’aller le plus loin possible dans la
décarbonation de l’énergie, le plus loin possible dans l’attention que l’on porte à ceux qui
financent nos investissements, dans la manière dont on regarde nos emprunts. Je vous
ai d’ailleurs présenté en commission un état d’analyse de nos financeurs et de la façon
dont ils se comportent en matière fossile. Je vous ai dit aussi que nous essaierons le plus
possible de nous faire financer par des gens qui sont vertueux du point de vue de
l’utilisation des énergies fossiles, à la réserve près que la Banque des territoires est un
des principaux financeurs des collectivités et que ce n’est pas forcément la banque la
mieux notée, en tout cas dans le tableau dont je dispose, par rapport à d’autres. Bref…
Ce n’est pas une question de fond.
Néanmoins, je ne pense pas que ce vœu ait sa place ici, ni en ce qui concerne
l’interpellation nationale. Je ne crois pas que ce soit à Lille, par exemple, de dire ce qu’il
en est de la Lorraine, de la même manière que nous n’accepterions pas forcément que,
dans des conseils municipaux de Lorraine, on s’exprime sur des sujets lillois, même s’ils
sont d’intérêt général.
En l’occurrence, je pense que c’est là une interpellation plutôt supranationale
puisque vous demandez, y compris, que le Gouvernement discute avec les autres États.
Pour moi, cela se situe à l’échelon international et même plus précisément européen. À
l’échelon européen, la Ville de Lille est membre d’Energy Cities, qui représente les
collectivités engagées sur ces questions d’énergie et de climat. En l’occurrence, Energy
Cities relaie les propositions de ce vœu, de la résolution et relaie donc finalement la voix
de Lille à l’échelle européenne et internationale. Sur le fond, les choses seront donc
portées. Vous pouvez compter sur nous là-dessus.
Néanmoins, je propose de ne pas retenir ce vœu pour les autres raisons que j’ai
évoquées.
Madame le Maire - Merci.
Je mets aux voix ce vœu.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille Verte)
Qui vote contre ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire)
Qui s’abstient ? (Le groupe Faire Respirer Lille)
Je vous remercie.
Rejeté à la majorité, le groupe Lille en commun, durable et solidaire votant contre
et le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant.
Nous passons à la question orale de Madame Ingrid BRULANT.
148
Question orale du groupe Faire Respirer Lille sur Lille 3000
Madame BRULANT-FORTIN - Merci. Je sais qu’il est presque minuit, je vais
poser notre question le plus rapidement possible.
Il y a quelques jours, vous avez, Madame le Maire, présenté à la presse le
programme de la prochaine édition de Lille 3000, intitulée Utopia, qui aura lieu de mai à
octobre 2022.
Pour ceux qui nous écoutent et qui ne voient pas très bien de quoi il s’agit, Lille
3000 est cette méga association culturelle financée à 70 % par des fonds publics qui a
été créée après Lille 2004, capitale européenne de la culture. C’est elle par exemple qui
organise tous les deux ou trois ans les grandes parades rue Faidherbe.
En termes de marketing, il ne fait aucun doute que Lille 2004 et l’élan qui a suivi
ont changé l’image de Lille, l’image de marque. Nous ne sommes pas de ceux qui disent
que tout cela n’est que du buzz pour faire exister Lille dans les médias nationaux.
Notre groupe Faire Respirer Lille se réjouit du thème que vous avez choisi pour
l’édition 2022, la nature. Nous nous félicitons également que, pour cette édition, les
communes de la métropole lilloise soient plus largement impliquées, c’est plus d’impact
de la dépense publique sur plus d’habitants.
Nous sommes en revanche beaucoup plus circonspects sur les retombées réelles
de cet événement à 9 M€ que vous qualifiez par avance de « grandiose », « inédit », etc.
En fait, en vous écoutant, on s’imagine déjà à la conférence de presse post-
événement, celle qui présentera en 2022 les photos de foule devant la parade, le
spectacle pyrotechnique sur la grand-place, les Moss People, ces petits vagabonds des
forêts nordiques, rue Faidherbe, qui auront amusé les visiteurs du monde entier ; une
grande conférence de presse qui, comme pour l’édition Eldorado en 2019, agglomérera
tous les chiffres de fréquentation des établissements culturels de la métropole sur six
mois.
