29 juin 2021
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délibérations
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Autres decisions
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Urbanisme & Travaux
Synthèse par thème
et n° 8, avec là aussi un certain
et, bien sûr, le critère de l’intérêt du projet
à la convention de
aux marchés
au marché de maîtrise d’œuvre concernant trois
de la concession d’agrément
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Au marché de maîtrise d’œuvre concernant trois
Et n° 8, avec là aussi un certain
— et, bien sûr, le critère de l’intérêt du projet
De la concession d’agrément
Document intégral
424 207 car.
Procès-verbal de la séance du 29 juin 2021. - 1 / 1 - PROCES VERBAL de la séance du Conseil Municipal du 29 juin 2021 La séance est ouverte à 17 heures 17 sous la présidence de Madame Martine AUBRY, Maire de Lille. Madame le Maire - Bonsoir mes chers collègues. Je demande à Beverley JOLIET de bien vouloir faire l’appel. (Il est procédé à l’appel par Beverley JOLIET.) Etaient présents : Groupe Lille en commun, durable et solidaire : M. AGOUNI, MME. AUBRY, MMES. BADERI, BLAS, BRESSON, BRUN, MM. CAREMELLE, DAVID-BROCHEN, MME DELACROIX, MM. DENDIEVEL, DESLANDES, DUHEM, MME GAUTIER, M. GHERBI, MMES GOFFARD, GOMIS, MM. HANOH, JACQUEMART, MME. JOLIET, M.JOSEPH- FRANCOIS, MME. LECHNER, M. LEPETIT, MME. LINKENHELD, MM. MARTIN, MENAULT, MMES. MORELL-SAMPOL, MOUNIER-VEHIER, MM. OULKEBIR, OURAL, PIANEZZA, PILETTE, POSMYK, MMES RATELADE, RENGOT, M. RICHIR, MMES. RODES, STANIEC-WAVRANT, STIEVENARD, M. TAISNE, MME. TROTTEIN, M. VICOT. Groupe Lille Verte : M. AL DANDACHI, MME. BALMELLE, M.BALY, MME. BOCQUET, M.BONNET, MME. CAMARA, M. CREPEL, MME. DABIT, MM. GUIZIOU, LOUCHART, MMES. NICOLAS, SEDOU. Groupe Faire Respirer Lille : MME BRULANT-FORTIN, MM. CHARLES, DOUFFI, MMES. DUHAMEL, SPILLEBOUT. Etaient excusés : Groupe Lille en commun, durable et solidaire : MMES. LIBERT (pouvoir), SABE (pouvoir). Groupe Faire Respirer Lille : M.LEBAS (pouvoir) Madame le Maire - Merci beaucoup. Je vous salue toutes et tous. Je suis heureuse que l’on puisse aujourd’hui se retrouver ensemble au complet, en présence des journalistes que nous avons souhaité faire venir, même si nous ne pouvons pas encore avoir la présence du public, mais c’est déjà, pour ce dernier Conseil Municipal avant l’été, un plaisir de se retrouver tous ensemble. Comme vous le savez, ce Conseil est retransmis en direct sur le site internet de la Ville et sur Facebook. Pour la première fois, nous allons le retransmettre en vélotypie, c’est-à-dire qu’un sous-titrage des débats est réalisé à partir d’un clavier spécifique qui permet de transcrire par écrit à l’écran, quasiment immédiatement à deux ou trois secondes près, nos expressions de ce Conseil, ce qui est évidemment une très bonne chose pour les personnes malentendantes dans le cadre de la Ville durable inclusive et en mouvement. Je le dis en saluant le travail de Sylviane DELACROIX et des services. En ce qui concerne le carnet, je veux dire le bonheur que nous avons tous à accueillir, mon cher Valentin, ta petite fille, Suzanne, qui est née le 23 mai dernier. Nous te redisons, ainsi qu’à ta compagne Capucine, nos chaleureuses félicitations. Malheureusement, il n’y a pas que des bonnes nouvelles, il y a aussi eu beaucoup de décès ces derniers mois. Je voudrais commencer par saluer André FLORENCE, un ancien adjoint au Maire, qui est décédé le 7 juin dernier dans sa 93e année. C’était un militant communiste, résistant actif, qui a participé notamment à la libération de Loos et qui a fait une brillante carrière professionnelle puisqu’il a terminé directeur général adjoint chez EDF-GDF. Il a été adjoint au Maire de Lille de 1989 à 2001, délégué à l’emploi, à la formation professionnelle, puis à la propreté et il s’est investi avec beaucoup de passion dans l’ensemble de ces questions. C’est quelqu’un pour lequel j’avais une très grande admiration. De plus, c’était un homme extrêmement sympathique et ouvert, qui passait son temps dans les quartiers auprès des gens, et cetera. C’est vraiment quelqu’un pour lequel j’avais beaucoup d’affection et je pense que ceux qui l’ont connu aussi. Il avait quitté Lille depuis une dizaine d’années pour s’installer à Veules-les- Roses, c’est d’ailleurs là qu’il a été enterré. Je pense qu’il restera ancré dans la mémoire collective de la Ville comme un élu tout à fait exemplaire à tous points de vue, tant dans sa vie personnelle, dans ses engagements personnels, syndicaux et politiques que dans ses fonctions. Je voudrais à nouveau adresser à Dominique, son fils, cet hommage et nos pensées. Il y a aussi, dans la Ville mais aussi dans le monde des Palmes académiques et de l’Education nationale, le regret pour nous tous d’avoir appris le décès, à la suite d’une longue maladie, de Michèle RACKELBOOM. Certains d’entre vous le savent, notamment Charlotte BRUN, Catherine MORELL-SAMPOL, elle était Vice-présidente de l’association 2 des membres de l’ordre des Palmes académiques, mais, surtout, elle était la responsable du salon du livre ancien de Lille, un rendez-vous convivial pour les amoureux de la littérature, mais aussi un outil pédagogique pour la jeunesse lilloise. Elle s’occupait aussi de tout ce qui était accès des jeunes à la lecture et à l’écriture. Là aussi, c’était une véritable républicaine consciente de l’importance de l’éducation et de la lecture pour l’émancipation des jeunes. J’adresse à Thibaut et Alexis, ses fils, et à Alain, son mari, toutes nos amitiés dans ce moment douloureux. Des mots aussi pour un décès qui nous a beaucoup touchés, tant il a été extrêmement brutal pour un jeune de nos quartiers, Djawad EL KAHLAOUI, que nous connaissions tous très bien. Il était d’abord agent de la Ville, adjoint technique à l’école Joseph LAKANAL-CAMPAN, une figure importante de Faubourg de Béthune qui était attachée au vivre ensemble. Il avait porté l’atelier des quartiers pour faire entendre la voix des quartiers. Il avait déposé des dossiers au budget participatif où il avait très largement été retenu par les Lillois et par les Lilloises. Je voudrais renouveler à sa famille, en particulier à sa mère, à ses enfants, Baifane et Hilel, et à son épouse nos chaleureuses pensées de soutien. Une autre personnalité lilloise nous a quittés des suites du Covid, Philomène BITOUMBOU, qui était une femme très engagée elle aussi sur le Plan associatif. Elle avait fondé l’association Espace de rencontre et d’échanges culturels en 2004, association qui regroupait des habitants de Lille-Sud. Elle avait notamment organisé chaque année la fête de la Saint-Nicolas avec les habitants, là aussi pour le vivre ensemble – ce sont un peu les deux liens entre Djawad et Philomène. Elle était conseillère du quartier de Lille- Sud. Nous nous associons par la pensée à son époux Claude et à ses enfants. J’ai une pensée pour Éric D’HARLINGUE, qui nous a quittés le 15 mai dans un accident de plongée au large de Cavalaire-Sur-Mer. C’était un moniteur fédéral qui a présidé le club sous-marin du Nord pendant 30 ans. Il faisait également des sessions de plongée à la piscine Marx Dormoy. C’était aussi une figure très appréciée dans le monde sportif et, là aussi, nous pensons à sa famille. Je crois qu’il était important de saluer chacune de ces personnalités qui, chacune dans leur domaine, étaient très engagées dans notre Ville. Je veux rappeler aussi – et je l’en ai bien sûr félicité – que Jean-Louis CALLENS a été promu dans l’Ordre du Mérite le 21 mai dernier. Je ne parle pas de Jean-Louis CALLENS, tout le monde le connaît et sait le travail extraordinaire qu’il fait comme secrétaire général du Secours populaire dans le Nord, avec l’énergie et l’abnégation qu’on lui connaît et tous les bénévoles qui l’accompagnent. C’est l’occasion pour moi de vous dire que l’édition 2021 de Solid’Art a été un succès tout à fait important, les 4, 5 et 6 juin à l’hôtel de Ville. On est d’ailleurs convenu de poursuivre la réalisation à l’hôtel de Ville. Elle a permis de collecter 190 000 € pour la 3 campagne vacances du Secours populaire. Merci encore à toi, Jean-Louis, et à tous les militants de la solidarité – comme tu aimes le dire – du Secours populaire. Vous l’avez peut-être vu dans la presse, il y a eu un mouvement important à la Direction départementale de la sécurité publique de Lille. Monsieur PAPINEAU, qui était DDSP jusqu’à présent, a été nommé directeur zonal de la sécurité publique, c’est-à-dire qu’il coordonne l’ensemble des DSP de la région. C’est Thierry COURTECUISSE qui a rejoint la DDSP au mois d’avril pour son 15e poste de commandement. Il connaît bien la région puisqu’il était auparavant à Valenciennes avant de partir en Bretagne. De la même manière, l’adjoint de Jean-François PAPINEAU, Daniel LEJEUNE, est parti en retraite. Nous l’avons remercié. C’est vraiment quelqu’un – Jean-Claude MENAULT ne dira pas l’inverse – qui était avec nous en permanence, comme l’est d’ailleurs Monsieur COURTECUISSE depuis sa nomination. Il nous informe de l’ensemble des actions qui sont menées et aussi des résultats et des grosses difficultés de sécurité que nous pouvons avoir. C’est l’occasion pour moi de saluer notre nouveau directeur de la Police Municipale, Monsieur François DEBROUWERE. Cela faisait longtemps que nous cherchions un directeur de la Police Municipale. C’est une personne qui n’est pas facile à trouver puisqu’il y a de plus en plus de difficultés dans ce domaine. Il fallait trouver quelqu’un qui avait l’expérience et la connaissance de ce qu’est la réalité des problèmes de sécurité dans une grande Ville. Il a été basé de nombreuses années à Roubaix, puis chargé des enquêtes judiciaires et administratives concernant les policiers au sein de la DDSP du Nord. Depuis 2007, il était chef du service interdépartemental de sécurisation des transports en commun. Il a donc une vraie connaissance du terrain et des transports dans lesquels il y a pas mal de difficultés. Il est très au fait des enjeux sécuritaires dans notre territoire et je crois pouvoir dire qu’il a déjà pleinement pris en main sa mission, c’est en tout cas ce que me disent les policiers municipaux. Nous en sommes ravis et je l’en félicite d’ores et déjà. Il arrive à un moment où nous recrutons d’autres policiers municipaux, où nous mettons en place un centre de supervision urbaine, des nouveaux locaux pour la Police Municipale. Il va accompagner tout cela et je l’en remercie. De la même manière, je vous avais dit que notre directrice générale adjointe était partie – comme il était normal après quelques années dans la Ville – à l’université où elle a un très beau poste, le numéro 2 de l’université. Elle va être remplacée par Bertrand ASSERAY qui nous vient de Nantes. Il n’est pas là ce soir parce qu’il a son dernier Conseil métropolitain de Nantes ce soir. Il était directeur des finances de la Ville et de la Métropole. Il est diplômé de l’École nationale supérieure, d’abord chercheur en mathématiques, avant d’intégrer le Conseil départemental de la Gironde et d’être ensuite directeur à la Métropole et à la Ville de Nantes. Nous sommes très heureux de l’accueillir et nous lui souhaitons d’ores et déjà la bienvenue. Il sera là jeudi. 4 Vous avez vu dans la presse que Franck HANOH, avec mon accord, m’avait remis sa délégation de chargé du commerce, pour des raisons liées à des conflits d’intérêts potentiels – qui n’existent pas encore, je vous rassure. Je remercie vivement Arnaud DESLANDES, notre 2nd Adjoint, qui a accepté de reprendre cette délégation, c’est-à-dire tout ce qui relève de l’animation, du lien avec les commerçants et les unions commerciales, du développement du commerce et – il vous en parlera à l’occasion d’une question tout à l’heure – du Plan local d’action sur le commerce, qui a été un des tout premiers remis en France et qui va évoluer sous l’impulsion qu’Arnaud veut lui donner. Dans la délégation commerce, il y avait aussi les halles et les marchés et les activités foraines. Je remercie Jacques RICHIR, qui est déjà sur le terrain en permanence notamment tous les soirs, d’avoir, dans un souci de cohérence – car il s’agit de problèmes d’espaces publics, de propreté, etc. –, proposé et accepté de prendre ces éléments complémentaires. Il y a beaucoup de choses à faire, notamment sur le marché de Wazemmes dont nous avons reçu les représentants à plusieurs reprises, pour accroître la propreté, l’accueil et la sécurité qui est évidemment un problème important. Merci donc, Jacques, d’avoir accepté de prendre ce complément pour toi qui t’occupe de l’espace public, de la propreté, des terrasses, j’en passe et des meilleures. Merci à vous deux et tous nos encouragements. J’accueille les nouveaux conseillers de quartier. Ils ne sont pas là aujourd’hui : - Mickaël VASSORT, citoyen volontaire, aux Bois Blancs, - Pierre-Karl ZAHNER au Centre, pour le groupe Lille en commun, durable et solidaire, - Jean-Bernard SZEFLER, au nom du groupe majoritaire, qui intègre le conseil de quartier de Vauban, mais qui était déjà suppléant, - à Moulins, Jean-François HOYEAUX, citoyen volontaire tiré au sort. Avec les présidents de quartier, nous les accueillons très volontiers. Nous en arrivons aux dossiers proprement dit. Je voudrais tout d’abord profiter de ce Conseil pour saluer l’ensemble des élus du Conseil Municipal qui se sont portés candidats aux élections régionales et départementales et, bien sûr, féliciter ceux qui ont été élus. Bien sûr, le taux d’abstention nous interroge tous. Nous avons vu que nous ne sommes pas les seuls. Nous avons toujours eu dans notre Ville un taux d’abstention important lié au fait que beaucoup de quartiers populaires avaient réduit leur participation – j’y reviendrai dans un instant –, mais on voit bien que, aujourd’hui, ce mouvement est beaucoup plus large et qu’il touche la France entière. Je pense qu’il y a un vrai problème démocratique, nous en sommes tous conscients, quand 30 % ou 35 % des Français votent, c’est-à-dire à peine un sur trois. 5 On sent bien et on sait depuis longtemps qu’il y a pour certains une colère et une exaspération – je pense aux espaces ruraux qui ont souvent été abandonnés par les services publics, je pense évidemment à nos quartiers populaires qui ont l’impression que la politique tout confondu ne peut plus rien pour eux – et il y a aussi ceux qui, conformément à l’évolution de notre société, acceptent une forme d’individualisation sans intérêt pour la chose publique et avec une forme de dépolitisation. Il y a beaucoup d’autres raisons. Je pense que tout le monde peut se considérer comme responsable de ce qui se passe aujourd’hui et à chacun de porter sa propre explication pour que vive la démocratie car on n’est pas en démocratie pleine et entière quand, dans les votes, deux personnes sur trois ne se déplacent pas. Ceci étant dit, nous avons des élus. Je tiens à féliciter tous les nouveaux élus départementaux ou régionaux : - pour le canton 1 : Sébastien LEPRETRE et Elisabeth MASSE, - pour le canton 2 : Loïc CATHELAIN et Marie CHAMPAULT, - pour le canton 3 : Simon JAMELIN et Céline SCAVENNEC, - pour le canton 4 : Stéphanie BOCQUET, que je salue particulièrement, et Laurent PERIN, - pour Lille 5, Maël GUIZIOU, que je salue également, et Anne MIKOLAJCZAK, - pour Lille 6, le Maire de Lomme, Roger VICOT, que je salue, et Valérie CONSEIL, En ce qui concerne notre région, deux élus lillois, Julien POIX et Margaux ROUCHET, qui ne font pas partie de notre conseil mais qui sont néanmoins lillois. J’espère que chacun, dans ses nouvelles fonctions, pourra soutenir et défendre les Lillois et les Lilloises, mais je ne doute pas que ce soit leur préoccupation. Je passe à l’open data et c’est un peu lié. La Ville a été classée par l’Observatoire socialmedia des territoires comme Ville la plus performante sur Instagram en mai 2021. J’ajoute – et c’est le lien que j’en fais – que tous les résultats des élections, depuis les élections Municipales jusqu’aux dernières élections, seront bientôt disponibles en open data, ainsi que les budgets primitifs et les comptes administratifs depuis 2014. Quant aux élections, ce sera sur les six dernières années et, au fur et à mesure, on complétera si on le peut. Je vous propose une petite vidéo sur les actualités, avant de reprendre quelques informations. (Projection d’une vidéo) 6 Merci à ceux qui ont préparé cela. Cela nous évite de présenter trop de choses en début de Conseil. (Projection de diapositives) Je voudrais vous donner quelques informations sur la situation de la pandémie dans la Ville. Au dernier Conseil, nous avions un taux d’incidence de 291 sur 100 000. Nous sommes descendus vraiment sans a-coup, même après la fête du LOSC, comme quoi nous avons bien fait, avec Monsieur le Préfet, de l’étaler plutôt que de laisser faire dans la proximité. Aujourd’hui, nous avons un taux d’incidence de 20,6 sur 100 000, ce qui est évidemment bien par rapport aux grandes Villes françaises. Je n’oublie pas qu’il y a encore des personnes qui sont aujourd’hui au CHU : 28 hospitalisés, dont 17 en réanimation. Là aussi, il y a une vraie diminution, mais il y a encore des cas. En ce qui concerne les agents de la Ville, il n’y a plus que deux agents qui sont aujourd’hui porteurs du virus. Là aussi, il y a une baisse très importante par rapport aux chiffres que je donnais aux présidents de groupe lors de nos visios récentes. Sur la vaccination, vous savez que nous avons eu bien du mal à obtenir le Zénith avec 3 000 doses. Nous avons atteint les 3 000 doses, voire 3 100 doses certains jours. Aujourd’hui, nous plafonnons et nous avons du mal à atteindre 2 000 doses, puisque nous sommes plutôt autour de 1800 à 1850 doses par jour. Cela prouve bien – et je crois qu’il faut le redire – que nous ne sommes pas encore à un taux maximal de vaccination dans notre pays. Là, on a l’impression qu’on stagne et il faut vraiment repartir. Dans la conversation que j’ai eue avec le Premier Ministre, nous en avons reparlé et, avec le Directeur Général, nous sommes convenus de préparer à la rentrée des actions spécifiques. Le Zénith reste ouvert jusque fin août. Il faut savoir que, au-delà des gens qui s’inscrivent, n’importe quelle personne qui s’y rend peut se faire vacciner en remplissant évidemment les conditions. À partir de fin août, nous sommes convenus avec le CHU et l’ARS qu’il n’y a pas de raison de garder un immense centre alors que Calmette peut vacciner 1 500 personnes par jour et que nous envisageons de faire des actions spécifiques, par exemple une action ici même dans le hall de la Ville pour les agents de la Ville qui ne sont pas encore vaccinés. Nous avons mené par exemple une action avec l’Établissement français du sang au Palais des Beaux-Arts en offrant à ceux qui viennent une visite des Beaux-Arts. Cela a été un vrai succès puisqu’il y a eu 25 % de nouveaux donneurs qui n’étaient jamais venus auparavant. Là, pourquoi ne pas proposer des actions de même nature le mardi, le jour de fermeture du musée, pour pouvoir attirer certaines personnes qui hésitent encore et qui seraient peut-être heureuses de pouvoir ainsi visiter gratuitement le musée, 7 même si, comme vous le savez, il est actuellement gratuit pour les jeunes pratiquement jusqu’aux derniers jours d’août. C’est l’occasion de vous dire que la réouverture des lieux culturels à Lille a vraiment été extraordinaire. Il y a pourtant une jauge faible, qui vient de passer à 50 %, mais qui n’était au départ qu’à 25 %. Néanmoins, nous avons eu 41 000 visiteurs qui sont venus dans les trois musées de la Ville, les Beaux-Arts, l’Hospice Comtesse et le Musée d’Histoire Naturelle. Surtout – et cette décision que nous avions votée à l’unanimité de rendre l’entrée gratuite pour les jeunes a été une très bonne chose –, sur l’ensemble des musées, 58 % des visiteurs ont moins de 30 ans, sachant que, comme je le disais, l’entrée est gratuite pour les moins de 30 ans et les étudiants jusqu’au 19 août. De plus, à l’Open Museum de François BOUCQ, que je vous conseille vraiment d’aller voir parce que c’est une revisitation par ce formidable rédacteur de BD des œuvres du musée et cela les rend beaucoup plus contemporaines et beaucoup plus proches, il faut savoir que, depuis le 16 juin, il y a déjà eu plus de 14 000 visiteurs, dont 65 % ont moins de 30 ans. C’est donc là aussi l’occasion de faire venir au musée des jeunes qui ne seraient pas venus spontanément auparavant. Avec la gratuité associée à François BOUCQ, je pense que c’est vraiment une belle opération. De la même manière, cela a été un très beau succès au Tripostal pour Colors avec plus de 20 000 personnes. Pour Young Colors, ce sont les jeunes des grandes écoles d’art qui prennent 9 000 personnes. Pour Môm’Art, comme vous le savez, on n’a pas pu le faire comme d’habitude à la halle B de Saint-Sauveur, c’est donc à la Maison Folie de Wazemmes. Je conseille, non seulement aux parents, mais aussi à vous tous, d’aller voir cette exposition si vous ne l’avez pas vue. C’est le travail qu’ont fait les enfants de Lille. Évidemment, on ne présente pas tout, on ne présente qu’une partie de Lille, Hellemmes et Lomme et c’est cette année sur l’idée des couleurs, « Colors ». C’est vraiment formidable et je vous conseille d’y aller, il y a des petits chefs-d’œuvre. 1 100 personnes ont visité la rétrospective du Big festival autour du graffiti proposé par Epsilone à la Maison Folie de Moulins. De la même manière, le spectacle vivant fait le plein. C’est le cas des week-ends thématiques à Saint-Sauveur qui ont commencé début juin et qui ont accueilli près de 6 000 personnes. Je rappelle que c’est la coopérative de Saint-Sauveur, présidée par Nono, qui a en son sein des artistes lillois et des associations lilloises, qui a choisi cette programmation qui est réalisée ensuite par Lille 3000 et par nos services. L’édition du festival Latitudes contemporaines du 3 au 27 juin – il y a vraiment eu des spectacles extraordinaires –, là aussi avec une jauge malheureusement faible, a attiré près de 8 000 personnes. 8 On ne va pas reparler du LOSC parce que, même si on est très fier du LOSC, on l’est moins de l’équipe française de football, mais c’est ainsi. Je veux quand même vous dire que, lorsque nous avons inauguré le berceau du LOSC à Fives – l’OS Fives d’aujourd’hui, mais c’était le club fivois précédemment –, le président du LOSC, disant qu’ils devaient beaucoup aux supporters lillois et à ce que la Ville avait fait pour les accompagner, nous a proposé de venir exposer le trophée. Il sera donc exposé à l’hôtel de Ville le samedi 3 juillet de 12 heures à 18 heures dans le grand hall. Il y aura évidemment toute la sécurité nécessaire. On retrouvera à la fois toutes les photos qu’on avait vues dans la Ville, mais aussi des affiches et évidemment ce fameux trophée. Je le dis car beaucoup de supporters leur ont dit que, d’habitude, on pouvait toucher le trophée et l’approcher. Là, on ne va pas l’approcher de trop près, mais on aura quand même la possibilité de se faire photographier avec. Après la situation sanitaire et le retour culturel, un mot pour vous parler des restaurants, des bars et des commerces qui, eux aussi, ont repris. C’est un vrai plaisir de retrouver les terrasses. Je le dis dès maintenant mais je pense que vous pouvez sans doute dire la même chose, après les contrôles – et je salue Floriane GABRIELS et la Police Municipale qui ont fait un travail extraordinaire dès les premiers jours de réouverture – et les fermetures que nous avons demandées au Préfet, puisque, aujourd’hui, 17 établissements ont été fermés, je dois dire qu’il y a vraiment une très bonne tenue des bars et des restaurants, aussi bien dans les distances, dans les six par table, personne debout, etc. Évidemment, on continue à contrôler, mais je crois qu’il faut le dire dès maintenant. Nous avons bien fait d’aider les commerçants à avoir ces terrasses éphémères, qui ont été extrêmement nombreuses puisque 433 exploitants nous l’ont demandé et nous en avons autorisé 90 %. C’est bien évidemment beaucoup dans le Centre et dans le Vieux-Lille, mais il y en a dans tous les quartiers. La gratuité des terrasses éphémères comme permanentes a été saluée par les commerçants, les bars comme les restaurants. C’est évidemment un coût important : 675 000 € cette année pour la Ville. C’était déjà plus de 900 000 € l’année dernière, mais c’est pour nous la façon juridiquement possible d’accompagner les commerçants qui ont souffert ces derniers mois, même si on doit reconnaître qu’ils ont été bien accompagnés par l’État. Je le disais, après les contrôles effectués, il y a eu 17 fermetures administratives allant de deux jours à deux mois, en fonction de la réitération des faits et de la nature de l’infraction. Malheureusement, on a toujours trouvé les mêmes, sauf sur la rue Royale. En effet, je l’avais montrée du doigt lors du point presse en disant qu’on les avait à l’œil. Aujourd’hui – pourvu que cela dure –, les bars de la rue Royale respectent les règles. L’un d’entre eux a posé problème, mais il a tout de suite été remis dans les clous. Je ne dirai pas la même chose d’une autre rue que chacun connaît et sur laquelle on continue d’essayer d’avoir des résultats et du quartier Vauban où il faudrait vraiment que les bars comprennent que ce n’est pas parce qu’on est un quartier d’étudiants qu’on ne doit pas respecter les règles. Dès le début au 19 mai, on a encore vu des dizaines de jeunes debout avec de la bière dans des pots en plastique, ce qui est profondément interdit. Cela ne peut pas durer. Ceux-là ont d’ailleurs tous été fermés et il faut qu’ils comprennent que ce n’est pas possible de continuer comme cela. 9 Vous le savez, le Gouvernement avait décidé de laisser les restaurants fermés jusqu’au 30 juin et a finalement avancé cette date. Il a donc fallu que, nous aussi, nous avancions – mais nous avions largement commencé – sur les discussions que nous avions avec à la fois les fédérations du commerce, l’UMIH et le GNI et avec de nombreux cafés-restaurants que, avec Arnaud TAISNE et Arnaud DESLANDES, nous avons rencontrés pour discuter du nouveau système des horaires de nuit. En effet, nous avions des horaires qui avaient été fixés au cours du temps et, surtout, il y a quelques années, nous avions été amenés à sectoriser les horaires. L’objectif est de maintenir dans notre Ville une vie nocturne : nous sommes une Ville jeune, une Ville qui attire des touristes, une Ville qui se veut attractive, il faut donc que cette vie nocturne existe. En même temps, nous nous sommes battus pour garder des habitants dans le cœur de Ville, pour ne pas en faire des quartiers musées où tout le monde s’en va après le cinéma et le restaurant, et il y a des hommes, des femmes, des familles qui veulent dormir, il faut les respecter. Il était donc très compliqué de trouver cet équilibre entre une vie nocturne absolument nécessaire dans une grande Ville comme la nôtre et la tranquillité et la sécurité des habitants. Nous avions déjà beaucoup commencé cette discussion. Elle a évidemment été accélérée. Il faut dire que nous étions de toute façon obligés de revoir la réglementation puisque, dans ces sectorisations que nous avions faites il y a quelques années pour donner des dérogations - il faut dire les choses simplement, 66 bars sur 1 400 établissements avaient une dérogation et pouvaient aller jusqu’à 3 heures du matin les jeudis, vendredis et samedis -, il y a eu une jurisprudence nous concernant : ces sectorisations ont été annulées, puis elles l’ont été dans d’autres Villes. Cela nous a amenés à fixer des horaires communs à tous les quartiers de la Ville et à tous les types de commerce qui relèvent du même code. Ce n’était pas facile car, plus on arrive dans les quartiers où il y a peu de bars mais beaucoup de riverains, plus il faut faire attention. Au-delà des discussions que nous avons eues, nous avons donc été amenés à fixer un nouvel horaire. Je vous rappelle qu’il y avait des distinctions entre les terrasses des restaurants qui pouvaient rester ouverts jusqu’à la fermeture intérieure des restaurants, avec des horaires plus restreints du lundi au jeudi et plus élevés les jeudis, vendredis, samedis, et les bars avec ce système de dérogation dont j’ai parlé tout à l’heure. Depuis le 20 juin, date à laquelle le Gouvernement est passé à 23 heures, puis a supprimé le couvre-feu, on n’allait pas passer les mois de juillet et août avec une fermeture à 23 heures dans notre Ville, il a fallu accélérer les choses. On a donc pris cette décision de fermeture en intérieur à 01 heure du dimanche au mercredi et à 02 heures du jeudi au samedi en intérieur – cela veut dire là aussi qu’il y a les contrôles ERP, les contrôles acoustiques –, et, pour les terrasses, une fermeture à 23 heures du dimanche au mercredi et à minuit du jeudi au samedi. Globalement, je pense qu’on peut dire que ces mesures ont été bien reçues. Nous verrons ce qu’il en sera en application. Je ne dis pas que c’est parfait, que c’est extraordinaire, qu’on a trouvé le bon équilibre. Nous verrons. 10 Puisque nous avons par ailleurs avec Arnaud TAISNE décidé de mettre en place un Conseil de la nuit, que l’on mettra en place dès le mois de septembre, qui réunira à la fois des professionnels, des associations, des habitants, y compris ceux qui sont dans des collectifs pour moindres bruits de bars, mais aussi des noctambules ainsi que la Police, nous ferons un bilan de ces premiers horaires dans une première commission, nous ferons un diagnostic pour voir si nous sommes d’accord ou pas. Là, il est sûr que le travail de la Police Municipale et de la Police Nationale sera essentiel pour vérifier si tout cela pose problème. Nous aurons aussi les retours des habitants riverains de ces bars. Nous verrons alors s’il faut changer le système ou si nous pouvons le garder en tant que tel. J’ajoute que, au sein de ce Conseil de la nuit, il y aura beaucoup de commissions – on en reparlera. Nous avions une commission appelée auparavant la commission de discipline, qu’on appelle aujourd’hui de manière prude la commission de régulation de la vie nocturne, où, lorsque des PV importants étaient dressés, nous faisions des propositions de fermeture. Aujourd’hui, on ne passe pas par cette commission parce que, avec tout ce qui s’est passé ces deux dernières années, on n’a pas pu la mettre en place. On remettra donc en place cette commission, y compris avec une commission de conciliation entre un établissement et des riverains lorsque ceux-ci peuvent poser problème. Je voudrais signaler que les discothèques ne font pas partie de ces nouvelles réglementations. Comme vous le savez, depuis un décret de 2009, pris par Monsieur SARKOZY qui en était très fier, les discothèques peuvent ouvrir jusqu’à 7 heures du matin sans autorisation particulière. Je dois dire que, pour les vraies discothèques dans la Ville, nous n’avons pas de difficulté, mais un certain nombre de bars se sont déclarés discothèques sans respecter pour autant les règles des discothèques. Je ne rappelle pas ces règles dans le détail ici, mais sachez qu’il faut avoir un portier, une piste de danse, un DJ ou les moyens de faire une musique de qualité, un vestiaire, etc. Bien évidemment, on peut aller devant les tribunaux pour contester le caractère de discothèque de ces bars, ce que nous n’avons pas encore fait parce que le fait que ces bars se soient qualifiés discothèques est très récent. Ils ont été bien punis parce qu’ils n’ont pas pu rouvrir comme les autres bars puisqu’ils étaient discothèques et qu’ils ne pourront rouvrir qu’à partir du 1er juillet. Ce n’est pas faute d’avoir tenté de nous dire « on n’est pas des discothèques, on est des bars », ce à quoi on a répondu « vous vous êtes déclaré discothèque, par conséquent vous n’ouvrez pas ». Bref, c’est un vrai sujet. J’en ai encore parlé au Premier Ministre l’autre jour en lui proposant de modifier ce décret pour qu’il soit clairement dit qu’on doit demander l’autorisation au Préfet pour se déclarer discothèque et que l’on doit pouvoir vérifier. Il faut que vous sachiez que, aujourd’hui, nous comptons 29 discothèques à Lille. Disons que 15 ou 16 sont des vraies discothèques et que les autres sont des bars transférés en discothèques. S’il n’y a pas une modification de la règlementation, nous irons devant les tribunaux parce qu’on ne peut pas accepter cela. 11 Voilà ce que je voulais vous dire sur ces horaires de la vie nocturne, parce que c’est un point important. Les Dimanches de la Liberté vont redémarrer dimanche prochain. Il n’y a eu pour l’instant qu’une seule édition. Nous avions, de la place de République jusqu’au boulevard Vauban, scindé en deux le boulevard de la Liberté parce qu’on voulait voir comment cela fonctionnait avant de décider si on retirait les bus. Cette opération vise d’abord à développer les mobilités douces, à se balader tranquillement – il y a des jeux pour les enfants, beaucoup d’animations –, à essayer d’apprendre à faire du vélo pour ceux qui ne le savent pas, mais aussi du roller ou autre. Vu le succès de l’opération – je remercie Arnaud DESLANDES qui a travaillé sur cette question et les services –, les 4 juillet et le 1er août, l’ensemble du boulevard à partir de la place de la République sera piétonnisé et les bus feront un détour pour qu’on puisse réaliser cela. Cela se fera donc sur le boulevard de la Liberté en entier pour ces Dimanches de la Liberté. Dernier point, avant une mauvaise nouvelle, « Voyage, Voyages ». Vous avez vu que le site est d’ores et déjà en place. « Cet été, profitez de centaines d’activités… » – j’aurais aimé qu’on ajoute « gratuites » – « …dans toute la Ville pour les Lillois, Hellemmois, Lommois ». On peut d’ores et déjà s’inscrire pour le mois de juillet. Nous sommes en train d’installer les stages et les activités du mois d’août. C’est dans tous les domaines – sport, nature, culture, aventure –, pour tous les âges – pour les enfants, pour les jeunes, beaucoup d’actions pour les adolescents et aussi pour les familles. Je le redis, c’est gratuit. C’est indiqué sur la diapositive, mais pas sur les calicots, ce qui est très énervant parce que les gens peuvent ne pas le savoir. Il n’y a pas non plus le site de la Ville. Il y aura donc plus de 400 activités. Toutes les piscines Municipales seront gratuites cet été pour les Lillois, Lommois et Hellemmois, avec inscription évidemment, plus une action spécifique « J’apprends à nager », dont Valentin parlera tout à l’heure. Voilà pour les bonnes nouvelles. Je vais maintenant vous parler de la braderie. Après en avoir parlé à plusieurs reprises avec Monsieur le Préfet, nous nous sommes concertés et nous avons pris conjointement la décision d’annuler la braderie des 4 et 5 septembre. Nous avons attendu au plus tard. Peut-être pouvions-nous espérer que le taux de vaccination serait encore plus élevé et peut-être aussi n’attendions-nous pas les variants qui arrivent aujourd’hui et qui sont déjà dans notre région, notamment les variants pour lesquels on a le plus d’inquiétude parce qu’on a le plus d’incertitude. C’est effectivement toujours un crève-cœur pour moi, je l’imagine pour vous tous et pour tous les habitués de la braderie. C’est la troisième fois que nous annulons cette braderie. 12 Bien sûr, la braderie des commerçants aura lieu et, de toute façon, on avait commencé à travailler avec eux parce qu’il y a toujours une braderie des commerçants. La BD au musée des Beaux-Arts, des animations culturelles pendant tout le week-end auront lieu, mais, une année de plus, nous n’aurons pas la braderie. Je voulais vous l’annoncer. Nous en avons reparlé ce matin avec le Préfet. Nous attendions les derniers chiffres de vaccination et surtout l’évolution des variants. Je ne dirai pas que les deux éléments nous entraînent une inquiétude majeure, mais nous ne savons pas ce qui va se passer au retour du mois d’août. Je crois que, par précaution, il vaut mieux annuler la braderie, quoi que cela nous coûte aux uns et les autres. Voilà pour ces communications. Je vais tout de suite passer la parole à Marion GAUTIER pour prendre le premier point de notre ordre du jour, en saluant évidemment Audrey LINKENHELD et Marion GAUTIER, notre Directeur général, Patrick PINCET, tous les élus, tous les DGA, le pôle Finances, et notamment Daniela BOIZART, et le Trésorier principal. Je vous demande de bien vouloir voter tout de suite, avant même la présentation, à main levée, le fait que lors du vote sur le compte administratif, Audrey LINKENHELD et moi-même sortirons, moi-même en tant que Maire, Audrey puisqu’elle s’occupe aussi des finances, je vous demande d’accepter que pendant ce vote Arnaud DESLANDES présidera la séance. Nous devons, c’est le texte, voter à main levée. Je vous propose de voter à main levée. Qui vote pour ? (Unanimité) Je vous remercie. Je passe tout de suite la parole à Marion GAUTIER. (Arnaud DESLANDES préside la séance.) Chemise 38 BUDGET Rapporteur : Marion GAUTIER Conseillère Municipale déléguée 21/383 Approbation du Compte de Gestion du Trésorier Principal – Exercice 2020 – Ville de Lille, ses budgets annexes et ses Communes associées d’Hellemmes et de Lomme. 21/384 Approbation du compte administratif – Ville de Lille – Exercice 2020. 21/385 Approbation du compte administratif – Budget annexe de la Commune associée d’Hellemmes – Exercice 2020. 13 21/386 Approbation du compte administratif – Budget annexe de la Commune associée de Lomme – Exercice 2020. 21/387 Approbation du compte administratif – Budget annexe du restaurant municipal – Exercice 2020. 21/388 Approbation du compte administratif – Budget annexe des pompes funèbres – Exercice 2020. 21/389 Budget Supplémentaire 2021 de la Ville de Lille – Autorisations de programme et crédits de paiement. Temps de parole Groupes politiques Intervenants (en minutes) Madame Faire respirer Lille 5 mn SPILLEBOUT Lille en Commun, Durable et Madame BADERI 31 mn Solidaire Madame TROTTEIN Lille Verte Monsieur CREPEL 9 mn (Projection de diapositives) Madame GAUTIER – Madame le Maire, chers collègues, je vais donc vous présenter le compte administratif pour vous donner un retour sur le réalisé de l’année 2020, sur l’exécution réelle du budget. J’associe évidemment Audrey LINKENHELD à cette présentation, avec qui nous travaillons de concert. Sur l’année 2020, la Ville s’est trouvée confrontée, et en première ligne, dans la crise sanitaire pour maintenir la continuité du service public, protéger les habitants les plus fragiles, soutenir les acteurs économiques, sociaux, sportifs et culturels. Nous avons, malgré cela, veillé à tenir nos engagements, avec 20 % du budget dédié à l’enfance et l’éducation, 16 % pour la proximité et la solidarité. Les recettes de fonctionnement sont en chute libre suite à la crise sanitaire : ce sont 13 M€ de recettes en moins et 2 M€ de recettes en plus avec notamment les aides de l’État que nous avons reçues, ce qui fait un impact net de 11 M€ lié au Covid. Les dépenses sont, au global, stables par rapport à 2019. La crise a tout de même généré 9 M€ de dépenses supplémentaires et du fait des fermetures d’équipements, nous avons eu 4 M€ de dépenses en moins, ce qui fait un impact niveau dépenses de la crise sanitaire de 5 M€, auxquelles viennent s’ajouter des ralentissements dans les recrutements, des décalages de remplacement de personnes qui sont parties à la retraite, ce qui fait donc des dépenses de fonctionnement, au final, assez stables. 14 L’impact de la crise sanitaire peut, au final, être comptabilisé à 16 M€ : 11 M€ de recettes en moins et 5 M€ de dépenses en plus. L’épargne brute en 2020 s’élève à 52,6 M€. Pour rappel, l’épargne brute est la différence entre les recettes de fonctionnement et les dépenses de fonctionnement et permet de financer nos investissements et de rembourser nos dettes. Cette épargne brute est en diminution de 11 % par rapport à 2019 mais elle reste à un niveau correct. Nous avons réalisé, en 2020, 60 M€ d’investissement, c’est aussi en baisse par rapport à 2019, de 10 %, en raison notamment de l’arrêt des chantiers, du ralentissement général de l’activité mais, par comparaison à d’autres, nous restons sur un niveau correct de réalisation. Notre autonomie financière est donc préservée ; vous le voyez sur le graphique de la page 7, l’évolution de l’épargne brute depuis 2014 reste, en 2020, plutôt dans le haut de la fourchette. Malgré la crise, le résultat global de l’année 2020 est de 23 M€ qui servira donc à 7 M€ au budget supplémentaire qu’il vous est proposé également de voter ce soir et 16 M€ pour le désendettement de la Ville. Diapositive n° 9, nous continuons à désendetter la Ville, avec un atterrissage à 353 M€ d’encours de dette en 2020. L’objectif n’est pas de désendetter pour désendetter, surtout vu le faible prix de l’argent en ce moment, mais bien de préparer les investissements à venir. Diapositive n° 10, les volumes d’investissements réalisés depuis 2014 apparaissent en bleu ; on voit que finalement, avec nos 59 M€ d’investissements réalisés en 2020, nous ne sommes pas si loin des années 2017 et 2018, ce n’est pas non plus catastrophique. En vert, vous avez le prévisionnel ; comme nous l’avons décidé dans le rapport d’orientations budgétaires, nous prévoyons des investissements massifs sur 2021, 2022 et 2023. Nous maintenons une capacité de désendettement très en deçà du seuil des 12 ans (page 11), seuil fixé par l’État comme étant un seuil de bonne gestion. Nous sommes donc, en 2020, à 5,8 ans en incluant les cessions – quand la Ville vend son patrimoine – et à 6,7 ans si on ne compte pas les cessions. Je rappelle ce qu’est la capacité de désendettement : si l’on regarde le stock de dettes que l’on a et l’épargne brute et que l’on considère que l’on utilise toute l’épargne brute pour rembourser sans investissement, en combien de temps on rembourse le stock que l’on a à date, donc 6,7 ans si l’on considère que l’on n’a pas de cession. J’en viens au budget climatique. Nous avons appliqué cette méthode au compte administratif 2020, comme nous l’avions fait pour le budget primitif 2021, en travaillant sur la part d’indéfini qu’il nous restait. Il y avait 30 % d’indéfini sur le budget primitif 2021, nous avons réussi à la réduire à 20 %. Nous avons toujours nos catégories que nous venons 15 appliquer à chacune des lignes du budget, avec une évolution dans la méthode cette fois- ci : nous avons ajouté des critères d’analyse. Sur le budget primitif 2021, nous avions travaillé sur l’analyse des dépenses par rapport à leur impact sur les émissions de gaz à effet de serre. Pour ce compte administratif 2020, nous avons intégré des nouveaux critères : - l’adaptation, à savoir la résilience du territoire face au réchauffement climatique : comment nous, humains, vivons là-dedans ; - l’amélioration de la qualité de l’air : nous sommes là cohérents avec le Plan climat-air-énergie territorial de la MEL et le Plan climat lillois. Je ne vous détaille pas les camemberts pour ne pas être trop longue, d’autant qu’ils ont été présentés en commission, je veux simplement vous dire que le travail d’analyse sur 2020 a mis en lumière l’impact défavorable de l’achat du matériel informatique ; on savait que le matériel informatique avait un impact défavorable, mais c’est vraiment le gros poste sur lequel nous avons identifié que nous pouvions le plus travailler, puisque nous avons équipé beaucoup d’agents pour le télétravail avec du matériel informatique en 2020. Une réflexion a été entamée avec Estelle RODES pour la commande publique et Julien PILETTE sur la délégation économie circulaire, pour travailler ce sujet et voir comment nous limitons notre impact. J’en viens au budget supplémentaire, principalement lié à des ajustements sur les impacts de la crise sanitaire. Nous avons 3 M€ de dépenses supplémentaires, avec notamment 273 k€ pour « Voyage, Voyages », des dépenses supplémentaires pour les nettoyages des locaux périscolaires et scolaires et l’organisation en bulles, 500 k€ sur les dépenses de personnels pour la reprise de certaines activités avec les protocoles sanitaires adaptés et la délibération que nous adopterons, j’espère, ce soir, sur l’amélioration des conditions d’emploi des personnels, notamment dans l’éducation, la culture et les assistants maternels, 100 k€ qui viennent compléter le budget que nous avions déjà augmenté pour le bio dans les restaurants scolaires et une subvention d’équilibre de 158 k€ pour le restaurant Municipal qui a eu, évidemment, une baisse de fréquentation avec le télétravail. Sur les recettes de fonctionnement, nous avons également un impact important, à hauteur de 5 M€, qui est lié aux exonérations qui ont été décidées par la Ville (les terrasses, les loyers, les droits de place), au manque à gagner sur les parts variables de nos concessionnaires et délégataires (Lille Grand Palais, le casino, le théâtre Sébastopol), en précisant que c’est du manque à gagner par rapport au ralentissement d’activité ou aux fermetures qu’il y a eues, mais que nous avons refusé les demandes d’exonération complète de redevance. Voilà ce que je souhaitais dire sur ce compte administratif. Je suis disponible pour répondre à vos questions. Madame le Maire - Madame SPILLEBOUT. 16 Madame SPILLEBOUT - Chers collègues, Je souhaite, tout d’abord, excuser l’absence de mon collègue Nicolas LEBAS, retenu ce soir par des obligations professionnelles, qui nous a aidés à préparer cette intervention. Madame le Maire, chers collègues, Parmi les affaires courantes, il y a la traditionnelle adoption du compte administratif de l’année écoulée, cette année 2020, tellement inattendue et perturbée, qui a mis à l’épreuve notre santé, nos familles, nos entreprises, nos organisations, nos caractères. Cette année 2020 a profondément affecté la vie des Français et, parmi eux, la vie des Lilloises et des Lillois qui reçoivent le déconfinement progressif du pays comme un souffle d’espoir, dont les nouvelles quotidiennes, parfois contradictoires, comme celle de ce soir avec la braderie, viennent toutefois nous rappeler la fragilité. Alors, au risque de vous surprendre, nous allons vous concéder un satisfecit ce soir : en 2020, malgré la crise, je n’ose dire ici « grâce à la crise », la situation financière de la Ville s’est améliorée. Les recettes de fonctionnement, retraitées des produits de cession, diminuent certes légèrement, mais les charges diminuent également, ce qui contribue à améliorer l’autofinancement et à rétablir nos équilibres. Logiquement, le résultat, toujours retraité des produits de cession, augmente. La dette, quant à elle, diminue et repasse sous la barre des 350 M€, c’est-à-dire au niveau des années 2012- 2013. Il est cependant étrange de constater que les finances de la Ville se sont assainies au cœur de la plus grave crise sanitaire et de la plus sévère crise économique traversée par notre pays depuis l’après-guerre. Au moment de nous prononcer sur le compte administratif, il n’est pas illégitime de chercher à en comprendre la cause, même si la question en choquera peut-être certains : est-ce que la crise aurait profité aux finances de la Ville, et si oui, pourquoi ? Cette question est d’autant plus légitime que les pouvoirs publics, d’une manière générale, se sont puissamment mobilisés au soutien des Français et des Lillois touchés par la crise : - l’État, tout d’abord, qui a traduit concrètement la volonté du Président de la République de soutenir l’économie du pays quoi qu’il en coûte, en mettant en place le fonds de solidarité, l’activité partielle, le prêt garanti par l’État, l’aide aux charges fixes, le dispositif loyer, l’aide au stock. Pour le seul département du Nord, ce sont plus de 50 000 entreprises qui ont reçu 630 M€ de fonds de solidarité, ce sont également 84 millions d’heures d’activité partielle indemnisées ; - la Région et la MEL, ensuite, qui se sont efforcées de compléter les dispositifs nationaux par des outils plus fins, avec la volonté de s’adapter aux caractéristiques des bassins de vie concernés ; - le Département, également, qui s’est adapté dans l’exercice de ses compétences sociales pour anticiper ces difficultés. 17 Pour l’État, comme pour la Région, pour la MEL, ces mesures ont un coût important qui vient dégrader directement la situation de leurs comptes publics. Nous étions hier avec mes collègues Ingrid BRULANT FORTIN et Ali DOUFFI au Conseil de la MEL pour le constater. À Lille, cette année, à la lecture de votre compte administratif, il n’en est rien, ou si peu que l’on peut se demander si la Ville a joué réellement son rôle d’amortisseur de crise vis-à-vis des plus exposés et des plus démunis. Des discours et des incantations, nous en avons vu beaucoup, mais quelles mesures fortes ont été véritablement engagées ? On aurait pu penser à la gratuité de la cantine ou de la garderie ou encore au prêt d’ordinateur pour les étudiants ou à des repas gratuits pour les plus éprouvés ou même à une dotation exceptionnelle à la Fondation du Nord. Seulement 4 % de plus pour les associations, alors que les commerçants, artisans, indépendants, étudiants étaient très éprouvés et espéraient de l’aide qu’ils n’ont pas toujours osé demander. Vous osez même ce soir, dans une délibération de notre Conseil, celle n° 21/290, contre laquelle nous voterons, réclamer plus d’un an après aux associations de commerçants le trop-perçu pour des manifestations qui n’ont pas pu être réalisées, et dans le même temps, vous versez 2,3 M€ à lille3000 qui n’a rien produit et s’est encore enrichie. Au passage, vous reprenez même 1 M€ à la Commune associée de Lomme, qui, certes, vous apporte ses voix, mais se retrouve ainsi privée de vos largesses. Que penser également de cette subvention de 20 k€ pour une action à Eurasanté quand leurs comptes sont aussi bons en ce début d’année ? Tout cela donne le sentiment de deux poids deux mesures et que l’argent ne va pas à ceux qui ont les besoins les plus criants à Lille. En 2020, les dépenses d’investissement, d’équipements, ont diminué de 18 %, alors que c’était précisément le moment pour amorcer la relance et donner corps aux investissements promis dans votre programme. On le sait, certains programmes ont été ralentis par la crise, mais les chiffres sont là. J’en viens à l’expression de notre position de vote. Voter contre le compte administratif n’a pas de sens, car cela reviendrait à nier la traduction comptable de la réalité ; l’approuver ferait de nous les complices de décisions auxquelles nous ne souscrivons pas. Aussi, notre abstention revêt un caractère éminemment politique pour marquer notre désaccord avec les choix que vous avez faits en 2020 et qui, selon nous, n’ont pas été à la hauteur des besoins des Lillois. J’indique, pour finir, que nous voterons le compte de gestion, qui n’appelle pas de réserve de notre part. Je vous remercie. (Temps de parole : 6 minutes 14) Madame le Maire - Je ne répondrai pas sur la partie administrative, Marion GAUTIER répondra, mais, très franchement, Madame SPILLEBOUT, votre intervention 18 est indécente. C’est le rôle de l’État d’aider l’économie dans cette période. Je l’ai dit tout à l’heure, l’État français a bien aidé l’économie et les salariés en chômage partiel. Nous n’avons pas le droit de le faire ; vous ne connaissez peut-être pas les compétences des communes, mais les communes n’ont pas le droit de le faire. Toute l’aide qui a été apportée l’a été par l’État, par la Région et par la Métropole, et je vous dis que nous avons beaucoup travaillé à tout le programme de rebond que la Métropole a préparé ; c’est dans ses compétences économiques et beaucoup de Lillois y ont droit. Je trouve que c’est indécent et démagogique, quand on sait que cela ne peut pas être possible, de demander. Nous avons été aux côtés des plus fragiles en permanence, les associations nous remercient tous les jours, et ceux pour lesquels on demande un remboursement, c’est l’obligation de la loi, c’est d’ailleurs ce que la Métropole vient de faire pour EuraTechnologies, ce n’est pas pour des manifestations qui n’ont pas eu lieu mais pour des manifestations qui ont eu lieu mais qui ont coûté moins cher ; c’est ce que l’on appelle la bonne utilisation de l’argent public. En revanche, contrairement à la Région et au Département, nous avons maintenu aux associations culturelles, sportives, développement durable et sociales l’ensemble des subventions, mais quand un événement a eu lieu et a coûté moins cher, il est effectivement normal de réclamer la différence, et cela a été rappelé, d’ailleurs, par une circulaire du ministère de l’Économie récemment. Pour le reste, je crois que nous avons été à côté de tout le monde : aux côtés des familles, aux côtés des enfants, non seulement par les paniers alimentaires mais par les fonds du CCAS qui ont augmenté fortement – c’est tout à fait la réalité –, par l’aide que nous avons pu apporter aux commerçants en ce qui concerne, par exemple, nous l’avons vu tout à l’heure, les terrasses, mais aussi pour d’autres choses. Vous vous plaignez de notre dette et vous osez dire que l’on s’est amélioré pendant cette période. Vous n’avez pas compris exactement ce qu’a dit Marion GAUTIER ou bien vous le faites volontairement, ce qui n’est pas très honnête. La crise nous a coûté 22 M€, Madame SPILLEBOUT, le Gouvernement nous a remboursé 640 k€, c’est-à-dire le coût d’une partie des masques ; tout le reste est pour nous, pour les Lillois, pour les Lilloises. Et les 220 Md€ de dette de l’État, parce qu’il va bien falloir les payer, ce sont aussi les citoyens français qui les payeront, mais, encore une fois, je ne suis pas critique sur l’accompagnement économique qui a été réalisé, surtout quand on a pu récupérer ce qui avait été mis de côté. Je pense notamment, et c’est toujours le cas – mais puisque vous êtes très intéressée à cela, continuez comme moi à vous battre pour cela –, à tous ceux qui avaient un projet cette année qui devait ouvrir et qui, donc, ont dû louer des locaux, etc., et n’ont pas pu commencer leur activité, et donc n’avaient pas de chiffre d’affaires de comparaison. Nous sommes toujours en train de demander cela, justement, pour les commerçants et artisans de la ville. Le Gouvernement ne l’a toujours pas décidé. Donc on aura 220 Md€ de dette de l’État ; je ne le critique pas en tant que tel, parce que je ne fais pas de démagogie, mais, réellement, on peut se demander pourquoi une telle intervention, si ce n’est, véritablement, une certaine mauvaise foi. Cette année, cela va nous coûter environ 11 M€ ; 22 M€ l’année dernière, 11 cette année. Vous auriez pu vous féliciter du fait que la bonne gestion de la Ville nous ait permis 19 de passer cette période tout en ayant un investissement important – Marion l’a rappelé tout à l’heure – dans les meilleures conditions possibles. Non, il vous faut critiquer et le faire d’une manière que, encore une fois, je qualifierai d’indécente et de démagogique. Pour le reste, Marion GAUTIER vous répondra. Je voulais parler de la partie politique des choses qui m’a vraiment choquée, parce que nous avons tous serré les coudes pendant cette période. A l’évidence, vous n’en faites pas partie, et je pense que les Lillois et les Lilloises le savent, d’ailleurs. Madame BADERI. Madame BADERI - Madame le Maire, chers collègues, Le vote du compte administratif mérite de rappeler le contexte inédit de cet exercice 2020. La crise sanitaire mondiale, par le confinement qu’elle a causé, s’est mutée instantanément en crise sanitaire, économique et sociale, démultipliant ainsi l’intensité des inégalités sociales à l’échelle de notre pays. De nos concitoyens mal logés, sans abri, aux personnes isolées, de ces familles confrontées à la précarité numérique alors que l’enseignement à distance s’imposait à tous, de ces femmes, de ces hommes pour qui tout bascule, pour qui tout s’arrête, à cette période douloureuse sans précédent, la nécessité d’un service public fort, au plus près des Français, est venue exploser au visage de celles et ceux qui les combattent sans relâche depuis des décennies. Nous n’oublions jamais ces quelques mots : le service public est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, et c’est ce service public là, de première proximité, que nous défendons, nous, la Majorité municipale, et déployons avec l’ensemble des agents dans notre Ville depuis toujours. À Lille, Hellemmes et Lomme, nous avons agi vite et fort face à cette crise sanitaire, en déclenchant le Plan d’urgence pour les seniors ; au risque sanitaire s’ajoutait, pour nos aînés notamment, le risque de l’isolement, une double peine insupportable, que nous avons eu à cœur d’alléger au maximum. Nous avons renforcé les moyens de nos CCAS, à travers, notamment, une subvention complémentaire de 650 k€ à Lille, 178 k€ à Lomme et 100 k€ à Hellemmes. Notre réactivité nous a permis de garder le lien avec celles et ceux qui en avaient tant besoin. Nous avons fait le choix de renforcer notre action sociale du quotidien par une aide directe aux plus fragiles. Madame le Maire l’a évoqué à l’instant, à plusieurs reprises, l’année dernière, nous avons, par exemple, distribué les colis alimentaires, dans un premier temps en venant en aide directe aux familles lilloises qui bénéficiaient pour leurs enfants des tarifs de cantine les plus bas. Dans un second temps, nous avons agi auprès des ménages que le CCAS accompagne au quotidien. 