Procès verbal du CM du 9 octobre 2020 (.pdf)

Lille 9 octobre 2020 4 délibérations
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au traité d'apport en fonds associatifs entre l'association

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et les conséquences que vous pensez

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à la convention de

🤝 Vie associative 1 délibération
1

au traité d'apport en fonds associatifs entre l'association

Document intégral
391 367 car.
Procès-verbal de la séance
du 09 octobre 2020.
- 1 / 1 -
PROCES VERBAL
de la séance du Conseil Municipal du 09 octobre 2020
La séance est ouverte à 17 heures 05 sous la présidence de Madame Martine
AUBRY, Maire de Lille.
Madame le Maire - Bonjour à tous. Je propose que nous fassions l’appel.
(Il est procédé à l’appel par Beverley JOLIET.)
Etaient présents :
Groupe Lille en commun, durable et solidaire : M. AGOUNI, MMES AUBRY,
BADERI, BLAS, BRESSON, BRUN, MM. CAREMELLE, DAVID-BROCHEN, MME
DELACROIX, MM. DENDIEVEL, DESLANDES, DUHEM, MME GAUTIER, M. GHERBI,
MME GOFFARD, GOMIS, M. JACQUEMART, MME JOLIET, M. JOSEPH-FRANCOIS,
MME LECHNER, M. LEPETIT, MME LINKENHELD, MM. MARTIN, MENAULT,
MMES MORELL-SAMPOL, MOUNIER-VÉHIER, MM. OURAL, PIANEZZA, PILETTE,
MMES RATELADE, RENGOT, M. RICHIR, MMES RODES, SABÉ, STANIEC-
WAVRANT, STIEVENARD, M. TAISNE, MME TROTTEIN, M. VICOT.
Groupe Lille Verte : M. AL DANDACHI, MME BALMELLE, M. BALY, MME BOCQUET,
MME CAMARA, M. CAU, MME DABIT, M. GUIZIOU, MME NICOLAS, MME SEDOU.
Groupe Faire Respirer Lille : MME BRULANT-FORTIN, MM. CHARLES, DOUFFI,
MME DUHAMEL, M. LEBAS, MME SPILLEBOUT.
Etaient excusés :
Groupe Lille en commun, durable et solidaire: M. HANOH (pouvoir), MME LIBERT
(pouvoir), MM. OULKEBIR (pouvoir), POSMYK (pouvoir).
Groupe Lille Verte: MM. BONNET (pouvoir), LOUCHART (pouvoir).
Madame le Maire - Bonjour à tous, à tous ceux qui sont ici et à tous ceux qui
nous regardent en vidéo. Malheureusement, nous sommes encore dans un processus
sanitaire difficile et nous avons encore aujourd’hui une configuration particulière. Je suis
heureuse que, après échange avec la préfecture, on ait pu faire en sorte que tous les
élus puissent être en présentiel dans ce grand carré qui nous donne la possibilité de
garder nos distances.
La séance est retransmise en direct sur le site internet de la Ville et sur la page
Facebook.
Je salue les journalistes, les conseillers de quartier, les Lillois qui nous
regardent.
Je veux rassurer tous ceux qui sont ici. Les tables, les chaises, les nappes ont
été désinfectées aujourd’hui et vous avez à disposition un gel hydroalcoolique et un
stylo par personne. Toutes les mesures ont donc été prises pour assurer la sécurité de
tous.
Je commence les communications par le carnet en ayant tout d’abord une
pensée extrêmement chaleureuse pour Alain CACHEUX. C’est une grande figure de
notre vie politique régionale qui nous a quittés en juillet dernier très brutalement. Dans
tous les mandats qu’il a exercés – et ils ont été nombreux, puisqu’il a été député,
conseiller régional, adjoint au maire –, Alain mettait toujours la même passion pour
soulever les montagnes, pour défendre les causes auxquelles il croyait et, d’abord, vous
le savez bien, le droit au logement puisque c’était pour lui le premier des droits sociaux,
la première des libertés que de pouvoir avoir un toit qui permette de vivre correctement
avec sa famille.
Il a été un défenseur formidable de l’habitat social, aussi bien ici à Lille avec la
présidence de la Fédération des offices publics de l’habitat qu’il a eue pendant très
longtemps, et je crois qu’on peut dire qu’il a fait progresser beaucoup de combats,
notamment par l’accès à ce logement digne.
Je crois qu’on peut dire aussi que, plus ou autant qu’un responsable politique,
Alain CACHEUX est resté un militant pendant tout le temps de sa vie, avec tout ce que
ce terme a de plus noble.
Chacun s’en souvient, c’était un homme chaleureux qui savait d’ailleurs manier
l’humour, surtout au second degré.
Je voudrais redire en notre nom à tous à ses enfants, Fabrice et Sarah, ainsi
qu’à sa famille et ses proches, notre tristesse.
Je voudrais aussi rendre hommage à Victor BLANQUART qui nous a quittés le
7 septembre dernier. Il était malade depuis très longtemps et, à plusieurs reprises, nous
avions craint le pire. Il se battait avec courage et de toutes ses forces depuis très
longtemps.
Victor avait fait toute sa carrière à l’Éducation nationale et il gardait de cette
période cette volonté de faire passer avec une énergie absolue le devoir de mémoire
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en ce qui concerne les anciens combattants, ici et au niveau national. Il a été Vice-
président national et Président départemental de l’Union nationale des combattants,
l’UNC, qui est la principale association d’anciens combattants. Il a été responsable dans
le Nord de l’Office national des anciens combattants.
On sait combien il passait du temps avec les jeunes pour leur dire que la paix
était une obligation et qu’il fallait vraiment essayer de combattre tout ce qui pouvait
conduire à la guerre. Evidemment, dans la période actuelle dans le monde, il ne pouvait
qu’être extrêmement inquiet.
Je me souviens, du 100ème anniversaire, dans ce même grand carré, de l’Union
nationale des combattants que nous avions organisé à l’hôtel de ville, où il avait, comme
d’habitude, fait une intervention extrêmement touchante et toujours très sensible.
Je voudrais aussi dire que nous avons à nous inquiéter de trois décès de Lillois
liés à un accident de vélo.
Cela a été le cas tout d’abord de Jérôme BONDUELLE, qui est décédé le 29
août dernier, renversé par une voiture qui, évidemment, ne s’est pas arrêtée. C’était le
directeur général de la prospective et du développement du groupe Bonduelle, le fils de
Bruno BONDUELLE, le fondateur du groupe agroalimentaire que l’on connaît bien.
Les circonstances de sa disparition font prendre conscience de la difficulté
d’être sur un vélo lorsque des voitures, et en l’occurrence des gens sous l’emprise de
la boisson, roulent n’importe comment.
Je voudrais simplement redire mes pensées chaleureuses à ses parents, à son
épouse, à son fils et à leurs deux filles.
Non pas à Lille, mais dans le sud de la France, dans des circonstances de
même nature, Bernard POCHER, entrepreneur lillois, qui était notamment gérant –
puisqu’il avait plusieurs magasins Leclerc – du magasin Leclerc de Fives, a aussi trouvé
la mort par un accident de vélo sur la côte sud de notre pays. C’était quelqu’un de très
engagé dans le quartier et aussi auprès des associations.
Et puis, cette nuit, un jeune cycliste de 20 ans a été heurté par une voiture au
niveau de l’échangeur A25/A1 à proximité du lycée Faidherbe et est décédé sur le coup.
Là aussi, c’est une grande tristesse et une grande émotion.
Nous étions d’ailleurs hier soir avec Jacques RICHIR, Stanislas DENDIEVEL et
avec l’ADAV, justement pour réfléchir à l’évolution du code de la rue et pour continuer
à travailler sur ce qui est absolument nécessaire, c’est-à-dire, partout où c’est possible
– malheureusement, ce n’est pas possible partout –, des pistes cyclables continues et
en sécurité qui puissent exister et notamment lors des franchissements de ponts qui
sont les plus difficiles aujourd’hui. Nous allons continuer ce travail, mais ces décès
épouvantables, dramatiques, nous rappellent la nécessité d’avancer encore plus vite.
Sans transition, j’accueille Patrick PINCET.
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Patrick PINCET n’est pas encore Directeur Général des Services de la Ville
puisqu’il n’arrive que le 1er novembre, mais je trouvais dommage qu’il ne puisse pas
assister à ce conseil, sachant qu’il est déjà venu rencontrer un certain nombre d’élus et
de membres de la Direction Générale.
Il remplacera Michel VAYSSIÉ qui est parti rejoindre sa région favorite, où était
toute sa famille, comme Directeur Général de la Métropole de Bordeaux.
Madame Anne-Valérie CHIRIS-FABRE assure actuellement l’intérim du
Directeur Général, c’est la raison pour laquelle elle est à mes côtés.
Quelques mots sur Patrick PINCET. Il est administrateur territorial hors classe.
Ses deux derniers postes étaient, cette année, directeur général dans la ville et
l’agglomération de Colmar et, plus récemment, au sein de la Communauté
d’agglomération de Grand Paris Sud, dont il était directeur général. Je pense que, ce
qui est intéressant chez Patrick, c’est qu’il a eu toute une partie de sa carrière dans la
préfectorale, il connaît donc très bien aussi l’autre côté, l’État, avec lequel on travaille
beaucoup et main dans la main, puisqu’il a été sous-préfet dans le Bas et le Haut Rhin,
en Seine-et-Marne. Auparavant, au début de sa carrière, il a été directeur général
adjoint des services de la Ville de Belfort et il a même remplacé le directeur général des
services.
Vous serez amenés à le rencontrer. Nous avons déjà beaucoup échangé,
comme d’ailleurs les élus et la Direction Générale qu’il a rencontrée. Je voudrais lui
souhaiter la bienvenue en lui disant que nous apprécions déjà ses qualités, à la fois en
termes de compétences, mais aussi ses qualités humaines et sa réactivité. De l’autorité,
mais de la gentillesse aussi, c’est tout à fait essentiel pour nous, dans des rapports qui
sont très directs et chaleureux.
Patrick, soyez le bienvenu. Nous sommes très heureux de vous accueillir
aujourd’hui et encore plus le 2 novembre quand vous allez arriver.
Quelques mots pour redire devant tout le monde notre soulagement face à la
libération de Sophie PÉTRONIN qui était retenue en otage au Mali depuis près de quatre
ans. C’est vraiment une grande joie de la voir libérée.
Malheureusement, d’autres situations continuent de nous inquiéter. Je pense
évidemment à la chercheuse franco-iranienne Fariba ADELKHAH, qui a été condamnée
à cinq ans de prison en Iran en juin 2019 et qui a obtenu récemment une libération
temporaire, mais qui est obligée de rester à son domicile avec un bracelet électronique.
Bien sûr, je pense à Nasrin SOTOUDEH, avocate iranienne, injustement
emprisonnée en Iran depuis juin 2018 pour s’être battue pour le droit des opposants
politiques en Iran et pour le droit des femmes. Elle a entamé une grève de la faim cet
été. Vous savez que nous n’avons pas l’habitude de mettre des portraits sur le fronton
de l’hôtel de ville à chaque fois qu’il y a malheureusement ce genre de situation. Nous
le faisons là parce que, nous le savons, sa situation en termes de santé est tout à fait
précaire et je crois qu’il est essentiel que l’opinion internationale fasse pression sur l’Iran
pour tenter de la faire libérer le plus immédiatement possible et sans condition. C’est
évidemment ce que nous recherchons.
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Nous avons donc mis son portrait sur le fronton de l’hôtel de ville. Comme, je le
pense, certains d’entre vous, nous avions demandé sa libération par de nombreuses
pétitions et prises de parole, mais là, je crois que nous arrivons à une situation vraiment
délicate où il faut porter de la voix un peu plus fort et Marie-Pierre BRESSON et Jacques
RICHIR étaient ce matin à l’installation de cette banderole.
Nous allons maintenant regarder l’actualité par une vidéo.
(Projection d’une vidéo.)
Nous avons vu Octobre rose à la fin. L’avantage d’avoir ces nouveaux
éclairages dans la ville est de pouvoir faire passer un message par cette couleur
pendant tout le mois d’octobre pour le cancer du sein.
Je vais vous faire le point sur la gestion de la crise sanitaire. Vous avez vu que,
comme d’autres grandes métropoles, après Paris, Marseille et La Guadeloupe, Lille,
Grenoble, Lyon et Saint Etienne sont passées depuis hier en zone d’alerte maximale à
appliquer à partir de ce soir pour les bars et à partir de demain pour le reste des
dispositions que le Préfet a prises et qui sont sorties dans son arrêté cet après-midi.
Je reviens quelques instants en arrière. Je vous rappelle que, dès le 3 août, le
Préfet avait demandé que, dans les lieux les plus occupés de la ville, c’est-à-dire autour
des gares, dans le cœur de ville, on puisse porter le masque. Je crois que l’on peut dire
que ce masque a été très largement porté par les Lillois et par les visiteurs, et ce, très
tôt, avant l’obligation qui a été faite pour le reste du pays. On peut dire aussi que les
commerces dans notre ville ont joué le jeu comme un peu partout, tout comme les
associations, les organisations, les équipements qui organisaient des manifestations
lorsqu’elles étaient encore possibles, culturelles, sportives ou environnementales. Je
crois que les choses ont été bien gérées et que l’on a pu effectivement respecter ces
règles.
À partir des derniers jours d’août et des premiers jours de septembre, on a
commencé à avoir des inquiétudes avec le retour des vacances pour certains qui
s’étaient sans doute un peu lâchés pendant ces vacances et par le retour des étudiants
qui ont fait leur soirée d’intégration, des soirées plus privées… On a vu alors les
indicateurs retenus par le Gouvernement brutalement évoluer, mais pas tous les
indicateurs et c’est ce qui explique les décisions qui ont été prises.
Je veux d’abord vous dire que, depuis les règles sanitaires, jusqu’à la décision
du Gouvernement par rapport aux 22 heures pour les bars, nous avons mis 490 procès-
verbaux pour non-respect des règles sanitaires, quasiment essentiellement dans les
bars. Certes, ce n’est pas la majorité des bars, mais une bonne minorité des bars n’ont
pas respecté ces règles et c’est sans doute ce qui a conduit à ce que nous avons vu il
y a dix jours, une très forte augmentation de l’incidence, du nombre de personnes
infectées à Lille. Nous étions, il y a dix jours, la métropole et la ville les plus infectées
de France, avec des taux qui dépassaient 350 pour 100 000 habitants.
Ce qui a mené à une lecture commune avec le Gouvernement, avec l’ARS et
avec le Préfet, ce sont les deux autres indicateurs. Le nombre de personnes de plus de
65 ans touchées par le virus restait autour du socle fixé par le Gouvernement ; nous
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étions autour de 102 ou 103 lorsque le socle est à 100, alors que, dans une ville comme
Marseille, cela avait dérapé dès le départ. Par ailleurs, il y a dix jours, nous avions très
peu de personnes hospitalisées ; pour vous donner un exemple, 20 personnes
hospitalisées, 5 en réanimation lorsque le Gouvernement a été amené à prendre la
première mesure sur les bars.
Le Gouvernement a donc pris cette mesure de fermeture des bars à 22 heures
il y aura 15 jours demain, considérant que c’était là que se trouvait une partie de la
question, même si on sait bien que des réunions peuvent avoir lieu en dehors de ces
bars.
Je l’ai dit et je le redis ici, j’ai beaucoup regretté que les 54 fermetures que nous
avions demandées – et une dizaine de fermetures auraient pu être faites très vite – ne
soient pas faites. Si on avait tapé fort et vite, cela aurait peut-être donné une
compréhension aux autres qu’ils n’allaient pas être indemnisés et avoir le chômage
partiel et qu’il fallait effectivement respecter ces règles. Cela n’a pas été fait et je l’ai
regretté, y compris lorsque, avec Jacques RICHIR et Damien CASTELAIN, le Président
de la MEL, nous sommes allés voir le Premier Ministre. Le Préfet a fait une dizaine de
fermetures depuis.
Nous sommes donc arrivés à cette mesure qui a malheureusement touché tous
les bars et pas seulement ceux qui contrevenaient et qui ont sans doute été pour
quelque chose dans cette augmentation très forte du taux d’infection des jeunes et du
pourcentage de jeunes faisant le test et qui étaient effectivement infectés.
Lorsque nous sommes allés voir le Premier Ministre, comme les maires de
Lyon, de Grenoble et la maire de Paris jeudi la semaine dernière – c’est là où la situation
locale doit être prise en compte et elle l’a été –, tout le monde autour de la table, le
Premier Ministre, le Ministre de la Santé, la Direction générale de la santé, l’Agence
régionale de santé, le Préfet, nous-mêmes au niveau de la Métropole et de la Ville, nous
étions d’accord pour dire que le vrai sujet était effectivement ce fort taux d’infection chez
les jeunes et que rien ne servait de prendre des mesures complémentaires dès lors que
le Gouvernement avait pris cette mesure pour les bars.
Contrairement à ce qui a été dit dans notre journal préféré, je n’ai pas demandé
un sursis, nous nous sommes tous mis d’accord pour dire qu’il fallait aller jusqu’au bout
de la décision du Gouvernement – même si je n’y étais pas favorable –, à savoir la
fermeture à 22 heures pour les bars, en essayant de voir ce que cela allait donner.
Force est de constater que, depuis maintenant deux jours, nous avons une
évolution. L’évolution globale du nombre de personnes infectées est positive, c’est-à-
dire qu’elle s’est réduite, mais nous sommes encore au-dessus du taux d’incidence de
300 pour 100 000 habitants. Nous restons dans les villes et les métropoles les plus
impactées.
En revanche, les deux autres critères qui étaient encore favorables jeudi la
semaine dernière se sont détériorés, c’est-à-dire le taux d’infection des personnes de
plus de 65 ans qui atteint aujourd’hui 283 pour 100 000 – c’est énorme – et le nombre
de lits en réanimation. Ce n’est pas le cas pour le CHU de Lille où j’ai fait le point encore
hier matin ; on avait 60 hospitalisés et 20 personnes en réanimation, mais c’est déjà le
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cas à Roubaix et Tourcoing. Roubaix a d’ailleurs un très fort taux de personnes
infectées. Nous avions donc vraiment une grosse inquiétude d’avoir dans les jours qui
viennent, dans tous les hôpitaux et y compris le CHR, une arrivée dans les hôpitaux de
personnes de plus de 65 ans dont on sait qu’elles sont la grande majorité des cas graves
et même des décès.
D’où le choix qu’a fait le Gouvernement, qui paraissait inéluctable et que je
considère comme justifié, de nous placer dans ce système d’alerte maximale et de
fermer les bars.
J’ai beaucoup défendu depuis un mois et demi le fait que les restaurants
puissent rester ouverts à condition de respecter évidemment des normes qui sont de
plus en plus sévères, parce que, dans la ville – et je crois que c’est partagé par les
services de l’État –, les restaurants ont joué le jeu, ont pratiqué les normes sanitaires et
parce qu’être sévère pour être sévère, alors qu’on sait que cela n’aura pas
obligatoirement d’effet, n’aurait pas eu de sens. C’est la raison pour laquelle, dès le
début de la semaine, je me suis procuré le protocole sanitaire renforcé qui avait été
préparé par le Haut conseil de la santé publique avec les représentants des
restaurateurs et avec l’UMIH pour l’envoyer aux restaurants, avec un double objectif,
d’abord celui de les informer du protocole au cas où nous passerions en alerte maximale
et, deuxièmement, pour qu’ils puissent dire « je m’y engage », pour pouvoir dire au
Gouvernement que leurs restaurants étaient prêts à aller au-delà en matière de
protection et à respecter ces règles.
Le Préfet, cet après-midi même, a sorti un arrêté qui reprend le protocole UMIH
essentiellement sur quatre points. Certains des points étaient un peu contestables :
remettre le masque entre deux plats ou l’obligation pour le restaurateur d’ouvrir Stop-
Covid – on peut ne pas y être favorable pour des tas de raisons. Ces deux points du
protocole n’ont pas été repris. Par conséquent, les restaurateurs auront à faire en sorte
de n’accueillir que six personnes par table, d’afficher le nombre de personnes maximal,
de maintenir des distances qui sont déjà largement pratiquées et de demander à chaque
table le nom et le téléphone d’un référent au cas où il y aurait des cas de Covid. Voilà
ce que dit l’arrêté du Préfet et ce qui sera appliqué pour les restaurants à partir de
demain.
J’ajoute que Bruno LE MAIRE, le Ministre de l’Économie, a annoncé hier des
mesures complémentaires d’aide, notamment de soutien à l’économie. Le fonds de
solidarité qui a été mis en place a été élargi puisqu’il s’applique également à de
nouvelles professions. Il s’applique maintenant aux établissements jusqu’à 50 salariés
et non pas jusqu’à 20, et il ouvre aussi à d’autres catégories puisque, jusqu’à présent,
il fallait avoir perdu 80 % de son chiffre d’affaires pour avoir droit à une aide et on est
descendu à 70 %, tout en ouvrant les aides qui peuvent aller de 1 500 € à 10 000 €.
Enfin, le Gouvernement a aussi annoncé hier que, sur l’activité chômage
partiel – on ne peut que s’en réjouir –, il allait accompagner et prendre en charge à
100 % le chômage partiel dans les secteurs du tourisme, de la culture, des sports et de
l’événementiel, qui sont des secteurs qui souffrent eux aussi beaucoup actuellement.
Voilà pour les mesures qui ont été annoncées hier, tout en sachant que l’on
pourrait attendre d’autres types de mesures, mais celles-ci sont d’ores et annoncées et
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nous allons voir les effets que cela peut avoir sur les entreprises et les commerces
concernés.
Par ailleurs, les salles des fêtes, les salles polyvalentes continuent à être
fermées. Un grand nombre de manifestations prévues ont été annulées.
Vous verrez dans l’arrêté du Préfet qu’il est vraiment rentré dans le détail de
tout ce qui est interdit dans les rencontres, que ce soient les mariages ou autres. On est
en train de regarder mais il y a là, me semble-t-il, un élargissement de quelques-unes
des mesures qui étaient déjà en place, comme les salles de sport et de gymnase qui
sont fermées.
Là aussi, je l’avais dit au Premier Ministre. On peut comprendre qu’on ferme
des salles en sous-sol où on est sur des machines les uns à côté des autres. En
revanche, pour des clubs sportifs dont, dans notre ville, la plupart occupent des locaux
extrêmement grands, notamment des gymnases municipaux, pourquoi ne pas donner
l’autorisation au Préfet de déroger à chaque fois qu’un protocole sanitaire sera mis en
place ? C’est ce qu’on a fait par exemple pour les forains, pour Solid’Art, pour 111 des
Arts, où les protocoles ont été très serrés et bien discutés avec la Ville – j’en remercie
Floriane GABRIELS – et ont obtenu des dérogations. Nous avons demandé qu’il en soit
de même pour les associations sportives, mais nous n’avons pas été suivis sur ce point.
Voilà donc l’état des lieux aujourd’hui.
Vous le savez, nous avons renvoyé deux masques aux habitants à la rentrée,
pas tant parce que nous étions dans une pénurie de masques comme lorsque nous les
avons envoyés la première fois, mais pour rappeler à chacun que le masque est
obligatoire. Comme la Ville avait acheté des masques, notamment beaucoup cet été
parce que les prix étaient très bas, et comme nous avons acheté des masques
chirurgicaux jusqu’à la fin de l’année, nous avons envoyé ces masques à partir du 7
septembre pour que les Lillois se rappellent de cette obligation. Je pense que cela a été
relativement bien accueilli. Ce sont des masques en tissu qui peuvent maintenant être
lavés 50 fois, ce qui est évidemment tout à fait intéressant.
Nous sommes aussi sur les EHPAD et sur les seniors, avec des inquiétudes
pour les jours qui viennent. Avec Arnaud DESLANDES, Marie-Christine STANIEC et
Justine RATELADE, nous avons vraiment mené une action très proche des EHPAD,
tout d’abord des six résidences qui appartiennent à la Ville, qui sont dans l’EHPAD de
la Ville, et en essayant de rester le plus en contact possible avec les EHPAD privés.
La situation actuelle est tout à fait inquiétante. Dans les résidences de la Ville,
nous avons eu deux inquiétudes concernant des personnes âgées mais qui n’avaient
pas le Covid. Là, nous avons un agent qui semble être infecté, mais, pour l’instant, nous
n’avons pas de malades parmi les personnes âgées accueillies dans nos six résidences.
Il faut dire que nous n’avons pas ralenti les mesures restrictives. Par exemple,
les visites ne peuvent pas avoir lieu en chambre depuis le début de la pandémie, sauf
évidemment pour des personnes qui seraient dans une situation de fin de vie. Les visites
doivent se dérouler dans des créneaux très limités. Pas plus de trois personnes
extérieures à la résidence ne peuvent venir en même temps. Pour l’ensemble de nos
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agents, on prend leur température, on leur demande s’ils ont des symptômes et, surtout,
on leur fait passer un test à chaque fois qu’il y a une crainte et une fois par mois en tout
état de cause pour tout le monde et pour toutes les personnes âgées dès qu’on a une
crainte. Pour l’instant, il n’y a pas eu de difficulté.
Malheureusement, on ne peut pas dire la même chose sur l’ensemble des
EHPAD privés de la ville, puisqu’un d’entre eux est très douloureusement touché à la
fois par des morts et par des personnes qui sont « covidées ».
Par ailleurs, nous avons relancé le plan d’alerte et d’urgence pour les personnes
âgées qui vivent à leur domicile en leur rappelant, par internet ou par texto en fonction
de leur mode de communication, que nous pouvions les appeler, leur rendre visite. Nous
avons donc poursuivi ce travail qui n’a jamais cessé.
Je reviens un instant sur la rentrée scolaire pour vous dire que, avec Charlotte
BRUN, notre souci a été d’éviter le brassage des élèves. Je remercie toute la direction
de Florence MAGNE et d’Emmanuel NOLEVAUX, qui ont préparé de manière
formidable la restauration scolaire, notamment pour qu’il n’y ait pas de brassage.
On ne peut pas dire que ces règles ont été appliquées aussi strictement partout
par l’Éducation nationale, mais, en tout cas, c’est vraiment ce que nous avons essayé
de faire : pas de brassage aux entrées et sorties, pas de brassage dans les récréations,
ce qui est évidemment très important.
Vous l’avez suivi, le Gouvernement a annoncé des mesures qui ont varié dans
le temps. Il y a trois semaines, Monsieur VÉRAN a annoncé que, finalement, on n’était
pas obligé de fermer une classe lorsqu’il y avait un enfant infecté, mais seulement quand
il y en avait trois. Comme le Ministre de l’Éducation a mis six jours à envoyer une
circulaire, pendant six jours, on a continué à fermer des classes, avec l’incompréhension
des parents. Maintenant, on est toujours sur cette règle. On ne ferme une classe que
lorsqu’il y a trois enfants infectés.
Pour l’instant, les seuls enfants qui ont été touchés par le Covid l’ont apporté de
l’extérieur, de leur famille. Il n’y a pas eu d’infection interne dans les écoles.
Bien sûr, on parle beaucoup de la situation sanitaire, mais on doit parler aussi
des conséquences économiques et sociales. On peut dire que les associations de
manière générale – j’ai cité tout à l’heure les secteurs culturels, sportifs, etc. – souffrent
beaucoup aujourd’hui. Audrey LINKENHELD reviendra tout à l’heure, avec Marielle
RENGOT sur le fonds de soutien aux associations, pour lesquelles nous avons tous
ensemble, Majorité et Oppositions, décidé d’un certain nombre de subventions
exceptionnelles pour ceux qui avaient des pertes liées effectivement au Covid.
Je peux dire que ce que nous avons souhaité pendant les vacances avec
« Voyage, voyages » a porté ses fruits, c’est-à-dire de faire voyager à l’intérieur de la
ville les Lillois, familles et enfants qui ne partaient pas en vacances.
720 activités ont été proposées du 7 juillet au 15 août, puis d’autres activités.
Plus de 40 000 personnes y ont participé. Beaucoup d’enfants ont pu faire du canoë, de
l’escalade, du poney, aller dans des ateliers nature et environnement, approcher un
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sport qu’ils n’avaient pas l’habitude d’approcher. La moitié des familles et des enfants
sont sortis de leur quartier, ce qui était pour nous important, pour pouvoir découvrir un
autre aspect de la ville. C’était l’idée du voyage dans la ville qui a été relativement bien
joué.
Par ailleurs, du 6 juillet au 30 août, 115 spectacles ou impromptus ont été
organisés dans l’espace public, toujours en veillant évidemment à respecter la distance.
Les aînés n’ont pas été oubliés, avec neuf concerts organisés avec l’ONL,
l’Opéra et l’Aéronef dans les six EHPAD municipaux, les six résidences municipales.
La braderie n’ayant pas eu lieu – et je crois que tout le monde s’accorde à dire
que c’était impossible –, nous avions, après avoir discuté avec les unions commerciales,
proposé au Préfet de faire cette braderie des commerçants à l’intérieur des commerces,
pour éviter le déploiement extérieur. Cette braderie des commerçants, qui a surtout
permis de vider des stocks qui s’étaient remplis pendant le Covid, a bien marché. C’est
en tout cas ce que disent les commerçants qui ont répondu à un sondage de la
Fédération du commerce. Je crois qu’il était utile que nous organisions ces deux jours
qui ont d’ailleurs été accompagnés par une animation culturelle, pas trop importante car
on ne pouvait pas prendre le risque d’avoir des personnes qui se regroupent, mais qui
a été très appréciée.
En ce qui concerne les événements culturels, nous avons évidemment été
obligés d’annuler beaucoup de ces événements. Le Préfet a annulé les journées du
Patrimoine – on l’a très bien compris –, Mange Lille, le festival Wazemmes l’accordéon
dont la voilure a été drastiquement réduite.
Je crois que l’on peut se réjouir quand même que le Musée des Beaux-Arts et
le Musée d’Histoire Naturelle qui a rouvert maintenant – même s’il vaut mieux réserver
–, aient accueilli depuis le début de l’année plus de 88 000 entrées pour le Palais des
Beaux-Arts et 56 000 entrées pour le Musée d’Histoire Naturelle. C’est évidemment
important.
Comme je le disais tout à l’heure, grâce au protocole sanitaire qui nous a permis
d’avoir un accord du Préfet, nous avons pu néanmoins garder quelques propositions
culturelles de qualité.
Je pense à Solid’Art, qui est organisé par le Secours populaire, qu’il faut une
fois de plus saluer et féliciter pour cette action formidable. C’est une opération pour les
pères Noël verts. Cette année, nous l’avons fait dans l’hôtel de ville. Cela a été apprécié
par les artistes comme par le public et cela a permis à 5 000 visiteurs et au Secours
populaire de recueillir 125 000 €.
De la même manière, la deuxième édition du 111 des Arts à la Halle aux sucres :
le 111 des Arts appelle 111 artistes à faire des tableaux 11/11 qu’ils vendent pour
apporter cet argent à la recherche pédiatrique. C’est évidemment tout à fait important.
825 tableaux ont été vendus, 65 000 € ont été récoltés. Je crois qu’il faut remercier
Dominique CRONIER et Catherine SOUBRIER, les organisatrices, pour ce succès, là
aussi avec un très bon respect des distances et des normes.
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Du 30 septembre au 4 octobre, Ciné Comédies, premier festival grand public
consacré aux comédies. Nous étions très heureux de les accueillir, avec la présence
d’Agnès JAOUI et de Jean-Paul RAPPENEAU. 3 500 spectateurs sont venus malgré
les normes extrêmement strictes dans les salles. L’exposition autour de Bourvil,
présentée au Palais Rihour, a accueilli 3 500 visiteurs, bien que la jauge soit limitée à
17 personnes en même temps.
Enfin, avec Lille Design, la MEL a ouvert des expositions au Tripostal à Saint-
Sauveur, qui ont déjà accueilli 15 000 personnes.
J’ai parlé tout à l’heure du Musée d’Histoire Naturelle. Je le dis maintenant parce
que nous n’allons pas nous revoir d’ici là. Le Musée d’Histoire Naturelle, dont je vous
rappelle qu’il a été créé en 1822 et qu’il est installé depuis 1902 dans ces locaux, a
quatre collections : la géologie, la zoologie, les sciences et techniques et l’ethnographie.
Sur 450 000 objets conservés, seuls 5 % sont présentés.
L’idée, depuis longtemps – mais là, c’est parti –, est de faire un grand musée
de l’homme, de la nature et des civilisations que pourra découvrir le public. Il y aura
70 % de lieux d’exposition en plus pour le public, une ouverture avec un café, une
bibliothèque, l’accueil des jeunes publics que fait si bien l’équipe du Musée d’Histoire
Naturelle.
Ce musée va donc fermer à partir du 18 octobre et pendant les vacances
scolaires de la Toussaint. Auparavant, des animations ont lieu pour présenter ce projet,
notamment une conférence de présentation des trésors du musée, qui sera réalisée par
la directrice Judith PARGAMIN le 18 octobre. Il y aura des ateliers de construction de
maquettes, des ateliers autour des objets insolites du musée.
Le musée rouvrira avant les vacances de février, après cette première étape de
travaux.
Vous l’avez compris, la crise sanitaire ne constitue pas un frein à l’action. Nous
travaillons à la fois pour relancer l’économie et pour accroître la cohésion sociale à un
moment où, on le sait, cette période est extrêmement difficile pour les plus fragiles, les
salariés qui craignent pour leur emploi – Martin DAVID-BROCHEN reçoit beaucoup de
délégations syndicales parce qu’il y a des fermetures ou des craintes de fermeture et
nous regardons comment nous pouvons les accompagner –, mais aussi parce qu’il nous
faut relancer la machine, ne pas la relancer comme précédemment, mais bien relancer
une économie qui soit cette fois-ci à la fois soucieuse de l’environnement et soucieuse
des salariés.
Le Gouvernement a annoncé un plan de relance économique par la transition
écologique, le développement des mobilités douces et la rénovation énergétique. Il se
trouve que cela correspondait tout à fait à ce que nous avions proposé aux Lillois. Nous
sommes donc assez prêts pour lancer les premiers projets dans chacun de ces
domaines.
Nous aurions bien aimé qu’il y ait aussi un plan de relance social en parallèle
de ce plan de relance économique, notamment pour répondre aux engagements qui
avaient été pris vis-à-vis des salariés, des agents qui se trouvaient en première,
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deuxième ou troisième ligne pendant le Covid et qui ont parfois l’impression d’être
oubliés, et aussi pour les plus précaires pour lesquels cette période est particulièrement
difficile.
Il y a eu quelques mesures sur l’emploi – j’y reviendrai –, dans lesquelles nous
allons effectivement avancer mais, sur la partie rémunérations, conditions de travail, il
reste sans doute encore beaucoup à faire et je pense à l’hôpital, mais pas seulement.
Je reviens sur le plan de relance que nous avons préparé. Là, je parle
essentiellement d’investissement et non pas de fonctionnement comme la politique
sociale pourrait l’entraîner.
Hors les villes d’Hellemmes et Lomme où nous sommes en train de travailler
avec Roger VICOT et Franck GHERBI, nous avons proposé un plan de relance autour
de 65 M€ à réaliser d’ici 2023, qui tourne autour des trois objectifs que le Gouvernement
a fixés et qui étaient prioritaires dans notre programme.
Accroître la nature en ville :
- planter 20 000 arbres pendant la période de ce mandat, ce qui veut dire
en faire beaucoup dans ces trois premières années ;
- débétonniser les cours d’école, Charlotte BRUN y reviendra dans
quelques instants.
Un certain nombre de ces projets seront des projets du moyen terme, mais nous
y travaillons déjà et nous demandons à être aidés sur les études. Je vous donne
quelques exemples :
- la requalification du Jardin des plantes et ses 11 hectares ;
- la transformation de l’avenue du Peuple Belge, projet sur lequel nous
souhaitons mettre sur la table plusieurs propositions très différentes et
ouvrir la discussion avec les Lillois ; on avait même dit que l’on était prêt à
aller jusqu’à un référendum ;
- la création du parc du Rectorat dans le Vieux-Lille, qui peut se faire plus
rapidement dès lors que le Rectorat a terminé les déconstructions
nécessaires et le désamiantage ;
- le chantier de la place du Maréchal Leclerc, où nous avons déjà
commencé la concertation avec les riverains.
Il y a aussi des éléments plus immédiats. Je pense aux jardins partagés et, par
exemple, au jardin de Bailleul Van Dyck à Wazemmes.
Le deuxième axe dans cette végétalisation et la place de la nature, c’est bien
évidemment la métamorphose paysagère de la ville, en voulant faire en sorte que
chaque axe de circulation intègre une plus grande place pour les piétons et les vélos,
mais aussi des arbres, de la végétation, des bancs, un éclairage à la fois sobre et
sécurisant et du mobilier urbain original et adapté pour se reposer.
Je ne vais pas vous faire la liste de toutes les rues et de toutes les places. Vous
savez que nous avons déjà lancé avec les habitants, avec des associations et des
riverains, la rue Solférino, la requalification de la place de Strasbourg, la deuxième
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phase de la rue Pierre Mauroy, pour ne prendre que ces exemples. C’est donc la place
de la nature, la végétalisation dans les projets qui sont les plus proches de nous dans
le temps.
Le deuxième grand domaine que le Gouvernement a mis dans son plan de
relance, ce sont les mobilités douces.
C’est évidemment la MEL qui est en premier concernée. Avec Audrey
LINKENHELD, nous avons rappelé au président de la MEL que nous souhaitions qu’il
lance le plus vite possible les études notamment sur les tramways – puisqu’il y a deux
tramways – et qu’il nous accompagne sur nos propositions sur le vélo.
Vous savez que, à la sortie du confinement, nous avons demandé à la MEL, qui
l’a fait, de réaliser 15 kilomètres de plus de vélo. Il reste encore des problèmes dans
ces 15 kilomètres de vélo, qui étaient pour nous le début du réseau express vélo. Nous
avons toujours dit que ces tracés seraient permanents, sauf si on trouvait des grandes
difficultés, mais nous savons bien qu’il y a encore aujourd’hui des difficultés,
particulièrement dans les franchissements, qui nécessitent un travail essentiel avec la
MEL, et Jacques RICHIR travaille beaucoup sur la création de ce réseau express vélo.
Nous avons également la volonté de poursuivre le développement dans la ville
de pistes cyclables qui soient à la fois continues et sécurisées, ce qui n’est pas toujours
simple et qu’il faut réaliser.
S’agissant des box à vélos qui, vous vous en souvenez, ont été proposés par
le budget participatif, nous en aurons installé 52 en fin d’année et 40 autres le seront
début 2021.
Il faut savoir que, aujourd’hui, 900 Lillois se sont inscrits pour avoir ces box à
vélos. Nous les regroupons. Ces box peuvent accueillir cinq vélos et nous essayons
surtout de prioriser les endroits où les personnes sont dans des appartements et ont
peu de place pour accueillir leur vélo.
C’est l’occasion de rappeler, puisqu’on retire des places de stationnement, que
l’espace public n’appartient pas à un mode de circulation mais doit être partagé.
Nous avons travaillé encore hier sur le nouveau code de la rue avec l’ADAV et
sur l’idée d’essayer de mieux communiquer pour éviter ce que je vois aujourd’hui à
Paris, c’est-à-dire deux clans : les vélos et les piétons contre les voitures et les gens qui
s’opposent avec une très grande violence. Je crois qu’il faut vraiment que l’on arrive à
faire en sorte que chacun soit respecté là où il est, que les pistes cyclables soient
respectées – on voit bien les accidents dont je viens de parler, qui sont les plus lourds,
mais des inquiétudes peuvent aussi avoir lieu quotidiennement –, mais il faut aussi que
les vélos respectent les règles du code de la route et respectent les piétons. Je pense
qu’il faut vraiment que l’on avance très vite pour éviter d’arriver à la situation de certaines
villes où on est dans l’opposition.
S’agissant de la création de la Maison des mobilités, nous avons avancé sur un
lieu, nous sommes en train d’aller jusqu’au bout pour pouvoir l’acquérir. L’ADAV y est
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très favorable. Nous espérons réaliser cette Maison des mobilités d’ici 2022 comme
nous l’avons annoncé.
Enfin, troisième axe, rénovation durable, rénovation énergétique : c’est un projet
sur lequel on avance depuis maintenant plusieurs mandats. Je rappelle la réduction de
40 % de la consommation énergétique sur les bâtiments publics de la Ville, mais il reste
encore beaucoup à faire. Je pense notamment à de nouvelles démarches ; Audrey nous
parlera tout à l’heure de projet EnergieSprong.
Nous avons fait dans le cadre du plan de relance de nouvelles propositions pour
les écoles, les restaurants scolaires, que l’on peut lancer très vite – c’est d’ailleurs ce
que demande le Gouvernement –, et pour la requalification du parc de logements
dégradés, je pense par exemple à la requalification thermique de la Cité Saint-Maurice.
Enfin, je le disais, mais je ne vais pas entrer dans le détail, nous sommes aussi
inscrits dans les programmes en matière d’emploi. Le Gouvernement a augmenté un
certain nombre de dispositifs :
- les services civiques : nous étions déjà la ville qui avait le plus de services
civiques en France et nous proposons d’augmenter encore de 50 % ; nous
avions déjà 300 services civiques par an et nous souhaitons passer à 450
par an ;
- idem pour la garantie jeune, qui s’adresse à des jeunes en plus grande
précarité. Nous sommes prêts à accompagner 870 jeunes par an.
Au-delà de ces deux dispositifs, Martin DAVID-BROCHEN a lancé avec la
Mission locale le nouveau dispositif « 1 000 apprentis ». Vous savez qu’il est très difficile
aujourd’hui pour les jeunes qui sont en apprentissage ou en formation qualifiante en
alternance de trouver des entreprises qui s’inquiètent de la situation et ont du mal à les
accueillir, parfois même à continuer leur processus scolaire. Là aussi, c’est un
engagement que nous avons pour les accompagner.
Enfin, dans les plans de relance soutenus par le Gouvernement, il y a ce qu’ils
appellent des fiches « France relance » qui touchent aux investissements culturels.
Nous avons proposé plusieurs projets, projets qui sont aussi dans notre programme,
mais que l’on peut accélérer si on est aidé par l’État : le Musée d’Histoire Naturelle, la
rénovation de la toiture du Palais des Beaux-Arts et de la halle B de Saint-Sauveur.
Voilà dit très rapidement ce qui se trouve dans notre plan de relance. Le Premier
Ministre doit recevoir certains maires dans les jours qui viennent pour pouvoir lancer le
dispositif en France car, pour l’instant, nous savons qu’il y a de l’argent, mais nous ne
savons pas très bien quels sont les canaux et les lieux où demander ou proposer. Le
Premier Ministre nous a fait savoir que, avec Monsieur LE MAIRE, que nous avions vu
avec Audrey lorsqu’il est venu à Lille, il allait lancer avec un certain nombre de
communes dès maintenant leur plan de relance. Nous sommes prêts et nous attendons
cette convocation chez le Premier Ministre.
Nous souhaitons, je crois, tous faire de Lille une ville accueillante pour les
réfugiés et une ville qui reste accueillante pour les réfugiés. Souvenez-vous que, en
2019, nous avons accueilli 49 jeunes de l’Oppent Haus. Ils ont tous leur carte de réfugié.
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Un certain nombre sont déjà sortis de Corot où on les accueille, ils sont en insertion ou
en emploi. Les autres sont en train de poursuivre ce processus.
Je rappelle que, en 2018, nous avions accueilli des rescapés de l’Aquarius et,
précédemment, dès 2015, des familles syriennes et afghanes qui étaient arrivées seules
dans notre pays.
Actuellement, le navire Alan Kurdi accueille 133 réfugiés à bord. Il est
actuellement en quarantaine en Sardaigne. Nous avons fait savoir à l’OFII que nous
pouvions dès maintenant accueillir une trentaine de personnes et peut-être plus si
sortent de Corot un certain nombre de jeunes qui auraient la capacité de s’insérer
aujourd’hui.
Par ailleurs – même s’il faut que l’on aille plus loin que ce que je vais dire tout
de suite –, je pense qu’il faut que nous apportions notre pierre à l’accueil des jeunes et
des enfants qui ont vécu ce qui s’est passé dans l’île de Lesbos, avec cet immense
incendie. La France s’est engagée à accueillir 500 enfants ou jeunes. Aujourd’hui,
aucun dispositif n’est mis en place.
J’ai joint le Président du Département parce que, pour accueillir des enfants, il
faut avoir un personnel particulier. Il a repéré une trentaine de places qui pourraient
nous permettre de les accueillir immédiatement. Evidemment, ce n’est rien, mais si tout
le monde faisait la même chose, je pense qu’on arriverait à les accueillir. Ils sont déjà
en train d’arriver en Allemagne, il faudrait aussi qu’ils puissent arriver chez nous.
D’autre part, nous avons préparé avec Marie-Pierre BRESSON une délibération
pour accompagner l’association SOS Méditerranée. Cette association intervient,
comme son nom l’indique, essentiellement pour récupérer des réfugiés rescapés de la
Méditerranée et, ne recevant aucune aide publique d’État, elle a beaucoup de difficultés
à monter ces opérations. Nous vous proposerons donc tout à l’heure de mobiliser dès
maintenant 15 000 € pour SOS Méditerranée, mais, au-delà de cela, de nous engager
à continuer à accueillir des réfugiés et à aider à ce que l’opinion publique accepte cet
accueil à un moment où les replis sur soi sont de plus en plus importants.
Je voudrais profiter de ce conseil, comme je l’ai fait en m’adressant directement
au Maire de Grenoble hier soir, pour féliciter Grenoble qui est depuis hier Prix Capitale
verte de l’Union européenne pour l’année 2022.
On voit que, à Grenoble, malgré sa situation géographique difficile, puisqu’elle
est dans une cuvette, donc avec une forte pollution de l’air, les actions menées par la
municipalité ont permis qu’elle soit finaliste avec Dijon, Tallinn et Turin et qu’elle gagne
ce prix pour lequel nous étions numéro 2 l’année dernière. Nous les avons évidemment
félicités.
C’est l’occasion pour moi de vous dire qu’Eurocities, à la suite d’OSLO – et je
remercie encore Audrey LINKENHELD pour l’immense travail qu’elle a fait en la matière
–, nous a demandé de signer et de rentrer dans ce réseau des villes vertes
européennes. C’est ce nous allons faire en vous proposant cela.
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Vous savez que nous avons déjà été amenés à prendre plusieurs positions,
notamment en octobre 2019 avec notre déclaration d’urgence climatique. L’urgence
climatique aujourd’hui, c’est évidemment le problème des conséquences du climat sur
notre environnement et sur la nature, mais ce sont aussi des conséquences sociales
extrêmement lourdes et des conséquences économiques.
Aujourd’hui, ce Green City accord est proposé aux villes européennes qui
travaillent déjà et avancent en matière de transition écologique. C’est pourquoi on nous
a proposé de rentrer dans cette convention des maires pour le climat et l’énergie. Nous
sommes adhérents depuis 2008, mais il y aurait une manifestation le 22 octobre pour
constituer ce réseau des villes vertes européennes et ce, en s’engageant sur des
domaines qui, vous le savez, sont dans nos priorités et le sont depuis longtemps même
si nous renforçons ces priorités aujourd’hui : l’amélioration de la qualité de l’air,
l’amélioration de la nature et de la biodiversité, la gestion des déchets pour aller vers
une ville bas carbone et un objectif zéro déchet, l’amélioration de la qualité et de
l’efficacité de l’utilisation de l’eau.
Sur chacun de ces points, je pense que l’on peut effectivement s’avancer et
faire partie de ce réseau de villes vertes. C’est toujours intéressant de savoir ce que les
autres font et d’avancer ensemble.
Nous avons reçu le 25 septembre dernier un Hashtag 2020, qui a été remis par
l’observatoire socialmedia des territoires.
Il s’agissait de récompenser une initiative de la Direction de la Communication
– et j’en salue les agents – qui était de dire aux Lillois : « Montrez-nous ce que vous
faites chez vous », « les Lillois ont du talent à la maison ». C’est l’équivalent de « Les
Lillois ont du talent » que nous avons lancé depuis deux ans en mettant en avant des
personnes de commerces, d’associations qui réalisent des opérations intéressantes.
Cette opération nous a valu ce hashtag de bronze car beaucoup de Lillois ont
effectivement répondu.
Un mot sur l’open data. Depuis 2016, la Ville s’est organisée avec le portail de
la MEL pour mettre à disposition des citoyens, en téléchargement libre et gratuit, les
données électroniques publiques de la ville. On en a peu parlé en Conseil Municipal. Je
propose que, à chaque Conseil Municipal, on donne les nouveaux items qui sont des
données à disposition des citoyens, qui sont classés en sept catégories : administration,
transports et déplacements, culture et patrimoine, environnement, aménagement du
territoire, services et social, sports et loisirs.