Sauf que – tout le monde le sait et je ne serai pas la première élue locale à le dire
– ces calculs de fréquentation ne veulent pas dire grand-chose, les études d’impacts sont
gonflées et l’envers du décor sur le terrain lillois de la culture au quotidien est bien moins
sympathique.
Lille 3000 absorbe une part importante du budget culture de la Ville de Lille et
bénéficie d’une véritable assurance-vie. C’est beaucoup plus galère pour d’autres
associations culturelles de la ville.
Au gré des éditions Lille 3000, elles se trouvent transformées en sous-traitantes
de Lille 3000 et doivent mettre de côté leurs propres créations. Pour ces associations et
149
lieux partenaires, en recherche de subventions, il est impossible de refuser la manne
offerte par Lille 3000.
Cette question que j’ai l’honneur de porter à presque minuit, parce que
l’hégémonie de Lille 3000 nous interpelle tous au sein de Faire Respirer Lille, cette
question que j’ai préparée avec Violette SPILLEBOUT tient en cinq points ; vous les
connaissez, mais vous n’y avez pas encore répondu. Mais vous savez, nous, nous ne
baissons pas les bras, c’est la force de notre collectif et c’est notre devoir de conseiller
municipal.
- Que sont devenues les sommes versées par les contribuables lillois au titre
de l’année 2020, en l’absence d’évènement ?
- Que sont devenus les 5 M€ de trésorerie placés dans l’immobilier, dénoncés
par la Chambre Régionale des Comptes en 2019 ? Vous disiez, Madame
l’Adjointe, que l’argent public n’est pas fait pour être thésaurisé, mais pour
servir l’action.
- Face aux critiques de cette Chambre des Comptes sur les retombées réelles
de l’événement (65 M€ pour l’édition 2015 et non les abracadabrantesques
150 M€ qui avaient été annoncés), aurons-nous cette fois, en 2022, des
indicateurs fiables d’évaluation – c’est un peu complexe d’évaluer tout cela,
mais ce n’est pas la mer à boire –, des comparaisons solides avec la
Biennale de Lyon ou le Festival Normandie Impressionniste ?
- Voyant que l’ancien directeur de Lille 3000 continue d’émarger dans l’équipe
de Lille 3000 en tant que conseiller, quand mettrez-vous en place une règle
de limitation des cumuls de salaires pour ces structures financées par la
Ville ? Nous, c’était dans notre programme.
- Pourquoi refusez-vous face aux critiques des élus locaux qui se sont
succédés ici dans ce conseil, des acteurs de la culture et de la presse, de
lancer un audit général de Lille 3000 par un organisme indépendant ?
Je vous le dis, j’en suis absolument convaincue, la fête, en 2022, en serait
beaucoup plus sereine.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame BRESSON.
Madame BRESSON - Madame BRULANT-FORTIN, pour faire suite à ce qu’ont
répondu à votre groupe Monsieur RICHIR et Monsieur TAISNE, les fake news qui se
répandent dans cette assemblée relèvent pour vous de la surdité chronique, je crois,
parce qu’à plusieurs reprises, vous nous posez cette question, toujours avec un ton très
mielleux au départ, et puis cela vire vers le fielleux. Cela devient un exercice assez
habituel, finalement, au regard des conseils municipaux qui se succèdent et, hélas, se
ressemblent lorsque vous abordez ces questions. Je reviens donc rapidement dessus,
mais, encore une fois, en priant mes collègues de la Majorité de m’excuser pour ces
répétitions.
150
Vous dites donc, dans le texte que vous nous avez adressé, que Lille 3000
absorbe le quart du budget de la culture en 2021. Je le répète, le budget de la culture, si
vous rembobinez les replays du Conseil Municipal, vous verrez qu’en 2021, il s’élevait à
44,2 M€, que la subvention à Lille 3000 était de 2 625 000 €, soit 600 000 € de moins que
les éditions précédentes. Pourquoi ces 600 000 € – cela fait 6 % du budget de la culture
– pourquoi ces 600 000 € en moins ? Parce que cet argent a été dévolu, d’une part, au
financement du programme de l’été, le programme Voyage Voyages, pendant la crise
sanitaire et, d’autre part, pour abonder le fonds d’aide exceptionnelle qui a été attribué
aux associations qui en avaient besoin, fonds de 1 M€, auquel Lille 3000 a abondé à
hauteur de 250 000 €.