485 k€ ont ainsi été mobilisés par la Ville sur ces actions qui nous ont permis de distribuer plusieurs centaines de colis. Nous avons très rapidement permis et coordonné également la confection de masques en tissu, ici même, dans ce Grand Carré de l’Hôtel de Ville. Nous avons également participé à ce que les Lillois puissent se protéger efficacement, en distribuant 20 à plusieurs reprises des masques gratuits pour chaque foyer lillois, là où l’État était en incapacité d’en distribuer, des masques ; ensuite, également pour les enfants dans nos écoles. D’une manière générale, les achats de masques, gels désinfectants, gants, produits de désinfection s’élèvent à 3,6 M€. Nous avons agi vite et fort en amplifiant notre soutien aux associations par la création d’un fonds supplémentaire de 1 M€, parce que nous croyons en l’utilité des associations pour accompagner, aider et soutenir les plus fragiles. Nous avons agi vite et fort en apportant notre soutien aux habitants confinés dans le cadre des moyens et des compétences de la Ville : exonération du stationnement pour les Lillois lors du premier confinement, accompagnement des commerçants avec l’exonération des terrasses, exonération des loyers commerciaux et associatifs, exonération des droits d’occupation de l’espace public pour les commerçants non sédentaires, pour les commerçants des marchés de la Vieille Bourse. Tout au long de ces mois, nous avons été aux côtés, contrairement à ce qui vient d’être dit, des commerçants à travers notre cellule d’écoute. Au total, les mesures de soutien décidées par la Ville représentent 2,8 M€. Nous avons agi vite et fort en adaptant le programme estival de la Ville aux conditions sanitaires. Les Lillois sont trop nombreux à ne pas avoir les moyens de partir en vacances, la crise a encore exacerbé cette situation l’été dernier. Avec la première édition de « Voyage, Voyages », nous avons pris la décision d’offrir des moments de détente et d’évasion à toutes celles et ceux qui ont passé l’été à Lille, et ceci, grâce à la mobilisation des agents municipaux, des associations lilloises, des compagnies artistiques qui ont proposé très rapidement une programmation riche et festive. Cela a représenté en 2020 une dépense de 1,5 M€. La crise a, bien sûr, un coût, mais protéger nos concitoyens n’a pas de prix. Le compte administratif que vous a présenté Marion GAUTIER reflète cette philosophie et, avec elle, l’état d’esprit de la Majorité Municipale. En 2020, malgré la crise, nous pouvons être fiers d’avoir concrétisé chaque jour davantage la promesse d’une Ville inclusive et bienveillante, où chacun peut vivre dignement, à la hauteur de ses moyens, où la place et le sort des plus fragiles comptent vraiment, une Ville durable et apaisée, où chacun peut profiter de la nature, se déplacer et prendre concrètement part à la transition écologique, une Ville en mouvement, créative, encourageant tous ses talents. Grâce au travail de la Majorité Municipale, nous gardons le cap du programme Municipal que les habitants de Lille-Hellemmes-Lomme ont choisi en 2020, et à vrai dire, depuis un an, nous avançons très concrètement sur nos objectifs. Je souhaite rapidement citer quelques exemples, et sans surprise, je commencerai par le logement. Alors que le Gouvernement a fait le choix d’imposer la réduction de loyers solidaires et de baisser les APL, privant de fait les bailleurs sociaux d’une partie de leurs recettes, à un moment où, il faut bien le dire, la France n’a jamais 21 eu autant besoin de construire du logement social, à Lille, nous, Majorité Municipale, avons continué de soutenir par subvention directe la construction et la réhabilitation de logements abordables, à hauteur de 307 k€ en 2020. C’est aussi notre action en faveur de l’habitat ancien, en faveur de l’ANRU, du foncier, respectivement pour des montants de 211 k€ à 1,2 M€, que vous retrouverez dans la délibération. C’est aussi la réhabilitation de la Cité Saint-Maurice, où la Ville est maîtrise d’ouvrage, 457 k€, la lutte contre l’habitat indigne à hauteur de 1,1 M€ ou encore les 332 k€ d’aides aux particuliers pour rénover de façon durable leur habitation. Voilà encore des actions concrètes, favorisant l’accès au logement digne, abordable et durable. Un mot également sur la sécurité. Tandis que certains font l’autruche sur ce sujet, nous en avons fait l’une de nos priorités. Là encore, nous ne voulons pas d’une Ville à deux vitesses, nous travaillons à ce que chaque Lillois, quels que soient ses moyens et son quartier, ait la possibilité de vivre dans la sécurité et la tranquillité. Nous avons pris le parti de ne tomber ni dans l’idéologie stérile, ni dans les excès et la surenchère. À Lille, nous nous concentrons sur l’efficacité au service des Lillois. Il y a les premiers investissements de l’année dernière, 287 k€ pour l’aménagement des locaux et l’équipement de la Police Municipale, et ceux décidés pour 2021 : l’installation des caméras de vidéoprotection, les travaux du futur Hôtel de Police Municipale et du centre de supervision urbaine et également le recrutement d’une partie des nouveaux policiers municipaux promis aux Lillois. Quelques mots aussi sur l’éducation et la petite enfance. À Lille, nous faisons en sorte que l’école soit une chance donnée à tous les enfants, toutes les familles, quels que soient leurs moyens. En allouant plus de 67 M€ au fonctionnement de nos écoles et presque 1/6e de nos dépenses d’investissement, toutes nos attentions, tous nos efforts sont portés vers ces lieux qui préparent l’avenir. Cela se traduit notamment par les projets éducatifs ambitieux dans le cadre du Projet Educatif Global. De plus, 578 k€ auront été dépensés l’année dernière pour débétoniser les cours d’école, et ainsi permettre à chaque élève de profiter d’espaces ludiques et de verdure, de se familiariser avec la nature et de lutter par le même coup contre les îlots de chaleur. Cet été, nous lancerons les travaux de débétonisation dans les dernières écoles 100 % minérales. De plus – et Charlotte BRUN en dira un mot certainement tout à l’heure –, nous lions la question de la transition écologique et de la justice sociale dans toutes les écoles avec la gratuité de fournitures scolaires durables dès la rentrée de septembre 2021. La Ville durable, la transition écologique à Lille, ce n’est pas un sujet nouveau ; vous le savez, il nous occupe depuis déjà de très nombreuses années. L’année dernière, les Lillois nous ont élus sur un projet politique qui inscrivait clairement l’urgence climatique au cœur de nos priorités. Auprès d’eux, nous nous sommes engagés à accélérer et massifier la transition écologique. Après cette première année de mandat, le travail de la Majorité Municipale nous propulse vers ces objectifs que nous nous sommes fixés : -45 % d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et la neutralité carbone d’ici 2050. Cette préoccupation, ce compte 22 administratif la reflète très fidèlement. La métamorphose paysagère de Lille totalise un quart des dépenses d’investissement en 2020. Cela concerne notamment l’aménagement et la requalification des espaces publics pour un meilleur partage de la Ville et le développement des mobilités non polluantes, cela concerne également l’aménagement d’espaces verts partout dans la Ville ; nous pouvons notamment citer le jardin Bailleul Van Dyck à Wazemmes qui figurait dans le programme Municipal et, bien entendu, les diverses végétalisations de rue. Voilà, très concrètement, ce que fait la Majorité pour faire avancer les sujets d’environnement et de cadre de vie pour les Lillois, et cela sans supprimer un seul euro pour nos politiques de proximité et de solidarité, car, oui, nous pensons que la transition écologique ne se fera pas à Lille sans justice sociale, sans solidarité. Cette année de crise n’a fait que renforcer cette conviction, tandis que d’autres découvraient l’ampleur des inégalités sociales. Nous avons été aux côtés des Lillois pour amortir le choc, et aussi, il faut le dire, pour compenser là où l’État fait défaut dans sa mission. Cette politique, nous l’avons mise en œuvre en 2020 grâce à la continuité des services publics municipaux. Pour cela, nous avons réalisé des investissements conséquents pour accélérer l’équipement en matériel informatique de nos agents municipaux ; 3,2 M€ y auront été ainsi consacrés. Grâce à cela, les agents ont pu continuer à offrir un service public de qualité et de proximité. Notre politique de solidarité, ce sont bien évidemment les crédits que nous avons dédiés à nos quartiers à travers notre Politique de la Ville qui soutient les habitants et les associations dans leur travail quotidien. Notre politique de solidarité, ce sont également les subventions aux CCAS qui accompagnent les plus fragiles. Notre politique de solidarité, c’est le travail partenarial mis en œuvre avec les centres sociaux de la Ville, au plus près des réalités et du quotidien des habitants. Un dernier mot sur la participation citoyenne, une politique cruciale, tant je pense qu’elle est, finalement, au cœur des enjeux démocratiques. Retenons que notre Ville parvient à faire vivre la démocratie locale malgré la crise sanitaire. À Lille, 568 k€ ont été ainsi investis en 2020 au titre des opérations réalisées dans le cadre du budget participatif. Bien entendu, les confinements ont retardé de nombreux sujets, dont ceux directement portés par les habitants, et nous ne perdons pas de vue l’objectif de renforcer dès cette année le budget participatif, avec notamment 500 k€ réservés aux projets des enfants. Même s’ils n’apparaissent pas en tant que tels dans ce compte administratif, je me permets de citer également des avancées concrètes en matière de participation citoyenne. Le droit de pétition locale que nous avons mis en œuvre, le référendum local, mais aussi la multiplication des concertations vis-à-vis des aménagements de l’espace public lillois sont autant d’actes visant à renforcer toujours plus les liens entre les Lillois et leur Ville. 23 J’aurais pu vous parler encore très longtemps du travail engagé en 2020 par notre Majorité, et je m’en excuse auprès de mes collègues, je n’ai pas pu citer l’ensemble des actions menées et des projets de nos élus pour 2021 ; en quelques minutes, l’exercice est plus que difficile. Sachez tout simplement que nous sommes décidés à continuer, à poursuivre, nos actions, et la stratégie d’endettement dynamique que nous avons validée au début de l’année nous permettra de maintenir le rythme soutenu des prochains mois. En conclusion, je vous dirai que deux principes fondamentaux nous animent : la Ville en transition que nous construisons ne sera pas celle de la fracture sociale ; la transition écologique sans justice sociale laisserait dans notre Ville des milliers de personnes sur le bord de la route, ce que nous refusons. Nous voulons dans notre Ville, dans chacun de nos quartiers également, une véritable mixité sociale, parce que le vivre ensemble républicain est le socle sur lequel nous pouvons bâtir sereinement l’avenir. Le compte administratif présenté par Marion GAUTIER ce soir démontre parfaitement que l’intérêt général guide toujours la Majorité Municipale dans chacun de ses projets. Pour ces raisons, chers collègues, je vous invite à voter favorablement ce compte administratif et vous remercie pour votre attention. (Temps de parole : 13 minutes 36) Madame le Maire - Merci beaucoup, Madame BADERI. Nous sommes toujours – nous vérifions les horaires – sur l’intervention de la Majorité, donc Karine TROTTEIN, et ensuite, Jérémie CRÉPEL. Madame TROTTEIN - Merci, Madame le Maire. Madame le Maire, mes chers collègues, Tout d’abord, et au nom des élus Communistes, je souhaite avant tout remercier Marion GAUTIER pour son travail et la qualité de sa présentation relative à ce compte administratif. La perfection n’est pas de ce monde, mais tout un chacun a la possibilité de tendre vers cet objectif. Aussi, les collègues élus dans l’Opposition se sont bien évidemment attachés à relever certains points d’achoppement, voire insinué que la Ville ait profité de la crise sanitaire. Ces propos me choquent, Madame SPILLEBOUT. Les problématiques budgétaires que vous avez évoquées ne sont pas liées à une mauvaise gestion mais seulement à ces paramètres extérieurs qu’il n’était pas possible de prévoir lors du budget primitif de 2020, et malgré ces difficultés relevant de la pandémie que nous connaissons depuis près d’une année et demie maintenant, la Ville s’est retrouvée en première ligne pour maintenir la continuité du service public auquel on tient tant, Anissa BADERI l’appuyait particulièrement lors de son intervention, mais aussi pour protéger les habitants les plus fragiles et soutenir les acteurs économiques, sociaux et culturels locaux très impactés. Madame GAUTIER l’indiquait, cela représente un impact financier de 16 M€. 24 La lecture de ce compte administratif met d’autres choses en exergue. Je ne vais pas tout reprendre ici, mais j’ai souhaité relever quelques points pour les appuyer à mon tour : - notre capacité de désendettement reste inférieure à sept années, inférieure à six années si l’on intègre les produits de cession ; - la trajectoire de désengagement est engagée depuis plusieurs années et réelle ; - l’encours de la dette totale baisse de 3,2 % en 2020 ; - fort de ce résultat, 60 M€ de dépenses d’investissement ont pu être réalisées, près de 90 % des objectifs ont ainsi été effectués. Notons aussi les efforts de la Ville de Lille pour obtenir des subventions qui se sont traduites par 5 M€ obtenus et injectés en investissement. À propos des dépenses d’investissement encore, je soulignerai les 1,8 M€ pour la propreté de la Ville, comme les 1,2 M€ pour l’aménagement des espaces verts. 1,2 M€ également ont été dépensés pour l’accessibilité de tous les publics, etc. La Majorité réaffirme ainsi sa volonté de faire de Lille une Ville inclusive, solidaire et durable pour tous les Lillois et les Lilloises. Malgré une perte de recettes de fonctionnement de l’ordre de 5,29 %, liée principalement aux produits des services et du domaine, nous maintenons un niveau fiscal dans la moyenne basse des grandes Villes. Malgré ces pertes des recettes de fonctionnement, nous avons maintenu le niveau de dépenses et réalisé 94,6 % par rapport à la projection initiale, en fonctionnement donc. Nous retenons particulièrement sur ce point les dépenses relatives à l’apprentissage et au bien-être de notre jeunesse pour un budget de 67,7 M€, celles relatives aux politiques de proximité et de solidarité pour 57,9 M€, enfin les presque 6 M€ pour le patrimoine et l’accessibilité, où les efforts sont à poursuivre ; c’est projeté sur les prochaines années, nous l’avons vu dans le graphique également. Pour terminer sur le chapitre des dépenses de fonctionnement, je souhaite encore saluer l’aide de la Ville en direction des associations pour une hausse de subventions versées de 3,94 %. Je souhaite terminer mon propos en remerciant également les services de la Ville qui travaillent sans relâche en lien avec les élus pour obtenir ces bons résultats. Les élus Communistes sont satisfaits de la bonne gestion de notre Ville. Ils réaffirment leur volonté de travailler dans cette optique pour une Ville inclusive, solidaire pour les Lilloises et les Lillois. Je vous remercie. (Temps de parole : 3 minutes 22) Madame le Maire - Merci beaucoup. 25 Monsieur CRÉPEL. Monsieur CRÉPEL - Merci. Madame le Maire, chers collègues, Nous examinons aujourd’hui le compte administratif de l’année 2020, qui relate l’exécution du budget 2020, que le groupe Écologiste, qui faisait alors partie de la Majorité, avait voté, une exécution quelque peu affectée par la crise du Covid, qui a perturbé nos recettes et notre fonctionnement et accru les besoins sanitaires et sociaux. Vous y avez adjoint l’analyse climatique de nos dépenses, ainsi que le rapport sur le développement durable, un éclairage louable, et nous proposez une affectation de l’excédent réalisé. La bonne nouvelle de ce compte administratif, que nous voterons favorablement, est que les finances de la Ville ont su résister à cette période hors norme – je n’ai pas exactement la même analyse que Madame SPILLEBOUT – plutôt grâce à la bonne gestion du mandat précédent. Sur le Plan des recettes, on peut noter une baisse de 30 % du produit des services et du domaine, celle-ci est compensée par une légère hausse des rentrées fiscales et surtout la hausse des dotations due à la compensation de la taxe d’habitation. Cela amène deux remarques : - nous attendons de l’État la pérennisation de cette compensation, alors que nous avons perdu en 2020 celle de la réforme de la taxe professionnelle ; - nous remarquons la forte baisse, 2,5 M€, due au Covid, des recettes liées au casino, que les Écologistes ont toujours combattu. A l’évidence, la dépendance à cette recette n’est pas bonne pour la Ville. Sur le Plan des dépenses, les dépenses supplémentaires liées au Covid s’élèvent à 16 M€, elles sont justifiées et nous les avons soutenues, notamment celles liées au soutien au monde associatif, au monde économique ou aux centres communaux d’action sociale de nos trois communes. Cependant, ces dépenses supplémentaires sont compensées par la baisse d’autres dépenses, soit grâce à la baisse des charges de la dette, soit en raison des actions annulées à cause du Covid, ainsi qu’une légère baisse de la masse salariale. À ce propos, notons que le taux de réalisation demeure stable malgré une petite baisse côté investissement. Nous en profitons pour saluer et remercier l’engagement des agents qui ont tenu bon pour réaliser leurs missions, malgré la crise et le télétravail mis en œuvre dans des conditions difficiles. Vous mentionnez les difficultés à recruter de nouveaux agents dans cette période, nous voulons bien vous croire, mais nous souhaiterions du volontarisme dans la période qui s’ouvre, ce qui ne semble pas être le cas ; j’y reviendrai sur le budget supplémentaire. 26 Sur l’analyse climatique du budget, je vous remercie de nous avoir envoyé l’ensemble des diaporamas présentés en commission, ce qui nous donne un peu plus de détail. Cependant, nous réitérons notre demande d’accéder à l’analyse ligne par ligne, dans un souci de transparence démocratique. Ce serait la moindre des choses. Ce que nous pouvons déjà dire, c’est qu’un gros travail est à faire sur l’achat des véhicules thermiques, sur l’équipement informatique, mais aussi pour aller au-delà du simple respect des normes dans la construction et débétoniser Lille afin d’atténuer les îlots de chaleur. Il faudrait aussi ouvrir enfin le chantier de nos partenaires bancaires – nous en avons parlé en commission. Qui détient nos actifs ? D’après le compte administratif, 8,46 % auprès de la Caisse d’Épargne, 10,54 % auprès du Crédit Agricole, 8,03 % auprès de la Société Générale. Or, d’après le rapport Oxfam de 2018, en 2018 donc, les émissions de gaz à effet de serre issues des activités de financement et d’investissement de quatre principales banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Banque Populaire/Caisse d’Épargne) dans le secteur des énergies fossiles ont atteint plus de 2 milliards de tonnes équivalent CO , soit 4,5 fois les émissions de la 2 France dans cette même année. Si nous voulons travailler en faveur du climat, nous ne pouvons continuer à travailler avec des banques qui investissent dans les énergies fossiles. Vous faites d’ailleurs le choix de ne pas classer ces emprunts dans la partie « défavorable » de votre analyse climatique, mais en « indéfini ». Nous avons échangé là-dessus, vous nous avez indiqué classer en « indéfini » ce que vous ne pouviez pas changer sous prétexte que ce sont des choix, vos choix, datant d’il y a 10 ans. Cela nous semble contre-productif. La partie « défavorable » ne doit pas seulement concerner ce que vous estimez pouvoir changer, mais bien concerner ce qui est effectivement défavorable au climat et assumer les conséquences des choix qui ont été faits précédemment. Ne cachons pas ces emprunts sous de l’indéfini, car il s’agit bien de dépenses défavorables au climat. Le Rapport sur le Développement Durable fait le bilan des efforts déjà réalisés par la Ville, c’est donc aussi, en grande partie, notre bilan, et j’en profite pour saluer l’action de Lise DALEUX sur la nature en Ville et la biodiversité, de Stéphane BALY sur l’énergie et, avant lui, Philippe TOSTAIN, de Michel IFRI sur les cantines scolaires avec le bio et les repas végétariens, ainsi que de Vinciane FABER et Anne MIKOLAJCZAK sur le développement du vélo, mais vous y évoquez aussi l’engagement Ville bas carbone et le Pacte Lille bas carbone. Alors là, j’espère que mes quelques critiques ne vont pas être taxées de démagogie, comme cela semble devenir le cas dans ce Conseil, malheureusement. Sur les bâtiments et les constructions… Madame le Maire - En général, ce n’est pas de démagogie, ce sont des contrevérités ; c’est cela que nous critiquons. Je ne vous ai jamais traité de démagogique, vous, contrairement à d’autres… 27 Monsieur CRÉPEL - Voilà, donc la Majorité travaille et l’Opposition fait des contrevérités. Madame le Maire - Mais vous faisiez partie de la Majorité, chers amis, ne l’oubliez pas. Monsieur CRÉPEL - Là, nous parlons de l’avenir : la Ville bas carbone et le Pacte Lille bas carbone. Sur les bâtiments et les constructions, une importante source d’émissions de gaz à effet de serre, vous estimez être bons élèves. Pourtant, les éléments du budget climatique montrent que nous pourrions être davantage exigeants pour aller au-delà des simples normes. Sur l’énergie ou les matériaux, là encore, vous vous contentez du réglementaire ou de simples études, sans engagement précis, alors que des Villes comme Bordeaux vont plus loin, avec des éléments chiffrés et scientifiquement vérifiables. Enfin, sur l’adaptation au changement climatique… Madame le Maire - C’est JUPPÉ, donc, à ce moment-là. Monsieur CRÉPEL - Est-ce que je peux ne pas être interrompu ? Parce que c’est mon tour de parole. Merci beaucoup ! Enfin, sur l’adaptation au changement climatique, Lille n’impose que 30 % de pleine terre dans les nouveaux aménagements quand, ailleurs, beaucoup de zones du PLU sont à 40 %, y compris, encore une fois, dans la Ville de Bordeaux. Comment osez- vous, d’ailleurs, vanter l’aménagement des Rives de la Haute-Deûle avec l’urbanisation d’une partie de l’îlot Boschetti ? Demain, la bétonisation de Saint-Sauveur sera-t-elle aussi saluée dans votre Rapport Développement Durable ? Que dire, enfin, de la méthode, avec la signature du Pacte Lille bas carbone 10 jours avant le Conseil Municipal, sans aucune trace de concertation préalable, au mépris des objectifs d’implication citoyenne que vous vantez dans le Rapport Développement Durable et que vous venez de répéter ? Vous l’avez compris, ce rapport, ce décalage entre les discours et le manque d’ambition des actes, nous conduira tout à l’heure à nous abstenir sur la délibération du Pacte Lille bas carbone. Venons-en, enfin, au budget supplémentaire, qui souffre le même manque d’ambition. La crise Covid a montré que lorsqu’il y a urgence, les moyens humains et financiers peuvent être mobilisés. Il y a une autre urgence qui Plane au-dessus de nous, et ce, depuis des décennies, l’urgence climatique et sociale, parce que nous, nous n’opposons pas l’urgence climatique et l’urgence sociale. Imaginons ce que l’on pourrait faire en débloquant autant en si peu de temps pour offrir aux Lilloises et aux Lillois une réelle protection face à la hausse des températures, face à la pollution qui tue déjà, pour héberger toutes les personnes qui dorment dehors sous la neige en hiver et en pleine canicule en été. C’est une question de choix. 28 Lors du vote du budget, nous vous demandions d’utiliser les marges de manœuvre qui pourraient se dégager au soutien aux associations – parce que moi, je ne vous reproche pas l’année qui vient de s’écouler, mais j’attire votre attention sur vos choix pour l’avenir – et au recrutement de fonctionnaires municipaux pour accélérer la transition. Certes, nous saluons l’augmentation du budget du bio et le Plan de déprécarisation des agents, mais l’essentiel des marges de manœuvre dégagées par le compte administratif, pour 16 M€ vous l’affectez à la réduction de la dette, quand la Ville est peu endettée – vous l’avez dit – et que les taux sont bas. Tout cela manque encore une fois cruellement d’ambition ; c’est pourquoi nous voterons contre ce budget supplémentaire, comme nous avons voté, pour les mêmes raisons, contre le budget 2021. Je vous remercie. (Temps de parole : 9 minutes 01) Madame le Maire - Madame GAUTIER. Sur la partie « bas carbone », qui n’a pas encore été présentée mais a déjà été critiquée, Audrey pourra répondre lorsqu’elle présentera le sujet. Si tu peux répondre sur tout le reste, merci beaucoup. Madame GAUTIER - Je voudrais d’abord inviter Madame SPILLEBOUT à conseiller à Nicolas LEBAS une lecture plus attentive des délibérations qui sont présentées et peut-être à mieux écouter les présentations qui ont été faites pour le rapport d’orientations budgétaires et le vote du budget primitif en 2021. Vous considérez que nous n’avons pas assez dépensé en 2020 pour la crise sanitaire. Les jeux d’écritures des plus et des moins sont peut-être difficiles à comprendre. Il a été dépensé pour la crise sanitaire 9 M€ au total : 3,6 M€ pour les masques, 1,5 M€ pour les animations d’été, 1 M€ pour les associations, 650 000 € pour les primes aux agents, 650 000 € supplémentaires pour le CCAS de Lille, 485 000 € pour les paniers repas. Par ailleurs, on ne va pas se reprocher de ne pas avoir dépensé le chauffage et les fluides qui ont été économisés du fait de la fermeture des équipements (cela représente 1 M€), de ne pas avoir dépensé les achats pour la cantine scolaire (encore 1 M€). En ce qui concerne la Ville de Lomme, je comprends le petit jeu par rapport à l’actualité, mais il ne vous a quand même pas échappé qu’une aide supplémentaire de 1 M€ avait été votée en décembre pour la Ville de Lomme. Cela avait peut-être été un peu surélevé à ce moment-là, mais on est dans un contexte où les masses ne sont pas forcément faciles à évaluer. Je pense qu’il faut prendre cela dans l’analyse. Vous pourrez lire page 32 du rapport financier qui a été remis sur table qu’en réalisation, la dotation de la Ville de Lille vers la Ville de Lomme a augmenté de 1,37 M€ en 2020. 29 En ce qui concerne la comptabilisation des frais financiers sur le budget climatique, Monsieur CRÉPEL, vous transformez nos propos. Nous avons acté ensemble en commission que cela pouvait effectivement être mieux précisé et cela le sera. Je rappelle que le budget climatique est d’abord un outil d’aide à la décision et que le but est justement de nous guider dans nos choix, ce que nous avons fait en ce qui concerne le choix de nos partenaires financiers en 2020 et en 2021 puisque nous avons justement travaillé sur ce sujet et souscrit des prêts verts. C’est vrai que cela n’apparaît pas dans le compte administratif 2020, mais ce travail a été fait et vous le savez pertinemment. Concernant l’affectation des 16 M€ au désendettement, je pense que vous n’avez pas tout à fait mesuré le volume d’investissement que nous avons déjà budgété sur 2021, à savoir 91 M€. Dans un moment où nous avons du mal à suivre parce que les filières sont assez désorganisées sur les approvisionnements ou tout simplement sur le marché du travail notamment dans le BTP suite à la crise sanitaire, l’enjeu n’est pas tant de mettre plus d’argent que de pouvoir suivre le rythme pour réaliser ces 91 M€. Je pense que, si nous sommes en capacité de le réaliser et que nous avons la possibilité d’aller plus loin, nous n’hésiterons pas à le faire. L’enjeu est déjà de pouvoir faire tout cela dans le temps qui nous est imparti avec les contraintes de désorganisation mondiale que l’on connaît en ce moment. C’est trop facile de dire que nous ne sommes pas assez ambitieux alors que nous évoluons dans un contexte contraint. Il ne suffit pas de mettre de l’argent en plus, il faut ensuite avoir la capacité à faire. Je vous remercie. Madame le Maire - Nous allons laisser la présidence à Arnaud DESLANDES. Nous sortons quelques instants pour le vote du compte administratif et nous reviendrons pour voter le budget supplémentaire. (Madame le Maire et Madame LINKENHELD sortent de la salle du Conseil à 18 heures 50.) Monsieur DESLANDES - Je passe au vote des délibérations, en commençant par la délibération 383 portant sur le compte de gestion. Qui est pour ? (Unanimité). Adoptée (Martine AUBRY et Audrey LINKENHELD ne prennent pas part au vote.) Je vous remercie. Je passe à la délibération 384, le compte administratif de la Ville. Qui est pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Lille Verte). Contre ? Abstention ? (Le groupe Faire Respirer Lille) Adoptée, le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. 30 (Martine AUBRY et Audrey LINKENHELD ne prennent pas part au vote.) Je vous remercie. Nous poursuivons avec le vote sur la délibération 385, le compte administratif - budget annexe de la commune associée d’Hellemmes. Qui est pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Lille Verte) Contre ? Abstentions ? (Le groupe Faire Respirer Lille) Adoptée, le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. (Martine AUBRY et Audrey LINKENHELD ne prennent pas part au vote.) Je vous remercie. Sur la délibération 386, le compte administratif pour le budget annexe de la commune associée de Lomme. Qui est pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Lille Verte) Contre ? Abstention ? (Le groupe Faire Respirer Lille) Je vous remercie. Adoptée, le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. (Martine AUBRY et Audrey LINKENHELD ne prennent pas part au vote.) Nous poursuivons avec deux délibérations liées au compte administratif. Sur la délibération 387 portant sur le budget annexe du restaurant Municipal. Qui est pour ? (Unanimité) Adoptée. (Martine AUBRY et Audrey LINKENHELD ne prennent pas part au vote.) Sur la délibération 388, le budget annexe des pompes funèbres. Qui est pour ? (Unanimité) Je vous remercie. Adoptée. (Martine AUBRY et Audrey LINKENHELD ne prennent pas part au vote.) Nous pouvons faire revenir Madame le Maire et Madame la Première Adjointe. 31 (Retour de Madame le Maire et de Madame LINKENHELD à 18 heures 53) Monsieur DESLANDES.- Je vous confirme, Madame le Maire, Madame la Première Adjointe, que les six délibérations ont été approuvées par nos collègues. (Madame le Maire reprend la présidence de la séance.) Madame le Maire - Je vous remercie. Nous allons mettre aux voix le budget supplémentaire. Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire) Contre ? (Le groupe Lille Verte) Abstention ? (Le groupe Faire Respirer Lille) Je vous en remercie. Adoptée à la Majorité, le groupe Lille Verte votant contre et le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. 21/382 Produits irrécouvrables du budget principal – Admissions en non-valeur. Adoptée. 21/390 Budget Supplémentaire 2021 – Budget annexe de la Commune associée d’Hellemmes. 21/391 Budget Supplémentaire 2021 – Budget annexe de la Commune associée de Lomme. Adoptées à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre et le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. 21/392 Budget Supplémentaire – Budget annexe du restaurant municipal. 21/393 Budget Supplémentaire 2021 – Budget annexe des pompes funèbres. Adoptées. 32 Chemise 4 TRANSITION ECOLOGIQUE Rapporteur : Audrey LINKENHELD ET DEVELOPPEMENT SOUTENABLE Première Adjointe au Maire 21/275 Pacte Lille bas carbone – Signature du partenariat. CLIMAT 21/277 Plan lillois pour le climat 2021-2026. (Projection de diapositives) Madame le Maire - Je passe la parole à notre Première Adjointe Audrey LINKENHELD qui va à la fois nous présenter le bilan carbone et deux très importantes délibérations sur le bas carbone. Madame LINKENHELD - Merci, Madame le Maire. Je vais en effet vous parler un peu longuement de trois sujets qui forment un tout : le Plan lillois pour le climat que je vous propose d’adopter ce soir, le Pacte Lille bas carbone qui a déjà un peu fait parler de lui et le rapport développement durable Lille bas carbone qui accompagne nos débats sur le compte administratif. Je commence par le Plan lillois pour le climat que je vous propose d’adopter ce soir. Ce Plan lillois pour le climat est finalement notre feuille de route de la Ville de Lille, de l’équipe Municipale pour l’ensemble de ce mandat en faveur du climat et de l’environnement. Évidemment, cette feuille de route s’inscrit dans une trajectoire lilloise pour le climat qui doit nous emmener au plus tard en 2050 à la neutralité carbone, avec une étape intermédiaire importante en 2030 où nous voudrions avoir baissé de 45 % nos émissions de gaz à effet de serre, en partant d’engagements de longue date en faveur du climat, à commencer par cet Agenda 21 adopté dès 2001 et puis plusieurs jalons que vous avez à l’écran. Je ne vais pas tous les rappeler, ils vous montrent que c’est un combat de longue haleine, mais un combat – Anissa BADERI l’a dit tout à l’heure – qui nous préoccupe déjà depuis longtemps, avec des étapes plus récentes comme par exemple – et j’y reviendrai – cette place de finaliste au prix de Capitale verte européenne 2021, je me permets de le souligner puisque 2021, c’est cette année. Pour aller au bout de notre trajectoire, le mieux est de savoir d’où l’on part. Je vous ai un peu parlé du passé. Je voudrais vous parler un instant du présent. Nous avons aujourd’hui une bonne connaissance de ce que sont nos émissions de gaz à effet de serre sur le territoire à la fois métropolitain et lillois. Je vous remets à l’écran ces émissions de gaz à effet de serre à l’échelle métropolitaine, dont, pour quelques-uns d’entre nous, nous avons eu l’occasion de parler à la MEL très récemment. 33 Il faut savoir que, à l’échelle de notre Ville, nous sommes globalement dans les mêmes ordres de grandeur. Deux secteurs sont les plus émetteurs en émissions : - le transport, avec le trafic routier en particulier, - le secteur résidentiel avec les logements et notamment le chauffage dans les logements. Lille est un peu en décalage par rapport à la MEL avec un peu moins d’émissions liées au secteur du transport parce que nous sommes une Ville qui accueille encore beaucoup de voitures, mais quand même plutôt des Lillois moins motorisés que la moyenne des métropolitains et un secteur du résidentiel qui émet un peu plus que la moyenne parce que nous avons un parc immobilier plutôt vieux et énergivore malgré les efforts que nous menons pour l’améliorer. Je vous rappelle cette particularité qu’une grande partie des émissions sont évidemment liées aussi aux biens que nous importons et donc à la consommation, aux biens et aux services qui sont les nôtres en tant que collectivité, en tant que citoyens et en tant qu’acteurs économiques. Voilà pour les émissions de notre territoire. Nous avons aussi fait l’analyse des émissions de notre activité Municipale. C’est une nouveauté cette année. En effet, nous avons conduit un bilan des émissions de gaz à effet de serre de ce que l’on appelle le patrimoine au sens large des activités Municipales, sur la base des données 2019. Vous pouvez voir que la Ville de Lille en tant que Municipalité émet chaque année 40 000 tonnes d’équivalents de CO2, ce qui est assez conséquent. Vous pouvez voir aussi que nous connaissons maintenant finement les sources de nos émissions. Cela peut être la consommation de nos bâtiments municipaux, le carburant des véhicules qui sont les nôtres, des émissions parfois directes ou parfois indirectes et ce que nous achetons nous-mêmes en tant que collectivité comme produits et comme services ou encore les déplacements que nous effectuons, nous les élus, mais aussi nos agents. Nous avons pour la première fois, un bilan d’émissions de gaz à effet de serre aussi précis pour notre Ville sur l’ensemble des scopes, mais aussi sur l’ensemble des trois communes, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Nous savons aujourd’hui précisément comment se comportent les émissions de gaz à effet de serre aussi bien à Lille, à Lomme qu’à Hellemmes. C’est en partant de cette bonne connaissance de la situation lilloise que nous avons souhaité vous présenter ce Plan lillois pour le climat comme un document stratégique qui nous semble nécessaire en ce début de mandat, d’abord pour mettre en cohérence les engagements que nous avons à Lille, des engagements pris notamment à l’échelle européenne. Nous sommes par exemple depuis plusieurs années adhérents de la Convention des maires pour l’énergie et le climat. Je vous proposerai d’ailleurs d’ici la fin de l’année d’actualiser notre adhésion à cette convention des maires puisqu’elle est mise à jour. 34 Nous sommes aussi engagés par le contenu de notre candidature au prix de Capitale verte européenne. Vous avez à l’écran les 12 critères sur lesquels nous avions fait des propositions concrètes. Nous avons toujours dit que, quelle que serait l’issue de cette candidature – lauréat, finaliste ou rien du tout –, nous prenions certes les engagements auprès de la commission européenne, mais surtout pour nous-mêmes. Nous continuons donc à mettre en œuvre ce qui était contenu dans cette candidature. Nous avons plus récemment adhéré au Green city Accord qui est, lui aussi, un accord européen des Villes vertes, qui vient utilement compléter la Convention des maires pour le climat et l’énergie sur quelques autres thèmes (l’air, l’eau, le bruit, l’économie circulaire et la nature) qui viennent finalement en cohérence avec les 12 critères de cette fameuse candidature au prix de Capitale verte européenne. Je précise que nous sommes la première Ville française signataire du Green city Accord et que nous sommes d’ailleurs régulièrement interrogés sur cette candidature. Parmi nos engagements, il y a aussi le label Cit’ergie qui est porté en France par l’ADEME et qui est une indication intéressante, une démarche qualité pour manager nos engagements, pour les suivre, savoir où on en est de nos différents Plans d’action. Tout cela, ce sont des éléments qui, peut-être, jusqu’à présent, étaient certes forts, mais un peu disparates et qu’il nous a semblé utile de faire converger dans ce Plan lillois pour le climat, de la même manière que nous avons intégré dans le Plan lillois pour le climat les engagements nouveaux politiques pris à l’occasion des élections Municipales. Si vous prenez la peine de regarder les actions et les projets en détail, vous ne devriez donc pas être trop surpris d’y trouver ce que nous avons pu dire devant les Lillois l’an dernier. Enfin, le dernier intérêt de ce Plan lillois pour le climat est évidemment de décliner à notre échelle locale ce que sont les ambitions et les priorités du Plan climat air énergie métropolitain, de le décliner à notre échelle et avec nos propres compétences. En effet, dans le cadre de nos compétences, nous pouvons accompagner, transposer, adapter les ambitions et les priorités de la Métropole, mais nous pouvons évidemment aussi initier nos propres actions dans des compétences qui sont très Municipales et moins métropolitaines. Voilà donc l’intérêt de ce Plan lillois pour le climat qui, pour plus de lisibilité mais aussi pour plus de cohérence politique, est calé sur le Plan climat de la Métropole. Nous avons repris la première ambition qui est d’arriver à la neutralité carbone en engageant et, surtout, en accélérant la transition énergétique de notre territoire et ce, à travers plusieurs priorités : - l’énergie, - la mobilité, - l’aménagement, - l’habitat, - la production et la consommation responsable, 35 - l’exemplarité. Là, on va retrouver des compétences plus Municipales, on va retrouver des engagements qui concernent nos propres bâtiments municipaux, notre propre flotte de véhicules, mais aussi par exemple l’alimentation dans nos cantines puisque la Métropole n’a pas de cantine scolaire, contrairement à nous. Nous avons là des engagements qui ne sont que les nôtres, de la même manière que, en termes d’achats ou de marchés publics, nous avons des choses qui nous sont propres et qui sont détaillées dans ce Plan climat. Je ne vais pas indiquer l’ensemble des actions et des projets. On vous a mis quelques exemples à l’écran pour vous montrer la nature de l’exercice. La deuxième ambition, c’est, à côté de l’action sur l’atténuation du changement climatique, l’adaptation à ce changement climatique qui est déjà là. Je pense que ce n’est pas la dernière séquence météo qui dira le contraire. Comment Lille est-elle une Ville résiliente à ce changement ? Comment peut-on lutter contre toutes les pollutions, en particulier la pollution de l’air ? Ce sont les priorités n° 7 et n° 8, avec là aussi un certain nombre d’actions que vous connaissez : le quartier à santé positive de Concorde, ce que l’on fait déjà sur la qualité de l’air intérieur dans nos écoles et des actions nouvelles comme les 90 hectares d’espaces verts que nous voulons créer ou réaménager, les 20 000 arbres que nous voulons planter, les cours d’école que l’on finit de débétonniser, etc. La dernière ambition – parce que, sinon, nous ne serions pas Lille –, c’est évidemment que cette transition écologique se fasse dans la justice sociale, que Lille reste une Ville solidaire, ce qui, de notre point de vue, passe par la mobilisation de l’ensemble des acteurs et des citoyens de la Ville de Lille, ce qui suppose de trouver les modes de gouvernance et de coopération adaptés. C’est la raison pour laquelle nous poursuivrons évidemment par exemple le budget d’investissement participatif. C’est la raison pour laquelle nous continuerons d’être engagés dans les réseaux européens, mais aussi dans la coopération décentralisée. C’est la raison pour laquelle nous allons de façon imminente proposer un guide pour l’organisation d’événements écoresponsables. Cela se fait déjà ponctuellement, mais notre idée est de les généraliser maintenant que ces événements sportifs, culturels et autres peuvent heureusement tous reprendre. Le dernier élément est que les moyens qui sont les nôtres soient adaptés à nos ambitions. C’est l’intérêt du budget climatique, mais pas seulement, c’est aussi l’intérêt de ce Plan lillois pour le climat qui fixe des ambitions, des priorités, des intentions politiques mais qui dit aussi très concrètement comment, en face de chaque objectif, nous mettons des indicateurs chiffrés, des tendances que nous pourrons suivre année après année. Je vous montre rapidement un exemple de la façon dont ces priorités sont traduites dans ce Plan lillois pour le climat. Je vous rappelle qu’il y en a 10. On ne se refait pas, j’ai choisi de vous donner l’exemple de l’habitat. Vous pouvez voir que, sur chaque priorité, par des petits pictogrammes : 36 - on vient dire quel impact climatique on recherche ; - on vient dire également quelles sont les données lilloises et non pas seulement métropolitaines car nous avons nos spécificités ; - on vient dire quels sont les enjeux lillois – on ne les a pas mis à l’écran, mais ils sont dans le document pour chacune des priorités – ; - enfin, on vient évidemment dire dans un tableau très précis quels sont les objectifs généraux, donc plus politiques, mais aussi les indicateurs et les objectifs chiffrés ou les tendances. Vous retrouvez par exemple les objectifs chiffrés que nous nous sommes donnés dans notre programme Municipal en matière de construction ou de rénovation de logements. Évidemment, pour atteindre ces objectifs, on vient dire très concrètement quelles sont les différentes actions que l’on mène, les actions un peu générales et les actions plus précises. Vous ne les avez pas à l’écran, mais elles existent et elles sont dans le Plan lillois. Tout l’intérêt de ce Plan lillois est qu’il sera suivi chaque année à travers le Rapport du développement durable dont nous avons rapidement parlé. Nous avons la chance d’avoir à disposition ce Rapport du développement durable. C’est une obligation réglementaire qui s’impose à nous et un exercice auquel nous nous livrons depuis quelques années déjà. J’ai moi-même contribué à ce que cet exercice s’étoffe ces deux dernières années. Il me semble que c’est la meilleure occasion pour donner à voir aux élus et aux Lillois la manière dont avance notre Plan lillois pour le climat. Vous avez, cette année encore, un Rapport du développement durable qui poursuit sa propre logique mais, dès l’année prochaine, l’articulation, l’architecture même de ce Rapport du développement durable sera complètement calée sur le Plan lillois pour le climat, ce qui permettra de suivre plus facilement les réalisations. Pour cette année 2020, puisque nous avons souhaité, en même temps que le compte administratif, à côté des performances financières de la Ville, vous rendre compte aussi des performances extra-financières – pour reprendre une terminologie plus économique –, vous aurez déjà dans ce rapport quelques exemples de nos réalisations en cette année particulière – je n’y reviens pas –, des exemples concrets ou des exemples chiffrés. Vous avez là : - des illustrations en matière d’énergie et d’habitat ; - des exemples en matière de mobilité, avec les piétonnisations dont on a beaucoup parlé, mais aussi les rues scolaires et l’avancement de nos pistes cyclables ; - des illustrations en matière de nature et de biodiversité, avec des réalisations concrètes et des chiffres, le nombre d’arbres Plantés par exemple, puisque c’est un de nos indicateurs ; - vous avez ensuite un petit focus sur ce que l’on appelle l’exemplarité, où vous retrouvez les cantines, l’alimentation bio et locale, la consommation d’eau, la consommation de l’éclairage public, le budget climat, le bilan des émissions de gaz à effet de serre dont je vous ai déjà parlé. 