Procès verbal du CM du 8 avril 2022 (.pdf)

Lille 8 avril 2022 6 délibérations
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Finances & Budget

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Urbanisme & Travaux

Résumé

Synthèse par thème

🏗️ Urbanisme & Travaux 2 deliberations

: renouvellement de la Ville (urbanisme, BTP).

: une consommation plus responsable.

💶 Finances & Budget 1 deliberation

: ancrer l’économie circulaire dans le territoire lillois.

📄 Autres decisions 3 deliberations

de la Ville. Il est donc difficile de nous donner des leçons en la matière. Essayons,

: alimentation et matière organique.

qui porte sur les modes de

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Délibérations (6)

📄 Autres decisions 4 délibérations
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de la Ville. Il est donc difficile de nous donner des leçons en la matière. Essayons,

3

: alimentation et matière organique.

4

: une consommation plus responsable.

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qui porte sur les modes de

💶 Finances & Budget 1 délibération
1

: ancrer l’économie circulaire dans le territoire lillois.

🏗️ Urbanisme & Travaux 1 délibération
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: renouvellement de la Ville (urbanisme, BTP).

Document intégral
246 793 car.
Procès-verbal de la séance du 08 avril 2022.
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PROCES VERBAL
de la séance du Conseil Municipal du 08 avril 2022
La séance, convoquée le 1er avril 2022, est ouverte à 17 heures 08 sous la
présidence de Madame Martine AUBRY, Maire de Lille.
Madame le Maire - Chers collègues, je vous demande de bien vouloir vous
installer.
Je vais demander à Beverley JOLIET de faire l’appel.
(Il est procédé à l’appel par Beverley JOLIET, secrétaire de séance.)
Etaient présents :
Groupe Lille en commun, durable et solidaire : M. AGOUNI, MMES AUBRY, BADERI,
BRESSON, BRUN, MM. CAREMELLE, DAVID-BROCHEN, MME DELACROIX,
MM. DESLANDES, DUHEM, MME GAUTIER, M. GHERBI, MMES GOFFARD, GOMIS,
MM. HANOH, JACQUEMART, MME JOLIET, M. JOSEPH-FRANCOIS,
MME LECHNER, M. LEPETIT, MMES LIBERT, LINKENHELD, MM. MARTIN,
MENAULT, MMES MORELL-SAMPOL, MOUNIER-VEHIER, MM. OURAL, PIANEZZA,
PILETTE, POSMYK, MMES RATELADE, RENGOT, M. RICHIR, MMES RODES, SABE,
STANIEC-WAVRANT, STIEVENARD, M. TAISNE, MME TROTTEIN, M. VICOT.
Groupe Lille Verte : M. AL DANDACHI, MME BALMELLE, M. BALY, MME BOCQUET,
M. BONNET, MME CAMARA, M. CREPEL, MME DABIT, MM. GUIZIOU, LOUCHART,
MME SEDOU.
Groupe Faire Respirer Lille : MME BRULANT-FORTIN, MM. CHARLES, DOUFFI
MMES DUHAMEL, SPILLEBOUT.
Etaient excusés :
Groupe Lille en commun, durable et solidaire : MME BLAS (pouvoir), M. DENDIEVEL
(pouvoir), M. OULKEBIR (pouvoir).
Groupe Lille Verte : MME NICOLAS (pouvoir).
Groupe Faire Respirer Lille : MME DUPUY (pouvoir).
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Madame le Maire - Bonjour à tous. Je voudrais saluer tout le Conseil Municipal,
vous dire qu’on est heureux d’avoir à nouveau une présence du public. Je rassure Patrick
GOLDSTEIN, nous avons gardé les distances, nous avons mis à l’entrée du gel et ceux
qui le souhaitent peuvent évidemment garder leur masque.
Je voudrais saluer tous les conseillers de quartier, le public qui est avec nous
aujourd’hui, les journalistes, et leur dire que nous sommes, encore une fois, heureux de
nous retrouver un peu plus nombreux que d’habitude.
(Projection de diapositives)
Pour rappel, aujourd’hui, cela fait exactement un an que le journaliste Olivier
DUBOIS est détenu au Mali. Vous le savez, nous avons affiché son nom et son visage
pour le soutenir et je voulais le redire aujourd’hui.
Je commencerai par un hommage aux personnalités lilloises qui nous ont quittés.
Je voudrais évidemment commencer par Gilberte MAUROY, qui s’est éteinte le
16 février dernier. Je crois que nous avons tous été émus, en tout cas beaucoup de
Lillois, par sa disparition, tant elle était une figure de notre Ville, et pas seulement l’épouse
de Pierre MAUROY, à travers à la fois son engagement professionnel mais aussi
associatif et, pour le dire très simplement, sa personnalité extrêmement ouverte.
Elle a eu dès son enfance une passion pour partager, pour enseigner, pour
transmettre, et elle a eu plusieurs postes dans l’Éducation Nationale dès qu’elle a été
diplômée, avant de rejoindre le collège Carnot de Lille en 1971, où elle est restée jusqu’à
sa retraite.
C’était vraiment une défenseuse de l’éducation populaire, toujours à la recherche
de pédagogie moderne, ce qui, à l’époque, n’était pas toujours d’actualité. Elle disait sans
arrêt que l’éducation était la principale source d’émancipation pour chaque enfant et je
crois qu’on est bien resté dans cette idée avec Pierre MAUROY de faire en sorte que
l’éducation soit une priorité majeure dans la Ville.
Au-delà de son parcours exceptionnel, elle a été une femme dans la cité
extrêmement mobilisée, là aussi, avec des qualités personnelles que tout le monde
connaît d’humilité, de simplicité, d’ouverture aux autres, de bienveillance.
Tout le monde se rappelle que lorsqu’elle était à Matignon, auprès de Pierre
MAUROY, elle avait – ce qui ne s’était jamais passé – ouvert l’Hôtel de Matignon au
public ; elle faisait venir des écoles de Lille, des personnes âgées, mais aussi,
évidemment, d’ailleurs, ce qui a valu que l’on dise que c’est elle qui a donné l’idée à Jack
LANG de lancer les Journées du patrimoine, dont on connaît aujourd’hui encore le succès
partout dans notre pays.
Comme je le disais, c’était la femme d’un grand élu de la République, mais elle
était, elle aussi, engagée, militante politique – elle a d’ailleurs été élue au Cateau –, mais
aussi militante dans le domaine associatif. Je ne citerai que deux des associations qu’elle
avait vraiment à cœur de défendre. Elle adorait la culture populaire, donc elle était dans
l’association Toudis Simons – chacun connaît Toudis Simons, quand on est Ch’ti en tout
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cas –, et elle était bénévole associative au Comité d’entraide Saint-Sauveur qui
accompagne les personnes âgées du quartier.
Je la cite, parce que cette citation résume en elle-même ce qu’elle était ; elle
disait : « Lewis CARROLL dit : "Un des grands secrets de la vie, c’est que les choses
vraiment importantes sont celles que nous faisons pour les autres" ». Vraiment, je crois
que c’est ce qui a guidé véritablement sa vie.
En notre nom à nous tous, mais nous l’avons déjà fait lors de ses funérailles,
nous nous associons évidemment à la peine de sa famille, de son fils Fabien, d’Isabelle,
sa belle-fille, mais aussi de ses petits-enfants, Alexis et Laura, et de ses arrière-petits-
enfants.
Donc un hommage que nous ne pouvions pas ne pas faire aussi au Conseil
Municipal, bien évidemment.
J’ai aussi une pensée émue pour Roland MALFAIT, qui s’est éteint le 23 février
dernier. C’était l’ancien horloger bijoutier de Lille-Sud, c’était un commerçant apprécié et
reconnu, très engagé dans son quartier. Je peux en parler devant Bernard CHARLES et
Jacques RICHIR, parce que vous l’avez bien connu en tant que Présidents du quartier.
C’était un homme aussi au grand cœur, très bienveillant, avec de grandes valeurs, et
nous sommes de tout cœur avec ses proches.
Nous commençons toujours ce carnet par des décès, mais là, nous allons passer
dans un moment beaucoup plus agréable, puisqu’il s’agit, tout simplement, si je puis dire,
de témoigner la reconnaissance de la Ville à une ô combien emblématique personnalité
de la Ville et au-delà de la Ville, qui a passé plus de 40 années de carrière au service du
public – d’ailleurs, cela va continuer –, au service d’une mission essentielle pour nos
concitoyens : soigner et sauver des vies dans l’urgence de ces instants décisifs, où,
parfois, la mort n’est pas loin.
Je voudrais évidemment saluer Patrick GOLDSTEIN, que tout le monde connaît,
saluer Dominique PICAULT, son épouse, que l’on connaît aussi très bien ici, et saluer
ses amis et collègues qui sont ici avec vous.
Le dernier épisode – je vais vous vouvoyer, mon cher Patrick, parce que je parle
au nom de tout le monde – à la tête du SAMU du Nord au CHU de Lille s’est achevé le
2 avril dernier avec un passage de témoin, et je sais que vous l’avez vraiment voulu, à
votre ancien adjoint : Roch JOLY. L’idée était : « Je pars, tout en étant sûr que tout va
bien continuer », et non pas en fermant la porte et en disant : « Advienne que pourra ! ».
Je dis « dernier épisode », parce qu’en quelque sorte, si vous me permettez un
clin d’œil amical qui file une certaine métaphore au moment où nous avons terminé Séries
Mania, je pense à la série « Urgences », vous êtes le Georges CLOONEY du CHU de
Lille, vous avez vécu 45 saisons au sein du SAMU !
(Applaudissements)
Je crois qu’il n’y a pas une seule série télévisée – j’ai fait vérifier – qui a fait mieux,
sauf peut-être « Les Feux de l’Amour ». (Rires)
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En tout cas, vous dépassez allègrement le Dr Doug ROSS incarné par Georges
CLOONEY. La grande différence, bien sûr, c’est que lui était dans la fiction, alors que
vous étiez dans cette réalité dure des urgences, où, bien sûr, parfois, des parents arrivent
paniqués pour quelque chose qui n’est pas grave, mais où, surtout, on a le plus souvent
des personnes qui viennent en panique, en grande difficulté et que l’on doit prendre en
charge le plus vite possible ; vous étiez dans le réel, toujours éprouvant et très souvent
douloureux et dur, mais toujours aussi stimulant et passionnant sur le plan professionnel.
Vous nous avez raconté, mais vous avez raconté aussi un peu dans la presse
votre parcours, en disant que lorsque vous étiez jeune, vous vouliez entrer dans un métier
où vous ne sauriez pas ce qui allait vous arriver dans la journée. Là, je dois dire que le
choix a été particulièrement bien fait, parce que, presque heureusement, on ne sait pas
les urgences qui vont véritablement arriver. C’est ainsi que votre vocation médicale vous
a conduit vers les urgences.
Vous êtes né dans la région parisienne, mais tout le monde considère que vous
êtes un Ch’ti – moi aussi, je suis née à Paris, mais je suis une Ch’tie – d’adoption. Vous
avez d’ailleurs obtenu un Bac avec mention très bien ici et été diplômé en médecine à la
Faculté de Lille.
Alors, j’ai demandé le CV de Patrick, en me disant : « Peut-être que beaucoup
de choses m’ont échappé » ; certainement, cela fait 35 pages, donc je vous rassure tout
de suite, je ne vais pas vous décliner, mais je pense qu’on va le mettre sur le site de la
Ville – peut-être –, le CV de Patrick, c’est-à-dire à la fois l’ensemble des actions et
missions qu’il a menées, mais aussi l’ensemble des publications qu’il a pu réaliser, au-
delà des missions lourdes qu’il a faites – j’y reviendrai – pour la France.
Vous avez donc consacré toute votre vie professionnelle à la médecine
d’urgence.
Dès 1977, vous étiez ainsi interne au SAMU régional de Lille en anesthésie-
réanimation, et je crois qu’il faut dire, parce qu’on ne se rend pas compte, qu’à cette
époque, le service était vraiment minuscule, voire confidentiel. Un local de 50 m² à
l’hôpital Huriez, le 15 n’existait pas, évidemment, et vous partiez en intervention dans une
4L qui avait été achetée aux Domaines – déjà, l’hôpital public avait des problèmes en
termes de financement – et avec deux valises de matériel.
Depuis, et heureusement, que d’évolution ! Et je dois dire que vous avez
largement participé, avec d’autres de vos collègues, à faire en sorte que dans notre pays,
la médecine d’urgence devienne une médecine d’urgence moderne, acceptée dans les
hôpitaux par les autres services comme quelque chose d’essentiel. Nous en avons
souvent parlé au CHRU de Lille, il faut, quand il y a une demande des urgences, que les
chefs de service puissent ouvrir leurs bras pour accueillir les personnes qui doivent être
soignées, souvent, dans les grandes difficultés. Vous ne vous êtes jamais découragé,
même pendant cette période, et vous avez bâti ce service d’urgences moderne que l’on
a aujourd’hui dans la plupart des CHU, mais je crois qu’on peut être particulièrement fier
du nôtre.
En 1985, vous avez évidemment gravi les échelons, comme praticien hospitalier,
puis comme chef de service depuis 1996, et je cite par ailleurs vos multiples casquettes,
dont certaines resteront accrochées : Président honoraire de la Société française de
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médecine d’urgence et Directeur des secours médicaux du Nord en cas de
déclenchement du plan ORSEC – donc autant dire que c’est majeur – et il y a
d’innombrables publications qui montrent le travail de réflexion sur ce problème des
urgences, sur lequel vous avez beaucoup apporté.
Sans flagornerie, je pense qu’on peut dire aujourd’hui que vous êtes une sommité
en France dans le domaine des urgences, je ne dirai pas « le Pape », parce que mes
convictions laïques m’empêchent de le dire, mais avec deux ou trois autres de vos
collègues – je pense surtout à un, d’ailleurs –, vous avez été et vous êtes celui à qui l’on
doit ces services d’urgences modernes, qui sont regardés un peu partout en Europe et
dans le monde comme étant particulièrement efficaces.
Le temps des 4L est éloigné et vos qualités opérationnelles et stratégiques ont
permis de structurer ces services médicaux d’urgences pour répondre à des besoins qui
sont de plus en plus considérables.
Je redonne quelques chiffres : un million d’appels sont reçus au centre de
régulation du 15 du SAMU du Nord par an et le SAMU du Nord est à la pointe de la
technologie, comme en a encore témoigné il y a quelques semaines l’inauguration d’un
hélicoptère dernier cri ; la 4L, là aussi, est quand même assez loin, heureusement.
Cher Patrick, tout cela vous doit beaucoup, et je sais que vous voudrez aussi que
je le dise à vos équipes, à votre collectif, parce que vous y tenez. À chaque fois que l’on
appelle Patrick GOLDSTEIN, je le dis à titre personnel, parce que souvent, j’ai des appels
de personnes que je ne connais pas, mais qui ont des résultats extraordinairement
difficiles et qui n’arrivent pas à avoir de rendez-vous, Patrick décroche et trouve le rendez-
vous. Vous êtes toujours ouvert à donner des conseils, à accompagner, à guider, et je
pense que les urgences, c’est évidemment soigner dans l’urgence, mais c’est aussi cette
capacité d’humanité, d’ouverture, que vous avez toujours, et je voudrais, une fois de plus,
vous en remercier. Je continuerai d’ailleurs à vous appeler pour les mêmes raisons, parce
que je ne connais pas vos successeurs et je sais que vous continuerez à nous ouvrir des
portes.
Ces compétences vous ont amené à avoir des demandes de la part de plusieurs
gouvernements sur des sujets essentiels : en 2019, pour la création du service d’accès
aux soins dans le cadre du Pacte de refondation des urgences ; récemment encore, vous
avez géré la crise pandémique et la coordination de l’ensemble de l’intervention du SMUR
des Hauts-de-France auprès du Préfet et du Directeur de l’ARS. Il faut rappeler que le
CHU de Lille a reçu dès le début de la pandémie de nombreux malades venant d’ailleurs,
notamment de l’Est de la France, et qu’il a fallu, là aussi, énormément de
professionnalisme et d’engagement pour que ceci soit possible.
Vous quitterez vos fonctions, nous en avions parlé l’année dernière, à la fin de la
pandémie, nous étions nous dit ; nous n’y sommes pas encore tout à fait, et les chiffres
de cette semaine, j’en parlerai tout à l’heure, sont plutôt inquiétants, même si nous savons
qu’aujourd’hui, nous sommes face à un virus qui paraît moins agressif, et donc moins
dangereux, mais il faut voir que pendant cette pandémie, les urgences ont été en
première ligne et en situation d’asphyxie quasi permanente et il a fallu garder le cap,
comme vous l’avez toujours fait. Vous avez quand même dit aussi à ce moment-là : « On
voit bien que notre système de santé est au bout et ne va pas bien », c’est vrai, et je me
permets une remarque personnelle pour dire que l’hôpital n’est pas une entreprise, même
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s’il doit être bien géré, bien évidemment, mais que l’hôpital doit redevenir le cœur du
système de santé en France, et c’est vraiment le combat que les hospitaliers ont mené,
en soignant et en montrant leur formidable efficacité. Je ne parle pas de dévouement,
mais d’engagement, parce que c’est leur métier et ils le portent, et je pense qu’il faudra
que l’on en tire un certain nombre de conséquences.
Ce n’est pas la seule crise que vous avez eue à gérer.
Je pense, par exemple, à l’explosion du haut-fourneau à Metaleurop, à Noyelles-
Godault, en 1993, où vous avez dit : « J’ai eu les boules » ; quand Patrick GOLDSTEIN
a « les boules », c’est que cela va vraiment mal. Il s’agissait de la plus grande catastrophe
industrielle dans notre région depuis la fermeture des mines, avec 10 morts. Je pense
aussi à l’explosion de Ghislenghien en Belgique en 2004. La Belgique appelle souvent le
service d’urgences de Lille pour venir aider et accompagner, et, bien sûr, au changement
de doctrine dans la médecine d’urgence ayant suivi les attentats de 2015.
Vous avez eu aussi des missions très marquantes à l’étranger, et on voit bien
combien c’étaient des missions dangereuses : au Rwanda, en Colombie lors de l’éruption
du volcan Armero, ou encore au Kosovo, auprès des réfugiés, pour ne citer que cela.
Je voudrais aussi saluer votre engagement dans la vie de la cité, dans des sujets
où, peut-être, on vous attend moins. Vous faites partie du Conseil de la nuit, et je dois
dire que les élus, Arnaud TAISNE et Arnaud DESLANDES, qui travaillent sur le sujet,
ainsi que Marie-Christine STANIEC-WAVRANT, sont heureux de l’apport que vous avez
notamment sur les ravages de l’hyperalcoolisation chez les jeunes et sur les façons
d’essayer de les mobiliser et de faire de la prévention sur ces questions.
Je n’oublie pas non plus que dès qu’il y a de grands événements à Lille, les
urgences, avec la police, nationale et municipale, et la gendarmerie, sont là ; c’est vrai
de la braderie, c’est vrai des grandes manifestations culturelles, cela va être vrai lors de
l’arrivée du Tour de France. Les urgences, ce n’est pas seulement quand on arrive à
l’hôpital, c’est aussi la présence sur le territoire partout où il peut y avoir des risques.
Je pourrais dire tellement d’autres choses, mais nous aussi, nous sommes
toujours dans l’urgence ; on pourrait aller plus loin…
Je pense que vous allez trouver un peu de temps, mais il y a déjà tellement
d’activités qui ont redémarré : une mission auprès de l’ARS sur l’organisation des
urgences et la gestion de la crise sanitaire ; vous restez aussi administrateur à La
Sauvegarde du Nord et à Médecins Solidarité Lille ; je sais qu’il y a aussi autre chose…
J’espère, ma chère Dominique, et je pense aussi à vos enfants, que vous allez
quand même trouver un peu de temps, parce qu’à côté de cela, il y a le jazz et le cinéma
qui prennent quand même beaucoup de temps à Patrick dans les parties libres, la passion
de l’Afrique aussi que nous avons en commun.
Un mot quand même personnel pour te dire à la fois mon affection, tu le sais, et
ma grande admiration, vraiment, et maintenant pour te dire au nom de tous les élus du
Conseil Municipal et, je pense, de beaucoup de Lillois, que nous sommes très heureux
de te remettre la Médaille d’or de la Ville de Lille.
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(Applaudissements)
(Madame le Maire remet la Médaille de la Ville à
Monsieur Patrick GOLDSTEIN.)
Ce fut un moment heureux… enfin pas tout à fait, parce qu’on est un peu triste
de voir partir Patrick GOLDSTEIN du poste de chef de service des urgences, mais on
sait qu’il sera toujours, là à nos côtés.
Nous ne pouvions pas commencer réellement ce Conseil sans parler de
l’Ukraine.
(Projection de diapositives)
Je suis très heureuse et je vous remercie, Monsieur le Consul honoraire
d’Ukraine, Étienne MOURMANT, d’être avec nous ce soir ; vous êtes depuis le début
auprès de nous.
Le 21 février, POUTINE a déclaré indépendants deux territoires de l’Ukraine et,
le 24 février, a commencé les attaques contre Kharkiv notamment, cette ville qui est
quasiment à la frontière, à 40 kilomètres de la frontière russe.
À vos côtés, deux familles qui viennent de Kharkiv et qui sont accueillies à Lille
aujourd’hui, deux parmi beaucoup d’autres, qui représentent l’ensemble des Ukrainiens
que nous accueillons à Lille, mais surtout des représentants de notre Ville sœur, de notre
Ville jumelée de Kharkiv, et je les remercie d’être ici.
Cette guerre n’est pas une guerre comme les autres. Les guerres sont toujours
horribles, terribles, mais celle-ci est particulièrement ignoble, parce qu’elle s’affranchit de
toutes les règles internationales des conflits, elle touche des civils, des enfants, des
personnes âgées, des familles, et pas seulement des combattants. Chacun a en mémoire
les frappes sur les immeubles d’habitation, sur les écoles, dès les premiers jours,
d’ailleurs, à Kharkiv, et dans des villes martyres comme celle de Marioupol, évidemment.
Quand des obus et des bombes tombent sur le théâtre de Marioupol, sur des
écoles, sur des hôpitaux, sur des habitations, sur des hypermarchés, ce n’est plus une
guerre au sens des règles internationales, nous sommes là dans des crimes de guerre
et je crois qu’aujourd’hui tout le monde le reconnaît.
Nous avons tous vu encore les images de Boutcha ces derniers jours ; je ne parle
pas de toutes celles de notre Ville sœur de Kharkiv, que nous recevons quasiment tous
les deux jours, images que nous n’avons pas souhaité montrer, parce que la ville est
quasiment détruite et je crois qu’il faut vraiment le dire.
À cette attaque des civils s’ajoute l’encerclement de nombreuses villes, qui
entraîne même la mort de certains concitoyens, privés de tout : d’eau, d’alimentation,
dans un froid aujourd’hui tout à fait glacial, sans eau, sans électricité. Au même moment,
les Russes empêchent les couloirs humanitaires, à la fois pour permettre à ceux qui
veulent fuir ces combats de le faire ou d’apporter des médicaments, de l’alimentation, à
ceux qui restent. Ce ne sont pas les quelques couloirs qui ont été ouverts ces quelques
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jours, notamment à partir de Marioupol, qui, malheureusement, changent
fondamentalement la question.
Vous savez qu’aujourd’hui, pour survivre, quatre millions d’Ukrainiens ont déjà
abandonné leur maison, leur école, leur immeuble, leur ville, bombardée par les forces
russes, et se sont retrouvés pour beaucoup en Pologne, mais aussi en Roumanie et de
plus en plus dans les pays où il y a une forte communauté ukrainienne, et pour une partie
en France, et notamment dans notre ville.
C’est pourquoi, avec l’ensemble des élus du Conseil Municipal, Monsieur le
Consul, nous souhaitions rendre hommage à l’Ukraine, et tout particulièrement à notre
Ville sœur, Kharkiv, car partout en Ukraine et dans Kharkiv les combattants civils comme
militaires résistent pour défendre leur liberté et leurs pays. Je pense que l’on peut dire
que le peuple ukrainien force l’admiration du monde entier aujourd’hui.
Ayons ce soir une pensée pour celles et ceux qui se battent héroïquement et qui
résistent, pour celles et ceux qui sont terrés de peur dans les caves, dans les métros,
pensons à ceux qui ont perdu la vie dans cette guerre, à ceux qui se battent pour leur
liberté et, si vous le voulez bien, avant d’honorer notre Ville, je vous demande que nous
observions une minute de silence.
(Une minute de silence est observée.)
Je vous remercie.
Je voudrais juste revenir quelques instants sur Kharkiv, qui est donc la deuxième
ville d’Ukraine, avec 1 500 000 habitants, à 40 kilomètres de la frontière russe, au
confluent de trois rivières, qui a été russe pendant des siècles sous les tsars, qui a été la
capitale de l’Ukraine soviétique de 1917 à 1934 et qui a payé déjà un très lourd tribut à
l’Allemagne nazie avec quatre batailles meurtrières, des centaines de milliers de morts
et une population qui a été divisée par quatre. Je crois qu’il faut rappeler cela. Certains
habitants, les plus âgés d’Odessa, récemment, s’exprimaient pour dire : « Je revis ce que
je n’aurais jamais cru pouvoir revivre un jour » ; ce qui est arrivé pendant la période nazie,
nous le retrouvons là dans les pratiques et peut-être aujourd’hui avec des moyens encore
plus forts, encore plus modernes et encore plus destructeurs.
Comme je le disais, ce fut l’une des premières villes attaquées par les Russes,
au vu de sa proximité de la frontière russe. Nous avons un contact permanent depuis le
premier jour avec le Maire de Kharkiv, son collaborateur qui parle français, et nous avons
des inquiétudes d’autant plus fortes que devant l’impossibilité pour les Russes de prendre
Kiev, on voit bien qu’aujourd’hui les troupes russes se replient vers l’Est, de Kharkiv à
Marioupol, et que l’on voit bien que c’est là que les combats risquent d’être les plus
difficiles dans les semaines qui viennent.
Ce matin, à la gare de Kramatorsk, dans le Donbass, il y a eu une bombe au
moment où la gare était pleine : 35 morts, plus de 100 blessés graves ; voilà ce qu’est
capable de faire aujourd’hui la Russie sous POUTINE, et on comprend bien qu’il s’agit
de crimes de guerre.
La peur est encore plus forte à Kharkiv ces derniers jours. La Vice-Première
Ministre ukrainienne, Iryna VERECHTCHOUK, a d’ailleurs appelé mercredi la population
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civile de Kharkiv à quitter la ville tant qu’il était encore temps, « sauf à risquer la mort ».
Je ne voudrais pas vous parler de la situation de Kharkiv, je vais me permettre de vous
lire le dernier courrier que le Maire, Igor TEREKHOV, nous a envoyé il y a quelques
jours :
« Chère Madame le Maire, chers collègues,
Au nom du Conseil Municipal de Kharkiv, de tous les habitants de la ville et en
mon nom personnel, je tiens à vous remercier chaleureusement pour votre soutien résolu
et concret dont vous faites immuablement preuve au fil des rudes épreuves que toute
l’Ukraine et la ville de Kharkiv en particulier sont en train de traverser.
Notre Ville a été l’une des premières à recevoir un coup dur des agresseurs
russes. Depuis le 24 février, Kharkiv, pas un seul jour, n’a été épargnée, ni des
bombardements d’artillerie, ni des attaques par missiles, ni des frappes aériennes, mais
de nombreuses tentatives de prendre la ville d’assaut ou de l’obliger de capituler n’ont
eu, n’ont ou n’auront jamais aucune chance de réussir grâce au courage des militaires
ukrainiens et à la fermeté des Kharkiviens.
Plus d’un mois de destruction, de douleur, de souffrance et de pertes, plus de
1 000 bâtiments démolis, y compris immeubles d’habitation, écoles maternelles et
primaires, hôpitaux, des endommagements considérables connus sur d’autres édifices
civils et sur l’infrastructure de la ville, dont le fonctionnement assure la vitalité, en effet,
de notre ville. Plus d’un mois de détermination, d’abnégation, d’espoir et de certitude,
c’est grâce à ces qualités que les services communaux de Kharkiv continuent, même
sous les bombardements, à faire l’incroyable, en assurant autant qu’elle peut l’assurance
médicale ou l’approvisionnement en gaz et en eau et en effectuant des travaux de
réfection.
En ce moment tellement difficile, nous sommes extrêmement sensibles au
soutien de la part de nombreux partenaires, amis, à l’étranger, qui nous inspirent non
seulement à défendre notre Ville, mais aussi à la reconstruire et à la rénover après la
cessation des actions de combat. (C’est un sujet sur lequel nous allons travailler avec
d’autres Villes.)
Incontestablement, la solidarité/le soutien de la part de la belle Ville de Lille, l’une
des premières Villes sœurs de Kharkiv, avec laquelle nous sommes liés par des
décennies d’une interaction constructive, revêt une importance exceptionnelle.
C’est donc avec une grande émotion et une inspiration particulière que les
Kharkiviens ont perçu votre initiative sans précédent de voir la Ville de Kharkiv comme
Citoyenne d’Honneur de Lille. Je peux vous dire avec certitude que Kharkiv et ses
habitants seront dignes de ce haut statut.
L’Europe est notre maison commune et la liberté, l’indépendance, la démocratie,
le respect réciproque, l’intercompréhension et la volonté de vivre ensemble sont nos
valeurs communes.
En saisissant cette occasion, je vous prie de bien vouloir transmettre les amitiés
et la gratitude de la part des Kharkiviens aux élus municipaux de Lille et à tous les
habitants de la Ville de Lille. »
9
Voilà le courrier d’Igor TEREKHOV.
En accordant – c’est la première fois que nous le faisons à Lille – à une Ville,
Kharkiv, le titre de Citoyenne d’Honneur, nous honorons à la fois le combat que mènent
ses habitants, militaires ou civils, contre les Russes, mais nous leur accordons aussi notre
soutien.
Nous ne votons pas sur cela, ce n’est d’ailleurs jamais arrivé, c’est une première,
je vous propose simplement d’applaudir les Kharkiviens et les Kharkiviennes.
(Vifs applaudissements).
Je crois que c’est un moment d’émotion pour nous tous et particulièrement pour
les familles qui sont là et pour l’interprète qui est avec elles.
Juste vous redire que nous avons depuis le début, Monsieur le Consul, été là,
dès le premier jour, nous avons essayé d’agir au plus vite, Kharkiv étant la première ville
attaquée. Comme vous le savez, après avoir trouvé 250 places dans la ville appartenant
à la Mairie de Lille, très vite, nous nous sommes rendu compte que de nombreux
Ukrainiens, des centaines peut-être, viendraient dans notre Ville, et nous avons fait un
appel aux Lillois, aux Métropolitains, pour héberger des Ukrainiens le 27 février.
Nous avons reçu plus de 3 000 réponses qui proposent 5 000 places
d’hébergement. Ainsi, à ce jour, grâce à cette solidarité, la Ville a déjà accueilli
642 réfugiés et 586 sont hébergés aujourd’hui dans une famille.
Je voudrais à nouveau saluer et remercier toutes les familles qui hébergent
aujourd’hui ces familles ukrainiennes, dire que tout se passe très bien ; on a les petits
bobos de la vie quotidienne : un enfant qui a perdu des lunettes, une grand-mère qui a
de la fièvre, savoir comment régler tel ou tel problème, mais globalement, les familles
accueillantes trouvent remarquable le courage des familles accueillies et tout le monde
commence à parler ukrainien dans notre Ville, comme les Ukrainiens commencent à
parler français, c’est assez étonnant, notamment dans les écoles.
Je voudrais donc remercier tout le monde et vous dire pour l’ensemble du Conseil
Municipal combien nous sommes fiers de voir que dans notre Ville, dans notre métropole,
tant de familles se sont mobilisées. Nous le verrons ce soir aussi par des dons financiers,
mais surtout par cet accompagnement que nous avons, dès le début, dit comme devant
être long et devant, bien évidemment, apporter le gîte et le couvert à ces familles.
Nous avons essayé vraiment de faire du « cousu main », c’est-à-dire de trouver
pour chaque famille la famille qui lui convenait le mieux, y compris en prenant l’âge des
enfants en compte.
Je voudrais remercier tous les élus, les agents municipaux, mais aussi les
bénévoles de la Croix-Rouge, les interprètes – la communauté ukrainienne a été