J’ajoute, si c’était nécessaire, que la Ville de Lille dispose d’un règlement financier
de ses subventions, qui vise évidemment à sécuriser l’ensemble des relations entre la
Ville et ses partenaires pour des subventions qui dépassent 15 000 €. Vous ne serez pas
surprise, je l’espère, ce règlement financier s’applique évidemment à Lille 3000, avec, par
ailleurs, une convention d’objectifs et de moyens triennale, et tout cela répond aux
recommandations de la Chambre Régionale des Comptes.
Encore une fois, pour les questions précises que vous nous posez :
« Quelles sont les sommes qui ont été versées par la Commune au titre de
l’année 2020 ? »
Je viens de vous le dire, elles ont été affectées à la gare Saint-Sauveur pour
l’animation de Voyage Voyages et pour abonder le fonds d’aide exceptionnelle. Par
ailleurs, pendant l’été, Lille 3000 a porté trois expositions, malgré des conditions
sanitaires contraignantes. Ces expositions ont rassemblé plus de 8 000 visiteurs, ils ont
rassemblé sur six week-ends estivaux des partenaires culturels importants pour notre
ville : Le Prato, Métalu, le Cirque du Bout du Monde, la compagnie Art-Track, la
compagnie du Tire-Laine et environ 23 500 spectateurs.
À l’automne 2020, deux expositions ont été organisées dans le cadre de la
Capitale du design, avec 21 000 visiteurs, 7 week-ends et encore de nouveaux
partenaires locaux : Les Jardins électroniques, Muzzix, Wazemmes l’Accordéon, Comme
à la Radio, Latitudes Contemporaines, etc.
En réalité, seulement deux week-ends ont été annulés du fait du confinement
appliqué à partir du 30 octobre. Ce sont 51 000 visiteurs qui ont été accueillis.
Pour ce qui concerne les millions d’euros de trésorerie qui seraient placés dans
l’immobilier et dénoncés par la Cour des Comptes, d’abord, il semble qu’il y ait une
confusion entre les valeurs mobilières et le placement immobilier. Je rappelle simplement
que l’association Lille 3000 n’est propriétaire d’aucun bien immobilier, que les valeurs
mobilières de placement sont un outil financier à court terme dont les associations
peuvent faire usage pour améliorer leur situation de trésorerie. De fait, la CRC, dans sa
troisième recommandation, ne remet pas en question le dispositif, mais préconise « de
soumettre systématiquement au Conseil d’administration les placements de fonds, ainsi
151
que les options prises et de lui rendre compte des résultats ». Évidemment, cela a été
suivi d’effet et c’est d’ailleurs le cas désormais, puisqu’il y a une présentation
systématique en Conseil d’administration et également une transmission à la DRAC et à
l’ensemble des partenaires publics.
« Face aux critiques de la Chambre des comptes sur l’impact insuffisant de cet
événement, avez-vous mis en place des indicateurs plus fiables d’évaluation ? », cette
question revient systématiquement, vous nous demandez comment nous mesurons
l’impact de Lille 3000. D’une part, les associations, lorsqu’elles remettent leur bilan,
doivent nous fournir des bilans qualitatifs et quantitatifs de fréquentation des expositions.
Une étude d’impact économique, par ailleurs, a été réalisée pour ce qui concerne l’édition
Eldorado, et je vous invite à la regarder parce qu’elle est extrêmement intéressante. Cette
étude a été réalisée pour le compte de l’Observatoire du tourisme métropolitain, pour
mieux connaître la dimension touristique des grands événements culturels comme les
saisons Lille 3000 et, en l’occurrence, il s’agissait de la saison Eldorado. Cette étude a
été réalisée auprès de plus de 5 000 personnes pendant les 10 mois de la saison.
Je vous en donne les résultats :
- fréquentation : 466 000 visiteurs uniques, hors scolaires ;
- 75 % de ces visiteurs provenaient de la MEL, 26 % de territoires extérieurs
à la MEL, 12 % de touristes, 14 % d’excursionnistes ;
- sur la totalité des visiteurs métropolitains, 35 % venaient de Lille ;
- toutes les classes d’âges étaient représentées et toutes les catégories
socioprofessionnelles ;
- 98 % des visiteurs ont déclaré avoir été satisfaits par la programmation
d’Eldorado, voire 71 % très satisfaits ; nous avons les mêmes scores chez
les métropolitains.