37 C’est le petit focus sur le Rapport du développement durable 2020. Il nous a semblé plus intéressant de vous le présenter dès ce soir en même temps que le compte administratif, plutôt que dans le débat d’orientation budgétaire. Il servira de document d’avancement du Plan lillois pour le climat. Ce Plan lillois pour le climat fait déjà l’objet d’applications très concrètes, très thématiques. Le Pacte Lille bas carbone, dont on a déjà un peu parlé, est une application thématique du Plan lillois pour le climat. C’est bien ce Pacte Lille bas carbone qui vient nous dire comment on peut atténuer le changement climatique en proposant des rénovations, des aménagements ou des constructions bas carbone, comment on peut s’adapter au changement climatique à travers ces opérations immobilières, comment on peut tenir compte des pollutions liées à l’air ou au bruit par exemple dans les opérations. Je vous dis un petit mot sur ce Pacte Lille bas carbone qui a d’ores et déjà été présenté avec l’ensemble de ses signataires il y a quelques jours. Je peux dire simplement qu’il scelle des engagements opérationnels extrêmement exigeants sur ces questions de climat, d’environnement et de santé. Il a été conclu avec l’ensemble des partenaires de l’immobilier, de la construction et de l’aménagement. Ils sont à cette heure 115, parmi lesquels des promoteurs, des bailleurs sociaux, des aménageurs, des architectes, des bureaux d’études, des entreprises de construction, bref, tous ceux qui fabriquent la Ville en aménagements, en constructions et en rénovations. Cela fait plus de trois ans maintenant que nous échangeons avec tous ceux-là autour de ce Pacte. Dire que ce n’est pas un document de concertation est quand même franchement exagéré. S’il y a une démarche collaborative qu’on a pu conduire sur l’aménagement de la Ville, c’est bien celle-là et, accessoirement, dans les contenus de ce Pacte Lille bas carbone, il y a, non seulement la collaboration entre les professionnels et la Ville, mais aussi la Ville collaborative avec les habitants. Nous avons acté avec eux que, de manière systématique, sous des formes différentes à chaque fois, évidemment, les habitants et les riverains soient associés à ces projets d’aménagement, de construction et de rénovation. Je précise que ce Pacte exceptionnel a été accompagné aussi par des experts, dont chacun peut reconnaître la grande qualité de travail. En tout cas, la presse spécialisée ne s’y est pas trompée. L’objectif de ce Pacte est simple, c’est de capitaliser sur toutes les belles expériences qui ont eu lieu à Lille jusqu’à présent, expériences publiques parce que, nous aussi, nous essayons d’être exemplaires dans nos réalisations, mais aussi expériences privées pour, sur la base de solutions éprouvées qui sont techniquement réalisables et financièrement soutenables, déployer à grande échelle. En effet, ce dont on parle, c’est de faire face à l’urgence climatique, c’est d’accélérer et de massifier ; pour cela, nous avons des opérations exemplaires, mais nous n’arriverons à atteindre nos objectifs climatiques et notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la neutralité carbone que si cela se fait de manière généralisée. C’est bien l’objectif de ce 38 Pacte, avec 90 exigences qui vont s’appliquer à tous les projets d’aménagement, de construction et de rénovation, que ce soit du logement, de l’équipement ou du tertiaire. Tous les projets des professionnels qui nécessitent un permis de construire s’appliqueront ces exigences, des exigences qui, par ailleurs, viennent d’ores et déjà nourrir le Plan local d’urbanisme, avec des prescriptions et des recommandations qui entreront en vigueur dès la fin de l’année 2021 et, pour d’autres, à l’occasion de la révision générale du Plan local d’urbanisme. Très franchement – on l’a déjà dit, je vais donc le redire –, dans le budget climatique, sont considérées comme neutres toutes les dépenses qui sont calées avec les normes qui s’appliquent aujourd’hui. Je ne peux pas laisser dire, comme je l’ai entendu tout à l’heure, que ce sont là de simples normes quand on sait quel combat il faut mener pour justement rehausser les normes. Je vous rappelle que la réglementation environnementale 2020, qui a été préparée par Emmanuelle COSSE quand elle était encore ministre, ne va s’appliquer que le 1er janvier 2022, cela vous donne une idée du temps que cela prend. Si cette réglementation environnementale prend du temps, c’est parce que ce n’est pas simple de trouver les ambitions qui s’appliquent à tous, ce n’est pas simple de discuter avec les professionnels et cela nécessite du volontarisme politique. Je n’appelle donc pas cela de « simples » normes, justement, quand on se bat pour que ces normes soient les plus ambitieuses possibles. Or nous avons fait le choix, avec les autres collectivités d’ailleurs, que les projets qui répondent aux normes ne soient pas considérés comme favorables au climat mais neutres. C’est un choix politique fort, cela nous dessert dans l’analyse du budget climatique. On aurait pu dire que c’était favorable parce que la norme était positive, mais non, on acte le fait que, lorsqu’on est en conformité avec la loi, même quand la loi est très ambitieuse, on est neutre. Pour tout ce que l’on fera à travers ce Pacte qui ira au-delà des normes – et aller jusqu’à la norme n’est déjà pas facile quand on voit le temps qu’elle met à s’appliquer, ce n’est pas facile en particulier sur les enjeux de rénovation et on sait que c’est l’un des enjeux majeurs parce que le parc se renouvelle très peu –, j’assume à la fois nos analyses du budget climatique, j’assume ce Pacte Lille bas carbone. Je sais que ce qui n’est pas fait par ceux qui portent l’étiquette écolo ne les satisfera jamais. Je trouve cela relativement regrettable. Je ne doute pas de la sincérité de ceux qui sont en face de moi en la matière, mais j’ai le droit d’avoir la même sincérité dans mon combat écologique. Ce que nous faisons là avec le Pacte Lille bas carbone est probablement ce qu’il y a de plus ambitieux en France. Aujourd’hui, aucune autre collectivité, quelle que soit l’équipe qui la dirige, n’est en capacité de proposer un Pacte qui soit aussi précis et aussi engageant. Vous allez trouver des chartes, des labels, des déclarations politiques, vous ne trouverez nulle part un Pacte signé par 115 professionnels qui disent : « à partir de demain, avec la Ville de Lille, sur tous les projets déposés d’aménagement, de construction et de rénovation, on fait cela et on accepte d’aller plus loin que la loi, on accepte de prendre des risques, on accepte de mettre aussi des fonds », car cela coûte de l’argent que de mettre en œuvre ce Pacte Lille bas carbone. 39 Par ailleurs, puisque nous parlions de Bordeaux tout à l’heure, à Bordeaux, un label a effectivement été proposé par la collectivité mais, à Bordeaux, tous les professionnels de l’immobilier ont dit en même temps à la Ville et à la Métropole de Bordeaux qu’il ne faudrait pas oublier que, derrière les labels, on a aussi besoin de projets. Concilier la transition écologique et la justice sociale, ce n’est pas mettre la Ville à l’arrêt, c’est faire des projets. Si vous regardez ce qui se passe à Bordeaux, c’est le débat aujourd’hui. Chez nous, les professionnels avec lesquels on signe signent aussi parce qu’ils savent qu’on est prêt à assumer une Ville en projets. Quand je dis « assumer », vous savez tous à quoi je pense. Aujourd’hui, les maires bâtisseurs, les Villes bâtisseurs, ce n’est pas hyper tendance mais, en revanche, cela répond aux besoins sociaux. Or aujourd’hui, répondre aux besoins sociaux, c’est rénover, c’est construire, c’est faire des projets, c’est faire du logement, c’est faire de l’économie, c’est aussi faire des espaces verts. Or c’est, je pense, le seul Pacte en France qui vous propose cela. Nous l’avons signé, nous l’assumons. Je ne peux que regretter qu’il ne satisfasse pas ceux qui prétendent partager nos convictions en matière de justice sociale et nos convictions en matière de transition écologique. Voilà ce que je voulais vous dire sur ce Pacte Lille bas carbone. Pour le reste, vous l’avez en détail sur vos tables et vous avez à l’écran les priorités qu’il contient. Je crois qu’il n’est pas utile d’en dire davantage. (Applaudissements sur les bancs de la Majorité) Madame le Maire - Il y a ceux qui parlent et ceux qui font. Pour vous rassurer, je voudrais vous dire que, dans les deux derniers jurys que nous avons faits avec Stanislas DENDIEVEL, l’un avec le Préfet et l’autre avec la Métropole, les promoteurs et constructeurs qui ont répondu avaient modifié un certain nombre de points pour respecter le Pacte bas carbone. Ce n’est donc pas un écrit, ce n’est pas du baratin, c’est extrêmement précis sur les presque 100 obligations pour tous et pour les quatre domaines dans lesquels ils ont décidé d’aller plus loin. Cela s’applique déjà et nous le ferons appliquer dans notre Ville, dans les projets liés à la Métropole et à l’État ou dans nos projets propres. Cela a déjà commencé. Encore merci, Audrey. C’est un superbe travail, aussi bien le budget climatique dont Marion a parlé tout à l’heure que ce pacte et le Plan climat de Lille qui doit nous amener aux engagements que nous avons pris et que tu as rappelés tout à l’heure. Je passe la parole à Monsieur CHARLES. Monsieur CHARLES - Madame le Maire et chers collègues, Je ferai une intervention brève sur deux délibérations, celle sur le Plan lillois climat et celle sur le Pacte bas carbone, et sur la question du Rapport du développement durable qui est une annexe du compte administratif. 40 Je vais commencer par le Rapport du développement durable en indiquant ce qui avait été souhaité et ce qui a été fait cette fois-ci : un changement de calendrier de publication de ce rapport qui est désormais diffusé au mois de juin, simultanément avec le compte administratif et bien en amont du rapport d’orientations budgétaires, dans le but de mieux s’articuler avec le calendrier de cette élaboration et d’être plus facilement utilisé comme document ressources pour l’élaboration de ce budget. C’est une intention tout à fait importante et louable que nous approuvons et c’est une bonne nouvelle. Nous verrons bien entendu, année après année, si ce changement produit ses effets. Il faut souligner que le contenu de ce rapport est de grande qualité, avec une diversité de projets et avec une territorialisation des actions. Je note cependant quelques marges de progrès ou limites. Contrairement à ce que préconise le Code Général des Collectivités Territoriales, il n’y a pas dans ce rapport une analyse des modalités d’élaboration, de mise en œuvre et d’évaluation des actions, des politiques publiques et programmes. On ne sait pas comment ont été évaluées les données présentes dans le rapport. C’est le cas depuis plusieurs années, c’est un constat que nous faisons et notre groupe insiste depuis le début sur cette question de l’évaluation et des méthodes d’évaluation. Il n’y a pas non plus dans ce rapport, même si cela a été évoqué tout à l’heure sur les autres aspects, de distinctions à proprement parler entre les actions qui sont conduites au titre de la gestion du patrimoine, du fonctionnement et des activités internes de la collectivité, d’une part, et des politiques publiques, orientations et programmes mises en œuvre sur le territoire lillois, d’autre part. Il semble aussi qu’il manque de projections et d’orientations pour les années à venir. Le rapport rappelle les objectifs de mandat, mais ne précise pas les trajectoires retenues pour les atteindre. Je passe à la question du Plan lillois pour le climat. Nous saluons le contenu de ce Plan dans son ampleur, dans l’ambition en termes d’objectifs qui répondent aux nécessités d’actions fortes face aux effets du changement climatique. C’est affirmé, mais nous insistons sur cet aspect, il est absolument nécessaire que ce Plan soit en complémentarité du PCAET de la MEL et en synergie avec celui-ci. Il ne s’agit pas simplement de l’affirmer, il faudra aussi qu’on puisse regarder si c’est la réalité. Nous trouvons aussi positive cette démarche d’évaluation de l’impact des dépenses de fonctionnement et des dépenses d’investissement, même si – cela a été indiqué tout à l’heure dans les projections – nous savons qu’il y a des efforts importants à faire sur la question des dépenses de fonctionnement puisque seules 34 % de ces dépenses sont analysées aujourd’hui. On dit qu’on est en capacité de les analyser sur leur effet climat. Je pense que c’est un point crucial sur lequel il sera important d’avancer. 41 D’autre part, il est prévu que le volet opérationnel avec les indicateurs de suivi associés à chaque action ou projet soit complété d’ici fin 2021. Notre question est de savoir par qui, comment les indicateurs seront définis et avec quelle méthode ils seront évalués et monitorés. J’en viens maintenant au Pacte bas carbone. Le contenu du Pacte, la transversalité des parties prenantes, les 90 exigences socles, les 23 exigences dites avancées sont à saluer. Nous saluons – cela fait un peu partie de notre ADN – ce travail en commun poussé entre acteurs publics et privés. Nous saluons aussi la démarche d’évaluation des potentialités, des vulnérabilités, la mise en place d’indicateurs de suivi pour permettre l’efficacité et l’efficience de ce Pacte et les engagements pris. Je note un point négatif – cela a déjà été rappelé par un collègue au Conseil communal d’Hellemmes. Nous sommes le 29 juin, le Pacte a déjà été signé par Madame le Maire le 18 juin 2021, en demandant ainsi au Conseil Municipal de valider la signature de ce Pacte Lille bas carbone, alors que la signature a déjà eu lieu. Peut-être ancien dans cette instance du Conseil Municipal, j’ai l’habitude que les délibérations du Conseil Municipal autorisent. Même si c’est un formalisme puisqu’il y a une Majorité et des minorités. Pour autant, je crois que ce formalisme de l’autorisation préalable doit être respecté, ce serait une marque de considération et de respect de notre assemblée. En termes de progrès, la Ville de Lille s’est engagée à organiser régulièrement des rencontres, à appuyer la définition de projets, à mettre en place un site dédié, à évaluer les potentialités et vulnérabilités et ce, avec un monitoring et les indicateurs. Cependant, il n’y a pas de chiffrage du coût de ces engagements, il n’y a pas de précisions sur le nombre d’équivalents temps pleins qui seront affectés à ceci en termes de ressources humaines de la Ville. Il n’est pas non plus prévu de suivi régulier ou de rapport d’étape qui serait porté à connaissance du Conseil Municipal de Lille. Je rappelle que cette instance, avec une Majorité et une minorité, qui représente l’ensemble des Lillois, doit pouvoir être associée de façon régulière à ces aspects. En conclusion, nous voterons bien entendu les deux délibérations puisque, pour le rapport, il s’agit de l’entendre. Je vous remercie. Madame le Maire - Merci beaucoup. Faustine BALMELLE. Madame BALMELLE.- Merci, Madame le Maire. Madame le Maire, Madame l’Adjointe, chers collègues, 42 Avant de rentrer dans le contenu, permettez-moi quelques mots sur la méthode et je vais m’attarder particulièrement sur le Plan climat. En effet, que penser d’un Plan que nous avons reçu il y a une semaine sans pouvoir en discuter lors des commissions de préparation de ce Conseil, comme cela est pourtant inscrit à notre règlement intérieur au niveau des instances ? Que penser d’un Plan reçu tardivement, alors que les élus des communes associées de Lomme et d’Hellemmes l’ont reçu la veille de leurs Conseils communaux respectifs ? Que penser alors de ce Plan qui, à notre connaissance, n’a fait l’objet d’aucun échange préalable avec les Lillois, les associations ou les instances de démocratie participative de notre Ville ? Est-ce là votre vision du débat et de la coconstruction ? L’écologie est pourtant l’affaire de tous, une affaire collective et non de quelques-uns. Elle mérite échanges, débats, appropriation des enjeux de la part de toutes et tous. À cela s’ajoute un Pacte bas carbone signé par des partenaires extérieurs avant même son vote en Conseil Municipal ce soir – cela vient d’être dit. Bref, pour la méthode, encore une fois, on repassera. Sur le fond, comme précisé en préambule, le Plan climat lillois rassemble les différentes orientations déjà existantes. Rien de neuf donc. De là à affirmer que cela représente une stratégie territoriale jusqu’à la fin du mandat, c’est un pas bien rapide. Une juxtaposition d’objectifs ne fait pas une stratégie. Bien sûr, nous sommes d’accord sur les priorités présentées : économies d’énergie, amélioration du cadre de vie et de la qualité de l’air, mobilités douces, etc. Il est heureux que soient poursuivies des actions entamées par les élus écologistes du précédent mandat. Il est vrai que la crise sanitaire est venue nous rappeler l’importance de ces enjeux, notamment pour les plus précaires étant parfois dans des logements exigus, insalubres, sans accès à un espace de nature à proximité. Ces enjeux sont également primordiaux pour la santé des Lilloises et des Lillois. Rappelons que les enfants de Lille-Sud sont les plus touchés par les maladies respiratoires à cause de la proximité avec le périphérique routier. Préserver notre Ville, la renaturer, c’est prendre soin de nous et c’est prendre soin des autres. À ce propos, 15 m² d’espace vert par habitant à Lille, le diagnostic est juste. C’est peu car, remis à l’échelle nationale, – et vous oubliez de le rappeler dans le Plan climat – la moyenne des grandes Villes de France, elle, est à 48 m². « 86 % des Lillois habitent à moins de 300 mètres d’un espace de nature significatif » – je cite cette expression. Là aussi, vous oubliez opportunément de dire ce qu’est un espace de nature significatif pour vous. 43 De plus, trop peu d’objectifs chiffrés nous sont présentés et nous restons sur de grandes tendances plutôt imprécises résumées par de simples flèches. Pour 20 000 arbres Plantés, combien de zones de nature artificialisées à Lomme, à Hellemmes, à Lille- Sud, à Saint-Sauveur, dans le Vieux-Lille ? Au-delà du bilan, comment vous croire quant à votre action Municipale sur ce domaine ? Comment vous croire lorsque vous parlez de journées sans voiture, que vous remettez d’ailleurs actuellement au goût du jour, alors que cette proposition était dans votre programme, mais celui de 2014 ? Cela avait d’ailleurs fait l’objet sur le boulevard de la Liberté de quelques journées sans voiture après votre élection en 2014, finalement vite abandonnées pour reprendre aujourd’hui en 2021. Plus ambitieuse, la Ville de Paris en a fait un rendez-vous mensuel, habituel sur l’ensemble ou une grande partie de son centre- Ville et non uniquement sur quelques rues. Au-delà, au point critique où nous en sommes aujourd’hui, quelques journées sans voiture de-ci, de-là, c’est loin d’être à la hauteur des enjeux. Comment vous croire quand vous parlez de lutte contre le gaspillage de foncier ou d’exemplarité de la Ville de Lille quand, en même temps, des bâtiments municipaux restent vacants pendant des années, voire des décennies ? L’ancien IME rue des Meuniers en est un exemple flagrant et cuisant ! Bâtiment viable et vide depuis dix ans, vous refusez aujourd’hui même de recevoir les associations qui proposent de créer de manière temporaire des hébergements d’urgence pour les personnes démunies dans ce lieu. Comment vous croire lorsque vous parlez de renouer avec l’eau en Ville quand, en même temps, vous avez supprimé au précédent mandat des fontaines qui étaient présentes – à Lille-Flandre par exemple –, participant ainsi au réchauffement de certaines zones de notre Ville ? Comment vous croire quand vous parlez de diminuer la pollution de l’air et la place de la voiture en Ville, alors que vous oubliez de citer une de vos propositions programmatiques à ce sujet – programme de 2020 cette fois –, la couverture du périphérique ? De légères évocations là aussi imprécises sur la piétonnisation de secteurs lillois et rien sur celle de la Grand-Place de manière permanente et non ponctuelle. L’objectif de partage de la voirie dans les nouveaux aménagements de voirie est notoirement insuffisant. Comment vous croire quand vous parlez de lutter contre la bétonisation quand, en même temps, vous créez une place tout béton à Lomme devant la mairie ou, pire, en construisant le géant Lillenium et son parking ou en envisageant un Saint-Sauveur qui laisse peu de place à la nature ? Pour conclure, je citerai Lampedusa : « Pour que tout change, il faut que rien ne change ». Voilà un bon résumé du Plan climat qui nous est présenté ce soir. 44 Notre Ville mérite un Plan beaucoup plus ambitieux à la vue des besoins et à la vue du retard – il faut le dire – que vous avez pris sur cette question ! Nous ne saurons tolérer un saupoudrage écologique en verdissant quelques propositions ou en instaurant les habituels arbres en pot sur la Grand-Place. Ce qui nous manque dans ce Plan, c’est de la cohérence et surtout des actes. Après un an de mandat, et bien plus pour vous, Mesdames et Messieurs de la Majorité, nous attendons encore ces actes. Dans l’attente, notre groupe s’abstiendra sur ce Plan lillois pour le climat qui n’en est pas vraiment un. Je vous remercie. Madame le Maire - Je passe la parole à Ingrid BRULANT-FORTIN. Juste pour vous rappeler que toutes les délégations dont vous avez parlé, depuis 20 ans, sont tenues par des élus verts. Que n’ont-ils pas fait ce que vous demandez aujourd’hui ? La végétalisation, le vélo, l’énergie… Alors, quand c’est fait, c’est vous, quand ce n’est pas fait, c’est nous ; un peu de cohérence, ou alors comment vous croire ? Comment vous croire, chère Faustine, quand on dit ce genre de chose ? Madame BRULANT-FORTIN. Madame BRULANT-FORTIN - Oui… Madame le Maire - Attendez… Madame BRULANT-FORTIN, vous voulez parler des perturbateurs endocriniens, c’est cela ? Madame BRULANT-FORTIN - Tout à fait, je fais un pas de côté sur la question de la santé publique en commentant la signature de la Charte « territoires sans perturbateurs endocriniens » Madame le Maire - Peut-être Audrey peut-elle en dire un mot, si vous voulez bien, car elle a omis… Madame LINKENHELD - Parce que du coup, j’étais partie dans mon Pacte Lille bas carbone, mais je m’étais engagée auprès d’Estelle RODES, puisque c’est elle qui porte la délibération et que, si vous avez pris la peine de lire le Plan lillois pour le climat, vous avez vu, d’ailleurs, qu’en effet cette Charte contre les perturbateurs endocriniens est citée, que c’est un engagement de campagne que nous avions pris, que nous proposons de valider par une délibération tout à l’heure. Cette Charte, avec l’ensemble des actions que nous comptons mener et que nous menons déjà beaucoup, parce qu’il y a pas mal de choses qui sont déjà faites, mais nous irons évidemment plus loin, fait intégralement partie du Plan lillois pour le climat. Pardon, j’ai zappé d’en parler, mais, du coup, cela explique mieux pourquoi vous allez en parler maintenant. 45 Madame BRULANT-FORTIN - Merci beaucoup. Quelques mots ce soir sur cette Charte « territoires sans perturbateurs endocriniens » que Lille va signer. C’est un fait, notre environnement est chargé de substances chimiques étrangères à l’organisme, comme le fameux bisphénol A de nos biberons, les conservateurs plastiques et autres pesticides ; ils sont partout : dans l’eau, l’air, les produits ménagers, l’alimentation. En bouleversant les hormones dans les organismes, ces perturbateurs endocriniens détériorent la santé des humains et des écosystèmes. Les scientifiques décrivent des altérations de la croissance, de l’humeur, du sommeil, du poids, notamment chez les enfants, et ce, même à faible dose. N’en déplaise aux sceptiques ou aux lobbies, l’OMS les tient pour cause majeure des maladies chroniques les plus communes et en a fait une grande cause mondiale. Cette Charte « territoires sans perturbateurs endocriniens » que nous allons signer ici à Lille, après plus de 200 communes, est donc vraiment une excellente nouvelle et nous vous en remercions. Nous avons confiance car le Réseau Environnement Santé qui porte cette Charte, ce sont vraiment des initiatives solides sur les territoires. Cette Charte, précisément ses engagements 2 et 5, doit nous conduire à être plus clairs ici, à Lille, sur la question de l’alimentation à l’école. D’abord, nous ignorons toujours comment vous comptez faire pour tenir votre promesse électorale du tout bio et local en 2026, mais je n’y reviendrai pas ce soir. Je préfère m’arrêter un instant sur la question du plastique dans nos cantines. Zéro plastique, vous l’avez annoncé, Madame AUBRY, fin 2018 : suppression totale du plastique dans les 42 restaurants scolaires d’ici 2020. Alors oui, la vaisselle en plastique à l’école a bien été supprimée, mais la question des barquettes, ces contenants jetables à réchauffer, qui acheminent partout dans les écoles de Lille les plats préparés à la cuisine centrale, demeure. Je lis ce soir dans la documentation qui nous est soumise que 50 % des conditionnements à Lille sont désormais en cellulose végétale, et pour le reste, des alternatives aux barquettes alimentaires plastiques qui, nous le savons, relarguent ces fameux perturbateurs endocriniens, sont – je vous cite – « toujours à l’étude ». Nous savons le sujet complexe. D’ailleurs, la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens annoncée en 2018 et qui prend de l’ampleur dans le cadre du Plan Gouvernemental santé environnement est en train de mettre le paquet sur la recherche appliquée. Ce soir, nous voulons attirer l’attention de notre Conseil sur ce que la revue « Pour la Science » appelle « l’illusion des barquettes en bioplastique », à base de bambou, cellulose et autres, puisque ces bioplastiques restent une source majeure d’exposition à de multiples composés. Or la Charte que nous allons signer est claire : interdiction à terme de l’usage de matériel pour cuisiner et chauffer les repas contenant des perturbateurs endocriniens. 46 Notre question ce soir est donc : où en êtes-vous de vos réflexions et irons-nous finalement, en prenant bien en compte les conditions de travail dans les cantines, vers des barquettes vraiment sécurisées et vraiment durables, comme l’a fait, en réintroduisant les barquettes en inox, la Ville de Strasbourg ? Je vous remercie. Madame le Maire - Eddie JACQUEMART. Monsieur JACQUEMART - Merci, Madame le Maire. Madame le Maire, chers collègues, Changement climatique, ces mots sont sur toutes les lèvres, ils sont au cœur de chaque discours, de chaque prise de position. Depuis des décennies, des rapports s’empilent, alertant sur la gravité de la situation, mais peut-on dire que les choses ont réellement changé, et je pense particulièrement aux choix structurants de notre modèle de société ? Après les Accords de Paris, on nous promettait de grandes actions pour sauver la Planète et assurer un avenir radieux aux générations futures. Nous savons aujourd’hui que les engagements pris lors de cette grand-messe du climat ne seront probablement pas tenus et les conséquences promettent d’être terribles. Le capitalisme mondialisé, assoiffé de rentabilité, qui épuise les âmes et brise les vies, est incompatible avec la lutte contre le réchauffement climatique. Sauver la Planète, c’est changer de système pour mettre fin aux logiques de prédation des multinationales. Ce dont nous avons besoin, ce sont de grandes politiques publiques, uniquement basées sur la préservation de la Planète et sur l’intérêt général. Le dernier rapport du GIEC, dont des extraits viennent d’être révélés, alerte sur les retombées cataclysmiques si rien ne change. Aucun territoire ne sera épargné, et cela a déjà commencé. Nous avons, par exemple, connu cette semaine des hausses de températures historiques au Canada, dans les régions de Vancouver, où le mercure est monté à plus de 46 degrés. Conséquence : les écoles ont dû fermer et le numéro d’urgence local a sonné plus de 230 fois pour des insolations et des cas d’épuisement liés à la chaleur. Si je me suis permis ce rapide tour d’horizon, c’est pour bien rappeler que le réchauffement climatique n’est pas une épouvante agitée pour faire peur mais une réalité concrète dont nous mesurons déjà les conséquences dramatiques sur les populations et les territoires. La Planète brûle et notre responsabilité est d’agir. Depuis de nombreuses années, je m’en félicite, notre Ville est mobilisée pour faire de Lille une Ville durable, aussi bien par des projets de végétalisation des rues, d’habitat durable ou encore de transports en commun. En 2019, face à la gravité de la situation, notre Ville s’est engagée résolument dans une politique ambitieuse, en déclarant l’urgence climatique sur son territoire, et s’est fixée l’objectif de réduire de 45 % les 47 émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. La mise en place de ce Pacte Lille bas carbone, que vient de nous présenter la Première Adjointe, qui engage 100 partenaires et qui aura pour priorité, entre autres, l’énergie et l’eau, les matériaux bas carbone et l’économie circulaire, la nature, la biodiversité et l’agriculture urbaine, l’adaptation au changement climatique, la mobilité durable et le bien-être des habitants, est une étape supplémentaire et nécessaire dans cette transition écologique et sociale que nous avons collectivement engagée. Au cœur de notre action climatique, nous devons toujours lier les questions de justice sociale et de bien-être des habitantes et des habitants. En effet, nous savons que ce sont les personnes les plus pauvres qui subissent de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Alors que l’empreinte carbone d’une personne faisant partie des 1 % les plus riches au monde est 100 fois plus élevée que celle des 50 % de la population la plus pauvre. Les élus Communistes se félicitent que soit placée au cœur de ce Plan bas carbone la question de la rénovation thermique des bâtiments, véritable fléau qui pèse à la fois sur le pouvoir d’achat des ménages, menace leur santé et détruit la Planète. En France, nous avons aujourd’hui plus de 6 millions de personnes en précarité énergétique et 17 % des résidences principales en France sont considérées comme des passoires thermiques, générant un taux massif de CO2 qui va contribuer à l’effet de serre et au réchauffement climatique. Nous serons particulièrement attentifs à ce que les locataires ne payent pas la facture de ces rénovations, ce que nous appelons dans le jargon « la troisième ligne », alors même qu’ils y contribuent indirectement depuis des années avec des montants de chauffage exorbitants. L’urgence impose une radicalité écologique et une justice sociale de haut niveau. Avec ce Pacte Lille bas carbone, notre Ville, fidèle à ses engagements et à ses valeurs, continue de mener une politique publique utile à l’intérêt général. Madame le Maire - Merci beaucoup. Madame LINKENHELD. Madame LINKENHELD - Merci, Madame le Maire. Merci à toutes et tous pour vos interventions, qui soulignent en tout cas un intérêt pour ces délibérations et, dans bien des cas, une lecture attentive. Je voudrais commencer par répondre à Bernard CHARLES, en le remerciant pour son intervention constructive, où je reconnais l’intervention de quelqu’un qui a été en son temps adjoint au développement durable et qui en a retenu que c’est une charge qui n’est pas facile, qui est exigeante, et je le remercie pour ses questions et son exigence. 48 Pour répondre plus concrètement à certaines de ses interrogations, vous redire que le Rapport du développement durable que vous avez aujourd’hui sur vos tables ou dans la main, si je peux me permettre cette expression, est un Rapport du développement durable de transition entre la manière dont nous l’avons construit jusqu’à présent, et en tout cas ces deux dernières années, et dont nous le concevons pour demain, comme ce document d’avancement du Plan lillois pour le climat, et si vous regardez le Plan lillois pour le climat, vous y verrez que nous avons déjà essayé de répondre à certaines de vos interrogations sur comment on mesure, quelles sont les sources, quelle est la méthode. Vous avez, page 34 notamment du Plan lillois pour le climat, rappelées l’ensemble des sources sur lesquelles on se fonde pour donner un certain nombre de chiffres et d’indicateurs, et quand ces sources ne sont pas extérieures, elles sont forcément en interne, et c’est donc la Ville de Lille elle-même qui construit ses propres indicateurs, et je pense que pour avoir collaboré avec les agents de cette Ville, vous pouvez faire confiance à ces agents pour calculer eux-mêmes le nombre d’arbres que l’on Plante ou que l’on abat, le nombre d’espaces verts que l’on crée ou que l’on ne crée pas ; quand ce n’est pas en interne – encore une fois –, l’ensemble des sources est précisé page 34 du Plan lillois pour le climat, et ce sera ainsi pour le Rapport du développement durable année après année. Je rappelle aussi – j’en ai parlé tout à l’heure – que nous collaborons donc avec l’ADEME dans le cadre de Cit’ergie et que chaque année, nous avons un conseiller de l’ADEME qui vient évaluer l’avancement du Plan d’action que nous avons signé auprès de l’ADEME. Là aussi, c’est un consultant extérieur qui vient regarder ce que l’on fait, et ce qu’il y a dans les Plans d’action Cit’ergie n’est rien d’autre – et c’est pour cela qu’un document unique de mise en cohérence me semble important – que ce que l’on peut dire dans un programme Municipal ou dans d’autres engagements européens quand on parle de la rénovation de nos bâtiments, de la mobilité de nos agents, de nos achats, etc. Voilà comment les indicateurs et l’évaluation sont assurés, et je crois que nous avons pris la peine de le préciser clairement. Pour ce qui est de la distinction que vous faites dans le Rapport du développement durable entre les activités Municipales et les activités territoriales, je voudrais simplement dire que ce qu’il y a dans le Rapport du développement durable, c’est exclusivement ce qui est, d’une manière ou d’une autre, financé par la Ville, donc aucune action qui ne serait pas, à un moment donné, en lien avec la Ville ne figure dans ce Rapport du développement durable. Donc quand on parle de l’activité d’une association, c’est que l’association elle-même est financée ou que l’action qu’elle porte est financée ; quand on parle de box vélos, c’est qu’ils ont été payés par le budget Municipal ; quand on parle de projet d’aménagement, c’est qu’il y a une mobilisation de l’argent public Municipal. Voilà donc le lien qui peut être fait. Nous n’avons évidemment pas mis et nous ne mettrons pas dans ce Rapport du développement durable des choses qui seraient faites par des acteurs extérieurs qui ne bénéficient en aucune manière d’un soutien logistique ou financier de la Ville. Sur les indicateurs du Plan lillois pour le climat qui sont à compléter, ils sont assez facilement visibles quand vous regardez les tableaux, puisque nous avons pris la peine d’en mettre sur chacune des priorités. Quand les indicateurs sont connus, ils sont déjà 49 indiqués et c’est quand même la Majorité d’entre eux ; quand ils ne le sont pas, on le précise. Une grande partie de ces indicateurs seront fournis dans le cadre du travail que je mène par ailleurs à la Métropole Européenne de Lille, puisque, là aussi, nous avons choisi de faire un travail précis de monitoring. La plupart du temps, ce seront des indicateurs que nous travaillerons à l’échelle métropolitaine, dans certains cas, peut-être avec le Haut Conseil métropolitain pour le climat si les indicateurs ne sont pas évidents à trouver et qu’ils nécessitent un partage mais, encore une fois, c’est plutôt la minorité des indicateurs. Enfin, puisque je parlais de monitoring, nous avons, et je l’ai présenté en introduction, notre bilan des émissions de gaz à effet de serre qui est aussi une manière très claire, faite là aussi par des consultants externes, de regarder tous les trois ou quatre ans où la Ville en est de ses propres émissions de son activité patrimoniale et la MEL elle- même fera régulièrement – je l’ai dit aussi – son bilan des émissions territoriales, avec, je l’espère, une déclinaison possible à l’échelle communale. Quant au Pacte Lille bas carbone, en termes de chiffrage, il n’y a pas aujourd’hui d’engagement financier particulier nécessaire à l’échelle de la Ville de Lille, ce sont nos équipes telles qu’elles existent aujourd’hui qui accompagnent la mise en œuvre de ce Pacte Lille bas carbone. Nous avons, de toute façon, pris la décision – et je crois que nous avons déjà eu l’occasion d’en parler – d’étoffer les agents en charge des questions de transition écologique, en théorie, parce que cela fait partie des secteurs où nous avons du mal à recruter, parce que, et tant mieux pour tout le monde, nous sommes nombreux à vouloir embaucher des jeunes très impliqués et très experts sur la transition, dans le privé comme dans le public – nous avions encore des entretiens d’embauche ce matin – mais cette densification des équipes est déjà prévue et ce sont elles, réparties dans les différents services concernés, qui suivront le Pacte Lille bas carbone, dont je veux redire qu’il est accompagné du Club Lille bas carbone, qui réunit l’ensemble des professionnels de l’immobilier. Nous avons d’ores et déjà prévu de réunir avec mes collègues élus concernés par les différentes thématiques régulièrement ce Club Lille bas carbone, comme nous le faisions précédemment quand il était concentré plutôt sur les sujets d’habitat, nous y partagerons les bonnes et les mauvaises expériences, les bonnes et les mauvaises pratiques, parce que c’est aussi à cela que sert le dialogue. Le Pacte Lille bas carbone, comme je l’ai dit, est une application thématique du Plan lillois pour le climat, donc nous partagerons ses avancées, comme nous partagerons chaque année le Plan lillois pour le climat, ici en Conseil Municipal, en commission, mais aussi dans tous les espaces de participation citoyenne qui s’intéressent à la question climatique, et ils sont nombreux : le CCC s’y intéresse depuis longtemps, le Conseil Lillois de la Jeunesse, les Conseils de quartier, le Conseil Municipal d’Enfants, et nous verrons aussi comment nous articulerons cela avec le Conseil métropolitain pour le climat, dont, évidemment, la Ville de Lille et des citoyens lillois feront partie. Je pense n’avoir rien oublié en réponse à vos questions. J’en profite, du coup, pour indiquer à Ingrid BRULANT-FORTIN, sur la question des perturbateurs endocriniens, que comme elle le sait et comme elle l’a dit, nous avons 50 évidemment identifié cette difficulté de la question des barquettes, nous savons que l’une des alternatives est effectivement de recourir aux barquettes en inox, mais avec d’autres difficultés que cela pose, parce que cela se nettoie, cela utilise de l’eau et cela a donc d’autres impacts défavorables en matière d’environnement. La réflexion est toujours en cours pour essayer de voir quelles sont les meilleures solutions, parce que ce n’est spontanément pas si évident en fait ; évidemment, on n’appliquera aucune solution interdite par la loi, cela va de soi, ni interdite par les autorités sanitaires, mais on essaye de trouver ce qui, parfois, au premier abord, peut paraître pertinent, et quand on creuse un peu le sujet, ne l’est finalement pas tant que cela. Vous savez comme moi qu’y compris en matière de recyclage, il y a beaucoup de réflexions sur, finalement, quelle est la meilleure solution entre le réemploi et le recyclage pour des questions diverses, industrielles, de transport et autres. En tout cas, nous y travaillons et je crois que Karine TROTTEIN a encore reçu ce samedi des parents sur le sujet, parce qu’on essaye de le coconstruire aussi avec les usagers ou les parents d’usagers de nos cantines. (Madame TROTTEIN acquiesce.) J’en viens à l’interpellation de Faustine BALMELLE. J’avoue que j’hésite un peu sur la manière de vous répondre, je ne suis pas sûre que ceux qui se sont encore exprimés dimanche, aient très envie de nous entendre nous invectiver comme vous m’inciteriez à le faire ou comme vous avez essayé de le faire. Ni ceux qui ont voté pour la transition écologique, et je pense que vous les incarnez comme nous les incarnons, et ils sont quand même nombreux et c’est réjouissant pour nous ; je ne crois pas qu’ils attendent cela de nous. Je ne crois pas non plus que ceux qui ne sont pas allés voter attendent cela de nous non plus, parce que ceux-là, ce qu’ils disent, ce n’est pas : « Comment vous croire ? » mais « Comment y croire ? », et donc pour y croire, pour qu’ils y croient encore, pour qu’ils y aillent, pour qu’ils agissent pour la démocratie, pour qu’ils votent, pour qu’ils s’expriment, pour qu’ils aient de l’espoir, finalement, je n’ai pas tellement envie de vous répondre sur le même ton que vous vous êtes adressée à nous. Très sincèrement, je le regrette. Martine AUBRY a dit tout à l’heure ce qu’il en était au précédent mandat, chacun a en tête qui a exercé quelle responsabilité ; il se trouve que j’ai pris le relais d’un certain nombre d’élus Écologistes, je n’ai pas tellement envie de vous raconter ce que j’ai trouvé, ce qui a été fait, ce que je croyais qui avait été fait et qui n’a pas été fait, ce qui m’intéresse, c’est ce que l’on fait maintenant, c’est ce que l’on fait demain. Vous dites que dans le Plan lillois pour le climat, il n’y a rien de nouveau ; eh bien non, il n’y a rien de nouveau, puisqu’il y a nos engagements politiques que nous avons pris devant les Lillois, ils les ont tous entendus, je ne vais pas vous dire qu’un an après, nous avons tout réinventé. Non, un an après, nous essayons de mettre en œuvre ces engagements, et à la fois le compte administratif et le budget supplémentaire ont montré que bien que nous ayons une situation inédite, extrêmement difficile au Plan sanitaire, social et économique à gérer, nous mettons en œuvre nos engagements, y compris ceux sur le climat qui, encore une fois, sont des engagements que nous avons pris soit en fin du dernier mandat, tous ensemble, soit des engagements que nous avons pris dans notre programme, donc non, il n’y a rien de nouveau, mais en même temps, dans votre intervention, je n’ai rien entendu non plus de nouveau, je n’ai entendu que des critiques 51 et je n’ai entendu aucune proposition concrète qui viendrait me dire comment ce Plan lillois pour le climat pourrait être plus ambitieux. Je m’en arrêterai là, je pense qu’il était utile que nous mettions en cohérence, que nous donnions à voir aux Lillois, à l’ensemble des élus et à l’ensemble des acteurs de cette Ville ce que sont nos intentions en matière de climat, et pas seulement ce que sont nos intentions mais ce que sont nos objectifs chiffrés, avec des tendances, avec des indicateurs – et celui qui lit le document ne peut pas dire qu’ils n’y sont pas –, et comment on a l’intention d’atteindre ces objectifs, étape après étape, 2026, 2030, 2050. Je pense que quand on a les convictions que l’on a, c’est cela qui devrait nous animer ; en tout cas, c’est cela qui m’anime, parce que, demain, j’ai envie que tous ensemble, on y croie. Merci. (Applaudissements sur les bancs du groupe Lille en commun, durable et solidaire) Madame le Maire - Merci beaucoup. Je mets aux voix ces trois rapports, qui montrent bien notre intention d’agir, et nous l’avons déjà fait, d’ailleurs, cette année, comme les années précédentes, insuffisamment sans doute, mais là, nous le faisons, malgré la situation, comme vient de le redire Audrey. Je mets d’abord aux voix le Rapport sur le Développement Durable qui accompagne le compte administratif et le budget supplémentaire. Qui vote pour ?... Madame LINKENHELD - Je ne sais pas s’il faut le voter. Madame le Maire - Si, il faut le voter, ou il faut en prendre acte. Qui vote contre ? Abstention ? Ne prend pas part au vote ? Monsieur BALY - Sur le Rapport Développement Durable, il s’agit de prendre acte ? Madame le Maire - On prend acte. Monsieur BALY - Donc on ne vote pas pour ou contre. Madame le Maire - Non, on prend acte, mais on peut aussi dire : « C’est tellement nul qu’on ne prend pas acte ». C’est ce que j’ai entendu ; c’est pour cela que je vous demande votre cohérence. Donc vous prenez acte ? Monsieur BALY - On prend acte. 52 Madame le Maire - Tout le monde prend acte, c’est super ! Ensuite, je propose de voter la délibération 275, sur le Pacte Lille bas carbone. Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Faire Respirer Lille) Qui vote contre ? Abstention ? (Le groupe Lille Verte) Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant. Je vous remercie. Je mets aux voix la délibération 277 : Plan lillois pour le climat 2021-2026. Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Faire Respirer Lille) Qui vote contre ? Abstention ? (Le groupe Lille Verte) Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant. Je vous remercie. Je pense qu’il n’y a pas de vote contre ou d’abstention sur les autres délibérations d’Audrey LINKENHELD sur lesquelles nous n’avons pas eu d’intervention, sauf celle d’Ingrid BRULANT-FORTIN, mais que nous partageons, et Audrey LINKENHELD lui a répondu précisément. TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET DÉVELOPPEMENT SOUTENABLE 21/274 Délégation Transition Ecologique et Développement Soutenable - Appel à projets 2021 - Subventions aux associations - 2ème programmation - Conventions entre les associations et la Ville. Adoptée. (Nathalie SEDOU et Stéphane BALY ne prennent pas part au vote.) 21/276 Association pour le Développement du Bâtiment Bas Carbone (BBCA) - Adhésion de la Ville - Cotisation 2021 - Désignation du représentant de la Ville dans les instances de l'association. 53 ÉNERGIE 21/278 Rénovation énergétique du patrimoine bâti Municipal - Mise en œuvre du programme ACTEE2 - Convention de partenariat entre la FNCCR, Amiens Métropole, Valenciennes Métropole, la Métropole Européenne de Lille et la Ville. FINANCES 21/279 Véhicules et matériels municipaux - Demande à l'Etat de procéder à leur aliénation avec publicité et concurrence. 21/280 Fiscalité directe locale - Réforme de la fiscalité locale - Adaptation du dispositif d'exonération temporaire de taxe foncière de deux ans pour construction nouvelle, reconstruction, addition de construction des locaux à usage d'habitation. 21/281 Actualisation des tarifs des services municipaux courant 2021. Adoptées. ECONOMIE 21/282 GIE Eurasanté – Subvention 2021. Adoptée. (Marie-Christine STANIEC et Anne GOFFARD ne prennent pas part au vote.) Je passe maintenant la parole à Arnaud DESLANDES. Comme nous l’avons vu tout à l’heure, Arnaud DESLANDES va d’abord présenter deux délibérations qui font partie de la chemise 9 de Stanislas DENDIEVEL, mais dont il s’est occupé et qu’il va donc vous présenter. Ensuite, je donnerai la parole à ceux qui l’ont demandée sur les délibérations 286, 287 et 291. 54 Chemise 9 ACTION FONCIERE ET IMMOBILIERE Rapporteur : Stanislas DENDIEVEL Adjoint au maire 21/338 Quartier Faubourg de Béthune – Ancien collège Albert Camus rue du Mal Assis – Mise à disposition à l’association Mon atelier Fou de coudre – Fixation du tarif. 21/339 Quartier Faubourg de Béthune – Ancien collège Albert Camus – Mise à disposition au profit de la Ligue pour la Protection des Oiseaux, association locale Nord – Gratuité. M. DESLANDES - Merci, Madame le Maire. Rapidement, deux délibérations piquées à la pochette de Stan : 338 et 339, qui offrent ici un nouveau témoignage de ce que la Ville peut faire et fait auprès des associations. Ici, on ne parle pas d’un concours financier direct, mais bien d’une mise à disposition du patrimoine Municipal pour aider les associations à se développer et à mettre en place leurs activités et leurs projets. En l’espèce, il s’agit du collège Camus qui se trouve à Faubourg de Béthune. Si vous connaissez un peu les lieux, vous savez que la Ville a déjà fait par deux vagues successives des travaux de rénovation du bâtiment A (bâtiment principal du collège), où quelques associations sont désormais présentes, et nous avons souhaité en faire un lieu d’accueil associatif aux dernières normes, de grande qualité. Nous avons lancé un recensement des besoins avec la Maison des associations, avec les présidents de quartier qui y ont participé, et établi, puisque la demande est forcément forte, des critères de priorité, pour pouvoir déterminer qui pourrait être installé, en particulier les critères de rapatriement des locaux associatifs pour ceux qui étaient concernés par le projet de l’ANRU - cela concerne notamment l’atelier Fou de coudre, que vous avez dans la délibération n° 338 - et, bien sûr, le critère de l’intérêt du projet associatif au regard des engagements municipaux, et là, cela fait écho au programme Municipal, où nous avions mis un engagement de travail avec la Ligue de Protection des Oiseaux, raison pour laquelle elle se retrouve dans la délibération 339. Il y a aussi, et ce sera construit sur l’avenir, des enjeux de résorption de problématiques d’affectation de locaux, où il y a des cohabitations entre une partie, par exemple, périscolaire et une partie associative, donc on libère la partie associative pour laisser plus de place au périscolaire. Bien sûr, pour pouvoir répondre au plus grand nombre de demandes possible, nous demandons et nous travaillons maintenant sur une exigence de mutualisation des locaux, qui nous permette de gagner en capacité et d’offrir plus de réponses aux associations. Dans les deux délibérations d’espèce qui vous sont présentées, pour l’atelier Fou de coudre, il y avait non seulement la question de la réaffectation des locaux liée à l’ANRU mais il y avait aussi l’idée de pouvoir accompagner Fou de coudre dans l’appel à projets 55 porté par l’ADEME sur le recyclage du textile, qui avait besoin d’espace pour pouvoir se concrétiser ; nous avons voulu l’accompagner ainsi, ce qui a permis d’avoir, du coup, un accueil favorable de l’ADEME et de proposer de nouveaux services pour Fou de coudre qui va pouvoir développer le « made in Lille », pour faire écho au Plan lillois pour le climat et à la Ville productive dont a parlé Audrey tout à l’heure. Sur le site de Camus, vous retrouverez maintenant Fou de coudre en un site unique : un centre de tri et de transformation textile, un atelier de confection permettant l’insertion par l’activité économique de plusieurs personnes – aujourd’hui, ils sont 18, ils vont monter à 24 dans un premier temps et peut-être 30 si l’équilibre économique est bien trouvé pour l’association, donc il y a un vrai enjeu de progression, d’insertion et d’amener les personnes qui travaillent avec Fou de coudre vers un emploi – et, bien sûr, en cohérence avec ce que je viens de vous dire, des ateliers de formation et de coaching pour ceux qui y sont. Aujourd’hui, Fou de coudre a commencé à s’installer, va commencer à se développer, pour gagner le premier et le deuxième étage en partie du bâtiment A du collège Camus, et nous les accompagnons dans cette mise en place. La deuxième délibération, n° 339, concerne la Ligue de Protection des Oiseaux. Je vous l’ai dit, on s’y était engagé et Christelle LIBERT a fait un formidable travail sur le sujet pour nous aider à construire ce projet de relocalisation du centre d’appel, de triage et de soins de première urgence de la petite faune sauvage. La LPO s’était retrouvée sans locaux et donc nous avons travaillé avec eux pour le garder sur Camus, sur un engagement sur deux ans, pour pouvoir mettre en place ce centre de la Ligue de Protection des Oiseaux sur 100 m², dans un bâtiment qui n’a pas vocation à être pérennisé. C’est là où, aussi, il faut voir la suite du site, puisque les deux projets associatifs dont je vous parle et que nous soutenons s’inscriront dans un cadre un peu plus large de réflexion et de reconversion du site de l’ancien collège Camus dans sa totalité, mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans quelques mois. Voilà ce que je voulais vous dire, et je vous invite à y aller, c’est rue du Mal Assis à Faubourg de Béthune, pour découvrir ces locaux associatifs de Fou de coudre et de la Ligue de Protection des Oiseaux. Madame le Maire - Je vous propose peut-être de voter d’abord ces délibérations, avant de donner la parole à ceux qui l’ont demandée sur le dossier d’Arnaud DESLANDES. Qui vote pour les délibérations 338 et 339 ? (Unanimité) Adoptées. Je passe maintenant la parole à Ali DOUFFI, qui va intervenir sur les centres sociaux et présenter une question orale. Je vous en prie. 56 Chemise 5 CENTRES SOCIAUX Rapporteur : Arnaud DESLANDES ET MAISONS DE QUARTIER Adjoint au Maire 21/287 Centres sociaux – Subventions d’Animation Globale 2021. Monsieur DOUFFI - Messieurs-dames, bonsoir, Madame le Maire, En mars 2020, le confinement des populations est décrété pour retarder au maximum la propagation du coronavirus. Les structures accueillant du public doivent, pour la plupart, fermer leurs portes. Conséquence : la Majorité d’entre elles ferment leur accueil et stoppent leurs activités collectives. Néanmoins, dans les Villes, beaucoup de centres sociaux s’organisent et imaginent des réponses pour garder le lien avec les habitants de toutes générations, pour éviter trop d’isolement, de rupture, des solidarités se mettent en place, une veille s’organise avec des appels aux adhérents et avec une attention aux plus fragiles. Les chiffres nationaux le prouvent, 87 % des centres ont maintenu une activité pendant le confinement, 79 % ont assuré des actions de solidarité en direction des familles et des personnes les plus fragiles, 66 % ont assuré des actions d’information, de médiation et de prévention, 57 % ont accompagné la continuité éducative et, enfin, 77 % des centres sociaux accompagnent dans l’accès au droit. On se doit de saluer cette réactivité et la qualité du lien que les centres sociaux lillois ont entretenu avec les habitants, une formidable mobilisation ! Je souhaite, à l’occasion de cette délibération qui soutient l’ensemble des centres sociaux, attirer l’attention collectivement sur la gravité de la situation sociale dans nos quartiers, et votre Plan le prouve. Sur nos 14 centres sociaux, les moyens humains et financiers sont importants, avec un budget cumulé de 5 M€. Sur ces 14 centres sociaux, 13 font partie du programme « Politique de la Ville », ce qui montre combien les publics sont prioritaires pour l’accompagnement partout sur notre territoire. Quatre d’entre eux émargent également au programme du CLSPD, avec des actions prioritaires pour la prévention de la délinquance. Aussi, vous comprendrez, Monsieur DESLANDES, que même si nous savons que vous êtes animé d’une très bonne volonté, nos centres sociaux ont besoin encore plus aujourd’hui, après un an de crise sanitaire et sociale, d’être confortés, rassurés. Par ailleurs, je souhaite ici attirer votre attention sur la santé financière des centres sociaux. Rappelons que la moyenne nationale en termes de fonds de roulement est de trois mois. En commission, vous disiez qu’ils étaient tous en bonne santé. Certes, on peut l’entendre, car, oui, le maintien des dotations de la Ville et de la CAF a contribué au bon maintien de leur trésorerie, mais soyons collectivement vigilants. Il faut veiller à ce que ce fonds de roulement soit conforté davantage dans les années à venir et qu’ils soient 57 bien accompagnés dans tout moment difficile, afin qu’ils puissent rester sereins, ambitieux et porter des projets innovants et avant-gardistes. Vous le savez aussi, certaines structures manquent de place ou disposent de locaux qui nécessitent parfois une réhabilitation. Vous êtes interpellés régulièrement à ce sujet, il faudra être à la hauteur pour les Lillois les plus fragiles. Enfin, pour conclure, je vous demande une attention très particulière sur le centre social Marcel Bertrand. Vous le savez peut-être, Madame le Maire, j’ai grandi à Marcel Bertrand, j’ai été dans toutes les aventures de ce centre qui m’a accompagné dans ma citoyenneté, j’y ai été animateur et j’y garde beaucoup de liens. Alors, les évolutions à venir de ce centre social, qui va occuper le même bâtiment que L’Île de Solidarité et la Sauvegarde du Nord, me préoccupent. Vous projetez d’en faire un pôle de développement social, dont j’aurais aimé avoir votre définition. Ce nouveau concept peut inquiéter les structures et les adhérents. Nous sommes donc, avec nos conseillers de quartier et les habitants, preneurs de plus de précisions sur cette évolution, marquée par une nouvelle cohabitation à organiser. Je vous remercie. Madame le Maire.