Procès verbal du CM du 5 février 2021 (.pdf)
Lille
5 février 2021
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Procès-verbal de la séance du 05 février 2021. - 1 / 1 - PROCES VERBAL de la séance du Conseil Municipal du 05 février 2021 La séance est ouverte à 17 heures 08 sous la présidence de Madame Martine AUBRY, Maire de Lille. Madame le Maire - Bonsoir mes chers collègues. Je demande à Beverley JOLIET de bien vouloir faire l’appel. (Il est procédé à l’appel par Beverley JOLIET.) Etaient présents : Groupe Lille en commun, durable et solidaire : M. AGOUNI, MMES AUBRY, BADERI, BLAS, BRESSON, BRUN, MM. CAREMELLE, DAVID-BROCHEN, MME DELACROIX, MM. DENDIEVEL, DESLANDES, DUHEM, MME GAUTIER, M. GHERBI, MMES GOFFARD, GOMIS, MM. HANOH, JACQUEMART, MME JOLIET M. JOSEPH- FRANCOIS, MME LECHNER, M. LEPETIT, MME LINKENHELD, MM. MARTIN, MENAULT, MMES MORELL-SAMPOL, MOUNIER-VÉHIER, MM. OULKEBIR, OURAL, PIANEZZA, PILETTE, POSMYK, MMES RATELADE, RENGOT, M. RICHIR, MMES RODES, SABÉ, STANIEC-WAVRANT, STIEVENARD, M. TAISNE, MME TROTTEIN, M. VICOT. Groupe Lille Verte : M. AL DANDACHI, MME BALMELLE, M. BALY, MME BOCQUET, M. BONNET, MME CAMARA, M. CREPEL, MME DABIT, MM. GUIZIOU, LOUCHART, MMES NICOLAS, SEDOU. Groupe Faire Respirer Lille : MM. CHARLES, DOUFFI, MME DUHAMEL, M. LEBAS, MME SPILLEBOUT. Etaient excusés : Groupe Lille en commun, durable et solidaire: MME LIBERT (pouvoir). Groupe Faire Respirer Lille: MME BRULANT-FORTIN (pouvoir). Madame le Maire - Mes chers collègues, je voudrais à nouveau vous présenter tous mes vœux, pour que nous ayons une année qui essaye d’oublier le Covid et qui nous permette d’avancer dans nos projets, des uns et des autres, sur la ville. Nous sommes à nouveau sans public, sans presse, malheureusement. Je tenais à remercier les agents municipaux qui ont organisé – encore – en toute sécurité notre Conseil ; vous avez du gel hydroalcoolique sur vos tables et vous avez des masques à disposition si vous en avez besoin, que l’on peut vous faire passer. Tout d’abord, je voudrais accueillir Jérémie CRÉPEL – tu peux te lever, car je n’ai pas eu l’occasion de te saluer. Nous sommes heureux de retrouver Jérémie, qui n’est pas un nouveau, puisqu’il était membre à part entière chargé de la santé dans notre précédente équipe municipale. Il nous revient à la suite de la démission d’Emmanuel CAU début janvier, à qui j’adresse un salut amical et des vœux de réussite pour ses futurs projets. À la suite de l’arrivée de Jérémie – nous essayerons de nous voir un prochain jour si tu le veux bien –, il y aura quelques modifications dans les commissions, mais purement formelles, Europe Écologie Les Verts nous ayant fait des propositions. Je vais un peu longuement revenir sur le carnet car, malheureusement, nous avons vu disparaître beaucoup de personnalités de notre ville ces derniers temps et je crois qu’il est important de rendre hommage à celles et ceux qui ont beaucoup travaillé pour la ville et à qui nous devons beaucoup. Évidemment, je pense tout d’abord à Jeanine ESCANDE, qui est décédée le 24 décembre. Cela a été une élue formidable, qui a intégré l’équipe de Pierre MAUROY dans les années 70 et qui a été un peu une précurseur de la démocratie participative, puisqu’en même temps que Grenoble, Pierre MAUROY avait souhaité que l’on mette en place les Mairies de quartier et c’est Jeanine ESCANDE qui a mis en place la première Mairie de quartier – donc le premier Conseil de quartier – aux Bois-Blancs. Elle a décidé de cesser ses responsabilités municipales en 2006, mais jusque- là, elle a été extrêmement impliquée, bien sûr aux Bois-Blancs, mais au-delà, dans tous les domaines, autour de l’école et de la culture notamment. C’était une femme qui défendait le droit des femmes. Dans sa génération, ce n’était pas si évident et elle l’a toujours fait avec la ténacité et l’énergie qu’on lui connaissait. C’était une élue et une militante respectée pour tous, c’était quelqu’un d’extrêmement ouvert, qui acceptait les débats, tout en ayant son vrai caractère. Je redis ici de notre part à tous nos pensées les plus chaleureuses à sa famille. Toujours aux Bois-Blancs, une autre personnalité réellement forte des Bois- Blancs : Guy FONTANET, qui a été le Président de cette formidable association que vous connaissez tous, qui s’appelle « Les Dynamiques Retraités des Bois-Blancs », puisqu’on les voit à peu près partout s’occuper des enfants, du sport, de la culture, des seniors bien évidemment. Il n’y a pas un événement aux Bois-Blancs depuis 20 ans, 30 ans – je ne sais pas –, sans que les Dynamiques Retraités ne soient là, et Guy FONTANET, malgré sa maladie, est allé jusqu’au bout dans toutes les manifestations qui ont été organisées. Il avait d’ailleurs reçu l’Ordre National du Mérite pour tous les engagements qu’il avait dans la ville. 2 Il nous quitte dans un contexte de crise sanitaire inédite, qui, d’ailleurs, le rendait vraiment malade – c’est le cas de le dire –, puisque lui qui s’est toujours battu pour le mieux vivre ensemble, pour le lien social, était extrêmement marri de cette situation. Je redis à Guittemie, sa compagne, qui est aussi une fervente des Dynamiques Retraités, à ses enfants et à tous ses amis nos pensées douloureuses et affectueuses. Nous avons eu de nombreux décès de grands sportifs de notre ville, et je commence, bien évidemment, par Nordine ESSAFI, dont je peux dire que c’est un homme qui était un modèle pour beaucoup, pour beaucoup de jeunes mais aussi pour beaucoup de Lilloises et de Lillois. Cela a d’abord été une grande figure de la boxe et de la vie dans nos quartiers et il a toujours mis son talent et ses passions au service des autres. Il n’a cessé de soutenir les initiatives pour accompagner notamment les personnes fragiles et les personnes précaires. Il disait toujours : « Pour moi, c’est l’entraide, l’éducation, le vivre ensemble qui est important ». Il est né de parents arrivés en France dans les années 60 et il a grandi dans le secteur de Belfort à Moulins. Il a commencé au Boxing Club des Flandres, à Wazemmes, à l’époque près de la Mairie de quartier de Wazemmes. Il est passé chez les professionnels. Il a décidé alors d’arrêter la compétition, il avait une très belle carrière, et il est devenu entraîneur au Boxing Club de Moulins ; c’est là, je pense, où la plupart d’entre nous qui le connaissons l’avons rencontré. Il a porté de nombreux champions, notamment aux Championnats de France. Je pense également à Saïd RACHIDI, qui est allé aux Championnats du monde à Chicago en 2007, pour ne prendre que cet exemple. Mais Nordine n’était pas seulement un grand sportif, c’était un homme très engagé dans le milieu associatif. Il a été coordinateur jeunesse au centre social La Busette, il a créé de multiples projets pour lutter contre l’exclusion et il a aussi été au centre socioculturel Roger Salengro, à Fives, où il était animateur sportif. Le 24 décembre dernier, lors de son ultime séance d’initiation à la boxe anglaise, il expliquait encore aux enfants pourquoi le sport était important pour leur santé, mais pourquoi c’était surtout un élément de tolérance et de respect. Je crois que l’on peut dire que Nordine ESSAFI nous manquera dans la ville, mais son souvenir restera là, parce que je voudrais vraiment saluer les initiateurs d’un collectif qui vient de se créer - le collectif Nordine Essafi - qui ont décidé, tant sa mort a entraîné des réactions d’une grande peine de la part de tous ceux qu’il avait côtoyés – et comme vous avez pu le voir, il a travaillé dans beaucoup de quartiers de la ville –, de continuer à proposer des actions citoyennes, solidaires, qui feront vivre le souvenir de ce grand Lillois. Chacun connaissait Robert DENEL, qui a profondément marqué aussi l’histoire de la ville, puisqu’il était Président d’honneur du LUC (Lille Université Club). Il en avait été trésorier et administrateur pendant plus de 50 ans. On peut dire que c’est vraiment un homme qui comptait au LUC, qui l’a fait atteindre la renommée qui est la sienne, avec un rayonnement aussi pour la ville, un travail très important mené auprès des jeunes, puisque le LUC travaille à accueillir dans beaucoup de spécialités les jeunes lillois, et pas seulement eux, bien sûr. 3 On peut dire que Robert DENEL était né pour faire du sport. Il a d’ailleurs eu un palmarès dans beaucoup de spécialités, mais il voulait aussi partager, et c’est ce qu’il a fait, notamment auprès des étudiants de l’université de Lille 2. Il était conseiller de quartier à Moulins, Vice-président du Conseil communal de concertation, en plus de ses engagements associatifs, et je crois que l’on peut dire que c’était vraiment une figure très respectée et reconnue par les Lillois. Avec ces deux exemples de Nordine ESSAFI et de Robert DENEL, nous voyons la chance que nous avons dans notre ville, où nous avons des personnes – là, en l’occurrence – engagées dans le sport et de haut niveau, mais qui, en même temps, sont dans le milieu associatif et dans les structures de démocratie participative de la ville. C’est une grande force de notre ville que ce lien puisse être fait. Nous déplorons également le décès de Mvouama MASSAMBA, qui était un passionné de basket, qui était très investi, lui aussi, dans la vie associative lilloise. Nous lui devons de nombreux événements de basket, notamment à Wazemmes et entre autres le WAZ’M’Street. Il a aussi contribué à la vitalité lilloise en ouvrant « Les 5 Marmites », qui met à l’honneur la cuisine afro-européenne, qui montre bien la diversité culturelle de notre ville. Enfin, sans que nous le connaissions vraiment, même s’il vivait à Wazemmes – en tout cas, j’ai vu peu de gens qui le connaissaient –, Pierre CHERPIN, pilote de moto, est décédé pendant le Dakar. Je dois dire que j’ai découvert qu’il était Lillois, que sa famille habitait Lille. Je voulais aussi saluer de notre part à tous les familles de l’ensemble de ces grands sportifs. Je ne vais pas vous donner, parce que nous serions vraiment dans des carnets longs, l’ensemble des noms des personnes qui ont été décorées ces derniers temps. Je saluerai simplement Anne GOFFARD, qui a reçu la Légion d’Honneur. Chacun la connaît et connaît ses compétences de médecin virologue. Je voudrais lui dire la fierté que nous avons qu’elle soit rentrée dans notre équipe. Cela « tombait bien », si je peux m’exprimer ainsi, puisque la pandémie est là et que, quotidiennement, Anne nous apporte son analyse éclairante sur l’épidémie et sur les actions que nous devons mener, en lien, évidemment, avec d’autres élus. Bravo pour cette belle Légion d’Honneur ! Elle a aussi été donnée à Patrick GOLDSTEIN, par exemple, et à Lili LEIGNEL, pour ne prendre que deux personnes essentielles pour notre ville. Il y a eu quelques Ordres du Mérite, notamment à Frédéric BOIRON, le Directeur de notre CHU. Deux personnalités lilloises ont reçu la médaille de l’ordre des Arts et Lettres : Caroline SONRIER et Irène BASILIS qui, comme vous le savez, nous a quittés pour devenir Directrice du pôle Culture de la Ville de Paris. 4 Akim OURAL a été nommé Président de l’Open data France le 16 décembre dernier. Il s’agit d’une association de soutien auprès des collectivités engagées dans l’ouverture de données publiques et dans la promotion de l’open data. C’est l’occasion pour moi de le féliciter, mais aussi de vous dire, comme je le fais à chaque Conseil, que nous avons à nouveau des données qui sont mises en ligne : les livres, CD et DVD accessibles dans nos médiathèques, mais aussi – sans que cela n’ait aucun rapport – les zones de stationnement payant dans la ville. Je voudrais maintenant vous présenter notre nouveau Directeur Général Adjoint de la Ville de Lille : Stéphan KUTNIAK – si vous voulez bien vous lever –, en charge de la culture, qui nous rejoint. Il a un parcours assez semblable à celui d’Irène BASILIS, venant du Ministère de la Culture, où il était en charge notamment de la création artistique et du soutien aux artistes. Auparavant, il a été Directeur général adjoint chargé de la culture dans un Département, puis Directeur du département Développement et coopération artistique de l’Institut français. Il pilotera donc le pôle Culture. Je lui souhaite à nouveau la bienvenue, mais il est déjà là depuis un certain temps, quelques jours, où il nous a déjà montré ses grandes qualités d’analyse et sa connaissance du milieu culturel. Je voudrais accueillir maintenant deux nouveaux conseillers de quartier : Pierre JURCZYSZYN au Faubourg de Béthune et Véronique CELLIER à Lille-Sud. Ils seront accueillis par Estelle RODES et Alexandra LECHNER, toutes deux Présidentes de leur quartier. Je vous propose de regarder la petite vidéo sur les événements qui viennent d’avoir lieu, puis je ferai une introduction à ce Conseil. (Projection d’une vidéo) Madame le Maire - Il y a un petit problème entre musique et images, mais ce n’est pas grave. J’en viens maintenant à la situation sanitaire et à quelques informations importantes sur la ville de ces derniers temps. (Projection de diapositives) D’abord, bien sûr, dire – ce qui est une évidence – l’espoir que la vaccination a fait naître chez les Français comme dans tous les pays du monde, mais aussi la difficulté, dans un moment où il y a une concurrence de tous pour essayer d’obtenir des vaccins, de pouvoir aller aussi vite que le Gouvernement ne l’avait annoncé. Le Premier Ministre est intervenu deux fois ces derniers jours pour nous dire que pour l’instant, il ne souhaitait pas procéder à un reconfinement, au moment, d’ailleurs, où l’Allemagne déconfine après être descendue à un taux d’incidence en dessous de 50 sur 100 000. Nous sommes aujourd’hui dans un plafond moyen, mais qui reste malheureusement relativement haut, mais le Premier Ministre souhaite, et nous le souhaitons tous, que le maintien des distances sanitaires et de l’ensemble des normes qui ont été fixées nous permette d’éviter ce reconfinement, ce qui, évidemment, 5 ne pourrait se faire que s’il y avait de la sagesse pendant les vacances qui s’ouvrent dans toutes les régions françaises pour un mois maintenant. Le Premier Ministre a annoncé encore le renforcement des contrôles des forces de l’ordre, et je l’en remercie. Je voudrais saluer notamment le rôle de Floriane GABRIELS, mon cher Patrick, et le travail que vous menez pour que la police fasse respecter, pas seulement le maintien du masque, parce que l’on peut dire que les Lilloises et les Lillois, très globalement, et il faut les en remercier, respectent vraiment les règles, mais plutôt des cas un peu particuliers. Vous le savez, nous avons demandé des fermetures d’établissements qui vendaient des boissons alcoolisées devant leur établissement. Nous avons dû aussi, malheureusement, intervenir – je voudrais juste dire un mot de cela, parce qu’il faut encore en appeler, sans vouloir montrer les jeunes du doigt mais quand même –, sur les tapages nocturnes. Depuis la mi-décembre, 34 fêtes ont été arrêtées par la Police Municipale – c’est elle qui intervient en premier –, puis intervention de la Police Nationale qui, comme vous le savez, a, plusieurs fois, non seulement mis comme nous un certain nombre de procès-verbaux, mais a aussi amené les organisateurs à être poursuivis pour mise en danger de la vie d’autrui, parce qu’il s’agit bien de cela. Nous continuerons à appliquer les règles qui ont été édictées ; c’est la seule façon, pas seulement d’éviter le confinement, mais aussi, avec la vaccination, de pouvoir éradiquer cette pandémie. Comme il n’y a pas de confinement, avec Charlotte BRUN, nous avons décidé de distribuer les masques que nous avions achetés cet été pour les enfants, et dès lundi, nous transférerons ces masques dans les écoles. Il s’agit de masques taille enfant grand public de catégorie 1 – c’est désormais imposé pour les enfants – lavables 50 fois. Ils seront distribués dans les écoles au nom de la Ville, et ceci dès lundi. Je souhaite maintenant vous faire un point sur la vaccination ; ce n’est pas simple, c’est le moins que l’on puisse dire. Tout d’abord, parlons des Ehpad, puisqu’ils ont été les premiers à pouvoir bénéficier de cette vaccination. À Lille, ces vaccinations ont commencé tardivement, les jeudis 14, 21 et 28 janvier, dans nos six résidences, pour parler de l’Ehpad municipal. 109 des 132 résidents ont été vaccinés, il y a eu 11 refus, 7 résidents qui avaient eu le Covid depuis moins de trois mois et qui ne pouvaient donc pas faire le vaccin et 5 dont l’état de santé ne permettait pas qu’ils soient vaccinés mais qui reviendront sans doute vers la vaccination. De la même manière, les agents ou professionnels libéraux qui rentraient dans les catégories pouvant être vaccinées l’ont été pour 52 d’entre eux. Les rappels ont commencé dans les deux premières résidences. Nous arrivons un peu au bout, même si cela n’a pas été rapide. De même, dans les Ehpad privés, la vaccination a commencé tardivement par rapport à d’autres villes, mais les premières injections ont eu lieu entre la semaine dernière et cette semaine et on peut considérer que la semaine prochaine, 70 % des personnes âgées seront vaccinées dans les Ehpad privés, pour la première dose. 6 Sur la vaccination grand public, je vous en ai informés à plusieurs reprises et vous le savez, nous avions depuis le mois de novembre, depuis que l’on nous parlait de vaccination, mis en place un comité, animé par Anne GOFFARD, avec un certain nombre d’élus et un comité avec les agents de la Ville, les fonctionnaires, les cadres, et Patrick PINCET s’y est beaucoup engagé, pour préparer cette période de vaccination que l’on nous annonçait d’abord pour début décembre, puis pour début janvier. Nous étions prêts, tant en termes de matériel que d’organisation, pour mettre en place cette vaccination. Nous étions même prêts, avec Jacques RICHIR, à ouvrir le Zénith, qui aurait permis de faire 1 000 à 2 000 vaccinations par jour avec un bon respect des normes sanitaires. Il nous a été dit, et on peut le comprendre quand on voit aujourd’hui la pénurie de vaccins, que ce n’était pas possible, mais, finalement, lorsque le Président de la République a demandé d’accélérer et a demandé aux Préfets de s’en occuper, le mardi 12 janvier, le Préfet nous a appelés tardivement pour nous demander d’ouvrir deux sites d’une capacité de 800 à 900 vaccinations chacun le lundi suivant, c’est-à-dire quelques jours après. La Ville a proposé la salle de Fives, tandis que Jacques RICHIR a proposé l’Institut Pasteur. Sachez que nous avions plusieurs autres salles que nous aurions pu ouvrir, mais il nous a paru important de trouver des lieux dans la ville qui soient complémentaires avec les cliniques et hôpitaux qui, eux-mêmes, faisaient la vaccination, pour que chacun puisse y arriver. L’inscription sur les trois premières semaines s’est faite sur Doctolib et, le 18 janvier, après avoir dû trouver les médecins et les infirmières et après avoir mis en place, et je les en remercie, des agents administratifs de la Ville qui ont accueilli et aidé les personnes âgées à remplir leurs documents, après avoir travaillé avec le centre de santé de Fives, les médecins et infirmiers libéraux qui nous ont aussi rejoints, nous avons pu mettre en place ce centre de vaccination. Je n’en parle pas, mais l’Institut Pasteur a fait la même chose en parallèle. Ils devaient, l’un et l’autre – c’était ce que nous avait donné l’ARS –, apporter 850 vaccinations maximum par semaine, ce que nous avons fait. Malheureusement, dès le mercredi soir, on nous a demandé d’annuler la plupart des rendez-vous de la deuxième et de la troisième semaines ; nous avons pu garder la première semaine, mais nous avons dû annuler la moitié, c’est-à-dire 460 personnes de la deuxième semaine et 300 de la troisième semaine. Et puis, le 26 janvier, il y a quelques jours, on nous a carrément demandé de fermer le site. Si je devais vous donner un peu le bilan de ce que nous avons fait dans notre centre fivois, sachant que l’Institut Pasteur a été encore moins bien alimenté et a dû arrêter plus tôt que nous, nous avons, lors de la première semaine, donné une première dose à 871 personnes et nous les aurons la semaine prochaine pour leur deuxième dose, car nous avions toujours fixé la date de la deuxième dose en même temps ; dans la semaine du 15 février, nous aurons la deuxième dose des 618 de la semaine 2. Nous espérons avoir la possibilité d’obtenir des doses supplémentaires pour avoir des primo vaccinés, mais aux dernières nouvelles, s’il y en avait, les chiffres qu’on nous a donnés sont pour l’instant relativement faibles, donc je préfère ne pas les annoncer. 7 Les personnes qui ont été annulées, 1 358 d’entre elles, n’ont pas seulement été annulées, nous les avons reportées au mois de mars, ce qui veut dire qu’en fait, si nous n’avions pas des doses complémentaires, nous ne pourrions, en février, qu’apporter la deuxième dose à ceux qui ont eu la première au mois de janvier et, au mois de mars, reprendre à moitié à peu près les personnes qui ont été annulées dans les deuxième et troisième semaines. Si nous avons des primo vaccinés en plus, nous en serons ravis. C’est la raison pour laquelle il m’a semblé important de dire tout haut qu’il serait essentiel de dire les choses clairement aux Français : cette vaccination ne se fera pas en quelques jours ; la campagne de communication autour de Mauricette et les autres le laissait penser. Les catégories prioritaires qui ont été définies par le Gouvernement, à juste titre d’ailleurs, ce sont 8 600 000 personnes en France, et ces 8 600 000 personnes ont cru qu’à partir de début janvier, en commençant par les Ehpad puis elles- mêmes, elles pourraient vite se faire vacciner. Aujourd’hui, à la plateforme que nous avons mise en place à Lille pour accueillir les appels, notamment des personnes âgées, que nous pouvons accompagner – nous l’avons fait à plusieurs reprises – pour aller se faire vacciner, à qui nous pouvons répondre à des questions sur la vaccination – nous pensions pouvoir les aider aussi à s’inscrire, mais là, il n’y a pas d’inscription possible –, les appels font état de beaucoup d’angoisses et d’inquiétudes, avec des personnes qui se disent qu’elles n’y arrivent pas, qui ne savent pas comment se faire vacciner et qui sont vraiment inquiètes. Le discours mené ces derniers jours laisse à penser, non pas qu’il y a simplement un bouchon au téléphone ou sur le net, mais bien une pénurie de vaccins, même si nous pouvons espérer que les nouveaux venus arriveront vite, avec le problème d’AstraZeneca qui, aujourd’hui, n’est pas reconnu comme efficace pour les plus de 65 ans. En tout cas, il faut essayer de dire clairement les choses et rendre un peu de tranquillité pour que les inquiétudes des personnes malades et des personnes âgées ne soient pas aussi fortes qu’elles le sont actuellement. Pendant cette période – je n’insisterai pas sur le sujet –, nous avons évidemment poursuivi notre accompagnement des Lilloises et des Lillois. Nous avons maintenu la politique d’exonération des loyers pour les associations et pour les commerces dans les bâtiments dont nous sommes propriétaires, c’est-à-dire pas beaucoup mais nous ne pouvons pas faire mieux ; nous avons continué en suivant, là aussi, les directives du Gouvernement sur les sports, directives qui ont changé au gré – et nous le comprenons – de l’évolution de la pandémie, nous avons permis aux enfants de faire du sport à l’extérieur comme à l’intérieur lorsque c’était possible, aujourd’hui seulement à l’extérieur ; nous avons fait en sorte que les athlètes qui sont dans des compétitions puissent poursuivre, puisque c’était permis, l’ensemble de ces éléments. Faute de faire vraiment du sport, cette semaine – je salue Valentin –, nous sommes allés dans plusieurs écoles où on a commencé à faire travailler les enfants sur la Semaine olympique et paralympique pour préparer les Jeux Olympiques de 2024, que nous souhaiterions être des Jeux Olympiques durables. Nous travaillons actuellement sur la mobilité, par exemple, pour aller jusqu’au Grand Stade Pierre 8 Mauroy pour voir les championnats de handball féminin et masculin. L’idée était à la fois de redire aux enfants l’importance du sport, mais aussi combien étaient importants ces Jeux Olympiques qui réunissent la planète autour du sport. Je rappelle que, par ailleurs, Lille deviendra aussi une capitale du rugby, puisque nous avons les demi-finales du Top 14 dès 2021, avant d’accueillir la Coupe du monde de rugby en 2023 s’agissant de la métropole. Pour la culture, même chose, nous sommes tous conscients du fait que les difficultés deviennent de plus en plus lourdes, malgré les aides apportées et qui sont loin d’être négligeables. Je redemande ici que l’on puisse prolonger l’année blanche pour l’assurance chômage des intermittents du spectacle, pour qu’ils puissent bénéficier du chômage même lorsqu’ils n’ont pas travaillé. Vous verrez tout à l’heure que de nombreux élus – Marie-Pierre BRESSON, Catherine MORELL-SAMPOL, Didier JOSEPH-FRANÇOIS et Delphine BLAS – présenteront les subventions que nous accordons aux associations culturelles pour cette année. Beaucoup d’associations n’ont pas déposé leur dossier dans les délais et on peut les comprendre, peut-être parce que beaucoup sont chez eux, mais aussi parce qu’on ne sait pas ce qui va nous arriver et si un certain nombre de manifestations auront lieu. On vient d’apprendre, par exemple, dans le domaine du sport, que quatre manifestations pourront avoir lieu, et on s’en réjouit. Nous avons donc décidé de marquer au budget, et c’est vrai pour toutes les associations, le même montant que l’année dernière, dont je rappelle que nous l’avions fixé à la hauteur prévue dès le début de l’année, c’est-à-dire en prenant en compte les événements qui, malheureusement, pour la plupart, n’ont pas eu lieu. Nous avons fait part aux structures du fait que nous referions le point avec elles à mi-année en fonction de la situation sanitaire. En tout cas, l’ensemble des associations de la ville peut se dire que s’il devait y avoir des événements, ils sont d’ores et déjà prévus dans le budget, donc il n’y aura pas de difficulté à les organiser. Je voudrais aussi dire l’énorme effort qui a été fait – je parle à Marie-Pierre BRESSON notamment et au service de la Culture – pour faire en sorte que les salles puissent – puisque c’était possible – en profiter pour faire travailler des compagnies et des associations qui ont fait des répétitions nombreuses – je ne vous donne pas le détail, vous le voyez à l’écran –, permettant à de nombreux projets artistiques de naître. Ils n’auraient peut-être pas eu ces éléments, comme nous le disaient certains récemment, dans une période où il n’y avait pas de fermeture et ils ont ainsi pu préparer des événements, des projets artistiques et, ainsi, je l’espère, perdre un peu moins le courage que beaucoup d’autres. Évidemment, des grands désespoirs au musée des Beaux-Arts, où l’exposition Raoul Dufy a ouvert et va fermer sans que personne ne l’ait vue, de la même manière pour l’exposition Pasquero qui a eu lieu au musée de l’Hospice Comtesse. Je dois dire que je ne connaissais pas Pasquero ; pour soutenir les agents du musée de l’Hospice Comtesse, nous sommes allés à quelques-uns pour les saluer, parce que quel désespoir de préparer une si belle exposition… Elle porte sur la première partie du 9 XXème siècle, c’est une vision de la ville, une vision de l’industrie qui existait à l’époque, des commerces, des écoles, c’est une vision extraordinaire de notre ville. Il y a maintenant une visite virtuelle, qui a permis, avant de fermer l’exposition, d’en retenir l’ensemble des éléments pour que cela puisse être mis à disposition du public. J’ai parlé de la culture et du sport qui sont en situation très difficile, malgré des créations pour un certain nombre d’entre eux qui se poursuivent, heureusement. Nous sommes évidemment très attentifs avec Martin DAVID-BROCHEN et Franck HANOH à la situation des commerces et à la situation de l’emploi dans la ville, sans parler des commerces que nous suivons et que nous aidons dans certaines de leurs recherches de financement. Nous suivons très particulièrement avec Martin DAVID-BROCHEN, qui a eu des liens avec à la fois les directions et les syndicats – quelques syndicats sont encore en attente – des entreprises qui vont fermer et laisser un certain nombre de salariés sur le carreau : Pimkie (30 emplois supprimés à Lille), Camaieu (15 emplois), Flunch, qui a annoncé il y a quelques jours la fermeture du Flunch de la gare Lille Flandres – ce sont tout de même 44 emplois supprimés, et même s’il y a 9 créations au siège de Lezennes, c’est une perte – et Kruidvat qui a fermé 2 magasins, mais nous avons déjà des liens avec Lidl pour essayer de faire réembaucher ces salariés dans des métiers assez équivalents. Pour introduire ce Conseil, je voudrais juste dire qu’il montre, comme le montrait déjà le précédent, mais celui-ci particulièrement, combien les engagements que nous avons pris auprès des Lillois et les projets qui avaient été les nôtres sont déjà bien en train d’avancer dans beaucoup de domaines. Audrey LINKENHELD nous avait présenté au dernier Conseil Municipal le Green City Accord, qui nous amène à poursuivre ce que nous avons déjà fait pour avoir une ville à la fois plus propre, plus économe en termes de ressources, mais aussi qui préserve la santé et le bien-être des habitants. De la même manière, la vision de la métamorphose paysagère présentée à la fois par Jacques RICHIR et Stanislas DENDIEVEL lors du précédent Conseil allait aussi dans ce sens. Lors du Conseil Municipal de ce soir, nous avons bien sûr un élément majeur pour regarder les priorités : le budget. Je n’en parlerai pas, Marion GAUTIER le fera, mais on retrouvera aussi un certain nombre des dossiers qui seront présentés lors du Conseil Municipal. Vous verrez déjà dans le budget la part apportée sur la métamorphose paysagère et la qualité du cadre de vie, sur la performance énergétique et la rénovation environnementale, mais aussi, parce que, pour nous, les deux vont de pair, la transition écologique qui va avec la justice sociale. Ce sera tout à l’heure le projet de contrat de Ville, présenté par Arnaud DESLANDES, avec notre souci d’être au plus près des quartiers prioritaires, surtout en cette période. J’ai parlé des subventions qui seront apportées aux associations d’ores et déjà dans beaucoup de délégations, mais il y a aussi le travail que fait Estelle RODES, et nous en parlerons tout à l’heure, avec la création de la ZAC Concorde pour la poursuite de la métamorphose de nos quartiers ou Camille STIEVENARD avec la 10 crèche Concorde, donc un nouveau projet social au plus proche des habitants ; ceci est important. Nous poursuivons dans le renforcement de la participation des citoyens à la vie de la cité ; c’est le droit de pétition locale que présentera Sébastien DUHEM. Dans une logique qui n’est pas très lointaine, nous verrons aussi le Comité d’éthique et de transparence qu’Audrey LINKENHELD présentera. Nous avons avancé, nous avançons, et peut-être que la meilleure preuve est de vous dire que nous avons été retenus par l’État, qui a mis en place un plan de relance, pour lequel, pour l’instant, très peu de lignes ont été ouvertes. Nous avons beaucoup de projets sous le coude, mais d’ores et déjà, sur celles qui avaient été ouvertes, l’ensemble de nos projets ont été retenus. Ainsi, pour vous en informer, grâce au DSIL – qui s’appelle désormais « DSIL ordinaire » et « DSIL majoré », pour essayer d’être plus compréhensible encore par tous –, pour des subventions apportées à des équipements qui apparaissent importants, nous avons déjà eu 3,3 M€ sur deux DSIL relancés : la rénovation thermique des bâtiments, mais aussi, pour vous donner les principaux, la rénovation de la toiture de l’orangerie du Jardin des Plantes, la réfection des couvertures et de la façade de l’Hospice Comtesse, l’aménagement de la Porte de Roubaix, la réfection de la toiture de l’Opéra, la réfection de la façade du théâtre Sébastopol ; c’était le premier élément engagé autour de la culture et du sport. Actuellement, nous déposons des dossiers sur la rénovation énergétique des bâtiments, car la ligne vient d’être ouverte, ainsi que sur le fonds friche. Nous espérons, après ces 3 M€, recueillir 4 à 5 M€ supplémentaires. Il faut en profiter, car tout le monde n’est pas prêt actuellement dans les villes ; ceux qui sont prêts ont peut-être plus de chances de parvenir à obtenir des moyens pour aller encore plus vite dans l’application du projet que nous avons présenté aux Lillois. Je rentre maintenant directement dans le Conseil Municipal. Je propose que ma pochette n° 1 soit vue un peu plus tard, parce qu’il s’agit essentiellement de désignations et de deux remarques sur lesquelles nous ne votons pas, et que nous passions tout de suite, avant le budget – nous sommes obligés de le faire dans cet ordre –, aux amendements qui entraîneront l’intervention de Julie NICOLAS et de Bernard CHARLES sur la nouvelle norme comptable. Veux-tu en dire quelques mots avant ? Chemise 4 FINANCES Rapporteur : Audrey LINKENHELD Adjointe au Maire 21/37 - Modification du règlement budgétaire et financier de Lille-Hellemmes- Lomme. Madame LINKENHELD – Merci, Madame le Maire. 11 En introduction des amendements qui vont être présentés et auxquels je répondrai ensuite, je dirai que la Ville de Lille a pris l’habitude depuis déjà plusieurs années d’adopter un règlement budgétaire et financier par lequel elle indique à l’ensemble des élus et à l’ensemble des Lillois à travers eux la manière dont elle organise son budget et ses finances. La délibération est assez explicite là-dessus. C’est une façon de plus d’être transparent dans la manière dont nous conduisons l’action publique. Encore une fois, c’est quelque chose que la Ville de Lille fait depuis longtemps. Il a simplement fallu s’adapter au nouveau mandat qui s’ouvre et à la nouvelle maquette comptable sur laquelle nous travaillons, intégrer dans ce règlement budgétaire et financier par exemple nos intentions en matière d’obligations ou de prêts verts pour mettre la finance au service du climat plutôt que le contraire et aussi intégrer dans ce règlement budgétaire et financier le budget climatique que nous avons décidé d’expérimenter il y a déjà quelque temps et dont Marion GAUTIER vous donnera le résultat de manière très détaillée tout à l’heure. Voilà ce dont il s’agit dans cette délibération. Je suis prête à répondre aux amendements qui sont déposés. Madame le Maire - Merci. Julie NICOLAS. Madame NICOLAS – Madame le Maire, Madame l’Adjointe, chers collègues, J’interviens donc dans la continuité de l’intervention de Madame LINKENHELD. Ce soir, nous avons l’occasion d’affirmer et de réaffirmer que la Ville de Lille est pleinement en phase avec deux des attentes les plus fortes de nos habitants et de la société française et, certes, à travers un règlement budgétaire et financier. La première, c’est l’intensification de la lutte contre les violences faites aux femmes et, de manière plus générale, de la lutte pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. En 2020 à Lille, alors que nombre d’hôteliers n’aspiraient qu’à travailler et à participer à l’effort de solidarité, 221 Lilloises n’ont pu être accompagnées alors qu’elles avaient contacté les associations qu’elles avaient appelées tout en courant le danger de se faire prendre, sans compter celles qui ne les ont pas contactées ou n’avaient simplement pas connaissance des dispositifs. 221 femmes sans solution, sans hébergement. Vous me direz qu’un règlement budgétaire ou un budget genré – puisque c’est l’objet de notre amendement –, cela n’a pas grand-chose à voir avec des hébergements. Certes. Mais un budget genré, c’est une opportunité de mesurer si nos décisions permettent de faire de Lille une ville où les femmes victimes de violences conjugales sauront que, désormais, elles trouveront une protection, une solution. En effet, quand vous n’avez plus d’autre solution que de fuir, ce droit à la sécurité, cette possibilité de fuir doit être garantie par les puissances publiques. La deuxième attente, c’est celle qui amène certains à s’auto-déclarer champions du climat mais sans passer aux actes. L’affaire du siècle, la pétition aux 2,3 12 millions de signatures, elle, a fait bien plus qu’espérer, elle a ouvert la porte à l’obligation d’agir pour l’État français. Avec cette porte, elle a ouvert celle de l’obligation juridique pour toute la sphère publique demain de ne plus jamais déroger aux accords de Paris et aux engagements pris. Permettez-moi de saluer depuis notre beffroi l’engagement de Marie TOUSSAINT, celui de Cécile DUFLOT et de bien d’autres femmes et hommes qui ont rendu possible ce que nous croyions hier impossible, l’obligation à agir pour l’État français pour le climat et non pas contre le climat, et ceci va nous servir. Nous aimerions d’ailleurs ne pas avoir à attendre qu’une autre affaire du siècle s’empare du sujet des violences faites aux femmes pour que la situation des femmes s’améliore enfin dans notre pays et dans notre ville. Deux jours ont passé seulement depuis le délibéré. C’est l’occasion de révéler l’engagement des territoires et de souligner le rôle des collectivités locales. Mais, pour cela, il y a dans ce règlement, dont nous saluons l’introduction du budget climatique, deux manques auxquels nous pensons qu’il faut remédier. Le premier est celui de la totale transparence de la démocratie locale sur nos engagements en matière de climat pour garantir et surtout assurer aux Lillois, Lommois et Hellemmois, aux Lilloises, Lommoises et Hellemmoises que chacune des décisions que nous prenons est bonne pour le climat ou, du moins, ne lui est pas néfaste. L’ensemble des documents budgétaires, mais aussi les délibérations que nous prendrons à l’avenir et qui seront consultés par les Lillois sont concernés. C’était l’ambition de la délibération portée par Christiane BOUCHART à la MEL en 2019, avec votre soutien, vos soutiens, une ambition commune, partagée, sur laquelle nous nous rejoignons et sur laquelle il nous reste à apporter la touche finale. Peut-être cette transparence nous permettra-t-elle d’ailleurs de mieux donner à voir le sens de l’action publique quand celle-ci frotte avec les intérêts particuliers, par exemple quand il nous faut sacrifier des places de stationnement. C’est l’objectif du premier amendement que nous proposons ce soir pour l’annexe à la délibération. Le second amendement, c’est celui de nous servir de notre expérience du budget climatique pour bâtir son équivalent pour cette grande cause qui nous met toutes et tous d’accord, l’égalité réelle entre les femmes et les hommes grâce à un budget genré. Que ce soit en matière de culture, de sport, d’éducation, de logement, d’aménagement de nos espaces publics et, bien sûr, pour les agents de la Ville de Lille, toutes nos décisions, à quelques rares exceptions près, ont un impact. Définissons-en les indicateurs ensemble et portons cette cause qui saura, je n’en doute pas, faire travailler ensemble votre Majorité et notre Opposition. C’est l’objectif du second amendement pour graver dans le marbre une volonté commune de donner toujours plus de sens à l’action publique dans cette délibération. Nous avons su le faire pour le budget climatique, nous saurons le faire pour l’égalité 13 femmes-hommes, je n’en doute pas. Quand il y a une volonté, il y a un chemin et de la volonté, vous en avez, Madame le Maire, nous en avons aussi. Madame le Maire - Je n’en doute pas. Cela nous fait un point commun, c’est déjà cela. Bernard CHARLES. Monsieur CHARLES – Madame le Maire, Madame la Première Adjointe, Sur le premier amendement, celui concernant le budget climatique, je voudrais d’abord dire que, dans les deux commissions auxquelles j’ai assisté, j’ai trouvé la présentation qui avait été faite du budget climatique, de sa méthodologie et de l’application aux politiques publiques des commissions respectives tout à fait intéressante, d’autant plus qu’elle montrait une implication réelle des services et un travail préparatoire. Nous avions demandé que ces éléments soient communiqués en amont aux conseillers municipaux et mon collègue Jérémie CRÉPEL avait fait la même demande dans la commission finances. Si je dis cela, ce n’est pas simplement la question de la transparence, c’est aussi la capacité que nous avons collectivement d’analyser le détail des éléments qui permettent d’aboutir aux conclusions qui ont été apportées. C’est la première remarque. Deuxième remarque, je dirai que c’est un outil important de décision et de préparation du budget de la collectivité, mais, pour autant, cela ne signifie pas automatiquement qu’il y ait une prise en compte – et je ne dis pas qu’il n’y en a pas – des enjeux climatiques à la hauteur. Sur l’amendement lui-même, nous y sommes favorables, tant sur le fait qu’il est important que chacune des décisions puisse progressivement être analysée au regard des critères du budget climatique, et parce que la question de la communication de façon synthétique ou de façon plus analytique auprès de nos citoyens est tout à fait essentielle. Sur le deuxième amendement, nous pensons que la perspective d’utiliser la même méthodologie appliquée à la question de l’égalité femmes-hommes et à la réduction de ces inégalités est tout à fait importante, mais que cela demande bien entendu un travail préalable important. D’ailleurs, sur l’aspect climatique, sur le travail d’I4CE et le travail des collectivités, il nous semble que la perspective du budget dit genré est intéressante. Cela nécessite peut-être un travail collectif, comme celui qui avait été mis en place sur le règlement intérieur pour avancer. Au-delà des critères, il nous semble que cela pose un certain nombre de questions de principe, comme la question de la sobriété – est-ce une sobriété triste ou une sobriété heureuse ? Le rapport égalité hommes-femmes, le rapport de la réduction des inégalités pose aussi d’autres questions en termes d’évitement de questions moralisatrices ou tendant parfois à certaines pudibonderies. Nous sommes donc d’accord avec les deux amendements, mais en faisant très attention et en préparant pour la perspective du budget genré. 14 Madame le Maire - Audrey LINKENHELD. Madame LINKENHELD – Merci pour le soutien apporté de manière générale à la modification de ce règlement budgétaire et financier et à la démarche que nous avons poursuivie notamment autour du budget climatique. En synthèse, parce que je ne suis pas certaine que ce soit très clair pour tout le monde – on est plongé dans ces documents, ce n’est pas forcément le cas des Lillois dans tous les détails –, je dirai que vos interventions et les amendements portent en fait sur trois points principaux. Le premier est celui que vous avez appelé de la transparence. Nous aurons l’occasion de reparler d’éthique et de transparence tout à l’heure. C’est en tout cas la question de la présentation du budget climatique aux élus et aux Lillois – et, encore une fois, Marion GAUTIER le fera tout à l’heure. Il y a eu une présentation détaillée aux élus en commission, il y en aura une tout à l’heure en Conseil Municipal et Marion GAUTIER aura aussi l’occasion – elle l’a déjà annoncé – de faire la tournée des conseils de quartier pour, avec les conseillers de quartier, entrer dans le détail de ce que sont le budget climatique et son application au budget primitif 2021. Je pense donc que nous répondons à cette question dans les faits de manière favorable. Vous aurez l’occasion de le constater dans un instant, mais vous le voyez déjà ici dans le document budgétaire qui résume le budget 2021 et qui comprend deux pages entières consacrées à cette question du budget climatique. Cela m’amène à considérer que l’amendement sur cette partie me paraît non utile, si je puis le dire ainsi. La deuxième question à travers l’amendement sur le budget climatique est celle de dédier un paragraphe dans chacune des délibérations à cette question du budget climatique et à l’analyse des dépenses sous l’angle climatique pour savoir si les dépenses ont un impact très favorable, favorable, défavorable, neutre ou indéfini. Je m’en excuse encore une fois, mais la procédure budgétaire m’oblige à parler avant Marion GAUTIER et je vous parle d’une catégorisation qu’elle vous présentera plus en détail tout à l’heure, sur ces impacts dit favorables, très favorables, défavorables, neutres ou indéfinis qui sont issus de cette méthodologie à laquelle il a été fait allusion et que nous avons travaillée collectivement, Lille, la Métropole Européenne de Lille et les autres collectivités engagées dans cette expérimentation du budget climatique, avec l’institut I4CE. Ce que vous demandez d’inscrire dans chacune des délibérations, très sincèrement, ne me paraît pas être aujourd’hui la priorité pour nous, et ce, pour deux raisons principales. La première – cela a déjà été dit et on y reviendra dans un instant –, nous ne sommes pas encore aujourd’hui au bout du processus de l’évaluation de notre budget en matière climatique. Cela a été dit aux élus et également devant la presse. Nous avons examiné une grande partie des lignes budgétaires et cela nous a pris beaucoup de temps. 683 lignes budgétaires, 353 lignes en fonctionnement, 285 lignes en investissement ont été analysées, soit 93 % des dépenses d’investissement, 34 % des dépenses de fonctionnement si on enlève la masse salariale. C’est beaucoup, mais ce n’est pas l’exhaustivité. On est donc encore au début d’un processus, il faut qu’on 15 applique cette méthode – et le règlement budgétaire et financier le dit – à l’ensemble du budget, ce qui n’est pas encore complètement le cas. Il faut sans doute aussi qu’on approfondisse cette méthode car elle est là pour évaluer les impacts climatiques. Or la question du climat ne se limite pas à celle du carbone, elle comprend aussi d’autres enjeux environnementaux qui ne sont pas couverts aujourd’hui par cette méthodologie et nous aimerions pouvoir aller jusque-là aussi. Par conséquent, parce qu’on en est encore au début du processus, je préfère que l’on se concentre sur cette analyse budgétaire. Il nous reste encore à catégoriser ce que sont nos achats, ce que sont nos subventions, comment pèsent nos événements, comment pèse l’aménagement. Y compris du côté de la Métropole Européenne de Lille, ce travail n’est pas encore abouti. Pour nous, la priorité est plutôt celle-là que d’aller sur les délibérations et ce, pour une autre raison qui n’échappe pas à ceux regardent de près nos délibérations, c’est que beaucoup de délibérations qui passent au Conseil Municipal n’engendrent pas de dépenses. De plus, les délibérations qui engendrent des dépenses sont souvent des délibérations de subventions dont je viens de dire à l’instant qu’on n’avait pas encore fini de les analyser. On n’a pas encore analysé si des dépenses de subvention pour la culture ont un impact sur le climat et lequel. On n’a pas analysé si les subventions au sport ont un impact sur le climat et lequel. On n’a pas encore dit en quoi nos politiques éducatives avaient un impact sur le climat et lequel. En fait, beaucoup de ces délibérations ne sont pas encore aujourd’hui à inclure dans cette analyse climatique. De plus, beaucoup de dépenses ne passent jamais par des délibérations spécifiques parce qu’elles sont inscrites dans le budget et c’est bien la raison pour laquelle c’est le budget que l’on soumet à cette analyse climatique. J’ai quand même essayé de faire l’exercice pour répondre à votre amendement sur ce Conseil Municipal. Figurez-vous que, ce soir, on examine 133 délibérations et, sur ces 133 délibérations : - 64 (près de 40 %) sont considérées comme neutres du point de vue du climat parce qu’elles renvoient à des procédures réglementaires ou techniques qui n’ont pas de rapport direct avec la question climatique ; - 31 % sont considérées comme indéfinies, parce que ce sont souvent des subventions – je ne reviens pas sur ce que je viens de dire ; - 26 % sont effectivement considérées comme favorables du point de vue climatique, en particulier la belle délibération d’Anissa BADERI sur les aides à la rénovation durable ou celle de Pierre POSMYK sur le vélo ; - deux délibérations pourraient être considérées comme défavorables, soit 4 %, celles sur le matériel informatique et les tablettes numériques. Vous voyez donc que l’application systématique de ce que vous proposez à toutes les délibérations est franchement très fastidieuse, on a encore beaucoup de travail à faire sur le budget climat et, en plus, ce n’est pas forcément pertinent. Sincèrement, pour ces raisons, je préfère ne pas accepter cet amendement qui porte sur la partie climatique. S’agissant de l’amendement sur la question du budget dit genré ou – je préfère ce terme – du budget sensible au genre, je rappelle juste qu’Alexandra LECHNER, 16 lorsqu’elle a présenté le rapport sur l’égalité femmes-hommes à Lille au moment du débat d’orientation budgétaire, a annoncé que nous expérimenterions ce budget sensible au genre. Les choses ont donc déjà été dites et, non seulement elles ont été dites, mais elles sont aujourd’hui concrètement engagées. Cette expérimentation du budget genré sera appliquée dans un premier temps à la question du sport, en accord avec Sarah SABE, notre élue au sport. Il s’agira d’aller regarder très concrètement comment les subventions aux associations, les aides à la licence, l’occupation de nos équipements, la gestion de la parentalité dans les clubs, la politique en faveur de la pratique libre du sport, intègrent la question de l’égalité hommes-femmes. C’est un travail assez lourd parce que cela veut dire qu’il faut collecter tout un nombre de données que l’on n’a pas, qu’il faut ensuite analyser ces données, les partager avec les usagers et les usagères et, ensuite, évidemment faire des recommandations. Tout cela nous amènera sans doute à l’automne 2021. Je préférerais que, sur la question du budget sensible au genre, on garde la méthode que l’on a prise pour le budget climatique, c’est-à-dire que, d’abord, on expérimente, on teste la méthode et, si on en est satisfait, on l’applique, on la généralise. Pour cette raison, je crois donc qu’il est un peu prématuré d’accepter votre amendement sur la question du budget genré. Cela ne nous empêchera pas de le faire dans un second temps, en 2022 je l’espère, et de modifier le cas échéant cette méthodologie budgétaire et financière, mais je crois qu’il est préférable de prendre cette belle méthode du budget climatique qui fait aujourd’hui ses preuves et de l’appliquer – puisque vous avez souhaité faire le parallèle entre les deux – à la question du genre. Pour ces raisons, qui ne sont pas des questions de fond, je préférerais que nous ne retenions pas ces amendements. Je me permets de rappeler – puisque vous avez commencé votre propos, Madame NICOLAS, par la question de la violence faite aux femmes – que, là encore, Alexandra LECHNER avait eu l’occasion de dire au mois de décembre tout ce que la Ville de Lille fait en la matière puisque c’est évidemment un combat que nous partageons et dont nous connaissons l’acuité, y compris en cette période particulièrement difficile de crise sanitaire, de confinement et de promiscuité renforcée. Je précise que nous avons obtenu de la part de l’État qu’une à deux places soient réservées à des femmes victimes de violences dans chacun des hôtels qui sont ouverts aujourd’hui en lien avec la situation sanitaire, c’est-à-dire quatre hôtels pendant la période hivernale. C’est un pas de plus que nous faisons pour essayer autant que nous le pouvons de soutenir et d’accompagner ces femmes victimes de violences dont vous avez rappelé les terribles chiffres que nous connaissons. Merci. Madame le Maire – Merci beaucoup à notre Première Adjointe qui a répondu que l’on partage les objectifs tant sur le budget climatique que sur le budget sensible au genre, mais qui a expliqué pourquoi il valait mieux terminer notre travail avant peut-être 17 d’intégrer ces deux éléments plus amplement – puisque c’est déjà le cas – dans notre règlement budgétaire. Je vais mettre aux voix ces deux amendements sur lesquels, en ce qui nous concerne, nous ne voterons pas, mais dont nous partageons la philosophie et le fond et pour lesquels nous travaillons. Madame NICOLAS, vous voulez intervenir ? Madame NICOLAS – Juste pour donner une explication de vote, Madame le Maire. Je voudrais dire deux mots sur des choses que j’ai entendues tout à l’heure dans l’intervention du représentant de Faire Respirer Lille. J’ai entendu « rapport égalité hommes-femmes » – ce n’est pas très grave –, « moralisatrice, pudibonderies », excusez-moi, mais, là, je suis profondément choquée. Ensuite, pour répondre à Madame LINKENHELD, je dirai que je suis assez étonnée que vous n’ayez pas proposé de contre-amender la partie sur le budget climatique puisque nous avions justement laissé la possibilité d’avoir du temps devant nous pour l’appliquer systématiquement sur chaque délibération. Cela me semble toujours pertinent puisque, de l’aide à la décision, cela se fait bien à chaque délibération et pas uniquement une ou deux fois par an. En ce sens, notre indication de vote pour ce soir sera un vote contre cette délibération. Madame le Maire – Je mets au vote les amendements. Les amendements sont rejetés à la majorité, le groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire votant contre, et les groupes Lille Verte et Faire Respirer Lille votant pour. Madame le Maire – Sur la délibération 21/37 globalement, qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire). Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte et le groupe Faire Respirer Lille). Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte et le groupe Faire Respirer Lille votant contre. Je vous remercie. Nous allons maintenant passer au budget. 18 21/36 - Véhicules et matériels municipaux - Demande à l'Etat de procéder à leur aliénation avec publicité et concurrence. 21/38 - Exercice 2021 - Fiscalité directe locale - Information sur les bases prévisionnelles 2021 et vote des taux 2021. Adoptées. TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET DÉVELOPPEMENT SOUTENABLE 21/34 - Maison Régionale de l'Environnement et des Solidarités - Acompte sur la subvention pour l'exercice 2021. Adoptée. (Stéphane BALY et Nathalie SEDOU ne prennent pas part au vote.) 21/35 - Projet européen SHICC (Sustainable Housing for Inclusive and Cohesive Cities) - Logement durable pour les villes inclusives et cohésives - Programme Interreg Nord-Ouest Europe - Addendum n° 2 au contrat de partenariat - Changement de nom du partenaire écossais du projet. Adoptée. Chemise 38 BUDGET Rapporteur : Marion GAUTIER Conseillère Municipale déléguée 21/125 - Budget Principal - Adoption du Budget Primitif pour l'exercice 2021. Madame le Maire – Je dirai d’abord quelques mots pour remercier tous ceux qui y ont travaillé. C’est quand même un contexte bien difficile qui était le nôtre, à la fois parce qu’il y a eu des changements dans la façon de présenter le budget et d’y travailler, mais aussi du fait de cette crise sanitaire. Je rappelle que, sur les 22 M€ que nous coûte aujourd’hui la crise sanitaire – je dis bien « aujourd’hui » parce que cela va se poursuivre –, nous avons reçu 760 000 € de l’État en compensation, ce qui est loin de couvrir l’ensemble. Cela a donc été difficile pour ces raisons-là et aussi parce que nous n’avions pas encore tous les éléments sur le plan de relance, que nous attendons toujours, mais certains nous ont apporté des éléments positifs. Sans rentrer dans le budget, j’ai dit tout à l’heure combien il reprenait les priorités du projet de la Majorité. Je voudrais remercier tous ceux qui y ont travaillé, en particulier les élues Audrey LINKENHELD et Marion GAUTIER, remercier le Directeur Général, Patrick PINCET, ainsi qu’Anne-Valérie CHIRIS-FABRE et Daniela BOIZART. Je voudrais également saluer deux hauts fonctionnaires, un de l’État et un de la Ville, 19 qui nous quittent aujourd’hui et qui ont beaucoup contribué à la gestion rigoureuse qui est la nôtre, gestion budgétaire et gestion de la dette qui est d’ailleurs saluée par la Chambre Régionale des Comptes, gestion qui nous a permis aussi de passer cette année difficile. Toutes les villes n’ont pas pu « avaler » moins 22 M€ de rentrées et ce sont nos résultats, notamment notre résultat net de 2019, qui nous ont permis de passer cette période tout en continuant à investir, car c’est là la difficulté. Je voudrais donc d’abord saluer notre trésorier municipal, agent de l’État, Claude TRACZ, qui fera valoir ses droits à la retraite le 1er mars prochain. Je lui ai dit tout à l’heure combien le climat de confiance qui a été le nôtre, les conseils qu’il nous a apportés, la rigueur qui a été la sienne nous ont énormément aidés. Je lui souhaite le meilleur pour la suite, pour ses projets personnels. Je voudrais saluer également Anne-Valérie CHIRIS-FABRE qui, après cinq années passées au sein de notre collectivité, va être détachée à l’université de Lille pour en être directrice générale adjointe. Nous espérons d’ailleurs que cela nous permettra d’avoir des rapports peut-être encore plus proches avec cette même université. Je lui ai dit tout à l’heure également combien nous pouvions apprécier – et je parle sous le contrôle d’Audrey et de Marion – non seulement l’extrême rigueur d’Anne- Valérie, accompagnée de Daniela BOIZART, mais aussi sa vision. En effet, tenir les finances en disant « non », c’est facile, mais c’est autre chose de tenir les finances en essayant de trouver à chaque fois les solutions pour faire ce que nous voulons faire et avoir une belle vision d’une gestion de la ville, du contrôle de gestion, de la gestion de la dette et, en cela, Anne-Valérie nous a énormément apporté. Je le lui disais un peu en riant tout à l’heure, c’est la première fois qu’une DGA de la Ville n’est pas critiquée par toutes les autres DGA qui trouvent qu’elle est trop dure mais qui, au contraire, louent sa capacité à comprendre vers où on veut aller et à trouver des solutions. Réellement, cela signifie que, au-delà de ses compétences sur les finances, sur le budget, sur le contrôle de gestion, Anne-Valérie a surtout une grande compréhension des enjeux que nous voulons mettre dans un projet et une sensibilité qui lui permet de trouver les solutions quand nous en avons besoin. Chère Anne-Valérie, je vous souhaite au nom de nous tous, de réussir, comme vous avez réussi ici, à l’université de Lille, qui aura bien besoin de vous car il y a quand même actuellement beaucoup de difficultés liées aux différences de statuts, à la nécessité de recevoir l’argent que l’État avait promis, aux liens avec les autres écoles et universités. Je sais que vous y réussirez pleinement. En tout cas, merci pour tout ce que vous nous avez apporté. Je ne vais pas revenir sur le budget pour que nous allions plus vite, je vais laisser Marion vous le présenter. J’ai dit tout à l’heure qu’il représentait parfaitement les priorités qui sont les nôtres et que nous avons engagées auprès des Lillois. Marion GAUTIER. 20 Temps de parole Groupes politiques Intervenants (en minutes) Lille en Commun, Durable et Madame BRUN 31 mn Solidaire Monsieur MARTIN Lille Verte Monsieur CREPEL 9 mn Faire Respirer Lille Monsieur LEBAS 5 mn Madame GAUTIER – Bonsoir. (Projection d’un PowerPoint) Ce budget 2021 s’élève à hauteur de 426 M€, au service des Lillois, des Lommois et des Hellemmois. Ce sont 334 M€ de dépenses de fonctionnement et 91 M€ en investissement. Si on prend les recettes moins les dépenses, cela nous fait une épargne brute de 44 M€, ce qui permet de rembourser notre dette. Sur cette slide, vous avez un schéma qui rappelle comment fonctionne le budget : - l’épargne brute (44 M€) permet de rembourser notre dette (30 M€) en 2021 ; - cela permet également de financer nos dépenses d’investissement, avec de l’épargne brute et des recettes d’investissement à hauteur de 25 M€ et un nouvel emprunt à hauteur de 57 M€ ; - cela nous fait un budget total (dépenses d’investissement + dépenses de fonctionnement) à hauteur de 461 M€, puisque j’intègre aussi la dette à rembourser ; - si on intègre également les opérations d’ordre (ce qui relève de la comptabilité), cela nous fait 508 M€. Ceci pour vous permettre de vous y retrouver dans les différents chiffres que vous avez dans la délibération. Je reviens un peu sur le fond de ce budget. En investissement, on a +9 M€ par rapport au budget primitif 2020. C’est +30 M€, si on regarde par rapport à ce qui a été effectivement réalisé et dépensé en investissement en 2020. 2020 est évidemment une année particulière puisque, avec le Covid, il y a eu pas mal de décalages de projets, mais cela vous montre l’ambition pour ce budget. Ces investissements témoignent de notre plein engagement dans la transition écologique puisque les deux premières priorités en termes d’investissements sont la politique de performance énergétique et de rénovation environnementale (17 M€) et la métamorphose paysagère (16 M€), avec une grande attention portée à l’éducation des enfants, avec par exemple la rénovation du groupe scolaire Thierry Launay à Moulins, celui de la Porte de Valenciennes à Moulins et le groupe scolaire Montessori aux Bois- Blancs et le lancement de la crèche Concorde au Faubourg de Béthune. 21 Sur le fonctionnement, le budget 2021 prévoit une augmentation maîtrisée de 0,5 % (+1,6 M€ par rapport au budget primitif 2020), pour amortir le choc de la crise sanitaire tout en maintenant un haut niveau de services publics. Nous prévoyons 900.000 € de ménage supplémentaire dans les écoles en 2021, pour pouvoir garantir la sécurité des enfants et des personnels par rapport à la crise sanitaire. C’est aussi la mise en œuvre des engagements du programme de notre Majorité, avec par exemple la gratuité des fournitures scolaires à la rentrée scolaire 2021 ou l’augmentation de la part de bio et de local à la cantine, ou encore la création de 25 postes de policiers municipaux. Si on cumule investissements et fonctionnement, vous avez sous les yeux la répartition par politiques publiques des 426 M€ : - 20 % pour l’enfance et l’éducation, - 15 % pour les politiques de proximité et de solidarité, - 13 % pour la métamorphose paysagère, - 12 % pour la culture, - 10 % pour la performance énergétique et la rénovation environnementale, - 6 % pour le sport. - Je vous fais grâce des autres petits pourcentages. En termes de fiscalité, il n’y a pas d’augmentation des impôts en 2021. Je précise – puisque, suite au débat du ROB, je crois que ce n’était pas hyper clair – que la taxe foncière qui est payée est une base locative multipliée par un taux de taxe foncière. Pour comprendre le montant que les Lillois payent, il faut donc regarder les deux composantes de cette taxe foncière, à savoir la base et le taux. Le taux, nous en avons parlé. En ce qui concerne les bases, nos bases locatives à Lille sont en moyenne 58 % en dessous de la médiane des villes de plus de 100 000 habitants, elles sont donc très faibles. Le montant de notre taxe foncière à Lille est donc en moyenne faible par rapport aux villes de plus de 100 000 habitants et nous sommes 38ème sur 42 dans le classement des villes de plus de 100 000 habitants en termes de taxe foncière, le numéro un du classement étant celui qui paye le plus et le 42ème étant le plus faible. En termes de dette, notre encours de dette au 1er janvier 2021 est de 353 M€. Nous prévoyons d’augmenter légèrement l’endettement à 365 M€ en 2021. Nous restons quand même en dessous du niveau de 2019, avec une capacité de désendettement à hauteur de 7 ans, ce qui est bien en dessous des 12 ans qui est le plafond de bonne gestion fixé par l’État. Pour conclure, nous sommes donc sur un budget qui met en œuvre nos engagements pour la transition écologique et la justice sociale, tout en gardant une trajectoire financière maîtrisée. Anne-Valérie, Daniela, Jean-Baptiste, Sylvain, malgré la M57, nous avons réussi et je voulais vous en remercier. Ce budget 2021, c’est aussi pour la première fois un budget climatique, construit avec Audrey LINKENHELD, qui travaille sur ce sujet à la fois dans ses fonctions de Première Adjointe à la Ville, mais aussi en tant que Vice-présidente à la Métropole au climat et à la transition écologique. Pour ce budget climatique, nous avons fait une analyse de l’impact environnemental de nos dépenses. Cela fait suite à une démarche de coconstruction avec I4CE (l’Institut for Climate Economics), la MEL, le Grand Lyon, 22 la Ville de Paris et la Métropole de Strasbourg. Nous avons donc ensemble construit une méthodologie qui consiste à classer chacune des lignes du budget par rapport à l’objectif de neutralité carbone en 2050. Ce budget climat est un outil d’aide à la décision, puisqu’il s’agit de pouvoir évaluer les lignes et de comprendre où sont les marges de progression. Chaque ligne est classée entre : - « très favorable », ce qui correspond aux dépenses qui permettent d’atteindre la neutralité carbone, - « plutôt favorable », pour les lignes qui vont dans le bon sens, mais qui ne sont pas suffisantes pour atteindre la neutralité carbone, - « neutre », c’est-à-dire sans impact significatif, - « défavorable », pour les dépenses qui ont un impact significatif sur la trajectoire de neutralité carbone avec des émissions de gaz à effet de serre, - « indéfini », là où la méthodologie ne permet pas à date de les classer. Sur la slide suivante, vous avez le résultat de l’analyse qui a été faite. Tout n’a pas pu être classé, même si c’est un énorme travail puisque 638 lignes ont été examinées. Les dépenses de personnel ont été mises de côté parce qu’aujourd’hui, la méthodologie ne permet pas de les apprécier. La présentation que vous avez là est donc hors masse salariale, c’est pourquoi on a 34 % des dépenses de fonctionnement qui sont analysées. Pour l’investissement, c’est plus adapté, 93 % des dépenses ont été analysées, avec une marge de progression sur tout ce qui est subventions et, globalement, sur les politiques éducative, culturelle, sportive, de solidarité, sur lesquelles la méthode mérite d’être précisée. Le résultat fait apparaître que, investissements et fonctionnement confondus : - 51 M€, soit environ un quart du budget, ont un impact très favorable ou favorable sur le climat. Je crois que cela témoigne clairement de notre volontarisme sur ce budget primitif 2021 en matière de rénovation énergétique, de végétalisation de la ville et de la priorité donnée aux mobilités actives, - 77 M€, soit environ 40 %, ont un impact neutre, - 8 M€, soit 4 %, ont un impact défavorable, ce qui correspond principalement aux consommations d’énergies fossiles et aux achats de matériels informatiques, dont on comprend bien aussi que, au moment de la visio, de la crise sanitaire et du télétravail, c’est également un enjeu, mais il y a évidemment des marges de progression à ce niveau. Vous l’avez compris, c’est un pas important qui a été fait pour avancer en transversalité vers notre objectif de neutralité carbone. Je suis ravie de l’enthousiasme partagé par l’ensemble des élus sur cette question. Je voulais néanmoins rappeler que ce n’est pas le seul outil au service de la transition écologique, mais que ce budget climatique s’inscrit dans une stratégie plus globale portée par la Majorité pour aller vers une baisse de 45 % de nos émissions de gaz à effet de serre. Je vous remercie. 23 Madame le Maire - Je remercie Marion pour cette présentation très claire. Je passe la parole à Charlotte BRUN. Madame BRUN.- Madame le Maire, mes chers collègues, Nous avions déjà pu vous parler de nos grandes orientations pour ce mandat lors de la présentation du rapport d’orientations budgétaires en décembre. Le budget primitif, qui est le premier de ce nouveau mandat, en est la première concrétisation. Madame le Maire l’a dit, je ne m’étendrai donc pas plus sur le contexte inédit dans lequel ce budget a été construit, celui d’une crise sanitaire, climatique, économique et sociale majeure et un contexte marqué par une grande incertitude. Au nom des élus du groupe Lille en commun, durable et solidaire, je tiens avant tout à remercier très chaleureusement pour leur travail pugnace, sérieux, solide mais aussi guidé par des valeurs et des principes extrêmement forts, notre Maire, Martine AUBRY, Audrey LINKENHELD, Marion GAUTIER et les services de la Ville, au premier rang desquels Anne-Valérie CHIRIS-FABRE et Daniela BOIZART. Votre travail, ainsi que celui des collègues qui vous ont précédées dans cette tâche lors du précédent mandat – et je pense bien sûr tout particulièrement à Pierre de SAINTIGNON et à Dominique PICAULT –, nous permet de défendre ce soir un budget solide, robuste même, et ambitieux. C’est la solidité de ce budget et la santé financière de la Ville qui nous permettent d’être aujourd’hui solidaires. C’est la solidité de la situation financière de la Ville qui nous permet de faire face à la crise majeure que nous traversons. C’est bien notre solidité qui nous permet de mettre en œuvre nos engagements auprès des Lillois et des Lilloises en les accompagnant au plus près de leurs besoins, en assumant le coût budgétaire de la crise que nous estimons à près de 22 M€ pour la seule année 2020. C’est bien notre épargne nette, notre capacité de désendettement de sept ans, bien en deçà – Marion GAUTIER nous l’a redit – du plafond des douze ans recommandé par l’État, qui nous ont permis d’amortir en grande partie le choc de la crise. En effet, au-delà des masques nombreux distribués par la Ville aux Lilloises et aux Lillois, au-delà du soutien fort aux associations, nos agents municipaux ont été et sont encore en première ligne, fortement mobilisés à chaque instant, par exemple pour la bonne tenue des marchés lillois, mais aussi pour les piétonnisations, pour la sécurisation de nos espaces publics, pour les distributions alimentaires, pour la mise en œuvre du dispositif d’appel d’urgence pour les seniors, pour soutenir les parents, pour la mise en place d’un protocole sanitaire renforcé dans tous nos établissements recevant du public et tout particulièrement dans les écoles afin d’assurer la continuité du service public. Nous avons aussi voulu soutenir fortement l’activité économique, avec par exemple les exonérations de loyers et de droits d’occupation de l’espace public pour les commerçants, le soutien à ces derniers et tout particulièrement pendant les fêtes de fin d’année. 24 Nul ne doute de l’utilité de cet effort financier. Nul ne doute aujourd’hui que les villes ont à nouveau démontré pendant l’année qui vient de s’écouler qu’elles sont un maillon essentiel de la chaîne de la solidarité. Lille a été et continue d’être au rendez- vous. Alors, peut-être même partagerez-vous avec mon groupe notre incompréhension quand, loin des annonces et des promesses du Gouvernement, l’État n’a pour autant, à ce stade – et nous continuons d’espérer –, participé à notre effort qu’à hauteur de 750.000 €, c’est-à-dire un peu moins par exemple que le budget supplémentaire que nous allons consacrer en 2021 au nettoyage des écoles. Je pourrais en dire autant du plan de relance dont nous attendons toujours les chiffres, les montants, les modalités, alors que notre projet à Lille est prêt depuis septembre, puisque ce sont 65 M€ de projets qui pourraient répondre aux critères de France relance sur les prochaines années. Ces projets, nous les mènerons à bien, ceux qui sont prêts pour 2021 sont d’ailleurs dans le budget que vient de nous présenter Marion GAUTIER. Ceci dit, ces coups de com’ du Gouvernement ont peut-être un mérite, celui de nous rendre reconnaissants envers celles et ceux qui ont construit à travers les années précédentes ce budget solide qui nous permet aujourd’hui de mettre en œuvre des engagements que nous avons pris auprès des Lillois, des engagements clairs et ambitieux, les engagements de faire de Lille une référence du mieux vivre social et écologique, une ville plus apaisée et durable, une ville qui accueille toutes les générations, une ville qui soutient les plus vulnérables. Ce budget est donc d’abord un budget qui construit une ville inclusive et bienveillante. La solidarité est la colonne vertébrale de la ville. Dans cette période de crise, face à l’urgence sociale, ce budget conforte un très haut niveau de soutien aux CCAS de Lille, Lomme et Hellemmes. Nous augmentons notre soutien aux centres sociaux, avec, entre autres, la restructuration de la maison de quartier des Bois Blancs, et aux espaces santé. Les actions en faveur de l’insertion des plus éloignés de l’emploi seront renforcées. Le budget pour le sport santé sera aussi augmenté. Nous renforçons les actions au service de nos aînés pour plus de prévention et pour lutter contre l’isolement. Ce budget accompagne également fortement les associations en augmentant encore – comme Arnaud DESLANDES le dira dans quelques minutes – notre participation à la programmation de la Politique de la Ville, en en faisant une contribution à la réponse aux défis posés par la crise que nous traversons. La ville inclusive et bienveillante, c’est aussi une ville dans laquelle l’éducation continue en 2021 d’être la priorité. Avec plus de 20 % du budget, investissements et fonctionnement réunis, nous nous donnons les moyens de renforcer encore notre projet éducatif, l’un des piliers de notre projet de justice sociale et de lutte contre les inégalités. Je pense bien sûr à la gratuité du contenu des cartables pour tous les élèves à la rentrée prochaine, qui est un engagement concret que nous avons pris au service de l’égalité, mais aussi de la transition écologique. Je pense aussi au développement des produits de saison à la restauration scolaire avec plus de bio et de local, à l’achat de couches 25 biologiques dans les crèches, à la construction du nouveau groupe scolaire Porte de Valenciennes, à l’agrandissement de Montessori par exemple avec un nouveau restaurant scolaire, au lancement des travaux de la crèche Concorde, au programme d’amélioration et de rénovation des restaurants scolaires, à la sécurisation des écoles avec notamment le plan de rues scolaires qui se déploie très rapidement. La ville inclusive, c’est aussi l’amélioration de l’accès de tous les usagers aux services publics et à nos espaces partagés, avec plus de 2 M€ consacrés cette année aux travaux d’accessibilité, en cohérence avec l’agenda d’accessibilité programmée et notre plan pluriannuel. La ville inclusive, voilà encore ce qui guide les 4,5 M€ en investissement que nous mobilisons au service de l’habitat, avec les aides au logement, contre l’habitat insalubre ou pour les particuliers dans l’habitat ancien. Chacun est touché par la crise, chacun mérite l’attention d’une municipalité qui investit pour la réparation du lien social et la préparation du futur de chacun. Ce budget 2021, c’est aussi le budget d’une ville plus apaisée. Conformément à notre programme municipal, cet engagement se traduit concrètement avec les dépenses prévues en 2021 pour la sécurité des Lillois et des Lilloises, dont certaines vous seront présentées tout à l’heure par Jean-Claude MENAULT : soutien aux actions de prévention, construction d’un hôtel de police municipale et du centre de supervision urbaine, installation de caméras de vidéoprotection. Notre ambition, c’est aussi de prendre en compte l’urgence climatique. La crise sanitaire et la crise climatique se confondent et exacerbent nos vulnérabilités. À Lille, qui a été finaliste – chère Audrey – pour le prix de Capitale verte européenne, la transition est déjà engagée depuis longtemps. Ce budget nous permettra d’aller plus vite encore en préparant dans les actes la ville bas carbone. Cet engagement fort se traduit notamment par nos ambitions en matière de rénovation énergétique des bâtiments, avec une enveloppe de 17 M€ investis cette année dans les rénovations, comme par exemple dans le groupe scolaire Thierry Launay à Moulins, les travaux d’économie d’énergie ou encore la végétalisation des cours d’école qui contribue à renforcer la résilience des écoles face au changement climatique. La ville bas carbone, c’est aussi le renouvellement urbain, avec la transformation de Concorde dans le quartier de Faubourg de Béthune vers un quartier à santé positive, protégé du périphérique par une butte paysagère dont l’agriculture urbaine est au cœur. La ville bas carbone, c’est aussi notre programme de métamorphose paysagère. Elle était un engagement fort de notre Majorité, elle est en 2021 et dans les années à venir notre grande priorité pour améliorer le cadre de vie des habitants. Cette année, nous investirons plus de 16 M€ pour développer de nouveaux espaces verts, pour apaiser, végétaliser la voirie, pour conquérir des friches, les aménager, les réaménager, y faire renaître une vie citadine avec davantage de nature. Je pense bien sûr à la campagne de plantation cet hiver de 3 000 arbres parmi le plan des 20 000 26 arbres, à la création de nouveaux jardins, qu’ils soient partagés ou non, ou aux nouveaux moyens que ce budget consacre à la protection du bien-être animal. Je pense aussi à tous les projets qui permettront d’embellir la ville, de l’apaiser, de la mettre à hauteur des enfants, mais aussi de toutes les générations, par exemple rue Pierre Mauroy, place du Lion d’Or, secteur des Urbanistes, rue Solférino, place du Maréchal Leclerc. La maison des mobilités, que vous présentera Pierre POSMYK, est aussi un symbole des profonds aménagements que nous souhaitons mettre en œuvre au service de la transformation des mobilités pour une ville apaisée. De façon générale, notre attention entière est fixée sur la qualité et la propreté des espaces publics lillois. Notre engagement pour la durabilité – et nous en sommes heureux – s’incarne dans l’application de la méthodologie du budget climatique pour cette première fois. C’est un outil de transparence, car nous y donnons à voir comment nos dépenses impactent le climat, mais c’est aussi et surtout un budget d’aide à la décision qui inscrit la question climatique au cœur de chacune de nos politiques publiques. Enfin, nous avions pris l’engagement d’une ville en mouvement et en proximité. La proximité est la condition de l’efficacité de l’action municipale. C’est pour cette raison qu’elle n’a jamais été sacrifiée dans la situation sanitaire que nous connaissons. Nos mairies de quartier continuent d’être les premiers guichets d’information et d’accès aux droits pour les habitants, des lieux de soutien indispensables. Nos subventions aux associations sont maintenues en 2021 à leur niveau très élevé pour préserver le lien social et l’emploi local qu’elles génèrent. C’est aussi la traduction de notre reconnaissance pour toutes celles et tous ceux qui font le tissu associatif et le rayonnement de notre ville, parmi lesquels les acteurs culturels, les clubs sportifs. Malgré les restrictions, rendre le sport accessible au plus grand nombre, et notamment le sport santé, doit rester une priorité pour permettre à chacun de garder la forme dans cette période très anxiogène. C’est entre autres l’objectif des chemins de la forme et de l’opération « ma cour de récré olympique » qui s’est tenue cette semaine – Martine AUBRY en parlait tout à l’heure. Nous avons hâte de retrouver les expositions du Palais des Beaux-Arts, du Musée d’Histoire Naturelle ou encore de Lille 3000. Nous mesurons tous aujourd’hui combien la culture, le rêve, la création nous permettent de nous émanciper. Nous entreprendrons aussi la rénovation de plusieurs bâtiments pendant cette période pour permettre la reprise des activités et des pratiques de tous dans les meilleures conditions. Je pense bien sûr aux travaux de la Halle de glisse, mais encore aussi au beau projet du Musée d’Histoire Naturelle. Enfin, ce budget primitif prévoit la hausse du budget participatif à hauteur de 2 M€, dont 500 000 € dédiés aux projets des enfants. Cela vient témoigner de la volonté de la Majorité toute entière de renforcer les moyens accordés à la participation citoyenne, moyens qui ne se limitent pas à ce seul budget participatif, mais qui sont accordés aussi à ce que Sébastien DUHEM présentera tout à l’heure avec le droit de 27 pétition locale ou encore avec le lancement en juin de la consultation citoyenne pour l’aménagement de l’avenue du Peuple Belge. Tous ces projets ont en commun en 2021 de rendre notre ville plus inclusive, plus apaisée, plus durable, plus dynamique. Ils seront menés à bien et – c’était aussi l’un de nos engagements – sans augmenter les impôts des Lillois. Encore une fois, c’est bien parce que nous avons une gestion saine de notre budget municipal, parce que notre budget municipal est solide et qu’il résiste à la crise que nous pouvons avoir un budget solidaire et ambitieux qui poursuit les objectifs politiques que nous nous sommes fixés en dialogue avec les Lillois. Je vous remercie. (Temps de parole : 13 minutes 33) Madame le Maire - Merci beaucoup. Je donne la parole à Valentin MARTIN. Monsieur MARTIN - Madame le Maire, chers collègues, Permettez-moi d’intervenir au nom des élus Communistes de la Majorité dans le cadre du vote de notre budget 2021, le premier de notre mandat. Cela a été dit, celui-ci a été préparé dans un cadre inédit : celui d’une crise sanitaire qui dure et dont on ne connaît ni la fin ni les impacts définitifs sur les finances des collectivités locales, sans parler non plus des conséquences sanitaires, sociales et économiques extrêmement difficiles pour les Lillois et pour les Lilloises, qui risquent de s’accroître au fil des mois, en particulier pour les plus précaires. Je crois pouvoir dire que depuis le début de cette crise, notre municipalité s’engage autant que faire se peut pour répondre au mieux aux besoins de nos habitants et de nos habitantes : distribution des masques, distribution de colis alimentaires, soutien au monde associatif, nettoyage renforcé dans les écoles, exonération des loyers… Je ne dresserai pas toute la liste de l’ensemble des mesures prises pour répondre à cette crise, mais nous pouvons tous dire – je crois – que notre Ville est à la hauteur. Naturellement, cela a un coût : 8 M€ de dépenses en plus en 2021, alors que dans le même temps, nos recettes diminuaient de 14 M€ à cause de l’épidémie. Ce n’est pas rien, mais les communes, et Lille en particulier, ont montré une nouvelle fois qu’elles avaient de la ressource et qu’elles savaient s’adapter aux situations les plus difficiles, car ce sont elles qui sont au plus proche de la population. L’État ne devra pas l’oublier, car après des années d’austérité marquées par des baisses de dotations inacceptables, il est urgent que la tendance s’inverse. La réforme de la taxe d’habitation, par exemple, dont nous ressentirons les effets néfastes au cours des prochaines années, était, à ce titre, un très mauvais signal envoyé par le Gouvernement, tant on connaît le devenir des compensations à l’euro près. L’absence de compensation, également concrète, à nos pertes de recettes et nos hausses de dépenses dues à la crise en est un autre élément très inquiétant. Je crois que le renforcement, notamment 28 financier, des collectivités devra être au cœur de la sortie de crise. Nous attendons de l’État qu’il mette les moyens à la hauteur des enjeux qui sont face à nous et des besoins de nos populations. Mais malgré ce contexte difficile, le budget que nous soumettons au vote ce soir montre, une fois de plus, que nous savons gérer nos finances de manière vertueuse, avec un endettement qui reste maîtrisé, un haut niveau d’investissement, des services publics forts, et tout cela sans augmenter les impôts. Nous nous étions fixés deux axes prioritaires pour ce mandat : faire de Lille une ville plus juste socialement et une ville plus durable. Avec ce budget 2021, ces objectifs sont tenus, puisqu’il place l’éducation, la solidarité et la métamorphose paysagère en tête de nos dépenses. Je ne citerai que deux exemples, qui ont déjà été évoqués mais qui traduisent très précisément cette évolution que nous avons pour notre ville : la gratuité des fournitures scolaires avec des fournitures plus durables et le renforcement qualitatif de notre restauration scolaire vers toujours plus de produits bio et locaux, et pourtant, à des tarifs toujours aussi accessibles. Par ces deux politiques, nous montrons qu’il est possible de tenir en même temps justice sociale et transition écologique. Vous le savez, notre philosophie, c’est « l’humain et la planète d’abord ». C’est, je crois, également celle de ce budget que nous voterons ce soir. Je vous remercie. (Temps de parole : 3 minutes 09) Madame le Maire - Merci beaucoup. Je passe la parole à Jérémie CRÉPEL. Monsieur CREPEL – Merci. Madame le Maire, chers collègues, Permettez-moi d’abord de vous remercier de votre accueil et de vous dire la joie et l’émotion – un peu – d’avoir l’honneur d’être à nouveau membre de ce Conseil Municipal, en plus débarrassé de l’extrême-droite ; c’est un vrai plaisir. Vous nous présentez aujourd’hui une proposition de budget primitif dans un contexte pour le moins incertain. Incertaine la durée de la crise, incertain donc son effet complet sur les budgets des collectivités, incertain son effet complet sur les Lilloises et les Lillois, même si les premiers éléments montrent un impact social, économique et financier très important. Pour ne pas faciliter notre tâche, la nouvelle nomenclature rend difficiles les comparaisons, et je tiens à vous remercier, ainsi que les services, du travail que vous avez fait pour rendre ce projet lisible. J’en profite pour m’associer aux remerciements aux personnels qui quittent la Mairie, et notamment au Trésorier municipal, que j’ai eu le plaisir de côtoyer au sein de la CAO. 29 C’est dans ce contexte incertain que nous devons néanmoins nous prononcer sur les moyens budgétaires de l’action municipale. Ce budget fait clairement apparaître des choix. Commençons par ceux avec lesquels nous nous retrouvons. Le choix, d’abord, de ne pas toucher à la fiscalité et de ne pas augmenter les impôts fonciers. Certes, c’était l’une de vos promesses de campagne, peut-être imprudente quand on ne sait pas de quoi demain sera fait, mais nous pensons également qu’au moment où beaucoup souffrent, ce n’est pas le moment de toucher à la fiscalité, et sans doute pas demain, quand il faudra panser les plaies de cette crise. Le choix, ensuite, de maintenir un niveau élevé d’investissements, qui sont même prévus à la hausse avec 91,3 M€, ce qui nous ramène, si l’on tient compte de votre objectif de réalisation à 88 %, à un objectif réel de 80 M€. Rappelons qu’en 2020, avec les difficultés liées à la crise Covid, le taux de réalisation n’a pu être que de 66 % : souhaitons que ce que choix volontariste permette de soutenir l’économie locale. Le choix, enfin, de prioriser les investissements liés à la transition écologiste. En effet, il ne faut pas que la crise du Covid remette en cause les efforts que les collectivités doivent faire pour atteindre la neutralité carbone, alors que l’urgence climatique impose plutôt de mettre les bouchées doubles. Julie NICOLAS parlait tout à l’heure de « l’affaire du siècle ». Ces investissements s’avèrent d’ailleurs rentables pour la collectivité quand on voit les économies substantielles qu’ils ont déjà permis de faire sur le budget énergie, cher Stéphane. Encore faut-il ne pas défaire d’un côté ce que l’on fait de l’autre, d’où l’importance du budget climatique sur lequel vous avez avancé. Néanmoins, par souci de transparence, nous aurions voulu disposer, Audrey LINKENHELD, de l’analyse ligne par ligne que vous avez effectuée pour les dépenses supérieures à 50 k€, ce qui ne rendait pas, du coup, l’amendement de Julie NICOLAS inutile, contrairement à ce que vous nous avez dit. Nous vous demandons également un PPI et un PPI climatique public, sujet sur lequel il faudra travailler – Martine AUBRY a parlé tout à l’heure des investissements, afin d’évaluer les trajectoires permises ou non par ces investissements. La transparence, vous en avez parlé, Audrey LINKENHELD, est nécessaire. Vous avez dit en Commission que vous ne vouliez pas que le budget climatique soit un moyen de promotion ; je suis d’accord, il ne faut pas que le green budget soit du greenwashing, et pour cela, cela demande toute la transparence. Malheureusement, vous faites aussi des choix politiques dans lesquels nous ne nous retrouvons pas, parce que, oui, nous aurions, en réalité, fait autrement. En premier lieu, vous vous félicitez de la stabilité des dépenses de fonctionnement, nous la regrettons. Avec la crise Covid, les besoins sociaux explosent, vous l’avez dit, les Lilloises et les Lillois ont besoin d’être épaulés pour passer cette période difficile. Nous avons d’ailleurs toujours soutenu les sommes versées au CCAS de Lille comme étant des investissements sociaux. En cette période de difficulté, nous souhaiterions, par exemple, que le fonds de secours puisse être abondé à la hauteur 30 des besoins. Qu’en est-il, d’ailleurs, de l’analyse des besoins sociaux de notre ville qui doit être faite en début de mandat ? Les associations également ont besoin d’être soutenues. Celles de la culture font face à un arrêt inédit quasi-total de leur activité, celles œuvrant pour les personnes les plus précaires alertent sur une dégradation des conditions de vie des plus démunis et l’urgence de donner les moyens d’agir sur le terrain. Et pourtant, malgré ce contexte, vous avez décidé de limiter les subventions aux associations au global, même si certaines annonces sont plaisantes ; le financement des associations, - 0,06 %, ne suivant pas l’inflation, cela entraîne de fait des restrictions non négligeables sur des acteurs essentiels. N’asphyxions donc pas les dépenses de fonctionnement au nom de la stabilité des impôts. En deuxième lieu, certains arbitrages nous paraissent vraiment malheureux, sur la masse salariale par exemple. Vous souhaitez avoir une masse salariale maîtrisée. Alors que 2020 amenait un certain nombre de postes vacants du fait de la crise sanitaire, vous mettez en avant que seulement 25 agents seront recrutés en 2021 ; ces agents sont des policières et des policiers municipaux. Nous savons que ce recrutement est une nécessité, mais quel message envoyé alors, lorsque l’unique recrutement prévu pour cette année est lié au secteur de la sécurité ? Que dire aussi des 2 M€ investis pour les caméras et qui nécessiteront demain de nouveaux budgets de maintenance et de remplacement ? En cette période de crise sanitaire, plus que jamais, la Ville a besoin de renforts humains. Ainsi, notre interrogation est la suivante : la rigueur salariale est- elle tenable dans la durée, sans remettre en cause l’ambition politique que vous affichez ? Mêmes choix qui nous paraissent malheureux sur la culture ; était-il nécessaire et urgent de programmer de nouvelles expositions et de dépenser de l’argent pour faire venir de loin des œuvres quand les artistes locaux et indépendants souffrent et cherchent des lieux pour travailler, répéter, se produire ? Quelle partie de l’importante subvention à Lille3000 ira réellement aux acteurs locaux de la culture ? Chaque euro en dépense et fonctionnement doit aller aux Lilloises et aux Lillois. Enfin, un grand absent qui nous paraît inacceptable, on parlait tout à l’heure du budget genré : 0 € pour l’égalité femmes/hommes. Vous ne pouvez pas dire qu’il ne s’agit pas d’une compétence municipale, puisque nous avons tous les ans un rapport sur cette égalité femmes/hommes. Outre ces arbitrages que nous contestons, nous pensons que vous pourriez retrouver davantage de marges de manœuvre sur le budget fonctionnement en diminuant, modestement certes, l’épargne nette, quitte à recourir à de nouveaux emprunts verts pour financer les investissements de la transition. Quand les taux sont aussi bas qu’aujourd’hui, c’est finalement de la bonne gestion des deniers publics que de recourir raisonnablement à l’emprunt, ce qui nous est permis par les efforts consentis au dernier mandat ; vous les avez soulignés. Vous l’avez compris, Madame le Maire, nous aurions fait d’autres choix, car nous aurions souhaité un budget de fonctionnement encore davantage volontariste. Par 31 conséquent, nous voterons contre ce projet de budget, mais comme je l’ai dit en début d’intervention, nous avons pleinement conscience que ce budget prévisionnel s’inscrit dans un contexte incertain et nous formons le vœu, Madame le Maire, que vous vous saisissiez cette année de toutes les marges de manœuvre qui pourront apparaître pour soutenir les associations, les Lilloises et les Lillois. Chaque euro compte pour la justice sociale et climatique. Je vous remercie. (Temps de parole : 7 minutes 44) Madame le Maire - Je vous remercie. Nicolas LEBAS. Monsieur LEBAS – Madame le Maire, chers collègues, La crise sanitaire, quand nous l’aurons enfin surmontée, aura un impact important sur les finances publiques. Nous avons, en effet, la chance de faire partie d’un pays qui a, dès le début de la crise, tout fait pour que ses conséquences économiques soient atténuées par une véritable solidarité nationale : aides directes aux entreprises, indépendants et professions libérales, chômage partiel, aide aux ménages les plus modestes, auxquels s’ajoutent les reports de charges et les prêts garantis par l’État. Nous sommes dans un des pays les plus protecteurs au monde et, pour autant, la situation est difficile pour beaucoup de Français et la crise met à l’épreuve le service public communal, qui doit s’adapter, tout en veillant à l’équilibre de son budget. Venons-en à ce budget, précisément. Pour suivre avec gourmandise le débat budgétaire lillois depuis de nombreuses années, et au risque de vous surprendre, nous avons relevé pour ce premier budget du mandat un réel changement : la présentation est plus claire, plus détaillée et sans doute plus sincère et le budget climatique apporte un utile éclairage sur vos choix. Ceci ne doit toutefois pas nous faire oublier des points faibles structurels toujours pas traités, et j’y reviendrai. Sur le budget, s’agissant des recettes tout d’abord, l’impact de la crise est objectivement faible, car elles subissent une érosion limitée à 0,9 %. Les recettes de la MEL demeurent stables et la hausse des recettes de l’État vient pratiquement compenser la baisse des produits de gestion communaux. Ainsi, la DGF augmente de 1 % et le Fonds de péréquation intercommunal (FPIC) de 3 %. Mais surtout, mes chers collègues, les recettes de la fiscalité augmentent, elles, de 6 %, soit 10 M€ ; excusez du peu ! « En quoi cela relève-t-il de l’État ? » me direz-vous ; eh bien, c’est la taxe d’habitation qui est en cours de suppression par la volonté du Gouvernement. Vous le soulignez d’ailleurs dans la note de présentation : « sans cette réforme, à périmètre identique, sans l’intégration des compensations de taxe d’habitation dans le produit fiscal en lien avec la réforme de la TH, la hausse réelle est seulement de 1,8 % ». Ainsi, la réforme bénéficie d’ores et déjà à de nombreux Lillois qui voient leur pouvoir d’achat augmenter et elle bénéficie également aux finances communales. Vous avez beau tenter de faire croire que les compensations seront moindres en 2030, à ce jour, l’État compense à la Ville plus que le produit fiscal résultant d’un taux de taxe d’habitation qui est le plus élevé de toutes les communes de plus de 100 000 habitants. 32 Et comme à chaque vote budgétaire, vous usez jusqu’à la corde l’étude d’un cabinet inconnu qui se base sur la taxe d’habitation fictive d’un Lillois fictif qui n’existe plus, car, mes chers collègues, les seuls qui payeront encore la taxe d’habitation en 2021 seront les 20 % les plus favorisés ; ceux-là vont payer la taxe d’habitation la plus chère des grandes villes françaises. Mais l’État a décidé de conduire cette réforme sans vous tordre le bras, Madame le Maire, et compensera à l’avenir les recettes calculées sur les taux élevés appliqués à Lille jusqu’ici. L’État est décidément bienveillant avec Lille, puisqu’il a aussi décidé de vous accorder d’importants crédits au titre du plan de relance : plus de 3 M€ de DSIL, et sans doute autant à venir – vous en avez parlé tout à l’heure. Concernant les dépenses, elles sont toujours supérieures aux autres collectivités de même strate. S’agissant par exemple des dépenses de personnel, elles sont 22 % supérieures aux collectivités de même strate. On peut certes saluer la faible augmentation des charges de personnel dans ce budget (1,5 %), mais il faudra encore du temps pour revenir dans les clous et résoudre notamment l’injonction de la Chambre régionale des comptes sur le temps de travail. Par ailleurs, les charges d’achats externes continuent d’augmenter, de plus de 2 %, alors que l’hypothèse d’inflation est à 0,2 dans votre budget. Certes, la crise Covid implique des coûts supplémentaires, mais ceux-ci n’auraient-ils pas pu être compensés par quelques économies par ailleurs ? La Ville se résout enfin cette année à adhérer à des centrales d’achats ; une adhésion plus précoce aurait sans doute permis des marges de manœuvre pour affronter cette crise. Enfin, soulignons la baisse des frais financiers, qui est une bonne chose, car avec 32 € par habitant, nous restions 23 % au-dessus de la moyenne des villes de toujours cette même strate, car, et c’est une autre faiblesse structurelle de la Ville, la Ville de Lille supporte encore pour longtemps le poids d’une dette toujours très élevée, de 1 557 € par habitant ; c’est un fait, et celui-là est particulièrement têtu. Globalement, nous l’avons dit, ce budget est sérieux. Nous y décelons toutefois un point faible de taille : selon nous, une insuffisance d’anticipation. Inutile de dire que la crise sanitaire actuelle va mettre à rude épreuve les forces vives de la ville, c’est-à- dire principalement les commerçants et les associations. Quel est le plan d’aide mis en place pour eux par la Ville et avec quels moyens ? Les associations, pourtant en première ligne pour aider dans cette période déstabilisante, ne recevront ni plus ni moins de soutien que l’année dernière ; vous l’avez vous-même indiqué tout à l’heure. Dans ce budget, on cherche en vain ce qui est mis en place, anticipé, organisé pour endiguer les difficultés à venir et pour en atténuer les effets humains. Il n’y a pas non plus de réserve de précaution pour faire face au cas où. Il faut pourtant prévoir les moyens d’aider les forces vives de la ville. La Ville doit jouer un rôle contracyclique et mettre des moyens quand il le faut. Nous nous attendions à voter des crédits pour venir conforter des structures qui sont éprouvées par la crise. Il faut savoir faire les gestes nécessaires, nous semble-t-il, quand les circonstances le justifient, et il est encore temps ce soir, Madame le Maire, d’en prendre l’engagement et de nous donner rendez- vous au budget supplémentaire. 33 Pour conclure, ce budget répond, selon nous, davantage aux réalités du passé, mais ne prépare pas suffisamment aux défis à venir ; c’est la raison pour laquelle le groupe Faire Respirer Lille s’abstiendra sur ce budget, comme l’ont fait nos collègues à Lomme et à Hellemmes. Je vous remercie. (Temps de parole : 5 minutes 44) Madame le Maire - Merci. Tout d’abord, répondre sur les associations : 0,06 %, autant dire que c’est l’épaisseur du trait. Bien au contraire, nous avons décidé de maintenir – et je l’ai dit tout à l’heure – tous les budgets des associations cette année, alors que nous savons pertinemment que le budget de l’année dernière contenait de nombreux événements qui n’ont pas eu lieu et qui n’auront sans doute pas lieu cette année, et beaucoup d’associations, d’ailleurs, malgré les difficultés actuelles, comme les centres sociaux, ont dit que leur trésorerie était convenable parce que des événements n’avaient pas eu lieu et qu’ils ont pu bénéficier des subventions en entier. Nous avons donc repris exactement les budgets de l’année dernière, tout en sachant pertinemment que beaucoup dépasseront les dépenses de ces structures. Nous avons dit aussi, et nous l’avons dit, je pense, en commission, que nous étions prêts à refaire un budget exceptionnel en cas de difficulté – et là, je réponds en même temps à Nicolas LEBAS –, comme cela avait été le cas l’année dernière, où nous avions d’ailleurs tous travaillé pour le choix de ces associations, et si, effectivement, il y avait des difficultés complémentaires, nous pourrions, au budget complémentaire, annoncer une nouvelle marge que notre budget permet tout à fait aujourd’hui. Sur la masse salariale, vous dites, Jérémie : « Sur la sécurité, quel signe envoyé que d’augmenter de 25 les policiers municipaux ? » Oui, quel signe ? Je l’assume pleinement : la sécurité est aujourd’hui un des sujets majeurs dans notre ville. J’ai d’ailleurs le plaisir de vous dire que nous avons déjà lancé cet appel aux 25 agents. Dans toutes les réunions que j’ai avec mes collègues Maires des grandes villes, notamment à France Urbaine - vous pouvez en parler, d’ailleurs, à vos amis Maires - il y a une grande difficulté aujourd’hui à embaucher des policiers municipaux, parce que, je l’ai dit et redit, ils ne sont pas suffisamment bien payés dans le cadre de la fonction publique, que nous ne pouvons pas remettre en cause. Eh bien, figurez-vous qu’au bout de 15 jours où nous venons de lancer cet appel à candidatures, nous avons déjà 34 candidatures donc nous sommes extrêmement ravis qu’il en soit ainsi. Je pense que le signe envoyé aux Lillois, puisque vous en parliez, est un bon signe, alors que dans cette période, l’insécurité continue à exister de manière importante. Je voudrais vous dire aussi, en ce qui concerne la culture, mais Marie-Pierre en parlera plus profondément tout à l’heure, que comme d’habitude, les sommes qui sont allouées sur les grandes expositions et les grandes saisons à lille3000 reviendront à 85 % aux artistes et aux institutions et associations culturelles, pour la plupart, d’ailleurs, de notre métropole. 