formidable, nous avons eu 22 interprètes immédiatement pour accueillir nos familles,
parlant ukrainien et, pour certains, russe –, parce que grâce à eux, à elles, nous avons
pu avoir des relations très rapides.
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Je voudrais particulièrement remercier Sébastien DUHEM, Adjoint qui s’occupe
des relations avec les familles, Stephan KUTNIAK, qui coordonne l’ensemble des
opérations dans tous les domaines (santé, école, vaccins, j’en passe et des meilleurs),
et ma Directrice de Cabinet, Mélissa, qui fait tout le reste, c’est-à-dire beaucoup de
choses.
Nous avons très rapidement pu faire les démarches administratives. La
Préfecture a accepté que nous créions deux guichets dédiés à la Ville de Lille, avec des
agents de la Ville de Lille, Monsieur le Directeur Général, pour aller plus vite, et
aujourd’hui, toutes les familles ukrainiennes à Lille ont la protection temporaire – sauf
ceux qui arriveraient aujourd’hui, mais tous autrement. Cela veut dire qu’au-delà des
6,26 € par jour et par personne qu’elles reçoivent, elles ont la couverture de protection
sociale, ce qui est vraiment très important, la possibilité de travailler et elles auront la
possibilité de recevoir l’APL (aide au logement) lorsqu’elles voudront prendre leur
autonomie.
En ce qui concerne la scolarisation, 172 enfants sont déjà scolarisés, et je vois
là une petite fille qui vient d’arriver et qui rentrera à l’école dès le retour des vacances et
un jeune homme qui rentrera au lycée, là aussi, dans 15 jours, à qui on va faire passer
les tests la semaine prochaine.
Beaucoup d’initiatives suivent, je n’en rajoute pas. Je voudrais simplement vous
dire aussi que nous avons mis en place une bourse d’emploi ; il y a déjà une soixantaine
de personnes qui veulent travailler et une vingtaine d’entre elles sont déjà au travail, avec
des contrats de travail signés. Rien n’est laissé de côté, pas plus le sport, la culture, les
loisirs.
Je voudrais aussi remercier l’ensemble des Lillois qui prennent des initiatives,
sachant que nous-mêmes avons mis à disposition une salle par mairie de quartier pour
que les familles ukrainiennes puissent se retrouver quand elles le voudront. C’est là aussi
qu’à partir de la semaine prochaine auront lieu les cours de français, car là aussi, nous
avons eu beaucoup de réponses de professeurs de français, notamment de français
langue étrangère, qui pourront donner ces cours aux familles qui le souhaitent.
Je voudrais dire à Monsieur le Consul, vous le savez, que jusqu’au bout, nous
serons là, et puis, ensuite, il faudra aider toutes ces villes à se reconstruire, aider les
familles qui souhaitent rester ici, aider les familles qui voudront pour la plupart retourner
dans leur pays, en tout cas nous ne lâcherons rien et nous serons là auprès de vous
jusqu’à ce que tout le monde retrouve la liberté, parce que même quand on est en sécurité
à Lille, on pense d’abord à ceux qui sont restés là-bas, on pense à sa ville, à son
immeuble qui est parfois détruit, à une vie qui est totalement changée. Nous essayons
d’apporter le maximum d’humanité et d’attention, pour qu’il y ait un peu de douceur dans
ces malheurs. Je crois que c’est vraiment ce que tout le monde essaye de faire dans
notre Ville, et je voudrais, encore une fois, remercier toutes les familles accueillantes.
Nous allons nous en arrêter là en ce qui concerne l’Ukraine. Vous pouvez rester,
mais si vous souhaitez repartir, vous pouvez le faire.
Stephan va raccompagner Monsieur le Consul et les familles.
Merci beaucoup, Monsieur le Consul ; à bientôt.
11
(Départ de Monsieur le Consul et des familles ukrainiennes
sous les applaudissements)
Quelques informations que je vais donner rapidement dans ces communications,
puisque nous avons tous décidé que nous allions être rapides aujourd’hui, mais vous
reconnaîtrez que la situation en Ukraine, comme l’hommage à donner à Patrick
GOLDSTEIN, nécessitaient un peu de temps.
(Projection de diapositives)
Jean-René LECERF, qui a été Conseiller Municipal de Lille et chef de
l’Opposition, a été auparavant Maire de Marcq-en-Barœul, Sénateur du Nord, Président
du Conseil Départemental, vient de se voir confier la Présidence du Conseil de la Caisse
nationale de la Solidarité pour l’Autonomie, cinquième branche de la Sécurité sociale. La
CNSA gère 34 M€. J’ai donc aussitôt joint Monsieur LECERF, à la fois pour le féliciter,
mais aussi pour lui parler de notre projet d’EHPAD, qu’il va, j’en suis sûre, nous aider à
porter et à monter.
Un mot aussi pour dire que nous sommes heureux que l’Université de Lille ait vu
son label I-SITE (Initiatives-Science – Innovation – Territoires – Économie) reconduit le
10 mars dernier ; il est très important qu’il en soit ainsi.
De la même manière, l’enseignement supérieur, le 1er janvier 2022, a créé
l’Établissement public expérimental, qui regroupe l’Université de Lille et quatre grandes
écoles, de nombreux élus s’en sont occupés :
- l’École supérieure des arts et industries textiles ;
- l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage ;
- l’École supérieure de journalisme de Lille ;
- Sciences-Po Lille.
Nous avons maintenant une très grande université, reconnue, et nous félicitons
encore Régis BORDET, son Président, et ses équipes.
Le Gouvernement a annoncé le 18 mars dernier les 30 lauréats de la deuxième
vague de l’appel à manifestation « démonstrateurs de la ville durable », qui vise à faire
en sorte de partager aussi les initiatives prises par des collectivités sur ce problème
majeur de la ville durable.
La Métropole Européenne de Lille est lauréate sur le projet que la Ville de Lille a
présenté avec elle avec La Fabrique des Quartiers pour le projet « Lille quartiers anciens
– secteur Iéna-Mexico ». Je voudrais remercier Estelle RODES, qui a beaucoup
contribué à cela.
Nous sommes très contents que Lille soit retenue pour cette nouvelle vague
parce que nous voyons que les objectifs du PCAET et du Pacte Lille bas carbone, ma
chère Audrey, ce ne sont pas des documents que nous signons, ce sont des réalités que
nous mettons en place quotidiennement, en tout cas que nous essayons de mettre en
place.
12
Toujours sur un sujet proche, le CHU de Lille a obtenu la labellisation THQSE
« Très Haute Qualité Sanitaire, Sociale et Environnementale », niveau or, donnée par un
organisme indépendant. Cela montre que les initiatives écoresponsables sur le plan des
achats, du recyclage et de la promotion des mobilités douces sont aujourd’hui des
priorités du CHU qui en a été félicité et remercié, comme d’ailleurs – cela a été souligné
– la prise en charge bien traitante des patients et l’accueil des familles.
Un petit mot pour une personnalité du CHU, le Pr Frédéric GOTTRAND, dont on
ne parle pas assez souvent, pédiatre et spécialiste de l’atrésie de l’œsophage,
malformation qui touche un enfant sur 3 000 : il est classé à la deuxième place mondiale
des meilleurs experts dans ce domaine. Il faut que nous le disions pour montrer que notre
CHU est à la pointe dans beaucoup de domaines et c’est également reconnu au niveau
mondial.
Les 18 et 20 février derniers, nous avons subi deux tempêtes, Eunice et Franklin,
d’une violence assez incroyable, puisque 162 arbres ont été fortement touchés sur
différents sites de la Ville : dans les cimetières, au parc de la Citadelle (40 arbres) et au
presbytère Saint-Maurice-des-Champs (rue Saint-Gabriel) dont on a beaucoup entendu
parler. Au total, 107 arbres ont basculé, été cassés ou été fortement déstabilisés et ont
dû être abattus, et 55 ont quant à eux subi de grosses ruptures de branches. Inutile de
dire que nous les surveillons plus particulièrement.
Je voudrais profiter de ce Conseil Municipal pour remercier tous les agents de la
Ville, parce que malgré les risques et alors que les dégâts ont été considérables (on parle
des arbres fortement touchés, mais il y avait toutes les branches tombées et les brindilles
qui jonchaient la ville), 30 d’entre eux sont allés sur le terrain pendant les trois jours de
cette tempête. On les voit ici, le premier jour, rue Saint-Gabriel, tronçonner l’arbre qui
avait coupé la rue en deux. Tout a été mis œuvre dans les délais les plus rapides pour
retrouver une sécurité dans l’espace public et que l’on puisse ensuite traiter le bois, lequel
est valorisé, transformé en copeaux ou en broyats afin de recouvrir les parterres, par
exemple. Nous avons aussi pensé depuis un an que les grands troncs pouvaient être
gardés et utilisés comme mobiliers urbains ou refuges pour la faune – c’est notamment
ce que nous faisons au sein de la Citadelle. Tous les arbres tombés seront remplacés
dès la prochaine saison de plantations.
J’en profite pour faire un point rapide sur la saison de plantations. Je vous
rappelle que l’objectif que nous nous étions fixé était de planter 20 000 arbres d’ici à
2026. 3 628 l’ont été l’année dernière. En prenant en compte les actions directes de la
Ville et celles réalisées par des associations avec qui nous travaillons, 17 000 arbres ont
été plantés cette année, dont 15 000 en micros-forêts. Depuis le début du mandat, ce
sont donc plus de 17 000 jeunes plants d’arbres pour créer six micros-forêts urbaines et
4 000 arbres d’ornement, mais cela ne fait que commencer.
Le bilan a été très bon. La patinoire a fait un carton – tout a fait un carton. Il y a
eu 43 500 entrées en 27 jours d’ouverture, puisqu’il y a eu des fermetures liées au temps.
Nous avons bien fait de mettre Lille Neige en février, car tous les enfants et familles qui
ne partent pas en vacances ont pu en profiter.
Pour vous faire un petit point Covid, on a de quoi continuer à s’inquiéter et être
prudents. En plein cœur des premières vagues, il n’y avait pas les vaccins à la hauteur
d’aujourd’hui, mais dès que l’on dépassait 250 de taux d’incidence, on considérait être
13
dans une phase difficile. Aujourd’hui, nous sommes à 1 335 à Lille, bien en dessous
d’autres villes de la Métropole ou de la Métropole, mais c’est un chiffre extrêmement
élevé. Il a augmenté ces dernières semaines, y compris au sein de la mairie : 166 agents
sont positifs cette semaine contre 106 la semaine dernière et 72 sont à l’isolement.
Continuons à faire attention.
Nous avons accueilli Jean-Luc ROMERO, le Président de l’association Élus
Locaux Contre le sida. Nous sommes fiers d’avoir reçu de ses mains le label « Ville
engagée contre le sida ». La pandémie a fait oublier les risques du VIH et du sida. Alors
que 2 100 personnes meurent chaque année du sida, il est temps de reprendre
l’information et la prévention. Aujourd’hui, lorsqu’un VIH est reconnu, nous savons que
les traitements actuels permettent de vivre normalement et que les espérances de vie
sont de même nature. On peut donc vaincre le sida, mais en faisant en sorte que chaque
personne porteuse du VIH puisse être traitée pour ne pas le transmettre à d’autres. Ce
VIH est notamment porteur de sida dans les pays africains où, malheureusement, les
médicaments et traitements manquent.
J’en termine en vous disant que nous avons complété les données de l’open data
de la Ville pour la culture. Lors du dernier conseil, nous avions présenté les données du
Musée d’Histoire Naturelle et de l’Hospice Comtesse. Il s’agit cette fois de l’inventaire des
sculptures conservées au Palais des Beaux-Arts. Dans la plupart des musées, il y a
énormément de différences entre le nombre d’œuvres et celui de celles exposées ; au
Palais des Beaux-Arts, ce sont 60 000 œuvres, mais seulement 2 000 sont proposées à
la visite. Par cet open data, on a donc de quoi montrer à tous ceux qui le souhaitent les
merveilles de nos musées. Nous allons continuer à mettre en ligne des données
publiques dans tous les domaines, comme je vous l’annonce à chaque fois.
L’actualité va rapidement vous être présentée à travers une vidéo ; puis, nous
passerons aux dossiers de notre Conseil Municipal.
(Vidéo rétrospective des événements passés)
Certains dansaient… Cela augure bien de la tonalité de notre conseil !
Mes chers collègues, nous allons tout de suite rentrer dans le vif du sujet.
Je vais passer la parole à Charlotte BRUN pour la présentation des actions de la
ville éducatrice et du nouveau groupe scolaire de la Porte de Valenciennes.
Chemise 6
ÉCOLES Rapporteur : Charlotte BRUN
Adjointe au Maire
22/148 Création d'un nouveau groupe scolaire "Porte de Valenciennes" - Rue de
Trévise à Lille.
Madame BRUN - Merci, Madame le Maire. Bonsoir à toutes et tous.
14
Ce soir, plusieurs délibérations illustrent l’ambition forte de la Majorité municipale
en direction des enfants et de l’éducation pour que chacun ait, dès sa naissance, les
meilleures conditions pour s’épanouir, s’éveiller et apprendre. C’est le sens de l’appel à
projet Parentalité dont nous votons les subventions ce soir, mais aussi d’une délibération
qui fait le point sur notre stratégie globale autour du petit-déjeuner, articulée en lien avec
ma collègue Karine TROTTEIN autour de quatre axes :
- les petits-déjeuners gratuits à l’accueil du matin ;
- la possibilité pour tous les enfants à l’école primaire d’avoir un fruit à la
récréation du matin ;
- des ateliers petits-déjeuners par série de trois pour 66 classes de la ville de
Lille ;
- l’expérimentation de petits-déjeuners en temps de classe sur deux écoles :
l’école maternelle Béranger-Hachette et l’école élémentaire Chénier-
Séverine.
Ce Conseil Municipal est aussi l’occasion de se réjouir de deux bonnes nouvelles.
La première est l’octroi par l’État du label de la deuxième « Cité éducative »,
après la première que nous avons sur le sud de Lille. Ce label vient saluer et soutenir
notre politique volontariste en direction des enfants et de l’égalité des chances, en
permettant un renforcement du maillage partenarial entre tous les acteurs éducatifs, en
soutenant des actions pilotes à hauteur de 435 000 € autour :
- de la parentalité,
- des césures,
- de l’entrée en école maternelle,
- de la jonction entre la troisième et la seconde,
- de l’insertion dans la voie professionnelle,
- du soutien dans les difficultés via le mentorat, par exemple.
Cette deuxième Cité éducative sera accueillie sur les territoires de Fives et
Moulins.
La deuxième bonne nouvelle est l’ouverture à la rentrée prochaine du groupe
scolaire Porte de Valenciennes, qui se dotera d’un nom dans l’année. Cette école est
attendue dans le quartier – les habitants sont d’ailleurs très nombreux à y inscrire leur
enfant. Le bâtiment sera passif et éco-responsable, accueillant progressivement :
- 16 classes (neuf élémentaires et sept maternelles),
- un restaurant scolaire,
- une salle multi-activités,
- un terrain d’évolution sportif,
- une cour totalement perméable, végétalisée, avec un jardin d’ombre frais et
un verger. C’est dorénavant ainsi qu’elles sont réalisées – certains d’entre
vous ont pu les visiter récemment,
- un amphithéâtre permettant d’accueillir une classe à l’extérieur, quand les
enseignants et enfants le souhaiteront.
La particularité de ce nouveau groupe scolaire est la manière dont il a été pensé
et construit. D’une part, nous avons travaillé les abords, la cour d’école, ainsi qu’un
certain nombre d’équipements avec les enfants du quartier qui ont été consultés. D’autre
part, le projet architectural épouse complètement l’ambition pédagogique d’une équipe
15
d’enseignants-chercheurs nommée sur cette école, venue nous voir il y a cinq ou six ans.
Nous avons pensé l’école avec les enseignants qui l’ouvriront.
Pour parler de ce projet pédagogique basé sur la collaboration et la participation
de chacun, les liens intergénérationnels et la transition écologique, il n’y a rien de mieux
que d’écouter Nicolas ROUSSEAU, qui sera le directeur de cette école, qui nous fait une
petite visite de chantier en quelques minutes.
(Projection d’une vidéo)
La vidéo globale dure 12 minutes, nous l’avons donc coupée, mais je vous invite
à la consulter sur le site de la Ville pour en savoir plus.
Cette école aura un certain nombre d’espaces de loisirs : un extérieur avec une
cour partagée entre les maternelles et élémentaires – cela fait partie de la richesse du
projet – et des coursives à tous les étages.
Cette école est très attendue. On s’apprêtait à n’ouvrir que le CP et les petites
sections ; aujourd’hui, quasiment tous les niveaux le seront. Environ 160 enfants sont
attendus à la rentrée, c’est-à-dire bien plus que ce qui était prévu, car les habitants du
quartier connaissent l’équipe pédagogique, la force du projet et la particularité de cette
école. Je m’en félicite.
Cette concertation est par ailleurs à l’image de celle que nous menons
actuellement autour du Projet Éducatif 4.
Notre feuille de route éducatrice est en pleine concertation depuis juin dernier et
c’est encore le cas aujourd’hui. Je remercie, avec mes collègues chargés de l’éducation
– Évelyne NOVAK à Hellemmes et Olivier CAREMELLE à Lomme, tous ceux qui y
participent activement :
- les parents d’élèves : plus de 1 000 d’entre eux ont répondu aux
questionnaires en ligne et ils sont nombreux à venir aux ateliers organisés
dans les trois communes ;
- les acteurs éducatifs qui continuent d’avoir des réunions de travail ;
- les enfants qui ont planché pendant plusieurs jours d’ateliers et qui
participent par ailleurs activement à la consultation Unicef ;
- les conseillers de quartier qui ont également travaillé en lien avec
Sébastien DUHEM sur ce Projet Éducatif 4.
C’est donc une belle concertation qui augure d’un projet partagé que nous
voterons au prochain Conseil Municipal.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
La parole est à Madame BRULANT-FORTIN.
Madame BRULANT-FORTIN - Merci Madame le Maire.
Cette future école Porte de Valenciennes, c’est très prometteur :
- des architectes qui se réunissent avec des enseignants-chercheurs ;
- des classes modulables ;
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- une école avec une salle parents ouverte aux associations du quartier.
Vous savez à quel point nous sommes attachés à la polyvalence des lieux, c’est-
à-dire que les bâtiments municipaux soient ouverts plus largement aux habitants soirs et
week-ends.
Une seule inquiétude demeure à ce stade : le niveau de bruit au passage du
métro aérien, puisque l’école se situera juste en dessous. Une proposition : faire
repeindre le viaduc du métro avec des fresques ou du street art, par exemple.
C’est aussi l’occasion de vous donner notre avis – même si vous ne nous l’avez
pas demandé – sur votre prochain Projet Éducatif Global, donc vos priorités pour les
écoliers lillois et de vous redire notre conviction de l’importance du lien avec les parents
et de celle d’ouvrir les écoles sur les quartiers.
À ce sujet, le retrait de la délibération qui actait du déplacement de l’école Florian-
Moulin-Pergaud de Lille-Sud pour la reconstruire près de la Chambre des métiers est un
grand soulagement. Les familles avaient eu droit à une petite enquête en ligne de trois
jours en novembre 2020 dont aucun résultat n’a été rendu public. Le conseil d’école vous
avait demandé un plan de programmation du projet qu’il n’a jamais eu. L’école actuelle,
certes, est vétuste, mais ce n’est pas un argument suffisant pour la déraciner. Je salue
la qualité du dossier qui nous a été envoyé par l’Association des 2 faubourgs pour nous
alerter juste avant le Conseil. J’entends que Madame le Maire a également apprécié la
qualité du dossier et souhaite tout remettre sur la table, y compris la localisation ; nous y
veillerons.
Deuxième conviction pour le Projet Éducatif Global : il faut continuer à investir
dans l’accès à la culture – Lille le fait déjà très bien – car les écarts de pratiques des
familles sont les plus manifestes dans le champ culturel. Nous avons d’autres priorités :
il faut tout faire pour que tous les petits Lillois qui rentrent en sixième soient nageurs et
cyclistes. Sans oublier l’anglais : nous sommes impatients de voir le plan anglais annoncé
aux municipales prendre vie dans les écoles.
Troisième et dernier point : que les enfants aillent à l’école publique ou privée, ils
sont tous des petits Lillois. Nous souhaitions vérifier ce soir la qualité des liens avec les
écoles privées sous contrat ; la Ville est-elle à leurs côtés lorsqu’ils souhaitent végétaliser
leur cour d’école ou les abords ? des rues scolaires fermées à la circulation ?
Un zoom rapide sur cette très belle nouvelle de la deuxième Cité Éducative pour
Lille.
Nous sommes tous d’accord pour mettre le paquet sur l’école qui reste trop
inégalitaire en France. C’est bien pour cela que le Gouvernement a fait de l’éducation
une grande priorité. Nous nous félicitons ce soir de cette validation de la seconde Cité
Éducative. Cela veut dire concrètement 435 000 € de subventions pour les enfants de
Moulins et de Fives, sans oublier les collégiens de Miriam Makeba et Boris Vian.
Lancées en 2019 sur 80 territoires de France, dont Lille-Sud, le premier bilan de
ces Cités Éducatives est encourageant. Nous voulions néanmoins partager une vigilance
pour les 16-25 ans qui restent dans un angle mort, car la plupart des actions concernent
les 3 à 16 ans.
17
Je termine cette intervention sur l’éducation avec la question des petits-déjeuners
gratuits à l’école.
C’est évidemment une mesure phare de la stratégie nationale de prévention et
de lutte contre la pauvreté, puisqu’un enfant qui commence la journée le ventre vide ne
peut pas apprendre dans de bonnes conditions. De plus, selon une étude du Crédoc, un
enfant sur quatre part à l’école sans avoir pris son petit-déjeuner. Les populations
défavorisées sont les plus touchées.
Aujourd’hui, 300 000 petits Français bénéficient déjà des petits-déjeuners, deux
à trois jours par semaine en moyenne.
Je pense qu’il est important que l’on se redise bien ce soir que l’objectif des petits-
déjeuners gratuits, qui concernent les quartiers prioritaires, est bien d’impliquer fortement
les parents dans le dispositif, mais aussi de profiter de la souplesse de ce dernier : Lille
le fait déjà sur les temps de la garderie avant 8 heures, mais surtout sur le temps scolaire.
Cela peut être, par exemple, un seul petit-déjeuner par semaine dans les écoles, ouvert
aux parents volontaires, que l’on peut venir compléter d’un moment convivial sur
l’hygiène, la nutrition, etc. Le but n’est surtout pas que l’école se substitue aux parents,
mais bien de les inciter à prévoir un petit-déjeuner avec leurs enfants.
Je dois simplement vous dire que nous sommes très déçus que Lille ne s’y mette
réellement que maintenant et uniquement dans deux écoles. Un travail de conviction
reste à faire pour que les enfants et familles de Lille bénéficient pleinement de cette très
belle mesure nationale.
Je vous remercie. Nous souhaitons pleine réussite aux équipes de la Direction
Éducation de la Ville pour ce quatrième Projet Éducatif Global.
Madame le Maire - Bravo Madame BRULANT-FORTIN, vous êtes pile en
dessous des cinq minutes !
Tout le monde a compris qu’il y avait une campagne électorale et que l’on votait
dimanche. Il serait correct – d’ailleurs, nous sommes dans une période où nous devons
l’être – de ne pas faire la campagne du Gouvernement ou nous-mêmes de ne pas
attaquer le Gouvernement dans ce Conseil Municipal. Des règles doivent être
respectées. La campagne se fait à l’extérieur. Nous sommes dans une période de
réserve. Donc, si on pouvait éviter que les deux tiers des interventions soient pour louer
la politique menée par le Gouvernement… Je vous rappelle que l’éducation est la priorité
n° 1 de la Ville. Il est donc difficile de nous donner des leçons en la matière. Essayons,
les uns et les autres, de respecter cette règle.
Je salue également le travail fait par les habitants sur Moulin-Pergaud, mais je
ne peux pas vous laisser dire qu’ils n’ont été consultés qu’en 2020. Dès 2017,
Alexandra LECHNER, chargée des écoles, Jacques RICHIR, président du quartier Lille-
Sud, et moi-même avions mené des réunions avec les parents – aussi bien du sud de
Moulins que de Lille-Sud – pour parler de ce dossier. Il y a eu beaucoup de réunions
avant le Covid, mais ce ne sont plus les mêmes parents aujourd’hui. Ce ne sont plus
exactement les mêmes hypothèses d’enfants que nous avons devant nous. De ce fait,
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même si ce document comportait quelques inexactitudes, je le trouve particulièrement
intéressant.
C’est donc en toute sincérité que nous remettons sur la table ce dossier, que
nous allons le retravailler. Par exemple, nous avons déjà réalisé une étude sur la pollution
qui montre que le nouvel endroit n’est pas plus pollué que l’ancien. Beaucoup d’autres
sujets sont à mettre sur la table. Nous allons relancer la concertation avec les habitants.
Il est tout à fait normal de les entendre et les écouter quand un travail est fait de cette
manière, c’est-à-dire sans monter des coups ou raconter des cracs, mais au contraire
très sérieux. C’est la raison pour laquelle nous avons retiré les deux délibérations à ce
Conseil Municipal.
Je mets au vote les délibérations.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Je vous remercie.
Adoptée.
Je passe la parole à Julien PILETTE pour nous présenter notre projet d’économie
circulaire. Nous en parlons souvent, mais c’est la première fois que nous avons une feuille
de route sur plusieurs années qui va nous guider pendant cette période.
22/146 Versement de subventions à l'OCCE du Nord.
22/147 Dispositif Petits déjeuners - Approbation de la convention entre la Ville de
Lille et l'Education Nationale.
22/149 Quartier Lille-Fives - Travaux de création d'une école en bâtiments
modulaires - Autorisation de signer les marchés.
22/150 Acquisition, installation et maintenance d'Ecrans Numériques Interactifs
(ENI) et matériels et prestations associés pour la Ville de Lille et ses
Communes associées Lomme et Hellemmes et la Caisse des Ecoles -
Autorisation de signature du marché.
Adoptées.
ACTIVITÉS PÉRISCOLAIRES
22/151 Prestations extrascolaires, périscolaires et restauration scolaire -
Remises gracieuses.
Adoptée.
19
RÉUSSITE ÉDUCATIVE
22/152 Label national "Cité éducative" - Territoire des quartiers de Lille-Moulins
et de Lille-Fives.
Le Conseil Municipal prend acte.
FAMILLES
22/153 Parentalité - Subventions 2022.
Adoptée.
Chemise 28
ECONOMIE CIRCULAIRE Rapporteur : Julien PILETTE
Conseiller Municipal délégué
22/221 Feuille de route lilloise pour l'économie circulaire 2022-2026.
Monsieur PILETTE - Merci Madame le Maire.
J’ai l’honneur de vous présenter la feuille de route lilloise de l’économie circulaire
que je vous propose d’adopter ce soir. Elle découle de la stratégie métropolitaine, mais
également de la stratégie lilloise pour le climat.
L’économie circulaire est un sujet qui cadre parfaitement avec la stratégie de
l’équipe municipale, de plus-values environnementales et sociales conjointes.
Elle concerne nos trois communes, Lille, Lomme et Hellemmes, qui ont contribué
à sa rédaction, chers Roger et Franck.
Comme à notre habitude, nous avons mis en œuvre un travail collaboratif en
invitant un millier de structures à s’impliquer, dont 150 ont participé aux réunions et 100
ont formulé des propositions. J’en profite pour remercier les services, Caroline, Laurence
et leurs équipes, qui ont mis énormément d’énergie et de cœur à la réalisation de ce
travail.
Merci également à tous les élus qui ont apporté leurs contributions dans leurs
délégations. L’économie circulaire est un sujet vaste et transversal qui se retrouve
directement ou indirectement dans presque tous les services de la Ville et toutes les
délégations.
Je ne vais pas développer les arguments des résultats positifs qu’engendre le
développement d’une économie circulaire, tant aux niveaux environnemental, social,
qu’économique : performance climatique, préservation des ressources, solidarité,
emploi, insertion, innovation, ... Vous n’êtes pas à convaincre.
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Bien que j’ai l’honneur de porter la première délégation d’économie circulaire, ce
sujet est loin d’être nouveau à Lille. C’est une culture solidement ancrée chez nous,
notamment avec la Braderie.
Le traitement de ce sujet à tous les échelons territoriaux est très encourageant.
En effet, de l’échelon européen à local, nous sommes enfin tous d’accord pour porter une
politique ambitieuse à ce sujet. Ainsi, comme la compétence économique est à la
Métropole, nous nous sommes basés sur la stratégie de la MEL pour bâtir la nôtre, en se
concentrant sur les particularités de nos compétences communales.
Concernant le pilotage de cette feuille de route et son évaluation, nous allons
nous appuyer sur la méthodologie ADEME pour aller chercher la labellisation récemment
mise en place.
Nous aurions pu faire un document de 50 pages si nous avions présenté ou
représenté les actions concernant la thématique dans la politique municipale déjà mise
en place. Nous avons choisi de nous concentrer sur les nouveautés ou renforcements.
Ainsi, vous retrouvez de l’économie circulaire dans le SPASER, les stratégies
EES et plan de mobilité employeur, la stratégie commerce, la déclaration commune avec
les opérateurs téléphoniques et bien évidemment dans le Pacte Lille bas carbone.
Nous avons retenu quatre priorités que je vais survoler ce soir, car vous avez
déjà lu le détail dans le document annexe à la délibération. Il sera mis à disposition de
tous sur le site Internet de la Ville après adoption.
Priorité n° 1 : ancrer l’économie circulaire dans le territoire lillois.
Il s’agit d’animer, former, recenser, promouvoir. Cela concerne autant les
habitants, les associations que les commerçants. Nous avons travaillé sur l’accès au
foncier pour les acteurs – sujet très en tension –, la logistique urbaine – majeure dans le
flux des matières –, mais également sur l’exemplarité de la Ville (sobriété, réemploi,
achats publics.)
Je m’arrête rapidement sur un projet que nous portons avec la MEL et l’EPF et
qui fait l’objet d’une étude portée par Plateau Urbain, mais aussi Co-Porteurs et les
Saprophytes : l’ancien site de Castorama Hellemmes.
C’est un bâtiment de 13 000 mètres carrés pour lequel nous avons décidé d’une
occupation transitoire autour de l’économie circulaire, avec un village du réemploi et une
déchetterie inversée. Le travail est en cours et vous en saurez plus d’ici l’été.
Priorité n° 2 : renouvellement de la Ville (urbanisme, BTP).
Nous voulons contribuer à permettre aux acteurs de la construction et
déconstruction de favoriser le réemploi local des matériaux. Avec la MEL et l’Université,
nous participons notamment à la chaire industrielle Reconvert, afin d’identifier les
gisements de matériaux, la connexion entre les acteurs, en vue d’un réemploi en circuit
court. Avec la MEL, nous souhaitons aussi travailler à accroître l’utilisation du réseau
d’eau industrielle que nous avons la chance d’avoir à Lille et étudier la valorisation des
eaux d’exhaure pour l’alimentation de ce dernier.
21
Priorité n° 3 : alimentation et matière organique.
Nous voulons aller plus loin dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et la
valorisation des biodéchets ; le généraliser dans tous les sites municipaux, avec l’appui
de la MEL. Nous souhaitons également travailler sur le développement de la consigne et
sa sensibilisation.
Priorité n° 4 : une consommation plus responsable.
Nous nous concentrons sur la consommation responsable, en développant