- Je propose qu’Arnaud DESLANDES réponde tout de suite, puisque vous parlez à la fois du commerce et de Marcel Bertrand, et nous prendrons ensuite les questions de Xavier BONNET et, sur les crédits décentralisés, de Vanessa DUHAMEL, ce sont des questions différentes, pour essayer d’éviter des difficultés de compréhension. Arnaud DESLANDES. Monsieur DESLANDES - Monsieur DOUFFI, d’abord, merci. Oui, je vous confirme que nous sommes aussi attachés que vous aux centres sociaux et que nous avons apprécié fortement ce qu’ils ont fait pendant la crise du Covid sur les distributions alimentaires, sur la médiation numérique, sur l’accompagnement individuel de ceux qui étaient isolés et, avec Eddie JACQUEMART et Charlotte BRUN, puisque nous réunissons régulièrement ensemble la Conférence des présidents et directeurs des centres sociaux et des maisons de quartier, nous leur avons dit plus d’une fois notre reconnaissance pour avoir fait ce travail. Il a manqué parfois des services publics qui soient restés ouverts, eux l’ont fait, autant qu’il a été possible de le faire dans les conditions sanitaires, et il faut franchement les saluer. La Ville a apporté un soutien, comme vous le savez, exceptionnel l’an passé, de près de 350 k€ aux centres sociaux pour leur permettre de passer la crise, la Ville n’a pas rappelé de subvention si les manifestations, les événements, les actions n’avaient pas eu lieu et je vous rassure sur un point : la situation financière et budgétaire des centres sociaux aujourd’hui est bonne. Il y a eu un effet d’aubaine, sans doute créé par des dépenses moindres l’an passé et des recettes équivalentes mais, du coup, cela permet d’assurer aujourd’hui une situation financière très confortable ou confortable en tout cas à tout le moins pour les centres sociaux et c’est la Ville, pour le coup, qui y a pris toute sa 58 part, en vous rappelant qu’avant l’année 2020 – je mets les 350 k€ à part –, il y a déjà eu plus de 1 M€ qui ont été apportés en plus en subventions aux centres sociaux entre 2015 et 2020, et je ne parle pas de la prise en charge des fluides des locaux à titre gracieux que la Ville assure pour les 14 centres sociaux. Si toutes les Villes faisaient autant, je pense qu’ils se porteraient mieux globalement. Franchement, nous n’avons pas à rougir de ce que nous faisons. Nous sommes vigilants si des difficultés pouvaient se présenter. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, mais une continuité est assurée par les services sur les enjeux et les équilibres financiers, notamment les hauts de bilan des centres sociaux qui sont regardés et analysés de près, donc je vous rassure sur ce point. Vous m’avez parlé, et j’ai vu que vous y aviez mis beaucoup d’âme, du centre social Marcel Bertrand. Je les ai vus à trois reprises sur cette question des locaux. Nous avons aujourd’hui un engagement qui est pris et qui est ferme – donc je peux le dire publiquement – vis-à-vis de la Maison de quartier des Bois-Blancs dans le cadre de l’ANRU. La Ville ne peut pas supporter financièrement, sauf à déséquilibrer ses investissements, deux projets d’investissement totaux pour deux nouveaux centres sociaux en même temps. J’ai bien expliqué à Marcel Bertrand que dans la position où nous sommes aujourd’hui, ils ont cinq ans pour construire un projet avec les habitants, avec les adhérents, avec les familles du centre social, pour réfléchir à leur avenir, à leur lien aussi avec la Maison de quartier Les Moulins, à leur territoire d’intervention qui, aujourd’hui, fait l’objet de l’agrément de la CAF qui pourrait évoluer, donc il y a matière, je pense, à travailler. Aujourd’hui, l’installation dans les locaux de Saint-Exupéry est plus que de qualité, nous allons même refaire quelques investissements sur le bâtiment anciennement bâtiment logements de fonction pour les locaux administratifs, donc nous assurons l’installation correcte de Marcel Bertrand et nous travaillons avec eux sur un projet à cinq ans pour réfléchir à une nouvelle étape. Nous verrons ensuite, dans les années suivantes, au-delà du mandat, s’il est possible d’amener un investissement pour créer un nouveau centre social, mais il n’y a rien à précipiter. La priorité, aujourd’hui, est évidemment pour la Maison de quartier des Bois-Blancs dans le cadre de l’ANRU aux Aviateurs. Madame le Maire - Merci beaucoup pour la clarté de cette réponse. Je passe la parole à Vanessa DUHAMEL sur la délibération 286 : les crédits décentralisés, les actions vis-à-vis des quartiers. Madame DUHAMEL, vous pouvez y aller. 59 COORDINATION DE QUARTIERS ET DES POLITIQUES DE PROXIMITE 21/286 Crédits décentralisés – Aides financières en faveur d’actions dans les quartiers. Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues, La présente délibération est l’occasion de réfléchir aux statuts, ainsi qu’au fonctionnement des Conseils de quartier de notre commune. Chacun sait combien les Lillois siégeant dans ces Conseils en conçoivent une bien légitime fierté et sont motivés à porter la parole de leurs voisins. Or, de façon tout à fait incompréhensible, il nous est revenu qu’en début de cette année, alors même que les Conseils sont publics, il avait été décidé sans concertation aucune de censurer le nom des conseillers dans les comptes-rendus, au motif extravagant que certains pourraient avoir des paroles imprudentes. Ainsi, un bel outil de démocratie directe devient-il le bâillon d’une infantilisation de citoyens engagés. Plusieurs d’entre eux s’en sont bien légitimement émus, ce qui a notamment conduit les conseillers du quartier de Saint-Maurice Pellevoisin à réclamer majoritairement un vote sur la suppression de cette censure, vote démocratique aussitôt refusé par la présidente du Conseil qui avançait l’argument que le bâillon devant être universel ne pouvait être localement soulevé. À leur suite, nous demandons que cette censure inattendue, après des années de libre expression, soit abrogée ou, si elle vous semble indispensable, que vous montriez l’exemple en faisant supprimer la mention de votre propre nom et, bien entendu, des nôtres des comptes-rendus du Conseil Municipal ; ainsi serions-nous également protégés de tous propos imprudents. Plus récemment, une nouvelle étape répressive a été franchie, cette fois de façon tout à fait extravagante, dans le quartier de Fives. Au cours d’un Conseil réuni le 20 janvier 2021, il a été envisagé la Plantation de deux arbres, événement assez exceptionnel, je le concède volontiers, dans votre mandature, à proximité de l’église rénovée de Notre-Dame de Fives. Une telle révolution écologique nécessitant de supprimer des places de stationnement déjà insuffisantes en nombre dans ce quartier, il a été indiqué – je cite, cette fois, le procès-verbal du Conseil du 13 avril dernier – que « les riverains seront consultés ». L’un des conseillers craignant une longue attente, voire une lourde inertie, avait cependant déjà pris les choses en main et décidé d’interroger, en sa fonction, directement les habitants. Afin d’attester de la réalité de son entreprise, il a confectionné un questionnaire sur lequel il a cru pouvoir apposer le logo de notre Commune à côté de celui de notre groupe ; fatale imprudence qui lui a valu une convocation expresse au commissariat de Police sur réquisition du Parquet de la République. Oui, vous l’avez bien entendu, mes chers collègues, la drogue s’écoule à grands flots dans notre Ville, des Lillois sont chaque jour agressés physiquement, verbalement ou par atteinte à leurs biens, Madame le Maire écrit personnellement à Monsieur le Ministre de l’Intérieur le 17 mai 60 dernier pour lui déclarer que – je cite encore – « les habitants n’en peuvent plus de subir la loi des dealers », évoquant en outre notamment le quartier de Fives, et lui demande le 31 mai suivant sur son compte Twitter la création de 300 postes de policiers supplémentaires sur Lille et la métropole, et son adjoint, Monsieur DUHEM, d’un claquement de doigts ou d’une baguette sécuritaire magique, fait convoquer au poste de Police le dangereux délinquant fivois qui deale des en-têtes municipaux pour faire planter deux arbres ! Que tout Lillois victime en soit désormais informé, Monsieur DUHEM ne tardera à éradiquer ni les arbres ni la végétation douteuse, fût-elle sur pied, séchée ou pilée, nul n’est besoin de renfort ni de ministre, un questionnaire suffit ! Au-delà de cette triste bouffonnerie, un aussi triste constat s’impose : rien n’est entrepris, et bien au contraire, pour irriguer notre démocratie directe et valoriser ses acteurs. À titre d’exemple, nous disposons d’un règlement intérieur depuis maintenant un an, dont l’objectif principal est de limiter notre temps de parole. Les Conseils de quartier ne voient, quant à eux, rien apparaître de la réécriture promise du leur. Comment, dès lors, s’étonner de l’abstention massive de nos concitoyens, et lorsqu’ils votent, de leur soutien de plus en plus massif à un courant politique qui n’est certes pas le mien mais n’a que la démocratie directe en bouche ? Comment être surpris qu’ils élisent des vieux adversaires de la démocratie représentative dite « libérale » si des élus comme votre adjoint mobilisent la force publique pour une futilité plutôt que de composer un numéro de téléphone pour converser simplement et rappeler une loi que, soudain, ils considèrent plus urgente et importante que toute autre forme de maintien de la sécurité publique ? En marge de la démocratie illibérale qu’imposent nombre de vos élus, il doit exister… Madame le Maire - Concluez, Madame DUHAMEL, s’il vous plaît. Madame DUHAMEL - … comme en toute chose, une voie médiane : celle d’institutions transparentes et démocratiques dont le Conseil de quartier pourrait et devrait être le premier harmonieux échelon. Notre groupe vous appelle à en prendre conscience, élaborer le nouveau règlement intérieur annoncé, restituer aux conseillers la propriété de leur nom et établir enfin une charte de bon fonctionnement qui en ferait un outil précieux en ces temps de désespérance, des actes constructifs plutôt que de censure et répression. Je vous remercie. Madame le Maire - On ne va peut-être pas aller jusque-là, mais vous soulevez deux difficultés qui ont eu lieu et sur lesquelles on va vous apporter des réponses. Vous avez commencé par parler du fait qu’on anonymisait l’ensemble des conseillers de quartier. Il y a eu un problème à Saint-Maurice, Arnaud va y répondre et, si nécessaire, Catherine MORELL-SAMPOL pourra compléter. Ce problème va être réglé dans le sens que vous souhaitez, mais avec un bémol qu’on va vous expliquer. 61 Quant au second point, on ne peut pas accepter que l’on distribue avec le logo de la Ville des informations qui ne sont pas réelles et que, de toute façon, on ne peut pas utiliser en les mettant à de mauvais endroits. Charlotte BRUN va répondre sur ce point. Je pense au contraire que nous devons tous dire aux habitants : « Respectons les règles. Vous pouvez vous exprimer, vous pouvez critiquer mais vous ne pouvez pas faire semblant de parler au nom de la Ville quand vous n’êtes pas membre de la Ville ». On va donc vous répondre sur les deux questions. Je rappelle qu’il y a eu un seul cas à Saint-Maurice à la demande de certains et non pas une règle générale qui serait tout à fait inacceptable – je suis d’accord avec vous – dans l’ensemble des conseils de quartier. Madame MORELL-SAMPOL. Madame MORELL-SAMPOL - Madame DUHAMEL, vous n’ignorez pas qu’à Saint-Maurice, il y a eu récemment certains problèmes d’insécurité, que certains conseillers de quartier vivent dans des secteurs du quartier qui peuvent être sensibles. Ces conseillers de quartier souhaitent s’exprimer en conseil de quartier, mais ils peuvent aussi revendiquer un droit à l’anonymat qui préserve leur liberté d’expression. Quand une conseillère de quartier dit qu’il y a un problème de drogue dans son quartier, elle s’expose. Quand un conseiller de quartier dit que, dans sa résidence, il voit des dealers apparaître, il s’expose. On peut donc préserver ce droit à l’anonymat qui, je le rappelle, fait partie de la liberté d’expression. Par ailleurs, vous contestez cet anonymat. Je vous rappellerai que le premier compte rendu qui était sous forme anonyme a été approuvé à l’unanimité par l’ensemble des conseillers de quartier. Ce n’est que lors du conseil suivant qu’un conseiller de quartier appartenant à Faire Respirer Lille a émis une réserve sur ce point. Madame le Maire - Est-ce que l’on peut se mettre d’accord, Madame MORELL- SAMPOL, sur le fait que, quand certains conseillers de quartier demandent à être anonymisés – et on peut les comprendre quand ils disent « au troisième étage de ma résidence, il y a des nourrices » –, on le fait, mais on ne le fait pas pour tout le monde, sauf si le conseil de quartier le souhaite comme cela a été le cas lors de la séance en question ? On se fixe donc une règle : quand des gens demandent de parler de façon anonyme, on l’accepte ; pour les autres, on indique leur nom. Là, en l’occurrence, Catherine MORELL-SAMPOL vous dit à juste titre que tout le monde avait voté, peut-être à tort, mais c’est un fait. Bien évidemment, on reste sur cette règle que vous avez rappelée et que vous avez utilisée à bon escient car, sinon, on peut avoir du mal à exprimer un certain nombre de choses en conseil de quartier. Merci beaucoup, Madame MORELL-SAMPOL. Sur le second point, je passe la parole à Charlotte BRUN. 62 Madame BRUN - Je dirai juste un mot, Madame le Maire, parce que vous en avez déjà parlé. Je suis finalement contente que vous remettiez le sujet sur la table aujourd’hui, Madame DUHAMEL, puisque nous en avons déjà parlé avec votre présidente de groupe en réunion de présidents de groupe. Ces réunions de présidents de groupe servent à cela aussi. Nous avons déjà tiré la sonnette d’alarme sur le comportement de ce conseiller de quartier alors même que votre présidente de groupe nous alertait sur le climat politique qu’il pouvait y avoir entre groupes politiques dans la Ville. Je précise – mais c’est toujours le « en même temps » de votre groupe politique – que vous êtes les premiers à mettre de l’huile sur le feu, à insulter des élus, à raconter n’importe quoi sur eux alors même qu’ils sont excusés et ne sont pas présents. Là, par exemple, dérouler un argumentaire anti-végétalisation, anti-sécurité, anti-cadre de vie au sujet de Sébastien DUHEM, c’est vraiment fort de café ! Je n’ai pas l’impression qu’on parle du même président de conseil de quartier. Nous avions effectivement alerté la présidente de votre groupe politique sur le fait qu’il n’était pas possible, alors même qu’on est conseiller de quartier, d’utiliser à tout-va le logo de la Ville. Être conseiller de quartier ne donne pas le droit d’utiliser le logo de la Ville et de distribuer des tracts avec le logo de la Ville dans le quartier dans lequel on est élu. Cela ne donne pas non plus le droit, sous prétexte de lutter contre les incivilités – ce que je comprends, étant moi-même l’élue d’un quartier dans lequel il y a beaucoup d’incivilités sur la question de la propreté –, de parsemer le quartier de sacs-poubelles. Par conséquent, pour être positive, j’entends dans votre demande le fait qu’il soit peut-être nécessaire de remettre par écrit toutes ces choses. Cela clarifiera le comportement de citoyens qui veulent probablement bien faire. Madame le Maire - Je vais mettre au vote la délibération 286 sur les crédits décentralisés. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptée. Je vous remercie. Je passe la parole à Xavier BONNET sur la délibération 291 concernant la Fédération lilloise du commerce, de l’artisanat et des services. 63 COMMERCE ET ARTISANAT 21/291 Fédération Lilloise du Commerce, de l’Artisanat et des Services (FLCAS) – Subvention 2021. Monsieur BONNET - Merci, Madame le Maire. Madame le Maire, Monsieur l’Adjoint, Je dirai d’abord que le groupe Lille Verte apprécie évidemment la présence solide et durable parmi les organisations professionnelles du monde du commerce de la Fédération lilloise du commerce, de l’artisanat et des services. C’est un interlocuteur privilégié aux côtés des unions commerciales. Cette fédération participe au dialogue nécessaire avec la Municipalité en représentant le commerce sédentaire et non sédentaire. L’occasion m’est d’ailleurs donnée de m’étonner des choix faits de séparer les deux délégations du commerce lillois, alors qu’il y a lieu de favoriser la complémentarité et la transversalité pour parvenir à une dynamique de pôle d’attractivité et de proximité dans nos quartiers. Nous adhérons également aux principales missions de la Fédération qui sont de valoriser le commerce dans les quartiers, de participer à la bonne image de la Ville, d’aider à la transition écologique. Un objectif cependant nous interroge. Connaissant la difficulté que représente la digitalisation de leur entreprise par le passage au numérique pour les commerçants indépendants et même franchisés, par la mémoire que nous avons des expériences difficiles vécues avec l’expérience Scheefoo ou encore Enjoy, nous nous étonnons de ne pas avoir les moyens nécessaires pour emmener le commerce indépendant vers le commerce global qui unit dans la proximité le commerce physique et le commerce numérique. L’ambition d’une Marketplace indépendante, respectueuse des valeurs qui sont les nôtres, nécessite des moyens de formation, d’accompagnement, de promotion, de lancement que je ne retrouve pas dans cette délibération. Pourtant, le retour vers la proximité est une réelle chance pour notre Ville, non seulement pour la Ville marchande du centre-Ville, mais surtout pour ses quartiers. Je vous remercie. Madame le Maire - Si les marchés ont été confiés à Jacques RICHIR, c’est bien parce que le sujet aujourd’hui dans beaucoup de marchés est l’organisation sur l’espace public et la propreté. Nous souhaitons vraiment avancer et Jacques RICHIR y a déjà beaucoup travaillé. Cela ne veut pas dire que les marchés comme les forains ne font pas partie par exemple du Plan lillois du commerce. Ils sont tous commerçants mais, là, on a un problème aigu à traiter. Je voulais juste vous donner cette explication. Arnaud DESLANDES. 64 Monsieur DESLANDES - Je serai assez court sur cette question de la digitalisation. C’est bien sûr l’objectif qu’on a mis ici dans la délibération pour la Fédération lilloise du commerce, mais ce sera surtout un des grands volets du Plan local d’action pour le commerce que l’on va présenter à la fin de l’année – j’y reviendrai à l’occasion de la question orale qui sera posée juste après –, mais nous mettrons ici les moyens qu’il faut pour travailler sur la digitalisation. Franck HANOH et Audrey LINKENHELD ont déjà amorcé ce travail aujourd’hui, la Fédération lilloise a aussi lancé un travail avec un partenaire extérieur pour travailler sur la Marketplace. Petit à petit, les outils se mettent en place. Nous mettrons derrière, avec la Métropole et les collectivités concernées, les moyens qu’il faudra pour aboutir sur cette digitalisation dont on a aujourd’hui besoin, cela a d’ailleurs été redit dans un sondage qui est sorti hier sur la question du besoin de digitalisation des commerces. Nous serons là au rendez-vous, ce sera dans le cadre du PLA. En l’occurrence, dans la délibération, il s’agit simplement de refixer les objectifs sur lesquels nous sommes d’accord avec la Fédération lilloise du commerce et qui motivent l’attribution de la subvention. Madame le Maire - Je vous rappelle que nous avions essayé de lancer cette Marketplace alors qu’elle n’existait pas du tout en France il y a maintenant environ huit ans et, à l’époque, les commerçants n’y étaient pas prêts. Là, plusieurs expériences sont en cours et nous essayons de regarder quelle est la meilleure et la moins coûteuse pour les commerçants qui y viennent peu à peu, comme vous l’avez d’ailleurs très bien dit. Je mets aux voix cette délibération 291, sur la Fédération lilloise du commerce. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptée. Je vous remercie. 21/290 PLA 2015-2020 - Annulations d'opérations d'animation commerciale et régularisations de trop perçus. Adoptée à la majorité, le groupe Faire Respirer Lille votant contre. SOLIDARITÉ ET COHÉSION DES TERRITOIRES 21/283 Subventions destinées aux associations de solidarité - Conventions entre les associations et la Ville. Adoptée. (Martin DAVID-BROCHEN ne prend pas part au vote.) 65 POLITIQUE DE LA VILLE 21/284 Politique de la Ville - Subventions aux associations. 21/285 Politique de la Ville - Subventions aux emplois aidés. FÊTES ET ANIMATIONS 21/288 Voyage, Voyages 2021 - Programmation. 21/289 Lille Aventure Nature - Eté 2021 - Règlement intérieur. Adoptées. Monsieur DOUFFI, pour une question orale. Question orale du groupe Faire Respirer Lille sur le PLA commerce. Monsieur DOUFFI - Merci, Madame le Maire. Le groupe Faire Respirer Lille tient à féliciter Monsieur Arnaud DESLANDES pour sa nouvelle délégation au commerce qui a une importance toute particulière dans le cadre de la relance de notre économie locale. Au Conseil Municipal du 9 octobre 2020, puis à celui du 11 décembre 2020, notre groupe s’étonnait de l’absence de transparence sur les dispositifs d’accompagnement des unions commerciales et groupements de commerçants et sur l’absence de présentation d’une stratégie pluriannuelle pour le commerce. Madame le Maire avait répondu que le nouveau PLA (Plan local d’action) serait présenté au prochain Conseil Municipal. Nous sommes en juin 2021 et toujours pas de délibération, alors que, plus que jamais, les Lillois ont besoin d’échanger, de proposer et d’agir pour la sauvegarde et le développement du commerce local. Nous vous demandons, Madame le Maire, Monsieur DESLANDES, comment et quand vous allez proposer de conduire le travail sur le nouveau PLA lillois. Au Conseil Municipal de juin 2020, il y a un an, notre groupe faisait également des propositions pour anticiper les éventuelles conditions aménagées d’une braderie de Lille réduite. Malheureusement, vous l’avez confirmé tout à l’heure, la braderie est tout simplement annulée. C’est un choix à regret pour tous les Lillois, mais un choix de responsabilité. Je vous remercie. Madame le Maire - Monsieur DESLANDES. 66 Monsieur DESLANDES - Monsieur DOUFFI, sachez que c’est à la demande des commerçants et des représentants des commerçants que nous avons remis sur le métier le travail préparatoire du PLA, notamment pour attendre un contexte sanitaire stabilisé parce qu’il était difficile d’avoir de la visibilité sur tout cela. Par ailleurs, nous attendions aussi – vous l’avez vu hier à la Métropole – que soit voté l’appel à manifestation d’intérêt « Objectif centralité » qu’a présenté la MEL, dans lequel le PLA devra à un moment donné s’inscrire. Nous attendions d’avoir l’ensemble de la délibération métropolitaine pour pouvoir avancer. Malgré un contexte difficile pour se réunir comme vous le savez – je ne vous rappelle pas ce que l’on vient de vivre –, Franck HANOH et Audrey LINKENHELD ont fait des consultations et un travail de comité de pilotage notamment sur le bilan et les perspectives du PLA. Les autorités consulaires ont déjà été vues, des représentants des commerçants ont été vus. Je reconnais que nous ne sommes pas encore arrivés à l’étape finale, mais nous allons accélérer le travail à la rentrée. Une consultation des commerçants sera disponible en ligne notamment pour reparler des questions d’animations commerciales, de digitalisation dont on vient de parler ou de transition écologique. Ensuite, nous reverrons les autorités consulaires et les représentants des commerçants, nous travaillerons avec les collectivités concernées pour aboutir – et c’est l’objectif – à un document finalisé sous l’autorité du Maire et d’Audrey à la fin de l’année 2021 et, si vous voulez tout savoir, au Conseil de décembre. Madame le Maire - Vous avez raison, Monsieur DOUFFI, il y avait un document préparatoire qui avait été travaillé avec des commissions avant le Covid et il était quasiment prêt. C’est vrai que je vous avais dit que nous le passerions en juin. En rediscutant avec les commerçants devant les nouveaux sujets et notamment celui de la Marketplace dont a parlé Xavier BONNET – mais pas seulement, Arnaud vient de le dire –, nous avons décidé de reprendre un travail qui est déjà largement engagé et de reporter à la demande des fédérations de commerce. Nous reprendrons les délibérations de Stanislas DENDIEVEL après. Je vous propose de passer aux dossiers de Jacques RICHIR. Cela me permettra de faire le point sur la 5G à Lille et à Jacques RICHIR de vous présenter le projet de la place du Maréchal Leclerc qui a donné lieu, là aussi, à une très grande concertation. Chemise 7 Rapporteur : Jacques RICHIR Adjoint au Maire Madame le Maire - Comme je l’avais dit à certains d’entre vous qui m’avaient interrogée, je souhaitais revenir sur l’ouverture de la 5G à Lille. Je voudrais d’abord revenir sur la signature de la déclaration commune que nous avons menée avec les opérateurs après que nous ayons décidé à l’unanimité ici même le 9 octobre 2020 de voter un moratoire, moratoire qui nous a valu des critiques sur lesquelles je préfère ne pas revenir – je peux pourtant vous dire qu’aujourd’hui, nous sommes heureux d’avoir voté ce moratoire et d’avoir utilisé cette période, qui n’était pas fixée dans son terme, pour 67 négocier avec les opérateurs – et je voudrais aussi vous dire où nous en sommes aujourd’hui des engagements qui sont très lourds et surtout de la pratique, car nous commençons à pratiquer cela avant même l’ouverture de la 5G à Lille qui ne se fera qu’à partir du 15 juillet. Tout d’abord, comme nous l’avions dit, nous n’avions pas le rapport de l’ANSES qui devait nous éclairer sur les dangers ou non de la 5G. Nous avons tous dit ici que l’État aurait pu attendre cette remise de rapport avant de lancer les attributions des fréquences 5G et, d’ailleurs, l’ANSES elle-même regrette que cela n’ait pas été le cas. Nous avons demandé aux opérateurs de revenir à une situation de confiance, ce qui était loin d’être le cas. Je rappelle que, lorsque les opérateurs veulent mettre une antenne, ils doivent faire une déclaration informative à la Municipalité. Ce DIM (dossier d’information mairie) n’a aucune valeur juridique. Par conséquent, même lorsque nous le refusions, ils pouvaient passer outre et ils ne s’en gênaient pas. Évidemment, lorsqu’ils avaient besoin de faire des travaux occupant l’espace public, après que Jacques RICHIR ait refusé le DIM, Stanislas DENDIEVEL pouvait refuser une occupation de l’espace public, mais nous avons vu à plusieurs reprises qu’ils sont passés outre et nous avons d’ailleurs dû sanctionner un certain nombre d’entre eux. Nous étions donc vraiment dans une opération de méfiance et ce, d’autant plus que, vous le savez, le Gouvernement avait choisi Orange, en tout cas dans notre Ville, pour l’expérimentation de la 5G, ce qui avait amené l’opérateur à installer un certain nombre d’antennes alors que nous avions donné un avis négatif. Ils ont accepté de ne rien faire tant qu’on n’avait pas décidé de travailler et de faire autre chose. Le rapport de l’ANSES qui a été remis en avril a indiqué que la 5G ne présentait pas de nouveaux risques sanitaires au regard des données disponibles. C’est une information, une analyse qui a été faite, mais nous pensons tous ici qu’il est nécessaire que l’ANSES continue ses études complémentaires autant que de besoin et, notamment, les informations très concrètes que nous pourrons apporter après la mise en place de la 5G, chez nous comme dans d’autres Villes, devraient permettre d’avancer encore plus loin. Nous avons donc fait deux choses à la fois. La Ville a d’abord été à l’initiative dès le 3 mai dernier – et j’en remercie Audrey LINKENHELD et Akim OURAL – d’un débat citoyen réunissant des Lilloises et des Lillois membres des instances de participation citoyenne autour des questions relatives à la 5G. Parallèlement, j’ai travaillé à joindre les directeurs généraux, les présidents des opérateurs pour leur dire qu’ils pouvaient nous considérer comme des ringards, mais que la santé des habitants nous importait plus que tout autre chose. D’autre part, ils reconnaissent eux-mêmes que la 5G n’apporte pas aujourd’hui tout ce que l’on attend en application puisque ce n’est pas encore en place, que ce soit pour le suivi de la santé des habitants pour ne prendre que cet exemple, même si nous savons que la 5G apporte une rapidité qui peut être très importante pour les entreprises. 68 Nous avons donc décidé de travailler une déclaration qui a finalement été signée le 20 mai. Je dois dire que cela a été compliqué, rude dans certains des échanges que j’ai pu avoir avec les dirigeants des opérateurs, mais nous avons réussi aujourd’hui à avoir un accord qui est particulièrement exemplaire puisque seule la Ville de Paris a signé un accord – j’y reviendrai dans quelques instants. Par ailleurs, les quatre opérateurs ont signé cette déclaration de base, mais deux d’entre eux, à notre demande, ont accepté d’aller plus loin à la fois sur la lutte contre la précarité numérique, mais aussi sur le développement durable – j’y reviendrai pour l’un d’entre eux car c’est très important – pour tester dans notre Ville la suppression des antennes 3G et 2G, ce qui limiterait véritablement le nombre d’ondes. Nos objectifs étaient les suivants : limiter l’exposition aux champs électromagnétiques, favoriser la sobriété énergétique de l’économie circulaire, prioriser et faciliter les usages d’intérêt général (la e-santé, l’inclusion numérique) et accompagner les entreprises dans la transformation numérique. Nous avions ajouté à tout cela que les riverains desdites antennes avaient le droit d’être informés, de comprendre et de suivre ce qui allait se passer, ce que les opérateurs ont finalement accepté après de longues discussions. Cette déclaration agit aujourd’hui comme un cadre de confiance. Je voudrais vous dire – et je vous informerais si cela changeait – que, aujourd’hui, nous avons travaillé de manière confiante et avec un changement complet de la part des opérateurs sur leur manière de faire, qui était de dire « Vous n’êtes pas d’accord, allez vous faire voir ! De toute façon, on a le droit pour nous et on peut installer ». C’est donc un gros changement. Point le plus important dans ce que nous avons signé – je le dis parce que d’autres Villes l’ont demandé et ne l’ont pas obtenu, la seule Ville qui a obtenu un seuil de 5 volts par mètre est la Ville de Paris parce qu’elle a 2,5 à 3 fois plus d’antennes par habitant que nous –, nous avons obtenu d’avoir 6 volts. Je rappelle que l’OMS dit qu’il ne faut pas dépasser 61 volts. On est bien loin. L’OMS devrait d’ailleurs revoir ses critères. Nous allons pouvoir mesurer en permanence. Les opérateurs ont d’ailleurs aujourd’hui des logiciels qui leur permettent de mesurer quel nombre d’ondes ils produisent avec l’installation de telle ou telle caméra et nous leur demandons cette étude dans le dépôt des DIM. Pour ceux qui ne l’avaient pas fait, on leur a demandé et ils nous l’ont apportée. J’ai vu que la Ville de Strasbourg avait obtenu – mais c’est une évidence pour nous, on est bien en deçà de cela – qu’on ne puisse pas mettre de caméra à moins de 100 mètres des écoles. Ce n’est d’ailleurs pas un accord, c’est un accord oral avec un seul opérateur. Chez nous, bien évidemment, avec ce seuil de 6 volts que nous pouvons mesurer à tout moment, nous sommes bien plus bas. Je vous donne un seul exemple : nous avons mesuré les antennes présentes par rapport à des écoles ou des crèches qui sont à 100 mètres d’une antenne relais (c’est la campagne 2019 qui a été faite), on est à 0,46 volt par mètre. Vous voyez donc qu’on est très en dessous et nous allons continuer. 69 Pour nous, dans les DIM tels que nous les acceptons, la première chose à regarder est quels sont les équipements publics autour qui pourraient être gênés par cette difficulté. Si ce seuil de 6 volts n’était pas respecté, ce serait immédiatement signalé à l’opérateur pour qu’il réalise des mesures de réduction. Je reviens sur ce DIM, ce dossier d’information mairie qui devait nous être apporté. Les trois dernières années, Jacques RICHIR les a tous refusés, cela ne les a pas empêchés de les installer. Nous avons demandé à tous de redéposer un DIM, qu’ils aient déjà imPlanté – c’était essentiellement Orange pour son expérimentation – ou qu’ils n’aient pas encore imPlanté des éléments. De la même manière, nous n’avons pas souhaité qu’un seul opérateur qui avait fait l’expérimentation puisse développer la 5G. Nous avons souhaité donner à tous la possibilité, à une date que nous avons décidée ensemble qui est le 15 juillet, d’installer des antennes dès lors que nous donnions un accord par le DIM et par l’occupation de l’espace public lorsqu’il s’agit de mettre par exemple une grue pour accrocher une antenne. Nous avons donc refait ce travail avec l’ensemble des opérateurs, y compris par ceux qui l’avaient déjà. Aujourd’hui, tous ces DIM qui ont été déposés (environ 130) ont donné lieu pour l’instant à une centaine d’accords. Les antennes respectent vraiment le positionnement et, par le logiciel, la mesure des volts qu’elles entraînent. Bien évidemment, on a regardé l’environnement. Je voudrais saluer l’engagement et le travail du service Risques urbains et sanitaires, Gaëtan CHEPPE, qui a fait un travail remarquable. Tous les dossiers ont été demandés et complétés. J’ai moi-même dû rappeler une ou deux fois des opérateurs quand les éléments n’étaient pas donnés. Aujourd’hui, pour ceux qui sont en attente, ce ne sont pas des DIM proches d’une école ou d’une crèche, mais des dossiers pour lesquels il nous manque encore des éléments d’information. Je voudrais remercier très chaleureusement Jacques RICHIR et Stanislas DENDIEVEL, au-delà d’Akim OURAL. Si vous lisez la charte que nous avons signée avec l’ensemble des opérateurs, vous verrez que, contrairement à ce que j’ai entendu déclarer mais sans doute parce que vous n’aviez pas vu la charte, ce n’est pas rien et notamment concernant ces 6 volts. D’autres Villes l’ont pourtant demandé et ne l’ont pas eu, elles ont néanmoins ouvert la 5G immédiatement. Je pense donc que l’on devrait quand même faire attention au travail que nous avons fait. J’ai sous les yeux le tableau des DIM. 138 DIM ont été déposés, 110 ont été autorisés, les autres sont encore en discussion, et ils respectent strictement tout ce que nous avons engagé. C’est un vrai changement. Auparavant, les opérateurs nous disaient : « Vous n’êtes pas d’accord. Je le mets en place ». Là, aucune antenne qui n’aura pas donné lieu à cet accord et à l’occupation de l’espace public ne sera déposée avant le 14 juillet. 70 Au-delà de cela, je souhaitais particulièrement que l’un des opérateurs accepte de libérer progressivement les fréquences 2G et 3G. Pour les 2G, c’est compliqué, cela fait marcher les autoroutes et beaucoup de choses, mais cela ne produit que peu d’ondes. En revanche, pour la 3G, ce sont exactement les mêmes utilisations que la 4G ou la 5G. Le seul opérateur qui a accepté de faire cette expérimentation à Lille est Orange, avec évidemment une libération progressive. Ils ont déjà fait des études, nous avions déjà eu des contacts avec eux, cela fait un an et demi qu’ils travaillent là-dessus. Ils souhaitent donc faire à Lille l’expérimentation de la libération progressive des fréquences 2G et 3G. Nous allons suivre cela de manière très importante. En engagement en faveur de l’inclusion numérique, Orange s’est engagé à faire bénéficier 500 personnes, chômeurs ou autres, dans un accompagnement pour des personnes éloignées du numérique. Cela peut aller jusqu’à 30 heures de formation. Nous travaillons actuellement avec le CCAS, avec les centres sociaux – vous savez l’énorme travail qu’Akim a porté sur les centres sociaux connectés dans notre Ville, mais il reste malheureusement encore beaucoup de personnes qui en ont besoin –, avec les associations solidaires et étudiantes et avec Pôle Emploi pour pouvoir mettre en formation les personnes qui en ont besoin. De la même manière, du côté de SFR, un travail très important a été mené par sa fondation avec l’association Emmaüs Connect. Là aussi, Akim OURAL suit cela depuis très longtemps. SFR nous propose l’accès au numérique pour les demandeurs d’emploi grâce aussi à une formation qu’ils vont réaliser dès la rentrée pour environ 300 personnes. Nous allons donc faire cela en parallèle. SFR nous propose également d’équiper et de connecter 2 000 étudiants en situation de précarité, exclus du numérique. Avec Anne GOFFARD, nous travaillons actuellement avec l’université, mais aussi avec le CCAS, avec les associations qui suivent les étudiants, pour pouvoir dès la rentrée leur procurer ce qui leur permettra de suivre leurs études de la manière la plus importante possible. Enfin, Orange comme SFR ont pris un engagement sur l’économie circulaire, avec l’ambition pour Orange de 20 % de collectes mobiles et 5 % de ventes mobiles réalisées sur du matériel reconditionné et cela très rapidement ; de même que SFR s’est engagé par la mise en avant d’espaces dédiés à l’économie circulaire qu’ils ont d’ailleurs commencé à mettre en place dans la Ville. Voilà ce que je peux dire. Si cela change, je vous le dirai de la même manière. Nous avons vraiment eu une relation de confiance qui n’existait plus. Aujourd’hui, aucune décision n’a été prise par les opérateurs, qui n’ait obtenu auparavant l’accord de la Ville. J’ajoute qu’ils sont prêts à aller s’expliquer, avec nous qui organiserons les réunions, avec les riverains qui auraient une inquiétude sur tel ou tel sujet. Surtout, nous allons suivre tout cela. 71 En parallèle, nous avons travaillé avec l’ANFR, l’Agence nationale des fréquences, qui nous avait déjà aidés à faire les précédentes campagnes – c’est ainsi que je vous ai donné des chiffres sur 2019 – et qui nous a demandé de pouvoir installer avant le 15 juillet trois sondes qui prendront plusieurs mesures par jour afin que l’on puisse disposer d’une publication régulière en open data de l’exposition environnement. Tout le monde pourra y avoir accès. (Projection de diapositives) Les discussions ont eu lieu jusqu’à il y a 15 jours-trois semaines. Nous avons choisi trois lieux sur lesquels ils sont en train d’implanter ces sondes. Les trois lieux sont très liés aux demandes de DIM que nous avions eues et d’installation des antennes. Les trois lieux que nous avons choisis sont les suivants : - à proximité de l’école Cabanis à Fives, il y a trois écoles et une crèche dans ce périmètre, - à proximité de l’école Ampère à Wazemmes, il y a deux écoles et une crèche dans ce périmètre, - place des Buisses, étant donné la forte présence d’usagers potentiels à côté de la gare dans le quartier Centre. Ce sont vraiment trois éléments différents. Plusieurs mesures par jour vont être faites par ces trois émetteurs. Avant le 15 juillet, donc avant la mise en action de la 5G, ils vont pouvoir faire une centaine de prélèvements, ce qui nous permettra juste après de la même manière de contrôler ce qui arrive avec la mise en action de la 5G. Je l’ai dit, tous ces chiffres seront en open data et donc visibles par les riverains et par les habitants. J’avais entendu quelques critiques. Je pense que vous n’aviez pas encore lu l’accord. C’est vrai qu’il n’était pas évident de retrouver une relation de confiance, nous étions dans des débats extrêmement difficiles avec les opérateurs. Jusqu’à présent, cela va. Je pense que nous avons bien fait, contrairement à la plupart des autres grandes Villes (que ce soit Strasbourg, Dijon, Grenoble, Nantes, Bordeaux, etc.), de ne pas avoir mis en place la 5G avant que nous ayons obtenu ces engagements. J’ajoute que Bouygues vient de nous faire passer quelques engagements sur la sobriété numérique et sur l’économie circulaire, mais nous n’avons pas encore travaillé la mise en application de cela contrairement aux autres dont je vous ai parlé. Voilà donc le point que je voulais faire sur la 5G. Stéphane BALY. Monsieur BALY - Madame le Maire, chers collègues, À votre initiative, vous nous aviez soumis au Conseil du 9 octobre dernier une motion intitulée « Moratoire sur la 5G », une motion pour un moratoire pour le déploiement 72 de la 5G à Lille jusqu’à la publication du rapport de l’ANSES, une motion exprimant aussi plusieurs demandes, une motion que le groupe Lille Verte a évidemment votée. On pourrait débattre des conclusions de l’ANSES qui laissent d’ailleurs beaucoup d’incertitudes. On pourrait aussi débattre de la 5G, qui ne se résume pas uniquement à des risques sanitaires. Cela dit, regardons les demandes que nous avions votées : - le grand débat métropolitain, on ne l’a pas eu, - la limitation de l’exposition à 4 volts par mètre, vous êtes revenue dessus mais, néanmoins, avec 6 volts par mètre, on ne l’a pas, - l’extinction de la 2G et de la 3G précédant tout éventuel déploiement d’une nouvelle technologie, on ne l’a pas eu. Alors, chers collègues, je pose la question : où sont passés les amis des Amish d’octobre ? Quant à nos expressions sur la charte – vous l’avez évoqué –, si nous avons pu les faire, ce n’est pas grâce à vous. J’attends toujours une transmission officielle de la charte. Sur cette charte, je vous en épargnerai l’exégèse qui pourrait se résumer à « les opérateurs s’engagent à respecter la loi ». Abandon sur le fond et problème une nouvelle fois sur la méthode. Vous avez en début de Conseil déploré l’abstention de dimanche dernier et ce, à juste titre, mais quel message envoie-t-on aux conseillers et conseillères de quartier qui ont consacré de leur temps pour plusieurs réunions de consultation quand une charte est signée avant le rendu public des travaux et surtout avant la tenue de la dernière réunion de consultation ? Les conseillers et conseillères de quartier attendaient de débattre de la 5G, vous leur avez raccroché au nez ! Je vous remercie. Madame le Maire - Y a-t-il d’autres demandes de parole ? (Pas d’autre demande) Je laisserai Audrey vous parler du débat citoyen. Nous avons en permanence informé et donné le document – on va y revenir – aux conseillers qui ont fait partie de cela et on les a tenus au courant. Vous avez donc – vous le reconnaissez vous-même – critiqué la charte avant même de l’avoir lue, c’est quand même dommage. Quand vous dites que c’est creux et que c’est la loi, par rapport aux 6 volts, demandez à vos camarades qui ont ouvert la 5G partout sans aucune condition, ils ont demandé d’avoir 6 volts, voire 7 volts et cela leur a été refusé par tout le monde. 73 Croyez-le bien quand je dis que cela a été difficile et rude. Il n’y a que Paris qui a signé et nous-mêmes et, pour beaucoup d’autres, les opérateurs ont fermé la porte. Cela ne les a pas empêchés d’ouvrir immédiatement la 5G et, de cela, je ne vous ai pas entendu en parler. Tout le monde peut faire des erreurs. Je suis contente de m’être battue comme je l’ai fait avec d’autres pour obtenir satisfaction. C’est vrai que, selon le Gouvernement, nous étions des Amish, mais cela nous est un peu égal. Vous avez raison, j’ai insisté sur la santé, mais il n’y a pas que la santé, il y a tous les autres aspects. J’ai parlé de la durabilité, de l’économie circulaire, de la précarité numérique, tous les éléments qui nous inquiètent. Je partage votre point de vue sur l’ANSES, il faut qu’ils continuent les études, je l’ai dit tout à l’heure. Nous ne pouvons pas savoir tant que ce n’est pas mis en place et nous ne sommes pas aujourd’hui totalement rassurés. C’est pourquoi je souhaitais vraiment cette expérimentation et aucun opérateur n’en a aujourd’hui les moyens sauf Orange parce que son matériel leur permet. Or, pour le savoir, il faut y avoir travaillé – on revient à notre discussion de tout à l’heure. Dire qu’on pourrait mieux faire, c’est bien, le faire c’est encore mieux et nous l’avons fait. Aucune des autres grandes Villes en dehors de Paris ne l’a fait. Orange s’est engagé, puisqu’ils y avaient déjà travaillé depuis un an et demi à deux ans, à prendre Lille comme terrain d’expérimentation pour effectivement fermer d’abord la 3G – c’est elle qui produit le plus de volts et c’est peut-être ce qu’il y a de plus simple – et ensuite la 2G qui est moins productrice de volts. Je ne suis pas en train de dire qu’on a obtenu le maximum du maximum mais, si j’étais à votre place, avec un peu de bonne foi, je dirais « c’est bien, on continue ». On n’est pas totalement rassuré, on va continuer. Mais non, il faut toujours que cela n’aille pas. Quand vos copains le font ailleurs, là-bas, c’est parfait. Nous nous sommes battus, vous avez signé le moratoire, nous avons discuté. Sachez que, si nous n’avions pas signé ce moratoire et si je n’avais pas discuté avec les opérateurs, la 5G serait déjà à Lille. Pour Orange, il suffit d’appuyer sur un bouton, ils avaient déjà toutes les antennes. On a même obtenu qu’ils redemandent les antennes pour vérifier que toutes les conditions étaient réunies. Que vous dire, mon cher Stéphane ? Je dirai simplement que nous ne faisons peut-être pas de la politique de la même manière. Moi, j’essaye d’avancer. Je ne vous dis pas que c’est parfait mais, en tout cas, nous avons obtenu une vraie précaution pour la santé des habitants. On pourra le voir puisqu’on va faire les mesures et qu’elles seront rendues publiques. Je laisse Audrey parler du débat citoyen qui a été extrêmement intéressant. Ils vont rendre un avis définitif le 1er juillet, mais nous le connaissons et nous avons même produit à l’ANSES un rapport de la Ville de Lille qui prend d’ailleurs en compte le débat citoyen. Madame LINKENHELD - Autrement dit, comment peut-on y croire quand même ceux qui ont exercé le pouvoir ou aspirent à le faire considèrent que rien n’est possible parce que, là où les autres ne font rien, c’est toujours mieux que là où certains le font ? On en revient à la question que j’ai indiquée tout à l’heure. 74 Pour ce qui est du débat citoyen, je vous rassure, le groupe qui a participé à ce débat citoyen a bien eu la déclaration commune. Tous les conseillers de quartier, les membres du CCC qui ont participé à ces travaux ont eu la déclaration commune. Non seulement ils l’ont eue, mais je leur ai même annoncé moi-même, avant qu’ils l’aient, qu’on y travaillait, comment cela se ferait et que, dès que la déclaration serait signée par la Ville et les opérateurs, ils en seraient destinataires. Ils l’ont été. Akim OURAL peut vous le confirmer. Cela fait évidemment partie des documents que nous avons partagés avec eux parce que cela nous semblait juste normal et parce que nous avions pris l’engagement avec eux de faire une réponse à la consultation de l’ANSES. Nous ne savions pas, au moment où nous avons lancé le débat citoyen, que l’ANSES lancerait une consultation. La date limite de cette consultation était le 1er juin, donc dans un délai extrêmement serré par rapport au débat citoyen qui se terminait le 27 mai. Pour autant, nous avons réussi à répondre au nom de la Ville à cette consultation. Nous y avons intégré non seulement le contenu de la déclaration commune, les points sur lesquels l’ANSES interrogeait, notamment les points sanitaires et scientifiques, mais aussi quelques autres qui nous paraissaient utiles à souligner, considérant que l’ANSES n’est pas seulement une autorité sanitaire, mais aussi une autorité qui se préoccupe des impacts environnementaux. Par conséquent, tout ce que l’on a dit, notamment sur le réemploi, le recyclage ou la multiplication des ondes, est aussi pour nous une question d’impact environnemental. Même si l’ANSES n’avait pas jugé utile de consulter là-dessus, on a pris la peine de lui répondre quand même et on a intégré y compris les premiers éléments qui sont ressortis du débat citoyen. Les citoyens ont jusqu’au 1er juillet pour produire leur avis dans le cadre du Conseil Communal de Concertation. Je rappelle que, dans la déclaration commune, donc avec l’accord de l’ensemble des signataires et en particulier des opérateurs, nous avons aussi prévu un comité de suivi qui sera au moins annuel, dans lequel il y a évidemment la Ville, probablement la MEL au regard de ses compétences, les opérateurs, les experts que nous jugerons utile de solliciter et des représentants de ce groupe de citoyens qui a participé aux débats. Les citoyens seront donc régulièrement informés des suites de cette déclaration au-delà des informations que Martine AUBRY partage ici ce soir avec le Conseil Municipal. Je pense que, comme Martine AUBRY l’a dit, on n’a pas tout obtenu de ce que l’on espérait, mais vous savez comme moi comment on conduit une négociation. Souvent, on demande plus en se disant qu’on aura juste un peu moins. C’est un peu comme cela qu’on a conduit la négociation. On a demandé 4 et on a eu 6. Nous sommes la seule autre Ville de France, à part Paris qui a eu 5, à avoir eu ce chiffre. Les autres sont toujours soumis à une autre règle qui est celle de 61 ou 64 volts – je ne sais plus –, en tout cas, dix fois plus. Nous sommes satisfaits de cette négociation parce que, dans une négociation, il faut toujours savoir faire un pas vers l’autre. Les opérateurs ont fait plus qu’un pas vers nous, ils ont même fait un grand pas et nous avons accepté d’en faire un vers eux parce qu’il nous paraissait plus important d’avoir une déclaration que de simplement allumer la 75 5G comme tous les autres l’ont fait, à part Paris qui, par ailleurs, n’a rien obtenu sur l’extinction de la 2G et de la 3G. C’est ainsi que l’on défend l’intérêt général et l’intérêt des Lillois. Madame le Maire - Voilà la réalité des faits. Les 6 volts, le travail avec les riverains, les mesures faites en permanence, l’économie circulaire, la précarité numérique ; je pense qu’on ne peut définitivement pas dire qu’on n’a rien obtenu. Parlez-en à ceux qui n’ont rien obtenu et qui ont mis en place la 5G et, à ce moment-là, on comparera. Monsieur BALY - Et le débat… (intervention hors micro, inaudible) Madame le Maire - Je ne suis pas chargée de cela au niveau métropolitain et, comme vous le savez, beaucoup de Villes au niveau métropolitain étaient contre le moratoire. Nous avons proposé à Damien CASTELAIN de montrer cela notamment à Villeneuve d’Ascq, puisque Villeneuve d’Ascq avait aussi signé un moratoire, et de négocier aussi pour pouvoir élargir ce que nous avons obtenu à l’ensemble des Villes de la métropole. Nous avons donc déjà fait ce signe vis-à-vis de la Métropole, mais je rappelle que, à la Métropole, il n’y avait pas de consensus là-dessus. Travaillons avec les Villes comme Villeneuve d’Ascq, Hem et quelques autres qui ont accepté d’avoir ce moratoire. J’ai négocié pour la Ville, je n’avais pas mandat pour les autres. Il n’empêche que nous les avons évidemment informés. Il n’y a pas de vote sur ce point. Je passe la parole à Jacques RICHIR sur la place du Maréchal Leclerc. CADRE DE VIE 21/302 Requalification de la place du Maréchal Leclerc – Appel d’offres restreint – Convention de groupement de commandes entre la Métropole Européenne de Lille et la Ville – Désignation du représentant de la Ville à la commission d’Appel d’Offres du groupement de commandes. (Projection de diapositives) Monsieur RICHIR - Nous examinons ce soir la délibération sur la requalification de la place du Maréchal Leclerc. Sur un Plan formel, il s’agit en fait d’accepter le principe d’une convention de groupement de commandes entre la Métropole Européenne de Lille et la Ville et, à la suite de cela, de lancer un appel d’offres restreint et de désigner nos représentants pour la Commission d’Appel d’Offres de ce groupement de commandes. De façon plus précise et plus sympathique à examiner, je propose de regarder rapidement cette délibération qui est en fait une délibération importante de ce mandat puisque, à la suite de ce que nous avons déjà fait avec la place de Strasbourg, elle s’inscrit dans les métamorphoses paysagères qui seront la marque de fabrique de ce mandat et 76 que nous portons en particulier avec mon collègue Stanislas DENDIEVEL et on peut aussi dire qu’elle s’inscrit complètement dans le Plan climat que nous a présenté tout à l’heure Audrey LINKENHELD. Cette place du Maréchal Leclerc est bien connue. J’ai souhaité que l’on vous projette cette photo de ce qui s’appelait jusqu’en 1952 la place de Tourcoing. Elle est très intéressante parce qu’elle montre que ce que nous allons faire est finalement un peu un retour aux origines. Si vous regardez cette place du Maréchal Leclerc, vous voyez qu’elle était piétonne dans sa partie centrale ; on s’y déplaçait à cheval, en charrette ou en calèche à 30 % de l’espace, à 20 % en trolley – c’étaient les très nombreux trolleys qui passaient également rue d’Isly et rue Colbert, c’était déjà Transpole, avec les Traminots de la rue Roland – et on s’y déplaçait à pied ou en vélo à 50 %. Aujourd’hui, c’est le contexte hérité des années 60-70 du tout automobile, puisque l’automobile représente 70 % de l’espace, pratiquement six voies de circulation plus quatre voies de stationnement. 