34 Cette année, vous le savez, nous nous étions engagés à Oslo, et Audrey LINKENHELD avait porté cette proposition, à réaliser la prochaine saison autour de ce que nous avons appelé « Utopia », en reprenant « L’Utopie ou la Mort », ce livre de René DUMONT, nous disant – on disait « l’environnement » à l’époque – que « si nous ne prenions pas en compte l’environnement, nous allions mourir » ; c’était tout à fait prémonitoire. Utopia, ce sont des expositions et des débats qui tournent tous autour de la nature, que ce soit le vivant ou que ce soit la faune ou la flore, qui permettront, à partir de l’intervention d’artistes, dans quasiment toutes les grandes et petites structures de la ville et de la métropole, de faire prendre conscience aussi aux habitants de la nécessité d’agir au plus près de chez eux et de travailler autour de la relation à la nature. C’est vraiment ce thème qui est porté. Alors, vous nous dites que c’est peut-être le moment d’investir plus. Vous avez vu que notre investissement s’accroît par rapport à l’année dernière : comme nous étions prêts, nous avons pu proposer un certain nombre de projets qui ont été retenus dans le cadre du plan de relance, mais nous réalisons quand même cette année des emprunts plus importants que les autres années – effectivement, vous l’avez dit, c’est la baisse des taux –, 57 M€ en 2021 contre 39 M€ en 2020, parce que c’est effectivement l’occasion actuellement d’accélérer encore la transition écologique et les investissements nécessaires au cadre de vie des Lillois. Je voudrais répondre maintenant à Nicolas LEBAS. Vous faites état de l’impact de la crise sur nos recettes, vous dites que les apports de la MEL restent à peu près de même nature. C’est l’occasion pour moi de vous redire que sur l’entretien de la voirie, sur lequel la Chambre Régionale des Comptes nous a dit que nous n’avions pas à payer ces 12 M€ – qui, aujourd’hui, sont dans le budget de la Ville, sur les 15 M€ autour de la propreté et de l’entretien de la voirie –, qui relèvent de l’entretien de la voirie, celui-ci incombant à la Métropole, en désaccord sur l’analyse juridique, nous avons finalement décidé avec le Président CASTELAIN de saisir le tribunal administratif qui nous répondra sur le plan juridique. Cela passe par le Préfet, c’est la nouvelle méthodologie. Nous avons donc saisi pour qu’une bonne fois pour toutes nous arrivions – nous n’y parvenons pas depuis 2014 que ces négociations sont entamées – à recevoir ce que j’appellerai « notre dû » en la matière. Vous dites – mais je pourrai vous donner y compris les éléments complets – que la Ville de Lille a des dépenses beaucoup plus importantes de personnel que les autres grandes Villes. Je voudrais vous rappeler que nous sommes dans une intégration métropolitaine beaucoup plus faible qu’ailleurs, en grande partie, sans doute, parce que la ville centre que nous sommes fait 17 % de la MEL, et non pas de 60 à 80 %, voire 90, d’ailleurs, comme dans les autres grandes métropoles. Dans ces autres métropoles, où, parfois, d’ailleurs, le Président et le Maire sont la même personne, ont été transférées depuis longtemps les dépenses culture, les dépenses sport, qui sont largement des dépenses de fonctionnement, comme d’ailleurs la propreté au sens large, au-delà même de l’entretien de la voirie. Il faut – et je vous la ferai passer parce que nous avons une analyse très claire sur le sujet, que nous avons donnée à la Chambre régionale des comptes qui ne l’a pas contestée – vraiment regarder à paysage constant. Or force est de constater que nous 35 avons gardé des compétences qui, dans d’autres grandes villes, ont été prises en charge par la métropole. Le deuxième sujet est que nous souhaitons rester en régie dans la plupart des cas, à chaque fois que c’est possible – nous le verrons tout à l’heure pour la crèche Concorde, c’est une exception absolue, après la fourrière –, alors que beaucoup de Villes ont choisi des délégations de service public dans des domaines où nous restons en régie, ce qui veut dire que ce n’est pas dans la masse salariale, c’est dans les dépenses de fonctionnement, et là aussi, cela biaise les comparaisons, mais je vous ferai passer l’ensemble de ces éléments. Quant à la politique d’achat, je vous enverrai aussi le passage du rapport de la Chambre régionale des comptes, et j’en remercie Anne-Valérie et Daniela, elle nous cite en exemple, et cela a d’ailleurs été repris par le rapport national de la Chambre des comptes, sur la politique d’achat telle que nous la menons dans la Ville, qu’elle soit à la fois mutualisée et concurrentielle ; je vous le ferai passer. Enfin, vous avez été Maire, vous connaissez cela par cœur, on ne va pas continuer à parler des siècles du taux et des base. Marion a montré encore tout à l’heure que les bases fiscales à Lille sont extrêmement faibles, n’ont pas été revalorisées depuis des années, et donc le taux s’applique à une base extrêmement faible, donc nos taux sont élevés. L’important pour les gens est de savoir combien ils payent à même taille, à même niveau de confort, pour un appartement ou pour une maison, et, en l’occurrence, nous sommes dans la deuxième partie – nous ne sommes pas aussi bas pour la taxe foncière – des villes de notre strate. Et puis, je continue à vous dire, mais je ne suis pas la seule, y compris des Maires qui sont qualifiés à Droite ou même En Marche le disent, l’Association des Maires de France l’a dit, comme d’ailleurs France Urbaine, nous contestons tous le mode de calcul de la compensation de la TH qui, certes, la première année, se situe bien en compensation de ce que nous perdons, mais dans une ville comme la nôtre, où la taxe d’habitation augmentait de 2 à 3 % par an, il n’y a pas de prévision de compenser cette partie. Ce n’est pas de la mauvaise foi, tout le monde le dit, tous les Maires le disent, tous les Maires de grandes villes particulièrement, puisque ce sont elles qui s’accroissent le plus. Nous avons là une véritable inquiétude. Je pense avoir répondu à vos questions ; peut-être Marion souhaite-t-elle ajouter quelques éléments. Madame GAUTIER - Je voulais simplement dire à Jérémie CRÉPEL que de la même manière qu’il ne faut pas confondre « transition écologiste » et « transition écologique », je pense qu’il ne faut pas confondre « transparence » et « gestion budgétaire ». Rendre compte de l’action de la Majorité sur les choix est une chose, et nous le faisons, avec le plus de pédagogie possible, en tout cas je m’y attelle ; le détail des lignes qui sert à la construction du budget relève de la gestion par un exécutif, et d’ailleurs, je vous invite à lire peut-être avec davantage d’attention la délibération qui introduit le budget avant de nous faire un procès d’intention, notamment en ce qui concerne les dépenses de personnel, puisque vous estimez que l’augmentation est trop maîtrisée car de nombreux postes sont vacants. Je voulais juste redire qu’une fois qu’on retire la baisse des charges financières notamment, l’augmentation des dépenses de 36 personnel de BP à BP est à +1,49 %, et que si l’on prend de réalisé à BP, le réalisé 2020 en comparaison de ce budget primitif 2021, qui prend en compte le fait qu’il y a eu des postes vacants en 2020 et qui fait que le réalisé est plus faible par rapport à la prévision – ce qui est historique, il faut le reconnaître –, nous sommes à +3,2 %. Tout cela est dans la délibération, je voulais le rappeler. En ce qui concerne l’égalité hommes-femmes, peut-être ai-je mal compris, mais j’ai cru comprendre que l’on sous-entendait que le budget était à 0 ; je ne comprends pas comment on peut dire cela. Le budget sur la délégation existe, il est à hauteur de 67 500 €. Par ailleurs, des crédits supplémentaires viennent appuyer cette thématique, puisqu’on est sur une thématique transversale, qui touche à l’ensemble des délégations. En tout cas, quand j’étais à la culture, et je sais que Marie-Pierre BRESSON continue, il y avait énormément d’attention portée à ce sujet, et quand on encourage une compagnie portée par des femmes et que l’on en fait un critère important d’attribution de subvention, je pense qu’on peut dire que l’on contribue aussi à l’égalité hommes- femmes. Je suis désolée, mais cette considération m’a un peu vexée. Par ailleurs, les associations Chez Violette, l’Échappée, Little Big Women, Osez le Féminisme, le Planning Familial, Solfa ou la Maison des Femmes seraient tout de même assez étonnées d’entendre ce qui a été dit ce soir, puisqu’elles sont accompagnées régulièrement par la Ville. Voilà ce que je voulais dire pour compléter. Madame le Maire - Merci beaucoup, Marion GAUTIER. Je mets aux voix ce budget. Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire) Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte) Abstention ? (Le groupe Faire Respirer Lille) Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre et le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. Je vous remercie. 21/126 - Commune associée d'Hellemmes - Adoption du Budget Primitif pour l'exercice 2021. 21/127 Commune associée de Lomme - Adoption du Budget Primitif pour l'exercice 2021. Adoptées à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre et le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. 37 21/128 - Budget annexe du Restaurant Municipal - Adoption du Budget Primitif pour l'exercice 2021. 21/129 Budget annexe du service des pompes funèbres - Adoption du Budget Primitif pour l'exercice 2021. Adoptées. Madame le Maire – Je passe la parole maintenant à Arnaud DESLANDES sur un des aspects les plus importants de la politique sociale que l’on retrouve dans ce budget, la Politique de la Ville, autour des priorités de cette année que sont le développement durable, la lutte contre l’isolement, la défense du lien social – on en a bien besoin – et le travail sur l’espace public. Chemise 5 POLITIQUE DE LA VILLE Rapporteur : Arnaud DESLANDES Adjoint au Maire 21/41 - Contrat de ville 2021 - Subventions aux associations - Conventions entre les associations et la Ville. Monsieur DESLANDES - Merci, Madame le Maire. Me permettez-vous, Madame le Maire, de dire un mot, avant de parler de la programmation de la Politique de la Ville, sur la question des personnes sans-abri dans notre ville ? En effet, certains élus du Conseil ont fait part de leurs préoccupations dans la presse, et je tenais à ce que l’on puisse leur répondre ce soir, notamment sur la question des personnes qui sont sur le site de Saint-Sauveur, en rappelant à chacun que, évidemment, nous sommes mobilisés, Marie-Christine STANIEC-WAVRANT, Madame le Maire et moi-même, pour trouver des solutions pour toutes les personnes qui, aujourd’hui, sont encore à la rue alors que nous sommes en période de veille hivernale, et cela concerne évidemment aussi les personnes présentes sur le site de Saint-Sauveur. Nous nous sommes mobilisés pour eux notamment depuis que la liste des noms a pu être communiquée à la Préfecture et nous avons réclamé des solutions de mise à l’abri rapide pour tous. Marie-Christine STANIEC-WAVRANT et moi-même avons vu le Préfet délégué à l’égalité des chances avant qu’il soit nommé, après avec son cabinet, avec le Directeur départemental de la cohésion sociale. Madame le Maire, vous avez saisi le Préfet de région à plusieurs reprises, et encore en début de semaine, pour que des propositions soient faites. Il vous a répondu ce jour et il nous a fait part des propositions qu’il nous fait pour trouver des solutions pour tout le monde, conformément à ce que nous lui avions demandé, notamment en débloquant des places d’hébergement supplémentaires sur Lille et sur la métropole, au-delà des 18 personnes qui, aujourd’hui, sont reconnues prioritaires par la commission Daho. Les 28 autres personnes présentes sur le site auront toutes une réponse adaptée : soit, si elles sont éligibles au droit d’asile, vers les situations du dispositif national d’accueil, soit, pour les deux mineurs qui sont sur le site, l’aide sociale à l’enfance et le lien à faire avec le 38 Département et, de toute façon, pour tous les autres, au moins par le dispositif SIAO et la veille saisonnière. Encore une fois, le Préfet s’est engagé auprès de vous, Madame le Maire, et on peut s’en satisfaire, à ce que tout le monde se voit proposer une solution si, bien sûr, il le souhaite. Ce dossier sera encore suivi par Marie-Christine, par le Maire, par moi-même, pour que l’engagement qui est pris aujourd’hui par l’État et que nous avons fortement sollicité soit concrétisé très rapidement dans les prochains jours. C’était un petit point que je souhaitais faire avant de parler de la programmation 2021 de la Politique de la Ville. Si vous le permettez, j’en reviens maintenant à la délibération qui nous concerne sur la programmation de la Politique de la Ville, en vous rappelant que, pour nous, c’est évidemment un sujet majeur, dans un contexte très difficile économiquement, socialement, au-delà de la crise sanitaire, et que la Politique de la Ville reste l’instrument de la justice sociale au service de ceux qui sont les plus fragiles dans notre ville par rapport à la situation que nous connaissons avec la crise économique. (Projection de diapositives) La cartographie de la Politique de la Ville a bougé il y a quelques années sous l’effet de la loi Lamy. Nous avons bien sûr encore dans les six quartiers populaires de Lille la plus forte concentration de secteurs en quartiers Politique de la Ville, mais nous avons eu, avec cette nouvelle cartographie qui permet de resserrer au plus près des publics les plus fragiles, la possibilité d’intégrer de nouveaux secteurs, notamment : - le secteur Hoover dans le quartier du Centre, - le secteur Winston Churchill dans le Vieux-Lille, - le secteur Eugène Jacquet à Saint-Maurice Pellevoisin, dans lequel il y a pour 2021 un nouveau projet avec un centre ressources associatif porté par Paroles d’Habitants. Un seul quartier aujourd’hui n’a pas de secteur en QPV, Vauban, mais sachez que de manière volontariste, nous intégrons Vauban à la programmation 2021 avec des opérations portées notamment sur le secteur Charles de Muyssart ou la place Catinat. Cette programmation a été lancée en juillet dernier auprès des acteurs associatifs pour qu’ils nous répondent en octobre. Nous avons fait un vrai travail collectif pour préparer cette programmation, à la fois avec les 10 chefs de projet de la Politique de la Ville que je remercie pour leur implication, les présidents de quartier qui ont fait aussi beaucoup de travail avec leurs conseillers de quartier, l’ensemble des associations qui ont répondu, dont il faut saluer le travail remarquable, la capacité à être réactif, alors qu’ils sont largement entravés dans leur travail par la crise sanitaire, d’autant plus entravés – je le précise, puisque Monsieur LEBAS semblait très inquiet pour les associations – que c’est d’abord la suppression des emplois aidés il y a quelques années qui a largement compliqué leur travail et qu’il faudrait peut-être les rétablir, pour leur permettre, dans le contexte, de pouvoir encore mieux agir pour les plus fragiles dans notre ville. 39 Je tiens à signaler simplement que le Conseil citoyen, le 5 janvier dernier, sollicité pour la programmation, a remis un avis « globalement positif ». Maintenant, nous pouvons arriver devant vous, après avoir vu aussi les Conseils de quartier tout au long du mois de janvier, pour vous présenter cette programmation. Une programmation autour de cinq axes. Nous avons souhaité ajouter deux axes pour cette année particulièrement en tirant les conclusions et les conséquences de la crise sanitaire et économique que nous vivons : - l’emploi et l’activité économique, et notamment l’insertion pour les jeunes. Nous avons des opérateurs formidables dans la ville : Itinéraires, IRIS Formation ou, bien sûr, Lille-Sud Insertion, que vous verrez dans quelques instants dans la vidéo qui va commencer ; - la santé, et plus précisément la prévention des risques sanitaires. Nous avons notamment un axe sur la prise en charge de la souffrance psychique, et chacun sait que c’est un thème majeur aujourd’hui dans notre société, avec le déploiement et la généralisation des Espaces Écoute Santé qui vous seront présentés dans la vidéo – je n’en dis pas plus. Bien sûr, les trois axes qui avaient été retenus par Walid HANNA dans la précédente mandature avec la précédente Majorité sont maintenus : - celui du développement durable et de l’environnement, qui avait été intégré dans le sillage de la Capitale verte européenne ; - le lien social, qui est au cœur de la Politique de la Ville ; nous n’allions pas le retirer. Plus que jamais, dans les circonstances actuelles, pouvoir se retrouver, se rassembler, même si c’est difficile, reste aujourd’hui une priorité, dans l’après-Covid en tout cas, trouver les moyens encore de maintenir du lien social pour ceux qui sont le plus isolés de notre société. Il faut saluer notamment le travail des centres sociaux, des maisons de quartier qui, à travers la ville, maillent le territoire pour conserver ce lien social ; - l’appropriation des espaces publics. Il était pour nous majeur de le conserver, on sait qu’il y a des espaces fragiles dans notre ville, notamment en raison de la présence du deal. Là encore, on ne prétend pas résoudre tous les problèmes avec la Politique de la Ville, mais à côté du travail que doit faire la police, nous voulons participer à la reconquête de ces territoires. En tout, nous avons 260 actions retenues dans cette programmation, avec 153 associations qui portent ces actions, pour un budget total de 2 430 k€, en augmentation par rapport à l’an passé. Si vous me le permettez, une fois que je vous ai dit ce budget, je voudrais quand même citer Walid HANNA, dont chacun sait l’engagement qu’il a eu pour la Politique de la Ville, qui disait il y a deux ans : « Ce qui compte, ce n’est pas l’argent qu’on donne à telle ou telle structure, c’est l’humanité cachée derrière chaque projet », et vous aurez une illustration de cette humanité derrière chaque projet par la vidéo qui vous présente symboliquement les grandes orientations de la Politique de la Ville. Merci. 40 (Projection d’une vidéo) On peut remercier aussi ceux qui ont accepté de participer à ce film, toutes les associations lilloises, les 153, qui ont monté des dossiers nous ayant permis de constituer cette programmation sur des axes forts qui représentent un effort très important pour la Ville. Je parlais des Espaces Écoute Santé, ce sont tout de même 27 k€ supplémentaires que nous injectons pour pouvoir généraliser cette action, par exemple. Je vous remercie. Madame le Maire - Merci beaucoup. C’était une façon très vivante en tout cas de voir ce qu’est la Politique de la Ville, avec des acteurs qui nous ont montré une parmi de très nombreuses actions. Je passe la parole à Faustine BALMELLE. Madame BALMELLE - Merci, Madame le Maire, chers collègues. Vous me permettrez juste un petit mot de réponse à Arnaud DESLANDES sur l’annonce qui vient d’être faite concernant les personnes qui vivent à Saint-Sauveur : c’est une bonne nouvelle, tant mieux. Toutefois, j’attendrai la concrétisation des propositions avant de me réjouir, et vous pourrez compter sur nous pour être vigilants afin qu’elles soient concrétisées. Madame le Maire - Juste pour dire que l’action menée par les associations, par vous-mêmes, est aussi tout à fait essentielle, mais entre les 18 propositions qui avaient été faites, les autres restant « sur le carreau » – si je puis m’exprimer ainsi –, et ces 18 n’ayant toujours pas de solution, encore que, il y a une semaine, on nous disait que 7 d’entre elles avaient eu une proposition… Après les rencontres qui avaient eu lieu avec le Préfet, puis, après son départ, avec les services, j’ai sollicité le Préfet à plusieurs reprises, et sa lettre, là, est extrêmement claire, puisqu’il nous donne les solutions pour chacun. Il faudra maintenant que dans les jours qui viennent, le froid revenant très fortement dès la semaine prochaine, ce que nous lui avons dit, il puisse y avoir des réponses concrètes. Madame BALMELLE - Tout à fait, concrètes et rapidement, car vu la période et les circonstances actuelles, effectivement, il faut aller vite ; cela fait déjà plusieurs mois qu’ils attendent. Sur la Politique de la Ville, maintenant. « Invisibles », « oubliés », « sans voix », « laissés pour compte », … Ces mots, ce sont des mots utilisés par des Lilloises et des Lillois, ce sont des mots utilisés par des habitants de nos quartiers populaires. Ces mots, ce sont des ressentis partagés, des réalités trop souvent mises sous le tapis, des ras-le-bol de celles et ceux qui ont parfois l’impression de ne pas être considérés comme des citoyens à part entière. Mesdames et Messieurs les élus de cette assemblée, ces mots doivent nous faire réagir et tous nous mobiliser. 41 De lassitude en colère froide, de sentiment d’abandon en abstentions successives – je me permettrai de vous rappeler quasi 80 % d’abstention à Lille-Sud ou à Faubourg de Béthune encore aux dernières élections –, les signaux d’alerte sont sous nos yeux. S’y ajoute une crise sociale sans précédent, le Gouvernement ne prenant, en plus, absolument pas la mesure de l’impact de la crise sanitaire dans les quartiers populaires. Seulement 1 % du plan de relance consacré, sérieusement ! Et les quelques dernières annonces ne suffiront pas à pallier cette situation quand, « en même temps », le Gouvernement baisse les aides aux associations d’aide alimentaire, se refuse d’ouvrir le RSA aux moins de 25 ans, parle de « pognon de dingue » pour qualifier les aides sociales, croit en une théorie du ruissellement absurde et qui ne fait qu’accroître les inégalités, car oui, les inégalités s’amplifient dans notre pays ; pire, les écarts entre riches et pauvres se creusent de plus en plus vite. Face à un Gouvernement totalement aux abois, nous, élus de la Ville de Lille, avons une responsabilité particulière. Neuf quartiers sur dix sont concernés par la géographie prioritaire et 25 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les politiques publiques mises en place doivent à la fois freiner le creusement des inégalités et colmater des brèches de plus en plus béantes. Chaque projet doit être pensé en ce sens par, pour et avec les habitants. Au sein de nos quartiers populaires, les associations mènent un véritable travail de service public qui ne dit pas son nom, entre actions de solidarité indispensables, lutte contre l’isolement et pour l’insertion, pour l’accès à la culture et au sport, pour le droit aux vacances, l’éducation populaire et l’émancipation de chacune et de chacun. C’est un festival littéraire avec des femmes ou des jardins partagés au Faubourg de Béthune, des entraînements de foot ou de boxe à Bois-Blancs ou à Lille-Sud, de l’accompagnement à la scolarité à Fives, des habitants qui se mobilisent dans les tours du Lion d’Or, de Churchill, de l’Épine ou de Dombrowski, les ateliers culture à Moulins – vous l’avez montré – et à Wazemmes, ce sont toutes ces initiatives locales qui fourmillent, qui ne demandent qu’à être encouragées et soutenues et qui constituent une richesse pour notre ville. Soyons en fiers, faisons confiance aux habitants des quartiers populaires, écoutons-les, partons de leurs besoins et préférons une politique ascendante plutôt que descendante. Avec eux, les associations, souvent habituées à faire beaucoup avec si peu, elles qui constituent un rempart, parfois le dernier – il faut bien le reconnaître –, pour éviter à certains de perdre pied, habitants des quartiers populaires, bénévoles et salariés associatifs, vous êtes la vitalité de notre ville, sa force et sa fierté ! Par notre action collective, à notre tour de vous rendre fiers d’être Lilloises et d’être Lillois. Ce sont de beaux projets qui nous sont proposés aujourd’hui, dans la continuité des précédentes programmations, et permettez-moi un mot pour remercier les services qui sont au quotidien aux côtés des habitants des quartiers populaires. 42 Toutefois, notre groupe sera particulièrement vigilant sur plusieurs points : - pérenniser les financements hors de la programmation annuelle de la Politique de la Ville : il nous faut accompagner pour leur permettre d’avoir de la visibilité à moyen ou long terme, notamment les clubs de sport et les petites structures ; - soutenir le fonctionnement des associations en évitant l’émiettement des financements et permettre l’embauche de permanents ; remettre de l’humain dans nos quartiers est aujourd’hui fondamental ; - décloisonner, pour dépasser son quartier, donner de nouvelles possibilités d’émancipation, de nouveaux horizons, et sortir du déterminisme. Dans le contexte actuel, tout ce qui vise à soutenir les habitants des quartiers populaires, à améliorer leurs conditions de vie doit être soutenu sans aucune ambiguïté ; nous voterons donc pour cette délibération. Pour conclure, nous rappellerons seulement que pour que la Politique de la Ville soit efficace, elle doit se doubler de politiques volontaristes dans tous les domaines, pour une école de la République qui permette l’émancipation de toutes et de tous, pour un habitat digne et un accompagnement social renforcé, pour un cadre de vie serein, pour renforcer la présence des services publics et le développement du tissu économique dans les quartiers populaires, pour lutter contre la pauvreté. Politique qui se voulait transitoire, la Politique de la Ville doit conserver son cap initial : celui de lutter de toutes ses forces contre l’injustice sociale. Je vous remercie. Madame le Maire - Je vous remercie. Madame SPILLEBOUT. Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, chers collègues, La délibération qui nous est présentée aujourd’hui regroupe l’attribution de subventions aux associations œuvrant principalement sur les secteurs prioritaires de la Politique de la Ville, mais aussi d’autres quartiers. Les montants concernés sont conséquents, près de 1,8 M€ pour Lille et Hellemmes, plus de 2 M€ sollicités auprès de l’État et 450 000 € auprès de la Région. Nous voulons d’abord saluer tous les acteurs des quartiers qui transforment ces investissements publics majeurs en insertion, lien social, développement durable, solidarité et emploi. Toutefois, dans le contexte de la crise sanitaire et pour beaucoup économique et sociale, nous aurions aimé qu’un souffle nouveau beaucoup plus volontariste de la part de la Ville marque ces mesures qui ne peuvent être d’année en année une simple inflexion de l’existant. Ce que nous aurions vraiment espéré, c’est un grand plan de relance des quartiers lillois insistant sur des priorités claires et lisibles. Notre ville compte en son sein des quartiers parmi les plus pauvres de France et, ces dernières années, avant même la crise sanitaire, les inégalités territoriales entre quartiers ne se sont pas résorbées. Dans plusieurs quartiers lillois, la spirale négative 43 provoque des phénomènes de repli, voire de communautarisme, nourris par un sentiment d’exclusion et de rejet des institutions dont a parlé ma collègue à l’instant. Il est donc urgent de renforcer les moyens consacrés à l’accompagnement social, éducatif et économique des projets de renouvellement humain. À ce titre, nous pouvons nous réjouir que, parmi les 260 actions retenues dans la programmation 2021, 64 soient tout de même des actions nouvelles adaptées au contexte actuel difficile. Mais nous regrettons que seules trois d’entre elles concernent le développement économique et cinq l’emploi, alors que, dans les cinq objectifs principaux énoncés par la Ville, ce soutien est mis en tête des priorités. Pourtant, pour l’emploi des jeunes, il est urgent d’aller plus vite et plus loin. Il est nécessaire d’accompagner le tissu associatif à saisir les nouvelles opportunités du plan national « un jeune, une solution » lancé en 2020 qui vise à offrir une solution pour chaque jeune, avec l’aide à l’embauche, la formation, l’accompagnement, l’aide financière aux jeunes en difficulté. Le plan présenté ce soir aurait dû, selon nous, faire un focus fort sur la mise en œuvre dynamique de l’emploi des jeunes à Lille. Il en va de même pour le nouveau plan « Urgence ESS » issu du plan de relance, qui représente la feuille de route nationale pour la refondation économique, sociale et écologique. Une enveloppe de 30 M€ supplémentaires vient d’être lancée, avec une attention spécifique aux associations employeurs jusqu’à dix salariés, avec une aide exceptionnelle de 5 000 € à 8 000 € supplémentaires, cumulable avec les autres fonds. La Ville doit aider les associations à aller chercher cet argent et cela doit se voir dans la stratégie de la Politique de la Ville. Sur un tout autre sujet, celui de la prévention de la délinquance, permettez-moi également de nous étonner que seule une action sur les 260 soit classée dans cette priorité. Il s’agit d’Angle intermaide RTVL, qui accompagne les personnes incarcérées ou sortant de prison et dont les actions ont d’ailleurs été freinées en 2020. Cette subvention, c’est positif pour elle, mais où est ici le soutien aux nombreux acteurs des quartiers qui agissent pour la prévention ? Peut-être dans la délibération du CLSPD et dans les nombreux tableaux qui nous sont présentés, mais comment, pour nous élus, lire la priorisation, la cohérence de ces tableaux au regard de réelles priorités de la Politique de la Ville ? Pourtant, les quartiers sont gangrenés par le trafic de stupéfiants et l’insécurité au quotidien. Je ne reviendrai pas sur les nombreux exemples récents. Enfin, sur un sujet d’actualité, celui du respect de la laïcité, de l’éducation civique et de la lutte contre les séparatismes, là aussi, nous aurions souhaité une délibération forte, engagée, avec un véritable plan d’action qui propose des engagements mutuels avec le tissu associatif subventionné. Nous souhaitons à ce titre insister sur l’importance de la bonne formation des adultes relais et des intervenants professionnels du tissu associatif qui constituent une pièce majeure de ce dispositif. Une vigilance particulière s’impose notamment quant à la fermeté nécessaire sur les valeurs de la République et sur l’égalité femmes-hommes. S’agissant de la concertation avec les habitants et notamment les conseils de quartier, là aussi, dans ce plan, nous aurions souhaité une place plus importante à la concertation pour que les conseillers de quartier puissent étudier réellement les propositions avec le tissu associatif qu’ils connaissent. 44 Enfin, et j’en terminerai là, dans un contexte où l’éducation joue plus que jamais un rôle primordial dans la lutte contre les inégalités, nous tenons à rappeler, comme vous l’avez fait souvent, Madame le Maire, que Lille-Sud bénéficie du label national « cité éducative ». Nous aurions souhaité que, dans ce plan des quartiers prioritaires en Politique de la Ville, puissent être suivis l’avancement de ce label et les actions qui y sont insérées. Au passage, pour terminer, je me permets donc de préciser que je ne partage pas les critiques de ma collègue Faustine BALMELLE. La Politique de la Ville a été choisie comme chantier prioritaire de la fin du quinquennat. C’est le message transmis par le Premier Ministre le 29 janvier dernier à l’occasion du conseil interministériel des villes qu’il présidait entouré de six ministres. C’était l’occasion d’annoncer le déblocage de 2,3 Md€ supplémentaires en complément du 1 milliard d’euros déjà promis pour les quartiers prioritaires dans le cadre du plan de relance. En conclusion, et compte tenu de ces remarques, nous voterons cette délibération, mais appelons pour la suite à des inflexions permettant une approche plus volontariste sur les points évoqués. Je vous remercie. Madame le Maire - Je passe la parole à Monsieur DAVID-BROCHEN qui va répondre sur la partie emploi qui n’est pas totalement intégrée à la Politique de la Ville, vous l’avez bien compris, mais en quelques mots puisque nous allons aborder l’ESS au prochain Conseil Municipal. Monsieur DAVID-BROCHEN - Merci, Madame le Maire. Mesdames et Messieurs, chers collègues, Il était question à un moment donné du monde d’avant, du monde d’après. En tout cas, ce que je sais, c’est que les propositions que vous venez de faire, Madame SPILLEBOUT, ont presque un train de retard. En effet, sur le plan « un jeune, une solution », non seulement nous le mobilisons, mais toutes les actions de la Ville de Lille que nous faisons, toutes les actions de la Mission locale, de la Maison de l’Emploi et des acteurs sont répertoriées sur le site « un jeune, une solution » qui permet à chaque jeune Lilloise et chaque jeune Lillois qui le souhaite de trouver un interlocuteur. Par conséquent, nous nous en saisissons. J’étais encore la semaine dernière avec Pôle Emploi pour mettre en œuvre les aides financières qui sont décidées et nous travaillons à ce sujet. Tout ce que vous citez est déjà en cours de déploiement sur la ville. C’est le même sujet sur l’économie sociale et solidaire dont nous aurons l’occasion de reparler lors d’un prochain Conseil, lors de la présentation du futur plan. En effet, sur le fonds d’urgence, vous nous incitez à accompagner les associations ou les structures de l’ESS à s’en emparer. Cela fait l’objet des réunions que j’organise deux fois par mois avec l’ensemble des réseaux de l’économie sociale et solidaire où on transmet les informations, on travaille ensemble, on repère les acteurs qui en ont besoin et tout cela est accompagné d’une newsletter transmise aux acteurs pour leur permettre de se saisir de ces fonds, même si, je le redis – mais c’est le cas sur ce sujet de la 45 politique gouvernementale comme sur d’autres –, entre les grands chiffres nationaux qui sont annoncés et l’effectivité des enveloppes à la hauteur des besoins sur le territoire, le Nord, et particulièrement le territoire lillois, ne sont pas forcément servis à la hauteur de leurs espérances. Je voudrais vous donner quelques chiffres sur l’action emploi sur l’année 2020, qui était évidemment une année particulière. Grâce à nos actions, nous avons mis 4 216 contrats de travail au service des Lilloises et des Lillois, nous avons accompagné 776 jeunes en garantie jeune. Nous avons su nous adapter à l’activité, nous avons continué à accueillir des jeunes, à les aider et à les accompagner grâce à ce dispositif, y compris pendant la période de Covid, ce qui montre la réactivité de nos équipes et de nos politiques. Sur le plan apprentissage, je vous donne deux ou trois chiffres, cela répondra aussi à des remarques de tout à l’heure sur des éléments de ressources humaines du budget qui ont été évoqués. La Ville est en constante progression pour l’intégration d’apprentis dans ses propres services ; nous sommes à plus d’une centaine aujourd’hui et nous continuerons ce déploiement avec plusieurs dizaines d’apprentis en plus dans les années qui viennent. Nous avons accompagné 100 jeunes dans des phases de préapprentissage, des sas de préparation à l’apprentissage. En effet, mettre un jeune face à une offre d’apprentissage, c’est bien ; faire en sorte qu’il soit préparé et qu’il puisse tenir le poste et aller au bout de sa formation, c’est l’enjeu. En 2020, nous avons signé en propre 250 contrats d’apprentissage dans un contexte économique difficile et plus 400 autres jeunes Lillois sont en apprentissage. Nous ne sommes pas loin des objectifs que nous nous étions fixés sur le plan « 1 000 apprentis » que nous allons atteindre, notamment avec le prolongement des aides d’État, et ce sera poursuivi dans la prochaine phase de recrutement à la rentrée prochaine. Madame le Maire - Merci beaucoup. Arnaud DESLANDES. Monsieur DESLANDES - Madame SPILLEBOUT, je suis content que vous vous réjouissez que le plan de relance fasse passer la priorité pour les quartiers de la Politique de la Ville de 1 % à 3 %, mais je vous rappelle qu’il y a toujours 15 % de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France. Je pense donc que l’on est encore loin de l’ambition et des objectifs. Quant à savoir s’il fallait donner un nouveau souffle à la Politique de la Ville, vous l’avez dit vous-même, 64 nouveaux dossiers ont été présentés. Cela ne veut pas dire que, dans les 196 autres dossiers, il n’y ait pas de renouvellement ou d’amélioration, de repérimétrage de l’action pour l’adapter au contexte du Covid ou de la crise économique, bien au contraire. Encore une fois, les associations se sont montrées à la fois réactives et véritablement capables d’innovation pour proposer des projets qui entrent dans nos priorités, mais qui répondent aussi aux défis de la crise sociale, sanitaire et économique que nous traversons. Je dirai aussi un mot pour Madame BALMELLE. La Politique de la Ville est effectivement une contribution de justice sociale en faveur de ceux qui sont aujourd’hui les plus fragiles, mais ce n’est pas la seule dans la politique que nous menons à la Ville 46 de Lille. Avec Madame le Maire, avec Audrey, avec Charlotte, avec Estelle, sur l’ANRU, toutes les politiques d’éducation, de culture, de sport sont mobilisées dans tous les quartiers pour permettre de vivre mieux dans notre ville et je ne pense pas que la Politique de la Ville soit la seule qui y contribue largement. Je resterai humble là-dessus. J’ajoute simplement une petite précision, puisque vous avez parlé des difficultés pour les jeunes en ce moment et c’est une réalité. Je voudrais vous faire savoir, parce que je pense que ce n’est pas suffisamment su, que les aides du CCAS sont ouvertes aux jeunes de plus de 18 ans. Il n’y a pas de critères d’âge comme pour le RSA, dont on peut peut-être regretter qu’il ne soit pas ouvert aux 18-25 ans. En tout cas, les aides du CCAS, elles, sont bien ouvertes aux jeunes à partir de 18 ans et sans condition. Madame le Maire - Merci beaucoup à Arnaud DESLANDES. Je vais mettre au vote notre Politique de la Ville 2021. Qui vote pour ? (Unanimité). Je vous remercie. Adoptée. (Martin DAVID-BROCHEN et Madani OULKEBIR ne prennent pas part au vote.) Je pense qu’il n’y a pas de remarques sur les autres rapports. Je rappelle quelle est notre façon de fonctionner. Si d’autres délibérations entraînent de votre part un vote différent, vous nous le signalez avant pour que l’on n’ait pas à mettre à chaque fois au vote l’ensemble des délibérations. Comme il n’y avait pas eu de sollicitation sur les autres rapports, j’imagine qu’on est d’accord sur ces rapports. 21/40 - Politique de la Ville - Subventions aux emplois aidés. Adoptée. 21/42 - Convention locale d'utilisation de l'abattement de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) sur le territoire lillois - Prolongation jusqu'en 2022. Adoptée. (Audrey LINKENHELD et Marie-Christine STANIEC-WAVRANT ne prennent pas part au vote.) SOLIDARITÉ ET COHÉSION DES TERRITOIRES 21/39 - Restaurant municipal - Convention de don de denrées alimentaires entre la Ville et les Restaurants du Cœur. Adoptée. Je passe maintenant la parole à Jean-Claude MENAULT. 47 Monsieur MENAULT, nous sommes convenus que vous allez d’abord présenter la vidéoprotection, sur laquelle il y aura deux interventions et, ensuite, le plan de prévention de la délinquance avec une intervention. Chemise 17 SÉCURITÉ Rapporteur : Jean-Claude MENAULT Adjoint au Maire 21/98 - Vidéoprotection - Conventions relatives à la fixation de dispositifs sur le domaine privé (caméras nomades) entre la Ville et les propriétaires ou syndicats de copropriétaires concernés. (Projection de diapositives) Monsieur MENAULT – Madame le Maire, mes chers collègues, Par délibération en date du 09 octobre 2020, le Conseil Municipal a autorisé l’extension du dispositif de vidéoprotection et la création d’un centre de supervision urbain. Sachant que l’installation des caméras suppose, pour certaines d’entre elles, d’être fixées sur des propriétés privées, il convient de passer avec les propriétaires des conventions spécifiques dont les premières, au nombre de cinq, concernent la première vague d’installation des dix caméras dites mobiles, ce qui fait l’objet de la présente délibération. Au-delà de cette délibération, je voudrais quand même vous rappeler un certain nombre de points qui me semblent essentiels. Sont appelées « caméras mobiles », celles qui sont mobiles et qui n’ont pas vocation à être pérennes, du fait d’un possible rétablissement de la tranquillité sur les sites qu’elles ont la charge de surveiller. En revanche, elles seront maintenues le temps qu’il faut pour parvenir à rétablir la tranquillité, sauf bien sûr sur Masséna-Solférino où la pérennisation s’impose pour les raisons que vous connaissez. Elles seront toutes reliées au CSU dès l’installation de celui-ci, celle-ci étant prévue pour la fin de l’année 2021. Autre point, le choix de l’implantation de ces caméras mobiles, dont l’échéance d’installation doit intervenir à la fin du mois de mars, ainsi que des 40 caméras suivantes qui seront installées tout au long de l’année 2021. Ce choix a été expressément validé au sein d’un comité de pilotage par la Procureure de la République en personne et par les cadres de la Direction départementale de la sécurité publique et ce sur la base de leurs statistiques et de leurs nécessités à intervenir en matière opérationnelle et aussi en matière d’enquêtes, donc en matière d’investigation. Il convient à cet égard de rappeler que la vidéoprotection est un puissant moyen de preuve et que rien ne remplace la photo devant un tribunal. La Procureure elle-même me le disait récemment encore, rien ne vaut une photo pour emporter la preuve de la commission d’une infraction et de l’imputabilité des faits à une personne et rien ne vaut une photo pour emporter la décision du tribunal. Je devrais même dire que, même 48 cagoulés, les auteurs peuvent souvent être identifiés en raison parfois de leur profil, de leur silhouette, de leur comportement ou de leur tenue vestimentaire ; j’en veux pour preuve la dernière affaire qui s’est déroulée sur l’espace de Beaugrenelle à Paris. La vidéoprotection est également d’une grande utilité grâce à son effet dissuasif – rares sont ceux qui vont commettre une infraction sous une caméra –, mais aussi grâce à la capacité de réaction qu’elle procure à la police quand elle est suivie en temps réel et c’est le cas quand on dispose d’un centre de supervision urbain, en particulier dans les situations d’urgence et de détresse. 7 139 caméras sont déjà installées sur le territoire de la commune de Lille, disposées dans l’espace public. Il y a les caméras de la MEL, les caméras de personnes privées, les caméras de commerçants, les caméras de bailleurs, les caméras des transports en commun et en particulier du métro. Toutes ces caméras sont à compter dans la vidéosurveillance de la commune de Lille. (Projection d’une carte) Au-delà de ces 7 139 caméras, nous avons prévu d’implanter des caméras (en couleur bleue sur la carte) sur les sites où j’ai dit qu’elles étaient appelées « caméras mobiles » pouvant d’ailleurs devenir définitives, c’est-à-dire sur la place des Reignaux à Lille et sur la place de la gare Lille-Flandres, et sur l’espace Masséna-Solférino pour les raisons que vous connaissez. Inutile de vous dire que, sur la place de la gare et la place des Reignaux, on a des problèmes qui ont été ressentis en particulier cet été et qui continuent à être ressentis aujourd’hui, ce sont des éléments qui nous reviennent dans les cellules de veille. Sur Masséna-Solférino, évidemment, aujourd’hui, on ne peut pas dire qu’il y a des troubles importants puisque les bars sont fermés, mais on imagine bien que, un jour, tout cela va rouvrir et les nuisances recommenceront à perturber un peu l’espace et en particulier les gens la nuit qui vivent assez mal sur le secteur. D’autres caméras seront implantées avant la fin mars, notamment sur l’espace de la cité de la Briqueterie ou Lion d’Or – les deux se disent –, à Saint-Maurice Pellevoisin, un espace qui a aussi donné des signes importants d’insécurité cet été. Je rappelle le meurtre qui a été commis, même s’il n’y a pas forcément de lien avec la cité. Pour cette raison et pour d’autres raisons encore, parce qu’un certain nombre de jeunes créent des troubles sur la cité – mais on espère que la situation est parfaitement rattrapable –, il a été décidé d’implanter des caméras. Par ailleurs, tout au long de l’année 2021, nous allons implanter 40 caméras sur les sites qui sont en rouge. Je les cite rapidement : le centre-ville, avec le prolongement de la gare Lille-Flandres, la rue Nationale, la Grand-Place, la place de l’Opéra, la place Rihour – des endroits de forte affluence en permanence toute la journée et en particulier le week-end et on sait qu’il y a des problèmes de nuisances dans ces endroits de forte affluence –, la place de la République. Ensuite, en allant vers la périphérie, on prolonge vers Wazemmes où on mettra en place des caméras sur la place de la Nouvelle Aventure – ce n’est pas le bon nom, mais vous m’avez compris. 49 Nous allons en implanter également sur Moulins, notamment place Vanhoenacker, place Jules Février, place Déliot, place Fernig. Là aussi, ce sont des entrées de ville de Lille avec une forte affluence, des flux importants de sortie et de rentrée, avec également des sites de fort trafic de stupéfiants, deal de rue, deal de pied d’immeuble, etc. que tout le monde connaît ici et qui nous sont remontés systématiquement dans les cellules de veille. Nous en implanterons également sur la place des Postes où il y a aussi un trafic important, un flux important de véhicules, avec aussi l’entrée du boulevard de Metz où, outre des trafics de stupéfiants, dès que le printemps et l’été arrivent, il y a des rodéos sauvages qui sont difficiles à intercepter. L’implantation de ces caméras de part et d’autre du boulevard de Metz permettra peut-être de les limiter. Nous avons l’intention aussi d’en implanter sur Fives, rue de Lannoy et rue Pierre Legrand, pour les raisons que l’on connaît : beaucoup d’occupation de la voie publique, beaucoup de rodéos, du stationnement sauvage, du trafic de stupéfiants, en particulier dans ce qu’on appelle aujourd’hui des salons de thé mais qui n’ont de salon de thé que le nom puisqu’on sait très bien qu’il se passe à l’intérieur autre chose qu’une distribution de thé et de gâteaux. Voilà donc les implantations de caméras au cours de l’année 2021. Par ailleurs, pour ceux qui sont intéressés par les problèmes de liberté individuelle, et nous le sommes, nous limiterons la conservation des images à 15 jours, alors que le délai maximum est d’un mois. Nous créerons un comité d’éthique de vidéoprotection, que nous espérons installer en juin prochain, où l’opposition aura bien sûr toute sa place dans les mêmes conditions qu’au sein du CLSPD. Nous savons que la vidéoprotection est un outil qui ne peut en aucun cas se substituer aux hommes et aux femmes qui occupent le terrain et qui sont les éléments majeurs d’action contre l’insécurité. C’est la raison pour laquelle nous allons recruter 50 policiers supplémentaires, sachant que nous avons déjà 34 candidatures, ce qui fait de la Police Municipale de Lille une police municipale particulièrement attractive. On le constate. De 120 policiers, nous passerons donc à 170. Si vous permettez une image sportive à un ancien footballeur : à 120, nous nous situons dans la moyenne haute des villes de même importance, c’est-à-dire en Ligue 1, pas encore en tête du championnat comme le LOSC, mais en Ligue 1 ; avec 170, nous pourrons jouer en Champions League, avec le LOSC, en espérant qu’il conservera sa première phase et qu’il intégrera la Champions League. Ces 170 policiers pourront être hébergés sous le même toit dans le nouvel hôtel de police qui verra le jour en fin d’année 2021, par reprise de l’ensemble des locaux Récamier. Ainsi, tous les organes de commandement seront concentrés dans un même espace, au sein duquel nous allons ajouter un espace de proximité par un module d’accueil du public où chaque Lillois ou Lilloise pourra se déplacer s’il le souhaite et déposer une main courante qui sera ensuite traitée, soit directement par la Police Municipale, soit par transfert à la Police Nationale. 50 Pour finir, je dirai que la Police Municipale n’est pas une Police Nationale bis, mais une police orientée vers la tranquillité et les attentes de la population lilloise. Cependant, elle continuera quand même à fonctionner en complémentarité et parfois même en synergie avec la Police Nationale qui se félicite aujourd’hui, tout comme hier, du travail qui peut être fait en complémentarité avec cette Police Municipale dont je salue particulièrement le travail qui est réalisé. Madame le Maire - Je vous remercie. Josiane DABIT. Madame DABIT – Madame la Maire, mes chers collègues, Notre groupe votera contre cette délibération. En effet, ces caméras nomades font partie d’un dispositif plus large de mise en place de caméras de vidéosurveillance dans l’espace public, comme vous venez de l’évoquer, Monsieur MENAULT, et qui posent notamment question en termes de liberté individuelle ; un dispositif en lui-même qui est beaucoup trop onéreux pour le peu d’efficacité qu’il aura. Aucune étude n’a prouvé cette efficacité et j’ai notamment aussi le souvenir de vos propres mots au mandat précédent disant que les caméras ne descendaient pas de leur mât pour arrêter les voleurs. Pourtant, 2 M€ seront investis pour ce dispositif. Nous sommes convaincus que, pour ce même coût, il aurait été plus efficace d’investir dans de la présence humaine, d’autant que l’on remplace de plus en plus les humains par des machines, mais surtout d’investir dans des politiques préventives plutôt que répressives. Moins de répression pour plus de prévention. Les caméras n’apportent pas le travail de fond pour réduire les méfaits, les nuisances, les agressions et encore moins le deal très présent sur toute notre ville, mais elles ne font juste que déplacer les problèmes ailleurs et ne les solutionnent absolument pas. Pourtant, la mairie, en investissant dans de la prévention par l’humain, pourrait participer à ce travail de fond. Je vous remercie. Madame le Maire - Merci beaucoup. Ali DOUFFI. Monsieur DOUFFI – La sécurité se doit d’être au cœur de toutes les politiques publiques, qu’elles se situent au plan national, à l’échelon local, municipal ou intercommunal. Le développement de la vidéoprotection depuis ces dernières années s’est inscrit dans le cadre d’une politique de modernisation des outils au service de la sécurité. Elle peut également permettre aux enquêteurs de s’appuyer sur les images enregistrées dans le cadre d’une enquête judiciaire. La vidéoprotection est ainsi un outil complémentaire et doit s’articuler avec l’intervention et la présence humaine : forces de sécurité intérieures, Police Municipale, structures de médiation. 51 Nous ne pouvons que nous réjouir que, lors de la dernière campagne électorale, vous ayez fait fi de votre opposition farouche à celle-ci en proposant enfin le recours accru à la vidéoprotection avec des caméras fixes sur des zones à risques permanents et des caméras temporaires sur les zones à risques ponctuels. En revanche, son déploiement a l’air d’être plus laborieux ou, du moins, très secret puisque, lors de la dernière commission préparatoire à ce conseil, votre adjoint à la sécurité, Monsieur MENAULT, s’est vu interdire la diffusion de l’emplacement des différentes caméras. On découvre ce soir quelques sites qui seront installés en 2021, mais pas de manière exhaustive. Au-delà d’emplacements précis, notre groupe souhaite y voir plus clair dans cette politique de sécurisation de la ville. À ce jour, aucune feuille de route n’a été clairement présentée, aucun plan de déploiement, aucun phasage. Nous sommes conscients que tout ne peut se réaliser en une année, mais cela fait tout de même sept mois que votre équipe et vous-même avez été élus. Qu’en est-il de votre promesse de créer un centre de supervision urbain (CSU) ? Ce dernier sera-t-il mutualisé avec d’autres CSU à l’échelle métropolitaine ? S’agit-il de l’utilisation de logiciels d’aide à la décision ou de levée de doutes ? Par exemple, la mesure 26 de la nouvelle stratégie nationale propose en matière de vidéoprotection d’expérimenter le traitement automatisé de l’image, dans le respect des libertés bien sûr. La vidéoprotection de la Ville disposera-t-elle d’innovations technologiques ? Nous voterons cette délibération sur l’installation des premières caméras, mais vous comprendrez, Madame le Maire, que notre Conseil Municipal a besoin d’informations claires sur ce sujet et, ce soir, ce n’est pas le cas. De plus, j’ai bien l’impression que vous vous concentrez sur les centres-villes et pas sur les quartiers prioritaires, malgré vos déclarations d’intention. En conclusion, et en adéquation avec la situation sécuritaire de notre ville, notre groupe Faire Respirer Lille vous demande instamment de préciser clairement au Conseil Municipal et donc aux Lilloises et aux Lillois votre programme de mise en place de la vidéoprotection dans votre ville, une feuille de route, un déploiement, ainsi que son phasage, son CSU, sa technicité. D’avance, nous vous remercions d’apporter des réponses claires et précises à ces demandes légitimes. Merci de votre attention. Madame le Maire - Monsieur DOUFFI, si vous aviez bien écouté ce qu’a dit Monsieur MENAULT, je pense que vous auriez entendu ce qu’il a dit sur le centre de supervision urbaine sur lequel nous travaillons actuellement et, d’ailleurs, nous travaillons aussi avec la MEL qui ne va finalement sans doute pas faire le centre métropolitain, mais plutôt aider les villes qui mettent en place ce centre de supervision urbaine. Nous en sommes ravis. Je peux aussi vous dire que nous avons demandé à la MEL de mettre en place une école de formation pour les policiers municipaux car, dans toutes nos villes, nous 52 attendons tous très longtemps pour avoir une formation au CNFPT qui est la seule école agréée aujourd’hui. Il faut donc effectivement avancer. Jean-Claude MENAULT l’a dit, nous avons lancé le recrutement de nos 25 policiers municipaux pour cette année et les locaux que nous avons prévus pour la Police Municipale et qui pourront accueillir les Lillois sont aujourd’hui non seulement choisis, mais en train d’être préparés et ce, six mois après l’élection. Excusez-moi de vous dire que je crois qu’on a bien avancé. De même, sur la vidéoprotection, comme Jean-Claude MENAULT l’a dit, on ne sait pas tout, ni vous, ni moi, sur les endroits où il vaut mieux mettre des vidéoprotections. C’est la raison pour laquelle le travail du Procureur de la République et ses adjoints avec le DDSP et ses adjoints, en lien avec ce que nous disent par exemple tous ceux qui travaillent dans les cellules de veille, est important avant de les mettre en place. Effectivement, ces caméras, qui sont des caméras nomades ou mobiles, que l’on gardera autant de temps que l’on en aura besoin parce qu’il y aura des trafics, sont surtout des caméras de dissuasion. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on les voit. Ce sont surtout des caméras qui sont mises dans des zones où il y a une activité notamment commerciale parce que ces caméras, là où on les voit, dans des lieux où il y a des commerces, ne donneront pas lieu à l’effet plumeau que l’on voit ailleurs par exemple pour des trafics où dès qu’on voit une caméra, le trafic se déporte juste à côté. C’est la raison pour laquelle, dans les quartiers comme dans le centre-ville, ont été privilégiées les zones commerçantes là où il y a effectivement, pour ces caméras, l’idée de dissuader notamment ceux qui veulent faire des casses ou des vols. Quant aux actions menées contre la drogue et contre les trafics, nous les menons jour après jour avec la Police Nationale. Elles sont beaucoup plus profondes, elles nécessitent d’autres instruments que les caméras de surveillance. Je suis bien placée pour le savoir car, depuis 20 ans, on en met dans les halls d’immeuble. Or on se rend bien compte aujourd’hui que cela ne suffit pas et que, là, pour le coup, rien ne remplace la Police Nationale qui a fait un effort considérable tous ces derniers mois pour agir malgré son manque de moyens, sachant que, pratiquement chaque nuit, nous avons des arrestations. La Police Municipale travaille en lien avec la Police Nationale sur des opérations moins complexes, moins lourdes que celles de ces trafics mêmes. Monsieur MENAULT a donné très clairement le point où nous en sommes avec le Procureur et le DDSP sur l’installation de ces caméras de surveillance et je pense que cela a quand même avancé très vite. Je répondrai maintenant à Josiane DABIT. La meilleure façon de répondre à votre question est d’écouter Jean-Claude MENAULT sur la politique de prévention. Même si cela vous fait plaisir de considérer que j’ai changé de position, je peux vous ressortir les discours de 2001, de 2008 et de 2014, j’ai toujours eu le même discours. Le droit à la sécurité est un droit essentiel, c’est un droit majeur, mais il faut le prendre par tous les bouts, de la prévention à la sanction. La vidéoprotection est un outil mais ne remplacera jamais la présence humaine. C’est pourquoi je me bats toujours autant pour que l’on ait des policiers nationaux. 