l’entretien et la réparation dans un programme nommé « Lille répare ». Nous allons par
exemple travailler avec les écoles sur la surcharge des machines à laver, leur entretien,
l’optimisation des produits de lessive, en vue d’augmenter la durée de vie des
équipements.
Le réemploi bien sûr, notamment en faisant en sorte de faciliter l’implantation de
différents types de ressourceries (jouets, sport, accessoires de santé, handicap), en lien
avec le travail sur les difficultés d’accès au foncier. Nous souhaitons mettre en avant les
artisans et commerçants qui montrent les meilleurs exemples.
Concernant la réparation, le spectre est large : entretenir, réparer soi-même, faire
réparer, donner pour réparation et utilisation par d’autres. L’exemple d’un de ces aspects
est l’accompagnement à l’autoréparation avec les repair’ cafés. Nous souhaitons
renouveler notre confiance en la MRES pour accompagner techniquement le réseau des
repair’ cafés lillois que nous animons. Nous délibérerons d’ailleurs ce soir à ce sujet.
Voilà une rapide présentation de l’ambition de cette feuille de route. Son
traitement doit cependant rester agile car l’économie circulaire est en perpétuelle
évolution. Nous restons à l’écoute de toutes les innovations à venir que nous pourrions
implanter ou expérimenter.
Pour terminer, j’aimerais en profiter pour rappeler que les projets d’économie
circulaire assez mûrs pour justifier de leur performance climatique peuvent candidater
encore 15 jours à l’AMI EuraClimats, lequel permettra de mettre en lumière les projets
dont nous avons besoin pour un avenir décarboné.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je passe la parole à Madame SPILLEBOUT.
Madame SPILLEBOUT - Bonsoir Madame le Maire, chers collègues.
Il faut reconnaître que cette feuille de route lilloise pour l’économie circulaire
2022-2026 est un document de qualité, structuré, s’articulant avec les stratégies
régionales et métropolitaines. Comme vous l’avez dit, c’est une première, et nous le
saluons réellement.
Elle s’intègre également dans le cadre législatif et les politiques publiques
nationales qui placent la France en Europe comme une véritable pionnière en matière
d’économie circulaire et de lutte contre les gaspillages.
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On rappelle le développement des éco-consignes :
- l’interdiction de destruction des invendus non alimentaires ;
- la création d’un indice de réparabilité et durabilité pour lutter contre
l’obsolescence programmée ;
- la création d’un fonds de réemploi et de prévention des déchets, destiné à
permettre l’ouverture de plusieurs milliers de ressourceries et recycleries ;
- l’interdiction des plastiques dans les fast-foods dès 2022 ;
- la fin de la mise sur le marché d’emballages en plastique à usage unique
d’ici à 2040.
Aussi, nous ne pouvons que nous retrouver dans les objectifs poursuivis par cette
feuille de route, comme sur la méthode affichée qui s’engage à associer les acteurs de
l’économie circulaire, les acteurs économiques, mais aussi les citoyens. C’est un point
essentiel à nos yeux car la nécessaire transition écologique, et en l’occurrence le
développement de l’économie circulaire, met en tension des modèles de production
dominants, comme des habitudes de consommation fortement ancrées.
Pour réaliser ces changements profonds et rapides de comportement, il est
impératif d’embarquer avec ambition, mais aussi bienveillance et indulgence, nos
concitoyens et l’ensemble des acteurs de l’économie circulaire.
Si je mets l’accent sur ce point de méthode, c’est vraiment que nous pensons
réellement qu’il est essentiel pour la réussite de la transition écologique d’embarquer
l’ensemble des habitants de Lille, Hellemmes et Lomme dans cette feuille de route de
l’économie circulaire.
Au-delà de cette préoccupation de méthode, tout de même un regret : l’absence
de chiffrage des objectifs à atteindre pour évaluer l’impact de la feuille de route, même si
vous mentionnez vouloir suivre cet impact. Il n’y a pas de chiffres des moyens mobilisés,
du budget, alors même que cette feuille de route émane de la Commission des Finances
de notre Conseil Municipal.
Donc, rassurez-nous, Madame le Maire, pour que cette feuille de route ne soit
finalement pas seulement une déclaration d’intention.
Nous voterons bien sûr pour cette délibération, mais nous attendons que la
déclinaison en plan d’action chiffré soit soumise au vote d’un de nos prochains conseils
municipaux en 2022, nous le souhaitons ; qu’elle soit ainsi enrichie des informations
indispensables à la crédibilité de la feuille de route et à notre capacité à nous, en tant
qu’élus de la Majorité et de l’Opposition, d’en suivre le déroulement et les résultats.
Enfin, vous le savez, nous tentons régulièrement à Faire Respirer Lille d’apporter
toujours une proposition et une contribution constructive dans nos interventions.
Monsieur PILETTE, vous êtes à l’écoute sur les innovations , vous l’avez dit, je
veux alors vous toucher un mot du sujet du réemploi et du recyclage pour les matériels
médicaux pour les personnes en situation de handicap tels que les fauteuils roulants et
les lits médicalisés.
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L’économie circulaire peut apporter des solutions, proposer aux personnes dans
nos EHPAD ou dans des établissements spécialisés d’obtenir un matériel reconditionné,
conforme à toutes les normes de sécurité et d’hygiène, à un prix de 50 ou 70 % inférieur
au prix du neuf. C’est ce que font quelques entreprises pionnières en France, telles que
les coopératives ENVIE Autonomie.
Développer le recyclage des dispositifs médicaux est aujourd’hui possible grâce
aux lois votées, lesquelles permettent la prise en charge du financement de certaines de
ces aides techniques et même leur remboursement par la Sécurité sociale. Cela
représente de véritables économies sur des matériels qui sont parfois à adapter de façon
individuelle aux personnes en situation de handicap.
Maintenant que le cadre législatif existe, que la feuille de route lilloise également,
nous vous proposons que ce type d’action figure au sein de la feuille de route lilloise que
nous votons ce soir.
Madame le Maire - Je vous remercie.
La parole est à Monsieur CRÉPEL.
Monsieur CRÉPEL - Madame le Maire, Monsieur le Conseiller Municipal
délégué à l’économie circulaire, cher Julien, mes chers collègues.
Transformer nos modes de production et de consommation pour limiter les
impacts environnementaux et le gaspillage de nos ressources naturelles est essentiel ;
je dirais même que c’est vital, au vu des conclusions de la troisième partie du rapport du
Giec, sorti en début de semaine. Le Giec nous avertit : les émissions de gaz à effet de
serre doivent atteindre leur pic en 2025, dans trois ans. Cela signifie que l’ensemble des
leviers dont nous disposons doivent être activés maintenant.
L’histoire fait bien les choses : à un an près, cette feuille de route sur l’économie
circulaire se cale sur le tempo du Giec. Autant dire que pour être en phase avec leurs
recommandations, une mise en œuvre efficace et ultra volontariste est nécessaire pour
les Lilloises et Lillois.
Il me semble que vous aviez appelé notre collègue, Christiane BOUCHART, « la
papesse de l’économie sociale et solidaire », lors de l’inauguration de la Maison
Stéphane Hessel, malgré vos convictions laïques.
Madame le Maire - Vous reconnaîtrez que papesse et pape, ce n’est pas la
même chose : il n’y a pas encore de papesse dans la religion catholique.
Monsieur CRÉPEL - Notre collègue Christiane BOUCHART a entamé un travail
précieux lors du dernier mandat ; poursuivi par Julien PILETTE, il pourra être un tremplin
sur lequel s’appuyer.
Cette feuille de route nous rappelle les grands principes et objectifs (soutenir,
développer, animer, accompagner, favoriser et valoriser) ; objectifs qui, s’ils étaient
atteints dans leur entièreté, seraient une grande et belle performance.
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L’on constate déjà la poursuite d’un certain nombre de projets mis en place sous
le mandat précédent tels que la Fête de la récup’, l’appui à la Semaine européenne de
réduction des déchets, l’appui à la Braderie, le développement des repair’ cafés et leur
mise en réseau.
Dès lors, posons-nous la question : quelle est aujourd’hui la plus-value offerte
par cette délibération et quels sont les nouveaux projets de terrain ?
On peut saluer le projet d’occupation temporaire sur l’ex-site de Castorama à
Hellemmes, et plus globalement l’inclusion de l’urbanisme transitoire dans l’une des
feuilles de route.
Notre groupe vous avait interpellé plusieurs fois sur ce sujet l’an dernier, par
courrier et en Conseil Municipal. Vous aviez malheureusement refusé tout dialogue à
l’époque avec le collectif Gaïa, qui proposait l’occupation temporaire d’un bâtiment
municipal, rue des Meuniers, pour un projet social, culturel et environnemental. Alors,
c’est une satisfaction que de voir un paragraphe entier sur ce sujet et nous y serons
extrêmement attentifs.
Une proposition comme celle-ci, nous aurions voulu en voir fleurir d’autres au
cœur de cette feuille de route.
Une sérieuse contrariété – d’autres l’ont dit : pour l’instant, aucun chiffrage
budgétaire n’est indiqué pour les actions de ce plan ; aucun phasage jusqu’en 2026 ;
aucun indicateur d’évaluation. On espère que ce sera corrigé. C’est une réelle déficience
face à l’urgence climatique.
Madame la Maire, Monsieur le Conseiller, on ne transformera pas notre
économie avec les seules déclarations d’intention. On ne transformera pas notre
économie en présentant une feuille de route d’économie circulaire en Conseil Municipal
quand, dans le même temps, on porte des projets aux antipodes de l’économie circulaire
à Lille et à la MEL.
Je fais référence au centre commercial Lillenium, temple de la surconsommation
de produits fabriqués sans limites à l’autre bout de la planète, dans des conditions
sociales désastreuses, destructeurs des petits commerces de notre Ville ; un sacré
revers pour l’économie circulaire !
Je fais référence au projet d’Illies-Salomé et son entrepôt géant, porté par la
MEL : un autre sacré revers pour l’économie circulaire et ses boucles alimentaires
locales, face à un projet qui va bétonner des terres agricoles de notre Métropole.
Je fais référence au blocage politique que connaît le projet de la Zone à Faible
Émission, que vous citez dans la feuille de route ; encore un énième revers. Nous vous
serions reconnaissants de nous soutenir dans nos multiples interpellations pour accélérer
la mise en place de cette ZFE.
Enfin, je fais référence à cette aberration écologique qui consiste à ne pas
respecter la loi en maintenant le chauffage sur les terrasses de plein air ; dernier revers
en date.
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Alors, bien sûr, nous voterons favorablement cette délibération, mais nous
resterons présents pour vous rappeler à vos responsabilités et engagements vis-à-vis du
climat.
L’économie circulaire et l’écologie de manière générale, c’est de la cohérence et
de la transversalité à toutes les échelles.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je vous remercie.
Je vous conseille de ne pas voter si vous pensez que cela ne va pas entraîner
de suites. Il faut être cohérent : si vous n’y croyez pas, il ne faut pas voter ! On ne va pas
vous donner la liste de tout ce qui a été fait depuis le début du mandat et de tous les
projets que porte Julien et que nous portons. Il ne faut pas voter si l’on n’y croit pas ; il
faut aller au bout de la logique ou alors c’est que vous y croyez un peu, et il faut voter.
Je passe la parole à Audrey LINKENHELD.
Madame LINKENHELD - Merci Madame le Maire, chers collègues.
Le groupe Lille en Commun votera cette feuille de route, parce qu’il y croit, et il
la votera sans autre condition, sans autre qualificatif, sans dire « c’est bien, mais c’est
nous qu’on l’a fait avant », « c’est bien, mais il n’y a pas assez de chiffres », « c’est bien,
mais ça manque d’indicateurs » : non, nous, nous voterons, parce que c’est bien, parce
qu’on y croit et parce que c’est cohérent.
Nous avions besoin de cette feuille de route d’économie circulaire car l’économie
circulaire ce n’est pas seulement l’addition d’actions – aussi intéressantes soient elles –,
mais c’est bien une cohérence. C’est ce qu’il y a de plus difficile à construire dans
l’économie circulaire, parce que cela bouleverse les modes de production, de
consommation, la manière dont on conçoit, utilise, réemploie. C’est une tout autre
économie qu’il nous faut réaliser ensemble et celle-là ne peut pas être obtenue
uniquement par un catalogue à la Prévert d’actions ou initiatives, encore une fois aussi
intéressantes soient elles.
D’ailleurs, l’économie circulaire, cher Jérémie CREPEL, ne se limite pas à
l’économie sociale et solidaire ; ce sont deux choses différentes, qui peuvent s’alimenter
l’une et l’autre, mais ne sont pas complètement similaires. Des acteurs de l’économie
circulaire ne sont pas nécessairement acteurs de l’économie sociale et solidaire, même
s’ils y ont toute leur place – Julien PILETTE et Martin DAVID-BROCHEN y veillent.
Nous, évidemment, nous soutenons cette feuille de route. Elle s’inscrit dans notre
Plan lillois pour le climat, en particulier dans la priorité n° 5 qui porte sur les modes de
production et consommation. Ce Plan lillois pour le climat fait l’objet d’une évaluation,
d’une présentation de ses résultats à l’occasion du rapport du développement durable
chaque année. Ce sera bientôt, en juin. Donc, ne vous impatientez pas trop : il y aura
des chiffres et indicateurs sur ce sujet, comme sur les autres.
Je me permets de rappeler que, par ailleurs, nous avons indiqué que nous
souhaitions candidater à la labellisation de l’ADEME sur l’économie circulaire, et ceux qui
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connaissent cela – et il y en a un certain nombre dans cette salle – savent que ce label
ADEME n’est rien d’autre que, précisément, un label qui permet le suivi, l’établissement
d’indicateurs. C’est donc bien avec l’ADEME que nous allons faire ce travail si nous
voulons avoir une chance d’être labellisés et surtout d’avancer avec les experts de
l’ADEME et, le cas échéant, de pouvoir aussi profiter des bonnes pratiques des autres
collectivités.
Enfin, un dernier mot pour dire que vous avez aussi, dans ce Conseil Municipal,
deux délibérations qui vous montrent à quel point nous sommes attachés à l’étude des
impacts et à l’évaluation :
- notre adhésion à l’Association Bilan Carbone, parce qu’ils disposent
notamment d’un logiciel qui permet à la Ville de suivre elle-même et chaque
année l’ensemble de ses actions et de ses impacts sur le carbone ;
- une délibération qui montre que ce sujet est un sujet d’innovation, nous
allons conclure un partenariat de recherche avec le seul institut de
recherche et développement de France consacré à la transition écologique,
un institut public et privé qui s’appelle « Efficacity », qui a été créé il y a
10 ans sous l’égide du Programme d’investissements d’avenir – ce n’est
pas rien –, et avec le Centre scientifique des techniques du bâtiment,
précisément pour construire ce monitoring de la stratégie bas carbone de
notre Ville dans le cadre du Pacte Lille bas carbone. Si nous le faisons, s’ils
le font avec nous dans une stratégie de recherche, c’est bien que cela
n’existe pas encore, parce qu’en général, on recherche ce qu’on n’a pas
encore trouvé. La manière dont on peut monitorer les actions bas carbone
dans une ville n’existe nulle part en France, Lille se propose de le faire et
d’autres ont été intéressés à le faire avec nous.
S’il en était besoin, je voulais simplement, par ces deux précisions de
délibération, souligner que, comme vous, nous sommes évidemment attachés à
l’évaluation et au suivi et que cela fait bien partie de nos intentions, en même temps que
l’ensemble des actions très précises que Julien PILETTE a présenté avec cette feuille de
route pour l’économie circulaire.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Juste après avoir remercié à nouveau Julien PILETTE parce
qu’en effet cette feuille de route est complète et va très loin dans l’innovation possible,
comme vient de le rappeler Audrey, redire, dans la suite d’Audrey, que l’économie sociale
et solidaire est souvent très en avance sur le secteur privé ; c’est pourquoi, sur l’économie
circulaire, on a d’abord vu beaucoup de structures de l’économie sociale et solidaire, mais
notre rôle est aussi de conduire le secteur privé, de conduire les établissements publics
à aller aussi vers cette économie circulaire et de faire en sorte que cela devienne une
action de tous. C’est ce que nous essayons de faire.
D’ailleurs, Marie-Pierre BRESSON expliquera tout à l’heure comment les
établissements culturels de Lille sont très en avance sur cette question et le seront encore
plus dans les mois qui viennent.
C’est bien une action complète, et c’est bien ainsi que Julien, que je remercie, a
présenté les choses.
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Je mets aux voix ce beau plan.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Je vous en remercie.
Adoptée.
Nous allons passer maintenant la parole à Justine RATELADE.
22/222 Maison Régionale de l'Environnement et des Solidarités - Subvention pour
l'Animation Repair Café - Convention entre la MRES et la Ville pour
l'exercice 2022.
Adoptée.
Chemise 34
SENIORS Rapporteur : Justine RATELADE
Conseillère Municipale déléguée
22/225 Seniors - Subventions destinées aux associations - Appel à projets 2022.
POLITIQUES INTERGÉNÉRATIONNELLES
22/226 Politiques intergénérationnelles - Subventions destinées aux associations.
Madame RATELADE - Merci, Madame le Maire.
Mes chers collègues,
Dimanche 26 mars dernier, se réunissaient ici même 200 seniors de Lille,
Lomme et Hellemmes pour le premier bal seniors de cette mandature, un moment fort et
symbolique après deux années difficiles, deux années durant lesquelles la crise sanitaire
est venue percuter la vie sociale de chacun d’entre nous. Moins symboliques en
revanche, car précieux pour les équipes du Pass Senior de la Ville et pour moi-même, ce
sont les moments de joie et d’émotion auxquels nous avons pu assister, les retrouvailles
parfois animées, les sourires sur les visages radieux. Cette réussite est le fruit du travail
des services Personnes âgées, et je les remercie ici pour leur engagement et leur
bienveillance.
Je remercie également l’association Anim’ages, qui a accepté de reverser
l’ensemble des recettes de cette manifestation à la Fondation de Lille, en solidarité avec
l’Ukraine.
32 000 seniors vivent à Lille, Lomme, Hellemmes. Près de la moitié possèdent la
carte Pass Senior, preuve de l’attractivité des animations et des services proposés par la
Ville. On recense une centaine d’associations, dont tout ou partie de l’activité est tourné
vers les personnes âgées. Plus de la moitié d’entre elles sont ou ont été soutenues par
la Ville grâce aux subventions municipales.
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Je vous propose d’ailleurs ce soir de voter plusieurs subventions qui accordent
30 815 € à une douzaine d’associations.
En 2021, il y a eu 9 400 participations dans les Espaces Seniors, une année
particulière en raison du Covid. Depuis le début de l’année, nous sommes déjà à plus de
5 000 participations. Des animations y sont proposées chaque jour et nous sommes en
cours de réflexion et de travail avec les seniors pour diversifier davantage notre
programme et être en parfaite adéquation avec les attentes de chacune et de chacun.
Parce qu’à Lille, nous n’avons pas à rougir des moyens déployés pour les
personnes de plus de 60 ans, mais aussi parce que les projections démographiques nous
bousculent, nous allons entrer en 2022 dans le processus de labellisation « Ville amie
des aînés ».
Aujourd’hui, Ville membre du réseau, et ce depuis 2017, celui-ci propose d’aller
plus loin encore. En effet, ce label vise à valoriser et favoriser l’émergence de politiques
publiques innovantes et exigeantes, construites avec et pour les aînés. Il est un outil à la
disposition des collectivités territoriales pour répondre aux défis démographiques du XXIe
siècle. Dans ce cadre, chacune des délégations est mobilisée et je remercie l’ensemble
des élus et des services qui ont participé et qui participeront aux futurs travaux.
Nous l’avons vu dans l’actualité récente, ce défi doit nous mobiliser toutes et tous,
et la question collective qui nous est posée aujourd’hui est la suivante : « Comment
souhaitons-nous vieillir en société ? »
Ces dernières années, l’État nous a promis de grandes révolutions pour
l’accompagnement et la prise en charge des personnes âgées, mais pour quel bilan ?
Une loi Grand âge abandonnée, la formation et l’accompagnement des aidants à la
dépendance reportés faute de financement. Développer le soin à domicile, la volonté est
affichée, mais on cherche encore les moyens alloués.
C’est vous, Madame le Maire, qui, en 2008, proposiez de construire une société
du care, une société du prendre soin, une société où chacune et chacun porte une part
de responsabilité de l’autre, dans un cadre rigoureusement solidaire.
À Lille, cette volonté d’une ville qui prend soin, c’est un EHPAD habilité à 100 %
à l’aide sociale, c’est un EHPAD qui fait le choix d’avoir 122 équivalents temps plein pour
155 places, un ratio largement supérieur à la moyenne nationale, et malgré les difficultés
importantes de recrutement. Ce sont aussi plus de 4 000 situations gérées en 2020 par
le CLIC ou encore 402 visites à domicile auprès d’une centaine de personnes âgées,
dans le cadre des cellules solidarité, pour lutter contre l’isolement.
Pour conclure, dans les années à venir, les combats à mener sur ces questions
seront cruciaux, mes chers collègues, et pour être à la hauteur des enjeux, pour être
exemplaires et ambitieux, je vous invite d’abord à vous poser cette question : vous qui
êtes filles et fils de, petits-enfants de, sœurs et frères, nièces et neveux, quel regard
portons-nous, quel regard portez-vous sur la vieillesse ?
Je vous remercie.
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Madame le Maire - Merci beaucoup.
Vanessa DUHAMEL.
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues,
Le vieillissement de la population représente, en effet, un enjeu majeur pour notre
société. Alors que le défi démographique se dresse devant nous, la question du bien
vieillir se pose à la société tout entière.
Face au risque d’isolement, renforcer le lien social est une exigence. Phénomène
parfois sous-estimé, l’isolement peut être lourd de conséquences, physiques ou
psychiques, comme de troubles cognitifs, le développement de maladies
neurodégénératives et, plus généralement, l’altération de la santé mentale.
Un des moyens d’action est de permettre d’entretenir des relations avec les
animaux.
Si nous ne pourrions très probablement survivre à l’extinction massive des
espèces, la présence animale est déjà, avant d’être vitale, une véritable planche de salut
pour nombre d’entre nous, à commencer par nos aînés.
Le premier confinement a mis en lumière l’affreuse solitude alors imposée aux
pensionnaires des EHPAD, dont la fin de vie est depuis lors apparue dans sa fréquente
inhumanité, mais aussi dans ses moments de grâce. Parmi ceux-ci, la visite d’animaux
de compagnie.
Pour mémoire, un tiers des ménages septuagénaires et un quart de ceux
octogénaires détiennent un animal de compagnie. Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’une
étude de l’agence STATISTA ait révélé que 86 % de nos concitoyens souhaitent
bénéficier de la compagnie de leurs animaux domestiques à l’hôpital comme à l’EHPAD.
De son côté, le Ministère des Solidarités et de la Santé reconnaît l’efficacité de
la zoothérapie comme de la médiation animale dans l’accompagnement des personnes
atteintes de la maladie d’Alzheimer, ainsi que d’autres affections psychiques et
dégénératives.
Cependant, force est de constater que seule la moitié des EHPAD accepterait
d’accueillir les animaux de compagnie de leurs pensionnaires. Or si rien n’interdit plus
désormais la présence d’animaux dans les structures hospitalières, la circulaire dite
« Franceschi » du Ministère des Affaires sociales, en date du 11 mars 1986, la soumet,
s’agissant des EHPAD, à l’autorisation du Directeur d’établissement, dans les conditions
déterminées par son règlement intérieur.
Dans notre Ville de Lille, le CCAS gère un EHPAD composé de six
établissements, pour un total de 155 chambres. Chaque établissement accueille donc 24
à 32 personnes dépendantes ou en perte d’autonomie. L’article 4-13 de son règlement
intérieur autorise la détention permanente d’animaux domestiques de petite taille, à
charge pour les pensionnaires d’être à même de les prendre en charge.
30
Reste le cas, qu’on imagine fréquent, de pensionnaires peu mobiles et ne
pouvant plus de ce fait veiller sur leur compagnon.
Une association intervient dans l’EHPAD de notre commune avec des chiens :
l’association « T’as un ami » ; « 4 Pattes pour un Cœur » n’intervient, quant à elle, plus.
Bien entendu, des visites animales en EHPAD réclament de la vigilance, à la fois
pour le bien-être et le respect animal et pour la sécurité des pensionnaires, que la
pathologie peut rendre imprévisibles. Il n’en reste pas moins que le développement de
telles visites de façon régulière serait précieux et fédérerait tout à la fois les
pensionnaires, les familles, les membres du personnel et les bénévoles associatifs.
Je ne puis donc que vous inciter à analyser les résultats des visites existantes,
afin d’en tirer tous les enseignements utiles en vue de mettre en place un partenariat plus
vaste avec de telles associations, ainsi qu’à leur apporter à l’avenir l’aide financière
nécessaire au développement et à la pérennisation de telles initiatives.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Madame RATELADE.
Madame RATELADE - Madame DUHAMEL, du coup, vous m’avez pris une
partie de ma réponse, puisque vous avez précisé qu’on le faisait déjà. On le faisait
davantage avant Covid, on a repris il y a quelques semaines avec les associations et, en
effet, on sera attentif à ce genre de projets que l’on soutiendra avec plaisir.
Madame le Maire - Je mets aux voix les délibérations Justine RATELADE.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Je vous remercie.
Adoptées.
Je passe la parole à Sylviane DELACROIX sur la présentation du printemps de
l’accessibilité.
Chemise 12
INCLUSION DES PERSONNES Rapporteur : Sylviane DELACROIX
EN SITUATION DE HANDICAP Adjointe au Maire
22/198 Subventions destinées aux organismes à caractère social - Personnes en
situation de handicap.
(Projection de diapositives)
Madame DELACROIX - Merci, Madame le Maire.
31
Chers collègues,
C’est un grand plaisir ce soir d’annoncer ce printemps qui se profile !
La Ville de Lille, attentive à l’inclusion des personnes en situation de handicap,
a, de longue date, pris des initiatives et mis en place des outils favorisant l’accessibilité.
En témoigne l’inauguration de la salle multisensorielle de l’école Lalo, en marge
de la Semaine de l’autisme, fruit d’un partenariat avec la délégation « inclusion des
personnes en situation de handicap » et la délégation « Ville éducatrice, Ville à hauteur
d’enfant » de Charlotte BRUN, nos services respectifs et ceux de l’Éducation Nationale.
En témoignent aussi les initiatives que furent tout d’abord Tous en Jeu, puis le
mois de l’accessibilité, porté par Marielle RENGOT, qui se tenait traditionnellement au
mois de novembre, à proximité de la Journée mondiale des personnes handicapées, et
qui permettait de valoriser toutes les initiatives et dispositifs favorisant l’inclusion à
l’échelon municipal. La pandémie et le confinement n’ont pas permis aux éditions 2020
et 2021 de se tenir comme nous l’aurions souhaité, à l’exception de quelques activités
en visio, mais, à notre grand regret, sans permettre de véritables interactions ou
rencontres.
Après échange avec les associations et débat au sein de la Commission « Lille
ouverte à tous », instance de concertation communale, il a été proposé de réaliser, non
plus un mois, mais un printemps de l’accessibilité, pour éviter la période hivernale qui
s’est, comme je vous l’ai rappelé, avérée plus qu’aléatoire sur le plan sanitaire. La volonté
partagée dans la Commission était également de ne pas attendre une année
supplémentaire pour développer un nouveau projet d’importance dédié à l’inclusion des
personnes en situation de handicap.
Le groupe de travail, à partir de la Commission, a permis de mobiliser en
quelques mois 31 associations, structures ou établissements pour la réalisation de ce
printemps.
Au terme de ce travail, 36 initiatives seront proposées du 4 au 22 mai, qui
concernent l’ensemble des situations de handicap physique, psychique, mental ou
sensoriel. Elles s’adressent à tous les publics, de la maternelle au très grand âge. Des
activités culturelles, éducatives et sportives ou ludiques, des ateliers de création et des
visites guidées sensorielles seront proposés, ainsi qu’un colloque régional sur la vie
affective et sexuelle.
Je ne développerai pas tout le programme, je ne retiendrai que quelques
exemples qui ont vocation à se dupliquer et à perdurer, comme les ateliers de création
de jeux, pour que les parents d’enfant en situation de handicap puissent avoir des jouets
adaptés ou, inversement, pour que les enfants puissent jouer avec des adultes en
situation de handicap mental.
Je retiendrai également la visite du musée de l’Hospice Comtesse en danse,
musique et langue des signes, ou une découverte culinaire adaptée avec l’ESAT des
Papillons blancs, la maison de quartier de Wazemmes et l’association Les Dilettantes.
32
Neuf quartiers différents de la Ville seront directement concernés. Au fil des
réunions préparatoires, les partenariats entre associations et entre associations,
structures et établissements se sont développés, avec une véritable dynamique qui ne
s’éteindra pas avec ce printemps puisque, d’ores et déjà, des contacts ont été pris pour
poursuivre ou proposer de nouveaux rendez-vous.
Cette volonté de travailler ensemble pour une inclusion réussie est pleine de
promesses, puisque là où il y a une volonté, il y a un chemin. Nous continuerons
d’accompagner ensemble l’ensemble de nos partenaires.
C’est dans cette logique que vous est proposée la délibération sur les
subventions destinées aux associations, pour un montant de 21 000 € pour neuf actions
et huit associations.
En guise de conclusion, je tiens à saluer la grande disponibilité des associations,
des établissements et structures impliqués, de mes collègues élus et des services de la
Ville, pour leur inestimable contribution à la préparation de ce printemps et à son succès
annoncé.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Je voudrais vous remercier, Madame DELACROIX, pour
l’ensemble du travail que vous menez sur les personnes en situation de handicap, parce
que nous avançons vite et c’est évidemment grâce à votre action et à celle des services
avec lesquels vous travaillez.
Il n’y a pas d’intervention.
Je mets aux voix cette délibération sur les subventions destinées aux organismes