Pour vous donner des exemples un peu à la Prévert, on trouve l’annuaire des
associations, la cartographie des box à vélos installés sur Lille-Hellemmes-Lomme, la
cartographie des aires de jeux, des lieux d’accès au numérique, mais aussi les prénoms
qui ont été choisis par les Lillois, les Hellemmois et les Lommois.
C’est donc un travail minutieux de recueil des données qui sont mises à
disposition des citoyens. Je crois qu’il faut de plus en plus non seulement jouer de la
transparence, mais donner des informations qui peuvent être utiles aux habitants.
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Je voudrais terminer ces communications en vous disant mon inquiétude sur la
volonté de contrôle du groupe Suez par Veolia. Je ne me sens pas Suez ou Veolia,
mais, en ayant été Présidente de la MEL et en étant Maire de Lille, je sais l’inquiétude
pour les collectivités territoriales – et de nombreux maires et associations de maires et
d’élus se sont déjà exprimés – si ces deux groupes devaient effectivement se retrouver
en un seul groupe, que ce soit l’un par rapport à l’autre ou l’autre par rapport à l’un. En
l’occurrence, il se trouve que c’est Veolia qui essaye de prendre le contrôle de Suez.
Toute personne ayant regardé des marchés publics, que ce soit sur l’eau ou les
déchets, le sait, nous avons là deux groupes qui sont parmi les premiers mondiaux, que
nous retrouvons se faisant concurrence, sachant que la concurrence est évidemment
utile pour faire baisser les prix. Il serait donc vraiment dommageable que nous n’ayons
plus qu’un groupe français mis en concurrence avec un groupe étranger. Pour l’avoir
vécu quand j’avais ma mission sur les relations économiques entre la Chine et la
France, je peux dire que, y ayant amené Suez et Veolia, ils ont pu gagner des marchés
non pas en se répartissant les choses, mais en étant présents tous les deux, alors qu’un
seul groupe entraînerait des difficultés.
Au-delà de cela, si Veolia prenait le contrôle de Suez – je n’entre pas dans le
débat actuel de savoir si le Gouvernement a accepté ou même poussé Engie à vendre
ses actions à Suez, je ne connais pas la réalité des choses –, je veux simplement dire
que, pour les collectivités territoriales, ce serait vraiment ennuyeux qu’on n’ait plus qu’un
seul groupe. On aurait à la fois des tarifs qui seraient moins avantageux et surtout un
énorme problème d’emploi parce que Suez et les salariés de Suez risquent d’en faire
les frais par une réorganisation en un seul groupe.
Je voulais donc, comme d’autres élus très nombreux l’ont fait, dire ce qu’était
ma préoccupation en la matière.
J’ai été un peu longue, mais il y avait beaucoup de choses en cette rentrée.
Je vous propose, pour se détendre un peu, tout d’abord l’activité « urbanisme
et nature en ville » par Stanislas DENDIEVEL, qui va nous montrer des images bien
expliquées comme d’habitude.
(Projection de diapositives)
Monsieur DENDIEVEL - Bonsoir à tous.
J’ai en effet le plaisir, Madame le Maire, mes chers collègues, de vous présenter
quelques actualités qui intègrent désormais des informations liées à la nature en ville,
un tour rapide qui va nous emmener à travers nos quartiers, de Lille-Sud au zoo de Lille.
Nous sommes dans le secteur Arras-Europe, rue Marguerite Duras, où je
souhaite vous présenter le permis de construire accordé pour ce beau projet d’habitat
participatif. C’est le premier programme d’habitat participatif dans le quartier de Lille-
Sud.
Vous le savez, la Ville de Lille est fondatrice du réseau national des collectivités
pour l’habitat participatif, une démarche où nous sommes pionniers et que nous avons
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portée dans le cadre d’appels à projets qui se sont traduits par plusieurs réalisations
dans le quartier des Bois-Blancs.
Avec notre collègue Anissa BADERI, qui porte désormais les démarches
d’innovation dans l’habitat, nous souhaitons encourager cette forme tout en la
diversifiant, en impliquant par exemple plus en amont des opérateurs et en la diffusant
dans tous les quartiers.
C’est le cas ici à Lille-Sud – et j’en profite pour saluer Alexandra LECHNER –
où nous avons construit avec le bailleur social Vilogia une consultation qui implique en
amont un groupe de locataires et de futurs accédants à la propriété intéressés à la
démarche. Ils ont conçu, avec l’agence d’architectes Archiae, un petit ensemble
comprenant 12 logements locatifs sociaux et cinq logements individuels en accession
sociale à échelle humaine.
Vous avez à l’image les maisons qui viennent ainsi prendre place dans le coude
formé par la rue Marguerite Duras. Elles sont d’un gabarit R+1 plus combles. Elles sont
marquées par une succession de toitures en pente qui évoquent une architecture de
shed. Leur parement est en briques rouges de trois teintes différentes, dans un registre
chromatique où celles-ci se répondent les unes aux autres.
L’immeuble collectif en R+3, qui prolonge ce que l’on vient de voir, est dans le
même registre architectural, avec les mêmes matériaux. Une faille, qui est traitée en
polycarbonate, organise la transparence des circulations entre les appartements,
conçue comme zone de rencontre.
La dimension participative se trouve dans plusieurs espaces communs. C’est,
d’une part, un jardin collectif accessible tant aux résidents des appartements que des
petites maisons. Ce sont, d’autre part, des locaux collectifs (atelier, local vélos,
appartements communs modulables) mutualisés de la même façon entre tous les
résidents.
C’est un bel exemple d’innovation dans l’habitat et une architecture élégante et
soignée qui s’insère dans son environnement. Il n’y a plus qu’à attendre que le
programme soit livré et construit.
Je vous présente un second exemple. C’est la transformation d’un immeuble
tertiaire qui marque l’angle entre le boulevard Vauban et la rue Jacquemars Giélée.
Je pense que vous connaissez l’ancien siège de Partenord Habitat qui, comme
nous avons eu l’occasion de vous le présenter il y a quelque temps, déménage pour
prendre ses nouveaux quartiers Porte de Valenciennes face à la Maison Stéphane
Hessel.
Ici, le projet, c’est l’installation dans le site des futurs locaux du campus de
l’IESEG, l’école supérieure d’économie et de gestion, qui forme ses étudiants au
management des entreprises et des organisations.
Le bâtiment actuel, qui est d’une surface de 7 500 m², est, c’est le moins qu’on
puisse dire, massif. Il occupe par ailleurs 100 % de l’emprise foncière. C’est aussi une
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passoire énergétique. Tout le travail conduit avec les promoteurs de ce projet et leur
architecte, l’agence Degroote architecture, a consisté, d’une part, à restructurer de fond
en comble l’immeuble pour accueillir ses nouvelles fonctions (classes, bureaux, amphi,
salles de réunion) autour d’un grand escalier qui les distribuera depuis l’angle. Le travail
et la négociation avec la Ville de Lille ont porté sur la performance environnementale.
On aurait pu imaginer tout démolir pour reconstruire un projet 100 % neuf. Le
projet n’est pas celui-là. Il maintient la majorité des structures existantes, ce qui permet
de minimiser à la fois les déchets et les nuisances de chantier. Ce choix de réemploi
des structures de l’existant guide l’intervention architecturale qui vient poser sur
l’ossature une nouvelle façade performante énergétiquement.
Côté boulevard, c’est un nouvel éclat qui sera donné à ce bâtiment, qui jouera
avec des matériaux nobles, durables et d’entretien simple : du grès cérame teinte claire
et des menuiseries en aluminium thermolaqué de teinte claire métallisée.
De la même façon, nous avons insisté pour que le cœur d’îlot largement bâti,
quasi 100 % minéral aujourd’hui, soit déminéralisé en utilisant toutes les solutions de
végétalisation et de dispositifs pour encourager la biodiversité et la lutte contre les îlots
de chaleur.
Vous avez l’image du projet à l’écran. Vous voyez comment sera le cœur d’îlot
vu d’en haut, avec une application très concrète du coefficient de biotope par surface
que la Ville de Lille a porté en le faisant introduire dans le nouveau plan d’urbanisme, le
PLU2, et un principe de végétalisation qui a été mis au point avec l’écologue de la Ville,
qui se traduit ici par une succession de plus de 1 030 m² d’espaces et de toitures
végétalisées, complétés de la plantation d’arbres de haute tige, ainsi que des plantes
grimpantes qui vont être disposées notamment sur les terrasses en R+2 et qui vont
contribuer à atténuer cet effet d’îlot de chaleur qu’on peut ressentir en ville.
À noter enfin que l’équipe était accompagnée à chaque étape de la conception
et de la réalisation du projet par la Ligue de protection des oiseaux, la LPO.
On passe à un espace urbain place de Valladolid, avec le projet de rénovation
de cet espace qui trouve son origine dans l’état de dégradation du site du fait de la
présence d’un champignon. Les lattes en bois sur lesquelles on cheminait sont
complètement fragilisées.
Depuis plusieurs années maintenant – je pense que tout le monde connaît ce
secteur –, lorsque vous sortez à pied de la gare Lille-Europe ou de la station de métro
du même nom vers le faubourg Saint-Maurice, vous avez pu remarquer les barrières et
l’aménagement provisoire mis en place qui, pour le moins, donnent l’image d’un espace
à requalifier.
Des expertises ont dû être menées et elles conduisent à devoir reprendre
complètement l’organisation de cet espace. La proposition qui est travaillée avec la SPL
Euralille vise à requalifier ce site pour les prochaines années via une intervention légère,
transitoire et confortable pour les piétons, en attendant l’esplanade couverte projetée à
terme dans le cadre de la démarche Euralille 3000.
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La nouvelle passerelle, qui a été retenue suite à un concours, est conçue par
l’équipe de concepteurs Sam Banchet, associée à plusieurs designers. Elle créera de
larges promenades qui seront toujours en bois, associées à un mobilier original
composé de bacs-végétaux et de bancs, cherchant à créer une atmosphère apaisante
au pied du hub de toutes les mobilités que constitue Euralille.
Le Conseil de la MEL la semaine prochaine devrait d’ailleurs donner le feu vert
pour lancer les appels d’offres travaux, travaux qui sont attendus au printemps 2021
pour une durée de quatre mois environ.
Nous passons dans le quartier de Moulins, avec une illustration de la démarche
de végétalisation des rues qui, comme celle des façades et des toitures, est un axe qui
participe à la métamorphose paysagère et à l’action pour la nature. Ce renforcement de
la présence de la nature – nous en avons fait un défi du nouveau mandat – contribue
en effet à augmenter la biodiversité, à créer des puits carbone, à offrir des îlots de
fraîcheur et – c’est essentiel dans notre projet – à créer du bien-être pour les habitants.
Avec l’ambition des 20 000 arbres que nous avons inscrite dans notre projet,
que vous avez rappelée, Madame le Maire, à l’occasion de la présentation du plan de
relance, c’est à toutes les échelles que nous pouvons agir.
Le focus que je vous propose dans le quartier de Moulins – chère Estelle – est
révélateur de la pertinence de la démarche de participation citoyenne – cher Sébastien
–, au service d’une ville plus durable, de notre démarche sociale et végétale.
C’est en effet sur la base de diagnostics en marchant, que nous généralisons
aujourd’hui sous l’impulsion de Sébastien DUHEM et des présidents de conseil de
quartier, que les habitants, les citoyens ont proposé qu’on étudie la plantation d’arbres
dans plusieurs rues de Moulins.
À l’image, vous avez une illustration de ce qui a été réalisé dans ce cadre rue
de Condé. Cela représente du travail, des échanges avec les habitants et, au final, cela
change l’ambiance, cela améliore la qualité de la rue.
Une démarche similaire va être engagée dès la semaine prochaine rue
Montaigne, avec la mairie de quartier de Moulins.
Suite à une première étude des réseaux souterrains, ainsi qu’une analyse de la
rue et de son environnement, différents scénarios d’arborisation vont être débattus dans
le cadre d’ateliers participatifs. Je vous signale que, en raison du contexte Covid, ceux-
ci sont ouverts sur inscription préalable. La mairie de quartier a largement communiqué,
notamment aux riverains de la rue Montaigne.
Voici quelques photomontages avant/après qui ont été préparés par la Direction
de la nature en ville et qui vont servir de support à ce travail. Cela vous donne une
bonne idée des transformations que l’on peut imaginer et mettre en œuvre très
rapidement puisque c’est faisable dès cet hiver.
L’action pour la nature et la biodiversité est aussi source d’innovations
scientifiques et technologiques en interface avec le design et la participation citoyenne.
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C’est ainsi que, à l’occasion de Lille-Métropole 2020 capitale mondiale du
design, est présenté ce week-end au grand public un POC (qui veut dire preuve de
concept) autour d’une nouvelle application numérique inventée à EuraTechnologies, le
Biodimètre.
De quoi s’agit-il ?
Développé par l’INRIA, l’Institut national de recherche en sciences et
technologies du numérique, et la Soreli, l’aménageur des Rives de la Haute Deûle, le
Biodimètre est un dispositif de capteurs et de sondes essaimées dans l’eau et dans l’air
pour mesurer la biodiversité du quartier des Rives de la Haute-Deûle. C’est une
application mobile destinée aux habitants pour le partage et la collecte d’observations
de la faune et de la flore, c’est un démonstrateur qui transmet et analyse toutes ces
données grâce à l’expertise de l’INRIA. Ce sont des totems de mesures qui ont été
conçus pour l’occasion par les designers Christophe GUÉRIN et Natalia BAUDOIN.
C’est enfin une partition musicale inédite – chère Marie-Pierre qui porte la culture – du
compositeur Florent CARON DARRAS réalisée à partir d’enregistrements des espèces
du quartier.
C’est aussi un petit clin d’œil à Christelle LIBERT, sensibilisée à ce que l’on
pouvait faire en matière de production musicale à partir de l’enregistrement des animaux
en ville.
Avec mes différents collègues élus, nous aurons l’occasion de revenir sur cette
innovation qui allie une dimension sociale, écologique, technologique et scientifique à
découvrir pour celles et ceux que cela intéresse ce samedi 10 octobre via des visites
organisées sur inscription. On peut s’inscrire via le site de l’INRIA.
Pour terminer, quelques images pour une information sur le zoo. Tout d’abord,
je vous signale la réalisation d’une fresque qui a associé les équipes du zoo et la
Direction de la Communication de la Ville de Lille, qui retrace en images les 70 ans du
zoo de Lille, que nous fêtons en ce moment.
Nous aurons l’occasion de revenir sur cet anniversaire, notamment à travers
une initiative menée avec les amis du zoo visant à organiser la collecte de clichés du
parc zoologique pris par les familles et visiteurs pendant ces sept décennies.
Le zoo de Lille est aussi l’un des spots européens de la campagne mondiale
lancée par l’EAZA, l’association européenne des zoos et aquariums, intitulée « Which
Fish ? » (quel poisson ?). Cette campagne de sensibilisation porte sur l’impact des
activités humaines sur la conservation des espèces marines. Face au constat alarmant
de la surexploitation des ressources halieutiques et de la destruction des habitats, elle
a pour objectif de sensibiliser les visiteurs du zoo de Lille à une consommation
responsable et durable et de valoriser les différents projets de conservation financés
par les dons des visiteurs.
L’ensemble du projet a été réalisé en interne par les équipes pédagogiques et
techniques du parc, sous la houlette de sa responsable, Sophie DARDALHON.
Enfin, le carnet rose : plusieurs sympathiques naissances au parc zoologique.
21
Bienvenue aux nouvelles petites Conures soleil, les oisillons tout jaunes, et aux
inséparables à joues noires – les clichés pris des oisillons parlent d’eux-mêmes, c’est
dans la famille des perroquets. Vous aurez l’occasion de les voir grandir.
Je signale aussi qu’il s’agit d’espèces d’oiseaux considérés comme en danger
d’extinction. C’est aussi tout le rôle du parc zoologique que de participer à la
conservation de ces espèces pour la plus grande joie des visiteurs et des générations
futures.
Merci de votre attention.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je passe maintenant la parole à Jacques RICHIR sur l’actualité de l’espace
public.
(Projection de diapositives)
Monsieur RICHIR - Je vais vous emmener quelques minutes en promenade
dans les métamorphoses paysagères à venir de l’espace public.
Vous verrez donc plus des schémas que des photos, puisque ce sont des
choses qui vont se réaliser, qui seront des chantiers à la fois urbains, mais aussi des
grands chantiers humains et des grands chantiers de participation citoyenne. En effet,
la feuille de route va s’écrire au cours des prochains mois et même, pour les plus
importants de ces projets, au cours des prochaines années avec les habitants, les
riverains, et même parfois plus largement, puisqu’il s’agit d’espaces, pour certains
d’entre eux, qui sont d’intérêt urbain pour l’ensemble de la ville, avec les présidents de
quartier concernés.
Dans le mandat précédent, nous avions déjà accompli de nombreuses
métamorphoses paysagères d’espaces publics. On l’a vu aux Bois-Blancs avec les
Rives de la Haute-Deûle, à Lille-Sud avec la ZAC Arras-Europe et les Margueritois, sur
le Vieux-Lille avec la place Louise de Bettignies, la rue Basse, la rue de Gand.
Nous poursuivons en amplifiant cette démarche pour une ville toujours plus
végétalisée, apaisée, et en restant toujours dans le cap que vous aviez fixé, Madame le
Maire, dès 2011 par ce plan de déplacements urbains avec cette règle du 50/50 – et
nous espérons même souvent faire mieux – et qui s’était poursuivi par le plan de
circulation de 2016 et le passage à la ville à 30 en octobre-novembre 2019.
Quatre chantiers sont à mener, dont deux seront rapidement menés, puisqu’ils
démarreront avant la fin de cette année et même, pour certains, dans une quinzaine de
jours sur la place de Strasbourg et le secteur de la rue Turgot, et deux chantiers
beaucoup plus vastes dans de très beaux espaces haussmanniens de notre ville, la rue
Solférino et la place du Maréchal Leclerc, en attendant bien d’autres qui viendront.
Sur la place de Strasbourg, des efforts avaient déjà été faits par Nature en ville
pour améliorer le réseau de plantations, mais on avait encore une surface de bitume
relativement importante. L’idée est d’offrir beaucoup plus d’espaces aux piétons et aux
22
vélos et d’apporter de nouvelles végétations. La quantité d’arbres était très correcte sur
cette place et, manifestement, elle était un peu tristounette. On va pouvoir déminéraliser
ou végétaliser 900 m² supplémentaires.
Comme on le fait toujours maintenant, on regarde les quantités de surfaces :
60 % de l’espace aujourd’hui est consacré à la voiture, 20 % aux piétons et vélos, 10 %
étaient végétalisés essentiellement avec des arbres et 10 % étaient pour le passage
des bus.
Lors de la fin de ces travaux – ce sera quasiment achevé pour le début de
l’année prochaine –, la place de la voiture sera ramenée à 30 % de l’espace de cette
place, les piétons et les vélos disposeront de 30 %, les végétaux et les zones plantées
de 30 % et les bus de 10 %. On va donc très au-delà de la règle du 50/50 puisque,
pratiquement 70 % seront pour les modes doux ou pour les surfaces végétalisées.
Nous devions organiser ces jours-ci une réunion publique d’information.
Malheureusement, l’épidémie rend difficile cet exercice. Avec mon collègue Franck
HANOH, nous allons prendre notre bâton de pèlerin et, au cours des prochaines soirées
pendant 15 jours, nous irons expliquer aux commerçants et aux riverains l’ensemble de
ces travaux, qui ne sont pas des modifications lourdes de la place, mais une
amélioration considérable.
Je dois dire que l’on a sur cette place une dynamique commerciale très
intéressante, avec des librairies, des fleuristes qui permettra d’être amplifiée.
Je le dis tout de suite, le but n’est pas du tout d’augmenter la surface des
terrasses des cafés et des bars. Nous sommes à deux pas de Masséna-Solférino, on
peut dire que cela suffit, c’est même parfois un peu trop. On sera vraiment sur une place
beaucoup plus végétale. L’idée est de créer à cet endroit-là une zone apaisée, une zone
plus reposante, une zone où on peut flâner, faire du commerce, aller acheter un
bouquin, des fleurs, toutes les tâches particulièrement agréables dans un quartier de
centre-ville.
L’autre chantier est beaucoup plus vaste. Là, je ne montre que les principes
généraux parce que nous sommes partis pour une longue démarche de participation
citoyenne. Ce que vous avez à l’écran n’est qu’un schéma, ce n’est évidemment pas un
plan d’exécution. En effet, au cours de ces quatre années qui viennent, nous referons
totalement la rue Solférino qui est la plus longue de la ville, elle fait 2,1 kilomètres.
Ce sera l’occasion de créer de part et d’autre des pistes cyclables en site propre,
donc 4,2 kilomètres de pistes cyclables.
Aujourd’hui, cette rue est très automobile (64 %) ; on a fait figurer les vélos avec
les voitures parce qu’ils circulent dans le même endroit et, de ce fait, c’est assez peu
attrayant pour les vélos. La place pour les piétons est de 36 %. On a très peu de bus, il
y a deux segments où il y a un peu de bus.
Demain, par la réduction d’un certain nombre de places de stationnement, nous
aboutirons à ce que la place de la voiture soit ramenée à 40 %. On va introduire dans
cette rue, qui en manque singulièrement, de la végétalisation en plantant des arbres là
23
où ce sera possible – c’est un peu compliqué avec les réseaux, mais on y arrivera –,
ainsi que des bandes végétales, et on créera donc ces espaces cyclables.
Le principe, qui est très innovant au niveau de cette rue, est de créer deux
fosses de part et d’autre qui permettront l’infiltration d’eaux pluviales, une espèce de
noue tout à fait atypique, et, à la surface de ces fosses que l’on créera, on aura un
certain nombre de places de stationnement mais dont le sol sera poreux, des zones où
l’on pourra planter des arbres et végétaliser. Également, on développera ce que l’on
appelle des parklets, que les Québécois appellent des placottoirs, qui permettent de
développer des petites plages d’activités diverses où l’on peut mettre des bancs et des
jeux, des activités. Tout cela sera bien sûr pensé avec les habitants.
Nous aurons également à gérer – c’est un débat difficile, mais intéressant – les
flux des piétons et des cyclistes. En effet, dès que le nombre de cyclistes augmente
fortement – et, bien sûr, ce type d’aménagement va inciter à la pratique cycliste sur cette
rue –, il faut gérer les conflits d’usage piétons/vélos. Il y aura donc là un chantier de
concertation particulièrement tonique et passionnant à mener.
On le fera en quatre phases.
Pour la première, la participation très active, est déjà lancée ; on a déjà pu faire
une réunion publique, avec des ateliers diagnostics en marchant. Cela ira de la place
Philippe Lebon à la place Jeanne d’Arc. On y a associé très étroitement Saint-Michel en
transition, mais également beaucoup d’habitants et d’enfants qui ont été très intéressés.
Cela correspond aussi à ce que nous menons avec l’école Mozart pour le
réaménagement, en sachant que nous avons en permanence à l’esprit la notion portée
par Charlotte BRUN de la ville à hauteur d’enfant, j’ajoute également la ville à hauteur
des gens qui vieillissent. En effet, dans ce quartier, il faut pouvoir être ouvert à tous les
usages, il n’y a pas que des gens de 20 à 40 ans en bonne santé, il y a des enfants,
des personnes âgées, des personnes qui ont des handicaps, et on sera très attentif à
ce que cette rue, comme toutes les autres mais particulièrement celle-là, soit une rue
pour l’ensemble des habitants.
C’est en tout cas un très beau chantier à mener et des réflexions sur les rues
de demain dans une ville. On est dans un contexte haussmannien, mais, en même
temps, cela permet de le valoriser.
Cela permettra également un gros travail de réflexion sur les places. Vous
savez que, place Philippe Lebon, un gros travail est fait avec Saint Michel en transition,
mais il faut aller beaucoup plus loin et ils y sont d’ailleurs prêts. La place Jeanne d’Arc
est aujourd’hui pratiquement entièrement bitumée, il faut absolument la repenser.
Ce travail se poursuivra avec le segment entre Gambetta et la place Philippe
Lebon, avec en particulier une refonte de la place Sébastopol et, là, le chantier est très
ouvert.
Ce sera aussi une refonte de la place des Halles centrales.
24
Et puis, il y a deux places qui sont aujourd’hui très minérales, le square
Ratisbonne, à l’angle des rues Ratisbonne, Gambetta, Solférino, et le parking de la
Digue à l’angle de la rue de la Digue à Solférino, qui sont des lieux qui ont tout à fait
vocation à devenir des petites places de quartier extrêmement agréables et plaisantes
et, là aussi, des zones de repos et des zones très apaisées.
Autre grand chantier, sur lequel nous avons organisé une grande réunion
publique qui a attiré beaucoup de monde, c’est la place du Maréchal Leclerc.
C’est une place qui est étonnante. En fait, elle est très plantée, mais,
paradoxalement, elle est très automobile : huit voies de circulation, quatre bandes de
stationnement, des espaces piétons qui sont assez larges, voire très larges, mais qui
sont très peu utilisés. Il faut dire que c’est très peu attirant, alors qu’on a des alignements
d’arbres magnifiques qui ont 60 ans d’âge.
Voilà ce que notre génération pompidolienne – je n’ai rien contre Pompidou,
mais c’était l’époque de l’automobile triomphante – a fait en traçant, comme dans toutes
les villes d’Europe et d’ailleurs, des grandes voies automobiles. On a percé au milieu.
On a même été, par exemple sur la rue Solférino, jusqu’à déplacer les statues de
Jeanne d’Arc et Louis Pasteur pour les mettre de côté pour laisser passer les voitures.
Cela montre que c’est une époque et que l’on doit replacer les choses.
Aujourd’hui, c’est un environnement qui est très automobile. On a un peu
amélioré les choses il y a quelques années en rétablissant un double-sens au milieu de
la place, ainsi que sur le boulevard Bigo Danel et la rue d’Isly. Il est clair que, aujourd’hui,
il faut utiliser cette très belle richesse d’arbres avec une canopée de grande qualité pour
en refaire une véritable place, mais surtout créer un véritable parc urbain, un espace
extrêmement plaisant, qui est aujourd’hui totalement sous-utilisé.
Si on regarde les surfaces aujourd’hui : 70 % de cette place pourtant très
plantée sont consacrés à l’automobile, 15 % pour les bus – ce sera d’ailleurs un des
éléments techniques très complexes à gérer sur cette place qui est utilisée par des bus
à très haut niveau de service, en particulier la Liane 5 et les Citadines, mais nous y
arriverons –, la part des vélos et des piétons est réduite à 15 %.
Cette diapositive, « Leclerc hier », est intéressante. Finalement, c’est le retour
aux sources. Au début du XXe siècle, ce type de place fonctionnait comme un mail, on
ne plantait pas beaucoup au sol, mais on n’avait pas de voitures, il n’y avait rien au
milieu, les tramways étaient très nombreux. On avait donc cet environnement : à
l’époque, on avait 30 % pour les moyens de locomotion (le cheval), 20 % pour le
tramway, 50 % pour les piétons et les vélos puisqu’il y avait déjà des vélos en assez
grand nombre à l’époque.
Il n’est pas inintéressant de revoir ces photos qui ont presque un siècle et
montrent un peu ce qu’était cette ville. Finalement, à ceux qui nous disent « vous allez
bouleverser », on leur dit qu’on va retrouver aussi une partie de l’esprit d’origine de cette
place.
Aujourd’hui, la feuille est blanche, mais elle est surtout très ouverte, avec les
riverains mais aussi très au-delà. En effet, il n’y a pas que les riverains de cette place
25
qui sont concernés par la place Leclerc, elle a une vocation très large pour toute cette
population. Il s’agit de réfléchir à créer des nouveaux usages, pour se reposer, pour
apaiser, contempler, lire un bouquin, pratiquer un sport, certes des sports plutôt calmes,
plutôt pétanque ou d’autres jeux de ce type que des sports extrêmement bruyants. On
peut voir aussi si on peut intégrer une présence de l’eau, si on peut y déjeuner, puisqu’il
y a énormément de jeunes autour qui, le midi en particulier, mangent leur casse-croûte,
etc. Il y a tout un ensemble de choses à voir dans le cadre de cette participation
citoyenne.
Il s’agit aussi d’améliorer la mobilité pour tous. En effet, à côté de cette fonction
de repos que créera ce parc urbain, il faut aussi conforter un certain nombre d’usages,
les rendre plus attractifs encore, sécuriser les différents usagers, vélos et piétons – il y
a déjà des stations V’Lille et il y a également un site d’autopartage, Lilas Autopartage,
Citiz maintenant.
Il s’agit également de favoriser d’autres mobilités, de réfléchir à des itinéraires
de promenades et de mener une circulation qui soit apaisée.
Également, bien que la nature soit déjà très présente au travers des arbres qui
sont là, il s’agit de renforcer la trame verte, de conserver bien sûr les arbres existants –
il se trouve que la plupart sont en excellente santé –, de lutter contre les îlots de chaleur,
de créer un îlot de fraîcheur, de baisser la température car il fait chaud sur cet espace,
de retrouver la perméabilité des sols et de favoriser la biodiversité ; là aussi, tout cela
étant ouvert à la participation des habitants et la participation citoyenne.
Je précise que ce sont des projets qui sont déjà lancés. Nous avions en effet
adopté les délibérations pour mener ces démarches dès l’année 2019 lors de
précédents conseils municipaux et conseils de Métropole puisqu’il y a une part de
budget à la Métropole.
Autre projet : Molinel. Lors du Conseil Municipal du 4 avril 2019 – c’est toujours
un peu long de mener ces démarches et de choisir les entreprises qui vont intervenir –
et à la MEL également en avril, nous avions, au terme de toute une procédure de
sélection, sélectionné l’atelier Alfred Peter, urbaniste paysagiste bien connu qui est très
présent à Strasbourg et à Lyon. J’ai regardé leurs documents, ils s’intitulent « laboratoire
d’écologie festive » puisque, selon eux, l’écologie doit être quelque chose de joyeux,
qui prête à l’apaisement, plutôt à l’optimisme. C’est en fait une démarche volontariste et
je dois dire que l’on se reconnaît bien dans cette approche environnementale de
quelque chose qui sert à améliorer la vie quotidienne des uns et des autres.
Dans l’image qui a été sélectionnée au concours, il y a toute une démarche de
dialogue pour réfléchir à cette rue, dans le cadre de la Liane 5, qui part d’Haubourdin
jusqu’à Marcq-en-Barœul et qui, après les boulevards Vauban et Liberté, remonte ou
descend la rue du Molinel. C’est une des images qui nous a amenés à le sélectionner
avec les équipes de la MEL, avec une volonté d’intégrer une offre de transports en
commun la plus performante possible, de favoriser le déplacement des piétons et les
modes doux, de réaffirmer l’identité de cet axe pour mettre en valeur son patrimoine.
C’est d’autant plus important que ce qu’on appelait le secteur sauvegardé à
Lille, qui devient le site patrimonial remarquable, va maintenant aller jusqu’à la rue du
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Molinel en intégrant tout le secteur des Tanneurs. C’est là aussi l’occasion de valoriser
cette rue qui est, il faut bien le dire, un peu tristounette aujourd’hui, à côté du centre-
ville, qui doit retrouver une qualité de grande artère qu’elle peut être dans cette ville,
mais d’une artère apaisée.
Là aussi, bien évidemment, c’est un très gros chantier de participation
citoyenne. On a d’ailleurs déjà reçu plusieurs dizaines de contributions non sollicitées
de la part d’habitants qui nous ont adressé un certain nombre de réflexions. Tout cela
va être lancé dans les prochains temps.
Enfin, dernier point, une opération plus modeste mais tout à fait intéressante,
qui rejoint ce que Stanislas montrait tout à l’heure sur la rue de Condé et la rue
Montaigne. Nous profitons de la rénovation de rues, dans le cadre des nombreuses rues
que nous sommes amenés à refaire tous les ans avec la MEL.
Sur ce plan, il s’agit aux Bois-Blancs de la rue Turgot, de la rue Galilée et de la
rue Copernic.
On en profite pour refaire des trottoirs confortables, sécuriser les cheminements
piétons, marquer les double-sens cyclables, mais en même temps planter des arbres et
proposer à tous les riverains qui le veulent de verdir leur façade à travers l’opération
« verdissons nos murs ».
Sur ce dernier slide, vous voyez ce que cela va donner. C’est le plan
d’exécution, avec une amélioration de la sécurité des carrefours – ce que l’on appelle
les fameuses « oreilles de Mickey » –, avec des abaissés de trottoirs.
On en profite pour planter un certain nombre d’arbres. Là aussi, nous avions
espéré pouvoir présenter ce projet de façon plus précise aux habitants lors d’une
réunion d’information. Avec Akim OURAL, président du quartier, on va prendre notre
bâton de pèlerin et on va aller présenter le projet aux habitants dans la rue elle-même,
puisque, malheureusement, pour quelques semaines, les réunions publiques
d’information ne peuvent pas être organisées, on espère pouvoir rapidement reprendre
ces exercices. On voit bien que, avec toutes les participations citoyennes que nous
avons à mener, il y a du travail en la matière.
Je n’ai montré qu’un aperçu ce soir, puisque d’autres rues suivront. En
particulier, vous l’avez dit tout à l’heure, Madame le Maire, si les sommes du plan de
relance sont à la hauteur de nos espérances, cela permettra d’accélérer ce programme
et de lancer cela sur de nombreuses autres rues qui sont dans nos cartons, ce qui nous
permettra d’avancer dans cette transformation de notre ville pour une ville plus apaisée
– la circulation ralentie est déjà faite avec le 30 km/h –, mais également beaucoup plus
agréable et en associant très étroitement les habitants à la conception de ces espaces
publics.
En tout cas, il y a du pain sur la planche et c’est passionnant.
Madame le Maire - J’ai bien conscience que l’on est long, mais il y avait
aujourd’hui beaucoup de choses et beaucoup de passion. Merci de nous avoir écoutés
de cette manière.
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Je vous propose de passer à l’ordre du jour des délibérations.
Chemise 1
Rapporteur : Martine AUBRY
Maire de Lille
Madame le Maire - Il s’agit essentiellement de désignations dans des
organismes extérieurs.
Je remercie Lille Verte et Faire Respirer Lille de nous avoir fait passer leurs
candidats, ce qui nous permettra d’aller, je l’espère, relativement vite sur ces 13
délibérations.
Nous nous sommes tous mis d’accord pour faire ce vote à main levée.
20/293 - SCIC « Lilas Autopartage » - Désignation des représentants de la Ville
dans les instances de la SCIC.
Madame le Maire - La SCIC « Lilas Autopartage » offre un service de voitures
partagées et favorise les mobilités durables.
Il s’agit de désigner un représentant titulaire et un suppléant.
Nous proposons les candidatures de Jacques RICHIR en titulaire et de Pierre
POSMYK en suppléant.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
20/294 - SCIC SARL La Voisinerie de Wazemmes - Désignation du représentant
de la Ville dans les instances de la SCIC.
Madame le Maire - Cette SCIC La Voisinerie de Wazemmes est, comme son
nom l’indique, à Wazemmes, au rez-de-chaussée de l’un des bâtiments de la résidence
Rives, que vous connaissez bien. C’est un lieu hybride, avec un café intergénérationnel,
une cantine de quartier, une conciergerie solidaire.
Nous y sommes représentés au conseil par un représentant.
Nous proposons la candidature de Charlotte BRUN.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
28
20/295 - SCIC Mêli-Mêlo - Désignation du représentant de la Ville dans les
instances de la SCIC.
Madame le Maire - La SCIC Mêli-Mêlo, soutenue par la Ville, connaît un
développement intéressant, avec un multi-accueil qui va développer encore une
nouvelle petite structure à Moulins.
Nous proposons la candidature de Camille STIEVENARD.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
20/296 - Centre Régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires de Lille
(CROUS) - Désignation du représentant titulaire et du représentant
suppléant de la Ville au conseil d’administration.
Madame le Maire - Le CROUS s’occupe des logements et de l’aide sociale.
Nous proposons les candidatures d’Anne GOFFARD en titulaire et de Beverley
JOLIET en suppléant.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
20/297 - Commission locale d’évaluation des transferts de charges (CLETC) -
Désignation des représentants du Conseil Municipal.
Madame le Maire - La Ville a 33 représentants :
- 24 pour la Majorité, Lille en commun, durable et solidaire,
- 6 pour Lille Verte,
- 3 pour Faire Respirer Lille.
Je vous rassure, je ne vais pas vous donner les 33 noms, puisque chacun des
groupes a pu donner ses noms. Vous les connaissez.
Je mets donc aux voix cette délibération.
Qui vote pour ?
Adoptée.
Je vous remercie.
29
20/298 - Maison des Associations - Désignation des représentants de la Ville au
Conseil d’Orientation.
Madame le Maire - A la Maison des Associations, le conseil d’orientation est
composé de 13 membres, dont 6 élus du Conseil Municipal :
- 4 pour la Majorité, dont l’Adjointe en charge Marielle RENGOT,
- 1 pour Lille Verte,
- 1 pour Faire Respirer Lille.
Nous proposons Marielle RENGOT, Arnaud DESLANDES, Sarah SABE, Marie-
Pierre BRESSON.
Pour Lille Verte : Josiane DABIT.
Pour Faire Respirer Lille : Ali DOUFFI.
Qui vote pour ?
Adoptée.
Je vous remercie.
20/299 - Régie pour la commande et la réalisation d’œuvres d’art dans les
espaces publics lillois - Désignation des membres du conseil
d’exploitation.
Madame le Maire - Grâce à cette régie, nous avons d’ailleurs pu financer un
certain nombre d’œuvres dans l’espace public : « Le Peuple René » d’Hervé Dirosa,
« Les oiseaux migrateurs » d’Etel Adnan à Fives et « Romy » de Xavier Veilhan à Lille-
Flandres.
Trois membres siègent dans ce conseil d’exploitation. Nous proposons les
candidatures de Stanislas DENDIEVEL, Marie-Pierre BRESSON et Valentin MARTIN.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
20/300 - Comités d’information, de suivi et d’innovation (CISI) sur le territoire
lillois – Renouvellement.
Madame le Maire - Il s’agit des comités de surveillance des installations de Méo
à Bois-Blancs, de Résonor et des ateliers SNCF à Fives et de l’usine CAFAC à Saint-
Maurice Pellevoisin.
Ces comités sont un espace de concertation entre les habitants, la Ville et les
industriels.
30
Je vous propose de désigner :
- Jacques RICHIR à la présidence de ces comités au regard de sa
délégation,
- Akim OURAL pour celui des Bois Blancs,
- Sébastien DUHEM pour Fives,
- Catherine MORELL-SAMPOL pour Saint-Maurice Pellevoisin.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
20/301 - Commission consultative des services publics locaux (CCSPL) –
Composition – Désignation des membres.
Madame le Maire - La commission consultative des services publics locaux
réunit des membres du Conseil Municipal et des représentants d’associations d’usagers
pour évaluer le fonctionnement des services publics locaux.
Elle est présidée par le Maire ou son représentant. Ce sera Estelle RODES. Les
membres élus titulaires puis suppléants sont au nombre de 7, soit :
- 5 pour la Majorité,
- 1 pour Lille Verte,
- 1 pour Faire Respirer Lille.
Nous proposons :
En titulaires
- Marion GAUTIER, Delphine BLAS, Pierre POSMYK, Arnaud
DESLANDES et Audrey LINKENHELD ;
- Julie NICOLAS pour Lille Verte,
- Bernard CHARLES pour Faire Respirer Lille.
En suppléants
- Akim OURAL, Alexandra LECHNER, Catherine MORELL-SAMPOL,
Hakim AGOUNI et Valentin MARTIN ;
- Maroin AL DANDACHI pour Lille Verte,
- Nicolas LEBAS pour Faire Respirer Lille.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je vous remercie.
31
20/302 - Associations – Désignation des représentants de la Ville dans leurs
instances.
Madame le Maire - Il s’agit de la désignation de nos représentants dans 34
associations dans lesquelles la Ville est impliquée, des associations de toutes natures,
culturelles, sportives, dans le domaine touristique, de la santé, du logement, de
l’environnement.
Je ne vais pas vous faire la lecture intégrale de ces désignations.
Sur les représentants, aucune surprise, nous avons entre un et quatre sièges
selon les structures et nous proposons systématiquement les élus en charge de la
thématique.
Je mets aux voix cette délibération.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
20/303 - Association nationale des conseils d'enfants et de jeunes (ANACEJ) -
Désignation du représentant de la Ville dans les instances de
l'association.
Madame le Maire - Nous devons désigner un représentant pour l’ANACEJ.
Nous proposons pour cette instance la candidature de Beverley JOLIET.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
20/304 - Etablissements d’enseignement scolaire – Désignation des
représentants de la Ville dans les conseils des écoles maternelles et
élémentaires, et dans les conseils d’administration des écoles
régionales du premier degré, des collèges et des lycées.
Madame le Maire - Je ne sais pas si Bernard CHARLES veut intervenir tout de
suite ?
Monsieur CHARLES - Nous voterons pour cette délibération puisqu’elle
concerne la représentation de la Ville à la fois dans les conseils d’école des écoles
maternelles et des écoles primaires et elle concerne également la représentation de la
Ville dans les collèges et dans les lycées.
Dans les discussions que nous avons eues, tant au Conseil privé que dans la
réunion des présidents, nous avons bien noté que, dans les conseils d’école, il y aurait
32
la possibilité, comme c’était déjà le cas dans les précédents mandats, que des
conseillers de quartier soient présents dans ces différentes écoles, quel que soit le
collège auquel ils appartiennent dans le conseil d’école ou quelle que soit l’origine de
ceux-ci s’ils portent un intérêt marqué pour l’établissement.
Sur ce point pas de difficulté, bien au contraire, c’est une pratique qui va
continuer.
Par contre, nous exprimons un regret qui est celui de la représentation de la
Ville dans les collèges et dans les lycées où, dans chaque collège et dans chaque lycée,
il y a un représentant titulaire et un représentant suppléant.
Nous pensons que, tenant compte du nombre de collèges et du nombre de
lycées (neuf lycées et neuf collèges), il aurait été possible que, en ce qui concerne notre
groupe – mais je pense aussi à l’autre groupe d’opposition –, nous soyons présents
dans un lycée et dans un collège ; par exemple deux pour l’autre groupe, un pour notre
groupe et vous gardiez la majorité des représentations.
L’argument qui nous a été donné est celui de représenter la Ville, puisqu’il y a
un représentant titulaire et un représentant suppléant. Or cet argument pourrait déjà
être repris pour les conseillers de quartier puisqu’il n’y a pas toujours le président du
conseil de quartier, le conseiller de quartier est là aussi pour faire le lien entre
l’établissement et la Ville.
Je crois que, dans une ville comme la nôtre où il y a une majorité et des
oppositions, il serait sain que, dans certains établissements, ces représentants de
l’opposition soient présents, ce qui ne les empêche pas, comme c’est le cas pour les
conseillers de quartier et comme cela avait été le cas pour un représentant de
l’opposition dans les précédents mandats – on me dit qu’il y en avait deux, mais, là, il y
a un titulaire et un suppléant –, de porter l’intérêt général et de porter cette relation entre
la Ville et l’établissement concerné.
Voilà donc notre explication de vote. C’est un vote positif, mais nous avons ce
regret qu’il ne soit pas souhaité de mieux associer les oppositions pour un rapport entre
la Ville et ces établissements qui sont importants pour notre jeunesse.
Madame le Maire - Je redis à Bernard CHARLES que, lorsque nous avons deux
élus – c’est le cas pour les écoles maternelles et élémentaires –, et comme nous l’avons
dit lorsque nous nous sommes vus en préparation du Conseil Municipal, nous allons
faire en sorte que, lorsque vous aurez des candidats qui sont particulièrement
intéressés sur des écoles, les présidents de quartier puissent les choisir pour les
accompagner dans ces réunions.
Le problème pour les conseils de collèges et de lycées, c’est qu’il y a un seul
représentant en même temps. Or quand on est dans un conseil d’école de collège ou
de lycée, les parents d’élèves et les enseignants questionnent la Ville sur sa politique.
On ne peut pas ne pas être du tout présent pour pouvoir répondre aux questions. C’est
plus difficile que l’opposition soit seule présente lorsque des questions sont posées. Ce
n’est pas une volonté d’exclure, c’est simplement un bon fonctionnement de ces
conseils de collèges et lycées.
33
Cela dit, nous ferons en sorte que, pour les écoles qui relèvent de la
compétence de la Ville, vous puissiez effectivement nous faire des propositions.
Si vous voulez bien, on y reviendra. Je ne suis pas sûre qu’il faille voter tout de
suite puisqu’on n’a pas les noms. On peut dire qu’on vote le principe, si vous en êtes
d’accord, et on reviendra avec la liste.
Madame BRUN - On les a.
Madame le Maire - Dans ce cas, nous votons.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
20/305 - Faculté et écoles supérieures – Désignation des représentants de la
Ville au sein des instances de la Faculté des sciences juridiques,
politiques et sociales de l’Université de Lille, de l’Ecole nationale
supérieure d’arts et métiers (ENSAM) et de l’Institut d’administration
des entreprises (IAE) Lille University Scholl of Management.
Madame le Maire - Dans les établissements d’enseignement supérieur, nous
avons un représentant. Nous proposons Anne GOFFARD.
Pour l’ENSAM, il y a un suppléant. Nous proposons Martin DAVID-BROCHEN.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
Chemise 4
ÉCONOMIE Rapporteur : Audrey LINKENHELD
Adjointe au Maire
20/331 - Casino – Commission paritaire de concertation et de consultation –
Désignation des représentants de la Ville à la commission.
Madame le Maire - Il y a deux représentants de la Ville et deux représentants
du casino, sur les questions relatives à la programmation, à la qualité des manifestations
et animations culturelles et artistiques, les questions de nature à renforcer l’attractivité
du casino et, plus généralement, de la ville.
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Je vous rappelle que le casino a des obligations de par la loi d’investir sur le
plan culturel et artistique dans la ville et c’est dans cette commission que cela est
discuté.
Je propose Franck HANOH, qui en faisait déjà partie dans le précédent mandat,
et Marion GAUTIER.
Je crois que, là, il y a un vote contre… ou vous ne prenez pas part au vote ? Je
ne sais pas si vous voulez vous exprimer.
Madame SEDOU - Nous ne prenons pas part au vote et nous nous exprimons.
Madame le Maire, Mesdames, Messieurs,
La présente délibération cite l’article 27 de la convention liant la Ville au casino,
article selon lequel la Ville s’engage à faire la publicité et la promotion du casino.
Durant les mandats précédents, le groupe écologiste s’est toujours opposé au
fait qu’une municipalité encourage les citoyens à perdre de l’argent dans les jeux de
hasard. Les joueurs de casino misent plus que tous les autres et un joueur sur cinq y
développe une addiction.
De la même façon, nous avions voté contre l’installation du casino, contre toute
faveur lui étant accordée, contre ce que cette forme d’enrichissement puisse être utilisée
par une ville de gauche, contre le fait qu’une ville puisse profiter d’une addiction pour
s’enrichir, addiction qui concerne une bonne partie de public modeste de surcroît et dont
l’habitude de jeu a un coût pour la société en raison de la mise en danger des budgets
personnels liés aux jeux d’argent.
Ironiquement, les résultats du casino depuis son ouverture ne sont pas à la
hauteur de ce que la Ville pouvait espérer de cette forme de compromission et, cette
année, encore moins en raison des pertes de recettes liées à la pandémie.
Nous ne prendrons donc pas part à la désignation de membres du Conseil
Municipal, la municipalité n’ayant pas, selon nous, à soutenir ce type d’activité et moins
encore à la soutenir symboliquement par la présence d’élus, ni éventuellement à en
supporter des déboires, car il n’est pas d’intérêt général, loin s’en faut.
Madame le Maire - OK.
Qui vote pour ?
Adoptée.
(Le groupe Lille Verte ne prend pas part au vote.)
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je vous informe juste que, chaque année, nous avons au
moins 10 M€, c’est la base. Je vous rappelle que, lorsque nous avons décidé de faire
ce casino, c’est parce que le casino s’apprêtait à aller dans une ville voisine, une petite
ville qui venait d’obtenir le label touristique.
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Je partage en partie ce que vous avez dit, mais sachez que nous n’avons jamais
fait la promotion du casino. Nous avons d’ailleurs refusé, ce qui nous a souvent été
demandé, de mettre des minibus qui allaient chercher les gens à la gare et ailleurs.
En fait, dans cette commission, il s’agit plutôt de regarder où les sommes que
le casino doit investir dans la ville peuvent être réalisées et notamment en poussant les
artistes locaux. C’est ce qui a été fait ces dernières années.