Enfin, sur l’impact économique, sachez que les 15 M€ de dépenses réalisées par
le public extérieur ont été comptabilisées, ce qui signifie que 1 € investi par la MEL et la
Ville de Lille a généré 3,5 € qui ont été injectés dans le tissu économique métropolitain.
C’est ce chiffre que, j’espère, vous allez pouvoir retenir.
Nous allons nous en arrêter avec cet élément, puisque je sais que vous
reviendrez avec toujours la même constance sur cette question désormais récurrente, ce
sera toujours avec la transparence que je vous répondrai, mais peut-être un peu moins la
même patience.
Merci.
Madame le Maire - Je rappelle le chiffre : 6 % du budget de la culture pour
Lille 3000 ; vous regardez les chiffres dans le budget, et comme l’a très bien dit Marie-
Pierre, dans ce que nous versons chaque année, une partie est mise de côté pour financer
la grande saison, et c’est ce que font aussi la Métropole et la Région, parce que c’est une
façon de préparer.
152
Je vous conseille aussi de regarder le coût des événements dans d’autres
grandes villes, que je ne citerai pas, des événements qui, parfois, durent quatre ou cinq
jours. Là, effectivement, c’est un événement qui coûte 9 M€, qui s’applique à l’ensemble
des villes – cette fois-ci – de la métropole, à une grande partie de grandes villes de la
région, et aussi, mais nous ne le finançons pas, Courtrai et Tournai qui nous
accompagnent.
Je n’irai pas plus loin mais je vous rappelle, parce que pour moi c’est essentiel,
que le premier élément du budget de la culture, soit plus de 20 % du budget, est
l’éducation artistique des enfants lillois ; pour nous, c’est majeur, mais ce sont des faits.
Là encore, Marie-Pierre a raison, ce soir, je ne sais pas ce qui s’est passé… Enfin
si, malheureusement, je le sais, mais les faits sont têtus et on ne peut pas dire en
permanence le contraire. Je suis heureuse actuellement d’accueillir dans notre ville toutes
les villes qui sont candidates – parce que maintenant, c’est pour 2030 – à être capitale
européenne de la culture. C’est étonnant parce que toutes ces villes viennent nous voir
en disant : « Vous êtes le modèle, on voudrait comprendre comment vous faites pour faire
que ce soit un événement si populaire, etc. » ; toutes ces villes s’en rendent compte, et il
n’y a qu’une partie de notre Opposition ici d’élus qui ne s’en rendent pas compte ; est-ce
de la mauvaise foi, de l’incompréhension ou de l’incompétence ? Je n’en sais rien. En tout
cas, cela questionne quand cela revient Conseil après Conseil, mais peut-être y a-t-il
d’autres raisons que je préfère ne pas aborder ce soir.
Merci, Madame BRESSON.
Je mets aux voix les dossiers qui ne donnent pas lieu à des votes séparés : 2, 3,
4, 6, 10, 12, 14, 16, 18, 19, 21, 22, 24, 26, 28, 32, 33, 34, 35, 37, 39 et 41. (Unanimité)
Chemise 2
COMMUNE ASSOCIEE DE LOMME Rapporteur : Roger VICOT
Maire de Lomme
21/543 Commune associée de Lomme - Subventions exceptionnelles aux
associations sportives au titre de l'année 2021.
Adoptée.
21/544 Commune associée de Lomme - Maison du citoyen - Subventions 2021.
Adoptée.
(Jean-Claude MENAULT ne prend pas part au vote.)
153
21/545 Commune associée de Lomme - Humanicité - Médiation sociale -
Subvention à Citéo 2021.
21/546 Commune associée de Lomme - Subvention à l'Union Nationale des
Combattants de Lomme.
Adoptées.
21/547 Commune associée de Lomme - Subvention à l'association Les AJOnc
(Les Amis des Jardins Ouverts et Néanmoins Clôturés).
Adoptée.
(Audrey LINKENHELD et Jean-Claude MENAULT ne prennent pas part au vote.)