15 % sont pour les couloirs de bus, une portion congrue est pour les piétons et les vélos se débrouillent comme ils peuvent dans les couloirs de bus. Il va de soi que cette situation n’est absolument pas satisfaisante. On a quand même bien amélioré les choses par cette belle taille en rideau des platanes, mais il est clair que c’est vers autre chose que nous allons, c’est cela dont il s’agit aujourd’hui. Les ambitions du projet – on en a évoqué un certain nombre de grandes lignes ce soir – sont les suivantes : - La première ambition est de s’inscrire dans la démarche bas carbone répondant aux enjeux bioclimatiques, en limitant les îlots de chaleur, en infiltrant également les eaux de pluie en limitant les îlots de pluie. Vous le verrez d’ailleurs prochainement lorsqu’on présentera la rue du Molinel, nous allons de plus en plus dans ces espaces vers une infiltration des eaux pluviales dans le sol, ce qui permet de rendre à la terre l’eau qui lui revient, mais également d’éviter de surcharger les réseaux d’assainissement et on voit ce qu’il en est avec les inondations que l’on a ces jours-ci. C’est important dans ce quartier car je rappelle que, même si on a fait un collecteur d’égout qui a permis d’éviter certaines inondations, ce quartier a été construit par l’assèchement des marais lorsqu’on a agrandi la Ville haussmannienne vers les villages de Wazemmes et d’Esquermes et, en fait, l’eau est encore très présente en dessous de cette partie du quartier. - La deuxième volonté est de créer un espace de proximité dans un secteur qui est très résidentiel – ce sont essentiellement beaucoup d’immeubles, très peu de maisons individuelles sauf vers la rue de la Bassée et Bigo Danel –, qui accueille de nombreux établissements scolaires et d’enseignement supérieur (plus de 30 000 étudiants, lycéens, collégiens dans ce secteur), ainsi que des commerces et services. - C’est aussi bien sûr créer et accueillir de nouvelles pratiques et activités – et Dieu sait que les riverains en sont particulièrement demandeurs – qui 77 contribuent à la vie de ce quartier, dans un cadre confortable et accessible. Ce quartier est déjà sympathique, mais il est très marqué par ce côté corridor automobile et par les 30 000 véhicules qui passent tous les jours sur cette place. - C’est réduire la place de la voiture qui occupe aujourd’hui 70 % de l’espace pour circuler et stationner. - C’est améliorer la mobilité pour tous en favorisant les mobilités douces, l’usage des transports en commun, en développant bien sûr la pratique du vélo et, on l’a vu – on aura l’occasion d’en reparler dans les mois à venir –, il y a une très forte demande des riverains de ce quartier pour améliorer la qualité et la sécurité des déplacements piétonniers puisque pratiquement 90 % des riverains de cette place nous ont dit se déplacer essentiellement à pied. On sait que c’est aussi une marque de fabrique des Lillois que de pratiquer la marche à pied puisque 70 % des déplacements des Lillois se font à pied, même si le vélo ne cesse de progresser. - C’est valoriser le patrimoine remarquable. On a de très beaux immeubles, en particulier sur la face sud, avec l’immeuble qui a été construit par Pierre SARRAZIN à l’époque et qui est un très bel immeuble de cette place du XIXe siècle. - C’est renforcer l’identité paysagère de cette place en valorisant les arbres existants et en créant au sol de nouveaux espaces de nature. Tous ces pavés autobloquants et autres ont vocation à disparaître pour être remplacés par ce qui pourra demain être certainement un très beau parc urbain, mais n’anticipons pas sur la poursuite de la concertation. Je précise d’ailleurs, pour donner une idée de sa surface – on le voit sur le slide précédent –, que la partie Plantée représente aujourd’hui environ 7 500 m², ce qui est à peu près l’équivalent de la place Ghesquière devant la mairie de quartier de Wazemmes, sur une place qui, dans sa surface, fait 11 000 m², c’est-à-dire pratiquement l’équivalent de la surface de la Grand- Place de Lille. - Enfin, dernière ambition, les arbres sont de très belle qualité, mais ils sont pratiquement de la même essence et il est clair qu’il faudra introduire au sol d’autres Plantations, d’une part pour cette végétalisation, mais aussi pour introduire plus de biodiversité. Slide 5, grâce au travail remarquable qui a été mené dans des conditions difficiles, parce que mener une participation citoyenne et une concertation en période de pandémie et de confinement n’est pas l’exercice le plus simple et les uns et les autres ont fait preuve de beaucoup d’imagination, avec les deux Conseils de quartier, avec Charlotte BRUN à Wazemmes et Stéphane LEPETIT sur Vauban-Esquermes – je précise, c’est important de le dire, que la face sud de cette place, on est à Wazemmes, la face nord on est à Vauban-Esquermes, mais il faut bien rappeler ce lien entre les deux quartiers –, bien sûr, 78 sous la responsabilité de notre collègue Sébastien DUHEM, une démarche de participation citoyenne s’est déroulée, d’une très grande qualité, puisqu’on a déjà, à ce jour, recueilli plus de 600 avis, soit sous forme numérique sur la plateforme participez.lille.fr, soit au travers des réunions dans les écoles, des ateliers de quartier, des Conseils de quartier, de la consultation d’un certain nombre d’acteurs autour de cette place. Vous avez le calendrier : - les Conseils de quartier l’ont évoquée en septembre 2020 ; - réunion de lancement avec plus d’une centaine de personnes dans les locaux de l’Icam en septembre 2020 également ; - des ateliers enfants en décembre et février ; - des questionnaires et des stands en février 2021. Vous voyez qu’il y a un tout petit coup de mou après, c’est uniquement lié au confinement ; sinon, on serait plus en avant. Des temps d’échange se produisent et nous aurons cette semaine une restitution de la première étape de concertation, dont nous réserverons la primeur, bien sûr, aux habitants qui y ont participé, qui en prendront connaissance dans le courant de cette semaine, jeudi soir. Il y aura ensuite le choix – ce soir, c’est notre délibération –, dans le cadre de ce groupement de commandes, d’une équipe de conception qui sera définitivement choisie au premier trimestre 2022, puis il y aura une exposition d’une esquisse du projet et on poursuivra des étapes de concertation, de restitution et des réunions publiques pour des travaux qui se dérouleront en 2024, et nous faisons tout pour que ce soit fini fin 2024 ou début 2025. On a un processus, c’est un peu long, mais sur un espace comme celui-là, on comprend bien que c’est compliqué, difficile, et, en même temps, on aura eu une démarche qui sera à la fois exemplaire sur le Plan environnemental, mais également exemplaire au titre de la participation. Slide 6 : le programme. Les travaux que nous allons engager sont représentés dans le rectangle orange, qui est la place du Maréchal Leclerc, sur une surface totale de 17 400 m², parce que nous traiterons également les entrées des rues : la rue Aubert, le boulevard Vauban, la rue Nationale, la rue des Frères Vaillant, la rue Henri Loyer, l’entrée de la rue Levasseur ; petite bizarrerie, cette rue Levasseur est encore une voie privée, c’est comme cela, les habitants ont un peu de mal à ce que cela rejoigne le public, mais on y arrivera bien. En revanche, on étend le périmètre d’étude sur Bigo Danel et Cormontaigne, c’est-à-dire pratiquement 3 hectares, 30 700 m², qui ne seront pas faits dans le même temps, parce qu’il faut digérer cela sur le plan budgétaire mais également sur le plan de la gêne liée aux travaux ; il est clair qu’il y aura une étape ultérieure qui aménagera Bigo Danel et la place Cormontaigne. 79 Le budget estimé n’est pas un mince budget, nous sommes autour de 4,5 M€ hors taxes, 23 % pour la part Ville, essentiellement pour les parties éclairage et surtout, bien sûr, la partie végétalisation et mobilier urbain, et 77 % pour la part MEL. En conclusion – ce sera le dernier slide –, le programme s’appuie sur les ambitions de la Ville, il résume bien l’ensemble de nos ambitions pour ce mandat, à la fois sur le Plan des mobilités, de la nature, de l’environnement au niveau bas carbone, de l’animation, de la vie des habitants, mais sur une place qui, certes, voit de nombreux habitants autour d’elle et dans les rues adjacentes, mais qui est aussi une place d’usages très larges pour l’ensemble des habitants de la Ville et de cette métropole, et nous tiendrons compte, pendant toute la période de conception de ce programme, bien sûr, de l’intérêt du patrimoine assez remarquable de cette place, des besoins de stationnement – qui devront certainement être limités, mais là, on se situe dans l’évolution actuelle –, des risques environnementaux, des usages sur l’espace public, des arbres, de la nature en Ville et des différentes Plantations et des usages dans le parc. Je peux vous dire que la belle concertation qui est déjà en route montre que sur ce projet, l’imagination est largement au pouvoir et que nous serons très heureux de l’accompagner, encore une fois, pour les habitants de Vauban-Esquermes et de Wazemmes, puisqu’il ne faut pas oublier cette dimension du quartier. Beaucoup nous ont dit également l’intérêt, par exemple, avec l’aménagement de la rue de la Tranquillité, des liens que cela permettait de faire entre cette place et le secteur de Wazemmes ; il y a là, encore une fois, des voies tout à fait prometteuses. C’est ce que je vous propose, ce soir, de voter au travers de ce groupement de commandes, cet appel d’offres restreint et la désignation des membres de cette Commission d’Appel d’Offres. Voilà, Madame le Maire, ce qui peut résumer ce projet intéressant. Madame le Maire - Puisqu’il n’y a pas d’intervention, je mets aux voix ce très beau dossier de la place du Maréchal Leclerc, compliqué, comme l’a très bien expliqué Jacques, qui a donné lieu à une grande concertation et qui va se poursuivre de la même manière. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptée. Je vous remercie. 80 PROPRETÉ 21/303 Frais d'enlèvement de dépôts sauvages - Demande de remise gracieuse - Bonne foi présumée. OCCUPATION COMMERCIALE DU DOMAINE PUBLIC ET OCCUPATION TEMPORAIRE DU DOMAINE PUBLIC 21/304 Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Exonération des droits d'occupation du domaine public pour les terrasses, étalages, food- trucks, triporteurs et friteries. RISQUES URBAINS ET TECHNOLOGIQUES 21/305 Service Commun des Carrières Souterraines - Avenant à la convention entre l'Etat et la Ville relative au programme d'actions de prévention des risques liés aux cavités (PAPRICAi). HALLES ET MARCHÉS 21/306 Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Exonération des droits de place des commerçants non-sédentaires non-alimentaires (hors fleuristes) et des commerçants de la Vieille Bourse. 21/307 Commission consultative des marchés de plein-air - Création et composition. ACTIVITÉS FORAINES 21/308 Foire aux Manèges d'été - Subvention à l'association Comité d'Animation et de Promotion de la Foire aux Manèges de Lille. Adoptées. Je vais passer aux dossiers de Marie-Christine STANIEC-WAVRANT. Je vous parlerai de la salle de consommation à moindre risque et, si vous le permettez, je partirai ensuite, laissant la place à Audrey, car, comme vous avez dû le voir, j’ai du mal à respirer, les médicaments finissent par terminer leur effet, et là, c’est un peu compliqué, mais je ne voulais pas ne pas vous parler de ce sujet avant de laisser la place à Audrey ; j’espère que vous m’en excuserez, j’en avais parlé tout à l’heure en Conseil privé. 81 Chemise 16 SANTÉ Rapporteur : Marie-Christine STANIEC-WAVRANT Adjointe au Maire 21/354 Mise en place d’une salle de consommation à moindre risque (SCMR) – Convention entre l’État, le CHU de Lille, l’association La Sauvegarde du Nord et la Ville. (Projection de PowerPoint) Madame le Maire - Ce sujet est évidemment majeur pour notre société et pour notre ville, puisqu’il concerne à la fois la sécurité et la santé publique. Cette salle de consommation à moindre risque, que je ne veux pas appeler « salle de shoot », est une salle qui permet d’avoir moins de risques pour la population, mais surtout pour ces personnes que l’on essaye bien d’amener vers, d’abord, des produits de substitution, puis vers le soin. Bien sûr, cette lutte ferme et incessante contre les trafics passe d’abord par la répression et par la sanction, nous le voyons tous les jours et nous nous battons pour cela, mais il y a d’autres moyens de lutter contre la drogue, notamment vis-à-vis des consommateurs qui sont les plus fortement accros à des drogues dures et dont ils n’arriveront jamais à se sortir seuls. Alors, faut-il les mettre en prison ? À quoi cela sert ? Faut-il ne jamais essayer de les aider, de les convaincre et surtout de les accompagner – c’est surtout cela, l’important – vers un chemin qui les ramènera à une vie normale ? Chacun a vu dans notre ville ces consommateurs accros à des drogues dures – on parle surtout de l’héroïne, voire du crack –, il y en a moins dans notre ville que dans d’autres Villes, heureusement, et on voit bien combien et comment ils sont là, errants, essayant de se trouver les moyens de se payer une dose, et combien leur santé, quand on les voit, est largement entamée par ce processus. La loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 2016 prévoit la mise en place expérimentale des salles de consommation à moindre risque, en présence, bien sûr, d’un personnel qualifié, qui permettent aux usagers de drogues de les consommer dans des conditions sanitaires encadrées, par injection ou inhalation, mais surtout de les accompagner pour essayer de sortir de ces drogues dures auxquelles ils sont accrochés. Nous avons travaillé pendant plusieurs mois avec l’ensemble des partenaires et professionnels de santé (le CHU, les CAARUD) pour trouver le bon modèle d’imPlantation et l’imPlantation idéale, car nous avons bien vu, et notamment à Paris, que le sujet, contrairement à ce que j’ai entendu récemment, n’est pas l’efficacité de ce dispositif, mais bien le lieu qui avait été choisi, qui a posé problème avec les riverains ; ce n’est pas facile, sans doute, à Paris, de trouver un lieu qui soit un peu à l’écart des riverains ; les queues très importantes, les bagarres devant la salle ont conduit à des désagréments, même si – nous y reviendrons – les effets positifs sur la santé et la sécurité ont été évidemment notés, notamment par l’Inserm. 82 Après plusieurs mois de travail avec le CHU, les CAARUD, les associations qui, tous les jours, travaillent sur ces sujets, nous avons souhaité trouver d’abord un bon modèle de fonctionnement, c’est-à-dire quel personnel qualifié (médecins, infirmières, assistants, personnels sociaux) peut accompagner ces personnes, mais aussi trouver, parce que c’était la grande difficulté, celle que Paris a vécue, le lieu adapté, c’est-à-dire un lieu qui ne soit pas loin des transports en commun pour que les personnes consommatrices puissent venir facilement et, en même temps, ne soit pas proche des riverains et ne puisse pas créer des difficultés, un lieu qui soit, en plus, suffisamment à l’écart d’une rue, d’une route, pour que s’il y avait une arrivée massive de personnes, elles puissent être retenues à l’intérieur et non pas sur la voie publique, où, on l’a vu à Paris, il y avait des bagarres, des problèmes tout à fait lourds, même si, pour le reste, cette expérience a été véritablement positive. Nous avons donc suivi strictement la loi de 2016, en dehors du travail qui a été fait pour préparer le lieu, le personnel et la façon d’agir, puisque la loi de 2016 dit clairement qu’il s’agit d’une décision du Ministre de la Santé après l’avis de l’ARS. Nous avions un avis positif de l’ARS, nous avons déposé un dossier et je m’en suis entretenue avec le Ministre de la Santé qui nous a répondu par écrit la semaine dernière qu’il était favorable à cette salle, et j’en ai échangé avec le Premier Ministre mardi dernier, qui, lui- même, m’a dit avoir demandé l’avis de la Procureure de la République et l’avis du Préfet. La force du projet lillois est le portage par les associations, qui a créé une véritable dynamique collective, donc les six CAARUD de la Ville qui ont créé un groupement de coopération sanitaire et médico-sociale pour créer cette salle, l’Agence Régionale de Santé, le CHU qui nous a beaucoup aidés, puisque, vous le verrez, le lieu que nous avons choisi est à proximité de leur Centre de lutte contre les addictologies, et donc le lien pourra se faire très fortement, et l’Établissement public de santé mentale, car on sait bien que beaucoup de ces personnes se trouvent face à de gros sujets de santé mentale et de problèmes psychiatriques, donc des partenaires institutionnels ; le Préfet a, bien évidemment, été là aussi – ses services – dans tout le travail. Finalement, comme le groupement ne peut pas juridiquement gérer la structure, il fallait choisir un d’entre eux et ils ont choisi, tous ensemble, de confier le « portage technique » de la salle à l’association La Sauvegarde, qui elle-même est gestionnaire du CAARUD Ellipse et qui travaillera avec l’ensemble des CAARUD dans le groupement qu’ils ont mis en place. Elle gérera le site, situé 57 boulevard de Metz. Dans le mur qui se situe boulevard de Metz, nous allons installer une entrée et une grille qui rentre sur un ancien parking, qui, aujourd’hui, n’existe plus et qui est juste à côté du Centre de lutte contre les addictologies du CHU dans le même lieu, et là, nous aurons l’installation provisoire, puisque nous sommes sur une expérimentation que nous montons avec le CHU et la Ville, et je vous remercie, Monsieur le Directeur général, d’y avoir beaucoup contribué. Il n’y a pas de riverain direct et, comme je l’ai dit, il n’y aura pas de queue sur la rue. Il y a, à l’arrière du site, cinq maisons et il y a, bien sûr, le lycée à côté. Nous avons concerté avec le proviseur qui a donné un avis très positif, parce qu’il voit, lui aussi, sur la place Porte des Postes et devant son lycée, les problèmes de ces consommateurs les plus en difficulté, et les riverains, quatre sur cinq, un nous a dit ne 83 pas avoir d’avis et les quatre autres nous ont dit qu’ils étaient ravis d’un tel choix. Nous pourrons aussi supprimer d’autres nuisances, par exemple les seringues jetées un peu partout, la consommation devant le public, par ce biais. Nous attendons l’agrément ; nous pensions l’avoir avec l’avis du Ministre de la Santé, mais, évidemment, le Premier Ministre a tout pouvoir de se saisir de cette question, et j’ai bien insisté auprès de lui sur le fait que de par la loi, nous devions être prêts pour le 1er octobre. Nous sommes déjà prêts, parce que nous avons analysé les travaux que nous devons faire et il faut maintenant pouvoir installer le bâtiment provisoire. Je lui ai donc redit, et après le vote de ce soir, je me permettrai de le recontacter pour lui dire que nous avons besoin d’avoir maintenant une réponse extrêmement rapide. La Ville de Lille prendra en charge les travaux de préparation du terrain sur un montant de 236 k€, si nous avons l’autorisation, qui seront ensuite remboursés par l’État, puisque le Ministère de la Santé dispose d’une enveloppe de 1 M€ et qu’il n’y a pas beaucoup, aujourd’hui, de demandes qui sont prêtes pour être en place avant le 1er octobre. Si nous arrivons à prendre en charge des consommateurs de drogues dures et à les amener vers la salle de consommation à moindre risque, si nous arrivons à ce que certains d’entre eux acceptent de passer, dans un premier temps, vers des produits de substitution avant même d’être accompagnés dans un parcours de santé, d’où la proximité du CHU qui est très importante, je pense que nous aurons allié un problème de santé publique et un problème de tranquillité et de sécurité publique, et c’est pourquoi – et je le dis – j’ai été extrêmement étonnée de l’intervention du Ministre de l’Intérieur, qui n’était d’ailleurs pas dans la boucle de la décision normalement, mais qui a toute possibilité, évidemment, de s’exprimer, qui a opposé la sécurité publique et la santé publique et qui a eu l’air de dire, d’ailleurs, qu’il fallait non pas accompagner mais combattre les consommateurs. Il faut d’abord, effectivement, combattre les dealers ; c’est ce que j’ai dit et redit à tous ses prédécesseurs, ainsi qu’à Monsieur DARMANIN. Je l’ai d’ailleurs remercié d’avoir pris en compte, et il l’a reconnu lui-même, deux de nos demandes, une sur Faubourg de Béthune, où il a mis en place des effectifs CRS et Police – juste pour dire que nous voyons moins les CRS ces derniers jours et qu’il faudra regarder ce qui se passe –, qui ont été extrêmement utiles pour limiter, au moins à Faubourg de Béthune, un certain nombre de trafics ; après, faut-il encore regarder s’ils ne s’étalent pas sur les quartiers avoisinants. J’ai aussi été heureuse de voir qu’ils ont fait une action, malheureusement uniquement un coup, à Faubourg de Béthune toujours, sur les rodéos, qui empoisonnent la vie des habitants. Là aussi, si on avait plus de Police Nationale, on pourrait agir plus vite et plus loin, mais c’est déjà une action qu’il faut saluer. Pour l’instant, nous n’avons pas gain de cause sur les policiers que nous souhaitons avoir dans la Ville. Sur les 60 policiers de 2020 qu’avait annoncés l’année dernière Monsieur DARMANIN, en fait, la ville de Lille en a eu très peu ; en fait, c’étaient 60 policiers bruts, c’est-à-dire sans compter tous ceux qui sont partis. La ville de Roubaix, et c’est normal, elle en a besoin, a été très bien servie, ainsi que la ville de Tourcoing, et il nous est resté quelques unités pour la ville de Lille. 84 De la même manière, le Ministre de l’Intérieur a annoncé qu’il y avait 74 points de deal sur les 115 de la métropole à Lille, nous l’avons découvert ainsi, nous n’avions pas ce chiffre de manière extrêmement précise, et il a proposé de nouvelles arrivées de policiers pour l’année prochaine. Je lui ai fait bien préciser que ces arrivées seraient en net et non pas en brut, parce que si l’on doit retirer tous ceux qui s’en vont ailleurs, cela n’a pas grand intérêt, et j’ai réitéré ma demande et il a reconnu lui-même devant les policiers, puisque nous étions ensemble, devant l’arrivée de 15 jeunes policiers au commissariat central, ce que disaient les syndicats de Police, c’est-à-dire qu’il manquait dans la circonscription de Lille 300 policiers. J’ai donc réitéré par un courrier le lendemain cette demande, qu’il a lui-même reconnue comme étant une nécessité. Nous n’avons pas de leçon à recevoir sur la manière de lutter ; nous luttons et nous voulons lutter encore plus. Nous embauchons actuellement 50 policiers supplémentaires, nous sommes déjà à 132 sur les 150 de cette année, nous passerons à 170 l’année prochaine. Nous sommes en train de faire les travaux du nouveau commissariat de Police. Nous mettrons un centre de surveillance urbaine au-delà des caméras de surveillance, dont je rappelle que, pour nous, elles ne doivent être mises que là où elles sont véritablement nécessaires. Je conseille au ministre de lire le rapport de l’Inserm quand même, parce que quand on l’entend dire que cela n’a apporté aucun élément sur la santé publique et que cela a même accru les problèmes d’insécurité et de tranquillité des habitants, c’est vraiment avoir une vue un peu extérieure car, effectivement, je l’ai dit, il y a eu des problèmes avec les riverains, nous n’en aurons pas ici. En revanche, l’Inserm est très clair j’ai lu l’entièreté de son rapport, pour dire que les usagers de cette salle, d’abord, déclarent des pratiques à risque d’infection beaucoup moins fréquentes – je pense au VIH, au virus de l’hépatite C –, ont beaucoup moins de risques d’avoir une overdose, d’aller aux urgences et aussi de s’injecter sur la voie publique, de laisser traîner des seringues ou de commettre des délits. Ce rapport indique que dans le périmètre proche de la SCMR de Paris, on observe une diminution significative des seringues, leur nombre ayant été divisé par trois depuis l’ouverture de la salle ; je ne prends que cet exemple, mais je pense aussi à tous ceux à l’intérieur de cette salle qui ont pu être conduits vers une drogue de substitution ou vers un parcours de santé, et c’est vraiment là aussi notre rôle que d’accompagner ces personnes. Nous attendons, je l’espère d’un jour à l’autre, une décision du Premier Ministre. Je pense que tout est prêt grâce à l’implication de tous, de toutes les associations, du CHU, de la Préfecture, de l’ARS, de nous-mêmes, pour pouvoir commencer le 1er octobre. Cette délibération, aujourd’hui, propose à la fois de me donner la possibilité de déposer le dossier, ce que nous avons fait il y a quelques jours, mais aussi, par la suite, puisque ce dossier devait être complet pour pouvoir éventuellement donner lieu à une position positive, pouvoir mettre en place ce que nous vous proposons aujourd’hui. Je passe la parole à Stéphanie BOCQUET, puis à Stéphane BALY, ou dans l’autre sens, comme vous voulez. Stéphanie BOCQUET. 85 Madame BOCQUET - Madame le Maire, chers collègues, Mesdames, Messieurs, le groupe Lille Verte se félicite de voir cette délibération visant l’installation d’une salle de consommation à moindre risque dans notre Ville. Madame le Maire, nous vous interpellions par courrier en janvier sur la nécessité de ce dispositif. Cette interpellation a été entendue et le travail avec les différents acteurs, dont l’ensemble des CAARUD, a été mené de façon à ce que ce projet puisse se réaliser. Nous voterons bien évidemment cette délibération, avec, cependant, la vigilance suivante : comme tout équipement, comme tout aménagement s’intégrant dans nos quartiers, l’enjeu de la concertation reste primordial et cet enjeu n’apparaît pas dans la délibération qui nous est présentée. Or, vous le savez, les autres expérimentations françaises montrent l’importance d’expliquer et d’échanger pour s’assurer au mieux de l’acceptabilité sociale d’une salle de consommation. Madame le Maire, comme nous l’avions précisé dans notre courrier, nous vous proposons de mettre en place un comité de voisinage, favorisant la discussion et les échanges entre tous les acteurs concernés, comité de voisinage qui permettra de répondre aux questions et préoccupations de tous et aux inquiétudes des riverains. Enfin, je ne reviendrai pas sur les propos du Ministre de l’Intérieur, qui intervient bien tardivement sur ce sujet, et, surtout, qui se trompe de combat, vous l’avez dit. Une fois de plus, le Ministre de l’Intérieur pose la question de la drogue uniquement du côté sécuritaire, en déclarant la guerre aux usagers de drogues, ce qui n’est pas la solution, bien sûr. Ne pas faire entrer ce dispositif dans le droit commun en 2022, surtout par électoralisme, relèverait de l’absence totale de bon sens en matière de santé publique et de sécurité, au vu du bilan favorable de 350 pages qu’en tire l’Inserm. Je vous remercie. Madame le Maire - Madame BOCQUET, nous avons vu les riverains – je l’ai dit tout à l’heure –, ainsi que le lycée Montebello, nous avons prévu un comité de pilotage dans lequel nous intégrerons, s’ils l’acceptent, l’un ou les deux, en tout cas le lycée Montebello, la Procureure m’a confirmé qu’un magistrat serait présent, la Police sera présente, bien évidemment, et l’ensemble du monde de la santé, le CHU, et le groupement des CAARUD. Nous ne parlons pas là de ce comité de pilotage, parce que ce n’était pas un des éléments du dépôt du dossier, mais c’est bien ce que nous avons prévu avec l’ensemble des éléments, et Marie-Christine STANIEC-WAVRANT pilotera évidemment cet élément avec l’ensemble des structures dont j’ai parlé. Elle est là, je lui donne la parole. Madame STANIEC-WAVRANT - Pour compléter ce que vous avez évoqué, nous avons rencontré les Conseils de quartier avec Estelle RODES et Charlotte BRUN. Le Conseil de quartier du Faubourg de Béthune et le Conseil de quartier de Wazemmes ont, 86 bien évidemment, été informés et nous avons recueilli leur avis pour être dans cette démarche, après avoir rencontré, avec Charlotte, les riverains et la proviseure du lycée Montebello. Le comité de pilotage institutionnel sera mis en place mais, vous l’avez rappelé, on ne peut pas le mettre en place avant d’avoir un premier avis, ainsi que le comité de suivi avec les habitants, bien évidemment, mais, là aussi, une fois que nous aurons un avis sur le sujet. Madame le Maire - Vous avez bien fait de confirmer – j’avais oublié de le dire – que les Conseils de quartier ont été saisis. J’ajoute que j’ai vu un sondage il y a 10 jours qui montre que les Français, aujourd’hui, sont devenus majoritairement favorables, parce qu’ils ont compris qu’on n’aiderait pas ces personnes et que l’on ne nous aiderait pas nous-mêmes en termes de sécurité ou de tranquillité publique si l’on n’est pas capable de les accompagner en matière de santé. Comme vous, j’espère qu’après cette expérimentation, il y aura une loi qui rendra possible, parce qu’aujourd’hui, vous voyez comme on est obligé d’attendre des avis, puisque c’est la loi de 2016. J’espère que le Premier Ministre nous entendra et comprendra quelle est notre logique, qui n’oppose en aucun cas tranquillité et sécurité publique et santé publique, mais qui essaye de lier les deux. Je mets aux voix cette délibération… (Demande d’intervention de Monsieur CHARLES) Pardon, excusez-moi, je n’avais pas vu votre main, j’ai pourtant regardé. Allez-y, Monsieur CHARLES. Monsieur CHARLES - J’avais demandé cette intervention lors du conseil privé… Madame le Maire - Xavier BONNET vous cache, voilà le sujet. Monsieur CHARLES - Xavier, tu me caches, ce n’est pas bien. Madame le Maire - Oui, ce n’est pas bien… Monsieur CHARLES - Madame le Maire, chers collègues, Premièrement, en propos liminaire, ce n’est peut-être pas la première fois, je ne sais pas si c’est bien ou pas bien d’avoir des positions ministérielles différentes sur un dossier ; je ne ferai pas quelques rappels ici, mais ce n’est pas la première fois. Deuxièmement, je veux quand même dire que poser la question de la sécurité autour d’un tel centre – et je viendrai dans quelques instants sur notre position sur le centre – est tout à fait légitime. Je sais bien que l’attaque est la meilleure défense, mais je veux aussi dire – cela ne veut pas dire que je suis en accord avec les propos et avec cette approche, mais cette approche existe – que dans notre société, il y a des approches plus répressives et des approches plus préventives. Vous qui, depuis plusieurs mandats, 87 d’une façon constante, rappelez les insuffisances de forces de Police Nationale dans cette Ville, je pense que le présent Ministre de l’Intérieur, si c’est encore insuffisant, a fait des efforts significatifs importants, et donc je le souligne ; je suis plutôt, en général, pour essayer de souligner et de prendre en compte le verre à moitié plein et non le verre à moitié vide. Je reviens sur le dossier. Nul n’ignore que Lille est, malheureusement, devenue une plaque tournante du trafic de stupéfiants ; nos débats récurrents, les statistiques du Ministère de l’Intérieur, les faits divers quotidiennement relatés par la presse locale l’attestent tristement. Nul ne peut non plus ignorer l’explosion ces dernières années de la vente et de la consommation de drogue à Lille, l’explosion de la consommation de crack, qui renforce et transforme l’accompagnement nécessaire. Mais derrière ces chiffres, ce sont d’abord des femmes, des hommes, des jeunes, des familles, des enfants en grande souffrance intime et souvent en grande précarité. La drogue est d’abord un problème de condition humaine, de mal de vivre et d’exclusion, nous devons donc y apporter des réponses en matière de prévention, d’éducation, comme d’accompagnement psychosocial et médical des personnes. « Aucune substance n’enlève à l’homme son humanité », comme le disait Jean-Luc ROMERO à Lille le 23 novembre 2012 à l’occasion d’un colloque d’addictologie organisé par la Sauvegarde du Nord. La drogue, ce sont aussi des troubles psychiques, des maladies chroniques, des possibles transmissions d’hépatite C, de VIH, des overdoses, des suicides. Nous devons donc y apporter aussi des réponses de santé publique. Enfin, la drogue, c’est de l’insécurité, des troubles, des violences dans l’espace public, de la délinquance, des crimes. Nous devons donc également y apporter des réponses en matière de sécurité. Les salles de consommation à moindre risque constituent un des outils de réduction des risques fondé sur cette triple exigence sociale, sanitaire et de sécurité publique que nous impose le combat contre les addictions aux drogues dites dures. Nombre d’études en Europe et dans le monde, où les SCMR existent parfois depuis des décennies, en ont démontré les impacts positifs, tant pour les individus que pour la collectivité, mais je ne peux que m’étonner qu’il faille attendre 2021 pour que se pose la participation de Lille à cette expérimentation ouverte par la loi depuis plus de quatre ans. Paris et Strasbourg ont saisi cette opportunité dès 2016, avec peut-être un peu plus de courage, et plus de 90 villes dans le monde avant nous. D’autant plus étonnant qu’il y a presque 10 ans déjà, une de vos conseillères Municipales, Marielle RENGOT, avait conclu aux côtés de Jean-Luc ROMERO ce même colloque évoqué en début de mon intervention. Elle y avait alors évoqué que la Ville attendait que les textes ouvrent l’expérimentation pour s’y engager. Les associations, les 88 professionnels de santé, toutes celles et ceux qui œuvrent chaque jour contre ce fléau sont mobilisés. Le Ministère de la Santé a officialisé vendredi 4 juin 2021 son souhait d’autoriser durablement l’existence de ces salles de consommation à moindre risque. Le Ministère souhaite pérenniser ces dispositifs dans le droit commun, afin de laisser la possibilité aux communes d’ouvrir de nouvelles salles. Le cadre dérogatoire qui permet aux deux structures expérimentées à Paris et Strasbourg depuis 2016 prend en effet fin en 2022 et une pérennisation nécessitera de les inscrire dans la loi avant la fin de l’actuel mandat présidentiel d’Emmanuel MACRON. Si nous avons eu le débat au sein de notre groupe, parce que, partout, ce débat existe, et vous avez pris du temps pour expliquer les motivations de cette expérimentation, cela veut dire qu’il y a débat. Si nous sommes plusieurs à être favorables à l’expérimentation d’une SCMR à Lille, nous regrettons la méthode avec laquelle cela a été mené. Comme souvent, vous prenez des décisions en catimini, certes en relation avec les professionnels, avec les associations, mais les Lillois et les Lilloises apprennent un beau matin dans la presse que vous avez choisi d’implanter cette SCMR à Faubourg de Béthune, le cinquième quartier le plus pauvre de France, dans la partie de ce quartier – puisqu’il y a trois parties globalement dans ce quartier – la plus en difficulté même s’il y a de très beaux projets. Le boulevard de Metz, Madame le Maire, pour y passer tous les jours, puisque j’habite le Faubourg de Béthune, et pour bien connaître ce quartier, là où vous allez implanter, bien sûr, vous avez évoqué cinq riverains, bien sûr, vous avez évoqué l’avis positif de quatre d’entre eux, bien sûr, vous avez évoqué le contact avec la proviseure d’un des plus grands établissements scolaires de cette Ville, plus de 1 700 élèves, mais quand vous connaissez le boulevard de Metz, quand vous connaissez la proximité avec ces immeubles de logements sociaux, avec cette présence très dense d’immeubles et très dense de dealers, de consommateurs, on peut s’interroger ; je ne dis pas que la réponse aurait été négative, mais on peut s’interroger, et la question, à l’heure de la concertation, y compris avec les riverains, mais plus que les cinq riverains, avec ceux qui vivent au quotidien depuis des années au Faubourg de Béthune, aurait dû se poser, parce que comme cela a été dit tout à l’heure par ma collègue, la question de la concertation, de la prise en compte, de l’acceptabilité ou pas de cette question par les populations qui y vivent au quotidien, est une des conditions de réussite d’une telle expérimentation ! Certes, c’est à côté d’un CSAPA (centre de traitement des addictions) – et j’ai bien compris qu’il y avait des questions juridiques –, à côté d’un CAARUD (Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues), mais vous auriez pu peut-être, parce que se posait la question, comme le choix a été fait à Strasbourg, d’un lieu plus isolé, permettant, d’ailleurs, grâce à cet isolement… Madame le Maire - Vous êtes à près de 9 minutes ; s’il vous plaît, vous pouvez peut-être conclure. 89 Monsieur CHARLES - Je vais conclure, Madame le Maire, mais je crois que c’est un dossier suffisamment important. Vous auriez pu aussi mettre au débat cette question du lieu d’implantation, de regarder s’il n’y avait pas d’autre lieu d’implantation possible, permettant, comme à Strasbourg, des projets plus sanitaires autour d’un tel centre. C’est pour cela et uniquement pour cela, pour ces questions d’acceptabilité, de concertation, que nous avons décidé, aux termes d’un débat interne à notre groupe, de nous abstenir sur ce dossier. (Fin de l’intervention de Monsieur CHARLES hors micro, inaudible) Madame le Maire - Cela va, on a dépassé les 9 minutes. Il n’est pas prévu non plus de parler 9 minutes quand on en a 5, je le dis franchement, et je comprends que pour Faire Respirer Lille, c’est compliqué : on ne veut pas se mettre mal avec Monsieur DARMANIN, il est d’ici, il est de chez nous, il vient d’être élu conseiller départemental, il vous a soutenus, mais en même temps, on est très pour, mais en même temps, ce n’était pas le bon endroit. D’abord, je vous répondrai sur « on ne l’a pas fait avant » que je n’irai pas dans le concours ce soir de qui n’a pas fait son boulot et qui l’a fait, je sais que nous nous sommes saisis de cette question, nous en avons d’ailleurs parlé au Conseil Municipal il y a deux ou trois Conseils, où nous avons informé de tout le travail que nous faisions, donc ne dites pas que l’Opposition, sauf si vous n’aviez pas entendu, n’a pas été écoutée sur ce que nous faisions. Ce n’est pas avec nous que nous devons travailler ; nous avons mis autour de la table ceux qui savent : le CHU, l’ARS, les CAARUD, la Préfecture, le Procureur, la Police, et c’est avec eux que nous avons construit ce projet, c’est un vrai projet de co-construction. Vous soutenez Monsieur DARMANIN ; bien sûr, il a le droit d’avoir son avis, mais son avis est dur, il dit sa « ferme opposition, la drogue ne doit pas être accompagnée mais combattue ». Non, on ne veut pas l’accompagner, on veut accompagner des gens qui sont dans la grande difficulté, mais on veut surtout la combattre et on attend les 300 fonctionnaires qu’il a lui-même reconnus comme manquants. J’ai dit tout à l’heure les apports qu’on avait eus, je l’ai dit, je l’ai reconnu, tout en disant que les CRS, on les voit de moins en moins, et que les rodéos, c’était une fois, mais j’ai quand même dit que c’était bien ; je ne fais pas comme vous, je dis quand des choses bien sont faites. Mais on attend quand même le reste qui est demandé et qu’il a reconnu lui-même. Il a le droit d’avoir son avis, tout homme politique a le droit, et l’opposition entre les ministres n’est pas ce qui me choque, je vois qu’actuellement, cela arrive assez souvent dans le Gouvernement, mais ce n’est pas le sujet ; sur des sujets comme cela, on a le droit de ne pas avoir d’avis, sauf que la loi, aujourd’hui, c’est le Ministre de la Santé et nous avons rempli ; après, le Premier Ministre s’en saisit, c’est très bien, il y aura peut- être un débat qui permettra de préparer une loi qui rendra cette possibilité permanente. 90 Comme je l’ai dit, Monsieur DARMANIN ne parle que de Paris, où il y a eu effectivement des réactions des riverains, à juste titre, vu le positionnement de ce centre, mais si je regarde Strasbourg, qui, comme nous, s’est mis dans l’enceinte de l’hôpital civil, c’est-à-dire dans une enceinte et pas sur le bord d’une rue… D’abord, c’est sur Wazemmes, pas sur Faubourg de Béthune, même si l’entrée sera boulevard de Metz. Personne ne sera dans la rue en train de faire la queue comme cela a eu lieu à Paris, ce sera comme à Strasbourg, et là, vous pouvez regarder, il n’y a jamais eu une critique sur cette salle, et l’Inserm fait part des effets sur la santé publique qui sont bien. Qu’aurait-il fallu faire de plus en termes de concertation ? Encore une fois, on peut tout concerter, mais à un moment, il faut écouter les professionnels ; vous comme moi, nous ne savons pas ce qu’il faut faire, nous avons l’intuition, et vous l’avez dit vous- même, que cela va apporter un élément majeur pour des gens qui souffrent, aussi bien dans leur mental que dans leur santé physique. Nous avons essayé de trouver tous les moyens pour que ce soit fait dans les meilleures conditions pour que cela ne pose pas de problème de tranquillité publique ou de santé aux riverains et qu’au contraire, cela limite peut-être les vols, les bagarres, les seringues qui traînent. Comme Marie-Christine l’a rappelé, les Conseils de quartier ont été informés et ont donné un avis… Madame STANIEC-WAVRANT - Favorable. Madame le Maire - … favorable, les riverains aussi. Que voulez-vous d’autre, si ce n’est critiquer pour critiquer ? Encore une fois, je vous comprends, ce n’est pas facile d’être Faire Respirer Lille aujourd’hui, surtout sur cette question. J’attends sereinement la décision du Premier Ministre, qui a toujours le droit de se saisir d’une question, même lorsqu’elle relève d’un Ministre, donc attendons, et je me réjouis que je puisse lui dire dès demain qu’à l’unanimité, le Conseil Municipal de Lille a voté pour cette salle. Je mets aux voix cette délibération. Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Lille Verte) Vous vous abstenez, finalement ? Madame SPILLEBOUT - Oui. Madame le Maire - Pardon, j’avais compris que vous votiez pour. Ah oui, donc c’est vraiment très compliqué pour vous ! Madame SPILLEBOUT - Nous nous abstenons. 91 Adoptée, le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. (Martin DAVID-BROCHEN et Marie-Christine STANIEC-WAVRANT ne prennent pas part au vote.) Madame le Maire.- Vous vous abstenez, très bien, donc je lui dirai que vous vous êtes abstenus, bien évidemment, en soutenant Monsieur DARMANIN. Je ferai un truc circonstancié… Monsieur CHARLES (hors micro) - Vous n’avez vraiment pas le sens de la nuance, Madame le Maire, mais cela ne m’étonne pas. Madame le Maire - Vous ne voyez pas que je rigole ? Vous vous mettez en colère, au lieu de prendre les choses… Monsieur CHARLES (hors micro) - Vous ne faites qu’insulter les élus de l’Opposition ! Madame le Maire - Parce que vous pensez que dans les discours que vous tenez, vous ne nous insultez pas, nous qui travaillons 18 heures sur 24 pour les Lillois ? Vous pensez que vous pouvez tout dire y compris des contre-vérités, et que nous devons être là en disant : « Merci, Monsieur, de nous avoir dit cela », même quand ce n’est pas vrai ? Encore une fois, ce n’est pas facile pour vous, nous le comprenons, nous sommes même en train de vous dire que nous comprenons que ce n’est pas facile, donc nous sommes gentils, quand même… (Intervention inaudible de Monsieur CHARLES) Madame le Maire - Je pourrais vous renvoyer la pareille ! Nous allons maintenant passer à un dossier très important que va nous présenter Marie-Christine STANIEC-WAVRANT : le Plan de prévention de santé des femmes, qui a été travaillé largement avec Claire MOUNIER-VEHIER, mais qui, bien évidemment, ayant une fondation, Agir pour le cœur des femmes, ne peut pas présenter aujourd’hui ce dossier. Je voudrais, devant chacun, la remercier de l’immense travail qu’elle a fait avec Marie-Christine et avec les services, dont Marie-Christine va vous parler tout de suite. 21/353 Plan de prévention de la santé des femmes. (Projection de diapositives) Madame STANIEC-WAVRANT.- Madame le Maire, La Ville développe des actions de prévention santé en direct, en finançant des associations, en développant des partenariats. L’objectif est de favoriser l’accès à la santé, le parcours de soins pour les plus fragiles, en impliquant les habitants et en fédérant les acteurs. 92 Des études existent depuis quelques années sur un sujet particulier, celui de la santé des femmes (étude de Santé publique France - Inserm par exemple). Ces études ont mis en évidence que les femmes, et particulièrement les plus précaires, ne pensent pas que prendre soin d’elles soit une nécessité. Leurs priorités sont les enfants, les parents, mais pas elles-mêmes. C’est ainsi que, aujourd’hui, 200 femmes par jour décèdent en France. Les premières causes de mortalité sont l’infarctus et l’AVC, notamment chez les femmes de 45 à 55 ans. On constate six fois plus de mortalité pour risque cardiovasculaire que du cancer du sein. Par ailleurs, une femme décède tous les trois jours entre la grossesse et l’accouchement et particulièrement chez les femmes en situation de précarité. C’est la première cause de mortalité évitable chez la femme. Enfin, les études durant le Covid montrent le gros retard de prise en charge des femmes pour les problèmes d’hypertension, de cardiologie, de cancer, de gynécologie et de pneumologie. L’obésité s’est aussi aggravée chez les femmes, celle-ci augmentant le risque cardiovasculaire. Chez les étudiantes, le manque de financement et le stress ont aggravé de façon importante leur état de santé. Si l’on développe la prévention, huit cas sur dix accidents seront évitables. Il est donc important de travailler sur les trois temps, avant, pendant et après. Je parle ici bien évidemment au nom de Claire qui a été l’experte sur ces données. Depuis septembre, Claire MOUNIER-VEHIER travaille sur ces sujets. Des rencontres ont eu lieu avec les ambassadrices santé, avec les responsables de pôles ressources. Elle a mis en place des conférences visio avec le personnel Municipal, mais également avec le grand public, qui ont parfois réuni plus de 500 personnes. Le sujet étonne, la question de la santé des femmes sur la cardiologie étonne, mais, à chaque fois, les interlocuteurs se disent mobilisés pour travailler sur ces sujets. Nos objectifs sont les suivants : - agir sur nos comportements de santé, accompagner les plus précaires, les plus vulnérables et également travailler sur le dépistage et l’accès aux soins de qualité pour tous, - redonner l’envie de bien se soigner, redonner confiance, - redonner l’envie de bouger en intégrant l’activité physique dans son quotidien, - continuer à créer un écosystème d’acteurs vertueux et solidaires. Les trois axes d’une santé positive, inclusive et bienveillante sont nécessaires pour un accès à la prévention aux soins pour toutes et tous : - alerter et informer, - anticiper et dépister, 93 - accompagner et agir en soignant : retour dans un parcours de soins, éduquer - motiver - lutter contre les addictions et, surtout, une vigilance pour les plus précaires. Claire a souhaité développer un certain nombre d’actions : - information sur les spécificités du risque cardiovasculaire de la femme aux trois phases clés du cycle hormonal, - formation de l’écosystème d’acteurs solidaires aux spécificités du risque cardio-gynécologique. - travailler sur le dépistage des femmes précaires, développer des dépistages, notamment avec le partenaire qu’est l’institut Pasteur, développer les partenariats avec la CPAM ou la Mutualité française, délocaliser les actions dans les quartiers. Une de ces actions particulières que nous souhaitons mettre en place, portée par Claire, est notamment le bus. L’idée est de mettre en place une opération particulière que l’on appellera « le bus du cœur ». Cette opération est extrêmement importante, elle devrait démarrer le 29 avec le lancement de cette opération à Lille. Claire a porté ce travail avec les services municipaux qui ont travaillé à un protocole qui va pouvoir être développé dans cinq autres Villes en France. Cela est extrêmement intéressant parce que Lille est la Ville qui crée ce bus du cœur à l’échelle nationale. Claire a travaillé pour trouver des financements. Elle a trouvé de nombreux sponsors, ce qui va permettre effectivement à ce bus de fonctionner sur trois jours dans la Ville, mais également à l’échelle nationale. Pour Claire, ce bus n’est pas simplement un bus, ce sont aussi des stands qui vont permettre de faire des dépistages au niveau de l’alcoologie ou de parler différemment de la santé des femmes. Ce n’est pas une opération ponctuelle trois jours dans la Ville, mais c’est bien un moment particulier pour mettre en évidence la question de la santé des femmes dans l’action qu’elle va développer et qu’elle a déjà commencé à développer depuis le début de son mandat. Je me permets d’insister un peu, mais je trouve que c’est quand même intéressant. En effet, aujourd’hui, la Ville de Lille a la vice-présidence du réseau Villes santé OMS et, dans ce cadre, cette action est considérée comme étant intelligente et le fait que des Villes comme Marseille, Saint-Étienne, Avignon, La Rochelle sont dans la première phase de ce partenariat, montre l’intérêt qu’il y a à parler de ce sujet à l’échelle nationale, mais aussi chez nous à l’échelle locale avec un plan d’action annuel. Bien évidemment, cette action aura lieu les 29, 30 septembre et 1er octobre, mais elle va être poursuivie par des journées de sensibilisation pour les agents de la Ville sur les risques cardiovasculaires, sur le développement des ambassadrices santé pour qu’elles aient une formation particulière sur ce sujet. Il y aura bien évidemment des Plans d’action particuliers avec la CPAM de Lille-Douai sur ces sujets pour développer le travail 94 sur les problèmes cardiovasculaires, mais également sur les cancers féminins notamment. Voilà ce sur quoi il me semblait important d’insister. Je rappelle que je le fais avec le Service Santé qui a travaillé et qui s’est beaucoup impliqué dans ce travail aux côtés de Claire MOUNIER-VEHIER qui est porteur de ces sujets. Madame le Maire - Merci beaucoup, Madame STANIEC-WAVRANT, et merci à Claire. Je passe la parole à Jacques RICHIR. Monsieur RICHIR - Merci, Madame le Maire. Je pense que nous voterons tous avec enthousiasme ce plan de prévention pour la santé des femmes qui nous est proposé ce soir. Il faut saluer le travail remarquable qu’a mené Claire MOUNIER-VEHIER en cofondant l’association Agir pour le cœur des femmes, mais également toute cette démarche qui est proposée. On voit bien que, fin septembre à Lille, on aura un peu le prototype de ce qui va se faire et de ce bus qui va ensuite tourner mais, au-delà du bus, c’est une véritable démarche pour dépister tout un ensemble d’éléments de précarité. Je pense également qu’il nous faut, avec mes collègues élus présidents de quartier et ceux qui sont élus thématiques au logement, à l’action sociale et à l’emploi, pousser un petit « coup de gueule » contre la montée de la précarité que nous connaissons actuellement. Il faut bien sûr ce travail de dépistage des problèmes de précarité, mais il faut aussi endiguer les causes de cette précarité. Or nous constatons aujourd’hui qu’elle est en train de progresser de façon extrêmement importante dans notre pays. L’année 2020 a montré que, avec cette épidémie de Covid, les personnes les plus précaires étaient souvent les plus touchées, que, dans les quartiers les plus en difficulté, on avait les progressions d’épidémie les plus importantes et que l’ensemble des facteurs négatifs s’accumulaient. On a beaucoup parlé aussi de ce que j’appellerai les travailleurs du Covid, en particulier les travailleurs précaires, les travailleurs fragiles, ceux qui ont des métiers pénibles. On sait que c’est parmi ces publics qu’on trouve le plus de personnes présentant ces facteurs de risques liés à la précarité elle-même. Or je pense qu’il n’y a pas de fatalité. On se rend compte que, dans les milieux des personnes qui vivent ces précarités, les parcours de soins sont beaucoup plus difficiles à réaliser, cela a été très bien explicité par Marie-Christine. Je crois qu’il faut dénoncer un certain nombre d’obstacles dans l’accès aux soins qui persistent aujourd’hui. Elle est loin l’époque, Madame le Maire, où, en tant que ministre, par la loi du 27 juillet 1999 portant création d’une couverture maladie universelle et d’une couverture maladie universelle complémentaire, vous permettiez de franchir ce pas qui faisait qu’on 95 n’avait plus besoin d’aller réclamer son bon jaune au bureau d’aide sociale pour se faire soigner et que l’on pouvait inscrire ce droit qui, de plus, a pu être ensuite repris directement par la carte Vitale. Une étape importante aurait été possible puisque Marisol TOURAINE avait prévu en particulier le tiers-payant généralisé qui aurait permis d’étendre plus facilement cet accès aux soins. Or Agnès BUZYN a rayé d’un trait de plume la mise en place de ce tiers-payant généralisé ; elle avait promis un dispositif qui devait le remplacer, nous l’attendons toujours. On voit à quel point c’est aussi un obstacle. La précarité aujourd’hui, ce sont aussi les problèmes de la démographie médicale. On parle beaucoup des déserts sanitaires ruraux. Aujourd’hui, dans notre métropole, dans les quartiers populaires, dans les grands ensembles, lorsqu’un médecin prend sa retraite, il n’y a pratiquement personne pour le remplacer. Les déserts médicaux qui sont en train de s’installer n’existent pas que dans la Thiérache ou dans le Valenciennois, mais également dans un certain nombre de quartiers de nos métropoles. C’est inquiétant puisque, bien souvent, le médecin généraliste est le premier recours pour les soins et en particulier pour relayer toutes ces actions de dépistage ô combien importantes. Malgré les efforts menés par un certain nombre de professionnels de santé au travers des communautés professionnelles territoriales de santé, il y a là un véritable sujet d’inquiétude. L’autre point de précarité que je voudrais souligner, c’est la précarité numérique. Vous l’avez très bien dit, Madame le Maire, tout à l’heure dans vos propos sur le niveau de la 5G. On nous présente aujourd’hui à juste titre l’usage du numérique comme l’alpha et l’oméga du progrès en matière de santé. C’est la télémédecine, ce sont les smartphones, les applications TousAntiCovid, les QR codes, etc. Bravo et il faut le faire. Vous me permettrez de rappeler qu’aujourd’hui – j’ai regardé le chiffre hier –, 20 % des Français n’ont pas de smartphone, 10 % des Français utilisent des cartes de téléphone prépayées, ce qui veut dire que, pour un certain nombre d’entre eux, le 25 du mois, il n’y a plus d’argent sur la carte du téléphone pour appeler jusqu’au versement des allocations familiales et ils n’ont donc pas accès à ces soins. Aujourd’hui, Doctolib par exemple, qui se généralise partout, est un outil formidable mais c’est aussi un outil de fracture numérique qui montre bien qu’il faut maintenir et développer dans les quartiers d’autres possibilités d’accéder aux soins que par l’outil numérique. On a l’air de s’éloigner un peu du sujet, mais pas du tout. Je pense que, si on veut faire reculer cette précarité, il faut – comme Marie-Christine nous l’a proposé tout à l’heure et comme Claire MOUNIER-VEHIER le montre très bien – mettre en place les démarches de prévention et de dépistage extrêmement efficaces, mais il faut aussi s’attaquer en même temps à l’ensemble de ces sujets. Notre système français était l’un des meilleurs, il est aujourd’hui en train de se dégrader faute d’avoir maintenu les effectifs et les services suffisants. On l’a vu, lorsqu’il a fallu déplacer tous les anesthésistes des services de chirurgie pour les emmener dans les services de réanimation, on a dû déprogrammer de la chirurgie. Nous voyons arriver actuellement dans les hôpitaux des patients à des stades beaucoup plus évolués, à des stades tardifs et en particulier pour le dépistage et la prise en charge d’un certain nombre 96 de cancers – on évoquait tout à l’heure les cancers gynécologiques. C’est une réalité très concrète qui montre qu’il faut mener ce combat contre la précarité sur tous les fronts. Je terminerai sur un dernier point qui me paraît tout à fait essentiel et je sais que Claire MOUNIER-VEHIER assure actuellement des formations extrêmement intéressantes d’ambassadeurs et d’ambassadrices santé. C’est très important car on se rend compte que, sur cette thématique aujourd’hui – et c’est un des points majeurs du projet qui nous est présenté et qui fait qu’on a plaisir ce soir à le soutenir –, on ne peut pas lutter contre cela sans le faire avec les personnes elles-mêmes. On ne fait pas « pour » les personnes, on fait « avec et par » elles-mêmes. Je pense que la démarche des ambassadeurs et ambassadrices de santé qui est proposée est extrêmement féconde et que, grâce à ce projet à Lille, nous serons en mesure, au travers l’ensemble des quartiers, de développer un véritable réseau d’ambassadeurs santé. On en a souvent parlé, Madame le Maire, avec vous-même et avec ma collègue Anne GOFFARD. On sait par exemple que, pour aller chercher le dernier noyau dur pour la vaccination – je mets de côté les 3 % à 5 % de complotistes ; en toutes matières, il y a toujours des complotistes, c’est ainsi, il y a probablement un taux incompressible –, pour aller chercher ce qui nous permettra demain d’aller vers les 85 % ou 90 % de vaccinés, il faudra s’appuyer sur les habitants et sur ce réseau des ambassadeurs santé. En ce sens, ce dossier ce soir est tout à fait remarquable dans ce qu’il nous présente, il est très inspirant et il nous montre la voie à suivre. Nous serons donc très heureux, derrière Marie-Christine, derrière Claire MOUNIER-VEHIER, derrière vous, Madame le Maire, de suivre cette marche. Merci. Madame le Maire - Merci à Jacques qui nous a apporté le témoignage réel de ce qu’il vit comme médecin de proximité. Sans doute se rappelle-t-il aussi, lorsqu’il était président du Conseil de quartier de Lille-Sud, que Claire MOUNIER-VEHIER qui n’était pas encore dans notre équipe était justement venue parler de la santé des femmes. Des centaines de femmes étaient là et faisaient ensuite la queue pour prendre des rendez- vous pour aller faire des bilans à l’hôpital. Claire me racontait il y a quelques jours ses rencontres avec les médiatrices de santé qui ont d’ailleurs chacune amené des copines qui voulaient elles aussi devenir médiatrices de santé et qu’elle est en train de former aujourd’hui. C’est donc tout à fait essentiel pour notre Ville. Je rappelle que la santé ne relève pas directement de nous, cela relève de l’État et du Département, mais rien ne nous empêche d’avancer. Nous avons souhaité réellement faire ce travail dans l’esprit qui a été présenté par Marie-Christine STANIEC- WAVRANT et par Jacques RICHIR. Je dois dire que je suis très heureuse que le bus du cœur vienne d’abord à Lille. Il ira ensuite à Saint-Étienne, Marseille, La Rochelle et Avignon. Ce sont les quatre premières Villes, mais cela doit pouvoir se développer. Le sujet est tellement important que Claire MOUNIER-VEHIER a obtenu beaucoup d’aides et de mécénats qui permettent de financer cette opération qui est essentielle pour les Françaises, au-delà des Lilloises. 