à caractère social, aux personnes en situation de handicap.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Je vous remercie.
Adoptée.
Je passe la parole à Marie-Christine STANIEC-WAVRANT sur le Conseil lillois
de la Santé mentale.
Chemise 16
SANTÉ Rapporteur : Marie-Christine STANIEC-WAVRANT
Adjointe au Maire
22/204 Conseil Lillois de Santé Mentale - Avenant à la convention constitutive du
13 décembre 2011.
(Projection de diapositives)
Madame STANIEC-WAVRANT - Merci, Madame le Maire.
33
Quelques minutes pour évoquer ce qu’est la santé mentale, la situation de la
population après le Covid, ce qu’est le Conseil lillois de Santé mentale et son action
depuis 10 ans – n’est-ce pas, Marielle RENGOT – et les perspectives de travail.
Tout d’abord, rappeler que la santé mentale est un état de bien-être à réaliser
pour surmonter les tensions normales, accomplir un travail productif et contribuer à la vie
de la communauté. Il faut différencier la souffrance des troubles psychiques.
Par ailleurs, on sait que les déterminants sociaux sont extrêmement importants
dans la souffrance psychique, tels que la suroccupation du logement, le chômage, le
manque d’activité, l’environnement stressant ; ce sont des facteurs aggravants.
Une étude du Haut Conseil de santé publique de mars 2022 montre que :
- 70 % de la population française a des troubles du sommeil ;
- 23 % présentent un état anxieux ;
- 17 % sont dépressifs ;
- 10 % ont des pensées suicidaires.
Heureusement, ils ont identifié quand même que 82 % de la population peuvent
avoir des pensées positives ! (Rires)
Ces chiffres sont extrêmement angoissants et, effectivement, nous interrogent
parce qu’ils ont été répétitifs sur toutes les enquêtes menées sur ces quelques derniers
mois. Toutes les tranches d’âge sont touchées, du bébé à la personne âgée ; quel que
soit l’âge, quelle que soit la situation, toutes les tranches et toutes les sociétés ont été
touchées. La consommation d’antidépresseurs, d’anxiolytiques, d’alcool et de drogues a
augmenté pendant le Covid.
À Lille, le CLSM s’est réuni régulièrement pendant cette période et confirme ces
tendances.
À noter que sur l’agglomération lilloise, nous avons une petite difficulté par
rapport à d’autres régions de France, puisque nous avons 19 postes de psychiatre dans
le public vacants, que pour les consultations dans les CMP, il y a parfois plusieurs mois
d’attente et qu’il n’y a pas de place dans l’hospitalisation pour les adolescents, qui est
saturée.
Le CLSM est donc extrêmement important, puisqu’il est le rassemblement de
professionnels du monde sanitaire (EPSM, CHU), mais également du médico-social,
avec des associations importantes telles que La Sauvegarde, mais également les
usagers, les bailleurs et parfois les familles.
L’objectif est de coordonner les acteurs, d’accompagner les situations difficiles,
d’informer pour déstigmatiser la santé mentale, de réfléchir et de co-construire des
pratiques nouvelles.
Il a été créé il y a 10 ans, se réunit, suivant les sujets, tous les deux à trois mois,
mais quand il s’agit de l’accompagnement individuel, bien évidemment, c’est toutes les
semaines.
En 2016, nous avons accompagné 50 personnes, en 2021, 160.
34
Au fil des années, des groupes de travail se sont créés et, en fonction des sujets,
des actions ont été identifiées.
- On a créé des outils partagés, comme la fiche d’alerte, un guide d’utilisation,
une charte éthique.
- Des journées de sensibilisation pour les élus à l’accès à cette notion de
soins sans consentement, des journées d’information, des débats, des
colloques ont existé, notamment pour déstigmatiser cette notion de santé
mentale.
- Des actions plus concrètes, comme celle créée par La Sauvegarde de
Logipsy, qui permet un accompagnement individuel, dans le logement, de
la personne, mais également des podcasts et des capsules vidéo avec des
pédopsy pour aider la maman qui est en dépression post-natale, mais
également pour le papa, pour l’aider à comprendre.
À la suite du groupe de travail sur le suicide, un numéro national de prévention
du suicide porté par le CHU de Lille a été créé, le 3114, des espaces Écoute Santé ont
été créés et, plus récemment, nous avons mis en place un Plan de souffrance psychique
pour la Ville de Lille.
Les espaces Écoute Santé – créés dans le mandat dernier, soyons clairs – ont
été créés dans les mairies de quartier. Ils étaient à titre expérimental pour les quartiers
en Politique de la Ville, aujourd’hui, nous les avons étendus à toutes les mairies de
quartier et également à d’autres lieux, ceci afin de permettre à des personnes qui n’iraient
pas voir un spécialiste de se sentir à l’aise et d’aller dans un lieu où elles vont avoir un
premier contact pour, ensuite, si elles en ont besoin, aller voir un spécialiste.
Le Plan de souffrance psychique a été travaillé l’année dernière avec plusieurs
professionnels : les professionnels de la santé mentale, les animateurs, des directeurs
d’école. Un diagnostic a été fait et, aujourd’hui, nous devons mettre en place des actions :
communication, formation, développer des actions permettant d’aller vers les personnes,
renforcer les liens avec le médecin traitant. Vous avez, un peu plus détaillé, ce qui vous
est présenté à l’écran dans le Plan. Ce sont des actions que nous devons effectivement
mettre en place parce qu’il y a un intérêt de travailler ensemble.
Les perspectives sont simples. Nous avons deux nouveaux groupes de travail en
cours, et notamment un sur les adolescents, mais nous avons également besoin de
construire la réponse spécifique étudiants, qui peut se faire aujourd’hui encore mieux
grâce à la création du Conseil de santé mentale étudiants que va particulièrement suivre
ma collègue Anne GOFFARD, et enfin, bien sûr, mettre le plan d’action en place.
Pour terminer, le CLSM est un outil dans la politique municipale sur les questions
de santé mentale, mais le travail mené par mes collègues dans les actions qu’ils mènent
dans les crèches, dans les écoles, sur le logement, l’environnement, auprès des jeunes,
auprès des personnes âgées, participe à la bonne santé mentale de notre population.
Merci.
Madame le Maire - Merci.
35
Vanessa DUHAMEL.
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues,
Nous avions attiré votre attention sur la santé psychologique dégradée de
nombre de nos concitoyens lors du Conseil Municipal du 9 octobre 2020. Bien
malheureusement, elle ne s’est pas améliorée depuis lors, la crise ukrainienne ayant
succédé au coronavirus comme facteur anxiogène.
Nous n’avions pas eu alors le sentiment de recueillir un grand écho, bien que
notre Ville se présente dans l’avenant qui nous est soumis comme « pionnière en la
matière depuis 2017 » ; qu’importe, l’essentiel est bien que l’urgence ait fini par vous
apparaître.
Vous évoquez la prise en compte de la souffrance psychologique des jeunes, et
particulièrement des étudiants, comme une priorité et je ne la conteste pas. Me vient
cependant à l’esprit que notre jeunesse est dotée d’une belle énergie, à même de
surmonter bien des épreuves, quand nos anciens n’ont bien souvent comme seul horizon
que la solitude et la mort, qui peut apparaître comme libératoire faute d’aucune autre
perspective, dès lors qu’un état de stress intense s’ajoute aux atteintes naturelles du
grand âge. S’il fallait se livrer à une horrible comptabilité morbide, plus nombreux auront
sans nul doute été nos anciens à décéder prématurément depuis deux ans que leurs
petits-enfants.
Le décloisonnement que vous appeliez de vos vœux doit aussi être celui des
générations. Notre époque est celle de l’assignation, du spécifisme et du
communautarisme, au détriment de tout universalisme. Il suffit, pour s’en donner un
aperçu, de consulter l’article 5.1 de l’avenant, dont l’intégrale rédaction en orthographe
inclusive, à laquelle vous seule échappez par l’effet vertical de quelque jupitérisme,
éclaire sur la multiplication des « je » et leur cohorte de solitudes et la négation de tout
« nous », qui permettrait aux plus fragiles de se sentir membres d’un seul corps
protecteur.
Cette fois encore, je vous inciterai à vous appuyer sur notre tissu associatif, nos
bénévoles, les acteurs de terrain, pour détecter les souffrances les plus discrètes et
discrètement aussi inciter à s’entourer, à consulter, à mettre des mots sur des douleurs
et des malaises.
La consultation d’un psychologue est désormais remboursée à 60 % par
l’assurance maladie et les 40 % restants par les mutuelles pour toute personne âgée de
3 ans et plus, et jusqu’à huit consultations annuelles depuis ce mardi 5 avril, sur
orientation médicale, sans besoin, donc, d’une prescription ; faites-le savoir aux Lillois,
afin qu’ils en bénéficient aussitôt qu’ils en ressentiront le besoin, et faites savoir aussi par
des campagnes d’information qu’il n’y a aucune honte à se sentir angoissé, mais, au
contraire, bien du courage à affronter ses angoisses.
Ensemble, et chacun selon nos compétences propres, nous devons contribuer à
réduire les non-recours, en généralisant les aides à la source. La santé de nos
concitoyens, ce bien précieux entre tous, doit constituer l’un des dépassements de nos
divergences politiques.
36
Je vous remercie.
Madame STANIEC-WAVRANT - Je pense que vous n’avez pas bien lu le
document…
Madame le Maire - Attendez, Madame STANIEC-WAVRANT, d’abord, Mélissa
CAMARA doit parler. Désolée, Marie-Christine a tellement hâte de répondre à Vanessa
DUHAMEL qu’elle vous oublie.
Madame CAMARA - Madame le Maire, chers collègues, chers adeptes de
l’écriture inclusive,
Nous saluons ce soir cette délibération concernant le Conseil local de santé
mentale. La crise sanitaire a mis en lumière les souffrances psychiques de nombre de
nos concitoyens. En France, une personne sur cinq est touchée chaque année par un
trouble psychique. Nous avons l’un des taux de suicide les plus élevés d’Europe et,
malheureusement, notre département est particulièrement touché. On constate
notamment, selon l’Observatoire de la santé mentale, jusqu’à 8 points de plus que la
moyenne nationale d’hospitalisations pour tentative de suicide chez les 12-18 ans.
La jeunesse, on le sait, a particulièrement souffert ces dernières années : 40 %
des 18-25 ans montrent des troubles anxieux et dépressifs depuis la pandémie. La santé
mentale est le parent pauvre de notre système de soins. Les étudiants ont gravement
pâti de cette carence. On a vu ces files d’étudiants pendant la pandémie ; on a vu des
étudiants isolés, le #étudiantsfantômes. Aujourd’hui, il y a environ un psychologue pour
30 000 étudiants dans les facultés françaises. La mise en place du Conseil de santé
mentale étudiants en 2020 est donc une initiative à saluer.
La Ville n’est pas exempte de ce manquement, puisque l’on sait qu’il y a 1,5
équivalent temps plein de psychologues pour plus de 4 000 agents. Nous le savons, les
problématiques de santé mentale sont beaucoup plus fréquentes chez les plus démunis
de nos concitoyens. La démocratisation et la réduction des inégalités sociales de santé
sont des enjeux majeurs pour la santé de demain.
Dans notre Ville, des populations entières sont marginalisées ou précarisées – je
pense aux mères isolées, aux parents isolés, aux migrants/migrantes, aux SDF, aux
personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Nous le savons, c’est largement documenté :
ces personnes sont davantage exposées à des souffrances psychiques. Cet état de fait,
combiné à un moindre accès et à un renoncement aux soins, a des conséquences
terribles. La politique du « aller vers » et du « faire avec » doit donc être poursuivie pour
ne plus laisser personne de côté. D’ailleurs, qu’en est-il de votre volonté d’un Conseil
lillois de la santé ?
Aussi, des pandémies, comme celle du VIH dont nous avons parlé un peu avant
lors de ce conseil, nous ont enseigné l’importance de la santé communautaire. Comme
vous le savez, nous portons ces questions depuis des années ; déjà, au mandat dernier,
Jérémie CREPEL mettait en place les Espaces écoute santé, dont nous saluons la
généralisation sur tout le territoire lillois.
Les usagers et usagères doivent être plus largement associés dans notre
système de santé et ses dispositifs. En ce sens, il serait peut-être intéressant d’intégrer
37
ces ambassadrices et ambassadeurs de santé parmi les membres du conseil, afin d’avoir
une expertise habitante.
Parce que les usagères et usagers sont aussi des experts de leur santé, nous
serons toujours à vos côtés pour saluer les espaces de démocratie dans la santé.
Je vous remercie.
Madame STANIEC-WAVRANT - Je vais essayer de ne pas trop m’énerver...
Madame DUHAMEL, quand je disais tout à l’heure que vous n’aviez pas dû bien lire, vous
n’avez effectivement pas bien lu : ce n’est pas parce que vous êtes intervenus à un
conseil l’année dernière que la Ville de Lille se préoccupe des questions de santé
mentale, puisque le conseil a été créé il y a plus de 10 ans. Donc, ce n’était pas parce
que vous nous avez demandé de nous intéresser à cette question.
Deuxièmement, comme vous n’avez pas bien lu, vous n’avez sans doute pas vu
– ni d’ailleurs écouté – que dans ce conseil, nous avons les professionnels de santé,
l’EPSM et le CHU, qui sont des aides importantes, mais aussi les associations. Nous
avons aussi des associations d’usagers, parce que nous pensons qu’il faut les
professionnels, ceux qui les accompagnent, mais aussi les personnes dont nous
estimons qu’elles ont également droit à la parole, et ce depuis plus de 10 ans. Donc, oui,
nous avons l’habitude de travailler ensemble avec les associations partenaires dans cette
Ville. Nous n’avons donc pas besoin de vos conseils sur le sujet.
Par ailleurs, vous avez marqué quelques points fragiles – soi-disant – de notre
politique : les étudiants, certes, on en a beaucoup parlé, mais finalement, on ne s’occupe
pas beaucoup des personnes âgées. Vous n’avez sans doute pas écouté ce que ma
collègue a évoqué précédemment sur tout le travail fait depuis des années – aujourd’hui
porté par elle en plus – sur la mobilisation des associations et des personnes de plus de
60 ans pour être actrices dans leur dynamique, avec des actions décloisonnées,
permettant de mutualiser des actions entre les jeunes, les enfants et les personnes
âgées. Là aussi, on n’a pas attendu vos conseils sur le sujet.
Vous évoquez aujourd’hui une « grande » politique du Gouvernement sur les
consultations de psychologues. En tant que représentants de la Ville au réseau Ville-
Santé OMS et au groupe de travail santé de France urbaine, nous avons eu la chance
de participer à de nombreuses réunions avec la Direction générale de la Santé. C’est
après les réunions que nous avons eues que la Direction générale a entendu notre
remarque sur la nécessité de mettre en place un accès aux consultations de
psychologues. Dans un premier temps, ils les ont fait passer par le médecin généraliste,
et cette « grande » mesure nationale a été un échec, puisque seulement 20 % – 20 % !
– de la population au niveau national y a eu accès. Donc, la « grande » modification que
vous apportez aujourd’hui dit qu’il n’est plus obligatoire de passer par le médecin
généraliste, mais qu’un avis médical est tout de même nécessaire. Aujourd’hui, les
généralistes se demandent comment ils vont faire. Tous les partenaires que nous avons
depuis de nombreuses années s’interrogent aussi sur comment communiquer sur cette
information de l’accessibilité.
Dans le mandat précédent, des pôles ressources ont été créés dans les quartiers,
qui mutualisent toutes les associations du quartier, y compris celles qui ne relèvent pas
38
de la santé. Ces partenaires s’interrogent, puisque de toute façon, personne ne peut y
accéder aussi facilement que le Gouvernement ne le prétend.
Heureusement que nous n’avons pas attendu vos conseils ! Heureusement que
nous avons depuis longtemps une politique en matière de santé mentale sur la Ville !
Nous accompagnons des personnes, y compris individuellement, avec l’ensemble des
professionnels et des associations.
Madame CAMARA, je vous remercie, c’est vrai que nous avons aujourd’hui une
grande inquiétude sur l’accompagnement des personnes fragiles, puisque les dernières
années de chômage accentuent malheureusement leur fragilité financière. Comme vous
l’avez dit, c’est un facteur accroissant. Dans le cadre du PTSM, nous travaillons sur des
options d’accompagnement. Nous avons des fiches programmes qui permettraient peut-
être un regard particulier, notamment sur les SDF, à condition, bien évidemment, que
l’ARS reçoive les financements de l’État pour financer ces actions, portées par les
partenaires associatifs qui accompagnent ces personnes tous les jours.
Oui, j’ai évoqué le Conseil lillois de la santé. Nous le programmons pour la fin de
l’année – c’est un gros travail. Bien évidemment, les personnes y sont intégrées car nous
estimons que les ambassadeurs qui ont été créés ont un rôle important. Même si leur
nombre n’est pas encore très important (70 personnes aujourd’hui), qu’importe, c’est
quand même un premier groupe de quartiers en difficulté pour apporter aussi leurs
regards sur la façon de travailler avec les personnes les plus fragiles. Nous le faisons et
le ferons encore, bien évidemment, dans les années à venir.
Madame le Maire - Merci Madame STANIEC-WAVRANT, au moins, c’est clair !
Je mets aux voix la délibération.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Je vous remercie.
Adoptée.
Très franchement, nous recherchons actuellement énormément de psychiatres
et psychologues : tout est plein absolument partout. C’est le cas au CHRU à Saint-
Vincent, dont le service est important. Je ne parle même pas des psychiatres et
psychologues en ville. C’est extrêmement difficile. J’ai d’ailleurs vu sur le site du
Gouvernement que seuls trois psychologues sont désignés à Lille – ce n’est pas une
critique, cela signifie qu’ils sont peu. On est aujourd’hui face à une très grande difficulté
dans notre pays dans ce domaine. Ce sujet ne se pose pas uniquement chez nous. Nous
essayons de le prendre à bras-le-corps, comme Marie-Christine l’a dit, en nous
représentant dans diverses instances où la question est fortement soulevée
actuellement. Je suis désolée, je parle après le vote.
Monsieur BALY - Je souhaite faire un rappel du règlement intérieur – vous l’avez
fait tout à l’heure à juste raison pour le groupe Faire Respirer Lille. Nous sommes en
période électorale. Les règles ont été précisées et rappelées durant notre réunion lundi
dernier.
Madame le Maire - C’est vrai.
39
Monsieur BALY - Je me permets aussi de le rappeler pour le groupe Lille en
commun, durable et solidaire. Cela s’applique absolument à tous les groupes. Des
interventions ont fait référence à plusieurs reprises à la politique nationale. Il me semble
normal que chacun des trois groupes respecte bien le règlement intérieur.
Madame le Maire - Bien sûr. J’espère que vous ne faites pas référence à ce que
je viens de dire sur les psychologues et psychiatres, parce que c’est là, un problème
général qui dépasse de beaucoup le dernier Gouvernement.
Je redis, derrière Stéphane BALY, que nous devons effectivement respecter ces
règles.
Arnaud DESLANDES, vous avez la parole.
Chemise 5
SOLIDARITÉ ET Rapporteur : Arnaud DESLANDES
COHÉSION DES TERRITOIRES Adjoint au Maire
22/141 Budget participatif - Projet Lil'Pouss - Subvention d'équipement à
l'association "Les Ch'tites maisons solidaires" - Convention entre
l'association et la Ville de Lille.
Monsieur DESLANDES - Nous nous réjouissons collectivement de la
délibération que nous présentons ce soir sur le versement d’une première tranche de
100 000 euros en faveur du projet de tiny house, écoquartier solidaire, plébiscité lors du
BIP (budget participatif) en octobre 2018, en arrivant en tête du vote des Lillois.
Nous tenons à ce projet car il rejoint nos priorités sur l’innovation sociale, la
transition écologique avec l’accueil de personnes souhaitant réduire leur empreinte
écologique, et sur l’urbanisme transitoire, puisque le projet est limité dans le temps.
Si le vote est intervenu il y a près de trois ans et demi et que nous arrivons
seulement aujourd’hui à cette première délibération, après une mise à disposition du
terrain en 2019, c’est qu’il y a eu un long travail préparatoire pour affiner et réaliser ce
projet, notamment sur la mise à disposition du terrain et le permis de construire long à
faire émerger. L’ensemble des parties prenantes, le porteur de projet,
Monsieur THOMAS, mais aussi les services de la Ville, le CCAS, la mairie de quartier de
Saint-Maurice Pellevoisin et les partenaires ont travaillé ensemble pour concourir à
finaliser le projet social, dur à faire émerger – je le dis franchement. Il faut remercier
l’ABEJ, qui a travaillé aux côtés de Christophe THOMAS et aux nôtres, qui a formalisé
ce projet et a donné les garanties que nous attendions, notamment sur
l’accompagnement social des personnes vulnérables, en attente de logement ou
hébergement, et qui vont être intégrées à ce projet qui verra le jour fin 2022 – je l’espère.
Au total, cinq tiny houses seront installées sur le terrain dit Duray de l’avenue
Duray à Saint-Maurice Pellevoisin, près du terrain du club de la Louvière. Elles
accueilleront trois personnes en attente de logement et deux qui cherchent à réduire leur
empreinte écologique.
40
Nous irons au bout de ce projet. Nous continuerons d’accompagner le porteur de
projet et les partenaires qui se sont greffés tout au long de ce processus qui – j’en
conviens – a pris du temps, mais qui était nécessaire pour affermir parfaitement la belle
idée qui avait émergé lors du budget participatif, mais qui avait besoin d’être travaillée
pour aboutir aujourd’hui.
Madame le Maire - La parole est à Monsieur DOUFFI.
Monsieur DOUFFI - Madame le Maire, chers collègues,
Quelle fierté pour les Lillois de voir naître un si beau projet de solidarité sur notre
territoire. Merci au fondateur de l’association Ch’tites Maisons Solidaires. Oui, ce beau
projet de Lil’Pouss est un beau projet, et comment parler de ce projet sans évoquer ses
fondateurs ?
Rappelons que ce beau projet est né de la rencontre de deux personnes que tout
oppose : Tony, qui était sans domicile fixe, et Christophe qui était dans le confort absolu.
Leur mission est d’ajuster le confort pour révéler des talents. Ils nous invitent à un
changement de paradigme autour du symbole de la maison ; sobriété, minimalisme, pour
consommer moins, afin de préserver les ressources de la planète. Ce symbole de
minimalisme et de sobriété nous invite à une autre gestion de l’eau et de l’énergie.
Leur idée est de faire de leurs bénéficiaires, personnes démunies, des acteurs
de cet éveil des consciences. C’est tout à fait ce que Christophe a vécu en arrivant dans
les bidonvilles : des rencontres inspirantes avec des personnes qui savent être joyeuses
dans moins de confort.
Ils sont portés par cette intuition basée sur l’expérience de la rencontre entre
deux hommes qu’ils veulent dupliquer.
Cette expérimentation est menée avec une étude d’impact. Dans quelle mesure
notre société est-elle prête à abandonner le confort ? Ainsi, ils nous invitent à partager le
surconfort des chambres d’amis en s’essayant à la tiny house pour une nuit ou une
année, pour vivre l’expérience des toilettes sèches, ainsi que de se sensibiliser aux
espaces exigus, etc.
Ce modèle économique est basé sur le tourisme : la recette des locations des
chambres d’amis permettra de payer les salaires des personnes démunies pour qu’elles
puissent payer leurs loyers.
C’est important pour eux qu’ils soient tous égaux dans cet habitat participatif,
permettant une rencontre à même niveau de confort ; certains l’augmentant, d’autres le
diminuant, mais chacun paie son loyer. Pour ceux qui ne pourraient pas, ils se verraient
confier un job écologiquement rentable, comme la permaculture, la bergerie urbaine ou
même retaper des logements indignes.
Ils ont posé un modèle autonome, qui n’est pas basé sur des subventions ou des
dons. Cependant, il faut le dire : l’accompagnement est le bienvenu, et c’est grâce
aujourd’hui à la Ville de Lille que ce projet a permis d’aller plus vite.
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Ce beau projet citoyen s’est réjoui d’être accompagné par des éducateurs
spécialisés et des associations habituelles qui travaillent sur ce sujet. Nous tenons à
féliciter tous les partenaires qui s’engagent dans Lil’Pouss et en particulier l’abej, comme
vous venez de l’exprimer, Monsieur DESLANDES, qui réalisera le dialogue social et
l’accompagnement.
Leur accompagnement est secondaire, certes, un peu comme ce qui se fait déjà
avec les bénévoles de Magdala qui visitent les bénéficiaires installés dans leur logement.
C’est le principe de solidarité de nos villages, et en cela, ils sont plus proches des Super
Voisins de Paris que des villages d’insertion. Les Hyper Voisins considèrent que plus on
se dira bonjour dans nos quartiers, moins nos institutions dépenseront dans la gestion
de la Ville. Finalement, Lille emboîte le pas à de nombreuses autres villes européennes,
et même françaises, qui se sont déjà lancées dans ce type d’initiative en direction des
sans domicile fixe.
Il est donc bien temps de voir naître à Lille ce genre de projet et le groupe Faire
Respirer Lille s’en réjouit, surtout qu’il peut, dans certains cas, être accompagné de
financements d’État. C’est le cas à Dijon, où deux associations dijonnaises spécialisées
dans l’urgence sociale et l’insertion (Emmaüs et ADEFO) proposent à leurs bénéficiaires
de construire des tiny houses, en les associant à leur construction. C’est une solution
d’hébergement social et écologique qui favorise le travail de collecte de matériaux réalisé
par les compagnons d’Emmaüs. Les deux tiny houses dijonnaises sont fabriquées à 60 %
de bois de palette, d’huisseries de récupération et de matériaux de réemploi. On pourrait
aussi évoquer les programmes à Tours et à Nantes, qui sont aussi de très beaux
programmes.
Alors, oui, nous voterons cette délibération qui contribue à l’éveil des
consciences, mais surtout à l’accompagnement des sans-abris et les familles en
difficulté ; une belle réponse dans cette société de consommation !
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci Monsieur DOUFFI.
Monsieur DESLANDES souhaite ajouter un commentaire.
Monsieur DESLANDES - Je vous remercie pour votre soutien. Vous avez déjà
contrevenu à un premier principe de ce projet : la sobriété. Vous n’avez pas été très sobre
dans votre présentation ni dans votre soutien à l’État.
Madame le Maire - On est tous d’accord et on applaudit, car cela avance : on
peut enfin faire sortir ce projet, un des premiers du budget participatif.
Je mets aux voix cette délibération.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Je vous remercie.
Adoptée.
42
22/140 Subventions destinées aux associations de solidarité - Convention entre
les associations et la Ville.
22/142 Convention de partenariat d'une œuvre en mosaïque à titre gracieux créée
par l'association Mosaïque Nomade pour la Ville de Lille.
Adoptées.
POLITIQUE DE LA VILLE
22/143 Politique de la Ville - Subventions aux associations.
Adoptée.
COORDINATION DES QUARTIERS
ET DES POLITIQUES DE PROXIMITÉ
22/144 Crédits décentralisés - Aides financières en faveur d'actions dans les
quartiers.
Adoptée.
COMMERCE ET ARTISANAT
22/145 Subventions aux unions commerciales pour l'organisation d'opérations
commerciales.
Adoptée.
La parole est à Jacques RICHIR.
Chemise 7
RISQUES SANITAIRES Rapporteur : Jacques RICHIR
Adjoint au Maire
22/162 Avis de la Ville de Lille sur l'instauration de Servitudes d'Utilité Publique
dans le voisinage de l'usine EXIDE Lille.
Monsieur RICHIR - Cette délibération est relativement technique.
Pour rappel, une Servitude d’utilité publique est une servitude administrative qui
doit être annexée au Plan Local d’Urbanisme et qui vise à limiter l’usage d’un terrain ou
créer des suggestions particulières.
La première a trait à l’avis que nous devons donner ce soir sur l’instauration de
servitudes d’utilité publique dans le voisinage de l’usine Exide à Lille. Chacun la connaît
43
bien, elle s’est appelée Tudor, Fulmen, CEAC et maintenant Exide. Elle a produit et
produit toujours des batteries à différents usages. L’installation est classée ICPE pour la
protection de l’environnement et sous le régime Seveso seuil haut.
Les dernières informations que nous avons recueillies auprès de l’établissement
montrent que l’usine est aujourd’hui restructurée et que la fabrication de batteries ne se
fera plus que quelques semaines par an, presque uniquement pour l’armée ; cela devient
donc essentiellement un lieu de stockage.
La classification Seveso va donc disparaître. Pour autant, nous connaissons les
risques liés aux activités industrielles historiques qui ont eu lieu sur ce site et qui ont
déposé du plomb sur les sols de la zone résidentielle du quartier Lille-Sud et au moins
autant à Faches-Thumesnil. On connaît le risque lié au plomb : saturnisme, atteinte
sanguine ou rénale.
Heureusement, lorsque nous avons mis en place la ZAC Arras Europe dans le
cadre de l’ANRU, toutes les précautions avaient été prises avec la Soreli. D’importants
travaux ont été menés pour dépolluer systématiquement les sols. Ce secteur de la ZAC
Arras Europe n’entre donc pas dans le périmètre de ces servitudes d’utilité publique.
Après diverses pressions, Exide Technologies a constitué un dossier d’institution
de cette Servitude d’utilité publique sur 606 parcelles – ce n’est pas rien – dont 351 sur
Lille, les autres étant sur la commune de Faches-Thumesnil. Le but est d’informer et
encadrer un certain nombre d’éléments, de pérenniser la conservation des hypothèques.
Le projet de Servitude d’utilité publique impose des mesures spécifiques aux
propriétaires pour les projets d’aménagement, d’éventuelles excavations, la culture des
végétaux, la transcription d’un certain nombre de servitudes pour informer citoyens et
porteurs de projets.
Ces prescriptions sont à la charge des propriétaires des parcelles, lesquels
disposent – c’est essentiel – d’un délai de trois ans à compter de la notification de cette
servitude pour demander, sous certaines conditions, une indemnisation à l’exploitant.
Compte tenu du nombre de propriétaires concernés par cette SUP et de sa taille,
le Code de l’environnement impose la tenue d’une enquête publique, laquelle va être
organisée du 25 avril au 25 mai 2022 – d’ailleurs, une réunion publique sera également
organisée par les services de l’État et se tiendra dans la salle polyvalente de la mairie de
quartier de Lille-Sud.
Cette délibération est importante, parce qu’elle est le fruit d’une longue action de
la Ville. Rien que dans les deux dernières années, Madame le Maire, vous avez écrit à
cinq reprises à Monsieur le Préfet pour arriver à cela. Notre Directeur Général des
Services a écrit à deux reprises au Secrétaire général de la préfecture. De plus, vous
avez-vous-même, Madame le Maire, rencontré le Préfet le 9 novembre 2021 afin
d’évoquer ce dossier.
Le dossier évolue dans le bon sens. Pour autant, nous pensons que des marges
de progrès sont encore nécessaires. La Ville souhaite que l’État aille encore plus loin
pour porter les actions suivantes :
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- recueillir les avis, y compris ceux de l’État (l’ARS, au premier rang, et la