53 Je tiens d’ailleurs à dire que les 60 policiers qui avaient été annoncés par Monsieur DARMANIN ne sont pas venus à Lille, évidemment, sauf quelques-uns, mais c’était un nombre de policiers brut et non pas net, c’est-à-dire en ne prenant pas en compte les départs. Nous n’avons donc quasiment rien gagné dans cette opération. Nous suivons ce sujet de manière précise avec Jean-Claude MENAULT. Nous attendons donc encore – puisque le Ministère de l’Intérieur le reconnaît et puisque nous avons un ministre qui est de la métropole – que le retard de la métropole lilloise, pas seulement de Lille, mais de la circonscription de Lille, soit rapidement compensé pour ces villes de Lille, Roubaix et Tourcoing qui souffrent du manque de policiers nationaux. Dans une métropole si proche de la Belgique et des Pays-Bas et si proche des trafics de drogue, il est très important que nous puissions continuer à nous battre pour obtenir ces policiers. Comme je le disais, de la prévention à la sanction, plus de policiers nationaux, l’outil de la vidéoprotection qui, comme cela a été dit par Jean-Claude MENAULT, nous aide mais qui n’est qu’un outil et, évidemment, des moyens pour notre Police Municipale qui fait un travail formidable dans le cadre de la crise sanitaire, je tiens à le redire. En effet, je le disais tout à l’heure et vous l’avez lu dans la presse, pour toutes les arrestations qui ont pu être faites, tous les procès-verbaux qui ont été mis notamment à ceux qui continuent aujourd’hui à se réunir, à faire la fête alors qu’on est en pleine période de pandémie, c’est toujours la Police Municipale qui est intervenue et qui a appelé la Police Nationale. Ils font un travail jour et nuit et, il faut vraiment le saluer, dans un moment qui n’est pas facile. Je propose que la réponse à Josiane DABIT soit apportée par Jean-Claude MENAULT qui va nous présenter la délibération 99 sur la politique de prévention de la délinquance. CONSEIL LOCAL DE SÉCURITÉ ET DE PREVENTION DE LA DELINQUANCE 21/99 - Plan d'actions lillois de prévention de la délinquance - Programmation 2021 du CLSPD - Subventions aux associations - Conventions entre les associations.et la Ville. Monsieur MENAULT – Merci, Madame le Maire. J’ajoute quand même pour Madame DABIT que, en ce qui concerne les libertés individuelles, nous mettrons en place un comité d’éthique vidéoprotection qui permettra justement de surveiller ce qu’il en sera. On sait très bien que, de toute façon, en la matière, on ne peut pas trop sortir du cadre légal. En l’occurrence, les images ne peuvent être extraites que par des personnels expressément habilités et, en plus, ils ne peuvent extraire les images que sur réquisition judiciaire. Vous voyez donc que la vidéoprotection est particulièrement encadrée et ne porte pas atteinte aux libertés individuelles. Je voudrais maintenant intervenir sur la prévention. En effet, la prévention, c’est le deuxième pilier de notre politique de sécurité. 54 Elle consiste en l’espèce à accompagner les actions proposées par les associations dont les objectifs s’inscrivent dans le cadre de la stratégie locale de sécurité et de prévention de la délinquance, qui est un peu une déclinaison de la stratégie nationale, mais avec quand même une originalité locale et une touche locale. Celle-ci comprend six enjeux que j’énumère rapidement : - prévenir la délinquance des mineurs et jeunes majeurs – 23 actions sont fléchées, - prévenir les violences et renforcer l’accompagnement des victimes – 14 actions sont fléchées, - améliorer la tranquillité publique – c’est réalisé par les moyens propres de la Ville, - agir contre la réitération et la récidive – 9 actions sont fléchées, - apaiser la vie nocturne – une action est fléchée, - accompagner les populations vulnérables – 6 actions sont fléchées. Soit 53 actions retenues, dont 10 nouvelles, pour un budget de 0,5 M€ (précisément 518 000 €), en augmentation par rapport à 2020 de 36 000 € malgré les contraintes conjoncturelles. 57 actions avaient été présentées pour quatre non retenues. Celles qui n’ont pas été retenues étaient toutes des actions nouvelles, soit elles ne rentraient pas dans le cadre de la stratégie locale, soit elles étaient redondantes par rapport aux actions déjà retenues. Toutes les actions de 2020 ont été reconduites, 35 en tout, sauf bien sûr celles qui n’ont pas été représentées par les associations, puisque certaines associations n’ont pas représenté les actions. La plupart ont obtenu le même budget que l’an dernier (27), trois actions ont été augmentées et cinq actions ont baissé, dont trois qui sont financées à hauteur de ce qu’elles ont demandé – ce qui prouve qu’il y a une certaine forme d’honnêteté de leur part –, une action dont le montant de la baisse a été reporté sur des actions nouvelles proposées par l’association et une action parce que l’association a baissé ses objectifs de moitié. Je souhaite mettre en exergue trois nouvelles actions assez emblématiques de notre stratégie locale de prévention de la délinquance. L’association PRISME, renforcer les compétences psycho-sociales des jeunes en parcours d’insertion, qui représente six sessions pour 36 jeunes pour appuyer les démarches d’insertion socioprofessionnelle sur les thèmes des convictions aux valeurs personnelles, émotion, responsabilité et motivation, affirmation de soi. Le centre social La Busette, deuxième action nouvelle : prévention de la récidive par un accompagnement global destiné aux jeunes du secteur Hoover. C’est le suivi des jeunes qui ont été condamnés par la justice. C’est une action qui a pris de l’ampleur et qui permettra, par la subvention qu’on leur accorde, d’accroître le temps de travail de l’éducateur qui est déjà sur place. 55 L’association intercommunale d’aide aux victimes qui accompagne les victimes fragilisées dès leur présentation aux unités médicolégales. Ce sont souvent des gens victimes de violences physiques et, d’ailleurs, très souvent des femmes victimes de violences conjugales, qui sont prises immédiatement alors qu’elles se déplacent auprès des unités médicolégales pour obtenir un certificat médical qui prescrit une ITT qui permet de qualifier l’infraction qui a été commise. Je voudrais rappeler également pour mémoire l’importance du travail de prévention qui est réalisé par la Ville avec ses ressources propres. La Ville de Lille est une des rares villes de France à disposer en propre d’une équipe de médiateurs qui sont constitués de 12 agents ALMS, des agents locaux de médiation sociale, qui interviennent à la demande dans tous les quartiers. Ils sont d’ailleurs souvent sollicités lors des cellules de veille, le chef d’équipe – si vous me permettez l’expression – est présent dans les cellules de veille et prend en compte les situations qui permettent de faire intervenir ces médiateurs. Les cellules de veille, qui constituent la base du CLSPD et qui se sont réunies à 35 reprises depuis le début du mandat – je dis bien 35 fois, c’est important : les sensibilisations qui sont destinées aux professionnels dans le domaine de la toxicomanie, du harcèlement scolaire et des violences intrafamiliales, la commission des addictions, la prévention situationnelle, etc, ce sont des actions qui sont menées en propre par la Ville. Je vous remercie de votre écoute. Madame le Maire – Merci beaucoup. Monsieur DOUFFI. Monsieur DOUFFI – La sécurité se doit d’être au cœur de toutes les politiques publiques, qu’elles se situent au plan national ou à l’échelon local, municipal ou intercommunal. La prévention de la délinquance en constitue un plan essentiel destiné à mieux protéger les citoyens et à garantir leur liberté. L’actuel Gouvernement a souhaité en 2020 refonder la stratégie nationale de prévention de la délinquance autour de quatre axes principaux et de 40 mesures : - la prévention auprès des jeunes, - la protection des personnes vulnérables et notamment des femmes victimes de violences, - l’implication de la population dans la tranquillité publique et une gouvernance participative, - rénover des projets. Vous le savez, l’État ne peut agir seul. Les maires ont un rôle majeur et la capacité à agir au plus près des citoyens. C’est ainsi, Madame le Maire, que vous présidez le CLSPD. Enfin, à Lille, pendant vos trois mandats, c’est semble-t-il à votre adjoint à la sécurité que depuis toujours la mission est déléguée. D’ailleurs, le dernier CLSPD lillois s’est réuni en juin 56 2019 pour la première fois. Cela montre à quel point la sécurité est délaissée de vos priorités stratégiques. Nous sommes donc surpris ce soir en Conseil Municipal de devoir adopter la programmation 2021 du CLSPD sans qu’une mise à jour de ce dernier n’ait été préalablement présentée aux élus. Nous attendons donc que, au prochain Conseil Municipal, un nouveau document nous soit présenté afin d’y être adopté conformément à l’action 32.2 de la nouvelle stratégie nationale « rénover les contrats locaux de sécurité ou les stratégies territoriales de sécurité et de prévention de la délinquance, sous forme d’avenants adaptés aux nouvelles orientations nationales ». N’oublions pas non plus que l’intercommunalité a elle aussi sa stratégie votée en 2017 et que vous avez la responsabilité de rendre complémentaires les actions municipales et celles de la MEL, ce qui n’apparaît pas du tout ici ce soir dans la délibération. Mais revenons au contenu de la programmation du CLSPD très similaire à celle de 2020, puisque seules dix nouvelles actions apparaissent dans le tableau joint à la délibération. Ceci dit en passant, la délibération annonce 53 actions retenues et seules 41 sont détaillées. Où sont passées les 12 autres ? Je vous le demande. Le groupement d’arbitrage des subventions a proposé de retenir 53 actions, un montant de subventions qui a augmenté seulement de 2,4 %, alors même qu’il y a neuf nouvelles actions et non dix. Notons que la délégation CLSPD a baissé, elle, de 2,4 %. Cette programmation de 2021 est finalement décevante, dans la continuité des précédentes, sans remise en cause profonde, malgré l’impérieuse nécessité en ce nouveau mandat d’accompagner les plus fragiles d’entre nous à surmonter la crise économique et sociale. Très peu d’informations sur les actions et un morcellement qui génère d’ailleurs un saupoudrage au lieu d’un ciblage autour d’un axe fort qui pourrait être considéré comme une grande cause pour l’année concernée. Je m’inquiète par exemple du coup de rabot sur les interventions en milieu prostitutionnel, alors même que nous voyons nos adolescents de plus en plus jeunes embrigadés et victimes de réseaux puissants. Je m’inquiète aussi de l’absence d’actions fortes sur l’amélioration de la tranquillité publique en impliquant les habitants. Je m’inquiète enfin de la faiblesse de nos actions sur la lutte contre la consommation du protoxyde d’azote, le nouveau fléau lillois, qu’il devient très facile de se faire livrer à domicile en toute impunité ou d’acheter dans les boutiques de proximité à renfort de coups de publicité. Ce n’est pas la subvention de 2000 € à l’association Delta France qui suffira pour agir. Effectivement, cette association ne va couvrir que quatre quartiers sur dix. 57 Au passage, chers collègues, félicitons Monsieur VICOT pour l’arrêté municipal qu’il vient de prendre à Lomme en date du 3 février 2021 sur l’interdiction de la vente aux mineurs de la consommation sur la voie publique du protoxyde d’azote et ce, jusqu’au 1er juillet de cette année. Cet arrêté doit ravir ceux qui nous ont précédés ici face auxquels, Madame le Maire, vous indiquiez que ces arrêtés pris par les communes limitrophes à Lille étaient inutiles et allaient être suspendus par le tribunal administratif. Alors, Madame le Maire, emboîtez-vous le pas de votre alter ego lommois ? Un dernier élément sur cette programmation m’a surpris au-delà des bilans présentés très brièvement, c’est l’absence totale d’évaluation pourtant clairement obligatoire dans la circulaire de prévention de la délinquance et de la prévention de la radicalisation datant du 5 mars 2020. Il nous apparaît donc nécessaire que ces éléments soient portés à la connaissance du Conseil Municipal et que, en parallèle, soit instauré un tableau de bord de l’avancement des fiches actions du CLSPD. En conclusion et en adéquation avec la situation sécuritaire de notre ville, notre groupe Faire Respirer Lille vous demande instamment : - de réunir en réunion plénière un CLSPD et de le présider afin de respecter la loi du 05 mars 2007, - d’amender la stratégie territoriale adoptée en juin 2019 afin de la remettre en adéquation avec la nouvelle stratégie nationale édictée en 2020, - de prendre un arrêté interdisant la vente aux mineurs et la consommation sur la voie publique du protoxyde d’azote, tout comme vient de le faire le Maire de la commune associée de Lomme, - de mettre en place un tableau de bord… Madame le Maire – Monsieur DOUFFI, j’ai accepté que vous parliez deux fois, vous dépassez à chaque fois les cinq minutes, contrairement aux engagements pris. Terminez, s’il vous plaît. Monsieur DOUFFI – J’ai terminé. Il fallait écouter, Madame. Madame le Maire – Ce n’est pas grave… Allez, on se calme. Je vais vous répondre sur le protoxyde d’azote, parce qu’il y a eu ce débat il y a un an ici même. Soit on prend des arrêtés pour interdire la vente, sans aucune sanction, et on ne se fait pas annuler par les tribunaux administratifs, mais cela n’a pas grand intérêt, soit on prend un arrêté avec des sanctions et on se fait annuler parce qu’il n’y a pas de base légale. À cet égard, puisque vous soutenez un Gouvernement qui est aujourd’hui au pouvoir, pourquoi ne pas mettre à l’ordre du jour – nous avons écrit au Premier Ministre il y a un an déjà, le précédent Premier Ministre, certes, mais de la même majorité pour lui dire – de l’Assemblée la proposition de loi d’Ugo BERNALICIS, qui propose une interdiction de vente aux mineurs du protoxyde d’azote ? Si nous avons une base légale, avec des sanctions, alors nous pouvons le faire appliquer dans notre ville. Voilà, c’est tout. 58 Vous avez de l’influence auprès de votre Gouvernement ? Allez-y et demandez- leur de voter cette loi ! Nous applaudirons, parce que, pas seulement à Lille, Monsieur DOUFFI, mais dans toutes les grandes villes de France, nous en avons encore parlé récemment avec les Maires de France Urbaine, tout le monde a le même problème et attend une loi. Que votre Gouvernement propose cette loi, et je pense que tout le monde s’en portera mieux. Monsieur VICOT. Monsieur VICOT - Juste un petit mot, Monsieur DOUFFI. Je suis étonné que vous puissiez, dans votre propos, à la fois mettre en cause l’idée que la prévention de la délinquance ne serait pas une priorité de la municipalité, tout en faisant référence à la stratégie nationale de sécurité et de prévention de la délinquance. Je vous rappelle que Monsieur MACRON a été élu, si ma mémoire est bonne, en 2017, année où se terminait la précédente stratégie nationale de sécurité et de prévention de la délinquance. La nouvelle stratégie aurait dû sortir à la fin de l’année 2017, c’est ce qui était prévu ; elle est sortie en mars 2020, Monsieur DOUFFI, avec trois ans et demi de retard ! Par conséquent, lorsque vous parlez de priorité, vous ne pouvez pas mettre en cause le fait que la prévention soit une priorité dans cette municipalité, depuis toujours et à travers de très nombreuses actions, y compris à travers des actions répertoriées dans la Politique de la Ville. En revanche, lorsque l’on retarde la sortie d’une stratégie nationale de sécurité et de prévention de trois ans et demi au niveau national, là, on peut, en revanche, affirmer que ce n’est pas une priorité ! Madame le Maire – Je vous remercie. Je propose de mettre aux voix les deux délibérations l’une après l’autre. Je mets aux voix la délibération 21/98 sur la vidéoprotection. Qui vote pour ? (Le groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire et le groupe Faire Respirer Lille). Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte). Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre. Je vous remercie. Je mets aux voix la délibération 21/99 sur le Plan de prévention de la délinquance. Qui vote pour ? (Unanimité). Adoptée. (Jean-Claude MENAULT et Martin DAVID-BROCHEN ne prennent pas part au vote.) Je vous remercie. 59 Chemise 1 Rapporteur : Martine AUBRY Maire de Lille 21/4 Comité consultatif d'Ethique et de Transparence - Création - Composition. Madame le Maire – Nous passons maintenant au dossier sur le Comité éthique. Audrey LINKENHELD, je vous laisse la parole. Madame LINKENHELD – Merci, Madame le Maire. Bonsoir – il est encore temps –, chers collègues. Juste quelques mots sur la délibération qui vous est soumise ce soir pour créer un Comité d’éthique et de transparence, vous dire que ce Comité d’éthique et de transparence marque pour nous une nouvelle étape dans le projet de confiance qui nous engage auprès des Lillois, une confiance marquée, évidemment, par la tenue des engagements pris, mais aussi marquée par le comportement des élus qui portent ces engagements. Comme le rappelle cette délibération, ce Comité d’éthique et de transparence sera le garant demain du respect des principes de déontologie par les élus lillois. Il vient évidemment renforcer un dispositif déjà existant au sein de notre municipalité. Ce Comité sera composé à parts égales d’élus de tous les groupes et de citoyens désignés pour leurs compétences ou leur expertise ou leur expérience dans les champs de l’éthique et de la déontologie, et parmi ces citoyens membres du Comité, l’un d’entre eux sera désigné pour être le Président du Comité et, en même temps, le référent déontologue individuel des élus. C’est donc ensemble, de manière collégiale pour ce qui concerne le Comité d’éthique et de transparence et de manière plus individuelle pour ce qui concerne son – ou sa – Président référent déontologue, qu’ils accompagneront les élus qui le désirent, des élus qui peuvent avoir besoin d’informations, de conseils, qui peuvent avoir parfois des doutes dans la pratique quotidienne qu’ils ont de leur mandat et des responsabilités qui leur sont conférées par ce mandat. Le Comité d’éthique et de transparence sera donc compétent en cas de saisine pour conseiller, pour étudier aussi parfois des manquements supposés d’un élu ou d’une élue à l’éthique. Il pourra aussi s’auto-saisir sur des questions sur lesquelles il s’estimera compétent et, évidemment, dans tous les cas, proposer des recommandations, des avis, des mesures correctives. La création de ce Comité d’éthique et de transparence est, pour nous, la concrétisation d’un de nos nombreux engagements auprès, notamment, des ONG Transparency International et Anticor, que nous avons pris pendant la campagne électorale. Parmi ces engagements, de nombreux trouvent déjà une application concrète dans la ville. Je peux rappeler, par exemple, le respect des droits de l’opposition, avec la nomination comme Vice-président de la Commission des finances d’un élu du groupe Lille Verte, avec la diffusion d’une note à l’ensemble des élus du 60 Conseil Municipal pour leur rappeler leurs obligations déontologiques, avec l’organisation d’une formation par l’Agence française anticorruption, là encore, à destination de l’ensemble des élus du Conseil Municipal, le recensement d’ores et déjà des intérêts des élus, des intérêts privés des élus, qui peuvent parfois entrer en conflit potentiel avec les intérêts publics ou l’intérêt général, et la mise en œuvre des déports à l’occasion de débats ou de délibérations. Je pourrais rappeler aussi la modulation des indemnités des élus en fonction de leur présence effective aux séances du Conseil ou des commissions et, évidemment, la publicité autour de ces indemnités et de ces présences. Bref, l’engagement de notre Majorité sur cette question de l’éthique et de la transparence de l’action publique est plein et entier et le Comité d’éthique et de transparence sera donc demain le cadre, mais aussi le miroir, de nos actions en la matière. L’une des premières missions de ce Comité sera de nous préparer ou nous proposer un plan de prévention de la corruption, en réalisant d’abord une cartographie exhaustive des risques de corruption, conformément aux recommandations que nous a faites l’Agence française anticorruption, avec évidemment l’idée, à partir de cette cartographie, de nous faire des propositions et de rédiger en particulier une charte de bonne conduite qui sera la déclinaison opérationnelle de ce qui est d’ores et déjà inscrit dans la Charte de l’élu local qui s’impose à nous et qui rassemblera à la fois des dispositions déjà existantes, que nous pratiquons déjà, mais potentiellement d’autres dispositions qui seront proposées. Ce Comité a donc un rôle dans la transparence de l’action publique, ce qui veut dire qu’il assurera évidemment la publicité des informations qui concernent les affaires municipales, mais aussi la publication des données relatives à l’exercice de leur mandat par les élus et, évidemment, la publicité des propres activités de ce Comité, que ce soit devant le Conseil Municipal, conformément aux articles 18 et 21 du règlement intérieur de notre Conseil, avec ce rapport d’activité annuel dont nous avons d’ores et déjà décidé de l’existence, ou la publicité de ses activités devant les Lillois eux-mêmes à travers notamment la publication des avis et des recommandations sur le site internet de la Ville. J’ajoute que le fait que l’ensemble des groupes politiques soit représenté dans ce Comité aux côtés des citoyens est évidemment pour nous l’assurance d’une entière transparence, à la fois dans le traitement des demandes individuelles, mais aussi dans l’élaboration des préconisations collectives. Comme je l’ai dit, ce nouveau Comité d’éthique et de transparence représente une nouvelle étape dans notre projet de confiance, une étape que nous avons construite avec l’aide de l’Agence française anticorruption, dont nous avons sollicité l’expertise et que je veux remercier ici pour son accompagnement. Dès lors que nous aurons voté la délibération de ce soir, il nous faudra compléter la liste des cinq élus par une proposition de cinq citoyens qui pourront venir nous rejoindre au sein de ce Comité par une délibération au prochain Conseil Municipal. Il sera ensuite effectif pour démarrer ses travaux qui nous aideront dans l’exercice de nos fonctions d’élus. 61 Madame le Maire – Merci beaucoup. Je passe la parole à Bernard CHARLES qui va nous présenter son amendement. Monsieur CHARLES – Madame le Maire, chers collègues, Cette délibération décline l’article 21 du règlement intérieur du Conseil Municipal. Notre groupe Faire Respirer Lille appuiera tout ce qui va dans le sens de la probité, de l’éthique, de la transparence. Cette volonté fut un marqueur fort de notre campagne pour les élections municipales, elle fit aussi l’objet d’engagements d’autres listes candidates. Probité, éthique, transparence, c’est essentiel du point de vue de la morale publique, c’est essentiel du point de vue de la nécessaire réhabilitation de l’action publique et d’une confiance renouvelée dans les élus du suffrage universel, c’est essentiel pour la défense des valeurs républicaines à travers la cohérence du dire et du faire, même si, pour être juste, c’est une condition nécessaire mais non suffisante, car ce que nos concitoyens réclament également, c’est l’efficacité, l’utilité de l’action publique, et donc des résultats. Nous voterons, bien entendu, cette délibération. Elle relate certaines avancées qui sont des faits : - la retransmission en direct et en ligne du Conseil Municipal ; rappelons que nous souhaitons que les chiffres d’audience soient rendus publics ; - la Vice-présidence de la Commission finances confiée à un élu de l’opposition ; - le travail collaboratif d’écriture du règlement intérieur ; - la formation récente des élus aux questions de conflits d’intérêts par l’Agence française anticorruption ; - et la diffusion d’une note aux élus sur leurs droits et obligations et sur leurs déplacements. Elle affirme le respect des principes déontologiques dans les procédures ressources humaines, dans les procédures marchés publics, dans celles des autorisations d’urbanisme et dans l’attribution des subventions aux associations. Le Comité consultatif créé ce soir à partir de cette délibération aura, sur ce dernier point, sur l’application des principes déontologiques, à s’assurer en permanence de la réalité de cette affirmation et de la conformité permanente aux règles, en exerçant une vigilance soutenue et en formulant des propositions allant dans ce sens. Par exemple, nous réitérons dans ce Comité notre proposition que les motifs de refus des demandes de subvention – d’ailleurs, il me semble, si ma mémoire ne me fait pas défaut, que c’était le cas, et cela l’est peut-être encore, au niveau de la définition des subventions dans le cadre de la Politique de la Ville – déposées par des associations suite à l’instruction des services ou à des décisions de l’exécutif soient portés à connaissance du Conseil Municipal. 62 La délibération fixe comme objectif au Comité consultatif de proposer à l’exécutif un plan de prévention de la corruption. Nous y souscrivons pleinement. Un tel plan, pour être efficient dans une collectivité territoriale, ne peut que prendre en compte, au risque – peut-être que le mot est fort – d’être hémiplégique, l’interaction quotidienne d’actions, entre celles des élus et celles des services, donc des agents. La Ville a créé en novembre 2019 un Collège de déontologie pour les agents municipaux, initiative importante et utile. Notons que celui-ci a surtout une mission de conseil et d’accompagnement individuel des agents. Notons avec étonnement que ce Collège, s’il comporte le DGA conseil juridique, droit et instances, le DGA ressources humaines et le DGS d’Hellemmes, ne comporte pas le DGS de Lomme. Quelle explication pouvez-vous nous donner à ce sujet ? Afin, donc, de tendre à un plan de prévention qui prenne en compte l’entité de notre collectivité, nous avons formulé une proposition et déposé un amendement. Certes, l’article 17 de la loi Sapin 2 ne prévoit pas pour les collectivités territoriales l’obligation formelle d’un plan de prévention de la corruption. L’Association française anticorruption a parmi ses missions de contrôler les collectivités territoriales quant aux mesures et procédures adoptées permettant de prévenir les atteintes à la probité. L’AFA a d’ailleurs publié en janvier dernier des recommandations applicables au service public, et prévenir, c’est en fait établir un véritable plan de prévention de la corruption ; c’est ce qui est affirmé dans cette délibération. Je le répète, une collectivité territoriale, ce sont des actions quotidiennes et des projets menés, chacun dans son rôle, en complémentarité, entre élus et services. C’est pourquoi il nous semble que si la Ville souhaite l’établissement d’un véritable plan de prévention de la corruption, cela nécessite une vision d’ensemble sur l’action des élus et des services, et donc une articulation entre le Comité consultatif et d’éthique et le Collège de déontologie. L’amendement vise à ajouter après : « les missions du Comité pourront évoluer en fonction de ses travaux » : « En particulier parce qu’un plan de prévention de la corruption d’une Ville se doit de prendre en compte dans leur interaction les pratiques des élus et des agents, le Comité consultatif d’éthique et de transparence proposera au Maire lors de ses premiers travaux les modalités d’une collaboration étroite et régulière entre les services et lui-même, afin de s’assurer de l’efficience des mesures et procédures permettant de prévenir les atteintes à la probité dans l’ensemble de la collectivité ». Je vous remercie de votre attention. Madame le Maire – Merci. Madame SPILLEBOUT… Euh, Madame LINKENHELD. Madame LINKENHELD – Je vais faire comme si je n’avais rien entendu. 63 Madame le Maire – Je pensais justement que Madame SPILLEBOUT nous avait demandé qu’on fasse un Conseil court et s’était engagée à ce que chacun respecte les délais ; je remarque que toute intervention de votre groupe dépasse, et même largement, les 5 minutes. Je le dis très gentiment ; néanmoins, ce n’est pas conforme à ce que l’on s’était dit et ce qui avait été demandé, surtout. Madame LINKENHELD. Madame LINKENHELD – Madame le Maire, merci. C’est d’autant plus dommage d’avoir effectivement dépassé un peu le temps de parole que, finalement, pour l’essentiel, l’intervention de Bernard CHARLES allait dans le sens de ce que j’avais présenté précédemment, c’est-à-dire, finalement, la motivation qui a été la nôtre, collectivement j’entends, lors de l’élaboration de cette idée de Comité consultatif d’éthique et de transparence et, pour l’essentiel, vous avez, je vous en remercie, revalidé notre accord autour de ce Comité d’éthique et de transparence et redit quelles étaient à la fois les actions déjà engagées par la Ville et les missions qui seront celles de ce Comité, dont, encore une fois, la première mission sera d’élaborer, en effet, ce plan de prévention de la corruption ou en tout cas de lui donner une formalisation peut-être plus importante que ce que la Ville de Lille fait aujourd’hui. Pour en venir à votre amendement, puisque c’était l’objet principal de votre intervention – ou en tout cas cela aurait dû l’être –, vous proposez une articulation entre le Collège de déontologie qui existe déjà et qui concerne les agents municipaux, les agents de la fonction publique, et ce Comité d’éthique et de transparence qui, lui, concerne les élus. Je pense sincèrement que ce sont deux choses qu’il faut distinguer, très clairement. Je suis évidemment d’accord avec vous pour dire que nous devrons veiller dans le Comité d’éthique et de transparence – je dis « nous », puisque j’aurai le plaisir et l’honneur, a priori, d’en faire partie – que les propositions faites puissent être mises en œuvre concrètement, y compris par les agents de la collectivité dans leur partie opérationnelle ; évidemment, donc pour cela, nous avons besoin de nous assurer auprès d’eux que ce que nous proposons, ce que les citoyens du Comité proposent, ce que nous proposons avec eux ne soit pas complètement irréalisable ou farfelu. D’ailleurs, c’est bien la raison pour laquelle les moyens principaux qui sont dédiés à ce Comité sont des moyens de la collectivité, en particulier des moyens humains de la collectivité ; là-dessus, évidemment, nous sommes en phase. En revanche, je ne crois pas qu’il faille considérer dans la même instance la question du comportement des élus et la question du comportement des agents de la fonction publique. Nous ne relevons pas du même statut, nous n’avons pas fait les mêmes choix, nous n’avons pas pris les mêmes engagements. L’idée de ce Comité d’éthique et de transparence, et vous l’avez-vous-même redit, est de répondre – il faut se le dire – à la défiance des citoyens vis-à-vis des élus. Ces citoyens sont défiants vis- à-vis des élus, parce que, malheureusement, il y a des élus qui ne se comportent pas comme il faudrait, ni au regard de l’éthique, ni au regard du droit, parce qu’ils ne tiennent pas leurs engagements et, pire, parce qu’ils ont des comportements personnels qui ne sont pas acceptables. La question et celle-là, et je pense que cette question est d’une 64 responsabilité particulière, parce que l’on parle d’hommes et de femmes – nous, les élus – qui tirent leur légitimité du suffrage démocratique ; ce n’est pas le cas des agents de la fonction publique. Les agents de la fonction publique ont choisi un métier, sont soumis à des règles, à un code, mais ils ont leur propre cadre pour juger de leur comportement. Le premier cadre est ce Collège de déontologie, qui est composé par des agents de la fonction publique, et l’autre cadre est le cadre disciplinaire ou juridique auquel est soumis un agent quand il ne se comporte pas comme il faudrait, soit au nom de l’éthique, soit au nom du droit, soit souvent les deux. Je pense que cela n’a rien à voir. Je ne suis pas favorable, très sincèrement, à ce que notre Comité d’éthique et de transparence, qui est composé également de citoyens, à ce que ce à quoi nous nous soumettons en tant qu’élus, c’est-à-dire le regard des citoyens, soit aussi imposé à des agents de la fonction publique qui ont fait un choix professionnel, mais pas un choix politique d’engagement ; ce sont deux choses distinctes. C’est la raison pour laquelle il me semble qu’il est préférable de rejeter votre amendement, ce qui ne veut pas dire – encore une fois – qu’il n’y aura pas à veiller à ce qu’il y ait une application concrète opérationnelle des décisions qui seront prises dans ce Comité consultatif d’éthique et de transparence. Je terminerai par une réponse à votre question précise sur la composition du Collège de déontologie tel qu’il existe aujourd’hui : il est composé de plusieurs personnes qui ont été choisies, non pas pour être complètement représentatives de l’ensemble des agents de Lille, Hellemmes et Lomme dans leurs fonctions respectives, mais parce que, pour ce qui est du juridique et des ressources humaines, de manière évidente, ces DGA en charge du juridique et des ressources humaines sont concernés principalement par la question de la gestion des agents et la question de l’éthique et du droit vis-à-vis de ces agents, et ensuite, on y adjoint des personnes qui sont censées être représentatives de l’ensemble de la collectivité ; que cette personne vienne d’Hellemmes, de Lomme, de Lille, du service des sports, du service de l’éducation, du service de la solidarité ou de l’urbanisme n’est pas le sujet, ai-je envie de dire, le sujet est d’avoir quelque chose qui soit représentatif du collectif. Il se trouve que là, le choix qui avait été fait est quelqu’un d’Hellemmes, et c’est un choix parfaitement respectable ; peut-être que demain, ce sera Lomme, qu’après-demain, ce sera Lille, cela ne change rien à ce dispositif. Voilà pour répondre, par ailleurs, à la question que vous avez posée. Madame le Maire – Merci. (Monsieur AL DANDACHI demande la parole.) Allez-y ! Monsieur AL DANDACHI – Merci, Madame le Maire. C’est pour une explication de vote liée à cet amendement, sur lequel nous voterons pour. Comme la formation que nous avons faite le mardi 8 décembre avec l’Agence française anticorruption, qui propose un plan global, pour nous, cet 65 amendement va dans le sens d’une vision globale de la lutte contre la corruption, et ce n’est pas un mélange mais plutôt un partage et de l’intelligence collective. Notre groupe votera pour. Madame le Maire – Vous avez bien compris qu’il y a d’autres outils et qu’il faut effectivement les utiliser. L’éthique ne se partage pas entre les élus et les agents. Il y a d’autres outils et Audrey vient de les expliquer très clairement. Si on partage effectivement l’objectif, même si on a confiance dans les agents, et Dieu sait si, dans cette ville, on peut en être fier à cet égard, néanmoins, il y a des procédures, et ces procédures, nous les appliquons ; les agents ne relèvent pas de l’élection démocratique, comme l’a très bien dit Audrey, donc nous sommes sur deux processus différents, même si ce sont les mêmes objectifs qu’il faut poursuivre. Nous appelons à ne pas voter cet amendement. Je le mets au vote. Qui vote pour ? (Le groupe Lille Verte et le groupe Faire Respirer Lille) Qui vote contre ? (Le groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire) L’amendement est rejeté à la majorité, le groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire votant contre. Je vous remercie. Je mets maintenant au vote la délibération sur la création de ce Comité d’éthique. Qui vote pour ? (Unanimité). Adoptée. Je vous remercie. Chemise 11 PARTICIPATION CITOYENNE Rapporteur : Sébastien DUHEM ET VILLE COLLABORATIVE Adjoint au Maire 21/86 - Droit de pétition locale - Création et modalités de fonctionnement du dispositif. Madame le Maire - Je passe maintenant la parole à Sébastien DUHEM. Monsieur DUHEM – Nous avons, chers collègues, fait évoluer le règlement intérieur de notre Conseil Municipal, après trois groupes de travail réunissant Majorité et Opposition. Il ne s’agissait pas d’un simple toilettage, mais d’une réforme que nous appelions de nos vœux, afin d’apporter plus d’outils pour favoriser le débat au sein de nos instances, améliorer la compréhension par tous des choix opérés par la Ville, mais 66 également pour favoriser l’implication des habitants dans le dialogue avec les élus et les décisions prises par la Ville. Nouvelle étape dans la participation citoyenne ce soir avec l’instauration par cette délibération du droit de pétition locale. Avec ce nouveau dispositif, nous sommes dans la transparence avec les Lilloises et les Lillois. Avant d’aller plus loin, je dois vous dire que ce procédé n’est pas tout à fait nouveau. En effet, chacun le sait, parfois pour avoir soi-même fait cette démarche, nous recevons régulièrement des interpellations de citoyens mobilisés collectivement pour faire porter à notre connaissance une problématique dans un secteur de leur quartier ou pour émettre une proposition concrète sur un sujet qui leur tient à cœur. Dorénavant, avec le dispositif proposé ce soir, si vous l’acceptez, chacune et chacun pourra connaître les sujets pour lesquels les citoyens nous interpellent. Chaque Lilloise, Lillois, Lommoise, Lommois, Hellemmoise et Hellemmois aura connaissance de la façon dont ces sujets font l’objet de débats dans nos instances de participation citoyenne. Nous espérons, bien sûr, que ce nouveau dispositif sera saisi le plus possible et contribuera à rapprocher les citoyens de la vie démocratique d’une ville. Comment fonctionne le dispositif que nous vous proposons ? Il faut d’abord avoir à l’esprit que le droit de pétition locale est strictement encadré par le Code général des collectivités territoriales. Ainsi, nous avons dû composer avec un cadre juridique que certains pourraient juger trop rigide. Nous n’avons pas voulu nous en affranchir ; c’est la loi, nous l’appliquons. Nous avons regardé, comme d’autres, les initiatives similaires portées par d’autres grandes Villes. Partout où les dispositifs proposés prenaient des distances avec la loi, la jurisprudence est venue contredire les collectivités. Il nous a donc paru plus pertinent d’être fidèles à la loi, tout en ayant une capacité à entendre les priorités, les souhaits, les besoins des citoyens lillois, et surtout, de faire le lien avec les instances citoyennes locales auxquelles nous sommes attachés. Elles sont, par leur composition, la représentation citoyenne de la ville dans sa diversité. Le terme « pétition » renvoie peut-être, dans une première lecture, à une forme de contestation. Nous avons fait le choix de garder ce terme par souci de clarté avec la loi qui la régit, et après tout, on a le droit de contester, comme de proposer, d’ailleurs. Nous l’imaginons comme une des formes d’expression citoyenne ascendante. Nous laissons aux citoyens la capacité de mobiliser leurs semblables pour des causes, des actions, voire des projets d’ordre communal qui leur tiennent à cœur, dont ils peuvent avoir le sentiment qu’ils ne sont pas assez mis en avant dans les priorités du mandat. Le plus important est de montrer par cet outil la capacité de la Ville à prendre en compte et à intégrer les projets et les idées qui émergent des Lillois, Hellemmois, Lommois et qui pourront faire l’objet d’un travail dans nos instances participatives. Quelques mots, donc, pour vous rappeler le dispositif prévu. 67 La pétition pourra être déposée par des personnes physiques inscrites sur les listes électorales de Lille-Lomme-Hellemmes et non élues du Conseil Municipal et par des jeunes âgés de 16 à 18 ans, ainsi que par un collectif ou une association, personne morale, justifiant d’un siège à Lille ou, à défaut, démontrant d’un lien particulier avec la ville et dont les statuts correspondent à l’objet de la pétition. Une fois la pétition déposée sur la plateforme de participation citoyenne de la Ville (participez.lille.fr) ou en version papier auprès de la Direction de la participation citoyenne, les vérifications administratives et l’analyse de recevabilité seront effectuées dans un délai court d’un mois. Pour être recevable, la pétition devra concerner une question relevant de la compétence du Conseil Municipal de Lille, elle devra préciser clairement sa finalité, la position défendue par le porteur de la pétition et la raison d’être de la pétition. Passé ce stade, la pétition est donc soumise à la signature des Lilloises, Lillois, Lommoises, Lommois, Hellemmoises, Hellemmois pendant une durée de deux mois. Bien entendu, si une pétition recueille en deux mois la signature de plus de 1/5 des électeurs comme précisé par la loi, elle sera transmise au Maire et pourra faire l’objet d’un débat en Conseil Municipal. Je rappelle que cela n’est ni automatique ni une obligation légale, le Maire restant maître de l’ordre du jour du Conseil Municipal, mais nous n’imaginons pas que le Maire n’en ferait pas part au Conseil Municipal. Nous avons souhaité montrer une ouverture par rapport à la loi, à l’instar d’autres Villes françaises qui ont mis en place la pétition locale, en indiquant un seuil, 1 % de la population de Lille-Hellemmes-Lomme, à partir duquel un examen par les instances de participation citoyenne de la Ville de Lille et un suivi des sujets qui leur semblent les plus intéressants seront indispensables. Si le Conseil local de jeunesse, le Conseil communal de la concertation ou le Conseil Municipal des enfants veut approfondir, mettre en œuvre une pétition qu’il jugerait intéressante, il le pourra. Si, dans un quartier ou une commune associée, un projet ou une idée rassemble un intérêt des conseillers, nous les invitons à y travailler avec les habitants. Vous l’avez compris, ce droit de pétition locale est un outil parmi d’autres outils existants et à venir de la participation citoyenne à Lille. Quand certains regarderont le verre à moitié vide, en profiteront, je n’en doute pas, pour regretter, voire contester, voire critiquer cette nouvelle possibilité, nous y verrons pour notre part, élus de la Ville, encore une fois, une opportunité supplémentaire d’échanger avec les Lilloises et les Lillois, une possibilité supplémentaire pour nos instances participatives de nous éclairer sur les interpellations des Lilloises et des Lillois, ajouter un outil réglementaire supplémentaire qui vient renforcer une fois encore le rôle de nos instances de participation citoyenne et permettre aux citoyens de s’exprimer dans notre ville. 68 Madame le Maire – Merci beaucoup. Nous avons beaucoup d’amendements : tout d’abord, ceux présentés par Europe Écologie Les Verts, Maroin AL DANDACHI, et ensuite Bernard CHARLES. Allez-y, Monsieur AL DANDACHI. Monsieur AL DANDACHI – Madame le Maire, Mesdames et Messieurs, chers collègues, Je vous remercie de me donner la parole. Tout d’abord, je voulais m’interroger sur la mise en ligne sur le site de la Ville de Lille pendant ce Conseil des modalités de participation pour lesquelles nous n’avons pas encore voté, comme si mes 14 amendements avaient peu de sens. Ce soir… Madame le Maire – Attendez. Si c’est le cas, vous avez tout à fait raison. Est- ce que ce sont les délibérations qui passent ou est-ce que c’est déjà… Monsieur AL DANDACHI – Il est précisé sur le site internet… Madame le Maire – Si ce sont les délibérations qui passent au fur et à mesure… Si, en revanche… Monsieur DUHEM – Cela ne devait pas l’être avant lundi. Madame le Maire – Vous avez raison, ce n’est pas acceptable. Je ne sais pas comment c’est présenté ; les délibérations passent souvent pour que le public les voie, si ce n’est pas le cas, que c’est présenté comme une décision, c’est inacceptable, donc il faut le retirer immédiatement. (Madame le Maire s’adresse aux services pour que le nécessaire soit fait.) On regarde tout de suite ; désolée, en tout cas, si c’est le cas. Monsieur AL DANDACHI – Merci. Ce soir, je vous parle au nom du groupe Lille Verte, mais je vous parle également au nom du groupe Hellemmes Verte et Lomme Verte. Le droit de pétition locale est un droit fondamental dans toute démocratie saine, donc nous saluons le souhait de l’inscrire au sein du règlement intérieur, comme nous l’avons fait dans le cadre des trois réunions du groupe de travail, et les 13 925 signataires de la pétition de Saint-Sauveur vous remercient. Nous regrettons l’absence d’un groupe de travail pour discuter des modalités de ce droit de pétition, chose qui nous avait été promise lors des réunions des groupes de travail sur le règlement intérieur. Nous aurions pu travailler l’intelligence collective de 69 nos différents groupes politiques, ce qui nous amène à cette quantité d’amendements par l’Opposition. À Lomme et à Hellemmes, il aurait été possible d’exercer ce droit de pétition, encore faut-il que vous en ayez la volonté, chers Messieurs les Maires délégués. Nos amendements 1, 2, 3, 4, 7, 11, 12, 13 et 14 vont dans le sens d’une adaptation de ce droit de pétition locale à l’échelon communal d’Hellemmes et à l’échelon communal de Lomme. Pour expliquer à nos chers concitoyens et concitoyennes ce que nous dit le Code général des collectivités territoriales que nous devons respecter, 1/5 des électeurs doivent être sollicités. Sur la base des dernières élections municipales, en 2020, cela représente 24 891 électeurs et électrices à Lille, Lomme et Hellemmes à mobiliser en l’espace de deux mois. (Sortie de séance de Madame le Maire. Madame Audrey LINKENHELD, Première Adjointe, la remplace à la présidence de la séance.) Vous allez me dire : « Ne vous inquiétez pas, d’ici 2026, il y en aura eu, des pétitions », mais, pour nous, cette restriction à deux mois, extrêmement rigide, va obliger le porteur ou la porteuse de la pétition à mobiliser 414 électeurs ou électrices par jour pendant deux mois, ce qui, on peut le dire, soyons honnêtes, quasiment impossible. Nos amendements 5, 6, 8, 9 et 10 sont très simples : passer de deux mois à quatre mois. Ces amendements, Monsieur l’Adjoint à la participation citoyenne et à la démocratie participative, vont dans le sens du Code général des collectivités territoriales, et j’ai bien entendu vos craintes lors de la Commission, car la loi ne précise pas ce délai. À Strasbourg, par exemple, cela va jusqu’à six mois ; je suis resté sur quatre mois. Encore une fois, nous aurions aimé faire vivre l’intelligence collective de nos différents groupes politiques, comme nous l’avons fait sur le règlement intérieur, pour pouvoir réfléchir ensemble. Madame le Maire, Mesdames et Messieurs, mes chers collègues, je vous remercie pour votre écoute. Madame LINKENHELD – Bernard CHARLES voulait, semble-t-il, s’exprimer. Je lui donne donc la parole, au nom du Maire. Monsieur CHARLES – Merci, Madame le Maire. Tout d’abord, indiquer notre accord avec les amendements proposés par Lille Verte tels qu’ils ont été argumentés. Constater que, bien entendu, la délibération va dans le sens de l’approfondissement de la relation entre la population et la collectivité, de la démocratie, donc là-dessus, globalement, nous voterons cette délibération. Mais je voudrais quand même dire à mon collègue que restreindre des propositions d’amélioration d’un texte à une vision d’aigris qui seraient ceux qui 70 préféreraient toujours la vision du verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein, il faut alors se l’appliquer à soi-même pour plein de politiques, quand j’entends, sur d’autres stades et d’autres responsabilités dans notre nation, des propos qui sont en permanence ceux du verre à moitié vide. Je viens maintenant sur les propositions d’amendements. (Retour en séance de Madame le Maire.) Premier amendement, puisque le texte fait référence à la fois à la Constitution et à l’article L. 1112-16 du Code général des collectivités territoriales, nous contestons le fait, même si cela est symbolique, que les élus ne puissent pas être considérés comme des citoyens à part entière. Les textes légaux ne prévoient pas cette éviction. Je parle toujours des pétitions et du 1/5 des électeurs, pas de l’extension qui a été proposée, j’y viendrai, au cadre extralégal, sur lequel nous ferons aussi des propositions. L’amendement n° 2 fait référence à l’article L. 1112-16 et au précédent – je lis la fin du précédent –, L. 1112 15. Il est indiqué : « Pour les collectivités territoriales, la consultation peut être limitée aux électeurs d’une partie du ressort de la collectivité, pour les affaires intéressant spécialement cette partie de la collectivité ». Soit Hellemmes et Lomme sont des collectivités à part entière, elles sont effectivement sous la règle du CGCT, et à ce moment-là – c’est le sens de notre amendement –, il faut que ces collectivités étudient le droit de pétition pour leur territoire, pour leur population et pour les affaires qui concernent leurs territoires respectifs, soit, si ce n’est pas le cas, on peut appliquer le L. 1112-15 et le fait que « la consultation peut être limitée aux électeurs d’une partie du ressort de la collectivité, pour les affaires intéressant spécialement cette partie de la collectivité ». Bref, faisons vivre le droit de pétition dans ces territoires pour les affaires qui relèvent de ces territoires ; c’est le sens de notre deuxième amendement. Notre troisième amendement va aussi dans le sens des quatre mois. La Ville de Lille propose un protocole ; très bien. Elle propose, finalement, une collaboration, puisqu’elle va publier la pétition et donner deux mois pour que cette pétition soit signée par le 1/5 des électeurs, mais que ferait la Ville si, en application de la loi, 1/5 des électeurs signaient une pétition dans un cadre qui ne serait pas celui proposé par la Ville mais qui respecterait la Constitution et la loi ? Il nous semble, en ce cas, que la Ville se doit d’accueillir cette pétition. D’ailleurs, constat au niveau du texte de la délibération, l’article auquel il est fait référence, L. 1112-16, a été écrit pour organiser une consultation de la population ; jamais dans la délibération, on ne parle de la consultation. Un autre amendement est celui de l’inscription automatique à l’ordre du jour. Si je prends l’article L. 1112 16, toujours pour la consultation, mais quand c’est pour un point inscrit à l’ordre du jour, on peut penser que cela procède d’une moindre intensité politique que celle d’une consultation, il est indiqué : « La décision d’organiser la consultation appartient à l’assemblée délibérante de la collectivité territoriale ». Bien sûr, c’est le Maire qui propose l’ordre du jour, mais il y a d’autres sujets, et dans les règles, qui font que la Ville se doit d’inscrire à l’ordre du jour ; c’est la proposition aussi qui est celle de notre amendement suivant. 71 Je viens maintenant aux dispositions extralégales, puisque cette délibération est l’application de dispositions légales et d’une volonté de la Ville d’aller plus loin, et tant mieux ! Dans votre programme et dans le titre d’une délégation, celle de Charlotte BRUN, il est parlé de « penser la ville à hauteur d’enfant ». Vous faites la proposition d’étendre, en les comptant à part, de permettre la pétition aux jeunes de 16 à 18 ans. Dans l’ensemble des textes qui régissent les instances de démocratie participative à Lille concernant les jeunes et dans les textes sur cette ville à hauteur d’enfant, on parle de Lillois, Lommois et Hellemmois à partir de 9 ans. Nous faisons donc une proposition, bien sûr intermédiaire, tenant compte aussi de la maturité de l’évolution ; nous pensons que les enfants qui sont au collège, à partir de l’âge de 12 ans, sont en capacité également de participer, finalement, de ce travail collectif, citoyen, qui est celui d’une pétition, une pétition n’étant pas toujours une hostilité par rapport à une Ville. J’en termine sur l’amendement n° 6. Nous considérons, contrairement à ce qui a été dit avant-hier par le Maire de Lomme en réponse à ma collègue Victoria GODEFROOD-BERRA lors du Conseil communal de Lomme, que ce n’est pas un suffrage censitaire ou ce n’est pas parce que tel ou tel élu n’habiterait pas mais respecte les conditions du Code général des collectivités territoriales dans le fait d’être élu… Cela va d’ailleurs dans le sens de ce que la Gauche, à l’époque, avait proposé : la possibilité pour les personnes durablement installées sur un territoire mais ne possédant pas la nationalité française, vivant comme citoyen dans un territoire, de participer aux élections locales. Ce n’est pas la question du 1/5, on est dans l’extra-légal. Il s’agit, puisque l’on est dans une démarche de démocratie participative, de permettre aux citoyens inscrits – cela ne veut pas dire qu’ils payent au rôle des impôts –, donc installés sur la ville, quelle que soit leur nationalité, qui contribuent à l’activité de cette ville, de pouvoir compter à part – il ne s’agit pas du 1/5, puisque cette délibération complète les deux processus –, de permettre à ces citoyens de participer à cette amélioration proposée de la démocratie participative. Je vous remercie. J’ai peut-être été un peu long, mais c’est une intervention et une défense des amendements. Madame le Maire – C’est pour cela que nous n’avons rien dit. Sébastien DUHEM. Monsieur DUHEM – Il y en a un qui reprend globalement vos amendements 1, 2, 3, 4, 7, 12, 13, 14 pour Lille Verte et aussi l’amendement de Faire Respirer Lille concernant en particulier les communes associées d’Hellemmes et de Lomme. Je signale que, à l’heure actuelle, les deux communes associées n’ont pas statué dans leur règlement intérieur. Nous tenons bien entendu à l’autonomie des communes associées, chère à chacun. Lors des précédentes élections, certains se sont fait fort de le rappeler. De ce fait, par définition, sans avoir la volonté des deux communes associées, nous n’avons pas à intégrer au sein de cette délibération les amendements que vous souhaitez. Malheureusement, nous les rejetterons. 