Chemise 7
PROPRETE Rapporteur : Jacques RICHIR
Adjoint au Maire
20/346 - Marché performantiel de collecte des déchets ménagers et de
nettoiement des espaces publics intramuros de Lille – Renouvellement
des membres de la Commission d’Appel d’Offres du groupement.
Madame le Maire - Nous proposons Estelle RODES et Stéphane LEPETIT.
Qui vote pour ?
Adoptée, le groupe Lille Verte s’abstenant.
Je vous remercie.
Chemise 8
CULTURE Rapporteur : Marie-Pierre BRESSON
Adjointe au Maire
20/362 - Etablissement public de coopération culturelle (EPCC) Opéra de Lille
– Désignation des personnalités qualifiées siégeant au conseil
d’administration de l’EPCC.
Madame le Maire - Le 10 juillet, nous avons désigné les élus siégeant au
conseil d’administration et, pour les personnes qualifiées, il nous fallait trouver un accord
avec les autres membres de l’EPCC pour faire une proposition commune.
Les différents échanges nous ont permis de nous mettre d’accord sur les
personnalités proposées. Il s’agit de :
- Madame Marie LAVANDIER, Directrice du Louvre-Lens,
- Monsieur Jan VANDENHOUWE, Directeur artistique de l’Opéra des
Flandres.
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Pour les suppléants, il s’agit de :
- Monsieur Christophe MARQUIS, Directeur du CDC de l’Échangeur à
Château-Thierry,
- Madame Rose LOWRY, Directrice générale honoraire de l’Orchestre de
Picardie.
Nous devons voter.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je vais passer la parole à Arnauld DESLANDES.
Chemise 5
POLITIQUE DE LA VILLE Rapporteur : Arnaud DESLANDES
Adjoint au Maire
20/334 - Politique de la Ville – Subventions aux associations.
Monsieur DESLANDES - Merci, Madame le Maire.
Dans le prolongement de ce que vous avez dit sur ce que la Ville a fait pendant
le confinement et, depuis, sur la crise sanitaire, je rappelle que, dès avant le
confinement, dès le début du mois de mars quand la circulation du virus s’est accélérée
en France, la Ville, sous votre impulsion et celle de Marie-Christine STANIEC, a renforcé
son action auprès des plus vulnérables et des plus précaires pour les protéger et les
accompagner. Depuis cette date, nous maintenons notre action et c’est l’occasion d’en
reparler puisqu’il y a une délibération sur l’action de La Cloche, la délibération 334, qui
vous est proposée.
Nous avons fait cette action grâce à des actions des associations que nous
avons soutenues. Certaines sont aujourd’hui soutenues par le fonds de solidarité et
d’autres par la Politique de la Ville.
Je rappelle certaines des actions les plus importantes que nous avons mises
en place dès avant le confinement et qui sont toujours en place aujourd’hui.
Nous veillons, avec l’État notamment, à maintenir les dotations de gel, de
masques, de gants auprès des associations de maraude.
Nous assurons avec le CCAS la distribution des masques pour toutes les
personnes domiciliées au CCAS ou dans une association et, le plus souvent, c’est pour
les personnes sans-abri. La Ville s’attache à maintenir la distribution des masques.
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Très rapidement, nous avons réorganisé aussi la distribution alimentaire autour
du parc Jean-Baptiste Lebas, du côté de la rue de Cambrai, ce qui nous permettait sur
ce site de pouvoir garantir les distances de sécurité nécessaires pour la distribution.
Aujourd’hui, nous voudrions faire évoluer le site sur quelque chose qui soit fermé,
puisqu’on arrive en automne et en hiver, qui soit complémentaire à ce qui se fait rue des
Postes à Wazemmes avec les Restos du cœur, pour pouvoir faire une distribution de
repas chauds. Pour l’instant, nous gardons encore le site de JB Lebas, mais nous
travaillons à un site alternatif en site fermé.
Par ailleurs, le CCAS a fait, pour ceux qui ne pouvaient pas aller jusqu’à JB
Lebas, des distributions de paniers alimentaires pour les personnes les plus vulnérables
et souvent les plus âgées, pour amener à domicile des repas supplémentaires.
De la même manière, le CCAS a déplafonné ses secours d’urgence, qui étaient
jusqu’alors plafonnés à 70 €, qui sont montés jusqu’à 100 € et, en cumulé, pour une
même personne, à 500 € selon les situations plus exceptionnelles.
Tout cela est toujours en place depuis le début de mois de mars et va continuer.
Nous avons enrichi des actions de l’été dernier avec notamment ce que
proposait l’association La Cloche et qui avait été validé par le Conseil Municipal en juin
dernier :
- des points d’accueil itinérants ont été installés pendant l’été ;
- nous avons accéléré les distributions d’eau en distribuant au total 3 000
bouteilles d’eau et 500 gourdes à toutes les associations de maraude ;
- la Cloche, avec tout un réseau d’associations, a lancé des ateliers de lien
social autour de la réparation des vélos ou des ateliers de couture ;
- la Cloche a également organisé des moments de convivialité. Il faut
remercier particulièrement l’Avant-Goût à Fives qui a accepté d’accueillir
La Cloche et les publics accompagnés par la Cloche cet été autour de ces
moments-là.
La Cloche a également valorisé un kit sanitaire mobile. C’est un triporteur qui
contient des solutions hydroalcooliques, des masques, des gourdes, la liste des
commerces du Carillon pour pouvoir bénéficier des cafés suspendus et des bons
alimentaires.
Aujourd’hui, un triporteur existe. Nous proposons – et ce sera une partie de la
subvention – d’aider la Cloche à pouvoir avoir deux triporteurs supplémentaires dès le
début du mois de novembre, pour pouvoir ainsi renforcer cette action qui permet d’aller
vers les publics les plus isolés et de leur donner une possibilité d’un accompagnement
social.
On travaille évidemment beaucoup avec les associations de maraude, que l’on
verra avec Marie-Christine le 12 octobre prochain. Sur ce sujet, je laisse la parole à
Marie-Christine qui peut vous en dire un peu plus.
Madame le Maire - Marie-Christine STANIEC.
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Madame STANIEC-WAVRANT - Madame le Maire, j’interviens rapidement,
après ce qu’Arnaud vient d’évoquer, pour donner quelques éléments chiffrés, pour
marquer concrètement ce que sont les maraudes aujourd’hui.
(Projection de diapositives)
Sur la première diapositive, vous avez quelques chiffres qui rappellent comment
est organisée cette coordination de maraudes. Nous avons une coordination sous la
responsabilité de la CMAO sur la ville de Lille – j’insiste bien –, la CMAO ayant une
intervention au niveau de la métropole.
La liste des associations est présentée. Vous voyez que, aujourd’hui, 14
associations interviennent sur Lille et participent au travail de la coordination.
Nous avons trois à quatre réunions par an avec les associations pour voir
ensemble quelles sont les préoccupations de ces associations. Bien évidemment, nous
demandons aux associations qu’elles déposent des dossiers d’autorisation
d’occupation du domaine public, ce qui nous permet de voir où elles doivent se poser
et de voir avec elles les différentes problématiques qui peuvent se rencontrer.
Comme vous le constatez, il y a eu des maraudes hivernales - c’est
effectivement le cœur de leur métier - mais, depuis plusieurs années maintenant, nous
faisons également des maraudes estivales durant la période d’été.
Ce sont à la fois des maraudes alimentaires, plus de 1 000 maraudes
alimentaires, ce qui fait plus de 70 000 repas. Il y a bien évidemment des maraudes
médicales qui sont également importantes pour aller au contact du public.
Nous avons créé des outils :
- un guide des maraudes qui rappelle les contraintes des uns et des autres ;
- les documents qui concernent le portail solidarité ;
- le bureau mobile notamment pour les PMR ;
- nous mettons également en place un calendrier pour mobiliser les dons,
pour que ce calendrier soit visible pour organiser les dons, non pas pour
répondre à l’urgence, mais pour l’organiser toute l’année.
Sur la diapositive suivante, vous voyez qu’il y a effectivement une coordination
qui permet aux uns et aux autres de se connaître, mais surtout d’avoir des actions
coordonnées réparties équitablement sur le territoire et aussi d’imaginer avec elles des
actions nouvelles. Arnaud a évoqué une action autour de la Cloche mais, bien
évidemment, il y a beaucoup d’autres sujets qui sont encore sur la table.
Concernant les financements, vous voyez la répartition sur les quatre thèmes
que nous avons choisis. Je voudrais insister ici pour rappeler une fois encore que c’est
bien une démarche volontariste de la Ville. Toutes ces questions d’hébergement
d’urgence, d’aide alimentaire et d’accompagnement des SDF relèvent d’une politique
de l’État, mais la Ville de Lille a depuis de longues années souhaité travailler en
accompagnement sur ce sujet.
39
Je rappelle rapidement ce qui a été fait dans le cadre de l’année de la crise.
Arnaud l’a bien évoqué :
- un point de distribution organisée,
- une veille sur le matériel sanitaire,
- des distributions d’eau,
- de nombreux dons du restaurant municipal et des partenaires qui ont
vraiment été très importants sur cette période de Covid,
- également, des dépenses complémentaires ont pu être réalisées grâce à
un fonds qui a été doté pour pouvoir travailler plus facilement auprès de
ces publics.
La restauration scolaire a aussi été un partenaire et l’est encore aujourd’hui
puisqu’elle permet de récupérer des denrées et, ainsi, de répondre à des besoins
ponctuels des associations.
Comme vous le voyez, nous ne restons pas sur ce qui existe, nous avons là
encore des actions à mener, une réflexion, des projets qui doivent être innovants. Nous
avons une réflexion sur une maraude qui pourrait être à la fois associative et service
Ville.
Je voudrais juste insister sur un projet dans cette délibération particulière, projet
qui est mené avec l’association Eole. Nous avons financé de manière très volontariste
cette association qui fait de l’hébergement pour qu’elle puisse avoir un dossier à
présenter et obtenir des financements complémentaires. Les 5 000 € que nous
apportons vont déjà permettre à cette association d’accueillir de façon particulière et
bien mieux accompagnée dans l’hébergement des personnes qui sont aujourd’hui ce
qu’on appelle encore un peu « transgenres ». C’est une opération importante et elle est
là aussi très volontariste.
Merci à vous.
Madame le Maire - Merci à Arnaud et Marie-Christine.
Je mets aux voix les délibérations d’Arnaud DESLANDES.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je vous remercie.
20/335 - Politique de la Ville - Subventions aux emplois aidés.
Adoptée.
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COORDINATION DES QUARTIERS
ET POLITIQUES DE PROXIMITÉ
20/336 - Crédits décentralisés - Aides financières en faveur d'actions dans les
quartiers.
20/337 - Comité d'animation des Bois-Blancs - Subvention.
Adoptées.
Je vais passer la parole à Audrey LINKENHELD et Marielle RENGOT.
Chemise 22
VIE ASSOCIATIVE Rapporteur : Marielle RENGOT
Adjointe au Maire
20/411- Mesures liées à l’épidémie de Covid-19 – Vie associative – Fonds de
soutien aux associations – Subvention à plusieurs associations –
Convention entre les associations et la Ville.
(Projection de diapositives)
Madame le Maire - Sur la délibération 411, El Madani OULKEBIR ne prend pas
part au vote puisqu’il fait partie de « Pour toi l’entrepreneur ».
Madame LINKENHELD - Merci, Madame le Maire.
Un petit mot dans la suite de ce qui vient d’être dit par Arnaud DESLANDES et
Marie-Christine STANIEC sur le fonds de soutien exceptionnel aux associations dont
nous avions décidé la mise en place dès le mois de juin 2020 pour aider les associations
lilloises à faire face à la crise sanitaire et à ses conséquences.
La Ville de Lille a évidemment dès le début été aux côtés des associations sur
le plan matériel, logistique et sur le plan humain. Elle a aussi très rapidement annoncé
qu’elle maintiendrait l’ensemble de ses subventions aux associations quelle que soit
l’annulation totale ou partielle des activités de ces associations.
Nous avons également décidé de faire des exonérations de loyers pour les
quelques associations hébergées dans le patrimoine municipal. La Maison des
Associations a évidemment été, dès le début, aux côtés des associations, même à
distance, et la plate-forme Place des Assos a aussi joué un rôle d’entraide entre les
associations.
Par ailleurs, le 12 juin 2020, nous avons décidé – pour ceux qui étaient déjà là
à ce moment-là – de mobiliser 1 M€ pour les associations et de sanctuariser ce million
d’euros dans le budget 2020. Il est important de le préciser puisque vous savez que
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nous étions encore à ce moment-là en période électorale avec, par conséquent, pour
les associations, une incertitude potentielle sur ces questions budgétaires.
Pour les mêmes raisons liées à cette période électorale, nous avons décidé le
12 juin que, sur ce million d’euros, 350 000 € seraient reversés à la Fondation de Lille
pour lui permettre directement de venir appuyer les associations en situation d’urgence,
indépendamment du calendrier électoral et donc municipal.
Ce jour, puisque nous sommes revenus dans le droit commun et que les
élections municipales sont derrière nous, nous allons, par la voie du Conseil Municipal
et dans le cadre de ce fonds d’un million, voter – je l’espère en tout cas – un montant
complémentaire de 607 070 € à travers l’ensemble des délégations thématiques et dans
une délibération portée par Marielle RENGOT, notre élue à la vie associative.
Madame le Maire le disait tout à l’heure, c’est à l’unanimité de l’ensemble des
groupes politiques dans leur composition d’avant les élections et d’après les élections
que nous avons examiné les demandes des associations et que nous avons formulé un
avis, en particulier auprès de la Fondation de Lille, et ce, dans trois sessions qui se sont
tenues au mois de juin, au mois de juillet et au mois de septembre.
Nous avons eu au total 122 demandes d’associations lilloises, ce qui est assez
considérable. Nous avons émis 110 avis favorables sur la base des critères de la
délibération du 12 juin dernier et aidé via la Fondation 46 associations et un certain
nombre d’autres directement via la Ville. Sur ce point, je vais passer la parole à Marielle
RENGOT.
Vous voyez que nous sommes tout près du million d’euros que nous avions
sanctuarisé.
Il reste potentiellement encore quelques petits euros pour le Conseil Municipal
de décembre s’il en était besoin, sachant que cette somme vient évidemment s’ajouter
à ce qui est dans les budgets de droit commun des différentes délégations thématiques
qui peuvent venir en aide aux associations lilloises.
Madame le Maire - Merci.
Marielle RENGOT.
Madame RENGOT - Merci, Audrey, pour cette présentation à deux voix.
Je vous rappelle le total global de cette attribution de fonds exceptionnel
d’urgence. C’est bien 957 070 € qui ont été attribués.
Je vous laisse découvrir les différentes thématiques, tous les champs
associatifs ont été couverts.
Les critères d’attribution de ces trois commissions ont été très clairs et validés
dans la première délibération. Il fallait effectivement statuer sur l’éligibilité des
associations qui répondaient à nos critères, à savoir que l’impact du confinement et de
la crise sanitaire était bien réel auprès de ces associations. Il faut donc reconnaître que
110 associations ont bien été repérées et les difficultés étaient avérées.
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Vous voyez les différentes thématiques :
- Culture et patrimoine pour presque 300 000 € ;
- le sport ;
- la prévention, la santé, les publics fragiles pour 90 700 €.
Nous avons effectivement vu dans ces trois commissions, dont je salue encore
l’unanimité rappelée par Madame le Maire quant à l’attribution, ces associations qui
étaient en difficulté soit par une activité qui était empêchée par le confinement, soit par
des activités qui ont été accrues par la crise sanitaire à laquelle nous devons faire face.
Quelques exemples plus précis :
- la Croix-Rouge, qui a connu une augmentation d’activité,
- une association comme Nathalie Doignies, qui avait besoin de matériel
pour pouvoir continuer les activités en extérieur avec les personnes âgées.
Vous le voyez, ce sont des grands montants, des petits montants pour venir en
aide aux associations, pour qu’elles puissent continuer à faire vivre le lien social dans
notre ville.
Merci.
Madame le Maire - Merci.
Je passe la parole à Stéphane BALY.
Monsieur BALY - Madame le Maire, chers collègues, chers Lillois, chères
Lilloises qui nous suivent via internet,
Le groupe Lille Verte a souhaité intervenir sur cette situation de crise sanitaire
que Lille traverse, que le pays traverse et que le monde entier traverse.
Cette crise dure, elle s’amplifie d’un point de vue social, d’un point de vue
économique, culturel et évidemment sanitaire.
L’érosion de la confiance vers l’ensemble des autorités sanitaires, scientifiques
ou politiques s’accélère. La société est littéralement sous tension, elle se fracture, elle
se polarise. Pour ou contre les masques ? Pour ou contre les fermetures ? Pour ou
contre les tests ? Les restaurants sont-ils des bars comme les autres et inversement ?
Cette polarisation bat son plein sur les chaînes d’info et les réseaux sociaux. Ces débats
binaires ne permettent pas de répondre à la complexité de la crise actuelle.
La gestion actuelle au jour le jour est d’ailleurs complètement à rebours d’une
indispensable anticipation. Avec des mesures restrictives au compte-gouttes,
amplifiées, puis desserrées, dans une région, puis une autre, un secteur puis un autre,
avec des tests ou sans, c’est l’arbitraire qui semble gouverner la réponse politique.
Bien sûr, l’incertitude est grande, notamment parce que les indicateurs évoluent
chaque jour et que la voix du monde scientifique et médicale est très diverse. Mais,
pendant que l’on se réorganise chaque jour, chaque semaine, le virus, lui, fait son
chemin. Les acteurs économiques, culturels, les parents, les enfants, les bénévoles, les
43
sans-abri, les salariés, comme celles et ceux qui ne le sont plus ou qui peinent à le
devenir, ceux qui basculent dans la pauvreté, nombreux sont celles et ceux qui payent
un lourd tribut à la crise sanitaire. La population est au bord de la rupture.
Cette rupture, c’est aussi le fait du discours dominant qui met en premier plan
la responsabilité individuelle. Faute de savoir assumer et organiser la responsabilité
collective, on demande aux citoyens de gérer la crise en tant qu’habitants, mais aussi
en tant que salariés, en tant que parents d’élève scolarisé, en tant qu’enfants de parents
en EHPAD, en tant que consommateurs, bénévoles, sportifs, malades, etc.
Le citoyen se retrouve parfois soumis à des injonctions contradictoires ou
ressenties comme telles. Ces tensions qui se cristallisent sont aussi le fait de cette
opposition permanente qui est faite entre les différentes catégories de population, les
jeunes, les personnes âgées, les gérants des bars ou restaurants, le personnel
soignant, etc.
Ainsi, autant dans la gestion de l’urgence que dans l’anticipation, c’est-à-dire
dans l’identification de différents scénarios et de dispositifs d’accompagnement, le
politique doit pleinement jouer son rôle, mobiliser l’intelligence collective, impulser une
réelle coopération entre les acteurs, partager les analyses et construire collectivement
des réponses qui ne peuvent se concentrer uniquement sur des mesures coercitives.
Au regard de la situation, des mesures fortes de solidarité et de concertation
avec les habitants sont incontournables dans la gestion de l’épidémie. C’est pourquoi
nous suggérons la création d’une cellule de crise à Lille, qui serait un lieu d’échange et
de compréhension, force de propositions, de partage d’informations et vecteur de
pédagogie.
L’enjeu est aussi de faire l’union des acteurs de la ville, des forces politiques en
présence, au travers d’un tel comité de suivi et de veille.
Les rapports hebdomadaires de Santé publique France soulignent que les
premiers lieux de contamination sont les entreprises publiques et privées. Or les salariés
sont encore majoritairement tenus de travailler en présentiel. Une pratique plus
importante du télétravail doit être mise en place ; il en sera question dans un débat
ultérieurement ce soir.
Au sein de notre mairie, la norme pourrait être inversée avec la mise en place
par défaut du télétravail pour tous les agents, bien évidemment lorsque le poste le
permet. Incitons l’ensemble des entreprises présentes sur le territoire lillois à faire de
même, tout en veillant bien évidemment dans le même temps à faire du télétravail une
occasion de repenser l’organisation du travail car le risque existe de distordre les liens
humains après tant de mois d’absence de contacts réels.
Nous avons répété en commission et ailleurs que l’anticipation devait être le
maître mot de la gestion de cette crise. Il est nécessaire de questionner sur les
problématiques devant figurer au premier plan.
Pour les élus du groupe Lille Verte, les enjeux sociaux et de solidarité doivent
être mis en avant, depuis l’aide alimentaire, interrompue avec la fin du confinement alors
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que les difficultés sont toujours présentes, voire même s’amplifient, jusqu’aux questions
d’emploi et d’insertion qui se jouent en grande partie au niveau local en lien avec la
politique de la Ville.
Chers collègues, le rôle du maire est de prendre soin de sa population.
Cependant, dans une crise comme celle que nous traversons, tout ne peut pas reposer
sur le maire, quelques adjoints ou le préfet. Toutes les parties prenantes méritent d’être
associées dans un principe d’intelligence collective qui permet l’écoute et la parole de
tous, la connaissance mutuelle, la recherche de solutions partagées.
Parce que nous sommes conscients et conscientes de la gravité de la situation,
il nous apparaît nécessaire de travailler tous ensemble pour faire face à cette crise
inédite que nous traversons.
Nous vous remercions.
Madame le Maire - Un petit mot pour dire que, même si la situation est grave,
je pense que ce n’est pas facile pour le Gouvernement, comme ce n’est pas facile pour
tous ceux qui ont une certaine autorité. J’ai choisi depuis le début d’écouter le Haut
conseil de la sécurité sanitaire plutôt que toutes les personnes qui ont un avis sur le
virus parce que, autrement, on ne s’en sort pas et les citoyens sont perdus. J’ai choisi
aussi, quand je n’étais pas d’accord, de le dire au Gouvernement, mais d’appliquer
strictement, car si on commence à se dire que chacun fait ce qu’il veut dans une telle
période où il est extrêmement difficile de gérer ce virus, on ne s’en sort pas.
En même temps, il y a des marges de manœuvre importantes. Nous avons par
exemple anticipé la sortie du confinement, vous le savez. Nous avons travaillé pendant
tout le confinement et après avec les associations qui s’occupent des plus fragiles,
notamment des sans domicile fixe. Nous avons préparé l’aide alimentaire ; aujourd’hui,
elle se justifie moins pour certaines familles puisque les enfants sont à nouveau à la
cantine où, je le rappelle, la moitié des familles payent moins d’un euro, mais, pour les
autres – Arnaud DESLANDES vient de le dire –, aussi bien le CCAS que les
associations que nous aidons sont là pour continuer à apporter des aides alimentaires.
Nous avons préparé l’aide aux commerçants, l’aide à la mobilité, au déconfinement avec
le travail qui a été fait pour réaliser les voies cyclables. Je ne prends que ces exemples.
Effectivement, il faut anticiper, mais à condition de ne pas avoir un discours…
Je suis frappé de voir aujourd’hui que, lorsque le Gouvernement décide quelque chose,
on n’est jamais d’accord, on dit que cela ne servira à rien et, quand il ne fait pas, on dit
qu’il devrait faire.
Très franchement, j’ai été Ministre de la Santé, je connais la difficulté des
choses. Personnellement, j’ai choisi avec la Majorité de nous mettre dans les décisions
qui sont prises, parfois de nous y opposer – j’aurais préféré qu’on sanctionne les bars
délinquants plutôt que de sanctionner tous les bars en fixant la fermeture à 22 heures,
je l’ai dit haut et fort –, mais, une fois que c’est fait, on applique parce que, sinon, on ne
s’en sort pas.
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J’aurais préféré aussi – je l’ai dit devant le Premier Ministre et à plusieurs
reprises au Ministre de la Santé – que, au lieu de fermer tous les clubs de sport, on leur
permette des dérogations dès lors qu’il y avait une protection sanitaire. Ceci dit, par
rapport à l’importance de cette crise sanitaire, je pense qu’il faut se serrer les coudes.
L’appel à la responsabilité individuelle paraît vous gêner. C’est d’abord une
responsabilité collective de chacune des collectivités. Mais, faire appel à la
responsabilité individuelle dans un tel cas, c’est aussi faire appel à des citoyens. Les
citoyens ne sont pas des gens qui sont là uniquement pour appliquer bêtement, ce sont
des gens qui réfléchissent.
Je ne suis pas dans un discours anti jeunes, mais je ne suis pas non plus dans
la démagogie de dire qu’il n’y a eu aucun problème. Nous allons voir dans les jours qui
viennent les personnes âgées hospitalisées et l’augmentation des décès. Je crois qu’il
faut avoir le courage de dire à des jeunes qui étaient contents de se retrouver
« maintenant, cela suffit ». Je le dirai parce que je pense que c’est notre responsabilité
de le dire, même si tous les jeunes ne sont pas concernés. Je pense que faire appel à
la responsabilité collective et individuelle dans une telle période, c’est respecter les
citoyens.
Je l’ai dit ce matin ou hier soir quand on m’a interrogée en me disant que les
jeunes allaient se retrouver beaucoup plus nombreux chez eux, j’ai dit que je leur faisais
confiance, je pense qu’ils ont compris ce qui est en train de se passer.
On va voir jour après jour les personnes âgées hospitalisées, voire dans des
situations graves en réanimation. Je pense que les jeunes de notre pays peuvent
comprendre que l’on peut, pendant 15 jours ou un mois, faire moins la fête pour se
permettre de tous la refaire ensemble dans quelques jours.
C’est la raison pour laquelle je préfère m’inscrire, tout en défendant ce que je
crois juste par rapport à la situation locale – et croyez bien que ce que je crois juste
n’est pas ce que je décide dans mon bureau, c’est à chaque fois travaillé comme on l’a
fait avec les restaurants, avec les bars, avec les commerces, avec les associations –,
pour essayer de faire adapter les décisions du Gouvernement à ce qui nous paraît être
le terrain aujourd’hui.
Parfois, on obtient gain de cause et parfois pas, mais je pense que, lorsqu’on
est responsable aujourd’hui, on a intérêt à ne tenir qu’un seul discours sinon les citoyens
sont perdus et trouvent des raisons de ne pas faire ce qu’il est nécessaire de faire.
Je crois vraiment que l’on peut aujourd’hui renverser la tendance. Je ne suis
pas dans un discours disant « c’est dramatique ». Oui, la situation actuelle est très
inquiétante et particulièrement à Lille, mais je crois qu’elle peut tout à fait être renversée.
C’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut se serrer les coudes. C’est en tout cas
ce que l’on essaye de faire.
Vous n’avez pas de vote particulier sur la délibération 411.
Je mets aux voix les délibérations de Madame RENGOT.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
(Madani EL OULKEBIR ne prend pas part au vote.)
46
Je remercie l’ensemble des groupes, puisque le travail qui a été fait pour les
aides aux associations a été de grande qualité et a permis à l’unanimité de décider des
choix qui vont être réalisés.
20/410- Vie associative - Subvention à plusieurs associations - Aide au
démarrage.
Adoptée.
Je passe la parole à Martin DAVID-BROCHEN.
Chemise 21
RESSOURCES HUMAINES Rapporteur : Martin DAVID-BROCHEN
Adjoint au Maire
20/405- Personnel municipal – Expérimentation du télétravail à la Ville de Lille
– Validation et lancement de la démarche pour un an.
Monsieur DAVID-BROCHEN - Merci, Madame le Maire. Bonsoir, mes chers
collègues.
Dans la continuité, cette délibération me permet de faire le lien avec la crise
sanitaire que nous connaissons pour saluer encore une fois, même si nous le faisons
régulièrement, le travail des agents de notre Ville et, au-delà, de tous les agents et
membres du service public qui, pendant la crise et encore plus maintenant, ont fait
preuve de tout leur professionnalisme et de toute l’adaptation dont ils sont capables
pour assurer la continuité du service public dans les moments les plus difficiles, que ce
soit d’ailleurs lors d’un travail à domicile forcé pour des raisons sanitaires ou en
continuant d’être sur le terrain notamment aux côtés des plus fragiles.
Cette délibération sur le télétravail vise à encourager, organiser, encadrer le
déploiement du télétravail dans notre Ville, pour notre collectivité et ses agents, et ce,
dans une perspective durable au-delà du contexte de crise sanitaire que nous
connaissons.
Le télétravail, dorénavant connu et entré, en tout cas sous sa forme de travail à
domicile, dans beaucoup de foyers pendant la crise sanitaire, est porteur d’opportunités
pour améliorer la qualité du service public, l’efficience et l’efficacité du travail des agents
et, en même temps, pour améliorer leurs conditions de travail. C’est ainsi un élément
qui est attendu par les agents et qui sera facteur clé d’attractivité d’un certain nombre
de nos métiers dans notre collectivité pour continuer à accueillir et intégrer des agents
dans notre collectivité.
En effet, le télétravail, c’est la réduction des déplacements et des temps de trajet
domicile/travail qui peuvent être épuisants. C’est permettre une meilleure conciliation
des temps de la vie professionnelle et de la vie personnelle. C’est également, parce
qu’on est éloigné de son bureau, de ses collègues, de leur bruit et de leurs
47
interpellations parfois incessantes, l’occasion de se concentrer un peu plus facilement
et de réaliser un certain nombre de tâches que l’on a du mal à effectuer au bureau.
C’est un élément qui nécessite des investissements importants à la fois dans le
visible, le dur – le matériel, les ordinateurs –, mais également des investissements
informatiques importants, je pense aux serveurs et également aux logiciels qu’il est
nécessaire d’acheter et de déployer pour que l’ensemble des outils de travail qui sont
présents au bureau soient présents à domicile pour le télétravailleur.
Cela dit, ne soyons pas naïfs, le télétravail est également porteur d’un certain
nombre de risques pour les agents eux-mêmes, pour la collectivité, pour la bonne
organisation du travail et, in fine, pour la relation que nous avons avec nos usagers et
les citoyens lillois.
Ces risques sont connus et sont notamment soulevés par des organisations
syndicales et celles et ceux qui ont déjà évalué des dispositifs de télétravail.
C’est d’abord le risque de la dislocation du collectif de travail. Or c’est dans ce
collectif de travail, dans ces échanges parfois informels que se nichent les échanges,
les richesses, les innovations parfois, en tout cas le lien social qui fait que le travail est
plus qu’un emploi et que des tâches à accomplir.
C’est également le défi important de l’accompagnement, de l’encadrement des
cadres et des managers qui vont devoir apprendre ou en tout cas continuer de
développer le savoir-faire du management à distance. C’est également
l’accompagnement des agents concernés parce que le télétravail n’est pas naturel.
C’est également être vigilant sur le droit à la déconnexion pour que les agents
gardent bien des temps de travail délimités identifiés et des temps de pause et de repos
mérités et identifiés.
C’est également un grand défi sur l’organisation de la vie collective dans les
services et, donc, la continuité du service public.
C’est donc une délibération cadre qui vous propose ici un cadre général
permettant une organisation adaptée à chaque service, à chaque direction pour que le
télétravail soit un mode de travail efficient et efficace dans notre collectivité.
Cette délibération, c’est également la volonté d’une méthode. Le télétravail se
fera sur le volontariat de l’agent. Il sera réversible ; si cela ne fonctionne pas, on pourra,
dans des conditions fixées, arrêter le télétravail pour ne mettre en difficulté personne.
C’est également une méthode. En effet, l’expérimentation d’un an tout au long
de l’année sera construite et évaluée avec les élus du personnel et les organisations
syndicales qui sont au plus proche des agents.
C’est une délibération qui permet de déployer le télétravail avec, comme
objectif, d’augmenter le service rendu aux Lillois et aux partenaires de la Ville, de
participer de l’attractivité des métiers de la fonction publique et de notre collectivité, et
d’améliorer les conditions de travail des agents.
Je vous remercie.
48
Madame le Maire - Merci beaucoup pour cette présentation.
Je passe la parole à Maël GUIZIOU.
Monsieur GUIZIOU - Madame, Monsieur, mes chers collègues,
Nous sommes favorables au télétravail et soutiendrons bien évidemment cette
délibération.
Le télétravail s’inscrit dans une démarche environnementale et sociale, comme
nous le pointions en mars 2018 dans nos 70 propositions pour une mobilité écologique.
À Lille, les réseaux de transport sont saturés aux heures de pointe, tant le
transport public avec la ligne de métro 1 que le réseau routier. Cette mobilité, pour une
grande part via la voiture individuelle, est également un facteur majeur de pollution
atmosphérique, comme nous avons encore pu le voir cet été.
Le télétravail permet d’engager une démobilité, une réduction de la mobilité que
nous appelons de nos vœux afin de rompre avec cette tendance de long terme à
l’augmentation des temps de transport.
Le télétravail est également une occasion de transformer les modes
d’organisation du travail en sortant de la logique d’un rapport hiérarchique fondé sur le
présentiel. Cela doit nous permettre de bâtir une relation entre encadrant et encadré
fondée sur la confiance et la collaboration.
Le travail à distance, c’est aussi l’opportunité de mieux s’adapter aux aspirations
personnelles et aux conditions matérielles de chacun.
Le télétravail, lorsqu’il est volontaire et bien organisé, favorise donc le bien-être
des agents. Alors que 56 % des Français considèrent le travail comme une contrainte,
le télétravail permet, d’après les études, une diminution du stress, de la fatigue
physique, ainsi qu’une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.
Cette délibération fixe donc un cadre bienvenu afin d’éviter les dérives d’un
télétravail parfois anarchique, notamment en matière de droit à la déconnexion des
agents.
Nous sommes également satisfaits par la mobilisation des moyens conséquents
dans la dotation des agents municipaux en matériels. Cette dotation bienvenue entraîne
cependant une augmentation du budget des licences informatiques. Cette inflation
logique doit nous amener à réinterroger la dépendance de notre collectivité aux licences
propriétaires. Nous sommes, pour notre part, favorables au développement d’une
politique de logiciels libres à l’intérieur de la collectivité.
Nous relevions au Conseil Municipal de juin dernier – si je me souviens bien,
c’était Stéphane BALY – que la Ville avait jusqu’à présent délibérément refusé
d’organiser les conditions d’un télétravail encadré et limité. Cette délibération vient donc
combler ce retard.
49
Nous regrettons cependant la volonté de restreindre fortement le télétravail,
volonté qui s’exprime dans cette convention et dans l’expression de la municipalité.
Nous espérons que la période d’expérimentation permettra de dépasser ces réticences.
Ainsi, il ne nous paraît pas pertinent d’interdire le télétravail aux agents
travaillant à moins de 80 % ou en horaires adaptés. De même, nous ne comprenons
pas qu’un quota uniforme de 25 % de télétravail dans un service le même jour ait été
adopté, alors même que la capacité à télétravailler est variable suivant les services.
La limite à pas plus de deux jours de télétravail par semaine est également une
restriction qui n’a pas lieu d’être à long terme, alors que d’autres collectivités en France
permettent d’ores et déjà jusqu’à trois jours hebdomadaires.
Outre ces limites, nous regrettons que le télétravail soit forcément à exercer au
domicile de l’agent, entraînant une inégalité entre agents ayant la place d’aménager un
bureau chez eux et les autres. Nous sommes donc favorables à ce que les agents
puissent télétravailler dans un tiers-lieu, modalité permettant en outre le maintien d’une
socialisation professionnelle.
La Ville pourrait ainsi renforcer son rôle moteur dans le développement de ces
espaces innovants et développer des partenariats avec d’autres collectivités ou
administrations situées en région.
Enfin, au-delà du travail en distanciel, il nous semble opportun de réfléchir sur
la mise en place d’un dispositif de désynchronisation des temps de travail.
Vous l’aurez compris, malgré le cadre volontairement restrictif et contraignant
de cette délibération, nous saluons l’avancée, en espérant que ce n’est qu’une étape
vers une métamorphose de notre collectivité, une métamorphose au bénéfice des Lillois
et des agents et non un simple aboutissement.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Ingrid BRULANT.
Madame BRULANT-FORTIN - Madame le Maire,
Après avoir longtemps, malgré les initiatives vues ailleurs en France et les
demandes de certains syndicats, refusé de mettre en place le télétravail à la Ville,
sachant que, quand le confinement est tombé, très peu d’agents – 150, dit-on – ont pu
poursuivre le travail à la maison, vous proposez désormais, la crise sanitaire ayant
accéléré le changement, d’expérimenter le télétravail pour un an. D’emblée, nous vous
disons oui.
Oui, pour tous les avantages qu’ont rappelés mes deux collègues – je vais donc
passer.
Oui, parce que la qualité du travail fourni peut être plus grande quand on a
choisi, qu’on est acteur de ses conditions de travail, qu’on trouve du sens à ce que l’on
fait et comment on le fait. Le télétravail, c’est la responsabilité et la confiance.
50
Un grand oui donc, tout en gardant en tête l’impact sur le tissu économique
local : moins d’activités dans nos commerces autour de nos bureaux et le besoin
d’accompagnement humain.
Des représentants du personnel nous ont dit la qualité du dialogue social qui
avait été, cette fois-ci, sous la houlette du directeur général adjoint aux ressources
humaines, mené – quand c’est bien, il faut le dire –, mais ils ont aussi des regrets.
Vous avez choisi de limiter le nombre de jours à deux, alors que la loi permet
d’aller jusqu’à trois ; un refus – et c’est cela qui nous gêne le plus – qui est uniforme,
alors que la dose pouvait être adaptée aux réalités des mille et un métiers de la Ville.
Ensuite, comme journée obligatoire de présence physique au bureau, vous
avez choisi le lundi à Lille et à Hellemmes – pas à Lomme organisée différemment –,
mais, pourtant, les réunions de pôle et ou de service se tiennent à des jours différents.
Je me permets de vous dire ce soir que certains se sont demandé si ce refus du lundi
ne tenait pas juste à la défiance ; en gros, pour parler franchement, à la crainte de week-
end prolongé.
Vous n’avez pas non plus retenu la possibilité de moduler le télétravail en
fonction des pics d’activité.
Enfin, les besoins spécifiques des agents en situation de handicap en matière
d’équipement à la maison ne semblent pas tous pris en compte.
Toutefois – et c’est là que c’est positif –, une expérimentation, c’est fait pour
améliorer les choses.
Alors, comme ce soir, vous avez souhaité nous faire délibérer sur cette nouvelle
organisation, nous demandons simplement que l’évaluation, quelles qu’en soient ses
conclusions, fasse l’objet d’une délibération dans un an, ce qui n’est pas expressément
écrit dans votre délibération.
Vous l’aurez compris, l’organisation du travail des agents intéresse au plus haut
point les élus Faire Respirer Lille, parce que du bien-être au travail de nos agents et de
la qualité du management dépend en bonne partie la qualité du service rendu aux Lillois.
D’ailleurs, il peut nous arriver d’être témoins d’épisodes qui, en tant que
nouveaux élus, nous surprennent sur l’ambiance, avec un certain manque de
bienveillance ou de respect, qui doit expliquer en grande partie le malaise qui nous est
parfois rapporté par des agents en mairie. Nous souhaitons donc que le nouveau
directeur général des services prenne en compte cette dimension et nous lui souhaitons
la bienvenue et pleine réussite.
En synthèse, nous, les élus Faire Respirer Lille, ne comprenons pas bien
pourquoi faire voter une expérimentation si, à l’issue, on ne nous associe pas au bilan.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci, Madame BRULANT.
Madame TROTTEIN.
51
Madame TROTTEIN - Merci, Madame le Maire.
Mes chers collègues,
Merci tout d’abord à Martin de nous avoir totalement expliqué la façon dont il
pensait mener cette première année d’expérimentation sur le télétravail, la vigilance qu’il
aura sur les temps de déconnexion particulièrement pour les agents.
C’est également avec une grande attention que nous, les élus communistes,
nous sommes penchés sur cette délibération qui, si elle concourt à répondre aux
souhaits de nombreux agents de la commune et à l’enjeu de la qualité de vie recherchée
au travail, tout comme aux enjeux environnementaux, doit être aussi bordée, si je puis
dire, par certains contrôles et nous nous en chargerons tous ensemble.
Il s’agit d’une année d’expérimentation. Alors, au-delà des bilans entre l’agent
et son N+1, cette année d’expérimentation va faire l’objet d’une évaluation au bout de
neuf mois. Cette évaluation portera, on le voit dans la délibération, sur les données
statistiques, le nombre d’agents intéressés par le télétravail, le temps de déplacement
gagné, le nombre de kilomètres parcourus en moins, nous permettant alors de
considérer le gain en émission de CO2 – on en parlait à l’instant –, mais aussi le degré
d’atteinte des objectifs fixés, etc.
En aparté, je vous avoue d’ailleurs une certaine curiosité concernant le nombre
d’agents de la mairie qui, aujourd’hui, viennent au travail en voiture plutôt qu’en
transport doux ou en commun, sachant que, dans ce cas, les abonnements pris en
attendant la gratuité des transports en commun restent au même tarif, que ce soit pour
trois jours de travail par semaine ou cinq jours.
J’ai compris que la Majorité précédente avait travaillé sur ces questions de
mobilité des agents et sur leur choix de transport pour venir travailler et j’aimerais avoir
ces quelques chiffres.
Nous pensons qu’un point d’étape tous les trimestres, au moins à six mois du
début de l’expérience par un groupe de travail, qui pourrait réunir les syndicats, les élus
et les services des ressources humaines, peut être envisagé.
De la même façon, si, cette année, il n’a pas été prévu de verser d’indemnisation
aux agents en télétravail pour couvrir les surcoûts engendrés, tels que l’électricité ou le
chauffage, nous souhaitons remettre cette question à l’ordre du jour rapidement lors
d’un prochain Conseil Municipal qui fixera, je pense, les nouvelles modalités en lien
avec l’évaluation du dispositif.
Un dernier élément, pour finir, concerne le cas du télétravail en situation
exceptionnelle. Bien entendu, il n’y a pas lieu ici de revenir sur la question de la gestion
d’une crise sanitaire et d’un confinement comme nous les connaissons
malheureusement. Il concerne le cas du télétravail notamment en raison de bâtiments
qui seraient en travaux. L’absence de limitation dans le temps peut alors s’avérer
préoccupante pour le maintien du lien professionnel, d’autant que, dans ce cas, le
télétravail irait au-delà de 25 %. La créativité collective, le contact avec l’extérieur restent
primordiaux.
52
Madame le Maire, les élus communistes voteront pour cette délibération en
assurant notre disponibilité pour être associés aux évaluations futures qui seront faites
dans ce cadre, notre objectif premier, comme toutes et tous ici, je l’ai compris, restant
bien entendu le souci de nos agents.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci, Madame TROTTEIN.
Je passe la parole à Martin DAVID-BROCHEN.
Monsieur DAVID-BROCHEN - J’apporterai quelques compléments.
Je vous remercie d’avoir insisté sur l’importance de la dotation aux agents que
nous commençons à réaliser et à déployer. Nous tenons à ce que ce soit bien à la
collectivité et donc à l’employeur de fournir les éléments qui permettent de télétravailler.
À cet égard, puisque vous avez salué cet effort, je vous invite à transmettre le message
au Président de la République qui avait supprimé l’obligation pour les employeurs de
prendre à leur charge un certain nombre d’équipements, notamment pour les
entreprises privées, et à faire passer le message de la même façon au MEDEF qui
semble aujourd’hui peu à même de s’engager dans la négociation interprofessionnelle
sur le télétravail, alors que cela pourrait être l’occasion, non pas pour les agents des
collectivités publiques, mais pour les salariés du pays, d’avoir un certain nombre
d’avancées.
Ensuite, j’ai noté quelques remarques sur les chiffres clés, les 80 %, les 25 %,
les deux jours. C’est effectivement un certain nombre de cadres que nous avons voulus.
On va tester, on va voir et, si cela ne va pas, on pourra faire évoluer les choses. Ces
règles ont un objectif. Il faut bien comprendre que ces jours de travail à distance ne
suppriment pas les autres contraintes de l’organisation de la vie collective de service
(les temps partiels, les jours de congé, les réunions à l’extérieur imposées), tous ces
éléments qui sont autant de contraintes qui font que, à un moment donné, si on va trop
loin – et on mesurera si on est allé trop loin ou trop prudent –, c’est compliqué
d’organiser des réunions, de se voir, de se croiser. Or, à la fin, c’est dans ces moments
où on se croise en physique, dans des échanges informels autour de la machine à café,
en allant en manger, en revenant de manger, que se créent les innovations et la richesse
du travail. Faites attention, le télétravail, ce n’est pas le monde des bisounours ; il faut
aussi mettre un certain nombre de garde-fous et c’est ce que nous vous proposons.
Pour le reste, dans le cadre de l’évaluation partagée, je vous l’avais déjà dit en
commission, il n’y a évidemment aucun souci à partager en toute transparence les
éléments d’évaluation. Nous n’avons pas souhaité nous engager sur une obligation de
délibération, puisqu’une délibération engage la collectivité à faire quelque chose et, si
on ne le fait pas, on ne fera pas forcément une délibération, mais on trouvera le cadre
adapté pour en discuter.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je mets au vote cette délibération 405 sur le télétravail.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je vous remercie.
53
Je passe la parole à Maroin AL DANDACHI pour une explication de vote sur la
délibération 402.
ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE
20/402- Subvention à l’association Les Recoupettes.
Monsieur AL DANDACHI - Madame le Maire, Mesdames et Messieurs, chers
collègues,
La délibération de soutien à l’association Les Recoupettes fait partie de ces
projets dignes d’estime et de mérite avec une activité écologique de recyclage de
matières sur une activité locale, sociale et solidaire.
Pourtant, en examinant le budget prévisionnel, nous constatons un certain
nombre de faiblesses qui pourraient mettre en péril le projet. La valeur ajoutée est très
faible, alors qu’il y a 12 000 € de frais de personnels prévus en 2020 et 47 000 € prévus
en 2021, auxquels s’ajoute le bénévolat ; un chiffre d’affaires faible, sans doute réaliste
au vu des achats provisionnés, mais qui repose essentiellement sur les dons en nature
et nous aimerions connaître l’état de réalisation en cette année presque terminée de
ces dons en nature.
L’ensemble de l’examen du budget souligne la nécessité de subventions et, par
là même, la très grande difficulté de parvenir à une autonomie financière à 80 % d’ici
2021.
Bien entendu, nous voterons pour cette délibération.
Cependant, dans le secteur associatif, nombre d’intervenants et d’intervenantes
n’équilibrent pas leurs comptes les deux premières années. Peut-être faudrait-il leur
demander quand ils prévoient d’atteindre leur point d’équilibre et surtout ne pas
chercher à vouloir créer trop vite des postes de salariés alors que, à ce jour, nous
n’attestons pas une solidité financière.
Nous voterons donc cette délibération, mais soutenir un projet pour lui donner
toutes ses chances de réussite, c’est aussi savoir le lancer lorsqu’il est prêt.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci.
Monsieur DAVID-BROCHEN.
Monsieur DAVID-BROCHEN - Nous avons eu cette position en commission
qui nous avait déjà étonnés. Je pensais que vous l’auriez un peu révisée et que vous
auriez plutôt choisi une attitude de franc soutien et de valorisation à cette belle
association et à son développement, association qui fonctionne certes encore avec du
bénévolat aujourd’hui, mais qui cherche à créer un emploi. On peut s’attendre à ce que
des élus d’une ville, surtout pour un tel projet, soulignent la qualité du projet et lèvent
les moyens pour accompagner la professionnalisation, la structuration et la
consolidation de ces emplois, plutôt que de pointer les faiblesses de tel ou tel business
54
plan comme si, en plus, vous les connaissiez parfaitement et comme si vous
connaissiez le modèle. J’avoue que cette posture me questionne un peu.
Pour notre part, nous sommes extrêmement fiers de soutenir cette association.
Nous la soutenons aujourd’hui financièrement, mais nous avons déjà commencé un
travail, notamment avec mon collègue Julien PILETTE, pour accompagner dans la
durée le changement d’échelle qui va se produire pour cette association. S’ils ont déjà
déménagé, nous sommes déjà en train de travailler avec eux à la suite. La suite, cela
veut dire un magasin plus grand, plus de chiffre d’affaires, la consolidation du salariat
et des emplois créés, c’est également l’idée d’aller chercher d’autres sources de
financement.
Quant à la part importante des dons, c’est effectivement le pari de l’association
et de la structure, qui souhaite fonctionner beaucoup par dons et uniquement avec des
outils qui ont déjà été recyclés. Ils ne veulent rien acheter de neuf et ne rien se faire
donner de neuf. On est effectivement là au cœur même du modèle.
Ce qui vous interroge, ce n’est pas le compte de bilan, c’est en fait le projet de
la structure. Je suis donc vraiment étonné.
Effectivement, cette part de dons est importante et elle restera importante dans
les années qui viennent puisque c’est le modèle de la structure à laquelle nous
souhaitons longue vie. Ils pourront en tout cas compter sur les élus de la Majorité de la
Ville de Lille pour continuer à grandir et à faire grandir cette structure de l’économie
circulaire et du textile dans notre ville.