21/548 Commune associée de Lomme - Subvention exceptionnelle 2021 de la
Commune associée de Lomme à la section lommoise du Centre
Communal d'Action Sociale.
Adoptée.
(Arnaud DESLANDES, Martin DAVID-BROCHEN, Justine RATELADE, Marie-
Christine STANIEC-WAVRANT, Sylviane DELACROIX, Ali DOUFFI, Faustine
BALMELLE et Roger VICOT ne prennent pas part au vote.)
21/549 Commune associée de Lomme - Réussite scolaire : dispositifs
d'accompagnement à la scolarité - Actions Lomme Educ’ 2021-2022 -
Clubs « Coups de pouce lecture écriture » (CLE).
21/550 Commune associée de Lomme - Conventions entre la Ville et les
associations.
21/551 Commune associée de Lomme - Avance sur les subventions consenties
aux associations au titre de l'année 2022.
Adoptées.
21/552 Commune associée de Lomme - Gare de Lomme - Protocole d'accord
entre les sociétés SNCF Voyageurs et SNCF Réseau, et la Ville.
Adoptée.
(Violette SPILLEBOUT ne prend pas part au vote.)
21/553 Commune associée de Lomme - Renouvellement du marché
d'organisation de séjours en classes de découvertes pour les écoles
publiques de Lomme.
21/554 Commune associée de Lomme - Marché de Noël 2021.
154
21/555 Commune associée de Lomme - Lomme en TransitionS : Horizon 2030 -
Délibération-cadre - Feuille de route.
21/556 Commune associée de Lomme - Entrée dans le réseau
d'accompagnement de la Fabrique des Transitions.
Adoptées.
Chemise 3
COMMUNE ASSOCIEE D’HELLEMMES Rapporteur : Franck GHERBI
Maire d’Hellemmes
21/557 Commune associée d'Hellemmes - Versement de subventions de
fonctionnement aux associations de parents d'élèves.
Adoptée.
Chemise 4
TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET Rapporteur : Audrey LINKENHELD
DÉVELOPPEMENT SOUTENABLE 1ère Adjointe au Maire
21/558 Maison Régionale de l'Environnement et des Solidarités - Subvention
pour l'exercice 2021.
Adoptée.
ENERGIE
21/559 Rénovation de l'éclairage public - Rénovation énergétique et bas carbone
de l'école élémentaire Thierry Launay - Fonds de concours de la
Métropole Européenne de Lille (MEL) pour la transition énergétique et
bas carbone du patrimoine communal - Conventions entre la MEL et la
Ville - Admission en recettes.
Adoptée.
FINANCES
21/560 Véhicules et matériels municipaux - Demande à l'Etat de procéder à leur
aliénation avec publicité et concurrence.
155
21/561 Régime des amortissements des immobilisations induit par l'adoption de
l'instruction comptable M57 au 1er janvier 2021 - Modification de la
délibération n° 20/457 du 11 décembre 2020.
21/562 Actualisation des tarifs des services municipaux pour 2022.
Adoptées.
Chemise 6
ECOLES Rapporteur : Charlotte BRUN
Adjointe au Maire
21/571 Versement de subventions à l'OCCE du Nord.
21/572 Désaffectation d'un des deux logements de fonction enseignants
attenants à l'école Lalo Clément sis 1 rue des Déportés à Lille.
21/573 Fournitures scolaires gratuites - Subvention à l'association
TIPINOUZOTES - Accompagnement d'écoles pilotes.
Adoptées.
PROJET ÉDUCATIF GLOBAL
21/574 Plan annuel d'actions du Projet Educatif Global - Soutien aux
associations.
Adoptée.
(Charlotte BRUN et Anne GOFFARD ne prennent pas part au vote.)
CONSEIL MUNICIPAL D’ENFANTS
21/575 Conseil Municipal d'Enfants - Mandat 2021-2023 - Composition -
Modification.
Adoptée.
156
Chemise 10
HABITAT Rapporteur : Anissa BADERI
Adjointe au Maire
21/607 Appel à projets Habitat 2021 - Subvention aux associations SOLIHA ET
EOLE.
Adoptée.
HABITAT DURABLE ET INNOVANT
21/608 Aides Habitat durable, Transition écologique et Façades.