72 Monsieur CHARLES, vous disiez « consultation, pétition ». Consultation, cela va du haut vers le bas. Pétition, cela va du bas vers le haut. C’est en règle générale la différence entre une consultation et une pétition. C’est de la sémantique dont on pourrait échanger longuement. Malgré tout, dans un de vos amendements, vous souhaitez qu’une question soit automatiquement inscrite à l’ordre du jour à compter du moment où les signatures d’un cinquième sont récoltées. Le code des collectivités territoriales le rappelle bien, le maire est libre de fixer l’ordre du jour. Après, puisque l’un de vos amendements demandait que nous supprimions ce critère-là, je vous rappelle que le Code général des collectivités territoriales donne la possibilité aux élus municipaux de saisir le maire pour convoquer un Conseil Municipal et que, de la même manière, vous avez aussi la possibilité dans nombre de nos instances, y compris dans les réunions de travail que nous avons pu mener sur le règlement intérieur, d’émettre vos sujétions, vos avis et je pense que, y compris en dehors de nos instances, vous ne vous en privez pas et nous en faisons régulièrement lecture. Là encore, je ne pense malheureusement pas que nous pourrons l’accepter. Petite parenthèse, l’article qui était sur le site internet a été retiré. Madame le Maire – Il était quand même précisé que c’était une délibération qui devait être portée au Conseil Municipal ce soir, ce n’était pas présenté comme acquis. Ceci dit, il est extrêmement maladroit de l’avoir mis, nous l’avons donc retiré. Monsieur DUHEM – D’autant plus que – cela avait bien été convenu avec les services –, si vous aviez posé la question, je vous aurais dit que les Lillois, Hellemmois et Lommois pourront déposer des pétitions sur la plate-forme à compter de fin de semaine puisque, techniquement, nous devrions finaliser cela en termes de contenu. Concernant le délai, nous le maintiendrons. Nous refuserons donc votre amendement. Je suis persuadé que, lorsque les Lilloises et les Lillois ont envie de se mobiliser sur un sujet, ils savent se mobiliser. Je pense que, aujourd’hui, à l’heure des différents outils, nous avons fortement la capacité de mobiliser chacun. Je regrette simplement – mais ce n’est qu’un simple regret – que, les uns et les autres, vous n’ayez pas abordé le fait que nous allions consulter davantage les instances participatives de la ville (CCC, conseils de quartier, CME et CLJ) et que nous allions leur demander leur avis à partir du moment où une pétition recueillerait certes 1 %, mais pas seulement, il y aura peut-être aussi des sujets qui les intéresseront parmi ceux qui seront déposés. Nous y voyons vraiment – j’insiste – un outil d’interpellation, parfois aussi de construction et pas forcément de contestation. Voilà ce que je peux dire sur l’ensemble des amendements. Je proposerai de les rejeter. Madame le Maire – Merci. Charlotte BRUN. 73 Madame BRUN - Madame le Maire, je voudrais dire juste un mot pour féliciter, au nom du groupe Lille en commun, Sébastien DUHEM pour le travail fait sur cette délibération que nous voterons avec joie puisqu’elle vient doter la Ville d’un outil essentiel pour aller encore plus loin dans la participation citoyenne, dans le climat politique délétère de défiance que décrivait par ailleurs tout à l’heure Audrey LINKENHELD. Je me permets également de réagir aux injonctions à l’intelligence collective faites par Maroin AL DANDACHI tout à l’heure. En effet, comme je lui ai dit, j’aurais aimé que ce soit la démarche de votre groupe politique lorsqu’on a ensemble essayé de travailler le règlement intérieur de la Ville de Lille, tout comme j’aimerais que ce soit l’attitude générale par exemple en commission. Nous avons des outils de travail qui nous permettent de travailler ensemble. Je suis étonnée – cela fera la transition avec le point suivant – de voir arriver un vœu alors même que la question par exemple de la crèche Concorde n’a absolument pas fait l’objet de débats en commission. La première des exigences attendues dans le rôle d’élu, surtout lorsqu’on essaye ensemble de faire le pari de l’intelligence collective, c’est encore d’utiliser les cadres qui sont les nôtres pour débattre, discuter et élaborer des délibérations au sein de nos commissions municipales. Madame le Maire – J’ajoute que, dans notre règlement intérieur tout nouvellement voté, il est clairement dit que « le Conseil Municipal peut être saisi des sujets relevant de la compétence de la commune. Toute pétition déposée régulièrement (qui correspond aux critères fixés par délibération par la municipalité) fait l’objet d’une présentation lors du Conseil Municipal et d’un débat organisé dans les conditions prévues à l’article 18 du présent règlement. » On est donc déjà dans la situation de votre amendement. Monsieur AL DANDACHI. Monsieur AL DANDACHI – Je voulais répondre à Madame BRUN sur le fait que, alors que je voulais débattre lors du groupe de travail sur le règlement intérieur des modalités du droit de pétition, Madame la Première Adjointe, Madame LINKENHELD, nous a explicité qu’il y aurait un groupe de travail pour cela. Or il n’y a pas eu de groupe de travail. Lors de la commission solidarité, j’ai passé mon week-end à lire les 700 pages de subventions sur le CLSPD. Je n’ai donc pas eu le temps de travailler les amendements sur ce que je vous ai proposé. S’il y avait eu un groupe de travail, peut- être aurions-nous eu un peu plus d’intelligence collective en commun. J’aimerais faire une explication de vote sur les amendements du groupe Faire Respirer Lille. Nous voterons contre les amendements 1, 2, 3, 5 et 6, car nous considérons qu’ils sont incompatibles avec le Code général des collectivités territoriales. En revanche, en ce qui concerne l’amendement 4, nous considérons qu’il va dans le sens d’une cohérence politique communale à l’échelle de nos trois communes 74 et nous invitons Messieurs les Maires délégués, Monsieur VICOT et Monsieur GHERBI, à se saisir de cet outil de démocratie participative au sein de vos règlements intérieurs. Madame le Maire – Je leur laisse leur autonomie. Vous avez suffisamment critiqué pendant la campagne le fait qu’il n’y ait pas d’autonomie des communes. Ils feront ce qu’ils veulent, ils sont maires. Audrey LINKENHELD. Madame LINKENHELD – Merci, Madame le Maire. Je ne laisserai pas dire, alors que nous avons voté tout à l’heure une délibération sur l’éthique et la transparence, que je me suis engagée à un groupe de travail et que je n’aurais pas tenu cet engagement. C’est faux et vous le savez. Ce que nous avons dit lors de ces groupes de travail sur le règlement intérieur où, de mémoire, nous avons passé dix heures ensemble à discuter de tous les sujets, c’est que les modalités de ce droit de pétition, de même que la composition du comité d’éthique et de transparence feraient l’objet de discussions ultérieures ou de travaux ultérieurs. Je n’ai jamais dit que nous aurions un groupe de travail et ce, pour une raison simple, c’est qu’il dépendait aussi de l’issue des travaux sur le règlement intérieur, y compris de l’ambiance dans laquelle se ferait l’issue des travaux sur le règlement intérieur et de la manière dont nous travaillerions ensemble par la suite. Vous le savez comme moi. Je ne laisserai pas dire des choses que je n’ai pas dites. Ce n’est pas conforme à l’éthique. Après cela, vous pouvez regretter qu’il n’y ait pas des groupes de travail, mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Madame le Maire – C’est clair. Nous allons donc d’abord mettre aux voix les amendements. (Monsieur CHARLES demande la parole.) Vous savez que, normalement, on ne répond pas aux réponses. On est au tiers du conseil, il est 21 heures 10. Monsieur CHARLES, vous dépassez à chaque fois vos 5 minutes. (Monsieur CHARLES dément.) Prenez un chronomètre et mesurez vous-même, vous le verrez. On n’est pas là pour dire le contraire de la vérité. Allez-y ! Monsieur CHARLES - Madame le Maire, vous avez parfaitement raison quand vous rappelez l’article 24 « droit de pétition locale » du règlement intérieur indiquant que « toute pétition déposée régulièrement fait l’objet… » Madame le Maire – Ne le relisez pas, je viens de le lire. 75 Monsieur CHARLES - Est-ce que je peux me permettre de raisonner ? Merci, Madame ! « Toute pétition déposée régulièrement (qui correspond aux critères fixés par délibération par la municipalité) fait l’objet d’une présentation lors du Conseil Municipal… » Très bien ! La délibération dit « le Maire décide de l’inscription ou non… ». Je mets en lumière la contradiction. Vous dites « si le règlement s’impose ». Le règlement s’impose et cet extrait de la délibération ne convient pas par rapport au règlement. Deuxièmement, et j’en termine, je n’ai pas eu d’éléments de réponse, pas même un argument de deux mots sur la question de l’âge et sur la question – je parle de l’extra légal – des personnes qui ne sont pas inscrites sur les listes électorales. Merci. Madame le Maire – Je cherche la phrase exacte. Monsieur DUHEM - En attendant, je vais vous répondre sur les personnes qui ne sont pas inscrites sur les listes électorales. Là, par contre, il est très clair qu’elles doivent être inscrites sur les listes électorales. En revanche, et vous l’avez vu, nous avons fait une légère transgression pour les 16-18 ans qui sont en marge de devenir des futurs citoyens et électeurs, pour leur permettre de déposer une pétition et de la signer, sachant qu’ils ne seront pas comptabilisés à l’intérieur. Cela dit, dans votre amendement, vous demandiez que l’on puisse déposer une pétition dès l’âge de 12 ans. Je pense que, à l’âge de 12 ans, ils peuvent participer autrement qu’en allant sur un site internet déposer une pétition. On a différentes instances et on travaille en très bonne adéquation, y compris avec le conseil départemental de la jeunesse et avec d’autres outils que nous développons soit avec le Département, soit directement avec les proviseurs ou avec les principaux des collèges. Voilà notamment la raison pour laquelle nous ne souhaitons pas accepter cet amendement. Madame le Maire – Je réponds à Monsieur CHARLES qui n’a pas lu le texte jusqu’au bout. Cela devient décidément une habitude. « Le Maire décide de l’inscription ou non à l’ordre du jour de la prochaine séance du Conseil Municipal ». Il n’est pas dit qu’il décide de le mettre ou pas, mais de le mettre ou pas à la prochaine séance. C’est ce qui est inscrit. Vous n’avez lu que la première partie de la phrase. Il n’y a donc aucune contradiction. Bien sûr, ce sera à l’ordre du jour, mais pas obligatoirement de la prochaine séance. Imaginons que l’on ait une pétition 15 jours avant un Conseil Municipal, qu’il nous faille trouver les éléments de réponse, apporter des éléments, etc. Il n’y a donc 76 aucune contradiction et, une fois de plus, vous lisez la moitié d’une phrase et vous en tirez des conséquences. Monsieur CHARLES - (Hors micro, inaudible). Madame le Maire – Reconnaissez pour une fois que vous avez fait une erreur. Ce n’est pas grave, cela arrive à tout le monde. Ou alors c’était de la mauvaise foi et je ne voudrais pas dire cela, je ne peux pas l’imaginer. Je préfère dire qu’on a fait une erreur. En tout cas, il n’y a pas de contradiction. Ce sera à l’ordre du jour d’un Conseil Municipal. On n’a jamais intérêt à passer beaucoup de temps avant de traiter un sujet, dès lors qu’autant de citoyens se sont mobilisés. Je vais donc mettre aux voix les amendements. Les amendements du groupe Lille Verte sont rejetés à la majorité, le groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire votant contre et les groupes Faire Respirer Lille et Lille Verte votant pour. Les amendements 1, 2, 3, 5, 6 du groupe Faire Respirer Lille sont rejetés à la majorité, les groupes Lille en Commun, Durable et Solidaire et Lille Verte votant contre et le groupe Faire Respirer Lille votant pour. L’amendement 4 est rejeté à la majorité, le groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire votant contre et les groupes Lille Verte et Faire Respirer Lille votant pour. Je vous remercie. Je mets maintenant au vote la délibération. Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Faire Respirer Lille) Qui vote contre ? Abstentions ? (Le groupe Lille Verte) Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant. Merci beaucoup. La parole est maintenant à Camille STIEVENARD. CONSEILS DE QUARTIERS 21/87 - Conseils de quartier - Désignation des conseillers de quartier. Adoptée. 77 Chemise 33 CRECHES Rapporteur : Camille STIEVENARD Conseillère Municipale déléguée 21/122 - Nouvelle crèche Concorde - Quartier Faubourg de Béthune - Recours à une délégation de service public. Madame STIEVENARD – Madame le Maire, chers collègues, La délibération que je porte devant vous ce soir concerne le mode de gestion de la future crèche Concorde. Ce projet est l’occasion pour moi de vous rappeler les dispositifs d’accueil du jeune enfant que la Ville de Lille propose à ses habitants et habitantes. Dès ses trois mois, le nourrisson lillois peut en effet être accueilli occasionnellement ou à la semaine, soit en crèche collective parmi les 12 crèches présentes dans les quartiers lillois, soit chez les assistantes maternelles de la crèche familiale de la ville de Lille, soit au sein d’une maison d’assistantes maternelles accompagnée également par la Ville, mais également en structures associatives ou coopératives dans lesquelles la Ville possède des places. Ces dispositifs d’accueil permettent à la Ville de Lille de proposer des solutions à près de 1 300 enfants. Cette politique d’accompagnement de la petite enfance, c’est aussi une qualité d’accueil, du développement à laquelle nous sommes très attachés. Je pense notamment aux dispositifs Parler Bambin et Jeux d’enfants. Nous souhaitons poursuivre cette politique ambitieuse et diversifiée pour répondre à davantage de familles compte tenu des nombreuses demandes de places auxquelles nous ne pouvons répondre actuellement. Ainsi, nous souhaitons, à travers nos engagements, accompagner dès cette année le financement de places au sein d’une crèche de prévention précoce, financer de nouvelles places associatives. La reconstruction de la crèche Concorde, actée en Conseil Municipal en mars 2017, qui va s’intégrer dans le nouveau projet de renouvellement urbain du quartier de Faubourg de Béthune, va permettre de proposer 20 places d’accueil supplémentaires aux petits Lillois et Lilloises, passant d’une structure de 50 actuellement à 70. La future crèche sera ouverte sur un parc arboré de plus de 550 m² et partagé avec la maison d’assistantes maternelles. Nous souhaitons que la crèche puisse être le premier lieu de socialisation important de l’enfant et sa famille, qu’ils puissent, ensemble, en sortant de la crèche, se rendre naturellement à la médiathèque, à la cité des équipements ou encore profiter simplement du parc. Pour cette crèche, dont l’ouverture est prévue à la rentrée de septembre 2022, nous proposons un mode de gestion différent, une délégation de service public. C’est la difficulté de recrutement des professionnels de la petite enfance qui nous a amenés à faire ce choix. En effet, de nombreux professionnels privilégient aujourd’hui un contrat à durée indéterminée immédiat dans les structures privées, sans avoir à passer un concours de titularisation qui n’est pas attractif. 78 Je tiens à préciser que la DSP sera d’une durée de cinq ans et que cette DSP aura les mêmes exigences qualitatives que les places gérées directement par la Ville. Les places d’accueil seront attribuées par la Ville, la crèche fonctionnera aux mêmes horaires d’accueil que les crèches municipales et l’équipe du délégataire sera associée aux programmes de formation de la Ville Parler Bambin, Jeux d’enfants, et également aux actions liées au développement durable. La délégation de service public fera l’objet d’un comité de suivi intégrant, dès l’ouverture de la structure, des contrôles réguliers et attentifs de notre service de la petite enfance. Concernant les professionnels de la crèche Concorde actuels, des entretiens individuels sont menés depuis début janvier pour accompagner leur projet professionnel. Certaines professionnelles ont émis le souhait de partir travailler dans d’autres crèches municipales en binôme et nous tenons à ce que leur projet aboutisse. Je remercie pour leur écoute et leur présence Monsieur HAUBOLD, directeur de la petite enfance, ainsi que Florence MAGNE et Monsieur RABAUD. En accompagnant ces agents, nous souhaitons leur proposer d’intégrer nos crèches actuelles. Cela permettrait de stabiliser l’ensemble des effectifs des équipes et de maintenir un service de qualité aux enfants accueillis en limitant le turn-over des contractuels. Ce choix est exceptionnel, comme Madame le Maire l’a dit tout à l’heure. Car, oui, nous allons dans le même temps conforter le plan d’action des métiers de la petite enfance, c’est-à-dire mettre en place des contrats de trois ans pour stabiliser des agents intérimaires présents depuis longtemps dans nos effectifs, anticiper les départs en retraite que nous savons nombreux dans les prochaines années, développer l’apprentissage, les promotions des carrières publiques par le lien avec les centres de formation. Comme vous le savez, les réflexions que nous proposons aujourd’hui ont fait l’objet d’un dialogue social avec les organisations syndicales. Le comité technique et la commission consultative ont émis un avis favorable. Je remercie Martin DAVID- BROCHEN et l’ensemble des acteurs concernés pour ce travail. Pour conclure, nous sommes donc ravis de pouvoir augmenter notre capacité d’accueil à proposer aux futurs Lillois et Lilloises et de retrouver la stabilité de nos effectifs dans le service public pour la suite de nos projets petite enfance que nous allons engager pour les Lillois et Lilloises. Madame le Maire – Je vous propose que l’on fasse intervenir Stéphanie BOCQUET, Bernard CHARLES et Sylviane DELACROIX sur la délibération elle-même, puis le vœu sera présenté par Mélissa CAMARA. Nous aurons ensuite une réponse de Charlotte BRUN et nous voterons. 79 Stéphanie BOCQUET - Madame le Maire, mes chers collègues, Mesdames, Messieurs, Madame le Maire, ce soir, vous nous demandez d’approuver le principe de délégation de service public pour assurer la gestion de la crèche Concorde dans le quartier de Faubourg de Béthune. Ce soir, la Ville de Lille franchit une ligne rouge, une ligne rouge que représente ce recours à une délégation de service public, parce qu’une DSP pour la Halle de glisse ou encore pour la fourrière n’a rien à voir avec une délégation de service de la petite enfance. Passer une DSP pour la gestion de la crèche Concorde aujourd’hui gérée par la Ville pose question, à la fois parce que ce service existe et qu’il est bien rendu, que la nouvelle construction est attendue depuis longtemps par le personnel de la crèche, personnel attaché à ce quartier et ces familles et connaissant bien le réseau associatif et partenarial du quartier. Nous serons d’ailleurs vigilants sur l’accompagnement des agents de la Ville dans ce processus. La petite enfance n’est pas un bien comme un autre et, fondamentalement, laisser la porte ouverte à la concurrence, à la marchandisation de l’éveil et l’éducation du tout-petit dépasse l’entendement. Dans un secteur où de nombreux acteurs lucratifs investissent le marché, où la concurrence est rude pour les structures de l’économie sociale et solidaire, notre collectivité peut faire le choix de modes de contractualisation qui privilégient partenariat et coopération. Pourquoi se précipiter ainsi vers ce choix qu’il nous faut à notre sens peser très soigneusement ? Des communes de toutes tailles ont fait d’autres choix, via une société publique locale (SPL), une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), voire en reconnaissant le secteur de la petite enfance comme un service d’intérêt économique général (SIEG), comme l’a fait Rennes en 2018. Le SIEG permet de fixer le cadre de soutien aux structures, de sécuriser les financements publics octroyés pour réaliser les missions d’intérêt général car, oui, Madame le Maire, nous sommes sur la reconnaissance dans ce cas de l’intérêt général. Vous y aviez d’ailleurs cru du temps où vous étiez présidente de la MEL, puisqu’une mission avait été réalisée en ce sens et que des préconisations avaient été faites aux communes de la métropole, mission qui avait produit un écrit reconnu nationalement encore aujourd’hui. De même, avec les associations lilloises, les professionnels et les parents, vous aviez dénoncé, sous la présidence de Nicolas SARKOZY, la marchandisation de la petite enfance. Quel signal donnez-vous aujourd’hui aux structures municipales et associatives actuelles en revenant sur ces engagements ? Je n’ose penser que la Ville ne croit plus en sa richesse associative. Vous nous direz que c’est une exception absolue, après la fourrière. Vous nous direz que l’on aura 80 une DSP contraignante, un droit de regard plus important. Devons-nous préférer la contrainte à la coopération pour mener à bien nos politiques publiques ? La DSP ouvre certes la porte au privé non lucratif, mais elle ouvre aussi la porte au privé lucratif. Pas plus tard que mardi dernier place de la République à Lille, les professionnels et parents manifestaient leurs craintes en rappelant « nous ne voulons pas de bébés à la consigne ». Privilégier le projet éducatif, le projet pédagogique, plutôt que la rentabilité à tout prix, privilégier l’engagement et la professionnalisation dans la durée plutôt que le stop-and-go tous les cinq ans, privilégier la reconnaissance des compétences et la richesse de nos structures locales de l’ESS, privilégier la sérénité et le partenariat coconstruit ; voilà les valeurs que nous, les écologistes, défendons et portons. Madame le Maire, une autre économie est possible. Parce que cette DSP comporte trop de risques négatifs pour les Lilloises et les Lillois, le groupe Lille Verte votera contre ce choix politique que vous faites. Je vous remercie. Madame le Maire – Je vous remercie. Bernard CHARLES. Monsieur CHARLES - Je voulais intervenir sur le vœu des verts. Madame le Maire – Dans ce cas, cela ne va pas. On va présenter le vœu avant. Je passe d’abord la parole à Sylviane DELACROIX. Madame DELACROIX – J’interviens pour une explication de vote sur cette délibération. Madame le Maire, chers collègues, juste quelques mots sur cette délibération pour laquelle les élus communistes vont s’abstenir. Auparavant, nous tenons à saluer le fait que cet équipement voie le jour, permettant ainsi d’augmenter le nombre de places proposées et d’améliorer les conditions de vie et de travail. Notre abstention concerne le seul mode de gestion, le passage en délégation de service public. Nous redoutons effectivement que les difficultés de recrutement de la fonction publique, où le point d’indice a été gelé depuis si longtemps que l’on pourrait parler de période de glaciation, avec l’exigence de concours sans garantie de déroulement de carrière à hauteur des compétences demandées et des missions confiées, ne se perpétuent et fassent reculer toujours plus le service public. Nous savons aussi que le retour à la gestion directe est toujours compliqué. 81 Nous n’oublions cependant pas, Madame le Maire, que c’est sous votre présidence à la MEL que la production d’eau est revenue en régie. Les difficultés pour remplir cet objectif n’étaient pas minimes, nous savons donc que cette problématique ne vous est pas étrangère. Enfin, pour éviter les interprétations erronées ou les tweets compulsifs, permettez-moi de préciser à l’ensemble des présents que ce vote n’est pas un obstacle, juste un fait. Et puisque nous représentons la seule vraie liste de rassemblement, il nous arrive et il nous arrivera de ne pas toujours voter la même chose, sans compromettre l’essentiel, le programme sur lequel nous nous sommes engagés. Se réunir ne signifie pas s’effacer. Je vous remercie de votre attention. Madame le Maire – Merci beaucoup. Quelques mots à Stéphanie BOCQUET, sachant que Camille STIEVENARD a déjà tout dit et, d’ailleurs, vous l’avez répété. Je dirai d’abord que l’on ne s’est pas précipité pour faire une DSP. Croyez bien que je ne l’ai pas fait avec plaisir. Simplement, ou on avance ou on n’avance pas, ou on ne fait pas la crèche ou on la fait. Cela fait maintenant deux ans – et vous le savez fort bien, vous qui vous êtes occupée de la petite enfance ici même – que nous avons, comme d’ailleurs toutes les grandes villes et je le disais tout à l’heure en parlant des policiers municipaux – un énorme problème pour embaucher des personnes qui, non seulement seront moins payées chez nous que dans le privé, mais, en plus, doivent passer des concours difficiles alors que les autres n’ont pas besoin de le faire. Nous avons aujourd’hui une énorme difficulté à embaucher. Nous sommes donc arrivés à l’idée que ce qui était important pour nous, c’étaient les conditions de vie des enfants et les règles que l’on mettait en place. Lorsque vous évoquez les règles pédagogiques, Camille l’a très bien dit, le Parler Bambin par exemple et les méthodes que nous avons mises en place seront imposées dans la DSP. Peut-être d’ailleurs n’aurons-nous pas de réponse, tellement nous imposons des conditions pour les enfants et pour les agents. Nous avons discuté aussi – et cela a été dit par Camille – avec les agents actuels de la crèche Concorde, qui sont d’accord pour être chacun – selon les choix qu’ils feront – redéployés sur les crèches de la Ville où il manque aujourd’hui du personnel. Vous savez bien combien je suis attachée au service public et je trouve un peu grossier le fait de dire « vous passez une ligne rouge ». Je n’ai pas de leçon à recevoir là-dessus. J’ai simplement envie que les enfants de Concorde soient plus nombreux à pouvoir être accueillis dans une crèche et je sais que, aujourd’hui, nous n’arriverons pas à trouver le personnel. Voilà pourquoi nous faisons cette DSP. Vous avez le droit de dire que vous n’êtes pas d’accord, mais ne me faites pas de leçon là-dessus parce que, le service public, je l’ai dans mes tripes et depuis très longtemps vu mon âge – vous le savez, vous l’avez répété de multiples fois pendant la campagne. 82 J’entends que l’on puisse être contre. Nous avons eu de nombreux débats ici et déjà durant le mandat précédent avant de prendre cette décision, mais, ou on fait cette crèche, ou on ne la fait pas. Si on veut la faire pour les habitants de Faubourg de Béthune, on doit choisir cela, mais avec des contraintes telles que, comme je l’ai dit, on n’est pas sûr de trouver des personnes susceptibles de nous répondre positivement. On ne peut pas mélanger la délégation de service public donnée pour une crèche – ou alors on ne connaît pas le droit – avec une crèche privée réalisée à côté et qui demande des tarifs extrêmement importants ou autres. Si vous dites cela, ce n’est pas possible ou c’est qu’on ne connaît pas la réalité des choses. Par conséquent, nous lançons cette DSP. Nous allons voir si, avec les contraintes que nous mettons, nous trouvons des candidats. En tout cas, y compris les agents de la crèche Concorde, et je les en remercie, l’ont compris. Ils nous ont dit qu’ils iraient dans les autres crèches de la Ville où il manque aussi du personnel. On ne peut pas à la fois dire qu’il manque du personnel dans les autres crèches et ne pas accepter qu’on trouve cette solution-là. Vous mettez le principe avant la réalité. Je peux le comprendre, je l’ai souvent fait dans ma vie, mais comme, aujourd’hui, je suis en responsabilité à Lille, je veux que l’on puisse faire cette crèche, que l’on fasse en tout cas tout pour essayer de la réaliser. Pour tout le reste, vous avez dit vous-même tout ce que nous allons mettre dans la délégation de service public. On verra bien si on peut faire cette DSP et si on peut donc faire cette crèche ou pas, puisque c’est le sujet aujourd’hui. Je vais passer la parole à Mélissa CAMARA pour nous présenter son vœu. Vœu du groupe Lille Verte : Services d’intérêt économique général (SIEG) – Services d’accueil de la petite enfance. Madame CAMARA – Madame le Maire, chers collègues, Dans un premier temps, je vais répondre à Madame BRUN. Nous avons quand même questionné en CCSPL, en commission. Je me trompe peut-être mais, aujourd’hui, le dialogue est très compliqué et je ne vois pas ce qui aurait pu changer votre décision avec cette DSP. Bref… Les principes fondateurs du marché intérieur instaurent la suppression de toute entrave à l’installation des opérateurs économiques sur le territoire européen. De ce fait, les activités économiques dans le sens du droit européen sont soumises à la concurrence. Cependant, lorsque des acteurs assurent un service d’intérêt général, les collectivités peuvent sortir de ce cadre via un service d’intérêt économique général. Par le vœu que nous vous présentons, le groupe Lille Verte demande ce soir la qualification des établissements d’accueil de petite enfance comme SIEG. Dans une société marquée par les inégalités femmes-hommes, les déterminismes sociaux, les discriminations et les inégalités, la petite enfance est un secteur clé. 83 Si la Ville de Lille acte ce soir la qualification des établissements d’accueil de petite enfance comme SIEG, elle affirmera alors que ce secteur n’est pas un secteur comme un autre, que l’éducation des enfants n’est pas un marché ouvert au sein duquel nous pouvons laisser un champ libre à quelques grandes entreprises. Alors que de nombreux acteurs lucratifs investissent le marché, les structures associatives font face à une concurrence rude. La marchandisation n’a pas sa place dans l’éducation et l’éveil des enfants. Aujourd’hui, notre Ville peut faire le choix d’un conventionnement avec les partenaires alliant exigence et coconstruction. Les établissements d’accueil de la petite enfance poursuivent des missions d’intérêt général. Pour cela, nous souhaitons que la Ville reconnaisse ces missions et les soutienne. Car il s’agit bien ici de l’intérêt général et ce, sur plusieurs points. Les structures d’accueil permettent bien évidemment l’épanouissement des enfants, quel que soit leur origine, leur quartier ou leur situation. Elles favorisent également la cohésion sociale et la lutte contre les déterminismes et les discriminations sur notre territoire en permettant la mixité sociale et l’accessibilité à toutes et tous. Elles sont un maillon central dans la construction de l’égalité femmes-hommes en garantissant notamment aux parents la continuité de leur activité professionnelle, mais aussi en combattant les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge. Elles sont aussi les actrices d’une économie locale et durable sur notre territoire portant les valeurs de solidarité et de justice sociale que nous chérissons. Aussi, reconnaître comme SIEG le secteur de la petite enfance, c’est reconnaître que ce service est essentiel à la population et qu’il se situe dans le cadre d’une mission d’intérêt général pour la société. C’est également acter que ce secteur doit sortir d’une vision concurrentielle de la commande publique afin de ne pas accroître les inégalités et d’écarter la mainmise de mastodontes lucratifs en sécurisant le subventionnement de certaines structures. Reconnaître comme SIEG ce secteur, c’est aussi se donner les moyens de porter un projet éducatif ambitieux. En effet, le cadre est fixé avec des objectifs et des obligations de service public. Ainsi, sont assurées la qualité du service et la cohérence avec le projet éducatif municipal et les besoins du territoire. En somme, c’est faire un choix politique fort, faire le choix d’une autre économie, d’une autre gouvernance, faire le choix du soutien économique aux associations et, enfin, c’est faire le choix d’un projet pédagogique toujours ambitieux pour les enfants. Pour conclure, je voudrais dire que je suis tout à fait ouverte à la discussion pour en reparler. Proposer, ce n’est pas s’opposer, c’est apporter une vision pour le bien-être de tous les Lillois et les Lilloises. Merci. Madame le Maire – Merci. Charlotte BRUN. 84 Madame BRUN – Bien sûr que proposer n’est pas s’opposer, mais, encore une fois – pardon de lire le règlement intérieur –, j’estime que la commission municipale est le cadre où nous débattons et nous discutons des projets. Cela vous aurait d’ailleurs permis de découvrir que le SIEG n’est absolument pas l’outil qui permettrait de sortir le champ de la petite enfance de la concurrence. Ce n’est pas l’outil approprié. Discuter, travailler, c’est aussi s’ouvrir, s’éclairer et regarder quels sont les outils dont nous pouvons disposer. Je voudrais par ailleurs corriger ce que vous avez dit. Le dialogue en CCSPL n’a absolument pas été compliqué. Comme vous le savez, si vous êtes autant que nous mobilisée sur la petite enfance, à la fois parce que c’est un champ qui permet de lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes, mais aussi et surtout pour les enfants eux-mêmes, parce qu’accueillir ces enfants dès le plus jeune âge, c’est lutter dès le départ sur la formation des inégalités dès la plus petite enfance, vous sauriez que Lille est un territoire mobilisé, non pas depuis aujourd’hui, mais depuis longtemps. Depuis longtemps, nous sommes un territoire identifié sur le champ de la petite enfance. Vous ne pouvez pas vous positionner en héros de la lutte contre la marchandisation du secteur de la petite enfance. Lille est fortement mobilisée sur cette question. Au côté des professionnels qui dénoncent depuis de nombreuses années des conditions de travail de plus en plus difficiles et moins qualitatives pour les petits, nous dénonçons et souhaitons que les bébés ne soient pas considérés comme des marchandises et ne soient pas renvoyés à la consigne. Le mot d’ordre de la grève de mardi, c’était bien la possibilité donnée par le gouvernement d’augmenter les capacités d’accueil des crèches par agent à l’intérieur des crèches. Or que faisons-nous depuis plusieurs années ? Nous augmentons le nombre de places en crèche en considérant comme prioritaire la question de la qualité d’accueil des petits. Camille en a parlé, Madame le Maire également. Je pense bien sûr au programme Parler Bambin, je pense au programme Jeux d’enfants et je pense à tout ce que nous faisons pour favoriser la transition entre la crèche et l’école maternelle, notamment en finançant nous-mêmes des postes d’éducateurs jeunes enfants à l’intérieur des écoles maternelles. Nous sommes fortement mobilisés pour un projet éducatif global dès la naissance, pour corriger les inégalités et pour que les conditions de la naissance ne déterminent ni l’émancipation, ni la construction de chacun des enfants. Vous nous proposez aujourd’hui de voter ce vœu, alors même que je pense que vous n’avez pas assez creusé cette question du service d’intérêt économique général qui est le fruit d’une logique de compromis européen suite à la volonté de la France de faire reconnaître par les Européens assez éloignés de la notion de service public la particularité des services publics, pour correspondre à une conception européenne des services publics qui est fondée sur la libre concurrence, mais pour des raisons d’intérêt général. Il s’agit d’un statut particulier qui permet aux entreprises qui sont chargées de missions de service public, comme La Poste, les transports, mais aussi les Télécoms, de déroger aux règles du marché et de la concurrence pour accomplir une mission qui est nécessaire et qui ne serait pas rentable aux yeux du marché ou qui ne permettrait pas par exemple de desservir une région particulièrement enclavée. Pour l’exercice de 85 cette mission d’intérêt général, l’entreprise reçoit alors de l’État une compensation financière qui est strictement encadrée par Bruxelles. En deux secondes – parce qu’on aurait pu en parler en commission –, voilà le cadre juridique du SIEG qui, comme son nom l’indique, a trait aux services économiques et non pas aux services publics sociaux comme c’est le cas de la petite enfance aujourd’hui en France. Finalement, si vous aviez creusé un peu la question juridique, je sais bien que les deux villes que vous avez mentionnées l’ont fait, mais justement, peut-être qu’avec un petit recul… Madame le Maire – Elles l’ont fait il y a trois ans. Madame BRUN – Exactement. Et donc, peut-être qu’avec un petit recul, vous vous seriez rendu compte que, si d’autres villes ne l’ont pas fait, c’est tout simplement parce que la proposition de SIEG est un recul par rapport à notre conception du service public en France et du service public social en France. Par conséquent, nous ne voterons pas votre vœu, parce que c’est un vœu de proposition de recul et ce n’est absolument pas un outil juridique qui permet de protéger le service public de la petite enfance qui est très menacé aujourd’hui par toutes ces crèches privées à but lucratif qui poussent comme des petits pains pour essayer de répondre aux besoins des familles. Et telle est notre volonté, répondre aux besoins des familles tout en garantissant la qualité de l’accueil du tout-petit. C’est une priorité politique que nous suivons en toute responsabilité, avec cette priorité qui est pour nous la qualité du service public de la petite enfance. Or – et c’est là que nous avons un désaccord –, le service public peut être exercé selon différentes modalités. Il existe les crèches en régie – Camille l’a dit – nous avons 12 crèches municipales, c’est la moitié des places que nous finançons ; l’autre moitié des places sont des places que nous finançons à l’intérieur des associations, et je pense aussi particulièrement à la crèche coopérative dans laquelle nous sommes rentrés, alors que nous aurions pu tout à fait dire que nous avions une position fermée de développement des places en régie. Nous avons donc aujourd’hui près de 1 300 places pour des petits, que nous développons. Si vous aviez regardé un peu plus attentivement le budget que nous avons voté ce soir, vous auriez vu que nous proposons dans ce budget une augmentation du nombre de places à l’intérieur des associations. On ne peut pas, comme vous l’avez fait, essayer d’opposer cette délibération sur la DSP et la Ville qui s’éloignerait d’un soutien associatif. C’est faux. Aujourd’hui, dans le budget, il y a 38 places supplémentaires à l’intérieur des associations, sans compter le projet innovant que nous portons d’une crèche à vocation professionnelle. Aujourd’hui, la Ville de Lille a une stratégie globale de défense du service public de la petite enfance, voire même – et j’insiste là-dessus – de meilleure couverture du service public de la petite enfance, en augmentant ces places qu’elle porte directement en régie, en augmentant les places qu’elle possède en partenariat avec les associations 86 et, pour garantir un meilleur accueil à l’intérieur de ces crèches, en vous proposant cette solution de délégation de service public, sachant que rien ne dit que les associations et les entreprises d’économie sociale et solidaire ne peuvent pas y répondre. Elles peuvent bien sûr répondre à cette délégation de service public et on les y encourage. Comme pour chacune des places pour lesquelles nous mobilisons de l’argent public, cette délégation de service public sera extrêmement contrainte par un cahier des charges très exigeant sur la qualité de l’accueil, la qualité des programmes qui font aujourd’hui la carte d’identité de la Ville de Lille, avec notamment Parler Bambin, Jeux d’enfants. Nous formons les associations lilloises à ces programmes. Aujourd’hui, toutes les associations du territoire sont formées à Parler Bambin par la Ville de Lille. Ce cahier des charges extrêmement exigeant sera donc la condition de la qualité du service public, mais de la même manière qu’aujourd’hui, lorsque nous avons des places à l’intérieur des associations, nous veillons à l’exécution du service, que ce soit par une association comme cela le sera demain par le délégataire qui pourra totalement être une association ou une entreprise de l’ESS. Madame le Maire – Merci, Charlotte. J’ajouterai d’ailleurs que, quand Lise DALEUX a mis en place en 2008 l’aide aux maisons d’assistantes maternelles purement privées, nous l’avons suivie dans l’idée de pouvoir accompagner ces MAM qui se sont développées depuis dans la ville. Je passe la parole à Bernard CHARLES sur le vœu. Monsieur CHARLES – Merci, Madame le Maire. Pour dire, premièrement, que nous voterons la délibération concernant la concession de service public. Je remarque que la CCSPL s’est réunie en temps et en heure, ce qui n’est pas toujours le cas, il y a eu un débat extrêmement fourni, des échanges, des arguments et des explications données ; il faut garder cette pratique et la développer à chaque fois que c’est nécessaire. Nous n’avons pas, de notre point de vue, de fausse pudeur sur la question d’une concession de service public, puisque c’est le cahier des charges, sa précision, sa force et le suivi du cahier des charges qui donneront la qualité de ce service public. Sur le vœu, nous nous abstiendrons, parce que dans la situation actuelle, il n’y a pas de nécessité d’avoir le SIEG pour prendre une décision, soit en régie, soit une décision de concession, soit une autre décision, il n’y a pas d’obligation de la concurrence, donc la question ne se pose pas. Je dirai tout de même à Charlotte BRUN que la question est quand même parfois plus complexe, parce que le débat qui avait été pris à l’époque à la MEL – qui était la Communauté urbaine à l’époque – était la question, me semble-t-il, du service public de l’emploi, parce que les frontières entre ce qui est service public et ce qui est, finalement, action d’entreprise au service de l’intérêt général se pose y compris dans notre pays où le service public est une notion tout à fait importante. Pour terminer, nous sommes, et cela avait été indiqué dans la CCSPL, favorables à ce que pour répondre aux besoins des Lillois, il y ait une complémentarité 87 de l’offre publique, de l’offre associative, de l’offre d’économie sociale et solidaire et de l’offre privée. Je vous remercie. Madame le Maire - Je vous remercie. Je mets aux voix d’abord le vœu qui a été présenté par Mélissa CAMARA. Qui vote pour ? (Le groupe Lille Verte) Qui vote contre ? (Le groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire) Abstention ? (Le groupe Faire Respirer Lille) Le vœu est rejeté à la majorité, le groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire votant contre et le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant. Je mets maintenant au vote la délibération. Qui vote pour ? (Les élus de la Majorité à l’exception des 4 élus communistes et le groupe Faire Respirer Lille) Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte) Abstention ? (Eddie JACQUEMART, Sylvianne DELACROIX, Karine TROTTEIN et Valentin MARTIN) Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre et les élus communistes s’abstenant. Je vous remercie. Je passe maintenant la parole à Karine TROTTEIN. 21/121 - Crèches municipales - Accueil collectif et individuel - Modification du règlement de fonctionnement. Adoptée. Chemise 29 ALIMENTATION ET Rapporteur : Karine TROTTEIN RESTAURATION SCOLAIRE Conseillère Municipale déléguée 21/117 - Lancement des marchés de fourniture de poissons frais, de viandes fraîches et de produits surgelés pour la restauration scolaire et le restaurant municipal. Madame TROTTEIN – Merci, Madame le Maire. Madame le Maire, chers collègues, 88 Hippocrate disait : « Que ton aliment soit ton médicament ». À Lille, nous en faisons notre philosophie et mettons en avant des produits de qualité, issus, tant que faire se peut, de l’agriculture raisonnée, durable et biologique. C’est par cette introduction que je souhaitais démarrer mon intervention à propos des délibérations présentées et soumises au vote du Conseil. L’une porte sur le lancement des marchés de fourniture de poissons frais, de viandes fraîches et de produits surgelés et l’autre est liée au marché d’exploitation de la cuisine centrale. Pour la première délibération, donc, l’augmentation des budgets prévue est étroitement liée à l’utilisation de plus en plus fréquente de produits frais, notamment la viande et le poisson, dans la restauration scolaire. Il apparaît nécessaire, donc, d’augmenter le plafond du nouveau marché à lancer au-delà de 1 M€. Ces délibérations sont purement techniques, mais dans le cadre de leur présentation, je vais, chers collègues, rappeler quelques chiffres, ayant déjà été questionnée à plusieurs reprises, tant la santé de nos enfants et la prise en compte de l’environnement sont des enjeux, tant les objectifs que nous nous donnons sont ambitieux. La restauration scolaire, ce sont plus de 14 000 repas cuisinés chaque jour, avec cet objectif d’atteindre les 100 % de produits bio et locaux d’ici 2026. Nous l’avons vu lors de la présentation du budget primitif, nous maintiendrons la tarification sociale pour les familles et, dans le même temps, nous augmentons le budget bio de 100 k€ pour cette année. On peut toutefois noter que sur le bio, nous sommes passés de 24 % en 2019 à 40 % en 2020, ce qui représentait une dépense alors de 435 k€, maintenue dans un contexte difficile pourtant, lié aux difficultés sanitaires que nous connaissons tous, et même après le mois de mai, tout en sachant que bien des enfants n’avaient pas, à cette époque-là, repris le chemin de l’école. Ces 100 k€ supplémentaires vont nous permettre encore d’augmenter ce volume. D’ores et déjà, nous proposons aussi aux enfants deux repas végétariens par semaine, et si l’on considère uniquement les quatre jours de classe de la semaine, la viande leur est proposée 1,5 fois, mais c’est aussi un choix : le choix que de proposer de la viande à des écoliers qui n’ont peut-être pas la possibilité d’en avoir chez eux. C’est notre réflexion, même si, lors de la présentation du budget climat que nous avons pu entendre dans les différentes commissions la semaine dernière, nous avions l’occasion de voir ou de revoir que le bœuf était noté comme étant un élément défavorable à notre budget, celui du climat, bien entendu. Ces réflexions nous amènent à des choix. Oui, l’alimentation de l’enfant joue un rôle capital dans sa croissance et sa santé, il lui faut une alimentation variée et équilibrée, dotée des nutriments essentiels. C’est la période où les habitudes alimentaires s’installent, le goût se forme pendant l’enfance et relève de l’apprentissage. Pour continuer, permettez-moi quelques mots sur la cuisine centrale et la délibération 21/118. Il s’agit d’un équipement présentant une complexité technique remarquable, notamment par son système de refroidissement, le coulis de glace. Il est doté de matériel également complexe pour la production de repas, parce que la cuisine dispose de nombreux équipements de cuisson (cuiseurs à féculent, fours, sauteuses, 89 marmites…), un ensemble d’équipements de conditionnement également très techniques qui nécessitent une attention particulière par un prestataire de qualité. Le présent projet de délibération a pour objet de demander au Conseil Municipal l’autorisation de signature du prochain marché pour la cuisine centrale. Je reste bien évidemment à votre disposition pour échanger avec vous sur tous ces sujets. Je vous remercie de votre écoute et j’ai fait moins de 5 minutes. Madame le Maire – Bravo Karine, et merci. Xavier BONNET. Monsieur BONNET – Madame le Maire, ma chère collègue Karine TROTTEIN, mes chers collègues, Le groupe Lille Verte se réjouit de la part croissante de l’alimentation bio dans la restauration collective de la Ville de Lille et des communes associées, avec une satisfaction supplémentaire : les plats végétariens bénéficiant du critère vert foncé, très favorables au budget climatique, plats végétariens largement encouragés par les écologistes, confirmant ainsi le bon sens de cette proposition pour limiter à notre échelle notre impact sur le climat. L’enjeu du bien manger, respectueux du vivant et accessible pour tous et toutes, comme vous le savez, nous est crucial. Nous voterons, bien évidemment, cette délibération avec une vigilance certaine quant à la réalisation de cet objectif que nous corrélons avec le budget prévu à sa réalisation. D’après le budget primitif, ce sont certes 100 k€ de plus par rapport à 2020 qui seront investis cette année pour développer l’alimentation bio dans la restauration collective, mais n’oublions pas que les 435 k€ alloués dans le budget primitif concernent dans les faits deux lignes complémentaires, d’un montant sensiblement équivalent, mais distinctes : le bio et le local, la loi EGalim nous fixant les objectifs. Les calculs réalisés lors du mandat précédent restent toujours d’actualité. Si l’on souhaite avoir une chance d’atteindre le 100 % bio avec un budget 2020 propre au bio d’environ 220 k€, et donc une perspective de 320 k€ pour cette année, il faut largement maintenir et encourager la dynamique insufflée par Michel IFRI pour parvenir à un budget nécessaire se situant dans une fourchette de 600 à 700 k€. Alors, bien sûr, nous saluons cette augmentation mais tout en restant attentifs à ce que la Ville mette en œuvre les moyens utiles pour relever ce défi. Mais c’est aussi l’occasion de vous réinterroger sur l’engagement de l’abandon de l’utilisation du plastique dans la restauration collective, sujet non abouti. Merci. 