DREAL) et les mettre à disposition dans l’enquête publique là aussi pour
avoir la transparence la plus complète possible ;
- organiser deux commissions de suivi de site par an durant les trois
prochaines années. Une s’est tenue récemment, il y a environ un mois. Ces
rencontres régulières permettront d’assurer un suivi des dossiers de
demandes d’indemnisation formulées par les propriétaires. Je précise que
des habitants du secteur assistent également à ces commissions de suivi
de site ;
- finaliser l’étude de danger dans les meilleurs délais afin de connaître les
phénomènes dangereux résiduels sortant du site.
Au regard de l’ensemble des éléments fournis à ce jour par l’État, nous
proposons d’émettre un avis favorable, mais sous réserve de la mise en œuvre des
demandes complémentaires que nous avons formulées sur ce projet d’arrêté préfectoral.
Cette mesure permettra aux citoyens de solliciter des indemnisations pour le
préjudice subi lié aux contraintes générées par la Servitude d’utilité publique et d’assurer
une information pérenne.
La Ville continuera bien évidemment à être particulièrement vigilante sur ce
dossier pour que les propriétaires soient correctement indemnisés à la suite de la mise
en œuvre de ces servitudes.
Suite à l’enquête publique qui sera conclue le 25 mai 2022, la Mairie pourra
émettre un avis complémentaire à travers un courrier – que vous signerez
Madame le Maire – qui fera l’objet d’une information lors de notre prochain Conseil
Municipal de juin 2022.
RISQUES URBAINS ET TECHNOLOGIQUES
22/161 Avis du Conseil Municipal sur le projet de servitudes d'utilité publique
relative à l'ancienne station-service "relais du pont Royal".
Je vais présenter rapidement l’autre projet de Servitude d’utilité publique pour
lequel notre avis sera défavorable. Il s’agit de l’ancienne station-service relais du Pont
Royal, exploitée longtemps par Total ; je ne la décris pas, chacun sait ce qu’il s’y trouvait.
Elle est à l’origine d’une pollution puisque des fuites d’hydrocarbures ont
contaminé les sols et la nappe phréatique. Malgré des travaux, des pollutions résiduelles
sont encore présentes dans les milieux environnementaux. La population n’est pas
exposée aujourd’hui car il n’y a pas d’habitation à proximité ; pour autant, nous restons
extrêmement vigilants.
L’État souhaite instaurer une servitude d’utilité publique. En sa qualité de
propriétaire et de commune d’implantation, la Ville de Lille est destinataire du projet
d’arrêté préfectoral. C’est indispensable pour pérenniser la mémoire de la qualité des
sols, des eaux souterraines et des gaz de sol dans le temps, ainsi que pour sécuriser les
futurs usages.
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Pour autant, après avoir lu l’ensemble des documents transmis par l’exploitant, il
nous apparaît qu’il existe encore des concentrations importantes en benzène, des traces
d’hydrocarbures dans les sols et que l’on ne prend pas en compte les risques liés à
l’utilisation de l’eau potable pour les futurs usagers.
Face à ces éléments, nous estimons que le dossier n’est pas suffisamment
complet, qu’il n’est pas mature et que des réponses précises doivent encore nous être
apportées, tant sur des travaux de dépollution que sur de nouvelles études à réaliser.
C’est la raison pour laquelle nous voterons ce soir un avis défavorable sur ce dossier de
servitude d’utilité publique de manière à maintenir la pression nécessaire sur l’autorité
préfectorale pour obtenir les compléments qui nous semblent indispensables.
Ces deux dossiers importants montrent la très grande activité et réactivité de
notre service des risques urbains et sanitaires et à quel point c’est une chance pour nous
d’avoir un tel service dans notre Ville qui, en étant aux côtés des citoyens, leur permet
de les aider dans ce qui est parfois la lutte du pot de terre contre le pot de fer.
Madame le Maire - C’est un peu compliqué. Je vais donner la parole à
Vanessa DUHAMEL sur Exide, puis Frédéric LOUCHART traitera Exide et Total, et
Ingrid BRULANT parlera de Total.
Je voudrais également remercier notre service et son chef, Gaetan CHEPPE, car
même quand l’État n’a pas agi, il nous a beaucoup aidés pour les convaincre. Il est
extrêmement attentif à tous ces sujets qui peuvent devenir extrêmement délicats.
J’imagine que l’on est tous d’accord sur le sujet ; on peut donc peut-être pour une
fois se dire qu’on l’est et ne pas être trop long en répétant tout ce que Jacques RICHIR
a dit.
Madame DUHAMEL - Madame le Maire, chers collègues, nous ne pouvons que
nous réjouir de l’institution des servitudes d’utilité publique, permettant aux acquéreurs
potentiels de parcelles susceptibles d’avoir été polluées par l’activité au long cours de
l’usine successivement dénommée Tudor, CEAC, Fulmen, puis, actuellement, Exide
Technologies SAS et ce, même lorsque toute activité aura été interrompue de longue
date, ce qui ne peut être exclu, si l’on se réfère aux inquiétudes notamment exprimées
par les salariés d’Exide qui manifestaient le 1er avril 2021 pour s’opposer à l’éventuelle
transformation de leur entreprise en site logistique.
Incidemment, je souligne que les conservations des hypothèques ont laissé place
aux services de la publicité foncière le 1er janvier 2013. Il convient cependant de rappeler
le principe général de non-indemnisation des services d’urbanisme qui ne souffre que de
quelques exceptions, l’article L. 515-11 du Code de l’environnement limitant les cas
d’indemnisations demandées dans une période de trois années, à l’hypothèse d’un
préjudice direct, matériel et certain, subi par un propriétaire titulaire de droits réels, c’est-
à-dire bénéficiant sur un terrain d’une servitude, ou du droit de construire, ou ayant droit,
c’est-à-dire essentiellement l’héritier de l’un des deux précédents.
Parmi les conséquences éventuelles de l’instauration de telles servitudes,
l’article L. 519-8 du Code de l’environnement envisage l’inconstructibilité ou l’impossibilité
d’aménager le terrain concerné. Or la jurisprudence est très défavorable au demandeur
à l’indemnisation, considérant généralement que la perte du droit de construire ne
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constitue pas un préjudice certain, car après tout, rien n’indique que le propriétaire en
avait l’intention. On imagine pourtant aisément la perte financière subie par un
propriétaire qui ne peut ni construire ni cultiver, et la lecture du projet d’arrêté préfectoral
laisse augurer de la difficulté technique et financière pour un propriétaire individuel
d’échapper aux limitations imposées à son droit de propriété, en songeant à dépolluer
lui-même son terrain à ses propres frais.
Plutôt que d’encourager à la dépollution, la mise en place de telles servitudes a
plutôt pour effet de geler toute utilisation potentielle des propriétés concertées.
Il convient donc que l’enquête publique qui sera réalisée soit réellement publique,
c’est-à-dire que les propriétaires concernés en soient informés, accompagnés dans leur
éventuelle démarche d’observation ou de contestation, mais aussi pleinement avisés des
recours en indemnisation qui leur seront ouverts, de leurs délais et plus que tout du point
de départ desdits délais. Notre commune ne doit pas se limiter à informer de l’enquête,
elle doit aussi et plus encore s’intéresser à ses conséquences.
Il serait souhaitable à cet égard que les 606 parcelles cadastrales concernées,
351 Lilloises et 255 Fâches-Thumesniloises, soient plus précisément désignées, de sorte
qu’il apparaisse si elles sont occupées par leur propriétaire ou louées, voire propriété
d’institutionnels.
L’article 4 alinéa 1er du projet d’arrêté impose à un propriétaire bailleur d’informer
son locataire et de l’obliger à respecter les servitudes, sans qu’on sache bien comment il
pourra le lui imposer, particulièrement s’il s’agit d’un locataire déjà en place, dont le bail
ne contient aucune clause particulière. L’information par la puissance publique des
locataires existants doit donc également être assurée par une large publicité, mais aussi
par un contact direct et individuel.
L’acceptabilité de l’atteinte aux droits antérieurs des propriétaires comme des
occupants nécessite une pédagogie que l’on peut supposer plus accessible à une
commune qu’à des services de l’État rendus difficilement accessibles par la
dématérialisation. C’est l’occasion de rappeler et de valoriser le caractère indispensable
de notre échelon municipal.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci.
Pour moi, quand même, il y a la santé publique qui prime sur tous les autres
droits. Même si on peut comprendre les difficultés dont vous avez parlé pour les
propriétaires, c’est quand même une vraie question de santé publique ; c’est pourquoi on
s’est vraiment battu, on a essayé de convaincre l’administration de faire ce travail, parce
qu’il peut y avoir des risques, même si, comme l’a dit Jacques, il n’y a quasiment plus de
production aujourd’hui sur ce site, mais la pollution existe, évidemment.
Frédéric LOUCHART.
Monsieur LOUCHART - Madame le Maire, mes chers collègues,
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Deux délibérations prennent ce soir la suite de notre grande série « Les risques
industriels », dont l’épisode précédent concernait l’usine Refinal. Les habitants n’ont reçu
aucune information concernant la nécessaire mise en conformité de l’usine dont
l’échéance était fixée pourtant au 3 mars dernier, alors qu’il y a des habitations et une
école à proximité.
Une pratique assez révoltante consiste à maximiser les profits au détriment du
droit élémentaire de nos concitoyens à leur santé. Dans le cas de la friche de l’ex-station-
service du relais Pont Royal, la firme Total nous laisse un sol pollué aux hydrocarbures
– vous l’avez dit, Monsieur RICHIR – du fait des fuites de fuel. Dans le cas de l’usine
Exide, c’est d’un sol chargé de plomb dont héritent les riverains aujourd’hui.
Dans les deux cas, les activités ont eu lieu, avec leur lot de polluants respectifs
et pour le bon développement économique des entreprises concernées, sans que les
pouvoirs publics ne trouvent rien à redire. L’eau et la terre contaminées, ce n’était
visiblement pas si grave, sauf pour une poignée d’écolos !
Dans les deux cas, la Préfecture entend aujourd’hui imposer des mesures de
restriction au nom de la santé, en instituant deux servitudes d’utilité publique.
Soudainement, le plomb et les carburants, cela pollue. D’un coup, les polluants ne restent
plus sagement dans leurs cuves.
Face à une telle prise de conscience, digne d’un véritable khmer vert, il faut d’un
seul coup impérativement alerter et protéger.
En revanche, nous n’avons toujours aucune avancée concernant notre
proposition de mise en place d’un Secrétariat permanent pour la prévention des pollutions
et des risques industriels, adoptée ici même en octobre 2020.
Mais pourquoi la firme Total, qui réalise 16 Md$ de bénéfices en 2021 (soit la
bagatelle de 13,5 M€) n’a-t-elle pas réalisé les travaux nécessaires pour que les nappes
phréatiques et les sols soient complètement dépollués ? Pourquoi, à nouveau, laisser le
domaine public se débrouiller avec les dégâts sanitaires et environnementaux causés par
les pollueurs ? Là-dessus, nous partageons totalement l’avis défavorable que vous
émettez, évidemment, et nous souhaitons que la Préfecture émette un arrêté obligeant
Total à assumer ses responsabilités, et ce, jusqu’au bout, car il est trop facile d’engranger
des bénéfices et de laisser la population se débrouiller ensuite avec la destruction de son
propre environnement.
De l’autre côté du périph, depuis 1921, l’usine Tudor, devenue Exide, a fabriqué
des batteries, avec comme conséquence les émissions de plomb, qui interviennent dans
plusieurs pathologies. Dans ce cas, l’usine appartenait à une filiale de l’équipementier
américain Exide Technologies, qui s’est séparé de cinq sites français. Nous avons,
encore une fois, assisté à l’équation d’un grand groupe qui réalise des milliards de
bénéfices, dans ce cas, ce sont 2,5 Md$ de chiffre d’affaires en 2004, et qui laisse ensuite
son activité péricliter sans assumer la dépollution des sols.
Certes, il n’y avait pas grand monde autour de l’usine en 1921, mais il y a
maintenant les 400 maisons et les nombreux logements récents du Grand Projet Urbain.
Cette servitude d’utilité publique s’inquiète du futur. C’est bien. S’inquiéter du présent, ce
ne serait pas mal non plus, car il nous semble particulièrement injuste de faire porter les
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frais de dépollution par les habitants, comme c’est mentionné dans la SUP. La Préfecture
semble vouloir agir dans l’urgence, sans même attendre les conclusions de l’étude de
danger, après des années de complaisance.
Nous en avons discuté en commission et nous partageons votre souhait de faire
en sorte que les riverains puissent être indemnisés, évidemment, raison pour laquelle
nous voterons pour cette délibération, avec toutes les réserves que vous avez émises, et
le souhait de faire appel à la Commission nationale d’alerte à l’environnement et à la
santé publique.
Nous n’en sommes pas moins effarés que le représentant de l’État ait attendu
qu’une usine classée Seveso arrive en fin d’activité pour s’inquiéter de la justice
environnementale. Celle-ci sera probablement au cœur des échanges de l’enquête
publique qui s’ouvrira le 25 avril. Nous serons aux côtés des habitants et des habitantes
pour expliquer, pour écouter.
La question qui en découle est la suivante : l’irresponsabilité du Préfet en matière
de pollution des sols, de l’eau, de l’air, et donc en matière de protection des habitants et
de santé publique est-elle sans limite ?
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je passe la parole à Ingrid BRULANT-FORTIN sur Total.
Madame BRULANT-FORTIN - Merci.
S’agissant de cette ancienne station-service Total face à la Citadelle, façade de
l’esplanade, nous voterons pour votre demande de travaux de dépollution
complémentaires.
Il faut aussi régler la question de la pollution visuelle du béton sur le champ de
foire, juste en face. Eh oui, la reconfiguration du Champ de Mars, qui a duré quatre ans,
jusque 2019, et coûté 23 M€ n’est, pour nous, les élus Faire Respirer Lille, pas tout à fait
terminée.
Ne vous méprenez pas sur notre intention, Madame le Maire…
Madame le Maire - Je vous écoute. On se rappelait justement d’un point sur ce
que vous venez de dire, Madame.
Madame BRULANT-FORTIN - Merci.
… la promenade le long du canal est très réussie. En tout, le Champ de Mars
revisité, ce sont 8 hectares de surfaces végétales. La Citadelle, même si vous avez
renoncé à la faire inscrire au patrimoine mondial de l’UNESCO, erreur historique, avec
tout ce que cela aurait apporté – à relire dans vos propres communications de 2017 –, a
retrouvé de l’attractivité : accrobranche, Quartier libre, le zoo, Cita-Parc, les péniches,
etc.
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Mais alors, sur le champ de foire, il faut faire quelque chose de cette plaine de
béton. Dès que les attractions lèvent le camp, il redevient – je cite nos amis de « La Voix
du Nord » qui avaient donné la très mauvaise note de 3 sur 10 – « un désert monochrome
fait de rectangles gravillonnés impraticables et d’immenses voiries dénuées d’intérêt ».
Sur votre programme municipal de 2014, l’image était pourtant alléchante : une
grande plaine verte, des montgolfières et des familles qui butinent. Promesse non tenue
face aux études des contraintes du sol. Vous avez opté pour 6 hectares de béton et de
cailloux pour cette immense zone située, si tout le monde voit bien de quoi on parle, entre
les deux parkings de l’esplanade et qui n’est occupée que quelques mois seulement par
le cirque ou la Foire aux manèges.
Qu’avait répondu en défense votre adjointe Europe Écologie Les Verts en 2019 ?
« Les gens vont s’approprier l’espace le reste de l’année, vous verrez. Le champ de foire
est notre Tempelhof ». Le Tempelhof est un ancien aéroport à Berlin qui a été reconverti
en un immense terrain de jeu et de sport, avec des cerfs-volants, des cyclistes, des
rollers, des bancs, des tables, etc.
À l’époque – et j’ai bientôt terminé –, un concours d’idées pour réaménager
Tempelhof avait été lancé. Nous suggérons très simplement de faire la même chose pour
le béton du champ de foire.
Parmi les premières idées que nous avons collectées et que nous voudrions vous
livrer ce soir :
- dessiner au sol et en couleurs tout un tas de jeux d’extérieur ;
- faciliter la vie des vélos et des rollers et autres trottinettes, car les graviers
font tomber les enfants, il faut donc trouver une solution pour éviter
l’envahissement des graviers ;
- pourquoi pas monter des terrains de jeux de balles démontables,
évidemment, quand reviennent les manèges de la Foire ;
- améliorer encore la signalétique du site ; il y a, par exemple, derrière la
Citadelle, un espace que les skates se sont approprié ;
- installer, côté Citadelle, des bancs pour se poser ;
- installer, pourquoi pas, un beau carrousel, etc.
Comme vous, Madame le Maire, nous sommes convaincus que les habitants
peuvent s’approprier cet immense espace de béton, qu’il n’est pas question de
reconfigurer dans la lourdeur, mais nous, nous voulons un coup de pouce de nos amis
urbanistes, des spécialistes du design urbain et du sport en ville, pour avancer vite et
bien. Tiens, cela ferait un joli sujet de stage pour cet été !
D’avance, nous vous remercions.
Madame le Maire - Madame BRULANT-FORTIN, une fois n’est pas coutume,
nous sommes à 100 % d’accord ; c’est d’ailleurs ce que nous étions en train de nous dire
lorsque vous me disiez que je ne vous écoutais pas : nous devrions avancer plus vite sur
notre projet. Nous avons peut-être d’autres idées, vous en avez apporté certaines ; nous
avions pensé à des marelles en couleurs, des sports collectifs que l’on peut effectivement
présenter, le roller, etc. Maintenant, il est vrai que cela tarde – c’est ce que nous étions
en train de nous dire –, parce que ce projet est quasiment celui que vous avez énoncé,
pourquoi pas demander d’autres propositions…
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Je vous propose une chose : si dans un an, on ne l’a pas fait, on présente
ensemble un projet au budget participatif de la Ville ! Cela veut dire que nous ferons tout
pour le faire avant, mais nous sommes totalement d’accord avec vous.
Je mets d’abord au vote les délibérations 161 et 162 avant de donner la parole à
Madame SPILLEBOUT sur la délibération 155.
La délibération 22/161 concerne Total.
Qui vote pour notre proposition ? (Unanimité)
Je vous remercie.
Adoptée.
Je mets aux voix la délibération 22/162, Exide.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Là aussi, nous sommes d’accord, merci beaucoup.
Adoptée.
Je passe la parole à Madame SPILLEBOUT sur la délibération 22/155.
ESPACE PUBLIC
22/155 Quartier Lille-Moulins - Aménagement de pistes cyclables rues de Jussieu
et d'Arras - Convention de transfert de gestion entre la Ville et la Métropole
Européenne de Lille.
Madame SPILLEBOUT - Madame le Maire, chers collègues,
Vous nous proposez de délibérer sur une convention de transfert de gestion
visant à faciliter l’aménagement des pistes cyclables dans le quartier de Moulins.
Nous vous soutenons dans cette démarche, comme nos conseillers de quartier
politiques l’ont fait, d’ailleurs, pour pousser d’autres aménagements cyclables du quartier,
notamment les nouvelles voies cyclables rue de Cambrai. Cela me permet de souligner
et de saluer le formidable travail de nos 20 conseillers de quartier Faire Respirer Lille,
très investis dans la vie quotidienne de nos concitoyens lillois, hellemmois et lommois.
Ne soyez pas modeste, Madame le Maire, ce dernier « aménagement cyclable
transitoire », comme vous l’appelez modestement, est pourtant un aménagement de
qualité, dans l’attente d’un projet plus abouti, certes, qui accompagnera, un jour, nous
l’espérons, le projet urbain de la gare Saint-Sauveur.
La suppression de 40 places de stationnement, nécessaire à l’aménagement de
larges voies cyclables, en fait pourtant un aménagement pérenne, qui s’est constitué
sans concertation et sans étude du besoin, ce qui nous interpelle en termes de méthode
et de calendrier.
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De plus, cet « aménagement transitoire » s’accompagne d’une autre mesure
significative pour nombre de Lillois, à savoir la mise en place de stationnement payant
rue de Cambrai, et c’est sur ce point précis que je veux revenir.
Nous vous interpellions le 8 octobre dernier sur une délibération qui évoquait « la
mise en place progressive du stationnement payant » et « une présentation ultérieure en
Conseil Municipal », comme vous nous l’annonciez.
Or nous avons des retours des conseillers de quartier qui évoquent une extension
significative de ce stationnement payant à Saint-Maurice Pellevoisin, à Fives, à Bois-
Blancs, ou encore une annonce récente par vous, Monsieur Jacques RICHIR, à Moulins,
d’une mise en payant de tout le stationnement à Vauban-Esquermes et Wazemmes d’ici
la fin de l’année 2022.
Mais toujours aucune présentation en Conseil Municipal, aucune stratégie
globale ni de méthode de concertation proposée ou de débat envisagé.
Aujourd’hui, c’est une réalité, 15 % des trajets automobiles effectués en ville
s’étalent sur moins de 500 mètres, pour des raisons organisationnelles ou par habitude
ou facilité pour la plupart des habitants. À noter qu’entre 5 et 20 % des véhicules en
circulation en ville sont à la recherche d’une place de stationnement et que les
automobilistes passent en réalité un temps considérable à chercher une place,
augmentant finalement inutilement leur consommation de carburant et souvent
considérablement leurs temps de parcours réels.
Ces dernières décennies, les collectivités ont donc effectivement souvent fait le
choix d’étendre leurs offres en stationnement, gratuit, payant, pour limiter les usages
sauvages de l’espace public, et nous ne pouvons que nous en féliciter, mais cette
politique, si elle est systématisée sur l’ensemble du territoire et menée au détriment des
autres modes de déplacement, peut également conforter le choix de la voiture pour les
habitants.
Si l’on souhaite finalement limiter dans certaines situations et sur certains
secteurs le recours à la voiture, l’offre en stationnement doit, elle aussi, être régulée de
manière fine.
Ce que je vous demande, finalement, c’est d’avoir une stratégie du stationnement
payant à Lille qui mérite discussion et qui mérite toute transparence pour les Lilloises et
les Lillois qui nous écoutent.
Nous, élus locaux, devons échanger avec nos habitants sur les priorités qui
permettront, en effet, de concilier des intérêts environnementaux et sociaux au moyen
d’une politique de stationnement équilibrée, qui permette, finalement, de changer nos
habitudes à tous vers les transports doux.
Nous regrettons donc cette absence de débat et je vous demande, comme le
8 octobre, que les modalités de concertation préparatoires à ces extensions du
stationnement payant soient définies et présentées au prochain Conseil Municipal.
Nous voterons bien sûr cette délibération qui vise à faciliter les pistes cyclables
sécurisées.
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Je vous remercie.
Madame le Maire - Monsieur RICHIR.
Monsieur RICHIR - Décidément, vous parlez toujours du sujet d’à côté !
J’en profite d’ailleurs pour dire, puisque Madame BRULANT-FORTIN, tout à
l’heure, a parlé de l’esplanade, qui n’était pas dans le sujet de Total, que demain après-
midi, à 16 heures, c’est l’ouverture de la Foire aux manèges de printemps et que vous y
êtes tous invités ; c’est un message publicitaire gratuit offert par la maison ! C’est un bon
moment, et on est très heureux de retrouver notre Foire aux manèges, après avoir été
privé par la pandémie de ce genre de réjouissance ; ce sont des lieux très agréables, on
a toujours plaisir à s’y retrouver les uns et les autres.
Sur la délibération en question, je rappelle qu’on ne parle pas de la rue de
Cambrai, mais de la rue de Jussieu et de la rue d’Arras, et surtout, vous avez
certainement remarqué, Porte d’Arras, que la grande zone qui était gazonnée au centre,
là d’ailleurs a été installée grâce au budget participatif une forêt urbaine il y a quelques
mois ; on a aménagé, un peu en croisillons, des voies cyclables, qui ne sont pas
temporaires mais permanentes, elles visent à permettre, lorsque l’on vient de la rue
d’Arras, de rejoindre le Faubourg d’Arras, lorsque l’on vient du boulevard de Strasbourg
ou de la rue de Bapaume… C’est extrêmement intéressant et cela réduira le nombre de
cyclistes qui se retrouveront dans les voies.
Vous savez que nous ferons également prochainement l’aménagement du
franchissement depuis l’avenue de Jussieu jusqu’au Faubourg d’Arras lui-même, près de
la Chambre des métiers ; des travaux assez importants, d’un montant supérieur à 1 M€,
permettront, là aussi, de créer une piste cyclable bidirectionnelle tout à fait intéressante.
Nous ne restructurons pas la totalité de la voirie, puisque, vous l’avez vu, c’est là où
passera le futur tramway qui rejoindra Wattignies et Seclin par cette voie.
Vous évoquez la question du stationnement ; ce n’est pas le sujet du jour. Il y a
un certain nombre de travaux, des choses ont déjà été annoncées dans les mois
précédents et nous travaillons activement pour réguler le stationnement, parce que je
rappelle que le stationnement, aujourd’hui, est un des éléments majeurs d’une politique
automobile.
On sait que Lille a déjà réussi à considérablement réduire l’impact de l’automobile
en son centre grâce au plan de circulation de 2016, que, d’ailleurs, plus personne
aujourd’hui ne remet en cause, puisqu’il a porté largement ses fruits. On aura au fil du
temps et le moment venu les discussions nécessaires lorsque les différentes études ou
travaux seront prêts, pour pouvoir reprendre ce débat le moment venu.
En tout cas, pour ce soir, je vous remercie de voter cette délibération, parce que
ce terrain étant maintenant mis à disposition de la MEL pour assurer des déplacements
cyclables, il est normal que cette dernière porte la gestion de ces terrains qui sont vides,
qui le resteront, mais qu’elle entretiendra pour permettre le maintien et la bonne qualité
de ces aménagements cyclables, et c’est une très bonne chose, tout le monde s’en
réjouira.
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Madame le Maire - Merci beaucoup, Monsieur RICHIR.
Je mets aux voix la délibération 22/155.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Je vous en remercie.
Adoptée.
22/154 Quartier Lille-Moulins - Secteur de Belfort - Convention de transfert de
gestion entre Lille Métropole Habitat et la Ville de Lille.
Adoptée.
(Anissa BADERI ne prend pas part au vote.)
22/156 Quartier Lille-Fives - Aménagement d'une micro-forêt urbaine rue
Gutenberg - Convention de transfert de gestion.
Adoptée.
PROPRETÉ
22/157 Frais d'enlèvement de dépôts sauvages - Demande de remise gracieuse.
Adoptée.
ZÉRO DÉCHET
22/158 Des Jardins et des Hommes (DJDH) - Subvention pour le projet
RégénérONs - Comment nous pouvons protéger le climat en régénérant les
sols et en transformant nos jardins - Convention entre l'association et la
Ville pour l'exercice 2022.
Adoptée.
VOIRIE
22/159 Travaux de construction d'un équipement petite enfance - Secteur NPNRU
Concorde - Exonération des droits de voirie.
Adoptée.
OCCUPATION COMMERCIALE DU DOMAINE PUBLIC
ET OCCUPATION TEMPORAIRE DU DOMAINE PUBLIC
22/160 Quartier Faubourg de Béthune - NPNRU Concorde - Démolition des
résidences sociales LMH 2-4 rue du Professeur Lamaze - Exonération de
droits de voirie.
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Adoptée.
(Anissa BADERI ne prend pas part au vote.)
LILLE GRAND PALAIS
22/163 Exploitation de l'équipement Lille Grand Palais - Rapport d'activité
2020/2021 de la SAEM Lille Grand Palais, concessionnaire.
Le Conseil Municipal prend acte.
HALLES ET MARCHÉS
22/164 Subvention aux associations Caulier Fives Animation et Interfel pour
l'organisation d'animations commerciales sur les marchés de plein air.
Adoptée.
ACTIVITÉS FORAINES
22/165 Foire aux manèges de printemps - Subvention.
22/166 Animation du 1er mai 2022 - Subvention à la Fédération des géants des
Hauts-de-France.
Adoptées.
Je passe la parole maintenant à Martin DAVID-BROCHEN.
Chemise 21
ECONOMIE SOCIALE Rapporteur : Martin DAVID-BROCHEN
ET SOLIDAIRE Adjoint au Maire
22/212 Projet d'incubateur culinaire Baluchon - Subvention à l'association A table
citoyens.
22/213 Subvention à l'Association d'Accompagnement pour les Projets
Professionnels et Culturels - Projet "Comme à la maison".
22/214 SCIC SAS Café participatif des Bois-Blancs - Aide et participation de la Ville
au capital de la société.
Monsieur DAVID-BROCHEN - Merci, Madame le Maire.
Mes chers collègues,
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Une intervention assez rapide, juste pour partager la fierté de soutenir ces
quelques projets lillois qui sont la déclinaison et qui font partie de la concrétisation de
notre stratégie de développement de l’économie sociale et solidaire que nous avons
adoptée récemment, à bien des égards stratégie sœur de la stratégie Lille bas carbone
ou de l’économie circulaire que nous avons adoptées précédemment et qui sont à l’image
des priorités politiques et de l’ambition que nous avons pour notre Ville et nos
concitoyens.
D’abord, la priorité à l’enfance et au développement de l’autonomie et à la
construction de chacun des enfants de notre Ville, à travers le soutien à l’association
Bulbilles, qui développe et cherche à démocratiser l’accès à la pédagogie Montessori à
toutes et tous, notamment au travers du développement de la politique éducative et des
dispositifs de réussite éducative dans nos quartiers.
Ensuite, deux projets qui participent de la transition écologique, de la transition
alimentaire, et surtout de la création d’emplois sur notre territoire.
C’est d’abord le soutien à la structure Baluchon, qui accompagne dans la création
d’activité autour de la restauration des habitants et des habitants qui souhaitent se lancer
dans ce secteur d’activité, tester leur activité et créer leur emploi ensuite.
C’est ensuite le projet ancré à Lille-Sud, chère Alexandra, porté par des
habitantes et des femmes du quartier notamment, qui souhaitent mobiliser et développer
leurs compétences pour lancer une activité économique de restauration nouvelle à
emporter et en livraison, sur le quartier dans un premier temps. Ce sont donc, grâce à ce
projet, des emplois supplémentaires nouveaux sur le quartier et une nouvelle offre de
restauration qui verra le jour grâce au projet « Comme à la maison ».
C’est en dernier lieu le soutien à une priorité, qui est évidemment le lien à l’autre,
la convivialité, notamment autour du zinc, le plaisir d’être ensemble et de construire
ensemble la Ville de demain, avec, cher Akim, à Bois-Blancs, la reprise de l’ancien bar
Chiquito par le café participatif des Bois-Blancs, qui jouit d’un gros soutien des habitants
sur le quartier.
Ce sont donc quelques projets lillois, Madame le Maire, que je voulais vous
présenter, de Fives, cher Sébastien, de Bois-Blancs, du Centre ou de Lille-Sud, qui
incarnent bien la richesse et la spécificité de notre territoire lillois. Je le répète, puisqu’ici,