Madame le Maire - C’est vrai que c’est assez étonnant. On est en plein dans
l’économie circulaire. Le don, la participation citoyenne par le don, c’est quand même
formidable. Je pense que c’est effectivement un très beau projet.
Je mets aux voix cette délibération 402.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je mets aux voix les autres délibérations de Martin DAVID-BROCHEN.
Qui vote pour ? (Unanimité).
20/400 - Association Benenova Lille - Subvention 2020.
20/401 - SCIC Rester chez soi - Louvéa - Subvention - Convention entre la SCIC
et la Ville.
Adoptées.
55
RESSOURCES HUMAINES
20/403 - Ajustement du Tableau des Emplois de la Ville de Lille et de ses
Communes associées de Lomme et d'Hellemmes.
20/404 - Pourvoi possible de postes permanents par des agent.e.s
contractuel.le.s de droit public en cas d'absence de candidature
titulaire adaptée.
20/406 - Régime indemnitaire - Chefs de service de Police Municipale -
Ajustement et revalorisation.
Adoptées.
20/407 - Association « Comité des Œuvres Sociales (COS) du personnel de la
Ville de Lille et d'Hellemmes, du Centre Communal d'Action Sociale de
Lille et d'Hellemmes, et du Crédit Municipal de Lille » - Mise à
disposition de deux agents municipaux - Information au Conseil
Municipal.
20/408 - Association « Ecole Supérieure Musique et Danse Hauts-de-France-
Lille » (ESMD) - Mise à disposition d'agents municipaux - Information
au Conseil Municipal.
Le Conseil Municipal prend acte.
20/409 - Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA) - Recours
subrogatoire amiable du FIVA contre la Ville en remboursement d'une
partie de l'indemnité versée à M. Michel Lebrun, agent municipal -
Acceptation - Protocole d'accord transactionnel entre le FIVA et la
Ville.
Adoptée.
Merci beaucoup.
Je passe la parole à Charlotte BRUN.
56
Chemise 6
ECOLES Rapporteur : Charlotte BRUN
Adjointe au Maire
20/339- Projet européen Life ARTISAN (Accroître la Résilience des Territoires
par l'Incitation aux Solutions d'Adaptation fondées sur la Nature) 2019-
2027 : végétaliser les cours d'école pour s'adapter au changement
climatique - Convention de partenariat entre l'Office français de la
biodiversité, bénéficiaire coordinateur, et la Ville de Lille, bénéficiaire
associé.
(Projection de diapositives)
Madame BRUN - Madame le Maire, mes chers collègues,
Les écoles de la ville de Lille sont engagées depuis déjà plusieurs années dans
l’objectif d’adaptation de notre territoire au changement climatique. Cette délibération,
qui vise à signer une convention avec l’Office français de la biodiversité dans le cadre
d’un projet européen, que je co-porte avec ma collègue Audrey LINKENHELD, n’a donc
pas pour objectif d’initier, mais plutôt de conforter une démarche qui fait aujourd’hui de
Lille une référence sur les écoles et les cours d’école nouvelle génération.
En 2017-2018, nous avons réalisé un diagnostic détaillé de nos écoles et de
nos cours d’école dans le cadre de la candidature au prix Lille Capitale verte, qui a
permis d’identifier des cours d’école – c’est le cas de l’école Turgot que vous avez à
l’écran – qui étaient 100 % minérales avant travaux. Nous avons pu commencer à
hiérarchiser des cours d’école et nous avons consacré un budget de 400 000 € par an
pour végétaliser, désimperméabiliser et lutter contre les îlots de chaleur urbains par ces
travaux.
Il ne reste aujourd’hui plus que trois écoles 100 % minérales, Madame de
Maintenon et Chateaubriand à Vauban et Sophie Germain dans le Centre, que nous
traiterons en travaux conséquents en 2021.
L’enjeu de ces aménagements – je suis sûre que tout le Conseil Municipal en
est conscient – dépasse le seul périmètre de la cour d’école et le seul bénéfice des
enfants, même s’il est très important, puisque cela bénéficie aux habitants de l’ensemble
du périmètre autour de l’école.
Sur les diapositives qui sont projetées, vous voyez l’école Turgot avant et après,
l’école Lamartine et l’école Jenner avant et après, l’école Bouchor après.
Ces travaux consistent à remplacer une partie importante du bitume au sol par
un sol perméable, en particulier par des copeaux qui remplacent d’ailleurs totalement
les anciennes aires de jeux en sol souple totalement imperméables qui ont couvert nos
cours d’école pendant les 20 dernières années parce qu’on était vraiment dans une
culture d’une certaine forme d’hygiène et du risque moindre, chassant ainsi de plus en
plus la nature des cours d’école.
57
Ces travaux visent donc à renforcer la place de la nature par la plantation
d’arbres, d’arbustes, de petites haies qui contribuent aussi à infiltrer plus doucement les
eaux pluviales.
Ces aménagements visent aussi à une meilleure gestion des points d’eau,
notamment par l’installation de récupérateurs d’eau de pluie que nous installons dans
toutes les écoles lilloises.
Comme je le soulignais, cette ambition de faire des écoles durables à Lille n’est
pas nouvelle. En effet, cela fait maintenant plusieurs années que nous créons des
jardins potagers qui se logent dans ces cours d’école rénovées. Aujourd’hui, dans près
de deux tiers des écoles, nous avons la chance de pouvoir porter des projets avec les
enfants, les enseignants, les animateurs et les associations à partir de jardins potagers.
Deux tiers, c’est important, sachant que, je le rappelle, l’objectif est d’arriver à 100 % de
jardins potagers dans les écoles et y compris de sortir ces jardins potagers de
l’ensemble de l’école pour aller de plus en plus sur les parvis, parvis sur lesquels je
reviendrai tout à l’heure.
Cette végétalisation des écoles s’accompagne également du développement
des composteurs. 23 écoles en seront dotées en octobre.
Ce sont aussi des nichoirs à oiseaux, des hôtels à insectes, comme vous
pouvez les voir ici, de mémoire, à Viala-Voltaire et à Bara-Cabanis.
Nous avons amplifié la campagne de plantations d’arbres, d’arbustes et de
végétaux. Je n’ai pas les chiffres actualisés, puisque la campagne commence à
l’automne. Sur la base de la campagne de l’année dernière, on était à 1 250 arbres et
arbustes dans nos 79 cours d’école.
Je voudrais préciser – puisque certaines villes semblent le découvrir aujourd’hui
– que, pour nous, ces aménagements qui ne sont pas nouveaux sont essentiels pour
lutter contre les îlots de chaleur urbains, mais ne sont pas une fin en soi. En effet, c’est
le support d’actions pédagogiques riches et développées sur tous les temps de l’enfant,
portées avec l’enseignant, mais aussi avec nos animateurs et les associations
extraordinaires avec lesquelles nous travaillons. Au-delà de cet aspect pédagogique –
j’apprends le développement durable, j’apprends à respecter ma planète, j’apprends en
mettant les mains dans la terre, j’apprends le rythme des saisons –, nous nous sommes
rendu compte avec des associations que cela aidait aussi les enfants à rentrer dans les
apprentissages. Le contact avec la nature dans ma cour d’école me permet d’être plus
concentré lorsque je rentre en cours. L’objectif, sans aucun rapport a priori avec la
nature, est en fait d’apprendre à lire ou à compter. Il y a donc un bienfait évident du
contact avec la nature pour rentrer dans la concentration et les apprentissages.
Par ailleurs, la lutte contre le changement climatique n’est pas la seule ambition
de ce projet des cours d’école nouvelle génération. En effet – et je voudrais remercier
à la fois Emanuel NOLEVAUX et Céline ROYER la pilote du projet cour d’école –, ces
travaux ont été l’occasion de remettre en question les usages de la cour dans un
processus de co-élaboration avec les enfants auquel mon collègue Sébastien DUHEM
est très attaché, qui vise à prendre d’abord en compte le point de vue des enfants, de
58
ces citoyens sur leur cour d’école, et ce, avec les adultes, les enseignants, mais d’abord
avec les enfants.
Vous avez par exemple à l’écran le guide d’usage de la cour d’école qui a été
pensé par les enfants de Turgot. Revoir les usages de l’école, c’est d’abord penser la
cour d’école à hauteur du point de vue des enfants, avec eux, c’est faire en sorte que
les espaces végétaux ne soient pas décoratifs ou utilitaires – on va là dans le jardin
pédagogique –, mais fassent partie complète du jeu libre, de l’espace du jeu. On
traverse de plus en plus ces espaces végétaux. Je ne vous cache pas que cela change
des pratiques réelles de gestion d’une cour d’école lorsque les enfants sont amenés à
courir dans les copeaux de bois, à toucher la terre et à jouer en contact avec la nature.
Ces espaces font partie intégrante du jeu libre et la créativité y est encouragée.
Les jeux sont aussi pensés de manière plus collaborative et, sans supprimer totalement
les jeux de ballon, on les pense de manière plus collaborative, moins monopolisée par
un petit groupe de garçons et l’égalité filles-garçons est une priorité.
Nous accompagne pour cela une association extraordinaire qui s’appelle
Récréation urbaine, qui sait très bien recueillir la parole des enfants et traduire leur
pensée en projet.
Après les travaux qui vont nous occuper l’année prochaine pour les trois écoles
qui restent encore 100 % minérales et que j’ai citées tout à l’heure, nous prioriserons
les écoles – je le dis pour rebondir sur les débats que nous avons eus en commission
– en fonction des critères que nous avons identifiés dans notre tableau de suivi. Par
ailleurs, si les conseillers municipaux le souhaitent, on peut totalement affiner ces
critères identifiés, sans pour autant que la charge de travail qui consiste à identifier ces
critères école par école et cour par cour ne soit trop lourde. Il faut rester dans un outil
de gestion simple. Ces critères sont par exemple :
- la part du bitume dans la cour d’école – prioritairement, nous nous
attaquerons aux écoles qui ont moins d’un tiers de surface végétale, qui
ne sont pas à 100 % minérales mais où on compte moins d’un tiers de
surface végétale – ;
- celles qui n’ont pas de parc ou de jardin à proximité – on est bien dans
l’objectif de lutte contre les îlots de chaleur – ;
- celles qui n’ont pas de jardin pédagogique – on en a une bonne proportion,
mais elles ne sont pas à 100 % – ;
- celles qui n’ont pas de récupérateur d’eau ou de nichoir.
Je termine par un mot sur les rues scolaires qui vont être expérimentées après
les vacances d’automne.
Vous savez que, avec mon collègue Jacques RICHIR depuis longtemps, mais
également depuis quelques semaines avec Pierre POSMYK, nous développons les
mobilités douces et actives dans toutes les écoles, à l’image de l’engagement qui est le
nôtre dans la ville, avec la mise en place de range-trottinettes, de cabanes à trottinettes
dans toutes les écoles, l’organisation de challenges. L’apprentissage du vélo est
également accompagné par des intervenants sportifs ; il y a des interventions de la
police municipale pour apprendre à faire du vélo en ville et apprendre le code de la route
et le code du piéton.
59
Nous inaugurons cette année une première classe transplantée dans le
territoire métropolitain avec une thématique vélo.
Comme nous l’avons dit pendant cette campagne électorale, nous souhaitons
améliorer la sécurité aux abords des écoles pour encourager cette pratique. Il ne s’agit
pas uniquement d’équiper les écoles de racks à trottinettes ou à vélos pour permettre
aux enfants de ne s’y rendre à pied, à vélo ou à trottinette.
Pour pouvoir accompagner cette dynamique, nous avons fait un diagnostic de
l’ensemble de nos parvis d’école pour identifier ceux qui avaient des parvis
suffisamment sécurisés. Il apparaît que, aujourd’hui, deux tiers des écoles ont un parvis
sécurisé suffisamment large. C’est du fait d’un engagement très fort que l’on a mené
ensemble sur l’ancien mandat avec Jacques RICHIR, Alexandra LECHNER et les
présidents de conseil de quartier pour vraiment sécuriser les parvis d’école. Il reste
toutefois un tiers des écoles sur lesquelles nous travaillerons à des solutions qui seront
un agrandissement du parvis quand c’est possible, la piétonnisation permanente de la
voie devant l’école, l’aménagement d’une zone de rencontre par exemple, avec la mise
en place de chicanes qui vise à réduire considérablement la vitesse de la voiture et –
c’est l’objet aujourd’hui – la mise en place de rues scolaires.
Qu’est-ce qu’une rue scolaire ? C’est la fermeture temporaire à la circulation
automobile d’une rue devant une école avant l’entrée en classe jusqu’au départ des
parents le matin et le soir pendant 45 minutes, et ce, grâce à du mobilier adapté, c’est-
à-dire une grille qui se déploie et qui bloque la circulation, et, au moins dans un premier
temps – c’est ce que nous avons envie d’expérimenter –, des agents formés qui
permettront de sécuriser cette fermeture.
Nous avons déjà fait une expérience à Fives devant les écoles Lacore et
Berthelot. Après les vacances d’automne, nous allons expérimenter avec ce nouveau
mobilier deux nouvelles rues scolaires à Bois-Blancs devant les écoles Jaurès et
Desbordes-Valmore et devant l’école Michelet rue Fabricy dans le Centre.
Ces expérimentations seront suivies de huit expérimentations que nous menons
– et je voudrais les en remercier – avec l’ADAV, qui nous aide, avant même de lancer
ces expérimentations, à travailler sur les pratiques de mobilité de chacun des enfants,
mais aussi de leurs parents, des enseignants, des animateurs, de tous les usagers de
l’école, sur les résistances au changement des pratiques et sur l’accompagnement de
ces changements que suggéreront les rues scolaires.
Je voudrais également vous dire que cette rue scolaire que nous allons
expérimenter est aussi une jolie promesse sur laquelle nous réfléchissons notamment
avec Récréation urbaine, mais aussi avec les Potes en Ciel, une association qui pense
vraiment le regard des enfants sur le jeu et la possibilité que la rue appartienne enfin
aux enfants. Il s’agit de voir comment, à partir de ces rues scolaires, on permet le jeu
libre des enfants dans l’espace et notamment devant les écoles lorsque les beaux jours
reviennent.
Je serai sûrement amenée à revenir vers vous pour compléter ce propos
liminaire, au moins pour en faire un bilan à un moment donné et, je l’espère, pour
conforter cette évolution et parler des évolutions en termes de jeux pour les enfants.
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Madame le Maire - Merci beaucoup, Charlotte BRUN.
Vous auriez pu ajouter que tout cela se fait en grande concertation avec les
parents d’élève – que vous voyez encore samedi pour une de ces écoles – et avec les
enseignants.
Je passe la parole à Ingrid BRULANT FORTIN.
Madame BRULANT FORTIN - Madame le Maire, Madame BRUN,
Votre équipe a fait la chasse aux cours d’école 100 % béton pour aller un peu
partout les verdir. Vous nous dites qu’il n’y a plus que trois écoles sur les 79 qui sont
encore 100 % minérales et que, en 2021, ce sera réglé.
Attention aux raccourcis de communication. Ayons l’honnêteté de dire que cette
débétonisation n’a pas partout été massive et qu’on est loin du tiers d’espaces dans
chaque cour vraiment végétal.
Signer ce soir pour ce projet européen qui va permettre de financer la mise au
vert massive de 10 écoles sur huit ans, c’est oui, bien sûr, nous voterons pour.
Dans une ville si dense, urbaine à 93 % de sa surface, qui laisse si peu de place
aux espaces de nature, qui n’a aucun espace naturel protégé, c’est à une autre chasse
que le groupe Faire Respirer Lille vous invite ce soir, la chasse aux espaces verts
invisibles et/ou insécures, et/ou moches, et donc sous-utilisés par les Lillois ; par
exemple, ce que nous avions appelé dans notre programme la zone d’un futur bio-parc
des remparts tout au nord, véritable coulée verte trop peu visible, mais aussi des lieux
plus modestes en taille. Je pense au square Daubenton du métro Gambetta, que la
rénovation pourtant récente n’a pas du tout rendu aux habitants. Je ne vois toujours pas
d’enfants y jouer. Il aurait pourtant pu devenir sans grands frais – car, évidemment, on
ne demande pas des jardins à la française – l’un des 50 cœurs de verdure que nous
appelions de nos vœux.
Des exemples, j’en ai plein. Je pense aussi au méconnu jardin des plantes ou
au parc de la mairie de Wazemmes confisqué pour les raisons que vous connaissez.
Faisons la chasse aux espaces verts peu attractifs pour qu’ils le deviennent.
J’en reviens un instant aux enfants. Je ne veux pas renchérir sur la biodiversité
ou l’urgence climatique sur ce sujet de la végétalisation des cours d’école, mais bien
sur leur quotidien. Mettons-nous à la place de nos enfants. Végétalisons les écoles,
mais pas seulement pour l’objectif climatique ou pour faire de la nature un objet
d’observation. Végétalisons pour créer des lieux pour jouer, toucher, escalader, se
cacher, bref, être libre pour bien grandir. C’est d’ailleurs un sacré défi pour nous les
adultes ou pour les enseignants, pour les animateurs que de les laisser faire.
Le groupe Faire Respirer Lille en est convaincu. Une ville durable, c’est une ville
adaptée à ses enfants, une ville où ils ne sont pas parqués que dans des aires de jeux
aseptisées ou dans des jardins trop propres à la française, une ville où ils sont à l’aise
dans tout l’espace public, une ville dans laquelle les parents n’ont plus peur de les
laisser se déplacer seuls en vélo ou aller faire une course au commerce du coin.
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Vous nous trouverez donc toujours de votre côté, Madame BRUN, Madame
AUBRY, pour mettre Lille à hauteur d’enfants, pour éviter la fuite ou la lassitude des
familles. Nous saurons aussi quand il le faudra dénoncer les opérations de com’ qui
laissent penser que, à Lille, on est la référence, on fait déjà tout. Il ne faudrait pas que
les choses avancent trop timidement sur les rues scolaires, mais aussi sur les
opérations « la rue aux enfants ».
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame BRUN.
Madame BRUN - Je suis heureuse d’entendre par vos propos – mais je n’avais
peut-être pas été suffisamment claire – que vous êtes d’accord avec notre conception
du jeu et de la nature dans les écoles, puisque c’est exactement ce que je viens
d’expliquer.
Par contre, sans vouloir désenchanter votre lecture de cette délibération, il ne
faut pas non plus surestimer la participation financière que la signature de cette
convention va apporter. On consacre déjà environ 400 000 €, sans compter tous les
travaux que l’on fait par ailleurs dans les écoles, juste sur l’objectif de casser du bitume.
Après – et il faudra d’ailleurs qu’on le chiffre –, l’enveloppe budgétaire est beaucoup
plus importante. Sur 400 000 € par an, la participation financière sur les huit ans ne
s’élève qu’à 312 000 €. Il ne faut donc pas non plus dire, comme vous l’avez dit, que
c’est une participation financière massive qui va permettre à la Ville de Lille de
poursuivre son effort.
En tout cas, je prends note que vous partagez notre conception du jeu en ville.
C’est exactement ce que nous voulons faire, c’est-à-dire faire en sorte que les enfants
puissent jouer en sécurité et que le jeu libre soit encouragé avec une égalité entre les
filles et les garçons au préalable.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je mets aux voix les délibérations de Charlotte BRUN.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je vous remercie.
20/338 - Versement de subvention à l'OCCE du Nord.
20/340 - Classes d'environnement - Personnel enseignant - Indemnités -
Application des nouveaux taux.
20/341 - Caisse des Ecoles de Lille - Modification des statuts.
Adoptées.
62
PROJET ÉDUCATIF GLOBAL
20/342 - Politique Educative - Clubs à destination des enfants des écoles
publiques lilloises.
Adoptée.
JEUNESSE
20/343 - Appui au déploiement du dispositif service civique sur le territoire
lillois - Subvention à l'association Réussir la Mission Locale.
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN, Arnaud DESLANDES, El Madani OULKEBIR,
Charlotte BRUN, Anne GOFFARD, Stéphanie BOCQUET ne prennent pas part
au vote.)
Madame le Maire - Je passe la parole à Audrey LINKENHELD.
Chemise 4
QUALITE DE L’AIR Rapporteur : Audrey LINKENHELD
Adjointe au Maire
20/333 - Qualité de l’air – Association pour la prévention de la pollution
atmosphérique (APPA) – Défi « Une bonne qualité de l’air dans mon
école en 2020-2021 » – Subvention – Convention entre l’association et
le Ville.
(Projection de diapositives)
Madame LINKENHELD - Merci, Madame le Maire.
Nous allons rester encore un peu dans la cour d’école, puisque je vais vous
parler d’une délibération qui concerne également nos établissements scolaires dans
lesquels, au-delà des enjeux de nature et de jeux qui viennent d’être rappelés, nous
nous assurons également qu’il y ait une bonne qualité de l’air et en particulier une bonne
qualité de l’air intérieur. C’est une préoccupation de longue date de la Ville de Lille.
Dans le précédent mandat et depuis 2013, nous avons mis en œuvre ce que
nous avons appelé alors le projet Scol’Air, qui permet de mesurer la qualité de l’air
intérieur dans les écoles et les crèches. Nous avons mis en place des campagnes de
mesures progressivement et, depuis la fin de l’année dernière, nous sommes en
capacité de couvrir la totalité des crèches et des écoles dans lesquelles nous vérifions,
à travers ces mesures et ces capteurs, que l’air que nos enfants y respirent est sain,
c’est-à-dire que les valeurs d’un certain nombre de polluants sont évidemment
inférieures aux normes réglementaires, que la ventilation y est correcte, que le confort
63
d’été et d’hiver y est correct. C’est un dispositif innovant sur lequel, je pense, la Ville de
Lille était plutôt en pointe par rapport à d’autres collectivités.
Evidemment, à côté de ces mesures, nous avons également entrepris dans ces
écoles un certain nombre de travaux quand ils étaient nécessaires. 33 écoles lilloises
ont donc pu bénéficier de travaux spécifiques. On a retiré le formaldéhyde quand il y en
avait, on est intervenu sur les fenêtres pour favoriser la circulation de l’air, on a amélioré
la VMC.
On s’est aussi servi des constats faits sur les écoles existantes pour introduire
pour les nouvelles écoles en construction – puisqu’il y en a régulièrement sur notre
territoire – une clause sur la qualité de l’air intérieur, clause dont ont pu bénéficier
certains établissements livrés récemment, je pense en particulier au groupe scolaire
l’Epine qui a été inauguré en cette rentrée à Hellemmes.
En même temps que des travaux sont faits, nous sensibilisons et nous formons
les différents intervenants à la qualité de l’air intérieur, que ce soient nos agents,
personnel municipal ou prestataires, ou que ce soient aussi les enseignants.
Nous avons également une convention de recherche avec le CEREMA puisqu’il
se trouve qu’il y a encore quelques polluants sur lesquels les mesures sont plus difficiles
à faire. Nous avons donc aussi engagé un peu de recherche sur cette question.
Également, nous travaillons avec les enfants autour de projets pédagogiques
qui intègrent cette question de la qualité de l’air intérieur à travers des jeux ou des
spectacles qui associent les enfants.
Cela me permet de vous parler de la délibération de ce soir puisque ce dont je
viens de parler, c’était ce que l’on fait déjà. L’idée est de vous dire aussi ce que nous
allons faire demain avec de nouvelles actions pour la santé de nos enfants, ce que
permet cette délibération à travers laquelle nous proposons de verser une subvention à
une association bien connue sur ces questions de qualité de l’air, qui est l’Association
pour la prévention de la pollution atmosphérique, l’APPA, avec laquelle nous proposons
de lancer un défi aux écoles lilloises volontaires pour qu’elles sensibilisent davantage
encore leurs occupants à ces enjeux d’air intérieur et de santé, avec des ateliers qui
pourront réunir les enseignants et les autres personnels adultes pour, au-delà de la
sensibilisation, montrer aussi ce que sont les bons gestes et favoriser cette qualité de
l’air intérieur dans nos écoles.
Sur le modèle de ce projet Scol’Air dont je vous parlais, nous allons évidemment
continuer les mesures dans nos écoles et dans nos crèches, mais nous allons aussi
lancer une nouvelle campagne de mesures dans d’autres établissements publics et on
commencera par des établissements sportifs, les piscines et les salles de sport, si
toutefois elles rouvrent, et nous l’espérons le plus vite possible. Ces campagnes de
mesures dans les nouveaux lieux publics seront réalisées par des bureaux d’études
spécialisés, mais aussi par le CEREMA qui est un de nos partenaires habituels sur ce
sujet.
64
Notre priorité est d’améliorer la qualité de l’air intérieur, mais aussi la qualité de
l’air extérieur. Dans nos engagements de campagne, nous avons indiqué que nous
souhaitions intensifier toutes nos actions en faveur de la qualité de l’air. C’est aussi la
raison pour laquelle nous avons évidemment accepté la sollicitation d’Eurocities de faire
partie des green cities, donc des villes vertes européennes, dont vous avez entendu
tout à l’heure que la qualité de l’air était un sujet important. On continuera donc de
travailler avec les experts, les scientifiques, les entreprises, les associations et
évidemment les citoyens.
Cela me donne l’occasion de vous dire que, ce lundi, nous allons réunir la
deuxième session du comité de suivi citoyen qui fait suite à notre conférence citoyenne
intitulée « Tous acteurs pour mieux respirer à Lille » et, comme nous l’avons décidé lors
de la première réunion de ce comité de suivi, nous aurons l’occasion de faire un focus
particulier sur les questions de mobilité, puisqu’on sait qu’elles jouent un rôle important
pour la lutte contre les pollutions. Jacques RICHIR, Pierre POSMYK et Julien PILETTE,
nos trois élus concernés par ces sujets, auront l’occasion de rendre compte aux citoyens
présents de ce que ce qui s’est déjà fait dans le respect des propositions qu’ils nous
avaient présentées et que nous avions acceptées.
Puisque je parle de la qualité de l’air – cela me permettra de faire la transition
avec l’autre délibération que je souhaitais vous présenter –, en matière de qualité de
l’air, il y a la question des modes de vie et de consommation, mais aussi la question des
bâtiments puisqu’une bonne partie de la pollution vient aussi des bâtiments peu
performants énergétiquement, en particulier des particules fines. Les PM10 et PM2,5,
on le sait, viennent largement des émissions qui sont celles du secteur résidentiel,
raison pour laquelle, comme nous l’avons indiqué dans le cadre du plan de relance,
nous sommes particulièrement attachés à poursuivre les rénovations dans les
bâtiments, que ce soient les bâtiments privés ou les bâtiments publics.
S’il n’y a pas de question, j’en viens à la délibération suivante.
ENERGIE
20/330 - EnergieSprong – Convention entre la SAS Greenflex et la Ville.
Avant de vous parler de cette délibération qui porte sur la rénovation de nos
bâtiments municipaux, je voudrais un peu remettre les choses dans leur contexte. Je
pense que, en ce début de mandat, c’est aussi l’occasion de faire cela et de rappeler
quels sont les enjeux de la transition énergétique à Lille.
Vous sont rappelés à l’écran les objectifs qui sont aujourd’hui ceux de la Ville
de Lille, à savoir de faire diminuer de 45 % nos émissions de gaz à effet de serre d’ici
2030. Il faut savoir que cet objectif a grandi avec le temps au fur et à mesure des
différents engagements que nous prenions, notamment à travers la convention des
maires que nous avons signée à deux reprises, à travers notre candidature au prix de
Capitale verte européenne, mais aussi à travers l’urgence climatique que nous avons
déclarée dès le mois d’octobre 2019, mais aussi dans le cadre du plan climat dont la
MEL a adopté le premier projet à la fin de l’année 2019 et qu’elle va adopter de manière
définitive a priori au début de l’année 2021.
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Notre objectif aujourd’hui est donc moins 45 % d’émission de gaz à effet de
serre d’ici 2030, avec évidemment comme objectif d’atteindre la neutralité carbone bien
avant 2050. 2050, c’est la deadline réglementaire, mais notre mission est évidemment
d’y arriver avant, en faisant baisser l’empreinte carbone de l’ensemble du territoire,
c’est-à-dire ce qu’émettent les acteurs privés à travers les logements, mais aussi les
émissions économiques et industrielles, l’empreinte carbone des Lillois puisque nous
avons aussi besoin de l’engagement des citoyens sur cette question et l’empreinte
carbone liée à l’activité municipale en tant que telle, avec une part importante qui est
liée à notre patrimoine municipal.
Pour rappel, puisque ce sont des éléments que nous avions déjà eu l’occasion
de présenter, lorsque nous avons fait le bilan d’émission des gaz à effet de serre de la
Ville de Lille, le bureau d’études qui nous avait accompagnés (Ecoptimum) avait dessiné
la trajectoire de ce qu’il faudrait faire ou de quelques exemples de ce qu’il faudrait faire
pour arriver à cette neutralité carbone en 2050. Cela reviendrait pour nous à baisser de
19 000 tonnes de CO2 nos émissions par an sur l’ensemble du territoire, ce qui équivaut
à ce que notre patrimoine municipal émet lui-même chaque année. Vous voyez
l’ampleur de la tâche.
Vous avez à l’écran quelques exemples d’actions qu’il faudrait mener. Ce sont
des exemples évidemment théoriques, vous pouvez les attribuer au bureau d’études
qui les a proposés. Je n’entre pas dans les détails, je voulais juste rappeler cet ordre de
grandeur.
Nous avons déjà mené dans cette ville de nombreuses actions pour aller vers
la ville bas carbone, je ne vais pas y revenir en détail ce soir, un certain nombre d’entre
elles ont déjà été citées. Je rappelle simplement que, dès l’année dernière, nous avons
commencé à travailler à une vraie stratégie lilloise bas carbone, en particulier avec les
aménageurs, les promoteurs et bailleurs qui sont aussi des acteurs importants de
l’aménagement de la ville bas carbone.
Nous avons évidemment les engagements de ce nouveau mandat. Là aussi, je
n’entre pas dans les détails. Je veux simplement vous montrer que, sur les 20 priorités
que nous avons affichées dans notre programme municipal, un certain nombre
concourent à la ville bas carbone, elles sont rappelées sur cette diapositive, nous en
avons déjà beaucoup parlé depuis le début de ce Conseil Municipal. Cela montre bien
que faire la transition écologique et énergétique forme un tout et c’est dans ce tout que
s’inscrit la rénovation de nos bâtiments municipaux.
Nous avons aujourd’hui 350 bâtiments municipaux qui, il faut le souligner, ont
une performance énergétique qui s’améliore, c’est une performance croissante. Sur ces
600 000 m² que représentent ces bâtiments, on fait des rénovations les plus globales
possibles, on fait de la maintenance la plus pertinente possible, on a mis en place des
contrats de performance énergétique, on a travaillé sur la question de l’éclairage, on a
travaillé sur la question des usages. Tout cela nous a permis, depuis que nous
mesurons nos émissions et nos consommations, donc depuis à peu près 15 ans, de
diminuer de 19 % nos émissions de gaz à effet de serre et de 21 % nos consommations
d’énergie.
66
Je précise au passage que, en même temps que nous avons diminué nos
consommations d’énergie, nous avons aussi fait des économies d’énergie en euros
sonnants et trébuchants.
Vous avez sous les yeux quelques exemples de réalisations diverses qui nous
ont permis de rendre nos bâtiments plus performants.
Aujourd’hui, l’enjeu – et c’est pourquoi je voulais rappeler les chiffres en
introduction de mon propos –, c’est évidemment, à travers ces premières
expérimentations, de changer d’échelle et d’avoir une approche qui soit vraiment
cohérente et globale sur notre patrimoine municipal.
Cela nous est permis en approfondissant la connaissance qui est déjà la nôtre
de ce patrimoine, en poursuivant les diagnostics énergétiques fins sur les bâtiments qui
le nécessitent, en allant regarder de près quels sont nos besoins de rénovation qui sont
parfois énergétiques, mais pas que, puisqu’on a aussi des enjeux d’accessibilité pour
les personnes en situation de handicap, on a aussi des travaux de remise en état et de
sécurité qui sont indispensables. Tout cela doit être regardé en même temps pour faire
une intervention globale.
Cela nécessite évidemment une montée en compétences continue de notre
administration. Elle est très compétente sur ces questions, on a la chance d’avoir des
équipes très mobilisées sur ces questions d’énergie, mais il faudra étoffer encore ces
compétences si on veut pouvoir changer d’échelle.
Il faut également continuer à améliorer les usages. La baisse des
consommations d’énergie, ce sont des éléments techniques, mais c’est aussi, comme
chacun chez soi, bien utiliser les équipements pour permettre de ne pas gaspiller
d’énergie.
À partir de cette connaissance du patrimoine que nous avons et que nous
devons approfondir quotidiennement, il a été développé une stratégie énergétique, que
vous avez à l’écran, qui montre quelle devrait être notre trajectoire pour arriver à
diminuer nos consommations d’ici 2050.
Cette stratégie s’appuie sur un outil qui s’appelle Planiss’Immo, qui est un outil
d’aide à la décision. C’est un logiciel qui nous permet très concrètement de répertorier
l’ensemble de nos bâtiments et de regarder l’impact des mesures que nous prendrions,
que ce soient des mesures de rénovation, selon le niveau de rénovation que l’on
déclenche, ou des mesures d’usage ou les deux combinées.
C’est un outil qui permet de faire de la prospective. La courbe que vous avez
sous les yeux est de la pure prospective qui dit comment on divise par deux la
consommation d’énergie pour passer de 85 000 MWh aujourd’hui à près de la moitié en
2050. L’enjeu aujourd’hui est évidemment de sortir du scénario pour passer au vrai plan
d’actions, un plan d’actions dont on sait qu’il doit être phasé. Cela nécessite de se
demander quels sont les bâtiments sur lesquels on veut intervenir en priorité, à quel
rythme, quels sont les leviers qu’on utilise et à quel coût car, évidemment, pour amplifier
ce passage à l’acte dont on sait qu’il est indispensable, il faut que nous adaptions nos
moyens financiers. Je peux vous dire, avec mon autre casquette d’élue au budget, que
67
nous allons évidemment prévoir dans le budget qui vient et dans les budgets à venir les
sommes nécessaires pour ce passage à l’acte et ce changement d’échelle. Ce n’est
pas par hasard si, dans le plan de relance, la rénovation des bâtiments occupe une
place importante. Sauf erreur de ma part, nous avons proposé à l’État de nous
accompagner sur l’équivalent de 26 M€ consacrés à la rénovation des bâtiments, dont
entre 4 et 6 M€ qui concernent les bâtiments scolaires dont nous allons parler dans un
instant.
Il nous faut donc adapter nos moyens financiers, nos moyens techniques. En
effet, on a une diversité du patrimoine, vous l’avez vu à travers les images qui ont été
montrées, mais les images que vous allez voir tout de suite montrent assez bien les
enjeux qui sont les nôtres. Evidemment, on ne rénove pas du tout de la même manière
la salle Alain Colas à Fives que l’école Michelet (je pense qu’il y a une inversion dans
les photos entre Brossolette et Michelet), ou l’école Thierry Launay qui a déjà fait l’objet
d’une rénovation assez exemplaire.
Le patrimoine est donc diversifié et l’on doit s’y adapter. Dans certains cas, on
va faire du sur-mesure et on n’aura pas le choix, avec ce que cela veut dire de coût et
aussi de lenteur. Dans d’autres cas, il y a des rénovations qu’on peut faire de manière
plus rapide avec des solutions plus industrielles et que l’on peut partager aussi avec
d’autres, parce que ce sont des bâtiments assez tramés, avec des trames qui se
reproduisent et qu’on retrouve dans les écoles, dans des bâtiments éducatifs, mais que
l’on retrouve parfois aussi dans du logement.
C’est ce que propose EnergieSprong, qui est l’objet de la délibération de ce soir.
Nous proposons donc ce soir de passer une convention avec Greenflex, une
société privée qui a accompagné une méthode industrielle de rénovation aux Pays-Bas
il y a déjà quelques années, qui s’appelle EnergieSprong – c’est du Néerlandais, cela
veut dire « saut énergétique ».
Cette méthode de rénovation permet de faire des rénovations à zéro énergie
garantie, c’est-à-dire que, grâce à l’isolation des bâtiments par la pose de panneaux en
façade et en toiture, par une isolation à l’extérieur, et par la pose en toiture d’éléments
d’énergie renouvelable, on arrive à faire en sorte que la différence entre la
consommation et la production d’énergie soit égale à zéro et ce, sur au moins 30 ans,
donc de manière durable, ce qui prémunie contre la précarité énergétique, mais aussi
contre la fluctuation des éléments d’énergie dont on sait bien que les coûts ne sont pas
facilement prévisibles aujourd’hui. C’est le premier avantage de ce type de rénovation.
Deuxième avantage, le fait qu’on intervienne par une isolation par l’extérieur et
par des panneaux préfabriqués permet d’aller extrêmement vite. Sur les logements, ce
sont à peine quelques semaines d’intervention et, sur les écoles, si tout va bien, s’il n’y
a pas d’aléas – mais il y en a moins puisqu’on préfabrique hors site, on est donc moins
soumis aux aléas climatiques –, cela peut se faire sur le temps des vacances scolaires,
ce qui est évidemment très appréciable puisque cela évite d’interrompre toute activité
et cela permet d’aller vite. Derrière, il y a un enjeu d’industrialisation, puisque les
panneaux en façade et en toiture sont fabriqués si possible localement par une vraie
filière, qui est aujourd’hui à construire – c’est aussi un des enjeux de la délibération –
mais qui, parce qu’elle est industrielle et locale, devrait permettre de réduire les coûts
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de chacune des rénovations. Les premières sont encore assez coûteuses mais, plus on
en fait, plus on espère qu’elles seront abordables et moins coûteuses et plus on pourra
en faire avec un même budget. Nos enjeux sont évidemment massifs et nos enjeux
budgétaires aussi ; ce sont plusieurs millions d’euros par an à dépenser dans les
rénovations. Si, avec un même million, on peut faire plus de rénovations, on en sera
très heureux.
L’objet de cette délibération est cette convention avec Greenflex qui nous
accompagne gratuitement. En effet, le Ministère de la Transition écologique, dans le
cadre des programmes de certificats d’économie d’énergie, a proposé à Greenflex de
tester le développement de cette méthode hollandaise en France dans 13 régions, aussi
bien sur des logements sociaux et privés que sur des bâtiments éducatifs, des lycées
et des écoles – chez nous, ce sera plutôt des écoles.
L’accompagnement de Greenflex, c’est tout simplement d’étudier la faisabilité
technico économique de cette méthode de rénovation sur nos écoles, certaines de ces
écoles étant déjà ciblées par nos équipes grâce à cet outil dont j’ai parlé tout à l’heure.
Nous devrions savoir assez rapidement, puisque les travaux ont déjà un peu
démarré en temps masqué, lesquelles de nos écoles seront « énergiesprongables » –
comme on dit entre spécialistes du sujet. Lorsqu’on saura quelles sont ces écoles
énergiesprongables, on pourra lancer les études et les consultations d’entreprises.
D’après les premières simulations financières, on espère pouvoir rénover des travaux
de cette sorte-là sur deux groupes scolaires de notre territoire d’ici l’été 2022. Comme
je l’ai dit, on veillera en parallèle à construire cette filière industrielle et locale qui devrait
servir non seulement le patrimoine municipal, mais aussi les bâtiments résidentiels
privés de ce territoire puisqu’il se trouve que les Hauts-de-France sont plutôt pionniers
sur cette méthode EnergieSprong.
Madame le Maire - C’est vraiment intéressant et innovant.
Il n’y a pas d’intervention sur les dossiers d’Audrey LINKENHELD.
Je mets aux voix ces délibérations.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptées.
Je vous remercie.
TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET
DÉVELOPPEMENT SOUTENABLE
20/328 - Programme Interreg Europe du Nord-Ouest - Projet européen SHICC -
Etudes conduites par l'Organisme de Foncier Solidaire de la Métropole
Lilloise (OFSML) - Subvention.
Adoptée.
69
FINANCES
20/329 - Matériels municipaux - Demande à l'Etat de procéder à leur aliénation
avec publicité et concurrence.
Adoptée.
ÉCONOMIE
20/332 - Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Projet européen Tast'in Fives
(Transforming Areas with Social Talents : Feed, Include, Value,
Educate, Share) - Initiative européenne "Actions innovatrices
urbaines" - Extension du projet - Avenant n° 4 à la convention de
partenariat.
Adoptée.
Je passe la parole à Jean-Claude MENAULT.
Chemise 17
SÉCURITÉ Rapporteur : Jean-Claude MENAULT
Adjoint au Maire
20/395 - Extension du dispositif de vidéo-protection et création d'un centre de
supervision urbain.
Monsieur MENAULT - Madame le Maire, chers collègues,
Je voudrais vous rappeler que la sécurité est un des thèmes qui revient le plus
souvent dans l’expression spontanée des habitants et particulièrement dans les grandes
agglomérations. Au-delà des sondages d’opinion, des études qui sont faites ici et là, il
y a un certain nombre de choses qui nous le rappellent aujourd’hui.
D’abord, la campagne électorale en deux temps nous l’a révélé puisqu’il n’y a
pas une porte qui s’est ouverte sans que les habitants derrière cette porte ne nous le
rappellent. L’été est venu le confirmer, puisque l’été a été particulièrement agité, mais
cette agitation était propre à toutes les grandes villes de France, pas seulement à Lille.
Enfin, aujourd’hui même, alors que nous sommes dans le vif du sujet depuis quelques
mois, nous sommes bien sûr saisis par de nombreuses requêtes et doléances de la part
de la population de Lille qui touchent les problèmes de sécurité.
Il est prévu, durant ce mandat, de maintenir les orientations déjà prises en la
matière et de faire de la sécurité un axe majeur des projets stratégiques de proximité –
j’insiste sur le terme « proximité » –, dans une logique – et, là aussi, c’est important –
de prévention de la délinquance, de tranquillité publique et de développement des
modes de présence terrain.
70
Le développement de la vidéoprotection, que la commune de Lille a commencé
à déployer dans certains quartiers en complément des milliers de caméras déjà
existantes, s’inscrit de manière transversale dans ces projets stratégiques de proximité
pour atteindre plusieurs objectifs :
- pour répondre à une forte attente des habitants de tous les quartiers, pour
les rassurer, les protéger, influer sur le sentiment d’insécurité et faire
revenir auprès d’eux le sentiment de sécurité ;
- pour dissuader le passage à l’acte des délinquants potentiels ;
- pour intervenir immédiatement sur les situations à risque grâce au CSU
qui sera créé, en lien avec les agents qui sont répartis sur le terrain, en
patrouille à pied, en vélo ou en moto ;
- pour soutenir l’élucidation en matière judiciaire, que l’on appelle aussi la
résolution judiciaire, chère à la justice,
- et ce, dans l’intérêt – c’est important parce qu’on les oublie toujours – des
victimes.
Le dispositif comprendra l’implantation de caméras fixes et de caméras mobiles,
dont 40 fixes et 10 mobiles en 2021 dans un premier temps, qui seront reliées à un
centre de supervision urbain, lequel sera créé dans un hôtel de police municipale
totalement rénové, pour un montant total (CSU et caméras) en 2021 de 2 M€.
Les caméras fixes seront implantées sur des sites exposés en continuité en
raison de leur forte fréquentation et des risques que cette fréquentation génère et/ou en
raison d’un ancrage durable sur ces sites de la délinquance ou des désordres, qu’on
peut appeler aussi les désordres publics.
Les caméras mobiles viendront compléter le dispositif en couvrant des sites
impactés de manière occasionnelle et potentiellement reprenables afin de contrer le cas
échéant les extensions causées par ce qu’on appelle communément l’effet plumeau,
que j’appelle l’effet tache d’huile.
Ces périmètres d’implantation sont définis au sein d’un comité de pilotage
présidé par le Maire ou son représentant, assisté d’une équipe projet, avec bien sûr la
participation active des communes associées d’Hellemmes et de Lomme.
Ce comité de pilotage, innovation importante, comprend en son sein la
présence de la Procureure de la République de Lille qui, à ma demande, a répondu très
favorablement à venir dans ce comité de pilotage. Elle y était d’ailleurs le 7 octobre
dernier.
Ce comité de pilotage comprend également le Directeur départemental de la
sécurité publique du Nord, qui est assisté de son état-major lillois, c’est-à-dire le
commissaire central de Lille, le chef de la division de Lille, ainsi que les référents
sécurité, qui sont des gens rompus à l’exercice de la prévention situationnelle. Il
comprend également le représentant de la sécurité de la MEL, au groupement de
commande de laquelle nous sommes adossés conformément à la délibération 18/313
du 22 juin 2018.
Ce comité de pilotage a validé sans plus attendre les premières implantations
qui seront réalisées avant même la création du CSU pour la fin du premier trimestre
71
2021 sur les secteurs – cela ne vous étonnera pas – Masséna-Solférino, place des
Reignaux et ses abords, ainsi qu’à la Briquetterie à Saint-Maurice Pellevoisin, dont on
pense que c’est un site reprenable après les quelques convulsions qu’il a connues au
cours de l’été et encore un peu maintenant – mais cela s’est un peu calmé.
Les autres sites choisis le seront en fonction de critères déjà évoqués et seront
déployés en même temps que le CSU durant l’année 2021. Ils concernent le centre-
ville, les sorties de métro les plus fréquentées et les secteurs périphériques de Moulins,
Wazemmes, Fives, Lille-Sud, avant d’autres déploiements qui se feront selon une
progression du centre vers l’extérieur et tout cela pour des raisons techniques.
Madame le Maire - Merci, Monsieur MENAULT.
Monsieur BALY.
Monsieur BALY - Madame le Maire, chers collègues,
La question qui nous est posée ce soir n’est ni plus ni moins celle d’un choix de
société. Voulons-nous une société où le contact humain devient quantité négligeable,
remplacée par une tout technologie dont l’efficacité reste à prouver ?
Nous insistons sur ce point. Il n’existe aujourd’hui aucune étude certifiant
l’efficacité des caméras de vidéosurveillance dans la baisse de délinquance urbaine. La
Cour des comptes elle-même souligne dans un rapport de 2011 le manque d’efficacité
de ce type de dispositif, surtout au regard des coûts engendrés.
Monsieur MENAULT, vous évoquez un investissement de 2 M€ rien que pour
l’année 2021. Une caméra de sécurité compte en moyenne 30 000 € à l’installation,
6 000 € à l’entretien annuel, auxquels il faut évidemment ajouter le coût annuel du CSU.
Nous tenons également à souligner que ces caméras ne pourront être installées
que sur l’espace public et non privé, comme celui de la Filature par exemple où une
habitante de Moulins s’est fait violemment agresser cet été.
Le périmètre de l’installation des caméras est par définition limité. Au plus, les
auteurs de délits se déplaceront vers les espaces privés où la Ville n’a pas la main sur
la continuité de son dispositif de caméras ; c’est, vous l’évoquiez, l’effet plumeau ou
l’effet tache d’huile.
À supposer qu’on tienne compte d’une éventuelle utilité, les caméras déplacent
le problème dans les zones alentour. L’espace extérieur est un espace complexe de
rues, de boulevards et d’impasses. Il est donc impossible de couvrir tous les quartiers
que vous citiez, Monsieur MENAULT. Il ne vous a pas échappé que l’espace qu’a choisi
la Ville pour installer ses premières caméras est celui avant tout des commerces et du
centre. Le message qui vise à mettre la priorité sur certains quartiers est clair.
Chers collègues, que peut-il y avoir de gratifiant pour un agent à passer des
heures devant un écran de vidéosurveillance ? C’est une situation passive et fatigante
qui limite sa perception du réel, nécessairement tronquée par rapport au terrain. Que
vaut-il mieux ? Un éducateur dans la rue ou un agent devant un écran ?
72
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’inefficacité de la caméra est
intrinsèque à sa technologie. Pour l’illustrer, je reprendrai des mots que vous avez
prononcés, Madame le Maire : « une caméra de vidéosurveillance ne descend toujours
pas d’un poteau pour aller arrêter un voleur ». Voici le discours que vous teniez il n’y a
pas si longtemps. Pourquoi ce revirement lors de la campagne municipale ? Que sont
devenues vos valeurs et votre acuité ?
Nous jugeons nécessaire de proposer aujourd’hui un retour fort de la présence
humaine sur le terrain. À ce titre, nous saluons votre annonce d’une augmentation des
effectifs de la police municipale et nous serons vigilants à sa traduction opérationnelle.
Mais cela ne suffit pas. Il est crucial de dynamiser à nouveau la politique de
prévention et de médiation. La baisse des financements du Département aux
éducateurs a été la cause de licenciement et de fermeture d’associations. C’est ainsi
que l’on se retrouve avec des situations comme celle décrite de la place des Reignaux,
citée comme étant la zone de déploiement prioritaire pour ces premières caméras. La
Ville a le devoir d’intervenir auprès des élus départementaux, notamment le premier
d’entre eux avec lequel vous entretenez des rapports privilégiés, et d’exiger le retour à
la hausse de ces financements.