90 Madame le Maire – Abouti, sauf pour le réchauffage des plats, parce qu’on teste toujours. Madame SPILLEBOUT. Madame SPILLEBOUT – Madame le Maire, chers collègues, Au 1er janvier 2022, les cantines devront servir au moins 50 % de produits de qualité durable, dont au moins 20 % de bio. Alors qu’une commune sur cinq respecte déjà ces quotas de la loi EGalim et que vous vous présentez toujours comme les meilleurs élèves en matière de bien manger, nous avons appris en commission que Lille n’était en fait pas encore au rendez-vous. Ce soir, vous présentez à notre vote l’autorisation de lancer les marchés – près de 3 M€ par an pendant quatre ans – de poissons, viandes et produits surgelés, mais rien dans le texte ne nous garantit que nous serons bien aux attendus de la loi. À l’horizon 2026, dans cinq ans, c’est vraiment 100 % de produits bio et locaux que vous avez promis aux électeurs, mais sans rien dire du chemin que vous comptez prendre pour y arriver. Pas un mot, dans cette courte délibération, sur votre stratégie d’approvisionnement ou sur ce que vous entendez corriger en priorité. « Ce n’est pas toujours facile de s’approvisionner en grande quantité », aviez-vous répondu à Green Peace, qui estimait, fin 2019, qu’à Lille, il faut travailler davantage la qualité des repas. Acheter bio et local pour 14 000 repas par jour ne va pas être une mince affaire, alors pourquoi une délibération aussi pauvre ? Les projets d’alimentation territoriaux – il en existe à l’échelle de la MEL – doivent pouvoir normalement faire émerger autour des cantines des solutions plus responsables et devenir au passage des moteurs économiques. Recenser les producteurs, faire ouvrir les ateliers, une légumerie, une conserverie, des coopératives, c’est indispensable pour pouvoir acheter mieux pour nos cantines et atteindre nos objectifs. Voilà, en responsabilité, ce dont nous devrions être en train de débattre ce soir. Pour une Ville qui annonce vouloir « renverser la table » en 2026 en passant au tout bio, tout local, plus ambitieux encore que Lyon, qui vise le 100 % bio dont 50 % de très local – c’est déjà un défi immense –, nous attendions plus pour voter quatre années de dépenses publiques d’achats alimentaires. Nous allons néanmoins, comme nos collègues, voter cette délibération, afin d’envoyer un signal de confiance aux services de la Mairie, qui ont certainement déjà bien travaillé le sujet. Nous comptons ce soir sur vos explications quant à la nouvelle stratégie d’approvisionnement, si, comme nous l’espérons, elle est bien, effectivement, en train d’être réinventée. Sans cela, vos promesses risquent d’être vaines. Je vous remercie. Madame le Maire – Alors, Madame SPILLEBOUT, d’abord, nous n’avons jamais dit que nous étions en avance sur le bio et sur le local, et pour une raison extrêmement simple : nous ne sommes pas dans le Gers, où il y a tous les produits autour de nous. Il y a 20 ans, quand on a commencé à en parler, la production essentielle autour de nous était la pomme de terre et la betterave, et tout le travail que 91 j’ai commencé à faire, mais c’est la métropole qui est compétente en la matière, était d’expliquer aux agriculteurs que plutôt que de faire de l’extensif en permanence, ils avaient plutôt intérêt à faire de l’intensif de qualité, plus producteur de valeur ajoutée et de qualité. Ce sujet est poursuivi actuellement, et vous savez certainement que ce n’est pas à nous de faire une stratégie d’approvisionnement. Certes, acheter aux coopératives, acheter aux agriculteurs locaux, c’est ce que nous faisons en permanence, mais ils sont insuffisants en termes de quantité aujourd’hui. Ce travail que j’avais commencé à la MEL est largement poursuivi aujourd’hui. D’ailleurs, Jean-François LEGRAND, qui est le Vice-président chargé de l’agriculture, encore la semaine dernière – et nous participons –, a fait un projet alimentaire territorial pour poursuivre cette production de produits locaux, de produits de qualité et de produits bio, qui, sans elle, ne nous permettra pas de répondre à notre volonté et à la question posée, mais les agriculteurs eux-mêmes se rendent compte de cette nécessité peu à peu, et j’espère bien que dans les années qui viennent – il y a déjà eu une très grande évolution –, nous arriverons à avoir ces produits bio et ces produits de qualité localement, comme nous le souhaitons. Encore une fois, la compétence est celle de la MEL. Pour nous, l’approvisionnement est déjà auprès des producteurs locaux et auprès des coopératives. C’est aussi ce que nous avons fait pour les paniers alimentaires pendant la pandémie. La légumerie qui n’existe pas aujourd’hui… là aussi, ce n’est pas tout noir ou tout blanc. La cuisine centrale, aujourd’hui, les plus grands chefs de Lille y sont allés pour faire des menus – comme vous le savez – aux cantines de la ville. Ils ont été époustouflés par les équipements, en disant qu’ils n’avaient pas ceux-là ; je vous donnerai des noms, vous pourrez les interroger. Mais il est vrai qu’il manque aujourd’hui une chose : une légumerie. Nous sommes en train de travailler, d’ailleurs, sur deux lieux où nous pourrions en mettre une ; vous aviez soulevé cette question à juste titre. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ! Nous avons une formidable cuisine centrale, nous avons une direction de cette cuisine centrale vraiment extraordinaire, avec des agents mobilisés. On peut encore l’améliorer et la compléter. Maintenant, l’approvisionnement dépend aussi largement de la production qui est faite autour de nous, et nous y travaillons au sein de la MEL et vous pouvez nous aider, d’ailleurs, à presser au sein de la MEL pour que nous allions encore plus vite et encore plus loin. En revanche – et là, je réponds sur ce qui a été dit sur le plastique –, sur le plastique, nous avons été en avance, comme d’ailleurs sur les deux repas végétariens qui nous ont valu de recevoir l’écharpe verte de Green Peace, parce qu’il n’y a plus de plastique sur les tables des enfants. Il n’y a plus de plastique non plus dans les produits froids. En revanche, il reste un sujet pour le réchauffement d’un certain nombre de plats, où nous avons testé plusieurs matières. Personne n’a encore trouvé la meilleure matière pour ce faire. C’est quasiment terminé et les enfants ne sont plus en relation avec le plastique, ce qui est quand même extrêmement important. 92 J’ajoute qu’on a un gros travail aussi sur le gâchis : pousser les enfants à manger, au-delà des Semaines du goût que nous faisons ; on ne met plus le pain sur la table au départ, pour que les enfants ne se précipitent pas vers le pain et ne mangent rien à côté. On a, vous le savez, avec les associations, aujourd’hui, des partenariats qui nous permettent que tout ce qui n’a pas été mangé par les enfants puisse être apporté aux associations. Oui, le point sur lequel il nous faut avancer encore aujourd’hui est la production locale et de qualité, mais cela dépend beaucoup des producteurs. Il faut qu’on pousse avec la MEL, comme Jean-François LEGRAND le fait, pour que l’on puisse remplir nos objectifs. Autrement, on pourrait acheter du bio, mais en dehors de chez nous. Or on veut du local, c’est aussi une priorité absolue quand on parle de développement durable. Karine, souhaites-tu ajouter quelques éléments ? Madame TROTTEIN – Non, pas grand-chose par rapport aux éléments que vous avez déjà pu apporter, Madame le Maire. Sur le plastique, on s’attache quand même, depuis la rentrée scolaire, à déjà maintenir le service de restauration. On sait que ce n’est pas facile, qu’il y a beaucoup de préconisations sanitaires qui nous obligent aujourd’hui à nous adapter quasiment au quotidien et à gérer la crise. On a aujourd’hui la possibilité de continuer à permettre aux enfants de la restauration scolaire d’avoir des repas produits par la cuisine centrale. Effectivement, on n’a pas réussi à enrayer le problème de la barquette plastique et de la transmission du repas chaud en direction des cantines scolaires, mais on est sur le sujet et on y travaille. Madame le Maire - Merci beaucoup. Je mets aux voix la délibération. Qui vote pour ? (Unanimité). Adoptée. 21/118 - Marché multitechnique d'exploitation de la cuisine centrale. Adoptée. Madame le Maire - Je passe la parole à Anissa BADERI. 93 Chemise 10 HABITAT DURABLE Rapporteur : Anissa BADERI ET INNOVANT Adjointe au Maire 21/83 - Aides habitat durable et transition écologique - Nouveaux critères d'octroi. (Projection de diapositives) Madame BADERI – Madame le Maire, chers collègues, En introduction, un rapide, très rapide, bilan des primes sur la période 2014- 2019. 813 dossiers à Lille, Hellemmes et Lomme ont bénéficié d’une prime municipale pour un montant total de 4,15 M€, soit un montant moyen de travaux par logement de 35.900 €, pour une subvention moyenne de 5.100 € par logement. L’ensemble des primes municipales éco-conditionnées ont financé des travaux apportant un gain énergétique plus ambitieux que la norme, puisqu’à Lille, nous avons une exigence de 40 % de gain énergétique contre 25 % pour l’ANAH. Nous faisons également le constat que les primes municipales ont permis de réaliser 45 % d’économie d’énergie sur ces logements rénovés. Pourquoi faire évoluer le dispositif des aides de la Ville ? À Lille, Hellemmes et Lomme, le secteur résidentiel émet 24 % des émissions de gaz à effet de serre. Chez les propriétaires occupants, on ne dénombre pas moins de 25 % de logements en étiquette E, F ou G, 42 % dans le parc locatif privé. La Ville de Lille est donc engagée politiquement et financièrement dans la rénovation énergétique et environnementale du secteur résidentiel. Nous avons pour objectif la rénovation de 13 000 logements dans ce mandat, dont 9 500 logements privés ; c’est d’ailleurs 2 000 de plus que le précédent mandat. Notre dispositif d’aides, dont la première prime date de 2003, évolue donc pour soutenir le développement de la massification de la rénovation énergétique, environnementale, et en accroître la performance énergétique. Il nous faut donc poursuivre notre action. La Ville de Lille, en accordant des aides complémentaires à celles de l’ANAH et de la MEL, participe à la réduction du reste à charge des propriétaires, notamment les plus modestes. Bien entendu, le nouveau dispositif proposé vient s’inscrire parfaitement dans la stratégie climat de la Ville, qui a pour cible – vous le savez – l’atteinte de la neutralité carbone d’ici 2050. Il s’inscrit également dans notre politique de lutte contre la précarité énergétique. 94 S’affichent les 10 nouvelles aides proposées. Avec ce nouveau dispositif, nous revoyons à la hausse le montant des aides et le plafond des travaux, nous nous alignons également sur les conditions de ressources établies par l’ANAH. Plusieurs objectifs sont poursuivis à travers ce dispositif : - éliminer les « passoires thermiques » et ainsi lutter contre la précarité énergétique ; - relever le niveau de performance des logements en étiquettes B, C et D ; - inciter les courées à s’engager dans un projet d’ensemble de requalification écologique ; - moduler les aides de la Ville en fonction de la classification énergétique du logement, afin de toujours mieux optimiser les financements publics ; - fixer aux propriétaires bailleurs la condition minimale de respecter l’encadrement des loyers et de ne pas faire porter d’augmentation de loyer aux locataires du fait des travaux. Ces aides viennent compléter le panel d’aides que la Ville de Lille a mises en place en faveur de l’habitat performant, avec les primes « végétalisation de façade » et « locaux vélos ». Ces aides ont vocation à être évaluées dans un délai de deux ans. Cette évaluation permettra d’adapter si besoin le dispositif pour atteindre une efficience optimale des financements accordés. Rapidement, trois simulations pour rendre concrets les effets de ces nouvelles aides. Nous conservons une évaluation énergétique du logement basée sur l’énergie primaire. Nous alignerons les travaux et maîtrises d’œuvre éligibles sur ceux de l’ANAH et de la MEL. La Ville se positionnera en aide complémentaire aux autres financeurs, afin de sécuriser financièrement les projets, apporter un soutien aux projets mal financés par d’autres et également éviter les effets d’aubaine ou les situations de surfinancement. Le premier projet est un projet de travaux d’un propriétaire occupant aux revenus très modestes. Nous enregistrons un gain énergétique de 59 %, le logement passe de l’étiquette E à l’étiquette C. Un élément intéressant également est le reste à charge : avec l’ancien dispositif, le reste à charge pour le propriétaire occupant est de 10.250 € ; avec ce nouveau dispositif, il passe à 3.650 €. Le deuxième projet concerne, cette fois-ci, un logement conventionné social. Ce projet permet un gain énergétique de 79 %, passant de l’étiquette G à l’étiquette C. Également une simulation sur le reste à charge : avec l’ancien dispositif, le reste à charge pour le propriétaire est de 18.039 € ; avec le nouveau dispositif, ce reste à charge passe à 13.260 €. Enfin, dernier projet : celui d’une rénovation d’une copropriété. Ici, le gain énergétique est de 45 %, nous passons d’une étiquette E à une étiquette C. Le reste à charge pour la copropriété, sur l’ancien dispositif, est de 2.214 k€ ; avec le nouveau dispositif, nous passons à un reste à charge de 1.796 k€. Voilà sur les différents projets et ces simulations qui mettent en avant la performance de ce nouveau dispositif. 95 En conclusion de cette présentation, j’aimerais saluer le travail très important qui a été fait par le service Habitat pour aboutir à un dispositif d’aides aussi ambitieux qu’efficace. Merci à eux et merci pour votre attention. Madame le Maire – Merci beaucoup, Anissa. Ces délibérations sur les rénovations de l’habitat, sur l’habitat durable et sur l’aide que nous apportons aux citoyens sont extrêmement importantes. Bravo pour avoir préparé ces dossiers, ainsi qu’aux services. Je mets au vote ces dispositifs. Qui vote pour les délibérations d’Anissa BADERI ? (Unanimité). Adoptée. 21/82 - Prime Habitat - Octroi de primes municipales : rénovation de l'habitat, développement durable et ravalement de façades. Adoptée. HABITAT 21/78 - Cité Saint-Maurice - Adhésion de la Ville de Lille à l'Association Syndicale Libre (ASL) de la Cité Saint Maurice au titre des parcelles non bâties. 21/79 - Aides financières pour la production et la réhabilitation de logements sociaux et en accession en Bail Réel Solidaire - Changement de nom du maître d'ouvrage pour l'opération Ex Bourse du travail - Rue Renan. Adoptées. LOGEMENT 21/80 - Subvention Association Départementale d'Information sur le Logement (ADIL) 2020 - Modification du montant. 21/81 - Convention relative aux modalités d'accès aux données du portail cartographique métropolitain des logements locatifs sociaux. Adoptées. LUTTE CONTRE L'HABITAT INDIGNE ET VACANT 21/84 - Convention entre la Métropole européenne de Lille et la Ville pour la mise en œuvre des outils de lutte contre l'habitat indigne [Déclaration de Mise en Location (DML) et Autorisation Préalable aux travaux de Division de locaux (APD)] - Prolongation de durée - Avenant n° 1 à la convention. 96 21/85 - Lutte contre la vacance - Commune associée d'Hellemmes - Parcelle 298AN313 sise 106 rue Dordin - Déclaration de l'état d'abandon manifeste - Poursuite de la procédure d'expropriation pour utilité publique. Adoptées. Madame le Maire – Je vous remercie. Estelle RODES. Chemise 14 NOUVEAU PROGRAMME NATIONAL Rapporteur : Estelle RODES DE RENOUVELLEMENT URBAIN Adjointe au Maire 21/90 - Contrat de Ville - Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) - Convention pluriannuelle des projets de renouvellement urbain de la Métropole Européenne de Lille. Madame RODES – Merci, Madame le Maire. Mes chers collègues, Je suis très heureuse d’être à nouveau devant vous ce soir pour vous présenter la suite du renouvellement urbain, puisque nous avions eu plaisir l’année dernière d’acter les financements pour le secteur Concorde et le secteur de Lille-Sud, aujourd’hui, nous actons les financements sur les deux autres secteurs en renouvellement urbain : celui de la Pointe des Bois-Blancs et celui des quartiers anciens. (Projection de diapositives) Je vous le disais, le renouvellement urbain (NPNRU) se situe sur cinq quartiers à Lille : Concorde et Lille-Sud que nous avons conventionnés l’année dernière, les quartiers anciens sur Wazemmes et Moulins que nous conventionnerons cette année et la Pointe des Bois-Blancs que nous conventionnons également cette année. L’intégralité des financements assurés dans ces conventions représente un peu plus de 400 M€ d’investissement public. Cet investissement est fait de plein de partenaires, parce que c’est cela aussi, dans le projet de renouvellement urbain, il s’agit de convaincre l’ensemble des partenaires pour se réunir et se mettre au pied de nos quartiers qui ont besoin de ce renouvellement urbain pour financer tous ces changements. Je vais maintenant vous présenter un tout petit peu plus précisément le secteur de la Pointe des Bois-Blancs et ce que l’on souhaite faire sur ce quartier. Vous voyez en pointillé ce magnifique morceau du très beau quartier de mon voisin, Akim OURAL, 97 qui me souffle cette remarque. Excusez-moi, il me perturbe pendant ma présentation, donc je suis obligée de vous le dire. Sur le secteur de la Pointe des Bois-Blancs, l’intervention se fait sur la zone en pointillé, qui couvre les Aviateurs, mais aussi le site Montpellier. Notre souhait est vraiment d’intervenir massivement sur le secteur des Aviateurs, où nous avons un parc social particulièrement dégradé, une véritable passoire énergétique, et donc une ambition de devoir transformer ce secteur et réhabiliter très fortement les bâtiments qui seront en partie conservés. Nous allons intervenir sur 7 hectares, y faire un quartier mixte, faire en sorte aussi de lui donner la même qualité environnementale et les mêmes performances que le secteur des Rives de la Haute-Deûle et faire en sorte que toute cette dynamique et toute cette qualité dans la transformation portées par le projet des Rives de la Haute- Deûle bénéficient aussi à ce bout du quartier, relié avec une vraie trame verte jusqu’à Lomme, de cette Pointe, et faire en sorte que l’accès à la Deûle soit agréable de manière aussi douce et cyclable. À l’intérieur du quartier, permettre quand même une perméabilité avec une voie voitures pour desservir les bâtiments, mais aussi et surtout donner toute leur place aux voies douces et ouvrir les équipements, parce qu’on a une école Montessori – on le rappelait dans le budget – qui a bénéficié de travaux et qui va continuer à en bénéficier, l’école de musique est arrivée et l’objectif est de faire des espaces publics généreux au pied de ces équipements pour permettre aux habitants, dès lors qu’ils sortent de ces équipements, de pouvoir se retrouver sur des espaces publics agréables et confortables et avoir plaisir aussi à venir sur cette Pointe des Bois- Blancs où ils ne viennent pas forcément toujours. C’est vraiment un objectif important. Autre objectif, même si, vous le voyez, le Parc des Berges ne figure pas dans le conventionnement dont je vous parle et n’est pas dans ces financements – je pense qu’il est important de vous le dire –, il est quand même inscrit dans la convention et dans l’ensemble des objectifs que l’objectif de ce projet sur la Pointe des Bois-Blancs est de conforter ce Parc des Berges, mais qu’il sera vu et travaillé avec d’autres modes de financement ; Stanislas DENDIEVEL viendra avec plaisir vous présenter tout cela et mènera d’ailleurs, de toute façon, aussi des concertations avec les habitants là-dessus. Concernant la programmation attendue sur cette Pointe de 7 hectares : - une partie des logements seront démolis, parce qu’ils sont de très mauvaise qualité et il s’agit aussi de dégager le parvis devant l’école de musique et l’école Montessori ; - on va aussi requalifier 2 résidences de 113 logements qui sont aujourd’hui de véritables « passoires énergétiques », les mettre dans les conditions actuelles de logement et avec un programme très ambitieux ; - c’est une première en France, on va transformer 58 logements sociaux en logements en accession abordable à la propriété, portés par l’OFS ; ce projet a également été très reconnu par l’ANRU ; - on va diversifier l’offre de logements, pour atteindre sur l’ensemble des 7 hectares 40 % de logements locatifs sociaux, 30 % en accession sociale et 30 % en logement libre. Sur cette Pointe des Bois-Blancs, on a obtenu le droit de construire autant de logements sociaux par la qualité du projet et parce qu’on a pu convaincre vraiment l’ANRU, je le rappelle ; on obtient sur ce secteur, comme sur Concorde, des dérogations par la qualité de nos projets ; sinon, on n’aurait pas pu reconstruire et reconstituer de l’offre sociale. Parmi ces logements sociaux, puisqu’il y a de la réhabilitation, on 98 reste à une tarification très abordable, puisque les choses sont très cadrées dans le cadre de la revalorisation des loyers ; - il y aura des espaces publics généreux – je vous en ai parlé ; - le prolongement de la rue Guynemer ; - la création de locaux en rez-de-chaussée qui permettront d’accueillir notamment des associations du quartier ; - une valorisation du séchoir, sur lequel on fera un vrai travail de concertation pour en voir la programmation qui marquera le patrimoine industriel du quartier. Les prochaines étapes : - à partir de la semaine prochaine, les enquêtes relogement commenceront, avec du porte-à-porte qui commencera dans le quartier, et nous avancerons un peu avec nos partenaires sur le projet urbain ; - 2022 : phase de concertation avec l’ensemble des habitants ; nous travaillerons avec mon collègue Sébastien DUHEM pour remplir tous les objectifs de concertation que nous souhaitons mener sur ce projet ; - 2024 : premières déconstructions. Je vous rappelle que, bien évidemment, l’ensemble des habitants, dans le cadre des relogements, seront accompagnés, comme ils le sont à chaque fois. Pour vous rassurer, puisque vous nous dites tout le temps qu’on martyrise ces habitants, qu’on ne sait pas les reloger, je vous ai juste, ce soir, amené deux chiffres d’habitants que nous avons relogés dans le cadre de Concorde : - par exemple, une femme seule avec deux enfants qui était dans un type 4 de 53 m² à Concorde, payait un loyer de 383 € et avait un reste à vivre de 9,74 € par jour et par personne, est aujourd’hui dans un type 4 de 92 m² – 40 m² supplémentaires –, certes un loyer à 573 € mais un reste à vivre par jour et par personne à 8,99 €, soit moins de 1 € de moins par jour mais pour un doublement de la surface habitable ; - un T3, où on a une femme seule avec un enfant, qui était dans un 49 m², qui payait 381 € de loyer, ce qui lui permettait d’avoir 9,18 € de reste à vivre par jour et par personne et qui, aujourd’hui, est logée dans un 71 m² à 486 € mais pour un reste à vivre qui augmente, à 9,26 € par jour et par personne. Voilà en tout cas pour vous rassurer sur la possibilité de reloger les personnes dans des logements neufs, de qualité, sur la ville de Lille, et on poursuivra cette même qualité d’offre pour les habitants des Bois-Blancs, comme on le fait pour les habitants de Concorde. Le deuxième volet de ce conventionnement concerne les quartiers anciens de Moulins et Wazemmes, où nous allons poursuivre. Nous avions déjà un volet « quartiers anciens » dans l’ANRU précédent, nous poursuivons sur les secteurs de Moulins et Wazemmes, sur des secteurs renforcés. Comme vous pouvez le voir sur la carte, ce n’est pas sur l’intégralité des quartiers mais sur six secteurs précis : - le secteur Iéna Mexico ; - le secteur Jules Guesde ; - le secteur de la rue de Wazemmes ; 99 - le secteur Jacques Febvrier ; - le secteur Douai Thumesnil ; - Plaine Trévise. Une intervention sur du logement potentiellement indigne, mais pas seulement. Les quartiers anciens s’enrichissent aussi de l’enseignement que l’on a tiré de l’ANRU 1, et donc on va aussi intervenir sur des locaux commerciaux et sur de l’espace public, de la création d’espaces verts. Au total, nous recyclerons 518 logements, c’est-à-dire 226 immeubles, 66 locaux commerciaux et nous créerons 205 à 225 logements. Vous me demanderez comment il se fait que nous passions de l’un à l’autre ; c’est parce que ces quartiers ont été victimes d’une très grande division des logements en tout-petits logements qui ne sont pas du tout dignes, et donc on les fusionne pour faire des logements qualitatifs, avec une programmation en sortie de 40 % de logements libres, 30 % de logements en accession abordable et 30 % en locatif social, en substitution, bien évidemment, de l’habitat social de fait, puisque, souvent, l’habitat potentiellement indigne est un habitat social de fait. Les personnes qui vivent aujourd’hui dans ces logements potentiellement indignes seront, bien évidemment, également accompagnées dans le dispositif du relogement ; on prend autant soin de ces personnes, même si elles sont dans de l’habitat privé, que les personnes qui relèvent du logement social à l’heure actuelle. Nous allons donc intervenir sur les espaces publics, plus précisément, à Moulins, sur la place Vanhoenacker, la rue Bergot, la place Jacques Febvrier, le square Diderot et la place Déliot et, à Wazemmes, sur la place de la Solidarité, l’axe Wagram, le square Iéna Mexico et la partie ouest de la rue d’Iéna. Nous allons aussi, dans le cadre de ces quartiers anciens, avoir vraiment une gestion transitoire spécifique, et donc une occupation de tous ces locaux commerciaux le temps de les recycler, essayer de vraiment travailler à une gestion transitoire avec les quartiers et les habitants, et tout un travail de concertation avec l’ensemble des habitants. RELATIONS AVEC LA FONCIÈRE LOGEMENT 21/94 - Lutte contre l'habitat indigne - Convention de Coopération « investissement et Mixité » entre la Métropole Européenne de Lille, la Ville de Lille et l'Association Foncière logement relative aux modalités d'intervention du dispositif Digneo. Madame RODES – Par ailleurs, ce soir, j’ai une autre délibération que je souhaitais vous montrer, dans la poursuite, et pour montrer notre intervention globale sur l’habitat indigne et dégradé. Anissa vous a présenté les différents dispositifs sur l’habitat privé. Digneo est une convention que nous signons avec l’Association Foncière Logement pour permettre de remettre sur le circuit des logements qui auront été traités par la SPLA sur du locatif intermédiaire, l’AFL louant ensuite ces logements à des tarifs bien en deçà des prix du marché, au-dessus, bien évidemment, du logement social – c’est une location intermédiaire. C’est une nouvelle forme d’accession abordable au logement pour les personnes salariées bénéficiant du 1 % logement, qui permet aussi 100 de trouver des débouchés aux logements recyclés dans le cadre de nos interventions sur l’habitat ancien. Dernière petite information, vous le savez, nous sommes toujours à la recherche d’innovation et de poursuite encore dans nos quartiers en renouvellement urbain, on l’a fait sur le secteur Concorde avec le PIA « quartier à santé positive » et on a souhaité aussi, sur les autres secteurs de projets de renouvellement urbain, répondre à l’appel à projets « quartiers fertiles ». On a eu le plaisir, avec la MEL, d’être retenu. Je vous annonce que nous aurons : - des micro-fermes urbaines mobiles sur les quartiers anciens, notamment dans le cadre des occupations transitoires de certains sites ; - une conserverie artisanale professionnelle à Bois-Blancs avec un projet d’insertion ; - une pépinière de quartier à Lille-Sud, jouxtant les jardins partagés sur le secteur Faubourg d’Arras. Vous le savez, cette agriculture urbaine est souvent un outil important pour nous dans nos projets de renouvellement urbain. Merci de votre attention. Madame le Maire - Merci surtout à vous, Madame RODES, parce que là, franchement, je pense qu’en peu de temps, vous nous avez montré quand même des pépites de l’action que vous menez avec les services. Je me permets d’insister ici pour rendre hommage à Estelle et aux services, parce que ce n’était pas évident, dans le cadre actuel de l’ANRU, du NPRU – comme on dit maintenant –, d’avoir ces 400 M€ qui nous permettent de poursuivre l’action de Lille-Sud, qui nous permettent de porter ces formidables projets sur Concorde et sur les Bois-Blancs. Nous étions hier avec Arnaud DESLANDES sur le quartier Faubourg de Béthune, nous avons rencontré plusieurs personnes qui étaient déjà relogées, toutes très contentes, une dame nous disant : « Je n’y crois pas, j’ai été tellement gâtée ». Voilà aussi comment on travaille, en prenant en compte chaque personne, au-delà de l’intérêt du projet. Estelle l’a dit, mais je pense qu’il faut la saluer, parce que c’est bien la qualité de ces projets qui a fait que, exceptionnellement, l’ANRU nous a permis de reconstruire du logement social, tant à Concorde qu’à Bois-Blancs, car la règle de l’ANRU est que l’on déconstruise du logement social pour le mettre ailleurs quand on est aidé par l’ANRU, on ne peut pas en reconstruire sur place. C’était très important pour nous, car nous souhaitions pouvoir garder une part importante de logement social sur ces deux quartiers. Et puis, la rénovation des quartiers anciens, on en parle moins parce que ce n’est pas un grand projet, c’est immeuble par immeuble, place par place, c’est un travail de dentelle qu’il faut faire, et surtout dans des quartiers comme Moulins ou Wazemmes, et là aussi, le travail qui a été réalisé par vous-même et par les services est vraiment d’immense qualité. Je suis désolée que l’on ne parle pas plus longtemps, dans un Conseil comme celui-là, de projets aussi majeurs – et je ne parle même pas de la lutte contre l’habitat insalubre – qui touchent la vie quotidienne des gens, parce que ne pas avoir un toit 101 convenable pour élever ses enfants, ne pas être dans un quartier de mixité plus vert, plus durable, est un vrai sujet, et là, c’est ce qu’on est en train de faire, donc bravo à vous, bravo à tous les services qui ont porté ces projets. Je mets aux voix l’ensemble de ces délibérations. Qui vote pour ? (Unanimité). Adoptées. Je vous en remercie. Madame RODES – Je voulais juste ajouter un petit détail : en même temps, cela a permis de rassurer Monsieur Jérémie CRÉPEL, que j’avais vu s’inquiéter beaucoup sur Twitter du fait que je ne m’occupais plus de Moulins et autres ; j’espère, ce soir, l’avoir fortement rassuré. Madame le Maire - Il sourit derrière son masque… enfin je devine un sourire par les yeux, donc je pense que c’est bon. Merci. 21/92 - Quartier Faubourg de Béthune - Secteur Concorde - Programme d'Investissement d'Avenir - Appel à projets Agriculture urbaine - Subvention aux associations. Adoptée. ACHATS TRANSVERSAUX 21/95 - Association Conseil National des Achats (CNA) - Adhésion de la Ville - Cotisation 2021. 21/96 - Association Centrale d'Achat du Transport Public (CATP) - Adhésion de la Ville - Convention d'adhésion entre la CATP et la Ville. 21/97 - Adhésion de la Ville aux différents dispositifs d'achats groupés par le biais de la centrale d'achats de l'UGAP - Conventions relatives aux dispositifs Electricité, Gaz et Formation. Adoptées. Madame le Maire - Je passe la parole à Pierre POSMYK. 102 Chemise 39 MOBILITES ACTIVES Rapporteur : Pierre POSMYK Conseiller Municipal délégué 21/130 - Subvention à l'Association Droit au Vélo pour sa contribution à la promotion du vélo - Convention entre l'association et la Ville. Monsieur POSMYK – Madame le Maire, chers collègues, La métamorphose paysagère souhaitée pour une ville plus apaisée, durable, nous engage à une forte ambition du développement du vélo pour ce mandat. J’en profite ici en premier lieu pour remercier l’ensemble des services dédiés à la mobilité active pour leur formidable travail sur les communes de Lille, Lomme et Hellemmes. Une récente étude de l’Insee démontre que la voiture reste encore le moyen privilégié des métropolitains, mais pas des Lillois. Concernant les trajets domicile-travail, si pour 2/3 des Français la voiture reste l’outil idéal, moins d’un Lillois sur deux la choisit. Le réseau de transport en commun est plébiscité à 36 %, comme dans l’ensemble des villes où le réseau des transports collectifs est dense, mais bien au-delà de la moyenne nationale à 16 %. La marche à pied, à 12 %, est au double des déplacements à vélo pour se rendre au travail. À noter que suivant le bilan d’Ilévia pour 2019, Lille est la reine du V’Lille, notre ville pesant près de 90 % des utilisations du vélo en libre-service. En parallèle des franchissements à effectuer avec la MEL pour diminuer la part de la voiture au profit du vélo, nous souhaitons permettre de véritables conditions positives pour la pratique du vélo sur notre territoire par la règle du 50/50, le développement d’itinéraires apaisés, de « vélorues », un travail de stationnement de vélos, des triporteurs, une politique cyclable inclusive des enfants, des seniors, une participation citoyenne pour nos projets structurants. À ce sujet, je vous propose la délibération concernant la subvention de l’ADAV pour la contribution de la promotion du vélo. Il s’agit d’un versement de 30 k€ au titre de l’année 2021 pour poursuivre les actions inscrites dans la convention de partenariat conclue en 2020 autour de trois axes que je vous rappelle : - apporter son expertise d’usage ; - participer à la mise en place d’actions de promotion et d’animation autour du vélo ; - participer à la démarche d’éco-mobilité scolaire. (Projection de diapositives) Malgré la situation sanitaire, environ 70 % des missions initiales envisagées ont pu être menées, et notamment : - des séances de marquage vélo à Wazemmes, place Sébastopol et Vanhoenacker ; - des enquêtes de terrain autour des cyclistes fréquentant la rue Solférino ; - la mise en place de rues scolaires en collaboration avec notre collègue Charlotte BRUN pour les rues Guillaume Tell, Fabricy, Duruy et Montesquieu ; 103 - un projet de Pédibus entre les écoles La Briqueterie et Painlevé, quartier Lille-Sud, chère Alexandra. Enfin, le challenge d’écomobilité scolaire : 667 enfants ont participé, une classe de CM2 de l’école Berthelot-Jules Verne – quartier Fives, Sébastien, a remporté le prix de la classe de primaire la plus écomobile au niveau régional et, par conséquent, métropolitain. Une remise de prix a été organisée le 11 décembre dernier en votre présence, Madame le Maire. 21/131 - Mise en service de box à vélos sur le territoire de Lille-Lomme- Hellemmes - Subvention accordée à la Ville dans le cadre du programme Alvéole - Acceptation. Monsieur POSMYK – La seconde délibération concerne l’encaissement de subvention dans le cadre du programme Alvéole pour la mise en services de box à vélos. Pour favoriser la pratique du vélo, il est nécessaire de répondre à la problématique du stationnement au sein de l’habitat individuel. En 2019, le BIP expérimente la solution de box pour 5 vélos en contrepartie de 50 € par vélo et par an. Suite au retour d’expérience favorable, la Ville de Lille a développé un réseau de 55 box sur Lille, Lomme et Hellemmes. Notre volonté politique est d’implanter ces box de façon privilégiée sur des emplacements de stationnement automobile. Un taux d’occupation de 98 % et nous enregistrons à l’échelle des trois communes 1 260 demandes sur liste d’attente. Le coût unitaire est de 6.732 € TTC pour une subvention de 60 % du montant hors taxes, soit plus de 135 k€ qui ont déjà été versés à la Ville de Lille au titre des premières installations. Compte tenu du succès de l’opération – vous voyez sur la diapositive suivante que 78 % des utilisateurs sont satisfaits ou très satisfaits –, le budget prévisionnel 2021 prévoit la fourniture et l’installation de 50 box supplémentaires sur Lille. Un travail est en cours pour élaborer une stratégie de déploiement à l’échelle métropolitaine pour accueillir tous types de vélos. Si nous organisons le stationnement du vélo sur notre territoire, chers collègues, nous favorisons également sa mobilité. La MEL a lancé les études autour de la construction d’un réseau Vélo+, équivalent à notre REV. Un premier atelier a eu lieu autour du concept et de ses objectifs. Le prochain traitera des principes d’aménagement. Nous travaillons dès à présent sur l’intensification de notre réseau cyclable lillois, lommois et hellemmois. Notre ambition est d’anticiper et porter l’accroissement de la présence du vélo sur notre territoire, le favoriser, le sécuriser. L’idée est d’encourager ceux qui utilisent encore une voiture à l’abandonner au profit des mobilités actives. 104 Vous voyez à l’écran le schéma de notre REV et nous aurons l’occasion de le voir intégrer nos projets urbains. Enfin, pour aider à la mobilité active, nous avons démarré concrètement, en lien avec mes collègues Jacques RICHIR et Stanislas DENDIEVEL, la réflexion pour créer notre Maison des mobilités durables. D’une part, nous avons avancé sur les grandes lignes du projet avec l’ADAV, partenaire de cette Maison ; vous avez d’ailleurs piloté, Madame le Maire, le lancement de la réflexion. D’autre part, je peux vous annoncer qu’un lieu concret est arrêté : ce sera à Euralille, hub des mobilités métropolitaines dans les locaux situés sous le viaduc Le Corbusier, qui accueillait l’ex-Maison de l’Architecture et de la Ville, ainsi que l’Ordre des architectes. Avec la SPL Euralille, la MEL et l’ADAV, nous travaillons désormais à la programmation de cette Maison. Une préfiguration sera mise en place pour une ouverture d’ici un an. Notre idée est que cette Maison des mobilités durables puisse comprendre plusieurs services pour encourager les mobilités actives destinées à tous. Alors, Madame le Maire, chers collègues, en route vers la ville apaisée. Je vous remercie. Madame le Maire – Merci beaucoup, Pierre POSMYK. Monsieur LEBAS. Monsieur LEBAS – Madame le Maire, chers collègues, J’interviens sur la délibération de mise en service de ces nouveaux box à vélos et je le fais en lieu et place de ma chère collègue Ingrid BRULANT qui est absente pour raison de santé et à laquelle nous adressons un salut affectueux. En nous proposant la mise en service de nouveaux box vélos, cette délibération a pour objectif de contribuer à développer la pratique du vélo à Lille. Cet objectif, nous le partageons, mais il nous semble que, avant d’ajouter des box de stationnement sur le domaine public pour assurer la sécurité des vélos, il faudrait faire davantage à Lille pour assurer la sécurité des cyclistes. Nous sommes en effet préoccupés par l’insécurité et la discontinuité des parcours cyclistes à Lille. La réalité est qu’aujourd’hui, les Lillois et leurs enfants ne peuvent toujours pas faire de vélo en toute sécurité dans les rues de Lille. Les investissements cyclables obtenus de la MEL se limitent à quelques grands axes traités comme des portions d’autoroute à vélo, sans se préoccuper de la mise en réseau des voies cyclables – hier, l’avenue Kennedy, demain la rue Solférino. Si ces aménagements sont certes nécessaires, ils se font à nos yeux au détriment de la continuité des réseaux cyclables. Pour masquer le manque de pistes cyclables, vous considérez les zones 30 comme une continuité, mais l’aménagement de ces zones n’est pas cohérent avec la réglementation. Je cite d’ailleurs un document d’information de la MEL qui dit que, en zone 30, pour faire respecter la limitation de vitesse, des aménagements tels que des chicanes, des écluses ou des surélévations sont généralement mis en œuvre – « généralement ». 105 La Ville de Lille et la MEL se sont contentées de peinture au sol et de panneaux de police sans que ces aménagements ne fassent ralentir les voitures. C’est la rue Solférino aujourd’hui, c’est la rue de Cambrai où des campagnes de verbalisation confirment un non-respect des limitations de vitesse. C’est la rue Brûle-Maison et d’autres. Franchement, est-ce que nous vous roulons sereinement à vélo sur ces axes ? L’ADAV indique que les zones 30 favorisent la marche et le vélo à condition de réaliser ces aménagements. Il est donc temps de réaliser ces aménagements sur toutes les voies concernées, ne serait-ce qu’avec des aménagements parfois simples et transitoires de réduction des largeurs de voies. Vous aviez envisagé des réflexions sur les « coronapistes », il faut les relancer et demander à la MEL d’accélérer sur ce point. Les élus de notre groupe voteront évidemment cette délibération, mais nous devions vous faire cette alerte pour assurer la sécurité de tous les cyclistes, préalable à un véritable apaisement de la circulation indispensable pour Faire Respirer Lille. Je vous remercie. Madame le Maire – Monsieur POSMYK. Monsieur POSMYK – Je voudrais simplement ajouter que, évidemment, on pense à la sécurité des cyclistes et que, comme je l’ai dit dans mon intervention, on travaille aussi avec les services au dessin de nouvelles pistes et à la sécurisation de celles-ci. Madame le Maire – Merci beaucoup. Vous ne voulez pas de vote séparé sur les délibérations ? Monsieur LEBAS – Non. Madame le Maire – Je mets donc au vote les délibérations de Pierre POSMYK. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptées. Je vous remercie. Marie-Pierre BRESSON. 106 Chemise 8 CULTURE Rapporteur : Marie-Pierre BRESSON Adjointe au Maire 21/53 - Palais des Beaux-Arts - Phase 3 du Projet Scientifique et Culturel dédiée au département du Moyen Âge et de la Renaissance - Autorisation de réalisation de l'opération - Mécénats de la société Unikalo et de l'association La Société des Amis des Musées de Lille. (Projection de diapositives) Madame BRESSON – Compte tenu de l’heure tardive, si vous me le permettez, je vais vous faire rêver un peu. Nous allons partir dans la culture et aller notamment au département du Moyen Âge et de la Renaissance du Palais des Beaux-Arts, puisque le musée réaménage ce département, c’est la phase 3 de son projet scientifique et culturel, après l’Atrium et les plans-reliefs. Je vais donc vous présenter ce projet dont la philosophie consiste à renouveler le rapport des visiteurs avec les collections, un projet qui dure trois ans, avec d’abord le confort des visiteurs, avec des assises, un éclairage qui sera repensé et revu et qui sera évidemment bien plus sobre en consommation, et une bien meilleure lisibilité des cartels avec notamment un travail fait autour d’approches numériques qui seront innovantes pour la contemplation des œuvres du Palais des Beaux-Arts, en l’occurrence 300 œuvres anciennes, des peintures, des sculptures, des objets d’art, mais aussi de l’artisanat, de l’art de l’Europe, de l’Angleterre et de la Slovaquie en passant par l’Espagne et l’Italie, du XIIe au XVIe siècle, avec un parcours en sept salles, parcours qui repense l’accès à ces œuvres et qui permet de comprendre mieux l’ensemble de ces œuvres. Autre élément de ce projet, c’est l’accessibilité des collections, avec un travail qui est fait sur une médiation qui soit à la fois inclusive et universelle, avec notamment des cartels qui seront dédiés aux familles, d’autres qui seront le fait de grands invités, avec donc des niveaux de lecture qui seront différents, des approches numériques très innovantes et immersives afin de favoriser l’accès de tous les publics à ces collections tout à fait remarquables. Il s’agit également d’un projet partenarial puisque plusieurs institutions régionales et nationales sont incluses dans ce projet, avec notamment des dépôts d’œuvres. Je pense par exemple au Musée d’Histoire Naturelle, au service régional d’archéologie ou au Centre Pompidou qui travailleront en partenariat avec le Palais des Beaux-Arts. C’est aussi un projet expérimental. J’évoquais tout à l’heure de nouvelles formes de médiation ; celles-ci seront évaluées pour qu’on arrive à les travailler mieux encore afin de rendre ces formes tout à fait inclusives. 107 L’autre volet est évidemment celui de la durabilité. En effet, cette phase 3 du projet scientifique et culturel du Palais des Beaux-Arts s’articule dans la perspective du plan de développement durable du Palais des Beaux-Arts, avec trois axes de travail : - la réduction de l’impact environnemental du projet, avec une scénographie qui soit à la fois permanente et écoresponsable, avec des composants comme par exemple du bois normé, des composants qui soient sans matériaux nocifs, des peintures biosourcées, des colles sans solvants ; bref, un travail qui est fait sur la qualité des matériaux, - un renouvellement de l’éclairage de ce département, avec notamment un éclairage avec des LED qui vont réduire la consommation des ampoules électriques et améliorer par ailleurs le confort de l’éclairage, - enfin, un souci porté sur la sobriété numérique. En effet, nonobstant le fait que nous disposions de nouveaux dispositifs de médiation, ceux-ci seront le fait d’équipements qui soient adaptés et dont les émissions seront les plus faibles possibles. Enfin, troisième élément, l’objet est de rendre le meilleur service au public. En attendant la réouverture – j’insiste, je parle de la réouverture du département Moyen Âge et Renaissance ; hélas, nous ne connaissons pas encore la réouverture du Palais des Beaux-Arts –, seront présentés une trentaine de chefs-d’œuvre dans une exposition qui leur sera dédiée au premier étage du musée, en préfiguration de ce réaménagement. Nous avons autour de ce projet un triptyque : innovation, durabilité et immersion dans les nouvelles collections, avec un parcours tout à fait admirable, la présentation d’œuvres, comme par exemple « Le Festin d’Hérode » de Donatello qui aura une salle rien que pour lui, dans l’écrin architectural que nous connaissons tous et toutes et que nous espérons pouvoir retrouver bientôt. Adoptée. 21/51 - Subventions aux opérateurs culturels. (Projection de diapositives) Madame BRESSON – Deuxième communication que je tenais à vous faire, adossée à la délibération qui porte sur les subventions aux acteurs culturels, il s’agit de vous expliquer quelle sera la philosophie de la Ville et la programmation que nous imaginons pour Saint-Sauveur, une programmation collaborative. Je tiens à préciser que ce sont des images d’archives. On regrette évidemment de ne plus pouvoir profiter de ce lieu. Cette friche, qui a été créée à l’occasion d’Europe XXL, après la Capitale européenne de la culture, est devenue, nous le savons tous, un lieu majeur de la vie culturelle, très apprécié des Lilloises et des Lillois toutes générations confondues. Notre objet est là d’affirmer encore la gare Saint-Sauveur comme un espace de coopération culturelle qui fédère les initiatives des acteurs lillois et qui favorise les 108 expériences ouvertes aux citoyens. Nous avons donc décidé de repenser l’organisation de la programmation pour affirmer encore davantage son caractère coopératif. Je rappelle que l’animation de Saint-Sauveur s’articule habituellement – vous savez que ce n’est pas le cas en ce moment – autour de : - deux expositions gratuites par an qui sont organisées par Lille 3000 dans la halle B et de grands événements populaires qui sont organisés par la Ville en lien avec des associations locales, comme Emmaüs ou Lille Neige pour les enfants de Lille ; - une programmation culturelle d’avril à novembre, autour d’une quinzaine de week-ends où sont proposées des activités qui sont portées par une structure, une association, un ou une artiste ou des collectifs. Pour l’organisation de chaque week-end, une somme d’un maximum de 20 000 € est dévolue à ces partenaires culturels, charge à eux de construire une programmation dans le cadre de cette enveloppe. Aujourd’hui, ce sont plus de 150 acteurs culturels qui gravitent autour de cette programmation à Saint-Sauveur et de manière informelle. Avec cette programmation collaborative, et d’abord sur les grands week-ends, nous voulons donner un caractère plus formel à cette forme collaborative, avec un triple objectif : - une programmation qui soit diversifiée et qui permette notamment un compagnonnage entre des compagnies plus aguerries et des acteurs culturels plus jeunes, de travailler ensemble et de favoriser l’accès à de nouveaux acteurs culturels ; - favoriser également un renouvellement de la programmation qui s’appuie à la fois sur des priorités thématiques qui seraient clairement identifiées et partagées. On pense notamment au cirque, à la science, au développement durable, à des thèmes ayant trait aux jeunes publics ou encore à la littérature. Nous voulons favoriser aussi des formats d’événements récurrents d’année en année qui permettent aux habitants de mieux identifier l’offre qui leur est proposée à Saint-Sauveur ; - enfin, développer une programmation qui fasse encore davantage écho aux enjeux de société qui nous traversent : la diversité, la parité, l’inclusion, la jeunesse, etc. Il va de soi que Saint-Sauveur participera à la stratégie de la Ville en faveur de la transition écologique et pour la ville bas carbone. Par conséquent, les événements qui y seront organisés tiendront évidemment compte des objectifs de la charte d’écoresponsabilité qui est en cours de finalisation afin de réduire l’empreinte écologique des activités culturelles qui seront proposées à Saint-Sauveur. Tout à l’heure, en présentant le budget, Audrey LINKENHELD et Marion GAUTIER évoquaient cette classification. Nous y travaillerons avec cette nouvelle programmation. Sur la mise en œuvre, ce sera assez simple. Elle s’appuiera sur un appel à projets pour la programmation des week-ends, autour des priorités thématiques que j’évoquais tout à l’heure : le développement durable, le cirque, la science, etc. Cet appel à projets sera diffusé largement aux acteurs culturels pour qu’ils puissent nous faire 109 remonter leurs propositions. Sur le même modèle que ce qui existe pour le budget participatif, les services de la Ville expertiseront les projets reçus, donneront un avis technique sur leur recevabilité pour entrer dans le cadre de cette programmation. Ensuite, un comité de sélection sera chargé de sélectionner les projets culturels qui seront proposés au public. Enfin, la mise en œuvre de ces projets retenus sera réalisée par les équipes de Lille 3000 et celles de la gare Saint-Sauveur. Pour la programmation 2021, en espérant que nous arrivions à programmer et à retrouver le plaisir de nous retrouver à Saint-Sauveur, nous allons nous appuyer sur des acteurs culturels représentatifs de différentes disciplines artistiques pour lancer cette dynamique, avec des personnalités qui ont été choisies à la fois pour leur expertise, pour ce qu’elles savent de la vie culturelle lilloise, mais aussi pour une vision très large de la culture et qui ne se cantonne pas à leur propre activité. La présidence en 2021 sera assurée par Arnaud VAN LANCKER, « Nono », musicien et fondateur de la Compagnie du Tire-Laine – je ne pense pas utile de le présenter. Il sera entouré de Mylène BENOIT pour la danse et la compagnie Contour progressif, Judith PARGAMIN, la directrice du Musée d’Histoire Naturelle, Grégory VANDAËLE, le directeur du Grand Bleu, Emilie DA LAGE, la présidente de l’association Attacafa, Patrick POULAIN pour LaSécu et les arts visuels en particulier, Benoît OLLA, le directeur de l’Aéronef et l’écrivaine Samira EL AICHI. Vous l’aurez remarqué, ce comité est strictement paritaire. Concernant le calendrier, nous travaillons sur une programmation coopérative qui sera mise en place à partir d’avril 2021, c’est en tout cas ce que nous espérons. Je précise néanmoins qu’une partie du site Saint-Sauveur sera fermée cette saison puisque la Ville engage des travaux sur les toitures de la halle B de juin 2021 jusqu’en février 2022, pour que la halle B soit prête à accueillir la nouvelle saison thématique Utopia présentée en 2022. Le comité de sélection se réunira début février pour lancer le premier appel à projets pour cette programmation culturelle 2021. Nous avons évidemment hâte de vous y retrouver toutes et tous. Madame le Maire – Merci beaucoup, Marie-Pierre. Je vais donner la parole à Nathalie SEDOU. Ensuite, Bernard CHARLES présentera les amendements et Vanessa DUHAMEL interviendra après. C’est bien cela ? Monsieur CHARLES – Oui. Madame le Maire – Très bien. Nathalie SEDOU. Madame SEDOU – Parmi les subventions aux opérateurs culturels qu’il nous est proposé d’adopter ce soir, deux concernent Lille 3000. Il s’agit de deux subventions annuelles, dont une concerne – je cite – « le cadre de la réflexion coopérative Saint- Sauveur ». 110 Vous vous en doutez, nous apprécions cette volonté affirmée de travail coopératif à Saint-Sauveur, nous l’avons toujours défendu ici et encore Anne MIKOLAJCZAK l’année dernière. Pour mémoire, Marie-Pierre, tu affirmais déjà le 18 mars 2013 en Conseil Municipal qu’il serait plus pertinent que cette gestion soit le fait d’une coopérative d’acteurs culturels. Huit ans plus tard, nous y voilà. C’est une belle décision. Il serait intéressant d’en savoir plus sur les modalités. Marie-Pierre, tu as commencé à donner des éléments de réponse. Des questions subsistent : Comment Lille 3000 a-t-elle été associée à cette décision qui n’est pas anodine au regard de la baisse induite ? Pour l’appel à projets, est-ce vraiment un mode coopératif qui se met en œuvre ? Nous en sommes donc encore aux questions, mais, sincèrement, nous saluons l’initiative. Elle a cependant quelque chose de l’arbre qui cache la forêt. En effet, l’autre subvention de 1,7 M€, elle, est maintenue à l’identique. Nous avons entendu votre souhait général, Madame la Maire, de maintenir les mêmes montants aux associations cette année. Globalement, nous le comprenons et soutenons, avec bien des réserves dans ce cas précis. En effet, un tel montant devrait être réfléchi avant d’être reconduit de manière quasi automatique. Qu’est censé financer cette subvention de 1,7 M€ ? « Le programme d’activités de l’association permettant la mise en place de la saison Utopia », c’est tout ce que dit la délibération. C’est un peu court. La mise en place, ce n’est pas la réalisation qui sera donc en 2022. Quel est le programme d’activités ? Nous n’en savons rien. C’est un blanc-seing qu’il nous est demandé de voter. Là, je ne fais que citer Stéphane BALY en décembre 2019 au Conseil communautaire. Il s’agissait alors de voter une délibération qui engageait la MEL pour trois ans et, de ce fait, le groupe écologiste avait voté contre. C’est un blanc-seing qu’il nous est encore demandé de voter ce soir. C’est dommage, cet oubli récurrent d’annexer à la délibération la convention d’objectif avec Lille 3000, convention pourtant obligatoire. Quand on regarde les subventions accordées à Lille 3000 depuis dix ans, on constate qu’il a toujours été question, hormis en 2016 – et la subvention fut revue –, de financer des expositions annuelles en plus de la préparation de la grande saison thématique qui a lieu tous les deux ou trois ans. Est-ce le cas avec cette délibération ? Ce n’est pas manifeste. Deux expositions sont annoncées sur le site de Lille 3000 pour 2021, Colors au Tripostal et Textidream à Dubaï pour le pavillon Lille-Europe de l’Exposition universelle. Oui, chers collègues, vous avez bien entendu « Dubaï », assez loin de Lille et pas forcément exemplaire sur le plan du climat. En fait, ce sont des expositions qui étaient prévues en 2020, logiquement reportées en 2021 pour cause de crise sanitaire. Lille 3000 a donc déjà reçu des subventions pour les organiser. 