chacun le sait maintenant depuis récemment, « Lille, ce n’est pas Guingamp ! »
Madame le Maire - Très bien. C’est tout à fait clair et tout à fait passionnant.
Nous étions encore hier avec Arnaud dans l’association de ces femmes qui,
effectivement, se lancent dans la restauration, c’est vraiment passionnant ; les autres
aussi. Bravo pour ce développement de l’ESS ! Bravo à ceux qui développent l’ESS dans
notre Ville !
Je mets aux voix les délibérations de Martin DAVID-BROCHEN.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Merci beaucoup.
Adoptées.
(Sur la 22/213, Anissa BADERI ne prend pas part au vote.)
56
(Sur la 22/214, Akim OURAL et Martin DAVID-BROCHEN ne prennent pas part
au vote.)
22/211 Aide au démarrage à l'association Bulbilles.
Adoptée.
EMPLOI
22/210 Association Agir Ensemble contre le Chômage (AC!Métropole Lilloise) -
Subvention 2022 - Convention entre l'association et la Ville.
Adoptée.
RESSOURCES HUMAINES
22/215 Octroi de remises gracieuses suite à l'émission de titres de recettes.
22/216 Pourvoi possible de postes permanents par des agents contractuels de
droit public en cas d'absence de candidature titulaire adaptée.
22/217 Régime indemnitaire - Ajustements.
22/218 Composition et fonctionnement des instances consultatives du personnel
de la Ville de Lille et ses Communes associées, du CCAS de Lille, des
Sections des centres d'action sociale des Communes associées de Lomme
et d'Hellemmes et de la Caisse des écoles à compter du 1er janvier 2023.
Adoptées.
Marie-Pierre BRESSON.
Chemise 8
CULTURE Rapporteur : Marie-Pierre BRESSON
Adjointe au Maire
22/171 Palais des Beaux-Arts - Organisation et mécénats de l'exposition "La Forêt
Magique" au Palais des Beaux-Arts.
(Projection de diapositives)
Madame BRESSON - Bonsoir, Madame le Maire ; bonsoir, mes chers collègues.
C’est évidemment avec grand plaisir que je vais vous présenter la sixième édition
thématique qui s’intitule « Utopia », pas en faisant une version complète, parce que ce
serait bien trop long et, par ailleurs, vous l’avez déjà fait, Madame le Maire, lors d’une
conférence de presse, mais simplement pour mettre l’accent sur les propositions qui
57
portent sur la politique de Culture durable que nous avons déjà engagée, bien sûr, et que
nous allons amplifier à la faveur de cet événement, dont vous savez qu’il se compose de
propositions artistiques, scientifiques, culturelles, évidemment, et philosophiques, autour
de notre rapport à la nature et au vivant.
Le thème fait référence à l’ouvrage de René DUMONT : « L’Utopie ou la Mort » ;
il avait été proposé, d’ailleurs, en même temps qu’était déposée la candidature de Lille
comme Capitale verte européenne, et vous voyez dans la chronologie qui va s’afficher
devant vous vers la culture durable dans quelle trajectoire nous nous situons, depuis
l’adoption de l’Agenda 21 en 2001 jusqu’à cette édition « Utopia », qui préfigure l’ambition
pour la Ville de Lille d’être Capitale européenne de la culture durable 20 ans après qu’elle
a été Capitale européenne de la culture, en 2004.
Dans cette année, nous avons déjà commencé, puisque vous savez que sous
forme d’un préambule – en quelque sorte – à cette saison, il y avait un atelier au Palais
des Beaux-Arts : le fameux workshop sur la durabilité des musées.
Cette saison Utopia se clôturera avec un forum Eurocities, qui sera réuni à la fois
à l’initiative de la Métropole Européenne de Lille. Il se tiendra tout à fait à la fin de la
saison, le dernier week-end, du 28 au 30 septembre, avec 150 professionnels et les
Villes partenaires, avec un événement qui sera complètement conçu.
Ce qui nous apparaît très important dans cette saison, c’est évidemment la
mobilisation des acteurs du territoire, avec une démarche systémique, qui est d’ailleurs
engagée à la Ville de Lille, avec notamment un envoi très prochain à l’ensemble des
acteurs culturels d’une démarche d’évaluation d’une écoresponsabilité des actions qui
sont les leurs, de manière à ce que nous soyons capables de construire ensemble des
indicateurs communs, qui nous permettent de mesurer d’où nous partons et où nous
allons, sachant que, vous le savez aussi, vous l’avez mentionné d’ailleurs tout à l’heure,
de même que Julien PILETTE lorsqu’il a présenté la délibération sur l’économie circulaire,
les acteurs culturels lillois sont déjà très engagés dans ces questions de durabilité, et je
pense notamment à deux d’entre eux qui sont remarqués : l’Aéronef, notamment sur les
questions de déplacement, et, évidemment, l’Opéra de Lille. Julien le mentionnait,
l’Opéra a donné 30 tonnes de décors et de costumes aux autres acteurs culturels ; il
s’agit bien là d’une démarche de réemploi. J’ajoute que ces deux établissements sont
labellisés ISO 20121, qui est un critère très important en matière de durabilité. Nous
sommes dans une démarche de cette nature.
Évidemment, il n’y a pas de durabilité sans participation, et là, nous allons rentrer
un peu dans le programme d’Utopia, avec ces fameux projets participatifs :
- nous aurons les projets qui tournent autour de la création musicale, des
créations originales, avec des partitions qui ont été distribuées dans la Ville,
la MEL et la région, qui comportent des degrés différents de difficulté, de
telle sorte qu’elles soient accessibles, y compris à des musiciens amateurs
ou apprenants comme à des professionnels ; là encore, il y a derrière une
démarche d’inclusion qui est importante ;
- nous aurons aussi les participants à la parade d’ouverture, avec un défilé
réalisé en matériaux de récupération, avec la fanfare du Tire-Laine et
l’École de l’Oralité, là encore, dans une démarche d’inclusion ;
58
- bien sûr, les Lilloises et les Lillois ont mis la main à la pâte, en l’occurrence
à la pâte à papier pour la confection des Minitos ; les ateliers avaient lieu
au Tri Postal pendant les vacances de février ;
- en ce moment, vous pouvez aller tricoter et crocheter à la Maison Folie
Wazemmes pour élaborer la Valkyrie de Joana VASCONCELOS ;
- une démarche tout à fait inédite qu’il faut aussi indiquer, avec une
programmation dans les quartiers qui a été réalisée avec les équipes de la
participation citoyenne, sous la férule de Sébastien DUHEM, les équipes de
la Culture et celles de Lille3000, pour une déclinaison interquartier de la
saison Utopia, et non pas quartier par quartier, mais bien faire le lien entre
tous les quartiers de la Ville. C’est ainsi que les conseillers de quartier qui
étaient présents et qui se sont beaucoup engagés dans cette démarche ont
proposé la création d’une cabane au square Lardemer – on verra qu’elle
sera accompagnée de cinq autres dans d’autres lieux –, une mise en valeur
de la Porte de Roubaix, etc.
Je vous laisse découvrir l’ensemble des propositions qui sont indiquées là, avec
une particularité sur une course d’orientation ; vous en voyez le plan ici, il s’agit à la fois
de concilier le sport, la découverte de la biodiversité, la redécouverte, probablement,
d’espaces de nature dans la Ville. Cette promenade Utopia, qui, auparavant, s’appelait
« promenade des remparts » – je reviendrai dessus – sera labellisée par la Fédération
française de randonnée.
Il n’y a pas de grande saison sans expositions ni installations. Ici, vous avez une
photo du Grand Orchestre des Animaux de Bernie KRAUSE qui sera présenté par la
Fondation Cartier.
Ces expositions sont très importantes, parce que si nous savons que la culture,
finalement, ne représente « que » 4 % des émissions de gaz à effet de serre, nous
savons aussi, à la fois par les émotions qu’elle procure et les réflexions qu’elle suscite,
qu’elle est prescriptrice. Il y a donc ce que nous montrons et comment nous le montrons.
Par exemple, l’exposition « Novacène » à la Gare Saint-Sauveur, sous le
commissariat d’Alice AUDOUIN et de Jean-Max COLARD, interrogera les liens qui
existent entre la nature, la transition écologique et la technologie.
« La forêt magique » au Palais des Beaux-Arts, qui fait l’objet de la délibération
qui est présentée ce soir – nous retrouverons d’ailleurs la scénographie d’« Expérience
Goya » –, permettra aussi de faire le lien avec les arbres remarquables de la Citadelle,
puisqu’il y aura un lien avec le Cap Forêt, et de présenter le plaidoyer de Francis HALLÉ,
le grand botaniste, sur la restauration de la forêt primaire en Europe, avec, donc, une
réflexion autour de la biodiversité.
Enfin, il y a le projet très enthousiasmant de sciences participatives mené autour
du blob au Musée d’Histoire Naturelle à Lille, en lien avec le CNRS.
Les enfants seront de la partie. Ils sont mis à contribution avec des créations
originales. Plus de 200 classes et 4 000 élèves sont engagés dans des ateliers de
59
création avec leurs créations propres. Il y a aussi une compréhension de la biodiversité
pour laquelle ils auront des éléments d’information. Il y a une exposition avec des plantes,
qui seront ensuite réimplantées dans les cours d’écoles, dans l’espace public. Les
enfants, parce que c’est à eux que sont destinées les politiques de transition que nous
menons, entretiendront des dialogues avec des chercheurs et philosophes, qui
adapteront et vulgariseront leurs propos auprès des enfants. Je pense par exemple à
Philippe DESCOLA sur les chasseurs-cueilleurs ou Vinciane DESPRET sur le langage
et la communication des animaux.
Il n’y a pas de saison sans Métamorphoses urbaines. Nous retrouverons avec
plaisir La Rambla avec les Elfes de la forêt scandinave de Kim SIMONSSON – vous les
voyez dans la rue Faidherbe.
Nous aurons aussi, parce qu’Utopia est une saison européenne, et qu’il y a une
saison croisée avec le Portugal, les œuvres de Joana VASCONCELOS – j’ai parlé de
celles qui étaient coconstruites avec les habitants.
Comme dans chacune des éditions précédentes, Utopia va laisser une trace
pérenne avec des parcours de randonnées. Nous aurons les Caps Lille, Lomme et
Hellemmes. Les animations ont été conçues de manière participative pour les quartiers
lillois. Ces Caps seront activés pendant la saison.
J’évoquais tout à l’heure l’exposition Forêt Magique. Vous voyez qu’un cap forêt
aura lieu en septembre et permettra d’identifier les arbres remarquables que nous
trouvons à la Citadelle. Ces événements écoresponsables seront réalisés avec des
acteurs locaux, dont une liste non exhaustive s’affiche à l’écran.
De ces Caps, restera la Promenade Utopia, labélisée par la Fédération française
de randonnée, qui sera un des plus grands parcours de randonnée ; elle nous permettra
de poursuivre l’exploration des espaces verts qui entourent la Ville.
Vous l’aurez compris, cette saison ne présentera pas une vision pessimiste du
monde ; au contraire, elle sera l’occasion de poursuivre avec lucidité et conviction une
politique de culture durable pour Lille en 2024.
Bref, nous serons très heureux de nous retrouver le 14 mai prochain.
Madame le Maire - Merci beaucoup Madame BRESSON.
Je passe la parole à Maël GUIZIOU.
Monsieur GUIZIOU - Madame le Maire, mes chers collègues, une explication de
vote du groupe Lille Verte pour les délibérations 171 et 175 relatives à l’implication des
musées municipaux dans la saison Utopia : le Palais des Beaux-Arts et l’Hospice
Comtesse.
La première, la 171, concerne l’exposition La Forêt Magique, qui fait partie des
projets évoqués par l’Adjointe à la Culture. Nous voterons pour cette délibération, car
c’est effectivement un beau projet. D’ici là, on pourrait conseiller à nos collègues d’aller
parcourir, dans les collections permanentes, la salle dédiée au paysage au 19e, laquelle
60
a été très bien repensée, dans un esprit qui traduit les nouvelles orientations évoquées
par Madame BRESSON.
Nous tenons toutefois à partager notre interrogation sur le dépassement du
budget prévu.
Pour mémoire, en page 14 de la présentation du budget primitif 2022, voté au
dernier Conseil Municipal, il était mentionné un montant de 1 million d’euros pour cette
exposition. Avec cette délibération, nous constatons une augmentation de 30 % de ce
budget ; ce n’est pas rien.
Le mécénat qui devait déjà être prévu dans le budget initial ne couvre qu’à peine
plus de la moitié de la hausse observée ; et encore, il a fallu chercher 50 000 euros
auprès d’un fournisseur de gaz – triste ironie.
Aussi, nous espérons que ce surcoût n’affectera pas les missions ou de
potentiels postes restants vacants, faute de crédits, au Palais des Beaux-Arts ou dans
d’autres équipements municipaux.
Sur la seconde délibération, nous ne sommes pas convaincus par la clé de
répartition de la billetterie entre l’Hospice Comtesse et lille3000, puisque le principe est
seulement de maintenir le niveau de recettes du musée, sans qu’il ne bénéficie de la
hausse de fréquentation attendue.
Plus généralement, cette délibération nous renvoie aux questionnements déjà
exprimés sur le financement de lille3000 et le niveau réel du budget de la saison Utopia.
En cohérence, avec notre vote au précédent conseil, sans nier l’intérêt de la
programmation, nous nous abstiendrons sur cette délibération.
Je vous remercie.
Madame BRESSON - Je vais rapidement répondre sur ce que vous dites de
l’exposition La Forêt Magique.
Il faut avoir en tête des éléments nouveaux.
Les expositions organisées au Palais des Beaux-Arts voient leur budget décroître
d’exposition en exposition : il était de 1,7 million pour Joie de vivre, il est passé à
1,5 million pour Millet ; il était de 1,4 million pour Goya et il est passé à 1,3 million pour
La Forêt Magique.
Si nous voulons construire des indicateurs – que j’indiquais tout à l’heure – pour
le travail avec les acteurs culturels locaux, c’est précisément pour mesurer comment le
réemploi ou l’utilisation du matériel numérique entre en ligne de compte, lorsque nous
faisons un effort de sobriété – c’est le cas pour les expositions proposées par le Palais
des Beaux-Arts.
Concernant la seconde question relative aux budgets, nous aurons l’occasion
d’en reparler lorsque nous aurons le bilan complet de la saison. Sachez simplement que
la fréquentation du musée de l’Hospice Comtesse a fortement augmenté grâce à
61
l’exposition Renart ces derniers mois, avant que ne rouvrent les salles du musée – que
je vous engage aussi à aller les visiter, puisqu’elles ont été rééquipées avec un éclairage
led. Nous aurons donc l’occasion de faire les bilans à la fin de l’édition.
Madame le Maire - Je mets aux voix les délibérations.
Qui vote pour la 171 ? (Unanimité)
Adoptée.
(Anissa BADERI ne prend pas part au vote.)
22/175 Saison culturelle Utopia - Conventions de partenariat entre l'association
Lille3000 et la Ville.
Qui s’abstient pour la 175 ? (Le groupe Lille Verte et le groupe Faire Respirer
Lille).
Adoptée, les groupes Lille Verte et Faire Respirer Lille s’abstenant.
(Marie-Pierre BRESSON et Catherine MORELL-SAMPOL ne prennent pas part
au vote.)
Qui vote pour les autres délibérations ? (Unanimité)
Merci.
22/167 Sollicitations de prêts d'œuvres auprès des services culturels.
Adoptée.
22/168 Subventions aux opérateurs culturels.
Adoptée.
(Marie-Pierre BRESSON, Arnaud TAISNE, Catherine MORELL-SAMPOL,
Sébastien DUHEM, Delphine BLAS, Sylviane DELACROIX, Mélissa CAMARA, Vanessa
DUHAMEL, Charlotte BRUN, Marielle RENGOT, Jacques RICHIR, Franck HANOH,
Didier JOSEPH-FRANCOIS, Nathalie SEDOU, Bernard CHARLES ne prennent pas part
au vote.)
22/169 Palais des Beaux-Arts - Phase 3 du Projet Scientifique et Culturel dédiée
au département du Moyen Âge et de la Renaissance - Contrats de dépôt
d'œuvres d'art et de cession de droits d'auteur.
22/170 Palais des Beaux-Arts - Adoption et autorisation de signer les contrats de
dépôts d'œuvres des collections du Palais des Beaux-Arts de Lille dans
neuf lieux prestigieux français.
22/172 Palais des Beaux-Arts - Adhésion à deux associations d'intérêt culturel : la
société française de photographie et l'association de recherche
scientifique sur les arts graphiques.
62
Adoptées.
22/173 Musée de l'Hospice Comtesse - Déclaration d'activité d'entrepreneur de
spectacles vivants de 1ère, 2ème et 3ème catégories.
Adoptée.
(Marie-Pierre BRESSON ne prend pas part au vote.)
22/174 Institut Français - Développement des échanges artistiques internationaux
- Subvention 2022.
Adoptée.
22/176 Gestion et exploitation du Théâtre Sébastopol - Bilan 2020/2021 du
concessionnaire Il Teatro.
Le Conseil Municipal prend acte.
22/177 Festival "Les Paradis Artificiels" par la société A Gauche de la Lune -
Fixation du montant de la redevance d'occupation du domaine public.
22/178 Transport Culturel Fluvial - Tarification d'occupation de locaux - Gratuité.
Adoptées.
COOPÉRATION DÉCENTRALISÉE
22/179 Coopération décentralisée - Dépôt du dossier final de financement pour la
réalisation du projet "Nablus Boulevard" auprès de l'Agence Française de
Développement (AFD) dans le cadre du dispositif FICOL.
Adoptée.
Je cède la parole à Jérôme PIANEZZA.
Chemise 40
RELATIONS INTERNATIONALES Rapporteur : Jérôme PIANEZZA
ET EUROPÉENNES Conseiller Municipal délégué
22/233 Relations internationales et européennes - Convention entre les Jeunes
européens France, le Mouvement européen France, l'Union des
fédéralistes européens et la Ville.
Monsieur PIANEZZA - Mes chers collègues, bonsoir.
63
« Carrefour européen » : ce slogan si souvent évoqué pour d’autres villes, si
souvent galvaudé aussi pour d’autres cités, va comme un gant à notre Ville profondément
européenne de par sa situation géographique, mais également son histoire et la présence
en ses murs de nombreuses diasporas européennes. Le petit-fils d’Italien que je suis ne
vous dira évidemment pas le contraire.
Après avoir signé cinq jumelages en 1958 avec Cologne, Esch-sur-Alzette,
Liège, Rotterdam et Turin, Lille compte aujourd’hui 10 villes partenaires en Europe, dont
huit dans l’Union européenne avec lesquelles nous travaillons quotidiennement et
partageons nos expertises dans de nombreux domaines, souvent cités dans ce Conseil
Municipal : transition énergétique, culture, éducation, rénovation urbaine, démocratie
participative, lutte contre les discriminations – et j’en passe.
Pour illustrer cela ce soir, j’égrènerai avec vous rapidement quelques projets et
actions avec nos villes jumelles européennes, qui tinteront à vos oreilles et vous feront
voyager en cette soirée de début de vacances scolaires.
Si je vous dis Leeds, Erfurt, Turin, vous saliverez sans doute en répondant : « Oh
My Good », qui développe la mobilité des jeunes et la formation professionnelle dans le
domaine de la gastronomie.
Si je vous dis Liège et Leeds, vous ne penserez pas uniquement gaufres et
porridge ; vous saluerez la visite du maire de Leeds les 28 et 29 mars derniers, afin de
renouveler l’accord de coopération qui nous lie depuis 1978, par la signature d’un MOU,
Memorandum of Understanding, et ce, malgré le Brexit.
Vous aurez aussi en tête les échanges avec Liège sur la promotion de l’égalité
femmes-hommes, lors des journées du patrimoine – je salue au passage
Alexandra LECHNER –, ainsi que la culture durable, développée par Marie-
Pierre BRESSON voilà quelques minutes.
Si je vous dis Esch-sur-Alzette, vous ne penserez pas uniquement que c’est
difficilement prononçable, vous songerez à la participation de la Ville de Lille au
lancement d’Esch 2022, capitale européenne de la culture, et aux échanges de bonnes
pratiques, grâce à l’expertise de Lille 2004.
Si je vous dis Cologne, Rotterdam, Esch-sur-Alzette, vous ne songerez pas
uniquement à l’Europe du Nord, mais aussi au groupe de villes que nous avons rejoint
depuis quelques semaines, au sein du réseau Rainbow Cities, les villes accueillantes
pour les LGBTQI+.
Par ailleurs, le rayonnement européen de la Ville de Lille, c’est aussi – il faut le
savoir, c’est plus discret mais tout aussi important – notre adhésion à de nombreux
réseaux européens. Je ne les citerai pas tous : Energie Cities, le Forum européen pour
la sécurité urbaine, le réseau Europe Villes-santé OMS sont des noms bien connus.
Analyses, mise en commun d’expertises, projections : on réfléchit évidemment plus
efficacement à plusieurs.
Aujourd’hui, la reconnaissance de notre identité européenne est incontestable ;
en témoigne de façon loin d’être anecdotique le choix de Lille pour la réunion informelle
des ministres européens de la Justice et de l’Intérieur dans le cadre de la présidence
64
française au Conseil de l’Union européenne en février dernier. Nous avons eu des
gyrophares, des encombrements, mais avons aussi gagné beaucoup de visibilité pour
Lille.
Et puis il y a le quotidien, c’est-à-dire faire vivre l’Europe auprès des Lilloises et
Lillois. Deux exemples parmi d’autres :
- le développement de la mobilité des jeunes est un axe important pour les
relations internationales, en soutenant des structures qui travaillent sur la
citoyenneté européenne, comme Interphaz ou la Mission locale ;
- la participation à la Fête de l’Europe en mai afin de développer le sentiment
d’appartenance européenne sur notre territoire, en passant par une
programmation festive et diverse, y compris d’ailleurs la simulation d’un
Parlement européen au lycée Baggio.
Tout cela ne serait rien aujourd’hui si nous oublions le sel de cet engagement, la
substantifique moelle de ces projets : la solidarité et l’amitié avec nos villes jumelles.
Je pense à nouveau ce soir à Kharkiv, véritable ville martyre, que nous soutenons
dans cette terrible guerre, et Wrocław que nous accompagnons dans l’accueil des
réfugiés ukrainiens.
Encore et toujours, la Ville de Lille sera aux côtés de tous ceux qui se battent
pour la défense de la démocratie, la paix, le respect des Droits de l’Homme, à l’échelle
locale, européenne et internationale.
Ce rapide petit tour d’horizon de la politique européenne évidemment non
exhaustif permet de resituer et souligner la pertinence du label Ville Européenne porté
par les associations des Jeunes Européens de France, le Mouvement européen et
l’Union des fédéralistes européens ; label dont nous souhaitons bénéficier.
C’est l’objet de la délibération 233, qui vise à approuver la signature de la
convention avec les mouvements évoqués, qui portent une vision d’une Europe plus
intégrée et plus proche de nos citoyens. Je rappelle d’ailleurs que notre Maire,
Martine AUBRY, avait soutenu cette charte du label Ville Européenne en janvier 2020.
C’est une convention de partenariat avec le Comité de pilotage du label Ville
Européenne, dont la charte engage Lille, notre Ville, à respecter différents critères que
nous respectons déjà. Nous sommes bien notés – cela n’étonnera personne – et nous
avons déjà largement atteint le niveau 1, qui a été consolidé ; nous avons rempli ses
critères.
Enfin, la Ville de Lille se portera candidate à l’obtention de la plaque « Ville
Européenne », afin de rendre son identité européenne encore plus visible de toutes et de
tous. Nous en reparlerons sans doute au prochain Conseil Municipal.
Lille a besoin de l’Europe et l’Europe a besoin de Lille. Je vous remercie.
Madame le Maire - J’ajoute que dans vos délibérations, il y a les 20 000 euros
que nous proposons de verser à la Fondation de Lille pour les Ukrainiens. Une partie a
d’ores et déjà été envoyée à l’Unicef, qui accueille les enfants arrivant seuls à la frontière
ukrainienne ; ils ont été les premiers à solliciter l’aide. Il y a également le Secours
65
populaire pour l’accompagnement de médicaments à la frontière. Vous le savez, environ
la moitié provient de fonds de particuliers. Nous attendons encore des fonds émanant de
la culture, puisque la plupart des institutions culturelles de Lille ont annoncé qu’elles
verseraient les revenus de la première soirée de la saison à la Fondation. Des artistes
ont également proposé de verser leurs cachets. Nous atteindrons donc très largement
200 ou 250 000 euros. Nous sommes en train de regarder avec la Fondation de Lille
quelles sont les associations les plus utiles.
Pour l’instant, nous ne pouvons rien envoyer à Kharkiv car rien n’y arrive. Le
maire nous a dit de garder une partie des sommes que nous pourrions avoir pour les
aider par la suite. Cela ne permettra évidemment pas de reconstruire une ville détruite
mais il est utile de garder cet argent, surtout pour les médicaments. Nous vous tiendrons
informés de l’évolution de ces sommes et de leur utilisation.
Je passe la parole à Faustine BALMELLE.
Madame BALMELLE - Madame le Maire, chers collègues,
Vous nous proposez ce soir d’intégrer la Ville de Lille au label Ville Européenne,
via la signature d’une convention avec les associations des Jeunes Européens de
France, le Mouvement européen et l’Union des fédéralistes européens.
Ce geste s’inscrit dans une réflexion globale sur la stratégie européenne de la
Ville. Notre groupe Lille Verte suivra avec grand intérêt son élaboration car le soutien de
notre groupe à cette proposition et aux ambitions qu’elle porte est une évidence.
C’est une évidence quand on sait que la construction européenne permet chaque
jour aux Lilloises et Lillois d’étudier, travailler dans une autre ville européenne, et à Lille
d’accueillir de nombreux concitoyens venus de toute l’Europe.
La semaine des langues vivantes qui s’achève aujourd’hui en témoigne :
l’apprentissage des langues évoqué dans la délibération constitue une dimension
essentielle et notamment aussi de justice sociale – tout le monde n’a pas toujours accès
à l’apprentissage des langues de manière égalitaire.
Anglais, allemand, néerlandais, espagnol, italien, polonais, russe, ukrainien,
outre le français, sept langues officielles différentes sont parlées dans les villes
européennes jumelées avec Lille. Il serait intéressant de repérer dans les actions
recensées par la Ville lesquelles favorisent cette diversité linguistique. On a vu avec
l’actualité de la crèche polyglotte à Wazemmes qu’il n’est jamais trop tôt pour apprendre
une langue étrangère.
C’est aussi une évidence à l’heure où certains et certaines n’hésitent pas à
contester l’union des peuples européens, au profit d’un nationalisme décomplexé et
dangereux, oubliant au passage les liens qui se sont tissés décennie après décennie, et
le travail monumental fait par nos villes et leurs habitants pour renforcer ces liens.
Une évidence quand, au moment même où l’on parle, l’Europe est attaquée dans
ses principes fondateurs : la paix, la solidarité, la démocratie et le respect des droits
humains ; des valeurs qui doivent continuer à être défendues partout dans nos villes.
66
Parce que nous vivons dans une métropole résolument européenne à l’entrée de
l’Europe du Nord, nous souhaitons ce soir rappeler une proposition du mouvement
européen citoyen Volt déposée dans le cadre de la troisième édition du budget
participatif. Si nous sommes conscients qu’elle ne peut a priori pas être retenue et éligible
pour des raisons techniques au budget participatif, cela n’en reste pas moins une
suggestion intéressante, en phase avec le sens de l’accueil qui définit si bien notre Ville.
Volt a proposé la mise en place d’un guichet européen et international au sein de
l’Hôtel de Ville, qui viserait à accueillir ces nouveaux arrivants. L’objectif est de les
aiguiller dans leurs démarches pour ouvrir un compte bancaire, accéder à la Sécurité
sociale, s’inscrire sur les listes électorales, inscrire leurs enfants dans les écoles, etc. Car
si les traités européens ont permis une certaine harmonisation, elle n’est pas totale ni
toujours compréhensible, notamment au niveau administratif. Un lieu d’accueil avec du
personnel maîtrisant les langues étrangères serait un plus, et à ce titre, nous saluons le
travail réalisé pour recenser les langues parlées par les agents de notre Ville.
Pour certaines et certains, l’Union européenne peut parfois paraître floue,
lointaine, et seulement constituée par de lourdes institutions et des bureaucrates les
composant mais c’est faux. L’Europe est partout : dans notre culture, notre histoire, nos
traditions, mais aussi et surtout dans nos villes, là où se côtoient chaque jour des
populations de tous les horizons ; un ciel à 12 étoiles sous lequel Lille doit exister.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Effectivement, c’est essentiellement pour une raison
technique du fonctionnement et non de l’investissement que le projet Volt n’a pas été
retenu par les services dans la troisième édition, mais la proposition est tout à fait
intéressante – nous avons convenu que nous allions y travailler. C’est finalement
exactement le travail que nous avons fait pour accueillir les Afghans – qui ne sont pas
dans l’Europe – et les Ukrainiens : essayer de trouver les moyens de les accompagner
pour avoir un statut, un compte bancaire, l’assurance civile, inscrire leurs enfants à
l’école, dans les clubs de sport, etc.
La réelle difficulté est de pouvoir parler toutes les langues. Je pense que l’on
pourrait l’élargir et pas seulement à l’Europe, même si votre intervention sur l’Europe était
tout à fait intéressante et je la partage totalement, car de nombreuses personnes viennent
d’autres pays. Charlotte BRUN a beaucoup travaillé pour que nous ayons des lycées où
l’on puisse apprendre l’arabe, le chinois et le russe – nous n’allons pas accueillir
beaucoup de Russes aujourd’hui, mais des Ukrainiens parlent quand même le russe.
Un lieu d’accueil où l’on pourrait avoir des matinées réservées à tel ou tel pays,
en fonction des personnes disponibles pour assurer la traduction pourrait être
intéressant ; on va y travailler. Je propose que l’on dépasse l’Europe pour regarder
l’ensemble des étrangers qui veulent rejoindre notre Ville.
Merci pour cette intervention. Vous êtes la bienvenue si vous souhaitez travailler
avec nous sur le sujet.
Avant de voter, nous allons écouter Nathalie SEDOU sur l’autre délibération.
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Madame SEDOU - Concernant les délibérations 234 et 235, puisqu’il s’agit
toujours de citoyenneté européenne, je vais essayer de rester dans le ton.
Señora Alcalde, caro consigliere delegato, dear fellow members, meine Damen
und Herren, grazie, choukran, spassibo, dyakuyu, merci ; merci pour ces deux
délibérations de soutien à la population ukrainienne qui fuit et subit la guerre. Elles se
complètent : l’une permet de fournir une aide à la population là-bas et dans les pays
limitrophes ; l’autre vise à offrir aux familles ukrainiennes un repas du restaurant
municipal le jour de leur arrivée ici.
Ces deux décisions sont liées à une démarche globale de la Ville « cousue-
main » que notre groupe tient à saluer ce soir.
D’abord – et cela ne vous étonnera pas –, nous voudrions vous redire
l’importance d’une hospitalité sans discernement ; d’Ukraine, n’arrivent pas que des
Ukrainiens. Plus généralement, un père en témoignait ici lors de la cérémonie d’accueil
organisée par la Ville la semaine dernière ; il nous a confiés avec émotion que sa famille
se sentait prête à faire de la place chez elle pour recevoir des réfugiés subsahariens ou
syriens. Ce furent finalement des Ukrainiennes, puisque leur volonté admirable a
coïncidé avec l’appel de la Ville.
Son récit m’a rappelé votre intervention, Monsieur PIANEZZA, il y a un an, jour
pour jour. Je retiens vos mots sobres – et pas moins sensibles – quand vous nous aviez
remémoré l’image du petit garçon syrien face contre terre, gisant sur une plage turque.
Tous deux, vous avez semblé nous dire que ce qui déclenche la compassion et l’entraide,