Plutôt que d’investir des millions dans ces caméras, nous avons un besoin ici
et maintenant d’investissements en salaires et en personnes dont l’efficacité dans la
lutte contre la délinquance dans notre ville n’est décidément plus à prouver.
Adoptons des méthodes humaines. Nous le soulignions dans un courrier du 21
juillet, resté à ce jour sans réponse, la sécurité de la ville est un sujet majeur pour les
Lillois et les Lilloises.
Il est opportun de créer à l’échelle des quartiers des espaces de concertation
entre les habitants, les associations de proximité, les représentants des forces de
l’ordre, les services de la Ville et du Département, les membres des conseils de quartier,
les élus et les centres sociaux.
Madame le Maire, il n’y a pas de déterminisme en matière de sécurité. Le choix
de la technologie sur celui de l’humain n’est pas neutre, il s’agit bien ici d’un choix
politique, d’un choix de société.
À vous qui avez tant défendu la « notion du care », nous demandons de ne pas
céder à la tentation des politiques sécuritaires froides et vaines qui nous préparent à un
monde sans contact.
Vous l’aurez compris, constant et cohérent, le groupe Lille Verte votera contre
cette délibération.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame SPILLEBOUT.
73
Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, chers collègues,
Monsieur MENAULT nous présente ici une bien courte délibération proposant
au Conseil Municipal de voter un budget de 2 M€ pour l’installation de la vidéoprotection
et d’un centre de supervision urbain.
Bien entendu, le groupe Faire Respirer Lille votera cette délibération qui
constitue un premier pas vers l’équipement de la ville de Lille en vidéoprotection tant
attendu par les Lillois.
Cependant, quelle déception, Monsieur MENAULT, de voir que, sur un sujet
aussi important que la sécurité des Lillois, vous ne preniez pas la peine de leur présenter
un dossier complet beaucoup plus détaillé.
Pas de budget prévisionnel. Où trouve-t-on la répartition entre les coûts
d’équipement et ceux de la maintenance, le coût d’achat des caméras à la centrale
d’achat de la MEL et celui de leur installation ? Ou trouve-t-on le détail des recettes
attendues en subvention de l’État et de la MEL qui sont pourtant connues des autres
communes ?
Comment allez-vous intégrer dans le plan budgétaire sur plusieurs années la
potentielle baisse du coût de ces systèmes avec l’arrivée de la 5G ? En effet, la
connectivité sans fil deviendra assez puissante pour qu’il ne soit plus nécessaire de tirer
des câbles pour faire remonter les flux vidéo.
Comment sont intégrées les avancées technologiques dans votre plan de
déploiement ?
Pas d’explication dans la délibération des zones envisagées pour les premières
installations. J’ai entendu que vous aviez prévu d’équiper les gares, la rue Faidherbe,
le centre-ville, mais quelle place réelle réservée aux secteurs dangereux et tendus de
nos quartiers ?
Le minimum de respect aurait été de présenter aux Lillois dans cette
délibération un diagnostic objectif des faits d’insécurité sur lesquels se baserait un
véritable plan d’équipement échelonné pour tous nos quartiers.
Pas d’objectif quantitatif d’ici à la fin du mandat. Pas de calendrier de
déploiement. Pas d’indication sur la méthode de travail.
Nous votons aujourd’hui pour les nouvelles compositions des conseils de
quartier. Comment avez-vous prévu de faire le lien entre les conseillers de quartier et le
plan de vidéoprotection ? Ce sont eux qui vivent au quotidien les faits d’insécurité et qui
représentent nos concitoyens.
Pas un mot non plus sur la mise en place indispensable d’une commission
d’éthique qui sera là pour évaluer les résultats et veiller au respect de la vie privée des
Lillois.
Voilà comment, aujourd’hui, l’habitude du pouvoir, Madame AUBRY, Monsieur
MENAULT, use l’exercice démocratique et fait que vous proposiez sans pudeur aux
74
élus lillois de voter 2 M€ presque les yeux fermés, avec une présentation de 5 minutes
du projet, sous prétexte qu’il y a urgence !
Pourtant, l’urgence de la situation, Madame AUBRY, ne vous a pas toujours
sauté aux yeux. Jusqu’en 2014, conseillée par Roger VICOT, vous brandissiez à
chaque Conseil Municipal des études sur l’échec de la vidéoprotection à Londres pour
justifier votre opposition farouche à la vidéoprotection. Aujourd’hui, après une
campagne électorale où, semble-t-il, vos concurrents vous ont ouvert les yeux, après
un été placé, comme vous le disiez, Monsieur MENAULT, sous le signe de la
recrudescence des trafics et d’une violence inédite, vous regardez les réalités en face
et commencez à installer quelques caméras, considérant maintenant que la sécurité est
– je reprends vos propos – « un axe majeur pour les Lillois ».
Vous affirmez d’ailleurs toujours qu’il y a 6 200 caméras aujourd’hui à Lille, mais
tous les Lillois savent qu’elles sont situées dans les transports, les commerces, les
institutions et qu’il n’y en a presque aucune sur l’espace public, alors que, rien que dans
le Nord, plus de 50 villes sont équipées et, par exemple dans notre métropole, Roubaix,
Tourcoing, Marcq, la Madeleine, Lambersart, pour ne citer qu’elles.
Rappelons-le, la sécurité est la priorité de tous les Lillois dans les quartiers.
Vous le savez, à Lille, malgré l’engagement indéfectible de l’État et le travail
remarquable de nos policiers nationaux et municipaux, en six ans, tous les voyants sont
au rouge. Depuis 2015, sous vos mandats, les atteintes aux personnes ont augmenté
de 42 %, le nombre de cambriolages a explosé, augmentant lui aussi de 50 %, et le
nombre de violences sexuelles a plus que doublé.
Pourtant, à Lille, l’État a mis les bouchées doubles. Vous le savez, Madame
AUBRY. Sur les six dernières années, le nombre de policiers lillois a augmenté et est
revenu à la moyenne nationale. Lille a regagné ses 400 policiers nationaux qu’elle avait
perdus il y a quelques années. Fives et Moulins ont d’ailleurs bénéficié du classement
en quartier de reconquête républicaine.
Vous savez aussi, pour avoir regardé de près le sujet, que, dès le prochain
mouvement de mutation, il y aura une grande vigilance pour améliorer encore les
effectifs de police nationale.
Il conviendra d’ailleurs pour Lille de construire et signer au plus tôt le contrat de
sécurité intégré, une étape importante dans la mise en œuvre d’un véritable continuum
de sécurité et de prévention à l’échelle nationale, comme Toulouse vient de le faire hier.
De votre côté, Monsieur MENAULT, vous annoncez en commission le
recrutement de 50 policiers municipaux. Il était temps, car vous n’aviez pas ici toujours
été convaincu de l’utilité de la police municipale. Mais mieux vaut tard que jamais.
Le besoin est effectivement fort, nous le savons. À Lille, nous n’avons que 120
postes de policiers municipaux pour 230 000 habitants, bien en dessous de nos villes
limitrophes comme Roubaix, Tourcoing ou encore, un peu plus loin, Valenciennes ou
Amiens.
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Le véritable enjeu est de travailler sur l’attractivité du métier de policier
municipal à Lille, comparativement aux autres communes. Car oui, nous allons être en
concurrence avec les autres communes qui recrutent des policiers municipaux.
Je vous propose, comme la Ville a su très bien le faire en 2001, d’organiser des
sessions de formation en partenariat avec le CNFPT et la Mission locale de Lille,
opérationnels rapidement, dans les locaux de l’hôtel de ville, pour créer ainsi de l’emploi
direct pour les Lillois.
Nous vous demandons donc, Madame le Maire, Monsieur MENAULT,
d’accélérer la cadence, de prendre l’enjeu de la sécurité des Lillois avec beaucoup plus
de précision et détermination que ne le décrit la pauvre délibération de ce soir.
Nous vous demandons, Monsieur MENAULT, de respecter les Lillois, à
commencer par notre collègue Ali DOUFFI qui, sensible à ces questions, vous a écrit
personnellement le 20 juillet pour vous proposer une rencontre de travail, rencontre à
laquelle vous n’avez pas daigné répondre et donner suite depuis presque trois mois.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Sylviane DELACROIX.
Madame DELACROIX - Madame le Maire, chers collègues,
Cette délibération reprend une proposition largement débattue durant la
campagne.
Au-delà des interprétations caricaturales et des visions dichotomiques qui visent
à opposer les choses, nous savons d’expérience que la vidéoprotection ciblée a déjà
permis sur notre territoire d’aider la police et la justice à rassembler des preuves afin
d’assurer la tranquillité publique dans des secteurs où la population était mise à rude
épreuve.
Nous avons aussi tous – je serai tentée de dire maintenant presque tous –
compris que celle-ci pouvait également permettre de disculper un innocent ce 25
septembre rue Nicolas Appert à Paris.
Le groupe communiste approuve donc l’orientation proposée qui demeure dans
un cadre limité et bien défini.
Nous tenons aussi à rappeler à cette occasion que, bien évidemment, rien ne
remplacera jamais la présence humaine sur le terrain pour laquelle nous devons
poursuivre le combat engagé auprès de l’État pour obtenir des moyens et des effectifs
supplémentaires, tout comme rien ne remplacera les politiques de prévention et le
renforcement des liens entre la police et la population.
De ce point de vue, malgré de nombreuses visites ministérielles – trois, si mes
souvenirs sont exacts – et autant d’engagements, nous ne pouvons que constater
l’insuffisance et non pas l’engagement remarquable de la présence de la B2R à Fives
et à Moulins.
76
De même, n’en déplaise au Ministre de l’Intérieur de 2003 qui déclarait « la
police n’est pas là pour organiser des matchs de rugby dans les quartiers » ou à l’actuel
Président qui le paraphrasait en octobre 2017 déclarant « les policiers ne sont pas là
pour jouer au foot avec les jeunes », nous ne serions pas hostiles à ce qu’il y ait
davantage d’échanges et d’entente entre la police et la population.
Enfin, nous sommes convaincus que l’existence d’un maillage fort de services
publics est aussi un facteur d’apaisement, de tranquillité et de sécurité.
Force est de constater que, si les collectivités jouent ce rôle sur notre territoire,
il n’en est pas de même pour les services de l’État, tels que ceux de l’emploi, de la
santé, de la poste, du Trésor ou bien d’autres encore.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Comme vient de le dire Sylviane DELACROIX, je pense que c’est un sujet qui
ne mérite pas de caricature. Pourtant, on n’y a pas échappé ce soir, mais cela ne
m’étonne pas par ailleurs.
Ceux qui pensent que, sur la sécurité – j’y travaille depuis 25 ans, je connais
donc un peu –, il y a une solution simpliste et unique, soit ont une méconnaissance du
sujet, soit sont naïfs, soit sont de mauvaise foi, soit un mélange de tout cela.
Je reviens d’abord sur ce qu’a dit Stéphane BALY. Je vais vous faire un résumé,
et je vais vous le faire porter, de tout ce que j’ai dit sur la vidéosurveillance depuis que
je suis maire. Je n’ai jamais changé d’avis.
La vidéosurveillance ne peut pas être comme certaines villes l’ont développée,
Londres ou Lyon, où la Chambre régionale des comptes avait dit que c’était une
dépense considérable pour peu de résultats. Je l’ai dit, jamais je ne mettrai de
vidéosurveillance comme outil essentiel tous les 50 mètres parce que cela porte atteinte
à la liberté et ce n’est pas utile. À Londres, y compris Scotland Yard a changé de position
en disant que le fait de l’avoir mis partout non seulement coûtait cher, mais avait en plus
entraîné cet effet plumeau qui fait que ce n’était pas efficace.
Je l’ai toujours dit, pour moi, c’est un outil parmi d’autres là où elles peuvent être
utiles. Effectivement, une caméra de surveillance ne peut pas rattraper un voleur. Je l’ai
dit plusieurs fois et je le dis encore aujourd’hui. C’est pourquoi rien ne remplace la
présence humaine, nationale d’abord pour les gros trafics et, ensuite, bien évidemment,
municipale. Je l’ai dit et je le redis.
Cela dit, dans un certain nombre de cas, – et nous le vivons depuis 20 ans ici –
nous savons que, s’il n’y a pas de caméras de surveillance, on ne peut pas prouver qu’il
y a eu un trafic. Quand aujourd’hui un dealer, qui est dans le même jardin ou dans le
même hall d’immeuble, vient tous les soirs, est arrêté avec pratiquement pas de drogue
sur lui parce qu’ils ont compris qu’il fallait la cacher, et explique qu’il est venu voir sa
grand-mère, on est bien content d’avoir une caméra de surveillance – c’est notamment
ce que nous avons fait dans les halls d’immeuble et dans les jardins par exemple – pour
démontrer qu’il est là tous les soirs et qu’il est effectivement un dealer. C’est la première
question.
77
En revanche, dans des lieux bien déterminés – et là, on parle des rues des
commerces – où on veut éviter, non pas le deal, mais les vols, il n’y a pas d’effet
plumeau puisqu’ils viennent là pour voler, on peut mettre des caméras de surveillance
lorsqu’elles insuffisantes. Je prends l’exemple de la rue de Béthune : deux grandes
enseignes avaient des caméras de surveillance, on n’avait pas besoin d’en mettre ; elles
sont parties toutes les deux et, aujourd’hui, il y a des trous qui nécessitent de mettre
sans doute des caméras de surveillance que l’on ne pourra retirer que lorsque ces lieux
seront à nouveau occupés et donneront lieu à la présence des caméras de surveillance.
Ce sont deux cas que j’ai toujours donnés depuis 10 ou 15 ans et je vais vous
envoyer tous les résumés parce que, là, la bonne foi est nécessaire, Monsieur BALY.
Expliquer que je suis liberticide… À qui ferez-vous croire cela ? Il vaut mieux en
rire, mais cela ne m’étonne pas vu les débats que l’on a eus pendant la campagne.
Décidément, c’est difficile de faire de la politique comme vous et je n’en ferai jamais
comme vous, car j’essaie d’être honnête aussi bien par rapport à vos positions que dans
les miennes.
Je vous enverrai donc tout cela et vous verrez ce que j’ai toujours dit.
C’est un élément parmi d’autres et qui n’est utile pour nous que dans certains
cas. C’est bien dans ces cas-là, que Monsieur MENAULT a rappelés, que nous les
utiliserons, par exemple là où il y a des trafics permanents. Cela ne fait jamais que
quatre ans que l’on demande à l’État d’intervenir place des Reignaux, que nous savons
exactement quelles sont les épiceries qui font des trafics, quels sont les hôtels où il y a
de la prostitution et où nous n’arrivons pas à intervenir parce qu’il n’y a pas suffisamment
de police nationale.
Je réponds maintenant à Madame SPILLEBOUT.
Là aussi, méconnaissance ou mauvaise foi ? Je n’en sais rien. La B2R – trois
ministres étaient venus et je l’ai dit plusieurs fois – a donné des résultats à Fives lorsque
nous avions environ 30 policiers, donc 8 à 10 policiers qui étaient là en permanence –
je parle sous le contrôle de Sébastien DUHEM. Puis, la B2R est partie vers d’autres
utilités – Calais, les manifestations, les grèves, etc. – et on ne l’a plus vue.
Quant à Moulins – et là, je parle devant Estelle RODES –, on ne l’a jamais vu
arriver. Il ne faut pas raconter que c’est formidable. On a supprimé la police de proximité
et la B2R n’a jamais été là. Elle aurait été une bonne solution, elle a été là quelques
mois à Fives avec quelques résultats – il faut le dire, je l’ai déjà dit –, mais, ensuite elle
a disparu.
Vous osez dire que nous avons rattrapé le niveau qui était là avant l’arrivée de
Monsieur SARKOZY, vous vous souvenez qu’il avait réduit la police nationale et que
nous avions perdu 400 policiers. Lorsque François HOLLANDE était Président, nous
avons quasiment rattrapé le niveau, pas tout à fait, nous étions à environ 350. Depuis,
nous avons réduit – ce n’est pas moi qui le dis, c’est le Directeur de la sécurité publique
– et nous ferons avec Monsieur MENAULT le point en fin d’année de la soi-disant arrivée
de 60 policiers à Lille, qui ont d’abord servi à Roubaix et Tourcoing et qui n’étaient pas
78
des policiers supplémentaires puisque, en net avec les départs, nous étions devant 16
policiers. Monsieur DARMANIN nous a malheureusement aussi raconté des histoires.
Quant à la police municipale, nous avons peut-être moins de police municipale
que Marcq-en-Barœul ou Lambersart, mais, selon une étude faite par des organismes
extérieurs, nous sommes exactement dans la moyenne des grandes villes nationales
en nombre de policiers par habitant. Il n’empêche qu’il nous faut effectivement en
embaucher plus.
Vous parlez de l’attractivité. Connaissez-vous le code de la fonction publique ?
Toutes les villes ont des problèmes aujourd’hui pour recruter des policiers municipaux.
Ce n’est pas parce que la Ville de Lille n’est pas attractive – je défends notre police
municipale –, mais c’est tout simplement du fait de la position de la police municipale
dans la grille. J’essaye de respecter les règles. Il y a une ville qui ne les respecte pas
aujourd’hui, c’est Hénin-Beaumont, en donnant des primes illégales et je l’ai signalé au
préfet. Quand on respecte la grille de la fonction publique, y compris en allant au
maximum de ce qu’elle permet, ce n’est pas attractif au regard des risques, supposés
ou réels – souvent réels –, que vivent ces personnes.
Deuxièmement, quand on en trouve dix, la préfecture, à juste titre parce qu’elle
a connaissance des dossiers de ces personnes, nous en retire la moitié en disant « ce
n’est pas possible ».
Ensuite, nous devons attendre 18 mois pour que les services de l’État – puisque
nous sommes obligés de passer par eux – fassent la formation. Je suis intervenue à
plusieurs reprises pour dire que nous étions prêts à la payer et qu’il fallait la faire tout
de suite.
Quand on connaît les sujets, on dit cela, on ne dit pas ce que vous avez dit.
Ceci dit, on va quand même essayer de trouver déjà les 25 que nous souhaitons
cette année, pour arriver à beaucoup plus ensuite.
Enfin, j’ajouterai une chose pour finir par une petite touche plus sympathique.
Stéphane BALY a commencé son intervention en nous disant qu’il était très important
de travailler collectivement dans la proximité. Il venait de nous expliquer que le
télétravail était formidable et qu’il fallait rester chez soi et travailler loin. C’est donc un
peu contradictoire, mais il est vrai que ce sont des sujets différents, on peut donc
toujours dire une chose et son contraire.
C’est un sujet sur lequel il est facile d’être démagogue et d’être simpliste. Le
problème est que la réponse est très complexe. C’est pourquoi nous sommes contents
d’avoir Monsieur MENAULT avec nous. Cela part de la prévention, cela va jusqu’à la
sanction, cela passe par des outils qui ne peuvent être utiles que dans quelques cas et
cela passe surtout par de la présence humaine. Cela a été rappelé tout à l’heure par
Sylviane DELACROIX et c’est ce que je pense profondément.
Arnaud, veux-tu ajouter deux ou trois points ?
79
Monsieur DESLANDES.- J’ajouterai un mot sur la prévention spécialisée,
puisque, une nouvelle fois, il a été dit des choses erronées. Monsieur LECERF était à
votre place dans le précédent mandat, vous auriez d’ailleurs pu lui dire à ce moment-là.
Nous n’avons pas abdiqué sur la prévention spécialisée. Encore dans ce conseil
aujourd’hui, vous avez une délibération qui donne une subvention à Itinéraires pour du
travail de prévention par les pairs en milieu scolaire, en milieu sportif, avec d’autres
associations aussi, comme l’US Moulins Carrel.
Vous ne pouvez pas dire qu’il n’y a pas de prévention à Lille, cela a toujours été
fait. C’est déjà ce que vous avez laissé entendre par voie de presse pendant la
conférence de presse de rentrée que vous avez faite. C’était dans La Voix du Nord, tout
le monde l’a lu.
Je le redis, nous n’avons pas abdiqué, vous en avez la preuve dans ce conseil,
vous avez une délibération pour Itinéraires, des délibérations pour des médiateurs en
milieu scolaire et en milieu sportif et il y en aura encore d’autres dans la suite du mandat.
Madame le Maire - J’ai écrit à Monsieur LECERF à deux reprises et je suis
même allée le voir pour défendre les associations de prévention de la délinquance dont
il a réduit une part des budgets. Là aussi, je pourrai vous faire passer les lettres ; vous
verrez ainsi que, quand je dis quelque chose, c’est en règle générale la réalité.
Après, on a bien évidemment le droit de ne pas être d’accord.
Je mets aux voix les délibérations de Monsieur MENAULT.
Qui vote pour ? (le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Faire Respirer Lille).
Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte).
Adoptée à la majorité, le groupe Lille verte votant contre.
Je vous remercie.
Je passe la parole à Sébastien DUHEM.
Chemise 11
CONSEILS DE QUARTIERS Rapporteur : Sébastien DUHEM
Adjoint au Maire
20/379 - Conseils de quartier - Modification du règlement intérieur.
20/380 - Conseils de quartier - Mandat 2020-2023 - Désignation des conseillers
de quartier.
Monsieur DUHEM - Ce soir, nous votons la nomination des nouveaux membres
des dix conseils de quartier de la ville. C’est l’occasion pour moi de remercier celles et
ceux qui se sont engagés ces dernières années.
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L’utilité des conseils de quartier n’est plus à démontrer. Ils sont des relais
efficaces des attentes des habitants, mais aussi de formidables sources d’idées, de
projets et d’actions dans nos quartiers.
La participation des habitants à la vie de la cité est un enjeu majeur pour la
Majorité municipale. Notre ville est riche de l’engagement des femmes et des hommes
qui vivent en convivialité, en solidarité, en créativité.
Nous installons ce soir des citoyens qui ont décidé de consacrer du temps pour
leur ville, pour leur quartier. Beaucoup ont souhaité participer à cette belle aventure
démocratique. Ce ne sont pas moins de 780 candidatures reçues sur l’ensemble des
quartiers. 300 sont aujourd’hui nommés.
Celles et ceux qui n’ont pu être nommés ce soir seront associés, je m’y engage.
Ils seront invités aux ateliers des conseils de quartier, aux ateliers de concertation, à
l’ensemble des actions citoyennes.
En effet, nous souhaitons que les conseils de quartier puissent s’appuyer sur
une expertise citoyenne la plus large possible, les associations, les institutions et, bien
évidemment et surtout, les habitants.
Pour cela, nous avons créé ces ateliers qui sont pilotés par les conseils de
quartier avec l’appui des agents de la Ville. Les résultats de ces rencontres ont dépassé
nos attentes ces dernières années en devenant de véritables espaces de réflexion et
de concertation ouverts et pluriels.
Il n’y a pas de sujet qui ne soit pas abordé en atelier, pas une décision qui ne
soit prise en conseil de quartier sans que les membres des ateliers aient pu en discuter
au préalable. On y parle de tout, des grands projets urbains, des solutions à mettre en
œuvre, si tant est qu’elles existent, pour tenter d’enrayer parfois les problèmes de cadre
de vie, ceux-là mêmes qui nous touchent au quotidien : le stationnement, la circulation,
l’aménagement de nos rues, la propreté.
C’est au sein de ces ateliers qu’ont été mises en place par exemple les
démarches de concertation avec les riverains autour de nombreux projets de
réaménagement d’espaces publics dans la ville. Nous en avons eu quelques exemples
et quelques illustrations tout à l’heure avec mes collègues.
Ce sont donc des sujets qui touchent le quotidien, le bien-être, les loisirs. Bref,
des sujets qui font débat et qui méritent débat.
À ceux qui peuvent penser en lisant le règlement intérieur – certes, ce document
réglementaire que nous allons par ailleurs retravailler ensemble ces prochains mois, y
compris avec les conseillers de quartier – que les conseils de quartier ne sont
aujourd’hui que des lieux d’observation de l’action municipale, je les invite à partager
les moments d’échange, ils guident notre action au quotidien.
Je le redis, l’ensemble des 480 candidats qui n’ont pu être tirés au sort pour
intégrer les conseils de quartier seront invités à s’y engager dès demain.
81
Être conseiller de quartier, c’est arpenter les rues de la ville, de son quartier,
pour aller à la rencontre des habitants, entendre leurs demandes, leurs remarques, leurs
critiques aussi, avec un seul objectif – ils l’ont tous –, améliorer le quotidien des
habitants, rendre son quartier plus agréable, plus durable, plus solidaire. La tâche est
grande, la tâche est passionnante.
Oui, vous l’avez compris, avec les citoyens de la ville, par le biais notamment
de cette belle instance, nous voulons renouveler et renforcer les modes de participation
des habitants et leur permettre d’être encore davantage acteurs de notre ville.
La participation citoyenne sera portée avec la même force sur tout notre
territoire dans les dix quartiers lillois, dans les communes associées d’Hellemmes et de
Lomme. Partout, nous avons des projets concrets à partager avec les habitants. Nous
allons encourager l’envie d’agir des Lillois.
Parmi les chantiers qui s’ouvriront ces prochains mois et également avec les
conseillers de quartier, nous ouvrirons par exemple et nous officialiserons ensemble
avec Audrey LINKENHELD la création d’un haut conseil lillois pour le climat, avec une
gouvernance qui sera partagée pleinement avec les citoyens, les experts, les
entreprises, les associations et les autres collectivités compétentes en matière de
climat, d’énergie, d’environnement et de santé, en lien avec la Métropole Européenne
de Lille.
Avec la valorisation des instances actuelles de démocratie participative, avec
davantage de moyens, en collaborant par exemple avec France Connect sur le service
d’identité numérique géré par l’État, afin d’expérimenter ensemble une vraie démocratie
en ligne, nous y travaillons activement avec les services de la Ville depuis plusieurs
semaines, nous poursuivons l’aide à l’inclusion numérique avec l’aide de partenaires
associatifs spécialisés, afin qu’aucun Lillois ne soit tenu à l’écart de cette nouvelle
pratique démocratique.
C’est aussi l’émergence d’un laboratoire urbain fonctionnant comme un
workshop permanent, en matière d’urbanisme participatif, pour coconstruire ce que
nous pensons être des communs urbains. En matière d’urbanisme transitoire, des
appels à candidature en direction des acteurs locaux ou collectifs citoyens seront lancés
pour occuper temporairement de grands ou de petits espaces en attente de projets.
Tout cela se fait dans les quartiers, avec les conseillers de quartier et les
habitants.
Je ne développe pas davantage mais nous aurons l’occasion d’échanger
ensemble plus longuement sur ce vaste chantier de la participation citoyenne.
En tout état de cause, nous sommes heureux ce soir d’accueillir 300 nouveaux
citoyens engagés.
Madame le Maire - Merci beaucoup, Monsieur DUHEM.
Bernard CHARLES.
82
Monsieur CHARLES - Madame le Maire, chers collègues,
Les conseils de quartier sont une composante essentielle de la vie
démocratique de notre ville. Je veux bien sûr au nom du groupe Faire Respirer Lille
saluer également chaleureusement l’ensemble des conseillers de quartier qui seront
désignés ce soir. Je le dis en ayant eu la chance de les fréquenter de façon
extrêmement proche pendant 13 ans dans le quartier de Lille-Sud. Je sais leur
engagement et je sais leur volonté d’être utile.
Nous, élus du groupe Faire Respirer Lille, nous souhaitons qu’une véritable
démocratie ouverte et transparente puisse réconcilier les citoyens avec la vie de la cité.
Une démocratie ouverte, c’est davantage qu’une démocratie participative, car elle doit
permettre aux citoyens d’être partie prenante et pas seulement associés
ponctuellement.
En ce sens, nous approuvons le fait de reporter à un prochain Conseil Municipal
l’adoption du nouveau règlement intérieur des conseils de quartier et réitérons notre
souhait que les avis argumentés des conseils de quartier couvrent la quasi-totalité des
délibérations impactant le quartier concerné, de nombreux thèmes ne faisant
aujourd’hui que l’objet d’une information du conseil de quartier, et que ces avis soient
mieux pris en compte dans l’élaboration de la délibération soumise au Conseil
Municipal.
De plus, nous regrettons vivement que, à l’occasion de ce renouvellement des
conseils de quartier, la part des citoyens volontaires réellement tirés au sort ait été
réduite à portion congrue. Un à trois conseillers de quartier ainsi désignés, c’est
beaucoup trop peu et ce n’est pas conforme au règlement actuel qui en prévoit cinq.
Il nous a été objecté que cette situation était due à un grand nombre de
conseillers sortants ayant souhaité renouveler leur mandat et poursuive le projet en
cours. Cette aspiration est légitime, mais pourquoi ne pas avoir repris ces personnes
engagées et qui souhaitaient continuer leur engagement au titre des dix désignations
par la présidente ou le président du quartier ?
Il est paradoxal de prendre le risque d’engendrer énormément de déçus parmi
les citoyens volontaires – même si je viens d’entendre votre proposition d’association
de ceux qui n’ont pas été retenus, mais quand même –, d’autant plus que, dans le même
temps, si vous regardez précisément les listes, dans beaucoup de quartiers, on peine
souvent à remplir le quota tiré au sort sur les listes électorales.
Ces citoyens volontaires, comme les autres conseillers de quartier, souhaitent
également que leur travail soit mieux reconnu et valorisé et pas seulement être là pour
entériner des demandes ou des dossiers préparés sans eux.
Ce mercredi soir à Saint-Maurice Pellevoisin, les conseillers de quartier ont fait
preuve d’exigence et de respect des deniers publics en rejetant à l’unanimité une
demande de subvention d’un montant excessif, mal préparée, peu pertinente et hors
sol. Nous saluons la rigueur de ces conseillers de quartier.
Nous souhaitons dans un avenir proche, sur ce sujet précis comme sur toutes
les questions de démocratie locale, beaucoup plus de transparence vis-à-vis de la
83
population et un travail bien plus en amont avec les différents groupes du Conseil
Municipal, comme cela semble à ce jour être le cas pour la réécriture du règlement
intérieur du Conseil Municipal.
C’est la raison pour laquelle nous avions souhaité également que notre groupe
Faire Respirer Lille puisse être représenté dans des organismes où seule la Majorité
municipale est actuellement présente. Je ne reviens pas sur les collèges et les lycées,
ni sur les conseils de quartier, je prends par exemple la question de la caisse des écoles
qui traite un dispositif essentiel qui est celui du dispositif de réussite éducative et où les
textes permettaient que chacun des groupes du Conseil Municipal soit également
présent.
Faire vivre le pluralisme du Conseil Municipal ne doit pas être vu comme une
contrainte mais, au contraire, par la vitalisation du débat et des approches qu’il procure,
un enrichissement. Or nous avons constaté que, trop souvent, vous n’avez assuré la
représentation de l’opposition que quand les textes vous l’imposaient. Vous n’avez que
trop peu utilisé la possibilité offerte par les textes – je pense en particulier aux
possibilités de liste unique – de donner une juste place aux oppositions, tout en gardant
bien entendu la majorité.
À ce propos, en faisant écho aux débats nationaux en cours sur la question de
l’élection à la proportionnelle de nos députés, nous pensons qu’il serait utile que toutes
les familles politiques travaillent au niveau national à mieux assurer la représentation
des suffrages exprimés des électeurs dans les conseils municipaux.
En 1982, Pierre MAUROY avait accompli une véritable révolution en instituant
le système actuel de représentation, alors qu’auparavant, la liste arrivée en tête raflait
tous les sièges. Mais, 38 ans plus tard, il est temps non seulement de jouer à plein la
diversité des opinions quand les textes le permettent et d’envisager pendant six ans,
tout en gardant le principe d’une majorité, une meilleure représentation des différentes
listes.
Comment en effet continuer à comprendre que, avec environ 40 % des
suffrages, vous ayez 43 sièges, que nos collègues Lille Verte avec si peu de voix en
moins n’en aient que 12 et que notre groupe Faire Respirer Lille avec la moitié de vos
suffrages n’ait que six sièges, soit un septième de vos postes ?
C’est la loi, mais, cette réflexion, nous devons tous la mener.
Enfin, toujours dans un souci de proximité avec la population, nous réitérons
notre demande de pouvoir effectuer des permanences hebdomadaires du groupe Faire
Respirer Lille de manière tournante dans chacune des mairies de quartier, plutôt que
toujours à l’hôtel de ville.
Je conclus en disant que nous voulons sur ces sujets de démocratie être à la
fois constructifs et vigilants car nous sommes tous coresponsables de la confiance que
les Lilloises et les Lillois accorderont à leur démocratie locale.
Je vous remercie.
84
Madame le Maire - Je dirai juste un petit mot, Monsieur CHARLES, avant de
laisser la parole à Maroin AL DANDACHI.
Vous regrettez le fait qu’on puisse avoir 43 sièges en ayant gagné de justesse,
il faut bien le dire, mais c’est la loi. Dites-le à votre gouvernement, que vous soutenez,
qui vient d’abandonner la proportionnelle. Nous sommes pour la proportionnelle, nous
sommes pour changer la loi. Or, là, vous venez d’abandonner cette proportionnelle.
Permettez-moi de vous dire que, quand on a réduit la place des politiques par
rapport aux citoyens et aux acteurs de quartier, vous étiez président de quartier et tout
le monde avait demandé cela et avait dit qu’il y avait trop de politiques dans les conseils
de quartier. Nous avons fait cette réforme pour laisser la place aux citoyens et acteurs
du quartier. Vous étiez là, vous l’avez votée et tout le monde l’a votée à l’unanimité.
Peut-être maintenant, comme Sébastien l’a très bien dit, faut-il encore évoluer,
non pas pour mettre plus de politiques et moins de citoyens, mais pour faire en sorte
que chacun puisse être représenté.
Et puis, comme je l’ai dit ce matin, on est face à quelque chose d’un peu
contradictoire. Ceux qui sont à un moment donné désignés, soit par tirage au sort, soit
parce qu’ils sont acteurs du quartier, veulent rester plus longtemps. Vous dites qu’il faut
l’accepter, mais, en même temps, vous nous dites qu’il n’y a pas assez de nouveaux.
C’est la contradiction et je comprends cette contradiction.
C’est pourquoi nous avons proposé avec Sébastien DUHEM de faire un groupe
avec les représentants de l’Opposition pour trouver de nouvelles règles qui puissent
satisfaire tout le monde. Mais, si vous revenez avec l’idée qu’il faut qu’il y ait plus de
politiques et moins de citoyens, ce n’est pas la peine de nous faire un discours sur la
participation citoyenne.
Je laisserai Sébastien répondre sur le fond.
Je passe la parole à Maroin AL DANDACHI.
Monsieur AL DANDACHI - Madame le Maire, Mesdames et Messieurs, chers
collègues,
Les dernières élections municipales ont été marquées par une abstention
historique et je ne pense pas que seul le contexte sanitaire en soit la raison. Aujourd’hui,
il y a une défiance énorme vis-à-vis de la représentation politique qui nous oblige à être
plus transparents et à renforcer l’implication citoyenne dans la coconstruction – et
j’insiste sur le terme « coconstruction » – de nos politiques publiques.
Aujourd’hui, on peut le dire, les conseils de quartier sont des espaces de
démocratie participative, mais leur forme actuelle n’est plus à la hauteur des enjeux
climatiques et écologiques que nous avons. Ils ont besoin d’être radicalement refondés.
J’invite les camarades de la Majorité à regarder ce qui se fait dans des villes comme
Grenoble, avec une coprésidence élus - habitants.
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Vous mettez en place un groupe de travail sur la question. Nous vous en
remercions et nous y participerons, en espérant que cela débouchera sur une réelle
transformation.
Ce que notre groupe Lille Verte déplore, c’est l’accès à l’information. En effet,
pour tout débat éclairé, les citoyens ont besoin de s’informer, de savoir dans quel conseil
de quartier ils mettent les pieds.
Aujourd’hui, malgré mes informations de la commission du 29 septembre,
encore trois quartiers sur dix n’ont aucun compte rendu sur le site internet de la Ville de
Lille. Ceci est assez inadmissible. Comment voulez-vous obliger les gens à aller en
mairie de quartier consulter les anciens comptes rendus alors que nous sommes en
crise sanitaire ? C’est la moindre des choses.
Effectivement, nous avons été absents lors du tirage au sort et nous nous en
excusons.
Comme l’a dit Monsieur CHARLES, le mode de désignation des citoyens et
citoyennes volontaires nous pose question. Il y a clairement une opacité flagrante sur
ce collège. Cette dénomination nous paraît trompeuse et opaque puisque c’est le
président ou la présidente de quartier qui décidera à la fin de cette liste des citoyens ou
citoyennes volontaires.
De plus, au regard de la liste communiquée, nous constatons qu’il y a un
manque flagrant de renouvellement.
Sur le fonctionnement du conseil de quartier, beaucoup d’anciens conseillers
de quartier du mandat précédent nous ont informés que c’étaient de simples séances
d’information, que l’ordre du jour était fermé, que l’expression libre n’était pas là ou, en
tout cas, en fonction de la personnalité du président ou de la présidente. Nous
souhaitons que les ordres du jour soient plus ouverts et coconstruits avec les habitants.
Nous déplorons également la double présidence des conseils de quartier. Cela
constitue pour nous un frein à la démocratie. L’argument qui a été donné pendant la
commission sur la rénovation urbaine n’est pas suffisant, puisque beaucoup de quartiers
sont concernés par la rénovation urbaine. Un habitant aurait très bien pu présider le
conseil de quartier de Faubourg de Béthune et je pense que, aujourd’hui, nous aurions
pu mettre à jour le règlement intérieur pour cela.
L’immobilisme domine. Monsieur l’adjoint à la participation citoyenne et ville
collaborative, vous avez dit, lors de la commission du 29 septembre, que le
fonctionnement de ces conseils de quartier à travers le règlement intérieur sera revu
d’ici trois ans. Pourquoi attendre trois ans ?
Face à cette situation, nous allons voter pour la désignation des conseils de
quartier, puisque nous envoyons des représentants du groupe Lille Verte, mais nous
voterons contre la délibération sur le règlement intérieur.
Vous le savez et nous le savons, la transition écologique ne se fera pas sans
transition démocratique.
Je vous remercie.
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Madame le Maire - Monsieur AL DANDACHI, nous avons fait deux réformes
des conseils de quartier depuis que vos amis étaient dans la majorité et ils les ont tous
votées, il n’y a jamais eu une critique. Ne nous faites donc pas croire que, depuis trois
mois, il y aurait tout à coup un recul de la démocratie dans notre pays.
Nous avons, de bonne foi les uns et les autres, pensé qu’il fallait mettre des
citoyens tirés au sort, des volontaires. Ce n’est pas le président du conseil de quartier
qui choisit, on prend le domaine du commerce, de la culture, du sport et on demande à
ces acteurs de nous dire quel est le mieux à même de représenter ce secteur d’activité
dans un quartier. Il me semble que ce n’est pas inintéressant. C’est de cette façon que
cela se fait. Peut-être faut-il changer mais ne nous attaquez pas comme si on était
antidémocratique. Vous avez tous voté, vous étiez dans la majorité et cela a fonctionné
comme cela. On ne vous a jamais entendu à ce propos quand vous étiez dans la
majorité.
Parlons simplement. Disons ensemble que nous avons besoin de revoir les
choses. C’est ce que nous vous proposons parce que, nous-mêmes, nous nous posons
des questions et je l’ai dit tout à l’heure. Mais essayez d’éviter les grands discours :
« antidémocratique, le conseil de quartier ne sert à rien… ». Les conseillers de quartier
qui sont là depuis deux ou trois mandats vous entendent, ils se disent « il ne sait pas ce
qu’on fait, on fait du travail, on fait des propositions ». Essayez d’éviter ce genre
d’attaque qui ne tient pas la route. On est là depuis trois mois, vous êtes là depuis trois
mandats, vous avez tout voté sur les conseils de quartier et même fait ces propositions
d’aller vers les citoyens tirés au sort et de leur proposer de rester un mandat de plus. Je
retrouverai peut-être les interventions, je ne sais pas si c’était en Conseil Municipal,
mais je peux les retrouver.
S’il vous plaît, mettons-nous ensemble autour d’une table. Ce n’est pas dans
trois ans, c’est dès qu’on est prêt. Si c’est dans trois mois, c’est dans trois mois ; si c’est
dans six mois, c’est dans six mois. Réfléchissons à toutes les conséquences, puisqu’il
semble qu’on se soit trompé dans la façon dont nous avons porté les choses.
En tout cas, évitons ces critiques qui ne sont pas à la hauteur. On n’est pas
antidémocratique. Vos amis ont voté et ont même fait un certain nombre de ces
propositions, notamment sur le tirage au sort. S’il vous plaît, il faut que l’on se parle
autrement, sinon, on ne peut pas travailler ensemble.
Je repasse la parole à Sébastien.
Monsieur DUHEM - Je répondrai rapidement.
Cela permet d’avoir une tribune, mais beaucoup de choses ont été dites,
notamment pendant les commissions et cela a d’ailleurs été bien relevé par les deux
groupes.
Sur le fait de passer les délibérations en amont dans les conseils de quartier,
Monsieur CHARLES, on se rejoint et, depuis bien avant que vous soyez dans
l’opposition, c’est une volonté que nous avons communément. Vous le savez, ce n’est
pas si simple à mettre en œuvre dans le quotidien de la gestion, y compris avec les
différentes instances, puisque cela nécessite des délais à rallonger.
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Sachez que nous y travaillons aussi puisque nous avons demandé aux services
de s’y préparer. Si nous avons parlé d’un règlement intérieur profondément modifié sur
trois ans, c’est parce qu’il va nous falloir du temps pour passer l’ensemble des
délibérations qui concernent les quartiers en amont dans les conseils de quartier pour
qu’elles arrivent ensuite en Conseil Municipal. Cela dit, nous essaierons d’aller le plus
vite possible.
Ce sont des sujets que l’on souhaite modifier dans le règlement intérieur sur le
fond, bien au-delà de la composition des conseils de quartier.
Je vous avoue que cela me fait un peu sourire quand vous dites que beaucoup
de conseillers de quartier vous disent que ce sont des chambres d’enregistrement dans
lesquelles ils s’ennuient. Ils sont 780 à avoir voulu renouveler leur mandat et vous dites
d’ailleurs vous-même qu’on a du mal à faire entrer des personnes volontaires. Je veux
bien entendre tout et son contraire, mais c’est bien la preuve qu’il y a une véritable envie
pour nombre de nos citoyens de rentrer dans ces conseils de quartier où l’on s’ennuie.
Or on ne s’ennuie pas tant que cela. Cela a peut-être échappé aux uns et aux
autres, mais il y a aujourd’hui et depuis quelques années maintenant – puisqu’on a fait
deux « réformes » des conseils de quartier – des ateliers à l’intérieur de ces conseils de
quartier. Ces ateliers sont gérés et animés par les conseillers de quartier et par des
citoyens volontaires. Quand vous dites que nous ne sommes pas à la hauteur des
enjeux climatiques et écologiques, c’est pourtant dans ces ateliers et notamment pas
dans n’importe lequel des conseils de quartier – on peut s’enorgueillir de cela avec
Jacques RICHIR –, au sein du conseil de quartier de Fives, qu’on a parfaitement intégré
les citoyens sur les enjeux écologiques et climatiques en faisant un plan de circulation
et de stationnement qui n’était pas « piqué des verts » et, croyez-moi, on n’a pas vu
beaucoup de verts pour nous soutenir sur ce type de politique !
En l’occurrence, laissez-moi vous dire que les conseillers de quartier et les
citoyens dans les ateliers sont justement à la hauteur de ces enjeux, parce qu’ils nous
poussent à aller plus loin. Croyez-nous, y compris dans nos propres convictions, y
compris parfois dans nos propres retranchements, ils nous poussent à aller plus loin.
La démocratie participative est certes un mot qui vous semble un peu obsolète,
appelons cela participation citoyenne, mais elle est effective dans les ateliers.
Très franchement, j’invite les uns et les autres, y compris les 480 qui n’ont pas
été retenus, à s’y engager et j’espère les y retrouver demain sur le fond.
Madame le Maire - Je mets les délibérations aux voix différemment puisqu’il y
a un vote pour l’une et contre l’autre.
Sur la délibération 379, le règlement intérieur, qui vote pour ? (Le groupe Lille
en commun, durable et solidaire et le groupe Faire Respirer Lille).
Qui vote contre ? (Le groupe Lille Verte).
Adoptée à la majorité, le groupe Lille Verte votant contre.
Sur la délibération 380, qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
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BUDGET PARTICIPATIF
20/378 - Budget participatif 2 - Mise en œuvre du projet « Dressing solidaire » -
Subvention à l'association « Mon Atelier Fou de Coudre » - Convention
entre l'association et la Ville.
Madame le Maire - Sur la délibération 378, le budget participatif, l’atelier « Fou
de coudre », qui vote pour ?
Adoptée.
Merci beaucoup.
Nous passons aux dossiers de Sarah SABE.
Chemise 20
SPORT Rapporteur : Sarah SABE
Adjointe au Maire
20/399 - Quartier Lille-Sud - Halle de Glisse - Travaux de rénovation et
d'extension.
Madame SABE - Madame le Maire, Mesdames, Messieurs les élus, chers
Lilloises et Lillois,
J’ai prévu une petite vidéo pour nous réveiller en cette fin de conseil.
(Projection d’une vidéo)
Une petite vidéo pour montrer la dynamique de la Halle de glisse. Située dans
le quartier de Lille-Sud et inaugurée en 2004 dans le cadre de Lille Capitale européenne
de la culture, la Halle de glisse abrite le développement des pratiques sportives de glisse
urbaine.
Cette structure assez unique au nord de Paris et très plébiscitée par ses
usagers est constituée de trois espaces de pratiques intérieurs : un skatepark, une
patinoire rollers, une salle de danse à l’étage et également, en extérieur, le street et le
rando-cyclo, espaces de glisse urbaine en accès libre, ainsi qu’une plaine sportive et
une mini-aréna.
La Halle de glisse contribue à la lutte contre le dérèglement climatique de par
sa sobriété énergétique avec les lumières LED, les panneaux solaires et le fait que la
halle n’est pas chauffée.
Elle accueille en priorité les enfants de 20 écoles lilloises avec plus de 70
classes en EPS sur les disciplines de roller et de skateboard. C’est près de 1 600
enfants de nos écoles accueillis par an.
89
L’équipement est également à disposition des habitants et ces derniers y
viennent souvent en famille pour des cours de skate, de trottinettes, de BMX ou de vélo.
Nous comptabilisons en moyenne 1 000 visiteurs par mois sur l’année 2019, le
tarif des entrées allant de 2,50 € à 4,05 €, en sachant que, l’usure de l’équipement et le
démontage de certains modules ayant commencé, il est proposé depuis janvier 2018
un tarif dégradé unique de 2 €.
La Halle de glisse est également un site privilégié pour plusieurs de nos
associations sportives lilloises, nous nous en réjouissons : sept associations, soit 820
licenciés usagers chaque année, ainsi que leur public, dans le cadre de nombreuses
compétitions (environ 60 événements annuels accueillis par an).
Nous avons notamment :
- le roller derby Lille, avec une équipe féminine et masculine dans le top 8
français ;
- le Lille métropole roller hockey, avec deux clubs très tournés vers les
enfants et leur accompagnement jusqu’à des niveaux européens élites et
nationaux ;
- le Nord longboard club, avec des compétitions européennes ;
- le Lille session libre, notre association lilloise historique dans le skate ;
- le Lacrosse Lille.
- le Ride on Lille.
- l’école N’Didance.
Avec Valentin MARTIN, délégué au sport scolaire et périscolaire, et Johanne
GOMIS, délégué au sport santé, nous avons la Halle de glisse à cœur dans le cadre de
la définition de la politique sportive lilloise.
La Halle de glisse est un équipement apprécié des Lillois, notamment des
publics familles et adolescents, et nous souhaitons dans le cadre de ces travaux de
rénovation et d’extension apporter également une continuité urbaine cohérente et
agréable au vu de nos nouveaux voisins, Lillenium et bientôt le cinéma Pathé, et au
bénéfice des riverains et publics accueillis.
Dans ce cadre, la circulation douce et piétonne sera privilégiée.
Ce 5 octobre, le comité d’organisation des Jeux olympiques a rendu un avis
favorable sur le positionnement de la Halle de glisse dans le cadre d’accueil de centre
de préparation aux Jeux olympiques pour la discipline BMX freestyle. Nous pourrons
les accueillir dès 2022 à l’issue des travaux intérieurs.
Les Jeux olympiques et para-olympiques sont un événement majeur qui soude
les nations. Je pense que c’est important en ces temps assez troubles. C’est aussi une
occasion de plus de faire bouger à l’unisson les Français et d’accélérer les dynamiques
sportives. Nous y serons très attentifs.