21/609 Habitat Ancien - Subvention à l'Association des Responsables de
Copropriétés (ARC) des Hauts de France au titre de l'année 2022 -
Convention entre l'association et la Ville.
Adoptées.
LUTTE CONTRE L'HABITAT INDIGNE ET VACANT
21/610 Quartier Lille-Moulins - Travaux de requalification de la Cour Casier
située 100-102, rue des Meuniers - Avenant n° 1 à la convention entre la
Métropole Européenne de Lille et la Ville.
Adoptée.
Chemise 12
INCLUSION DES PERSONNES Rapporteur : Sylviane DELACROIX
EN SITUATION DE HANDICAP Adjointe au Maire
21/613 Subventions destinées aux organismes à caractère social - Personnes en
situation de handicap.
Adoptée.
157
Chemise 14
NOUVEAU PROGRAMME NATIONAL Rapporteur : Estelle RODES
DE RENOUVELLEMENT URBAIN Adjointe au Maire
21/614 Quartier Lille-Sud - Secteur « Simons » - Programme métropolitain de
requalification des quartiers anciens dégradés (PMRQAD) - Avenant n° 3
à la convention entre la Métropole européenne de Lille, la SPLA la
Fabrique des quartiers et la Ville.
Adoptée.
(Anissa BADERI et Estelle RODES ne prennent pas part au vote.)
RELATIONS AVEC LA FONCIÈRE LOGEMENT
21/615 Lutte contre l'habitat indigne - Avenant n° 1 à la convention pluriannuelle
de coopération « Investissement et Mixité » entre la Métropole
Européenne de Lille, l'Association Foncière Logement et la Ville relative
aux modalités d'intervention du dispositif Digneo.
Adoptée.
(Anissa BADERI et Estelle RODES ne prennent pas part au vote.)
ACHATS TRANSVERSAUX
21/616 Autorisation de signer les marchés après passage en Commission
d'Appel d'Offres.
21/617 Fourniture de carburants pour les services municipaux de la Ville de Lille
et ses Communes associées d'Hellemmes et de Lomme - Appel d'offres
ouvert.
Adoptées.
Chemise 16
SANTÉ Rapporteur : Marie-Christine STANIEC-WAVRANT
Adjointe au Maire
21/618 Soutien aux Organismes de Santé - Alimentation - Appel à Projets 2021 -
Subventions aux associations.
21/619 Ambassadeurs de santé - Appel à projets 2021.
Adoptées.
158
HÉBERGEMENT D'URGENCE
21/620 Hébergement d'urgence - Subventions destinées aux associations et
maraudes.
Adoptée.
RECENSEMENT
21/621 Recensement de la population - Année 2022 - Rémunération des agents
recenseurs - Dotation de l'Etat.
Adoptée.
Chemise 18
EGALITÉ ENTRE LES Rapporteur : Alexandra LECHNER
FEMMES ET LES HOMMES Adjointe au Maire
21/623 Délégation Droits des femmes - Subventions aux associations.
Adoptée.
Chemise 19
CONSEIL DE LA NUIT Rapporteur : Arnaud TAISNE
Adjoint au Maire
21/624 Conseil lillois de la nuit - Composition et fonctionnement - Modification.
Adoptée.
Chemise 21
ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE Rapporteur : Martin DAVID-BROCHEN
Adjoint au Maire
21/629 Economie Sociale et Solidaire - Subvention à l'association Le Labo de
l'ESS.
Adoptée.
159
RESSOURCES HUMAINES
21/630 Plan pluriannuel de formation 2022-2025.
21/631 Forfait « mobilités durables » pour les déplacements domicile-travail des
agents.
21/632 Personnel municipal - Entretien des vêtements de travail de certains
personnels municipaux - Prime de salissure.
21/633 Département d'éducation et d'enseignement artistiques - Taux de
rémunération des intervenants artistiques.
Adoptées.
RELATIONS SOCIALES
21/634 Personnel Municipal - Comité des Œuvres Sociales - Subvention de
fonctionnement - Année 2022.
Adoptée.
Chemise 22
VIE ASSOCIATIVE Rapporteur : Marielle RENGOT
Adjointe au Maire
21/635 Vie associative - Subvention à l'association France Bénévolat Nord.