c’est d’être témoin et de ne pas pouvoir détourner le regard. En fait, on comprend là que
la solidarité n’a que faire de la nationalité, de la couleur de peau ou des papiers en règle.
À l’inverse, ce que l’on ne voit pas d’une certaine manière n’existe pas. Alors,
n’oublions pas de porter notre regard sur des personnes exilées arrivées à Lille plus
furtivement, avec leurs lots d’épreuves, car qui dit moins visibles, dit moins
accompagnées. Des associations vous interpellaient encore par courrier début janvier,
Madame la Maire, sur leur sort.
On ne peut rester sans réagir – vous l’aviez dit – que ce soit aux portes de
l’Europe – vous l’avez encore redit aujourd’hui –, au cœur de l’Europe ou au pied du
Beffroi. Vous l’avez prouvé : devant l’urgence, la Ville a identifié 250 places
d’hébergement. Nous espérons qu’elles pourront rester accessibles plus tard à d’autres
personnes aussi nécessiteuses – je dis « plus tard », en espérant prochainement, car on
n’ose imaginer un conflit qui dure. Pensons à la Syrie où la guerre s’éternise depuis
11 ans.
Et puisque l’offre dépasse largement la demande – si je puis me permettre
l’expression –, parmi les très nombreux ménages lillois à s’être signalés, certains
offriraient sûrement volontiers un hébergement de plusieurs jours à d’autres exilés. Ces
ménages pourraient être mis en relation avec Migr’action et Utopia 56, associations qui
cherchent aussi des familles d’accueil sur des temps plus resserrés, souvent pour des
jeunes mineurs notamment.
Enfin, sur une des délibérations, cette judicieuse idée du repas offert mérite d’être
reprise. Des initiatives similaires existent, mais restent confidentielles. Imaginez ce que
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cela donnerait si tous les restaurants publics et privés de la Ville offraient chaque jour
quelques repas à des personnes démunies.
C’est coutumier, mais toujours bon à constater : quand le besoin est impérieux,
on se découvre des ressources insoupçonnées. Le paradoxe, c’est que les inégalités de
traitement se voient davantage, car il y a l’envers du décor. Il semble que les rendez-
vous – c’est ce que l’on nous a dit – pour des titres de séjour à d’autres étrangers sont
retardés de plusieurs mois en préfecture, laquelle semble fonctionner à effectifs
constants. Là où certains se voient fort heureusement proposer un abri, d’autres
demeurent à la rue sans solution depuis des mois. Bref, il manque une coordination
virtuose pour que tout cela fonctionne sans discrimination ou risque de discrimination.
La préfecture est-elle la mieux placée ? On pourrait dire partiellement. Par
définition, elle ne possède pas l’agilité et l’imagination du niveau communal dont vous
faites preuve. Que la Ville ait dépêché deux agents directement en préfecture pour gérer
l’accueil d’Ukrainiens, cela en dit long. De plus, hormis la Croix Rouge, il semble que des
associations aguerries à l’aide aux réfugiés et à la gestion de crise – je pense à la Cimade
ou Médecins du Monde – ne sont pas dans la boucle de la préfecture ; pour autant, rien
n’empêcherait la Ville de le faire.
Nous avons bien conscience de toute l’énergie nécessaire pour connecter le
terrain, les savoirs et les bonnes volontés. Vos services et vos élus sont
mobilisés – encore une fois, nous le saluons.
Faustine BALMELLE a déjà pu l’exprimer : nous sommes évidemment
disponibles pour prêter main-forte dans un moment aussi inédit, pas seulement en tant
qu’individus engagés – ce que nous faisons déjà – mais comme élus, avec notre
connaissance du terrain, complémentaire à la vôtre.
Puisque la situation pourrait durer – vous l’avez dit, encore une fois en espérant
qu’elle ne dure pas trop –, nous notons que le règlement intérieur donne la possibilité de
constituer une Commission spéciale municipale. Est-ce un format à retenir ou un groupe
de travail pour maximiser l’échange d’informations et de bonnes pratiques ? Peut-être.
Une chose est sûre : l’urgence humanitaire actuelle mérite sur ce point précis que nous
joignions nos forces aux vôtres.
À partir de vos dispositifs et des réseaux de solidarité que l’on voit se mettre en
place, une sorte de plate-forme d’aides aux exilés pourrait émerger à Lille – d’une
certaine manière, cela rejoint ce que vous venez de dire sur l’accueil des étrangers, pas
uniquement européens. Peut-être qu’en aidant les familles ukrainiennes, la Ville aidera
d’autres exilés à Lille qui restent encore oubliés.
Je conclurai en citant l’écrivain franco-libanais Amin MAALOUF, celui-là même
qui nous mettait en garde contre les identités meurtrières. En 2009, dans le Dérèglement
du monde, il consacrait quelques pages – toujours avisées – au dérèglement climatique.
Ce qu’il en saisissait déjà avec acuité peut tout aussi bien s’appliquer aujourd’hui à la
situation que nous vivons en recevant les familles ukrainiennes et avec l’Europe frappée
en son cœur : « S’il nous fallait un “état d’urgence” pour nous secouer, pour mobiliser ce
qu’il y a de meilleur en nous, voilà, nous y sommes. »
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Après Amin MAALOUF, je me garderai d’ajouter quoi que ce soit. Je vous
remercie de votre attention.
Madame le Maire - J’entends tout ce que vous dites ; cela fait partie de nos
réflexions, qui ne sont pas simples dans notre pays et qui le seront encore moins dans
les mois à venir.
Je vous rappelle tout de même que nous avons été les premiers en 2015 à
accueillir des Syriens et Irakiens, ici, à Lille. Il était déjà difficile d’obtenir les papiers et le
statut de réfugié. Certains d’entre nous ici se sont rendus à plusieurs reprises à l’Ofpra
avec les réfugiés : il est extrêmement compliqué de les avoir.
Nous avons aussi été la seule ville française à accueillir les personnes recueillies
par l’Aquarius et qui se retrouvaient à Valence en Espagne. C’étaient essentiellement
des Saoudiens, des jeunes du Darfour. Pareil pour l’Ocean Viking et l’Alan Kurdi.
La Ville a donc une habitude d’accueillir des réfugiés, le réfugié au sens de la
Convention internationale ; quand on fuit la guerre, les persécutions, etc., quelle que soit
la couleur, la religion ou autres, la Ville a toujours été là.
Je ne vais pas vous reparler des Afghans, mais je ne pense pas qu’une autre
Ville française les ait accueillis comme nous l’avons fait cet été et depuis, puisqu’ils sont
là, et nous avons encore accueilli deux familles, avec beaucoup de difficultés, puisque la
France ne veut plus les accueillir. Nous avons accueilli 85 Afghans, nous aurions pu en
recevoir beaucoup plus.
On comprend bien ce qu’il y a dans cette proposition de 3 000 familles. Au-delà
des Ukrainiens qui sont européens et plus proches de nous, les images que l’on voit tous
les jours ont pu entraîner cette réaction ; je pense, comme vous, qu’un certain nombre
d’entre elles pourraient aller plus loin.
Malgré les différentes prises de position par d’autres, nous avons accueilli des
personnes étrangères, avec une carte de résident ukrainien – je pense à des Marocains
et à des Sénégalais – qui ont eu beaucoup de mal, comme vous le savez, à sortir de la
frontière. Elles sont aujourd’hui dans des familles lilloises ou de la Métropole.
J’ai compris vos propos, ne vous inquiétez pas, mais c’est compliqué – vous le
savez ; cela l’est encore plus aujourd’hui, car on n’arrive pas à avoir les papiers. C’était
encore possible il y a quatre ou cinq ans, en défendant les dossiers, un à un, à la
préfecture – on en comptait environ une vingtaine par mois. Aujourd’hui, on n’y arrive
plus, quels que soient les dossiers et la façon de les préparer, même avec des
propositions d’emploi, etc. Il nous faut continuer à y travailler.
Je vous remercie, même si je vois bien les critiques qui étaient derrière. En tout
cas, au-delà de l’engagement de notre Majorité, mon engagement personnel fait que
nous n’oublions pas les autres.
Je mets aux voix toutes les délibérations de Jérôme PIANEZZA, sauf s’il souhaite
intervenir ? (Monsieur PIANEZZA fait un signe de tête négatif.)
Je pense qu’aucune n’entraîne autre chose qu’un vote positif.
Qui vote pour ? (Unanimité)
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Je vous en remercie.
Adoptée.
22/232 Relations Internationales et Européennes - Attribution de subventions.
22/234 Aide humanitaire d'urgence à la Fondation de Lille.
22/235 Accueil des personnes réfugiées d'Ukraine - Fourniture gratuite de repas
et denrées alimentaires par le restaurant municipal.
Adoptées.
LUTTE CONTRE LES DISCRIMINATIONS
22/231 Lutte contre les discriminations - Subvention à l'association EOLE.
Adoptée.
Sur les dossiers d’Audrey LINKENHELD, Bernard CHARLES.
Chemise 4
TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET Rapporteur : Audrey LINKENHELD
DÉVELOPPEMENT SOUTENABLE Première Adjointe au Maire
22/133 Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille Métropole (ADULM) -
Subvention - Convention de partenariat entre l'ADULM et la Ville.
(Stanislas DENDIEVEL, Marie-Pierre BRESSON, Arnaud DESLANDES,
Jacques RICHIR, Estelle RODES, Anissa BADERI, Faustine BALMELLE, Stéphane
BALY, Ali DOUFFI et Ingrid BRULANT-FORTIN ne prennent pas part au vote.)
FINANCES
22/137 Plan de Relance Européen - Initiative "REACT EU" Numérique -
Financement du déploiement accéléré du télétravail en 2020 dans le cadre
de la crise sanitaire - Convention de partenariat entre la Métropole
Européenne de Lille et les communes partenaires du territoire
métropolitain.
Monsieur CHARLES - Madame le Maire, chers collègues,
Un peu dans le droit fil de l’intervention de Jérôme PIANEZZA sur les questions
de relations entre les villes européennes, sur l’Europe et sur l’importance de cette
construction, de cette union, j’ai bien entendu aussi ce que disait Faustine BALMELLE
tout à l’heure, et à juste titre, sur les attaques, qu’elles viennent, d’ailleurs, de l’extrême
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droite ou de l’extrême gauche, sur la question de l’Europe, je voulais simplement mettre
en lumière une des deux délibérations proposées par Audrey LINKENHELD.
Par rapport au débat que nous venons d’avoir il y a quelques instants, où on est
essentiellement sur les questions strictement humaines, sur lesquelles il faut aussi avoir
des débats de fond, et je pense en particulier sur la question du droit d’asile, les choses
sont à discuter aussi dans la sérénité.
Je voulais mettre en lumière la délibération 137 qui, à partir d’un Plan de relance
européen à visée écologique, numérique, résiliente de l’économie de 2020, a permis à
un certain nombre de communes de la métropole, mais dont la commune de Lille, de
recevoir pour notre commune, Lille, Lomme et Hellemmes, 651 000 € de l’Europe pour
venir équiper nos agents de 744 outils informatiques, de matériel de visioconférence,
pour, finalement, permettre cette résilience et cette adaptation pendant la crise sanitaire,
et, finalement, de permettre, je pense, un progrès également dans le fonctionnement de
nos services. Je voulais donc mettre en lumière aussi cet aspect-là, qui me semble tout
à fait essentiel.
La deuxième délibération sur laquelle je voulais intervenir, mais je l’ai fait aussi
en commission, est la convention de partenariat entre l’Agence de développement et
d’urbanisme et la Ville, et en particulier avec l’idée de finalement mieux observer, de
consolider nos observations du territoire et des politiques qui y sont menées. Je reprends
le texte pour, finalement, que cela permette d’être des outils agiles d’aide à la décision,
de suivi et d’évaluation des politiques municipales.
Je pense qu’effectivement, en partageant à partir de ces outils un certain nombre
de travaux, en ayant les livraisons de ces travaux, cela peut aussi nous aider à mieux
faire vivre le rapport et les débats entre des majorités, des minorités, dans les différentes
institutions, y compris dans cette institution municipale, donc je voulais insister là-dessus.
Je reviens sur deux attitudes qui m’ont semblé un peu en contradiction ce soir
avec cette délibération extrêmement positive qui vise à partager l’observation et la
connaissance.
Quand, par rapport à l’intervention de ma collègue Violette SPILLEBOUT sur le
stationnement, on a dit que ce n’est pas le sujet du jour, on reprendra le débat au moment
venu… Mais très bien, pourquoi pas, mais là aussi, faudrait-il que le temps nécessaire
de la préparation, du partage et des éléments d’élaboration de la stratégie soit
effectivement mieux partagé qu’il ne l’est aujourd’hui.
Quand, tout à l’heure, j’ai entendu, par rapport à l’intervention de ma collègue
Vanessa DUHAMEL : « Mais vous n’avez pas lu ? » et à plusieurs reprises : « Nous
n’avons pas besoin de vos conseils », je trouve que ces attitudes sont en contradiction –
ce n’est jamais blanc ou noir – complète avec ce que j’ai lu dans cette délibération et
cette volonté d’avancer dans l’observation de notre territoire et d’avoir des débats
politiques plus apaisés.
Je vous remercie
Madame le Maire - Madame LINKENHELD.
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Madame LINKENHELD - Merci, Madame le Maire.
Merci, Monsieur CHARLES, pour ces interventions globalement positives, dirons-
nous.
Concernant la délibération sur la convention de partenariat avec l’Agence
d’urbanisme, je ne serai pas très longue, simplement vous dire qu’elle éclaire aussi le
besoin qui est le nôtre et l’envie qui est la nôtre de disposer des données pour le suivi et
l’évaluation. Cette convention de partenariat, à hauteur de plus de 30 000 € annuels – ce
n’est pas rien –, qui viennent s’ajouter aux quelques centaines d’euros de cotisation que
nous versions jusque-là, montre aussi que, parfois, nous n’avons pas toutes les données
disponibles et que la première des choses pour évaluer est d’aller chercher la donnée,
soit de la construire quand elle n’existe pas – cela peut arriver, c’est aussi l’objet de cette
convention –, soit parfois d’aller étudier cette donnée quand elle existe.
C’est le cas d’un certain nombre de données – nous avons eu ce débat en
commission –, où les données sources sont à l’ADULM mais ne sont pas exploitées par
elle, parce que l’ADULM agit d’abord dans le cadre des politiques publiques
métropolitaines et pas nécessairement en regard avec des politiques communales, là où
un certain nombre de ces données pourraient nous servir si elles étaient étudiées
différemment. Pour cela, il faut évidemment dégager un peu de temps ; le temps, c’est
de l’argent ; c’est la raison d’être de ce partenariat.
Dans ces données sources que nous demandons à étudier, il y a des choses
comme le gabarit des voies, que l’ADULM connaît, que la MEL connaît, mais qu’elle ne
regarde pas forcément comme nous, comme des gisements de végétalisation
systématiques. Cela fera partie des choses que nous regarderons.
Il y a aussi la question du stationnement. Vous avez vu que l’ADULM venait de
sortir un petit mémo sur le stationnement privé ; il a le mérite d’exister, c’est la première
fois, il est assez généraliste, mais nous avons bien l’intention d’aller creuser un peu sur
ces éléments de stationnement privé. C’est pour ces raisons que nous n’avons pas
répondu précisément à la question posée par Madame SPILLEBOUT, tout simplement
parce que nous en parlerons quand le temps sera venu ; on ne va pas vous dire
aujourd’hui quelles sont les modalités de concertation d’une stratégie que nous sommes
en train encore de réfléchir en fonction de données qui sont, pour certaines, disponibles
et qui, pour d’autres, doivent encore être étudiées.
En tout cas, voilà à quoi sert aussi cette convention de partenariat avec l’ADULM,
et donc à répondre, pour revenir au débat précédent, à quelques-unes de vos
interrogations, parfois, sur la question de savoir si nous suivons et si nous évaluons
vraiment nos politiques.
Quant à votre autre remarque au détour de cette délibération sur les conseils, je
crois que si nous étions de bonne foi, nous pourrions retenir aussi les échanges qu’il y a
eus entre Ingrid BRULANT-FORTIN et Madame le Maire, par exemple, sur la Citadelle,
où non seulement nous avons été preneuses de conseils, mais nous avons dit que nous
avions eu des idées convergentes et qu’elles seraient utilement complétées par celles
présentées par Madame BRULANT-FORTIN. On pourrait aussi parler des propositions
faites par Faustine BALMELLE qui, elles aussi, je crois, ont trouvé un écho favorable
dans les propos du Maire.
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Peut-être que parfois, on n’accepte pas vos conseils quand on considère qu’ils
n’apportent rien de nouveau à ce qu’on a déjà fait, et parfois, quand ils sont de vrais
apports ou de vrais conseils, on les accepte, je pense, sans problème.
Enfin, concernant l’autre délibération que vous avez pointée, juste dire pour ceux
qui nous écoutent que c’est, en effet, une délibération par laquelle nous allons, avec la
MEL, chercher de l’argent auprès de l’Europe dans le cadre du Plan de relance que
l’Europe a lancé post-crise sanitaire et qui va nous permettre de couvrir à 80 % – ce n’est
pas négligeable – les dépenses qui ont été les nôtres à l’occasion de la crise sanitaire
pour favoriser le télétravail de nos agents et d’accélérer le déploiement en équipement
informatique de nos agents. Ce sont effectivement plus de 740 PC que nous avons, à
l’époque, achetés et qui seront aujourd’hui couverts par cet argent européen.
Eh oui, l’Europe, c’est aussi cela et il faut s’en réjouir.
Madame le Maire - Merci beaucoup.
Je mets aux voix les délibérations d’Audrey LINKENHELD.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Adoptées.
(Pour la 22/133, Stanislas DENDIEVEL, Marie-Pierre BRESSON, Arnaud
DESLANDES, Jacques RICHIR, Estelle RODES, Anissa BADERI, Faustine BALMELLE,
Stéphane BALY, Ali DOUFFI et Ingrid BRULANT-FORTIN ne prennent pas part au vote.)
22/136 Véhicules et matériels municipaux - Demande à l'Etat de procéder à leur
aliénation avec publicité et concurrence.
Adoptée.
CLIMAT
22/134 Association Bilan Carbone (ABC) - Adhésion de la Ville - Cotisation 2022 -
Désignation du représentant de la Ville dans les instances de l'association.
Adoptée.
(Audrey LINKENHELD ne prend pas part au vote.)
22/135 Partenariat de recherche pour l'élaboration d'un monitoring urbain dans le
cadre du Pacte Lille Bas carbone - Convention de partenariat entre le
Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, Efficacity et la Ville.
Adoptée.
ÉCONOMIE
22/138 Association Lille Avenirs - Subvention 2022 - Convention entre la Ville et
l'association.
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Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN, Arnaud DESLANDES, Charlotte BRUN, Anne
GOFFARD, Estelle RODES, Stéphanie BOCQUET et Clémentine DUPUY ne prennent
pas part au vote.)
22/139 Création de la SAS Euratech Campus Cyber, filiale de la SEM
EuraTechnologies - Accord de la Ville.
Adoptée.
(Martine AUBRY, Audrey LINKENHELD et Ingrid BRULANT-FORTIN ne
prennent pas part au vote.)
Sur le dossier d’Anissa BADERI, je passe la parole à Faustine BALMELLE.
Chemise 10
HABITAT Rapporteur : Anissa BADERI
Adjointe au Maire
22/192 Subventions aux associations agissant dans le domaine de l'Habitat -
Appel à projets 2022 - 2ème programmation.
Madame BALMELLE - Merci, Madame le Maire.
Chers collègues,
Vous le savez, la crise du Covid a eu des conséquences sociales importantes –
nous avons déjà eu l’occasion d’en parler ici –, a fortiori sur les Lilloises et les Lillois qui
étaient déjà dans la précarité avant la crise.
Depuis le 31 mars, avec la fin de la trêve hivernale il y a quelques jours, les
expulsions locatives sont à nouveau autorisées, après deux années de sursis. C’est une
nouvelle épée de Damoclès qui plane aujourd’hui sur les plus fragiles : celles et ceux qui
ont des difficultés à se maintenir dans leur logement à cause de difficultés financières
notamment.
Les aides au maintien dans le logement, l’accompagnement des locataires, la
prévention contre les expulsions locatives sont autant d’enjeux pour notre commune, et
nous espérons les voir figurer dans le futur Plan lillois de lutte contre les exclusions de
notre Ville, a priori voté en juin prochain.
Le soutien au réseau associatif qui défend le droit inconditionnel au logement est
également une priorité que – il nous semble – nous partageons avec vous.
C’est pourquoi nous sommes surpris de la baisse de subvention à une
association : l’Atelier populaire d’urbanisme (APU) du Vieux-Lille, qui aide les personnes
en difficulté avec leur logement.
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Dans la période post-crise sanitaire et de fin de trêve hivernale, cette baisse de
subvention est un mauvais signal envoyé aux ménages précaires et aux acteurs qui les
accompagnent.
Si nous voterons les subventions allouées dans cet appel à projets, nous vous
demandons de reconsidérer votre décision sur ce point.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame BADERI.
Madame BADERI - Madame le Maire, merci.
J’entends ce que vous nous dites aujourd’hui, Madame BALMELLE, mais ne
mélangeons pas tout, il n’y a pas de mauvais signal vers les ménages lillois précaires.
Je tiens quand même à vous rappeler que la Ville de Lille porte en elle, et c’est
son ADN, le soutien indéfectible au monde associatif.
En ce qui concerne ma délégation Habitat, je rappelle que cette année, 2022,
sont budgétisés 350 000 € en faveur des subventions pour les associations.
J’aimerais aussi rappeler quelque chose qui me paraît fondamental : une
subvention n’est pas un dû ; une subvention peut évoluer à la hausse, à la baisse, parfois
même s’éteindre, parce qu’il nous appartient en tant que Ville de Lille d’analyser des
bilans aussi bien quantitatifs que qualitatifs que les associations nous remettent chaque
année. Notre responsabilité, finalement, est de pouvoir faire cet examen de manière très
objective, notamment par rapport aux autres associations que nous pouvons
subventionner.
Il n’y a pas de mauvais signal, et vous le savez très bien, la Ville a toujours
soutenu son tissu associatif, et en ce qui concerne l’association que vous citez, j’aimerais
quand même rappeler que cette association a toujours une subvention proposée ici dans
ce Conseil Municipal pour l’année 2022 ; cette association bénéficie également d’un local
à titre gratuit, local appartenant à la Ville de Lille. Je trouve donc votre intervention
quelque peu excessive. Vous ne pouvez pas remettre en cause le soutien, notamment
de ma thématique Habitat, envers les associations, tout simplement parce que les faits
démontrent le contraire.
Merci.
Madame le Maire - Cela veut dire qu’à chaque fois que l’on apporte une aide à
une association, on vérifie quel est son bilan.
Madame BALMELLE, souhaitez-vous un vote particulier ? (Réponse négative)
Je mets aux voix les délibérations d’Anissa BADERI.
Qui vote pour ? (Unanimité)
Je vous remercie.
Adoptée.
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22/193 Projet de requalification de la Cité Saint-Maurice - Contrat de mandat
d'aménagement entre la Ville et la SPLA "La Fabrique des Quartiers" -
Avenant n° 4.
Adoptée.
(Anissa BADERI et Estelle RODES ne prennent pas part au vote.)
HABITAT DURABLE ET INNOVANT
22/194 Aides Habitat durable, Transition Ecologique et Façades.
Adoptée.
LUTTE CONTRE L'HABITAT INDIGNE ET VACANT
22/195 Lutte contre la vacance - Quartier Lille-Fives - Parcelle 350CH213 sise 49
rue Malsence - Déclaration de l'état d'abandon manifeste - Poursuite de la
procédure d'expropriation pour utilité publique.
22/196 Lutte contre la vacance - Quartier Lille-Fives - Parcelle 350TZ84 sise 12 rue
des Archers - Déclaration de l'état d'abandon manifeste - Poursuite de la
procédure d'expropriation pour utilité publique.
22/197 Lutte contre la vacance - Quartier Lille-Wazemmes - Parcelle 350IS90 sise
29 rue de Loos - Déclaration de l'état d'abandon manifeste - Poursuite de
la procédure d'expropriation pour utilité publique.
Adoptées.
Je donne la parole à Stéphane BALY pour présenter le vœu de Lille Verte.
Vœu du groupe Lille Verte : « Un tracé alternatif du tramway lillois
pour une justice sociale et écologique »
Monsieur BALY - Madame le Maire, mes chers collègues,
Vous avez déposé mardi une contribution au titre de la Ville de Lille à la
concertation préalable sur les transports. Contrairement aux autres communes, la
contribution n’a pas été débattue en Conseil Municipal. Le vœu proposé ce soir est donc
l’occasion d’y remédier.
Ce soir, hormis une abstention, toutes les délibérations – je dis bien « toutes » –
ont été adoptées à l’unanimité du Conseil Municipal, dans l’intérêt général des Lillois, des
Lilloises, des Métropolitains et Métropolitaines ; ne brisons pas ce consensus !
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Pour commencer, permettez-moi de citer un extrait du rapport du GIEC publié en
début de semaine : « Les stratégies permettant aux villes établies de réaliser
d’importantes économies d’émissions de gaz à effet de serre comprennent le soutien aux
transports non motorisés et les transports en commun ».
Voilà qui tombe à pic, nous sortons d’un mois et demi de concertation préalable
sur les nouvelles lignes de transport. Si aucune de ces lignes ne sera sortie de terre en
2025 – et on peut le regretter, car le sujet est sur la table depuis plus de 20 ans –, il s’agit
d’une opportunité à saisir : une opportunité pour une hausse significative de l’utilisation
des transports en commun ; une opportunité pour réduire drastiquement la place dévolue
à la voiture.
Alors, venons-en au projet soumis à la concertation préalable.
Nous partageons l’objectif de desservir les quartiers populaires. Oui, il faut un
transport en commun performant qui desserve notamment Concorde et Lille-Sud. Tout le
monde doit avoir accès à une mobilité durable, c’est une question de justice sociale.
Desservir ces quartiers est primordial.
Emmener ces habitants là où ils ont besoin de se rendre est tout aussi important.
Prendre un train, faire des courses, et que sais-je encore, c’est au cœur de Lille que ces
habitants, ces habitantes ont fréquemment besoin de se rendre sans avoir à effectuer
une correspondance. La desserte directe du centre est la proposition, et de très loin, la
plus plébiscitée lors de la concertation. Cette absence est incompréhensible. Si l’on veut
desservir les quartiers populaires, évitons de ne leur donner comme seule destination
directe la périphérie de la Ville. Incompréhensible, car desservir le centre-ville, c’est aussi
inciter les catégories sociales les plus aisées à prendre les transports en commun.
Sortons les ménages aisés de leur voiture et nos poumons s’en porteront bien mieux !
Cette incompréhension provient peut-être de la divergence de constat sur l’offre
actuelle. Cette semaine, « La Voix du Nord » rapportait votre diagnostic : « Il y a déjà des
Lianes qui fonctionnent bien. On ne voit pas quelle valeur ajoutée cette ligne de tram
apporterait, ni quels nouveaux flux elle pourrait capter ». Ce propos n’est sûrement pas
celui d’un usager des Lianes. Fréquence de 10 minutes en heures de pointe et régularité
aléatoire. Notre collègue Jérémie CRÉPEL, qui prend la Liane 1 au quotidien, pourrait en
témoigner si vous le souhaitez.
Ces propos, surtout, reviennent à considérer que les habitudes de transports de
2035 seraient donc celles de 2022.
Oui, nous devons anticiper les déplacements supplémentaires à l’horizon 2035 !
Oui, nous avons besoin d’un tramway qui dessert une des gares les plus
fréquentées de France et l’une des destinations principales pour de nombreux
Métropolitains !
Oui, nous devons desservir Lille-Flandres, car 400 mètres depuis Lille Europe,
c’est illisible, et cinq minutes de marche, autant vous dire que cela en découragera plus
d’un !
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Oui, les milliers d’habitants de Moulins et de Wazemmes, écartés de toute
réflexion d’un transport en commun performant à moins de 500 mètres de chez eux,
doivent aussi être considérés !
Alors, sans être exhaustif, Madame le Maire, chers collègues, je vous propose
un voyage d’études pour observer les aménagements choisis dans les grandes villes de
France.
Avec une première halte à Nantes, nous observerions le cours des 50 Otages,
vous constateriez qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre un tramway et une circulation
piétonne intense. Puis, nous irions sur le cours d’Argonne à Bordeaux, où circule un
tramway le long d’une voie de circulation sur la même largeur de voirie que la rue d’Isly.
Madame le Maire, en 2018, vous déclariez : « Les dernières réalisations de
tramways en France n’ont pas toutes tenu leurs promesses ». Sans avoir pu trouver les
études à l’origine de cette affirmation, je crains malheureusement qu’elle puisse s’avérer
exacte avec certains tracés lillois soumis à la concertation préalable. Les tramways sont
des moyens lourds et nécessitent des flux importants ; c’est pourquoi il importe de
desservir les zones denses, génératrices de flux, incluant évidemment le centre-ville et
les gares. On ne fait pas un tramway à 850 M€ pour qu’il reste en partie vide !
Alors, ce soir, nous vous proposons que la Ville de Lille appelle la MEL à ajouter
une variante qui traverserait Lille depuis la Porte d’Arras jusqu’à Lille-Flandres. En fait,
par cette demande, nous demandons juste à l’assistant à maître d’ouvrage Egis de
reprendre les études sur le sujet, des études qui ont été interrompues à votre demande
juste avant la concertation préalable.
Ensuite, le passage le long de la Deûle dessert surtout… le long de la Deûle,
dont l’avenir des projets immobiliers est plus qu’incertain, et en tout cas au-delà de 2038.
Nous proposons donc une desserte plus efficace par la rue d’Isly et le boulevard Vauban,
qui desservirait plus d’habitations et un important pôle de facultés.
Chers collègues, dans un contexte d’urgence, climatique, sanitaire et sociale,
nous, décideurs publics, devons accompagner, faciliter, accélérer la transformation des
modes de vie. La véritable question ce soir, Madame le Maire, est de savoir dans quelle
mesure êtes-vous réellement prête à accompagner ce changement ?
Je vous remercie.
Madame le Maire - Madame SPILLEBOUT.
Madame SPILLEBOUT - Merci, Madame le Maire.
Monsieur BALY,
Vous avez raison de déposer un vœu sur le tracé du tramway de Lille. Merci de
nous donner aujourd’hui l’occasion de débattre en Conseil Municipal, ce qui n’avait pas,
semble-t-il, été prévu par la Majorité municipale. Nous aurions dû, sinon, encore, et vous
l’auriez regretté, trouver une lointaine délibération pour pouvoir porter ici, dans cette
assemblée, les vrais sujets qui intéressent les Lillois.
79
Le 5 avril dernier s’est terminée la concertation préalable à la définition affinée
du tracé du Schéma directeur des infrastructures de transport pour la Métropole
Européenne de Lille, à laquelle les élus Faire Respirer Lille ont apporté leur contribution
écrite.
Une première concertation organisée en 2019 avait conduit à l’adoption par la
MEL d’un tracé, dont, déjà, le collectif Faire Respirer Lille regrettait qu’il contourne le
centre-ville de Lille sans venir desservir les zones les plus génératrices de déplacements.
Nous restons bien évidemment sur cette position, que nous réitérons, d’autant que le
tracé que nous proposions via Lille-Sud desservait bien des quartiers populaires,
aujourd’hui sous-desservis.