Je précise cependant que l’aménagement qui sera réalisé concilie tous les
niveaux de pratique, en ayant évidemment en priorité les usagers familles et enfants.
90
Aujourd’hui, je me présente à vous afin de vous proposer la rénovation et
l’extension de notre halle. Cette dernière, depuis 2003, a bénéficié de travaux
d’entretien réguliers. Cependant, les modules de glisse sont pour moitié aujourd’hui fort
usés ou retirés et ne nous permettraient pas à court terme de maintenir la qualité de
pratique et l’attractivité de la Halle de glisse envers ces publics.
Les travaux consistent à procéder à la rénovation complète du skatepark indoor,
les usagers les attendent avec impatience.
Nous prévoyons en extérieur de nouveaux espaces sportifs en accès libre, un
pumptrack toutes activités, tout ce qui roule, attendu par les familles, et un nouveau
skatepark. Ce dernier sera évidemment ouvert aux artistes de graff et on y travaillera
ensemble comme l’est déjà le site actuel.
Les travaux débuteront en janvier 2021 par la rénovation intérieure en priorité,
puis en 2022 par la partie extérieure, pour une fin de travaux estimée fin 2023.
Nous avons été attentifs dans la rédaction du marché à insister sur l’optimisation
de l’organisation des travaux pour réduire au maximum les impacts sur les usagers.
Nous serons également attentifs à la réutilisation des modules, peut-être dans des
usages de potagers, au grand plaisir de Christelle LIBERT et aussi de Julien PILETTE
qui est très sensible au sujet.
Ces travaux sont estimés à 1,2 M€ toutes dépenses confondues. Le coût de
construction de la halle était en 2003 de 6,9 M€. Nous sommes donc dans des ratios
cohérents.
Lille-Sud étant un quartier prioritaire Politique de la Ville et au vu de notre
politique de recherche systématique de financements extérieurs, la Ville de Lille
bénéficiera de soutiens conséquents de l’agence nationale du sport, de notre Métropole
et de notre Région. Nous avons reçu un premier retour favorable sur les trois demandes.
Cet appui couvrirait jusqu’à 65 % du coût.
Je vous remercie pour votre écoute.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Mélissa CAMARA.
Madame CAMARA - Madame le Maire, chers collègues,
Cette délibération nous présente le projet de rénovation de la Halle de glisse,
notamment dans la perspective des Jeux olympiques de 2024.
Notre groupe se réjouit de la future rénovation de cet équipement sportif, lieu
central de la vie sportive lilloise et véritable atout pour le quartier de Lille-Sud, mais aussi
pour les Lilloises et les Lillois.
Aussi, le choix d’une infrastructure existante pour accueillir un centre de
préparation aux Jeux olympiques, comme promu par l’agenda olympique 2020,
permettra de réduire considérablement les impacts négatifs sur l’environnement que
91
peut parfois générer la participation à des événements d’envergure des Jeux
olympiques.
Face au défi du changement climatique, le monde du sport et les acteurs
politiques doivent prendre leur part de responsabilité pour proposer des événements
populaires, inclusifs et surtout exigeants sur la réduction de leur impact écologique.
C’est le sens de mon intervention aujourd’hui.
Les Jeux olympiques 2020 ne doivent pas être la source d’un gigantisme
délétère pour les habitantes et habitants de cette ville, créant des impacts irréversibles
sur l’environnement et ayant pour conséquence l’abandon de projets d’infrastructures
sportives de proximité.
La MEL est confrontée à un réel manque de bassin par habitant. Cependant, je
vous le demande ce soir, les Lilloises et Lillois ont-ils besoin d’une piscine géante à
Saint-Sauveur, d’une fosse de plongée de 40 mètres, l’une des plus profondes
d’Europe, ou encore d’un bassin nordique ?
Notre vision est celle d’un maillage territorial avec la construction de deux
piscines de proximité, l’une sur le site de l’actuelle piscine Marx-Dormoy et l’autre à
Fives. Loin du gigantisme pour quelques semaines de Jeux, nous prônons des
infrastructures pensées pour les habitants des quartiers, accueillant les Lilloises et les
Lillois et leurs compétitions et permettant le développement de la pratique de la nage
de tous les enfants lillois.
Dans notre ville, avec 14 m² d’espaces verts par habitant, nous nous devons de
construire une ville vivable et respirable pour les habitantes et habitants actuels et
futurs. Lille ne doit pas, ne peut pas laisser passer les dernières chances qu’il lui reste
d’opérer dans les années à venir une véritable transition.
Saint-Sauveur est le dernier grand espace qui puisse réconcilier la population
et les activités d’une ville centre avec les enjeux de demain. Ces 24 hectares doivent
être vus comme une chance d’engager ou non une véritable transition à Lille.
En vous remerciant pour votre écoute.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Ali DOUFFI.
Monsieur DOUFFI - Madame le Maire, Mesdames, Messieurs, chers collègues,
Nous sommes très positifs sur la modernisation de la Halle de glisse et le
souhait d’en faire un lieu unique et attractif pour la pratique des sports de glisse. Nous
rêvions dès 2013 d’accueillir des compétitions de haut niveau.
Dans cette délibération, on parle d’investissements colossaux pour les JO 2024,
abondés par le sport national, la Région et la MEL. Ces fonds sont une aubaine pour
notre ville. Alors, soyons au rendez-vous et pensons infrastructures modulaires.
Nous nous devons ce soir de dénoncer l’absence de plan d’accessibilité global
autour de ce bel équipement, un peu comme ce que vous avez conçu autour du
92
nouveau centre commercial Lillenium qui crée déjà des bouchons et un manque de
fluidité dans le secteur de la Porte des Postes déjà très engorgé.
Aucun plan n’est présenté ici, alors qu’il y a urgence pour améliorer l’accès à la
Halle de glisse pour l’ensemble des piétons, voitures, vélos, personnes à mobilité
réduite. En particulier pour ce type de sport, le fait que rien ne soit pensé en termes de
parking est totalement inadapté aux usages quotidiens de l’équipement. Ce lieu reçoit
des Lillois, des métropolitains et des équipes qui viennent de partout en France et au-
delà de nos frontières et ils sont invités à se garer dans les rues avoisinantes ou
désormais probablement au parking de Lillenium avec ses 900 places et à faire le reste
à pied lourdement chargés de leur matériel. Avez-vous déjà vu la taille et le poids d’un
sac de roller hockey ? Quel accueil, quelle image donnons-nous de la ville de Lille ?
Jusqu’à présent, et vous le savez bien, les visiteurs se garaient de manière
sauvage sur l’esplanade, faute de mieux, mais elle a été fermée suite à l’invasion des
visiteurs de Lillenium et elle est d’ailleurs aujourd’hui en piteux état. Les usagers se
garaient là et c’était toléré puisqu’ils n’étaient pas sanctionnés – une hypocrisie en
somme.
Dans les clubs, nul doute que l’absence de parking est jugée comme un frein
important, voire rédhibitoire, pour les sportifs, particulièrement pour ceux qui viennent
de loin et qui n’ont d’autre choix que de prendre la voiture ; sans parler de beaucoup de
parents qui amènent plusieurs enfants et du matériel imposant, à moins que, du moins
pour les athlètes de haut niveau, l’accès pompiers leur soit grand ouvert afin de pouvoir
sans problème se garer le long de la halle.
Qu’en est-il des usagers du quotidien ? Que dire aux femmes enceintes, aux
personnes à mobilité réduite qui viennent conduire leurs enfants ou pratiquer eux-
mêmes ? Pourquoi ne pas au moins envisager un dépose-minute voiture et une bien
meilleure signalétique facilitant la vie des vélos et ceux qui viennent à pied du métro ?
Nous vous demandons d’étudier les accès avec pragmatisme, main dans la
main avec les clubs, les usagers et les autres acteurs du secteur. Ce travail est une
condition pour faire de la Halle de glisse un équipement de pointe, mais d’abord et avant
tout un équipement de proximité pour les habitants des quartiers lillois et de la
métropole.
Je vous remercie.
Madame le Maire - J’avoue, Monsieur DOUFFI, que je n’ai pas tout compris. Il
s’agit de sportifs et, finalement, vous proposez qu’ils viennent en voiture jusque devant
la Halle de glisse. Vous dites que le parking de Lillenium, qui fait quand même plusieurs
centaines de places, est trop loin, mais vous leur proposez de venir en métro où il faut
aller encore plus loin puisqu’il faut traverser le pont. Je ne comprends pas bien.
Je considère que des jeunes – j’en connais d’ailleurs beaucoup – peuvent venir
et arriver par le métro sur le côté de la porte des Postes. S’ils veulent venir en voiture,
il y a maintenant un immense parking à Lillenium qui est beaucoup plus près, il faut faire
quelques mètres pour arriver. Et vous pensez qu’il faut vraiment venir en voiture jusque
devant la Halle de glisse ? Franchement, je ne comprends pas. Il s’agit de sportifs, en
93
général de jeunes, vous avez vu ce qu’ils réalisent. Je pense que tout le monde doit
venir en transport en commun, en vélo puisqu’il y a aussi un grand parking vélos –
même si, là, c’est plus difficile pour porter la planche –, ou plutôt à pied à partir d’un
transport en commun.
Très franchement, je pense que vous vous êtes contredit et ce n’est pas très
clair. Est-ce qu’on veut développer la voiture ou la marche à pied ?
Je passe la parole à Sarah SABE.
Madame SABE - Je confirme que, vu l’accessibilité de la Halle de glisse, il serait
vraiment complètement ubuesque de réfléchir à un espace de parking.
Par contre, je vous rassure, on réfléchit bien à une démarche de dépose. Ce ne
sera pas forcément de la dépose-minute traditionnelle, mais, en tout cas, on réfléchit à
ce type de dépose, mais pas à des places de parking supplémentaires, c’est certain.
Pour ce qui est de la piscine Saint-Sauveur et même des piscines en général,
je vous invite quand vous voulez à venir voir l’état de Marx-Dormoy, qui a rendu tout le
service qu’elle devait rendre, c’est-à-dire une piscine qui a eu un rayonnement
important, qui a permis aussi l’émergence de clubs et de dynamiques associatives
importantes autour de Marx-Dormoy. Aujourd’hui, il faut voir tous ces usagers et les
usagers lillois, les files d’attente – pas en ce moment parce que c’est fermé depuis
quelques jours – pour avoir la possibilité de faire un couloir de nage avant d’aller
travailler ou à sa fin de poste ou même en journée avec ses enfants. Il y a un besoin
important de piscine à Lille et ce n’est pas deux piscines qui y répondront, c’est une
grande piscine, celle de Saint-Sauveur et la future piscine de Fives-Cail.
Madame le Maire - Je mets aux voix la délibération 399 sur la Halle de glisse,
ainsi que les deux autres délibérations de Sarah SABE.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
20/397 - Associations sportives lilloises - Attribution de subventions
d'organisation et exceptionnelles.
20/398 - Palais des Sports Saint Sauveur - Fixation de la redevance pour
l'occupation du site par le Lille Métropole Basket SASP.
Adoptées.
Je vous remercie.
Nous passons maintenant, sans interventions préalables, à des demandes de
parole sur des dossiers.
Madame DUHAMEL, sur les délibérations 345 et 346 dans les dossiers de
Jacques RICHIR.
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Chemise 7
PROPRETÉ Rapporteur : Jacques RICHIR
Adjoint au Maire
20/345 - Marché de prestations d'insertion et de qualification ayant pour
support le nettoyage des espaces publics de la Ville de Lille -
Convention de groupement de commandes entre Lille Métropole
Habitat et la Ville.
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues,
Je mets à profit les délibérations qui nous sont présentées traitant de propreté
urbaine pour attirer votre attention sur l’état incertain d’une partie de nos quartiers, voire
même du centre-ville en la matière.
Ayant alerté le mois dernier notre collègue Sébastien DUHEM sur l’état de la
place Madeleine Caulier, tant en matière de chaussée que de végétation, je me suis
intéressée au portail « mesdemarches.lille.fr » onglet « signalements » destiné à
permettre à nos concitoyens, pour autant qu’ils le trouvent, d’informer les services des
interventions qu’ils jugent nécessaires.
Outre que des riverains de la place Madeleine Caulier m’ont assuré que leurs
signalements demeuraient sans suite, quelle qu’en fut la méthode, au point qu’ils ont
renoncé à toute réclamation ainsi qu’à tout espoir d’être entendu, je n’ai pas été surprise
de constater que l’application numérique demeurait inconnue de la plupart de mes
interlocuteurs.
Il me semble qu’une réflexion devrait être menée dans deux directions
complémentaires : une veille régulière dans nos quartiers, particulièrement les week-
ends, mais aussi un lien direct et permanent développé avec nos concitoyens, ce qui
nécessite de leur rappeler régulièrement l’existence du portail et la possibilité, faute d’y
avoir accès, d’effectuer des signalements sous la forme traditionnelle (téléphone ou
courrier), mais aussi de s’assurer d’une véritable réactivité des services compétents
aussitôt qu’un signalement est effectué. Rien n’est plus désolant en effet que de
constater le sentiment d’abandon de nombre d’habitants qui voient leur environnement
se dégrader peu à peu dans l’apparente indifférence de leurs élus, lesquels seraient
toujours inspirés de relire George Sand décrivant dans « Histoire de ma vie » le lien
indissoluble existant entre propreté et dignité.
Notre groupe avait, je le rappelle, suggéré plusieurs mesures pendant la récente
campagne municipale, telles que l’augmentation du nombre de corbeilles à papiers dans
les rues, le ramassage plus fréquent des poubelles avec balayage des chaussées, la
vidéo-verbalisation des tags et dépôts sauvages, ainsi que la création d’une police de
l’environnement.
Afin d’aider à notre prise de conscience collective et de permettre à notre conseil
d’assurer sa propre veille, pourrions-nous être régulièrement informés du nombre de
saisines des services par le truchement de l’application numérique ainsi que du nombre
et de la rapidité des interventions qui s’en suivent ?
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Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci.
Monsieur RICHIR.
Monsieur RICHIR - Apparemment, les délibérations de ce soir ne vous ont pas
intéressée. C’est un peu la méthode du Chassepot. L’ennui du Chassepot, c’est que
cela tire de façon un peu imprécise, mais… c’est votre choix.
Vous posez cette question sur la propreté, question difficile dans toutes les
villes. Il est vraiment étonnant que les habitants n’aient pas trouvé l’application car il se
trouve qu’on en traite 1 500 par mois en moyenne – pas uniquement sur la propreté,
mais en grande partie – depuis qu’on a mis en place cette application de signalement
de nombreuses difficultés. Après, on l’a relayée avec Sébastien DUHEM qui s’occupait
de propreté dans le mandat précédent.
Quant au nombre de mails que nous recevons, ils sont nombreux. Ce qui est
d’ailleurs intéressant, c’est qu’ils signalent des dysfonctionnements, mais également
beaucoup d’incivilités. Ils ne concernent pas que des problèmes de malpropreté, ils
signalent également des comportements inadaptés.
D’autre part, on reçoit régulièrement des reproches sur le fait que nous
verbaliserions trop. Nous signons en effet des titres de recettes pour toutes les
personnes qui sont prises en flagrant délit, qui ont commis des infractions par rapport
aux réglementations sur la propreté ou qui ont laissé traîner des dépôts sauvages. Nous
avons d’ailleurs dix agents de la Ville qui consacrent leur énergie à cela.
Dans la manière dont vous intervenez – on peut attaquer les élus, on est là pour
cela, on nous tape dessus, c’est la loi du genre –, ce qui me gêne, c’est que, derrière
tout cela, vous agressez ces hommes et ces femmes qui passent leurs journées à
essayer de maintenir cette ville propre, les agents de Lilebo qui font un travail
remarquable – on le voit bien à travers le marché performantiel –, mais également les
agents de la Ville qui sont pratiquement 120, qui mènent une tâche qui est difficile
partout, mais qui, je crois, à Lille, est plutôt bien faite globalement, même si on peut
améliorer tel ou tel point, et qui se fait tout au long de la semaine. Vous ne vous rendez
pas compte que, en intervenant de cette façon, vous apportez une espèce de critique
permanente à l’action de ces hommes et de ces femmes.
Tout est perfectible, mais beaucoup d’habitants de cette ville trouvent
l’application – comme je le disais, on en compte 1 500 par mois – qui, grâce à cela,
nous permet d’agir en permanence. Nous recevons aussi des courriers et des coups de
téléphone en nombre. Beaucoup émanent d’ailleurs des mairies de quartier et je pense
que cet échelon de proximité est très important. Par ailleurs, les conseillers de quartier,
que certains ont critiqués tout à l’heure, sont des relais extrêmement importants ; rares
sont les conseils de quartier qui n’abordent pas ces questions de propreté, c’est
certainement l’un des sujets les plus abordés dans les conseils de quartier.
Vous faites donc le choix de cette intervention un peu générale. C’est votre
choix.
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Tout est perfectible, on espère améliorer les choses.
Vous savez qu’on travaille aussi pour essayer de réduire les déchets à la
source, puisque le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas. On tente un certain
nombre d’actions.
Quant au ramassage, vous posez la question de l’action de la Métropole. Vous
savez qu’on cherche aussi à améliorer les choses. On a mené avec Sébastien DUHEM
dans plusieurs quartiers une expérimentation des bornes d’apport volontaire, de
manière à varier un peu les modes de ramassage. On sait en effet que, dans des
logements de petite taille, il est parfois difficile d’avoir des conteneurs pour mettre les
ordures ménagères.
On pourra en reparler plus largement. Ce n’était pas le sujet du jour. On pourra,
quand vous le voulez, à l’initiative de Madame le Maire, monter un débat sur ces
questions de propreté le moment venu. On l’aura d’ailleurs puisque, de toute façon, les
marchés qui ont trait à la propreté dans notre ville doivent être renouvelés d’ici 18 mois ;
il y aura toute une démarche préalable à cela et on pourra mener le moment venu ce
débat sur ces questions de la propreté puisque vous avez ce soir choisi de le faire de
façon incidente et non pas de façon directe.
Madame le Maire - Merci.
Je mets au vote les délibérations de Jacques RICHIR.
Voulez-vous un vote particulier sur les 345 et 346 ?
Madame DUHAMEL - Non.
Madame le Maire - Je mets donc aux voix l’ensemble des délibérations de
Jacques RICHIR.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je vous remercie.
20/344 - Frais d'enlèvement de dépôts sauvages - Demande de remise
gracieuse - Bonne foi présumée.
Adoptée.
RISQUES SANITAIRES
20/347 - Projet "Emission de poussières lors de chantiers urbains" (EPMC) -
Convention de partenariat entre Lille Métropole Habitat-OPH de la MEL
et la Ville.
Adoptée.
Madame le Maire - Vanessa DUHAMEL sur le dossier de Marie-Pierre
BRESSON.
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Chemise 8
CULTURE Rapporteur : Marie-Pierre BRESSON
Adjointe au Maire
20/349 - Subventions aux opérateurs culturels.
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues,
À la suite de nos collègues de l’opposition municipale, Bernard CHARLES et
François KINGET, vient mon tour de souligner, à l’occasion de cette délibération relative
aux subventions accordées aux opérateurs culturels, combien le succès populaire dont
vous vous prévalez depuis de longues années ne relève en réalité que d’une stratégie
de communication spectaculaire nuisible au tissu culturel de notre ville.
Préparant notre conseil, je relisais une délibération de la MEL en date du 11
octobre 2019 qui évoquait – je cite – « la vague d’effervescence citoyenne provoquée
par la désignation de Lille comme Capitale mondiale du design, événement
exceptionnel qui irriguera et animera l’ensemble de notre territoire tout au long de
l’année 2020 ».
À cet égard, une chose est déjà acquise, la ville de Roubaix y aura gagné les
honneurs de la presse nationale comme le relevait La Voix du Nord après lecture de
Télérama du 26 septembre dernier qui n’avait d’yeux que pour la commune abritant la
célèbre Piscine.
Depuis la désignation définitive de Lille en date du 14 octobre 2017, de
nombreux projets ont été imaginés et l’on peut relever à titre d’exemple les 300, voire
même selon d’autres sources 500 POC, Proof of concept, preuves de faisabilité,
prototypes, selon les traductions dont on imagine volontiers qu’elles couleront de source
limpide pour nos concitoyens du centre-ville comme des quartiers, promis à une
coconstruction, coconstruction toute relative, ou effervescence citoyenne bien vague.
Tout laisse à penser que seuls 15 d’entre eux seront finalement réalisés.
Les financeurs institutionnels n’ont pourtant guère mégoté. Le budget
prévisionnel pour 2019 de l’association constituée pour l’événement s’étant élevé à
3 250 000 €, dont pas moins de 1 086 000 € destinés à former et accompagner les
porteurs de POC. 72 400 € par porteur donc, ce qui laisse admiratif, alors que, dans le
même temps, la recherche de sponsors semble avoir été bien timide. N’avions-nous
donc rien de bien substantiel à leur vendre ?
De même, rappelons qu’une association Lille design a tout d’abord été créée
avec un budget prévisionnel de 760 000 € pour 2016, avant qu’il ne fût décidé de la
cantonner à la promotion du design sur le long terme. Coûteux écheveau dont on peine
à démêler les fils d’or.
S’il est pour l’heure difficile d’établir un bilan prospectif complet de cet
événement, il semble bien qu’il puisse se résumer en un ré-étiquetage de réalisations
de type Lille 3000, de nombreux échos se faisant entendre de l’évanescence du comité
d’organisation qui n’associe en rien, ni ne conseille, ni ne soutient les acteurs publics
ou privés concernés. En bref, quelque chose qui, loin de s’apparenter à une
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effervescence citoyenne, n’est qu’une coûteuse opération de communication sans que
rien ne transparaisse que sa vocation sociale comme toujours annoncée.
C’est si flou qu’on n’y perçoit pas le loup.
Dans le même temps, que sont devenus le Biplan de Wazemmes fermé en mars
2019, le festival de l’Entorse supprimé pendant l’été 2017, la Nasdac et son Fivestival
disparus en octobre 2018 ? Comment pourront survivre et prospérer la Malterie, le Tire-
Laine, le festival de l’Accordéon ou encore Attacafa alors que la Maison de la
photographie a déjà succombé, contrainte d’annoncer sa fermeture prévue dès le
lendemain de l’exposition des œuvres photographiques de Charlotte PERIAND ?
Ce ne sera pas faute, pour l’opposition municipale, d’avoir essuyé les
moqueries de votre Majorité à chaque alerte lancée quant à l’étouffement progressif
mais organisé de la liberté de création des bénévoles et de nos quartiers.
Tel Caton l’Ancien et sa triste ritournelle, vous laisserez sel et ruines sur les
champs dévastés de notre Carthage culturel, alors même qu’en pompière pyromane,
vous louiez dans un récent tweet « des œuvres pour réparer le monde et concevoir une
autre société ».
Soucieux de comparer le chatoyant de l’emballage à la pauvreté du contenu,
pouvons-nous espérer recevoir l’année prochaine un bilan sérieux de ces onéreuses
manifestations pour la plupart élitistes et le comparer ainsi avec celui sévère que la
Chambre régionale des comptes avait dressé de Lille 3000 ?
Dans le même esprit, afin d’être en mesure d’apprécier véritablement les choix
politiques qui sont ceux de votre Majorité, nous aimerions être destinataires, non pas
uniquement de la liste des subventions accordées aux acteurs culturels de notre ville
au terme de la présente délibération, mais également de celles demandées et qui leur
ont été refusées.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame BRESSON.
Madame BRESSON - Merci, Madame le Maire.
Madame DUHAMEL, je pense que vous vous êtes trompée de conseil, puisque
votre propos liminaire porte sur la Capitale mondiale du design. Or vous savez que celle-
ci est organisée par la Métropole Européenne de Lille, laquelle finance cet événement.
La Ville de Lille ne le finance pas. En revanche, elle met à disposition des espaces – ce
qui n’est pas le cas de la Ville de Roubaix dont vous parliez tout à l’heure –, elle met à
disposition des bâtiments, le Tripostal, Saint-Sauveur, la Maison Folie Wazemmes, pour
ces expositions que je vous invite par ailleurs à aller parcourir, en particulier à Saint-
Sauveur, « la manufacture » et « les usages du monde », consacrées au design et à
l’économie circulaire, qui sont tout à fait intéressantes.
Ensuite, dans une autre partie de votre propos, vous évoquez le fait que nous
laisserions mourir des associations. Je vous rappelle que, cet été, dans le cadre de
Voyages voyage, la Ville de Lille, pour soutenir les associations en particulier et
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évidemment pour offrir un été qui soit moins morose aux Lillois, a soutenu un grand
nombre d’associations. 300 d’entre elles ont été mobilisées pour offrir un été moins
morose et finalement très festif aux Lillois, Madame le Maire le présentait en début de
conseil.
De plus, vous l’avez entendu, Marielle RENGOT et Audrey LINKENHELD ont
ajouté que, dans les fonds d’aide exceptionnels aux associations, la moitié des fonds
attribués ont été versés aux associations culturelles et patrimoniales.
Par conséquent, je ne crois pas que votre propos soit conforme à ce qui se
passe réellement dans cette ville et concernant les délibérations qui ont été présentées
dans ce conseil.
Madame le Maire - Je mets au vote les délibérations de Marie-Pierre
BRESSON.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
(Catherine MORELL-SAMPOL ne prend pas part au vote.)
Je vous remercie.
20/348 - Sollicitation de prêts d'œuvres auprès des services culturels de la
Ville.
20/350 - Palais des Beaux-Arts - Convention de mécénat avec ENGIE.
20/351 - Palais des Beaux-Arts - Avenant à la convention de parrainage avec la
mutuelle générale de l'Education Nationale (MGEN).
20/352 - Palais des Beaux-Arts - Mécénats collaboratifs pour le financement de
la phase 3 du Projet Scientifique et Culturel dédiée au département du
Moyen Âge - Renaissance.
20/353 - City Pass - Avenant à la convention de mandat avec l'Office de
Tourisme et des Congrès de Lille autorisant la vente directe par le
Palais des Beaux-Arts de Lille.
20/354 - Espace le carré - Convention de partenariat avec le LaM - Lille
Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut - dans
le cadre de l'exposition William Kentridge.
20/355 - Musée d'Histoire Naturelle - Autorisation d'occupation temporaire
pour l’espace café boutique - Fixation du montant de la redevance.
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20/356 - Convention tripartite entre la Villette, la maison Folie de Moulins et
l'artiste Frédéric Heurtaux, dans le cadre de sa résidence intitulée
« Musée Tronic ».
20/357 - Soutien à la jeune création arts visuels - Lauréats du Prix Wicar 2021 -
Résidence de création de la Ville de Lille à Rome.
20/358 - Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Exonérations partielles des
redevances de concessions de service et occupation du domaine
public.
20/359 - Mesures liées à l'épidémie de Covid-19 - Modalités d'exonération
partielle de droits de scolarité.
20/360 - Modification des conditions de réutilisation des informations
publiques conservées par les Archives municipales.
20/361 - Conservatoire à Rayonnement Régional - Contenus et volumes
horaires des cours des classes à horaires aménagés des collèges
Carnot et Makeba et du lycée Pasteur pour l'année scolaire 2020/2021.
Adoptées.
COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE
20/363 - Coopération décentralisée - Subvention à diverses associations.
20/364 - Coopération décentralisée - Rénovation énergétique de deux
bâtiments de la Commune d'Oujda - Convention de partenariat entre la
Commune d'Oujda et la Ville.
Adoptées.
Madame le Maire - Madame Ingrid BRULANT FORTIN, sur la délibération 383
d’Akim OURAL.
101
Chemise 13
RÉSORPTION DE LA Rapporteur : Akim OURAL
FRACTURE NUMÉRIQUE Adjoint au Maire
20/383 - Association de préfiguration de la coopérative des Assembleurs -
Adhésion de la Ville - Cotisation 2020.
Madame BRULANT FORTIN - Chers collègues,
Nous voterons pour cette cotisation de la Ville, tout comme nous le ferons à la
MEL qui cotisera également à cette coopérative des Assembleurs, car, en effet, il nous
faut lutter contre la fracture numérique qui participe aux inégalités de destins.
C’est l’occasion de vous demander un bilan à Lille, mais aussi à Lomme et à
Hellemmes, où le dispositif semble particulièrement méconnu de la carte Lille & moi.
C’est un projet de longue haleine qui a été – et c’est à saluer – cofinancé par
l’Europe.
Pour ceux qui, peut-être, nous écoutent encore ce soir, pour ceux qui ne
connaissent pas, ce pass remplace depuis un an toutes les autres cartes existantes
dans les trois communes (carte de piscine, pass senior, bibliothèque, vidéothèque en
ligne) et permet d’accéder gratuitement au zoo, mais aussi aux musées tous les
dimanches.
Vous avez voulu avec cette carte rendre plus visible pour tous l’offre de culture,
de loisirs, de sports et, oui, quel enjeu essentiel.
10 000 cartes en janvier ; beaucoup plus à date, j’imagine. Quel que soit le
chiffre brut que vous pourriez me confirmer ce soir, difficile pour nous de savoir si c’est
bien ou insuffisant. Où en êtes-vous de vos objectifs ? Avez-vous réussi à toucher de
nouveaux habitants, ceux qui n’avaient pas déjà une carte de bibliothèque ou de piscine
remplacée par ce pass ? Que disent les données collectées sur la fréquentation
effective par quartier, par âge ?
Si nous vous demandons ce soir une évaluation, c’est parce que les retombées
du terrain nous laissent penser que la carte n’est pas dans toutes les mains.
Sur ce sujet, luttons, c’est au cœur de la fracture numérique, sur le non-recours.
Tous les Lillois, Hellemmois, Lommois y ont droit, nous devons les aider à s’en saisir,
créer l’envie de fréquenter ces lieux, que cette chance ne soit pas réservée qu’aux
initiés.
Pour apporter notre pierre à l’édifice, en opposition constructive que nous
sommes, nous proposons que, pour chaque petit Lillois s’inscrivant à l’école, Lillois,
Hellemmois, Lommois – puisque c’est un moment propice, la famille est sur place en
mairie avec les documents –, des pass soient ouverts pour le parent et pour l’enfant.
Ainsi, la carte entre dans le foyer.
102
Deuxième et dernière question après celle du bilan : au fil du temps, d’autres
services devaient être ajoutés dans le pass, mais aussi, me semble-t-il, des
simplifications de démarches, comme obtenir un extrait de naissance, ainsi que peut-
être des mutualisations avec la carte « musées » de la MEL. Qu’en est-il des nouveaux
services du pass Lille & moi pour lequel nous aurons au moins fait ce soir et avec grand
plaisir un utile petit coup de pouce ?
Merci beaucoup.
Madame le Maire - Merci, Madame BRULANT.
Monsieur OURAL.
Monsieur OURAL - Madame le Maire, Merci.
Madame BRULANT FORTIN, vous posez, au travers de la délibération sur les
Assembleurs, la question de la stratégie médiation numérique, inclusion numérique et
e-administration, pour lesquels nous avons d’ailleurs reçu des prix nationaux l’année
dernière. En effet, dans cette volonté d’avoir une stratégie de médiation numérique et
qui impliquait d’engager avec nous les partenaires du territoire, comme Emmaüs
Connect, Simplon ou les centres sociaux eux-mêmes, au moment où la
dématérialisation des actes commençait à se faire jour dans l’ensemble des
administrations, nous avons décidé de nous engager plus fortement qu’avant sur cette
question.
Sur cet enjeu d’évaluation, je peux donc porter à votre connaissance un certain
nombre d’évaluations qui ont été faites par des organismes indépendants, qui sont
assez dithyrambiques sur l’action qui a été menée par les centres sociaux connectés,
l’action de la Ville au travers du travail qui est fait avec les centres sociaux sur les
espaces de médiation numérique et aussi le travail que font les mairies de quartier. Je
ne sais pas si vous le savez, mais les mairies de quartier ont aujourd’hui un accès ouvert
aux citoyens, accompagnés par un service civique pour les aider dans leurs démarches
et réaliser leurs cartes.
À ce jour, nous avons 32 105 adhérents à cette carte. C’est pour nous un chiffre
important. Je vous rappelle que la carte a été mise en circulation l’année dernière.
Aujourd’hui, elle remplit complètement nos objectifs.
Evidemment, il faut continuer cet enjeu d’offrir la capacité à tous les citoyens
lillois d’avoir accès à tous les services de manière dématérialisée ou en tout cas avec
une carte qui leur permette de s’identifier. C’est le travail que mènent les services de la
Ville en la matière.
Aujourd’hui, nous sommes arrivés à intégrer l’ensemble des démarches qui
étaient prévues, du pass senior jusqu’à l’accès aux musées, aux bibliothèques, l’accès
aux piscines avec la réservation en ligne qui amène à prendre sa carte pour avoir accès
à la piscine. Sur la question de la carte, je pense que nous avons fait un vrai travail.
Sans aucun doute, il faudra continuer cette ambition que nous avons menée en
lien avec les moyens que l’Europe nous avait mis à disposition.
103
En réponse à la question que vous posez concernant les enfants, je pense que
c’est aussi une démarche très personnelle. Aujourd’hui, la carte permet de faire adhérer
un enfant d’un an pour faire en sorte qu’il puisse avoir accès. Je pense qu’il y a aussi
une démarche des parents qui est très importante et, à ce titre-là, sans aucun doute, si
les parents s’engagent, nous serons évidemment présents pour fournir cette carte à
leurs enfants.
Madame le Maire - Retenons de ce que vous avez dit qu’il est utile de continuer
à parler de la carte et de faire en sorte que cette carte soit l’occasion d’aller dans des
lieux où on n’allait pas jusqu’à présent. On pourrait peut-être regarder comment on peut
encore la booster ; je crois que c’est une bonne idée.
Merci.
Je mets aux voix les délibérations d’Akim OURAL.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je vous remercie.
VILLE NUMÉRIQUE
20/382 - Association « Réseau des territoires innovants » dite « Les
interconnectés » - Adhésion de la Ville - Cotisation 2020.
Adoptée.
Madame le Maire - Monsieur DOUFFI, sur le dossier de Franck HANOH, sur la
délibération 387.
Chemise 15
COMMERCE ET ARTISANAT Rapporteur : Franck HANOH
Adjoint au Maire
20/387 - Plan Local d'Action pour le Développement du Commerce, de
l'Artisanat et des Services - Animations Commerciales - Subventions
à diverses associations et unions commerciales.
Monsieur DOUFFI - Madame le Maire, Mesdames, Messieurs, chers collègues,
Entre la crise du Covid et la révolution numérique, nous sommes tous d’accord
pour dire que l’heure est grave pour les artisans, les commerçants et les services.
Le plan local d’action en soutien des actions d’animation des rues lilloises,
présenté ici, a toute son utilité. Le groupe Faire Respirer Lille votera donc ce plan, même
si nous souhaitons attirer l’attention du Maire et de la Majorité municipale sur la
nécessité de prendre de la hauteur et de mener une stratégie de redynamisation
commerciale large pour Lille.
104
Nous sommes dans notre groupe deux commerçants lillois et nous avons, dans
notre collectif, beaucoup de commerçants et artisans qui sont très inquiets et ne trouvent
pas facilement auprès de l’équipe municipale l’écoute et les attentions pour
accompagner leur reprise d’activité. Plus que jamais, dans nos permanences, dans les
mairies de quartier, nous avons tous, élus, présidents de quartier, fonctionnaires
municipaux, le devoir d’être proactif sur le terrain en direction et aux côtés des acteurs
de l’économie lilloise.
Ce vote se place au cœur d’un plan de relance national qui accompagne les
acteurs économiques pour la compétitivité et l’emploi. Il se place aussi juste après le
vote à la MEL d’un plan de relance utile avec près de 80 M€ pour soutenir l’économie
locale et accompagner la reprise d’activité.
Les dispositifs créés par la MEL, comme le fonds de rebond destiné à prendre
en charge l’équivalent de trois mois de loyer à hauteur maximum de 1 500 €, doivent
être mieux connus des acteurs lillois et surtout pour être utilisés. Le nouveau dispositif
d’avance remboursable pour recevoir 5 000 € à 30 000 € remboursables sur trois à cinq
ans est aussi une avancée, comme le plan de soutien aux communes.
Qu’en est-il du lancement de l’appel à projets « animations commerciales »
récemment initié par la MEL ?
Nous souhaitons justement savoir, Madame le Maire, au-delà du PLA habituel,
quelles sont les mesures que la Ville de Lille a portées auprès de la MEL pour mobiliser
des financements complémentaires aux commerçants et artisans lillois et quelles
actions peuvent déjà être mesurées aujourd’hui.
De la même façon, le Président de Région a annoncé 60 M€ dans la
redynamisation des cœurs de ville.
Mais ces gros chiffres sont bien loin de la réalité des Lillois. Comment notre
mairie rend-elle ces budgets concrets et opérationnels pour les acteurs lillois ? Les
commerçants qui souffrent ont bien besoin de savoir en toute transparence où partent
ces fonds publics et comment ils sont distribués.
Enfin, nous estimons que le PLA lillois a une ambition bien faible quand on
compare Lille aux autres villes françaises. Regardez les artères commerçantes de
Strasbourg, de Montpellier, de Lyon. Notre cœur de ville n’est toujours pas piétonnisé
et n’est pas facilement accessible pour les touristes et visiteurs de l’extérieur de la
métropole. Le taux de vacance commerciale est supérieur à 7, supérieur à Lyon,
Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Strasbourg. Nous sommes une des seules grandes
villes qui n’a pas encore son manager de cœur de ville. Les opérations nocturnes sont
méconnues et peu fréquentées, alors que notre ville a un potentiel énorme.
Libérons la capacité d’autofinancement de nos unions commerciales en les
libérant des animations qui incombent à la dixième plus grande ville de France, de la
quatrième plus grande métropole.
Avec les unions commerciales, avec les propriétaires, les bailleurs, les
développeurs de centre-ville et les chambres économiques, il est urgent de mener un
105
projet commun et très ambitieux : former les commerçants à la digitalisation, mettre en
place la vidéoprotection, retrouver une ville propre et sereine, créer des animations
commerciales attractives et des parcours de visites (commerces, patrimoine et j’en
passe).
Le contre-exemple de Lillenium qui a mis 14 ans pour sortir de terre montre,
Madame AUBRY, que les usages d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui.
Nous appelons les élus lillois à prendre la mesure de la catastrophe
économique qui se profile dans notre ville, et dont les racines sont bien plus ancrées, et
à créer avec la Métropole Européenne de Lille une stratégie de redynamisation
commerciale qui remette Lille au premier rang des villes commerciales françaises et
européennes.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur DOUFFI, je veux d’abord vous dire qu’on ne va
pas refaire le plan local d’action pour le commerce à cette heure-ci et maintenant,
d’autant plus que, vous le savez sans doute, on arrive à la fin du plan local et il va être
renégocié, on a déjà commencé à y travailler avec le GAEL et la fédération lilloise du
commerce. Ce n’est pas ce soir qu’on va le traiter.
Je rappelle que nous avons été la première ville en France à faire ce plan local
d’action pour le commerce et beaucoup de villes nous ont copiés derrière.
Si vous regardez le montant financier, je ne dis pas qu’il ne faut pas développer
par exemple, comme vous le dites, le numérique chez les commerçants ; nous leur
avons proposé. La Ville propose notamment à tout commerçant de mettre sur son site
le lieu où il est pour expliquer par exemple l’emplacement du parking, on a peu de
demandes. On a lancé aussi avec EuraTechnologies la volonté de faire un internet des
commerces lillois, cela n’a pas eu beaucoup de succès, sans doute parce que beaucoup
de commerces ont des difficultés – et je parle de la période avant le Covid.
On fera ce point.
Essayez quand même d’aimer la ville.
Monsieur DOUFFI - Je l’adore.
Madame le Maire - On ne le dirait pas. Vous êtes critique sur tout. Les
commerçants vont être contents de vous entendre…
Il y a effectivement des difficultés et je ne parle pas du Covid. On sait que le
textile et l’habillement ont des difficultés depuis des années. Pourquoi, jusqu’à ce qui
nous arrive ces jours-ci, les Anglais et les Belges viennent-ils à Lille faire leurs courses ?
Est-ce parce que c’est une ville en déclin, parce que le commerce ne marche pas ? On
a pratiquement toutes les grandes enseignes qui existent aujourd’hui à Paris. Comment
pouvez-vous dire cela ?
106
Après cela, il y a des grosses difficultés liées par exemple aux prix des loyers
commerciaux. Nous y avons beaucoup travaillé, mais, là aussi, cela nécessite une loi.
Je vous ferai passer les lettres que j’ai écrites aux premiers ministres successifs. C’est
effectivement une grosse difficulté, mais vous ne pouvez pas dire que le commerce
lillois – je laisse cette période sanitaire de côté – est conforme à ce que vous avez dit
tout à l’heure, je ne le crois pas.
En tout cas, nous reparlerons volontiers avec vous du plan local, il sera discuté
l’année prochaine.
Vous dites que nous sommes la seule ville à ne pas avoir un manager de cœur
de ville. Mais si, nous en avons un, il est même financé par le plan local d’action pour le
développement du commerce. Nous avons tout un service ici – faute d’avoir des
réponses par exemple de la chambre de commerce – qui s’occupe de trouver des locaux
plus grands, d’autres locaux pour les commerçants. Ce n’est pas tout à fait le rôle de la
Ville, mais nous le faisons volontiers.
On reparlera de tout cela quand on rediscutera du plan local du commerce, sur
lequel on a d’ailleurs commencé à avoir un certain nombre de discussions avec les
représentants des commerçants dans la ville.
Là aussi, un peu de mesure et soyons fiers de notre commerce.
Je mets au vote les délibérations de Franck HANOH.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Je vous remercie.
20/388 - Association Institut pour la Ville et le Commerce (IVC) - Adhésion de la
Ville - Cotisation 2020.
Adoptée.
AFFAIRES MILITAIRES ET ANCIENS COMBATTANTS
20/389 - Association "Amicale des Anciens du 43ème Régiment d'infanterie" -
Subvention au titre de l'année 2020.
Adoptée.
107
Chemise 16
SANTÉ Rapporteur : Marie-Christine STANIEC-WAVRANT
Adjointe au Maire
20/390 - Soutien aux Organismes de Santé - Appel à projets 2020 - Subventions
aux associations - Convention entre l'association La Sauvegarde du
Nord ADNSEA et la Ville.
Madame le Maire - Sur le dossier de Marie-Christine STANIEC, nous avons
largement parlé des subventions destinées aux associations et maraudes, de la
convention entre l’association CMAO et la Ville, puisque cela avait été présenté à deux
voix par Arnaud DESLANDES et Marie-Christine STANIEC.
Je ne dis pas cela pour vous empêcher d’intervenir, mais essayons d’être un
peu concis vu que les réponses ont déjà été apportées. On aurait peut-être dû mettre
ces interventions plus tôt, mais vous ne saviez pas comment était organisé le débat. Je
parle de la délibération 394. Je ne parle pas de la 390 qui est un autre sujet et qui porte
sur les subventions aux associations et notamment à la Sauvegarde du Nord.
Sur cette subvention à la Sauvegarde du Nord, n° 390, je passe la parole à Maël
GUIZIOU.
Monsieur GUIZIOU - Pour être tout à fait clair, concernant cette délibération, je
ne m’exprime pas sur les trois subventions, mais uniquement sur une des trois
subventions concernant « J’en suis, J’y reste ».
Madame, Monsieur, mes chers collègues,
Cette délibération, en tout cas une partie, propose d’accorder une subvention
de 1 000 € à « J’en suis, J’y reste », centre lesbien, gay, bi, trans, queer, intersexe et
féministe des Hauts-de-France.
1 000 €, c’est une division par quatre du soutien alloué à cette association par
rapport à l’année dernière, alors même que l’association sollicitait une augmentation
des crédits. Or la survie de cette association est en jeu. En avril 2019, le centre « J’en
suis, J’y reste » était déjà menacé, ce qui l’avait amené à organiser des appels aux
dons.
Voter cette subvention en l’état, c’est donc en quelque sorte participer à la
disparition d’une institution clé dans le paysage lillois.
Nous partageons tous et toutes ici la volonté de faire de Lille une ville sans
LGBTI-phobie, une ville ouverte et inclusive. Les violences homophobes de juin dernier
nous ont brutalement rappelé que nous en étions loin. Or l’association « J’en suis, J’y
reste » assure l’accueil des personnes LGBTQIA+ dans leur diversité (âge, nationalité,
milieu social), tout en prenant en compte les spécificités de corps, d’identité et de vécu.
Cette association participe à la lutte contre les discriminations, l’exclusion et
l’isolement liés à l’orientation sexuelle et aux identités de genre. Elle accompagne celles
108
et ceux qui le souhaitent dans leurs démarches administratives, par exemple pour des
changements d’état-civil ou pour l’accès aux soins.
Nous partageons tous ici la volonté de faire de Lille une ville accueillante, refuge
pour les exilés. Or cette association aide à l’orientation des personnes LGBTQI de
nationalité étrangère sollicitant un titre de séjour en France.
Nous partageons également toutes et tous ici la volonté de faire de Lille une
ville sans SIDA. Or cet objectif ne se fera pas sans de solides institutions
communautaires. L’association « J’en suis, J’y reste » participe à la prévention pour la
promotion du sexe sans risque en informant sur les MST, les IST, les hépatites virales,
le VIH.
Nous partageons toutes et tous ici la volonté de faire de Lille une ville féministe.
Le centre « J’en suis, J’y reste » propose des réunions à destination des femmes sur la
sexualité et les violences sexistes et sexuelles.
Madame la Maire, vous vous étiez engagée lors de la dernière Marche des
Fiertés à soutenir cette association. Nous avons besoin de renforcer les acteurs de notre
ville et non de les affaiblir. C’est pourquoi je vous demande de reconsidérer cette
réduction de subvention.
Etant collectivement favorables aux deux autres subventions en l’état, nous
voterons donc à regret cette délibération.
Madame le Maire - Merci.
Vanessa DUHAMEL.
Madame DUHAMEL - Existe-t-il pour l’homme un bien plus précieux que la
santé ?
La délibération proposée à notre Conseil rappelle à juste titre le nécessaire
engagement de notre commune dans la santé de nos concitoyens. Je voudrais à cet
égard attirer votre attention sur l’étude publiée par la Fondation Jean Jaurès le 7
septembre dernier, consacrée au phénomène des anti-masques, faisant suite à deux
années d’enquête sur le complotisme.
Nul n’est besoin d’exercer une profession médicale ou paramédicale pour
constater depuis le début de la pandémie l’alarmante dégradation de la condition
psychologique de certains de nos concitoyens, que les structures officielles de santé
peinent à prendre en charge compte tenu de l’urgence sanitaire, d’un manque chronique
de moyens et de leur éloignement d’une partie importante de notre population. En cette
matière comme en tant d’autres, l’engagement des bénévoles et de leurs associations
est aussi précieux qu’indispensable et nos collectivités se doivent de les soutenir.
Il me semble que la proximité des associations et la confiance dont elles
bénéficient pourraient être mises à profit pour nouer ou renouer un lien avec des
personnes en souffrance, prévenant ainsi nombre de dérives douloureuses ou
tragiques.
109
Encore faudrait-il former les acteurs à déceler le mal-être individuel et établir un
protocole de saisine des services sociaux, eux-mêmes incités à orienter efficacement
les cas signalés.
Il sera toujours plus facile évidemment d’être orienté avec délicatesse avant
même d’avoir perçu ses propres symptômes que d’en prendre conscience et de trouver
le courage de les exposer à un professionnel de santé souvent éloigné et difficilement
accessible.
Je ne puis qu’inciter votre majorité à se saisir de cette question à l’occasion du
soutien apporté par la commune aux associations frappées par la crise sanitaire. Outre
l’engagement public dans la santé des habitants, la mise en place d’un réseau bénévole
de veille psychologique aurait pour précieuse vocation de renouer un lien de confiance
entre citoyens et acteurs publics dont nos valeurs démocratiques communes ou au
moins proclamées ne pourraient que bénéficier.
Pour ce qui nous concerne enfin, quelle belle illustration du plan anti-solitude
que notre groupe appelait de ses vœux.
Madame le Maire - Nous allons prendre les deux délibérations l’une après
l’autre. Marie-Christine peut déjà répondre aux deux premières interventions sur la 390.
Madame STANIEC-WAVRANT - Merci, Madame le Maire.
Je vais effectivement répondre sur ces deux interventions qui sont extrêmement
différentes.
Je veux rassurer les collègues sur « J’en suis, J’y reste », il n’y a aucune volonté
de notre part d’arrêter le travail avec ce partenaire, un travail historique avec cette
association sur le quartier de Moulins que, parce que j’ai quelques années derrière moi,
j’ai vu naître. Je peux vous rassurer, il n’y a pas de volonté d’arrêter le travail avec eux.