21/636 Vie associative - Subvention à plusieurs associations - Aide au
démarrage.
Adoptées.
160
Chemise 24
RISQUE PANDEMIQUE Rapporteur : Anne GOFFARD
Adjointe au Maire
21/668 Mise en place d'un centre de vaccination provisoire au 53, Boulevard de
Metz à Lille - Convention cadre entre les partenaires.
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN, Marie-Christine STANIEC-WAVRANT et Jacques
RICHIR ne prennent pas part au vote.)
Chemise 26
BIBLIOTHÈQUES Rapporteur : Catherine MORELL-SAMPOL
ET MÉDIATHÈQUES Adjointe au Maire
21/640 Bibliothèque municipale - Renouvellement de la convention de mise à
disposition de conservateurs d'Etat à la Bibliothèque municipale.
Le Conseil Municipal prend acte
21/641 Bibliothèque municipale - Contrat de prêt d'œuvre au Musée royal de
Mariemont autorisé par délibération n° 21/373 du Conseil Municipal du 29
juin 2021 - Avenant n° 1 portant modification des dates de prêt.
Adoptée.
Chemise 28
EURACLIMAT Rapporteur : Julien PILETTE
Adjointe au Maire
21/642 EuraClimat - Contrat de licence de marque entre la Ville de Lille et la
Métropole Européenne de Lille.
Adoptée.
161
Chemise 32
ACCÈS AUX VACANCES ET LOISIRS Rapporteur : Eddie JACQUEMART
Conseiller Municipal délégué
21/644 Dispositif « Tous en vacances ! » - Convention 2022 entre la Ville de Lille
et la SNCF.
Adoptée.
(Violette SPILLEBOUT ne prend pas part au vote.)
21/645 Dispositif « Tous en Vacances ! » - Modifications des conditions
d'attribution et du montant de la bourse d'aide au transport.
Adoptée.
Chemise 33
PETITE ENFANCE Rapporteur : Camille STIEVENARD
Conseillère Municipale déléguée
21/646 Association Point Rencontre Nord - Mise à disposition les samedis de la
Halte-Garderie Les P'tits Minouches située au 2 rue de la Loire à Lille -
Gratuité.
Adoptée.
Chemise 34
SENIORS Rapporteur : Justine RATELADE
Conseillère Municipale déléguée
21/647 Seniors - Subventions destinées aux associations - Appel à projets 2021.
Adoptée.
POLITIQUES INTERGÉNÉRATIONNELLES
21/648 Politiques intergénérationnelles - Subventions destinées aux
associations.
Adoptée.
162
Chemise 35
PATRIMOINE Rapporteur : Didier JOSEPH-FRANCOIS
Conseiller Municipal délégué
21/649 Travaux de restauration du clos couvert de l'Eglise Saint Pierre Saint
Paul, de mise hors d'eau de l'Eglise du Sacré Cœur et de restauration des
toitures de l'Eglise Saint Michel à Lille - Appel d'offres ouvert.
Adoptée.
Chemise 37
INNOVATION ÉCONOMIQUE Rapporteur : El Madani OULKEBIR
DANS LES QUARTIERS Conseiller Municipal délégué
21/650 Projet « Quartiers Innovants et Entreprenariat » - Fédération des Centres
d'Insertion (FCI).
Adoptée.
Chemise 39
FERME PÉDAGOGIQUE Rapporteur : Pierre POSMYK
Conseiller Municipal délégué
21/659 Ferme pédagogique - Subvention à l'association Animavia - Versement
du solde.
Adoptée.
Chemise 41
CONSEIL LILLOIS DE LA JEUNESSE Rapporteur : Beverley JOLIET
Conseillère Municipale déléguée
21/667 Conseil Lillois de la Jeunesse - Fixation de la composition du conseil
pour l'année 2021-2022.
Adoptée.
163
Je vous remercie, je vous souhaite une bonne matinée et surtout je vous souhaite
de passer ces fêtes de fin d’année en famille ou avec des amis, comme vous le souhaitez,
et de revenir en forme en début d’année.
Merci beaucoup.
(La séance est levée à 0 heure 10.)
164
PDF https://www.lille.fr/content/download/308685/3433634/file/s%C3%A9ance+du+10+d%C3%A9cembre+2021.pdf
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