Qu’apporte alors cette nouvelle concertation, en l’absence de la proposition de
passage en cœur de ville et à la gare Lille-Flandres ? Un tracé affiné, certes, mais dont
on mesure encore mal la faisabilité et qui interroge largement. Nos conseillers de quartier
ont pu, en effet, assister à la présentation du projet, qui n’appelle pas, il faut le dire, à un
optimisme forcené.
Le calendrier proposé paraît peu réaliste : les obstacles techniques et l’absence
de priorisation entre les lignes ne nous permettent pas de donner aux citoyens un
calendrier réaliste. La crédibilité de nos institutions nous oblige à un devoir de vérité,
quelle que soit la difficulté politique à l’annoncer.
Au-delà de ces questions de calendrier, un point majeur nous semble
complètement manquer à ce dossier : la prise en compte des usagers et de la structure
urbaine existante. Les plans et schémas proposés ne proposent que deux dimensions,
et ne pas prendre en compte la réalité en trois dimensions ni les usagers actuels des
axes concernés.
Or, vous le savez, la réalisation de lignes de tramway ou de bus à haut niveau
de service a ceci de particulier qu’à la différence du métro que nous connaissons, leur
réalisation est en surface, elle oblige à une restructuration complète de l’espace public le
long des axes impactés.
Un tel projet nous semble nécessiter de ne pas seulement réfléchir en termes de
circulation, de largeur de voies, de répartition de l’espace, mais il devrait nous inviter à
réfléchir à la structure urbaine existante que ce projet va totalement bouleverser, à la fois
pendant les travaux et à terme. Quid des commerces existants ? Quid des entreprises ?
Quid des habitants ? Quid des services ?
On voit bien que, dès que la rue est un peu étroite, on ne peut plus laisser à la
voiture la place qu’elle occupe aujourd’hui dans l’espace public, que ce soit en termes de
circulation ou de stationnement, par exemple. Or la ville de Lille est aujourd’hui, quoi
qu’on en pense, largement structurée autour de la voiture, et si l’on veut que ce Plan de
restructuration de la Ville soit un succès, il nous faudra l’adhésion des citoyens
concernés, alors que la concertation indique déjà des premières réticences, bien
naturelles en l’état actuel du projet, vis-à-vis de la réduction de la place de la voiture –
nous devons être, là aussi, transparents. On se souvient de la triste annonce du plan de
circulation en 2016, brutale, imposée, qui ne laisse pas, loin de là, je vous le dis, Monsieur
RICHIR, un bon souvenir aux Lillois et aux Métropolitains.
80
C’est pour cela, Madame le Maire, que nous avons appelé, dans notre
contribution, à modifier l’organisation du déroulement du projet et à mettre en place de
véritables démarches de contrats d’axe, comme cela se fait d’ailleurs à Grenoble pour la
ligne E du tramway ou pour l’extension à Paris de la ligne 11 du métro. Le collectif et les
élus de Faire Respirer Lille se tiendront alors à votre disposition pour apporter toute leur
contribution à cette démarche participative qu’ils appellent de leurs vœux, dans une
logique de défense des principes suivants :
- l’accès direct des habitants du sud de Lille à la gare Lille-Flandres et au
centre-ville ;
- une desserte des quartiers denses et populaires plutôt que des boulevards
extérieurs, par la rue d’Isly et par Lille-Sud ;
- un affinage du tracé, qui aurait dû être proposé dans la concertation, sur la
base d’études complètes, et pas un seul scénario à la proposition des
Lillois.
L’enjeu, Madame le Maire, c’est une vraie appropriation des usagers, une
adhésion au projet et, finalement, ce que nous voulons tous ici : la réussite collective de
ce projet.
Pour ces raisons, nous voterons pour le vœu proposé par nos collègues du
groupe Lille Verte, dont les propositions apparaissent compatibles avec nos principes,
tout en appelant de nos vœux que le tracé final et la mise en place de contrats d’axe
soient totalement intégrés pour vaincre les réticences et apporter des réponses aux
inquiétudes légitimes de nos concitoyens.
Je vous remercie.
Madame le Maire - Merci.
Monsieur RICHIR.
Monsieur RICHIR - Je vous propose que l’on projette quelques documents, qui
sont, je le précise, des documents publics, puisque ce sont ceux qui ont été présentés
par Egis lors de la concertation mardi soir et qui figurent d’ailleurs sur le site de la
concertation. Il ne s’agit donc pas de documents qui ont été produits pour mon
intervention, mais que je reprends.
(Projection de diapositives)
On reviendra après au vœu, puisque vous avez oublié de rappeler quelles sont
les trois propositions que vous formulez à la fin du vœu.
Vous avez sous les yeux, à gauche, le Schéma des transports lourds actuel sur
la métropole, c’est-à-dire les deux lignes de métro et les deux lignes de tramway, celle
qui va vers Roubaix et celle qui va vers Tourcoing, avec le tronc commun jusqu’au Croisé-
Laroche.
Le schéma de droite représente la situation une fois que seront réalisées les
quatre lignes qui ont été soumises à cette première phase de la concertation préalable,
c’est-à-dire les deux lignes de tramway (sur Roubaix et Tourcoing), celles sur Lille Nord,
81
Sud et Ouest et les deux lignes de bus à haut niveau de service. On voit bien le maillage
beaucoup plus important.
D’ailleurs, vous me permettrez, Monsieur BALY, de vous faire remarquer que le
schéma que vous avez mis dans votre document que vous avez réussi à faire reprendre
dans la concertation était quand même très trompeur, puisque vous mettiez d’un côté le
périmètre de la Ville de Lille et, de l’autre, celui de Rotterdam, la différence de surface
était d’un à dix…
Monsieur BALY (hors micro) - Avec l’échelle.
Monsieur RICHIR - Ah non, pas du tout !
Monsieur BALY (hors micro) - Si !
Monsieur RICHIR - J’ai vérifié. On pourra le revoir après, on le verra sur le
schéma suivant.
On voit bien à quel point on élargit complètement les choses.
Le débat, semble-t-il, après un travail de lobbying intense de certains, serait de
passer par Lille-Centre. La conviction profonde que nous avons depuis le début est que
le schéma proposé par Lille-Centre n’est pas une variante mais un autre projet, qui
concentre, encore une fois, tous les moyens sur le centre-ville, alors que le projet que
nous portons, que nous avons soutenu, qui a été présenté durant la concertation, est un
projet pour l’ensemble des quartiers de notre Ville, qui ne saurait s’arrêter aux anciens
remparts, à l’intra-muros, comme on l’entend dire parfois, et qui entend irriguer, au
contraire, l’ensemble de notre Ville ; on peut le démontrer aisément.
La gare Lille-Flandres, aujourd’hui, est une plateforme à 360 degrés, qui est
accentuée d’ailleurs par le caractère de terminus de cette gare. Je me permets de
rappeler : 500 TER tous les jours, 20 millions de voyageurs par les transports express
régionaux, 2 lignes de métro qui partent dans 4 directions différentes, 2 lignes de
tramway qui vont vers Roubaix et Tourcoing et 16 lignes de bus, un potentiel
incomparable dans une grande ville de province de capacité à transporter.
Demain, on finira bien par avoir le 52 mètres, et il faut d’ailleurs saluer nos
glorieux prédécesseurs qui ont eu le courage politique de faire des stations à 52 mètres
pour n’y mettre que des rames de 26, ce qui nous évite de faire aujourd’hui des travaux
de génie civil considérables. Dès qu’on sera en capacité d’avoir la rame à 52 mètres, on
passera des rames VAL 208 de 280 places à des rames BOA de 408 places ; elle est
déjà à 4 Cantons, on a déjà livré les premières. Malheureusement, elles ne peuvent pas
fonctionner parce que l’automate a pris du retard. Les rames qui sont sur la ligne 1
passeront alors sur la ligne 2 en augmentant la capacité. Rien que par ce changement
de rames, une fois que l’automate sera réalisé, ce sont 40 millions de voyageurs de plus
qui pourront être transportés par le métro, et autant que l’on pourra apporter sur la gare
Lille-Flandres. On voit que l’offre de soins sur Lille-Flandres est très importante. De plus,
le changement des rames prochain du Mongy sur Roubaix-Tourcoing permettra
d’augmenter la capacité.
82
Par ailleurs, on l’a rappelé dans notre contribution, l’État, la Région, la MEL et la
Ville, par la proposition de gare TER Porte des Postes qui est enfin regardée avec
beaucoup de considération, portent le service express métropolitain qui prévoit, d’ici
2035-2040, de doubler la capacité des trains aux heures de pointe.
En fait, l’offre sera abondante, et tant mieux, on s’en réjouit.
Le projet que nous portons a été présenté publiquement à la concertation.
En slide 3, vous retrouvez le même projet :
- à gauche, la desserte aujourd’hui (les ronds bleus sont les fameux DIVAT
– Disques de Valorisation des Axes de Transports) ;
- à droite, la future desserte une fois que les BHNS et lignes de tramway
auront été mis place.
Dans votre proposition n° 3, votre argument est qu’il faudrait passer par les rues
d’Isly et Vauban, y compris pour mieux desservir la Catho. Vous voyez qu’en faisant
passer le BHNS par la rue Nationale et le tramway par Léon Jouhaux, la desserte est
parfaite : il n’y a pratiquement aucune zone blanche sur ce secteur.
Dans votre proposition n° 2, vous mettez en avant le sort des 6 000 habitants et
des 60 hectares répartis sur le secteur Moulins-Wazemmes. On y est très sensibles. On
sait que l’on redessinera demain forcément les lignes de bus – dès que l’on fait un
tramway, on les redessine ; il sera donc très aisé de desservir cette partie.
En revanche, le projet que nous portons aujourd’hui est une véritable volonté
politique et apporte une desserte nouvelle dans huit des quartiers de la Ville à
160 000 habitants de cette ville.
J’en viens à la slide 4. Il faut voir grand et ne pas tout amener sur Lilles Flandres ;
il faut élargir à l’horizon de l’ensemble de la Ville. Vous voyez d’un côté un diamètre à
3,7 km et un autre à 3,4 km : c’est dans la Ville de Lille et non, comme on l’a parfois lu,
dans la périphérie ou dans la couronne de Lille. C’est dans Lille ; c’est dans les quartiers
lillois. Aujourd’hui, il nous faut élargir notre vision des transports, non pas à la seule gare,
mais à l’ensemble de notre Ville.
On voit apparaître les cinq points bleus :
- « Pôle des Gares » : il restera pour longtemps et même toujours le grand
hub de transport ;
- « Porte des Postes » – très intéressant : les deux lignes de métro s’y
croisent. On n’a que deux endroits dans la Métropole où se croisent deux
lignes de métro : Lille Flandres et Porte des Postes. Non seulement deux
lignes de métro s’y croisent, mais en plus, on y apporte aussi le tram ;
- « République » : on a déjà la ligne 1 du métro ; on y apportera le Bus à Haut
Niveau de Service. Jérémie CREPEL, vous êtes en train de photographier
– vous le pouvez si vous voulez –, mais c’est sur le site de la
concertation, car ce document est public ;
- « Grand Palais » : se croiseront la ligne de tramway qui descendra de Lille
Europe, le Bus à Haut Niveau de Service et la station de la ligne 2 du métro ;
83
- « Port de Lille » (cinquième pôle d’échange sur la Métropole) : c’est
extrêmement fort, pas pour demain mais à l’horizon où on le fait, c’est-à-
dire pour 2030-2035 ; se croiseront la ligne 2 du métro, le tramway et le Bus
à Haut Niveau de Service.
Initialement, le BHNS partait de Villeneuve-d’Ascq et s’arrêtait à la Porte de
Valencienne. Nous avons mené un travail pendant la concertation depuis 18 mois. Dans
le document que l’on a voté et que vous avez voté en juin 2019 – M. Nicolas LEBAS ne
l’a d’ailleurs pas voté –, c’est nous, élus lillois, qui avions proposé qu’il se prolonge à
l’intérieur de la Ville jusqu’à République, puis Nationale et EuraTechnologies. Nous avons
fortement mis en avant les transports en site propre. On ne peut pas être soupçonnés de
ne pas l’avoir fait :
- Qui dans cette Métropole a fait du site propre depuis quelques année ?
C’est nous !
- Qui a accepté que la ligne 5 passe par les Porte des Postes et que l’on crée
le couloir de bus pour Montebello ? C’est nous !
- Qui a accepté que l’on fasse des couloirs de bus sur Vauban ? C’est nous
!
- Qui propose aujourd’hui la passerelle qui va doubler le Pont de Tournai
avec une passerelle piéton-vélo que nous avons mise dans notre
proposition pour la concertation pour traiter ce problème de
franchissement ? C’est nous !
- Qui a mis le pont au Faubourg d’Arras pour doubler sur lequel il y aura
tramway et vélo et qui sera réservé aux voitures ? C’est nous !
- Qui a fait cette réserve foncière sur le côté de Décathlon qui va permettre
cela ? C’est nous !
On entend ce soir une proposition quelque peu rabougrie consistant à dire : « en
fait, on le sait, le but est de chasser les voitures du centre-ville ». Je vous rappelle que le
plan de circulation 2016 a déjà réduit la circulation des voitures en cœur de ville de 30 à
40 % ; nous sommes fiers de l’avoir porté envers et contre tous ! Le projet que nous
soutenons ce soir montre à quel point il est source de développement.
Je terminerai par EGIS – l’AMO choisi – qui montre tous les projets de
développement pour les 10 à 15 ans à venir. Regardez où se situent ces pôles et où sont
nos propositions de lignes : ne trouvez-vous pas qu’ils se superposent ? Cela prouve que
le projet que nous proposons est le seul qui est un projet d’anticipation.
Monsieur JACQUEMART - Les élus communistes voteront contre ce vœu, et
permettez-moi de vous expliquer succinctement pourquoi.
Le tracé du tramway à Lille voté par le SDIT en 2019 répond à un réel besoin de
désenclaver les quartiers populaires de Lille. C’est à la fois une nécessité de justice
sociale bien évidemment, mais c’est aussi une nécessité économique pour développer
de nouvelles activités dans tous les quartiers de la Ville.
Notre ambition n’est pas de faire de nos quartiers populaires des cités-dortoirs.
L’hypercentre de la Ville est déjà très fourni en transports en commun et en stations de
V’Lille.
84
Concernant un passage de ce nouveau tramway par la Gare Lille Flandres – et
mon collègue M. RICHIR l’a bien expliqué –, la Gare Lille Flandres, cela semble superflu.
La gare est déjà connectée avec deux lignes de tramway, deux lignes de métro, 12 lignes
de bus, et je ne compte pas le nombre de TER qui arrivent et partent également chaque
jour.
Votre argument pointant la forte fréquentation du métro à certaines heures et
donc la nécessité de faire passer le tramway par Lille Flandres n’est pas fondé. Ce
problème va être en grande partie résolu avec le dédoublement à venir des rames de
métro.
Concernant votre seconde proposition mettant en lumière que les habitants de
Wazemmes et de Moulins n’auraient pas de solutions de transport performant à moins
de 500 mètres de chez vous, c’est vite oublier les bus qui, je vous assure, sont
performants. Il y a tout de même trois lignes de bus déjà existantes qui passent dans les
zones que vous pointez, ainsi que des lignes de métro qui ont plusieurs arrêts dans ces
quartiers – ces mêmes bus, dont l’implantation et la circulation ont été renforcées avec
le nouveau plan de circulation adopté en 2016.
Votre proposition de faire passer le tramway rue d’Isly n’est pas réaliste au vu du
nombre de véhicules d’urgence qui doivent emprunter cette voie. Nous ne pouvons pas
nous couper d’un réseau routier performant pour les urgences.
Pour conclure, la marche de l’histoire est venue vers la gratuité des transports en
commun ; une proposition portée par les communistes depuis des décennies. Nous
continuerons d’y travailler dans la Métropole et c’est une très bonne chose. Ce sera la
réelle révolution sociale et sociétale pour rendre la Ville accessible à toutes et à tous.
Merci de votre attention.
Madame le Maire - J’ajouterai une phrase : je ne peux pas comprendre qu’on
dise que ce tram passe « en contournant » la Ville de Lille. Les quartiers populaires de la
Ville, c’est la Ville de Lille ; l’intérieur des remparts, comme disait Jacques RICHIR, d’il y
a quelques siècles, et le reste des quartiers.
Je le dis à Stéphane, parce que je ne comprends pas. Vous dites : on veut – et
vous le défendez bien et depuis longtemps – des mobilités douces dans des quartiers du
cœur de ville – où on a déjà tout pour aller à 10 minutes à pied ou à vélo – et on veut
rajouter le tram en laissant de côté des quartiers qui n’ont pas de transport collectif.
C’est peut-être ce qui nous distingue. Vous, c’est « l’écologie, l’écologie,
l’écologie » pour ceux déjà prêts à y aller ; nous, on veut une écologie qui draine tout le
monde, car c’est la seule qui réussira. La transition écologique, si elle ne se fait pas avec
tout le monde, elle ne marchera pas et votre lutte contre le climat ne marchera pas. Nous,
nous voulons que les quartiers populaires – de moins en moins d’ailleurs, parce qu’on
fait de la mixité sociale –, que les quartiers qui ne sont pas seulement dans le petit cœur
de Lille, qui sont des quartiers lillois comme les autres, puissent avoir accès aux
transports en commun.
Nous menons par ailleurs un travail avec la SNCF – c’est aussi dans le SDIT –
pour avoir une gare à Lille-Sud qui permettra à ceux qui viennent du sud de la Métropole
85
de traverser le pont, prendre les métros pour aller à votre fameuse Gare Lille Flandres –
ce que peuvent déjà faire les habitants de ces quartiers. Vous dites qu’ils ne peuvent pas
aller à Lille Flandres : ils ont les deux lignes de métro Porte des Postes et ils y vont.
Donc, arrêtons de parler de « contournement de Lille ». Vous excluez six
quartiers sur dix de la Ville. Pour nous, tous les Lillois font partie de la Ville. Il n’y a pas
de contournement. On est tous dans la Ville. On travaille pour tous. C’est seulement
comme cela que la transition écologique réussira ; elle doit être sociale, autrement, elle
ne sera pas. C’est en tout cas notre conviction et c’est peut-être ce qui nous différencie
le plus.
Monsieur BALY - C’est un vœu que nous avons déposé ; permettez-moi juste
quelques éléments.
Pas de leçon sur la justice sociale.
Dans le temps imparti, je ne vous ai pas proposé un tour de France complet, mais
on aurait pu aller à Lyon, Cour Berthelot, où les urgences passent sur la plateforme
tramway.
Ce sont deux visions, Monsieur RICHIR. Vous comparez Lille à des communes
de la Métropole. Au royaume des aveugles, le borgne est effectivement roi. Je compare
avec des villes qui ont pris la question de la réduction drastique de la part de la voiture,
du développement des modes actifs et du tramway, comme Bordeaux, Lyon ou
Strasbourg, et je ne m’arrête pas uniquement aux frontières de la Métropole.
Madame le Maire - Cela n’a rien à voir ! À Strasbourg, il n’y a pas de métro.
Paris, on ne peut pas dire que cette ville n’a pas mené une politique écologique, le
tramway passe justement autour de la ville ! On pourrait chacun s’apporter des exemples
contradictoires, mais tout dépend de ce qui se passe dans chaque…
Monsieur BALY - On attend donc la délibération de bilan de concertation qui
sera présentée à la Métropole pour le Conseil de juin. Contrairement à ce que vous
pouvez penser, ce ne sont pas tous des militants écolos qui ont contribué aux
contributions portant sur ces questions de tracés. On verra donc en fonction de cette
délibération.
En tout cas, on retiendra que visiblement le groupe Lille en Commun aura été le
seul à voter contre une délibération ce soir, ce qui est quand même une première dans
ce Conseil Municipal !
Madame le Maire - Ce n’est pas une délibération ; vous n’êtes pas encore dans
la Majorité. C’est un vœu. Disons-le simplement : c’est vœu. Nous ne sommes pas
d’accord, parce que ce n’est pas une autre possibilité, mais une alternative, un autre
objectif politique, ce n’est pas une variante.
Pour avoir beaucoup travaillé sur le SDIT métropolitain avec Jacques et Stanislas
– nous saluons ce dernier, parce qu’il a le Covid et qu’il n’est pas avec nous ce soir –,
nous souhaitons aller vers une transition écologique dans la mobilité qui s’adresse à tous.
C’est le choix politique que nous avons fait. On est le seul groupe, mais on est quand
même largement majoritaires – il faut quand même le dire.
86
Je pense que les personnes qui répondent à la concertation – je ne dis pas
qu’elles sont toutes écolos, heureusement pour nous, étaient au courant. Je ne suis pas
sûre que beaucoup d’habitants de Faubourg de Béthune, de Moulins ou de Lille-Sud aient
répondu, malheureusement, parce qu’il faut avoir le temps, le moyen et la capacité à le
faire. Ce n’est pas pour cela que l’on ne va pas regarder les conséquences de la
concertation.
Sur ce sujet, on ne changera pas, parce que c’est un véritable choix politique
différent – on l’a abondamment dit. On a le droit d’avoir des choix politiques différents.
Monsieur BALY - En 2010 ou 2011, les tracés annexés au Plan de Déplacement
Urbain adoptés sous votre présidence à la Métropole passaient dans le centre de Lille.
Madame le Maire - Non, il n’y avait pas de tram à l’époque, et vous avez même
dit que j’avais dit à la même époque que les trams ne marchaient pas.
Monsieur BALY - (Hors micro. Inaudible.)
Madame le Maire - Non, j’avais dit cela au moment où le tram de Bordeaux
tombait en panne ; ce n’était pas pour parler des trams en général.
Jacques RICHIR pour avoir le dernier mot.
Monsieur RICHIR - On a été très frappés et les présidents de quartiers présents
pourraient en témoigner par l’excellent accueil réservé à l’ensemble du projet tel qu’on l’a
adopté dans les conseils de quartier, au Conseil Communal de Concertation et au Conseil
Lillois de la Jeunesse. On a bien perçu l’adhésion forte de la population dans ces lieux.
Madame le Maire - Je remercie Jacques d’avoir consacré toutes ses soirées à
aller présenter le projet, et pas seulement le tram mais l’ensemble des éléments du SDIT.
Je mets aux voix le vœu.
Je vous remercie.
Il y a encore tous les dossiers pour lesquels nous n’avons pas d’opposition : 1,
2, 3, 9, 14, 18, 20, 22, 24, 29, 33, 36, 39 et 43. Nous passons donc au vote.
Qui s’abstient ?
Qui est contre ?
Qui est pour ? (Unanimité)
Merci.
87
Chemise 1
Rapporteur : Martine AUBRY
Maire de Lille
22/113 Procès-verbal de la séance du 04 février 2022.
Adoptée.
22/114 Compte-rendu au Conseil Municipal des arrêtés pris en vertu des articles
L. 2122-22 et L. 2122-23 du Code Général des Collectivités Territoriales.
Le Conseil Municipal prend acte.
22/115 Conseil Municipal - Délégation de pouvoir au Maire de Lille, hors réalisation
des emprunts et des lignes de trésorerie - Modification de la délibération
n° 20/249 du 03 juillet 2020.
Adoptée.
22/116 Commission consultative des services publics locaux - Remplacement
d'un membre du Conseil Municipal suppléant.
Adoptée.
(Clémentine DUPUY ne prend pas part au vote.)
22/117 Association Lille Avenirs - Désignation des représentants de la Ville dans
les instances de l'association.
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN, Arnaud DESLANDES, Charlotte BRUN, Anne
GOFFARD, Estelle RODES, Stéphanie BOCQUET et Clémentine DUPUY ne prennent
pas part au vote.)
Chemise 2
COMMUNE ASSOCIÉE DE LOMME Rapporteur : Roger VICOT
Maire de Lomme
22/118 Commune associée de Lomme - Subventions au titre de l'année 2022.
22/119 Commune associée de Lomme - Conventions entre la Ville et les
associations.
88
22/120 Commune associée de Lomme - Subventions exceptionnelles sur des
projets ou actions.
22/121 Commune associée de Lomme - Subvention à la Section du Centre d'Action
Sociale de la Commune associée de Lomme dans le cadre des actions de
prévention santé 2022.
Adoptées.
22/122 Commune associée de Lomme - Association Lille Avenirs / Mission locale
- Subvention 2022.
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN, Arnaud DESLANDES, Charlotte BRUN, Anne
GOFFARD, Estelle RODES, Stéphanie BOCQUET et Clémentine DUPUY ne prennent
pas part au vote.)
22/123 Commune associée de Lomme - Humanicité - Médiation sociale -
Subvention à Citéo 2022.
22/124 Commune associée de Lomme - Contrat de Ville d'agglomération (2015-
2022) - Adoption de la programmation 2022.
22/125 Commune associée de Lomme - Aide humanitaire d'urgence à la Fondation
de Lille.
Adoptées.
22/126 Commune associée de Lomme - Projet "ODDyssée - les migrations font
bouger le monde" - Signature de la convention avec l'ANVITA.
Adoptée.
(Olivier CAREMELLE et Madani OULKEBIR ne prennent pas part au vote.)
22/127 Commune associée de Lomme - UTOPIA - Convention de partenariat entre
l'association Lille3000 et la Ville.
Adoptée.
(Marie-Pierre BRESSON et Catherine MORELL-SAMPOL ne prennent pas part
au vote.)
22/128 Commune associée de Lomme - Prestations extrascolaires, périscolaires
et restauration scolaire - Remises gracieuses.
22/129 Commune associée de Lomme - Prime à l'achat de vélo et accessoires 2022
(Lomme en TransitionS - Mobilités Durables).
89
Adoptées.
22/130 Commune associée de Lomme - Renonciation au bien sans maître sis 8
Cité Bayeux, parcelle C 3560, à Lomme, au profit de la Métropole
Européenne de Lille.
Adoptée.
(Anissa BADERI et Estelle RODES prennent pas part au vote.)
Chemise 3
COMMUNE ASSOCIÉE D'HELLEMMES Rapporteur : Franck GHERBI
Maire d’Hellemmes
22/131 Commune associée d'Hellemmes - Bibliothèque municipale -
Renouvellement de l'adhésion à la démarche "Rythme ma Bibliothèque" de
la Métropole Européenne de Lille.
Adoptée.
22/132 Commune associée d'Hellemmes - UTOPIA - Convention de partenariat
avec Lille3000.
Adoptée.
(Marie-Pierre BRESSON et Catherine MORELL-SAMPOL ne prennent pas part
au vote.)
Chemise 9
URBANISME Rapporteur : Stanislas DENDIEVEL
Adjoint au Maire
22/180 Site Crespel Tilloy - Avenant à la convention opérationnelle avec
l'Etablissement public foncier des Hauts-de-France.
Adoptée.
22/181 Quartier Saint-Maurice Pellevoisin - Projet Métropolitan Square, situé rue
du Ballon et rue de la Communauté à Lille - Bilan de la concertation
préalable.
Le Conseil Municipal prend acte.
NATURE
90
22/182 Actions Nature - Subventions aux associations.
Adoptée.
(Christelle LIBERT ne prend pas part au vote.)
22/183 Quartier Lille-Moulins - Occupation éphémère de l'Orangerie pendant
l'événement UTOPIA - Fixation de la redevance d'occupation du domaine
public.
22/184 Aires collectives de jeux - Marché de services d'entretien et de
maintenance des aires de jeux de la Ville de Lille et de ses Communes
associées d'Hellemmes et de Lomme sur appel d'offre ouvert.
Adoptées.
ACTION FONCIÈRE ET IMMOBILIÈRE
22/185 Quartier Faubourg de Béthune - Ancien collège Albert Camus rue du Mal
Assis - Mise à disposition à l'association A BAZE D'ATOME - Gratuité.
Adoptée.
22/186 Quartier Lille-Centre - Ancienne Gare Saint-Sauveur - Avenant n° 3 à la
convention de mise à disposition de la SPL Euralille.
Adoptée.
(Martine AUBRY, Stanislas DENDIEVEL, Jacques RICHIR, Estelle RODES et
Stéphane BALY ne prennent pas part au vote.)
22/187 Quartier Lille-Moulins - Salle de Sport Micheline Ostermeyer - Mise à
disposition de locaux au sein de la salle de sport au profit du Département
du Nord et du Collège Miriam Makeba et mise à disposition au profit de la
Ville de 10 places de stationnement pour personnes à Mobilité Réduite
(PMR) au sein du collège.
22/188 Quartier Lille-Centre - Déclassement a posteriori - Rues Gambetta et
Inkermann.
22/190 Quartier Bois-Blancs - Acquisition de volumes fonciers allée Clémentine
Deman - Réserve écologique.
Adoptées.
91
ZOO
22/191 Parc zoologique de Lille - Modification du règlement intérieur.
Adoptée.
Chemise 14
RÉNOVATION URBAINE Rapporteur : Estelle RODES
Adjointe au Maire
22/199 Budget participatif - Projet d'un atelier de bricolage solidaire dans le
quartier Faubourg de Béthune - Subvention d'équipement à l'association
Seed - Convention entre l'association et la Ville de Lille.
Adoptée.
(Anissa BADERI ne prend pas part au vote.)
22/200 Opération de construction d'un équipement mutualisé dans le secteur
Concorde - NPNRU - Consultation de maîtrise d'œuvre et de mandataire.
Adoptée.
NOUVEAU PROGRAMME NATIONAL
DE RENOUVELLEMENT URBAIN
22/201 NPRU - Appel à projet mobilisation des habitants dans les projets
d'agriculture urbaine des secteurs en renouvellement urbain - Secteur
Concorde - Subventions aux associations.
Adoptée.
QUARTIERS ANCIENS
22/202 Grand Projet Urbain Quartiers Anciens - Aide à caractère social à la
réinstallation attribuée aux ménages contraints de déménager du fait d'une
opération publique d'aménagement - Octroi d'aides.
Adoptée.
ACHATS TRANSVERSAUX
22/203 Relance du lot Surveillance et gardiennage évènementiels et des sites
ouverts.
Adoptée.
92
Chemise 18
EGALITÉ ENTRE LES FEMMES Rapporteur : Alexandra LECHNER
ET LES HOMMES Adjointe au Maire
22/205 Délégation Egalité Femmes-Hommes - Subventions aux associations.
Adoptée.
Chemise 20
SPORT Rapporteur : Sarah SABE
Adjointe au Maire
22/206 Associations sportives - Attribution de subventions pour l'organisation de
manifestations ou à caractère exceptionnel.
22/207 Clubs sportifs de haut niveau - Attribution de subventions - Année 2022.
22/208 Action d'insertion qualification en faveur des clubs sportifs lillois -
Contrats d'apprentissage - Partenariat avec l'association Profession Sport
62 - Avenant n° 1.
22/209 Sport - Aide à la prise de la licence sportive en club à destination des
familles lilloises, lommoises et hellemmoises - Reconduction du dispositif
pour la saison 2022/2023.
Adoptées.
Chemise 22
VIE ASSOCIATIVE Rapporteur : Marielle RENGOT
Adjointe au Maire
22/219 Vie associative - Subventions à plusieurs associations - Aide au
démarrage.
Adoptée.
93
Chemise 24
UNIVERSITÉS Rapporteur : Anne GOFFARD
Adjointe au Maire
22/220 Association des Villes Universitaires de France (AVUF) - Adhésion de la
Ville de Lille - Cotisation pour l'année 2022.
Adoptée.
Chemise 29
ALIMENTATION ET RESTAURATION Rapporteur : Karine TROTTEIN
SCOLAIRE Conseillère Municipale déléguée
22/223 Cuisine centrale - Renouvellement du marché d'exploitation, de
maintenance et garantie totale des outils de production et des installations
techniques - Signature du marché.
Adoptée.
Chemise 33
CRÈCHES Rapporteur : Camille STIEVENARD
Conseillère Municipale déléguée
22/224 Association La Sauvegarde du Nord - Crèche de Prévention Précoce -
Subventions 2022.
Adoptée.
(Martin DAVID-BROCHEN ne prend pas part au vote.)
Chemise 36
APICULTURE URBAINE Rapporteur : Christelle LIBERT
Conseillère Municipale déléguée
22/227 Apiculture urbaine - Subventions aux associations.
Adoptée.
94
BIEN-ÊTRE ANIMAL
22/228 Journée du Bien-être animal - Subvention à l'association LPO Nord.
Adoptée.
Chemise 39
BIODIVERSITÉ Rapporteur : Pierre POSMYK
Conseiller Municipal délégué
22/229 Actions Biodiversité - Subventions aux associations.
Adoptée.
MOBILITÉS ACTIVES
22/230 Subvention à l'Association Droit au Vélo pour sa contribution à la
promotion du vélo.
Adoptée.
Chemise 43
EDUCATION ARTISTIQUE Rapporteur : Delphine BLAS
Conseillère Municipale déléguée
22/236 Département d'Education et d'Enseignement Artistiques - Conventions de
partenariat avec les associations Qu4tre à 4, Soutien Amwaj, la Ville de Loos,
ZemlaZic, la Caisse des Ecoles et le collège Nina Simone.
Adoptée.
Nous avons eu ce soir un conseil plus court, mais surtout de meilleure qualité
que d’habitude en faisant attention les uns aux autres.
(La séance est levée à 21 heures 20.)
95
PDF https://www.lille.fr/content/download/308678/3433592/file/s%C3%A9ance+du+08+avril+2022.pdf
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