111 Alors, forcément, nous nous interrogeons. 1,7 M€ juste pour préparer la saison Utopia, sans aucune autre précision, ce n’est pas rien. Tous les élus de la Ville devraient être mieux informés des programmes de Lille 3000, des comptes et rapports d’activité des années antérieures avant ce vote. Nos prédécesseurs se sont déjà exprimés sur le manque de clarté du visage des subventions, qui fait écho au rapport de la Chambre régionale des comptes paru en 2018, qui pointait par ailleurs une certaine pratique sur les produits constatés d’avance pas toujours conforme à la réglementation, des écarts entre les budgets prévisionnels et les comptes de résultat, des placements financiers peu justifiés. Rien de très utopique dans tout cela. Il y en a un qui doit se retourner dans sa tombe, c’est René DUMONT, que vous avez cité tout à l’heure, Madame la Maire, en exergue d’une saison Utopia déjà annoncée il y a un an. La délibération ne nous en dit malheureusement pas plus sur cette saison. Mais, puisqu’elle est placée sous les auspices de René DUMONT, grand inspirateur du mouvement écologiste en France, nous espérons au moins qu’elle sera synonyme de frugalité et sobriété heureuse. En attendant, au regard des sommes évoquées, il nous semblerait plus adéquat d’en faire une délibération à part entière, de même d’ailleurs pour l’Opéra, l’Orchestre national de Lille, le Théâtre du Nord. En effet, ces quatre structures représentent 80 % des 9 221 000 € de subventions proposés au vote dans cette délibération, qui concerne en tout 51 opérateurs culturels. Mais c’est un autre sujet… Soyons clairs. Lille 3000 est un acteur culturel qui compte. Cela ne l’exonère pas des obligations auxquelles les autres opérateurs culturels se soumettent. Nous sommes lassés de rappeler l’opacité, les problèmes de gouvernance, les montants injustifiés. Pour conclure, notre groupe demande de dissocier de la délibération globale la subvention de 1,7 M€ destinée à Lille 3000 à laquelle nous nous opposons. Bien entendu, nous votons pour toutes les autres subventions aux opérateurs culturels, y compris la seconde pour Lille 3000. Le soutien à l’ensemble des acteurs est majeur. À l’heure où ils se trouvent dans une situation de désarroi et d’incertitude, attribuer 1,7 M€ à Lille 3000 sans visibilité ne va pas de soi. La subvention aurait mérité d’être révisée pour les raisons exposées ici et comme cela a déjà pu être par le passé. Cela bénéficierait plus directement et avec plus de transparence à d’autres opérateurs culturels aux dimensions plus modestes qui ont besoin de rebondir en cette année si particulière. Je vous remercie de votre attention. Madame le Maire – Bernard CHARLES, pour présenter les amendements. Monsieur CHARLES – Il s’agit de proposer deux amendements au texte de la délibération 21/51 « Subventions aux opérateurs culturels » qui, à chaque Conseil, vient autoriser le versement aux opérateurs culturels. 112 À travers ceux-ci, il s’agit d’insister sur le fait qu’une politique culturelle réussie, au-delà des institutions, des offres, des dispositifs publics, se mesure aussi à la manière dont les initiatives et les acteurs culturels se sentent et sont accompagnés, écoutés, soutenus dans leur liberté de création et de projet. À côté des politiques publiques (grandes institutions culturelles, lieux d’accueil, structures et dispositifs municipaux dédiés, politiques tarifaires, éducatives et de développement des pratiques), la vitalité d’une ville en matière culturelle se mesure à l’émergence, à l’éclosion, au foisonnement et à la pérennité des initiatives et de ses acteurs. La Ville se doit d’être attentive et en permanence dans une posture de partenariat, de dialogue, de bienveillance et de soutien à leur endroit. Amendement n° 1 : Ainsi, dans l’alinéa 4 de la délibération qui disait « Associations, opérateurs artistiques et culturels, artistes du spectacle vivant, de la musique, de la création cinématographique et des arts visuels, auteurs, illustrateurs, éditeurs et libraires participent à la vitalité de la création dans notre ville » ; nous proposons de supprimer « participent à la vitalité de la création dans notre ville » et de continuer ainsi : « sont l’âme et le tissu de la création, de sa liberté dans notre ville. Leur vitalité, dans leur diversité, est en fin de compte le baromètre de la réussite d’une politique culturelle fertile ». Amendement n° 2 : Au 8ème alinéa, il s’agit de compléter cet alinéa qui commençait par « La Ville de Lille entend poursuivre le développement de sa politique culturelle à travers : le soutien aux artistes et à la création à travers les grandes institutions (musées, opéra, orchestre, scènes de musique et de spectacle vivant), relayé par des équipements municipaux pluridisciplinaires et un tissu associatif dynamique ». Il s’agit à ce moment-là de compléter par : « dont le développement et la pérennité doivent être accompagnés et favorisés ». Je vous remercie. Madame le Maire – Merci. Madame DUHAMEL. Madame DUHAMEL – Madame le Maire, chers collègues, La délibération qui nous est soumise rappelle en préambule les objectifs culturels de notre commune, parmi lesquels une politique en faveur de la culture durable, qui implique que celle jusqu’alors conduite ait été précaire et provisoire. Qu’est à vos yeux une politique durable ? En quoi diffère-t-elle des politiques culturelles menées par les équipes précédentes ? Nous n’avons pu le cerner avec certitude. S’agit-il de conduire des actions culturelles au long cours et non plus ponctuelles, d’impliquer nos concitoyens pour pérenniser vos actions ou d’ancrer durablement l’action culturelle dans les quartiers jusqu’alors délaissés ? Nous l’ignorons. 113 Faute de cerner avec précision le nouvel esprit qui vous anime, nous en sommes réduits à juger des effets durables de l’ancien : - la fermeture de structures culturelles historiques de Lille ces dernières années (Nasdac en 2018, le Biplan en 2019, les expositions de la Maison de la photographie en 2020), sans compter celles qui sont au bord de la faillite comme les cabarets et les bars musicaux ; - la fragilité de nombre d’autres structures culturelles qui doutent de leur avenir et ne voient le soutien avisé pluriannuel annoncé traduit par aucune convention sécurisante, ni emploi pérennisé, telles que la Malterie, le Tire- Laine, parmi les plus connues, et d’autres encore dans tous nos quartiers ; - plus généralement, l’absence d’engagement fort de notre commune sur le développement durable dans les conventions avec les acteurs culturels de la ville qui feraient la promotion de modèles culturels coopératifs, de gestes écoresponsables, certes plus nombreux qu’auparavant, mais tardant à être généralisés, ou encore d’inclusion sociale. Certes, nous ne pouvons que nous réjouir de constater la reconduction à l’identique pour l’année 2021 de la plupart des subventions accordées en 2020, permettant d’assurer la survie de certaines de ces structures, acteurs, associations durement et profondément touchés par la crise sanitaire. Cependant, l’architecture même des budgets culturels demeure le témoignage d’une politique durablement centrée sur les grands événements et sur les grosses structures. Nous ne demandons évidemment pas de réduire le financement public des grandes institutions culturelles, mais plutôt de s’atteler à ce que les autres financements correspondent à leur dimension métropolitaine et régionale. Le quart du budget global pour Lille 3000 qui impose sa ligne éditoriale aux structures qui sont dans l’obligation d’y répondre si elles veulent être financées, cela n’est pas acceptable quand seulement 13 % des subventions sont destinées aux projets initiés par les autres associations culturelles. Parmi les grands bénéficiaires de la prodigalité durable donc, Lille 3000 absorbe le quart du budget global, alors même que sa subvention annuelle est réduite de 100.000 € en 2021. Je rappelle à cette occasion que Lille 3000 a bénéficié des aides de l’État pour l’activité partielle, des fonds de solidarité divers liés à la crise et, je le suppose, de la remise des loyers municipaux. Que sont devenues les sommes versées par notre commune au titre de l’année 2020 en l’absence d’événements ? Comment ne pas songer aux millions d’euros de trésorerie placés dans l’immobilier, énoncés par la Chambre régionale des comptes en 2019 ? Ce durable bas de laine a-t-il vu grossir encore sa pelote ? Ce contraste, chaque jour plus saisissant, entre le coût et l’activité ne peut conduire notre groupe qu’à réitérer sa demande d’audit indépendant après le rapport accablant de la Chambre régionale des comptes sur Lille 3000 dans l’espoir qu’il soit mis un terme aux dérives constatées et que les fonds ainsi économisés bénéficient durablement au tissu artistique et culturel de notre ville. 114 Bien avant la crise sanitaire, notre groupe avait déjà émis des propositions concrètes en suggérant de fixer une règle de limitation et de non-cumul des salaires des dirigeants pour les structures financées par la Ville et le reversement des sommes ainsi écrêtées, ainsi que des 4 M€ de trésorerie excédentaire de Lille 3000, à un fonds de soutien aux associations socioculturelles lilloises. Sur les 50 petites associations, à supposer qu’il en existe de petites, qui ont sollicité un soutien municipal en 2021, ce sont 178 000 € qui n’ont pas été accordés. Je songe à Artconnexion dans le Vieux-Lille, au Cirque du bout du monde à Moulins, à Flonflons à Wazemmes, à Baze d’Atome à Lille-Sud ou encore à l’Harmonie de Lille- Centre ; sans oublier la Maison de la photographie de Fives qui établit et soumet son dossier chaque année et voit sa demande de subvention durablement omise des débats en commission comme en notre Conseil. À nos yeux, ces choix culturels relèvent de l’iniquité, de l’indifférence à nos quartiers, à tous ces acteurs culturels qui ont plus que jamais besoin de ce soutien. Et si j’osais, Madame le Maire, j’irais jusqu’à penser que, peut-être, vous n’aimez pas beaucoup les artistes, à l’exception sans doute de tel ou tel artiste contemporain, et, qui sait même, peut-être pas le visage qu’ils dessinent sans vous et souvent malgré vous de l’avenir de notre ville. Une politique culturelle ambitieuse et durable passerait à nos yeux par la remise à plat du modèle quasi-monopolistique de Lille 3000, un plan de sauvetage de toutes les associations et lieux culturels fragilisés avant même la crise sanitaire et leur accompagnement vers le numérique, le collaboratif et l’innovation culturelle et sociale. Nous voterons donc pour la subvention aux opérateurs culturels, mais contre les deux délibérations à Lille 3000. Je vous remercie. Madame le Maire – Merci. Marie-Pierre BRESSON. Madame BRESSON – Je vais répondre dans l’ordre inverse de ce qui a été proposé. Madame DUHAMEL, vous avez une conception du terme « durable » assez confuse. Vous dites que la Ville est durablement engagée dans une série d’opérations et, d’un autre côté, vous vous posez la question de savoir si, par « durable », on entend une culture qui serait engagée sur des questions écologiques. Eh bien, je vais vous répondre qu’il s’agit des deux. En effet, lorsque nous évoquons aujourd’hui l’ambition qui est la nôtre de faire en sorte que Lille, après avoir été Capitale européenne de la culture, devienne Capitale européenne de la culture durable, nous sommes bien dans cette acception-là, c’est-à-dire de faire en sorte que les pratiques culturelles que nous avons avec l’ensemble des opérateurs qui sont soutenus par la Ville et qui sont correctement soutenus par la Ville de Lille, sans que ce soutien ne soit démenti, s’engagent en effet dans cette voie de la durabilité au sens 115 écologique du terme, au sens de la transition écologique, au sens qu’évoquaient Audrey LINKENHELD et Marion GAUTIER tout à l’heure dans la question du budget climatique, avec la volonté d’affirmer à la fois le soutien aux acteurs culturels, le fait que l’empreinte écologique de l’activité culturelle de la Ville soit réduite, mais que, en même temps, nous ayons une attention absolue portée au caractère d’inclusion sociale que constitue la culture. Voici donc des éléments de réponse à votre première question. Les exemples que vous citez sont absolument mal choisis. Vous dites qu’Artconnexion a eu moins. Non, nous avons augmenté la subvention à Artconnexion pour le travail que fait cette association. La compagnie du Tire-Laine a été à maintes reprises sollicitée par la Ville, je pense notamment à la braderie des commerçants ou, cet été, pour Voyage, Voyages. Les exemples que vous citez sont mal renseignés. Quant à la question que vous évoquez à propos de la subvention pour Lille 3000, je vous rappelle, s’il était nécessaire – mais je pense que vous l’avez déjà largement entendu –, que cette subvention est destinée à préparer une saison culturelle dont l’objet est précisément d’interroger ce rapport que nous entretenons entre l’homme et la nature, entre la ville et la nature, avec cette dimension qu’énonçait René DUMONT dans « L’utopie ou la mort », qui est de dire que, soit nous recréons ce lien avec l’environnement, soit nous mourons. Là, ce n’est pas une utopie, c’est une urgence absolue. Ce sera l’objet de cette saison Utopia. Je le disais tout à l’heure, nous nous intégrons dans une politique d’éco-événements, nous sommes en train de finaliser une charte d’éco-événements et, évidemment, cette saison y répondra, cela va de soi. C’est la première chose. Deuxième chose, vous le savez aussi, les subventions qui sont versées à Lille 3000 dans le cadre de ces saisons sont reversées pour 85 % à l’activité culturelle et aux acteurs culturels. On n’en dénombre pas moins de 150. La semaine dernière était présentée à la MEL une étude qui a été réalisée pour l’observatoire du tourisme de la MEL à propos de la saison Eldorado. Je vous invite à la lire, car vous seriez tout à fait édifiée par le nombre d’acteurs culturels qui étaient engagés sur la saison telle qu’elle s’est déroulée, les 95 communes de la MEL qui se sont engagées dans ce processus. Lille 3000 ne capitalise pas et ne fait pas de promotion immobilière avec les subventions qui lui sont versées ; au contraire, ces subventions sont reversées aux associations. Voilà donc l’essentiel de ce que je voulais vous dire en ce qui concerne les remarques que vous avez faites, Madame DUHAMEL, réponses qui valent aussi, Madame SEDOU, par rapport à vos questions. J’en viens aux amendements proposés par Bernard CHARLES. Vous vous plaignez de la durée du Conseil Municipal et vous nous présentez une série d’amendements qui sont une forme de pléonasme. Nous sommes contents de savoir que la culture est le fait des acteurs culturels. Je pense que, à cette heure tardive, c’est une révélation pour chacun d’entre nous. Je me permets de le dire de manière un peu sèche, mais, vous l’aurez compris, à Lille, la culture est essentielle, de même qu’est essentiel le soutien aux acteurs 116 culturels lillois – je rappelle que, sur les 16 M€ de fonctionnement de la culture, 65 % sont reversés aux acteurs culturels. Est essentiel également le soutien à la création pendant la crise sanitaire – tout à l’heure, Madame le Maire le disait en ouverture de ce Conseil Municipal, les lieux sont fermés au public mais sont ouverts aux compagnies qui sont en train de répéter, je pense notamment au festival Hip Open Dance qui s’est transformé en rencontres professionnelles, parce que c’était autorisé. Est essentielle l’attention portée à tous les acteurs culturels et à toutes les associations – je rappelle que le fonds exceptionnel Covid a été fléché pour 30 % aux acteurs de la culture. Je crois donc que l’on peut dire que, dans cette ville, la culture est essentielle et que nul ici dans cette enceinte ne le conteste. En revanche, Monsieur CHARLES, les amendements que vous présentez me paraissent, pour leur part, assez non essentiels. Madame le Maire – Merci beaucoup, Marie-Pierre BRESSON. Nous allons mettre aux voix les amendements. Les amendements 1 et le 2 sont à peu près pareils, ils nous expliquent que la culture est due aux artistes, ce qui est effectivement une découverte ce soir. Amendement n° 1 : Qui vote pour ? (le groupe Faire Respirer Lille et le groupe Lille Verte) Qui vote contre ? (le groupe Lille en commun, durable et solidaire) Amendement n° 2 : Qui vote pour ? (le groupe Faire Respirer Lille et le groupe Lille Verte) Qui vote contre ? (le groupe Lille en commun, durable et solidaire) Les amendements sont rejetés à la majorité, le groupe Lille en Commun, Durable et Solidaire votant contre. Sur l’ensemble des délibérations sauf les deux délibérations pour Lille 3000 : Qui vote pour ? (Unanimité) Sur la subvention de 1,7 M€ pour la saison Utopia : Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire) Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte et le groupe Faire Respirer Lille) Pour la subvention pour la saison Saint-Sauveur : Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe Lille Verte) Qui vote contre ? (Le groupe Faire Respirer Lille) Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte et le groupe Faire Respirer Lille votant contre. (Marie-Pierre BRESSON ne prend pas part au vote de la délibération. Vanessa DUHAMEL et Bernard CHARLES ne prennent pas part au vote concernant la subvention à l’Opéra.) 117 Madame DUHAMEL, je serais ravie un jour de vous parler de mes goûts culturels. Je ne suppose pas les vôtres et vous seriez peut-être étonnée par les miens. Si vous souhaitez que nous ayons un débat là-dessus, ce sera avec grand plaisir. Il est 11 heures 10. Il nous reste six dossiers. Je vous demande vraiment, parce que cela n’a pas du tout été le cas ce soir pour certains, d’essayer de tenir dans les délais impartis, ce serait vraiment bien, sinon, on sera obligé de couper, ce qui serait dommage. Madame SPILLEBOUT, pour une intervention sur la chemise 9 de Stanislas DENDIEVEL. 21/50 - Sollicitations de prêts d'œuvres auprès des services culturels de la Ville. 21/52 - Versement d'une subvention à l'Institut Français. 21/54 - Palais des Beaux-Arts - Avenant au Contrat de dépôt d'objets archéologiques appartenant à l'Université de Lille. 21/55 - Conservatoire à Rayonnement Régional - Conventions de partenariat avec le Concert d'Astrée et le collège Makeba, l'Ecole Régionale pour Déficients Visuels et l'Université de Lille. 21/56 - Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Exonération et modification de redevance. 21/57 - Equipements culturels en régie directe - Déclaration d'activité d'entrepreneur de spectacles vivants de 1ère, 2ème et 3ème catégories. 21/58 - Régie pour la commande et la réalisation d'œuvres d'art dans les espaces publics lillois - Approbation du compte de gestion du Trésorier Principal pour l'exercice 2020. 21/59 - Régie pour la commande et la réalisation d'œuvres d'art dans les espaces publics lillois - Approbation du compte administratif pour l'exercice 2020. 21/60 - Régie pour la commande et la réalisation d'œuvres d'art dans les espaces publics lillois - Affectation des résultats de l'exercice 2020. 21/61 - Régie pour la commande et la réalisation d'œuvres d'art dans les espaces publics lillois - Adoption du référentiel budgétaire et comptable M57. 118 21/62 - Régie pour la commande et la réalisation d'œuvres d'art dans les espaces publics lillois - Adoption du Budget Primitif 2021. Adoptées. COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE 21/63 - Coopération décentralisée - Attribution de subventions. 21/64 - Coopération décentralisée - Coopération Lille-Naplouse - Projet CITEC-Nablus boulevard - Fonds conjoint franco-palestinien - Acceptation de recette - Fixation des dépenses - Subvention à la Ville de Naplouse. Adoptées. Chemise 9 ACTION FONCIERE Rapporteur : Stanislas DENDIEVEL ET IMMOBILIERE Adjoint au Maire 21/66 - Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Tous quartiers - Exonération de loyers pour les commerçants hébergés dans des locaux appartenant à la Ville. Madame SPILLEBOUT – Madame le Maire, chers collègues, Au moment où la Ville repousse ses votes de subvention aux associations de commerçants déchirées par des procédures judiciaires internes et une gouvernance à l’arrêt, à l’heure où nombre d’enseignes, petites comme grandes, ferment ou déposent le bilan, nous souhaitons vous interpeller sur les bonnes initiatives qui existent pas si loin de nous et vous faire une proposition ce soir, ce qui fait partie de l’ADN du collectif Faire Respirer Lille que nous représentons. Au dernier Conseil, vous l’avez rappelé, nous vous proposions une légumerie pour la cantine et une révision profonde du modèle économique des redevances des deux parkings souterrains. Ce soir, c’est une proposition de soutien aux commerçants et aux entreprises que nous vous présentons, en nous appuyant sur l’exonération proposée au vote ce soir pour les locaux municipaux. Vous le savez, dans cette crise, les conséquences pour l’économie de notre ville seront très fortes, avec une baisse évaluée entre 30 et 60 % de chiffre d’affaires pour 2020 puis 2021. L’impact sera terrible au sein d’une ville qui compte beaucoup de commerces indépendants et de petits entrepreneurs. Pour nous, le rôle du maire est à la fois de gérer la crise actuelle, mais aussi de préparer un plan de réanimation de ces commerces et de ces entreprises. Il faut un plan d’envergure avec un budget dédié pour aider les entrepreneurs, commerçants et artisans à remonter la pente. 119 À Arras, les commerçants sont exonérés des redevances d’occupation du domaine public pour 2020, que ce soit pour les terrasses, les chevalets, les taxes diverses et la taxe locale sur les enseignes et publicités extérieures. Lille a fait des efforts, mais est un peu moins généreuse. À Arras, pour les marchés de plein air, a été mise en place une exonération des droits des commerçants non sédentaires. La même chose a d’ailleurs été faite à Lille. Je vous pose donc une question, Madame le Maire. Est-ce que toutes ces exonérations seront poursuivies en 2021 et sur combien de mois au moment où la reprise n’est pas au rendez-vous et où les besoins sont encore plus prégnants qu’il y a quelques mois ? Mais à Arras, ils sont allés beaucoup plus loin et s’adressent à toutes les entreprises. La Métropole a ouvert, en plus de tous ces dispositifs, une plate-forme de demandes d’aide aux loyers des entreprises. Les entreprises louant un local peuvent déposer en ligne leur dossier et avoir une subvention en faveur d’une baisse durable de leur loyer. C’est un dispositif innovant qui permet aux entreprises de faire face plus facilement à leurs échéances de loyer et d’engager un dialogue locataire-propriétaire pour baisser durablement leur montant. Le dispositif permet d’accorder une baisse de 33 % des loyers sur quatre mois, puis d’en réduire pendant 12 mois la charge de 10 %. Nous le savons, le fonds de rebond de la MEL et sa version n° 2 sont de très bons dispositifs, très adaptés, très accessibles, mais ils doivent encore être mieux connus de tous. Nous vous proposons donc ce soir, Madame le Maire, vous qui êtes aussi Vice- présidente à la MEL, d’aller plus loin et de mettre en place, en collaboration avec la MEL, la même aide aux loyers qu’Arras pour les commerces lillois et les entreprises lilloises, en prenant en charge un tiers des loyers et en sollicitant – pourquoi pas – l’aide de l’État pour un tiers des loyers dans le cadre du plan de relance, laissant à la charge du commerçant un tiers des loyers sur quatre mois. Nous sommes d’ailleurs, avec mes collègues, Nicolas LEBAS, moi-même et tous les collègues du groupe Faire Respirer Lille, à votre disposition pour aider à monter ce partenariat innovant, courageux, qui se baserait également sur votre fonction de Vice-présidente à la MEL et sur vos très bonnes relations avec le Président de Région. On sait que, pour ces deux collectivités, le taux de recours au fonds de rebond est particulièrement faible et que beaucoup d’argent est encore disponible. Il faut donc ensemble démultiplier les efforts pour en faire profiter les acteurs qui sont en train de perdre pied. Voilà notre proposition, Madame le Maire, car, comme vous l’avez dit plusieurs fois lors de ce Conseil, nous ne sommes qu’au début d’une crise économique et sociale sans précédent. Je vous remercie. 120 Madame le Maire – La plupart des choses qui ont été faites à Arras, nous les faisons aussi. Je ne reviens pas sur les terrasses, l’occupation du domaine public, les marchés. Ce sont d’ailleurs les sommes les plus importantes que nous avons perdues, puisque nous avons eu 8 M€ de dépenses et 14 M€ de non-rentrées et ces éléments- là ont été parmi les plus importants de non-rentrées. Nous allons évidemment les remettre en place. Jusqu’à quand ? Je ne peux pas vous le dire puisque nous attendons de savoir quand la crise va se terminer et quand tous les commerces vont pouvoir rouvrir. Je pense évidemment surtout aux bars et restaurants qui ne le sont pas aujourd’hui. Vous dites qu’Arras a mis en place une disposition sur les loyers, ce que n’ont pas fait ni la MEL, ni la Région, ni l’État. Or la MEL et la Région ont mis en place – sans doute pas Arras – des aides dans le plan rebond qui a été mis en place par la MEL et qui est important, dont la première fournée a été un peu décevante dans le nombre de commerces et d’artisans qui ont répondu, mais qui s’accélère actuellement de manière importante. Je rappelle que la Ville de Lille a mis en place un service qui aide les commerçants et les artisans à remplir leur dossier, ce qui est tout à fait utile, et chacun reconnaît aujourd’hui qu’il y a une activation des versements par la MEL des sommes réalisées. De la même manière, la Région a mis en place un plan rebond. Cela ne touche pas les loyers, ni dans un cas ni dans l’autre, mais cela apporte quand même quelque chose d’important en matière de trésorerie. J’ajoute – mais je ne devrais pas le dire, c’est le gouvernement que vous défendez – que les PGE qui ont été mis en place, ces prêts qui ont été accordés aux entreprises et dont l’État souhaite repousser l’échéance de remboursement, ont été d’une très grande utilité. Je rappelle que les loyers d’un commerce à Lille ne sont pas exactement du même niveau ni d’Arras, ni même d’autres villes de la métropole – et c’est ce qui est difficile dans une métropole. Quand nous avions discuté pendant tout l’été avec le Président CASTELAIN sur le plan de relance et le plan de rebond, c’était un des sujets qui étaient sur la table, puisque ce n’est pas nous qui pourrions le faire, mais c’est lui et la Région, puisque, en fait, les loyers sont tellement différents qu’il était très difficile de prendre cette mesure, même si l’on sait aujourd’hui que c’est un des points majeurs pour les commerçants qui ne sont pas propriétaires. Sachez quand même que, avec Franck HANOH, nous avions pris notre bâton de pèlerin, avec très peu de succès, il faut bien le dire, nous avions appelé tous les grands propriétaires de commerces à Lille. Quelques-uns ont accepté de réduire, voire de supprimer les loyers, quelques-uns seulement et c’est vrai qu’il n’y a pas eu d’autres solutions. En tout cas, nous sommes et nous continuerons à être auprès des commerçants. Nous travaillons main dans la main avec la MEL sur ces sujets. D’ailleurs, au prochain Conseil, le plan de rebond va être encore complété. En effet, je rappelle que, au départ, il était limité aux plus petites entreprises ; il s’adresse maintenant aux entreprises de moins de 20 salariés et il y a aussi eu une augmentation des fonds. 121 Tout cela ne règle évidemment pas totalement les problèmes des commerçants et nous continuons à être auprès d’eux quotidiennement avec Franck HANOH. Voilà les réponses que je peux vous apporter. Si vous le voulez bien, je mets aux voix les délibérations de Stanislas DENDIEVEL. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptée. Je vous remercie. 21/67 - Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Tous quartiers - Exonération de loyers et redevances des associations. 21/68 - Quartier Faubourg de Béthune - Ancien Collège Albert Camus rue du Mal Assis - Mise à disposition à l'association Vacances et Familles - Fixation du Tarif. 21/69 - Quartier Faubourg de Béthune - Ancien collège Albert Camus rue du Mal Assis - Mise à disposition à l'association Lille Université Club Echiquier du Nord - Fixation du tarif. 21/70 - Quartier Lille-Sud - Bien situé 21 rue des Mésanges - Acquisition auprès de Madame Cécile DUFOUR. 21/71 - Quartier Lille-Sud - Bien situé 25 rue des Mésanges - Acquisition auprès de Monsieur et Madame GALLAND. 21/72 - Quartier Lille-Moulins - Site Crespel Tilloy - Demande d'intervention en maîtrise foncière, portage et démolition auprès de l'Etablissement Public Foncier (EPF) du Nord-Pas-de-Calais. 21/73 - Quartier Saint-Maurice Pellevoisin - Acquisition d'une parcelle auprès de la MEL - Cité Saint-Maurice. 21/74 - Quartier Vauban-Esquermes - Champ de Mars - Echange foncier entre la Ville et l'Etat - Modification de la délibération n° 20/106 du 31 janvier 2020. 21/75 - Quartier Vieux-Lille - Commissariat du Vieux-Lille - Location à l'Etat des locaux situés à la Halle aux Sucres sise 33, avenue du Peuple Belge - Fixation du montant du loyer. Adoptées. 122 URBANISME 21/65 - Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) - ZAC Concorde - Approbation du Programme des Equipements Publics et du dossier de réalisation. Adoptée. ZOO 21/76 - Parc zoologique de Lille - Règlement intérieur. 21/77 Convention pluriannuelle de partenariat entre ZOOALIL et la Ville de Lille. Adoptées. Chemise 12 ACCESSIBILITE Rapporteur : Sylviane DELACROIX Adjointe au Maire 21/89 - Commission communale pour l'accessibilité de la Ville de Lille - Composition. Madame le Maire – Sur la chemise 12 de Sylviane DELACROIX, il s’agit essentiellement de désignations, nous nous sommes mis d’accord entre nous sur ces désignations pour la Commission communale pour l’accessibilité de la Ville de Lille et de la Ville d’Hellemmes. Je ne vais peut-être pas redonner les désignations, je pense que vous en étiez d’accord. Je mets donc aux voix la délibération 21/89. Qui vote pour ? (Unanimité). Adoptée. Je vous remercie. Ensuite, nous passons à la chemise 22, de Marielle RENGOT, et je passe la parole à Madame SPILLEBOUT… Madame SPILLEBOUT – Il y avait une intervention de Vanessa DUHAMEL sur la 21/89 de Sylviane DELACROIX. Madame le Maire – Allez-y alors. On l’a déjà votée mais tant pis… 123 Madame DUHAMEL – Madame le Maire, chers collègues, La délibération qui nous est soumise est, pour moi, l’occasion de rappeler et de commenter quelques chiffres sur lesquels j’appelle l’attention bienveillante des membres de la Commission d’accessibilité de notre commune. Notre ville de 230 000 habitants compte 13 points d’eau potable et 9 toilettes publiques, soit une pour 25 555 vessies. À ces 9 toilettes publiques, s’ajoutent, à en croire le site wcpublics.com, 4 toilettes semi-publiques : gare Lille Flandres, Office de tourisme, le Printemps et Carrefour Euralille. Je concède volontiers à votre Majorité qu’elle s’est emparée du sujet, puisque 3 toilettes publiques sont budgétisées pour l’année 2021, ce qui fera notablement diminuer le ratio pour le ramener à une toilette publique pour 19 166 vessies. Dans une passionnante étude universitaire publiée par la revue « Droit Social », le Professeur Julien DAMON, sociologue spécialiste de la pauvreté, a mis en lumière la triste corrélation entre la volonté de nombreuses villes de chasser les SDF et la démolition des toilettes publiques, ainsi que l’échec patent de ces politiques qui ont conduit l’ensemble de la population à uriner dans les lieux les plus divers. Ainsi nous trouvons-nous dans cette situation invraisemblable, où des communes qui se prétendent éco-responsables font moins bien que les empereurs romains Néron, puis Vespasien, qui, certes, taxaient les latrines au début de notre ère, mais n’en organisaient pas moins la collecte de l’urine écologiquement recyclée par les artisans teinturiers. Rappelons, en outre, pour mémoire, que Paris connut des barils d’aisance à tous les coins de rue dès l’an 1771 ; la capitale comptait alors pourtant déjà 580 000 habitants. Dans cette étude, on relève que partout sont supprimées les latrines publiques, un temps devenues payantes, avant de revenir à la gratuité, mais pour rapidement être éradiquées. Elles disparaissent ainsi des gares, des parcs et jardins et sont inconnues des stations de métropolitain. On sait pourtant qu’outre les habitants, en général, quatre catégories de population en auraient grandement besoin : les SDF – déjà cités –, les touristes, les personnes atteintes de maladie chronique, ainsi que nos anciens, qui doivent y recourir plus fréquemment et qui seront de plus en plus nombreux à mesure que vieillira notre population. En outre, l’une des causes de la disparition des toilettes publiques, le rétrécissement des trottoirs, sera rendue caduque par la généralisation des entraves mises à la circulation automobile. J’ajoute que la volonté municipale de ralentir et piétonniser les trajets ne pourra qu’entraîner un accroissement mécanique de la demande des lieux d’aisance. D’autres communes que la nôtre sont pourtant incontestablement mieux loties, telles que Rennes, dont vous partagez l’étiquette politique, avec 64 toilettes publiques 124 pour 217 000 habitants, soit une pour seulement 3 390 citoyens. On ne sèche pas, pourtant, que la vessie bretonne soit de moindre contenance que la flamande, ni, quoi que l’on puisse en penser, que le Breton soit notablement plus assoiffé. Songeons-y, au rythme que votre Majorité adopte, notre Ville aura rattrapé la capitale bretonne dans à peu près 18 années, 3 mandats municipaux, encore plus, peut- être, que les Lillois ne consentiront à vous accorder. En conclusion, dans son étude, le Professeur DAMON émet une fort intéressante suggestion que je soumets à mon tour à notre assemblée : considérant l’improbabilité de voir réapparaître les toilettes publiques à visage humain, sécurisées, propres et suffisantes en nombre, que nous appelons nous-mêmes de nos vœux, il promeut l’idée de conventions de délégation de service public qui permettraient aux cafetiers de dégager un revenu complémentaire en contrepartie du respect d’une charte assurant le caractère gratuit et réellement public des toilettes contenues dans leur établissement, ainsi que leur accessibilité aux personnes handicapées. À l’heure où nous mesurons précisément combien la fermeture durable des cafés et restaurants réduit l’accès de tous aux commodités, une telle proposition semble prophétique, bien qu’elle ne puisse à elle seule remédier à la criante carence observée, particulièrement en ce qui concerne les heures de nuit. À défaut d’engager rapidement les fonds nécessaires à la réalisation de dizaines de toilettes publiques, c’est cette piste que je suggère à votre majorité d’explorer. Humaine, solidaire, sécurisée, elle coûterait évidemment un peu, mais assurément moins que le nettoiement des lieux publics dégradés par d’incessantes mictions. Elle assurerait, enfin, l’accès de tous aux sanitaires publiques, femmes comprises, qui n’auront connu en la matière de brève égalité qu’avec la fugace expérience des sanisettes dites « Decaux ». Je vous remercie de votre attention, fut-elle contenue. Madame le Maire – Eh bien, nous avons appris beaucoup de choses sur les statistiques sur les toilettes publiques. Je partage l’idée qu’il n’y en a pas suffisamment à Lille, nous avons d’ailleurs quelques projets que nous sommes en train de travailler. Par ailleurs, je relève juste une phrase, parce qu’il ne faut pas exagérer quand même : que les Villes qui suppriment les toilettes publiques virent les SDF. Si vous pouviez convaincre les Villes qui sont tenues par vos amis d’ouvrir des places d’hébergement pour les SDF, cela nous arrangerait beaucoup, parce qu’aujourd’hui, c’est la Ville de Lille qui fait l’effort pour plus de la moitié de la métropole, et cela me paraît aussi important que de mettre des toilettes publiques qu’il y ait des toits, pas seulement pendant l’hiver d’ailleurs, pendant toute l’année. Je mets aux voix les délibérations de Sylviane DELACROIX… Madame DELACROIX – Il y a une chose qui me choque. Madame le Maire – Ce n’est pas sur ta délibération, tu as bien compris, mais tu peux y aller. 125 Madame DELACROIX – Ah, ce n’est pas sur ma délibération ? Je ne comprends pas pourquoi on a parlé de cette question à propos de la délibération 21/89, qui est la délibération sur la Commission Lille ouverte à tous. Madame DUHAMEL – Oui, c’est cela. Madame DELACROIX – C’est bien ce qui a été dit. Utiliser comme prétexte la délibération sur cette Commission, qui est celle de l’accessibilité, de la concertation avec les associations, avec les représentants des personnes en situation de handicap, avec les représentants du monde de la culture, avec les représentants des commerçants pour arriver à ne prendre qu’un léger prisme. C’eût été intéressant, comme l’a demandé tout à l’heure Charlotte, qu’il y ait un travail en Commission. Il n’y a pas eu une question sur cette délibération, et au lieu de prendre un sujet qui nécessite de la hauteur, c’est le petit bout de la lorgnette ; même si c’est un vrai problème, c’est quand même extrêmement réducteur et peu respectueux des questions d’inclusion et d’accessibilité ! (Applaudissements sur les bancs de la Majorité) Madame le Maire – Voilà, Sylviane a tout dit, comme j’ai dit tout à l’heure qu’on aurait aussi aimé avoir des débats sur le logement, sur ce qu’a proposé Anissa BADERI, sur ce qu’a proposé aussi Estelle RODES sur nos quartiers, mais non, on préfère monter des petites opérations ; c’est dommage. Je mets au vote les délibérations de Sylviane DELACROIX. Qui vote pour ? (Unanimité) Je vous remercie. INCLUSION DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP 21/88 - Subventions destinées aux organismes à caractère social - Personnes en situation de handicap. Adoptée. Madame le Maire – Madame SPILLEBOUT, sur la délibération du dossier 22 de Marielle RENGOT. 126 Chemise 22 VIE ASSOCIATIVE Rapporteur : Marielle RENGOT Adjointe au Maire 21/113- Vie associative - Subventions à plusieurs associations - Aide au démarrage. Madame SPILLEBOUT – Juste, Madame le Maire, je me permets de corriger, il ne me semble pas que l’intervention de ma collègue Vanessa DUHAMEL était une petite opération, mais un vrai sujet, à la fois de solidarité, de santé publique, qu’il faut partager… Madame le Maire – C’est un vrai sujet, c’est sûr, mais par rapport à l’accessibilité des personnes handicapées, vous reconnaîtrez que ce n’est pas l’essentiel, mais ce n’est pas grave. Madame SPILLEBOUT – Vous savez que le Conseil Municipal est là aussi pour débattre de l’actualité et que, effectivement, on se rattache aux délibérations qui sont au vote. (Protestations sur les bancs de la Majorité). Comme cela, vous allez voir que je rattache mon intervention aux subventions d’aide au démarrage, mais j’aurais pu aussi choisir une des délibérations de Stanislas DENDIEVEL dans les actions foncières aujourd’hui dans les quartiers ; j’ai choisi l’aide au démarrage. Madame le Maire, chers collègues, Permettez-moi tout d’abord de féliciter les habitants lillois, qui malgré la situation sanitaire, s’engagent dans des actions associatives et citoyennes. La subvention de démarrage n’est pas vraiment attractive en termes de montant, mais elle a le mérite d’exister. Nous rappelons cependant aux habitants qu’ils ne doivent pas s’étonner, malheureusement, si, du jour au lendemain, par la seule décision souveraine de Madame le Maire, leur subvention venait à se stopper net, parce qu’elle ne croit pas au projet, si tant est qu’elle y a cru un jour, parce qu’elle y réfléchit ou parce que quelqu’un d’autre est certainement beaucoup plus responsable. Certaines associations situées dans le sud de la ville ne s’en remettent toujours pas. Eh oui, Madame le Maire, vous vous apercevrez désormais où va mon propos : vers Maisons de mode. Vous savez, ce noyau de boutiques qui va attirer des créateurs, créer une sorte d’effet de propagation. « Situé au Faubourg des Postes, ce quartier autrefois vivant va pouvoir devenir un quartier branché », ce sont vos mots. La même association, qui se retrouve désormais en grande difficulté pour des raisons que j’évoquerai dans quelques instants, mais aussi parce que vous avez décidé, à la Métropole Européenne, de la balayer d’un revers de la main. Un projet soutenu depuis son démarrage, depuis de nombreuses années, par tous les élus de votre Majorité, qui, désormais, n’est plus en odeur de sainteté. La lumière insistante des projecteurs flouée 127 de gros projets structurels, et plutôt que d’intervenir en amont pour travailler des solutions avec les partenaires, qui aurait évité d’assécher à nouveau un acteur du sud de la ville, vous avez préféré simplement retirer vos billes. Cela rappelle une autre décision unilatérale dont nous avons débattu au dernier Conseil ; dont acte. C’est donc une décision pleinement assumée de votre Majorité, vos adjoints à l’économie, au commerce, à l’urbanisme, au quartier de Lille-Sud, qui, désormais, iront justifier auprès des habitants cette décision en disant que la coquille, la fameuse coquille qui devait accompagner le lancement de Lillenium, qui rendrait le quartier « in », qui aurait dû être le regain de vitalité qui manquait à Faubourg des Postes, cette coquille était en fait vide. Nous ne pensons pas que le projet Maisons de mode est vide. Nous pensons d’ailleurs que Roubaix a su trouver l’essence du projet, la philosophie que Lille n’a pas su trouver. Il est incontournable qu’en 10 ans, l’objectif de création d’une nouvelle filière textile/habillement est rempli. La renommée de Maisons de mode dans ce milieu très sélect qu’est la mode est constatée, tant dans les médias spécialisés qu’auprès d’un public averti lors des grands événements annuels tels que « 48 heures de mode ». Bref, une marque est née. La coquille vide, selon moi, est plutôt dans l’accompagnement financier de la Ville pour cette structure, pour l’accompagnement stratégique, partenarial. Qu’avez- vous vraiment fait pour favoriser ce développement depuis quelques années ? Alors que le Faubourg des Modes devait s’inscrire dans un parcours d’attractivité complet et en faire un joyau culturel et innovant, nous avons finalement vu une rue du Faubourg des Modes tout doucement s’étioler, se vider, devenir avec des rideaux fermés, aux côtés d’un grand centre commercial, dont, aujourd’hui, tout le monde s’interroge sur le modèle qu’il représente. L’accompagnement, c’est ce que nous vous demandons aujourd’hui, car au- delà de l’art et du commerce, au-delà de la structure dont nous parlons, il y a des personnes, des acteurs, qui ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés. Vous souhaitez retirer les billes lilloises, laissant la Métropole, la Région et la Ville de Roubaix gérer le futur de la structure, nous voulons cependant vous rappeler que lorsque l’on accompagne un démarrage, on accompagne un développement, et surtout une transition, qui est nécessaire, en pleine crise sanitaire et économique, pour que ne se rajoutent pas des problèmes sur des commerçants qui, aujourd’hui, considéreraient cette rupture comme un couperet net à leur activité. Je vous remercie. Madame le Maire – Madame LINKENHELD. Madame LINKENHELD – Merci, Madame le Maire. On se demandait à quel moment cela arrivait, cette intervention sur Maisons de mode, cette manière de profiter d’une actualité pour revisiter l’histoire ; eh bien, c’est maintenant, donc je vais en profiter pour rappeler la réalité des faits telle qu’elle s’est produite. 128 Pour dire d’abord une première chose : il faut quand même bien exagérer pour essayer de trouver un lien entre des aides au démarrage pour des associations portées par des habitants, émanant d’initiatives citoyennes, et Maisons de mode, qui n’est rien d’autre qu’une initiative d’abord politique, portée par des élus, qui ont cherché le moyen, en effet, de revitaliser un quartier, celui de Lille-Sud et de la rue du Faubourg des Postes. Je ne crois pas que l’on puisse aujourd’hui assimiler le fruit de cette initiative politique à travers plusieurs années qu’est devenue aujourd’hui l’association Maisons de mode à une association d’initiative citoyenne qui aurait une aide au démarrage. Déjà, c’est une première histoire qu’ils nous racontent et ce sont des premiers faits que je voudrais rétablir. Alors, vous avez dit : « Qu’avez-vous fait, Madame le Maire ? » Qu’a-t-elle fait, Madame le Maire ? Madame le Maire, cela fait 15 ans, si ce n’est 20, qu’elle s’intéresse à cette question de la rue du Faubourg des Modes, et je suis bien placée pour le savoir, parce que j’ai eu le plaisir et l’honneur, à l’époque où les premières idées sur la rue du Faubourg des Modes sont arrivées, d’être déjà à ses côtés, pas comme élue, comme simple collaboratrice de cabinet en charge des questions économiques, donc je peux vous dire que je me souviens assez bien du démarrage de ce projet autour de la mode à Lille-Sud, qui, finalement, reposait sur deux idées : la première est que le textile et le Nord est une longue histoire et qu’il serait intéressant de la faire revivre ; la deuxième idée était d’essayer de s’inspirer de ce qui avait pu marcher à New York, où on a reconverti un quartier populaire, celui d’East Village, à travers l’implantation, justement, d’artisans, de créateurs et de designers. Je me souviens très bien de la manière dont Martine AUBRY a dit : « Mais pourquoi on n’essayerait pas de faire la même chose ici, rue du Faubourg des Postes, à Lille-Sud ? » Alors oui, c’est vrai que déjà à l’époque, c’était un sacré défi que d’essayer d’imaginer cela, mais face à la situation, il nous paraissait intéressant de faire ce pari, au risque, éventuellement, de s’y tromper ou de ne pas complètement réussir, mais, en tout cas, de relever ce défi, parce que le quartier de Lille-Sud et les commerçants de Lille-Sud en avaient besoin. De cette idée est né ce qui est devenu, en effet, le Quartier de mode. Ce Quartier de mode est arrivé d’abord en 2004, quand la Métropole européenne de Lille, ou plutôt Lille Métropole Communauté Urbaine à l’époque, a pris la compétence économique et s’est emparée de ce projet. Quartier de mode, c’était d’abord l’idée à Lille-Sud, avec ce Faubourg des Modes, créé en 2007, et puis est arrivé très vite Roubaix, en 2009, et dès le début, pour les porteurs politiques de ce projet, à savoir Martine AUBRY et Pierre de SAINTIGNON, qui l’accompagnait à ce moment-là comme élu sur les questions économiques, il était question de tracer en même temps la route de ce projet à Lille-Sud et à Roubaix, parce que cela faisait sens à Lille-Sud et parce que cela faisait sens à Roubaix, dont chacun sait le lien fort que cette ville a avec le textile. Depuis le début, il était question de maintenir un équilibre, une équité, une collaboration entre les deux projets, et quoi que vous puissiez dire aujourd’hui, il y a eu de réels succès autour de ce projet. Il y en a eu à Lille-Sud, il y en a à Roubaix, de nombreux créateurs ont été accompagnés, des success stories. Vous avez tous en tête Colonel Moutarde, Quentin Carnaille, Julie Meuriss et quelques autres, vous avez tous en tête aussi le succès des Nuits des Soldes au Jardin de Mode, les vide-dressings, les 129 48 heures des Maisons de mode. Parce que derrière ce projet de Quartier de mode, il n’y avait pas seulement l’idée d’encourager des créateurs, de leur mettre le pied à l’étrier, et certains – je viens de les citer – ont parfaitement réussi, il y avait, en effet, l’idée d’animer cette rue du Faubourg des Postes, à travers les quelques boutiques que la MEL y a installées, mais à travers, surtout, ce cœur actif qu’est le Jardin de Mode, dans lequel, je veux le rappeler au passage, il y a eu des investissements publics majeurs faits, pour que ce beau lieu de 1 000 m² puisse exister, pour qu’il puisse accueillir des activités en lien avec le quartier, en lien avec le public, et les différents élus en charge du quartier de Lille-Sud ne pourront pas me contredire sur le nombre d’événements réussis qui ont eu lieu au Jardin de Mode. Alors, évidemment, je l’ai dit, c’était un pari peut-être un peu fou dès le départ, parce qu’à côté de cela, à côté de ce pari de la mode, il y a évidemment la question de la revitalisation des commerces et il y avait l’environnement. On sait que rénover les quartiers anciens dégradés, comme c’est le cas dans une partie de Lille-Sud, mais aussi dans d’autres quartiers – Estelle RODES l’a rappelé tout à l’heure –, ce n’est pas une mince affaire, c’est de la dentelle, cela prend du temps, et on savait qu’à Lille-Sud, cela prendrait du temps. Il est vrai que cela en a pris un peu plus que ce qu’on espérait et que cela n’a sans doute pas eu que des effets positifs sur l’ensemble de ce projet. Nous avions peut-être sous-estimé la réalité de la présence des créateurs dans la rue du Faubourg des Modes, parce que, finalement, les créateurs n’étaient pas tout le temps dans leur boutique, ils étaient parfois en rendez-vous, parfois en déplacement, parfois sur des salons. Tout cela a fait que l’effet d’entraînement auquel on a cru, finalement, n’a pas été complètement au rendez-vous, avec, par ailleurs, ce que vous savez des aléas de la livraison de Lillenium. En tout cas, des réussites, il y en a eu, et il y a eu depuis toujours, depuis le début, depuis 15 ans. Cette volonté que cela se passe bien à Lille et à Roubaix et en même temps, bizarrement, cela a longtemps fonctionné, et puis il y a un moment où cela a moins fonctionné. Ce moment, c’est 2014. Que se passe-t-il en 2014 ? Un changement de municipalité à Roubaix, un nouveau Maire qui, pendant sa campagne électorale, a clairement milité pour le regroupement de l’ensemble du projet sur le seul site de Roubaix pour atteindre une masse critique à Roubaix. Guillaume DELBAR ne s’en est jamais caché, il l’a dit à Roubaix et il a fait en sorte, y compris comme Vice- président à la MEL, que cette équité, cet équilibre recherché depuis longtemps et depuis le début entre Lille-Sud et Roubaix, soit fragilisé, pour ne pas dire rompu. D’ailleurs, Alexandra PISCO, la Directrice de Maisons de mode à l’époque, nous avait alertés sur les perturbations que cela créait, y compris auprès des créateurs auprès desquels on prospectait, qui ne savaient plus vraiment s’il fallait qu’ils aillent à Lille, à Roubaix, si c’était un projet roubaisien ou si c’était un projet métropolitain. Voilà une partie de l’explication de la décision qui a été prise, en effet, récemment. On a assez rapidement senti, à partir de 2014, que les choses prenaient un tournant qui n’était pas celui souhaité précédemment. Ce tournant s’est accéléré avec le changement de gouvernance à la tête de l’association, avec l’arrivée d’un très grand professionnel, le Directeur de l’ESMOD, une école qui est installée à Roubaix, avec ce que cela signifie, évidemment, et donc, petit à petit, les choses se sont recentrées vers Roubaix, et encore une fois, Roubaix a parfaitement sa légitimité dans ce projet. Roubaix, c’est le passé industriel textile, c’est un pôle textile important encore 130 aujourd’hui, avec des grandes écoles, comme l’ESMOD, comme l’ENSAIT, comme l’ESAAT, avec des entreprises qui sont présentes. Simplement, ce n’était pas le projet de départ de se concentrer sur un seul territoire, le projet de départ était d’être sur les deux, et ce projet a été affaibli. On s’en est assez rapidement rendu compte, en particulier Martine AUBRY, qui a continué, évidemment, tout au long de ces années, de suivre cela de près. Y compris dans des manifestations à grand succès, qui, en général, avaient encore lieu à Lille, parce que Lille est quand même un peu plus facile à vendre à l’extérieur pour les journalistes et le monde professionnel que Roubaix – on peut le déplorer, mais c’est la réalité, c’est le nom de Lille qui attire en général –, dans ces grands événements, on a senti assez vite aussi qu’il y en avait surtout pour Roubaix, dans la bouche, en tout cas, de ceux qui, aujourd’hui, sont à la tête de l’association Maisons de mode. Voyant cela, en 2019, la Ville de Lille, par l’intermédiaire en particulier de Martine AUBRY, a dit à l’association qu’il fallait retravailler un plan d’action qui permette de redynamiser le volet lillois de ce projet et pas seulement le volet roubaisien, parce que c’était cela, encore une fois, si j’ose dire, l’ADN de ce projet et la raison pour laquelle la MEL y a contribué financièrement pendant plusieurs années et la raison pour laquelle la Ville de Roubaix et la Ville de Lille y ont contribué aussi. Sauf qu’un an après, et j’en suis témoin puisque j’en étais, en septembre 2020, quand on s’est rendu sur place pour discuter avec l’association de son projet de redynamisation, y compris du volet lillois, on s’est rendu compte que rien n’avait été travaillé ; rien, pas une idée, pas un projet, et cela s’ajoute, évidemment, à l’état des boutiques que connaissent tous ceux qui y passent, à l’inactivité du Jardin de Mode, au-delà du fait qu’il accueille les six incubés, et tant mieux pour eux, mais au-delà de cette incubation, aucune activité ouverte sur le quartier, aucune activité ouverte sur ce quartier populaire, car c’était bien cela aussi l’idée de départ. À un moment donné, quand on voit année après année les choses se déliter, quand on essaye de réorienter et qu’on n’a pas de réponse, je pense que c’est une décision de sagesse et aussi de bonne gestion de l’argent public de décider qu’il vaut mieux y mettre un terme, un terme qui est évidemment bien organisé, et la transition est bien organisée. Evidemment que nous y avons songé avec la Métropole Européenne de Lille, bien sûr que la convention n’est pas renouvelée pour le volet lillois, mais qu’un avenant sera pris pour que ceux qui sont là aujourd’hui puissent tranquillement préparer leur départ vers Roubaix pour l’essentiel s’ils le souhaitent ou vers ailleurs. Évidemment, tout cela est pris en compte, il ne s’agit nullement de fragiliser ceux qui ont leur activité et leur emploi autour du volet lillois du Quartier de Mode, mais en tout cas, pour Lille- Sud, on a besoin d’autre chose, pour la rue du Faubourg des Postes, on a besoin d’autre chose. Il n’est pas acceptable qu’un bâtiment public comme celui du Jardin de Mode soit dans l’état dans lequel il est ; il n’est pas acceptable que 1 000 m² soient exclusivement réservés à six ou huit personnes et ne puissent pas profiter comme avant aux habitants de ce quartier. Donc oui, nous avons pris cette décision un peu douloureuse, parce que c’était un pari auquel on a cru pendant longtemps, et aujourd’hui, on travaille à une proposition alternative. Franck HANOH, Julien PILETTE et quelques autres, Alexandra LECHNER évidemment, sont déjà en train de regarder comment on peut, demain, occuper à nouveau ce Jardin de Mode, avec de l’activité économique, mais avec une activité 131 économique ouverte sur le quartier, et comment on peut, parce que, heureusement, le plan métropolitain de rénovation des quartiers dégradés a, depuis, avancé aussi, redonner à cette rue qui le mérite bien un regard et une activité plus dynamique, comme nous essayons de le faire pour l’ensemble des artères commerçantes de cette ville. Je voulais simplement rétablir ces faits, rétablir les faits par rapport à ce que j’appellerai les raconteurs d’histoires, et puis dire aussi aux donneurs de leçons que s’il était facile de revitaliser des quartiers populaires, je crois que cela se saurait ; il n’y a pas de baguette magique. On peut entendre les regrets, les critiques, il est dommage que l’on n’entende jamais de proposition alternative qui nous dise comment tous ceux qui critiquent verraient la revitalisation de cette belle rue du Faubourg des Postes. Madame le Maire – Merci beaucoup à Audrey LINKENHELD d’avoir rappelé la réalité des choses. Je suis désolée que Guillaume DELBAR ait pris cette position et que, finalement, l’équipe qu’il a nommée ait peu à peu abandonné Lille. Je souhaite vraiment bonne chance à Roubaix. Roubaix a une légitimité, d’ailleurs même plus grande que Lille, à avoir ce Faubourg des Modes. Tant que nous nous en occupions, il y avait un équilibre des deux côtés et nous nous en réjouissons. On n’en veut plus ; eh bien, on en tire les conséquences. Audrey a raison de dire que, au-delà de nos regrets, c’est la bonne utilisation de l’argent public qui est en cause. Je mets maintenant aux voix les délibérations de Marielle RENGOT, bien loin d’ailleurs de ce sujet. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptée. Je vous remercie. Nous passons à Vanessa DUHAMEL sur le dossier 35 de Didier JOSEPH- FRANÇOIS. Chemise 35 PATRIMOINE Rapporteur : Didier JOSEPH-FRANCOIS Conseiller Municipal délégué 21/123 - Patrimoine - Subventions aux associations - Année 2021. Madame DUHAMEL – Madame le Maire, chers collègues, Dans un Conseil précédent, j’intervenais pour la chapelle Saint-Joseph et c’est peu dire que de relever que je n’obtins pour écho que votre seule indifférence. 132 Lorsqu’il s’agit du patrimoine culturel et plus encore d’un patrimoine cultuel séculaire, l’étiquette politique importe peu. Si le sort de la chapelle Saint-Joseph indiffère votre Majorité pour les motifs les plus divers, ce n’est assurément pas parce que nous sommes politiquement opposés, c’est parce qu’il s’agit à vos yeux de quelques amas de briques que l’on peut sans dommage disjoindre après les avoir assemblés. Sans doute me répondra-t-on qu’il s’agit d’une affaire purement privée et que chacun est après tout bien libre de raser son bâtiment sans que la puissance publique ne s’en préoccupe. Si vous aviez en son temps louangé le social libéralisme du Président HOLLANDE, je vous aurais volontiers crue sincèrement ralliée au respect absolu de la propriété privée. Mais, précisément, je crois me souvenir que vous fîtes tout l’inverse. C’est ainsi que j’en vins à m’intéresser au sort que vous réservez depuis deux décennies aux 18 édifices religieux qu’a confiés à notre commune la loi du 9 décembre 1905, répartis entre une synagogue, 15 églises catholiques romaines, dont une désacralisée, un temple réformé et une église anglicane. À en croire la presse souvent bien informée, vous avez consacré plus de 26 M€ entre 2001 et 2019 à la rénovation et à l’entretien d’édifices cultuels. Cela peut sembler considérable, mais chacun a pourtant pu constater que des églises étaient régulièrement rendues inaccessibles dans l’urgence absolue, parfois pour de très longues années. Saint-Sauveur par exemple, située en face même de notre beffroi municipal, soudainement fermée en janvier 2014 et dont votre conseiller de l’époque Monsieur Dominique PLANCKE déclarait – je cite – qu’ « elle pourrait rouvrir ses portes sous deux ou trois semaines, mais ce ne seront que des rustines ». Des travaux de sécurisation annoncés en juillet 2015, la presse rappelait en janvier 2017 que les riverains n’ont rien vu venir. Avant elle, Saint-Maurice a été grillagée en 2013 pour contenir des chutes de pierres, ainsi que Saint-Etienne la même année et pour les mêmes mobiles, le Sacré- Cœur précipitamment fermé en 2018 pour cause de mérule, Saint-Pierre Saint-Paul de Wazemmes en 2019 pour des champignons et insectes attaquant la charpente, Saint- Michel en octobre 2020 pour la même raison, Notre-Dame de la Consolation du quartier Vauban en décembre dernier, toujours pour sa charpente. J’en oublie évidemment, citant pour mémoire les filets suspendus à l’intérieur même de Saint-Etienne qui paraissent destinés à protéger le visiteur de chutes d’éléments internes à l’édifice, tandis que la façade s’enfonce vers la rue en entraînant avec elle le très bel orgue construit en 1840 par la manufacture Daublaine et Callinet, restauré en 1995 après avoir été classé à l’inventaire des monuments historiques le 18 juillet 1980. À chaque fois, le scénario est rodé. La municipalité organise une visite de contrôle, découvre que l’église s’effrite ou se laisse dévorer par les champignons et sa fermeture est annoncée dans l’urgence. 133 Sans doute sommes-nous quelques-uns dans cette enceinte à être profanes en bâtiment et à nous interroger naïvement. Les églises sont-elles si rarement visitées, les vieilles charpentes si rapidement friables qu’en les contrôlant régulièrement, on les découvre en état de péril imminent d’une visite à l’autre ? Parmi les arguments qui nous ont été opposés lorsque nous avons tenté de vous inciter à sauver la chapelle Saint-Joseph, l’un fut que ses défenseurs avaient trop tardé. Ainsi avons-nous été fortement incités à nous montrer aussi attentifs que prévoyants, soucieux d’éviter que notre patience puisse nous être reprochée. Des associations de défense du patrimoine existent, actives dans notre commune. Encore faut-il les informer des diagnostics effectués et des travaux projetés, leur offrant ainsi une sorte de droit de suite. Des bâtiments privés méritent d’être protégés. Encore faut-il engager un dialogue constant avec leurs propriétaires afin de s’assurer qu’ils ne les laissent pas se dégrader pour invoquer leur état d’abandon comme mobile de leur destruction et s’appuyer sur les associations précitées lorsqu’une veille réglementaire paraît requise quant à des projets d’urbanisme. Il nous a été indiqué qu’un diagnostic complet des édifices cultuels propriétés de la Ville avait enfin été réalisé. Ses conclusions peuvent-elles être communiquées à notre Conseil ? Des contacts auraient été pris avec le Diocèse, ainsi que le doyenné afin d’harmoniser les interventions. Quel en est leur avancement ? Il faut le rappeler pour conclure, les édifices religieux propriétés des communes le sont pour avoir en 1905 été prélevés dans le patrimoine d’institutions qui les avaient financés par la générosité de leurs fidèles. La puissance publique serait malvenue de laisser aujourd’hui s’effondrer un patrimoine dont elle s’est emparée au motif que son entretien serait trop onéreux. La laïcité a voulu que des immeubles fussent saisis sans indemnité. Elle impose aujourd’hui de les conserver, quels qu’en soient le devenir et l’affectation ultérieure au fil du déclin des pratiques religieuses. D’aucuns s’étonnent d’ailleurs que les églises rénovées, telle récemment celle de Fives, ne soient pas encouragées à organiser concerts ou activités culturelles qui pourraient être aidés à être médiatisés. C’est donc une politique durable que notre assemblée est en droit d’attendre de vous, dont je vous remercie de nous communiquer les axes fondateurs. Je vous remercie. Madame le Maire – Puisque vous connaissez bien le patrimoine cultuel de la Ville, vous devez savoir que la Ville est propriétaire de 14 églises – vous l’avez dit –, un temple protestant, une église anglicane, une synagogue, une église orthodoxe, une chapelle polonaise, etc. 70 % de ces églises ont été construites au XIXe siècle, à un moment où la Ville, je veux dire les citoyens qui créaient et qui faisaient construire ces églises n’avaient pas les moyens. 70 % de ces églises ont été réalisées au début du 134 XIXe siècle avec des matériaux qui ne sont pas aujourd’hui à la hauteur et on le voit. Toutes les églises que vous avez citées, l’église Saint-Sauveur, Saint-Pierre Saint-Paul, Saint-Michel, Sacré-Cœur, l’église Saint-Maurice-des-Champs, Saint-Martin d’Esquermes, Notre-Dame de Consolation, Notre-Dame-de-Fives, ont été construites en même temps avec ces matériaux souvent friables et, en tout cas, qui se détériorent rapidement. Bien sûr, nous nous en sommes occupées, vous l’avez d’ailleurs rappelé. 26,5 M€ depuis 2001 dans l’entretien et la rénovation des églises, dont 7 M€ au dernier mandat et je vais revenir sur les propositions que nous faisons maintenant. Tout le monde ici, y compris l’archevêque que j’ai la chance d’aller voir une ou deux fois par an pour parler de ce sujet, comprend la difficulté et comprend aussi que l’on doit faire des choix. Permettez-moi de vous dire d’ailleurs que c’est Monseigneur DEFOIS qui a désacralisé pour les mêmes raisons une chapelle à Lille-Sud qui est aujourd’hui un espace infirmier, qui n’avait pas été construite à la même époque puisque nous n’en étions pas propriétaires, mais juste avant. De la même manière, cela avait aussi été le cas pour l’église Sainte-Marie-Madeleine. Toutes les décisions que nous prenons, nous les prenons en accord avec l’Archevêché, qui comprend fort bien – peut-être parce qu’il est plus réaliste que vous- même – que nous ne pouvons pas dépenser chaque année plus que nous le faisons aujourd’hui. Là aussi, les travaux comme les études que nous engageons, nous les engageons après discussion avec l’archevêque. Par exemple, pour les trois prochaines années, une étude a été lancée sur trois édifices, Saint-Michel, Saint-Pierre Saint-Paul et l’église Sacré-Cœur. Il y aura des travaux extrêmement importants dans ces trois églises que nous avons prises à bras- le-corps en les priorisant en accord avec Monseigneur ULRICH. Je reviens deux minutes sur la chapelle Saint-Joseph. Vous dites que la puissance publique ne s’en est pas saisie. Justement, la puissance publique s’en est saisie, puisque c’est l’ABF, le Ministère de la Culture, les Bâtiments de France qui ont les premiers donné un avis en disant que cette chapelle n’avait pas de valeur architecturale. Je rappelle qu’elle est désacralisée depuis 20 ans, qu’elle n’est plus occupée du tout depuis 10 ans et qu’elle était dans un tel état que sa déconstruction était inévitable. C’est la conclusion de l’ABF, la puissance publique, ceux qui sont censés connaître mieux que vous et moi ce qu’est un patrimoine et ce qui a de la valeur. Pour des gens qui s’intéressent au patrimoine de la ville, je suis étonnée que vous ayez laissé passer la décision de déconstruction et, brutalement, pendant la campagne électorale, bizarrement, sur cette affaire qui était si je puis dire « classée », un projet privé de l’université catholique, soutenu par l’Archevêché, soutenu par l’ABF, vous vous réveillez, mais trop tard puisque la décision de déconstruction a été prise. Vous saisissez la Ministre de la Culture pour lancer le processus d’inscription sur la liste complémentaire des monuments historiques. Là aussi, le Directeur du patrimoine, qui est sans doute un incompétent, sans doute quelqu’un qui n’aime pas les 135 églises, c’est ce que vous allez me dire puisque c’est ce que j’ai senti sous vos propos – cela aussi, c’est inacceptable, entre mes connaissances ou mes goûts culturels et cela… Ne venez pas me chercher là-dessus non plus, ce n’est pas la peine –, ce directeur du patrimoine a dit à Madame BACHELOT – que j’avais encore au téléphone cet après-midi, non pas pour parler de la chapelle Saint-Joseph, mais pour parler de projets culturels – qu’il ne fallait absolument pas ouvrir cette procédure. C’est un peu comme la pandémie. Tout le monde en sortant de chez lui a une idée sur ce qu’il faut faire. Il faut confiner, il ne faut pas confiner. Il faut vacciner, il ne faut pas vacciner. Il faut ceci, il faut cela… Là aussi, il y a des experts, qui sont l’ABF, la direction du patrimoine. Or ne vous en déplaise, ils ont pris des décisions. La Ville en l’occurrence n’est pas porteuse de ce projet et n’a fait qu’appliquer les règles de droit, c’est-à-dire un accord de l’ABF pour un projet d’urbanisme qui respectait les règles d’urbanisme. Voilà tout ce que j’ai à vous répondre. Je suis quand même étonnée que vous n’ayez rien d’autre à dire sur la politique culturelle de la Ville, que vous critiquez en permanence, alors que nous sommes considérés comme une grande ville culturelle. J’en parlais encore avec la ministre tout à l’heure. Mais sans doute qu’elle-même n’est pas au niveau sur la culture et que tout ce que vous dites est plus important que ce que disent ceux qui connaissent et qui aiment la culture, comme un grand nombre d’entre nous, et très certainement vous- même d’ailleurs, j’en suis convaincue. Est-ce qu’on va continuer longtemps ce feuilleton sur un sujet qui, encore une fois, n’est pas la décision de la Ville ? Vous êtes allés devant le tribunal et vous avez perdu. Là aussi, sans doute le tribunal est-il absolument incompétent, sans doute n’aime-t-il pas le patrimoine et encore moins les églises ! C’est ce que vous allez nous dire ? Je n’y suis pour rien si l’ensemble des personnes compétentes pour réagir vous ont à chaque fois répondu négativement par rapport à votre demande. Nous mettons aux voix la délibération sur les subventions aux associations du patrimoine de Didier JOSEPH-FRANÇOIS qui, chacun le sait, n’aime pas le patrimoine et n’est pas du tout compétent sur le patrimoine ! Nous avons la chance de l’avoir parmi nous, mais il semble que d’autres soient plus compétents, mon cher Didier. Je mets donc aux voix cette délibération. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptée. Je vous remercie. 136 Chemise 14 NOUVEAU PROGRAMME NATIONAL Rapporteur : Estelle RODES DE RENOUVELLEMENT URBAIN Adjointe au Maire 21/91 - Quartier Bois-Blancs - Secteur Aviateurs et Pointe des Bois Blancs - NPNRU - Accord-cadre de maîtrise d'œuvre urbaine - Convention de groupement de commandes entre la Métropole Européenne de Lille, la SA Vilogia et la Ville - Désignation du représentant titulaire et du représentant suppléant de la Ville à la commission d'appel d'offres du groupement de commandes. 21/93 - Quartier Lille-Sud - Secteurs Faubourg d'Arras et Jean-Baptiste Clément - NPNRU - Accord-cadre de maîtrise d'œuvre urbaine - Convention de groupement de commandes entre la Métropole Européenne de Lille, l'OPH Lille Métropole Habitat, la SA Vilogia et la Ville - Désignation du représentant titulaire et du représentant suppléant de la Ville à la Commission d'Appel d'Offres du groupement de commandes. Madame le Maire – Sur la pochette d’Estelle RODES, nous avons deux désignations sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord. C’est sur la convention de groupement de commandes entre la Métropole, l’OPH et Vilogia sur le quartier de Lille-Sud et sur le quartier de Bois Blancs. Nous sommes d’accord sur les représentants. Je mets aux voix ces deux délibérations. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptées. (Audrey LINKENHELD ne prend pas part au vote.) Je vous remercie. Ont été désignés : Titulaire : Estelle RODES Suppléant : Jean-Claude MENAULT Chemise 1 Rapporteur : Martine AUBRY Maire de Lille Madame le Maire – Sur la pochette 1, nous avons deux désignations : - au comité consultatif d’éthique et de transparence (délibération 21/4), - à la SCIC Solis Métropole (délibération 21/6). Sur ces deux délibérations, vous aviez donné vos accords. 137 Je mets aux voix. Qui vote pour ? (Unanimité) Adoptées. 21/6 SCIC Solis Métropole - Désignation du représentant de la Ville dans les instances de la SCIC. A été désignée : Audrey LINKENHELD 21/4 Comité consultatif d'Ethique et de Transparence - Création - Composition. Ont été désignés : Titulaires : Audrey LINKENHELD, Roger VICOT, Sébastien DUHEM, Joe DABIT, Bernard CHARLES ; Suppléants : Marion GAUTIER, Sylviane DELACROIX, Martin DAVID- BROCHEN, Frédéric LOUCHART, Vanessa DUHAMEL. Je vous remercie. Nous avons une intervention de Nicolas LEBAS sur la 21/7, les SAEM, SPL et SCIC, les rapports annuels des administrateurs. Monsieur LEBAS – Madame le Maire, souhaitez-vous que je démarre par le Crédit Municipal ou par Euralille ? Madame le Maire – Comme vous voulez. C’est vous qui décidez. J’ai dit la 7 parce qu’on commence par la 7 avant la 10. Monsieur LEBAS – J’ai un cœur, je ne regarde pas que les chiffres. On va démarrer par la délibération sur le Crédit Municipal. 21/10 Caisse de Crédit Municipal de Lille - Compte financier 2019 - Rapport annuel relatif à l'activité et à la situation financière durant l'exercice 2019 - Budget primitif 2020 - Information du Conseil Municipal. Monsieur LEBAS – Pendant que je l’ouvre et si vous avez le temps, je vous invite à regarder le SMS que je vous ai envoyé. Vous pourrez découvrir l’aide aux loyers mise en place par le Conseil Régional au bénéfice des commerçants. Vous avez dit tout à l’heure qu’il n’y avait pas eu d’aide aux loyers pour les commerçants mise en place par la Région. Madame le Maire – J’ai parlé de la Métropole. 138 Monsieur LEBAS – Non, vous avez dit la Région. La vidéo en attestera, mais vous avez sans doute commis une erreur et cela arrive à tout le monde. On va donc parler du Crédit Municipal. Les documents qui sont ici présentés en Conseil Municipal ont été présentés au conseil de surveillance où c’est d’ailleurs ma collègue Violette SPILLEBOUT qui nous représente, mais, pour des raisons juridiques, elle a souhaité – et c’est prudent – ne pas être celle qui faisait l’intervention. Ce sera la même chose tout à l’heure pour Euralille. Ces documents ont donc été présentés le 15 novembre au conseil de surveillance du Crédit Municipal et nous souhaitons simplement, au nom du groupe Faire Respirer Lille, alerter nos collègues du Conseil Municipal sur la situation du Crédit Municipal et les inquiétudes que nous avons partagées lors des derniers conseils auxquels nous étions représentés. En octobre, en effet, l’ensemble des comptes et des documents ont été transmis peu de temps avant la réunion, avec quasiment aucune explication sur le bilan, le rapport d’activité et plusieurs centaines de pages de budget sur le Crédit Municipal et ses filiales à analyser. Nous avons estimé être dans l’incapacité de produire un avis éclairé sur ces comptes et notre représentante s’est donc abstenue. Par ailleurs, sur les documents 2019, comme sur ceux examinés en conseil début 2021, nous avons fait remarquer des erreurs récurrentes sur les documents comptables de CML Finance, de Finance et Humanisme, du GIE et de la Fondation Masurel. Il nous semble essentiel que le service du contrôle de gestion de la Ville vérifie préalablement tous ces documents qui doivent être ensuite transmis à la CPR qui est une instance on ne peut plus rigoureuse dans l’exercice de sa mission de contrôle. Enfin, l’activité commerciale du Crédit Municipal est en forte baisse. L’activité de prêts sur gage diminue inexorablement. Le projet stratégique n’est pas expliqué. Les comptes financiers sont également mauvais pour toutes les sociétés. Le problème réside dans le fait que ces pertes sont récurrentes et donc structurelles, ce qui signifie que le modèle actuel, qu’il soit commercial, organisationnel ou financier, n’est pas viable et doit être remis en cause. C’est d’ailleurs ce qui a été demandé lors de la dernière réunion de ce Conseil. Nous tenions donc – et je pense que c’est l’objet de la présentation de ces rapports devant le Conseil Municipal – à ce que le Conseil Municipal demeure vigilant autour de Marion GAUTIER, qui a d’ailleurs repris avec efficacité cette délégation, et que l’activité du Crédit Municipal puisse être recentrée sur les besoins des populations les plus en difficulté en innovant sur les réponses à leur apporter. Madame GAUTIER pourra compter sur l’appui de notre groupe pour conduire cette mission indispensable de redressement du Crédit Municipal. Madame le Maire – Si vous avez des idées – là, je parle très sérieusement –, très franchement, je suis assez d’accord avec ce qui a été dit et, d’ailleurs, si Marion reprend les choses aujourd’hui, c’est bien pour essayer de trouver des nouvelles réponses. 139 C’est très compliqué. On voit bien comment le prêt sur gage aujourd’hui ne marche nulle part. C’est vraiment très compliqué de pouvoir aider les personnes en difficulté par ce biais-là – puisqu’il y a bien toutes les autres aides, le CCAS ou autres. On avait fait un benchmark avec les autres villes et, en fait, partout, c’est la même chose, cela ne marche pas. Je propose que l’on attende un peu la fin du travail qui est en train d’être fait par les services avec Marion GAUTIER et le directeur général pour pouvoir essayer d’apporter des réponses à une situation qui, à l’évidence, n’est pas satisfaisante, nous en sommes tous conscients. Frédéric LOUCHART. Monsieur LOUCHART – Madame le Maire, chers collègues, Le Crédit Municipal, cette vieille institution dont l’installation à Lille remonte à 1610, si chère dans le cœur des Lillois qui l’appellent affectueusement « ma tante », n’en connaît pas moins une fragilisation de ses comptes avec le déclin de long terme du prêt sur gage, vous en parliez à l’instant. Depuis 2012, le nombre de clients, en baisse constante, a fondu de 36 %. Si cette baisse est plus faible en valeur, elle n’en reste pas moins inquiétante. De plus, par le faible volume de crédits et les charges de fonctionnement, le taux d’intérêt proposé par le Crédit Municipal est relativement élevé, ce qui questionne son rôle social et sa capacité à faire face à la concurrence du fait des cash-converters et notamment des acheteurs d’or. Pour faire face, le Crédit Municipal a tenté des diversifications, notamment dans le courtage de crédits, qui ont été des échecs patents. L’équilibre financier actuel de la structure repose sur la location de son patrimoine immobilier et ses placements en SCI. Mais est-ce le rôle d’un organisme public de vivre de placements immobiliers ? Après un déficit effectif de 347 000 € en 2019, un déficit prévu de 349 000 € en 2020, vous nous présentez un budget à l’équilibre en 2021. Ce budget est basé sur des anticipations plutôt optimistes, notamment en termes de volume de crédits et il est probable que nous devions constater au final un déficit. Cette structure est maintenant à la croisée des chemins. Soit elle continue dans sa dynamique et vivote en consommant progressivement son capital, soit elle se dote d’une véritable stratégie pour devenir le bras armé de la mairie de Lille dans le domaine du crédit social, en s’appuyant sur toute la dynamique locale de l’innovation sociale dont notamment la monnaie locale complémentaire. Nous avons noté une volonté de reprise en main du Crédit Municipal par la présidente du conseil de surveillance et espérons que cette volonté se traduira concrètement au cours du mandat afin de donner une dynamique et un projet politique à cette institution. Je vous remercie. 140 Madame le Maire – Je rappelle que ni Marion GAUTIER, pas plus que vos membres du conseil, ni d’ailleurs moi-même – je ne vous ai répondu que sur la forme mais pas sur le fond – ne pouvons intervenir. Audrey LINKENHELD. Madame LINKENHELD – Merci, Madame le Maire. En fait, je crois que tout a été dit par les collègues des deux groupes d’opposition, à la fois la situation difficile dans laquelle est aujourd’hui le Crédit municipal, avec les incidences financières que vous avez indiquées, avec les raisons qui peuvent expliquer cette situation financière fragile. Vous avez rappelé que le prêt sur gage aujourd’hui n’est plus une activité aussi fréquente que par le passé, vous avez rappelé que les choix de diversification nécessaires avaient connu un succès limité. Vous avez donc indiqué à juste titre la situation qui est celle du Crédit Municipal, que les membres de son conseil d’orientation et de surveillance ont pu constater, les membres de tous les groupes y compris le nôtre. Vous avez dit aussi ce qu’était notre volonté pour l’avenir, en la personne de Marion GAUTIER dont vous avez salué à la fois les orientations opérationnelles qu’elle a d’ores et déjà fait prendre au Crédit Municipal et aussi les orientations plus politiques à travers des choix qui vont davantage vers l’innovation sociale et vers l’économie sociale et solidaire. Ces choix faits par Marion GAUTIER sont des choix partagés. Ce n’est pas complètement un hasard si c’est Marion GAUTIER qui préside le Crédit municipal et si elle y porte ces idées, nous les avons partagées en amont avec Madame le Maire et moi-même. Ce n’est pas complètement un hasard non plus si un certain nombre de personnalités qualifiées très compétentes, je pense, en manière de finance et d’innovation sociale sont dans les instances de ce Crédit Municipal. C’est bien parce que, dès le départ et avant même que Marion GAUTIER ne découvre comme vous la réalité de la situation économique et financière du Crédit Municipal, nous avions déjà souhaité réorienter autant que faire se peut ce Crédit Municipal vers des activités qui nous paraissent plus en rapport avec les orientations politiques qui sont les nôtres, à la fois vers la justice sociale parce que le Crédit Municipal est d’abord fait pour cela, mais potentiellement aussi vers la transition écologique parce qu’il existe des crédits municipaux qui peuvent agir aussi dans ce domaine-là et nous regarderons tout cela avec les membres du Crédit Municipal. Vous avez donc tout dit, à la fois où nous en sommes et, d’ores et déjà, les décisions qui ont été prises pour essayer d’arriver à une situation qui soit meilleure l’année prochaine. Je voudrais simplement préciser, par rapport à ce qui a été dit sur la préparation des instances, que, d’après ce qui m’a été dit – car je suis comme vous, je me renseigne auprès de ceux qui n’ont pas le droit de parler ce soir –, la première réunion du COS a peut-être été un peu chaotique dans sa préparation mais que, en revanche, la dernière l’était beaucoup moins. Ce que Nicolas LEBAS appelait de ses vœux, c’est-à-dire un accompagnement par le contrôle de gestion de la Ville, a été fait, je crois même que cela a été salué lors de la réunion. Cela a donc permis d’avoir une présentation des comptes bien plus lisible. On peut d’ailleurs remercier les équipes du contrôle de gestion de la Ville et en particulier Damien THOMASSIN pour son implication sur ce sujet. 141 En attendant, le budget a été présenté, je crois, à l’équilibre, avec une condition de reporting mensuel par la direction, une direction dont vous savez par ailleurs qu’elle devrait changer d’ici quelques mois puisque le directeur a annoncé son départ en retraite. Voilà ce que je voulais dire à ceux qui nous écoutent pour bien les rassurer sur le fait que les constats sont largement partagés, voire même ont anticipé les commentaires que vous avez pu faire. Madame le Maire – Merci. Je ne mets pas aux voix. Nous prenons acte. Le Conseil Municipal prend acte. Monsieur LEBAS, je vous donne la parole sur la délibération portant sur les sociétés d’économie mixte, la SPL et les sociétés d’intérêt collectif. Monsieur LEBAS – Madame le Maire, compte tenu de votre indulgence et de votre bienveillance à l’égard des dépassements quelquefois ténus de certains membres de notre groupe, je vous propose de ne pas faire cette intervention et de la transformer en un courrier que je vous adresserai et que, à mon avis, vous allez prestement passer à votre directeur général des services pour qu’il nous apporte une réponse sur des questions de forme, notamment sur le contrôle de gestion de ces sociétés. Madame le Maire – Je suis présidente de la SPL Euralille. Je vous en remercie et j’espère que Patrick PINCET saura répondre à la question, parce que, vous savez, je ne connais pas tellement les sujets. (Madame NICOLAS demande la parole.) Vous n’allez pas remplacer Nicolas LEBAS qui a eu la gentillesse de retirer son intervention… Madame NICOLAS – Madame le Maire, je ne vais pas faire une longue intervention. Cependant, je voulais vous alerter sur le fait que, sur la délibération 21/9, nous avions eu un débat en CCSPL sur le rapport qualité de l’eau. Nous étions convenus d’ajouter une mention sur cette délibération, puisqu’elle ne pouvait être ajoutée au rapport s’agissant d’une vigilance à avoir, et d’adresser à la MEL un message sur le besoin d’accélérer les réparations pour lutter contre les déperditions dans les réseaux d’eau et pour une demande de précision sur le coût réel de ces pertes. C’est un sujet qui a été amplement débattu en CCSPL, je voulais donc le porter à votre attention. Madame le Maire – Jacques RICHIR nous y représentait et, effectivement, il nous en a fait part. 142 Sur les votes, en dehors des commissions que nous avons déjà votées, nous n’avons pas à voter sur le Crédit Municipal, y a-t-il une demande de vote séparé sur une des délibérations restantes ? (Aucune demande en ce sens n’est exprimée). Nous les mettons donc au vote. Qui vote pour ? (Unanimité) Je vous remercie. 21/1 Procès-verbal de la séance du 11 décembre 2020. Adoptée. 21/2 Compte-rendu au Conseil Municipal des décisions prises en vertu des articles L. 2122-22 et L. 2122-23 du Code Général des Collectivités Territoriales. Le Conseil Municipal prend acte. 21/3 Commissions Municipales - Composition - Modification. 21/5 Délégation de pouvoir du Conseil Municipal au Maire de Lille en matière de recours aux opérations de financement (emprunts, instruments financiers de couverture et de transformation) pour l'année 2021. Adoptées. 21/7 Sociétés Anonymes d'Économie Mixte (SAEM), Sociétés Publiques Locales (SPL) et Sociétés Coopératives d'Intérêt Collectif (SCIC) - Rapports annuels 2019 des administrateurs. Adoptée. (Jacques RICHIR, Pierre POSMYK, Camille STIEVENARD, Martine AUBRY, Arnaud TAISNE, Marie-Pierre BRESSON, Franck HANOH, Stanislas DENDIEVEL, Sébastien DUHEM, Estelle RODES, Roger VICOT, Audrey LINKENHELD, Anissa BADERI, Stéphane BALY, Violette SPILLEBOUT, Frédéric LOUCHART et Ingrid BRULANT-FORTIN ne prennent pas part au vote.) 21/8 Prévention et gestion des déchets - Rapport annuel 2018 sur le prix et la qualité du service public de prévention et de gestion des déchets. 21/9 Eau potable et assainissement - Rapport annuel 2018 sur le prix et la qualité des services publics de l'eau potable et de l'assainissement. 143 21/11 Fondation Masurel - Compte financier 2019 - Rapport annuel relatif à l'activité et à la situation financière durant l'exercice 2019 - Budget primitif 2020 - Information du Conseil Municipal. Le Conseil Municipal prend acte. Madame le Maire – Nous en arrivons à la question orale du groupe Lille Verte. Je passe la parole à Stéphane BALY. Question orale du groupe Lille Verte : ouverture d’une salle de consommation à moindre risque. Monsieur BALY – Madame le Maire, chers collègues, Si nous sommes à une heure avancée dans la soirée (il est 00 h 11) – on n’est pas encore au milieu de la nuit comme mercredi lors du Conseil communal d’Hellemmes –, nous avons néanmoins à vous questionner sur un problème qui concerne trop de nombreux lieux à Lille, trop de nombreux Lillois, la consommation de drogues injectées dans les espaces publics et privés. Depuis 2016, il existe un dispositif national qui permet d’ouvrir une salle de consommation à moindre risque. De quoi s’agit-il ? C’est un espace au sein duquel la loi autorise et encadre les consommations de drogues. Permettez-moi succinctement de rappeler plusieurs objectifs qui sont visés par ces salles. D’abord, celui d’améliorer la santé publique. Les consommations s’effectuent sous la supervision de personnels qualifiés, permettant de répondre aux enjeux de réduction des risques de surdoses, d’éviter de nombreux décès, d’inviter au dépistage et d’orienter vers des traitements de sevrage. Ensuite, celui de rendre effectif l’accès au droit de ces personnes en favorisant la réinsertion de ces personnes, souvent marginalisées, et de maintenir un lien social. Ces salles hébergent aussi des services socio-sanitaires destinés aux usagers. Enfin, et non des moindres, celui d’assurer la tranquillité publique. Chaque consommation réalisée dans une salle de consommation est une consommation évitée dans l’espace public et privé. Combien de seringues et autres ustensiles se retrouvent dans les parcs, dans les cages d’escalier, les bouches de métro, à portée de tous et toutes et notamment des enfants ? Lille est malheureusement une des métropoles françaises où la vente et la consommation de drogues sont les plus importantes. Le nombre de seringues distribuées par les CAARUD est en forte augmentation. Les CAARUD relèvent que seulement la moitié des seringues distribuées leur reviennent, l’autre moitié se retrouvant à la portée de tous et toutes dans l’espace public et dans les espaces privés. 144 Présentes en Europe depuis des années, expérimentées en France à Paris et Strasbourg, il nous semble pertinent que la ville de Lille accueille elle aussi une salle de consommation à moindre risque. Lors de nos échanges avec les structures portant un CAARUD, toutes les structures ont confirmé le besoin urgent de mettre en œuvre ce dispositif. Madame le Maire, l’expérimentation de ce lieu à Lille était l’un de vos engagements. Nous souhaitons vous questionner ce soir, en attendant et en espérant une issue différente aux 16 amendements et au vœu que nous vous avons soumis ce soir. La Ville de Lille va-t-elle demander l’intégration d’une structure lilloise dans ce dispositif afin de permettre l’ouverture d’une salle avant fin octobre 2021 tel que le préconise la loi ? Je vous remercie. Madame le Maire – Madame STANIEC-WAVRANT. Madame STANIEC-WAVRANT – Sur ce vœu que vous venez d’exprimer, je peux vous confirmer que la Ville de Lille a le même constat sur l’intérêt de travailler sur les salles de consommation à moindre risque, parce que, effectivement, comme vous, nous constatons qu’il y a un problème de santé publique. Si l’on peut avoir ce type de salle dans la ville, cela permettrait effectivement de travailler sur les questions de santé des consommateurs, mais également sur les questions d’accompagnement social des consommateurs – premier objectif –, de limiter la mortalité, parce que, malheureusement, cela arrive encore trop souvent. Bien évidemment, cela permet également de travailler sur les aspects que vous avez évoqués de limiter la consommation dans la ville. Dans cette ville, nous travaillons depuis de très nombreuses années sur ces problématiques, à la fois avec les récupérateurs de seringues, avec l’accompagnement que nous faisons auprès des associations qui travaillent sur ces questions, et ce, depuis de très nombreuses années. Je voudrais simplement rappeler que lorsque nous avons commencé à travailler sur ces questions, personne n’y travaillait, et que la Ville de Lille mettait à l’époque plus d’argent que le Département du Nord, que la DDASS, sur la question de la toxicomanie. C’est un sujet qui a toujours été très important pour nous. Vous faites référence à la nouvelle loi de santé qui date de janvier 2016 ; je vous rappelle qu’à l’époque, ce n’était pas moi qui avais cette délégation, je veux quand même le rappeler. C’est effectivement en 2016 qu’il y a un article dans la loi qui fait référence à l’expérimentation possible de salles de consommation à moindre risque ; un article fait référence à cela sur des expérimentations possibles, et deux Villes vont s’inscrire dans cette démarche : Paris et Strasbourg, et les projets sont portés par les hôpitaux… Madame le Maire – Je rappelle que nous avions proposé d’être dedans, ce ne sont pas les Villes qui ont choisi, c’est le Gouvernement qui a choisi Paris et Strasbourg alors que nous nous étions portés candidats. 145 Madame STANIEC-WAVRANT – Donc c’est porté par les hôpitaux avec une association. Il est important de signaler que cette démarche a été acceptée parce qu’il y avait à la fois cet aspect santé et cet aspect éducatif qui était présenté dans ces projets. Sur cela, les associations lilloises ont émis des réserves particulières, puisque lorsque je les ai rencontrées dans le cadre, avec Jean-Claude – puisque nous travaillons à deux sur le sujet –, d’une réunion visio en novembre, où j’avais requestionné en leur demandant où elles en étaient sur ce projet, elles m’ont dit qu’elles ne déposeraient pas de dossier, qu’elles ne voulaient pas s’inscrire dedans, parce qu’il y a un problème juridique extrêmement fort qui est apparu, à savoir que les CAARUD, si elles ouvrent des salles de consommation, si elles sont partenaires, il y a un aspect juridique qui fait que l’association – pas le travailleur social mais l’association – pourrait être mise en accusation. Les CAARUD ont donc décidé de ne pas déposer de dossier. Je me suis dit : « D’accord. Pour autant, il est important que l’on en ait. Ne pourrait-on pas réfléchir autrement à ce sujet ? » Ils m’ont répondu : « D’accord, on va réfléchir autrement à ce sujet ». Le CHU, le Professeur responsable de la Clinique des Addictions, est d’accord pour travailler, pour intégrer le groupe de travail qui a été mis en place par les associations (les CAARUD, l’ABEJ, Ellipse, etc., tous). J’ai contacté l’ARS avec Jean- Claude pour savoir si l’ARS pourrait travailler sur quelque chose d’un peu différent pour les protéger. Ils auront une journée de travail qui est prévue bientôt avec l’ARS pour voir quels sont les tenants et les aboutissants. Nous avons une nouvelle réunion qui est programmée avec Jean-Claude au mois de mars sur ce travail avec eux. Nous avançons. L’ARS a une écoute favorable sur un projet qui serait un peu différent. Les associations sont en train de travailler y compris avec le CHU, l’hôpital Saint-Vincent est d’accord pour travailler à la réflexion aussi, donc le sanitaire et les associations. C’est un projet que nous avons vu avec Jean-Claude qui avance – pour l’instant, je dirai « qui avance ». Le Maire nous a demandé à Jean-Claude et moi-même de suivre ce dossier particulièrement, pour que nous ayons des propositions validées par l’ARS et pour voir avoir quelque chose dans la ville, je ne sais pas encore sous quelle forme aujourd’hui, puisqu’il faut que les uns et les autres travaillent ensemble. L’ARS refuse ce qui avait été évoqué à un moment : l’équipe mobile ; l’ARS ne veut pas de cela, elle veut des lieux protégés. Nous avançons donc plutôt sur cette question de lieux protégés avec les partenaires santé et associatifs. Madame le Maire – Jérémie. Monsieur CREPEL - Merci, Madame le Maire. Comme Marie-Christine STANIEC-WAVRANT fait allusion à son prédécesseur et que son prédécesseur, à l’instant T, c’est moi, merci de me donner la parole pour effectivement… 146 Madame le Maire – Il est 00 heure 20, tu n’avais pas demandé la parole, donc vas-y, mais pas un grand discours. Monsieur CREPEL - Non, très court pour dire que, effectivement, nous avions commencé le travail sous votre autorité au mandat précédent en remettant en route une commission addictions et en finançant une enquête sur l’état de l’addiction à Lille avec la délégation sécurité et la délégation santé, que Marielle RENGOT avait aussi travaillé sur cette salle de consommation à moindre risque au mandat d’avant encore avec moi. Je ne crois pas qu’il y avait un consensus global à l’époque dans la majorité. Maintenant, je suis très content d’apprendre que c’est le cas et que, donc, on va avancer. Merci beaucoup. Madame le Maire – Franchement, Jérémie, il faut arrêter, c’est dans notre programme ! Je l’ai demandé, je n’étais pas encore ici. On n’est pas les uns contre les autres sur tout, on n’est pas un meilleur que l’autre. Pour une fois qu’on défend quelque chose ensemble, reconnaissons-le, franchement ! « Je n’étais pas sûr que vous étiez tous d’accord »… Et moi, est-ce que je suis sûre que vous étiez tous d’accord ? Cela m’est égal. On a présenté ce projet les uns et les autres, on va le porter ensemble, tant mieux, avec des associations. Il faut arrêter ces gamineries. Ce n’est vraiment pas à notre niveau ! C’est un sujet important. Monsieur CREPEL – C’est ce que j’ai dit. Madame le Maire – Non, ce n’est pas ce que tu as dit. Je mets maintenant aux voix tous les dossiers qui ont donné lieu à un accord général : les dossiers 2, 3, 6, 7, 18, 20, 21, 26, 32, 36, 40 et 43. Qui vote pour ? (Unanimité) Chemise 2 LOMME Rapporteur : Roger VICOT Maire de Lomme 21/12 - Commune associée de Lomme - Subventions 2021. Adoptée. 21/13 - Commune associée de Lomme - Association Réussir la Mission Locale de Lille - Subvention 2021. Adoptée. (Martin DAVID-BROCHEN, Arnaud DESLANDES, Madani OULKEBIR, Charlotte BRUN, Anne GOFFARD et Stéphanie BOCQUET ne prennent pas part au vote.) 147 21/14 - Commune associée de Lomme - Subvention 2021 à la Section du Centre d'action sociale de la Commune associée de Lomme. Adoptée. (Arnaud DESLANDES, Justine RATELADE, Martin DAVID-BROCHEN, Marie- Christine STANIEC-WAVRANT, Sylviane DELACROIX, Faustine BALMELLE, Ali DOUFFI, Roger VICOT et Franck GHERBI ne prennent pas part au vote.) 21/15 - Commune associée de Lomme - Contrat de Ville d'agglomération (2015-2022) - Adoption de la programmation 2021 - Subventions à l'AREFEP et à Itinéraires - Conventions entre les associations et la Ville. 21/16 - Commune associée de Lomme - Promouvoir l'engagement citoyen des jeunes Lommois par l'accès à la formation PSC1 - Mise en œuvre de sessions de formation collectives. 21/17 - Commune associée de Lomme - « Rythme ma bibliothèque » - Dispositif de la Métropole Européenne de Lille pour une adaptation et l'amélioration des horaires d'ouverture de la Médiathèque l'Odyssée. 21/18 - Commune associée de Lomme - Atelier des sages du Labo citoyen - Adoption du règlement intérieur. 21/19 - Commune associée de Lomme - Déclassement d'une emprise sise rue Ronsard à Lomme. 21/20 - Commune associée de Lomme - Vente de terrains communaux sis 723 avenue de Dunkerque à Lomme cadastrés B5068p et B436p. Adoptées. Chemise 3 HELLEMMES Rapporteur : Franck GHERBI Maire d’Hellemmes 21/21 - Commune associée d'Hellemmes - Subventions de fonctionnement aux associations sportives. Adoptée. 148 21/22 - Commune associée d'Hellemmes - Subventions de fonctionnement aux associations œuvrant dans le domaine de l'animation et de la culture. Adoptée. (Beverley JOLIET ne prend pas part au vote.) 21/23 - Commune associée d'Hellemmes - Subventions 2021 à l'association sportive hellemmoise de football et au Club Léo Lagrange d'Hellemmes et à la Section du Centre d'action sociale de la Commune associée d'Hellemmes. Adoptée. (Beverley JOLIET, Arnaud DESLANDES, Justine RATELADE, Martin DAVID- BROCHEN, Marie-Christine STANIEC-WAVRANT, Sylviane DELACROIX, Faustine BALMELLE, Ali DOUFFI, Roger VICOT et Franck GHERBI ne prennent pas part au vote.) 21/24 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention au Centre d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles - Année 2021. 21/25 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention à la Fédération Nationale des Accidentés du Travail et du Handicap (FNATH) - Année 2021. 21/26 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention à l'association de consommation, logement et cadre de vie (CLCV) - Année 2021. Adoptées. 21/27 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention à l'Association Intercommunale d'Aide aux Victimes et de Médiation (AIAVM) - Année 2021. Adoptée. (Jean-Claude MENAULT ne prend pas part au vote.) 21/28 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention au Conseil Départemental d'Accès au Droit (CDAD) - Année 2021. Adoptée. (Alexandra LECHNER ne prend pas part au vote.) 21/29 - Commune associée d'Hellemmes - Coopératives scolaires - Subventions de fonctionnement à l'OCCE du Nord. 149 21/30 - Commune associée d'Hellemmes - Coopératives scolaires - Subvention affectée aux projets de l'OCCE du Nord. 21/31 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention de fonctionnement à l'association CITEO ADEMN dans le cadre du dispositif de stewards urbains - Année 2021. 21/32 - Commune associée d'Hellemmes - Travaux de construction du groupe scolaire Rostand dans le quartier de l'Epine - Avenant aux marchés de travaux - Autorisation de signature. 21/33 - Commune associée d'Hellemmes - Mise à disposition d'une partie du foncier sur le site de l'école provisoire Rostand - Fixation de la redevance d'occupation. Adoptées. Chemise 6 VILLE EDUCATRICE ET VILLE Rapporteur : Charlotte BRUN A HAUTEUR D’ENFANT Adjointe au Maire 21/43 - Lancement du marché «Fournitures scolaires pour les écoles publiques et structures municipales accueillant des enfants et des jeunes de la Ville de Lille et des Communes associées de Lomme et Hellemmes, ainsi que pour couvrir les besoins de la Caisse des Ecoles de Lille». Adoptée. ACTIVITÉS PÉRISCOLAIRES 21/44 - Prestations extrascolaires, périscolaires et restauration scolaire - Remises gracieuses. Adoptée. PROJET ÉDUCATIF GLOBAL 21/45 - Caisse des Ecoles de Lille - Dons de vélos, casques et tablettes numériques à la Ville - Acceptation. Adoptée. 150 CONSEIL MUNICIPAL D’ENFANTS 21/46 - Conseil Municipal d'Enfants - Prolongation exceptionnelle du mandat des membres du Conseil Municipal d'Enfants d'une durée de six mois - Organisation de nouvelles élections en juin 2021. Adoptée. Chemise 7 PROPRETE Rapporteur : Jacques RICHIR Adjoint au Maire 21/47 - Frais d'enlèvement de dépôts sauvages - Demande de remise gracieuse - Bonne foi présumée. Adoptée. 21/48 - Marché de prestations d'insertion et de qualification ayant pour objet le nettoiement des espaces publics de la Ville de Lille - Adhésion de la société Vilogia au groupement de commandes constitué par Lille Métropole Habitat et la Ville - Convention de groupement de commandes entre la Ville de Lille, la société Vilogia et Lille Métropole Habitat. Adoptée. (Audrey LINKENHELD ne prend pas part au vote.) POLICE DE LA CIRCULATION ET DU STATIONNEMENT SUR LE TERRITOIRE DE LILLE 21/49 - Fourrière Municipale - Enlèvement de véhicules automobiles - Remboursement des frais. Adoptée. Chemise 18 EGALITÉ ENTRE LES FEMMES Rapporteur : Alexandra LECHNER ET LES HOMMES Adjointe au Maire 21/100 - Délégation Droits des Femmes/Egalité Femmes-Hommes - Subventions aux associations – 1ère répartition 2021. Adoptée. 151 Chemise 20 SPORT Rapporteur : Sarah SABE Adjointe au Maire 21/101 - Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Accès aux piscines lilloises et à la Halle de Glisse - Prolongation de la validité des abonnements et cartes d'entrée. 21/102 - Associations sportives - Attribution de subventions pour l'organisation de manifestations sportives. 21/103 - Clubs sportifs de haut niveau - Attribution de subventions - Année 2021. 21/104 - Lille Métropole Basket SASP - Subvention pour missions d'intérêt général - Année 2021. Adoptées. Chemise 21 EMPLOI Rapporteur : Martin DAVID-BROCHEN Adjoint au Maire 21/105 - Association Agir Ensemble contre le Chômage (AC ! Métropole Lilloise) - Subvention 2021 - Convention entre l'association et la Ville. Adoptée. RESSOURCES HUMAINES 21/106 - Déplacements domicile-travail des agents - Forfait mobilités durables - Année 2020. 21/107 - Personnel municipal - Convention de partenariat avec le Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique - Signature et mise en oeuvre du plan d'actions. 21/108 - Section du centre d'action sociale de la Commune associée d'Hellemmes - Mise à disposition d'une agente municipale sur les fonctions de Directrice du Centre d'Action Sociale et des Solidarités - Information du Conseil Municipal. Adoptées. 152 RELATIONS SOCIALES 21/109 - Personnel municipal - Action sociale - Aide à la restauration - Convention entre la Ville et l'Etat - Ministère des Finances et des Comptes publics. 21/110 - Personnel municipal - Action sociale - Aide à la restauration - Renouvellement de la convention entre la Ville et le CHRU de Lille. Adoptées. CONTENTIEUX 21/111 - Nettoyage des équipements éducatifs - Transaction entre la société VITASERVICES et la Ville. 21/112 - Commune associée de Lomme - Marché à bons de commande de missions en matière de sécurité et de protection de la santé pour la Ville de Lille et ses communes associées de Lomme et d'Hellemmes - Protocole d'accord transactionnel entre la Société BECS et la Ville. Adoptées. Chemise 26 LECTURE Rapporteur : Catherine MORELL-SAMPOL Adjointe au Maire 21/114 - Lecture publique - Attribution de subventions. Adoptée. BIBLIOTHÈQUES ET MÉDIATHÈQUES 21/115 - Bibliothèque municipale - Convention de coopération avec l'AR2L pour la Bibliothèque numérique Armarium. 21/116 - Bibliothèque municipale - Convention de coopération numérique pour la dématérialisation de titres de presse ancienne entre la BnF et la Ville de Lille. Adoptées. 153 Chemise 32 ACCES AUX VACANCES Rapporteur : Eddie JACQUEMART ET LOISIRS Conseiller Municipal délégué 21/119 - Dispositif « Tous en vacances ! » - Conditions et modalités d'accès au dispositif. Adoptée. 21/120 - Dispositif « Tous en Vacances ! » - Convention 2021 entre la Ville de Lille et la SNCF. Adoptée. (Violette SPILLEBOUT ne prend pas part au vote.) Chemise 36 JARDINS FAMILIAUX Rapporteur : Christelle LIBERT ET PARTAGES Conseillère Municipale déléguée 21/124 - Règlement intérieur des jardins familiaux. Adoptée. Chemise 40 RELATIONS INTERNATIONALES Rapporteur : Jérôme PIANEZZA ET EUROPEENNES Conseiller Municipal délégué 21/132 - Relations internationales et européennes - Attribution de subventions - Conventions entre les structures et la Ville. Adoptée. Chemise 43 EDUCATION ARTISTIQUE Rapporteur : Delphine BLAS Conseillère Municipale déléguée 21/133 - Subvention à l'Ecole Supérieure Musique et Danse Hauts-de-France - Lille. Adoptée. (Marie-Pierre BRESSON et Anne GOFFARD ne prennent pas part au vote.) 154 Avant de vous laisser, vous confirmer la prochaine date, qui était déjà connue : le 09 avril. Nous vous proposons la date du 25 juin pour la deuxième date avant les vacances, aux mêmes horaires qu’aujourd’hui. Je vous souhaite une bonne matinée, puisque nous sommes déjà après minuit, et merci. (La séance est levée à 00 heure 22.) 155
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https://www.lille.fr/content/download/308682/3433616/file/s%C3%A9ance+du+05+f%C3%A9vrier+2021.pdf
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