97 Je mets aux voix cette délibération. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptée. (Claire MOUNIER-VEHIER ne prend pas part au vote.) Je vous en remercie. Je pense que Marie-Christine pourra nous apporter peu à peu les bilans, notamment sur le passage du bus à la rentrée. SANTÉ 21/352 Soutien aux organismes de santé - Appel à projets 2021 - Subventions aux associations. Adoptée. (Martin DAVID-BROCHEN ne prend pas part au vote.) VIEILLISSEMENT 21/355 Lutte contre l'isolement des ainés et des plus fragiles en situation de handicap - Convention de partenariat entre le Département du Nord, le GIP « Maison départementale des personnes handicapées du Nord » et la Ville. HÉBERGEMENT D'URGENCE 21/356 Délégation Hébergement d'urgence - Subventions destinées aux associations. Adoptées. Je vais maintenant vous laisser en m’excusant véritablement. Je vais laisser ma place à Audrey, je pense que vous êtes en de bonnes mains. Je suis vraiment désolée de devoir partir. (Départ de Madame le Maire à 21 heures 58. La séance est présidée par Madame LINKENHELD, Première Adjointe.) Madame LINKENHELD - Nous allons souhaiter un bon rétablissement à notre Maire. Je vous propose que, sans attendre, nous poursuivions le déroulé de ce Conseil Municipal. Je passe la parole à Stanislas DENDIEVEL. 98 Chemise 9 URBANISME Rapporteur : Stanislas DENDIEVEL Adjoint au Maire 21/322 Avis de la Ville de Lille sur la modification du PLU2 métropolitain. 21/323 Contribution au débat relatif au projet d’aménagement et de développement durable (PADD) de la révision du Plan local d’urbanisme (PLU) de la Métropole européenne de Lille. (Projection de diapositives) Monsieur DENDIEVEL - Nous avons ce soir plusieurs délibérations relatives aux documents d’urbanisme qui établissent les orientations paysagères, architecturales et urbaines, puis les déclinent dans des règlements applicables aux permis d’aménager, aux permis de construire et aux déclarations de travaux. Deux d’entre elles concernent des ajustements ou des améliorations par rapport à la situation actuelle. La première concerne un ajustement du site patrimonial remarquable de la Ville de Lille, ce que l’on appelait avant « secteur sauvegardé ». Il s’agit d’intégrer au futur périmètre les deux rives de la rue du Molinel qui va être prochainement métamorphosée pour en révéler l’ensemble bâti art déco de la reconstruction d’après la première guerre mondiale. Sur cette délibération, qui fait suite à la fois aux recommandations de la commission nationale et à la consultation de la commission locale du secteur sauvegardé, nous avons ainsi un périmètre stabilisé. Vous voyez les éléments de périmètre complémentaires qui s’inscrivent à l’écran. Cette étape va nous permettre de réaliser désormais un inventaire précis du patrimoine naturel et architectural dans l’ensemble de ce secteur qui fait plus de 170 hectares. Notre état d’esprit, dans ce site patrimonial remarquable, est bien une approche qui porte la volonté de créer un centre-ville habité et non une ville musée que les habitants fuient en fin de journée, une approche qui s’adapte aux usages contemporains et à des sujets majeurs comme l’accessibilité, le rapport à la nature, et qui répond enfin aux enjeux de la ville bas carbone. Affaire à suivre. La seconde délibération concerne la modification du Plan local d’urbanisme, le PLU2 de la Métropole. À travers celle-ci, il s’agit très concrètement de permettre tout d’abord d’intégrer dans le document les orientations et exigences du Plan Climat Air Energie Territorial porté à la Métropole Européenne de Lille par notre collègue Audrey LINKENHELD. 99 Il s’agit également de se doter des outils opérationnels des orientations d’aménagement et de programmation pour permettre à nos projets de renouvellement urbain d’avancer. Je salue particulièrement Estelle RODES qui pilote ces projets. C’est notamment le cas pour le secteur Concorde, mais aussi pour le secteur des Aviateurs de la pointe des Bois-Blancs et des Rives de la Haute-Deûle intégrés désormais dans une vision d’ensemble. De la même façon que Concorde s’inscrit dans une démarche de quartier à santé positive reconnue à l’échelle nationale, l’axe de conception de cette deuxième étape des Rives de la Haute-Deûle est celui de la biodiversité. Un travail d’étude très précis est en cours pour affiner cette approche et nous aurons l’occasion d’y revenir bientôt. À l’écran, vous avez un visuel qui explique le mécanisme et l’enchaînement des procédures : cette modification du PLU2 qui fera l’objet d’une enquête publique à la rentrée, d’une part, et, d’autre part, ce que nous appelons le PLU 95 dont nous débattons aujourd’hui des orientations. La troisième délibération, qui est le cœur du sujet ce soir, concerne la révision du Plan local d’urbanisme que la Métropole Européenne de Lille a dénommé PLU 95, marquant sa volonté de réaliser un document unique pour les 95 communes réunies au sein de la Métropole Européenne de Lille, et, dans le cadre du débat relatif au projet d’aménagement et de développement durable, le PADD du PLU95. Comme la loi nous y invite, nous vous proposons une contribution de la Ville de Lille. Comme plusieurs d’entre vous s’en souviennent, le débat sur ce PADD a déjà eu lieu au Conseil de la Métropole Européenne de Lille le 23 avril dernier. Il vous est proposé ici d’affirmer et de mettre l’accent sur les convictions que porte le Conseil Municipal de la Ville de Lille dans un double esprit de responsabilité : - celui d’une Ville centre d’une métropole de plus de 1,2 million d’habitants et d’une Eurométropole franco-belge qui doit assumer sa part face aux grands défis sociaux, économiques et environnementaux et ne pas renvoyer par exemple celles et ceux qui veulent vivre à Lille, et notamment les ménages les plus modestes, toujours plus loin vers la périphérie ; - celui de la Ville à la pointe du combat pour le climat. Avec le Pacte Lille bas carbone, notre Ville a pris un vrai temps d’avance sur ce sujet. Comme nous l’avons fait depuis 2008 sur les questions d’habitat, de mobilité et d’objectif basse consommation, notre volonté, notre responsabilité pour les générations futures est d’aller toujours plus loin et d’emmener plus loin la Métropole dans la construction d’une ville durable – c’est ce qui nous a été présenté en début de ce Conseil. Les orientations proposées par le PADD s’inscrivent ainsi dans un processus de révision du PLU qui va nous mener jusque 2024. À l’écran, vous avez les grands axes proposés par la Métropole Européenne de Lille, qui reprennent d’ailleurs les orientations adoptées à l’unanimité par les élus 100 métropolitains à la fin du mandat précédent. Notre contribution au débat aujourd’hui vise à mettre davantage l’action sur une vision durable et solidaire du projet urbain et paysager de la Métropole. Tout d’abord, nous souhaitons remettre au premier plan les dimensions durable et bas carbone dans le projet, en appelant de nos vœux que les dimensions air, climat, énergie et santé permettent d’établir un véritable référentiel qui s’impose demain dans tous les projets. C’est le Pacte Lille bas carbone qui, demain, pourra nourrir ce PLU95. Ensuite, il y a plusieurs dimensions nouvelles que nous souhaitons faire entrer dans le PLU, comme l’intensification de la trame paysagère et des continuités de biodiversité en la rendant prescriptive partout. Parmi ces dimensions nouvelles, il y a aussi la lutte contre les îlots de chaleur et l’adaptation de la ville au changement climatique dans tous les futurs projets, ce qui passe notamment par le renforcement de la déminéralisation des sols, de la végétalisation ou encore par la prise en compte de l’albédo, un indicateur de réflexion de la lumière pour baisser les températures. Comme nous l’avions déjà porté collectivement, et aujourd’hui plus que jamais, nous réaffirmons la volonté de stopper l’étalement urbain et de donner la priorité au renouvellement urbain, à la résorption des friches et des coupures urbaines. C’est autour des axes de transport, des gares, des futurs tracés du SDIT que se situe dans nos quartiers et aussi dans les communes de la métropole le potentiel de reconquête urbaine et paysagère pour demain et pour les générations futures. Bien sûr, la lutte contre les inégalités sociales et la poursuite de la rénovation urbaine, le combat pour les mobilités décarbonées et l’enjeu du recyclage de l’appareil commercial sont aussi des orientations engageantes. Il en est de même de l’agriculture urbaine, l’un des axes forts de ce nouveau mandat, dont nous aurons l’occasion de reparler. De l’échelle de la métropole à celle de nos quartiers, l’agriculture urbaine et l’écosystème agricole métropolitain constituent un véritable défi social pour notre territoire. La mise en place de circuits courts, comme toutes les initiatives nourricières concourant à la transition alimentaire, doit avoir une place dans la planification urbaine. À Lille et dans les communes associées de Lomme et d’Hellemmes, nous comptons y prendre toute notre part. Nous avons déjà eu l’occasion d’en parler à ce Conseil. Nous proposons enfin que le travail pour aller vers un PLU plus compréhensible, plus pédagogique, plus morphologique soit inscrit clairement dans les orientations du projet métropolitain. Voici donc en résumé la contribution au débat sur le projet d’aménagement et de développement durable que la Ville propose à ce Conseil. Nous avons reçu des propositions d’amendement du groupe Lille Verte. J’en retiens tout d’abord qu’elles ne remettent pas en question notre contribution et nos objectifs. Au moins, nous pouvons les considérer comme partagés et je vous en remercie. 101 Je tiens à faire remarquer ensuite que ce que vous proposez d’ajouter est un peu hors sujet. Le PADD porte sur des objectifs, sur des orientations et vous proposez d’y inscrire des moyens. Il y a une confusion entre le fond et la forme. Le fond, ce sont les orientations du projet d’aménagement et de développement durable. La forme, ce sont les moyens à mettre en œuvre qui relèvent du diagnostic du PLU et de ses outils d’évaluation. Alors que nous nous attelons à construire l’avenir, à faire concrètement avancer les projets, vous êtes très friands de forme, de formalisme. C’est un peu votre identité et nous n’allons pas le reprocher. Je voulais simplement signaler que tout ce que vous appelez de vos vœux est déjà engagé : le débat métropolitain sur l’artificialisation, la place de la biodiversité, les études de qualité de l’air et d’exposition aux nuisances, la reconquête de la qualité de la ressource en eau. Soyez rassurés, tout ce vous appelez de vos vœux est déjà engagé à l’échelle de la MEL dans la dynamique du Plan Climat Air Energie Territorial porté par Audrey LINKENHELD et autour de l’ensemble des thèmes avec nos collègues élus et des différents services de la Ville de Lille qu’il nous faut remercier à travers Patrick PINCET. Je vous propose donc de ne pas retenir cet amendement que vous nous avez proposé, dont tout le monde a pris connaissance, qui s’écarte de l’exercice de la contribution au PADD. Cela étant, je vous propose que nos échanges ce soir soient retranscrits en annexe à la délibération relatant le débat que nous aurons eu autour du projet d’aménagement et de développement durable. Je vous remercie de votre attention. Madame LINKENHELD - Merci, Monsieur DENDIEVEL, pour la présentation de l’ensemble de ces délibérations et l’anticipation sur les amendements, mais que nous aurons l’occasion d’entendre et vous pourrez le cas échéant y répondre à nouveau si vous le souhaitez. Je vais donner la parole à Ali DOUFFI qui, je crois, a une intervention globale sur la modification du PLU2 et sur notre contribution au débat sur le PADD. Je donnerai ensuite la parole à Frédéric LOUCHART et enfin à Julie NICOLAS qui, je crois, présentera précisément lesdits amendements. Monsieur DOUFFI. Monsieur DOUFFI - Madame, chers collègues, Dans le cadre de la nouvelle révision du PLU, la Ville demande à la MEL de préciser un certain nombre de points du PADD sur lesquels nous proposons de revenir. - Rendre le document plus prescriptif au regard du PCAET : OK. - Intégrer une OAP « Trame verte et bleue » : nous sommes d’accord. 102 - Mieux lutter contre les îlots de chaleur, notamment par de futures traductions favorisant la déminéralisation des sols, l’intensification des solutions végétales dans les espaces publics comme privés : sur le principe, nous sommes d’accord, mais, qu’en est-il en réalité ? Quelle déminéralisation dans le projet Saint-Sauveur ? Quelle solution végétale dans les espaces publics à part des plantes en pot comme place Louise de Bettignies, ou rien du tout rue des Ponts de Comines tout juste achevée ? - Limiter drastiquement l’artificialisation des sols : bien sûr, mais que faites- vous du projet du Palais de justice, du triangle des Rouges Barres ou du secteur du Marais à RHD dont les OAP présentées dans la délibération 21/16 nous indiquent bien que, à court et moyen termes, des espaces végétalisés existants vont y être réduits à la portion congrue, cachés à l’arrière des immeubles ? Les mots, c’est bien. Les actes, c’est mieux. - Révéler les dynamiques urbaines traversées par le SDIT en assouplissant les OAP sectorielles à proximité des futurs axes : sur ce sujet et au moment où les tracés du SDIT sont en train de commencer à s’affiner, nous souhaiterions connaître les mécanismes dès à présent mis en place par la Ville et par la MEL en matière de veille foncière et de lutte contre la spéculation immobilière. Le prochain PLU est prévu à horizon 2023, mais c’est dès à présent qu’il faut agir. - Limiter l’offre du stationnement et affirmer la Porte des Postes comme pôle d’échange multimodal : c’est un point dont nous nous réjouissons car il était inscrit dans le projet pour Faire Respirer Lille, notamment par l’aménagement d’une offre significative de stationnement porte des Postes pour éloigner les véhicules du centre-ville. - Poursuite de la rénovation urbaine dans un objectif de mixité sociale et fonctionnelle : oui, bien sûr, mais faut-il pour cela maintenir les pourcentages de logements locatifs sociaux élevés dans les projets du NPRU au sein des quartiers qui en sont déjà bien dotés ? On renouvelle à Moulins, mais on y réimplante 30 % de logements locatifs sociaux alors que le quartier en compte déjà 43 %. Pourquoi pas une mixité sociale mais par le haut, en diminuant ce pourcentage dans les nouveaux projets dans ces quartiers ? - Interroger le recyclage de l’appareil commercial : c’est en effet une excellente ambition pour le secteur de la Maison des Modes. - Accompagner le développement de l’agriculture urbaine : absolument d’accord. - Travailler à un PLU compréhensible et pédagogique pour les habitants de la métropole : cela va mieux en le disant, même si on peut regretter que celui que vous avez validé dans le mandat précédent ne le soit pas. 103 Nous vous proposons également un point supplémentaire à faire remonter. Les OAP sectorielles permettent d’inscrire au PLU de « préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics » (article L.151-7 du code de l’urbanisme). À ce titre, nous vous proposons d’indiquer aux OAP, d’une part, la végétalisation des espaces publics à envisager et, d’autre part, les secteurs envisagés en matière de stationnement payant sur la voirie qui nous semblent une des principales caractéristiques des voies et espaces publics, en permettant une approche cohérente entre le stationnement public et le stationnement privé et d’éclairer les Lillois sur les intentions de la commune en la matière. Tout ceci pour dire que nous partageons un certain nombre de points que vous avez identifiés et que nous souhaitons les compléter par des remarques complémentaires. Nous voterons donc cette délibération. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci, Monsieur DOUFFI. Je passe la parole à Frédéric LOUCHART. Monsieur LOUCHART - L’avis de la Ville de Lille relatif aux modifications du PLU2 qui la concernent paraît noyé dans l’ensemble des dispositions du lot environnemental soumis au vote. L’enjeu est pourtant de taille car il est nécessaire d’atteindre la neutralité carbone au plus vite, de protéger l’ensemble de nos concitoyens en anticipant et en s’adaptant aux changements en cours. Le PLU en est un outil stratégique et se doit d’être à la hauteur des enjeux. Développer le boisement à Moulins ainsi qu’à Wazemmes retient toute notre attention et nos encouragements à persévérer dans vos efforts vers une politique plus massive de séquestration du carbone. Nous proposons de préserver l’ensemble des friches arborées qui échappent encore aux très nombreux permis de construire qui permettent de bétonner Lille-Sud (rue de Marquillies notamment, mais pas seulement), parfois même sur des espaces très petits. Rien ne sert de densifier la Ville centre si on soutient l’artificialisation dans les communes environnantes. Nous saluons l’application du coefficient biotope aux projets de rénovation, mais nous aurions voulu voir le seuil des surfaces abaissé pour éviter que les projets de moindre importance n’achèvent de minéraliser la ville. Ne serait-il d’ailleurs pas pertinent de devoir justifier l’abattage de tout arbre et de porter les espaces de pleine terre à 40 % au lieu de 30 %, comme cela se fait à Bordeaux ? En revanche, nos avis divergent quant à la nécessité des bureaux qui renforcent la métropolisation et la concurrence des territoires, créent des espaces standardisés souvent hors sol. L’heure serait plutôt à substituer le logement au bureau. Pourquoi modifier le PLU en remplaçant les surfaces de plancher par les surfaces de bureaux ? Pas même des équipements d’intérêt collectif, non plus 20 000, mais 67 000 m² de 104 bureaux sur l’OAP visant le siège de la MEL rue du Ballon. Il serait envisageable de se montrer prudent au vu des moindres besoins actuels. Nous souhaitons protéger la population dans toute une ville à santé positive, pas seulement dans un quartier collé à l’autoroute et où la pollution atmosphérique expose un trop grand nombre de nos concitoyens. De ce fait, relever les hauteurs de 22 à 37 mètres sur le boulevard Hoover et la ZAC Concorde revient à exposer encore plus de personnes à ces pollutions, là où les relevés ATMO s’avèrent catastrophiques au point de n’être même pas pris en compte lors de la réunion publique à la MHD sur la qualité de l’air. Si tant de logements manquent à la MEL, et en particulier à Lille, ne faut-il pas une OAP ambitieuse pour traiter des nuisances sonores, des pollutions et, ainsi, pouvoir développer rue du Ballon plus de logements et moins de bureaux, tout en respectant les standards de l’OMS sur la qualité de l’air ? Sur la pointe des Bois-Blancs et l’îlot Boschetti, si les aménagements à venir se font en partie sur une surface déjà artificielle – et pourquoi pas y recycler les îlots nordiques de Saint Sauveur –, ce n’est pas le cas de l’ensemble de la modification du PLU. Cette zone est une clé de la trame verte et bleue à protéger particulièrement. Nous avons des corridors biologiques parfois balbutiants, parfois en devenir, des réservoirs de biodiversité qu’il faut protéger si nous prenons au sérieux l’IPBES. La commune de Quesnoy-sur-Deûle a créé sept IPEN pour protéger les espaces remarquables, y compris en plein milieu d’un espace dédié à un projet d’aménagement qui devra en tenir compte. C’est là une vraie intégration des enjeux de biodiversité dans la Ville. Nous vous invitons à mobiliser pleinement cet outil pour le PLU95, y compris sur les espaces en friche. Pour faire suite, un projet plus avancé sur la zone du Grand But aurait pu nourrir le potentiel de renouvellement de la ville sur elle-même, pas seulement avec des parkings silos, mais en développant la qualité de vie urbaine autour du logement, des commerces et des activités. Le Grand But peut être une des priorités dans les projets urbains et non la recherche sempiternelle de la densification en cœur de ville. Ces modifications n’étant pas, selon nous, à la hauteur des enjeux, nous voterons contre cet avis et pas seulement sur des questions de forme. Madame LINKENHELD - Merci. Je passe la parole à Julie NICOLAS pour les amendements à la contribution au PADD. Madame NICOLAS - J’allais démarrer mon intervention en vous disant que c’est quand même un étrange exercice que de débattre sur un projet de PADD quand on n’a pas de nouveau projet de PADD. Là, je vais vous dire qu’il est quand même étrange de présenter des amendements tout en sachant qu’ils ont déjà été refusés. Mais bon, on va se plier à l’exercice. C’est le jeu. 105 Quel étrange exercice que de débattre sur un projet de PADD sans nouveau projet de PADD, en devant acter que le précédent convient de facto, malgré l’intégration de nouvelles communes, malgré le coup de semonce du Préfet qui avait suivi l’adoption du précédent quant à la ressource en eau avec un projet toujours pas très avancé, malgré l’adoption d’un PCAET et son ambition climatique renouvelée, malgré l’évolution des objectifs climatiques européens. Comment va se passer le débat à venir ? Je me pose la question. Ce qui est sûr, c’est que, plus le débat est écourté, moins le débat a lieu, moins les objectifs pour la transition écologique seront atteints. Nombre d’entre nous gardent le souvenir des non-débats des précédents PLU. Personne ne pourra le nier : - non-débat sur l’état initial de l’environnement qui, aujourd’hui, nous dit qu’il y a une aggravation des phénomènes dans les modifications du PLU2 que l’on passe au vote ce soir ; - non-débat sur l’ambition climatique et pour la biodiversité ; - non-débat sur les résultats de la concertation ; et pourtant, les Métropolitains au précédent mandat avaient été très clairvoyants en matière de transition écologique ; - non-débat sur la ressource en eau, et on a donc dû attendre le coup de semonce du Préfet. Pendant ce temps, au niveau national, les autorités environnementales et les ONG nous alertent sur les manques des études d’impact, sur la dette écologique qui se creuse toujours plus, à force de ne pas observer la loi – la séquence éviter, réduire, compenser par exemple, que les opérateurs aiment particulièrement peu. Le risque est d’omettre à nouveau ce qui fait l’intérêt général métropolitain notamment en écartant ce sujet plus que sensible de la densité, et c’était là le sens de ces amendements. Ne nous disons pas trop vite « c’est fait, il n’y a pas de problème, passez votre chemin, il n’y a rien à voir ». Il y a des sujets et notamment ce sujet de la densité qui est nécessaire, qui est rejetée dans le débat, qui est souvent insuffisante mais aussi parfois excessive. Pour pouvoir y arriver, il va falloir qu’il y ait ce débat pour trouver le chemin d’une densité soutenable pour notre environnement, mais aussi pour la qualité de vie des habitants. Le zéro artificialisation nette – dont on a discuté en commission rapidement –, les limites à l’extension urbaine sont attendus dans notre métropole. Nous devons enfin poser des balises car, avec pas moins de 985 hectares d’extension, la périurbanisation, c’est toujours une réalité dans notre métropole, alors même que les études nous révèlent que notre métropole ne parvient pas à jouer son rôle de locomotive du développement de notre région. 106 Pour toutes ces raisons, non seulement je renouvelle mes amendements, mais je m’adresse aussi à vous en tant que membres de cette Majorité et de l’exécutif de notre métropole. Vous avez la possibilité et donc la responsabilité de faire en sorte que ce nouveau PLU ne commette pas les mêmes erreurs. Biodiversité, climat, santé environnementale, justice sociale – eh oui, nous aussi, nous cherchons plus de justice sociale –, doivent impérativement être les grands gagnants de ce futur PLU95. Nous n’avons pas le luxe d’attendre et le luxe de nous dire que c’est fait, c’est engagé. Les objectifs doivent être confortés grâce au débat en mobilisant des outils, des moyens. Je vous invite donc à voter ces amendements pour qu’il n’y ait pas que de la déclaration de principe, pour qu’il y ait une réalité dans ce qui sera écrit demain au PLU2. Sans de tels moyens, ce qui nous attend, entre petits pas et vœux pieux, ne sera pas à la hauteur des enjeux énoncés par le GIEC, ni des attentes énoncées par les citoyens, depuis les 150 de la convention citoyenne aux Lilloises et Lillois. C’est donc bien un amendement unique que nous vous proposons, mais, si vous voulez détricoter point par point, je me tiens à votre disposition. Cependant, je vous préviens, je vais quitter la salle – à moins qu’on ait une réponse très rapide – puisque, pour ma part, ayant aussi des soucis de santé, j’ai signé un pouvoir à l’intention de Monsieur BALY. Madame LINKENHELD - Avant de laisser Stanislas DENDIEVEL reprendre la parole, je voudrais préciser certaines choses parce qu’il est vrai que ce sont des sujets complexes. Je ne sais pas si les Lillois sont très nombreux à nous écouter encore, mais il me semble important de repréciser que nous parlons de la révision et de la modification d’un Plan local d’urbanisme que nous avons adopté en décembre 2019, il n’y a donc pas si longtemps que cela, et que la motivation principale qui est celle de la Métropole européenne de Lille pour réviser ce Plan local d’urbanisme n’est pas une modification de fond, mais plutôt une modification de forme qui a trait au fait que cinq communes ont rejoint le périmètre métropolitain depuis l’adoption de ce PLU, qui s’appelle aujourd’hui PLU2 et, si nous appelons le prochain « PLU95 », c’est justement pour signifier l’élargissement de ce périmètre institutionnel. Croyez bien que, même si, en un an et demi ou deux ans, des choses ont évidemment pu évoluer, généralement, les collectivités aiment bien éviter de refaire à un an et demi ou deux ans d’intervalle une révision du Plan local d’urbanisme. En effet, ce sont des discussions et des procédures extrêmement lourdes et, pendant que l’on débat de cela, on n’avance pas beaucoup sur les projets, y compris pour des questions juridiques. Je rappelle donc que cette révision a d’abord cette justification institutionnelle. Ce qui est entrepris dans l’intervalle – c’est ce dont nous débattons avec la délibération 107 322 –, c’est une modification du Plan local d’urbanisme, sachant que certaines choses sont possibles à travers une modification, mais pas toutes. Je voudrais redire aussi que, dans le PLU tel que nous l’avons déjà adopté en décembre 2019, il y a des orientations d’aménagement et de programmation thématiques qui portent sur les différents sujets que les intervenants ont pu évoquer. Il y a déjà une orientation d’aménagement et de programmation sur les questions de climat, d’air et d’énergie, il y a déjà une OAP sur les questions de santé – je dis cela notamment pour Monsieur LOUCHART –, sur les questions de santé, d’air et de bruit. D’ailleurs, parce que je souhaitais profiter de cette modification du PLU, il me semblait pertinent de fusionner ces deux OAP pour leur donner précisément plus de lisibilité pour ceux qui ont concrètement à appliquer cette OAP. Je voulais également profiter de l’occasion, puisque la modification le permet, pour renforcer ce qui peut l’être à ce stade en termes de recommandations et de prescriptions, mais ce sont des documents sur lesquels on peut déjà s’appuyer et qui sont déjà relativement costauds aujourd’hui, on y a collectivement veillé dans l’adoption du PLU précédent. De la même manière, il y a déjà une OAP sur la trame verte et bleue, une OAP sur le stationnement. Il ne faut pas laisser croire qu’il n’y aurait rien sur les sujets divers et variés que vous avez évoqués dans notre Plan local d’urbanisme intercommunal. Il y a pas mal de choses. L’occasion nous est donnée de renforcer un certain nombre d’éléments de contenu à travers la modification. Sur les questions climatiques, nous nous y sommes employés et ce qui devra relever réglementairement de la révision – parce que nous n’aurons pas le choix – le sera également. Je voudrais à cet égard souligner que le Plan local d’urbanisme doit de toute façon se conformer au Plan Climat Air Energie Territorial. Par conséquent, s’il apparaissait que notre futur PLU95 n’était pas en ligne avec le PCAET, croyez bien que le Préfet, de la même manière qu’il a su nous rappeler à l’ordre sur les questions de l’eau, nous rappellerait à l’ordre sur la non-conformité de notre PLU par rapport au PCAET. Je crois donc qu’il faut être plutôt vigilant, mais confiant. Par ailleurs, sur cette question de la révision, c’est le projet d’aménagement et de développement durable qui est débattu ce soir, c’est le cadrage général, ce ne sont pas les solutions concrètes, pratiques et techniques qu’offrent le règlement ou même les OAP dans le cadre de la révision. Nous aurons donc l’occasion à de futures étapes, ici à la Ville de Lille, mais aussi en Conseil métropolitain, de vérifier si les intentions que nous voulons tous mettre dans le PADD se traduiront concrètement par des mesures qui permettront que l’ensemble des projets métropolitains soient effectivement alignés sur les objectifs de la neutralité carbone, sachant que, de son côté, la Ville de Lille, avec le Pacte Lille bas carbone, a décidé d’anticiper un certain nombre de choses. 108 Il me paraissait utile de vous préciser cela pour ne pas donner le sentiment que ces éléments, soit ne contraindraient rien, soit désintéresseraient les élus lillois, bien au contraire. Stanislas DENDIEVEL, je vous laisse compléter et nous mettrons ensuite au vote l’amendement présenté par Julie NICOLAS. Monsieur DENDIEVEL - Vu l’heure tardive, je vous propose d’être rapide. Je voudrais d’abord me féliciter de vos contributions aux uns et aux autres autour du Plan d’aménagement et de développement durable. C’est un débat, ce débat est retranscrit et c’est l’exercice que nous devions faire. C’est le premier élément sur lequel je souhaitais revenir. Si je reviens sur l’aspect modification du PLU, sur lequel vous êtes intervenu, Monsieur LOUCHART, je voudrais vous rassurer. À travers la modification du PLU, par exemple sur la presqu’île Boschetti, si vous avez regardé jusqu’au bout, on protège beaucoup plus qu’aujourd’hui toute la partie arrière, celle qui a ce potentiel de biodiversité, on en fait un écrin de biodiversité. C’est écrit dans l’OAP. Sur la partie devant, on indique que cela va être un programme articulé autour d’un équipement culturel. On assume effectivement un projet qui a été développé dans ce cadre. Toujours sur le projet des Rives de la Haute-Deûle, on a pris en compte l’ensemble des concertations qui se sont menées depuis 2017, on a intégré les expressions des uns et des autres, y compris les expressions de votre groupe qui appelait à dire qu’il fallait une OAP globale Rives de la Haute-Deûle - Aviateurs - presqu’île des Bois-Blancs. C’est fait, il y a une OAP globale sur l’ensemble des périmètres et il y a une cohérence de périmètre qui est développée. Cela dit, on a peut-être quelques différences entre nous. Je ne sais pas ce que diraient les élus face à une Opposition comme la vôtre à Strasbourg où, par exemple, dans la ZAC des Deux Rives, 1 000 000 m² sont projetés, dont 500 000 m² de bureaux et 9 000 nouveaux logements. Que dirait le maire de Grenoble où, dans le quartier de la Presqu’île à la confluence de l’Isère et du Drac, 300 000 m² d’immobilier tertiaire, 230 000 m² de labo de recherche et 3 400 logements neufs vont être réalisés dans les prochaines années ? Faire la Ville, c’est aussi l’organiser autour des axes de transport, c’est reconquérir des sites qui sont des friches, comme c’est le cas dans ces deux exemples que j’ai cités, qui ont un parallélisme avec ce que nous menons, qui sont conduits par des Majorités auxquelles vous appartenez. À travers le Plan local d’urbanisme, c’est notre responsabilité à la fois de porter ce rôle de Ville centre dans une métropole et aussi de répondre aux grands défis que sont l’habitat, la mobilité et bien évidemment ce défi du climat, avec des réponses toujours plus importantes. Vous voyez que, y compris à travers quelques signes importants dans la modification, nous les intégrons. 109 Enfin, pour répondre sur les amendements, comme je le disais au départ, je me félicite que l’on partage globalement le fond de ce qui est proposé à travers notre délibération. Votre amendement concerne des questions de moyens qui ne relèvent pas du PADD à proprement parler, moyens qui sont déjà mis en place et qui continueront à être mis en place par la Métropole Européenne de Lille en lien avec les territoires et la Ville dans le cadre de l’évaluation continue de ces documents, dans cette évaluation continue. J’ai par exemple ce rapport de l’Agence de développement et d’urbanisme qui fait ce travail sur les densités qu’on observe aujourd’hui et qui nous indique un peu comment la Ville s’est construite. Je pense donc qu’on est un peu en dehors du sujet. Je proposerai donc qu’on ne retienne pas cet amendement. Je pense qu’il faut formellement le mettre au vote et je vous repasse la parole, Madame la Maire. Madame LINKENHELD.- Je vais donc mettre au vote l’amendement porté par le groupe Lille Verte. Qui vote pour ? (Le groupe Lille Verte et le groupe Faire Respirer Lille) Qui s’abstient ? Qui s’oppose ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire) L’amendement est rejeté. L’amendement du groupe Lille Verte est rejeté, le groupe Lille en commun, durable et solidaire votant contre. Concernant cette délibération, il s’agissait simplement de prendre acte ; comme tout à l’heure, je ne soumets pas la délibération 323 au vote, puisqu’il s’agit d’en prendre acte. Le Conseil Municipal prend acte. En revanche, je vais mettre au vote la délibération 322. Qui s’abstient ? Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte) Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Faire Respirer Lille) La délibération 322 est donc adoptée. Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre. Je crois que nous pouvons considérer que l’ensemble des autres délibérations de Stanislas DENDIEVEL ne faisait pas l’objet d’intervention et qu’elles sont également validées. 110 URBANISME 21/324 Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) – Avis de la Ville sur l’extension du périmètre du Site Patrimonial Remarquable (SPR) du Vieux-Lille et du Centre – Secteur « Molinel ». 21/325 Site patrimonial remarquable (SPR) de Lille - Révision du Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV) et extension du SPR - Nouvelle convention financière pluriannuelle et protocole de fonctionnement entre l'Etat, la MEL et la Ville. Adoptées. 21/326 Quartier Lille-Moulins - Site Crespel Tilloy - Convention opérationnelle entre l'Etablissement Public Foncier Nord-Pas-de-Calais et la Ville. Adoptée. (Sébastien DUHEM ne prend pas part au vote.) 21/327 ZAC des Rives de la Haute Deûle - Avenant n° 1 à la convention de participation entre la MEL, la SAEM SORELI et la Ville pour le versement de la participation de la Ville à la réalisation du programme des équipements publics de la ZAC étendue du 1er secteur opérationnel. Adoptée. (Sébastien DUHEM, Estelle RODES, Roger VICOT, Stanislas DENDIEVEL et Anissa BADERI ne prennent pas part au vote.) NATURE 21/328 Actions Nature - Subventions aux associations. 21/329 Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Mise à disposition du domaine public à AccroLille - Exonération partielle de la redevance 2020. Adoptées. ACTION FONCIÈRE ET IMMOBILIÈRE 21/330 Quartier Lille-Sud - Biens situés rue des Mésanges à Lille - Acquisition auprès de Lille Métropole Habitat. 21/331 Quartier Lille-Centre - Ilot 10.9 - Déclassement. Adoptées. 111 21/332 Quartier Lille-Centre - Régularisation d'une convention de servitude avec ENEDIS - Transformateur et câbles du Palais Rameau. Adoptée. (Anissa BADERI et Julien PILETTE ne prennent pas part au vote.) 21/333 Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Tous quartiers - Exonération de loyers et redevance des associations. 21/334 Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Tous quartiers - Exonérations de loyers pour les commerçants hébergés dans des locaux appartenant à la Ville. 21/335 Quartier Vieux-Lille - Parcelles LM184 et HO210 situées 20 rue Saint- Jacques - Mise à disposition au profit de l'Etat (Rectorat) - Fixation du montant de la redevance - Gratuité 21/336 Quartier Lille-Fives - Mise à disposition de locaux au profit de l'association Melting Spot - Gratuité. 21/337 Quartier Lille-Centre - Ancienne école Récamier-Ruault - Mise à disposition de locaux à l'association « FILOFIL » - Fixation du montant de la redevance - Gratuité. Adoptées. Je vous propose que nous enchaînions avec Charlotte BRUN, qui va nous parler de différents sujets liés à sa délégation, et notamment des fournitures scolaires. Chemise 6 CONSEIL MUNICIPAL D’ENFANTS Rapporteur : Charlotte BRUN Adjointe au Maire 21/301 Conseil Municipal d’Enfants – Composition – Mandat 2021-2023. (Projection de diapositives) Madame BRUN.- Je souhaitais partager avec le Conseil Municipal quelques informations, mais vu l’heure tardive, j’essayerai d’être la plus succincte possible. La première des informations que je souhaitais partager avec vous est celle de la mesure que nous appliquons dès cette rentrée. C’était un engagement municipal de mon groupe lors des dernières élections : le contenu du « cartable gratuit ». Vous n’êtes pas à convaincre, je pense, mes collègues, du fait que la rentrée représente un coût encore important pour de nombreuses familles, avec parfois des listes de fournitures qui sont 112 excessives et qui remettent clairement en cause le principe de gratuité de l’enseignement public, qui doit garantir à chaque enfant un égal accès à des conditions matérielles favorables pour sa réussite. Malgré des dotations très importantes données par la Ville de Lille à chaque école pour prendre en charge le matériel scolaire, nous avons constaté, en discutant et en travaillant avec les parents d’élève élus et les enseignants, qu’il y avait dans la ville de fortes inégalités entre écoles et parfois même entre certaines classes dans une même école. C’est pour cette raison qu’il y a maintenant un an et demi, nous avons créé un groupe de travail pour mener une réflexion sur l’achat des fournitures scolaires, en rassemblant des directeurs d’école et des agents de la Ville et en consultant des parents pour pouvoir assurer réellement la gratuité pour tous les enfants et avoir une équité de droit et d’accès sur tout le territoire lillois. Grâce à ce travail de réflexion, nous sommes donc en mesure aujourd’hui de mettre en œuvre la gratuité des fournitures scolaires à la rentrée 2021. Les parents n’auront donc plus de liste de fournitures et seul le cartable, la trousse vide et un éventuel agenda, chose que les enfants aiment souvent personnaliser quand ils en ont besoin, resteront à la charge des familles. Pour cela, nous avons – et nous l’avons déjà mentionné dans nos débats sur le budget 2021, le compte administratif notamment – augmenté de près de 20 % le budget consacré aux fournitures scolaires, qui se porte dorénavant à 604 k€, en augmentant considérablement les dotations, que ce soit en éducation prioritaire ou en éducation pour les écoles qui ne sont pas en éducation prioritaire, c’est-à-dire que concrètement, nous ne donnerons pas à la rentrée un pack de fournitures identiques pour chaque enfant, qui aurait pour conséquence que les enseignants compléteraient ce pack de listes de fournitures individualisées en fonction de leurs besoins pédagogiques, il nous a semblé que ce n’était pas la bonne piste – cette piste est travaillée par certaines communes –, nous avons vraiment souhaité obtenir l’absence de liste de fournitures. Nous avons donc décidé de continuer à travailler comme nous le faisions, c’est-à-dire de permettre aux enseignants d’avoir une dotation suffisante pour pouvoir commander toutes les fournitures dont les enfants auraient besoin pour pouvoir travailler toute l’année scolaire. En augmentant le budget, nous estimons, grâce à ce gros travail que nous avons mené avec les directeurs d’école, que les enseignants ont suffisamment de latitude financière pour pouvoir commander toutes les fournitures dont les enfants auront besoin et que les familles n’auront donc pas à compléter ces fournitures par des listes de fournitures, donc plus de liste à la rentrée – premier objectif. Deuxième objectif, cette augmentation budgétaire conséquente permet également de doter les écoles de séries de livres et de romans pour pouvoir faire tourner davantage de séries entre écoles et permettre, du coup, aux enseignants d’avoir le choix entre davantage de séries de livres et, enfin, la dotation des écoles de manuels scolaires, 113 ce qui permettra à moyen terme, rapidement, de baisser considérablement le nombre de photocopies. Le troisième objectif est celui du contenu du « cartable durable ». Il nous a semblé nécessaire de franchir une étape supplémentaire qui est celle de la maîtrise davantage de la qualité de ce qui est commandé et, en cela, avec le Directeur académique et le Maire de Lille, nous avons encouragé fortement les enseignants à choisir des fournitures qui ont un faible impact environnemental, avec des écolabels, par exemple, mais aussi en développant des pratiques écologiques. Je vous ai mis une photo de ma réalisation à gauche ; c’est une initiative qui se développe de plus en plus dans les classes qui consiste à partager un gros bidon de colle, parfois faite maison, en plein de petits jeux de colle individuels. Il s’agissait de vous faire prendre conscience, pour ceux qui ne connaissent pas forcément le travail scolaire à l’intérieur d’une salle de classe, qu’un chariot de mutualisation de fournitures et de pratiques responsables peut remplacer l’achat de, ici, une dizaine de tubes de colle par enfant, par exemple, ce qui avait évidemment un impact très négatif sur l’environnement. Vous avez, à droite, des crayons qui peuvent remplacer les feutres effaçables, là aussi, avec un fort impact écologique, par exemple. C’est un vrai cap que nous souhaitons franchir cette année. Comment le faire ? Nous avons lancé un appel à projets pour des classes pilotes, qui vont à la fois expérimenter ces commandes avec un impact écologique réduit, mais également les bonnes pratiques et qui, en associant énormément les enfants, via une sensibilisation au développement durable, pourront permettre la diffusion dans toutes les classes de la ville des bonnes pratiques. Dans cet état d’esprit, nous avons également souhaité avec mon collègue Julien PILETTE promouvoir l’éducation et une consommation plus responsable des familles, donc nous invitons les familles à venir ce samedi à un atelier de réparation et de customisation des cartables, des sacs, des trousses, à la Gare Saint-Sauveur, qui est une première étape, car nous collectons également cette semaine et en début de semaine prochaine, avant les vacances scolaires, les cartables usagés pour pouvoir organiser à terme des bourses d’échange de cartables. C’était la première information que je souhaitais partager avec vous, qui témoigne de cette idée très forte que nous nous faisons, à la fois de la justice sociale et écologique, pour lutter contre les inégalités sociales au sein de l’école, qui doit rester le sanctuaire de l’égalité pour que chaque enfant ait les mêmes chances de réussite. Je voulais vous parler, non pas de toutes les interventions, actions, ateliers, qui vont pouvoir se dérouler cet été, le Maire l’a dit tout à l’heure, l’été sera riche avec la seconde édition de « Voyage, Voyages », je voulais juste faire la lumière sur deux dispositifs sur lesquels nous avons beaucoup travaillé avec les équipes de la Ville. 114 Le premier est les colonies apprenantes. Il s’agit de la seconde édition, en partenariat avec Vacances du cœur, Jeunesse au Plein Air, mais aussi et surtout l’Éducation nationale, les centres sociaux et le club de prévention Itinéraires, ainsi que les référents de la Caisse des Écoles. 144 enfants du CP à la troisième pourront partir cet été pendant 12 jours dans trois séjours : en Savoie, dans les Hautes-Alpes ou dans le Calvados. J’ai envie de vous dire, et nous nous le sommes dit à la Caisse des Écoles il y a quelques jours, toute colonie est, par définition, apprenante, à partir du moment où on part, on s’ouvre à la curiosité, à l’envie d’apprendre, l’éducation populaire, par définition. Tout projet est structuré pour faire apprendre chacun et toujours nourrir sa curiosité, et c’est là l’essentiel. La particularité de ces dispositifs est d’abord que la Ville de Lille mobilise beaucoup de budget pour permettre à des enfants de partir en colonie. Avec Arnaud DESLANDES, ce sont près de 140 k€ que nous attribuons aux centres sociaux pour pouvoir contribuer financièrement aux départs en colonie, mais là, pour la deuxième année consécutive, nous portons directement le départ d’enfants en colonie, et d’enfants qui en ont particulièrement besoin, qui seront repérés à la fois par leurs enseignants, par les centres sociaux ou par les intervenants de la Caisse des Écoles – première particularité. La deuxième est que celles-ci auront un temps pédagogique renforcé par l’intervention d’un enseignant à un moment de la journée, en complémentarité avec les projets de loisirs du reste de la journée. L’idée – et c’est la même que dans le dispositif qui suit – est de faire en sorte que des enfants qui rencontrent des fragilités et des difficultés scolaires n’aient pas une interruption estivale dans la lecture, l’écriture, par exemple, trop longue. Ces interruptions très longues, surtout dans des années qui ont été marquées par l’absence d’école physique au quotidien, sont des interruptions qui renforcent leur fragilité. Voilà ce qui sous-tend ces projets, comme le second, avec les centres de loisirs apprenants. Ce dispositif assez novateur est porté par la Ville de Lille. Nous sommes allés chercher l’Éducation nationale pour pouvoir monter pour 20 écoles un dispositif de centre de loisirs - l’enfant est vraiment pris en charge, le midi compris, par la Ville de Lille - dans lequel intervient un enseignant, en complémentarité avec les projets de la journée, donc là encore, il y a un projet cohérent tout au long de la journée, articulé autour de l’ensemble des activités très qualitatives qui ont lieu dans la Ville, que ce soit dans nos musées et surtout dans le cadre de « Voyage, Voyages », mais aussi en lien avec la Cité des enfants, Smallicieux, et dans ce programme totalement cohérent, l’enfant va travailler avec un enseignant plus particulièrement un certain nombre d’objectifs pédagogiques, mais les objectifs pédagogiques poursuivis par les animateurs l’après-midi sont concertés avec l’enseignant, donc c’est extrêmement novateur. Cette cohérence d’ensemble est intéressante. L’idée n’est pas, d’ailleurs, selon nous, de rajouter de l’école après l’école, mais bien de donner à des enfants qui en ont le plus besoin un petit renfort pédagogique bien concerté de part et d’autre, dans le cadre de l’éducation populaire avec les enseignants. 