Je vous ai d’ailleurs rappelé tout à l’heure que, même si ce n’est pas notre
compétence, nous allions financer l’association Eole sur un accompagnement
particulier des publics transgenres. Ce n’est donc pas parce que nous voulons arrêter,
puisque, effectivement, nous avons besoin de reflécher. Je vous rappelle que nous
avons encore un Conseil Municipal et que nous pouvons encore déposer des dossiers
pour le prochain conseil.
J’ai effectivement souhaité rencontrer à nouveau cette association pour voir
avec elle comment orienter les financements. Vous l’avez sans doute remarqué, c’est
une délégation santé et, comme cela avait été questionné au moment de la commission,
sur tous les dossiers que nous suivons, nous vérifions l’adéquation entre les
financements et la réalité de l’action. Je souhaite orienter ces financements sur des
actions santé ciblées par cette association et qu’on n’ait pas simplement une subvention
globale qui n’est pas lisible dans le résultat de l’action.
Il y a d’autres possibilités de financer cette association. Vous l’avez évoqué, elle
a une forte implication sur la citoyenneté, il y a donc d’autres moyens pour travailler
avec elle sur ces sujets-là.
110
Sur l’action santé proprement dite, je souhaite les rencontrer pour voir avec eux
comment on va cibler l’action SIDA, etc. Il y a beaucoup d’autres choses à faire sur ces
questions-là et on va retravailler avec eux pour améliorer cette prise en charge santé
pour ces publics qui, je le sais, sont un peu particuliers dans l’approche santé au sens
global de ce que cela peut représenter comme complexité pour eux.
Madame le Maire - Pour que l’on conclue là-dessus, je propose que l’on vote
les 1 000 € aujourd’hui, mais que Marie-Christine puisse, après avoir rencontré
l’association, nous dire si elle reste sur 1 000 € sur l’aspect santé.
Marie-Christine pourrait voir en même temps le sujet sur la lutte contre les
discriminations. Jérôme PIANEZZA n’est pas là, sa femme a le Covid, mais on peut se
rapprocher.
On en reparle et on regarde comment on peut les aider si effectivement l’action
que mène cette association que je connais bien est à la hauteur de ce qu’elle a toujours
fait jusqu’à présent.
On vote 1 000 € pour ne pas ne rien voter aujourd’hui, mais on revient vers vous
pour vous reparler à la fois de la délégation de Jérôme PIANEZZA et de celle de Marie-
Christine STANIEC sur « J’en suis, J’y reste ».
Madame STANIEC-WAVRANT - Exactement.
Par ailleurs, sur la question des problèmes psychologiques, la Ville de Lille s’est
impliquée depuis très longtemps sur cette question. Nous avons un contrat local de
santé mentale, nous sommes la première ville à l’avoir mis en place avec les hôpitaux
psychiatriques qui interviennent sur notre commune. Nous sommes d’ailleurs souvent
mis en exemple sur le travail qui est fait, dans le lien qui est fait entre les hôpitaux, les
professionnels de santé et les associations. Je vous rappelle d’ailleurs qu’il y a un
financement particulier, qui s’appelle Logipsy, qui est dans ces délibérations et qui
permet d’accompagner des personnes qui ont des problèmes à un moment donné pour
éviter qu’elles perdent leur logement – c’est un exemple. Des financements sont mis
pour un poste de psychologue dans les mairies de quartier et on va l’étendre à d’autres
quartiers dans la ville car on sait qu’il est plus facile d’aller dans la mairie de quartier et
d’évoquer un petit problème qui peut ensuite être pris en charge convenablement par
des professionnels.
Cette question de la psychologie est donc effectivement une de nos
thématiques. Je ne suis pas sûre que des bénévoles qui n’ont pas une formation sur ce
sujet soient la meilleure réponse à apporter au regard des problèmes identifiés
aujourd’hui, notamment après le Covid.
Madame le Maire - Je mets d’abord aux voix cette délibération, avec ce que j’ai
annoncé tout à l’heure et qui sera remis à l’ordre du jour pour « J’en suis, J’y reste ».
Qui vote la délibération 390 ? (Unanimité).
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN ne prend pas part au vote.)
Je vous remercie.
111
Nous passons à la délibération 394, sujet déjà traité, mais sur lequel vous avez
évidemment la parole.
Faustine BALMELLE.
HÉBERGEMENT D'URGENCE
20/394 - Hébergement d'urgence - Subventions destinées aux associations et
maraudes - Convention entre l'association CMAO et la Ville.
Madame BALMELLE - Merci.
Madame la Maire, chers collègues,
Notre groupe salue l’action des associations qui agissent auprès des plus
précaires et luttent contre le sans-abrisme et la misère dans notre ville. Essentielles à
l’accompagnement des habitants en situation difficile, elles pallient trop souvent
l’inaction de l’État avec des moyens insuffisants.
Nous soutiendrons sans réserve ces structures et les actions menées en faveur
des sans-abri, des précaires et des habitants les plus pauvres.
Pour rappel, 2 380 personnes sont déclarées à la rue, en campement ou en
squat au printemps 2019 sur la métropole. D’après les données de l’ADULM, 95 % des
appels au 115 sur la métropole concernent la zone de la commune de Lille.
Face à ce constat déjà difficile, la crise sanitaire a touché davantage les plus
précaires des habitants : difficulté à se confiner, à accéder à un abri, à l’eau potable ou
à de l’alimentation.
Pour notre groupe, il faut désormais faire plus. Dans un contexte où les besoins
sont en hausse, l’action municipale et le soutien aux associations doivent l’être aussi.
Si nous saluons le soutien financier de la Ville aux associations de solidarité,
nous souhaitons agir davantage. Vous l’avez compris, nous demandons d’accroître ce
soutien par une augmentation claire des subventions, de renforcer le réseau local
existant et de diversifier les partenaires de la commune – tant mieux, Madame l’adjointe,
si c’est le chemin pris comme vous l’avez évoqué tout à l’heure –, car il en va de vies
humaines et de notre responsabilité collective.
Vous allez peut-être nous répondre que ce n’est pas une compétence
obligatoire, que la Ville fait beaucoup, plus que d’autres. C’est vrai – vous remarquerez
ainsi notre bonne foi. Nous vous répondrons urgence sociale, dignité humaine et devoir
de solidarité.
Nous n’avons pas peur de l’affirmer, la pauvreté est politique. Un célèbre
homme politique disait « la pauvreté n’est pas naturelle, ce sont les hommes qui la
créent et la tolèrent, mais ce sont aussi les hommes qui la vaincront ».
C’est pourquoi nous croyons fermement à l’action collective et défendons un
autre modèle de société pour un meilleur partage des richesses et plus de justice
sociale.
112
Au-delà du soutien au réseau associatif, nous portons aussi l’idée
d’expérimenter le revenu universel dans notre ville. Ce revenu permettrait à un
échantillon de la population lilloise d’accéder aux besoins de base, de s’émanciper et
d’envisager la vie autrement que par la survie ou l’angoisse de la fin du mois.
Des communes l’ont mis en place ailleurs. C’est possible.
De plus, rien ne nous empêche d’imaginer des solutions nouvelles, et vous
l’avez rappelé tout à l’heure. Regardons à Rennes où promoteurs, commune et
associations d’entraide travaillent de concert pour loger les sans-abri dans des maisons
jusqu’alors inoccupées.
Pour conclure, nous voterons pour cette délibération et ainsi les subventions
proposées, en souhaitant vivement une réévaluation de celles-ci à l’avenir et en
encourageant à la mise en place d’une politique qui vise l’éradication pure et simple de
la pauvreté dans notre ville.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame SPILLEBOUT.
Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, chers collègues,
Nous avons montré ce soir, contrairement à vos déclarations, que, nous aussi,
nous aimons notre ville, que nous savons être positifs sur les actions qui avancent, mais
aussi, ne vous en déplaise, que nous sommes critiques sur une douzaine de
délibérations parmi les 139 qui passent ce soir en Conseil Municipal.
Nous représentons des Lillois qui, oui, n’ont pas voté pour vous et ne sont pas
satisfaits de votre politique. Je vous demande donc de respecter nos prises de position.
Si nous arrivons tardivement à la fin de ce Conseil Municipal, il me semble que
c’est plutôt lié à l’heure quarante-cinq de communications diverses en début de conseil
qu’à la qualité du débat ou à la longueur de nos interventions et de celles du groupe
Lille Verte.
Dans cette délibération 394, la Ville de Lille s’engage auprès d’associations qui
organisent des maraudes en période hivernale, période particulièrement difficile pour
les populations les plus fragiles, et qui accompagnent les Lillois pour s’abriter, se nourrir,
se soigner, être écoutés et accéder à leurs droits.
Bien entendu, le groupe Faire Respirer Lille votera cette délibération.
Lors de votre point presse de rentrée, Madame AUBRY, puis ce soir dans vos
communications, vous avez justement indiqué que la Ville est prête à accueillir des
jeunes migrants se trouvant sur l’île grecque où un incendie a ravagé un gigantesque
camp. C’est louable, mais, à l’occasion de cette délibération sur l’accueil d’urgence et
de vos annonces dans la presse, Madame AUBRY, je voudrais ce soir que,
collectivement, nous nous souvenions de l’évacuation du camp du 5 étoiles, un squat à
Moulins de quelque 200 migrants et réfugiés évacués le 4 juin 2019. Pendant plus d’un
an et demi, le 5 étoiles a défrayé la chronique, tant les conditions de survie étaient
113
précaires. Durant des mois, il n’y avait ainsi pas eu d’eau potable, ni de commodité
d’hygiène de base.
Ces événements ne nous ont tous pas laissés indifférents et on ne peut oublier,
quand vous indiquez vouloir accueillir des migrants à nouveau à Lille, que la Ville de
Lille n’a pas toujours engagé des actions suffisamment fortes à la hauteur de l’enjeu.
Les grandes métropoles françaises sont toutes confrontées depuis quelques
années à l’afflux de migrants et à la réapparition de bidonvilles et de squats. À Lille en
particulier, nous avons tous connu les nombreux campements sauvages au Vieux-Lille,
à Lille-Sud, à Hellemmes, à Fives, à Saint-Sauveur et les évacuations successives qui
déplacent le problème sans le régler.
Le sujet a, au fur et à mesure des années, été traité avec défiance par les
politiques qui se rejettent la balle, s’accusent les uns les autres soit de ne rien faire, soit
d’en faire trop. Il a souvent fait débat entre les élus de la majorité ici à Lille, comme de
l’opposition.
Des expérimentations ont été tentées, comme celle des villages d’insertion pour
les familles roms, avec un engagement fort à l’époque de la mairie de Lille et de Frédéric
MARCHAND en particulier, à l’époque Maire d’Hellemmes, ou Nicolas LEBAS, à
l’époque Maire de Faches-Thumesnil.
Mais, depuis cette époque, les situations sont restées identiques et ont empiré
sans inflexion majeure provoquée par l’action publique. Les associations, elles, sont
sans relâche restées investies auprès de tous les publics fragilisés.
Force est de constater que la situation s’aggrave et s’aggravera encore, que les
capacités d’hébergement sont insuffisantes en dépit des efforts de tous les
gouvernements successifs et en dépit des budgets multipliés par quatre en dix ans, qui
représentent aujourd’hui 2 Md€ pour l’hébergement d’urgence au sens large en France.
Rappelons aussi que, à Lille comme en France, toutes les personnes en
situation de vulnérabilité doivent être protégées. Nous devons porter une attention
particulière à ces personnes, quelle que soit leur nationalité ou leur origine. Personne –
nous le disons, personne – ne doit être stigmatisé et ne doit vivre dans une situation
indigne.
Pour nous, il est de la responsabilité de tous les Lillois de se sentir concerné et
de la Ville de Lille d’agir fortement.
Nous vous demandons donc, au-delà des annonces et des coups de
communication, de prendre des décisions rapides, durables, courageuses sur les
modalités d’accueil des demandeurs d’asile et des réfugiés dans notre ville.
Il y a urgence, Madame AUBRY, à mobiliser vos partenaires, notamment la MEL
et le Département, pour construire et signer au plus vite le contrat métropolitain d’accueil
et d’intégration des réfugiés, proposition que nous vous avions déjà faite en juin 2019,
il y a un an et demi.
114
Car enfin, mes chers collègues, notre métropole n’est-elle pas d’abord une
communauté humaine avant d’être une communauté urbaine ?
Je sais que les contacts avancent en ce sens avec la délégation
interministérielle à l’intégration et à l’accueil des réfugiés, mais Lille ne va quand même
pas être la dernière de la classe après une vingtaine de grandes villes qui ont déjà signé,
comme Nantes, Dijon, Rennes, Lyon ?
Lorsque, Madame AUBRY, vous avez appelé votre ami Jean-René LECERF
récemment au sujet de l’accueil des enfants de l’île de Lesbos, lui avez-vous aussi
demandé de déposer plainte, comme l’on fait d’autres présidents de Département en
France, contre les propos ignobles d’Éric ZEMMOUR sur les mineurs migrants isolés ?
Car, dans ces propos d’Éric ZEMMOUR, c’est non seulement leur dignité qui est remise
en cause, mais également le travail des services des Départements et de l’exceptionnel
tissu associatif.
Nous, Lillois, dans ce Conseil Municipal, ne pouvons pas tolérer de tels propos
qui portent atteinte à notre République.
Face à la détresse de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants, face aux
enjeux sanitaires et éducatifs criants, il n’est pas envisageable que Lille perde encore
des mois et des années avant de prendre ses responsabilités et sa part plus grande
dans ce qui devient une injustice insupportable dans toutes les grandes villes
françaises.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame SPILLEBOUT, quand on soutient un
gouvernement qui vient de faire ce qu’il a fait à Calais, qui vient d’envoyer des circulaires
sur les demandeurs d’asile qui n’ont jamais été aussi fermes pour refuser l’asile, voire
le statut de réfugié, on ne nous donne pas de leçon !
J’ai été celle qui s’est opposée seule à Monsieur SARKOZY lorsqu’il a fait le
discours de Grenoble contre les Roms. Je me suis battue pour qu’il y ait des terrains
d’insertion et des centres d’accueil des Roms qui soient de bonne qualité dans notre
ville. Monsieur LEBAS peut en témoigner puisque nous avons fait ces villages
d’insertion ensemble et il se rappelle combien cela a été difficile de passer cela à la
Métropole, Communauté urbaine à l’époque.
Et ainsi de suite… Je ne vais pas vous parler de l’accueil des réfugiés, nous
sommes les seuls dans la métropole à les accueillir. On ne va pas nous dire le contraire.
Quant au 5 étoiles, je vais laisser Marie-Christine intervenir. Là aussi, ou bien
vous ne connaissez pas, ou bien vous êtes de mauvaise foi !
Ce bâtiment appartenait au Conseil départemental. Nous sommes intervenus à
maintes reprises. Marie-Christine va en parler, c’est elle qui s’en est occupée et c’est
nous qui avons mis ensuite les toilettes, l’eau, etc., après l’avoir demandé à ceux qui
sont propriétaires car nous n’avions pas le droit de rentrer dans ce bâtiment.
115
C’est également nous qui avions dit au préfet que nous n’accepterions pas qu’il
y ait un démantèlement – mais ce n’était pas à nous de le demander, cela ne nous
appartenait pas – sans qu’il y ait des réponses réalisées. Cela n’a pas été fait, cela a
été des tables devant le 5 étoiles et on n’a pas fait de proposition. Croyez bien que j’ai
dit au préfet ce que j’en pensais. Je n’ai pas entendu d’autres hommes ou femmes
politiques faire et dire la même chose à ce moment-là !
Je le redis. Quand on soutient un gouvernement qui annonce aujourd’hui qu’il
va accueillir 500 enfants de l’île de Lesbos et qui n’a pas levé le petit doigt pour les faire
venir – ce que m’ont confirmé les hauts fonctionnaires qui s’en occupent –, on ne donne
pas de leçons !
C’est un combat de ma vie, à titre personnel comme à titre de Maire, et vous le
savez très bien.
Marie-Christine STANIEC.
Madame STANIEC-WAVRANT - Madame le Maire, je peux compléter sur le
local, logement social, qui était propriété de Partenord.
Effectivement, nous sommes intervenus à de multiples reprises parce qu’ils
avaient fermé le bâtiment et coupé l’eau. Nous avons été en contact très fréquemment,
toutes les semaines et tous les jours avec eux, pour que l’on puisse trouver une solution
pour remettre de l’eau parce qu’il n’y en avait pas et pour trouver une solution sur les
sanitaires. Il a fallu qu’il y ait un jugement pour que nous puissions intervenir sur ce
bâtiment, puisque nous ne pouvons pas intervenir dans un bâtiment quand ce n’est pas
notre propriété, et il a fallu qu’il y ait cette intervention judiciaire pour que nous puissions
intervenir pour déposer les sanitaires et l’accès à l’eau.
Par conséquent, là-dessus comme sur le reste, nous n’avons aucune leçon à
recevoir !
Je voudrais rappeler ici que vous évoquez un certain nombre de sujets de la
MEL et qu’il y a aujourd’hui encore dans la métropole un certain nombre de communes
qui refusent de créer des places d’hébergement. Certains avaient même accepté des
places d’hébergement et les ont supprimées, notamment un ancien maire, qui n’est plus
maire actuellement parce qu’il est ministre, a refusé et diminué les places
d’hébergement dans sa commune. Il y a beaucoup d’autres communes dans notre
métropole qui le refusent absolument.
Je rappelle que nous avons 40 % des places de la métropole alors que, comme
vous le savez, avec nos 230 000 habitants sur 1 200 000, nous ne représentons pas
40 %.
J’ai même un contact assez régulier avec le préfet BARNIER qui me demande
si je peux l’aider pour convaincre les villes qui ne veulent pas le faire ! Je dis : « Monsieur
le Préfet, c’est vous le préfet, c’est vous qui devez faire ce travail, ce n’est pas moi ».
Le préfet me dit : « je vous comprends, Madame ». Excusez-moi mais, si c’est votre
gouvernement, votre gouvernement pourrait imposer à ses représentants de porter ce
dossier !
116
Madame le Maire a évoqué Calais. Je n’ai toujours pas digéré que, sur Calais,
l’État ait interdit aux associations d’aller délivrer de l’alimentaire, disant que cela ne doit
être que sur un seul lieu. Cela me choque. Ici, dans notre ville, nous l’avons organisé et
nous continuons à l’organiser.
On parle de 2 200 sur la communauté urbaine et on dit que tout est à Lille. Or,
pendant le Covid, avec le Préfet BARNIER et à ma demande, nous avons avec les
associations mis à l’abri 800 personnes, dont 500 étaient sur Lille. Bien évidemment, il
a fallu négocier avec les autres communes la possibilité qu’ils acceptent que les hôtels
qui étaient sur leur commune accueillent des personnes. Là encore, nous avons fait le
travail.
Vos propos sont absolument scandaleux. Je suis extrêmement choquée de ce
que vous dites.
Je veux bien aller avec vous auprès du Président de la République et des
ministres concernés.
Madame le Maire - Et tu pourrais déjà voir les maires de Roubaix et de
Tourcoing.
Sur la lettre que j’ai reçue aujourd’hui de Monsieur BARNIER, le préfet pour
l’égalité des chances, il écrit à la main à la fin : « Je sais pouvoir une fois de plus compter
sur votre engagement en faveur des plus démunis et vous remercie de l’aide apportée
par la Ville de Lille lors des dernières veilles saisonnières ».
Parce que vos amis ont supprimé les postes chez eux, c’est nous qui les avons
reçus. Allez porter les leçons là où il y a les problèmes.
C’est le préfet qui le dit, ce n’est pas moi.
Nous votons la délibération 394.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Très bien. Merci.
Faustine BALMELLE, sur la 425.
117
Chemise 40
RELATIONS INTERNATIONALES Rapporteur : Jérôme PIANEZZA
ET EUROPÉENNES Conseiller Municipal délégué
20/425 - Relations internationales et européennes - Association SOS
Méditerranée - Aide humanitaire d'urgence en mer Méditerranée.
Madame le Maire - Jérôme PIANEZZA n’est pas là. Cela concerne SOS
Méditerranée, nous pouvons tout à fait répondre. C’est justement la suite du sujet que
l’on vient d’aborder.
Madame BALMELLE - Tout à fait. Je vais continuer à intervenir sur ce même
sujet.
Chers collègues,
Notre groupe Lille Verte salue la décision d’attribuer une subvention de 15 000 €
à SOS Méditerranée. Cette subvention intervient dans un contexte d’extrême urgence
pour des populations en grande vulnérabilité, aggravé par une crise mondiale de
l’accueil, indigne de notre devoir collectif de solidarité et d’entraide.
Dans un courrier en date du 17 septembre 2020, nous vous interpellions sur la
question de l’accueil des exilés dans notre ville et sur l’aide aux plus précaires. Nous le
redisons ici, nous soutiendrons toute initiative de la part de la Ville de Lille en faveur de
ces hommes, de ces femmes et de ces enfants en situation de grande détresse.
Nous vous rejoignons sur le fait qu’il faille une réponse pertinente et adaptée
aux différents besoins des publics. Cette réponse doit être multiple, sur le logement,
l’insertion sociale et professionnelle, la santé physique et mentale, la scolarisation des
enfants, comme vous le rappelez dans votre réponse du 7 octobre.
Lille, fidèle à sa tradition et à son histoire, se doit de rester une ville hospitalière.
Nous en parlions tout à l’heure, suite à l’incendie de Moria, nous soutiendrons
toute démarche qui visera à accueillir les mineurs isolés ayant subi cette catastrophe,
ainsi que toutes les personnes ayant vécu ces tragiques événements.
La Ville de Lille se doit d’ouvrir ses portes pour un accueil digne de celles et
ceux qui souffrent, sans entrer dans un jeu de posture entre collectivités locales qui se
renvoient la balle au détriment de notre humanité et de conditions de vie dignes pour
les personnes exilées.
Plus près de nous, dans notre commune, il est crucial que la Ville accompagne
plus fortement les personnes vivant dans des situations indignes ; nous venons d’en
parler, hier, les exilés des Olieux ou du 5 étoiles, aujourd’hui celles et ceux de Saint-
Sauveur ou des camps de la communauté rom.
L’épisode de l’absence d’eau potable chez ces derniers, en pleine canicule et
en pleine crise sanitaire, est resté douloureux.
118
Il est d’ailleurs crucial d’aborder ce soir l’expulsion hier de 70 personnes issues
de la communauté rom, dont des familles vivant au chemin de Napoléon à Hellemmes.
Cette décision nous interroge sur la méthode, où le parcours de relogement n’a pas été
préparé en amont avec les personnes concernées.
Monsieur le Maire de la commune associée d’Hellemmes, nous avons entendu
vos arguments. Les délits commis par une minorité de ces habitants sont du ressort de
la justice. Il est ici question de l’accès au logement des personnes exilées et de la dignité
humaine avant tout.
C’est le rôle du politique d’assurer ces droits fondamentaux, comme cela était
le cas auparavant sur cette même commune d’Hellemmes avec la création d’un village
d’insertion.
Des solutions pérennes sont possibles. C’est pourquoi nous demandons que
ces événements ne se reproduisent pas.
Il existe d’autres campements de même nature à Lille. Mobilisons l’ensemble
des acteurs municipaux, associatifs et de solidarité afin de trouver dès aujourd’hui des
solutions avec les concernés.
Enfin, comme évoqué dans notre premier courrier, au-delà d’une subvention
ponctuelle à une association – ici, SOS Méditerranée –, nous demandons l’adhésion de
la Ville de Lille à l’association nationale des villes accueillantes et des territoires
accueillants.
Dans votre réponse à notre interpellation, vous nous indiquez ne pas vouloir
signer la charte de cette association car – je cite – « elle induit un principe de subsidiarité
au détriment des villes si les autres collectivités ou l’État se montrent défaillants ».
Nous le disons clairement, nous préférons le principe de subsidiarité au principe
d’inhumanité qui laisse les personnes concernées sans abri et sans subvenir à leurs
besoins de base.
Vous souhaitez également la mise en place d’un contrat territorial d’accueil et
d’intégration des réfugiés, mais à l’échelle de la Métropole Européenne de Lille. Nous
compterons donc sur votre réactivité étant donné que plusieurs d’entre vous ici faites
partie de l’exécutif métropolitain dirigé par Damien CASTELAIN en tant que vice-
présidents ou vice-présidentes.
Dans l’attente, et afin de ne pas laisser ces personnes dans des conditions de
vie que nous ne pouvons tolérer, nous vous demandons de réagir urgemment. D’autres
communes, à l’image de Grande-Synthe, ont agi par d’autres solutions innovantes.
Parce qu’il en va de la garantie des besoins vitaux et parce que la Ville a les
moyens d’intervenir, garantissons à toutes et tous le minimum vital.
Je vous remercie.
119
Madame le Maire - Monsieur GHERBI, voulez-vous intervenir sur le chemin
Napoléon ?
Monsieur GHERBI - Oui. Merci, Madame le Maire.
Mes chers collègues, je profite de l’instant, puisque le chemin Napoléon a été
évoqué, pour reprendre les propos qui ont été dits avant-hier soir au conseil communal
d’Hellemmes. En effet, on essaye de faire croire que la situation des personnes
présentes sur le site n’a pas été prise en compte et, évidemment, ce n’est pas exact.
Pendant les mois qui ont précédé notre rencontre de ce soir, nous n’avons eu
de cesse, Monsieur le Maire de Lezennes, Didier DUFOUR, moi-même et les équipes
qui m’entourent, d’accompagner les riverains et toutes les personnes qui vivaient sur le
terrain.
Si vous ne connaissez pas bien cette partie d’Hellemmes qui n’est pas
forcément très connue, sachez que la route jouxte les catiches, qui sont des carrières
souterraines, et le terrain sur lequel les personnes habitaient et où les enfants jouaient
est parfois victime d’effondrements. C’est ce qui est arrivé il y a moins de trois ans et
qui a permis de découvrir que des chiroptères habitaient sur le site. Cela va participer,
je l’espère, à pouvoir requalifier un jour le site avec l’aide de la MEL en espace naturel,
puisque nous comptons bien y planter des arbres.
En attendant, toutes les personnes qui vivaient sur le site et en particulier les
enfants étaient particulièrement en danger à cause de la nature de ce terrain.
Par ailleurs, le bâtiment qui est sur la gauche appartenait à la Société des Eaux
du Nord et a été racheté par une société qui souhaite installer de l’activité économique.
Il y avait donc du passage constant de camions et d’engins pour pouvoir remettre à
niveau les bâtiments qui ont été laissés vides par la Société des Eaux du Nord.
J’ajoute, pour terminer ce tableau, que, puisque les terrains sont aussi cultivés
constamment, la présence d’engins agricoles rendait vraiment le site, au-delà du fait
qu’il n’est absolument pas accueillant, dangereux pour la sécurité des personnes qui
étaient présentes en permanence sur le site.
Nous ne nous connaissons pas bien, je le sais. Je tiens donc à préciser que j’ai
consacré une grande partie de ma carrière à aider les personnes qui rencontrent des
difficultés économiques et sociales. Evidemment, je n’ai jamais abandonné tous les
principes de respect de la personne humaine qui ont motivé mon début de carrière, je
tenais à le dire en préambule.
Nous avons entendu parler tout à l’heure de la période difficile de la canicule et
évidemment du confinement. Je tiens à dire que le Maire de Lezennes et moi-même
n’avons pas attendu cette période difficile pour contacter, non pas le préfet de police,
mais le préfet à l’égalité des chances, pour le rencontrer et lui proposer évidemment
toute notre aide. Vous n’êtes pas sans savoir que le préfet, même s’il a des moyens,
souhaitait exactement de la même manière que nous que les cas de chaque personne
et de chaque famille soient traités dans le plus grand respect et aussi en fonction de
leur volonté propre. En effet, comme nous l’avons entendu tout à l’heure, chaque
personne présente sur le site n’a pas forcément envie d’aller dans des solutions
120
pérennes. Vous n’êtes pas sans savoir que certaines personnes n’ont
malheureusement pas souhaité que l’on traite leur cas.
Comme je le disais tout à l’heure, sur le site d’Hellemmes, il y avait l’eau potable.
Je me suis inquiété, quand nous nous sommes trouvés confinés, de la situation sanitaire
sur le camp et de la santé des personnes présentes. Monsieur le Préfet, avec l’aide de
l’association La Sauvegarde, a mis en place un dispositif de médecins mobiles qui
passaient régulièrement sur le site pour avoir des éléments sur leur état de santé et
pour que les personnes soient prises en compte le plus rapidement possible.
Je terminerai sur ce qui s’est passé. Evidemment, l’acte final de tout cela se
termine par ce qu’on appelle à tort une expulsion et une destruction des cabanes dans
lesquelles vivaient les personnes, mais c’est uniquement à partir du moment où chaque
personne qui vivait là a trouvé une solution.
Je suis allé moi-même sur le site, j’ai d’ailleurs rencontré quelques-uns d’entre
vous et évidemment les salariés de La Sauvegarde et nous avons eu une discussion.
Je l’ai demandé une dernière fois devant témoins, devant des personnes qui sont ici
présentes et dans votre groupe. Ce n’est donc pas le maire d’Hellemmes ou un membre
de la majorité qui vous répond, c’est une personne salariée qui a travaillé sur le site qui
nous a répété le nombre de fois où ils avaient fait un diagnostic qui a été affiné et il nous
a dit en nous regardant dans les yeux qu’aucune personne n’était sans solution au
moment où nous avions les pieds sur le terrain.
Je précise que le site est désormais sécurisé pour éviter des nouvelles arrivées
car, évidemment, que des personnes vivent dans ces conditions, ce n’est ni l’alpha ni
l’oméga de l’insertion pour les personnes qui souhaitent rester ici.
En ce qui concerne la solidarité, Madame BALMELLE, je sais que cela vous
tient à cœur et vous savez aussi que cela fait partie de nos promesses de campagne.
Nous avons sur Hellemmes un projet de pension de famille qui permettra d’accueillir
des personnes qui rencontrent des difficultés ou qui sont en transition sur le logement.
Nous apportons notre part à la lutte contre la précarité sur nos territoires.
Je vous remercie de votre attention.
Madame le Maire - Je voudrais apporter une précision à ce qu’a très bien dit le
Maire d’Hellemmes. Nous avions fait le point hier, parce que nous sommes intervenus,
nous aussi, pour qu’il y ait des reclassements lorsque nous avons appris qu’il allait y
avoir ce démantèlement. Je vous donne les chiffres qui nous ont été donnés par le
Préfet BARNIER hier :
- 43 personnes présentes sur le site bénéficient de propositions
d’orientation et ont des solutions d’hébergement, soit vers des terrains
sas, des villages d’insertion ou des centres d’hébergement d’urgence ;
- 3 autres personnes sont aujourd’hui à l’hôtel parce qu’on ne leur a pas
trouvé une solution plus pérenne ;
- 9 personnes avaient par ailleurs quitté le terrain de manière anticipée ;
- et, comme l’a dit Franck GHERBI, 8 autres ont décliné les propositions qui
leur ont été faites.
121
Nous avons dit au Préfet BARNIER que nous continuions à suivre la situation –
Arnaud DESLANDES s’en est occupé – pour vérifier si certains reviennent. En tout cas,
pour l’instant, on a trois personnes qui le souhaitent et qui n’ont pas encore une solution
pérenne. Sachez que, comme les associations – et c’est d’abord elles qu’il faut saluer
–, nous sommes intervenus aussi pour que, avec tous les dangers qu’il y avait sur ce
site et que Franck GHERBI a rappelés, des solutions puissent être trouvées. Nous
allons continuer avec vous-mêmes et avec les associations à suivre cette question.
Je mets au vote les délibérations de Jérôme PIANEZZA.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Adoptée.
Merci.
LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS
20/423 - Délégation Lutte contre les discriminations - Subventions aux
associations - 3ème répartition.
Adoptée.
RELATIONS INTERNATIONALES ET EUROPÉENNES
20/424 - Fondation de Lille - Aide exceptionnelle d'urgence pour le Liban.
20/426 - Relations internationales et européennes - Subvention à diverses
structures.
20/427 - Relations internationales et européennes - Subvention à l'association
des étudiants de la licence CGPAD - Remboursement d'un trop perçu.
20/428 - Relations internationales et européennes - Appel à projets du
Ministère « Jeunesse VI » de l'Europe et des Affaires Etrangères
(MEAE) - Projet « Oh MY Good ! Mobility Youth Gastronomy Project ».
Adoptées.
Madame le Maire - Nous avons encore deux sujets : une motion sur la 5G, pour
laquelle je vais donner la parole à Akim OURAL, et une proposition de vœu de Lille
Verte « Faire face aux risques industriels et technologiques ».
Je passe d’abord la parole à Akim OURAL sur le moratoire sur la 5G.
On n’est peut-être pas obligé de tout redire, puisque chacun l’a lu.
122
20/430 - Moratoire sur la 5G.
Monsieur OURAL - Madame le Maire, merci de me donner la parole pour ce
texte qui a vocation à être un moratoire concernant la 5G.
Je rappelle, en 2018, le lancement de l’expérimentation par l’ARCEP en France,
qui s’est imposée à un certain nombre de territoires dont le territoire de la métropole de
Lille.
Vous savez notre engagement – cela a été répété à plusieurs reprises dans les
différentes délibérations précédentes – sur la sécurité sanitaire, la redondance
énergétique et les inégalités liées à la frugalité technologique.
Un certain nombre de questions se sont donc posées très rapidement avec
l’ANFR qui n’a pas donné de réponses satisfaisantes pour lever nos inquiétudes en la
matière.
C’est pourquoi, depuis 2019, Madame le Maire a décidé de donner
systématiquement des avis défavorables pour l’implantation d’antennes 5G. Malgré
cela, nous avons constaté récemment que les opérateurs n’ont pas suivi cet avis eu
égard à la charte qui nous liait jusqu’à récemment. Cela pose un problème.
Nous avons donc décidé de proposer ce moratoire sur la 5G.
Madame le Maire - Peut-être faut-il dire que, si on n’a pas pu le voir, c’est parce
qu’ils ont transformé des antennes existantes 4G en antennes 5G. Ce ne sont pas des
nouvelles antennes. C’est la raison pour laquelle on n’a pas pu voir que nos refus
n’étaient pas suivis d’effet, puisqu’il suffit de changer une carte dans une antenne sans
qu’on puisse le voir.
Nous avons là le tableau de tous les refus que nous avons faits sur ces
demandes d’implantation.
Monsieur OURAL - Techniquement, ce sont des antennes « test » qui avaient
été implantées pour tester des protocoles de mesures aux expositions de champ
électromagnétique et, vraisemblablement, des cartes électroniques ont été changées
pour les transformer en antennes 5G.
Cela pose effectivement un vrai problème de confiance sur lequel la Ville de
Lille a réagi avec force par la signature de Jacques RICHIR auprès d’Orange,
l’opérateur concerné.
Je vais vous lire en résumé le moratoire sur la 5G que proposent les élus du
groupe Lille en commun, durable et solidaire.
« Les élus du groupe Lille en commun, durable et solidaire agissent pour que
Lille soit une ville en mouvement, engagée dans la transition écologique, respectueuse
de la justice sociale et actrice d’un développement soutenable. Nous sommes
évidemment favorables au progrès dès lors qu’il a pour objet premier de servir l’intérêt
général et de permettre l’amélioration des conditions de vie de tous les citoyens.
123
S’agissant du déploiement de la technologie 5G, nous partageons les
inquiétudes exprimées dans la société française. Avant de pouvoir affirmer que la 5G
représente à coup sûr un progrès pour nos villes et leurs habitants, il nous semble que
plusieurs zones d’ombre, déjà soulignées auparavant dans le débat local et dans
l’enceinte du Conseil Municipal, doivent encore être éclaircies. Alors que le
Gouvernement a autorisé l’attribution des licences 5G, nous réaffirmons nos doutes
quant à :
- la santé publique,
- la dimension économique,
- la sobriété numérique,
- l’opportunité.
C’est au regard de ces considérations que le groupe Lille en commun, durable
et solidaire propose que la Ville de Lille sursoie sur son territoire à toute autorisation
d’implantation ou d’allumage d’antennes « test » liées à la technologie 5G. Ce moratoire
prendra effet au moins jusqu’à la publication du rapport attendu de l’ANSES en 2021.
Le groupe Lille en commun, durable et solidaire demande également que :
- la Métropole Européenne de Lille prenne une position similaire et interpelle
au titre de sa compétence l’ANFR, l’ARCEP et l’État pour que ces
institutions lui apportent des réponses claires et précises aux différentes
interrogations déjà formulées aux plans sanitaire, économique et
technique ;
- le seuil d’exposition acceptable fixé par l’OMS à 61 v/M. soit abaissé à 4
v/M. à l’échelle de la MEL, afin de montrer le haut niveau d’exigence de
notre territoire et d’offrir une réponse concrète aux inquiétudes légitimes
de nos concitoyens ;
- une extinction programmée et accompagnée de la 2G et de la 3G,
particulièrement énergivores et désormais réputées saturées, précède
tout éventuel déploiement d’une nouvelle technologie ;
- un grand débat métropolitain soit organisé sur ce sujet de société d’ici la
fin de l’année 2020, impliquant acteurs publics, privés, experts et
citoyens. »
Madame le Maire - Je propose que l’on fasse d’abord intervenir Nicolas LEBAS.
Ainsi, ensuite, Emmanuel CAU pourra présenter les amendements de Lille Verte. Ce
sera plus facile de le faire dans ce sens-là.
Nicolas LEBAS.
Monsieur LEBAS - Volontiers, Madame le Maire.
Madame le Maire, chers collègues,
Vous nous soumettez ce soir en fin de séance une motion qui vise à surseoir à
l’implantation d’antennes de téléphonie mobile, liée à la fameuse technologie 5G sur le
territoire de Lille, de Lomme et d’Hellemmes. Vous justifiez cela en exprimant vos
inquiétudes et vos doutes sur cette technologie en matière de santé publique, d’intérêt
économique et d’opportunité numérique.
124
Eh bien, je veux vous dire, Madame le Maire, à quel point les membres du
groupe Faire Respirer Lille ont été absolument estomaqués par la légèreté de cette
démarche et la pauvreté de l’argumentation développée pour la servir.
Heureusement d’ailleurs que cette motion précise en préambule que ses
auteurs sont évidemment favorables au progrès, car la suite permet sérieusement d’en
douter, tant les arguments servis sont dénués de sérieux, de rigueur et d’analyse.
Nous sommes ici au Conseil Municipal de Lille, mes chers collègues, et nous
devons prendre nos décisions avec intégrité et sérieux au terme d’une analyse la plus
rigoureuse possible.
Car enfin, n’y a-t-il pas suffisamment d’ingénieurs, d’universitaires et de
chercheurs pour nous éclairer ? Nous disposons d’une des meilleures universités
publiques du pays, de laboratoires remarquables, d’écoles d’ingénieurs prestigieuses
et on se laisse aller à la facilité d’une médiocre motion exprimant sa défiance à l’égard
d’une technologie déjà largement déployée de par le monde, sans même prendre la
peine de remettre un minimum de rigueur scientifique dans le débat.
Nous savons, mes chers collègues, que le principe de précaution a désormais
valeur constitutionnelle, mais ce que vous nous proposez avec cette motion, c’est le
dévoiement de ce principe. Ce que vous nous proposez, et prenez-y garde, c’est la
tyrannie du principe de précaution. En flattant les peurs collectives sans chercher à y
apporter des réponses structurées et argumentées permettant aux élus de faire en
conscience un choix éclairé, il nous semble que nous manquons à notre devoir à l’égard
des Lilloises et des Lillois qui ne verront en leur Conseil Municipal qu’une assemblée de
mièvres qui préfèrent ouvrir des parapluies plutôt que de prendre leur responsabilité
face à la science et face à l’histoire.
Alors oui, il y a un débat sur la 5G, mais cessons de faire croire que nous en
serions les arbitres.
Face aux arguments des craintifs, nous pourrions opposer les éléments de
langage séduisants que les opérateurs diffusent obligeamment aux relais d’opinion,
mais est-ce que cela nous ferait progresser ?
Vous évoquez l’argument de la santé publique, évidemment essentielle à nos
yeux, mais la vérité oblige à dire qu’aucune étude n’a mis en évidence d’effets nocifs
sur la santé des personnes exposées à cette technologie dans son usage courant.
Vous développez également l’argument de la transition écologique. Or,
justement, le numérique sera un levier majeur de la transition écologique et la 5G, si
l’on prend en compte l’ensemble de ses potentiels, peut en permettre l’accélération.
Au regard des propositions de la convention citoyenne pour le climat, le
Président de la République s’est d’ailleurs engagé à ce que la 5G soit déployée en
pleine transparence avec, à chaque étape, toutes les garanties environnementales et
sanitaires.
125
Notre groupe, mes chers collègues, assume donc qu’il est favorable aux
perspectives ouvertes par cette technologie, qu’il s’agisse du développement des objets
connectés, de la télémédecine, des opportunités d’innovation, qu’elles soient
pédagogiques pour les industries créatives ou pour les villes intelligentes, plus sobres
demain par un meilleur pilotage de leurs ressources.
Comme nous assumons aussi que nous ne sommes pas favorables à la
mobilisation de cette technologie pour des usages dévoyés créant une
surconsommation numérique et une hyper inflation de datas qui ne serait ni utile, ni
maîtrisée.
Car, au fond, la vraie question est là. Ce qui est en cause, ce n’est pas la
technologie, le tuyau, mais bien plus ce que l’on met dedans, les usages qui méritent,
eux, assurément qu’on les encadre et qu’on les régule. Cette question mérite d’ailleurs
d’être approfondie avec ou sans 5G.
Pour passionnant qu’il soit, ce débat n’a pourtant pas vocation à être tranché ici
en fin de séance, à la table du Conseil Municipal de Lille, mais sans doute, en particulier
en tout cas, sur les bancs du Parlement. Nous disposons aussi à Lille d’excellents
parlementaires qui sauront le faire le moment venu.
Vous auriez pu également proposer une conférence de consensus avec nos
concitoyens, nos chercheurs, nos ingénieurs et nos universitaires pour examiner les
usages et les conditions de déploiement que notre territoire souhaiterait favoriser.
J’en viens, parce que vous êtes nombreux ici à siéger aussi à la Métropole, à la
seconde partie de votre motion qui ambitionne ni plus ni moins d’étendre à toute la
métropole européenne de Lille vos desseins réfractaires.
J’ignore d’ailleurs si cela fait partie de l’étrange accord majoritaire que vous
avez passé avec Damien CASTELAIN, mais nous avons quelques raisons de frémir.
Car enfin, les Métropoles comme Lille sont en compétition à l’échelle européenne. Qui
s’intéressera demain à un territoire qui se tiendrait à l’écart refusant, uniquement sur
des doutes et des inquiétudes, une technologie éprouvée ? Quels entrepreneurs
viendront investir leurs capitaux dans une métropole jadis ambitieuse et qui marquerait
ainsi une défiance irrationnelle à l’égard d’évolutions technologiques partout ailleurs
acceptées et maîtrisées ? Quelle agence européenne s’efforcerait de convaincre ses
agents de rejoindre Lille, si les élus du territoire eux-mêmes semblent s’effrayer quand
il faudrait plutôt savoir analyser, réfléchir et éclairer les choix publics de manière
cartésienne ? Quel message voulez-vous envoyer à nos chercheurs de l’institut Pasteur
– sur lesquels vous avez d’ailleurs été bien muette malgré leurs avancées récentes –,
à nos ingénieurs d’Eurasanté, à nos futures pépites, à nos petits génies
d’EuraTechnogies ou de la Plaine images si, demain, ils ne disposent pas avant les
autres de l’accès aux technologies les plus avancées pour mener à bien leurs travaux ?
Avez-vous renoncé à conjuguer attractivité et développement durable de notre
métropole ?
J’en viens à notre explication de vote.
126
Vous l’aurez compris, je crois, nous ne voterons pas cette motion, pour toutes
les raisons que je viens de développer, mais aussi pour dénoncer le caractère vain de
cette démarche, car ce moratoire, mes chers collègues, ne sera opposable
juridiquement à personne.
Madame le Maire, vous qui vous targuez parfois imprudemment d’être magistrat
au Conseil d’État, vous le savez pertinemment et vous faites semblant de l’ignorer. Cette
motion n’est en somme qu’une gesticulation de plus et vous le savez très bien puisque,
vous l’avez dit vous-même, vous n’avez pas su empêcher les expérimentations qui ont
d’ores et déjà débuté à Lille depuis de nombreux mois. Cela aussi, vous le savez et, de
bonne foi, vous ne pourrez le contester.
Il y a dans les rangs mêmes de votre majorité de brillants esprits qui devraient
saisir ce soir la gravité de l’instant. Je les invite à réfléchir, à refuser de joindre leur voix
au murmure des peurs sourdes et irrationnelles simplement par réflexe ou par discipline
majoritaire.
Je vous invite tous à écouter Etienne KLEIN, le philosophe des sciences, auteur
d’un ouvrage qui s’intitule « Le goût du vrai », que m’a obligeamment prêté mon ami
Bernard CHARLES.
Que nous dit Etienne KLEIN ?
« La philosophie des lumières défendait l’idée que la souveraineté d’un peuple
libre se heurte à une limite, celle de la vérité, sur laquelle elle ne saurait avoir de prise.
Les vérités scientifiques, en particulier, ne relèvent pas d’un vote. La crise sanitaire
toutefois a montré avec éclat que nous n’avons guère retenu la leçon, révélant
l’ambivalence de notre rapport à la science et le peu de crédit que nous accordons à la
rationalité. Lorsque, d’un côté, l’inculture prend le pouvoir et que, de l’autre, l’argument
d’autorité écrase tout sur son passage, lorsque la crédibilité de la recherche ploie sous
la force de l’événement et de l’opinion, comment garder le goût du vrai, celui de
découvrir, d’apprendre et de comprendre ? »
Je vous laisse songer à ces propos d’Etienne KLEIN.
J’en termine, chers collègues, en vous disant que, ce soir, la ligne de partage
entre nous ne dessine ni la droite, ni la gauche, mais elle permettra aux Lilloises et aux
Lillois, à l’heure du vote, de discerner clairement qui parmi nous incarne véritablement
le camp du progrès.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Sur la forme, je veux juste vous dire, Monsieur l’ex-Maire
de Faches-Thumesnil, que, ici à Lille, nous prenons les motions en fin de Conseil
Municipal.
Nous sommes fiers de cette motion, parce que nous sommes un peu Amish,
vous savez comment nous sommes, des ringards, et nous aurions préféré le dire au
début.
127
Je vous ai entendu parler du principe tyrannique de précaution. Est-ce en ce
nom de principe de précaution que les néonicotinoïdes reviennent, portés par votre
gouvernement ?
Monsieur LEBAS - Répondez-moi.
Madame le Maire - On va bien évidemment vous répondre, mais, là, je voulais
vous répondre à côté.
On va vous répondre, y compris quand vous dites qu’une telle motion n’a aucun
effet. Mais si, bien sûr, quand nous refusons un dossier, et nous en avons là tout un
aspect.
Effectivement, Orange a utilisé des 4G pour « planquer » des 5G.
L’expérimentation a été votée par une loi et, aujourd’hui, l’expérimentation est terminée.
Le sujet est donc de savoir si la Ville de Lille va accepter les prochains dossiers qui
nous seront déposés. Eh bien, c’est non.
Ce moratoire que nous disons haut et fort en attendant les études
complémentaires et notamment celle de l’ANSES a donc un effet. Nous allons continuer
à refuser et, comme il n’y a plus de période d’expérimentation, ils ne pourront pas faire.
Par conséquent, si vous connaissez la question, Monsieur LEBAS, cette décision aura
effectivement des effets car la période d’expérimentation est terminée.
Nous avons écrit à Orange ce que nous pensions de la façon dont ils avaient
utilisé des anciens équipements contre notre avis et, oui, le Maire a un rôle en la matière.
Vous devriez d’ailleurs le savoir.
Je vous propose, avant qu’Akim réponde sur le fond sur les différents sujets, de
donner la parole à Emmanuel CAU.
Monsieur CAU - Merci, Madame le Maire.
Excusez-moi, j’ai besoin de quelques secondes pour me remettre des
qualificatifs entendus. Ma première phrase est « nous tenons à saluer cette motion »,
mais quand j’entends qu’elle est tyrannique, médiocre, gesticulatrice, j’essaye de
reprendre un peu mes esprits.
En tout cas, on la soutient. Les Amis de nos Amish sont nos amis.
Trêve de plaisanterie…
Il s’agit en effet d’une technologie aux impacts environnementaux et sanitaires
incertains, très peu ou très insuffisamment documentée, ainsi qu’à la nécessité
discutable. La preuve… C’est d’ailleurs le sens du premier amendement que nous vous
soumettons.