115 Le tout vient d’ailleurs s’ajouter à une offre de centres de loisirs très qualitative. Depuis quelque temps, à Lille, nous souhaitons répondre à l’envie des enfants d’avoir des stages. Cette année, nous aurons des centres de loisirs thématiques, en plus de tous nos centres de loisirs. Les enfants préfèrent parfois avoir plein d’activités assez éclectiques, mais il y aura des centres de loisirs, par exemple, culture, nature, sport et langues, qui permettront aux enfants d’avoir comme services proposés par la Ville de Lille des stages qualitatifs. L’été est aussi la période des travaux. Je ne les détaille pas, puisque ce sont près de 3,7 M€ de travaux qui ont principalement lieu l’été pour ce qui concerne les écoles, puisque c’est un temps de pause dans l’activité, mis à part les écoles qui sont concernées et qui accueillent des centres de loisirs. Il se passe beaucoup de choses dans les écoles l’été, beaucoup de travaux, et parmi ces 3,7 M€, il y a les trois dernières cours d’école, mais Anissa en a parlé tout à l’heure, donc je n’insiste pas davantage, qui étaient encore 100 % minérales. Pour les écoles Chateaubriand et Mme de Maintenon, ainsi que Sophie Germain, les travaux commencent cet été. Ils se poursuivront certainement, pour ce qui est de la végétalisation, aux vacances de la Toussaint et même un peu plus tard, parce que c’est vraiment le début de la plantation, donc c’est même un peu tôt. Pour ce qui relève de Sophie Germain, école qui a besoin de travaux plus conséquents dans sa cour, ils se poursuivront l’année prochaine également. À chaque fois, j’insiste, ce que nous faisons à Lille est extrêmement intéressant, parce que nous prenons en considération le point de vue des enfants et de la communauté éducative et que nous traduisons leurs projets de vie dans la cour d’école dans une charte d’usages. Ces nouvelles générations de cours d’école ont une particularité, en plus de l’objectif de végétaliser, de réduire les îlots de chaleur en ayant de vrais îlots de fraîcheur, de travailler le circuit de l’eau : ces cours d’école seront 100 % perméables. C’est la première fois que l’on avance tel quel sur cet objectif, qui sera clairement travaillé dans la cour, qui retrouvera les mêmes traits de ces nouvelles cours d’école que l’on dessine avec les enfants, c’est-à-dire des cours d’école avec des espaces : l’espace de jeux, l’espace un peu plus sportif, l’espace plus calme, l’espace de créativité. Notre objectif est véritablement de développer le jeu libre, dans le respect de chacun, en faisant tout pour que ces aménagements permettent de prévenir les situations de violence, de harcèlement et de stéréotype genré. Je termine par une bonne nouvelle : je vous propose de saluer avec moi l’élection de nos 162 collègues du Conseil Municipal des Enfants. Les élections se sont très bien passées. Plus de 10 % des électeurs étaient candidats et ils ont un taux de participation s’élevant à quasiment 100 %. À Lille, la citoyenneté s’apprend très jeune, et ce depuis très longtemps. Depuis 1998, nous avons un Conseil Municipal des Enfants, c’est un des axes premiers de notre labellisation « Ville amie des enfants » par l’Unicef. Vous le savez, on en a d’ailleurs parlé 116 tout à l’heure en abordant la question de la place du Maréchal Leclerc, il ne s’agit pas, à Lille, simplement de consulter les enfants sur des projets qui pourraient les concerner, mais véritablement, d’abord, de leur donner les moyens de déployer leurs propres projets, des projets qu’ils ont élaborés et qu’ils souhaitent traduire dans les actes, et puis, de plus en plus, avec le Conseil Municipal des Enfants, d’aller écouter, prendre en considération, la parole de leurs camarades, des enfants de leur âge ou des adolescents, pour, pas uniquement des projets qui les concerneraient, mais y compris des projets d’espaces publics. Voilà ce que je pouvais vous dire ; en tout cas, je suis heureuse de les accueillir, les réunions commencent à se tenir dans les quartiers et j’espère bien qu’ils auront le droit à une plénière en bonne et due forme, que le contexte sanitaire nous le permettra, au mois de septembre. Merci. Madame LINKENHELD - Merci, Madame BRUN. Le Conseil Municipal des Enfants, je crois, peut même d’ailleurs mener au Conseil Municipal tout court, y compris quand on a été conseiller à Hellemmes ; n’est-ce pas, Monsieur OURAL ? Pardon de vous réveiller. (Rires) ÉCOLES 21/292 Désaffectation du logement de fonction enseignant attenant à l'école Antoine Brasseur sis 1 rue Porret à Lille. 21/293 Désaffectation du logement de fonction enseignant attenant à l'école Camille Desmoulins sis 9 rue Viala à Lille. 21/294 Désaffectation des locaux scolaires ainsi que du logement de fonction attenant à l'école Jeanne Hachette sis 46 rue Léon Blum à Lille. Adoptées. ENFANCE 21/295 Convention territoriale globale (CTG) 2021-2024 entre la Caisse d'allocations familiales du Nord et la Ville. Adoptées. ACTIVITÉS PÉRISCOLAIRES 21/296 Prestations extrascolaires, périscolaires et restauration scolaire - Remises gracieuses. 117 21/297 Associations périscolaires et centres sociaux - Solde des subventions 2021 - Acompte 2022. Adoptées. PROJET ÉDUCATIF GLOBAL 21/298 Projet Educatif Global - Plan annuel d'actions - Subvention aux associations. 21/299 Projet Educatif Global et Parentalité - Soutien aux associations. Adoptées. JEUNESSE 21/300 Appel à Projets Jeunesse 2021 - Subventions aux acteurs jeunesse. Adoptée. Je passe la parole à Marie-Pierre BRESSON. Chemise 8 CULTURE Rapporteur : Marie-Pierre BRESSON Adjointe au maire 21/314 Palais des Beaux-Arts – Donations d’œuvres d’art de Roma AUSKALNYTE et François BOUCQ à la Ville de Lille – Cession des droits patrimoniaux attachés aux œuvres. 21/315 Palais des Beaux-Arts – Conventions de mécénat pour l’Open Muséum François BOUCQ. 21/316 Palais des Beaux-Arts – Partenariat avec SNCF Gares & Connexions en vue de la production d’une exposition « hors les murs » en Gare de Lille Europe, en écho à l’Open Muséum François BOUCQ. (Projection de diapositives) Madame BRESSON.- À la suite de Charlotte, à mon tour de présenter une série de très belles délibérations ce soir, avec, vous le savez, la donation exceptionnelle du dessinateur François BOUCQ au Palais des Beaux-Arts de Lille, puisque le Palais des Beaux-Arts accueillera désormais près de 400 planches, dessins, esquisses, qui composent une œuvre complète et qui font donc leur entrée au Palais des Beaux-Arts. Cette entrée leur confère, en quelque sorte, un statut d’œuvre d’art – ce n’est pas moi qui 118 le dis, parce que j’en suis convaincue, c’est François BOUCQ qui le disait avec beaucoup d’émotion lors du vernissage de l’exposition, en expliquant que les dessins qui étaient entassés chez lui dans des cartons à dessins avaient été pris avec beaucoup de précaution et de soin par une conservatrice en gants blancs, qu’elle les avait aplatis, séparés avec du papier de soie, entreposés dans les réserves du musée, à 1,5 mètre des dessins de Raphaël, ce qui impressionnait beaucoup François BOUCQ. Cette mention qui pourrait paraître anecdotique, en réalité, ne l’est pas du tout, puisque c’est la première fois qu’un musée français accueille une collection de bandes dessinées de cette ampleur – je l’ai dit, 400 œuvres –, en lui donnant des conditions de conservation qui hissent, en effet, cette collection au rang des Beaux-Arts, ce dont nous sommes convaincus, évidemment ; ce n’est pas la première fois que le Palais des Beaux- Arts se distingue en matière de bande dessinée. Évidemment, cette donation n’est pas destinée à rester enfermée dans des tiroirs, elle est, pour partie, présentée à l’occasion de l’Open Muséum de François BOUCQ au Palais des Beaux-Arts, un Open Muséum qu’il présente avec un trompe-l’œil espiègle et qui est une manière de revisiter la collection du Palais des Beaux-Arts, tout en questionnant la lecture des œuvres, et, vous le savez, c’est précisément l’esprit des Open Muséums. Nous en sommes à la 7e édition et, en effet, depuis 2014, les personnalités, les invités du musée, incitent à la curiosité et attirent ainsi des publics nouveaux, que nous avons parfois du mal à faire entrer au musée et qui, là, s’y rencontrent nombreux : des jeunes, des familles et des visiteurs qui n’avaient jamais franchi les marches du Palais des Beaux-Arts. Là, c’est particulièrement éclatant avec l’effet cumulé de la réouverture, de la gratuité pour les moins de 30 ans et, évidemment, de l’artiste qui est accueilli et le Maire le disait tout à l’heure, depuis la réouverture, ce sont plus de 13 000 visiteurs, dont 64 % – c’est tout de même notable – ont moins de 30 ans ; 13 183 visiteurs ont été accueillis au Palais des Beaux-Arts. Enfin, cette exposition, qui est brillante, qui est un mélange d’intelligence et d’impertinence, auxquelles s’allie la haute technologie pour rendre encore plus… Madame LINKENHELD - interactives… Madame BRESSON -… oui, plus interactives, c’est vrai, mais aussi plus malicieuses les œuvres, est rendue possible grâce à des mécénats de compétences. L’exposition se prolonge, comme cela avait été le cas à l’occasion du festival d’Angoulême – je rappelle d’ailleurs que François BOUCQ en était le lauréat de grand prix en 1998 – sur la gare Lille Europe. De la même manière que Jérôme MOUCHEROT nous incite à franchir le Palais des Beaux-Arts, je voudrais ajouter, puisque c’est le thème du Conseil, que tout cela est une exposition en circuit court, puisque François BOUCQ est un artiste lillois. Madame LINKENHELD.- Merci, Madame BRESSON. 119 Adoptées. (Violette SPILLEBOUT ne prend pas part au vote pour la délibération n° 21/316.) Je crois qu’il n’y avait pas d’intervention sur ces délibérations. CULTURE 21/309 Sollicitation de prêts d'œuvres auprès des services culturels de la Ville. Adoptée. 21/310 Subventions aux opérateurs culturels. Adoptée. (Hakim AGOUNI ne prend pas part au vote.) 21/311 Acquisition de l'œuvre « Children's World » de Jon ONE, parrain de l'édition 2021 de Solid'Art - Subvention au Secours Populaire du Nord. 21/312 Palais des Beaux-Arts - Mise en dépôt au Musée national de la Marine de Paris d'une œuvre intitulée Ex-voto d'Ulysse BUTIN. 21/313 Palais des Beaux-Arts - Convention entre la Ville de Lille, l'Université de Lille et l'Université de Liège concernant le Projet e-Thesaurus. 21/317 Cinéma et audiovisuel - Programme « Pratiques numériques des images et médias » - Subventions aux opérateurs. Adoptées. 21/318 Musée d'Histoire Naturelle - Mise à disposition de locaux au SDIS du Nord - Tarification. Adoptée. (Franck GHERBI et Akim OURAL ne prennent pas part au vote.) 21/319 Convention de partenariat avec L'Univers pour la saison 2021/2022 - Cycle de projection dans le cadre du Centre de Ressources. 21/320 Conservatoire à Rayonnement Régional - Conventions de partenariat avec le CRD de Roubaix (avenant), le CNSMD de Lyon, le CHU de Lille et le Chœur de chambre Septentrion. Adoptées. 120 COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE 21/321 Coopération décentralisée - Attribution de subvention. Adoptée. Je passe donc immédiatement la parole, à 23 heures, à Madame BADERI, qui va nous parler de l’encadrement des loyers. Chemise 10 HABITAT Rapporteur : Anissa BADERI Adjointe au Maire 21/342 Encadrement des loyers – Convention de partenariat entre l’État, la Métropole Européenne de Lille et la Ville pour l’accompagnement des locataires. (Projection de diapositives) Madame BADERI - Chers collègues, Vous le savez, Lille et Paris sont les premières Villes à s’être saisies de l’encadrement des loyers, dès la loi ALUR et, récemment, nous comptons d’autres Villes telles que Montpellier, Bordeaux, Grenoble et d’autres dans cette expérimentation de l’encadrement des loyers et nous nous en réjouissons. Nous présentons au Conseil Municipal une délibération qui acte une collaboration inédite en France, entre la Ville, la MEL et les services de l’État dans le cadre du dispositif expérimental de l’encadrement des loyers. Au préalable, il me semble important de rappeler que depuis toujours, le cœur de notre politique habitat est de développer le logement abordable et de faire en sorte que les ménages modestes puissent se loger dignement à Lille, Hellemmes, Lomme. Pour y parvenir, nous devons, bien entendu, construire du logement. Pour rappel, 24 000 logements ont été construits lors des deux derniers mandats, dont 2/3 de logements abordables, et nous avons pour ce mandat un objectif de 8 000 logements. Pour y parvenir, nous devons également respecter la loi SRU. À Lille, d’ailleurs, nous sommes l’une des rares grandes villes à être au-dessus du taux SRU. Il nous faut aussi agir par l’encadrement des loyers, qui nous permet une action directe de régulation du marché dans une des villes les plus chères de province. Dans ce marché locatif privé lillois, nous avons deux principales spécificités : les petites surfaces sont surreprésentées et le tiers des occupants sont étudiants. Les abus 121 en matière de loyer touchent principalement les jeunes étudiants ou jeunes travailleurs aux faibles revenus. Il nous faut donc les protéger de ces abus. Dès lors, on comprend l’indispensabilité de cet encadrement des loyers pour lutter contre ces abus. C’est donc en priorité pour les étudiants, pour ces jeunes, que nous mettons en œuvre l’encadrement des loyers à Lille. Cette convention est à notre initiative. Nous avons, à la Ville de Lille, rapidement fait le constat que le dispositif, certes expérimental, restait à renforcer dans l’accompagnement des locataires, bien que nous ayons mis en place un site internet permettant aux locataires de tester leur loyer et de vérifier la conformité. Un renforcement est également à mener dans le volet contrôle du dispositif, une mission de contrôle qui relève de la stricte prérogative/compétence du Préfet. Nous avons donc souhaité renforcer l’accompagnement des locataires et aider l’État dans cette mission. Pour ce faire, sur la base de notre site internet, nous proposons de déployer un module supplémentaire permettant au locataire qui constate une non-conformité de son loyer d’alerter en ligne la Ville et de transmettre directement le bail en question au service Habitat. Une fois le bail réceptionné par le service Habitat de la Ville, celui-ci est examiné au regard du loyer de référence en vigueur. Si la non-conformité est établie par nos services, la situation est transmise aux services de l’État pour instruction de la procédure de mise en demeure à l’encontre du propriétaire bailleur. Cette convention prévoit également la mise en place d’un comité réunissant les trois signataires : Ville de Lille, DDTM, MEL. Ce comité aura pour mission d’évaluer cette collaboration, de proposer au Préfet le montant des amendes à l’encontre des propriétaires bailleurs ne respectant pas l’encadrement des loyers. La Ville de Lille fera une communication sur son site web et sur ses supports habituels. Elle communiquera également sur cette évolution du dispositif directement auprès des associations de défense des droits des locataires. Vous l’aurez compris, nous restons donc pleinement engagés dans la lutte contre le logement cher à Lille. Merci de votre attention. Madame LINKENHELD - Merci beaucoup et je ne peux m’empêcher de dire un grand bravo pour cette délibération sur un sujet dont chacun sait qu’il me tient à cœur. Je crois qu’il n’y a pas d’intervention de félicitation ou de regret. Adoptée. 122 HABITAT 21/340 Aides financières à la production de logements locatifs sociaux et à la production de logements en accession aidée à vocation sociale - Convention de partenariat entre la Ville de Lille et les opérateurs. Adoptée. 21/341 Subvention aux associations APU Vieux Lille et La Sauvegarde du Nord - Avenant à la convention avec l'association ALEFPA-OSLO. Adoptée. (Martin DAVID-BROCHEN ne prend pas part au vote.) HABITAT DURABLE ET INNOVANT 21/343 Aides Habitat durable / Transition écologique. Adoptée. LUTTE CONTRE L'HABITAT INDIGNE ET VACANT 21/344 Quartiers Bois-Blancs et Saint-Maurice Pellevoisin - Requalification de la cité Sainte-Anne, située rue Laventie, et de la cité Sainte-Anne, située avenue Duray - Conventions de transfert de maîtrise d'ouvrage et de participation financière entre la Métropole Européenne de Lille et la Ville. Adoptée. Je passe, du coup, la parole à Martin DAVID-BROCHEN qui va nous évoquer deux sujets importants mais néanmoins distincts : celui qui concerne notre personnel municipal et celui qui concerne notre stratégie d’économie sociale et solidaire. 123 Chemise 21 RELATIONS SOCIALES Rapporteur : Martin DAVID-BROCHEN Adjoint au Maire 21/365 Personnel Municipal – Durée annuelle du travail et organisation des temps. Monsieur DAVID-BROCHEN - Merci. Madame la Première Adjointe, mes chers collègues, Il y a, dans une vie d’élu, des délibérations et des projets que l’on porte avec plus ou moins d’enthousiasme. Cette délibération que je vous propose sur le temps de travail des agents est un de ces projets où le moins d’enthousiasme, voire le contre-cœur correspond le mieux à mon état d’esprit, car cette délibération va à l’encontre de notre vision du progrès social. En effet, cette délibération est la conséquence de la loi dite « de modernisation de la fonction publique » que nous avons combattue. Celle-ci fixe à 1 607 heures le temps de travail obligatoire des agents de l’ensemble des collectivités territoriales de notre pays, sans possibilité d’y déroger. Là encore, c’est un coup de canif dans le contrat de la libre administration des collectivités territoriales, un de plus. Nul besoin de rappeler ni de nous étendre sur les raisons qui font que, à Lille, nous sommes particulièrement opposés à cette obligation qui augmente la durée du temps de travail des agents de notre Ville, aujourd’hui fixée à 1 519 heures. En refusant de revenir sur cette loi, en refusant d’en discuter les délais d’application, ce Gouvernement remercie et salue à sa manière l’engagement et le professionnalisme dont ont fait preuve les agents du service public, et particulièrement ceux de notre Ville, pendant les divers confinements et la crise sanitaire que nous continuons de traverser. Je profite de ce moment pour les remercier et saluer le travail qu’ils ont abattu, preuve pour celles et ceux qui en doutaient qu’en temps de crise, seul le service public tient et montre qu’il est indispensable. Je salue également la mobilisation qui a été et qui est celle de Madame le Maire pour que nos agents aient pu bénéficier des primes dites « Covid », mais également pour que l’on soit bien certain que certains de nos agents ne soient pas les oubliés de l’application de différents accords, dont celui du Ségur. Cela étant dit, quand une loi existe, l’esprit républicain dans lequel nous agissons à Lille nous oblige ; que la loi nous plaise ou non, nous devons l’appliquer, c’est la condition même du respect des fonctionnements de nos institutions. Nous avons donc appliqué, si vous me permettez l’expression, « à la lilloise », et même « à la lommoise » et « à l’hellemmoise », car nous avons travaillé ensemble, dans 124 un souci d’harmonisation, les conditions de ce passage aux 1 607 heures. Nous nous sommes attachés à suivre ainsi trois grands principes. D’abord, un dialogue social exigeant, de qualité, avec les organisations syndicales, dont la signature de deux protocoles la semaine dernière avec trois organisations syndicales majoritaires en sont la conclusion. Ce protocole précise que les agents de notre collectivité auront dorénavant le choix entre trois choix de rythme de travail : 35 heures, 35 heures avec 1 heure 30 de modulation générant 9 jours de RTT et 35 heures et 4 heures de modulation pour les agents de catégorie A, générant ainsi 23 RTT. Ensuite, nous avons voulu prendre en compte les spécificités des métiers dits « pénibles », afin que la réforme s’applique de manière différenciée et la plus protectrice possible pour les agents exposés à des métiers particuliers : travail de nuit, travail du dimanche, travail du jour férié, travail dit « pénible » ou « dangereux », car à Lille, à gauche, nous savons que le travail n’a pas les mêmes conséquences sur la santé des uns et des autres. Ainsi, les chauffeurs poids lourds sur la propreté bénéficieront de 4 jours de sujétion particulière, les fossoyeurs de 4 jours également, les équipes médicales et paramédicales des EHPAD, qui ont notamment été extrêmement mobilisées pendant la période du Covid, auront le droit à 5 jours. C’est donc un peu de justice, le plus de justice possible que nous pouvions intégrer dans cette réforme, que nous avons mise en place. Enfin, nous avons souhaité valoriser et susciter l’engagement des agents du service public dans la vie de la cité, en attribuant un jour de congé d’utilité collective pour les agents engagés dans des associations sur Lille ou sur leur territoire. C’est donc ainsi, après un dialogue social construit, exigeant, et je me permets de saluer en conclusion les organisations syndicales qui ont participé à ces discussions, que je vous propose de faire évoluer l’organisation du temps de travail des agents de notre Ville. Madame LINKENHELD - Merci. Nous avons plusieurs interventions ; sauf erreur de ma part, j’ai Monsieur BALY, Monsieur CHARLES et Madame DELACROIX. Monsieur BALY, c’est vous qui démarrez ? Monsieur BALY - Si vous me donnez la parole. Ce soir, il nous est proposé de voter l’application de la réforme des 1 607 heures. La loi Dussopt implique de passer le temps de travail annuel pour notre personnel municipal – cela a été rappelé – de 1 519 heures à 1 607 heures, alors disons-le franchement, nous partageons l’opposition de la Majorité à cette loi de transformation de la fonction publique qui oblige les comités techniques à remettre en cause les accords 125 obtenus par la négociation depuis des années. Les 35 heures à la Mairie de Lille datent des contrats de solidarité voulus par et sous le Gouvernement Mauroy. Pour Lille Verte, la loi Dussopt, c’est non ! Non à cette réforme qui traduit un projet de société qui n’est pas le nôtre, une société où il faudrait travailler toujours plus, sans bénéfice, ni pour l’emploi ni pour le climat. Dans notre projet, la réduction du temps de travail est un outil essentiel pour une réelle transition écologique et solidaire. Pour le climat, une baisse du temps de travail et un impact majeur sur les émissions de carbone contribueraient à répondre à l’urgence climatique. Une récente étude britannique chiffre le passage à la semaine de quatre jours à une baisse de 20 % des émissions de CO2 pour le pays. Pour l’emploi, dans un contexte critique de chômage que connaît notre pays, réduire le temps de travail hebdomadaire est une solution pour le partager. Nous ne défendons pas une société qui sépare les personnes entre celles qui ont beaucoup trop de travail et celles qui n’en ont pas du tout. Les collectivités avaient, jusque-là, l’opportunité d’offrir aux agents des jours supplémentaires de congé. Cette opportunité a été confisquée sans prendre en compte le sens de l’histoire ; c’est même la porte ouverte à plus de régression, la loi prive de marges de manœuvre. Cette réforme s’inscrit dans un contexte déjà éprouvant avec la crise sanitaire. À ce titre, nous remercions l’ensemble des agents, en télétravail et en présentiel, d’avoir assuré la continuité des services publics dans cette situation de crise. Nous le savons bien, cette loi vous est imposée. Cependant, il existait plusieurs façons de faire ; disons-le, il y a eu des opportunités manquées. La première est de n’avoir pas engagé il y a des années une réflexion de fond sur l’organisation du temps de travail. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons nous exprimer ce soir sur certains points. Premièrement, en matière de concertation, nous avons été très surpris de recevoir un bulletin annonçant les modalités de la réforme comme si elles étaient actées deux semaines avant le Comité Technique Paritaire. C’est faire peu de considération pour cet organe consultatif essentiel. Deuxièmement, pour la proposition que vous nous soumettez ce soir, nous faisons le constat qu’un seul syndicat a voté pour, deux se sont abstenus et un quatrième a voté contre. La signature – et cela a été rappelé – de trois des quatre syndicats n’y change rien. Cela démontre qu’il n’est pas aisé de mener un processus de négociation sur une mesure de régression sociale. Cela nous indique aussi que vous n’avez certainement pas épuisé toutes les voies de la négociation afin de rechercher un accord le plus large possible. Un processus de négociation qui aboutit à l’adhésion d’une seule organisation n’est pas suffisant pour permettre une adhésion par l’ensemble des agents de notre collectivité. Il aurait été nécessaire de rechercher coûte que coûte un accord 126 majoritaire, comme cela existe dans le privé depuis plusieurs années, comme cela est aujourd’hui reconnu dans la fonction publique par l’ordonnance du 17 février 2021. Force est de constater que vous avez échoué, et je le dis sans ignorer les difficultés rencontrées par mes collègues écologistes – quasiment toutes les Villes écologistes (Tours a été oubliée ce soir) ont déjà été citées – en responsabilité dans d’autres Villes. Vous auriez pu utiliser davantage les quelques marges de manœuvre qui vous ont été laissées. Vous avez retenu l’idée de sujétion, qui prend en compte la pénibilité de certains métiers ou missions ; c’est un bon choix, mais vous vous limitez à cinq jours maximum de congé supplémentaires en cas de sujétion. Vous aviez exprimé en commission : « Il faut bien fixer une limite » ; soit. La Ville de Paris autorise, quant à elle, jusqu’à 21 jours de congé supplémentaires en cas de sujétion. Cette différence est conséquente et nous regrettons que vous ayez fait le choix du strict minimum. Vous proposez une journée de congé d’utilité collective ; la Ville et la Métropole de Rennes ont retenu trois jours et demi spécifiques : solidarité, développement personnel, temps collectif. Nous aurions souhaité que le sujet de l’égalité hommes/femmes soit pris en compte dans l’application de cette réforme. Une grande majorité du personnel en temps partiel sont des femmes. Enfin, nous déplorons que la question du télétravail et que les différents aménagements en faveur de sa mise en place ne soient pas entrés en considération. Le bulletin que nous avons reçu précise que la réforme est compatible avec le télétravail, comme s’il s’agissait d’un bonus. Cela en dit long sur votre vision du télétravail, qui est plus qu’un bonus, c’est une organisation globale du travail. Quand on parle de télétravail, ce n’est pas la période que l’on a pu connaître avec, finalement, le Plan de continuité d’activité. Nous avons donc le sentiment que des choix plus avantageux auraient pu être faits afin de limiter le recul social que représente cette réforme, pour œuvrer réellement à une organisation du temps de travail bénéfique tant pour les agents, les agentes, que pour la qualité du service public rendu aux Lilloises et Lillois. Le groupe Lille Verte, opposé à ce projet et estimant que nous aurions pu faire autrement, votera donc contre cette délibération. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci. Je passe la parole à Bernard CHARLES. 127 Monsieur CHARLES - Madame le Maire, chers collègues, Je vais intervenir sur cette délibération relative à la durée annuelle du travail et à l’organisation des temps. On peut critiquer ou approuver la loi 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique qui impose au 1er janvier 2022 le temps de travail annuel de 1 607 heures dans toutes les collectivités locales, l’application stricte des 35 heures et supprime de fait des régimes plus favorables en termes de temps de travail pour le personnel. Adepte du courage de la nuance – pour reprendre le titre du livre récent de Jean BIRNBAUM –, je vais vous dire que j’ai regretté ce texte. Ceci est cohérent avec les positions que j’avais défendues, en tant que social- démocrate que je suis, lorsque j’appartenais encore au principal parti de votre Majorité, en défendant la loi travail de Madame EL KHOMRI et, quelques années plus tard, la loi DE ROBIEN qui, toutes deux, faisaient confiance à la négociation en entreprise dans les branches, bien entendu dans un cadre régulé. Alors que vous, souvent, et toujours pour une partie de votre groupe, vous êtes pour l’uniformité et ici vous condamnez cette loi au nom de la libre administration des collectivités. Parfois, certaines cohérences sont très difficiles à retrouver. Disons-le, avec Monsieur RABAUD, votre directeur général adjoint aux ressources humaines, et Martin DAVID-BROCHEN, votre Adjoint aux ressources humaines, sur cette question des 1 607 heures, vous avez pris le temps de l’écoute et de la négociation, vous avez pris en compte la question de la pénibilité, vous avez sur ce point donné corps et réalité au dialogue social. Il faut aussi dire que vous avez en face de vous, en partenariat avec vous – et ce terme est important, on parle de partenaires sociaux – des syndicats, dont en particulier la CFDT, qui ont effectué un vrai travail d’écoute du personnel, en questionnant chacun d’entre eux (3 700 questionnaires étant rendus sur 5 200 distribués), syndicats qui ont également élaboré des propositions constructives. Finalement, de fait, quoi que l’on pense de cette loi, cette loi et cette démarche de négociation concrète vont permettre ici dans cette Ville des avancées importantes pour les personnels dont les métiers sont classés en pénibilité. Alors, pas d’hésitation, nous voterons cette délibération, en souhaitant que les négociations prévues ce second semestre pour décliner le protocole d’accord direction par direction soient menées avec le même esprit de dialogue et de responsabilité en faveur des conditions de travail des agents et d’amélioration du service rendu aux Lillois. Je vous remercie. 128 Madame LINKENHELD - Merci. Madame DELACROIX. Madame DELACROIX - Madame le Maire, chers collègues, À peine sortis de ce dernier confinement, nous voici confrontés aux conséquences néfastes de la loi dite de transformation de la fonction publique votée par la Majorité présidentielle contre l’avis de nombreux parlementaires. Beaucoup d’entre eux se sont en effet exprimés pour dénoncer une fragilisation du service public, avec un objectif affiché de 120 000 suppressions de postes, une mise en cause des statuts au profit de l’individualisation des situations, de la flexibilité et d’atteinte aux droits des salariés. Ce soir, c’est un autre aspect de cette loi qui est l’objet de la délibération, celui de la durée du temps de travail. Oubliés les hommages rendus aux agents des services publics et à leur mobilisation pour atténuer au maximum les conséquences les plus négatives de la pandémie. Oubliés ces agents qui, parfois au péril de leur santé, ont permis la continuité du service public dans de nombreux domaines pour maintenir le lien, pour permettre de venir au secours des plus isolés, des plus vulnérables, pour assurer la scolarisation de nos enfants et j’en passe. Avec cette loi, le monde d’après vu par le Gouvernement ressemble à celui d’avant. Cette loi est critiquable en ce qu’elle induit une remise en cause des acquis et des conquis sociaux. Tout ce qui a été concédé, négocié, obtenu en termes de temps de travail est rayé d’un trait de plume. Elle participe également au dénigrement des agents de la fonction publique, laissant supposer qu’ils ne travaillent pas suffisamment, alors même que le rapport 2020 de la Direction Générale des Collectivités Locales sur les conditions de travail indique que les agents de la fonction publique à temps complet déclarent une durée habituelle hebdomadaire de 39,4 heures par semaine, soit une durée quasi similaire à celle des salariés du secteur privé qui se situe à 39,2 heures. Ce même rapport précise que, entre 2013 et 2019, tous versants confondus, la durée annuelle effective du temps de travail dans la fonction publique a augmenté de 1,2 %, soit 20 heures de plus entre 2013 et 2019. L’exigence du Gouvernement d’allonger la durée du temps de travail, avec des rémunérations inchangées, avec un point d’indice bloqué, correspond clairement à une diminution du salaire horaire, ce que nous ne pouvons cautionner. 129 C’est pourquoi nous, élus Communistes, voterons contre cette délibération. Nous entendons bien sûr les arguments selon lesquels la loi est la loi, mais nous savons tous que certaines lois ne sont pas respectées. La loi SRU sur le taux de logements sociaux dans les communes, la loi Besson sur les aires d’accueil des gens du voyage, toutes les lois sur l’égalité des droits et des chances pour les personnes en situation de handicap ne sont pas entièrement respectées, pour ne citer que quelques exemples. Quant à l’idée que le Préfet pourrait imposer sa loi si nous refusions de délibérer, nous continuons de penser que, si toutes les collectivités dont la sensibilité politique s’est exprimée contre ce texte dans les débats parlementaires refusaient de délibérer, une telle mesure serait impossible. Nous restons convaincus que toutes les grandes Villes, à l’exception peut-être de deux d’entre elles, pourraient contrecarrer cette loi injuste avant qu’elle ne soit applicable à l’échéance du 1er janvier 2022. Enfin, dernier élément, quoi qu’il en ait été dit, qui fait que nous refusons d’envisager la déclinaison locale de cette loi, celle-ci est de toute évidence en contradiction avec le principe constitutionnel qui lui est supérieur de libre administration des compétences et des ressources des collectivités. À l’heure où les revendications des salariés devraient inciter à limiter la durée légale du temps de travail et aller vers les 32 heures hebdomadaires, nous ne pouvons que nous exprimer contre cette délibération. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci. Je propose à Martin DAVID-BROCHEN de répondre à l’ensemble de ces interventions. Monsieur DAVID-BROCHEN - Je donnerai plusieurs éléments de réponse. Je voulais d’abord, peut-être pas rassurer, mais en tout cas redire que le combat politique et institutionnel contre l’application de cette loi dans les délais, nous l’avons mené. Que les uns et les autres, qui s’inquiètent ou font semblant de s’inquiéter sur la capacité de Martine AUBRY à se mobiliser contre une loi qui augmente le temps de travail, en soient ici rassurés. Nous l’avons mené individuellement dans nos mobilisations politiques, à travers des réseaux de grandes Villes comme France urbaine, avec différents tons de dialogue et d’échange avec les ministres concernés, y compris en soutien de collègues qui écrivaient à la Ministre et qui ont reçu des fins de non-recevoir extrêmement claires. Nous avons mené le combat politique pour ne pas avoir à appliquer cette loi. Ceci étant, les uns et les autres ici peuvent le comprendre, il est des combats politiques que l’on mène et que l’on gagne, il en est d’autres que l’on mène et que l’on perd. Par contre, quand on est en responsabilité, quand on a perdu, on applique la loi et on fait preuve d’un certain sens des responsabilités républicaines. 130 Je le dis notamment à ceux qui, aujourd’hui, voudraient questionner l’efficacité ou la réelle conclusion de ce dialogue social. Ce que les partenaires sociaux attendent dans un échange, c’est un peu d’honnêteté, de véracité et de constance dans les propos. Je dois dire que je suis un peu consterné par deux choses. Chacun jugera sur le fait que, lorsqu’on veut aspirer aux plus hautes responsabilités collectives du pays, on se dise qu’on peut se démarquer de la loi. C’est le premier sujet. Autre sujet, je suis consterné quand j’entends un propos nuancé ici dans l’hémicycle ou dans notre Conseil qui consiste à dire qu’on aurait pu faire mieux, que ce n’est pas si mal mais qu’on aurait pu bouger çà et là, avec une certaine nuance ou une modération qui contraste avec les discours enflammés qu’on proclame à l’extérieur du Conseil devant des manifestants. On ne peut pas dire dehors qu’on n’appliquera pas la loi, pour dire à l’intérieur qu’on aurait pu faire différemment. Ce sont des questions de principe, d’application et, je pense, de philosophie politique. Ensuite, j’en viens à la question du télétravail. La question du télétravail – vous l’avez d’ailleurs dit – est un mode d’organisation du travail. Elle n’est en aucun cas liée à la question du temps de travail, sauf à considérer que le télétravail a un impact sur l’intensité de ce travail, que l’on travaille moins ici et plus là-bas ; bref, sauf à mélanger tous les sujets, ce qui fait qu’à la fin, on n’y comprend plus rien, que l’on n’est d’accord sur rien et que ce soient les agents qui trinquent. Je préfère une certaine clarté. Une loi nous dit que l’on doit avoir un temps de travail, on la négocie et on l’applique. Par ailleurs, nous continuons et nous développerons l’expérimentation sur le télétravail dont vous avez parlé et que nous avons tous voté à l’unanimité ici il y a quelques mois. Je vous en remercie. Madame LINKENHELD - Merci. J’ajouterai que nous ne faisons pas partie de ceux qui se satisfont des lois qui ne sont pas appliquées. Je préfère que les lois que l’on considère comme bonnes, comme la loi de solidarité et de renouvellement urbain ou la loi sur l’encadrement des loyers, puissent être appliquées, quitte à ce que les lois que l’on considère comme plus mauvaises, que l’on a combattues politiquement mais dont on a perdu le débat politique, soient appliquées aussi. C’est la règle de la démocratie et de la République. Ceci étant dit, je vais mettre au vote la délibération sur le temps de travail, avant que nous entamions les autres délibérations dont je ne suis pas certaine qu’elles recueillent complètement les mêmes avis. 131 Qui s’oppose à la délibération 365 ? (Le groupe Lille Verte et les élus communistes) Qui s’abstient ? Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun durable et solidaire – hormis les élus communistes – et le groupe Faire Respirer Lille) La délibération 365 est donc adoptée, à contrecœur, mais elle est adoptée. Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte et les élus communistes votant contre. RELATIONS SOCIALES 21/366 Action sociale en direction du personnel Municipal - Aide à la restauration - Convention avec le CHRU. 21/367 Action sociale en direction des personnels - Aide à la restauration - Convention avec l'ESAT Imprim'Services pour une expérimentation de livraison de repas. 21/368 Attribution de subventions de fonctionnement aux organisations syndicales titulaires d'une convention d'occupation à la Bourse du Travail. 21/369 Union Locale des syndicats de la Confédération Nationale du Travail de Lille (CNT) - Subvention de fonctionnement. Adoptées. Je rends la parole à Martin DAVID-BROCHEN pour nous parler de ses autres sujets. RESSOURCES HUMAINES 21/364 Mesures d’amélioration des conditions d’emploi d’agents en situation précaire. Monsieur DAVID-BROCHEN.- C’est donc maintenant avec un enthousiasme non dissimulé que je vais présenter cette délibération sur l’amélioration des conditions d’emploi et de rémunération d’un certain nombre de nos agents, enthousiasme car c’est cette fois-ci une réelle délibération de progrès social que je soumets à notre Conseil. Le service public fait partie du patrimoine commun des Lillois. Déployer un service public de qualité et poursuivre le développement soutenable du territoire passent inévitablement par l’attention portée à la qualité des conditions d’emploi et la juste rémunération des agents de ce service public. Cette délibération, portant sur l’amélioration des conditions d’emploi et de rémunération d’un certain nombre d’agents de notre collectivité, poursuit ainsi deux 132 objectifs : d’abord, améliorer le service public rendu aux Lillois grâce à une meilleure stabilité de la situation des agents, notamment de celles et ceux qui travaillent auprès de nos enfants ; ensuite, améliorer concrètement la vie de certains agents, en termes de contrat, de rémunération, de ces agents en situation précaire. En améliorant ces situations, nous participons au progrès social de notre territoire et à l’amélioration de leur pouvoir d’achat. Là encore, l’ensemble de ces dispositions et de ces harmonisations concerne les communes de Lille, Lomme et Hellemmes. Ainsi, je vous propose : Dans le secteur de l’éducation : - des mesures qui concernent 135 agents, o 74 stagiairisations, c’est-à-dire passages au statut de fonctionnaire d’agents qui sont aujourd’hui en situation d’agent contractuel. o 60 transformations de situations contractuelles précaires en situations contractuelles plus stables et en augmentant leur temps de travail, notamment du personnel féminin. - la prise en charge des repas des agents vacataires lors des ALSH, ainsi que l’amélioration de la gestion des rémunérations pour éviter que nous fragilisions nous-mêmes les agents par notre système de paye. Dans le secteur de la culture : - nous pérennisons en CDI plusieurs agents qui sont actuellement en CDD sur des postes permanents depuis plusieurs années. Enfin, dans le secteur de la petite enfance : - nous prenons des dispositions importantes concernant les assistants maternels, qui sont dans les faits des assistantes maternelles – pour reprendre une thématique citée tout à l’heure. Ainsi, ces agentes, qui étaient en contrat à durée déterminée, passent toutes en contrat à durée indéterminée ; - nous modifions le régime des indemnités spécifiques qu’elles peuvent percevoir, afin que, lorsque les enfants sont absents à cause des parents, elles puissent garder une rémunération ; - nous alignons les jours de congé pour cause exceptionnelle sur la situation de l’ensemble des agents de la collectivité. Ainsi, par l’ensemble de ces mesures, plus de 200 agents de notre collectivité voient leur situation s’améliorer. Comme quoi le progrès social est toujours possible. Nous sommes convaincus que ces dispositions confortent l’action de notre Ville et le service public que nous rendons aux Lillois, Lommois et Hellemmois. 133 Madame LINKENHELD - Merci. Bernard CHARLES, vous avez la parole. Monsieur CHARLES - Vous affirmez dans la délibération que « la déprécarisation ou l’amélioration des conditions d’emploi d’un certain nombre d’agents en situation précaire (contrats courts, rémunération sur état d’heures, temps de travail et rémunération mensuelle faible) est une priorité du mandat » et que vous avez obtenu de la part des syndicats réformistes un avis favorable de la CFDT, de FO, de SAI et l’abstention de la CGT. Eh bien, tant mieux, tous ces syndicats vous avaient alertés depuis de longues années. Tout élu de terrain rencontrant régulièrement des agents concernés, qui voyaient leurs contrats courts régulièrement renouvelés sans déboucher sur une pérennisation, ne pouvait ignorer cette anormalité. « Priorité du mandat » écrivez-vous. Très bien. Nous regrettons néanmoins que cela vienne seulement au début du quatrième majorat de Madame le Maire. Étonnant pour une Ville qui se réclame de la gauche. En tant que social-démocrate lillois, je ne peux que me féliciter que la Ville ait pris, en négociant, ces mesures concrètes de déprécarisation. Mais ne vous arrêtez pas en si bon chemin, réglez avec les partenaires sociaux les situations qui demandent encore à l’être. Quand les actes sont cohérents avec les paroles, quand on sort des postures et des incantations, quand le réformisme et le progressisme sont au rendez-vous, c’est bien et cela peut redonner confiance en la parole politique. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - J’ai l’impression que, malgré l’heure tardive, le petit concours de tout à l’heure a redémarré, mais je vais faire comme si je ne l’avais pas remarqué et passer au vote cette délibération de déprécarisation en faveur de 200 agents. Qui est pour ? (Unanimité) La délibération est donc adoptée. Adoptée. 21/363 Organisme de Foncier Solidaire de la Métropole Lilloise - Convention de mise à disposition de personnel. Le Conseil Municipal prend acte. 134 Je passe à nouveau la parole à Martin DAVID-BROCHEN sur l’économie sociale et solidaire. ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE 21/361 Stratégie de développement de l’économie sociale et solidaire 2021-2026 - Délibération-cadre. Monsieur DAVID-BROCHEN - Pour un intervalle, pour ne pas trop vous ennuyer avec un monologue, on peut lancer une petite vidéo d’introduction. (Projection d’une vidéo) Madame LINKENHELD - Très belle conclusion sur cette vidéo que je ne peux qu’approuver. Martin DAVID-BROCHEN, à vous. Monsieur DAVID-BROCHEN - Merci. (Projection de diapositives) Tout d’abord, quelques rappels de ce qu’est l’économie sociale et solidaire et notamment à Lille. Je vais vous donner trois types de définition de l’économie sociale et solidaire, en espérant ne pas être trop rébarbatif à cette heure tardive. D’abord, une définition par le chiffre qui donne la réalité économique et sociale de ce secteur de l’économie : l’économie sociale et solidaire à Lille, c’est 1 243 établissements, 17 835 salariés, soit quasiment 12 % des salariés de notre territoire. C’est donc un véritable secteur économique et social dont il est question aujourd’hui. Ensuite, l’économie sociale et solidaire, c’est une philosophie, un modèle. Vous me permettrez ici de citer ou de paraphraser un dirigeant politique qui, lors d’un congrès de son parti politique il y a quelques années, définissait ainsi son idéologie, mais qui, je crois, peut s’appliquer à l’économie sociale et solidaire. Il disait que son idéologie était née sur le terrain des réponses concrètes apportées par les travailleurs aux difficultés de leur vie dans les souffrances engendrées par l’exploitation sauvage qu’ils subissaient. Ils ont créé des mutuelles pour se garantir contre les maladies, des coopératives pour tenter de voir s’ils ne pouvaient pas produire sans subir l’autorité monarchique du patron et ils ont créé des bourses du travail pour se protéger contre le racket des loueurs d’hommes. Ces réponses étaient concrètes, localement efficaces et décentralisées. 135 C’est ainsi cette philosophie que partage l’économie sociale et solidaire qui a été reconnue par la loi de 2014 selon plusieurs critères et c’est là la définition plus juridique que je voulais enfin vous proposer : - les acteurs de l’économie sociale et solidaire sont des acteurs qui s’inscrivent d’abord dans le champ de l’utilité sociale ; - ensuite, ce sont des acteurs qui déploient cette activité par un modèle économique viable ; - ce sont également des structures dans lesquelles la gouvernance démocratique est au cœur. Il s’agit ici de reprendre les choses là où Jaurès les avait laissées : à quoi bon parler de modèle démocratique quand la démocratie s’arrête aux portes de l’atelier ; - ce sont enfin des modèles qui fonctionnent sur la lucrativité limitée. C’est donc l’ensemble des critères qui définissent les structures que nous pouvons inclure dans l’économie sociale et solidaire et que nous voulons accompagner à Lille. L’économie sociale et solidaire à Lille, c’est une longue histoire. Ce sont plusieurs Plans locaux de développement depuis quelques années, le dernier datait de 2016-2020. Il n’est pas de bonne politique publique qui se conçoive sans avoir d’abord été évaluée. Ainsi, nous avons commencé l’année par évaluer le dernier Plan local de développement. Nous ne l’avons pas fait en chambre, nous l’avons fait avec l’aide d’un cabinet extérieur et nous l’avons fait avec l’ensemble des acteurs du territoire qui ont bien voulu nous accompagner dans cette démarche et qui étaient réellement intéressés. Ainsi, plus de 80 structures ont répondu à un questionnaire ; plus de 120 personnes ont été présentes à plusieurs ateliers de construction collective ; nous avons consulté et échangé avec l’ensemble des collectivités territoriales partenaires et des représentants des réseaux. Tout cela a permis de faire le bilan de la politique ESS à Lille, mais aussi d’en tracer les perspectives. Quel est ce bilan dans les chiffres ? - 78 projets soutenus ; - une spécificité lilloise : 62 % des projets ESS soutenus sont dans nos quartiers prioritaires. Cela montre bien que, là encore, la transition économique, écologique, le développement soutenable passent par la justice sociale ; - ce sont évidemment des projets transversaux soutenus bien souvent par plusieurs délégations. Tous ces acteurs et réseaux réunis sont arrivés à fixer une ambition commune, qui n’est pas tant l’ambition de la collectivité pour l’ESS à Lille, mais qui est bien l’ambition partagée des acteurs de ce secteur de l’économie pour le territoire lillois. Cette ambition est de faire de l’économie sociale et solidaire le levier de la transformation soutenable du territoire. 136 Ainsi, derrière ce slogan qui définit la stratégie ESS 2021-2026, se développent quatre axes. Le premier axe, « soutenir et financer des solutions pour la transition, de leur amorçage à leur changement d’échelle », inclut plusieurs évolutions dans notre politique publique : - développer de nouveaux leviers de financement pour l’amorçage des projets économiques collectifs innovants ; - là où nous étions jusqu’à présent dans l’aide essentiellement à l’amorçage, nous proposons de faire évoluer nos dispositifs pour être en capacité d’accompagner les projets et les structures dans l’ensemble de leur cycle de vie, du pré-amorçage au changement d’échelle. C’est ainsi que nous souhaitons voir naître plus de projets pour plus de créations d’utilité sociale, pour plus de création d’emplois à Lille ; - accompagner le changement d’échelle des structures de l’économie sociale et solidaire pour maximiser l’impact de ces structures et de ces projets pour la vie des Lillois et des Lilloises ; - expérimenter de nouveaux outils financiers ; - c’est également constituer un club de financeurs locaux de l’ESS. Je le rappelle, l’économie sociale et solidaire ne fait pas à proprement parler partie des compétences de notre collectivité, mais relève bien des compétences à la fois de l’État, du Conseil Régional et de la Métropole. Cela ne nous empêche pas de mobiliser les financeurs sur le territoire, qu’ils soient publics ou privés, pour accompagner le développement de ces projets. La Ville de Lille était pionnière en matière d’investissement dans les SCIC, ces sociétés coopératives d’intérêt collectif. Il s’agit, dans les années qui viennent, de structurer et d’être de nouveau en avance en structurant une véritable stratégie de participation et d’investissement de la Ville dans nos SCIC. Savoir quand investir, savoir quand se retirer du capital, savoir quand recapitaliser pour aller au changement d’échelle, c’est notre objectif. Deuxième axe, « accompagner les initiatives économiques solidaires remarquables » : - c’est raisonner en filières économiques, afin d’explorer les opportunités de développement d’activités d’utilité sociale et environnementale sur notre territoire ; - c’est également promouvoir la production locale et circulaire. L’exemple qu’Arnaud DESLANDES donnait plus tôt dans ce Conseil sur Fou de coudre et la production textile à Lille-Sud en est une bonne illustration. Si j’ai commencé par définir les champs de l’économie sociale et solidaire, ce n’était pas pour tracer des barbelés autour d’un secteur et pour dire qu’il ne devait pas en sortir, c’est pour définir les choses afin de mieux faciliter les coopérations entre les entreprises classiques et l’ESS, car c’est de ces échanges, de ces hybridations et de ces 137 coopérations économiques que naîtra le véritable changement économique que nous appelons de nos vœux. Enfin, autre ambition qui a été évoquée dans la vidéo : embarquer avec nous les acteurs de l’économie sociale et solidaire dans la coproduction de politiques publiques économiquement et socialement innovantes. Quand on dit « coproduire », cela veut dire qu’on ne se contentera pas de recevoir des gens qui ont des projets qui arrivent à maturité et de les accompagner dans leur déploiement, il s’agira bien pour nous, collectivement, et j’en profite pour lancer un appel à mes collègues… Nous avons tous dans nos sujets des besoins sociaux qui ne sont pas satisfaits par le secteur économique classique ou par les services publics sur notre territoire ; construisons ensemble les réponses en demandant et en accompagnant les acteurs de l’économie sociale et solidaire qui peuvent développer des modèles économiques et sociaux innovants pour répondre à ces besoins. C’est également faciliter l’apprentissage des valeurs coopératives et l’engagement dans l’économie sociale et solidaire dès le plus jeune âge, chère Charlotte, notamment dans les écoles, à l’occasion des mois de l’ESS à l’école. C’est, enfin, évidemment, accélérer le développement d’activités économiques dans les quartiers prioritaires ; là encore, transition économique ira de pair avec la justice sociale. Enfin, l’axe 4 est l’importance d’animer le territoire pour faire rayonner la communauté ESS. Les acteurs et les porteurs de projets d’entreprises lilloises sont souvent pionniers, nous devons les mettre en avant, nous devons les accompagner, nous devons les faire rayonner au-delà de notre territoire. Enfin, tout cela n’est possible qu’avec une ambition financière. Je vous propose donc un budget de 700 k€ pour accompagner cette stratégie sur l’ensemble du mandat. Je vous en remercie. Madame LINKENHELD - Merci, Monsieur DAVID-BROCHEN. Je passe la parole à Maël GUIZIOU et, ensuite, ce sera Ingrid BRULANT- FORTIN. Monsieur GUIZIOU - Madame le Maire, mes chers collègues, Le groupe Lille Verte tient à saluer ce soir la stratégie-cadre sur l’économie sociale et solidaire que vous nous présentez aujourd’hui. Nous remercions les services, et particulièrement Christophe DUCROCQ et Adeline FRANZETTI, pour le travail accompli. Vous l’avez rappelé, l’ESS tient une place importante dans notre Ville en termes d’emploi et d’activité, une place importante et historique, puisque depuis 2001, les écologistes lillois ont tenu à apporter et à coconstruire cette nouvelle politique de soutien et de promotion des acteurs de l’ESS. 138 Sans nier l’importance de la question de l’emploi, il s’agit pour nous de porter un autre modèle économique qui promeut l’innovation, l’utilité sociale, le partage et la solidarité, une économie au service des hommes, des femmes, de l’environnement, et non de quelconques profits financiers. Pour revenir à ce que vous nous présentez ce soir, la continuité de cette nouvelle stratégie-cadre avec le travail réalisé par notre collègue Christiane BOUCHART depuis 2001 ne nous a pas échappé. Nous notons même que votre posture a changé, Madame le Maire – même si Madame le Maire est absente –, par rapport à certaines propositions qui ont pu être faites il y a quelques années, et nous nous en réjouissons. Parmi ces propositions, nous relevons notamment la participation de la Ville au pré-amorçage de financements, notamment en complément du fonds FIDES. Nous saluons également votre volonté de soutenir les SCIC. Au-delà de votre soutien, il nous semble important de les promouvoir comme des acteurs majeurs dans leurs domaines respectifs. Nous pensons notamment aux SCIC dans le champ de la petite enfance, qui ont besoin d’être mises en avant plutôt que de faire face à une difficile concurrence du privé, concurrence que vous semblez privilégier. Outre les SCIC, un soutien plus important aux pôles territoriaux de coopération économique serait pertinent, d’autant que la Secrétaire d’État chargée de l’ESS, Olivia GRÉGOIRE, met en place des moyens pour leur création et leur développement. D’un autre côté, nous aurions souhaité avoir un fléchage plus précis du budget alloué à ce Plan et regrettons l’absence d’indicateurs précis pour l’évaluation de chaque objectif, comme c’était le cas dans le mandat précédent. Comment évaluer le soutien apporté à la monnaie locale, par exemple ? Comment évaluer votre objectif d’accélérer la commande publique responsable ? Nous serons donc très attentifs aux différents bilans annuels qui nous seront présentés. Pour revenir sur la commande publique responsable, nous souhaitons exprimer un point de vigilance sur le schéma des achats responsables, une initiative louable, d’autant que la Ville de Lille n’était pas obligée réglementairement d’en réaliser un. Cependant, dans la continuité des mandats précédents, où nous nous étions abstenus la dernière fois au vote du schéma au mandat précédent, ce schéma n’a pas été coconstruit et mériterait d’intégrer une réelle transversalité entre les différentes délégations. À la MEL, par exemple, le schéma mis en place par Marc GODEFROY avait réuni autour d’une même table les différentes vice-présidences concernées. Nous faisons le vœu qu’au plus tôt dans ce mandat, ce schéma soit de nouveau travaillé, pour devenir un schéma pluriannuel, porteur de sens, avec des objectifs transversaux concrets et chiffrés, accompagné d’indicateurs d’évaluation. Nous voterons donc pour cette stratégie-cadre et resterons attentifs à sa bonne mise en œuvre. 139 Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci. Simplement, puisque le petit concours est décidément vraiment ouvert sur celui qui a dit avant, celui qui a mieux fait, celui qui n’a pas fait, pour témoigner au nom de Martine AUBRY qui, en effet, n’est plus avec nous ce soir, que je crois que sa confiance en Christiane BOUCHART a été constante et que s’il y a une élue écologiste, comme d’autres d’ailleurs, dont Martine AUBRY a souvent dit qu’elle appréciait le travail et la contribution, c’est Christiane BOUCHART. Je ne crois pas que l’on puisse adhérer aux indications, pour ne pas dire aux contrevérités, que vous avez indiquées à l’instant. Cette confiance de Martine AUBRY dans l’économie sociale et solidaire est constante sur le fond, à travers les élus, et nous sommes très heureux qu’aujourd’hui, ce soit Martin DAVID-BROCHEN qui puisse porter avec force et conviction – il vient de le montrer – cette belle délégation qui continuera, encore une fois, au nom du développement soutenable, à faire l’objet de toute notre attention. Je pourrais ajouter également qu’il n’y a pas que Martine AUBRY qui a témoigné tout au long de ces années sa confiance dans la politique de l’ESS et dans la manière dont elle a pu être portée par son adjointe, il y a aussi Pierre de SAINTIGNON, dont chacun reconnaîtra ici que c’est main dans la main avec les élus de l’ensemble de ces questions économiques, et notamment celle à l’économie sociale et solidaire, qu’il a travaillé. Cette petite précision étant faite, je donne la parole à Ingrid BRULANT-FORTIN. Merci. Madame BRULANT-FORTIN - Merci beaucoup. Notre Conseil est appelé à voter ce soir la stratégie lilloise de développement de l’économie sociale et solidaire, cette économie différente, cette économie qui cherche à concilier performance économique et utilité sociétale, une économie à part entière, qui pèse 10 % de la production de richesse annuelle en France et 14 % de l’emploi privé, 12 % à Lille. Ce soir, nous en profitons pour saluer tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire de Lille, tous ces entrepreneurs, ces associatifs, qui s’engagent, qui proposent un autre modèle. Cette économie, chers collègues, c’est tout sauf une sous-économie ou une économie de substitution. L’économie sociale et solidaire, parce qu’elle mélange performance économique, impact social et transformation écologique, nous montre le chemin ; à nous de la soutenir et de la promouvoir par tous moyens. Nous retrouvons malheureusement dans cette délibération-cadre beaucoup d’autosatisfaction. Regardons ce qui se fait ailleurs et nous verrons combien notre Ville a du travail pour accompagner plus fort l’ESS. Le bilan dressé par le cabinet que nous avez cité est, sur certains aspects, assez sévère. Il est regrettable de ne voir dans la 140 documentation qui nous a été soumise aucun benchmark, aucune inspiration d’autres Villes bien plus en avance et audacieuses que Lille sur l’ESS. Allons voir les réussites nationales inspirantes, regardons ce qui se fait depuis des années à Lyon avec Ronalpia, à Narbonne avec IN’ESS, à Nantes avec les Ecossolies. Nous notons aussi une contradiction entre dire, Monsieur l’Adjoint, que le développement économique n’est pas de la compétence de la Ville et afficher une stratégie pour l’ESS aussi noble, aussi large, avec des intentions que, certes, nous partageons, mais les 20 objectifs de votre feuille de route que nous avons étudiée attentivement nous semblent trop généraux. Pour faire court, parce qu’il est, je crois, presque minuit, pour voter avec vous cette feuille de route, et donc nous allons devoir nous abstenir ce soir, il nous aurait fallu – et mon collègue vient de le dire, il n’y a pas d’indicateur – des objectifs resserrés et chiffrés. Rien sur ces 45 pages sur votre ambition en nombre d’emplois ou d’entreprises créées à l’horizon 2023 ou 2026, pas d’indicateur, nous le disions. Enfin, c’est une feuille de route presque hors sol que vous nous proposez ce soir, car il n’y a pas un mot sur le contexte post-Covid, pas un mot de la politique nationale, notamment le dispositif de secours UrgencESS existant pour aider les petites associations en difficulté. Dans un souci d’être évidemment constructif, deux propositions pour conclure rapidement. Premièrement, mettons le paquet sur le financement. Vous écrivez que vous allez « réaliser une étude sur les outils financiers innovants à activer en tant que Municipalité » ; regardons effectivement les outils innovants de la Fondation Break Poverty, qui mobilise des mécènes privés sur des territoires à fort taux de pauvreté, regardons ces Villes qui parviennent à mobiliser financements publics, mécènes et investisseurs dits « à impact » partout en France, pour réellement, ensemble, faire passer à l’échelle cette économie du bien commun. Deuxièmement, et j’en ai presque fini, nous sommes tous d’accord et nous l’avons entendu dans la vidéo pour dire que la Ville a un levier extraordinaire pour booster l’ESS : la commande publique. Quelle est la part de l’ESS aujourd’hui ? Nous ne la voyons pas dans la stratégie. Quels objectifs pouvons-nous nous donner ? Rien non plus dans votre stratégie. Pourquoi ne pas solliciter la plateforme ESS 2024 qui a été créée par la Ville de Paris pour soutenir la commande publique en faveur de l’ESS dans le cadre des JO ? Nous pourrions essaimer cette méthode à Lille. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci, Madame BRULANT-FORTIN. 141 Je passe la parole à Martin DAVID-BROCHEN pour quelques éléments de réponse. Monsieur DAVID-BROCHEN - Sans être trop long, mais comme quoi n’est pas toujours hors sol celui qui prétend l’être et qu’il ne suffit pas de placer des mots-clefs comme « inspirant » ou « benchmark » pour être pertinent dans un certain nombre d’éléments d’analyse des politiques publiques. Non seulement le parangonnage que vous appelez de vos vœux a été partie intégrante de l’évaluation, il a été au cœur de plusieurs ateliers, nous avons travaillé, le cabinet a travaillé, pour mettre en œuvre un certain nombre d’éléments. Par exemple, quand vous parlez de Ronalpia, qui est un incubateur régional, dont c’est la compétence, je peux vous dire qu’il aurait été mensonger de ma part de dire qu’on allait faire un incubateur comme Ronalpia, mais si vous avez lu les documents avec attention, vous avez vu qu’on accompagnera et qu’on essayera d’être à l’initiative de création ou d’accompagnement d’incubation sur le territoire avec les collectivités dont c’est la compétence. Alors, cela claque peut-être un peu moins, mais en fait, c’est la même chose, sauf que nous, nous le ferons ! Quand vous parlez de la Fondation Break Poverty, mais c’est une bonne idée ! Je vous propose d’aller en discuter avec Arnaud DESLANDES qui les a reçus il y a quelques jours et avec qui nous allons suivre ensemble leurs travaux, donc allons-y, faisons cela ensemble, travaillons encore un peu les dossiers et, dans le doute, soutenons les projets et les dynamiques, même si on trouve qu’ils ne vont pas assez loin, plutôt que d’être dans l’abstention, chose que j’ai du mal à comprendre ce soir, pour ma part. Madame LINKENHELD - Voilà, et je précise que les délégations de service public n’empêchent évidemment pas les SCIC de crèches d’y répondre, bien au contraire, et nous serions bien heureux que les réponses viennent justement du privé, de l’économie sociale et solidaire pour remplir nos missions de service public. C’est aussi à cela que servent les SCIC. Cela étant dit, qui est pour cette délibération ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Lille Verte) Qui s’abstient ? (Le groupe Faire Respirer Lille) Qui vote contre ? Adoptée, le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. La délibération est adoptée. 21/362 Plan local de développement de l'Economie Sociale et Solidaire - Subvention à l'association Little Big Women. Adoptée. Il nous reste deux sujets et un vœu. Je passe la parole à Didier JOSEPH- FRANÇOIS et il y aura une intervention de Vanessa DUHAMEL dans la foulée. 142 Chemise 35 PATRIMOINE Rapporteur : Didier JOSEPH-FRANCOIS Conseiller Municipal délégué 21/381 Restauration de couverture ou de mise hors d’eau des églises du Sacré Cœur, Saint Pierre Saint Paul et Saint Michel – Avenants n° 1 aux marchés de maîtrise d’œuvre. Monsieur JOSEPH-FRANÇOIS.- Je vous remercie, Madame le Maire. Mes chers collègues, En cette heure très matinale d’une nouvelle journée, je vais devoir vous parler, effectivement, d’un avenant n° 1 au marché de maîtrise d’œuvre concernant trois bâtiments que sont les églises du Sacré Cœur, Saint Pierre Saint Paul et Saint Michel. « Avenant de maîtrise d’œuvre » veut dire honoraires d’architecte. Au lieu de parler des honoraires d’architecte, je m’emploierai plutôt à parler des travaux qui sont consécutifs à ces honoraires d’architecte. La Ville de Lille a choisi de travailler avec un architecte maître d’œuvre en patrimoine, de manière à vérifier sur les édifices les éléments d’information qu’ils avaient à leur disposition et à pouvoir engager et mettre en œuvre les travaux. Cela a donné lieu à des modulations sur ces estimations préalables et à une remise à plat d’un certain nombre de propositions qui avaient été faites, notamment sur l’église du Sacré Cœur, où ce qui avait été envisagé sur les chéneaux de toiture notamment et sur le remaniement de toiture s’est soldé par de nouvelles dispositions concernant la remise en forme définitive des chéneaux existants sur la totalité de la couverture, plus un remaniement de toiture permettant la mise hors d’eau et permettant également un investissement durable, puisque s’il restera des travaux à réaliser sur l’ensemble de la toiture, l’ensemble des chéneaux seront réalisés pour durer sur des dizaines d’années prochaines. Les travaux, qui là, avaient été estimés à 1,5 M€, ont été réduits à 1 M€ et cette économie permettra effectivement de compenser des suppléments qui apparaissent sur d’autres bâtiments, dont l’église Saint Michel. Sur l’église Saint Michel, des désordres avaient été constatés dans la charpente, notamment sur les pieds de charpente, et cela s’est accentué en octobre 2020, nous avons dû effectivement prendre un arrêté de fermeture de l’établissement suite à des dégradations intervenues sur des pieds de charpente dans les bas-côtés et les expertises qui ont eu lieu ensuite ont montré qu’il fallait intervenir de manière plus conséquente que ce qui était prévu, donc les travaux sur ce bâtiment, ayant été estimés à 2 M€ au début, sont passés à 2 750 k€, mais nous avons résolu le problème partiellement, pour l’instant, en permettant la réouverture de l’église et en condamnant un certain nombre de lieux susceptibles d’effondrement de la charpente sur les bas-côtés. 143 Troisième bâtiment important : Saint Pierre Saint Paul. Je parlerai sur deux éléments : le bâtiment général et l’épisode que nous avons connu le 3 mai, hélas, de cet incendie de la sacristie. Sur l’église Saint Pierre Saint Paul, il était prévu une suite des travaux après des reprises de charpente qui ont eu lieu l’année dernière, l’église avait été rouverte. Les travaux prévus étaient la réfection complète de la toiture et des façades, avec, évidemment, des discussions avec l’Architecte des bâtiments de France sur la nature des matériaux à poser en toiture. Cela a été à l’origine de l’ardoise, cette ardoise avait été remplacée par de la tuile rouge et nous avons conclu avec l’ABF de l’utilité d’installer des tuiles de couleur noire, de manière à respecter la couleur d’origine sans en avoir le matériau, ce matériau accompagnant une mise en place de panneaux solaires sur le versant sud-ouest, qui est le versant bien éclairé, qui sera orienté du côté de la place Nouvelle-Aventure. Ces panneaux solaires permettront une installation électrique qui permettra une utilisation vers les équipements de la Ville, et notamment la salle d’armes qui se trouve installée dans la crypte de cette église. Concernant les suites de l’incendie, qui a été très précisément réduit à la sacristie, nous sommes toujours dans l’attente du rapport de la Police scientifique, qui doit faire état du rapport que lui a remis le Service départemental d’incendie et de secours après son intervention. Ce rapport n’a pas été connu. Une réunion a eu lieu hier et le représentant des assureurs de l’évêché, allocataire du bâtiment, a souhaité demander un document nouveau intitulé « Recherche complémentaire de circonstances d’incendie » (RCCI), c’est-à-dire qu’il faut aujourd’hui, pour cet assureur, mandater un cabinet d’expertise, le trouver et que ce cabinet puisse intervenir dans le bâtiment. Cette demande interrompt le processus qui avait été engagé avec la paroisse et par les services de la Ville, le service Patrimoine, de manière à faire au plus vite la mise en œuvre de réfection du réseau électrique et des travaux qui permettraient la réouverture de l’église en déménageant l’usage de la sacristie aujourd’hui brûlée vers ce qui fait office aujourd’hui de chapelle des baptêmes. Nous entrons dans une phase, le mois de juillet, puis le mois d’août, de congé pour l’ensemble des entreprises du bâtiment. Si nous avions une hypothèse de réouverture de Saint Pierre Saint Paul pour la première quinzaine de septembre, nous sommes aujourd’hui un peu dans l’impossibilité, devant des délais qui ne sont pas les nôtres et qui ne sont pas de notre fait, de ne plus avoir de date en tête ; ce sera peut-être 15 jours de plus, ce sera peut-être un mois, on ne sait pas ; c’est la nouveauté qui est intervenue depuis hier sur ce chantier. Madame LINKENHELD - Merci. Vous avez compris que pour des raisons d’assurance notamment, l’ouverture qui était espérée imminente de l’église Saint Pierre Saint Paul – sur laquelle il y aura aussi des panneaux solaires, mais c’était prévu avant – est plutôt reportée à la rentrée de septembre. 144 Madame DUHAMEL. Madame DUHAMEL - Ce sont de bonnes nouvelles que les projets de restauration des couvertures ; elles me conduisent à une réflexion que je voudrais partager en propos introductif : en profitera-t-on pour s’assurer de l’état des charpentes et remettre en fonctionnement les nombreuses cloches muettes depuis des années dans nombre de nos églises, faute de surveillance, de maintenance et de réparations nécessaires ? Saint Pierre Saint Paul de Wazemmes, à titre d’exemple, devait bénéficier de travaux de réfection de la toiture quand l’église a dû être fermée d’urgence le 19 juillet 2019, au motif que la charpente elle-même était attaquée et dangereuse. Dans le même état d’esprit, nous est venu aux oreilles un projet de désacralisation – ce que l’église romaine appelle sinistrement « l’exécration » – de plusieurs de nos édifices religieux, au motif de la faiblesse de leur fréquentation. Certains ont déjà été fermés au public, avec l’intention manifeste de prolonger cette situation ; songeons à Saint Sauveur, qui est fissurée et surveillée à grands frais, mais semble désormais stabilisée. Quand engagera-t-on les premiers travaux, qui permettront précisément d’économiser le coût de la surveillance et d’accueillir de nouveau les fidèles de ce quartier désormais privé de lieu de culte ? Il est incontestable que la fréquentation religieuse diminue ; difficilement contestable également que les églises lilloises sont mal entretenues, ou plutôt ne sont coûteusement réparées que lorsqu’elles menacent de s’effondrer, sauf à ce qu’on les ferme durablement, en espérant ainsi les effacer de la mémoire collective. Bien que l’évêque y soit plutôt défavorable, nul ne doute que vous poursuivrez sur le chemin de l’exécration faute d’un plan d’ensemble d’entretien et de rénovation. Gouverner, c’est prévoir, et plutôt que de laisser s’effondrer peu à peu des édifices qu’ainsi vous pourrez vendre, j’aimerais vous suggérer ce que la modernité appelle une démarche proactive : identifier un réseau d’églises lilloises de proximité, accessibles sans trajet prolongé des fidèles, y compris vieillissants et à mobilité réduite, et si d’autres ne peuvent véritablement échapper à l’exécration, les vendre lorsqu’elles sont encore en état de l’être pour en consacrer le prix à une remise en état parfaite et durable des édifices demeurant consacrés. Lorsque je dis « les vendre », je songe évidemment à des ventes accompagnées de cahiers des charges assurant la pérennité de l’aspect extérieur de ces édifices qui, depuis des siècles, sont inscrits dans notre paysage patrimonial. Souvenons-nous d’ailleurs, au passage, que ces églises furent financées par les deniers des fidèles et étaient entretenues à l’aide des revenus des propriétés du clergé catholique qu’on a dépossédé sans indemnité de son patrimoine pour juger aujourd’hui qu’il coûte bien cher à préserver. 145 Les restaurations devraient, en outre, être accompagnées d’une mise en valeur touristique. Notre-Dame de Fives, par exemple, récemment restaurée, est magnifique mais ignorée ; ce patrimoine public devrait être médiatisé par notre commune afin d’y attirer le plus grand nombre de passionnés d’architecture ou de patrimoine. Plus généralement, la vente comme les restaurations nécessiteraient d’y réfléchir globalement, en commençant par déterminer les besoins. Quand une étude générale de l’état, des besoins présents et futurs et des diverses options envisageables sera-t-elle présentée aux élus lillois, préalable indispensable à la planification de la sauvegarde de notre patrimoine religieux ? Paul VALÉRY écrivait en janvier 1929 dans sa « Petite Lettre sur les Mythes » : « Que serions-nous sans le secours de ce qui n’existe pas ? » Une chose est certaine : nous ne serons plus rien quand tout sera détruit. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci. Je crois que Marie-Pierre BRESSON voudrait réagir. Madame BRESSON - Madame DUHAMEL, vous n’êtes pas sans savoir, puisque vous assistez avec beaucoup d’assiduité aux commissions culture dans lesquelles sont notamment présentés les plans de préservation du patrimoine, que des groupes de travail sont en cours en associant justement le diocèse sur les travaux qui sont à définir, avec notamment pour objectif de prévenir les usagers que des travaux importants ont lieu ou auront lieu dans les églises que vous décrivez et qui, en effet, pour certaines d’entre elles, sont en mauvais état parce qu’elles ont été construites avec des matériaux faibles et qu’il faut effectivement y porter attention. J’ajoute que, pour celles d’entre elles qui sont ouvertes – puisque vous parlez de la valorisation du patrimoine –, le diocèse est associé à des activités qui peuvent avoir lieu dans les églises, je pense notamment à des concerts. Vous savez tout cela pertinemment. Pour ce qui concerne l’église Saint Pierre Saint Paul, qui est la dernière et qui avait fait l’objet d’une campagne de restauration très importante, la Ville consacre 10 M€ par an à la restauration des églises. Dans ces conditions-là, nous sommes évidemment désolés que cette église ait pris feu, les travaux qui sont engagés permettront de la rouvrir aux fidèles. Vous assistez suffisamment aux travaux de la commission pour savoir qu’une grande attention est portée à ce patrimoine. Madame LINKENHELD - Je vais mettre aux voix la délibération présentée par Didier JOSEPH-FRANÇOIS. Qui s’abstient ? Qui est contre ? 146 Tout le monde vote pour (Unanimité). Adoptée. Merci. PATRIMOINE 21/380 Patrimoine – Subventions aux associations 2021. Adoptée. Madame LINKENHELD - Valentin MARTIN va nous parler du savoir nager. Chemise 25 DEVELOPPEMENT DU SPORT SCOLAIRE Rapporteur : Valentin MARTIN ET PERISCOLAIRE Adjoint au Maire 21/371 Action d’apprentissage de la natation – Recherche de financements dans le cadre de l’appel à projets « J’apprends à nager » de l’Agence nationale du sport. Monsieur MARTIN - Madame la Première Adjointe, chers collègues, Comme vous le savez, cette année a été une année très difficile pour le sport et pour les élèves du fait de la crise sanitaire, avec la fermeture des salles de sport et des piscines durant de nombreux mois. Je tiens d’ailleurs à saluer particulièrement l’énorme travail réalisé par la Direction des Sports en partenariat avec l’Education nationale pour s’adapter aux ouvertures et aux fermetures successives des équipements sportifs afin de permettre autant que faire se peut aux enfants de réaliser le plus de séances d’éducation physique et sportive possible cette année. S’il est encore trop tôt pour mesurer l’impact concret chez les enfants de cette fermeture des équipements sportifs, il est évident que celui-ci sera réel et important. Je pense particulièrement à l’apprentissage de la natation qui est une priorité que nous portons à la Ville de Lille. Savoir nager, mais aussi savoir se sauver, est un réel enjeu pour nos enfants. C’est un enjeu de sécurité et de santé publique puisque la noyade est l’une des premières causes de mortalité par accident chez les moins de 25 ans. C’est aussi un enjeu social car ce sont les enfants des classes populaires qui ont le plus de difficulté à savoir nager à la fin du CM2. C’est donc pour répondre à ce double enjeu sanitaire et social que la Ville de Lille s’engage très fortement sur l’apprentissage de la natation. Avec par exemple quatre 147 cycles de natation durant l’enseignement en premier degré, Lille est au-dessus des prescriptions de l’Education nationale en la matière. Évidemment, cette année, nous ne pourrons pas rattraper toutes les séances manquées du fait de la fermeture des piscines pour des raisons sanitaires, mais il était essentiel d’essayer de combler au maximum ce manque afin d’éviter qu’une grande partie d’une classe d’âge arrive au collège sans savoir nager. En plus de la décision de rendre toutes les piscines lilloises gratuites durant tout l’été, nous avons aussi travaillé de concert avec l’Education nationale pour, d’une part, identifier les classes prioritaires en cette fin d’année scolaire pour aller dans nos piscines et, d’autre part – et c’est le sens de la délibération soumise au vote de ce soir –, proposer aux enfants des quartiers prioritaires des stages de natation durant tout l’été qui seront gratuits, afin que ces derniers puissent apprendre à nager rapidement grâce à un encadrement renforcé et grâce à un nombre de séances ramassées en très peu de temps, c’est-à-dire 10 séances en deux semaines, soit une séance de natation tous les jours du lundi au vendredi. Dans ce cadre, nous vous proposons donc de répondre à l’appel à projets de l’Agence nationale du sport intitulé « J’apprends à nager » afin de prendre en charge une partie du financement de ces stages. Grâce à ces stages, 180 enfants lillois et lilloises des quartiers prioritaires pourront apprendre à nager cet été. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci beaucoup. Adoptée. Les vacances apprenantes, c’est aussi apprendre à nager. C’est une belle initiative. Je pense qu’elle n’appelle pas de remarques particulières. Il nous reste une dernière délibération avant le vœu que présentera Sylviane DELACROIX, qui était dans la chemise du Maire et qui concerne le Pacte de gouvernance proposé par la Métropole Européenne de Lille. Il y a une intervention de Maroin AL DANDACHI. 148 Chemise 1 Rapporteur : Martine AUBRY Maire de Lille 21/252 Avis du Conseil Municipal relatif au projet de Pacte de gouvernance de la Métropole européenne de Lille. Monsieur AL DANDACHI.- Madame le Maire, Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, Ce Pacte de gouvernance, sur lequel la Ville souhaite rendre un avis favorable, était l’opportunité d’un profond et nécessaire renouvellement de la gouvernance métropolitaine. Cette opportunité n’a pas été saisie. Nous pouvons, bien entendu, nous féliciter d’avoir mis cela à l’ordre du jour étant donné que ce n’était pas une obligation pour les communes de la métropole. Ce Pacte de gouvernance à la Métropole va conforter la place centrale des maires dans ses processus décisionnels, alors même que la loi « engagement et proximité » prévoyant l’adoption d’un Pacte de gouvernance par les intercommunalités dispose que : « les dispositions du code électoral relatives à l’élection des conseillers et des conseillères municipaux et des conseillers communautaires sont modifiées pour étendre l’égal accès des femmes et des hommes aux fonctions électives dans les communes et leurs groupements ». Seule une modification en profondeur du mode de scrutin, au profit d’un scrutin universel et direct, paraît à même d’atteindre cet objectif de parité au sein de notre instance métropolitaine. Ce Pacte conforte la distance entre la Métropole, les citoyens et les citoyennes, distance confortée par la disparition de deux propositions que nous avions formulées, la première qui consiste à la mise en œuvre d’interpellations citoyennes en Conseil métropolitain et la deuxième qui consiste à la mise en place d’une commission métropolitaine de débat public dans un objectif de faciliter les concertations qui, souvent, touchent des compétences métropolitaines. C’est en ayant le point de vue des citoyens et des citoyennes que nous pourrons ensemble toucher et atteindre l’ambition démocratique que nous souhaitons pour lutter contre l’abstention. Vous nous demandez ce soir de rendre un avis favorable alors que ce Pacte passe à côté de la possibilité d’un nouvel horizon démocratique pour les relations entre les citoyens, les citoyennes, la Ville de Lille et la Métropole Européenne de Lille. Hier soir, le groupe Métropole écologiste citoyenne et solidaire s’est abstenu en Conseil métropolitain. C’est pourquoi notre groupe Lille Verte s’abstiendra sur cette délibération. Je vous remercie. 149 Madame LINKENHELD - Merci. Il y a une intervention de Charlotte BRUN. Madame BRUN - Votre intervention est cohérente par rapport à celle d’hier puisque j’y retrouve la même posture d’opposition qui consiste à essayer de voir dans un document ce que vous avez envie d’y voir. Évidemment, vous pourriez me reprocher la même chose dans l’autre sens. Je trouve au contraire que ce mode de gouvernance qui nous est proposé par la Vice-présidente MOENECLAEY permet vraiment un bel équilibre entre le consensus qui s’appuie sur les exécutifs locaux – pas seulement les maires – en s’en donnant les moyens mais aussi sur la participation citoyenne. Personnellement, j’ai surtout vu dans ce document, que j’ai lu avec attention, une plus-value énorme, notamment de la part de l’ambition numéro 4 sur la participation citoyenne qui dote la MEL d’un certain nombre d’outils permettant aux citoyens de mieux s’approprier l’ensemble des politiques menées par la MEL, d’en avoir davantage l’information, mais surtout d’entendre les citoyens, que ce soit au travers de comités comme celui qu’Audrey a mis en place hier avec le haut conseil pour le climat, mais aussi tout simplement dans des projets concrets du quotidien. J’ai quand même l’impression que la Métropole – et il était temps, je partage votre impression de distance, mais, là, elle s’en donne les moyens – entend enfin le point de vue des habitants sur des projets du quotidien. Je pense tout simplement au projet du quartier que j’anime à Wazemmes où les habitants sont en train de façonner au crayon leur projet de réhabilitation de voirie. On a quand même franchi un cap intéressant et on est loin de la caricature que vous décrivez d’une Métropole qui tourne le dos à ses concitoyens. Je pense au contraire que ce Pacte – j’invite vraiment tout le monde à en prendre connaissance dans le détail – est nourri d’outils qui permettront à la Métropole de devenir une institution de proximité, charge à nous tous de faire dorénavant vivre ce Pacte. Madame LINKENHELD - Merci, Madame BRUN. Je vous propose de voter cette délibération. Qui s’abstient ? (Le groupe Lille Verte) Qui est contre ? Qui est pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Faire Respirer Lille) La délibération est donc adoptée. Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant. 150 21/250 Procès-verbal de la séance du 09 avril 2021. Adoptée. 21/251 Compte-rendu au Conseil Municipal des arrêtés pris en vertu des articles L. 2122-22 et L. 2122-23 du Code Général des Collectivités Territoriales. Le Conseil Municipal prend acte. 21/253 Instance de consultation de la fête foraine d'été - Modification de la composition. Adoptée. 21/254 Subvention à l'ordre des avocats du barreau de Lille. Adoptée. (Jérôme PIANEZZA, Franck HANOH et Nicolas LEBAS ne prennent pas part au vote.) 21/255 Cité Saint-Maurice - Prise d'un second et dernier Bail Réel Solidaire initial par la Ville de Lille pour la restructuration de trois immeubles en deux logements. Adoptée. (Stanislas DENDIEVEL et Anissa BADERI ne prennent pas part au vote.) Je passe la parole à Sylviane DELACROIX pour nous présenter le vœu concernant l’individualisation de l’allocation adulte handicapé ou plutôt la non- individualisation de cette allocation. Vœu du groupe Lille en commun, durable et solidaire pour l’individualisation du calcul de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) Madame DELACROIX - Madame le Maire, chers collègues, Lorsqu’il défend en 1974 la mise en place de l’allocation aux adultes handicapés, René LENOIR, alors secrétaire d’État auprès de la Ministre de la Santé Simone VEIL, précise que la dignité de tout homme dépend de son degré d’autonomie et que l’autonomie suppose des ressources suffisantes. Ce droit à l’autonomie est aujourd’hui largement bafoué en raison du mode de calcul de cette allocation versée aux personnes en situation de handicap dont le taux d’incapacité est au moins de 50 %. 151 Son montant en effet est calculé en tenant compte des revenus du bénéficiaire et de son conjoint. Si les revenus du couple dépassent un certain plafond, l’allocation est amputée proportionnellement ou n’est plus perçue par le bénéficiaire. Ces règles tendent à enfermer les personnes en situation de handicap dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur conjoint, particulièrement difficile à vivre. De nombreuses personnes en situation de handicap renoncent à vivre en couple dans la crainte de voir leur allocation diminuer, voire disparaître. D’autres, déjà en couple, ne peuvent décohabiter, si elles le souhaitent, faute de ressources propres et de délais trop longs pour récupérer une AAH à taux plein. Dans le cas de personnes en situation de handicap victimes de violences, cette dépendance financière peut s’avérer dramatique. S’extraire de situations d’abus et de violences s’avère très difficile. C’est pourquoi son individualisation constitue une demande de longue date des personnes en situation de handicap, réclamée par de très nombreuses associations. Cette demande est d’autant plus légitime que l’AAH n’est pas un minima social, mais une prestation d’autonomie. Elle relève du Code de la Sécurité sociale et non du Code de l’Action sociale et des familles. Je tiens à souligner que la pétition pour la déconjugalisation de l’AAH, publiée sur le site du Sénat, est la première à avoir dépassé le seuil des 100 000 signatures. L’individualisation de l’AAH proposée par la députée Marie-George BUFFET a rassemblé l’ensemble des groupes à l’Assemblée nationale, à l’exception de la République En Marche et du MODEM. Malgré cette quasi-unanimité et alors que la loi aurait pu être immédiatement votée et améliorer le sort de centaines de milliers de nos concitoyens, le Gouvernement, par la voix de la secrétaire d’État aux personnes handicapées, Sophie CLUZEL, a coupé court à tout débat en utilisant tous les subterfuges institutionnels possibles. Permettez-moi enfin de rappeler que les règles de calcul en vigueur sont contraires aux engagements de la France en matière de protection des droits humains. Selon la convention nationale consultative des droits de l’homme, la persistance du mode de calcul actuel va à l’encontre des principes de la convention internationale des droits des personnes handicapées et ne respecte pas les droits à la dignité, à l’autonomie, à la possibilité de faire librement ses propres choix, à disposer d’un niveau de vie adéquat. C’est pourquoi il nous a semblé important qu’une Ville aussi impliquée que Lille dans une démarche d’inclusion et d’égalité des droits puisse par ce vœu : - exprimer son soutien à la pétition en ligne sur le site du Sénat et inviter chacun à la signer ; 152 - appeler le Sénat à examiner en deuxième lecture la proposition de loi portant diverses mesures de justice sociale et à adopter des amendements permettant une individualisation du calcul de l’AAH ; - enfin, inviter le Gouvernement à se saisir de la question de l’inclusion des personnes en situation de handicap et à cesser sa stratégie de blocage de l’action parlementaire et d’individualisation des revendications associatives et citoyennes. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci, Madame DELACROIX. Je passe la parole à Violette SPILLEBOUT. Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, chers collègues, Le sujet complexe de la déconjugalisation de l’AAH et l’hystérisation des débats au niveau national nous appellent tous à l’humilité et au sérieux et certainement pas à amener, par un vœu d’un groupe politique, un débat national au cœur du Conseil Municipal de notre Ville qui n’en est pas le lieu. Notre groupe Faire Respirer Lille ne prendra donc pas part au vote. Derrière cette question se jouent en effet des questions profondes de notre modèle de société. Pour certains, dans le système actuel, les personnes handicapées ne sont pas reconnues comme autonomes et indépendantes, mais sont au contraire soumises à la dépendance envers la personne avec qui elles partagent leur vie. Pour d’autres, cette allocation est un minima social qui fait partie des mécanismes de solidarité nationale et qui considère chaque foyer de façon équitable comme un tout, pour l’attribution des aides sociales comme pour le calcul fiscal. Rien n’est simple. C’est pourquoi nous pouvons regretter le parcours quelque peu baroque de cette proposition de loi, pile au moment des élections, qui témoigne davantage d’une coalisation des oppositions et donc d’une manœuvre politique, que d’une initiative parlementaire sincère à l’endroit des personnes en situation de handicap et ce, d’autant plus qu’elle a peu de chance d’achever réellement son parcours législatif d’ici 2022. Ce vœu ce soir nous donne néanmoins l’occasion de valoriser l’action de la Majorité présidentielle s’agissant des personnes handicapées. Car c’est bien actuellement, et non dans le passé, qu’il a été procédé depuis 2017 à des revalorisations successives de l’AAH qui sera passée de 810 à 903 €. C’est une augmentation inédite et un effort budgétaire de 2,5 M€ sur l’ensemble du quinquennat. Le Gouvernement a fait du handicap une de ses priorités car c’est l’affaire de tous – et on le sait, comme vous le soulignez, Madame DELACROIX – à travers chaque politique publique : l’accès à l’école, l’accession à la formation et à l’emploi, l’obtention d’un logement digne. 153 2 Md€ ont été investis pour l’école inclusive, en hausse de 60 %. 65 000 enfants handicapés peuvent ainsi aller à l’école, 20 % de plus qu’en 2017. Ce sont 220 000 enfants avec un accompagnement, 45 % de plus qu’il y a quatre ans. D’autres mesures concrètes sont prises, comme la mise en place du congé pour les proches aidants, le rétablissement du droit de vote pour les personnes sous tutelle ou encore l’attribution à vie de l’AAH aux bénéficiaires dont le handicap n’est plus susceptible d’évoluer. Nous épargnons à 100 000 personnes des démarches pénibles pour avoir à prouver régulièrement leur handicap. Ensuite, pour en revenir au sujet de la déconjugalisation, nous sommes surpris, au vu des anciennes responsabilités de Madame le Maire, que vous appeliez des aides ne tenant plus compte des revenus des foyers, ce dont rêvent les économistes les plus libéraux. Pourtant, ce nouveau système ferait 44 000 perdants, des couples dont le bénéficiaire AAH travaille mais dont le conjoint dispose de faibles revenus ; leur AAH serait réduite et 21 % d’entre eux perdraient totalement le bénéfice de l’allocation. Êtes- vous certains de vouloir cela ? Le dispositif transitoire proposé par les sénateurs s’avère, vous le savez, impossible à mettre en œuvre par les caisses d’allocations familiales. Pour finir, un projet de loi sur le grand âge, les questions d’autonomie et de handicap sera débattu à l’automne au parlement. Je nous invite collectivement d’ores et déjà à engager les instances locales lilloises de concertation, notamment notre commission d’accessibilité, à y réfléchir pour alimenter – pourquoi pas – le débat parlementaire et proposer ici une délibération lilloise construite avec les Lillois. Notre groupe sera alors heureux d’y participer et d’y transmettre les avis et idées des Lilloises et des Lillois qu’il représente. Pour toutes ces raisons, nous ne prenons pas part au vote de ce vœu. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci. Madame DABIT. Madame DABIT - Mes chers collègues, Madame DELACROIX, Nous saluons ce vœu portant sur l’individualisation de l’allocation aux adultes handicapés. Comme vous le rappelez dans ce vœu, le calcul du seuil d’obtention de cette allocation et de ce montant prend en compte les revenus du conjoint. Cette méthode fait perdre toute indépendance pour la personne en situation de handicap et donc nuit gravement à son autonomie. Les écologistes l’ont répété ici à Lille, mais aussi au Sénat en mars dernier avec l’intervention de la sénatrice écologiste Raymonde PONCET, il n’y a pas d’autonomie sans indépendance. 154 Cette méthode de calcul oblige à faire un choix qu’aucun et qu’aucune d’entre nous ne devrait avoir à faire : choisir entre son cœur et son allocation. Rappelons également que ces situations de dépendance financière et physique accroissent les risques de maltraitance et de violences conjugales. Individualiser cette allocation, c’est également sauver des vies. Comme vous, nous déplorons les méthodes d’agir du Gouvernement qui vient museler le débat à l’Assemblée nationale en utilisant la disposition du vote bloqué. Il est effectivement nécessaire d’interpeller le Gouvernement à rétablir le dialogue démocratique et à prendre en compte les revendications des associations de défense des droits des personnes en situation de handicap. D’autres Villes l’ont fait et nous nous réjouissons que la Ville de Lille suive le mouvement. Nous voterons donc favorablement ce vœu parce que l’autonomie, c’est l’essentiel. Je vous remercie. Madame LINKENHELD - Merci, Madame DABIT. Je repasse un instant la parole à Madame DELACROIX avant que nous passions au vote. Madame DELACROIX - Je suis étonnée que ce soit un sujet électoral, puisque la question est venue en 2018, en 2019 et en 2021. C’est donc vraiment un certain nombre de parlementaires qui sont déterminés à porter ce sujet, qui apparaissent à chaque fois dans des niches parlementaires et qui, à chaque fois, sont repoussés par le Gouvernement. Je comprends que vous ne soyez pas à l’aise, mais ce n’est pas un aspect électoral. Vous parlez d’un rassemblement contre la Majorité. La Majorité s’est fracturée sur ce sujet, puisque seuls deux groupes ont fait opposition à cette loi. C’est le deuxième aspect. Troisième aspect, quand on parle de la prestation qu’est l’allocation d’adulte handicapé, on parle d’une décision de la MDPH qui n’a rien à voir avec la famille ou les allocations familiales, on parle du Code de la Sécurité sociale. Votre discours est donc un peu incompréhensible. Quant à la question des accompagnements des élèves en situation de handicap dont vous vous glorifiez, les chiffres peuvent être trompeurs. En effet, la globalisation qui se fait à travers les PIAL (les pôles inclusifs d’accompagnement localisé) fait que, aujourd’hui, les heures d’accompagnement des enfants ne sont pas assurées au regard des prescriptions de la MDPH. Je n’interviendrai pas davantage puisqu’il est bien tard. Je vous remercie. 155 Madame LINKENHELD - Merci. Je mets donc aux voix le vœu. Qui est contre ? Qui s’abstient ? Qui est pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Lille Verte) (Le groupe Faire Respirer Lille ne prend pas part au vote) Adoptée, le groupe Faire Respirer Lille ne prenant pas part au vote. Nous avons bien noté que le groupe En Marche ne prenait pas part au vote. Je vous remercie. Je vais maintenant faire valider les délibérations dans les chemises 2, 3, 11, 12, 14, 15, 17, 18, 20, 22, 26, 32, 33, 34 et 40 qui n’ont pas fait l’objet de remarques particulières et que nous considérons donc comme validées. Chemise 2 LOMME Rapporteur : Roger VICOT Maire de Lomme 21/256 Commune associée de Lomme - Subventions 2021. 21/257 Commune associée de Lomme - Subventions à diverses associations. 21/258 Commune associée de Lomme - Conventions entre la Ville et les associations. 21/259 Commune associée de Lomme - Subventions exceptionnelles aux associations sportives. 21/260 Commune associée de Lomme - Projet Educatif Global - Programme annuel d'actions. 21/261 Commune associée de Lomme - Classement dans le domaine public communal du parc de la Maison des Enfants et du jardin de la Maison Folie Beaulieu. 21/262 Commune associée de Lomme - Dénomination des installations sportives de la rue Ollivier à Lomme « Espace Docteur COTES ». 156 21/263 Commune associée de Lomme - Dénomination de la Jetée de la Gare d'Eau. 21/264 Commune associée de Lomme - Budget participatif d'investissement. Adoptées. Chemise 3 HELLEMMES Rapporteur : Franck GHERBI Maire d’Hellemmes 21/265 Commune associée d'Hellemmes - Coopératives scolaires - Subvention à l'OCCE du Nord. Adoptée. 21/266 Commune associée d'Hellemmes - Subvention complémentaire à la Section du Centre d'Action Sociale de la Commune associée d'Hellemmes. Adoptée. (Faustine BALMELLE, Martin DAVID-BROCHEN, Sylviane DELACROIX, Arnaud DESLANDES, Ali DOUFFI, Franck GHERBI, Justine RATELADE et Marie- Christine STANIEC ne prennent pas part au vote.) 21/267 Commune associée d'Hellemmes - Subvention de fonctionnement à l'association INSERSOL. 21/268 Commune associée d'Hellemmes - Versement de la subvention petite enfance à l'association « Graines d'Acacias » pour le fonctionnement d'un lieu d'Accueil Enfants-Parents (LAEP). 21/269 Commune associée d'Hellemmes - Soutien à la démarche d'accompagnement à la scolarité et de lutte contre le décrochage scolaire sur le territoire hellemmois. 21/270 Commune associée d'Hellemmes - Accompagnement des jeunes Hellemmois dans leurs initiatives citoyennes - Le PACTE. Adoptée. (Beverley JOLIET ne prend pas part au vote.) 21/271 Commune associée d'Hellemmes - Aide à la prise de la licence sportive en club - Reconduction du dispositif pour la saison 2021/2022. 157 21/272 Commune associée d'Hellemmes - Installation d'une épicerie solidaire mobile par le Secours Populaire - Gratuité de l'occupation. 21/273 Commune associée d'Hellemmes - Tarification du Festival des Popotes Roulantes. Adoptées. Chemise 11 CONSEILS DE QUARTIER Rapporteur : Sébastien DUHEM Adjoint au Maire 21/345 Conseils de quartier – Désignation des conseillers de quartier. Adoptée. Chemise 12 INCLUSION DES PERSONNES Rapporteur : Sylviane DELACROIX EN SITUATION DE HANDICAP Adjointe au Maire 21/346 Subventions destinées aux organismes à caractère social – Personnes handicapées. Adoptée. Chemise 14 NOUVEAU PROGRAMME NATIONAL Rapporteur : Estelle RODES DE RENOUVELLEMENT URBAIN Adjointe au Maire 21/347 Quartiers Lille-Moulins et Wazemmes – NPNRU Quartiers Anciens – Convention de participation entre la MEL, la SPLA La Fabrique des quartiers et la Ville pour le versmeent de la participation de la Ville de Lille au marché subséquent n° 2 de la concession d’agrément Adoptée. (Estelle RODES et Anissa BADERI ne prennent pas part au vote.) 158 ACHATS TRANSVERSAUX 21/348 Marché de prestations de surveillance et de gardiennage des locaux de la Ville de Lille, des Communes associées Hellemmes et Lomme et de leurs 3 CCAS. 21/349 Fourniture d’outillage nécessaire à l’entretien des espaces verts de Lille et de ses Communes associées – Lancement de la procédure. 21/350 Charte d’engagement « Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens ». Adoptées. Chemise 15 AFFAIRES MILITAIRES Rapporteur : Franck HANOH ET ANCIENS COMBATTANTS Adjoint au Maire 21/351 Association Nationale des Croix de Guerre et de la valeur militaire - Adhésion de la Ville - Cotisation au titre de l'année 2021. Adoptée. Chemise 17 PREVENTION Rapporteur : Jean-Claude MENAULT Adjoint au Maire 21/357 Quartier Lille-Moulins – Installation et fonctionnement d’un récupérateur de seringues sur la façade du métro Porte de Valenciennes – Convention de partenariat entre Keolis Lille Métropole, l’ARS Hauts-de-France, l’association La Sauvegarde du Nord et la Ville Adoptée. (Martin DAVID-BROCHEN ne prend pas part au vote.) 159 Chemise 18 EGALITE ENTRE LES FEMMES Rapporteur : Alexandra LECHNER ET LES HOMMES Adjointe au Maire 21/358 Subventions à l’association Re-Naître. Adoptée. Chemise 20 SPORT Rapporteur : Sarah SABE Adjointe au Maire 21/359 Associations sportives – Attribution de subventions pour l’organisation de manifestations sportives ou à caractère exceptionnel. 21/360 Associations sportives – Soutien aux sportifs de haut niveau pour la préparation ou la participation aux Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2021. Adoptées. Chemise 22 VIE ASSOCIATIVE Rapporteur : Marielle RENGOT Adjointe au Maire 21/370 Vie associative – Subventions à plusieurs associations – Aide au démarrage. Adoptée. Chemise 26 LECTURE Rapporteur : Catherine MORELL-SAMPOL Adjointe au Maire 21/372 Lecture publique - Attribution de subventions. Adoptée. 160 BIBLIOTHÈQUES ET MÉDIATHÈQUES 21/373 Sollicitation de prêts d'œuvres auprès de la Bibliothèque Municipale. 21/374 Bibliothèque Municipale - Adhésion au service de réponse à distance « Eurêkoi ». 21/375 Bibliothèque Municipale - Opération "Voyage, voyages à Lille" 2021 - Prêt des biens de l'exposition « Street art » par le Département du Nord (Médiathèque Départementale du Nord). Adoptées. Chemise 32 ACCES AUX VACANCES ET LOISIRS Rapporteur : Eddie JACQUEMART Conseiller Municipal délégué 21/376 Dispositif « Tous en vacances ! » - Subvention à l’association « Les Vacances Solidaires » - Convention de partenariat entre l’association et la Ville. Adoptée. Chemise 33 PETITE ENFANCE Rapporteur : Camille STIEVENARD Conseillère Municipale déléguée 21/377 Associations Petite Enfance – Subventions 2021 – Acompte 2022 – convention entre les associations et la Ville de Lille. 21/378 Petite Enfance – Centres sociaux – Subventions 2021 – Acompte 2022. Adoptées. 161 Chemise 34 SENIORS Rapporteur : Justine RATELADE Conseillère Municipale déléguée 21/379 Seniors, politiques intergénérationnelles – Subventions destinées aux associations. Adoptée. Chemise 40 RELATIONS INTERNATIONALES Rapporteur : Jérôme PIANEZZA ET EUROPEENNES Conseil Municipal délégué 21/394 Relations internationales et européennes - Appel à projets du Ministère de l'Europe et des Affaires Etrangères (MEAE) « Jeunesse VI » - Projet « Oh MY Good ! Mobility Youth Gastronomy Project » - Désignation d'un nouveau partenaire, l'association « Amitiés Internationales » - Convention entre le Lycée hôtelier international de Lille (LHIL) et la Ville. 21/395 Mairie de quartier de Lille-Centre - Renouvellement de la mise à disposition de bureaux au profit du Corps Consulaire de Lille - Fixation de la redevance d'occupation. Adoptées. Nous sommes arrivés au terme de ce Conseil Municipal. Je voudrais vous remercier pour cette longue soirée, vous souhaiter de vous reposer comme vous le pouvez pendant cet été qui arrive. Nous nous retrouvons, si vous le voulez bien, pour les prochains Conseils municipaux les 8 octobre 2021, 10 décembre 2021 et 4 février 2022. Merci et bonne fin de nuit. (La séance est levée à 0 heure 38.) 162
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