Au-delà des différents impacts que vous soulignez dans la motion, il est crucial
d’aborder les questions sociétales que soulève la technologie 5G. Trop souvent, le choix
technologique est fait avant le choix de société. Les promoteurs de cette nouvelle
génération la présentent comme une évolution logique, voire naturelle, une forme de
128
Darwinisme électronique, comme un progrès technique dont les bienfaits sont évidents
et ne mériteraient pas de discussion.
Il nous faut vraiment éviter ces écueils, ces poncifs, comme arguer de l’éternel
retard de la France par rapport à ses concurrents étrangers qui est une injonction à
s’adapter au monde tel qu’il est, tel que certains le veulent et pas au monde tel que nous
le souhaitons.
La 5G est indispensable pour l’industrie, entend-on aussi, et elle permettra de
relocaliser l’activité. Tous ces poncifs laisseraient surtout à penser que les tenants de
ces poncifs décideraient définitivement que nous n’aurions plus de choix politiques à
faire, que seuls les choix technologiques nous gouverneraient, alors que tout cela doit
relever de choix politiques et non techniques (les faire dépendre uniquement de la
présence d’un réseau mobile, d’une bande passante) et faire preuve de déterminisme
technologique. Toute technologie est en soi un sujet de société car elle incarne la
concrétisation ou la validation matérielle d’une volonté, d’un horizon ou d’un corpus
politique et culturel. Ce choix ne peut être dicté par les entreprises du secteur des
télécommunications ou de leurs supporters.
Récemment d’ailleurs, Sébastien SORIANO, président de l’ARCEP, qui est
l’autorité de régulation, déclarait que ce sont les consortiums qui animent les agendas
de manière informelle et qu’il est temps que la politique ait son mot à dire.
S’agissant de la situation locale, au vu des enjeux que pose cette technologie,
nous aurions souhaité dans cette motion une plus grande précision technique sur le
moratoire quant à la demande de convention d’occupation du domaine public, de
déclaration de travaux sur le patrimoine municipal et de propositions de contrats de
location qui visent à l’installation ou l’allumage d’antennes 5G.
C’est le but de notre amendement n° 2. Il faut vraiment envoyer un message
fort au consortium, ainsi qu’à l’État. Eh oui, même lorsque quelques grandes villes se
mettent à soutenir ce genre de motion, en faisant de la politique, on peut changer les
choses.
Nous demandons également de ne pas caler le moratoire sur le calendrier du
rapport de l’ANSES. Sans en nier son importance, il ne faudrait pas donner à penser ou
donner à agir que nous ne traiterions le sujet que sous l’angle sanitaire.
La question sociétale soulevée précédemment doit être vraiment instruite et
répondue par les habitants et les acteurs du territoire. La demande d’un débat
métropolitain est louable, mais nous sommes aussi convaincus que la Ville de Lille doit
et peut elle-même impulser un débat sur son territoire.
C’est la raison pour laquelle nous proposons un troisième amendement afin que
la Ville organise elle aussi une telle concertation, sans remettre cette mission à la MEL
seulement.
Concomitamment, nous souhaitions également que la MEL reprenne le travail
et ses réflexions sur la charte métropolitaine des antennes relais. C’est l’objet de notre
quatrième amendement.
129
Enfin, plutôt qu’évoquer le goût du vrai, je préfère évoquer le goût des autres et
pas seulement celui de quelques patrons de Telecom.
Madame le Maire - Monsieur OURAL.
Monsieur OURAL - Sur les amendements, je dirai que le débat que la MEL va,
j’imagine, lancer notamment dans le cadre de la refonte de la charte pour 2021, la charte
des antennes relais, qui lie les territoires aux opérateurs dans le cadre de l’exigence de
la concertation, va permettre d’identifier les usages, les objectifs sociétaux qui doivent
être les nôtres dans l’innovation technologique qui peut être celle qui s’adresse à nous
aujourd’hui, mais avec des objectifs de progrès. Cela a été dit dans cette motion-
moratoire si importante pour nous.
Sur le deuxième amendement, sur la question du rapport de l’ANSES et notre
travail sur la charte, je crois honnêtement qu’aujourd’hui, on va redéfinir avec la charte
la question de la concertation et donc définir aussi notre procédure réglementaire entre
le rôle de la MEL, le rôle des villes en la matière, notamment en matière d’urbanisme.
Je pense que ce travail sera mené au travers de la refonte de la charte.
Sur le troisième élément, la publication de l’ANSES, je crois que le principe de
précaution est juste au moment où nous discutons du sujet de la 5G – et je l’ai répété à
plusieurs reprises au niveau local et national dans la presse –, le principe de précaution
est réel puisque le rapport de l’ANSES ne sera publié qu’en 2021. Pour nous, le moment
du dépôt du rapport de l’ANSES est fondamental puisqu’il va définir les éléments de
dangerosité ou non de cette technologie et, en tout cas, la maîtrise au travers de
l’équipement 5G dans nos territoires. Par conséquent, j’en fais, si vous le voulez bien,
un moment important du débat qui est le nôtre.
Enfin, vous avez évoqué à plusieurs reprises la refonte de la charte. C’est bien
sûr un débat que nous devons lancer, avec des débats locaux dans les territoires, mais
aussi au niveau métropolitain, débat qui nous permettra de moderniser notre approche
autour de la question des antennes relais, de leur utilité et surtout des usages qui
répondront aux enjeux et aux défis qui sont devant nous.
J’en profite, Madame le Maire, pour rappeler que la première charte des
antennes relais a été écrite, signée, travaillée avec Danielle POLIAUTRE, pour qui nous
avons une pensée à l’instant.
Pour moi, les quatre amendements sont intégrés dans cette motion qui, d’une
certaine manière, les rappelle en filigrane.
Je vais maintenant répondre à Monsieur LEBAS.
Honnêtement, je suis plutôt passionné des technologies et je crois qu’on me
reconnaît sur ce point, même si je suis un peu un geek à la retraite, peut-être un peu
Amish.
Qui sait aujourd’hui quels sont les comportements des réseaux 5G quand ils
sont sollicités de manière massive ?
130
Je vous rappelle que la 5G n’est pas la 4G. La 4G est un champ
électromagnétique permanent. La 5G intervient au moment où on l’utilise, c’est une
sorte d’arc électromagnétique. Avec la 4G, il y a une saturation. Est-ce que, avec la 5G,
on aura une saturation et, de fait, un arrêt de la puissance émettrice ? C’est un vrai
sujet. Je n’ai pas de réponse à cette question malgré mes demandes à l’ANFR.
Sur la stratégie de l’État sur la redondance énergétique, nous demandons
d’accompagner la fin de la 3G là où c’est possible, c’est-à-dire là où la 4G est disponible,
pour permettre de réduire la facture énergétique de ces technologies. Je vous rappelle
que l’on est sur 10 pour 1 en termes de consommation électrique d’une technologie à
l’autre.
Enfin, la question du coût, du coût en termes de données, donc d’empreinte
carbone dans notre société, mais aussi du coût pour les citoyens en termes de
rééquipement, est un vrai sujet. On sait bien que les usages se font en fonction de la
dernière technologie.
Pour terminer, je poserai une question que personne ne pose, c’est la question
de la sécurité informatique autour des objets connectés qui seront pilotés par la 5G. Là
encore, nous n’avons pas de réponse sur cette question.
Je veux bien être médiocre ou recevoir je ne sais quelle attaque personnelle,
mais le problème, c’est que je crois connaître un peu ces sujets pour en avoir rédigé un
certain nombre de critères au niveau national.
Madame le Maire - Nous allons d’abord voter sur les amendements.
Emmanuel, voulez-vous les reprendre rapidement ?
Monsieur CAU - Vous êtes globalement d’accord, mais ils sont en filigrane. Je
vous propose donc de les rendre plus visibles.
Sur le rapport de l’ANSES, on dit la même chose que vous. C’est un élément
important du débat, mais on ne doit pas donner à penser qu’on va se caler sur ce
calendrier-là. En effet, il n’y a pas qu’un impact sanitaire de cette technologie, il y a un
impact environnemental et sociétal. Je propose juste de gommer l’aspect calendaire.
Madame le Maire - Ce n’est que l’aspect santé. On n’a pas écrit que, dès qu’on
aurait le rapport ANSES, on changerait d’avis. On a dit que c’était important d’avoir le
rapport ANSES sur la partie santé.
Madame LINKENHELD - Le texte dit que ce moratoire prendra effet au moins
jusqu’à la publication. Il n’est pas écrit qu’il prend fin à la publication. C’est un élément
central, on est bien d’accord là-dessus, parce que cela porte sur les éléments sanitaires
et que, dans la question de précaution – n’en déplaise à Nicolas LEBAS –, il y a quand
même la question de la précaution sanitaire, mais ce n’est pas le seul élément, il est
central, mais il n’est pas unique. C’est pourquoi on a écrit « au moins », on n’a pas dit
que cela s’arrêtait avec la publication du rapport de l’ANSES. Quand bien même le
rapport de l’ANSES indiquerait que, finalement, c’est moins dangereux que ce que
certains pensent, il reste encore les questions de sobriété numérique, les questions de
131
coût économique, les questions de choix de société et la manière dont on envisage le
progrès dans un monde qui va vers la transition sociale, écologique et démocratique.
Monsieur CAU - Pour le moins, dans les doutes, on pourrait rajouter notre
premier amendement qui a trait au choix de société effectué.
Madame LINKENHELD - « le déploiement de la 5G n’a pour nous de sens que
s’il sert en priorité l’exercice de missions d’intérêt général (santé, éducation, meilleur
accès à des services publics et privés essentiels…) avant les intérêts privés d’acteurs
industriels et tertiaires nationaux et internationaux ». Je pense que l’on peut difficilement
être plus clair sur ce qu’on entend par progrès et choix de société.
Monsieur CAU - Si on est d’accord et que c’est en filigrane, vous pouvez le
rajouter.
Madame LINKENHELD - Je comprends la volonté de déposer des
amendements pour marquer une position politique, mais ce que vous proposez est dans
ce qui est écrit et, en termes de méthode – Madame le Maire vous l’a rappelé en début
de discussion – par rapport aux implantations d’antennes, c’est non seulement ce que
nous pratiquons, mais ce que nous avons encore rappelé par écrit au président
d’Orange pour nous insurger qu’il n’ait pas respecté la charte sur les antennes mobiles
et les avis défavorables de la Ville. 37 avis défavorables, 37 fois où on s’est assis sur
les avis défavorables de la ville ! Ce n’est pas possible, cela ne durera pas. On va
attendre la réponse d’Orange, mais, s’il faut en tirer les conséquences, y compris sur ce
qu’implique une charte que l’on signe avec des opérateurs, on le fera.
Monsieur CAU - Je résume. Vous considérez avoir tout dit et nous considérons
que c’est un peu plus précis avec nos formulations. Si vous êtes d’accord sur le sens,
je ne vois ce qui gêne à intégrer ces formulations.
Madame le Maire - On ne va pas se dire cela sur les cinq amendements. On
considère que les cinq amendements sont intégrés dans cette motion. Je comprends
que vous souhaitiez faire des amendements, mais on a travaillé ce texte, on a bien
réfléchi, on ne va pas parler des heures sur chacun des amendements.
S’il y avait de vrais désaccords, je comprendrais, mais ce n’est pas le cas.
Monsieur BALY - Je reviens sur l’amendement n° 2 et l’écriture du vœu tel qu’il
nous a été soumis – je laisserai le groupe Faire Respirer Lille s’exprimer, mais on a
finalement entendu leur position. « C’est au regard de ces considérations que le groupe
Lille en commun, durable et solidaire propose… ». Si on se retrouve sur une critique de
la 5G et la défense d’un moratoire, on ne peut pas adopter formellement un vœu dans
lequel il y a le groupe. Il faut écrire « le Conseil Municipal réuni… ».
Madame le Maire - Là, on est complètement d’accord.
Quand vous déposiez un vœu, vous écriviez « le groupe Europe Ecologie Les
Verts » et, si on rentrait dans ce vœu, on écrivait « la Ville de Lille ». Si vous nous dites
votre volonté de rentrer dans ce vœu, on supprime « le groupe Lille en commun, durable
et solidaire » et on écrit « la Ville de Lille ».
132
Monsieur BALY - C’était le sens de l’amendement proposé.
Par ailleurs, j’ai écouté attentivement l’intervention de notre collègue Akim
OURAL. Sur la question de la charte des antennes, je pense que l’on peut considérer
que c’est intégré, que le débat est la déclinaison lilloise du débat métropolitain.
Permettez-moi quand même d’insister de telle façon que ce soit aussi un
message. J’entends toutes les difficultés de dialogue qu’il peut y avoir avec les
opérateurs. Néanmoins, on a quand même la possibilité de refuser l’implantation
d’antennes sur le patrimoine municipal. C’est ce qui fait différence ou permet de préciser
les choses, c’est bien une expression politique qui permet d’envoyer un message ferme
auprès des opérateurs qui seraient intéressés pour venir sur le territoire lillois.
Madame le Maire - Audrey.
Madame LINKENHELD - Comme j’incarne ici le développement soutenable,
n’en déplaise à certains, je me permets d’intervenir.
Nous sommes évidemment parfaitement en phase avec Akim et avec Jacques
RICHIR, je le précise, parce qu’il est largement concerné quant à l’occupation du
domaine public.
Sur ce qui est dans l’amendement n° 2 et les conséquences que vous pensez
être celles du moratoire, je pense que vous faites une petite erreur d’analyse.
Aujourd’hui, sans même ce moratoire, c’est déjà ce que nous pratiquons. Nous avons
d’ores et déjà 37 fois émis un avis défavorable sur les demandes de modification qui
nous étaient déposées, en l’occurrence par un seul opérateur, pour modifier en 5G des
antennes supposément en 3G ou 4G, comme le permettait l’expérimentation en cours.
Cela n’a pas de rapport direct avec le moratoire, c’est déjà ce que nous avons pratiqué.
Il se trouve qu’ils se sont assis dessus.
En l’occurrence, nous avons reçu exactement 35 fois un dossier d’information
mairie, nous avons 35 fois dit non. Pour deux modifications, ils n’ont même pas pris la
peine – ou cela s’est perdu en cours de route – de faire un dossier d’information mairie.
Pour les dossiers qui nécessitaient, en plus du dossier d’information mairie dans le
respect de la loi Abeille, une autorisation de travaux parce que, dans certains cas, ces
modifications entraînaient aussi des changements esthétiques ou autres qui
renvoyaient au code de l’urbanisme, nous avons eu cinq demandes d’autorisation de
travaux. Il se trouve que, dans trois d’entre elles, l’opérateur a omis de préciser qu’il
s’agissait d’une 5G ; les services instructeurs, ne sachant pas que l’on était face à une
5G, ont autorisé ces demandes de modification – puisque rien ne s’y opposait par
ailleurs au titre de l’urbanisme – et les ont refusées dans tous les cas où la 5G était
mentionnée.
C’est donc ce que nous avons déjà pratiqué. C’est la raison pour laquelle ce
n’est pas écrit noir sur blanc, mais il ne nous semble pas utile de le redire et, encore
une fois, nous ne changerons pas cette pratique. Que l’expérimentation soit terminée et
que les attributions de licences 5G aient été faites ou non, cela ne change pas la
manière dont nous considérons aujourd’hui les choses. Par conséquent, Madame le
133
Maire l’a dit, tout dossier d’information mairie qui portera clairement sur la 5G sera
refusé par la mairie.
Pour ce qui est des autorisations de travaux, on fera la même chose, dans un
contexte juridique qui est un peu différent, mais, en tout cas, sur les dossiers
d’information mairie, c’est clair et net.
Pour ce qui est du débat, je pense qu’Akim OURAL a clairement indiqué – il est
assez bien placé dans ses fonctions métropolitaines pour le faire – que nous
demanderons un débat métropolitain et nous souhaitons que ce soit un débat
métropolitain.
Franchement, si on est d’accord pour dire que c’est un débat de société, un
sujet de société, je pense que la Métropole – vous êtes les premiers à vanter les mérites
de la Métropole sur plein de sujets – est le bon niveau pour avoir ce débat. C’est aussi
le bon niveau pour le développement économique. Je pense que l’on peut parfaitement
faire en sorte que les citoyens lillois soient partie prenante d’un débat mais qui
s’organise à l’échelle métropolitaine.
C’est la raison pour laquelle, modulo le fait que, si vous acceptez de voter avec
nous cette motion, on dira évidemment que c’est la motion des élus des deux groupes
ou des trois groupes si Faire Respirer Lille est enfin convaincu que nous ne sommes
pas de vilains Amish, modulo ce détail, il nous semblait très sincèrement que les
amendements n’apportaient rien de plus par rapport à ce que nous allions écrire ou à
une ou deux nuances qu’il ne nous semblait pas nécessaire de retenir.
Madame le Maire - Que faites-vous, Stéphane BALY ?
Il est plus de 11 heures et demie…
Monsieur BALY - L’heure est avancée, mais, une fois que la nuit est entamée,
finalement, on peut y passer du temps.
(Rires)
Je reviens sur l’amendement.
Sur le fait de demander à la MEL de relancer un travail sur la charte
métropolitaine, j’ai entendu la réponse d’Akim OURAL, je considère que le vœu qui
serait adopté ce soir l’intègre.
Sur la nuance de lecture que l’on peut avoir sur le rapport de l’ANSES, disant
que ce n’est pas la fin, mais que c’est un point de passage, on l’entend.
Néanmoins, sur la carte des antennes 5G à Lille, aucune n’est installée
aujourd’hui sur du patrimoine municipal. C’est là que je fais la différence. Je comprends
tout à fait qu’il y a une notification d’information liée à l’installation d’une antenne, d’un
équipement sur le territoire lillois, mais avoir l’installation d’un équipement sur le
territoire lillois, chez un bailleur, un syndic, généralement des points hauts, est quand
même notoirement différent de la possibilité d’intervenir sur du patrimoine municipal.
C’est là une nuance.
134
Madame LINKENHELD - C’est évident, puisqu’on est contre.
Monsieur BALY - Non, parce qu’on peut être contre… C’est ce qui s’est passé
il y a quelques semaines à Fives sur l’installation d’une antenne 4G.
Madame LINKENHELD - À travers ce moratoire, nous sommes contre
l’installation d’antennes 5G, nous l’avons déjà été 37 fois précédemment. Nous avons
écrit en ce sens au président d’Orange. Dans ce même courrier, que nous tenons
évidemment à votre disposition, nous lui avions rappelé également notre
mécontentement quant à ce début d’installation sur du patrimoine cultuel de la ville de
Lille qui, là aussi, s’était fait sans notre autorisation puisque nous n’avions pas signé de
convention d’occupation du lieu public. Il va évidemment de soi que le premier endroit
où on refuserait des installations d’antenne 5G est sur le patrimoine municipal – il faut
quand même arrêter d’ergoter. Je dirai que c’est la partie facile.
La partie la plus difficile, c’est lorsque ce sera sur du patrimoine privé. Là, il nous
faudra trouver les voies et les moyens de s’y opposer de la meilleure manière possible.
On peut le faire à travers un dossier d’information mairie, mais on a bien vu à travers
les 37 exemples qu’il faudra un peu de vigilance citoyenne et municipale. Ce n’est pas
évident quand il s’agit de modifications d’antennes ; lorsque ce sont de nouvelles
installations, cela se voit un peu plus.
Il faudra donc de la vigilance, mais, sur le patrimoine municipal, pour le coup, je
pense que ce n’est pas le sujet principal aujourd’hui.
Madame le Maire - Je mets aux voix notre motion.
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Lille Verte).
Qui vote contre ? (Le groupe Faire Respirer Lille).
Adoptée à la majorité, le groupe Faire Respirer Lille votant contre.
Je vous remercie.
Je passe la parole à Julie NICOLAS pour un vœu.
20/431 - Vœu "Faire face aux risques industriels et technologiques".
Madame NICOLAS - Je m’excuse d’avance, j’espère que l’on fera plus court,
c’est encore un vœu un peu en mode tyrannie anti-technologies. On verra ce que cela
donne…
Ce vœu intitulé « faire face aux risques industriels et technologiques » vous est
proposé à l’issue de longs travaux qui ont été entamés après l’incendie de Lubrizol et
qui ont été révélés après l’explosion de Beyrouth, des travaux qui ont mené à un constat
qui est implacable : dans notre pays, on ne maîtrise aucunement les risques industriels.
Les chiffres du rapport sénatorial sont éloquents et, surtout, ils sont
prodigieusement inquiétants.
135
La réalité que ces chiffres dressent est que les services de l’État sont débordés,
leurs moyens ont été soigneusement détricotés et ce détricotage fait peser un risque
inacceptable sur les citoyennes et les citoyens.
Je ne vous rappellerai pas les chiffres qui sont précisés dans le texte, ils sont
détaillés en grande partie, mais je veux dire que le vœu ne vise qu’une chose, c’est
rappeler l’État à ses obligations, obtenir que les sites industriels soient inspectés chaque
année pour les plus dangereux et que la transparence soit faite.
Ce vœu nous engage aussi. La culture du risque, sa gestion ne reposent pas
sur des inspections. Celles-ci sont un préalable, car l’accident peut toujours arriver.
Comme en matière de risque incendie – personne ne penserait à dire que les exercices
incendie sont une pratique suffisamment répandue et suffisante pour que, dans chaque
établissement privé ou public, les bons gestes soient pleinement maîtrisés –, dans le
domaine des risques industriels, les bons gestes, les bons réflexes comptent aussi.
La connaissance des risques par la population est une garantie supplémentaire
que les accidents soient gérés au mieux possible et que les impacts à long terme soient,
autant que possible, maîtrisés. Pour rappel, nous parlons en France de plus de 1 000
accidents ; en Allemagne, on est autour d’une quinzaine, c’est donc une
particulièrement mauvaise performance.
C’est pour cette raison que nous proposons que les CISI, les comités
d’information de suivi et d’innovation, qui ont fait l’objet d’une délibération tout à l’heure,
soient un dispositif qui soit généralisé sur l’ensemble de notre territoire dès lors qu’une
activité le justifie.
Certains me répondraient que ces propositions relèvent de la responsabilité de
l’État, que c’est le préfet qui est responsable des ICPE (installations classées pour la
protection de l’environnement). En effet, c’est le cas ; mais c’est le cas seulement sur le
papier, pas dans les faits.
Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les défaillances, les manquements
dès lors que ceux-ci exacerbent un danger réel très concret pour la vie humaine.
Nous espérons que cette demande d’inspection systématique des sites, portée
par la Ville de Lille, par une capitale régionale, sera en mesure de faire bouger les lignes
et d’amener au renforcement des moyens de l’État dans ce domaine, comme dans bien
d’autres.
Nous espérons aussi que nous serons suivis par d’autres villes et que Lille sera
ainsi le déclencheur d’une prise de conscience un peu partout dans nos territoires.
Vous aurez remarqué que nous suggérons d’étendre ces inspections bien au-
delà du périmètre lillois, tout simplement parce qu’un accident industriel, une
catastrophe, n’a pas de périmètre administratif. La portée d’un accident peut s’étendre
sur des dizaines de kilomètres – nous l’avons bien vu avec Lubrizol – et nous devons
l’anticiper au vu de l’importance de certains stockages de matières dangereuses, dont
136
certaines ne sont d’ailleurs aucunement indispensables – je pense bien sûr au nitrate
d’ammonium.
Bien évidemment, vous seriez plus que légitime, Madame le Maire, à porter
vous-même cette demande et cette évolution nécessaire indispensable à la Métropole
Européenne de Lille, pour que les autres communes nous suivent. Car c’est bien avant
tout au Maire d’exercer ce rôle de protection de la santé de ses habitants.
Nous vous y engageons et nous vous appuierons.
Enfin, vous me pardonnerez si je profite de cette tribune pour dire un mot de la
politique gouvernementale et plus particulièrement de la loi ASAP, de simplification de
l’administration publique, ou je dirai plutôt « de détricotage des moyens de l’action
publique ».
Cette loi, c’est un cynisme absolu au regard du sujet dont je vous parle ce soir,
c’est celle d’un gouvernement irresponsable qui constate, d’une part, que les textes
contre les risques industriels sont inefficaces – j’imagine qu’ils ont pris connaissance du
rapport – mais qui, d’autre part, s’évertue à les faire sauter sans rien proposer pour y
remédier.
Nous avons là une vraie fuite en avant. Le rôle de nos villes est de tenter autant
que faire se peut d’en minimiser les impacts, de rétablir des équilibres toujours plus
fragilisés.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci.
Jacques RICHIR.
Monsieur RICHIR - On a lu avec intérêt votre vœu et on aimerait le soutenir,
mais on n’est pas sûr que ce soit la méthode la plus efficace à employer dans le contexte
actuel.
On a la chance dans cette ville d’avoir un service risques technologiques et
urbains qui fonctionne bien. On en a vu quelques exemples tout à l’heure, c’est lui qui
a produit les études sur Scol’Air, il produit de nombreuses études, il suit par ailleurs les
carrières souterraines. C’est certainement un des services qui marche le mieux dans ce
pays. Il suit de très près tout un ensemble de dossiers, il joue un rôle important dans les
différents comités de suivi de site. Je dois même vous dire que, par exemple, lorsque
nous allons au comité de suivi de site de l’usine des produits chimiques de Loos – nous
y allons puisque le cône d’émissions potentielles accidentelles est plutôt sur la
commune de Lille que sur celle de Loos –, nous avons pu obtenir un bon nombre de
modifications avec le temps – par exemple l’abandon de l’électrolyse à Mercure – et un
suivi très précis d’un certain nombre de choses. On a joué un rôle important sur le site
d’Exide et c’est vrai que les CISI qui ont été mis en place permettent de suivre cela avec
efficacité.
Vous avez raison, la législation est à améliorer considérablement – le rapport
sénatorial, que l’on a bien suivi, l’a montré –, mais notre sentiment est qu’il y a un outil
beaucoup plus important à mobiliser et je vous propose de vous associer
137
éventuellement à ce groupe de travail que l’on pourrait rapidement monter pour obtenir
une étude au niveau de la MEL. En effet, on sait que les pollutions, en particulier
lorsqu’elles sont aériennes, ou les accidents ne s’arrêtent pas aux frontières des
communes – il n’y a pas « d’effet Tchernobyl » – et on a donc intérêt à ce que l’étude
soit faite au niveau métropolitain.
Il y a un outil, dont nous souhaitons la mise en place et qui ne peut l’être que
par le préfet, sur lequel nous pourrions exercer une forte pression pour cela, c’est ce
que l’on appelle le S3PI, un secrétariat permanent pour la prévention des pollutions
industrielles. Le gros avantage de créer cet outil si nous y parvenons – et nous pouvons
arriver à l’obtenir –, c’est qu’il a pour but :
- d’orienter et de lancer les études en vue de réduire les pollutions et les
risques industriels,
- de définir et de décider collégialement les objectifs et les mesures à
prendre afin de lutter contre les pollutions,
- d’assurer l’information du public sur les questions liées à l’environnement.
Surtout – et c’est peut-être le plus important –, ce secrétariat permanent
pour la prévention des pollutions industrielles, si nous arrivons à le mettre
en place, et nous pouvons y arriver, réunit obligatoirement plusieurs
collèges : l’État à travers essentiellement la DREAL, les industriels qu’il
faut absolument mettre à la table, les collectivités locales et les
associations de protection de l’environnement.
On l’a vu par exemple sur Exide : alors que la cartographie des risques publiée
il y a trois ans était largement insuffisante, par les pressions qui ont été exercées, on a
pu obtenir de l’industriel qu’il produise une cartographie des risques qui commence
maintenant à tenir la route, même si elle est perfectible. Sur l’usine des produits
chimiques de Loos, par exemple, on a obtenu tout un ensemble d’améliorations, comme
l’abandon de l’électrolyse à Mercure, mais sur des dossiers très pointus, très
techniques.
Je propose, plutôt que d’adopter ce vœu, que l’on se fixe comme objectif
d’aboutir à la création sur la métropole lilloise – parce que c’est vraiment l’échelon qui
correspond – d’un tel secrétariat permanent pour la prévention des pollutions
industrielles, que nous demanderons au préfet. Madame le Maire pourrait écrire en
notre nom à tous et je pense que la Métropole Européenne de Lille se joindrait à cette
demande pour aboutir à la création de ce secrétariat permanent pour la prévention des
pollutions industrielles. De ce fait, on aura un véritable outil collégial avec l’État, les
industriels, les collectivités et les représentants des associations de protection de
l’environnement, ce sera un outil métropolitain, dans l’attente d’une évolution législative
– que nous espérons comme vous – qui soit beaucoup plus contraignante pour faire
respecter l’ensemble des réglementations.
Enfin, j’ajoute, pour rassurer ceux qui seraient un peu angoissés, qu’il n’y a pas
sur la métropole lilloise de stockage de nitrate d’ammonium, mais il y a d’autres risques.
Par ailleurs, heureusement, sur beaucoup d’ICPE (installations classées pour
la protection de l’environnement) qui sont sur Lille, une partie d’entre elles le sont parce
que ce sont des laboratoires scientifiques ou des structures médicales qui n’ont pas des
138
isotopes radioactifs. On a deux structures qui méritent une surveillance très étroite :
Exide à Lille et l’usine des produits chimiques de Loos.
Je fais donc cette contreproposition, qui n’est pas tout à fait votre vœu, mais qui
va vers quelque chose qui existe dans la loi, puisque c’est l’article 515 du code de
l’environnement qui donne cette possibilité de créer cet outil.
Madame le Maire - Merci.
Madame NICOLAS.
Madame NICOLAS - Je vous remercie pour la proposition sur les S3PI. Cela
me semble effectivement assez intéressant.
La démarche de ce vœu avait été de se caler sur les dispositifs que l’on
proposait à ce même conseil. Si on peut se caler sur un S3PI qui, à mon sens, a une
portée plus intéressante, pourquoi pas ?
Je pense que l’on pourrait tout à fait trouver un accord en remplaçant les deux
dernières puces par cette proposition d’engager la création d’un S3PI et en sollicitant le
préfet.
Je vous demande quand même de maintenir la question des demandes
d’inspection des sites à l’État. C’est vraiment un point qui est impératif, parce que c’est
sur l’ensemble du territoire français.
Je précise qu’on a bien un site avec 4 tonnes de nitrate d’ammonium sur le
territoire lillois. Je n’ai pas envie de le mentionner parce que je ne veux pas créer des
effets de panique, mais on a bien un site qui a un stockage, stockage qui est bien en
deçà de celui de Beyrouth ou de celui qu’il peut y avoir à côté de Bordeaux. À Ambès,
une commune à côté de Bordeaux, il y a 25 fois l’équivalent du stock de Beyrouth. C’est
la problématique qui se pose à nous aujourd’hui.
Je vous propose donc de modifier le vœu en gardant cette notion d’inspection
et en introduisant la possibilité de solliciter le préfet pour la création d’un S3PI lillois.
Monsieur RICHIR - L’objectif d’obtenir ces inspections avec les pressions que
l’on exerce et la création de ce secrétariat permanent pour la prévention des pollutions
industrielles est notre intérêt à tous de le porter comme tel. Je ne vois pas d’obstacle.
Madame le Maire - Vous proposez de modifier le vœu de cette manière ?
Monsieur RICHIR - Oui. Je pense que l’on pourrait le résumer en deux
propositions. On demande la création d’un secrétariat permanent pour la prévention des
pollutions industrielles à l’échelon métropolitain et, d’autre part, on retient uniquement
du vœu la demande pressante de la part de l’État de mener ces inspections et, surtout,
de les fournir régulièrement et d’en informer la population, d’autant plus qu’il a
normalement l’obligation d’en informer la population, ce qui n’est pas toujours fait.
Ces deux propositions sont suffisantes, c’est ce qui fera avancer le dossier.
139
Madame le Maire - Je propose qu’on le réécrive lundi. On peut le voter et le
réécrire lundi.
Monsieur RICHIR - Volontiers.
Madame le Maire - Madame NICOLAS ?
Madame NICOLAS - Sur la base de ces deux propositions, cela me convient.
Madame le Maire - Madame SPILLEBOUT.
Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, Madame NICOLAS, Monsieur
RICHIR,
Pour des raisons informatiques, les élus Faire Respirer Lille ont découvert ce
vœu proposé par Lille Verte à 16 heures 48 ce jour, vœu qui arrive en fin de conseil
alors qu’il traite d’un sujet en effet majeur pour la protection des Lillois.
Sur ce texte, dont nous avons pris connaissance pendant la séance du Conseil
Municipal, notre groupe s’abstiendra.
En effet, si nous sommes d’accord sur le fond du texte et la nécessaire
transparence sur des sujets aussi graves que les risques industriels à Lille, nous ne
sommes pas d’accord avec la méthode. Ici, la méthode choisie est un vœu public en
Conseil Municipal proposé au vote des élus, qui interpelle l’État par des formules
agressives, comme vous l’avez d’ailleurs fait, Madame AUBRY, à plusieurs reprises en
invectivant le Gouvernement durant ce conseil.
Dans le texte, on voit « souhaite rappeler à l’État ses obligations… ».
Madame le Maire - On me reproche pourtant de trop soutenir le Gouvernement
sur le protocole sanitaire.
Madame SPILLEBOUT - Cela dépend en effet des jours.
Madame le Maire - Je pense que le plus agressif a quand même été Nicolas
LEBAS. En tout cas, je le ressens comme cela.
Madame SPILLEBOUT - « … demande au gouvernement français d’engager
ce processus », « porte la demande de création d’une autorité », « fait le constat des
insuffisances des exercices » et, à l’oral ce soir, « un gouvernement irresponsable, une
fuite en avant ».
Au-delà des injonctions gratuites et imméritées sur le rôle de l’État dans un vœu,
nous estimons, comme vous l’avez d’ailleurs expliqué, Madame NICOLAS, qu’il est en
fait du ressort de l’autorité habituelle ou normale du Maire de créer des conditions de
travail sereines avec l’État au service de l’intérêt général pour protéger tous les Lillois
des risques industriels ; d’autant plus, Madame NICOLAS, que je crois que l’enquête
sur Lubrizol montre que, dans ce cas, il n’y a pas de responsabilité de l’État.
140
Comme vous l’avez dit tout à l’heure, Madame le Maire, il faut travailler avec
l’État et respecter les compétences de chaque acteur public sur les grands sujets de
risques pour nos populations, plutôt que de l’interpeller publiquement avec des postures
qui sont vaines, favorisant l’affrontement plutôt que le rassemblement des actions et
l’intelligence collective.
Nous nous abstiendrons donc, mais en rappelant :
- que, évidemment, nous sommes favorables à un meilleur contrôle des
risques industriels et nous voulons prévenir chaque accident,
- que, bien évidemment, nous aimons votre idée, Madame NICOLAS, que
Lille puisse être l’initiatrice de démarches innovantes et exemple en
France,
- que la prévention est un sujet trop important pour être voté de cette
manière précipitée, tardive, non concertée et devenir un sujet de
polémique.
Nous proposons donc, au-delà de ce vœu, qu’un groupe de travail avec les trois
groupes politiques du Conseil Municipal et les conseillers de quartier concernés par ces
risques soit organisé pour se concerter sur la méthode, avec une échéance d’action
commune, avec la préfecture, dès le mois de novembre.
Je constate que c’est finalement également la proposition de Monsieur RICHIR
au niveau métropolitain, à laquelle nous souscrivons, pour laquelle nous sommes
d’accord.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Audrey LINKENHELD, pour la conclusion.
Madame LINKENHELD - Pour tout vous dire, j’avais initialement envie de
proposer que, compte tenu de l’importance et de la sensibilité du sujet, de l’heure tardive
et de la difficulté à réécrire ensemble un texte qui nous convienne tous à cette heure-ci,
on reporte l’écriture définitive du vœu au conseil de décembre et que, d’ici là,
conformément à la proposition que Jacques RICHIR a faite à Julie NICOLAS, on
travaille sur le début d’une proposition que l’on pourrait faire à la MEL – c’est la Vice-
présidente qui a en charge y compris la lutte contre les pollutions qui le dit et qui pourrait
même prendre éventuellement l’attache de l’État dans l’intervalle pour le faire.
Mais, après ce que je viens d’entendre, je me dis que, après tout, si les groupes
Lille en commun, durable et solidaire et Lille Verte sont d’accord pour considérer qu’ils
votent un texte même non abouti et qu’ils le concluent au début de la semaine, c’est
très bien comme cela. Cela nous permettra d’y travailler en bonne intelligence et de
laisser le groupe Faire Respirer Lille s’abstenir sur un sujet aussi important.
Madame le Maire - Cela ne nous empêche pas de prendre l’attache avec le
préfet et de défendre cette position à la MEL dans les jours qui viennent.
On vous propose donc de voter un texte que l’on ne connaît pas encore
vraiment, mais sur lequel Julie NICOLAS et Jacques RICHIR vont se mettre d’accord
en début de semaine.
141
Qui vote pour ? (Le groupe Lille en commun, durable et solidaire et le groupe
Lille Verte).
Qui s’abstient ? (Le groupe Faire respirer Lille).
Adopté, le groupe Faire Respirer Lille s’abstenant.
Merci.
Il nous reste à voter les dossiers sur lesquels nous n’avions aucune opposition
et nous avions au contraire un accord : les dossiers 1, 2, 3, 9, 10, 12, 14, 16, 18, 23, 26,
33, 35, 36, 38 et 41.
Qui vote pour ? (Unanimité).
Chemise 1
Rapporteur : Martine AUBRY
Maire de Lille
20/290 - Procès-verbal de la séance du 03 juillet 2020.
20/291 - Procès-verbal de la séance du 10 juillet 2020.
Adoptées.
20/292 - Compte-rendu au Conseil Municipal des arrêtés pris en vertu des
articles L. 2122-22 et L. 2122-23 du Code Général des Collectivités
Territoriales.
Le Conseil Municipal prend acte.
20/306 - Communes associées - Inventaire des équipements de proximité -
Modification.
Adoptée.
20/307 - Cité Saint Maurice - Prise d'un Bail Réel Solidaire initial par la Ville de
Lille pour la restructuration de 9 immeubles en 7 logements.
20/308 - Association Organisme de Foncier Solidaire de la Métropole Lilloise -
Avenant n° 1 au traité d'apport en fonds associatifs entre l'association
et la Ville.
Adoptées.
(Anissa BADERI et Stanislas DENDIEVEL ne prennent pas part au vote.)
142
Chemise 2
LOMME Rapporteur : Roger VICOT
Maire de Lomme
20/309 - Commune associée de Lomme - Subventions à divers établissements
publics locaux et associations.
20/310 - Commune associée de Lomme - Subvention exceptionnelle à l'OSML
Football.
20/311 - Commune associée de Lomme - Subventions aux collèges Guy Mollet
et Jean Zay.
Adoptées.
20/312 - Commune associée de Lomme - Maison du citoyen - Subventions
2020.
Adoptée.
(Jean-Claude MENAULT ne prend pas part au vote.)
20/313 - Commune associée de Lomme - Marché de noël 2020.
Adoptée.
20/314 - Commune associée de Lomme - Accueil d'une unité d'éducation
externalisée au sein de l'école Ferry Demory - Convention entre l'Etat,
l'Institut médico-éducatif Lino Ventura et la Ville.
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN ne prend pas part au vote.)
20/315 - Commune associée de Lomme - Renouvellement de la convention
d'objectifs et de financement de l'aide aux loisirs équitables et
accessibles (LEA) entre la Caisse d'Allocations Familiales du Nord
(CAF) et la Ville.
20/316 - Commune associée de Lomme - Convention de raccordement
électrique avec CYKLEO.
20/317 - Commune associée de Lomme - Prime à l'achat de vélo (Lomme en
TransitionS - Mobilités durables).
20/318 - Commune associée de Lomme - Véhicules et matériels municipaux -
Demande à l'Etat de procéder à leur aliénation avec publicité et mise
en concurrence.
143
20/319 - Commune associée de Lomme - Protocole d'accord transactionnel
entre la SARL Oxyjeunes Voyages et la Ville.
20/320 - Commune associée de Lomme - Protocole d'accord transactionnel
entre ARTES Jeunesse et la Ville.
Adoptées.
Chemise 3
HELLEMMES Rapporteur : Franck GHERBI
Maire d’Hellemmes
20/321 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention exceptionnelle à
l'association ARTEMO, la fabrique d'art et de mots.
20/322 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention exceptionnelle à
l'OCCE du Nord.
20/323 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention complémentaire à la
Section du centre d'action sociale de la Commune associée
d'Hellemmes.
20/324 - Commune associée d'Hellemmes - Subvention complémentaire
"Opération été 2020" au Club Léo Lagrange.
20/325 - Commune associée d'Hellemmes - Association Huit renversé -
Subvention.
20/326 - Commune associée d'Hellemmes - Versement du solde 2019 de la
subvention petite enfance à l'association "Graines d'Acacias" pour le
fonctionnement d'un lieu d'Accueil Enfants - Parents (LAEP).
20/327 - Commune associée d'Hellemmes - Versement de la subvention CAF
Prestation de Service CEJ aux associations relevant de la Petite
Enfance au titre du solde pour l'année 2019 - Acompte 2020.
Adoptées.
144
Chemise 9
ACTION FONCIÈRE ET IMMOBILIÈRE Rapporteur : Stanislas DENDIEVEL
Adjoint au Maire
20/365 - Quartier Lille-Centre - Bien sis 19 rue Gustave Delory - Déclassement
du domaine public communal.
20/366 - Quartier Lille-Centre - Bien sis 19 rue Gustave Delory - Vente au profit
de M. DEMYTTENAERE.
20/367 - Quartier Lille-Sud - Mise à disposition de Décathlon d'une parcelle
située à l'angle des rues du faubourg d'Arras et Marcel Hénaux -
Tarification du loyer.
20/368 - Quartier Saint-Maurice Pellevoisin - Bien sis 11 rue Alphonse Leroy -
Vente au profit de M. et Mme CACOPARDO-PODVIN.
20/369 - Quartier Saint- Maurice Pellevoisin - Cité Saint Maurice - Déclassement
du domaine public communal.
20/370 - Quartier Vauban-Esquermes - Constat d'une cession non publiée aux
hypothèques et constitution de servitudes Avenue Léon Jouhaux au
profit de la Ville.
20/371 - Quartier Vieux-Lille - 100 Boulevard Carnot - Création d'une servitude
d'accès et d'implantation d'un ouvrage d'assainissement au profit de
la Métropole Européenne de Lille et renonciation à servitudes
existantes.
20/372 - Quartier Vieux-Lille - Parcelle LM184 située 20 rue Saint-Jacques - Mise
à disposition au profit de l'Etat (Rectorat) - Fixation du montant de la
redevance - Gratuité.
20/373 - Quartier Vieux-Lille - Bien sis 78 rue des Célestines - Vente au profit
de M. RICHEZ
20/374 - Quartier Wazemmes - Bien sis 29 rue de l'Hôpital Saint Roch -
Acquisition de plein droit par la Ville dans le cadre d'une procédure de
bien sans maître.
Adoptées.
145
ZOO
20/365 - Parc Zoologique - Subventions à l'association Kalaweit et à Royal
zoological society of Scotland.
Adoptée.
Chemise 10
HABITAT DURABLE ET INNOVANT Rapporteur : Anissa BADERI
Adjointe au Maire
20/376 - Prime Habitat - Octroi de primes municipales : rénovation de l'habitat,
développement durable et ravalement de façades.
Adoptée.
LUTTE CONTRE L’HABITAT INDIGNE
ET VACANT
20/377 - Lutte contre la vacance - Quartier Saint-Maurice Pellevoisin - Parcelles
BL354 et BL355 sises 26 Cité Saint Maurice à Lille - Déclaration de l'état
d'abandon manifeste - Poursuite de la procédure d'expropriation pour
utilité publique.
Adoptée.
Chemise 12
INCLUSION DES PERSONNES Rapporteur : Sylviane DELACROIX
EN SITUATION DE HANDICAP Adjointe au Maire
20/381 - Subventions destinées aux organismes à caractère social - Personnes
en situation de handicap.
Adoptée.
(Catherine MORELL-SAMPOL, Arnaud TAISNE, Sébastien DUHEM, Delphine
BLAS, Sylviane DELACROIX, Mélissa CAMARA, Vanessa DUHAMEL ne
prennent pas part au vote.)
146
Chemise 14
NOUVEAU PROGRAMME NATIONAL Rapporteur : Estelle RODES
DE RENOUVELLEMENT URBAIN Adjointe au Maire
20/384 - Quartier Faubourg de Béthune - Secteur Concorde - NPNRU - PIA Villes
Durables et Solidaires - Convention attributive de subvention pour la
mise en œuvre du projet d'innovation "Quartier à santé positive" entre
l'ANRU et la Ville.
20/385 - Quartier Faubourg de Béthune - Secteur Concorde - NPNRU - PIA Villes
Durables et Solidaires - Fixation du tarif de mise à disposition d'un
terrain à une association proposant l'installation et l'animation de
jardinières avec les habitants - Gratuité.
20/386 - Quartier Lille-Sud - Secteurs Faubourg d'Arras et Jean Baptiste
Clément - Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain
(NPNRU) - Lancement d'une concertation préalable sur le projet de
renouvellement urbain.
Adoptées.
Chemise 16
SANTÉ Rapporteur : Marie-Christine STANIEC-WAVRANT
Adjointe au Maire
20/391 - Ambassadeur-drices santé - Appel à projets 2020 - Subventions aux
associations.
20/392 - Santé - Alimentation bio cabas PNEDD - Appel à projets 2020 -
Subventions aux associations.
Adoptées.
VIEILLISSEMENT
20/393 - Délégation Vieillissement – Appel à projets 2020 – Subventions aux
associations.
Adoptée.
147
Chemise 18
EGALITÉ ENTRE LES FEMMES Rapporteur : Alexandra LECHNER
ET LES HOMMES Adjointe au Maire
20/396 - Délégation droits des femmes - Subventions aux associations - 3ème
répartition.
Adoptée.
Chemise 23
LUTTE CONTRE L’ILLETTRISME Rapporteur : Olivier CAREMELLE
Adjoint au Maire
20/412 - Délégation Lutte contre l'illettrisme - Mise en œuvre d'ateliers
d'alphabétisation et d'actions de lutte contre l'illettrisme - Attribution
de subventions.
Adoptée.
Chemise 26
LECTURE Rapporteur : Catherine MORELL-SAMPOL
Adjointe au Maire
20/413 - Lecture publique - Attribution de subventions.
Adoptée.
BIBLIOTHÈQUES ET MÉDIATHÈQUES
20/414 - Sollicitation de prêt d'œuvre auprès de la Bibliothèque municipale.
20/415 - Bibliothèque municipale - Renouvellement de l'adhésion à la démarche
« Rythme ma bibliothèque » de la Métropole Européenne de Lille.
20/416 - Bibliothèque municipale - Convention de partenariat pour le plan de
conservation partagée des périodiques imprimés.
20/417 - Bibliothèque municipale - Convention pour le signalement des
publications en série dans le Sudoc (Système Universitaire de
Documentation).
Adoptées.
148
Chemise 33
PETITE ENFANCE Rapporteur : Camille STIEVENARD
Conseillère Municipale déléguée
20/418 - Association Société de Protection et de Réinsertion du Nord (SPRENE)
- Mise à disposition de locaux situés dans le bâtiment de la Maison de
l'Enfant et de sa famille au 2 Rue de la Loire à Lille - Gratuité.
Adoptée.
Chemise 35
PATRIMOINE Rapporteur : Didier JOSEPH-FRANCOIS
Conseiller Municipal délégué
20/419 - Sollicitation de prêt auprès de la Direction du Patrimoine culturel de la
Ville.
Adoptée.
Chemise 36
APICULTURE URBAINE Rapporteur : Christelle LIBERT
Conseillère Municipale déléguée
20/420 - Parcours de ruches contemporaines - Convention de partenariat entre
l'association WAAO et la Ville.
Adoptée.
Chemise 38
BUDGET Rapporteur : Marion GAUTIER
Conseillère Municipale déléguée
20/421 - Exercice 2020 – Ajustements – Virements de crédits – Autorisation de
programme et crédits de paiement – Décision modificative n° 2.
20/422 - Exercice 2020 - Programmes d'équipement de la section
d'Investissement - Autorisations de programme et crédits de paiement
- Décision Modificative n° 2.
Adoptées.
149
Chemise 41
CONSEIL LILLOIS Rapporteur : Béverley JOLIET
DE LA JEUNESSE Conseillère Municipale déléguée
20/429 - Conseil Lillois de la Jeunesse - Fixation de la composition du conseil
pour l'année 2020-2021.
Adoptée.
Madame le Maire - Il n’est pas tout à fait minuit. Je vous souhaite une bonne
nuit. À bientôt.
(La séance est levée à 23 heures 55.)
150
PDF https://www.lille.fr/content/download/308688/3433652/file/S%C3%A9ance+du+09+octobre+2020.pdf
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